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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-01-25, Collections de BAnQ.

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DEVOIR.LES SAMEDI 25 ET D I M A X l H E 2 «i .1 A X VIER 2 O l) ;î L E LITTÉRATURE Pages F 3, F 4 et F 5 ESSAIS Pages F 6 et F 7 -* LE DEVOIR ?- Rentrée ÉVÉNEMENTS Agenda littéraire CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Quoi de mieux qu’un froid d’ours polaire pour apprécier la chaleur humaine d’une soirée, d’un événement, d’un spectacle?Ainsi les événements littéraires qui essaiment au Québec ont-ils comme mission cet hiver et ce printemps de réunir les gens de lettres autour de thèmes, de textes, d’auteurs, ou encore de musiciens, de danseurs et d’artistes-peintres.Dans le lot, deux nouveau-nés se sont ajoutés à l’agenda cette année parmi les événements entourant le livre.Mentionnons d’abord le Salon du livre de Lanaudière, qui se déroulera pour la première fois à Joliette, du 6 au 9 février, avec comme porte-parole la comédienne et chanteuse Joe Bocan.L'événement aura lieu dans les locaux du cégep régional de Joliette, et on devrait y constater une forte présence de la bande dessinée et de la littérature jeunesse.Une fois passées les grandes gelées, c’est la poésie qui mènera le bal de la saison littéraire.Les 7 et 8 mars accueilleront en effet le Printemps des poètes, qui se déroulera au Quartier éphémère, dans la fonderie Darling, à l’ouest du Vieux-Montréal.On y tiendra une journée de colloque sur la création de la poésie, le rapport à la langue, et une journée de lecture-performance.A Montréal suivra la Quinzaine de la poésie, qui se déroulera du 11 au 28 mars et qui prendra d’assaut différents lieux de la ville.Poètes, à vos papiers! En voici quelques échantillons, histoire de se mettre en appétit: le samedi 15 mars, le trio Boris présente le Cocktail Vian, un théâtre musical mettant en scène la vie du révolté qu’a été Boris Vian à travers son œuvre.Le spectacle a lieu à la Maison de la culture Mercier.La semaine d’action contre le racisme entraîne elle aussi son lot de manifestations artistiques.Le 14 mars, à la Maison de la culture Mont-Royal, le dramaturge Larry Tremblay dirigera sur ce thème une soirée-lecture intitulée Portage de toi, portant sur l’altérité.On y retrouvera Aline Apostols-ka, Michel Van Schendel, Francis Catalano, Denise Brassard et Salah El Khalfa Beddiari.Ce spectacle sera aussi présenté à Chicoutimi, à Sherbrooke, à Québec et à Hull.Dès le 11 mars, on pourra assister dans différentes maisons de la culture à une pièce de Michel Carneau intitulée Les Célébrations.Avec Annie Charland et Louis-Olivier Mauffette, dans une mise en scène d’Olivier Aubin, le spectacle met en scène douze tranches de vie «qui débutent toutes par une chanson et se terminent par un serment d'amour».On promet un spectacle donnant goût à la vie.Jeudi 13 mars, les Vols de soir mettent en scène quatre poètes, Yolande Vjlle-maire, Stéphane Despatie, Jean-Eric Riopel et Dominique Lauzon, qui seront accompagnés au piano par Daniel Lessard.Le mardi 18 mars, à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce, la poète engagée Nah-ee-lah déclame VOIR PAGE F 5: AGENDA Ht! Livres, écrivains et tutti quanti MARIE ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Il y a plusieurs façons de présenter la rentrée littéraire de janvier.L’accumulation débridée des sujets: un castrat, un jour égaré dans le monde de la musique techno (Orfeo), la colère des petites gens (Jean Narrache.Un poète et son double.Emile Coderre), l’ombre d’un chanoine (Les Deux Chanoines.Contradiction et ambivalence dans la pensée de Lionel Groulx), la moustache d’Alice B.Toklas (Fairy queen), Shakespeare en Ontario (Les Robes bleues).Le détour générico-prophétique: les essais domineront — sur le roman (Thomas Pavel), l’enseignement de la philosophie (Robert Hébert), le plagiat intellectuel et littéraire (Isabelle Martineau).L’allusion qui intrigue: le mauvais fils comme un renardeau donnant la mort (Le Renard dans le nom).Il y a le ton.La correspondance officielle: MM.les libraires voudront bien prendre note.L’apostrophe lyrique: lecteur, retrouve ton coin de feu, prends ce livre, etc.Il y a les moyens.Sobriété.Méthode.Appétit.Rigueur.Les collaborateurs du cahier Livres n’en ont jamais manqué, encore moins au moment de préparer ce supplément Il y a l’ennemi.les expressions convenues, qui se ramassent à la pelle, comme on sait, et qui ne veulent plus rien dire: coup de cœur (toujours actif), incontournable (qui recule), pertinent (qui monte et se répand).On les pourchassera, on les vaincra.Les livres méritent mieux.Parmi cellesci, s’agissant non plus de livres à commenter mais de décisions professionnelles à justifier, il y a la petite phrase commode entre toutes: «relever de nouveaux défis», que l’auteur de ces lignes, ayant choisi, il y a peu de temps, de fréquenter les livres d’une autre façon qu’en dirigeant les pages littéraires et culturelles de ce journal, ne prononcera pas — tout en s’en allant.Son successeur, Jean-François Nadeau, est déjà au travail.Il fait preuve d’un dynamisme et d’une curiosité intellectuelle pour les livres, la culture et les idées qui donnent à penser que les pages culturelles du Devoir poursuivront la tradition d’exigence et d'attention qui fait leur prix.Lecteurs, nous lirons.www.editionsboreal.qc.ca ] acquêt ( ¦oUfxmt Vatm Martel Guillaume Vigne auk Operation Rimbaud Paul rn Mnlamk m Chercher le vent JACQUES YANN Opération Rimbaud 160 pages • 12,9; $ n” 142 ' Paul en Finlande 2S6 pages • 13,9S $ n' 144 GUILLAUME VIGNEAULT Chercher le vent 272 pages • I î,95 $ n" 145 ¥ QUÉBEC AMÉRIQUE U /JT F.U l>XTIjHK «Mains libres»; Le Vendeur et le Millionnaire, de Marc Fisher, la suite du Millionnaire: de Maryse Rony, Au nom de Compostelle: LHommedieu, de Incie Dufresne, un premier roman historique; Croque-monsieur, de Diane San-souey.Enfin, des nouvelles de Jean Pierre Girard./espère que tout sera bleu, dont on sait qu’il est à écrire un grand chantier romanesque laq-ee récemment avec Lus Intentes.A lire, sûrement: Girard revient à la nouvelle, ce genre qull maitrise.Aux Editions du Remue-Ménage: Deuils, de Louise Cartier, ou la mort annoncée d’un couple, comme dans une tragédie antique; au Serpent à plumes: Im Femme du peintre, de Monique Durand, qui est journaliste à Radio-Canada.Amour et [ht-dition à prévoir.Durand avait publié chez le même éditeur des nouvelles pleines de délicatesse: Eaux.Cela sent le soufre — beaucoup — et la nostalgie —- un peu — chez Trait d’union: un roman érotique de Dominique ‘/vu Chénier, Abigaël love; Vie 'l > et mort d’un pédophile, de Bernard Lavoie; Le Sixième et le Neuvième, de Fernand Bellehumeur, où il sera question des commandements du Décalogue; Cette paisible rumeur, de Jean Chaumely, qui évoque le Paris des années 60.De tout, et dans toutes les directions, chez Triptyque.Les premiere's œuvres de üidovic Schweitzer Vocations: de Myriam Beaudoin: Un petit bruit sec: et de Jean-Marie Bioteau: Im Vie immobile, qui porte le même titre — hasard ou coup de chapeau?— qu’un roman de Natsuki Ikesawa paru chez Phi-lippe Piequier; des nouvelles de Nando Michaud.FwqgKS dangereux et autres mauvais tournants, qu’on espère aussi intelligent et facétieux qu’à son habitude: j’ai hâte d’y lire sa leçon de théologie moléculaire (sic) ; des nvits de France Renaud.( antes eh- sable et de pierre, dans un décor marocain; des proses poe tiques de Maurice Soudeyns, l'usuel en Bü tableaux.les Editions Trois-Pistoles annoncent deux nouveaux récits de fiction: Le Blasphème d’Annick Fortin — elle n’a que 18 ans! — et Souvenirs de Carthage de Françoise Tremblay.V;uia propose Oublier Montréal, de Michel Rivet; une équipée drolatique, XX H echo en Mexico, signee François landry; et Clara Emoi, de Miche! Thibaudeau: s'attendre ici à des jeux de mots, pour le meilleur ou son contraire.Chez Vents d’Ouest.des titres dont j’espère qu'ils ne sont pas indica-cio life du r este: Un matin tu ra te réveilles.t’es vieux!, de Michel Fréchette; des nouvelles.Personne ne remplace Batman.de Colette 1 arose, et Petites morts en prose.d’Éric Valiquette.El chez XYZ: La Déferlante d'Amsterdam de Yolande Villemaire.L'Excision de Marie Auger, Ceux qui partent de Daniel Pigeon, Un cheval métaphysique de Jean Pelchat et, de Josée Bilodeau, la nuit monte.Je ne sais pas pour vous, mais moi, j'ai hâte de lire tout cela.robert.chartrandS (tfsympatico.ca Pierre-Yves THIRAN « L’art de Thiran, c’est surtout celui d’écrire.