Le devoir, 30 janvier 2003, Cahier A
ECONOMIE SCIENCE Des vies sauvées grâce aux nouveaux-nés Page A 2 ^¦4 ¦rM AOL Time Warner a perdu 100 milliards en 2002 Page B 1 w w w .led e v o i r .c o ni DEVOIR Vol.X CIV N ° 1 8 ?L E .1 K I' I) ! 3 O .1 A X V 1 K H 2 O O W ./ ISf ^.W: # Mi * *' I De plus en plus imposantes, les troupes américaines intensifient leur entrainement dans la région du Golfe.AGENCE FRANCE-PRESSE Dernière « fenêtre diplomatique » Les contacts s’intensifient pour renforcer l’unité de la communauté internationale face à l’Irak AGENCE FRANCE-PRESSE New York—D’intenses consultations diplomatiques se sont engagées hier à l’ONU sur le dossier irakien, Londres et Washington allant jusqu’à signifier à Saddam Hussein que la partie était «finie» et qu’il n’avait d'autre choix que de plier pour éviter une guerre.Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réuni à huis clos pour examiner le dossier irakien, deux jours après un bilan sévère dressé par les inspecteurs en désarmement sur le travail mené sur le terrain et une semaine avant que Washington ne vienne présenter ses preuves contre le régime irakien.La Maison-Blanche a déclaré qu’une dernière «fenêtre diplomatique» s’ouvrait pour éviter la guerre, qui serait marquée par une multitude de contacts pour renforcer l’unité de la communauté internationale face à l'Irak.Une majorité de pays membres du Conseil de sécurité continue de vouloir laisser plus de temps aux inspecteurs en désarmement de l’ONU, a cependant affirmé l’ambassadeur de la France aux Nations unies, Jean-Marc de La Sablière.Par ailleurs, les dirigeants de huit pays européens, à l’exception de la France et de l’Allemagne, ont signé une lettre commune à paraître dans l’édition d’aujourd’hui du quotidien londgnien Times, enjoignant à l’Europe de soutenir les Etats-Unis dans ses efforts pour désarmer l’Irak.Les dirigeants de la Grande-Bretagne, de l’Es- pagne, de l’Italie, du Portugal, de la Hongrie, du Danemark, de la Pologne et de la République tchèque avertissent dans ce texte que la crédibilité des Nations unies est en jeu dans cette crise.«Notre force réside dans l’unité», indique la lettre, ajoutant que le rapport des inspecteurs en armement de l’ONU publié lundi a confirmé le comportement de «tromperie, de dénégation et de refus de se conformer» aux injonctions du président irakien Saddam Hussein.La nécessité de laisser se poursuivre «les inspections, qui se déroulent de manière satisfaisante», a en effet été publiquement affirmée par les représentants de la Russie, de la Syrie, de l’Allemagne, du Mexique, dp Chili et même de l’Espagne, pourtant proche des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.En marge de la réunion, l’ambassadeur irakien à VOR PAGE A 10: IRAK Graham évoque un éventuel désaccord avec les Américains, page A 3 Chrétien parachève l’œuvre de René Lévesque Ottawa limite pour la première fois les dons aux partis politiques HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les grandes entreprises n’auront plus le droit de donner un sou aux partis politiques et les dons des particuliers seront plafonnés.Ottawa s’est finalement décidé à imiter le Québec et le Manitoba pour encadrer le financement du processus électoral.Et les hauts fonctionnaires responsables du dossier ne se gênent pas pour dire qu’ils se sont inspirés de l’héritage de René Lévesque pour concocter leur projet de loi.Ainsi, les individus devront limiter leurs dons à 10 000 $ par année.Les entreprises et les syn-Don Boudria dicats, eux, sont presque complètement écartés du système.Ils n’auront le droit de verser que 1000 $ par année, et encore, uniquement à des candidats individuels ou à des associations de comté.Ils ne pourront plus verser d’argent directement à un parti politique.Et la limite de 1000 $ s’appliquera à l’ensemble des filiales VOIR PAGE A 10.CHRÉTIEN INDEX Annonces.B 5 Avis pubtics.B 4 Bourse.B2 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Météo.B5 Monde.A 6 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 Le colloque Jean Drapeau mis en berne % W, %; V ^ > Les anciens collaborateurs du célèbre maire refusent de quitter le soleil du Sud STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR La Floride et d’autres coins de retraite ensoleillés ont relégué sur les tablettes le colloque sur Jean Drapeau que l’UQAM planifiait dans le cadre de sa série sur les leaders du Québec contemporain.L’examen scientifique des réalisations de l’ancien maire de Montréal (1954-57,1960S6) devait avoir lieu du 20 au 22 mars.Seulement, les organisateurs ont eu énormément de difficulté à trouver d’anciens collaborateurs du maire prêts à quitter leur douce retraite dorée, dans le Sud, pour participer aux débats.Et c’est sérieux.«La série porte sur les grands dirigeants et les grandes institutions du Québec», dit le professeur de science politique Yves Bélanger, qui planche sur la planification de l’événement depuis environ deux ans.«Plus on se penche sur des personnages qui impliquent des gens maintenant âgés, plus on court le risque de faire face à une population qui a tendance à aller dans le archives le devoir VOIR PAGE A 10: DRAPEAU T AXES I $ Primes au rendement pour les cadres de la santé Performants ou pas, les directeurs généraux des établissements du réseau se sont partagé 4 % de leur masse salariale ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC YA ue leurs établissements soient déficitaires ou W non et performants ou non aux yeux du ministère,Tes directeurs généraux dans le réseau de la santé ont reçu leur prime au rendement.Dans le cas des cadres supérieurs et intermédiaires, 60 % du montant de ces primes leur a été versé sans égard à leur rendement personnel ou à celui de leur équipe.L’an dernier, les directeurs généraux d’établissements de santé — ce que, dans le jargon bureaucratique, on appelle les «hors-cadres» — ainsi que les cadres supérieurs et les cadres intermédiaires se sont partagé 4 % de leur masse salariale respective en primes au rendement, soit un total de 23 millions, selon les données four-niçs par le cabinet du ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, François Ijegault.Cette somme couvrait les exercices 20(XH)1 et 2001-02, soit une prime de 2 % pour chacune de ces années.Le ministère avait réservé cette enveloppe de 4 % à cette fin dans le budget des établissements.«La très grande majorité des directeurs généraux ont eu leur prime», a confirmé le président de l’Association des directeurs généraux de la santé et des services sociaux, Michel Denis.C’est au conseil d’administration des établissements que revient la décision « Le déficit n’est pas nécessairement lié à la performance du directeur général » VOIR PAGE A 10: CADRES Le Plateau, champion des vols de CD 66 000 disques ont été dérobés en 2002.Valeur totale: 1,3 million.FABIEN D EG LISE LE DEVOIR Le très branché secteur du Plateau Mont-Royal, à Montréal, ne semble pas attirer que les jeunes professionnels urbains, riches et en santé.les petits cambrioleurs aussi s’y plaisent beaucoup, inspirés par l’aisance des habitants du coin et, surtout, par.leurs très vastes collections de CD, faciles à écouler dans les nombreux magasins de disques d’occasion que compte le quartier.C’est du moins ce qui ressort de la compilation faite par Le Devoir des plus récentes statistiques policières sur les introductions par effraction dans les résidences de l’île de Montréal.Les chiffres sont éloquents.En 2002, pour une nouvelle année consécutive, le populaire Plateau Mont-Royal s’est distingué des autres quartiers de Montréal pour le nombre important d’introductions par effraction dans les résidences: 1035 cambriolages enregistrés par les seuls postes de police de quartier n" 37 et 38, qui couvrent l'arrondissement En tenant compte de l’«effet Plateau», qui s’étend désormais aux quartiers adjacents, le nombre de «visites» d’appartement par des personnes de faible moralité dans l'ensemble du «secteur» — qui comprend les quartiers Mile-End, Villeray, Rosemont et Petite-Patrie — atteint, plus de 2700, soit 20 % des cambriolages perpétrés sur l’île de | VOIR PAGE A 10: CD LE DEVOIR, LE JEUDI 30 JANVIER 2 0 0 3 A 2 ?LES ACTUALITÉS* LePLQ financerait la décentralisation à même la TVQ TOMMY CHOUINARD LE DEVOIR Saguenay — S’il est porté au pouvoir, le chef libéral Jean Charest entend financer son projet de décentralisation «à la carte» vers les municipalités et les MRC en partageant avec elles la TVQ.Dans le cadre d’ententes administratives d’une durée de cinq ans, chaque municipalité pourrait ainsi choisir, à sa guise, d’assurer les services d'aide sociale ou de promotion touristique, tandis qu’une MRC pourrait éliminer le Centre local de développement sur son territoire pour assurer cette responsabilité elle-même.