Le devoir, 3 février 2007, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FÉVRIER 2 0 0 7 lÂr»r»iim " CINÉMA DE VISU Il était une fois dans l’Ouest Page E 5 Page E 9 ¦ülfl La caverne La caserne Dalhousie aura bientôt dix ans et Robert Lepage veut doter sa compagnie d’un lieu permanent pour présenter ses œuvres à Québec.LOUISE LEBLANC « On ne joue pas assez à Québec.Il y a des shows qui n’ont même pas été vus à Québec qu’on voudrait jouer ici, qui pourraient jouer longtemps» Si le rêve de Robert Lepage se réalise, on pourrait assister dès 2009 à des représentations de La Trilogie des dragons dans la caverne sous l’autoroute Dufferin.Cette même autoroute pour laquelle on a exproprié les habitants du Chinatown, qui avait servi d’inspiration à.La Trilogie des dragons.ISABELLE PORTER Québec — Après la caserne, la caverne.«Mais ça ne s’appellera pas comme ça», précise le metteur en scène en grimaçant.Il a un autre nom en tête, mais on ne le connaîtra pas tout de suite.Après avoir laissé longtemps planer le mystère sur ce projet, Robert Lepage a finalement accepté d’en parler au Devoir.C’est l’occasion aussi de décrire les enjeux de sa nouvelle création, qui sera lancée le 19 à Newcastle, en Grande-Bretagne, et qu’on pourra voir au Festival TransAmérique le 1" juin.C’est d’abord de ce défi-là qu’il nous parlera.«On a à peu près dix jours pour finir le show», lance-t-il l’air ébahi.Etude sur le thème de la voix, du langage et de la parole, la pièce Upsynch est une conséquence directe du travail du metteur en scène à l’opéra.«Parfois, les mêmes artisans travaillent sur les productions [de théâtre et d’opéra] et on fait des emprunts.» Car tout en construisant Lipsynch, Lepage bûche sur l’opéra The Rake's Progress pour le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles (avril 2007).La Damnation de Faust et La Tétralogie de Wagner sont attendues au Met de New York en 2008 et en 2010.Parce quV»7 n’y a pas de petites années», nous assure-t-il.«Le prologue de Lipsynch est chanté, c'est l’extrait d’un opéra».signale-t-il avant d’ajouter que la soprano anglaise Rebecca Blankenship, qui avait participé aux Sept Branches de la rivière Ota et au Polygraphe, est de retour dans Lipsynch.L’histoire tourne beaucoup autour de la ville de Londres.«Londres, c’est la ville du théâtre oral, vocal.C’est aussi une grande ville lyrique, une ville de chanson populaire.C’est la ville de la BBC.La voix, les accents, le langage.» La version actuelle s’étire sur près de cinq heures; on prévoit que la deuxième mouture en fera neuf.Le temps d’évoquer, entre autres choses, la voix de Dieu ou encore la psychanalyse.Le temps de visiter les Sandinistes au Nicaragua et de parler science avec Stephen Hawking, un personnage doublement intéressant parce qu’il a une voue synthétique.Visuellement, l’ensemble s’annonce riche et stylisé.Une brochure de la compagnie française qui coproduit l’événement révèle, sur une même scène, un décor futuriste, un métro dont les occu- pants sont tous vêtus de gris, un Stephen Hawking déguisé en pape.Tout cela se structurera autour de neuf personnages de différentes nationalités.Les productions d’Ex Machina accueillent de phis en plus de créateurs étrangers.«Avant, même si nos pièces parlaient de voyages et de choc des cultures, c’est nous qui jouions les Chinois, les Japonais.Mais maintenant, ces cultures-là sont à la base de l’écriture.Sur Lipsynch, on a un acteur qui travaille à Berlin, deux qui sont de Newcastle, un des îles Canaries, me comédienne vient de Valence, en Espagne.» Lepage en continu 2007 est décidément une année charnière pour Ex Machina.Le Festival Tchékhov de Moscou présentera quatre de ses spectacles en juillet Aussi, cela fera 10 ans, le 2 juin prochain, qu’on a inauguré les locaux de la compagnie dans l’ancienne caserne de VOIR PAGE E 2: LEPAGE ‘ LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FÉVRIER 2007 E 2 CULTURE Un Colombien errant GARY HESHORN REUTERS Fernando Botero devant une de ses œuvres récentes inspirées de la torture dans les prisons d’Abou Ghraïb, en Irak.isiii S te Odile Tremblay m & Dimanche dernier, pas question d’aller à Québec sans faire escale à l’exposition de Fernando Botero.Pour sûr, en cette semaine d’inauguration, après une campagne de promotion musclée en présence de l’artiste devant les remparts tout gris, une cohue s’annonçait au chic Musée des beaux-arts sur les plaines d’Abraham.Mieux valait se lever tôt pour prendre la horde de vitesse.Surtout en plein Carnaval de Québec, dans une ville envahie par les visiteurs oisifs, en mal d’activités.Assez pour imaginer une ribambelle humaine encapuchonnée devant la porte, se refilant du caribou de main en main histoire de tromper l’attente et le froid.Et si le Bonhomme Carnaval lui-même, à la silhouette aussi replète et boudinée que les modèles du maître colombien, allait obstruer les salles avec sa cour et ses chiens de traîneaux.De quoi être refoulé au portillon, renvoyé à Montréal.bredouille, dépité, en panne d’expo.D’où la hâte, la course éperdue.Surprise! En ce beau et frisquet avant-midi de janvier, Rassemblée était clairsemée devant le musée.Le Bonhomme Carnaval trimballait sa bedaine ailleurs ou dormait comme la plupart de ses concitoyens.Rêvais-je?Cette rétrospective du peintre le mieux coté du monde, en escale unique au Canada, première du genre au pays, ne constituait-elle pas un gros coup de l’institution de Québec?Eh! OIR Ma ville natale serait-elle assoupie sous son bonnet?A moins que les gens de Québec ne se ruent pas comme les Montréalais sur l’événement de la semaine mais s’y pointent à leur heure, une fois la frénésie calmée.Question de rythme.Ou de sagesse.On est si speedé à Montréal.Cette procrastination a du bon, remarquez.Puisqu’en matinée dominicale on ne se marchait pas sur les pieds dans le circuit Botero.Pas moyen de les rater dès le départ les œuvres les plus étonnantes du parcours sont ces énormes sculp- tures de bronze, jadis plantées dans les centres-villes trépidants: Paris, New York, Florençe, Madrid, Monte-Carlo, Buenos Aires, Mexico, etc.A Québec, on les a posées à l’intérieur du musée, toutes masses affalées aux portes des salles.Vraiment impressionnante, à propos, cette main monumentale.Et la Femme qui fume, aux chairs débordantes.On imagine l’impact que connurent ces bronzes sur les places publiques, au milieu du trafic, parmi les piétons pressés et les amoureux enlacés.Hs devaient quand même gagner de la gueule à cou-cher dehors.Etrange destin que celui du populaire artiste colombien.Adulé des foules, alors qu’une grande partie de la critique d’art lui reproche un côté décoratif des redondances de style.Voire son succès commercial Plagiée, reproduite à l’infini, l’œuvre de Botero est vouée le phis souvent à orner les pages des calendriers.Ces calendriers qui accrochent si fort notre œil, faut dire, et dont on adore tourner les pages à chaque nouveau mois.Décoratif pour le meilleur et pour le pire, Botero, mais