Le devoir, 9 février 2007, Cahier B
LE DEVOIR, LE VENDREDI 9 FÉVRIER 2007 W.EmEtI END MUSIQUE La nouvelle vie de Viktoria Muilova C’EST LA VIE! Amours culinaires: faire bonne chair Page B 5 Ici eià Le Mois de 1 histoire des Noirs Carnaval sur fond de bal masqué La troupe Ekspresyon mélange la danse traditionnelle haïtienne avec du classique et du jazz ï , SOURCE TROUPE EKSPRESYON hn général, les sept danseuses de la troupe Ekspresyon sont exclusivement accompagnées par des percussions.Mais en ce jour de carnaval, on retrouvera au Lion d’Or d’autres instruments.Il se fête généralement dans la canicule des Caraïbes, mais le carnaval haïtien s’éclatera cette année en pleine froidure québécoise.Depuis 1976, date du bicentenaire américain, février est désigné le Mois de l’histoire des Noirs dans les Amériques, en Afrique, en France et dans les Caraïbes.Et à cette occasion, la troupe Ekspresyon présente ce soir au lion d’Or son spectacle Vak-sin 2007 aux accents de soirée de bal masqué.CAROLINE MONTE ETIT Plusieurs divinités vaudou seront conviées à l’événement, dont Baron-Samedi, par exemple, gardien des cimetières.«C’est de la danse afnxontemporaine.On mélange la danse traditionnelle haïtienne avec un peu de classique et un peu de jazz», explique Régine Cadet, porte-parole de la troupe.La danse traditionnelle haïtienne, pour sa part, est largement inspirée des rites vaudou.«Il y a plusieurs rites et plusieurs rythmes et on interprète ces rites», dit-elle.Elle mentionne par exemple les rites petro qui, en Haiti, évoquent les divinités maléfiques, et les rites radas qui évoquent des divinités plus calmes et plus douces.«Dans le cadre du carnaval, on va se servir aussi d’une autre figure, celle du militaire Charles Oscar, qui servait sous le dictateur Guillaume Sam.Il est devenu une figure du carnaval», dit-elle.A travers la fête du peuple, on ironise aujourd’hui sur le personnage de ce militaire sanguinaire craint par la population.Pour exécuter certaines danses, les visages des danseuses seront recouverts de masques blancs alors qu’elles seront habillées de noir et de mauve, couleurs qui symbolisent la mort Par ailleurs, dans la mystique vaudou, la mort est aussi annonciatrice d’une régénérescence sexuelle et les danses plus lascives exprimeront cet état En général, les sept danseuses de la troupe Ekspresyon sont exclusivement accompagnées par des percussions.Mais, en ce jour de carnaval, on retrouvera au lion d’or d’autres instruments.Le public est par ailleurs invité à s’y présenter déguisé: le prix d’entrée sera de 5 $ moins élevé pour ceux qui porteront un costume.On devrait donc y trouver une ambiance de bal masqué.Les rites vaudou Quant aux rites vaudou, Régine Cadet affirme qu’ils sont sûrement encore présents, à différents degrés, dans la communauté haïtienne qui rit à Montréal.«Us sont présents chez les Haïtiens qui sont vaudouisants.Nous, nous ne sommes pas vaudouisants mais nous nous en inspirons», dit-elle.Les premiers Noirs à arriver en Nouvelle-France étaient des esclaves, comme en témoigne notamment l’exposition sur Marie-Josèphe Angélique, cette esclave pendue sur la foi d’une rumeur pour avoir mis le feu à la maison de sa maîtresse en 1734 et à laquelle le Centre d’histoire de Montréal consacre une exposition.On dit que Champlain était accompagné au début du XVIL siècle par un esclave noir du nom de Mathieu Da Costa.«Le premier esclave noir venu d’Afrique est arrivé en 1629 à Québec, lit-on sur les murs de l’exposition du Centre d’histoire de Mont- réal.C’est toutefois en 1709 que l'esclavage est légalisé dans la colonie.On commande alors une centaine d’esclaves noirs.Aucun navire négrier ne venant, on s'en procurera auprès des colonies anglaises.Durant tout le temps de la Nouvelle-France, on aurait recensé plus de 3500 esclaves travaillant surtout comme domestiques.Un tiers seulement serait d’origine africaine, la majorité étant composée d’Amérin-diens appelés Panis.» Perçus comme des biens meubles, «les esclaves noirs coûtaient plus cher que les esclaves amérindiens.Ils étaient donc réservés à une certaine bourgeoisie», ajoute André Gauvreau, porte-parole du Centre d’histoire.Marie-Josèphe Angélique était originaire du Portugal.Le nom d’Angélique lui a été donné par ses t maîtres en souvenir d’une enfant morte.«Malgré son statut d’esclave, Angélique est une bonne vivante, amoureuse, querelleuse, parfois impertinente avec sa maîtresse, ce qui la rendra suspecte à plusieurs lors du procès», nous dit encore l’exposition.Est-ce ce qui lui vaudra d’être pendue sur la place publique par un bourreau aussi esclave qu’elle, après avoir été torturée pour qu’on lui soutire des aveux?Le Centre d’histoire de Montréal invite les visiteurs à établir leur propre interprétation des faits.Ailleurs Ce ne sont d’ailleurs que deux exemples des très nombreuses activités qui invitent, durant tout février, à célébrer le Mois de l’histoire des Noirs.Vendredi dernier, un débat tenu à la maison de la culture Maisonneuve portait sur «la nécessité pour les immigrants africains de défaire leurs valises et d’oser investir l’espace public».Cette année, la table ronde du Mois de l’histoire des Noirs a choisi de mettre en valeur la relève.Le mois est dédié «aux jeunes issus des communautés noires qui se sont particulièrement illustrés dans les domaines culturel, social, économique ou politique».Dans le calendrier de la table ronde, on a donc sélectionné 13 jeunes héros pour leur communauté dans différents secteurs.Au Musée des beaux-arts de Montréal, une exposition porte sur les arts anciens de l’Afrique subsaharienne.Demain, l’Alliance théâtrale haïtienne présente la dernière d’une pièce intitulée Au-delà de la peau, «un drame déchi- rant, piquant et criant entre deux jeunes amoureux de souches ethniques différentes», au théâtre Le Château, 6956, rue Saint-Denis.Mercredi, au café Utopik à Montréal, David Austin, travailleur communautaire et chercheur à l’institut Alfie Roberts, parlera aussi de l’histoire récente des luttes de la communauté noire au Québec et de ses liens avec le contexte bouillonnant de la Révolution tranquille et des revendications des Québécois francophones.En 2001, on recensait quelque 139 300 Noirs à Montréal, soit environ 4 % de la population.Même en ces temps de débats sur l’accommodement raisonnable, il semble que ces thématiques ne soient pas encore superflues.Le Devoir Jazz & Justice Du jazz pour une bonne cause: c’est ce que propose la série de concerts-bénéfice pour la justice sociale de Jazz & Justice.Demain, à 20h, à l’église unitarienne de Montréal (5035, boulevard de Maisonneuve Ouest), on pourra entendre Susie Arioli et Jordan Officer, accompagnés du guitariste Michael Jerome Brown et du bassiste David Gelfund.Les billets sont vendus 30 $ (étudiants: 15 $) et tous, les profits seront partagés entre Equiterre, l’église unitarienne et trois organismes sans but lucratif: A deux mains, L’Abri en ville et Mission communautaire de Montréal.Trois autres concerts seront également présentés dans le cadre de Jazz & Justice 2007: Steve Amirault et Jim Vivian le 10 mars à 20h, le quatuor Nancy Walker avec Chet Doxas le 14 avril à 20h et le quatuor Pierre François avec Rémi Bolduc le 12 mai à 20h.» 514 522-2000, poste 0.La guerre en images Pendant que les soldats canadiens continuent d’être envoyés en Afghanistan, le Musée canadien de la guerre inaugure aujourd’hui une exposition sur l’expérience canadienne de ce conflit L’exposition Afghanistan -Chroniques d’une guerre offre un aperçu de la participation du Canada à la reconstruction de ce pays dévasté, notamment au moyen de récits de journalistes sur le terrain ainsi que de photographies et vidéos recueillies par les journalistes Stephen Thorne et Garth Pritchard, wwiv.museede laguerre.ca.Expo-encan Pour souligner le 15*' anniversaire de l’organisme, les Impatients organisent dès demain et jusqu’au 13 mars l’exposition-encan Parle-moi d’amour, à la galerie des Impatients (100, rue Sherbrooke Est, 4’ étage).Pour l’occasion, plus d’une centaine d'artistes en arts visuels ont fait don d’une œuvre.Les fonds recueillis permettront aux Impatients de poursuivre leur mission: offrir un lieu d’expression artistique et thérapeutique aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale et sensibiliser le grand public à ces réalités.Une lecture de Mille mots d’amour, des lettres offertes par différents artistes, aura également lieu le lundi 19 février à la Chapelle historique du Bon-Pasteur.Le coffret Mille mots d’amour a été lancé le 15 janvier dernier, www.impatients.ca.Bombardier a 100 ans Joseph-Armand Bombardier, inventeur et entrepreneur passionné, a laissé sa marque dans le paysage québécois, notamment au moyen de ses fameuses motoneiges.Pour souligner son 100e anniversaire de naissance, la Fondation J.-Armand-Bombar-dier inaugure une exposition permanente sur la rie et l’œuvre de l’inventeur de la motoneige au musée J.-Armand-Bombardier, à Valcourt.On pourra notamment y admirer des modèles de collection ainsi que des photographies et documents d’époque.L’entrée est gratuite jusqu’au 23 février, w 450 532-5300, www.museebom bardier.com.Laurence Clavel 5 LE DEVOIR.LE VENDREDI 9 FÉVRIER 2007 B 2 W E E K- E N1) CULTURE Sous les feux de la rampe JACQUES NADEAU LE DEVOIR ON EST SI BIEN chez soi.Le groupe The Arcade Fire continue de se produire dans une petite salle montréalaise à guichets hyperfermés.Seulement une cinquantaine de billets sont offerts pour la représentation du jour.Les fans font la queue pendant des heures devant L’Oblique, un disquaire indépendant du Plateau Mont-Royal.The Arcade Fire, la nouvelle sensation québécoise, n’a reçu que des éloges pour sa pop orchestrale raffinée, bigarrée et voluptueuse, dans laquelle se mélangent les voix féminines et masculines, la contrebasse, les violons et quelques cris.Crise au Fonds canadien de télévision Le FCT est prêt à s’adapter aux besoins de l’industrie KARINE FORTIN Ottawa — Secoué par le mécontentement de deux de ses plus importants partenaires, le Fonds canadien de télévision se dit prêt à s’adapter aux besoins de l’industrie.Selon ses dirigeants, le moment est cependant mal choisi pour «réinventer la roue».