~On va être très ouverts à des formules qui vont nous permettre de financer [à partir de la TVQ] des services qui peuvent être livrés par les municipalités au choix des municipalités.Oh n’a pas arrêté de mesures définitives, parce qu’on veut recevoir des élus régionaux et des représentants régionaux des suggestions sur les mesures qui pourraient être utiles», a affirmé hier M.Charest, lors d’un point de presse en marge du caucus des députés et candidats de son parti, qui se termine aujourd’hui à Saguenay.Le premier ministre Bernard 1 an dry, également présent hier à Saguenay pour une annonce de la compagnie Alcan, n’a pas rejeté un éventuel partage de la TVQ avec les municipalités.«On n’est pas opposés à ce que les municipalités aillent dans d’autres segments fiscaux que le foncier», a-t-il souligné.Le transfert d’une part de la TVQ servirait à financer les formules de décentralisation qui seraient réalisées à la demande des MRC et municipalités, a indiqué Jean Charest.Une entente administrative de cinq ans serait conclue avec chaque municipalité ou MRC désireuse d’assurer elle-même certaines responsabilités, un «menu de services» qui pourraient aller du transport à la promotion touristique.Les élus locaux seraient imputables devant une commission parlementaire de l’Assemblée nationale, où le respect de l’entente administrative et la qualité des services seraient étudiés une fois par année.M.Charest a pris pour exemple Montréal, qui prend déjà en charge les services d’aide sociale sur son territoire.Partout ailleurs dans la province, seul Québec assure ce service.«Si cela a été possible de le faire avec Montréal, pourquoi on ne pourrait pas décentraliser ailleurs, et pas nécessairement dans le cas de l’aide sociale?», a demandé M.Charest.Lse chef libéral souhaite aussi «réduire les structures» et permettre aux municipalités et aux MRC d’assurer les responsabilités des CLD et des Centres régionaux de développement «Nous voulons donner l’autonomie aux régions pour qu’elles puissent faire des structures qui sont à leur image et qui répondent à leurs besoins», a-t-il dit Selon lui, les contrats de ville que Québec et Montréal négocient avec le gouvernement ne représentent pas une voie à suivre.«Acheter des immeubles des gouvernements municipaux n 'est pas dans le mandat du gouvernement du Québec.Je trouve que la formule des contrats de ville est en contradiction avec ce que le gouvernement du Québec doit faire pour régler à plus long terme la question de la fiscalité avec les municipalités», a-t-il dit.Les MRC pourront conclure des ententes de cinq ans La course aux personnalités Le PQ aimerait opposer Gérald Larose à Jean Charest ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUEBEC Pendant que l’Action démocratique du Québec fait le plein de candidats, le Parti québécois tente de recruter des personnalités connues comme la lobbyiste et ancienne attachée de presse line-Sylvie Perron ainsi que l’ancien président de la CSN, Gérald Larose.Mais jusqu'ici, ces candidats pressentis se font tirer l’oreille.Selon les informations obtenues par Le Devoir, le premier ministre Bernard Landry a personnellement sollicité Line-Sylvie Per- ron, la présidente de Hill & Knowlton / Ducharme Perron, la firme de lobbying la plus importante à Québec, pour qu’elle se présente à l’investiture du comté de Louis-Hébert, où le député sortant Paul Bégin, n’a pas l’intention de se présenter à titre d’indépendant à la suite de sa démission fracassante du caucus péquiste en octobre dernier.De son côté, Gérald Larose a été sollicité pour porter les couleurs péquistes dans la circonscription de Sherbrooke, où il irait affronter le chef libéral Jean Charest Dans les deux cas, les appels du pied du Parti québécois ne susci- tent guère d’enthousiasme chez les intéressés.Confirmant qu’il avait été sollicité, Gérald Larose a dit avoir fourni la même réponse qu’il avait faite à pareille invitation par le passé.«Je n’ai jamais dit que je ne ferais jamais de politique, mais ça ne me semble pas être le moment», a -t-il livré au Devoir hier.«Je ne peux pas nier que je suis sollicitée», a dit Une-Sylvie Perron, qui se dit Vinay.Après avoir craint que les chambardements imposés à l’horaire des cours ne mettent en péril la qualité de renseignement, les responsables de la faculté ont maintenant la conviction que la qualité des cours peut malgré tout être maintenue à un niveau acceptable.«Nous avons révisé les résultats d’examens pour voir si les échecs étaient plus nombreux et nous avons fait une enquête d’opinion auprès des étudiants.S’il est vrai que nous ne pouvons plus faire ce que nous faisions, nous pensons ne pas avoir franchi la barre en deçà de laquelle la qualité ne pourrait plus être garantie», a affirmé le doyen.Plusieurs mesures seront prises pour atténuer l’impact du manque de professeurs.La faculté s’est entre autres engagée à offrir des cours de rattrapage aux étudiants qui auront subi des échecs et à leur offrir un encadrement personnalisé.Plus encore, pour certains examens, les étudiants ne seront plus évalués au moyen d'une note témoignant de leur mise en rang mais seulement avec la mention «échec» ou «réussite».Renouvellement de la fonction publique Ottawa en quête des plus brillants cerveaux Le Conseil privé tente de rapatrier les diplômés au doctorat à l’étranger et sollicite les universités québécoises La fonction publique fédérale emboîte le pas au secteur privé et à l’université elle-même pour embaucher la crème de la crème des diplômés au doctorat.Une option s’ajoute pour ces finissants émérites, mais le renouvellement du corps professoral en sera encore plus ardu.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR La haute fonction publique fédérale entre dans la course aux meilleurs diplômés au doctorat.En effet, alors que les universités peinent déjà à renouveler leur corps professoral, une opération spéciale de recrutement menée par le Bureau du Conseil privé interpelle des étudiants canadiens à l’étranger en plus d’inviter les recteurs des universités québécoises à fournir une liste de leurs meilleurs diplômés.Le Bureau du Conseil privé (BCP), qui est à la fois le ministère du premier ministre et le secrétariat du cabineL mène en effet à l’heure actuelle une campagne de recrutement intensif dont l’objectif est de trouver des «candidats exceptionnels et de haut niveau», leur faisant miroiter les bienfaits d’une carrière dans la fonction publique fédérale, a appris Le Devoir.L’entreprise, qui a à ce jour permis de placer une trentaine de jeunes fonctionnaires — dont huit au seul Bureau du Conseil privé —, s’ajoute aux efforts réguliers de la Commission de la fonction publique du Canada, qui a de tout temps tenté de recruter des candidats universitaires.Le projet-pilote, autorisé pour une période de deux ans par cette commission, visait d’abord à recruter directement des étudiants canadiens dans des universités étrangères de haut profil — Harvard, Oxford, London School of Economies, la Sorbonne — pour les rapatrier.Afin d'augmenter les chances de rejoindre le plus grand nombre de bons candidats, et des francophones de surcroît, on a aussi doublé ces efforts en sollicitant directement les recteurs des universités québécoises, leur demandant la liste de leur élite au doctorat.«Nous visons des personnes de grandes ressources capables d’apporter au gouvernement une contribution importante et à long terme», écrit le sous-ministre George Anderson (Ressources naturelles Canada) dans une lettre envoyée à un de ces diplômés émérites de l’Université de Montréal.