Écrire, décrire une langue qu’il s’amuse à mettre en pièces, à reconstruire, à réinventer.C’est ce qui fait son génie.» Caroline Montpetit „ Le Devoir BAL K L'ABATTOIR Vi y ** i* pi ^ i n âjTîL.jl BAL À L’ABATTOIR PREMIER ROMAN 312 pages • 24,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca (240£ago;21 dollani 1 t I.K I) £ V 0 I H , L ES SA M EDI 2 5 ET DI M A X C H E 26 J A X V I E H 2 0 0 3 RENTREE LITTERAIRE LITTÉRATURE FRANÇAISE La course au succès GUYLAINE MASS OUTRE Ils n’ont que quelques mois pour se faire connaître.I.a loi cruelle du marché fait valser la marchandise.Le lecteur, dans le silence, n’imagine guère qu’un succès cache parfois des empoignades.Pourtant, on en parle de plus en plus.Finie, la morosité parisienne.Une violente polémique, attisée par Petit déjeuner chez Tyrannie, suivi de Le Crétinisme alpin, met aux prises l’éditeur Eric Naulleau, directeur de la petite maison d’édition L'Esprit des péninsules (sans distributeur québécois), et l’universitaire Pierre Jourde avec la direction du Monde des livres et ses journalistes.U Monde assignera-t-il les,troublions sur le banc?Im poursuite est signifiée.A suivre.La querelle intestine, très virulente, a ses raisons: comment, parmi des centaines, distinguer un ouvrage de qualité aujourd’hui?Force est de constater ceci: une série de mains obscures manipulent les ouvrages, et peu de lecteurs prendront le temps de refaire le paysage culturel qu’on leur sert.Pourtant, la librairie n’est pas un commerce si tranquille, et les prix littéraires ne garantissent pas de rejoindre vos goûts.; ©JOHN FOLEY / OPALK Les Éditions P.O.L.publient le cinquième tome du journal de Charles Juliet, L'Autre Faim (1989-1992).Oserons-nous commander sur mesure?Serait-ce un beau rêve, réinventer le temps?En attendant, simplifions le travail d’Hercule, un frein sur la curiosité.Place aux romans qui nous arrivent ici, bousculant, il est vrai, les invendus.Gallimard (Concourt décrié en 1998, Paule Constant y attirera l’œil sur Sucre et secret.Son histoire de meurtre et de peine de mort aux Etats-Unis penche vers une allégorie de l’écriture.Préférences?Jean-Marie Le Clézio, après une série de nouvelles, ces dernières années, présente Révolutions, une fiction qu’on dit très proche de .sa jeunesse niçoise; pourtant, fidèle à ses paradoxes, il déclare: «Le roman est la forme adolescente par excellence, parce qu’il n'a aucune règle de vraisemblance ni de rationalité.» Insolente liberté du romancier.Puis, l’élégante plume de Philippe Le Guillou revient avec Us Marées du Faou.Ne surtout pas manquer l’excellent Richard Millet, avec lye Renard dans le nom-, ni Ormerod, de l’Antillais Edouard Glissant.Plus légers?Détente avec Catherine Cusset qui, dans Confessions d’une radine, trace un portrait sous le mode de l’autodérision, tandis qu’au printemps, Maurice G.Dantec livrera un polar, Villa vortex.Lectures d’hiver?C’est dans la collection «Blanche», pour ceux qui les aiment déjà: Andrée Chedid (Rythmes),]ed.n d’Ormesson (C’était bien), Florence Delaporte (Les enfants qui tombent dans la mer), Roger Grenier (Une nouvelle pour vous), Dominique Rolin (Lettre à Lise), Caroline lamarche (Lettres du pays froid), Jean-Pierre Ostende (Voie egress), Jean-Noël Schiffano (Everybody is a Star), Grégoire Hetzel (U Vert Paradis), Pierre Berge (Les jours s’en vont, je demeure), Dominique Sigaud (De chape et de plomb), Constance Delaunay (Autour d’un plat), Françoise Flenry (Im Umpe).Mérites à confirmer?Voyez, de Jacques Drillon, Faced face, dans la collection «L’un et l’autre», L’Infante, de Françoise Benassis, dans «Haute Enfance», et de Rachid O, Ce qui reste, dans «L’Infini» de Sellers.Et aussi une première, une sorte de polar, disait-il il y a deux ans, par l’universitaire Patrick Wald Lasowski, érudit du roman libertin, U Traité des mouches secrètes, dans «O: Cabinet des lettrés».Publicité inutile?Le reporter et rédacteur en chef de la NRF, Michel Braudeau (Dix excentriques), le Maghrébin remarqué Boualem Sansal (Dis-moi le paradis) et le président de l’académie Concourt, François Nourissier (Prince des Berlingots), poseront leur prose sur nos tablettes à partir de mars.Classiques?Ils se nomment Tocqueville (correspondance dans «Quarto»), Camille Claudel, Aragon (entretiens aux Cahiers de la NRF).André Pieyre de Mandiargues revient dans «L’Imaginaire».On réédite Jean Genet (en Pléiade), Gide concours La SELECTION LES TITRES 2005 Voyage au Portugal avec un Allemand, Louis Gauthier, Fides Dée, Michael Delisle, Leméac Un baume pour le cœur, Neil Bissoondath, Boréal Les Yeux bleus de Mistassini, Jacques Poulin, Leméac/Actes Sud Petites difficultés d'existence, France Daigle, Boréal Je ne comprends pas tout, François Gravel, Québec Amérique www.prixlitterairedescegepiens.ca (jA GITE Z : un séjour culturel en Trance (oftert par le Consulat général de France à Quebec) prix de participation et plutj encore Culture •t Communie At torts LE DEVOIR • fONDATlON 9 n M4RC Québec n ta * SCABRINI MEDIA BANQUE NATIONALE OU CANADA fem m «cnmai m rnwi *QKmv et Léon Bloy.Et tout cela se jugera mieux, avec l’aide de La Pensée du roman par Thomas Pavel.Albin Michel, Champ Vallon, Minuit Eric-Emmanuel Schmitt est le phare du premier éditeur.Il donne Oscar tftÊÊÊÊ et la dame rose, lettres d'un en-fant hospitalisé à Dieu.Yasmi-na Reza brosse toujours ses féroces portraits masculins, encore un homme fêlé, Adam Haberberg.Histoire du christianisme selon :ll| Jean-Yves Leloup, c’est 1 le roman de Marie-Ma- ; deleine, intitulé Une 1 femme innombrable.Pascale Roze se rétablit .dans Parle-moi, entre deux sœurs, puis cédera la pas à Christine sy Orban (Le Silence des i“f hommes).Chez Champ Vallon, T ‘ on pourra lire des nou- £ velles, un genre propice > aux expériences littéraires 3 de Jude Stéfan.Elles ont * pour titre Oraisons funestes, chroniques noires, désespérées et savantes (à déposer près de Quignard).Aux antipodes, il y ismM aura Fées, diables et salamandres de Christian Garcin, qui frappe en même temps chez Gallimard et Verdier, avec L’Embarquement (roman) et Labyrinthes et Cie (essais).Jean Echenoz aime la musique et sa discipline; ç’est le sujet sévère de Am piano, aux Editions de Minuit.La fiction est sise à Paris, dans la langue impeccable et un peu dépressive qu’on lui connaît.Répit.C’est un titre — Le Répit, une fiction d’Hélène Lenoir, qui contrevient à la saison.Mercure de France, Serpent à Plumes Andréi Makine achève sa trilogie franco-russe au Mercure de France; au début, il y a Le Testament français, et maintenant, La Terre et le Ciel, de Jacques Dorme, une histoire de guerre, de convictions, d’aviation et d’amour.Dans un autre registre de l’éblouissement volontaire, le souffle court de la nouvelle, chez Philippe Claudel, scénariste amateur d’humeurs et de tons variés, donne Les Petites Mécaniques.La maison proposera aussi Mentir vrai, une histoire sentimentale de Gisèle Fournier, venue de Suisse, et, dans la même veine, Une vie sentimentale, du metteur en scène Bruno Bayen.Ce sont des voix peu perçantes, mais elles honorent Tailleurs au Serpent à Plumes: le Sénégalais Ken Bugul (De l'autre côté du regard), le Malien Yambo Ouologuem (Le Devoir de violence) et l’Algérien, au talent remarqué, Amin Zaoui (Les Gens du parfum).Que diront en écho les Français Pierre Ahnne (Libé-rez-moi du paradis) et François Laut (Tête plongeante)! Sans doute la cohabitation les transforme.La révolutionnaire française Louise Michel (1830- Le Seuil, P.O.L.De janvier à avril, la moisson Seuil sera profuse.On pourra faire des stocks d’été.Elie Wiesel publie son onzième roman, histoire d’un Juif hongrois émigré en Amérique, au titre suivant: Le Temps des déracinés.Hubert Migarelli, à la plume légère, donne Quatre soldats, histoire de soldats saisis dans l’Armée rouge.Jean-Marc Roberts raconte sa vie — on ne savait donc pas tout — dans Toilette de chat.Ils seront fidèles à eux-mêmes, en février ou en mars: Michèle Gazier piste ses souvenirs (Les Garçons d’en face), Denis Guedj, une fantaisie qui fait recette, au temps où, à Alexandrie, on mesurait la circonférence de la Terre (Les Cheveux de Bérénice).El le Marocain Tahar Ben Jelloun sera de retour aussi, avec d’autres nouvelles (Amours sorcières).Mais certaines plumes nous aurons promenés au Que de romans français, plus de 800 -362 cet hiver, après 442 à l’automne, bien faits, souvent attirants et bien écrits ! loin: le voyageur Alain Fleisher, avec Les Ambitions désavouées, s’écarte de Paris, en passant par la Bohème, jusqu’au Pérou.Le metteur en scène Peter Brook, dans Oublier le temps, signe l’autobiographie de ses débuts à Londres.La saison du Seuil finira, nous dit-on, avec Vincent Ravalée et Michel Del Castillo.Chez P.O.L, Judith Elbaz, née à Montréal, donne up premier roman, Colourful.A côté d’elle, trois habitués: Emmanuel Hocquart (L’Invention du gg verre), Charles Juliet §§ (L’Autre Faim, journal) et Leslie Kaplan (Les Outils).I Que les livres soient donc des outils pour penser.Actes Sud ‘ Acteur de cette profu-Sj sion, Actes Sud met sur :£ le marché Simples mortels, de Philippe de la Ge-nardière, un roman aux i identités défaites par la f mondialisation.La fine plume de Claude Pujade-Renaud, dans Le Jardin for-¦ teresse, s’en prend à la tyrannie des pères qui entachent l’innocence des victimes de l’inceste.Denis Lachaud, qui écrit aussi pour le théâtre, met au centre de Comme personne, au titre ambivalent, une femme de 35 ans aujpurd’hui.A les voir, on croirait la machine em-1 * “ ” “ ballée.On n’ose justifier une telle abondance.On songe pourtant qu’un grain de sable dans l’engrenage n’arrêtera pas le temps.Le rêve a-t-il jamais pris autant de place?Voyez Le Moine, le