phis que ça aussi.Ces grosses créatures aux visages inexpressifs, devenues sa marque de commerce, furent les échelons de son triomphe, certes, mais aussi les barreaux de sa prison.Captif d’une esthétique qu’il eut peut-être envie de jeter souvent par-dessus bord, mais qui formait l’intouchable style Botero, si coté des collectionneurs.Et coifiment s’évader d’une cage dorée?A méditer, toutefois, les propos du conservateur David Elliott, reproduits dans le programme de la rétrospective.11 estime que la «grosseur» des personnages de Botero n’est pas plus un commentaire sur le surpoids et l’obésité que les sculptures «effilées» de Giacometti ne représentent les anorexiques.Question de symboles et d’énergie.En tout cas, chez lui, l’influence des muralistes mexicains s’impose en évidence.L’Amérique latine constitue un continent artistique qui se rit visiblement des frontières nationales.De fait, dans le film Batalla en el cielo du Mexicain Carlos Reygadas, la femme du héros assassin, une actrice non professionnelle, constitue un tel Botero ambulant qu’on en reste tout saisi.Ses modèles arpentent les rues.Dans cette rétrospective, Botero impressionne surtout par son sens de la composition, son art d’occuper l’espace d’une toile, par-delà ses talents de coloriste.Dans Le Massacre de 20hl5, par exemple, les lignes fracturées des meubles et des portes expriment davantage la violence aveugle que les corps sanglants au sol.De fait ses œuvres aux thèmes tragiques — sur les réfugiés bafoués, les guerres, la violence domestique, la torture dans les prisons d’Abou Ghraïb — se révèlent phis fortes, moins statiques que ses portraits et ses natures mortes.Extraordinaire, aussi, cette Femme tombant d’un balcon, cul par-dessus tête, assassinée sans doute, propulsée vers sa mort Botero a beau vivre entre Paris, New York, Monte-Carlo et Pietrasanta en Italie, le fils de Medellin ne finit plus de témoigner de son berceau.Parcourir son œuvre, lire le récit de sa vie, c’est retrouver derrière sa terre natale de violence et de corruption.Impossible pour Botero de conserver un pied-à-terre en Colombie.L’icône est trop célèbre pour y vivre.Le richissime artiste a échappé à un enlèvement à Bogota en 1994.Un an plus tard, une attaque terroriste a fait sauter à la bombe un de ses bronzes dans le centre de Medellin.Son fils Fernando Botero Zea, ministre colombien de la Défense au milieu des années 90, empêtré dans un scandale de narco-dollars investis dans la campagne présidentielle, écroué un temps, est recherché en Colombie.Il accompagnait son père à Québec la semaine dernière, jet-setter errant lui aussi, avec les fantômes du cartel de Medellin qui le hantent encore.Cette rétrospective nous rappelle à quel point l’art, le crime et la politique peuvent être tressés serré.Derrière ces femmes obèses et ces poires géantes piquées par des vers, une trame sociale surgit Sous la palette multicolore du peintre suinte la couleur locale d’un pays si dangereux, si rempli de pièges, qu’une de ses gloires culturelles n’aurait jamais Ridée d’y vivre.otrem blayCçtlede voir.com LEPAGE SUITE DE LA PAGE E 1 pompiers du Vieux-Port de Québec.Dix jours de célébrations sont prévus en lien notamment avec l’Usine C, le TNM et le FTA, en plus d’un spectacle d’envergure à Québec.L’heure est au bilan et aux rêves.«On ne joue pas assez à Québec.Il y a des shows qui n’ont même pas été vus à Québec qu’on voudrait jouer ici, qui pourraient jouer longtemps», lance le metteur en scène, qui compte aussi attirer un maximum de visiteurs étrangers dans ce qui s’imposerait comme un centre de diffusion «international» en plein cœur de la ville.Pour l’heure, les solos de Robert Lepage (La Face cachée de la lune, Le Projet Andersen.) sont présentés au Théâtre du Trident, une salle jugée trop petite pour les spectacles à grand déploiement comme La Trilogie des dragons, pièce qui avait été présentée, la dernière fois, au Centre de foires, près du Colisée.Quant à la caserne, il s’agit surtout d’un outil de création dont la salle ne peut accueillir que 300 personnes.Caverne ou pas, Robert Lepage cherche un lieu pour faire voir son travail en continu: «Il y a une chance qui se présente à nous, il y a un lieu vide.» Et d’autres joueurs sont intéressés.On savait déjà que la compagnie de théâtre jeunes publics Les Gros Becs faisait partie du projet.Or il appert que le Carrefour international de théâtre, dirigé par Marie Gignac, une proche collaboratrice du metteur en scène, est également partant dans le contexte où «le Carrefour a été acculé par le FTA à Montréal et [qu’il] doit se redéfinir».Lepage a en tête une formule dans le style de l’Usine C avec un plateau «à l’européenne» de 650 places pour sa compagnie et une autre salle, plus petite, de 350 places pour Les Gros Becs.«Ce serait un superbe projet.Si N.w I «Et oui, il faUait de l'audace pour «inventer» un démontre'qu'eUe est une metteure en scène 1 ^-tée d une voix unique.»^ ^ Presse « cette femme de lettres si tourmentée, si sillage.On se sentait soutenues par S Woolf, enfantées par ses combats idenwau, , fécondées par son ex.geante quête de vénté^^ de Brigitte Haentjena d'après Virginia Woolf aveo Céline Bonnier, Marie-Claude Langlois et Sébastien Ricard w * / l\ «Je persiste à croire que l'aptitude A recevoir dbI.chocs est ce qui fait de moi un écrivain » VIRGINIA wéOLF, Instants de vie._ j§ / f SUPPLÉMENTAIRES du 6 au 10 février r -ip Une création de Sibyllines en coproduction avec L’Usine C DU 23 JANVIER AU 3 FÉVRIER 2007 Billeterie Usine C: 514 521.4493 1345, avenue Lalonde SIBYLLINES usine: O ICENTRI 01 CRlATION (T 01 DIMUIION l if A N G I LG B A fl S f TT I t OfSiQN T B ON f LOUISE LEBLANC Caverne ou pas, Robert Lepage cherche un Heu pour faire voir son travail en continu.ça marche, ce serait hallucinant! [.] Ce ne sera pas un théâtre administré comme le sont les autres.Il n’y aurait pas de saisons.On irait [en fonction de] la demande.» Et ce serait pour quand, tout ça?Pas pour le 400‘ en tout cas.«2008, c’est un petit peu vite; 2009, c’est plus réaliste, mais ça peut être aussi beaucoup plus tard.Dans le cas de la caserne, ç’a pris deux ans de plus que prévu.» Or, martèle Lepage, on en est encore à un stade exploratoire.«On ne sait pas combien ça peut coûter.Ça peut être l’idée du siècle, mais on peut aussi se retrouver avec une étude de faisabilité qui nous convainc de ne pas nous embarquer là-dedans.[.] Déjà, les gens commencent à parler de ça à la radio et dans les journaux et partent toutes sortes de rumeurs.Mais on ne le fera pas si ça coûte cher.Si ça coûte cher et qu’on ne peut pas se le payer, on ne le fera pas.» Une prudence qui sonnera sû- rement comme de la musique aux oreilles de la mairesse Boucher, qui est par ailleurs emballée par le projet.Au grand étonnement du principal intéressé d’ailleurs.«J’avoue que, sans la connaître, en ne connaissant que le personnage et non la femme, j’ai été très critique à son égard parce que je pensais que la culture ne l’intéressait pas.