«Les candidats que nous visons ne sont pas les diplômés de premier ou de deuxième cycles auxquels s’intéressent au premier chef les programmes de recrutement habituels du gouvernement.» Des qualités de leader Ces jeunes, recherchés notamment pour leurs qualités de «leader», leur engagement «eu égard aux activités externes», leur «marge de manœuvre» et leur «souplesse», ont été recrutés jusqu’à Londres, Paris ou Boston et ont répondu à l’appel du gouvernement canadien.«On a toujours fait du recrutement au Canada, mais on s’est rendu compte qu’on ne faisait rien à l’étranger pour des étudtants souvent exceptionnels», explique Graham Flack, qui pilote cette expérience.La sollicitation directe des recteurs québécois, une mesure par- ticulière au Québec, constituait tout simplement un «moyen additionnel» pour joindre plus de candidats, francophones ou non, explique M.Flack.Les jeunes, sollicités de toute part, ont accepté des salaires moyens de 50 tXX) $, la nonne pour la fonction publique fédérale, affirme Graham Flack.Dans certains cas où l’expérience le justifiait, on a toutefois augmenté cette somme.Le recteur de l’Université de Montréal, Robert Lacroix, à qui on a demandé de fournir la liste de ses meilleurs candidats, ne fait pas souvent face à de telles demandes, qu'il ] trouve cependant «tout à fait normales».Cet exercice illustre fort bien «la concurrence effrénée qui se jouera entre le secteur privé, public, le milieu universitaire et le parapublic».Malgré les allures de mission impossible qu’emprunte déjà le renouvellement du corps professoral, Robert La croix a prestement répondu à l’appel du gouvernement fédéral.«Les universités ne sont pas b seulement pour s'autoali-menter mais surtout pour satisfaire les besoins de la société dans tous les secteurs», explique le recteur, qui a fourni une liste de 19 diplômés de tous les secteurs à la demande du BCP «La fonction publique, un peu comme les universités, vieillit beaucoup et a besoin d'une relève», note Robert Giroux, président de l’Association des universités et collèges canadiens (AUCC), lui-même ancien président de la Commission de la fonction publique du Canada.concurrence compliquera davantage la tâche des universités qui manquent cruellement de relève Cette situation aura toutefois pour effet d’accentuer le défi des universités pour la prochaine décennie en matière de renouvellement du corps professoral.«Iss professeurs vieillissent, mais il y a aussi l'augmentation prévue du nombre d’étudiants qui vont fréquenter l'université, explique M.Giroux.On sait que ça va être extrêmement difficile, parce qu’il n’y a pas que nous dans le marché.» 1a solution?Augmenter, malgré ce contexte, le pourcentage d'étudiants qui penchent pour une carrière universitaire après le doctorat (ce taux avoisine actuel-l lementles 40%).«Au lieu de se battre ensemble pour un petit nombre, essayons d'augmenter le nombre», croit M.Giroux laïc Vinet, vice-principal exécutif et aux affaires pédagogiques à l’université McGill, se réjouit aussi de cet intérêt prononcé de la fonc-tion publique pour les diplômés de l'université, concédant toutefois au passage que ce nouveau joueur avivera la concurrence qui attend déjà les institutions pour regarnir leurs rangs.«Les étudiants que nous avons sont en très grande demande, et nous n’en avons pas assez, explique M.Vinet.Tout le monde recrute en même temps.» McGill a d’ailleurs transmis le nom d’une quinzaine de ses lauréats dt-s fellowships Tomlinson, les bourses les plus prestigieuses octroyées par rétablissement «C’est notre devoir de leur faire part de toutes les possibilités, tout en essayant défaire de notre mieux pour les retenir ou leur offrir des postes dans le milieu universitaire», croit M.Vinet Ce numéro sans frais est payant : Grand solde lu $lut «w—50% et plus Manteaux 3/4 importés d'Italie cachemire et laine Parkas importés d'Italie doublés en polar Solde 299$ rég.AJW .Solde 175$ Chandails importés d'Italie rég.ja** a rr\^.cachemire et laine en Vou ras-du-cou ü01(16 X DU $ rég.AOM _ _ Solde 99$ 75$ Pantalons importés d'Italie rég._-u>H velour côtelé Pantalons importés d'Italie 100% coton 1118, rue Sainte-Catherine O., 2* étage, Montréal (Québec) H3B 1H5 tél.: 861-3636 Du lundi au vendredi de 10h à 18h Samedi de 10 h â 16 h Tous les soirs après 18 h sur rendez-vous seulement KTadcT VOIE SANS ISSUE PICRRC MOUTCROC J,-CLAUDE tJ-0*QrÆ %Æ% ADQ VOIE SANS ISSUE % Ié w - m ^ * w REER r 2* r 4* s* e* r s* g* itr Les taux annoncés peuvent varier en fonction des conditions du marché.OBLIGATIONS A TAUX PROGRESSIF Capital garanti à 100 %.Taux avantageux garantis pour 10 ans.Remboursables sans pénalité, chaque année, à leur date anniversaire.Achat à partir de 100 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désir de changement, mais résulte aussi d'un vide politique dont le déclin du Parti québécois, l'opportunisme du Parti libéral et la peine qu'a.la gauche à se reconstruire sont des symptômes évidents.Voici donc un outil pour tous ceux qui cherchent à comprendre la nouvelle dynamique de la politique québécoise et qui ne désespèrent pas de lui voir prendre un autre cours.^ LES ÉDITIONS 0 ^ ecosociete www.ecosociete.org LE DEVOIR.LE JEUDI 30 J A N V I E R 2 0 0 3 A 6 LE MONDE Côte d’ivoire Cinq partis refusent l’accord de paix REUTERS Abidjan et Paris — Le calme est revenu hier dans les rues d’Abidjan après quatre jours de manifestations antifrançaises.Cependant, des responsables gouvernementaux et militaires ivoiriens ont une nouvelle fois rejeté l’accord de paix conclu sous l’égide de la France.Face aux menaces que les manifestants font peser sur ses 16 000 ressortissants, Paris s’est dit prêt hier à ordonner leur rapatriement en cas de besoin.•Nous sommes prêts à tout moment à réaliser cette évacuation, nos militaires sur place sont capables de le faire dans des délais très courts.Nous suivons heure par heure la situation et nous n hésite-rons pas, si la situation l’exige, à prendre cette décision», a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, sur RTL Les rues de la métropole lagu-naire étaient calmes hier et le travail a repris progressivement dans le port de la capitale économique, d’où partent les précieuses exportations de cacao, avec celui de San Pedro, plus à l’ouest.Les grilles du port d’Abidjan avaient été fermées mardi à titre préventif.Une manifestation est prévue samedi.A Paris, cinq partis ivoiriens, dont celui du président Laurent Gbagbo, ont annoncé leur refus de tout plan de paix accordant aux rebelles les ministères clés de la Défense et de l’Intérieur.Dans un communiqué, ces mouvements disent approuver globalement les accords politiques négociés à Marcoussis mais contestent les détails d’application élaborés ensuite au sommet des chefs d’Etat d’Afrique de l’Ouest, le week-end dernier à Paris.Ils appellent les autorités françaises et les Nations unies à les aider à trouver une solution négociée à la crise.Menaces terroristes au Koweït, rafle au Pakistan REUTERS Dubaï — Le groupe islamiste koweïtien Daaoua et Djihad, qui a revendiqué l’attentat ayant fait un mort et un blessé américains la semaine dernière, près d’une base américaine au Koweït, se veut proche d’al-Qaïda et promet de nouvelles attaques pour «libérer» l’émirat du «colonialisme».