Vizir et la Femme du grand argentier (Vénus Koury-Ghata); Le Chant des limules (Frédéric Jacques Temple), un récit botaniste à Long Island; Retour à Bruxelles (Vincent Delecroix), l’éternelle rencontre amoureuse; Le Tribunal de Miranges (Elisabeth Motçch), si vous croyez à la sorcellerie; ou A demain! (Elisabeth Joanès), si vous vous intéressez au jeu.Autres éditeurs Chez Fayard, Irène Frain s’intéresse à la guerre des sexes (Les Hommes, etc.).On y lira la suite de la biographie de Beaumarchais par Maurice Lever (L’Irrésistible Ascension, t.2).Du côté de Grasset, Dominique Fernandez publie une histoire romaine et baroque, La Course à l’abîme, celle du peintre Caravage.L’affreux Paul M.Marchand continue dans sa veine, la rage, inceste consentant cette fois.Cela s’appelle pompeusement J’abandonne au chien l’exploit de nous juger.Chez Stock, signalons une rencontre originale, Annie Ernaux et Frédéric-Yves Jeannet, qui donne des entretiens, L’Écriture comme un couteau.Originale?Hallucinée?Voyez Dragons, (L’Olivier) de Marie Despleschin.De l’École de Brive, Michel Peyramaure romance la vie exceptionnelle de la républicaine Louise Michel, égérie de la Commune de Paris, dans Fille de la colère, chez Laffont, et Gilbert Bordes, Lumières à Cornemule, une variante de Clochemerle en Corrèze.La terre est toujours paternelle: vivez ses ombres et fantômes chez Verdier, Un des malheurs d’Emmanuel Darley.J’irai voir comment se termipe Longue marche (Phébus, tome 3) d’Émile Olli-vier, à pieds sur la route de la soie.Enfin, parmi d’autres, la Franco-Algérienne Leila Sebbar se fait entendre dignement, dans/g ne parle pas la langue de mon père Oulliard).Quel écrivain songe, au moment de se lancer dans l’aventure de publier, que sa vocation devra soutenir les terribles pressions de la concurrence et de la fabrication d’une renommée?Que de romans français, plus de 800 c’est affolant — 362 cet hiver, après 442 à l’automne (284 à l’hiver 2002)., bien faits, souvent attirants et bien écrits! Où se noie le génie?SUITE DE LA PAGE F 3 titre non confirmé, prendra appui sur une phrase de Paul Celan.Du côté de Trois-Rivières, les Écrits des Forges reviennent avec des auteurs aussi différents que la Française Marie-Claire Bancquart (Anamorphoses), l’Acadien Herménégilde Chias-son (Répertoire) ou encore Daniel Dargis (Les Noces de l’abandon).Chez les plus jeunes, on signale la présence de Simon Dumas, Isabelle Forest, de même que Cari Lacharité.Il y aura aussi un livre à deux sur le silence de la part de Jean Royer et du Belge Yves Namur, une édition en poche D'ambre et d’ombre, de Yolande Villemaire, ainsi que des nouveaux recueils pour Richard Lachance, Yvan Lacour-sière, tout comme Anisa Mo-hammedi.Chez Prise de parole, on n’annonce pour l’instant qu’un récit poétique de Michel Muir, ainsi qu’un disque compact (poésie mise en musique) eje Marc LeMyre.De plus, les Éditions du Remue-Ménage proposent une deuxième édition, revue et augmentée, de (’Anthologie de la poésie des femmes au Québec, de Nicole Brossard et Use Girouard.Chez Lanctôt éditeur.Visages de l’affolement, de Jean-Philippe Bergeron relate une expérience de deux semaines passées dans le département de psychiatrie d’un hôpital à la suite d’une tentative de suicide ratée.Après Une corde POEME CHRISTINE TELLIES Jeunesse .ut poésie de bran de scie, Michel Garneau revient avec ‘criture (en collaboration avec Fernand Durand) où Ton assiste à un délire d’écriture à deux: «une bulle d’air à respirer dans l’urgence des moments qu’il reste à vivre».Aux éditions Trois-Pistoles, on annonce pour le moment le cinquième tome des Œuvres complètes de Renaud Longchamps ainsi que Voyage dans chacune des cellules de Pierre Labrie.En ce qui concerne Trait d’union.Au-delà de Grand-Remous.de Gil Jouanard, et Cartes d’embarquement, de Bernard Pozier, ne feront qu’un dans la collection «Vis-à-vis» de Claudine Bertrand.Dans celle que dirige Louis Royer, «Poésie du square», on découvrira le premier ouvrage de Fannie Emmanuelle Langlois, qui se veut une adapta- tion libre et poétique du mythe Der Ring des Nibelungen.Dans le domaine des essais liés au langage poétique ou à la poésie elle-même, Trait d’union propose également Poésie, terre d’exil d’Alexis Nouss: un ouvrage collectif autour du grand poète libanais Salah Stétié.Toujours dans la collection «Le soi et l’autre», L’Esprit migrateur.Essai sur le non-sens commun, de Pierre Ouellet, déplace le thème de la «migrance» vers sa nature davantage ontologique et symbolique.Enfin, dans la collection «Spirale» que dirige par ailleurs l’auteur d’Ombres convives, deux nouveaux titres sont attendus: L’Oubli prochain.La vie qui va, d’Alain Médam, invite à découvrir un essai-récit à propos de •l'avancée en âge sous la forme d’un retournement sur soi», alors que Le Labyrinthe aboli, de Jean-Pierre Vidal, explore la figure architectonique et rhétorique du labyrinthe.Chez Fides, Jeunesse et poésie revient sur l’histoire de l’Hexagone dans le contexte socioculturel des années 50.Enfin, aux éditions Trois-Pistoles, trois nouveaux titres viendront enrichir la collection «Ecrire»: Matériaux mixtes, de Paul-Chanel Malenfant; Écrire me consigne, de Bruno Roy, etOrigines, de Christian Mistral.Signalons au passage, même si la poésie n’est pas en cause, que parait, dans la même collection, Écrire des caricatures et de la BD, d’André-Philippe Côté.4 L K DEVOIR.LES SAMEDI 2 5 ET DI M A \ ( Il E 2 ti .1 A X VIER 2 O O A F r> RENTREE LITTERAIRE AGENDA SUITE DE LA PAGE F 1 des textes rythmés.EDe est accompagnée à la guitare par .Alan Khol.Le 21 mars, à l'occasion de la Journée mondiale de la poésie, le réseau des maisons de la culture s'associe à l’Union des écrivaines et des écrivains du Québec pour tenir une nuit de la poésie, mise en scène par Pascal Contamine.Enfin, le 22 mars, à la Maison de la culture Pointe-aux-Trembles, Anne Marie Gélinas, «celle dont les mots éclatent comme autant de bombes sur notre confort résigné», donnera un spectacle de poésie et de chansons, accompagnée de trois musiciens.Le Salon du livre de TOutaouais se déploiera pour sa part du 26 au 30 mars, au Palais des congrès de Hull.On sait déjà que Guy Jean, Michèle Matteau et Sonia Sarfati y seront des invités d’honneur pour y représenter TOutaouais québécois, l’Ontario fiançais et la littérature jeunesse.La présidence d’honneur et d’autres activités seront dévoilées le 12 mars.Du 2 au 6 avril, le festival Metropolis ouvre ses portes à Montréal, sous le thème «Lire le monde, écrire le monde».Des rumeurs circulent déjà selon lesquelles Paul Auster y serait attendu.Il y accompagnera sans doute les Annie Prouk, Denise Bombardier, Maryse Condé, Hélène Dorion, Bruno Hébert, Jamaica Kinkaid et Gaétan Soucy, qui ont déjà confirmé leur présence.Tout de suite après, soit du 4 au 7 avril, la Rencontre internationale des écrivains aura lieu à Québec, sur le thème de «L’écrivain et New York».Paul Auster, ce New-Yorkais dans Tâme, y sera-t-il présent?On y abordera en tout cas le thème de New York comme métaphore de l’Occident Les participants demeurent à confirmer.Du 9 au 13 avril se tiendra le Salon du livre de Québec.Et on y fera cette année une place spéciale aux auteurs mexicains ainsi qu’au livre politique.Quatre ou cinq auteurs mexicains devraient en être cette année.Comme c’est la tradition, on trouvera au Salon du livre de Québec un invité d’honneur par jour, représentant différents secteurs d’activités littéraires.Le mercredi, l’entrée est libre pour les 60 ans et plus, et les activités sont aussi orientées en fonction des intérêts de cette clientèle.Du 1" et 4 mai, le Marché de la poésie, place Gérald-Godin à Montréal, présentera, outre le colloque habituel, des spectacles des activités avec les éditeurs et le public.Du 9 au 17 mai, le Festival international de la littératurereprend du service, avec ses désormais classiques spectacles bi et multidisciplinaires, alliant la littérature à la danse, à la musique et aux arts visuels.Au programme, on retrouve encore cette année la Journée jeunesse, qui se tiendra au carré Saint-Louis, et un spectacle intitulé Enfances, qui réunira des écrivains d’ici et d’ailleurs au café Stella Artois de la Place des Arts.Enfin, du 28 mai au 1" juin, la première édition du Festival du livre jeunesse de Laval aura lieu au collège Montmorency.S’y dérouleront des activités d’animation, un colloque de création, des rencontres et une exposition, et les librairies ainsi que les bibliothèques publiques seront mises à contribution.LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Heureux lecteurs en fuite MARIE ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Il en va de la littérature étrangère conune des autres domaines de la rentrée: il y a les romans attendus et les autres.Les premiers s’avancent en tète du peloton, arrogants, fiers des pages ou des brochures entières que leur consacrent leurs éditeurs dans leurs programmes.Aux courses, on les dirait favoris.Et chevaux, ils le sont bien un peu puisque la librairie a misé sur eux.On les retrouvera dans un instant.Car il y a les autres: les découvertes, les surprises, les