[.] Elle a sa façon à elle de gérer, mais elle écoute les gens.J’ai été très surpris par son ouverture et sa volonté de faire les choses.» Enfin, au-delà de la mise en scène, de la caserne et de la caverne, Robert Lepage veut renouer avec le jeu.«Il faut que je m’implique de nouveau comme acteur.Je me suis retiré à un moment donné des créations.Au début, je jouais des rôles importants dans La Trilogie des dragons.Je dirigeais en jouant.» Le jeu au théâtre mais également au cinéma.On le verra bientôt dans le nouveau film de Catherine Martin, Dans les villes, qui sortira le 22 février.«J’ai réalisé, ces dernières années, que j’aime vraiment me faire diriger par d’autres Personnes qui ont des visions différentes du jeu.J’apprends des choses.Je ne résiste pas, je suis une bonne pâte.» Avis aux intéressés: il faudra proposer un horaire conciliant.Le Devoir Au THÉÂTRE DE QUAT’SOUS du 22 janvier au 24 février 2007 Texte ROLAND SCHIMMELPFENNIG Traduction lohannes Honigmann et Laurent Muhleisen Mise en scène THEODOR CRISTIAN POPESCU Avec SIMON BOUDREAULT, EVELYNE BROCHU, GUILLAUME CHAMPOUX, GAÉTAN NADEAU, CRISTINA TOMA Concepteurs : Magalie Amyot, Manon Bouchard, Michel F.Côté, Ginette Grenier, Marc Parent, Julie Vérès Une coproduction du Théâtre de Quat'Sous et de la Compagnie Theodor Cristian Popescu Une nuit ara Billetterie 514 845 7Ü|7 www.quatsous.con L'AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR ISiSÉI r A V a LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FÉVRIE R 2 0 0 7 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Lakmé, au-delà des clochettes CHRISTOPHE HUSS Parfois, il ne reste d’un opéra qu’un air.Ebben?Ne andrà lontana ou Rachel, quand du Seigneur ont assuré respectivement la survie dans les mémoires de La Wally d’Alfredo Catalani et de La Juive de Jacques Fromental Halé-vy.Il serait facile de réduire Lak-mé de Léo Delibes, qui prend l’affiche de l’Opéra de Montréal ce soir, au fameux «air des clochettes» chanté par l’héroïne au second acte.Ce serait pourtant une injustice pour un ouvrage qui a su, malgré un désamour certain dans la seconde moitié du XXe siècle, se maintenir au répertoire.Lakmé a été écrit par Léo Delibes en 1882 et créé en 1883 à l’Opéra-Comique, où il fêta sa 1500' représentation en 1960.L’ouvrage a été singulièrement boudé depuis, la réputation de Lakmé restant supérieure à sa diffusion sur les scènes du monde, malgré un certain engouement grâce à la rayonnante soprano Natalie Dessay.L’Opéra de Montréal présentera cet ouvrage pour la première fois en version scénique dans une coproduction avec l’Opera Australia de Sydney.C’est d’ailleurs la première collaboration de cette institution avec une maison d’opéra en Amérique du Nord.Batifolage colonial Avant de situer l’ouvrage dans le paysage lyrique et musical du dernier quart du XIX' siècle français, il faut d’abord en relater l’argument.L’action se situe en Inde à l’époque de la conquête coloniale anglaise.Le brahmane rebelle Nilakantha célèbre des cultes interdits dans un temple secret.Avec sa fille, la prêtresse Lakmé, il prie et s’élève contre les forces de la colonisation.En compagnie de son esclave, Mallika, Lakmé va cueillir des fleurs de lotus dans le jardin sacré (admirable duo Viens, Mallika.sous un dôme sacré).Au même moment, la fille du gouverneur, Ellen, en franchit la clôture, accompagnée de deux officiers, Gérald et Frédéric.Gérald aperçoit sur une table les bijoux sacrés de Lakmé.Il reste sur place pour les dessiner.Survient Lakmé, qui lui demande de fuir mais se sent dévorée par un sentiment passionné (partagé).Arrive Nilakantha.Il voit que l’enceinte du temple a été profanée et se promet de châtier le coupable.Le décor de l’acte II est la place du marché.Nilakantha, déguisé en mendiant, force Lakmé à chanter la chanson d’une vieille légende (c’est l’«air des clochettes»), Gérald voit Lakmé et se trahit.Nilakantha confie sa fille à son serviteur Hadji et part se venger.Poignardé et laissé pour mort par Nilakantha, Gérald n’est que blessé.Lakmé ordonne à Hadji de l’emmener dans la forêt.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Frédéric Antoun sera Gérald et Aline Kutan Lakmé dans l’opéra de Léo Delibes qui sera présenté par l’Opéra de Montréal à la Place des Arts à compter de ce soir.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Aline Kutan a déjà incarné Lakmé sur scène à l’Opera Arizona, au Michigan Opera, à l’Opéra d’Avignon et à celui de Toulon, en France, de même qu’à Karlsruhe en Allemagne.C’est dans une hutte, cadre de l'acte III, que Lakmé propose à Gérald de boire avec elle l’eau d’une source sacrée qui assure un amour éternel et permet d’être protégé par les dieux.Mais Frédéric survient et annonce à Gérald que leur régiment part dans une heure.Lakmé revient avec la coupe et voit que l’humeur de Gérald a changé.Elle comprend et, désespérée, avant de lui tendre la coupe, mord en cachette une fleur mortelle.Alors que Nilakantha surgit, Lakmé sauve Gérald en révélant à son père le lien sacré qui l’unit à elle.Lakmé expire, Gérald est effondré, Nilakantha chante l’ascension aux cieux de sa fille.Attractions orientales Le roman de Pierre Loti qui servit d’inspiration à Lakmé raconte les amours d’un lieutenant de vaisseau et d’une Tahitienne, qu’il doit quitter pour échapper à la tuberculose.On voit que les librettistes Edmond Gondinet et Philippe Gille s’en sont bien écartés.S’ils situent l’action de l’opéra en Inde, c’est que l’orientalisme est devenu, dans la France artistique- (et donc musicale) de cette époque, une valeur sûre.La distanciation géographique à l’opéra remonte déjà à Lully {Les Indes galantes), Mozart {L’Enlèvement au sérail), Rossini {L’Italienne à Alger) et Weber (Abu Hassan).Mais Lakmé s’inscrit dans un mouvement d’attraction de son époque pour l’Orient.Lakmé n’existerait pas non plus sous cette forme sans Les Pêcheurs de perles de Bizet, qui se déroule dans l’île de Ceylan.On en profitera pour rappeler à quel point Bizet fut un précurseur dans son choix de sujets.C’est aussi le cas de Carmen'.quel opéra, avant, s’était intéressé à une ouvrière?Les parallèles entre Les Pêcheurs de perles (1863) et Lakmé (1883) s’imposent dès les premières minutes des deux opéras: un chœur pour camper la situation, un temple sacré, un duo en apesanteur (deux hommes pour Au fond du temple saint chez Bizet, deux femmes pour Viens, Mallika.sous le dôme épais) et une prêtresse brahmane qui se signale par des mélopées au loin.La musique du jeune Bizet (25 ans) est évidemment plus fougueuse que celle écrite vingt ans plus tard par son aîné de deux ans.Mais la parenté est évidente.La différence majeure est qu’entre 1863 et 1883, le traitement de l’orientalisme en musique a fortement évolué.La France est à la pointe de ce mouvement depuis le tournant du XIX' siècle et Içs campagnes de Napoléon en Egypte.L’œuvre fondatrice de l’orientalisme musical français est Le IJésert