«L'industrie vit depuis peu de temps une période de relative stabilité.Nous écoutons nos partenaires et nous améliorons des choses chaque année, mais des changements structurels, à ce moment-ci, seraient nuisibles», a déclaré hier le président du conseil d’administration de l’organisme, Douglas Barrett.L’avocat témoignait devant le Comité permanent du patrimoine, qui tente de comprendre la crise provoquée par la décision des câblodistributeurs Shaw et Vidéotron de suspendre leurs paiements mensuels au FCT.M.Barrett a reconnu que les deux entreprises avaient exprimé à plusieurs reprises leur mécontentement et leur opposition à certaines politiques du fonds au cours des dernières années.Vidéotron en a notamment contre la règle qui réserve 37 % du budget annuel du fonds à des émissions diffusées à Radio-Canada.La société du groupe Québécor Média voudrait en outre obtenir de l’argent pour des projets destinés en priorité à ses services de vidéo sur demande.Douglas Barrett a confirmé que cette question avait été abordée à plusieurs reprises au cours des dernières années.Incapables d’en arriver à un consensus sur l’approche à privilégier, les membres du conseil de l’organisme ont toutefois décidé de ne pas modifier les règles en vigueur.«Le fait que nous n’ayons pas répondu démontre que ces propositions ne bénéficiaient pas de beaucoup d’appuis.C’est une question très, très controversée.Nous l’étudions de manière sérieuse et nous trouverons éventuellement une solution», a expliqué M.Barrett.Le problème, c’est que le temps presse pour les produc- teurs privés, qui doivent boucler le financement de leurs projets au cours des prochaines semaines.La présidente de l’Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), Claire Samson, a encore une fois évoqué l’urgence de la situation.D'après elle, il faut impérativement dénouer la crise d’ici la fin du mois si on veut sauver la saison de télévision 2007-08.Le FCT soutient que la suspension des paiements de Vidéotron et Shaw se traduira par un déficit de 25 millions de dollars dans ses coffres cette année et de 72 millions l’an prochain.Cela pourrait entraîner une diminution de plus de 80 millions de dollars des investissements dans la production télévisuelle de langue française en 2008.Mme Samson et le vice-président de l’APFTQ, Vincent Bolduc, semblaient tous deux confiants après leur témoignage devant le comité.Alors que l’opposition aux Communes accuse la ministre Bev Oda de passivité et d’inac- tion, Mme Samson et M.Bolduc estiment qu’elle a fait ses devoirs en rencontrant toutes les parties au litige et en renouvelant pour deux ans le financement public du FCT.Comme les dirigeants du fonds, l’APFTQ s’en remet au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), responsable de faire appliquer la loi.D’après M.Barrett, l’organisme de réglementation pourrait agir sans délai contre Vidéotron et Shaw même si certaines de ses règles sont un peu ambiguës.En vertu de la loi, les câblodistributeurs sont tenus de verser 5 % de leurs revenus annuels au FCT.Cette contribution est obligatoire et constitue une des conditions de leur licence.Depuis sa création, il y a 12 ans, le fonds a investi 2,22 milliards pour soutenir 4470 productions.L’argent est versé directement aux maisons de production privées et non aux télédiffuseurs.Presse canadienne À la suite d’un article sur une émission de Zone libre Plate-forme électorale du Parti québécois Radio-Canada porte plainte contre Le Journal de Montréal Le PQ promet une manne à la culture équipe de Zone libre entend porter plainte devant le Conseil de presse concernant le traitement de son émission dans Le journal de Montréal.Zone libre a en effet écrit le 1" février dernier au rédacteur en chef Au Journal de Montréal pour se plaindre du traitement réservé par le journaliste Dany Bouchard à l’émission de Zone libre qui portait sur les sables bitumineux.C’est cette même émission de Zone libre qui a entraîné une plainte du cabinet du premier ministre Harper auprès de l’om- budsman de Radio-Canada.Selon la lettre signée par le reporter Guy Gendron, le réalisateur Jean-Luc Paquette et la recherchiste Monique Dumont, l’article de Dany Bouchard comportait une «affirmation grossière et mensongère [qui] constitue une atteinte inacceptable à notre réputation sur la simple base de supposés chuchotements en coulisses».Dans cet article, qui portait sur la plainte du cabinet de Stephen Harper, on pouvait lire que, «en coulisses, on chuchote que le reportage de Radio-Cana- da pourrait être une vengeance à l’égard du gouvernement Harper, qui a donné le feu veçt à la révision du mandat et du financement de la société d’Ètat».L’article était intitulé «À Radio-Canada, on fait le mort».Les artisans de Zone libre soutiennent que l’article les «présente comme des tueurs à gages de l'information, des fiers à bras du journalisme, des mercenaires corporatifs.Il s’agit d’une attaque inacceptable à [leur] réputation».Le Devoir • Le 4 à 6 À partir de 16h00 du LUNDI au VENDREDI Le retour culturel Montréal www.cibl1015.com STÉPHANE BAILLARGEON Créer un fonds national pour la culture; doubler le budget du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et accroître «de manière significative» celui de la SODEC; améliorer le filet de sécurité sociale des artistes; étendre la politique d’intégration des arts à l’architecture à toutes les constructions publiques; faire de Montréal «une capitale mondiale du design»-, développer un conseil du patrimoine, établir des antennes culturelles du Québec à l’étranger le projet de plate-forme électorale du Parti québécois multiplie les promesses pour affirmer «avec vigueur» ce qui est présenté comme «la place de la culture dans le pays».Le projet dévoilé dans son intégralité par Le Devoir hier promet de mettre en place une «redevance culturelle» comme il en existe déjà dans plusieurs pays afin de créer un fonds national pour la culture.Cette mesure permettrait de ponctionner les entrées au cinéma et aux spectacles de la scène, la vente et la location de livres, de disques, de vidéos et d’appareils audiovisuels, l’abonnement à la télédistribution et à Internet ainsi que la vente de matériel audiovisuel.Le montant annuel généré par la mécanique de taxation n’est pas dévoilé.Le budget du CALQ, lui, serait haussé pour atteindre 20 $ par habitant, soit environ 150 millions de dollars par année.Le budget annuel de l'organisme oscille maintenant autour de 75 millions.Par contre, le gonflement de l’enveloppe de la SODEC n’est pas chiffré.Aux artistes professionnels, le PQ promet un accès «équitable» à l'assurance emploi, une protection en cas d’accident de travail et des congés parentaux.D est également proposé d’assurer le rayonnement international de la culture québécoise en établissant des «centres culturels du Québec à Paris, à New York et dans d’autres capitales».Une société de diffusion internationale de la culture québécoise agirait en partenariat avec le ministère des Relations internationales.Un gouvernement péquiste s’engage aussi à développer massivement l’éducation à la culture, notamment en consacrant entre trois et cinq journées du calendrier scolaire à des sorties culturelles.Le document promet encore de faire mousser massivement le design partout, particulièrement à Montréal, d’adopter une politique et une loi sur le patrimoine culturel et d’instituer un conseil du patrimoine culturel du Québec, sur le modèle Le comédien Claude Gai est mort vendredi dernier L’interprète de la pièce de Michel Tremblay La Duchesse de Langeais, Claude Gai, est mort vendredi dernier à l’âge de 70 ans, d’un infarctus semble-t-il.M.Gai est né le 13 août 1936 dans le quartier Saint-Henri, à Montréal.Il a fait ses débuts à l’âge de 14 ans dans le Cercle dramatique Chez nous, une troupe d’amateurs.Après avoir terminé un cours scientifique à l’Ecole supérieure Saint-Viateur d’Ou- E N BREF tremont, il a suivi des cours de chant et de pose de voix.D a également travaillé sa diction avec la comédienne Sita Riddez.D a entamé sa carrière théâtrale professionnelle dans les années 60 avec les troupes Les Apprentis Sorciers et Les Saltimbanques.L’œuvre de Michel Tremblay a été un point tournant dans sa carrière.En avril 1969, M.Gai s’était illustré dans la pièce En pièces détachées, au Théâtre de Quat’Sous.L’année suivante, sur la même scène, D a incarné pour la première fois la fameuse duchesse de Langeais.11 a repris ce monologue des centaines de fois, autant sur scène qu’au WWW.TV5.CA Envolez-vous avec le peuple migrateur pour un prodigieux tour du monde.Une grande odyssée racontée par Jacques Perrin.LES AILES DE LA NATURE ce soir 21 h30 du CALQ.La politique dite du 1 %, destinée à intégrer les arts à l’architecture, serait étendue aux constructions municipales.La proposition péquiste agite aussi un tas de promesses à réaliser «dès la proclamation de la souveraineté du Québec».Le document propose par exemple l’inscription du «développement culturel» dans la future constitution du Québec et la création de diverses institutions nationales, dont plusieurs chaînes de radio et de télévision.11 a été impossible d’obtenir un commentaire du PQ.L’actuelle titulaire du ministère de la Culture, elle, a critiqué le plan stratégique.