curiosités, les rendez-vous secrets, les in-connus.Pourquoi ne pas commencer par eux.puisque c’est parmi eux aussi qu’on voudra flâner, en toute liberté.Jette ce livre, dit André Gide à Nathanaël, et vis.Lecteur, oublie cet article, va te perdre en librairie.Tu y trouveras d’abord un livre dont on ne sait rien de l’auteur, sinon qu’il s’agit d'une femme ayant vécu au Japon au XIe siècle.La Mère du révérend Jôjin (Le Cabinet des lettrés) est le journal qu’a tenu, entre 1071 et 1073, une mère que le départ de son fils, parti en pèlerinage en Chine, a rendue inconsolable.mère a plus de 80 ans, le fils en a 60.Qui sait quand ils se reverront?Une telle séparation, écrit la mère, est «sans exemple au monde».On la croit volontiers.Avec Le Livre des secrets de l’alcôve (Le Seuil), Hong Ying invente le roman des amours de Julian Bell, jeune neveu de Virginia Woolf, parti enseigner dans une université en Chine, où il tombe amoureux de l’épouse du doyen.La Chine des années 30 et le Bloomsbury bohème ne voient pas exactement les émois du cœur de la même façon, comme on peut le penser.Pour sa part, la collection «Anatolia» des Editions du Rocher s’enrichit de quelques titres intéressants, qui ne sont pas exactement des romans, mais nul n’a dit que les écrivains devaient être confinés à un seul genre au moment de se coltiner avec le réel: Conversations avec Joseph Brodsky, de Solomon Volkov, rassemble des entretiens menés à New York, au fil de quelque vingt années; plus tard, en février, paraîtront deux textes du poète et dramaturge W.H.Auden: un essai à caractère social, Le Prolifique et le Dévoreur, et un récit,/««rua/ de guerre en Chine, écrit à quatre mains avec Christopher Isherwood, alors que les deux hommes sont à Canton, en pleine guerre russo-japonaise.Avant de rentrer en Occident, on attrapera au passage La Bible tchouktche (Actes Sud), de Youri Rutkhèou, qui évoque de l’intérieur, l'auteur étant lui-même tchouktche, l’univers mental, culturel et physique de ce peuple cousin des Inuits, habitant de l’autre côté de la calotte glaciaire.On est donc revenu sur le continent européen.On est en Allemagne.On va lire Nature morte (Verdier), de Josef Wink- SÎSrWKKK ationale du Québec oire ; ; ^ ^|et pour une ^™JGnindeBibl i u U i è q u e •* 4M r .JjÉËi | BIENTÔT 8 u Bible une odyssée de I Gutenberg à aujourd'hui une expostion présentée du 12 février au 4 avril Bibliothèque _ nationale Québec « n \ Harry Mulisch J.SASSIER 1er, qui situe l’action de son roman à Rome, où un jeune garçon incarnera la «beauté promise à la mort».Pour ce roman, le quatrième à être traduit en français chez Verdier, Josef Winkler a reçu le prix Alfred Dôblin et les compliments de Günter Grass.Après quoi, on prend le train en compagnie de Séfarade (lœ Seuil), d'An-tonio Munoz Molina, qui fait entendre, en revisitant le genre de la fiction, les voix de quelques grands chassés de l’existence: Kafka, Evguenia Guinzburg, Primo Levi, Margarete Buber-Neu-man.Evguenia Guinzburg a raconté, déjà, comment elle fut arrêtée et déportée au plus fort des purges staliniennes de 1937.Son fils, Vassili Axionov, est depuis devenu un écrivain réputé.Son dernier roman, Lumineuse césarienne (Actes Sud), met en scène, entre les Etats-Unis et la Russie, deux personnages contrastés, l’un vieil écrivain, l’autre jeune Nouveau Russe, dont la dernière fantaisie consistera à s'offrir quelques clones à activer en 2063, après sa mort.Qu’on se rassure: tout ceci est trop romanesque pour être vrai.Les Pays-Bas seront à l'honneur en mars, au Salon du livre de Paris.Le Seuil y va de sa sélection de titres d’auteurs connus et moins connus.Avec La Récalcitrante, Hella S.Haasse reconstitue un drame conjugal du XVIIP siècle.L’indépendante comtesse Charlotte Sophie d’AIdenbourg accepte d’épouser Willem Benlin- ch.qui s’éprend d'elle, qui en aime un autre.De Hugo Claus, on lira trois récits regroupés sous le titre Le Dernier Lit.Entre obsessions religieuses et familles, ceux-ci fustigent la société bourgeoise et le sort quelle reserve à ses mauvais sujets.De I con de Winter, le même éditeur propose Sio-noco.le rabbin Mayer voit sa vie basculer lorsque sa voisine, en avion, renverse un verre de jus de tomate sur son costume.Trivial?Ce serait méconnaître les rabbins.Tous ces titres paraissent au Seuil, avec ceux d'autres Néerlandais à découvrir.Quant au très grand Harry Mulisch, néerlandais lui aussi, c’est chez Gallimard qu’on le retrouvera, avec Siegfried, au terrible argument.Julia et Ulrich Falk ont élevé en secret, au Berghof, en Bavière, le fils que Hitler a eu d'Eva Braun.Le couple s'est attaché à Tentant, jusqu’au jour où, de Berlin, le père ordonne de le faire disparaître.Quarante ans après les faits, les Falk confient leur secret au romancier Rudolf Herter.A Jérusalem, en 1961, Harry Mulisch a assisté au procès de Eichman.Dans L'Affaire 40/61 (Arcades), qui paraît simultanément, il se remémore l’événement sur lequel Hannah Arendt a écrit des pages définitives.Au jugé de l'œuvre du romancier, celles de Harry Mulisch sur le même sujet méritent au moins d'être lues.Dans la même collection paraît Im Cave (Arcades), de Thomas Bernhard, récit où ce dernier évoque son expérience d’apprenti, à 16 ans, dans la cave d'un épicier dont il fera provisoirement Tépicentre de la misère humaine.A en croire son traducteur espagnol, Miguel Saenz, les imprécations de Thomas Bernhard ont trouvé leur vis-à-vis en Amérique centrale avec Le Dégoût (les Allusifs) de Horacio Castellanos Moya.Mêmes sarcasmes, même détestation universelle de son peuple, cette fois des Salvado-riens de l’Amérique centrale, «ar-rièfe-cour des Etats-Unis».Le même éditeur prépare une rentrée d’hiver résolument mexicaine avec Le Voyage, de Sergio Pi-tol, qui propose quelques pages du journal d’un écrivain mexicain septuagénaire et respecté, traducteur de Conrad, de Jane Austen et de Gombrovicz, diplomate sUfiMA, .ET TRAVERSER L'HIVER NOUVELLES A PARAITRE Lise GAUVIN Arrêts sur image Maurice HENRIE Mémoire vive Louise COTNOIR ,,Carnet américain _ -, Gérard COSSETTE Le dragon borgne Élisabeth VONARBURG Vraies histoires fausses ROMANS À PARAÎTRE Hans-Jürgen GREIF Orfeo Alain CAVENNE Les avatars de Pétronie (titre provisoire) Claire MARTIN Il s'appelait Thomas ESSAIS À PARAÎTRE Georges DESMEULES Christiane LAHAIE Dictionnaire des personnages du roman québécois 200 personnages des origines à 2000 Françoise BULMAN Le prépositionnaire Dictionnaire des verbes et adjectifs pouvant être suivis d'une préposition Umslant meme NOUVELLES • ROMANS - ESSAIS en Russie où il put.par livres interposes, fréquenter à loisir ses chers Boulgakov, Akhmatova, Dostoïevski.Ces jours-ci paraît également, aux Allusifs, Avant.de Carmen Boullosa.le revit tout en arabesques de la prime adolescence d’une petite fille, à Mexico, dans les années 50.Enfin.chez le même éditeur, Ptise 2, du Canadien Timothy Taylor, qui raconte les tribulations de Shane et de Kopak.dont les rêves se verront quelque peu malmenés par la réalité.U‘s Editions de la Pleine Lune traduisent et publient Pitié pour les enfants, de David Adams Richard, une saga familiale qui se situe au nord du Nouveau-Brunswick et est racontée par un garçon révolté.Du Canadien Timothy Findley, mort récemment on lira le subtil Les Robes bleues (Le Serpent à Plumes), dont l’action se situe dans le milieu très shakespearien de Stratford-sur-Avon, en Ontario.Un couple, évoluant jusque-là avec grâce entre théâtre et réalité, se fissure.C’est doux, triste, aussi implacable que la roue du destin dans les tragédies.U- troisième roman de Siri Hustvedt, Tout ce que j'aimais (Actes Sud/Leméac), se situe également dans un milieu artiste, mais si l’époque est la même, le cadre a changé.C’est le New York des galeries vu à travers l’amitié qui unit un historien de Tart et un jeune peintre, aux chroniques familiales entrecroisées.Le lecteur se croyait à l'abri derrière une pile de livres: le voilà rattrapé par la course saisonnière des nouveautés, alors que foncent maintenant sur lui tous ces chevaux qui ont, à juste titre, une longueur d’avance.Na dine Gordimer publie Le Magicien africain (Plon), un deuxième tome de nouvelles (après Im Foùr douce du serpent) publiées entre 1951 et 1979.L'Angleterre des années 70 est le terrain de jeux, si Ton peut dire, de Jonathan Coe dans Bienvenue au Club (Gallimard), ici montrée à travers le regard juvénile de garçons avant tout occupés à vivre.En guise de contre-point noir et tout aussi insulaire: Quelque chose de pourri au royaume d’Angleterre (Rivages), du féroce Robin Cook.A l’origine paru en 1970, ce roman est donc le contemporain très reel des reconstitutions romanesques de Jonathan Coe.Une fois parti dans le passé, on ne s'arrêtera pas en chemin et on lira Jack L’éventreur: affaire classée (Des Deux Terres), de Patricia Cornwell, qui s'emploie, par ce thriller, à résoudre les meurtres non résolus du célé-brissime assassin.Noir aussi se veut le dernier roman d'Alessandro Baricco, Sans sang (Albin Michel), qui raconte une vengeance.Et suspense.Les Chiens de Riga (Seuil Policiers) du Suédois Henning Mankell, qui mêle mafia russe, criminels lettons, cadavres et fin de régime totalitaire soviétique, lecteur fragile, que feras-tu?Avec L'Exposition (L’Arpenteur), Claudio Magris a mis ses pas dans ceux du peintre triestin Vito Timel, mort en 1949, à l'asile psychiatrique.Théâtre?Livret d'opéra?Le résultat est présenté par l’éditeur comme «une sorte d'arche de Noé de la Mitteleuropa voguant sur une mer démontée».Lecteur prévenu, te voilà alléché.