de Félicien David (1844).A l’opéra, il y aura, deux ans après Les Pêcheurs de perles, L’Africaine de Meyerbeer et, surtout, en 1877, Le Roi de Lahore du jeune Massenet, que son librettiste Louis Gallet conçoit alors comme un «grand opéra exotique sur un thème indien».1877, c’est aussi l’année de la création, sur des rives moins lointaines mais tout aussi étrangères, de Samson et Dalila de Saint-Saëns.Cette «externalisation» de l’action est avant tout l’occasion pour les compositeurs de se laisser aller en matière de sensualité des lignes musicales, sous prétexte de modes orientaux.Sur ce point, la différence entre la musique subtile et sinueuse de Léo Delibes et le franc Bizet des Pêcheurs de perles est patente.Techniquement, Lakmé est aussi un cocktail subtil et parlait d’ingrédients de base de l’opéra de l'époque.Delibes traduit en musique les ressorts du livret exotisme, conjuration menée par le grand prêtre, amour tragique et aussi intermèdes légers lorsque les Anglais évoquent leur vision de l’Inde.Il le fait avec un chic exquis et le sens des tournures et de l’orchestration de celui qui a déjà fait merveille dans la musique de ballet mais maîtrise tous les genres de l’opéra.A cet égard, il fait parfaitement exister le personnage de Gérald.11 lui confie notamment un air important, Fantaisie aux divins mensonges, une cantilène, Ah, viens dans la forêt profonde, et trois duos avec la belle prêtresse.C’est à Frédéric Antoun, révélé dans L’Etoile de Chabrier, que sera confié ce rôle.Il aura face à lui Aline Kutan, qui a incarné Lakmé sur scène à l’Opera Arizona, au Michigan Opera, à l’Opéra d’Avignon et à celui de Toulon, en France, de même qu’à Karlsruhe en Allemagne.Randall Ja-kobsh, qui avait chanté à Montréal en 2003 dans La Flûte enchantée, sera Nilakantha.Visuellement, la production sera australienne de A à Z, et Jean-François Rivest se retrouvera pour la première fois dans la fosse de l’Opéra de Montréal.Collaborateur du Devoir LAKME Opéra en trois actes de Léo De-libes sur un livret d’Edmond Gondinet et Philippe Gille, d’après un roman de Pierre Loti.Direction: Jean-François Rivest Mise en scène: Adam Cook.Décors çt costumes: Mark Thompson.Eclairages: Gavan Swift Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, les 3,8,10 et 14 février à 20h.Billetterie: 514 842-2112.Ecoute recommandée: l’enregistrement de Michel Flasson, avec Natalie Dessay dans le rôle-titre (EMI).VEN ENTR Création THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI Texte EMMANUELLE JIMENEZ Mise en scène MARTIN FAUCHER LES DENTS Avec JULIE MCCLEMENS.HÉLÈNE MERCIER.MACHA LIMONCHIK.MURIEL DUTIL.ÉMILIE BIBEAU.JEAN MAHEUX.GARY BOUDREAULT et OLIVIER MORIN.DU 16 JAN.AU 10 FÉV.2007 THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI SU 282 3900 3900 rue Saint-Denis, Montréal (Métro Sherbrooke) WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA « L'écriture de Jimenez met en scène une juxtaposition de personnages particuliérement bien cernés [.] qui tentent de se retrouver individuellement et collectivement pour mieux exister.» DAPHNE ANOIOLINI.VOIR MONTREAL «À la fois ancré dans notre réalité et si envoûtant que l'on ne saurait en faire le tour en une seule balade.» ALEXANDRE CADIEUX.LE DEVOIR « Des personnages étonnants, admirablement interprétés par des comédiens solides » JOSËE BILODEAU.ICI LE DEVOIR Louise Lecavalier LONE EPIC / Crystal Pite LULA AND THE SAILOR / Tedd Robinson I" IS MEMORU / Benoît Lachambre DANSE B.9.10.FEVRIER, 20 h balle Billetterie : 514 987.6919 P ' ADMISSION : 514 790.1245 swïïîKÏT'ÿ rtsmaneve 4 TROIS PIECES, TROIS FACETTES D'UNE ARTISTE REMARQUABLE ET D'UN IMMENSE TALENT.«La nouvelle Louise Lecavalier est tout en chair et en acier trempé.Magique.(te Figaro, Péris, 30 nov.2006) ==s 7 mats.Rmiyn-Notanda.1b mars, L'Assomption 1 / mars, Sainte-Thérèse 20 mars, Sherbrooke 23 mars.Salaberry-dc-VnlIeyfield , 26,27,28 mars, Québec 31 mars.Rimouski, 5 avril, Laval www.dansedanse.net i \ DEVOIR.LES SAMEDI S ET DIMANCHE 4 F É V R I E R Confrontée à elle-même SOURCE DANSE DANSE ELLE CUMULE la force et le charisme de deux danseuses, mais cette fois elle sera seule sur scène.Après des années de danse fulgurante au sein de La La La Human Steps, Louise Lecavalier s’est donné le défi de danser en solo.L’idée l’angoissait et la séduisait tout à la fois.Cette icône adulée des publics du monde entier ne traçait-elle pas déjà une voie unique?N’incarnait-elle pas déjà naturellement la figure de soliste?Il lui aura fallu deux nouvelles pièces pour s’en rendre compte.Dans Lone Epic et I Is Memory, commandés respectivement à Crystal Pite et Benoît Lachambre, elle se retrouve donc seule avec elle-même, confrontée à des styles et à des rythmes qu’on lui connaît moins.Oubliez son impétuosité légendaire; ici, c’est plutôt la fibre théâtrale et la lenteur des micromouvements qui sont exploités.Les deux nouvelles pièces sont entrecoupées d’un extrait en reprise du duo Lula and the Sailor (avec Éric Beauchesne) créé par le chorégraphe ontarien Tedd Robinson en 2002.Au Centre Pierre-Péladeau les 8, 9,10 février à 20h elle 11 février à 16h.Une pièce en forme de livre C> est presque dans l’ordre des choses.Après avoir créé des danses analysant le processus qui les ont vu naître, l’ultime étape consistait à analyser ce processus.hors même de la danse, à travers l’écriture.Document 4, dernier chapitre de la série Encyclopaedia de Lynda Gaudreau, prend donc la forme, du moins pour le public québécois, d’un.livre, accompagné d’un CD, qui aborde les questions que la chorégraphe et ses collègues artistes ont à cœur: comment produire une chorégraphie sans contenu?Quel e$t le potentiel du mouvement?A partir de quand y a-t-il chorégraphie?Tout cela semble bien abstrait et aride à première vue, mais le mérite du livre tient justement à sa clarté.Les artistes du corps et du geste prennent la parole pour exprimer leurs intentions, leurs doutes, leurs quêtes.Le texte de Bojana Cvejic, surtout, décortique les outils, les motifs et d’autres éléments qui articulent une création en devenir.Encyclopaedia s’est d’abord décliné en spectacles (Documents 1 à 3) qui décortiquaient le corps et le mouvement et intégraient des fragments d’œuvres d’artistes issus de différentes disciplines.Dès le Document 3, la chorégraphe a essayé de capter l’instant qui précède l’action dansée.Qu’est-ce qui a lieu avant que la danse n’advienne?Cette question s’est radicali-sée pour Document 4, qui a réuni un groupe d’artistes québécois et européens en laboratoires de recherche en Belgique et en Allemagne, dont ont découlé ce livre et un CD des compositions pour tourne-disque de Martin Tétrault.On peut se le procurer à la Société des arts technologiques ou en prenant contact avec la compagnie (debrune@videotron.ca).danse En quête de l’instant À Tangente et au Monument-National, l’improvisation mène la danse FRÉDÉRIQUE DOYON improvisation dansée a la ' cote.On n’a qu’à jeter un coup d’œil sur l’offre de spectacles depuis le début de l’année.Un quatrième rendez-vous à haute teneur improvisée, Chalk, prend l’affiche cette semaine à Tangente.Si bien que, dans le milieu, on parle du mois de l’improvisation.Phénomène ou coïncidence?