«Nous combattons pour bouter les infidèles hors de la péninsule arabe, pour libérer le Koweït du colonialisme, pour libérer nos prisonniers de Cuba ainsi que pour soutenir nos frères en Irak, en A/ghanistan et en Palestine», déclare le chef présumé du mouvement, Abou Ossam al Kowéiti.Les propos de ce dernier, qui déclare que son groupe relève du réseau aLQaïda d’Oussama ben Laden, com-rnantjitaire présumé des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ont été recueillis via Internet par le journal arabophone international Ach Chark al Aoussat (Le Moyen-Orient), publié à Londres.Le Koweït a été la cible récemment d’une série d’attentats anüaméricains.Abou Ossam al Koweïti a déclaré que son mouvement avait l’initiative» de coordonner ces actions.D’autre part la police pakistanaise a annoncé hier avoir arrêté la veille 21 membres du groupe islamiste interdit Harkat-ul Mujahideen dans la localité de Dera Ismàil Khan, à 300 km au sud-ouest d’Islamabad, non loin de la frontière afghane.Tous sont pakistanais.Considéré depuis les attentats du 11 septembre 2001 par les Etats-Unis comme un groupe terroriste, le Harkat, proche de l’ancien régime afghan des talibans, opère maintenant sous le nouveau nom de Ja-miat ul Ansar, a indiqué la police.Des roquettes contre les amours interdites AGENCE FRANCE-PRESSE Peshawar — Des tribus rivales du Pakistan installées à la frontière nord-ouest du pays se battaient hier depuis deux jours dans les montagnes à l’aide de roquettes, de missiles et d'artillerie lourde en raison d’une romance interdite à la Roméo et Juliette, a-t-on appris de sources concordantes.Un habitant de cette région du Nord Waziristan, Najab Wazir, a affirmé que les combats avaient fait cinq morts.Les autorités n’ont pas pu confirmer ce bilan, en raison, selon elles, de l’éloignement important des combats, qu’elles ont toutefois confirmés.•Les combats ont commencé après la fuite d’une femme de l'une des tribus avec son amant, issu de l’autre tribu», a déclaré à l’AFP Hajji Nazir, un patriarche du district du Nord Waziristan, interrogé par téléphone.«En réponse, la tribu de la femme a kidnappé deux femmes de l’autre tribu», a-t-il ajouté.Les tribus Wazir et les Mahsood se sont de nouveau combattues mardi dans cette partie très peu accessible et montagneuse du pays, à quelque 175 kilomètres au sud de la principale ville du nord-ouest du pays, Peshawar.•Les deux tribus utilisent des armes lourdes, y compris des missiles sol-sol, des roquettes ainsi que de l’artillerie lourde et d’autres armes sophistiquées de ce type», a précisé de son côté une source officielle administrative à Miran Shah, jointe par téléphone.Selon M.Nazir, la «Jirga», le conseil des sages local, a été incapable d’empêcher les combats.Ârte Pell H L'ART DU CUIR Centropolis, coin St-Martin et autoroute 15 a Laval ( Derrière le cinema Colossus ) Tel.: (450; 978-3030 La galerie ART SELECT importateur de meubles exclusifs de France SOLDE !S25,%15.%»?Ao/.Ad?20% 1 15° 25% QO/15% /°20% ~ 10/40% >/c O 25% no/ o04O%2Ô% 25%1 CO/* 25% J O /o 40% 5% 0/15% 25% O/o40% *40% 0°/: 15% 0% # I J 70 tv /v W /Y ^o%20% 020% 15% 15% - .w /O 20%1 5%25%40°/o D’HIVER DU 18 JANVIER AU 1En FÉVRIER 2003 100 ouest avenue Laurier, Montréal (Québec) H2T 2N7 Téléphone : (514) 273-7088 «Télécopieur : (514) 273-6656 Le clone «Eve» se trouverait en Israël La Floride ferme le dossier AGENCE FRANCE-PRESSE Fort Lauderdale — Brigitte Boisselier, présidente de la société Clonaid liée à la secte des raéliens, a affirmé hier devant un tribunal de Floride que le supposé bébé clone «Eve» se trouvait en Israël.Le juge en charge du dossier a décidé de le clore, faute de compétence territoriale.•Ce bébé est en Israël.Il n ’a jamais été en Floride ou aux États-Unis.Je n 'ai pas vu le bébé.Je n ’ai vu que des vidéos», a déclaré Mme Boisselier en témoignant sous serment lors d’une audien- ce devant un tribunal de Fort Lauderdale.Le juge John Frusciante a alors estimé qu’il n’avait pas de compétence territoriale sur l’affaire, et a clos le dossier.Il avait été saisi le mois dernier par un avocat de Miami, Bernard Siegel, qui voulait obtenir le placement sous tutelle judiciaire de l’enfant présumé, au motif qu’elle pourrait souffrir de troubles génétiques graves et faisait l’objet d’une exploitation médiatique et commerciale.La naissance supposée d’une petite fille présentée comme le clone de sa mère américaine avait été annoncée en Floride le 26 décembre par Mme Boisselier.Aucune preuve n’est depuis venue étayer les affirmations des raéliens.Mme Boisselier a depuis annoncé, toujours sans aucune preuve, la naissance de deux autres clones supposés, l'un en Europe, l’autre au Japon.La communauté scientifique a accueilli cette annonce avec le plus grand scepticisme, certains n’hésitant pas à dénoncer une supercherie.Roland Dumas blanchi Paris (AFP) — Un tribunal français a blanchi hier à Paris l’ancien ministre des Affaires étrangères Roland Dumas, qui a été relaxé dans une vaste affaire de corruption impliquant les responsables du groupe pétrolier français Elf.M.Dumas, 80 ans, ancien président du conseil constitutionnel, avait été condamné en première instance, en 2001, dans un des volets de cette affaire, à six mois de prison ferme et deux ans avec sursis, pour avoir accepté des cadeaux de son ancienne maîtresse Christine Deviers-Jon-cour, payés par Elf dont elle était salariée.L’ancien p.-d.g.du groupe Elf, Loik Le Floch-Prigent, absent à la cour, a été condamné à trente mois d’emprisonnement ferme et la cour lui a décerné un mandat d’arrêt Alfred Sirven, ancien directeur des Affaires générales d’Elf, auprès duquel Christine Deviers-Joncour était chargée de mission, a pour sa part écopé d’une peine de trois ans d’emprisonnement ferme.Accord de cessez-le-feu au Népal Katmandou (Reuters) — Le gouvernement népalais et les rebelles maoïstes ont conclu un accord de cessez-le-feu, le premier depuis l’échec de négociations similaires en décembre 2001, a annoncé hier le ministre chargé des négociations.Le gouverne ment a ainsi accepté l’offre de trêve lancée plus tôt dans la journée dans un communiqué envoyé à la presse par le chef des rebelles, Prachanda.Cet accord intervient quelques heures après EN BREF une fusillade dans la région de Gulmi, à 350 km à l’ouest de la capitale, qui, d’après le ministère de la Défense, s’est soldée par la mort de 13 rebelles et de trois soldats.L’aristo défend les prolos Londres (Reuters) — L’un des membres les plus riches de l’aristocratie anglaise a pris hier la défense des «masses laborieuses» devant un tribunal londonien.Le comte Cadogan, huitième de la lignée et qui figure en huitième position au palmarès des personnes les plus riches du royaume avec une fortune estimée à 1,5 milliard de livres, est bien décidé à empêcher un projet immobilier visant à construire des maisons de luxe dans le quartier londonien huppé de Chelsea L’aristocrate fait valoir pour cela que son grand-père avait vendu en 1929 aux autorités locales le terrain aujourd’hui convoité afin d’y construire «des logements destinés aux masses laborieuses».La société immobilière Dano Limited affirme de son côté que les barrières de classes sont abolies et qu’il est impossible aujourd’hui de définir la «working class», ce que conteste le comte Cadogan.Les propos d’une actrice provoquent une émeute Phnom Penh (AFP) — Une centaine de jeunes manifestants ont pris d’assaut et incendié hier l’ambassade de Thaïlande à Phnom Penh pour protester contre des propos anticambodgiens attri- bués à une actrice thaïlandaise, propos qui ont déclenché une crise soudaine et aiguë entre Phnom Penh et Bangkok.Peu avant minuit, le calme était revenu dans la mission diplomatique dont le personnel avait pu trouver refuge dans l’ambassade voisine du Japon alors qu’un millier de jeunes s’étaient retrouvés pour protester violemment contre des propos attribués à cette actrice, selon lesquels les temples d’Ang-kor appartenaient à la Thaïlande et devaient lui être restitués.Aucun bilan n’a été fourni, mais selon le correspondant de l’AFR au moins quatre policiers ont été sérieusement blessés.Montazeri est libre de ses mouvements Téhérah (Reuters) — Les autorités iraniennes ont levé hier l’assignation à résidence du grand ayatollah Hossein Ali Montazeri, principal opposant au régime islamique, en raison des craintes qu’inspire son état de santé, a annoncé son fils.Montazeri, 80 ans, avait été arrêté et assigné à résidence en 1997 pour avoir critiqué des atteintes aux droite de Ihom-me et des exécutions politiques ordonnées par la hiérarchie religieuse du régime dans les années 1980.