—r-r M Palmarès M# Le baromètre du livre au Québec du 15 au 21 janvier 2003 1 Roman JE NE SAIS PAS COMMENT ELLE FAIT A PEARSON Plon y 5 Z Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?V J.SPENCER Michel Laton 108 3 Psychologie DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P M0RENCY Transcontinental 12 4 Santé ET SI ÇA VENAIT OU VENTRE ?P PALLARDY Robert Laffont 23 5 Roman LE PIANISTE V W SZPILMAN Robert Laltoot 99 e Spiritualité LE POUVOIR DU M0MF NT PRESENT E.TOLLE Ariane 120 7 Roman SANAAQ M.NAPPAALUK Stanké 13 8 Roman Qc UN PEU DE FATIGUE S.BOURGUIGNON Qc Amérique 12 9 Psychologie OE L'ESTIME DE SOI A 1 ESTIME DU SOI J.MONBOURQUETTt Novalis 14 10 Roman Qc CATALINA W G G0UGE0N Libre Expression 15 11 Cuisine SUSHIS ET COMPAGNIE V COLLECTIF Marabout 40 12 Biograph.Qc ROBERT RICHE AUX COMMANDES DU DESTIN P CAYOUTTTE libre Expression 12 13 Spiritualité METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR OU MOMENT E.TOLLE Ariane 38 14 Biographie ARRETE-MOI SI TU PEUX F W ABAGNALE Stanké 7 15 Roman Qc LIFE OF PI V Booker Prize 2002 Y MARTEL Vintage Canada 13 16 Nutrition QUATRE GROUPES SANGUINS.QUATRE RÉGIMES R J.D'ADAMO du Roseau 171 17 Actualité APRÈS L'EMPIRE ?E.T0DD Gallimard 15 18 Essais MIKE CONTRE-ATTAQUE ! V M M00RF Boréal 14 19 Psychologie CESSEZ D'ÊTRE GENTIL, SOYEZ VRAI 1 ?T D'ANSEMBOURG L'Homme 106 20 Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION V F, DELAVIER Vigot 241) 21 BD.0.C0NVARD Glénat 2 22 Essais LES NOUVEAUX MAtTRES DU MONDE V J ZIEGLER Fayard 12 23 Ésotérisme HOROSCOPE 2003 A.-M CHALIF0UX Publlstar il 24 Polar MYSTIC RIVER V 0 LEHANE Rivages il 25 Ésotérisme LE RÊVE ET SES SYMBOLES V M COUPAI de Mortagne l/m, 26 Psychologie LES VILAINS PETITS CANARDS V B, CYRULNIK Odile Jacob 84 27 Polar VOYAGE TATAI K.REICHS Robert Laffont 14 28 Roman Qc MEILLEURS CONTES FANTASTIQUES QUÉBÉCOIS COLLECTIF Tides 53 29 Roman Qc UN HOMME ET SON PÉCHÉ C.-H, GRIGNON Stanké 12 30 Santé CE QUE LES MAUX DE VENTRE DBtW 0£ NOTRE PASSE G.DEVR0EDE Payot 37 IL Psychologie MÈRES-EILLES, UNE RELATION A TROIS V EUACHEFF/HEINICH Albin Michel 48 32 Histoire UNE HISTOIRE POPULAIRE DES ETATS-UNIS * H, ZINN lux 15 33 leunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN » A.BRASHARES Gallimard 31 34 Biograph.Qc TESTAMENT D'UN TUEUR DES HELLS P MARTINEAU les Intouchables 20 35 Roman E.-E.SCHMITT Albin Michel 2 36 Roman K.NEVILLE le cherche midi 31 37 Maternité COMMENT NOURRIR SON ENFANT, 3« édition L.LAMBERT LAGACÊ l'Homme 179 38 Roman Qc A L'HEURE DU LOUP V P M0RENCY Boréal 13 39 Essais Qc AMERICA 0.VAUGE0IS Septentrion 12 40 Actualité L'ÉTAT DU MONDE 2003 COLLECTIF Boréal 15 41 Essais Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS, t.2 N LESTER les Intouchables 10 42 Roman LA CROIX DE FEU, t.5 - 2« partie 0.GABAL00N Libre Expression 11 43 B.D.KID PADOU, t.8 - Paddle .my name is Kid Paddle MIDAM Dupuis 7 44 Essais Qc LE LIVRE NOIR DU CANADA ANGLAIS, t.1 N.LESTER les Intouchables 60 45 Actualité Qc L'ANNÉE CHAPLEAU 2002 S, CHAPLEAU Boréal 10 V : Coup de Cœur RB Nouvelle entrée «>r< «« tmtMt wniuw | N.B.: Les guides pratiques sont «clus du palmarès huit semaines après parution.24 succursales au Québec Venez rencontrer Francis PELLETIER le samedi 1er février de 14 h à 16 h [ 6925, boul.Taschereau *(450)443-5350 F (J L E I) E V 0 I R , L E S S A MED! 25 ET DI M ANCHE 26 J A N V I E R 2 0 0 3 RENTREE LITTERAIRE ESSAIS QUÉBÉCOIS Des idées pour un Québec printanier Soyons de bonne grâce: le Québec, quoi qu'en disent certaines pleureuses qui confondent leur frustration personnelle avec l’état du monde qui les entoure, va plutôt bien.Domaine par domaine, champ par champ, des couacs surgissent (ah, la santé!) et des failles se font jour (ah, la santé!), mais l’ensemble, comparé à un passé ou à des ailleurs plus sombres, a plutôt bonne mine.N’empêche que des blocages subsistent qui font en sorte que la recherche du mieux demeure une quête toujours aussi nécessaire.Dans les prochains mois, quelques essayistes d’ici viendront justement nous rappeler que l’avenir reste à faire, sur la base d’une critique des nuisances collectives actuelles.Ce sera d’abord, chez Fides, le sociologue Jacques Grand’Maison qui, dans la Nouvelle Noirceur - Petit manifeste d'un réac progressiste-conservateur anti-postmodemiste, critiquera l’anomie sociale québécoise en renvoyant dos à dos les partisans du privé tous azimuts et les dogmatiques du modèle québécois.Souhaitons qu’il ne s’agisse pas là d’un autre vague et stérile éloge du «gros bon sens» comme ceux auxquels nous a récemment habitués cet intellectuel.Dans la même veine critique, Gilles Ritchot, chez Nota Bene, signera Québec et tabous pendant qu’un collectif sous la direction de Gilles Gagné analysera Y «antilibéralisme au Québec».Chez Varia, l’ex-juge Marc Brière proposera Pour sortir de l’impasse: un Québec républicain et, chez VLB, Alain Cognard brassera le FQ et les souverainistes dans Le Québec, un projet inachevé.Un des ouvrages les plus attendus de la saison est sans contredit la Nouvelle Révolution tranquille, que nous offrira Gil Courtemanche, en avril, au Boréal.Critique, entre autres, du système électoral actuel et dénonciation des phénomènes de la concentration des médias et de l’ultralibéralisme, cet essai de notre chroniqueur s'annonce roboratif.Toujours au Boréal, on pourra aussi lire le prometteur Social-démocratie et mouvements ouvriers: la fin de l’histoire?, de Serge Denis, de même que La Voie canadienne - Repenser le multiculturalisme, de Will Kimlicka, et Dialogue sur la démocratie au Canada, du trio composé de John Saul, Alain Dubuc et Georges Erasmus.En politique internationale, chez Leméac/Actes Sud, la Canadienne anglaise Naomi Klein nous fera parvenir des «nouvelles du front de la mondialisation» dans son Journal d’une combattante, son compatriote Murray Dobbin traitera, chez Ecosociété, de La Grande Fumisterie - [«es multinationales à l'assaut de la démocratie, et Rodrigue Tremblay, aux Intouchables, se demandera Pourquoi Bush veut la guerre?.Biographies Grandes et petites biographies de personnalités québécoises figurent aussi au programme de la saison.Chez Varja, celle de Jean Narrache: un poète et son double -Emile Coderre (1893-1970), par Ri- Louis Cornellier ?chard Foisy, devrait faire date, et Seul responsable de mes dires, une autobiographie de Chartrand des Ecorres, pseudonyme de l’écrivain méconnu Jose-ph-Damase Chartrand (1852-1905), «reconstituée» par Jacques Boivin et Cosette Marcoux, devrait piquer la curiosité.Dans la collection «Grandes figures», chez XYZ, Antoine Ixibelle: l’apôtre de la colonisation, par Pierre Couture, et Samuel de Champlain: père de la Nouvelle-France, par Francine [égaré, seront à l’honneur.Chez I enclôt, Jeannette Biondi racontera Pierre Gauvreau, le jeune homme en colère, et, chez VLB, Mathieu De-nis donnera la parole au syndicaliste québécois Jacques-Victor Morin.Aux éditions du Remue-ménage, un collectif sous la direction d’Andrée lévesque saluera la carrière de Madeleine Parent, militante.¦Wf Xà La Nouvelle-Francé par les textes Les cadrés de viV Histoire Très grosse saison en histoire grâce à deux éditeurs qui mettent le paquet.Au Boréal, Gérard Bouchard fera sûrement jaser avec Les Deux Chanoines - Contradictions et ambivalences dans la pensée de Lionel Groulx.Chez le même éditeur, on pourra aussi lire Quand la jeunesse entre en scène - L’Action catholique avant la Ré- _________ volution tranquille de Louise Bienvenue, L’Histoire spectacle -Le cas du tricentenaire du Québec, de H.V.Nelles, et La Ruée vers le sud -Migration du Canada vers les États-Unis (1840-1930), de Bruno Ramirez.Dans un essai attendu intitulé L’Engagement sociologique, Jean-Philippe Warren analysera la tradition sociologique québécoise d’avant la Révolution tranquille.Au Septentrion, c’est l’abondance.Parmi tous les titrçs annoncés, retenons Calepin d’espoir de Danielle et Emilien Dufresne, le témoignage d’un volontaire canadien ayant participé au débarquement en Normandie, Les Canadiens de l’expédition de Lewis et Clark, 1804-1806, de Michel Chaloult, Histoire des mineurs, de Guy Gaudreau, La Vie musicale en Nouvelle-France, d’Elisabeth Gallat-Morin et Jean-Pierre Pinson, et, en histoire amérindienne.Entre l’assommoir et le godendart - Les Atikamekw et la conquête du Moyen-Nord québécois, 1870-1940, de Claude Gin-gras, de même que Des Attikamègues aux Têtes-de-Boule, de Nelson Martin Dawson.Trois documents historiques retiennent l’attention: les Lettres de France de Jules Fournier, chez Lux éditeur, les Écrits sur le Canada de Louis-Antoine de Bougainvillç, aide de camp de Montcalm, chez Septentrion, et À propos de culture intellectuelle d’Edmond de Nevers, chez Nota Bene.Aux éditions HMH, deux anthologies sont au programme: La Nouvelle-France parles textes, de Marcel Trudel, et Anthologie littéraire amérindienne,Maurizio Gatti.Ambitieux, Michel Lapierre, aux Editions Trois-Pistoles, annonce rien de moins que L Autre Histoire du Québec.