«C’est le mois de l’impro à Montréal, s’exclame Andrew Harwood, le grand gourou canadien de l’improvisation.Quatre shows d'impro professionnelle presque quatre fins de semaine de suite, c’est du jamais vu!» Loin d'être nouvelle, cette pratique existe depuis longtemps.Elle était notamment au cœur de la révolution américaine de la danse issue du mouvement du Judson Church aux Etats-Unis, dans les années 60-70.Elle avait alors une autre intention, celle de dépouiller la danse, justement, de toutes les intentions qu’on lui avait prêtées jusque-là.Cette quête d’«indifférence» du geste dansé se distingue de l’investigation actuelle de l’impro.Mais peu importe leurs motivations, les improvisateurs cherchent dans le feu de l’instant une forme de renouvellement, d’enrichissement de leur pratique et de leur vision de la danse.«Ça alimente la recherche et la création», indique M.Harwood.Ce qui explique peut-être son attrait pour l’art de la danse, en perpétuelle redéfinition.«Ce qui est intéressant, c'est la liberté, la créativité que ça va chercher chez l’interprète», pense Daniel Soulières, directeur artistique de la compagnie Danse-Cité, laquelle fête ses 25 ans.Il danse encore ce soir dans Treize lunes, un spectacle d’improvisa- 1SOB BBRGNEL/ MICHAEL REINHART Le tableau noir trônant dans la salle de répétition a donné son titre à Chalk.tion qui réunit 10 danseurs et 10 musiciens (on a rarement droit à une distribution dç cette envergure!), inspiré des Evénements de la pleine lune qui ont lancé la compagnie en 1982 et ponctué son histoire jusqu'en 1986, puis en 1993 et en 2003.«Ces créations spontanées font appel à toute une gamme de sensations, d’émotions, qui ouvrent des filons de création qu’on est surpris NICOLAS RUEE Treize lunes veut d’abord approfondir les liens qui unissent la danse et la musique actuelle et développer la conscience musicale chez les danseurs.le groupe de présente 9 DERNIERES ! supplémentaire D'HENNING MANKELL Une nerformance admirable, un aHrontement .t i un morceau choisi qui vaut le depla cernent ! A voir ! , Francine Grimaldi, Radio-Canada C'est magnifique 1 Un texte magnifique, cynique, terrifiant.8.Allez v, Mankell un homme peu banal 1 Hélène Pedneault TeleOuebec janvier au ^février 20 h Portrait caustique d’un couple de coo.P^"tr*nl-a mise en scène propulse la détresse des perso naoes qdi se sont faits prisonniers de l'A r.que.B Mankefi nous entraîne dans un voyage loin d exotisme à la National Geographic Sylvie St-Jacques, La Presse Une écriture dramatique étonnante.Serrée, nerveuse I 1 Singulière parole théâtrale dont on sou halte ie plus tôt découvrir d'autres incarnation .Michel Bélair.La Devoir Anh/opesis distinguished hyan acute sens preci^u Damefi^Léjfine'^nd Gebrie1 ArcarKl sense of lite yet very ofPaïlDoucrt as the new Bwana is worth the wail Matt Raitz.The Gazette ( ] j| faut courir aller voir cette pièce, c est un beau, beau moment théâtral.Marie-Anne Poggi, Radio Ville Marie magnifique défi d acteur.Marie-Claude Marsolais, Mise en scène Carmen Jolin Avec Gabriel Arcand, Danielle Lépine, Paul Doucet Traducteur Gabrielle Rozsafly avec la collaboration de Bernard Chartreux Concepteurs Jean-François Labbé, Marie-Michèle Mailloux, Euterke ON JOUE AU PROSPERO] I37t, rue Ontnrto est billetterie 514 526 6582 admission 514 790 1245 www.lavollloe.qc.cn lilCTHII tlnü de voir surgir et qu’on peut développer par la suite.» L’impro, «c’est la concentration sur le présent, sur l’instant», affirme pour sa part Robert Bergner, le concepteur de Chalk, une improvisation à cinq joueurs qui mélange tous les modes d’expression artistique: musique, danse, texte, dessin, éclairage, sculpture.«C’est l’ouverture à ce qui se passe autour et à l’intérieur de soi-même et la réponse qu’on choisit de donner à ça, sans contraintes prévues», ajoute-t-il.Pour toutes ces raisons d’ailleurs, l’impro s’inscrit au cœur du processus de création de la grande majorité des chorégraphes.Mais entre le déversement de mouvements bruts et la chorégraphie finie, il y a un fossé.«Le chorégraphe choisit ce qu’il conserve, alors que là on est responsable de la matière à livrer», nuance M.Soulières.Transmission, échanges , Ce dernier insiste: comme Les Evénements de la pleine lune, Treize lunes veut d’abord approfondir les liens qui unissent la danse et la musique actuelle et développer la conscience musicale chez les danseurs.«Ça permet de développer des affinités — encore aujourd’hui», souligne-t-il.L’idée de reprendre le même concept qu’il y a 25 ans s’est enri- L’impro, « c’est la concentration sur le présent, sur l’instant», commente Robert Bergner chie d’une autre mission: tendre la main à la jeune génération d’artistes et lui transmettre ce savoir et ce plaisir de la danse improvisée qu’elle affectionne déjà D’où la présence d’anciens joueurs et de jeunes premiers dans le spectacle, qui déploie une suite de 10 tableaux improvisés autour de structures, de canevas de jeu préétablis, le tout déployé sans paroles ou presque.Dans Chalk, des répétitions conduites autour d’objets, de thèmes ou de consignes ont aussi précédé les représentations de cette semaine.Le titre vient d’ailleurs du tableau noir qui trônait dans la pièce où le groupe répétait, dans le cadre d’une résidence au New Hampshire, l’été dernier.«Pour une raison ou une autre, c’est devenu une partie de ce qu’on faisait, raconte M.Bergner.Et ça rejoint le thème de l’improvisation parce que, avec une craie sur un tableau, on peut écrire des choses et les effacer ensuite, même le plus beau dessin disparaît dans l’instant.» Le Devoir TREIZE LUNES Ce samedi au Monument-National CHALK Du 8 au 11 février à Tangente USINE O O DU 19 AU 24 FÉVRIER 07 WERTHER ! GRUPPE STEMANN (ALLEMAGNE) EN ALLEMAND AVEC SURTITBAGE EN FRANÇAIS D'APRÈS JOHANN WOLFGANG VON GOETHE MISE EN SCÈNE NICOLAS STEMANN INTERPRÉTATION PHILIPP HOCHMAIR À L'ÈRE DE LA VIDÉO ET DE L'ECSTASY, QUEL SENS A LE ROMAN DE GOETHE SUR LA MALADIE D’AMOUR DU JEUNE WERTHER ?INFOS AU WWW.USINE-C.COM GUICHET 514 521 4493 ADMISSION 514 790 1245 / WWW.ADMISSION.COM « Le monologue exaltant d’un Werther saisissant, brûlant et fiévreux.« Nathalie Chiftlet.DNA 1994 LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FÉVRIER 2 0 0 7 E 5 CULTURE DE VISU Il était une fois dans l’Ouest TOMBER EN PÂMES Geneviève Chevalier Maison de la culture de N otre-Dame-de-Grâce Jusqu’au 4 mars RENÉ VIAU Tomber en pâmes, c’est tomber dans les pommes, basculer d’un coup et découvrir, avec Geneviève Chevalier, un lieu imaginaire qui semble flotter entre hier et aujourd’hui.Alliant histoire et art contemporain, l’artiste revisite, pour y croquer à belles dents, î’histoire d’un coin de Montréal.