«J’ai été officiellement informé par des responsables de la sécurité que l’assignation à résidence était levée», a déclaré à Reuters le fils de l’ayatollah, Ahmad, par téléphone de la ville sainte de Qom, à 120 km au sud-ouest de Téhéran.Il a précisé que des visiteurs seraient admis auprès de lui ùaujourdhui, une fois retirée une guérite placée devant son domicile.Commission mixte internationale International Joint Commission Audiences publiques sur les utilisations de l’eau dans le bassin des Grands Lacs La Commission mixte internationale (CMI) a annoncé qu’elle tiendra une série d’audiences publiques pour recueillir les vues du public sur les mesures prises par les gouvernements en matière d'utilisation des ressources en eau dans le bassin des Grands Lacs, en vue de faire rapport aux gouvernements du Canada et des États-Unis.Toronto 20 janvier 2003 Metro Hall 55, rue John Toronto (Ontario) Salle du conseil, 19 h Chicago 21 janvier 2003 Drake Hotel 140 East Walton Place Chicago (Illinois) Salon Michigan, 15 et 19 h Montréal 3 février 2003 Hôtel Queen Elizabeth 900, bout René-Lévesque Montréal (Québec) Salon St-Maurice, 19 h La CMI invite les gens non seulement à participer aux audiences publiques, mais aussi à envoyer leurs commentaires écrits à l’un ou l’autre de ses bureaux.Secrétaire, Section canadienne 234, avenue Laurier ouest, 22e étage Ottawa (Ontario) Kl P 6K6 Télécopieur : 613.993.5583 Commission @ ottawa.ijc.org Secretary, United States Section 1250 23rd Street NW, Suite 100 Washington, D.C.20440 Télécopieur : 202.736.9015 Commission@washington.ijc.org Pour plus d’informations, veuillez consulter le site Internet de la CMI : www.ijc.org Contact : Fabien Lengellé Ottawa (Ont.) 613.995.0088 y i LE DEVOIR.LE JEUDI ;i O J A X V I E R 2 ü O 3 A t ?LE DEVOIR * LE MONDE ISRAËL Le moral des «colombes» est en berne REUTERS Jérusalem — Le camp de la paix en Israël était abattu hier par la victoire écrasante du premier ministre sortant Ariel Sharon, la veille, aux élections législatives anticipées.•Vest une sombre journée pour Israël», commente Yariv Openhei-mer, du mouvement La Paix maintenant, qui a ardemment soutenu les efforts de paix avec les Palestiniens avant qu’ils ne s’effondrent avec le début de la seconde intifada en septembre 2000.Sharon, 74 ans, ex-général de Tsahal et champion des colonies de peuplement juives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a mené le likoud à une victoire indiscutable mardi.Le parti de droite a plus que doublé son nombre d’élus, passant de 19 à 37 sièges sur les 120 que compte la Knesset, le Parlement israélien.Mais plus que cette progression, c’est l’effondrement des partis de gauche qui accable les «colombes» israéliennes.Lç Parti travailliste, fondateur de l’État d’Israël, enregistre son plus mauvais score de l’histoire avec seulement 19 élus, contre 25 dans la précédente Knesset Le Meretz passe quant à lui de dix à six sièges.«(À court terme, c’est tragique», estime Openheimer, qui exprime cependant l’espoir que ces deux formations retrouvent leur vitalité dans l’opposition.En participant au précédent gouvernement d’union nationale, les travaillistes avaient tenté d’infléchir vers le centre la politique de Sharon.Leur chef de file, Amram Mitz-na, a cette fois formellement exclu toute participation gouvernementale avec le premier ministre.Dès sa victoire connue, Sharon a pourtant immédiatement lancé des appels à la formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale.Pour séduire les travaillistes, le pre- MAHFOUZ AHU TURK REUTERS Contrôle d’identité aux entrées de Jérusalem hier.TSip mier ministre sortant a demandé aux modérés au sein de son équipe de préparer un projet de plan de paix avec les Palestiniens.«7?a terriblement besoin du Parti travailliste au sein de son gouvernement, affirme David Kimche, ancien responsable au ministère israélien des Affaires étrangères.Pour les attirer, il va formuler des propositions très intéressantes.» La position américaine Kimche souligne que Sharon est un pragmatique qui souhaite laisser une trace dans l’histoire d'Israël.D serait donc prêt à tout pour former un gouvernement stable, quitte à abandonner ses po- sitions intransigeantes à l’égard des Palestiniens pour obtenir le concours des travaillistes.S’il ne parvenait pas à convaincre Mitzna, Sharon pourrait se tourner vers les partis d’extrême droite.Mais une telle coalition le placerait en porte-à-faux vis-à-vis de son principal allié, les États-Unis, qui pnt pour objectif la création d’un État palestinien d’ici 2005.Pour Washington, la priorité au Proche-Orient demeure toutefois le renversement de Saddam Hussein, le président irakien.«Après la guerre en Irak, les États-Unis pourraient avoir à s’impliquer davantage dans le conflit israélopalestinien.pour tenter de désamorcer les terribles réac- tions à prévoir dans le monde arabe et musulman», anticipe Kimche.Mais l'approche de l’élection présidentielle de 2004 pourrait également conduire George W.Bush à qe pas s'aliéner l’électorat juif aux États-Unis, ajoute-t-il.En attendant.Sharon s’est dit prêt à des «concessions douloureuses» en vue de la création d’un État palestinien.Mais il exige au préalable un arrêt des violences sur le territoire israélien, le départ de Yasser Arafat de la direction palestinienne et une réforme de l’Autorité palestinienne.Pour les observateurs, de telles exigences sont quasiment inacceptables par les Palestiniens.Le mouvement de paix s’affaire aux États-Unis LE DEVOIR Il est clair que George W.Bush a choisi le 5 février prochain comme le «jour ]• d’une déclaration de guerre contre l’Irak, estimait-on hier au sein de l’organisation de paix américaine International Answer, au lendemain du discours sur l’état de l’Union prononcé p;u- le président devant le Congrès.Contre le «discours de guerre» prononcé par M.Bush, le mouvement antiguerre américain s’af faire.alors qu’international Answer (IA) faisait état de la tenue de manifestations dans une centaine de villes hier pour s’opposer au déclenchement des hostilités.C’est IA qui est à l’origine des manifs qui ont réunies des centaines de milliers de personnes à New York et San Francisco il y a une semaine et demie.M.Bush a annoncé dans son discours de mardi que son secrétaire d'Etat Colin Powell serait au Conseil de sécurité mercredi prochain, 5 février, pour présenter la preuve des dissimulations irakiennes concernant la production d’armes de destruction massive.Peace Action, l’autre grand regroupement antiguerre américain, se mobilise aussi contre la fatalité de la guerre.PA préconise les campagnes téléphoniques et pos taies: il suggérait hier aux Américains qui consultaient son site web de contacter leurs représentants au Congrès pour leur faire valoir leur opposition aux visées de M Bush.PA, qui compte 85 00,0 membres dans une trentaine d’É-tats, a lancé une campagne pour une «nouvelle politique étrangère» fondée sur la collaboration interna tionale, le respects des droits humains et la non-prolifération nucléaire.«Il n’y a aucune raison qui justifie une invasion, affirme Peace Action.Les inspections de désarme ment progressent, et pourtant le gouvernement Bush se prépare à faire la guerre.Pourquoi ce buildup?Parce qu’il veut patrouiller le reste du monde, en dirigeant Us a) foires internationales comme un empire romain moderne.• Commentaire tiré hier de The Nation, l’hebdo new-yorkais de la gauche américaine: «M.Bush a certainement démontré de façon convaincante qu'm ne peut pas foire confiance à Saddam, écrit l’éditiu rialiste David Com.Mais il n’a pas su contrer l'argument qui veut que les inspections devraient continuer, qu ’elles ont été efficaces dans les années 1990 et qu’elles pourraient l'être encore maintenant.