Études littéraires En ce domaine aussi, les lecteurs d’essais pointus seront bien servis.A venir, donc, chez Nota Bene, Métaphorai - Poétique des genres et des figures chez Céline, de David Décarie, Le Mythe de l’Amérique dans l’imaginaire canadien, de Maurice Lemire, et, dans un registre plus pédagogique, 100 pièces du théâtre québécois qu’il faut lire et voir, de Christian Morin et Lucie-Marie Magnan.Chez Liber, Jean-François Chassay s’intéressera au personnage du savant dans la littérature dans Le Savant et le Romancier.Chez XYZ, deux titres: Cinéma et littérature au Québec: rencontres médiatiques, un collectif sous la direction de Michel Larouche, et Émile Zola: les inachevés - Poétique de l’adolescence dans les Rougon-Macquart, de Véronique Cnockaert Dany Laferrière, semble-t-il, rayonne.Ursula Ma-this-Moser, une universitaire autrichienne, lui consacrera, chez VLB, une étude intitulée Dany Laferrière, la dérive américaine.La dérive urbaine de Patrick Straram, elle, sera analysée par Marc Vachon dans L’Arpenteur de la ville, et, chez Triptyque aussi, les dérives multiples de notre Plume national seront à l’honneur dans Plume Latraverse, masqué et démasqué, de Mario Leduc.Chez Lanctôt, c’est au Jacques Perron politique que Martin Jalbert donne la parole dans Jacques Perron, éminence de la Grande Corne du Parti Rhinocéros.Chez HMH, un essai biographique du Français Yannick Gasquy-Resch nous entraînera sur la piste de Gaston Miron, le forcené magnifique.Trois ouvrages de référence, enfin, marqueront la saison.Paraîtra, chez Fides, le volume 7 du monumental Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec^, 1981-1985, sous la direction d’Aurélien Boivin.À L’Instant même, Georges Desmeules et Christiane Lahaie signeront un Dictionnaire des personnages du roman québécois.Daniel Chartier, chez Nota bene, présentera pour sa part son Dictionnaire des écrivains émigrés au Québec (1800-1999).Société Quelques essais aborderont de criants problèmes sociaux.Chez VLB, Yolande Geadah reviendra sur un débat séculaire dans La prostitution: m métier comme les autres?et Michel Dorais explorera le visage masculin du même phénomène dans Travailleurs du sexe.Chez Lanctôt, Une Beauchesne signera Les Drogues: le désastre de la prohibition.En études féministes, aux Éditions du Remue-ménage, Maria Nengeh-Mensah étudiera les rapports difficiles entre Femmes séropositives et médias.Dans le même domaine mais dans une perspective ESSAIS ÉTRANGERS La guerre de force ¦d • ARCHIVES LE DEVOIR Gérard Bouchard fera sûrement jaser avec Les Deux Chanoines - Contradictions et ambivalences dans la pensée de Lionel Groulx.plus historique, Micheline Dumont et Louise Tou-pin présenteront une Anthologie de la pensée féministe au Québec au XX' siècle.Chez HMH, Hélène Tardy publiera Rebelles?Non - Les femmes et le militantisme, PQ-PLQ, un essai accompagné d’une préface de Bernard Descôteaux.Connaissons-nous les croyances des jeunes Québécois?Dans Le Fantastique religieux et l’adolescence - Ouija, paranormal, magie, satanisme, gothisme, Daniel Coulombe, aux éditions Fides, nous entraînera dans un univers à tout le moins surprenant «Tuer peut-il devenir un acte d’amour?» C'est la question que posera Michel Bujold dans Le Don de la mort, un essai autour de l’affaire Latimer, à paraître chez Trait d’union.En vrac Qui a peur de Robert Lévesque?On le saura peut-être en lisant son orgueilleux L’Allié de personne, un recueil de ses chroniques à ILebdo Ici qu’il publie au Boréal.Êtes-vous crédule, sensible aux beaux discours des spécialistes en tout genre?Le Guide d’autodéfense intellectuelle de Normand Baillargeon, chez Lux, est pour vous.La chanson québécoise et Freud vous intéressent-ils?Les deux sujets seront «en question», chez Québec Amérique, grâce, respectivement, à Robert Léger et à Ginette Pelland.Qu’il aille bien ou mal, le Québec, la chose est claire, continue de faire penser.A ces penseurs qui l’auscultent, souhaitons de plus en plus de lecteurs.Iouiscornellier@parroinfo.net ANTOINE ROB1TAILLE La guerre d'Irak domine évidemment cette rentrée essais.Rien de plus légitime que de tenter de comprendre cette situation, en quelque sorte .inédite, de guerre forcée par les États-Unis.(Historiquement, ce sont eux qu’op a contraints à entrer en guerre.) Éric Laurent, grand reporter au Figaro et déjà auteur d’un livre sur la guerre du Golfe, a trouvé un titre pour cette période historique à venir La Guerre des Bush.Il affirme que les ardeurs belliqueuses du père et du fils cachent «de biens étranges secrets» transmis d’une génération à l’autre dans la famille présidentielle.Lesquels?On verra dans le livre.En tout cas, il semble que le pétrole n’explique pas tout: Jean Guisnel le dit dans Bush contre Saddam (La Découverte).Et l’autre belligérant?Georges Malbrunot et Chesnot Chistian annoncent un «portrait total» de L’Irak de Saddam Hussein (Calmann-Lévy).Même ambition chez Jean-Pierre Liizard, qui publie ce mois-ci Ixi Question irakienne (Fayard) et promet de donner les «clefs pour comprendre l’origine des conflits actuels».Selon Marwan Bishara, écrivain et journaliste palestinien, nous assistons.de la part des Etats-Unis de Bush, à une Croisade antiterroriste (la Découverte) qui vise à «imposer une gouvernance globale de type néolibérale».Cette «croisade», estime Bishara, «s’appuie sur une doctrine stratégique largement nourrie d’intégrisme chrétien et de la psycho- François Lille François-Xavier Verschave On peut changer le monde À l,i recherche des biens publics mondiaux I «-XSSv .W} ÉRIK ST-PIERRE LE DEVOIR Maurice G.Dantec logic sioniste israélienne».Pour une vision autre, on lira Un siècle de conflit arabo-sioniste (Complexe), de l'intellectuel de gauche israélien Benny Morris.La guerre contre l'Irak révèle un clivqge nouveau, entre l'Europe et les Etats-Unis.Robert Kagan, journaliste du Washington Post, affirme dans Im Puissance et la Faiblesse, les États-Unis contre l’Europe (Plon) que «les perspectives américaines et européennes divergent sur la grande question du pouvoir, de son efficacité, de sa moralité et de ses avantages».Autrement dit, les Américains «viennent de Mars» et les Européens, de Vénus! Même constat de durent Cohen-Tanugi, qui publie Gros temps sur l’Atlantique (Odile Jacob) et estime que le divorce des deux continents est «lourd de dangers pour la stabilité du monde et la puissance de rayonnement de l’héritage occidental».Il plaide donc pour une nouvelle «solidarité occidentale».L'autre clivage, Islam-Occident, plus évident, fait aussi, encore, couler beaucoup d’encre.L’intellectuel libéral Guy Sorman fait le portrait d’individus «musulmans et modernes» dans lœs Enfants de Rifa’a, du nom de l’intellectuel égyptien, contemporain de Napoléon, qui se fit le militant et le praticien de l'islam moderne.On consultera aussi L’Islam à l’épreuve de l’Occident (La Découverte), de Jocelyne Cesari.Mondialisation Depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme et la préparation de la guerre contre l’Irak ont presque relégué au second plan les batailles de la mondialisation.Ensuite vin- rent les scandales comptables d’Enron et consorts, qui ont dévié l'attention sur La Gouvernance d’entreprise.C’est le titre d’un livre à venir de Roland Perez, économiste, qui entend proposer des solutions pour améliorer le mode de gouvernance et éviter les dysfonctionnements.Il faut tirer «les leçons d’Enron», pour reprendre le tjtre d'un collectif à paraître aux Éditions Autrement sous la direction de Marie-Anne Frison-Roche.D’autres s’en prennent au capitalisme en général.Claude Bébéar et Philippe Manière exposent par exemple Les Sept Plaies du capitalisme (Plon).Bébéar, grande figure du patronat français, prétend que le capitalisme reste «le meilleur des systèmes», mais ce dernier est gangrené par «les hedge funds, les agences de notation, les mauvais conseillers, les lawyers parasites, les administrateurs défaillants, les chefs d’entreprise ripoux».Dans un même ordre d’idée, on lira Le Capitalisme déboussolé d’Olivier Pastre et de Michel Vigier, lesquels promettent d'étudier «la mondialisation au quotidien, d’Enron à Vivendi».Les réflexions critiques ou constructives sur la mondialisation n'ont pas disparu pour autant Et on y prête d’autant plus d'attention en cette semaine «Porto Alegre vs Davos».La revue Mouvement (La Découverte) proposera d’ailleurs un dossier intitulé «Gênes, Porto Alegre, Florence: un nouveau contre-pouvoir mondial?» (n° 25).Aussi, deux auteurs lancent un cri du cœur Oui, on peut changer le monde (La Découverte).Ce sont François Lille et François-Xavier Verschave, économistes, qui s’interrogent les biens publics mondiaux, «forêts, culture, santé publique, etc», peuvent-ils être «laissés à l’abandon ou livrés à l’appétit des puissances financières multinationales»?Selon ces auteurs, on ne peut abandonner ces biens à un mécanisme aveugle comme le marché.Les «contradictions» actuelles du capitalisme nous poussent-elles à retourner au marxisme?Oui, prétendent Gérard Dumenil et Dominique Lévy, qui proposent Économie marxiste du capitalisme (La Découverte) et qui, dit l'éditeur, s'inscrivent dans une tradition marxiste «revisitée et révisée».Changer la gauche Le choc du 21 avril 2002, lorsque Jean-Marie LePen a réussi à se hisser au second tour des présidentielles françaises, se fait ressentir Jt LÊm mm ¦ y.