«Mon installation a pour thème le passé agricole du quartier Notre-Bame-de-Grâce — ses fameux melons de Montréal et ses vergers — ainsi que ses demeures canadiennes-françaises, explique Geneviève Chevalier.Les dernières qui subsistent sont décalées par rapport à la grille de développement urbain caractéristique du quartier.» Les pommes, efles sont tout devant en entrant dans la salle d’exposition de la Maison de la culture de Notre-Dame-de-Grâce.Les branches noueuses d’un pommier semblent vouloir faire éclater les murs d’un cube blanc.Au §ol, des fruits de plâtre ont roulé.Devant nous, incontournable en panoramique, la tranchée de l’autoroute Décarie, où circulent des milliers de voitures, remplit les fenêtres.Le présent surgit alors brutalement pour servir de toile de fond à cette installation-sculpture dont l’autre volet se compose de plans inclinés en diagonale, évoquant des murs ou des clôtures.Ce passage encadre une table fracassée.Des melons sculptés en plâtre jonchent le sol aux côtés d’éclats d’assiettes.Associés à une idée de choc et de cassure mais aussi de banquet sous les arbres, ces melons font référence aux cultures maraîchères qui étaient au début du XX' siècle la spécialité de ce terroir.«J'ai imaginé une scène, dit- SOURCE MAISON DE LA CULTURE NDG Tomber en pûmes, de Geneviève Chevalier: les branches noueuses d’un pommier semblent vouloir faire éclater les murs d’un cube blanc.Au sol, des fruits de plâtre ont roulé.elle, un peu comme si ces fameux melons, si réputés pour leur poids et leur goût, avaient cassé la table car ils étaient trop lourds.» Une interrogation sur la qualité de vie La référence à l’architecture se prolonge dans quelques photos de vieilles maisons centenaires encore bien solides.Toit dentelé de bois, balcon festonné, les vieilles briques du 3761 de la rue Vendôme semblent se perdre à travers les maisons familiales construites autour entre 1910 et 1920.Avec ses lamiers excédant la façade, une ancienne maison «canadienne» voisine s’affiche en rose.C’est la maison Décarie.Elle est accolée à cet ancien sentier sinueux emprunté par les Amérindiens, puis chemin de diligence, qui est devenu la Côte,-Saint-Antoine.Cette vieille demeure témoigne encore de la tranquillité champêtre de l’ancien village de Notre-Dame-de Grâce.«Ces maisons étaient orientées vers le fleuve, explique Geneviève Chevalier.C'est pour cela qu'elles sont décalées par rapport aux rues actuelles, tantôt en retrait, ailleurs très proches.» Ces coteaux descendant lentement vers les rives éloignées était célèbres pour le melon que l’on y cultivait et que l’on exportait jusque dans les grands hôtels de New York.Avec l’annexion du village à Montréal en 1910, Notre-Dame-de-Grâce devient peu à peu une banlieue verdoyante, puis un quartier du Grand Montréal.Difficile d’imaginer que les terres si bucoliques où les Décarie et d’autres veilles familles de «NDG» faisaient pousser ce melon savoureux étaient situées là où passe aujourd’hui cette autoroute dont le tracé, à la fin des années 60, a déchiré le tissu urbain du quartier.Geneviève Chevalier ne recourt pas aux photos nostalgiques ni aux archives.Son idée n’est pas tant de documenter avec érudition le passé du quartier et son évolution que de nous transmettre visuellement certaines de ses marques.Lançant ces pistes, elle nous parle de la course du temps.Avec une facture contemporaine, son installation nous ramène au clivage entre rural et urbain, à une interrogation sur la qualité de vie et sur notre contact avec la nature en ces temps où l’écologie nous préoccupe.Nous rapprochant de racines au vert qui ne semblent plus grâce à elle si lointaines, l’œuvre à partir des fragments qui la composent fait se télescoper l’ici et maintenant à la mémoire qui affleure.Maintenant installée dans les Cantons-de-l’Est, Geneviève Chevalier, 29 ans, originaire de la Côte-de-Beaupré près de Québec, a vécu quelques années dans le quartier.Cette idée de s’inspirer du Notre-Dame-de-Grâce du tournant du siècle dernier lui est venue un peu par hasard.«J’habitais pas loin de la rue Old Orchard.Ce nom m’a fait réfléchir.Ces indices nous disent ce qu’il y avait auparavant mais souvent on ne les voit pas.J’ai eu envie de les retrouver, de recréer les liens.» Collaborateur du Devoir SOURCE MAISON DE LA CULTURE NDG Une partie de (’installation-sculpture de Geneviève Chevalier: une table fracassée.• y* rafp mm riSPlvi est un opera muet D’après Cosi fan tutte de Mozart Maîtrise d'œuvre Jean Asselin Direction musicale Normand Forget to corps pontaèdre du 13 février au 3 mars 2007,20 heures SPECIAL 2 POUR 1 I Vendredi 23 et samedi 24 février spectacle à 17 heures suivi d'une rencontre avec les artistes: t place achetée, 1 place offerte rm Billetterie: 514.521.4191 Tarif régulier : 30 S etudiant : 20 S 'ospace oc Prévente : 2 billets pour 30 S, valables du 13 au 18 lévrier 2007 LIBRE Z!r 1945 rue Fullum, Montréal © Frontenac//www.mimeomnibus.qc.ca Québec Montréal LA SERIE Mlionii iv MULTI-PKETS PRESENTE PEGGY BAKER DANCE PROJECTS 3 [PREMIÈRES MONDIALES] 14 AU 17 FÉVRIER 2007 DIRECTION ARTIS 1IUUI PEGGY BAKER Dreaming Awake, un solo du Molissa Fenley créé sur mesure pour Peggy Baker, mol en valeur le puissant physique et In précision du geste qui caractérisenl celle artisle Puis, une toute nouvelle œuvre de Peggy Baker, ici chorégraphe et interprète, est exécutée en silence.Enfin, James Kudelka met en mouvement A Woman By A Man.un duo inédit, poui Peggy Baker et Larry Hahn Coproduction avec la Place des Arts.Directeur de là programmation : Michel Gagnon TARIFS: 28$* (adulte) 18$' (étudiant) * par spectacle, taxes et redevances incluses Multi Prds Place des Arts RESERVEZ VOS BILLETS DES MAINTENANT 514 842.2112 • 1866 842.2112 • WWW.pda.qc.ca Réseau Admission 514 790.1245 N LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FEVRIER 2007 E (» Ttcitt 5^ § Kl % SOURCE GALERIE CLARK Orage et forêt, de Max Wyse Les inflorescences indéfinies du Centre Clark La critique d’art Sonia Pelletier a voulu souligner le soutien inconditionnel de ce centre d’artistes à l’art dit «pictural » INFLORESCENCES Michel Herreria et Max Wyse Jusqu’au 17 février Galerie Clark 5455, avenue de Gaspé MICHEL HELLMAN Inflorescences, une exposition simple mais efficace, inaugure la saison 2007 du centre Clark.Ce parcours-hommage (la galerie a décidé de célébrer en grande pompe ses 18 ans et toute la programmation 20064)7 reflète cet anniversaire) a été organisé par la critique d’art indépendante Sonia Pelletier et rassemble les œuvres du Canadien Max Wyse et du Français Michel Herreria.Ces deux artistes ont, en apparence, très peu en commun, mais leurs démarches picturales sont liées ici par une même recherche esthétique.Le mot «inflorescence» est un terme botanique.Il désigne la disposition que prend un groupe de fleurs sur la tige d’une plante Oe type d’inflorescence varie selon la plante: il peut être «défini» ou «indéfini»).C'est un mot poétique qui pique l’imagination et, dans le contexte de cette exposition, il prend une dimension sym- MICHAEL FERNANDES One potato, two potato.it’s your life.Du 8 février au 31 mars Mardi au samedi : midi à 18h VERNISSAGE et PERFORMANCES de l’artiste : le jeudi 8 février à 17h30 (Les performances commencent à 18h) Entrée gratuite Dans le cadre du Rallye-Expos de Vues d’Afrique ruaî MAI (Montréal, arts interculturels) 3680, rue Jeanne-Mance Montreal, QC h2x 2k5 T.514 982-3386 www.m-a-i.qc.ca Arts Visuels VISITE GUIDÉE en compagnie de l'artiste : le samedi 10 février à 14h Montréal Oü ffküt Québec ri LE DEWIK WSSÉÜW*» DEMANDÉ(E) temps plein temps partiel | EXPOSmoiî dî, 2 aUue20eF*m,^a",“es I Heures d'ouverture’ Jeudi et vendredi de t'iNOO à 21H00 Samedi au mercredi de 13H00 à 181400 Artistes: L.