«Ce qui me frappe surtout dans ce qui semble être la plate-forme du Parti québécois en culture, c’est cette intention de taxer, de commencer à taxer pour ensuite mettre en place différents organes d’information», a commenté la libérale Line Beau-champ.«Rappelez-vous que le premier énoncé adopté en conseil général du PQ [demande] des organes d'information et de propagande.C’est donc tout à fait spécial de retrouver ça dans la plateforme, des taxes et de la propagande.Êtes-vous vraiment surpris?Pas moi.» Avec la collaboration d’Antoine Robitaille Le Devoir grand écran, et il avait interprété ce rôle fétiche de travesti vieillissant dans le film R était une fois dans l’Est de Tremblay-Brassard, présenté en 1974 au Festival de Cannes.Au cours des années 70 et 80, il a fait partie de la distribution de nombreux classiques au théâtre, dont En attendant Godot de Samuel Beckett, L’Avare de Molière et Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, et il avait joué de petits rôles dans quelques séries de télévision, dont Le Gutenberg et Super sans plomb.- Le Devoir Décès d’Anna Nicole Smith Los Angeles—Ancienne playmate et strip-teaseuse, figure de la téléréalité, Anna Nicole Smith est décédée hier à l’âge de 39 ans, en Floride, dans des circonstances qui restent floues.Elle était considérée comme une icône de la culture populaire américaine, célèbre pour être allée défendre un héritage controversé jusque devant la Cour suprême.De son vrai nom Vickie Lynn, la pulpeuse starlette est née en novembre 1967 dans une petite localité du Texas.Mariée à 17 ans, elle se sépare rapidement et devient strip-teaseuse avant d’être remarquée par Playboy et son fondateur Hugh Hefner.En 1994, à 26 ans, elle fait scandale en épousant en secondes noces le milliardaire du pétrole Howard Marshall, de 63 ans son aîné.La fin de l’année 2006 avait été marquée par une tragédie: la mort aux Bahamas de son fils Daniel, 20 ans, trois jours après que la starlette eut donné naissance à son deuxième enfant une petite Dannielynn.Le jeune homme aurait succombé à une crise cardiaque provoquée par un cocktail de médicaments.-AFP * « LE DEVOIR.LE VENDREDI 9 FÉ VRIER 2 007 B 3 W E E K - E N D CINEMA À l’affiche cette semaine S0URCE:MÉD1AF1LM.CA ANIMAL France-PortugaKirande-Bre-tagne, 2005,99 min.Drame de science-fiction de Roselyne Bosch avec Andreas Wilson, Emma Griffiths Malin, Diogo Infente.Un biologiste moléculaire qui poursuit des recherches sur l’agressivité humaine expérimente sur lui-même un sérum de son invention.D’un naturel effacé, 3 se transforme en un être agressif et dangereux, qui met en péril la vie de sa petite amie.• V.o.: Forum.• Vi.: Quartier latin.LA DIGNITÉ DU PEUPLE Argentine-Brésil-Suisse, 2005, 122 min.Documentaire de Fernando E.Solanas.Depuis la terrible et scandaleuse crise économique de 2001, le peuple argentin traverse des moments très difficiles.Aux côtés des hordes de chômeurs qui manifestent dans les rues, des citoyens floués tentent de s’en sor-fij- et de regagner leur dignité.• V.o., s.-ti.: Ex-Centris.FACTORY GIRL États-Unis, 2006,91 min.Drame biographique de George Hicken-looper avec Sienna Miller, Guy Pearce, Hayden Christensen.Issue de la bourgeoisie californienne, Edie Sedgwick, une jeune artiste aux rêves de gloire, sinstaDe à New York et devient en 1965 la muse d’Andy WarhoL Mais sa relation avec le prince du pop art s’envenime lorsqu’elle s’éprend d’un populaire chanteur folk.• V.o.: Forum.NORBIT É.-U., 2007,102 min.Comédie sentimentale de Brian Robbins avec Eddie Murphy, Thandie Newton, Terry Crews.Norbit est marié à une femme obèse et dominatrice.Sa vie prend un cours inattendu quand son amie d’enfance revient dans son patelin.• V.o.: Paramount, Coliseum Kirkland, Place LaSalle, Côte-des-Neiges, Lacordaire, Des Sources, Spheretech, Marché Central.•VL: Quartier latin, StaiCité, Carrefour Angrignon, Marché Central LA VIE DES AUTRES Allemagne, 2006,137 min.Drame de Florian Henckel von Don-nersmarck avec Martina Ge-deck, Ulrich Mühe, Sebastian Koch.Dans les années 80, en Aile magne de l’Est, un officier de la Stasi est fasciné par la vie que cdukn mène auprès d’une actrice populaire, secrètement convoitée par le ministre de la Culture.• V.o., s-ti.: Ex-Centris.• V.o., s-ta.: Forum.Décision paresseuse v > Martin Bilodeau Plusieurs ont qualifié d’électoraliste la décision rendue publique cette semaine par la ministre de la Culture, Line Beauchamp, de pérenniser l’aide supplémentaire de dix millions de dollars à la production cinématographique québécoise qu’elle avait octroyée à la SODEC l’automne dernier sous forme de «fonds d’urgence».Tout bien considéré, quelle décision politique ne l’est pas?Personne, à ma connaissance, n’a qualifié cette décision de la onzième heure de paresseuse et de mal avisée.Permettez que je m’en charge.Les décideurs politiques ont de toute évidence des interlocuteurs biaisés: les gros diffuseurs, les gros distributeurs, les gros producteurs.Ça se voit dans le dossier chaud du Fonds canadien de télévision, ça se voit également dans celui du financement du cinéma québécois.Le plus extraordinaire dans tout ça, c’est la candeur de la ministre, qui convoquait les médias lundi en Élisant asseoir à sa table les principaux bénéficiaires de sa décision, soit ceux qui ont fait pression sur elle.Ce que même la ministre fait semblant d’ignorer, c’est que plusieurs des scénarios que ces bénéficiaires — qui ont grenouillé jusqu’à son bureau — défendent devant la SODEC et à Téléfilm Canada se font souvent refuser du financement au profit d’autres projets, vraisemblablement mieux écrits ou plus aboutis.La leçon que ceux-ci retiennent de cette défaite: 3 y a une crise du financement du cinéma au Québec.Pas un manque d'imagination dans les projets qu'ils soutiennent ou, phis globalement, une mauvaise exploitation du talent de nos artistes du cinéma.Non, Us persistent et signent on n’a pas assez d’argent pour faire nos films.Dans lesquels ils n’investissent eux-mêmes pas un sou — pas phis que l’entreprise privée, d’ailleurs, bonne chance à M.Macerola, l’ami du Parti libéral présentement chargé de convaincre la ministre.Par miracle, la haute gomme de notre chère industrie est parvenue à convaincre Line Beauchamp du bien-fondé de sa position et de la nécessité d’ouvrir les vannes.Car tout le monde sait qu’au Québec, on éprouve un besoin impératif de produire 26 longs métrages par année, programme caché des lob-byistes, objectif avoué de la ministre.Alors que les Pays-Bas, dont la population est le double de la nôtre et dont le cinéma rayonne sur la planète, en produit moins de 20.Idem pour la Belgique (10,5 millions d’habitants), qui en produit une dizaine par année en moyenne, et la Norvège (4,5 millions d’habitants): douze au dernier comptage.Quel besoin avons-nous de tant de longs métrages alors qu’on en produit si peu qui ont une grande valeur a.u tique?Pourquoi une politique de la quantité quand la qualité est à ce point déficitaire ou mal diffusée lorsqu’elle est au rendez-vous?La première valeur d’une cinématographie devrait être le talent de ses artisans.Pas rinfrastructure et la capacité de produire, qui sont pourtant les deux seules variables de l’équation auxquelles la ministre Beauchamp semble accorder de l’importance en dotant la SODEC d’un moyen de dire oui à deux fois plus de projets, au nez de Téléfilm, où le Fonds du long métrage est gelé.Convainquez-nous, ou faites semblant d’essayer de nous convaincre, que notre cinématographie s’enrichira des subsides supplémentaires mis à sa disposition.Quil y aura deux fois plus de Congo-rama, deux fois moins de Roméo et Juliette.La création d’emplois et les retombées économiques (vraies ou fictives) sont les arguments d’un patron d’usine.Pas ceux d’une ministre de la Culture.La Papouasie à Ex-Centris Le documentariste Daniel Bertolino propose un fascinant voyage dans le temps et l’espace avec Me No Savey ODILE TREMBLAY Les cinéphiles de Ciné-Kid! (et leurs parents) feront dès dimanche un fascinant voyage dans le temps et dans l’espace.La Papouasie profonde, au cœur perdu de la Nouvelle-Guinée des années 70, ressuscite sur écran, à travers le film Me No Savey (Moi pas savoir) de Daniel Bertolino.Le célèbre et aventureux documentariste dirige à Montréal les productions Via le monde depuis 40 ans.C’est d’ailleurs cet anniversaire que vient souligner Ex-Centris en projetant Me No Savey, en présence de Bertolino qui commente les images aux enfants, rappelle les conditions de tournage, explique les modes de vie traditionnels de ces tribus maintenues longtemps à l’écart du monde.Au début des années 70, alors jeune documentariste d’origine française établi à Montréal, Daniel Bertolino est allé vivre quatre mois dans ces peuplades isolées des hauteurs de la Nouvelle-Guinée.Certaines d’entre elles, aux costumes et aux rituels ancestraux, n’avaient jamais vu d’hommes blancs.Un aîné y évoque des expériences anthropophages d’antan, après meurtres rituels de membres de tribus voisines, par la suite mimées pour la collectivité.L’animisme et le respect des ancêtres hantaient l’âme collective, et le film en témoigne tout au long.«Ils sont ignorants de la science mais savants de la vie», dit le cinéaste.Cette expédition fut filmée dans des circonstances difficiles, alors que s’amorçait le vrai déclin de ces modes de vie, sous les coups de butoir des multinationales venant exploiter les métaux précieux dans leurs terres.Le docu- un parallèle entre les époques.«À Ex-Centris, je vais commenter le documentaire devant les enfants, explique Daniel Bertolino.Le but est de démystifier le terme “primitif, d’abaisser les frontières de l'ignorance.Si les os dans le nez paraissent risibles à certains enfants, je rappelle que leurs propres mères ont souvent les oreilles percées, qu’il ne s’agit que de coutumes différentes.» Pour le directeur de Via le monde, il est avant tout important de sensibiliser les gouvernements à la protection du patri-mpine humain.