¦ La guerre de plus en plus probable en Irak domine évidemment cette rentrée essais.REUTERS sur l’édition.On annonce plusieurs livres retraçant l’histoire du Front national, comme celui d’Erwin Lecteur, Le Néo-populisme à la française (La Découverte), ou d’autres, sonnant l’alarme face à La Tentation populiste au coeur de l’Europe (La Découverte), sous la direction de Ghislain WaterioL Plus intéressants et moins franco-français: les efforts pour repenser et refonder la gauche.Dans Les Règles de la liberté, la philosophe Monique Can-toSperber soutient que «les idées libérales sont l’avenir du socialisme».Pas rultralibéralisme, mais ce libéralisme social, politique et culturel, «qui se montre soucieux d’éviter les abus et les relations de domination, qui défend des régulations, qui plaide en faveur de garanties données à tous et d’accès égal aux biens publics».Dans L’Urgence et l’Espoir, changer la gauche pour changer la société.Pierre Larrouturou estime que la gauche française ne reviendra au pouvoir que si elle prend un virage réellement démocratique.Dans Le Complexe de la gauche, Thierry Wolton explique pourquoi «nul n ’ose ouvertement se déclarer de droite».Selon lui, la gauche «s’est accaparé au fil de sa pratique la plupart des valeurs positives».Sauf qu’elle tait que son histoire n’est pas «sans taches», car elle a notamment été totalitaire.Ce n’est certainement pas le cas de Jurgen Ha- bermas, qui a réuni dans un recueil au titre stimulant, De l’usage public des idées (1990-2000) (La Découverte), différents textes portant sur les événements qui ont ébranlé cette décennie: réunification allemande, Kosovo, etc.Environnement et santé La guerre menace.Mais l’inquiétude à l’égard de l’état de l’environnement n’est pas moins grande.Un scientifique comme Edward O.Wilson craint carrément pour L’Avenir de la vie (Seuil).Même type de souci — mais autre perspective — chez Hubert Reeves, qui publie au Seuil un livre au titre clair Jouer avec le feu.Avis de tempête sur la planète terre.On pourra aussi s’interroger avec Étienne Klein: La science nous échappe-t-elle?(Le Pommier).Tout se médicalise aujourd’hui: des comportements turbulents, pacifiés à coup de Ritalin à la perte «d’estime de soi», requinqué par le Prozac.Dans Amères pilules (La Découverte), Philippe Pignarre expose «le secret de l’industrie pharmaceutique» et s’interroge: celle-ci «serait-elle dirigée par des hommes assoiffés de profits et d’abord soucieux de “marchandiser’’ cyniquement la souffrance humaine»?Ne devrait-on pas en dire autant des guérisseurs de tout acabit qui inventent constamment de Nouvelles formes d’addiction (Flammarion) pour mieux vendre leurs thérapies?Selon Jean-Claude Matysiak, il faut désormais envisager la consommation excessive de Sexe, passion et jeux vidéo comme des addictions.On verra si c’est convaincant Autres Avec tous ces conflits, nos grands principes menacés et la technique déchaînée, on aura sans doute besoin de livres comme La Plus Belle Histoire de Tamour (Seuil), que signale par ailleurs mon collègue Georges Leroux.Sinon, on pourra se contenter de dresser, comme Alain-Gérard Slama, des Chroniques des peurs ordinaires (Seuil), qu’on lira avec intérêt Quelques titres, enfin: le grand ami du Québec Philippe Séguin fera paraître au Seuil Itinéraire d’un marginal, qu’on annonce comme de «copieuses mémoires».Albert Jacquard, jamais à court de sujet, a décidé de parler de Dieu (Stock).Il fera le «point sur sa relation au catholicisme, à Dieu, à la croyance».Dans un registre.légèrement différent, l’écrivain de science-fiction Maurice G.Dantec publiera Périphériques (Flammarion), un recueil d’articles «engagés» — et sans doute «enragés» — sur le 11 septembre 2001, la politique, l'art ta littérature.) t LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 E T D ! M A N (' Il E A X V I E R RENTREE LITTERAIRE SCIENCES HUMAINES À la rencontre de l’autre GEORGES LEROUX De toutes les questions qui sollicitent les sciences humaines aujourd'hui, celle de l'identité et de l’alterité est peut-être la plus urgente.La rencontre des cultures et des religions, la citoyenneté, le rôle de l’Etat dans l'évolution du pluralisme, tous ces enjeux sont l’objet de réflexions qui marquent les essais de la rentrée.Au premier rang, le travail persistant, à la jonction de la philosophie et de la littérature, de Pierre Ouellet (Le Sens de l'autre.Ethique et esthétique, liber), qui interroge la perception de l’autre dans son rapport à la coexistence politique.Relevant l’expérience primitive de l’altérité qui se trouve au fondement de toute socialité, vécue comme le partage des soifs et des faims, des désirs et des besoins, par et dans la parole et les images, qui sont le lieu d'une mémoire commune et d’une imagination collective, R Ouellet reconstitue le fil de l’histoire et le lien social qui se nouent et se renouent à chaque instant, assurant la liberté au sein de l’espace public.Un essai majeur, qui apporte au public une œuvre de maturité.Lecteur des œuvres de Novarina, Volodine, Guyotat, Ce-lan, Daive ou Ollier, mais également attentif au travail d’artistes comme Rothko.Golub, Poulin, Mo-relli et Angelopoulos, Ouellet pose la question de fond de la politéïa vécue comme espace de cohabitation en perpétuel devenir, dans des lieux communs qui nç sont plus des lieux familiers, des Etats ou des cités bien protégés par les frontières d’une identité, mais des espaces inconnus, non encore identifiables, des agora ouvertes à tous vents, où se manifeste l’altérité essentielle à tout avenir et à toute histoire, qu’on ne peut en effet qu’imaginer, en une «fiction» où la res pu-blica échappe à toute «réification».La perversion du racisme et de la haine identitaire fait l’objet d'un essai de George M.Fredrickson (Le Racisme: une histoire.Liana Levi), qui pose les questions les plus difficiles: pourquoi le racisme n'est-il pas apparu en Europe avant le XIVe siècle, et pourquoi s’est-il répandu aux XVIII'' et XIX‘ siècles?Pourquoi le XXe siècle a-t-il connu les formes les plus extrêmes de racisme institutionnel?Quels sont les points communs entre l'Afrique du Sud, J’Allemagne nazie et le sud des Etats-Unis pendant les Jim Crow Laws?L’antisémitisme et les manifestations fascistes sont-ils un phénomène général?Dans la foulée, il faut citer l’essai de Thomas Ferenczi (Le Devoir de mémoire, droit à l’oubli?Complexe) qui prolonge la réflexion sur l’accueil de l’autre dans la mémoire historique et contribue aussi à la recherche des formes contemporaines du pardon.La question de la respon- Sylviane Agacinski signe, avec Histoire des femmes, au Seuil.sabilité est le thème du 38e Colloque des intellectuels juifs (La Responsabilité: utopies et réalités.Albin Michel), un ouvrage collectif qui propose plusieurs essais sur la paix et l’hospitalité.Egalement, sous la direction de Michel Leyma-rie et de Jean-François Sirinelli, un ouvrage collectif (L’Histoire des intellectuels aujourd’hui, PUF) qui analyse l’histoire des intellectuels dans plusieurs pays (Italie, Allemagne, Angleterre, Espagne, Argentine, Québec) et leur contribution à l’espace public.Ces questions orientent la recherche vers les canons fondateurs de l'Occident, et on retrouvera avec bonheur la réflexion de Shmuel Trigano (La Bible et l’Autre, In Press), qui poursuit sa méditation sur les fondements de l’éthique.Du même auteur, deux autres livres sont annoncés (Emmanuel Lévinas, philosophie & judaïsme et Y a-t-il une morale judéo-chrétienne?, In Press).Les travaux en éthique demeurent nombreux.Eric Volant (La Maison de l’éthique, liber) propose une méditation sur l’éthique à travers la quête nostalgique de la maison comme recherche d’identité.Cette recherche met en évidence la dialectique de l'errance et de l’enracinement, du recueillement et de l’ou- SOURCE LE SEUIL d'autres auteures, La Plus Belle Vous êtes n v i t é au lancement de la revue oArt LE SABORD 16 4 1 ÉLÉMENTS HUMA corps coeur esprit des livres Le complexe d’Ulysse de Louise Prescott L’Espece traversé sous la direction de Guy Laramée L’eau d’Ensor de Marjolaine Deschênes et du recueil de poésie • CO Terre blanche _ poésique poèmes de Guy Marchamps mis en musique par Christian Laflamme le jeudi 6 février 2003 de 17h à 19h ( 5 à 7 ) au bar St-Sulpice, 1680, rue Saint-Denis Montréal Informations :( 819 ) 375.6223 verture, de l’inclusion et de l’exclusion, de l’appartenance et du détachement L’éthique, c’est savoir habiter les lieux en conciliant, de manière toujours précaire et provisoire, appel du dedans et appel du dehors, proximité et distance, intériorité et