™., «ol»n.Po’c, ' “* Locat.32«8, Sie-Cethenne Est * l' i E3 E9 Québec eu ca LES SYMPHONIES I LE MIDI» I «LE SOIR» BERNARD LABADIE, chef Des œuvres fascinantes qui marquent la naissance de la symphonie moderne.Également au programme, la Symphonie n° 26 « Lamentatione ».4 FÉVRIER 2007 —20H SALLE POLLACK — UNIVERSITÉ McGILL 844-2172 ou sans frais 1 866 844-2172 PARTENAIRE DE SAISON A MONTRÉAL MONTREAL'S SEASON PARTNER SSG financier Vaxzc€*tib âfe Cornell del Ar Québec «3b> i J^'j LE DEVOIR Montreal/ Nouvelles Musiques * 24 fevrier/8 mars 2007 www.festivalmnm.ca Ét Ftstivd us Ftiks élcemifues présemw Délire et iMpertlNeNce à La Sala Rossa H î LuNdi 5 février - 20h30 - 12$ Hallahou la poésie icohoclaste de la waisoh d'éditioN le Quartahier lue, perforwée, trafiquée, projetée + deux poètes taNçais iNvités: ThoMas Braichet + Julieh d’Abrigeon VeNdredi 9 février - 20h30 - 17$ Body aNd Soul 4 + party de clôture Ludiques, déliNquahtes, irrévéreNcieuses, audacieuses, les filles (électriques) sont à l’hoNMeur.Les Moquettes Coquettes + ^oweN Vith Kitchen Appliances + Giselle Nuwba One + D.Kiniw.Après?C’est le party et les filles sont DJ!! Billets: Casa del Popolo (4873, boul Saint-Laurent) + durant le F VA à U Sala Rossa ut ta/* knun ______________4^4^, (ml tounf-LfWWt _______ u: DE V( Il H Æy t 614 E 8 IK 1> K V 0 I K , LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 f É V R I K K 2 0 0 7 CULTURE JAZZ La réinsertion de Coleman Hawkins par Bennie Wallace SERGE TRUFFAUT Il y a une trentaine d’années, Tommy Flanagan, pianiste des élégances, et Bennie Wallace, saxophoniste au long cours, avaient publié presque simultanément des albums consacrés aux grandes œuvres du capitaine Monk, alors toujours de ce monde.Produits par Enja, label allemand qui cultive la qualité avec méticulosité, ces deux disques sont à l’origine d’un phénomène dont l’ampleur va toujours grandissant.De quoi s’agit-U?Les albums sont faits uniquement des compositions de Monk, l’homme qui au cours des dix dernières années de sa vie raconta des légendes à ses amis les chats de l’autre côté de la Hudson River.Soit face à Manhattan.Aujourd’hui, Wallace se signale à nous en proposant une galette de plastique qui se conjugue du début à la fin avec les fins travaux portant l’empreinte de Coleman Hawkins.Lorsqu'on a eu le résultat en main, on s’est dit, bêtement d’ailleurs: comment se fait-il que personne n’y ait pensé avant?Car la dernière exploration musicale de Wallace se distingue énormément des publications récentes comme actuelles.Baptisée Disorder At The Border.The Music of Coleman Hawkins, cette aventure, on le répète, tranche passablement avec le reste.Elle se détache d’un lot trop encombré par ces productions aussi fades que vides de sens, ou plus exactement sans vie, sans étincelle.Si elle n’est pas encore historique, l’aventure relève quelque peu du manifeste.Ce n’est pas que Wallace soit un militant, mais.son disque vient à point Sans qu’il en ait eu la volonté, le saxophoniste originaire du Tennessee met le doigt sur le bobo.Le gros bobo de notre époque.On s’explique.Depuis plusieurs années maintenant les souffleurs de la nouvelle génération privilégient un peu trop le contenu aux dépens de l’enveloppe.Tous sont d’extraordinaires techniciens, des lecteurs hors pair, mais de piètres sculpteurs.Or au saxo, surtout le ténor, le son, c’est tout En rendant hommage à Coleman Hawkins, Wallace rend hommage en fait à l’inventeur de l'instrument Bon, on sait qu’en réalité c’est le Belge Adolphe Sax qui a fait les coutures et les soudures pour accoucher de ce drôle d’engin.Reste que, pendant près d’un siècle, les compositeurs et musiciens le regardaient le saxo, avec distance, car ils étaient intrigués.Gustav Mahler mis à part ils ne savaient pas trop quoi en faire jusqu’à ce que Hawkins s’en empare et mette en lumière toutes ses possibilités en s’appuyant sur le son.C’est grâce à lui d’abord, et à Lester Young ensuite, que le saxo est de venu l’instrument le phis proche de la vobc humaine.Pour saluer le centième anni- BENNt|(\ÿ^j.l^ÇE £f)1AN HAWKINS versaire de Hawkins.Wallace a donc eu l’intelligence de s’entourer de fines lames, qui plus est réputées, pour être des modernes.À la trompette, on retrouve Terell Stafford, au saxo alto il y a Jesse Davis, à l’autre alto il y a Brad Ix'ali, au baryton (yes!) on retrouve Adam Schroe-der, au piano il y a Donald Véga, à la contrebasse il y a Danton — quel prénom! — Doller, à la batterie il y a Alvin Queen, et au.Et au trombone, il y a l’immense Ray Anderson.Que ce dernier ait convenu de répondre à l’appel de Wallace en dit long sur la pertinence de l’aventure.En soi, la présence d’Anderson est un gage de qualité.Toujours est-il que ces neuf bonshommes ont pris un jour la route de Berlin pour se produire dans le cadre du festival de jazz.De leur prestation, ils ont retenu six morceaux célébrés par Hawkins ou associés à sa personne.Le pro- gramme?Disorder At The Border, La Rosita, Bean And The Boys, Honeysuckle Rose, Body And Soul et Joshua Fit The Battle of Jericho.De leur interpretation, on retient d’abord les longueurs.Le morceau le phis bref totalise près de neuf minutes, le phis long dépasse les seize minutes.Autrement dit, jamais ils n’ont fait dans le minimalisme.Tout le temps, ils prennent le temps.Le temps de bien introduire le morceau, le temps de bien capter l’attention de l’auditeur pour ensuite développer les beautés jusque-là cachées de Body And Soul, de La Rosita et d’autres pièces.Cet album est d’autant plus réjouissant que tout est pratiquement parfait Du choix du sujet à sa déclinaison.Bennie Wallace est l’opposé du deux de pique.?Dans le dernier numéro de Jazz Magazine consacré aux chanteuses et à certains chanteurs, on a retenu ce propos d’Archie Shepp lors d’un débat portant sur l’enseignement du jazz: «Chez moi, 20 % des Noirs sont en prison! Ils ne vont pas apprendre la musique comme Lionel Hampton ou Johnny Griffin, ils nç vont pas rencontrer ces gens-là.A présent, le jazz correspond à la classe moyenne.H faut qu’on trouve le moyen de faire tomber cette barrière.En cela, l’éducation doit jouer un rôle important.» Le Devoir CINÉMA Le plaisir d’avoir plusieurs vies Isabelle Carré parle de Cœurs et