[.] Voici un guerrier compatissant qui parait bien impatient d’aller au combat» Inculpation de neuf ex-agents de la dictature de Pinochet AGENCE FRANCE-PRESSE Santiago — La justice chilienne a inculpé hier deux militaires à la retraite et sept autres anciens agents de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-90) pour la disparition de deux militants de gauche, a-t-on appris de source judiciaire.Les militaires inculpés sont le gé- néral Enrique Ruiz Hunger, ancien chef de la direction du renseigne-ment de la force aérienne, et le colonel Juan Saavedra, chef des opérations de cette arme.Sept agents de la police et de l'aéronautique à la retraite ont été inculpés pour cette af faire concernant la disparition des militants de gauche luis Moraga Cruz et Humberto Fuentes Rodriguez pendant le régime militaire.Un message important pour les résidents permanents du Canada Facilitez votre retour au Canada Epargnez du temps et de l’argent ; obtenez votre carte de résident permanent (carte RP) avant de partir en voyage.A Mtaenn LAÏCSA K IK 1 AMAN A AttNC r MME II JUI /JUII 19B?EtV'Wf) («twy s aoia-»»rt ti jun /juin *007 £ jj *->* Qui a besoin de cette nouvelle carte RP : Les résidents permanents (immigrants reçus) qui font un voyage international par transporteur commercial devront présenter une carte RP pour revenir au Canada, et ce, à compter du 31 décembre 2003.Les citoyens canadiens n’ont pas besoin d’une v v ^ ! CanadS carte RP.Où vous devez montrer votre carte RP : En tant que résident permanent (immigrant reçu) revenant de l’étranger, vous devez montrer votre carte RP aux membres du personnel de bord à l’embarcation d’un avion, d’un bateau, d’un train ou d’un autocar.Si vous êtes un résident permanent voyageant à l’étranger mais n’avez pas de carte RP valide en date du 31 décembre 2003.on pourrait vous refuser l’embarcation à bord d’un avion, d’un bateau, d’un train ou d’un autocar en direction du Canada.On vous dirigerait vers l’ambassade ou le consulat du Canada le plus près afin d’obtenir un document de voyage à usage limité.Le tout pourrait entraîner des délais de voyage et des coûts supplémentaires pour vous.^ Obtenir la citoyenneté canadienne : Plusieurs résidents permanents sont admissibles à la citoyenneté canadienne et sont encouragés à faire une demande de citoyenneté.Comment vous procurer votre carte RP : Des trousses d’information sont offertes sur le site Web de Citoyenneté et Immigration Canada (www.cic.gc.ca) ou par téléphone au centre d’appel de la carte RP (1 800 255-4541).Votre demande sera traitée en fonction de l’année où vous êtes devenu un résident permanent.Consultez le tableau ci-après pour déterminer le mois au cours duquel vous devrez faire votre demande.Faites-là tôt.Par exemple, si vous êtes devenu un résident permanent en 1998, vous devez présenter votre demande le l" mai 2003.Information et trousses de demande : 0 1 800 255-4541 Téléscripteur/ATME : 1 888 576-8502 O www.cic.gc.ca Canada Année d’obtention du droit d’établissement Date à laquelle soumettre votre application de 2000 à 2002 janvier à avril 2003 de 1996 à 1999 mai 2003 de 1992 à 1995 juin 2003 de 1988 à 1991 juillet 2003 de 1980 à 1987 août 2003 de 1973 à 1979 septembre 2003 avant 1973 EN TOUT TEMPS é r LE DEVOIR.LE JEUDI 30 JANVIER 2003 ÉDITORIAL La dette américaine Sûr de son fait, sûr de sa raison, le président Bush a enfoncé le clou irakien afin de convaincre, une fois encore, que la seule option envisageable est la guerre.S’il a pris soin de consacrer la moitié de son discours à ce dossier et l’autre moitié à une dizaine de sujets, il n’a pas annoncé de mesures susceptibles d’éviter la faillite financière de bien des États.e fait mérite d’être souligné deux fois plutôt qu’une.Au lendemain du discours sur l’état de l’Union, les élus du Congrès ont fait abstraction de leur partisanerie pour mieux décrier le plan fiscal annoncé la veille.Main dans la main, les démocrates et les républicains membres du Bureau du budget du Congrès ont estimé que le train de mesures fiscales confectionné par la Maison-Blanche les oblige à réviser en forte hausse le déficit fédéral de l’exercice 2002.De la somme de 145 milliards prévue en août dernier, on juge que le déficit en question avoisinera les 200 milliards.Pire, si les prévisions des économistes rattachés aux démocrates s’avèrent, l’ardoise s’élèvera alors à 300 milliards.Quoi qu’il en soit de la justesse du chiffre, ce retour à la culture des déficits gigantesques est le résultat d’une combinaison de déductions fiscales et de ralentissement économique.Soit dit en passant on s’attend à ce que la croissance du PIB au cours du quatrième trimestre 2002 oscille entre 0,5 et 1 % seulement.Selon les membres du Congrès, le fédéral dégagera un surplus, dans le meilleur des cas, en 2007 seulement.D’ici là, une collection de déficits se greffera à la dette à long terme qui, elle, tient de l’abîme.Dans le discours de Bush, plus précisément dans son plan fiscal, il y a une étrange absence, voire un aveuglement.L’analyse de l’histoire économique récente des Etats-Unis démontre que toute déduction fiscale conçue pour bénéficier aux plus riches de la société ne stimule pas l’activité du pays mais bien celle de certains pays européens.Dans la foulée des réductions commandées notamment par Ronald Reagan, on a constaté que les personnes ayant joui de celles-ci achetaient des BMW, des produits Gucci, Vuitton et autres objets de luxe.Autrement dit, toute déduction est en partie une subvention indirecte et involontaire à des entreprises européennes.Elle est surtout un encouragement à l’exportation de capitaux.Qui plus est, ces plans fiscaux ont ceci de pernicieux qu’ils plombent les finances des Etats et des municipalités.Les objectifs de Bush en la matière étant énormes, les budgets des Etats baignent dans l’encre rouge comme jamais auparavant.Par exemple, le premier programme de Bush, couplé à l’effondrement des titres technologiques, a mis la Californie sur la paille.Cet Etat serait un pays qu’il serait en faillite technique et, donc, dans l’obligation de frapper à la porte du FMI.L’effet pervers inhérent aux réductions de 670 milliards annoncées avant-hier par Bush est le suivant: pour pallier les manques à gagner, les États et les municipalités vont majorer leurs taxes.Tout cela rappelé, on comprend mieux que l’humeur du citoyen américain se conjugue davantage avec l’économie qu’avec l’Irak.Pin effet, selon un sondage dont les résultats ont été publiés la semaine dernière, 66 % des Américains jugent que l’économie devrait être la priorité de la Maison-Blanche, loin devant la lutte contre le terrorisme (16 %) et la guerre contre l’Irak (16 %).En tout état de cause, c’est à se demander si Bush fils ne veut pas suivre à l’identique le parcours de son père.Chasse aux candidats a température électorale a monté d’un cran ces derniers jours avec la publication d’un sondage confirmant que les trois partis politiques conservent des chances de remporter les prochaines élections.Mais surtout, l’intensification de la chasse aux candidats permet aux uns et aux autres d’afficher leurs atouts et, dans le cas de l'ADQ, de brouiller les cartes.Ainsi, cette semaine, l’annonce de la candidature de Diane Bellemare, une économiste réputée, longtemps dans la mouvance idéologique du Parti québécois, a apporté une nouvelle crédibilité à la formation de Mario Dumont.Ainsi donc, l’ADQ ne serait pas le repaire de la droite musclée que certains se plaisent à voir dans cette formation?L’arrivée, aujourd’hui, de Joëlle Lescop, secrétaire générale du Collège des médecins, renforcera cette hypothèse: en effet, contrairement à l’actuel porte-parole adéquiste en matière de santé, Stephen Morgan, Mme Lescop est opposée à toute privatisation d’hôpitaux.Mais c'est la candidature de l’ex-maire Pierre Bourque qui risque de faire le plus de vagues le soir des élections.M.Bourque jouit d’une grande popularité dans les quartiers de l’ancienne ville de Montréal, là où le Parti québécois est en force.Nul doute qu’il donnera des sueurs froides aux Pau le militants péquistes, non seulement dans le comté des rivîères de Bouiget, représenté par la ministre de la Cul- ?ture, Diane Lemieux, mais possiblement ailleurs, là où sa présence à l’ADQ se fera également sentir.Et cela, sans parler de l’impact que cette lutte aura sur les libéraux, qui pourraient bien se faufiler entre les deux principaux rivaux.Il est normal que l’ADQ, qui a un nombre considérable de candidats à dénicher, occupe le devant de la scène à l’heure actuelle.Les possibilités de recrutement sont évidemment beaucoup plus limitées au Parti québécois, où peu de députés, au bout du compte, quitteront la scène.Mais