«Au Cameroun, l’État protège aujourd’hui les Pygmées.Chez les peuples traditionnels, le savoir ancestral des propriétés des plantes, par exemple, est extrêmement précieux.Sans parler de la valeur artistique et sociale qui demande à être préservée.La mondialisation fait mourir les peuples et les langues, mais il faut agir, témoigner.» Daniel Bertolino viendra présenter à Ex-Centris Moi pas savoir les dimanches 11,18 et 25 février à llh.Il rencontrera les groupes scolaires les jeudis 22 février et 1" mars, à 9h30, sur réservation.Contact Nadine Viau, » 514 847-3536, poste 4223.Le Devoir SOURCE VIA LE MONDE Au début des années 70, Daniel Bertolino est allé vivre quatre mois avec les peuplades isolées des hauteurs de la Nouvelle-Guinée.ment possède une immense valeur anthropologique.Me No Savey avait remporté la médaille d’argent au Festival du documentaire de New York en 1975.Joint à Via le monde, Daniel Bertolino explique qu’il existe encore aujourd’hui, dans cette même région, de très rares tri- bus papoues, chasseurs, cueilleurs, fidèles à leur mode de vie, loin de la mondialisation galopante.Il projette de retourner bientôt là-bas pour faire un nouveau documentaire dans la série Que sont-3s devenus?, avec l’appui d’images d’archives, retrouvant peut-être certains témoins d’alors, créant RICHARD ERANDPIEARE PRÉSENTE ÆEà oafflmitoUbMtllnVMkA Maintenait à l’affiche 15^ g— hie or «3 I-CINÉMAS FORTUNE-.CONSULTEZ LES GUIDES I PARISIEN I HORAIRES DES CINÉMAS A LA TELEVISION RP» TV5 P VIE MP MX VR AK .TV TTF RDS HISTORIA ARTV SÉRIES CAN Al- Z C.SAVOIR ÉVASIOTT | TFO CBC CTV (Mont ) GBL TVO ABC CBS NBC >=PX PBS (33) PBS (5 /) CTV (Corn.) A&E BRAVO DISCOVERY HISTORY NEWSWORLD SHOWCASE LEARNING LIFE TSN YTV CANAUX Street Legal How it's Made [Le Téléjournal Prochaine Sortie / Michel Côté L'Heure de gloire / Marc Béland Zone libre / Le fugitif américain Le Téléjournal Au-dessus de la mêlée La fosse aux lionnes / Daniel Gauthier Le TVA 1 8 heu res Le Cercle J.E./ Spécial affaires classées Du talent à revendre Juste pour rire / Jean Lapointe Le TVA 22 heures Le Cercle Denis Lévesque Macaroni tout garni Malcolm Dernière Édition Il va y avoir du sport / Louise Beaudoin À la di Stasio / Modène Belle et Bum / Nanette Workman, Martin Des > champs Cinéma / PR1 ÉTÉ, AUTOMI NT EMPS, NE, HIVER.Gr.Journal (16:30) Flash / Arcade Fire Suite 309.le dating.d'une caméra La porte des étoiles / Aventures dans l'univers.Sexy cam non.Monsieur Ripley Le Journal du soir Dutrizac 1 1 0°/o L'avocat du diable Cinéma / CIBLES.nominiaue i Poirier en direct En quête d'Afrique.Le Tôlôjournal P.Fehmiu Le National Le Télôjoui mal Jrnl RDI [Question.|Jrnl FR2 I vue 1 Thalassa / L’Tle de Batz | Les ailes de la nature | Littoral Journal Par ici.D.Nolande 1 Bilan d’une catastrophe 1 Dossiers Mystère Autopsie Nouveaux Détectives | Chasse â l'homme Webdreams .de stars Hantise Déco sur.dettes Décore.Métamor.noces |Ça passe.César.Ore Nadia.maison! j Manon.Everwood Cinéma TopS Top5.BD2 .Barker ! Décompte Pop! Viva la.Fou raide L’Gros.[Tévé.Babu.Simmons .franco .anglo Top albums Musicographie / N Sync | L'Index Clan Carter .s en va Max Danse î .franco Charmed Grenade.Derek Parents.70 Newport Beach / Deux épisodes Grenade.Degrassi Simpson | Delilah.6TEEN .Titans Ninja Futurama Simpson (Star.| South Park [Décalés.| Simpson 1 Star.South Park Sports 30 La Ligue.30 Images [Hockey LNAH / Québec - St-Hyacinthe 1 Sports 30 La Ligue.Ténacité, Devoir, Vérité Tragédies Mystères / Ramsès II [ Red Cap, police militaire [Cinéma / ALAMO: TREIZE JOURS DE GLOIRE (4) avec J.Arness j .des pays d'en haut Moi et l'autre Pour l’amour du country | La Vie.| La Trentaine |Cinéma/YC 1UNG ADAM (4) avec Ewa n McGregor La Loi & 1 Ordre Sue Thomas, l'oeil du FBI Les Experts [Âmy Juste Cause Le destin de Lisa Sexe à.La porte des étoiles Boom |Z=MC2 Monstres mécaniques [Alias 1 Délire techno Threshold Surnaturel Un nouveau souffle .du siècle .Nations Conservatisme aux É.-U.1 Insécurité et Médias , Une histoire de l’univers La FAD.[Temps.Technolo.rto/< J HORIZONTALEMENT 1.Partie enflée de quelque chose.2.Cercle - Jeune palmipède.3.Exprime la douleur -Qui importune.4.Au sud des USA -Gallium.5.Petite pomme sucrée -Se mangent le matin.6.Épée de duel - Estuaire breton.7.Dehors! - Procédé poétique.8.La nature le préoccupe - Plusieurs y ont déjà joué au hockey.9.Indépendances - Nez.10.Avoir la hardiesse -Guitare hawaiienne.11.Administrent - Trompé.12.Grandes divisions -Canaux.VERTICALEMENT 1.Arbre énorme -Compliment.2.La Russie y a un droit de veto - Rendre plus exact.3.Fusionné - Accablé de dettes.4.Authentique - Endurés.5.Pas à toi - Groupe de huit musiciens.6.Scandalisées -Costume de rat.7.Entre dans le nez -Marche en montagne.8.Etablir - Intérêt excessif.9.D'une grande simplicité - Ce que l'on gagne.10.Pays des Bush - Se dit d'un frère -Inquiétude.11.Tourmenté - Étoffe tricotée.12.Mis en pile - Femmes très spéciales.1 23456789 10 1112 Saint-Valentin le 14 février Menu Passion» à 45$ fyissLZ-vom séduire par la cuisine de Ûanny St-Pierre et Patrice Deniers J'ciites des heureux avec nos certificats-cadeaux Ouvert du lundi au vendredi pour le dîner et tous les soirs dès 171)30 pour le souper 280, av«itii« d«a Pint Bat, Mil Réservations S 814 287-91 27 www.laloux.com H IE IA uTr N| I lE 0354 {tepporfe* votre, vw) FEST1VM MONTRÉAL EN UJVUTRL Gilford (nAofe *e(: (SN) SLL-Oin SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Amélie Bessette au 514-985-3457 : : : abessetteffliedevoir.com « LE I) E V O I K .LE V E X D R E I) 1 9 FEVRIER 2 0 0 7 B 8 w Yl) NATURE À quand des véhicules récréatifs écologiques?CHRISTINNE MUSCHI REUTERS Laurent Beaudoin, de Bombardier, et Jean Charest, lors du lancement du nouveau véhicule récréatif de l’entreprise, le Spyder.Si au moins Québec avait eu la décence d’investir ses 18 millions dans la mise au point de motoneiges ou de quads plus écologiques, hybrides ou tout électriques! T ^ T * frf Louis-Gilles Francœur On peut difficilement s’imaginer qu’en 2007, un premier ministre du Québec ose se présenter à la veille d’élections au volant d’un nouveau véhicule récréatif qui va accroître la dépense d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre tout en contribuant à la motorisation du territoire urbain et, sans doute, à la pollution sonore.Quand le premier ministre Jean Charest annonce, en rentrant du Sommet de Davos, où on a conclu à l’urgence de lutter contre le réchauffement du climat, que son gouvernement investira 17,8 millions de dollars dans la mise au point de ce nouveau bolide polluant, on est en droit de se poser des questions sur sa cohérence.Mais il est vrai que le même premier ministre se vantait sans sourciller à Davos du plan québécois de lutte contre les changements climatiques alors qu’un examen élémentaire révèle que celui-ci réalisera seulement entre 40 et 60 % de l’objectif de Kyoto, selon qu’Ottawa apportera ou non son aide financière.Rater l’objectif de Kyoto de façon aussi flagrante et prétendre respecter le protocole, voilà qui relève de la désinformation.Mais on peut aussi se demander si la division des produits récréatifs de Bombardier vit sur notre planète, dont le climat est en plein emballement Cette entreprise, qui a fait des premières motoneiges utilitaires des engins de haute performance qui émettent sans aucune justification sociale des gaz à effet de serre et des hydrocarbures polluants, construit maintenant des quads qui sont en train de devenir, par leur cylindrée et leur taille, de véritables véhicules utilitaires routiers.Au rythme de croissance de la taille de ces motorisés, Québec devra envisager à court terme de transformer les sentiers de quad en chemins forestiers et de paver éventuellement les chemins forestiers pour permettre aux propriétaires de Spyder de jouir de ce qui restera de la nature.Si au moins Québec avait eu la décence d’investir ses 18 millions dans la mise au point de motoneiges ou de quads plus écologiques, hybrides ou tout électriques! Une grande partie des petits utilitaires sont utilisés sur des fermes ou dans des boisés familiaux où ils servent aux déplacements ordinaires, au transport des outils et du bois de chauffage, etc.Le moteur de la plupart de ces machines a à peine le temps de se réchauffer en raison des courtes distances qu’elles parcourent.Elles pourraient avantageuse- ment fonctionner en mode tout électrique avec, au besoin, l’apport d’une petite génératrice, moins polluante que ies moteurs et les systèmes mécaniques actuels.Nos énormes locomotives, qui tirent les charges les plus lourdes qu’on puisse imaginer, le font d’ailleurs avec des moteurs électriques, alimentés par de gros moteurs diesels.Cela illustre la puissance dont pourraient bénéficier des quads et des motoneiges propulsés grâce à ce système, le seul hybride avec un véritable avenir parce qu’il domine par son efficacité énergétique tous les autres modes de propulsion, comme l’avait d’ailleurs vu avant tous les autres Pierre Couture, l’inventeur du moteur-roue abandonné par Québec et son Hydro frileuse.On peut aussi se demander pourquoi une firme, dont l’audace à une autre époque lui avait permis d’inventer de nouveaux véhicules, n’ose plus sortir des sentiers battus et se rabat toujours sur des variantes des mêmes vieilles mécaniques polluantes.Comment se fait-il qu’une entreprise qui sait faire fonctionner des moteurs à hélice aux altitudes les plus froides n’ait pas appliqué son savoir pour s’imposer dans le domaine de l’éolien et opposer aux turbiniers européens une expertise nord-américaine