accueil de l'autre.Sur des questions particulières, on pourra lire un essai de Pascal Hinter-meyer (Euthanasie, la dignité en question, Buchet Chatel) qui s’interroge sur ce qu’est la «bonne mort», en faisant le point sur les pratiques de soins palliatifs, montrant en quoi elles clarifient les termes de la discussion.Sur le corps Les liens de l’éthique avec la mort et la vie font l’objet de plusieurs publications.On lira notamment l’étude historique de Jacques Le Goff (Histoire du corps.Liana I evi) et un riche ouvrage collectif, publié sous la direction d’Isabelle Lasvergnas (Le Vivant et la Rationalité instrumentale.Liber), qui propose un ensemble d’essais sur le corps et la signification de l'individu fin-divis) à l’ère des manipula- tions génétiques, des greffes et autres interventions biomedicales.Dans une perspective philosophique, un essai de F.F.Keller (Philosophie du gène.Gallimard).On voudra aussi sans doute retourner au philosophe Vladimir Jankélévitch.dont on réédite un ouvrage important (Penser la mort?, Liana Levi).Sur l’horizon du débat social, on annonce un essai de Margaret Somerville, spécialiste bien connue de l'université McGill (Le Canari éthique.Science.société et esprit humain, liber), qui discute le type de traitement que nous accordons aux patients en phase terminale et des questions urgentes comme le clonage humain et la xénotransplantation.Ce questionnement éthique est radicalise dans deux livres qui, chacun de leur côté, analysent le peril actuel et l'horizon possible d’une extinction de l'homme.D’abord, le livre de Jurgen Habermas (L’Avenir de la nature humaine, Gallimard), qui interroge les conséquences des technologies du vivant, ensuite l’essai de Christian Godin (La Fin de l’humanité, Champ Vallon), qui passe en revue les signes accompagnateurs d’une vision apocalyptique dans le monde naturel et humain et réfléchit sur les impasses de la technique.Ces questions sont aussi l’occasion de propositions générales de la part de penseurs qui acceptent d'envisager la totalité dans sa complexité, au premier rang Michel Serres (L’Incandescent.Le grand récit, le Pommier).Ayant gagné en possibilités ce que nous avons perdu en spécialisations, désormais confrontés à l’universel, nous sommes devenus savants, puissants et donc-responsables.Michel Serres entre» prend de répondre aux célèbres questions de Kant: d'où venons-nous?Qui sommes-nous?Où allons-nous?Puisque nous pouvons presque tout faire, pourquoi ne ferions-nous pas émerger une nouvelle culture, plus proche des autres et du monde?Dans une veine plus concrète, on lira un essai de John Saul (De l’équilibre.Six qualités pmr prendre place dans la société, Payot).Bon sens, éthique, imagination, intuition, mémoire et raison: comment utiliser ces qualités dans la vie quotidienne?Quelle société bâtir grâce à elles?Boris Cyrulnik (Le Murmure des fantômes, Odile Jacob) poursuit sa réflexion sur la résilience, cette aptitude des humains à sur-, monter, sous certaines conditions, les pires traumatismes.Les rési-lients sont des survivants, ou des morts-vivants, bref des fantômes qui se heurtent aux fantômes de la S' PRIX JACQUES-BLAIS 2003 CRÎI CO ATTRIBUÉ AU MEILLEUR \ MÉMOIRE DE MAÎTRISE X-y EN LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Le Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ), de l’Université Laval, de l’Université de Montréal et de l’Université du Québec à Montréal, annonce l’ouverture du concours du prix Jacques-Blais 2003.Ce prix qui a pour but de rendre hommage à Jacques Blais qui a été professeur au Département des littératures de la Faculté des lettres de l’Université Laval et directeur-fondateur du CRELIQ (Centre de recherche en littérature québécoise, maintenant devenu le CRILCQ), couronnera un mémoire de maîtrise portant sur le corpus littéraire québécois.Les candidates et les candidats devront avoir déposé un mémoire de maîtrise portant sur le corpus littéraire québécois dans une université canadienne ou étrangère entre le 1" février 1999 et le 31 décembre 2002.Le dossier de présentation (lettre de présentation, curriculum vitæ et mémoire) devra être accompagné des rapports d’évaluation du mémoire ainsi que d’une lettre de recommandation d’un professeur œuvrant dans une université reconnue.Le comité de sélection sera composé de trois professeurs de littérature québécoise choisis dans trois universités différentes.Le Prix Jacques-Blais permettra à la lauréate ou au lauréat de voir son mémoire publié dans la collection « Études » aux Éditions Nota bene.De plus, la lauréate ou le lauréat se verra remettre un document officiel attestant de l’obtention du prix, ainsi qu’une bourse de 500 $, offerte par l’éditeur.La date limite pour la présentation des dossiers est fixée au 28 février 2003.La décision du jury sera rendue à la fin du mois d’avril 2003.Le nom de la lauréate ou du lauréat sera dévoilé officiellement au cours du lancement du livre, en septembre 2003.Les dossiers de candidature doivent être postés au secrétariat du CRILCQ, site de l’Université Laval, à l’adresse suivante : Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ) Local 7191, Pavillon Charles-De Koninck Faculté des lettres Université Laval Sainte-Foy (Québec) Canada G1K 7P4 société, à l’image, fantasmatique le plus souvent, que les convenances sociales plaquent sur chaque individu, à la normalité illusoire qui leur est sans cesse opposée.Sur un registre plus historique, on attend beaucoup de la nouvelle collection qui rassemble des spécialistes connus autour d'un thème: d'abord, sous la direction de IXnni nique Simonnet (La Plus Belle Ihs taire de l’amour.Des dialogues avec Jean Courtin, Paul Veyne, Jacques Le Goff, Jacques Solé.Mona Ozouf.Alain Corbin, Anne-Marie Sohn.Pascal Bruckner et Alice Forney, Seuil) et de Sylviane Agacinski, Nicole Bacharan, Françoise Héritier et Michelle Perrot (la Plus Belle Histoire des femmes, 1 a Seuil).L’histoire des cultures, dos idées et des religions apporte aussi plusieurs livri-s importants.Signalons d’abord la traduction attendue de l’œuvre majeure du philosophe indien Nagarjuna, fondateur du bouddhisme du Grand Véhicule (les Stances du Milieu, Gallimard).On annonce aussi la traduction d'un classique d’ibn Khaldun (le Livre des exemples, Gallimard, la Pléiade).Dans la collection «Quarto», on annonce une réédition des grandes études comparatives do Georges Dumézil (Esquisses de mythologie, Gallimard), comprenant notamment son essai classique sur Bouddha et son analyse du mythe d’Apollon.Eva Cantarella fait paraître une lecture de l’Odyssée (Itluique.De la vengeance d’Ulysse à la naissance du droit.Albin Michel) et on annonce une traduction de Martin Buber (la Foi des prophètes, Albin Michel), de même qu'une ré JACQUKS ORKMKK I I DKVOIR Pierre Ouellet flexion de Catherine Chalier sur l'émotion dans la tradition juive, surtout rabbinique (Traité des larmes.Fragilité de Dieu, fragilité de lame.Albin Michel), laiciano de Creseenzo présenté un ensemble de portraits de penseurs médiévaux (Les Grands Philosophes du Moyen Age, de Fallois).Une traduction d'une œuvre peu connue de Samuel Coleridge (Sermons laïques.Bibliothèque du Promeneur) se signale parmi plusieurs traductions d’œuvres modernes.Jean lacouture fait paraître une biographie de Montesquieu (Montesquieu ou Us vendanges de la liberté, lx‘ Seuil).Citons également un important instrument de travail, dil à H.J.Gkx'k (Dictionnaire llïrçgex-stein, Gallimard, Bibliothèque de philosophie), En philosophie générale, notons l’essai toujours percutant de Paul Feyerabend (Ixi Science comme art.Albin Michel) et, dans le domaine de l’esthétique, la publication de la correspondance de Ht.Adorno aviv Alban Berg (Correspondance.Gallimard), ainsi qu’un essai de Daniel Charles (Gloses sur John Cage, Desclée de Brouwer).Hannah Arendt est l'objet d’une nouvelle étude de Martine Iribovici (Hannah Arendt, une juive.Expérience, politique et histoire, Deselée de Brouwer).Au chapitre du dialogue entre philosophes, un livre étonnant de Mtirccl Couche (Confession d'un philosophe.Réponses à André Comte Sponville, Albin Michel) el un hommage de Jean Claude Militer à Roland Barthes (le Pas philosophique de Roland Barthes, le Seuil).En terminant, signalons deux livres qui marquent cette rentrée d’une pierre blanche.D’abord, un recueil des essais dispersés de Robert I lébert (L'homme habite aussi lesjrnnges, liber), philosophe décapant, critique de l'institution et engagé dans une recherche personnelle qui livre ici des fragments autobiographiques.Ensuite, les deux essais de Jacques Derrida (Voyous.Deux essais sur la raison, Galilée), qui s'interroge sur la raison et la démocratie.S’agissant de [xilitique ou de techno science, quels sont à l’âge de la mondialisation les rap-ixufs à venir entre la force et la raison?Intervenant sur toutes les scènes de l'exclusion et de la domination, Jacques Derrida mène en philosophie a la fois une action politique essentielle et une recherche d’éthique fondamentale.Les idées mènent le Québec Les idées mènent le Québec Sou» la direction
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