cela n'explique pas tout: en effet, le PQ serait trop heureux de pouvoir attirer quelques vedettes dans ses filets.Or, malgré les efforts considérables déployés en ce sens, les vedettes ne se montrent pas.Le dernier sondage indiquant que le gouvernement conserve des chances de gagner les élections facilitera peut-être les choses.Mais un fait demeure: quoi qu’en disent ses détracteurs, Mario Dumont marque des points lorsqu’il martèle que sa formation incarne le changement d’une manière inaccessible aux «vieilles» formations que sont le PQ et le Parti libéral du Québec.Cette perception fait son chemin dans une bonne partie de la population, assoiffée de changement Mais la grande question reste: quels changements l’ADQ a-t-elle en tête?M.Dumont semble vouloir adoucir certains aspects plus inquiétants de son programme, mais il reste flou à souhait.De plus, la brochette de candidats qui se greffe à sa formation est loin d’être homogène.Des souverainistes, des fédéralistes, des gens de droite, de gauche, des partisans des bons d’études, des partisans d’une éducation humaniste, des antisyndicalistes, d'ex-militants syndicaux: l’ADQ flirte avec la cacophonie.Heureusement, la campagne électorale devrait permettre de tirer au clair certaines positions de cette formation qui exerce pour l’instant un indéniable attrait pdesrivieresÇàledevoir.ca Serge Truffaut ?le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE It WOUN/CAU SUJÉfcN or « un£ tuf REPRISE DU 26 OCTOBRE 2002 Les aventuriers politiciens fi appert que l’ex-maire de Montréal, Pierre Bourque, serait tenté de mordre aux appâts que lui tend Mario Dumont, chef d’orchestre du chœur des sirènes de l’ADQ, par la voix desquelles, hélas!, Pierre Brien, bloquiste d’Abitibi-Témiscamingue, s’est laissé ensorceler et enfirouâper.Si d’aventure M.Bourque, futé comme un renard et sage jardinier qu’il est, en avait quelques velléités, devrait se souvenir qu’on ne rechausse pas un pissenlit.Surtout un «pissenlit» qui est allé faire son jars à Toronto, non seulement par opportunisme politique mais véritablement — faut-il le dire — par à-plat-ventrisme.En effet, si Mario Dumont croyait, en allant s’esquinter et faire sa génuflexion devant la classe des affairistes de Toronto, classe parmi les plus réactionnaires s’il en est, et ainsi se dédouaner de toutes ses appartenances à la cause du Québec, en adorant ce qu’il avait brûlé et en brûlant ce qu’il avait adoré.lors du référendum du lundi 30 octobre 1995.il s’est lui-même piégé et fourvoyé gravement et pour longtemps.Le chef de l’ADQ fait maintenant partie de la sinistre cohorte d’aventuriers politiciens, ou de nombre d’autres qui leur sont assimilés, qui s’en vont conforter le pouvoir fédéraliste envahissant et contribuer à la succursalisation du Québec.Je me souviens.André Auclair Montréal, 27 janvier 2003 Les sous-entendus véhiculés Le professeur Stephen Schecter, de l’UQAM, dénonce avec force dans son texte intitulé «Le fascisme de gauche à ÏUQAM et ailleurs» (Le Devoir, 25 janvier 2003) des propos antisémites tenus à son endroit par des étudiants du département de sociologie dont il est membre.Ces propos, inacceptables en LETTRES -?- soi, le sont encore moins dans une enceinte universitaire.En quoi la race, la religion ou le statut social d’un individu sont-ils des arguments de débat?La réponse est simple: ils ne le sont pas.L’intolérance n’a qu'une utilité: elle fait état d’un aveuglement qui n’est pas toujours innocent ou sans intérêt.Quoi qu’il en soit, c’est toujours de la bêtise.D faut donc la combattre.Ce que décrit M.Schecter est d’autant plus déplorable que certains de ses collègues professeurs participent à cela.Je salue donc le courage avec lequel il ramène l’ensemble de la question à de plus justes proportions.Il emporte presque mon adhésion.Presque, malheureusement, car il adopte envers d’autres ce qu’il reproche qu’on lui fasse subir.L’injustice l’interpelle parce qu’il en est la victime.Pour lui, dire que «[.] si on réduit la moyenne cible à moins de 30, beaucoup d’étudiants auront des chargés de cours plutôt que des professeurs comme enseignants» ne pose aucun problème, c’est l’évidence même, ça ne se discute même pas.Peu importe ce que cela véhicule de sous-entendus, il ne le voit pas.Tout comme ces étudiants qui lui reprochent d’être juif, il est aveugle à la bêtise de ses propos.Serait-ce qu’ils le servent?Michel Bricault École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM Belœil, le 28 janvier 2003 La rigoureuse démagogie de M.Schecter Le texte de Stephen Schecter («Le fascisme de gauche à l’UQÀM et ailleurs»), publié dans les pages de ce journal en fin de semaine dernière, a de quoi étourdir quiconque use à l’occasion de son sens critique.La base sur laquelle reposent les propos du professeur est constituée d’un seul fait, unique et singulier, soit un slogan scandé par les étudiants de sociologie pendant leur grève: «Israël, assassin! Schecter, complice!» C’est autour de ce slogan hautement scientifique que le grand professeur nous tricote un argumentaire des plus rigoureux.Il soutient que les étudiants font la grève sans raison valable et qu’ils ne saisissent aucunement les enjeux de la «rationalisation des programmes» de l’administration.Pourquoi?Parce qu’ils font une lecture «hautement idéologique du monde».Ils ne sont donc pas scientifiques et objectifs, car si tel était le cas, ils seraient du même avis que M.Schecter.Le grand professeur poursuit en soutenant que les étudiants ne comprennent pas les enjeux du conflit israélo-palestinien.Il ne se gêne pas pour employer les clichés larmoyants typiques de la propagande israélienne en traitant les étudiants de «fascistes», d’«antisémites» et de «racistes».Au passage, il rappelle évidemment «qu’Israël est la seule démocratie libérale du Moyen-Orient», comme si l’élection des gé-nocidaires changeait la face du génocide.Il a même poussé le ridicule jusqu’à son extrême limite en comparant les étudiants aux «bandes de nazis des années 30»\ Et pourquoi, selon vous, les étudiants ont-ils scandé ce slogan à M.Schecter?Parce que le professeur soutient le colonialisme d’Israël?Parce qu’il défend l’ordre mondial?Vous avez tout faux! Les étudiants ont lancé ce slogan — vous entendez la réponse du professeur arriver d’un pas lourd et tonitruant — parce qu’ils soqt «antisémites» et «racistes».Évidemment, M.Schecter ne juge pas opportun de faire la preuve de ce qu’il avance; il affirme, voilà tout II croit sans doute que sa notoriété lui permet de se balader au-dessus de la rigueur qu’il accuse les étudiants de ne pas avoir.Dans son texte, M.Schecter ne démontre absolument rien.D ne fait qu’affirmer son mépris envers les étudiants qui osent lever la voix pour dénoncer la marchandisation de l’éducation.Son petit texte n’est rien d’autre qu’un ramassis de conjectures sous couvert de légitimité scientifique.Tiens dont! Cela me rappelle le fascisme rouge de Staline.Marc-André Cyr Étudiant en histoire à l’UQAM Le 28 janvier 2003 LIBRE OPINION -?