solide dans un marché dont les taux de croissance annuelle n’ont d’équivalent que ceux du domaine de l’informatique?Comment expliquer qu’une firme dotée d’autant de moyens et implantée de surcroît au pays de l’énergie propre n’ait pas encore envahi le marché avec des véhicules récréatifs non polluants qui créeraient un nouveau standard international en matière de véhicules récréatifs, silencieux et propres?C’est à croire que les experts en marketing de cette firme sont des dinosaures qui ne savent vendre que du bruit et de la fumée et qui sont incapables d’imaginer la mise en marché d’une génération de véhicules que la planète attend depuis 20 ans! Quant à lui, un gouvernement qui aurait de la vision et qui penserait vert pour vrai aurait pour sa part mis en place des incitatifs fiscaux et des programmes destinés à orienter la recherche et le développement de nouveaux produits de ce côté, pas du côté des engins traditionnels polluants.De la même façon, un gouvernement soucieux d’améliorer la qualité de l’environnement aurait intégré depuis belle lurette à sa politique de transports, comme plusieurs grandes villes européennes l’ont fait, l’utilisation de la moto en milieu urbain et périurbain — une solution aujourd’hui disponible — parce qu’avec une cylindrée raisonnable, les deux roues consomment sensiblement moins d’énergie et réduisent énormément l’utilisation de l’espace urbain.Au lieu de cela, Québec va pénaliser les motocyclistes, éliminant une autre occasion d’améliorer son bilan en matière d’émissions urbaines de GES.Québec devrait d’ailleurs imposer à ses véhicules à deux roues et, maintenant, à trois roues les normes en vigueur en Europe, beaucoup plus rigoureuses que celles que nous copions du pays de George W.Bush.Pourtant, les constructeurs internationaux de motos propres font des affaires d’or sur le marché européen avec toute une gamme de modèles moins énergivores et moins polluants.là-bas! Boisé du Tremblay Le boisé du Tremblay est une zone de 6 km2 qui chevauche les territoires de Longueuil, Boucherville et Saint-Hubert On y retrouve 25 % des derniers habitats d’une des premières espèces désignées menacées du Québec, la rainette faux-grillon de l’Ouest ce qui en fait le bastion de sa survie.Or, avec la bénédiction du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), le nouveau Programme particulier d’urbanisme (PPU) de Longueuil va permettre de sectionner et d’isoler plusieurs segments de ce boisé qui abrite cette méta-population de rainettes, c’est-à-dire qui assure la possibilité d’échanges entre les diverses populations de la Rive-Sud.Les micro-rai-nettes migrent d’ailleurs jusqu’à 300 mètres de leurs lieux de reproduction en été, ce qui ne sera plus possible avec la percée de rues et la construction d’habitations qui vont constituer des obstacles infranchissables à leurs déplacements et attirer dans leurs der- niers retranchements une faune humaine toujours plus dévastatrice.Québec s’est doté en catimini l’automne dernier d’une politique de cession des milieux humides aux promoteurs, une affaire dévoilée par Le Devoir.Cette politique postule que les milieux humides auxquels on accordera priorité en matière de conservation seront ceux qui abritent des espèces menacées.Au rythme où on entend céder les autres milieux aux promoteurs immobiliers, cette politique va littéralement créer d’autres espèces menacées d’ici une génération.Mais c’est une autre question.Pour l’instant force est de constater que l’habitat d’une espèce menacée sera en partie aménagé en contravention du principe premier de cette politique qui devrait plutôt s’énoncer ainsi: de concession en concession jusqu’à la disparition en douce! On peut mesurer ici à quel point le développement prétendument durable sert d’alibi pour enfoncer davantage de clous dans le cercueil dans nos plus précieux incubateurs de vie, les milieux humides.Si on mettait les choses en perspective, on se rendrait compte dans les médias que ce qui se passe au boisé du Tremblay est probablement plus scandaleux, d’un point de vue écologique, que la privatisation du mont Orford.LES SPORTS Championnats du monde de ski - super-combiné Bourque et Semple dans les vingt premiers Are, Suède — Les Québécois François Bourque et Ryan Semple ont été les meilleurs Canadiens au super-combiné des championnats du monde de ski, terminant respectivement 17' et 19% devant Michael Janyk, 22'.Bourque était cinquième après la descente.Le Suisse Daniel Albrecht a remporté la médaille d’or à l’issue du parcours de slalom disputé en nocturne.L’Autrichien Benjamin Raich, tenant du titre, a pris la deuxième place devant deux autres Suisses, Marc Berthod et Didier Defago.«Je suis un peu déçu mais le slalom d’aujourd'hui était une excellente occasion pour moi de me familiariser avec le slalom des championnats la semaine prochaine, a déclaré Bourque.Le parcours était sombre sous l’éclairage et au coucher du soleil.C’était difficile de voir clairement les barrières ce qui m'a forcé à skier de façon plus conservatrice.» Semple, qui est un fort technicien, a effectué deux bonnes descentes et a déclaré avoir apprécié le parcours «en excellente condition, dur et froid».Albrecht a quant à lui causé une nouvelle surprise.Septième après la manche de descente disputée le matin, le skieur de 23 ans s’est montré le meilleur dans le tracé de slalom.Albrecht, qui n’était jamais monté sur un podium de Coupe du monde, s’est imposé en 2 m 28 s 99 au total pour devancer Raich par huit petits centièmes de seconde.Associated Press Sudoku par Fabien Savary Niveau de difficulté : FACILE 0479 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 4 3 2 6 7 5 1 9 8 5 1 7 9 2 8 3 4 6 6 8 9 3 1 4 7 2 5 8 6 1 2 4 9 5 7 3 2 7 5 8 6 3 4 1 9 3 9 4 1 5 7 6 8 2 7 4 8 5 9 6 2 3 1 1 | 5 3 4j 8 2 9 6 7 9 2 6 7 3 1 8 5 4 0478 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com Le Canadien Comrie le père, le fils et le frère FRANÇOIS LEMENU Ottawa — Mike Comrie est particulièrement fier de son père ces temps-ci.Bill Comrie sera fait, aujourd’hui, officier de l’Ordre du Canada par la Gouver-neure générale Michaëlle Jean.En tout, il y aura 77 nominations dont 52 nouveaux membres.«Notre famille est très fière, a déclaré Comrie avant l’affrontement Canadien-Sénateurs.H a beaucoup donné au cours de sa vie.Ha aussi été un très bon père.C’est lui qui m’a donné mes premiers patins.U m'a beaucoup appris tant sur la glace qu’à l’extérieur de la patinoire.Il nous a enseigné, à moi d à mon frère Paul, qu’on a rien sans effort, que tout doit être gagné.Sans lui, je ne serais pas dans la Ligue natiomle aujourd’hui.» Bill Comrie est surtout connu pour ses talents d’entrepreneur.Fondateur de Brick Warehouse Corporation, il a élaboré des stratégies de vente innovatrices, transformant l’entreprise en l’un des plus grands détaillants de meubles au Canada.Son esprit curieux et sa ténacité, qui l’ont toujours guidé en affaires, ont été mis à profit dans des cam- Paris — L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a accepté hier de reporter à une date ultérieure l’examen du cas de Floyd Landis, dépisté positif à la testostérone après sa victoire dans le dernier Tour de France, en échange de la non participation de l’Américain à des courses cyclistes sur le territoire français en 2007.Floyd Landis ne participera donc pas au Tour 2007.Floyd Landis convoqué hier au siège de l’AFLD à Paris, ne s’est pas présenté, mais a dépêché son avocat qui a lu une lettre du coureur américain.«Floyd Landis demande par un courrier en date du 30 janvier lu par son avocat lors de l’audience que l’AFLD lui laisse la possibilité de se défendre en priorité devant l’instance disciplinaire américaine devant laquelle il a été convoqué par l’Union cycliste internationale», a souligné Herre Bordry, président de l’AFLD.Cette instance, l’Agence antidopage américaine (USADA), entendra Landis le 14 mai.Landis a subi un contrôle positif pagnes de financement qu’il a menées pour la fondation de l’hôpital pour enfants Stollery et l’institut cardiologique de l’Alberta.Bill Comrie, qui vit aujourd’hui en Californie, a également commandité le club de football des lions de la Colombie-Britannique de même que des initiatives pour les jeunes, telles Sport Central et le tournoi de hockey Super Novice.«Mon père a été mon entraîneur jusqu’à l’âge de 14 ans, raconte l’attaquant des Sénateurs d’Ottawa.C’était un bon entraîneur, un véritable enseignant.» Paul Comrie a joué 15 matchs dans l’uniforme des Oilers d’Edmonton en 1999-2000.Il a dû abandonner le hockey de façon prématurée en raison d’une série de commotions cérébrales.Selon Mike Comrie, son frère était un excellent joueur.«R a déjà marqué trois buts contre le Canadien dans un match préparatoire.» Une question d’argent Mike Comrie complète, à 26 ans, sa sixième saison dans la Ligue nationale.Il en est déjà à sa quatrième équipe après Edmonton, Philadelphie, Phoenix et, maintenant Otta- II I IMI I — .uramuKK, STEFANO ROU-ANDINI REUTERS Floyd Landis au Tour de France l’an passé.rfS - à la testostérone le 20 juillet dernier à l’issue d’une étape alpestre du Tour 2006.Les examens ont prouvé que cette testostérone est d’origine exogène, donc non produite par l’organisme de l’athlète.«L’échantillon B a confirmé la pré- wa.Les Coyotes l’ont échangé aux Sénateurs le 3 janvier en retour du Russe Alexei Kaigorodov.Les Coyotes auraient coupé les ponts pour une question d’argent.Comrie gagne 3 millions $US cette saison et il deviendra joueur autonome sans compensation en juillet.Les Coyotes n’avaient pas l’intention de lui offrir un nouveau contrat De plus, son rôle avait diminué depuis l’acquisition de Yanic Perreault et le retour de Steve Reinprecht En 14 matchs à Ottawa, le centre natif d’Edmonton a marqué cinq buts et récolté quatre passes.