de son métier de comédienne MARTIN BILODEAU N A 35 ans, elle a déjà une quarantaine de rôles à son actif.Depuis une quinzaine d’années, les cinéastes français, hommes (Bertrand Tavernier, Cédric Kahn, Philippe Harel) et feimnes (Anne Fontaine, Noémie Lvovsky, Zabou Breitman) à parts presque égales, la réinventent et cultivent dans leur lumière sa part d’ombre.Alain Resnais n'a pas résisté, lui qui dans Cœurs, à l’affiche depuis hier au Québec, a demandé à Isabelle Carré de pénétrer dans le cercle intime de sa petite famille d’acteurs formée des Sabine Azéma, Pierre Arditi et André Dussollier.Son rôle?Gaëlle, une jeune Parisienne douce et timide qui rêve de l’amour et prend la quête de l’âme sœur très au sérieux.Au point de placer une petite annonce, avec tous les désagréments que ça suppose.Le cœur sur la main et des étoiles dans les yeux, Gaëlle est tout le contraire de son grand frère (Dussollier), qui se consume en silence pour une collègue de travail (Azéma).On doit au tandem Carré-Dussollier la scène la plus drôle de cette tragicomédie au noyau amer celle où, rentrant d’un désastreux blind date, la jeune femme surprend son aîné en train de regarder un film, disons, compromettant An 10 - 05/06 Le Conseil québécois de la musique félicite les lauréats des prix Opus 2005-2006 Concert de l’année - Montréal (prix accompagné d’une bourse de 3000$ du Conseil des arts de Montréal) Les plaisirs champêtres, Ensemble Arion 24, 25 et 26 mars 2006 Concert de l’année - Québec Requiem pour un Président, Orchestre symphonique de Québec 22 mars 2006 Concert de l’année - Régions Les 10 ans de la Salle Françoys-Bernier : concert d’ouverture, Le Domaine Forget 23 juin 2006 Concert de l’année - Musiques médiévale, de la Renaissance, baroque Les plaisirs champêtres, Ensemble Arion 24, 25 et 26 mars 2006 Concert de l'année - Musiques classique, romantique, postromantique, impressionniste Mahler Grandiose, Orchestre Métropolitain du Grand Montréal 30 septembre 2005 Concert de l’année ~ Musiques moderne, contemporaine Le mythe de Sisyphe, Société de musique contemporaine du Québec 12 octobre 2005 Concert de l’année - Musiques actuelle, éiectroacoustique Akousma (2) - Pierre Alexandre Tremblay : Alter ego, Réseaux des arts médiatiques 9 décembre 2005 Concert de l’année - Jazz, musiques du monde Christine Jensen Big Band, Effendi Records 22 mars 2006 Production de l’année - Jeune public (prix accompagné d'une bourse de 5000$ du ministère de la Culture et des Communications du Québec) RocamBUZZIesque ! L’histoire de la musique, Buzz cuivres farfelus 3, 10, 17, 24, 28 et 31 mars 2006 Disque de l’année - Musiques médiévale, de la Renaissance, baroque Biber et ses contemporains : Mensa Sonora, Sophie Gent, violon, Ensemble Masques, Olivier Fortin, direction Analekta Disque de l’année - Musiques classique, romantique, postromantique, impressionniste Henri-Joseph Rigel : Quatuors dialogués, œuvre X, Quatuor Franz Joseph Atma Classique Disque de l'année - Musiques moderne, contemporaine Autour de Chostakovitch, Serhiy Salov, piano, Orchestre de chambre I Musict de Montréal, Yuli Turovsky, direction Analekta Disque de l’année - jazz, musiques du monde Breath, Steve Am ira u It Effendi Records Création de l’année Trans/Fusion, Geof Holbrook, compositeur, Société de musique contemporaine du Québec Kontakte 15 novembre 2005 Article de l’année François de Médicis, Darius Milhaud and the debate on polytonality in the french press of the 1920s, Music & Letters Oxford University Press, vol.86, no 4, 2005 Prix Hommage Pierrette Alarie, soprano Rayonnement à l’étranger Marie-Nicole Lemieux, contralto Directeur artistique de l’année Louise Forand-Samson, Club musical de Québec Découverte de l’année (prix accompagné d’une bourse de 5000$ de Galaxie, le réseau de musique continue de Radio-Canada et d'une année en résidence à la radio de Radio-Canada) Anne-Julie Caron, percussionniste Reconnaissance à un facteur d’instruments (prix accompagné d’une bourse de 5000$ de la Société de développement des entreprises culturelles) André Brunet, luthier de guitare Compositeur de l’année (prix accompagné d'une bourse de 10000$ du Conseil des arts et des lettres du Québec) Ana Sokolovic interprète de l’annéé (prix accompagné d’une bourse de 5000$ du Conseil des Arts du Canada) Jacques Lacombe, chef d’orchestre Diffuseur de l’année Centre d’arts Orford Événement musical de l’année Week-end Beethoven, Orchestre Métropolitain du Grand Montréal 18, 19 et 20 novembre 2005 CONSEIL QUEBECOIS DE U MUSIQUE- Québec mh • Conseil des arts et des lettres • Société de développement des entreprises culturelles • Ministère de la Culture et des Communications lllllllllil IA CM JH.UE UES MUSICIENS ‘ MUSICIENNES UU QUEBEC Conseil des Arts Canada Council CONSEIL WS ARTS Df MONTRÉAL du Canada for the Arts musicaction -Galaxie # CanaclS LE Université de Montréal 10 rlü TfT Lu Scena Musicult’ ESPACE MUSIQUE SmR ¦mini)' SOURCE CHRISTAl.FILMS Isabelle Carré dans Cœurs, d’Alain Resnais «Je voulais que sa réaction soit très forte, raconte la comédienne rencontrée à Paris en janvier.Dans son regard, au cours de cette scène, toutes ses idées noires sur l’amour remontaient.» La scène, dit-elle, a été longuement mûrie, réfléchie avec Alain Resnais, quelle admirait avant de travailler avec lui, qu’eUe admire encore plus maintenant qu’elle a goûté à son cinéma de l’intérieur.«Resnais vous met tout de suite à l’aise en vous livrant ses propres doutes.Parce qu'il en a.Il se dit lui-même intimidé par vous.À notre premier rendez-vous, j’étais dans un état d’émotion immense.C’était comme un rêve.J’avais dans la tête Mélo, L’Amour à mort, Hiroshima mon amour.* Peu à peu, les choses se sont placées, une familiarité, sinon une amitié, s’est installée et le regard de la muse sur le maître a gagné en perspective: «Auprès de lui, on a la conscience de participer à une démarche admirable, sur le plan artistique et sur le plan de la pensée.Resnais vous donne accès à une autre dimension.» Choisir ses films, non ses rôles l a préparation de son rôle dans Cœurs a été radicalement différente de celle de ses rôles antérieurs: trois semaines de répétitions, une biographie imaginaire du personnage à intégrer aux gestes, à la vobc, aux sentiments, puis une série d’entretiens en tète à tête avec le cinéaste, pour discuter du personnage.«Cette Jaçon de travailler rappelle inévitablement le théâtre», dit celle qui, parallèlement à sa carrière au cinéma, continue de s’épanouir sur scène.«Dans le jeu toutefois, Resnais n’a pas envie que ça soit théâtral.H avait envie que ça soit le plus simple, le plus naturel, le plus profond possible.Paradoxalement, en rentrant chez moi le soir, je n’avais pas du tout l’impression d’avoir joué, ou d’avoir suffisamment transpiré.Peut-être étaitOTs-auSDffiF'HoaH/e«.oBg^ Atopto PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE .VERSION ORIGINAL* FRANÇAISE I OtN
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