«J’étais enthousiaste à l’idée de jouer à Ottawa même si je devais quitter de très bons amis à Phoenix, sans parler du soleil.Il faut toutefois un certain temps avant de s'ajuster à sa nouvelle équipe.» Comrie a participé aux séries de la coupe Stanley à deux reprises seulement Chaque fois, les Oilers ont été éliminés par les Stars de Dallas dès le premier tour.«Les séries, on en rêve tous», a-t-il dit avant de prendre congé des journalistes de Montréal qu’il a pris la peine de remercier en français.sence de testostérone exogène», a rappelé Bordry hier.L’Américain a toujours clamé sa bonne foi.Il avait d’abord déclaré qu’une excessive consommation d’alcool à la veille de l’étape de son contrôle pouvait expliquer le taux anormal de testostérone détecté dans ses urines.D a ensuite critiqué les méthodes de détection et estimé que le Laboratoire national de Châ-tenay-Malabry, accrédité par le Comité international olympique (CIO) et l’Agence mondiale antidopage (AMA) n’est pas professionnel.Mercredi, lors d’une conférence de presse téléphonique depuis New York, Landis avait déclaré qu’il a confiance dans le seul système judiciaire américain.«Personne n’est contre les agences antidopage», a-t-il dit.«Nous croyons davantage en un système plus américain.Elles [les agences] ne veulent pas les droits [de la défense] qui seraient fournis pourtant au pire des criminels dans notre pays».Associated Press HOCKEY ASSOCIATION DE L’EST Section Nord-Est G PDPFBP BC Pts Buffalo 37 15 4 209 161 78 Montréal 29 20 6 161 159 64 Ottawa 30 22 3 182 150 63 Toronto 27 21 6 174 174 60 Boston 24 24 4 147 194 52 Section Atlantique New Jersey 33 15 6 146 129 72 Pittsburgh 27 17 9 179 162 63 N.Y Islanders 26 21 7 161 154 59 N.Y.Rangers 25 24 5 156 161 55 Philadelphie 13 33 7 130 199 33 Section Sud-Est Atlanta 29 18 9 172 174 67 Tampa Bay 30 23 2 175 167 62 Caroline 27 22 7 168 177 61 Washington 22 25 8 167 192 52 Floride 20 2411 157 181 51 ASSOCIATION DE L’OUEST Section Centrale Nashville 37 15 3 191 140 77 Detroit 35 14 6 170 132 76 St.Louis 21 25 8 136 166 50 Chicago 21 26 7 135 164 49 Columbus 21 28 5 133 169 47 Section Nord-Ouest Calgary 29 17 7 167 136 65 Vancouver 30 21 4 144 141 64 Minnesota 29 22 4 153 141 62 Colorado 26 23 4 167 159 56 Edmonton 26 24 4 149 160 56 Section Pacifique Anaheim 33 14 8 182 142 74 San José 35 19 1 170 132 71 Dallas 32 20 2 144 132 66 Phoenix 25 28 2 149 184 52 Los Angeles 18 30 8 156 198 44 Hier Caroline à Boston Pittsburgh à Philadelphie Los Angeles à Washington Calgary à Columbus Montréal i Ottawa N.Y.Islanders au New Jersey Detroit à St.Louis Toronto à Nashville Floride au Minnesota Atlanta au Colorado Aujourd’hui Tampa Bay à N.Y Rangers, 19h Chicago à Edmonton, 21 h EN BREF Pas de crachats aux Jeux de Pékin Pékin — À18 mois de l’ouverture des Jeux olympiques d’été dans la capitale chinoise, les autorités locales ont décidé de lutter contre les mauvaises habitudes des Pékinois.«Toute personne qui crachera recevra une amende», annonce hier en une le quotidien en langue anglaise Beijing Daily Messenger.Chaque humeur expulsée sur la chaussée sera facturée 50 yuans, soit à Pékin l’équivalent moyen du revenu d’un étudiant, ou encore l’équivalent de 16 tickets de métro.-AP Presse canadienne CYCLISME Landis absent du Tour de France LE DEVOIR, LE VENDREDI 9 FEVRIER 2007 B 9 LE MOND Un vice-ministre est arrêté à Bagdad Le plan de sécurité pour pacifier la capitale prend forme L’intervention de l’Arabie Saoudite porte fruit Le Hamas et le Fatah s’entendent Un gouvernement d'union nationale sera formé avec un programme visant à mettre fin aux violences entre les deux camps Bagdad — Un vice-ministre irakien de la Santé, accusé de soutenir la puissante milice chiite de l’armée du Mahdi, a été arrêté hier à Bagdad, où est mis en place le plan de sécurité destiné à pacifier la capitale.Une force irako-américaine a fait irruption hier matin dans les locaux du ministère pour emmener Hakem al-Zameli, enfonçant les portes des bureaux et celles de la salle de réunion, a affirmé le porte-parole du ministère de la Santé, tandis que le ministre de la Santé, Ali al-Chammari, dénonçait des conditions d’arrestation «non civilisées».L’armée américaine a pour sa part affirmé, dans un communiqué annonçant l’arrestation du fonctionnaire par des soldats irakiens, que celui-ci était soupçonné de corruption et d’avoir infiltré le ministère pour le compte de l’armée du Mahdi, la milice du chef chiite radical Moqtada Sadr.Elle a aussi affirmé qu’il avait été «impliqué dans l’assassinat de fonctionnaires du ministère, dont son directeur général pour la province de Diyala», au nord-est de Bagdad.Le courant Sadr détient six portefeuilles ministériels sur 37 au sein du gouvernement de Nouri al-Maliki, notamment la Santé, et l’arrestation de Hakem al-Zameli survient dans un contexte de pression croissante sur la milice de Moqtada Sadr, dont plus de 600 membres ont été arrêtés, accusés de s’en prendre aux sunnites.L’interpellation du vice-ministre s’inscrit dans le contexte de la mise en place du plan de sécurité de Bagdad, qui entraînera à terme le déploiement de 85 000 hommes dans la ville — 50 000 Irakiens, 35 000 Américains—et dont le démarrage a été annoncé mardi par un commandant de l’armée américaine.Hier, 70 chefs tribaux du bastion chiite de Sadr City se sont réunis avec un général irakien, Abdullah Khamis al-Daffai, commandant les forces pour l’est de la ville, et le colonel Douglass Heckman, conseiller détaché auprès d’une division irakienne, pour étudier les moyens d’assurer son succès.Tout au long de la semaine, les postes de contrôle et les patrouilles d’unités blindées se sont par ailleurs multipliés, en particulier dans les quartiers situés sur la rive est du fleuve Tigre, majoritairement chiites.Cette présence renforcée n’a toutefois pas empêché un attentat et des tirs d’armes automatiques et d’obus de mortier, qui ont continué hier à ponctuer le quotidien des Bagdadis.Dix personnes ont été tuées par l’explosion d’une voiture piégée devant une mosquée sunnite, dans l’est de la ville, selon des sources hospitalières.Pour l’ensemble du pays, le bilan était en fin de journée de 55 morts et les corps de 47 victimes non identifiées ont été découverts, dont 20 à Bagdad.Agence France-Presse THAIER AI.-SUDANI REUTERS Un soldat fouillait hier un résidant de Bagdad.' Procès sur les caricatures de Mahomet Charlie Hebdo reçoit des appuis Paris — Au nom de la liberté d’expression, plusieurs personnalités ont témoigné hier devant la justice en faveur du journal satirique français Charlie Hebdo, poursuivi pour injure à l’islam, après avoir caricaturé le prophète Mahomet, et la procureure a finalement requis la relaxe.Le substitut du procureur Anne de Fontette a estimé que les caricatures relevaient de la liberté d’expression et ne s’en prenaient pas à la religion musulmane mais à l’intégrisme.Le jugement devait être mis en délibéré dans la nuit après les plaidoiries des avocats de Charlie Hebdo et Philippe Val.Le directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val, comparaît depuis mercredi devant le Tribunal correctionnel de Paris à l’instigation de la Grande Mosquée de Paris (GMP) et l’Union des organisations islamiques de France (UOIF).En cause, trois caricatures de Mahomet publiées en 2006.Pour l’avocat de la Grande Mosquée de Paris, ces dessins visaient «à provoquer la peur du musulman».François Bayrou, candidat de l’UDF à l’élection présidentielle, a pris à la barre la défense du journal, comme le cinéaste Claude Lanz-mann, réalisateur du film Shoah.Le journal avait déjà reçu la veille le soutien du dirigeant socialiste François Hollande et du candidat de droite à la présidentielle Nicolas Sarkozy, également ministre de l’Intérieur, responsable des cultes.Pour les associations poursuivantes, les caricatures publiées offensent les musulmans dans leur ensemble et relèvent ainsi du délit à’«injure stigmatisant un groupe de personnes en raison de sa religion», passible d’une peine maximale de six mois d’emprisonnement et d’une amende.Mais la représentante du ministère public a estimé que ce délit n’était pas constitué et, en conséquence, que le prévenu devait être relaxé.Auparavant, M'Christophe Bigot, un des avocats de la GMR partie civile, avait fustigé un acte réfléchi de la part de Charlie Hebdo, poussant à provoquer «la peur du musulman».En publiant les caricatures plusieurs mois après le début de la polémique liée à leur édition par un journal danois, qui avait déclenché de violentes manifestations de musulmans dans le monde, Charlie Hebdo a «commis un acte parfaitement et mûrement réfléchi avec la conscience de la blessure» qu’il allait infliger à ce droit d’exercer sa religion, a estimé M" Bigot Agence France-Presse et Reuters SUHAIB SALEM REUTERS Mahmoud Abbas (à gauche), le roi Abdallah (au centre) et Khaled Mechaal hier à La Mecque.La Mecque — Les mouvements palestiniens rivaux, Fatah et Hamas, ont signé hier soir à La Mecque, en Arabie Saoudite, un accord sur un gouvernement d’union nationale et sur son programme politique, visant à mettre fin aux violences meurtrières entre les deux camps rivaux.Après deux jours d’intenses discussions, le président palestinien Mahmoud Abbas, du Fatah, et le chef en exil du mouvement islamiste Hamas, Khaled Mechaal, ont paraphé le document lors d’une cérémonie officielle en présence du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, à l’initiative de la rencontre.L’accord interdit l’effusion «du sang palestinien, affirme l’unité nationale et adopte le dialogue comme seul moyen pour le règlement des conflits», selon la lecture du document faite par Nabi! Amr, conseiller de M.Abbas.Le président palestinien a chargé le premier ministre sortant Ismaël Haniyeh, issu du Hamas, de prendre la tête du gouvernement d’union, a ajouté M.Amr en lisant un deuxième document faisant état de cette nomination.Dans ce document, M.Abbas appelle le futur gouvernement à «respecter la légalité internationale et les accords conclus par l’Organisation de libération de la Palestine [OLP]», selon Nabil Amr.Il s’agit de l’unique référence à la question de la reconnaissance d’Israël et des accords passés par le Hamas, point d’achoppement des discussions précédentes.Le Hamas refusait en effet de renoncer à la violence et de reconnaître le droit d’Israël à l’existence, ainsi que le§ accords passés entre l’OLP et l’État hébreu, comme l’exige le Qpartette pour le Proche-Orient (États-Unis, ONU, Russie et UE).Ce refus du Hamas a entraîné la suspension des aides financières occidentales directes à l’Autorité palestinienne, menaçant celle-ci d’asphyxie.«J’espère que nous mettrons fin aux actes dont nous avons honte [.] et que nous nous engageons dans une action sérieuse pour la libération de notre patrie», a ensuite déclaré M.Abbas en référence aux affrontements interpalestiniens qui ont fait 67 morts depuis le 25 janvier.Khaled Mechaal s’est pour sa part engagé «devant Dieu et devant la nation islamique à respecter cet accord».«Notre engagement est total», a-t-il répété.Lors de la cérémonie de signature, le roi Abdallah s’est félicité de l’accord, qualifié d’honorable, saluant les signataires pour «s’être hissés à la hauteur de leur responsabilité [.] en arrêtant l’effusion du sang et en réalisant l’unité nationale».Réunis à La Mecque depuis mercredi, les deux délégations avaient mis en place la nuit der- nière trois groupes de travail chargés de trouver des solutions aux problèmes à résoudre pour parvenir à un accord.Le premier groupe de travail, chargé de la composition du gouvernement d’union nationale, avait convenu de confier la direction du futur gouvernement à Ismail Haniyeh et de lui adjoindre un vice-premier ministre choisi au sein du Fatah et nommé par Mahmoud Abbas.Le groupe de travail a attribué neuf ministères au Hamas, six au Fatah, quatre à des représentants des quatre autres blocs parlementaires du Conseil législatif palestinien (CLP, Parlement) et trois à des indépendants.Le ministère des Affaires étrangères devrait ainsi revenir à Ziad Abou Amr, un indépendant, proche à la fois de M.Abbas et du Hamas, et le ministère des Finances à Salam Fayadh, qui n’appartient à aucun des deux mouvements.Le ministre de l’Intérieur, également un indépendant, sera nommé par le Hamas à condition qu’il ait l’aval de Mahmoud Abbas.Les deux autres groupes de travail portaient sur le programme politique du gouvernement et sur l’OLP (Organisation de libération de la Palestine).Agence France-Presse Menacés par les nationalistes EN BREF La peur gagne les intellectuels turcs SOPHIE SHIHAB C> est en catimini, coiffé d’une casquette de baseball, que le Prix Nobel de littérature 2006, Orhan Pamuk, a quitté la Turquie, le 1er février, à destination des États-Unis, a rapporté le quotidien suisse Le Temps.Un départ ressemblant à une fuite, deux semaines après l’assassinat du journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, et trahissant la peur qui gagne les intellectuels turcs engagés.Ils ont eux aussi reçu des menaces émanant apparemment de groupes ultranationalistes comme celui donné pour responsable du meurtre du journaliste.Une dizaine d’intellectuels ont reçu une protection policière — dont Orhan Pamuk.Le climat s’est nettement alourdi en Turquie, où l’évolution de l’enquête et les premières sanctions contre des policiers responsables de «négligences» n’ont pas éclairé les dessous de ce crime, qui continue de secouer le pays et de le diviser.Aux manifestants qui ont scandé: «Nous sommes tous Hrant Dink! Nous sommes tous arméniens!» ont en effet répondu ceux qui, lors des matchs de football, ont crié: «Nous sommes tous turcs!», voire: «Nous sommes tous Ogiin Samast!», du nom de l’assassin.La diffusion, le 1er février, d’images-chocs sur des chaînes de télévision locales semble même avoir donné un coup de grâce aux espoirs des démocrates locaux de voir la Turquie, en réaction à ce crime, devenir plus ouverte et apaisée.Ces images montraient le jeune meurtrier filmé comme un héros, sur fond de drapeau turc, par les policiers et les gendarmes qui venaient de l’arrêter dans le port de Samsun, sur la mer Noire.La seule réaction des autorités a été d’annoncer le limogeage, à Samsun, de cinq policiers et le transfert de cinq gendarmes, sur fond d’accusations réciproques entre la police et la gendarmerie.La première est théoriquement sous l’autorité du gouvernement islamiste, centriste de l’AKP.La gendarmerie dépend de l’armée, dont le pouvoir est toujours au moins égal à celui du gouvernement C’est ce qui pousse certains à voir, dans l’assassinat de Hrant Dink, un complot des réseaux secrets ultranationalistes, qualifiés ici d’État profond.D’autres, notamment dans le grand quotidien Hür-riyet, assurent que dans ce pays où le nationalisme gagne du terrain, il n’est nul besoin d’ordres émanant d’un centre occulte pour pousser au crime des bandes de jeunes désœuvrés, gagnés par le climat de violence créé par des Turcs influents et intransigeants qui, à longueur de colonnes, qualifiaient Hrant Dink et ses amis de «traîtres».Hypothèse peu crédible Mais les détails donnés par les médias et les milieux proches de l’enquête rendent peu crédible l’hypothèse d’un crime conçu par la seule «bande de Samast», huit jeunes ultrapatriotes de Trabzon aujourd’hui sous les verrous.L’un d’eux a passé dix mois en prison pour un attentat contre un restaurant McDonald’s en 2004.Selon les médias, il aurait d’abord avoué être l’instigateur du meurtre de Hrant Dink.Puis, il aurait accusé un autre détenu, un étudiant proche d’un parti nationaliste et informateur de la police, laquelle aurait renoncé à ses services pendant l’été 2006, ayant appris qu’il se vendait aussi au Jitem, le service secret de la gendarmerie.La police de Trabzon aurait ainsi fait remonter à Ankara et Istanbul, dès février 2006, des informations sur le plan de ce groupe de tuer Hrant Dink.Ces éléments n’auraient pas été pris au sérieux.Pour cela, le gouverneur et le chef de la police de Trabzon ont été limogés en janvier.Mardi 6 février, le chef des renseignements de la police d’Istanbul, Ahmet Ilhan Güler, a été, lui aussi, renvoyé.Quant au numéro un de la police d’Istanbul, Celalettin Cerrah — qui avait un moment nié toute dimension politique ou organisation derrière ce crime —, il fait l’objet d'une enquête préliminaire.Le premier ministre.Recep Tayyip Erdogan, a commencé à dénoncer le «nationalisme raciste» qui «menace le pays».Le Monde Le Pakistan ne minera pas sa frontière Berlin — Le Pakistan ne minera pas sa frontière avec l’Afghanistan mais maintient son projet de construction d’une barrière pour empêcher le passage de miliciens d’un pays à l’autre, a déclaré hier le ministre pakistanais des Affaires étrangères.«Nous voulions miner la frontière afin d’empêcher les mouvements transfrontaliers.Mais par respect pour la sensibilité de nos interlocuteurs européens, nous avons décidé de ne pas miner la frontière pour l'instant», a déclaré Khur-sheed Mehmood Kasuri lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand, Frank-Walter Stein-meier.- Reuters L’inconnue Chirac en partie levée Paris—Jacques Chirac a dissipé à demi-mots un des premiers suspenses de la campagne électorale française en évoquant sa «vie après la politique» dans des confidences télévisées.«Si je n’ai plus de responsabilités de cette nature, eh bien, j’essaierai de servir la France d’une autre manière.(.] R y a sans aucun doute une vie après la,politique», a déclaré le chef de l’État dans une entrevue qui sera diffusée le 11 février à l’émission Vivement dimanche, sur France 2, dont Bernadette Chirac est l’invi-tée-vedette.- Reuters Castro a recommencé à s’alimenter Caracas — L’ambassadeur vénézuélien à La Havane, Ali Rodriguez, a affirmé hier que la santé de Fidel Castro s’est améliorée, soulignant que le dirigeant cubain avait recommencé à s’alimenter.«Le problème, c’est qu'il n’ingérait pas d’aliments avant, mais maintenant, il peut ingérer des aliments, et cela a amélioré [sa santé] de manière significative», a indiqué le diplomate à la té- lévision publique vénézuélienne VTV.Le président cubain, convalescent depuis six mois, est apparu le 30 janvier à la télévision cubaine, le visage hâlé et visiblement en meilleure forme que sur les dernières images datant du 28 octobre.Selon M.Rodriguez, cette intervention télévisée a démontré «une amélioration significative de sa santé, son aspect, son apparence».- AFP Roland GODIN COFFRET DE 8 TOMES DIGTIONNOIRE ENCYCLOPÉDIQUE DES MOTS CROISÉS ISBN 978-2-7601-6934-0 GUÉRIN, éditeur liée 514-842-3481 Au priH réduit de 90$ • Ifarf* term*, aucun droit de retour 4 Jusqu 'à épuisement des stocks En «enta flans mutes les imrairias Le prix est indiqué sous réserve de modifications.\ \ B 10 LE DEVOIR, LE VENDREDI 9 FÉVRIER 2007 «Le sexe ne s’y pratique qu’à l’occasion, mais il ne l'embarrasse nullement: la cuisine admet sans faire de chichis qu’on s’y fasse embrasser, caresser, peloter, trousser.Elle se délecte des préambules, elle peut soutenir les conclusions.» est la Vie! «Le sentiment, grâce à la nourriture, qui n'a plus peur de se dire; le corps qui, par la médiation alimentaire, ne craint plus de se raconter, et cherche, en même temps que les plats partagés, sa portion de courage.» - Le bonheur de faire l'amour dans sa cuisine et vice-versa, Irène Frain JACQUES NADEAU LE DEVOIR «L’amour, ça demande le plein feu.Ce n’est pas une chose qu’on entretient au bain-marie» (Georges Feydeau).Amours culinaires Faire bonne chair Josée Blanchette Cest ici que tout commence.À la lisière des lèvres, à l’orée de la fièvre.A la frontière des muqueuses, le sens de la fête se fraie un passage somptueux.C’est ici, devant les fourneaux allumés, qu’on se cuisinera à feu lent en faisant appel à des gestes précis, millénaires.Dans ce lieu du feu et des dieux, on remettra le cul dans le culinaire.Ici encore, les instruments de torture, le fouet, la queue-de-rat, la spatule de caoutchouc, serviront à lier, aiguiser, faire plier la raison jusqu’à la déraison.C’est dans la cuisine que tout commencera.«La cuisine est le sexe de la maison.Certains corrigent: son âme.Et si l’âme avait élu domicile dans le sexe?», demande Irène Frain dans son délectable essai Le bonheur de faire l’amour dans sa cuisine et vice-versa, dont le titre sans équivoque nous indique déjà dans quelle position on peut se mettre en appétit Cette auteur prolifique y fait une description allégorique de ce lieu géniteur, de la cuisine-matrice qu’elle a toujours associée à l’amour.«Dès que je rentre dans ma cuisine, même lorsque je suis seule, je me sens plus aimante, plus aimée.» Car ici, parce qu’on joue avec le feu et l’eau, la vie prend un sens.Elle s’apaise dans les contraires.Et c’est dans la cuisine que tout se prépare sur un thème connu, qu’on transforme la mort en vie.Alors qu’au contraire, dans la chambre, on fait muer la vie en «petite mort»: «Le noyau de la chambre, c’est l’inconnu.Le danger.Le langage muet des corps.La sécrétion.Notre plus secret.Aussi, la plupart du temps, avant d’arriver au lit, on pake, f ignore depuis quand les codes sociaux imposent qu’une ingestion commune de boisson ou de nourriture constitue les préludes quasiment obligatoires de la copulation.Je constate seulement que, dans le parcours séductif et malgré les progrès récents de la barbarie amoureuse, il demeure quasiment impossible de brûler l’étape orale.» Quant à la barbarie à laquelle se réfère Irène Frain, elle se nourrit à l’auge Aufast-food,fast4ove, «consommation facile et instantanée de petites bulles érotico-sentimen-tales, sorte d’amours light au risque minimal».L’emballage est parfois plus tentant que la liste d’ingrédients.Les organismes génétiquement modifiés se sont introduits dans le champ de nos libations, un peu comme le ver dans la pomme.Copulation alimentaire et langagière Contrairement à Mallarmé qui trouvait la chair triste et avait lu tous les livres, Irène Frain, professeur de littérature, vous donne plutôt envie d’ouvrir vos grimoires et de vous gaver de toutes les chairs comestibles mises à votre disposition sur l’étal de l’amour.Cuisiner pour l’autre, c’est déjà un don de soi avec une louche de sentiment D’une sensualité raisonnée, son essai nous prédispose à mettre la table et à défaire la couette, à oser hardiment le pari des sens dessus dessous.Comme elle, je me méfierais d’un homme qui expédierait les agapes sur la nappe, métaphore du drap.De plus, j’ai toujours affublé d’un érotisme supé rieur l’homme qui savait manier le couteau de chef avec dextérité.«Il est revenu du marché comme de la chasse.Muscles noués, dos sec: il a pris la posture du guerrier.Il va transformer la cuisine en théâtre d’un nouveau combat.D’ailleurs, le voici déjà qui déballe, débite, pare, assaisonne les victuailles — il a l'œil fixe du prédateur», écrit la proie consentante, déjà alertée par le fumet de la concupiscence.Peu importe le moyen de transport amoureux, tout commence par le verbe, la langue.«La nourriture facilite la parole; la parole prépare au sexe.La partie fine a déjà commencé avec ces deux concélébrants qui poussent l’homme et la femme à quitter le champ ambigu, nébuleux, de la cordialité, de l’affection, du refoulement; enfin des inquiétudes que ressuscite immanquablement le désir», écrit si finement la cuisinière de ces agapes littéraires.La langue, donc, au centre de tout émoi.Celle qui goûtera le verbe, toutes les passerelles étonnantes entre les termes culinaires et ceux du sexe, puis les mets, la chère, se mettra dans le pétrin parfois, mais qu’importe puisqu’on mange son pain blanc le premier.Bros, le désir, est né de Poros, la richesse, et de Pénia, le dénuement, rappelle Irène Frain.On reprendra de la crème Budwig demain.Savoir-vivre sensuel Dans l’amour comme dans la mort, les enjeux se voudraient définitifs.Aimer à moitié, c’est comme mourir un peu ou rester sur sa faim.Aimer, c’est remettre à l’autre une partie de sa mortalité: «L’idée qu’un homme et une femme ne puissent se risquer à faire un bout de chemin ensemble, si bref soit-il, sans se remettre mutuellement leur faiblesse humaine: ce fragment de mort que nous portons tous en nous, soyons-nous au plus vert de notre âge, et qui se rappelle à nous, plusieurs fois par jour, par la nécessité absolue de boire et de manger», fait remarquer l’écrivaine.Le test de la table s’avère tout aussi délicat que celui du lit.Peu d’hommes (ou de femmes) se méfient de ce qu’ils traduisent d’eux-mêmes devant une assiette.De leurs appétences, leur raffinement, leurs débordements, leur art de vivre, leur sensualité, du temps qu’ils mettent à se délecter, à s’y préparer.Avec celui qui ignore tout des subtilités culinaires, Irène Frain n’y va pas avec le dos de la cuillère: «Pathétique infirme de l’amour.Mais soyons charitable.Ces mâles, toute femme sait, d'instinct, qu’elle doit les interdire de cuisine.» Et, bien sûr, les fuir dès que s’installe la nuit.Mieux vaut jeûner.cherejoblofaledevoir.com Irène Fr*in L’homme de ma vie Avec le temps, il devient grand.Il me protège déjà du haut de ses trois ans, fait régner sur moi son amour possessif et urgent, confiant.Je sors les bacs de recyclage en pyjama tandis qu’il dévore sa rôtie beurre d’arachides-miel, les doigts gommés, la bouche gourmande.«Maman! Mets ton manteau, tu vas avoir froid!» J’obéis à moitié.J'enfile mon manteau à la va-vite.Il ne me voit pas mais il me devine.«Maman! Attache ton manteau!» J’obtempère en souriant II aura de l’avenir avec les femmes.Il se les attachera.Je repense à la chanson de Ferré et je sais que je suis aimée.«Avec le temps.Avec le temps, va, tout s’en va On oublie les passions et l’on oublie les voix Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid.» Une raison de vivre J* ai beaucoup lu sur le suicide cette semaine.Celui des baby-boomers, celui des jeunes, même des enfants.Deuxième cause de mortalité après le cancer.Mais le suicide est un cancer.Un cancer intime, de l’âme, du je-perds-pied, du je-n’ai-plus-la-foi, du trouvez-moi-une-raison-de-vivre, des-bras-pour-danser, pas une maudite pilule à gober.Le suicide?Je le porte en moi, un peu comme tout le monde, par hérédité aussi, comme un chemin de traverse; je le défie parfois, je lui signifie: «Tu n ’auras pas ma peau.» On le confond avec un désespoir abouti mais il a des racines beaucoup plus insidieuses.C’est fou à dire, mais certains livres, certains humains qui m’ont tendu la main (dont mon fils, sans le savoir), même certains blogues, des correspondants, m’ont évité de flirter trop intensivement avec cet adieu pénible.Au fond de moi, je sais que personne ne peut en empêcher une autre d’appliquer une solution définitive à des problèmes temporaires.Et quand le mal de vivre devient permanent, trouver une «autre» raison de vivre peut paraître au-dessus de nos forces.Je n’ai aucune solution mais peut-être qne seule question: à quoi bon?A quoi tenez-vous bon?tvww.chatelaine.com/joblo f Adoré: le film The Painted Veil avec Naomi Watts et Edward Norton.Superbe cinoche amoureux sur le sentiment perdu,, bafoué, puis retrouvé.Un peu d’Eros et de Thanatos au menu.Ça se passe en Chine.Un numéro 2 pour trois! Dansé: avec mon B sur le CD de Pierre Vassiliu, Qui c’est celui-là!.«Encore, maman! Encore!» Vraiment un disque qui transpire l’amour, la fête, la joyeuse désespérance.Un esprit libre, iconoclaste et un rien délinquant, comme on les aime.Non, vous ne le retrouverez pas au palmarès de chez Re-naud-Bray.C’est du réchauffé, mais que de goût, justement Je l’ai fait venir par amazon.fr\ Beau cadeau à offrir ou à s’offrir.Aimé: Toi, mon amour (Presses du Châtelet).Tout plein de citations amoureuses qu’on peut glisser sous l’oreiller de l’aimé (e).De quoi redonner la foi aussi.«Aimer, c’est la moitié de croire» (Victor Hugo).«Car, bien souvent, pour que nous découvrions que nous sommes amoureux, peut-être même pour que nous le devenions, il faut qu’arrive le innstLOi-ü’ jour de la séparation» (Marcel Proust).«Ily a un signe infaillible auquel on reconnaît qu’on aime quelqu’un d’amour, c’est quand son visage vous inspire plus de désir physique qu’aucune autre partie de son corps» (Michel Tournier).Elles sont toutes plus succulentes les unes que les autres.et elles résonnent sur la peau du tambour.Feuilleté: le grimoire de recettes italiennes Cuillère d’argent (Phai-don).Le livre de cuisine le plus vendu en Italie depuis 50 ans, tout juste traduit en français, sorte de Bible (ou de Jehanne Benoît) où vous retrouverez tout autant les «petits pois à la menthe» que la 4 TOI, MON AMOUR «langue de veau aux olives vertes» ou le «ragoût d’autruche».Les (rares) photos sont ratées, mais avec un peu d’imagination, on arrive à réchapper le semifred-do aux marrons glacés.Revu: mon Anglo et sa gueule d’amour.Il m’a rappelé cette devise que j’avais oubliée: «Expect the best, prepare for the worse.» Ça vaut pour tout, et pour l’amour, et pour la cuisine.Constaté: que j’avais soigneusement évité d'écrire «Joyeuse Saint-Valentin».Si c’est comme Noël, il va falloir trouver des accommodements raisonnables pour ça aussi.f
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