- Un emportement accusateur déplacé YVES CLAUDÉ Sociologue M Stephen Schecter, votre texte «Le fascisme de gauche à l’UQAM et • ailleurs», publié dans Le Devoir du 25 janvier 2003, ne laisse pas indifférent le sociologue et le militant antiraciste que je suis.Vous y tenez, à partir d’un fait isolé, des propos étonnants et diffamatoires à l’endroit de la communauté scientifique des sociologues et, dans cet emportement accusateur, vous en venez même à stigmatiser l’ensemble des professionnels des sciences humaines en insinuant qu'ils feraient la promotion directe ou indirecte du «fascisme», du «racisme» et de ('«antisémitisme».L’argumentaire de votre croisade contre la •gauche», outre qu’il contient une présentation extrêmement caricaturale de la sociologie de la mondialisation, est une variante d’un discours idéologique développé depuis quelques années en Europe, qui vise à intimider les intellectuels et les militants solidaires du peuple palestinien en les accusant contre toute vraisemblance d’êtres des «fascistes», des «racistes» et des «antisémites».Il s’agit objectivement d’une violence sémantique d’un discours dépourvu d’arguments éthiques et politiques.Puisque vous vous présentez très modestement comme un «sociologue chevronné» (qui consent néanmoins à «expliquer au citoyen moyen» les subtilités de sa science.) et que vous revendiquez une connaissance singulière de l’histoire du fascisme, vous n’ignorez sans doute pas qu’une des caractéristiques du fascisme est le détournement des mots, la violence faite à leur signification.Ainsi, en tant que sociologue, il me paraît tout à fait inacceptable que, dans votre discours, nos acquis scientifiques et conceptuels sur la question du racisme soient abandonnés au profit de stratégies d'intimidation et de stigmatisation des personnes qui ne soutiennent pas inconditionnellement les politiques de l'État d’Israël: le racisme est un problème social trop grave pour réduire sa qualification à une invective politique.Par ailleurs, la question du fascisme, tout particulièrement dans une société mondialisée traversée par de fortes tensions, est également à prendre au sérieux, et l’utilisation frivole de qualificatifs associés au fascisme n’a rien à voir avec la science sociologique.Vous vous étonnez de rencontrer dans le milieu des sciences humaines peu d’adeptes de la «démocratie» version.Sharon ou des politiques colonisatrices de l’État d’Israël: vous devez quand même savoir que dans la démocratie telle que pratiquée au Québec, il est encore permis de préférer le point de vue de Susan Sontag à celui que vous avez le privilège d’exprimer les pages du Devoir.Bien que des juifs progressistes soient ici l’objet de harcèlement et d’intimidation de la part des partisans de l’extrême droite pro-israélienne, nous ne connaissons heureusement pas la violence des milices sio- nistes et les intimidations judiciaires par les organisations pro-israéliennes comme c’est le cas en Europe.Plutôt que de nier l’esprit des fondateurs et des contributeurs scientifiques de la sociologie, plutôt que de porter des accusations généralisatrices, graves et non fondées contre vos collègues sociologues, avant de les désigner éventuellement à une vindicte postmac-carthyste comme «terroristes» ou autre étiquetage stigmatisant et diffamatoire, je vous invite à réintégrer la communauté scientifique et à méditer vos propres propos: «Hélas, bon nombre de professeurs en sciences humaines préfèrent simplement faire passer leurs idéologies pour de l’analyse scientifique.Ainsi, ils deviennent rien de moins que des idéologues, et on sait par expérience que cela mène au terrorisme et au racisme.» Je vous invite aussi à vous poser des questions sur les objectifs idéologiques des textes que vous avez fait paraître dans Le Devoir, sciemment ou non, entre autres dans les précédents textes que vous avez fait publier («Les mensonges qui tuent», 17 janvier 2002; «Les mots tuent bien avant les bombes», 17 avril 2002): que signifie cette obstination à présenter le monde arabe, et la nation palestinienne en particulier, comme une altérité absolue et obscurantiste?Permettez-moi en terminant de saluer respectueusement l’humain que vous êtes et d’espérer de votre part un geste réparateur à l’égard de la communauté scientifique.t \ LE DEVOIR.LE J E l' D 1 30 JANVIER 2 0 0 3 IDÉES î I ' Réplique à Jacques Beauchemin f il I 1 ARCHIVES LE DEVOIR La sortie des travailleurs des nouvelles casernes de l’Arsenal de Québec, en 1941.Les Québécois sont divisés sur la trajectoire de la société francophone avant 1960: une société dressée contre l’évolution occidentale, contre la modernité?Ou une petite nation fragile qui a su suivre le rythme en inventant ses propres chemins, parallèlement au modèle dominant?Promouvoir ce qu’il y a de plus universel dans notre passé Le Québec a toujours été un gros receveur d’immigrants, dont l’intégration fut relativement aisée GÉRARD BOUCHARD Professeur au département de sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi e remercie Jacques Beauchemin d’avoir conservé à notre échange le ton de la courtoisie et du respect, le seul qui permet de faire avancer vraiment les choses.Son texte du 18 janvier (en réponse au mien du samedi précédent) fait ressortir ce qui est au cœur du problème général de l’histoire nationale en contexte de diversité: la nature des rapports entre les mémoires ethniques au sein d'une même société ou nation.A propos du Québec, la question devient: la mémoire des Franco-Québécois, groupe ethnique fondateur, très largement majoritaire, doit-elle lui être restreinte ou peut-elle être recentrée de manière à ce que des Québécois de toutes origines puissent s’y reconnaître?A cet égard, le texte de Jacques Beauchemin laisse une impression de scepticisme, sinon de pessimisme: cette mémoire ne saurait donc s’ouvrir sans s’abolir?L’enjeu est énorme.C’est bien plus que le sort de la mémoire qui est en question: c’est rien de moins que la possibilité du transculturel, de l’interpénétration (au moins partielle) des cultures, du rapprochement des identités.L’universel n’est pas la négation du singulier Dans divers textes, j’ai proposé une réorientation visant à promouvoir ce qu’il y a de plus universel dans notre passé.Jacques Beauchemin rejette ma proposition.Motif?Elle conduirait à vider ce passé de sa singularité.L’universel, manifestement, est ici pensé comme négation du singulier.J’adhère à une conception opposée: l’universel comme amplification, approfondissement du singulier, qu’il contribue à enrichir en intelligibilité, en densité de savoir et de mémoire.En voici quelques exemples.Les rébellions de 1837-38 Les rébellions sont l’un des lieux de mémoire les plus fréquentés par notre nationalisme.Faire ressortir ce qu’il y a d’universel dans cet épisode, c’est l’insérer dans la vaste trame de l’essor des impérialismes et des mouvements de décolonisation des deux derniers siècles.Cette trame d’oppression et de lutte nationale recouvre toute la planète; elle concerne toutes les populations ayant un passé impérial ou colonial.Nous sommes bien ici dans un horizon universel.Un triple profit peut en découler du point de vue de la singularité.Premièrement, à cette échelle, l’analyse permet à la fois de détecter les fausses particularités prêtées à l’épisode et de découvrir ou de valider, en les précisant, les traits qui le distinguent vraiment.Deuxièmement, le détour comparatif apporte des perspectives, des dimensions.des résonances, qui enrichissent la compréhension de l’événement et contribuent à le mettre en relief.Enfin, l’analyse reste en dialogue avec une variété d’interrogations, de démarches, d’éclairages et de remises en question, du fait même qu’elle puise à un bassin très diversifié d’expériences.Où voit-on qu’en chemin ce passé serait sacrifié, du fait qu’il serait désormais accessible par-delà les barrières identitaires?La «grande noirceur» Les Québécois sont divisés sur la trajectoire de la société francophone avant 1960: une société dressée contre l’évolution occidentale, contre la modernité?Ou une petite nation fragile qui a su suivre le rythme en inventant ses propres chemins, parallèlement au modèle dominant?J’ai le sentiment que depuis quelque temps, ce débat piétine à mesure qu’il s’anime.C’est qu’il souffre d’une conception trop fermée de la singularité.C’est l’ouverture qui permettrait d’y voir plus clair.En l’occurrence: ¦ l’observation de cet autre lieu de mémoire à l’échelle très large où il se déploie (la conjoncture des fascismes et de la guerre froide n’est pas limitée au Québec.); ¦ la comparaison avec d’autres trajectoires.Je me suis livré, bien modestement, à un tel exercice (Genèse des nations et cultures., chapitre 2).Celui-ci a livré une étonnante moisson de paradoxes, de distorsions, d’inversions, et autant de réorientations, de nouvelles avenues d’enquête.L’émigration aux États-Unis La tradition de recherche sur ce sujet a longtemps été enveloppée dans le paradigme de la survivance.Pour son plus grand bien, elle s’est ensuite ouverte à l’histoire sociale.Il faudrait faire plus en replaçant le phénomène dans son horizon quasi mondial.Bien des pays se sont trouvés dans la grande mouvance états-unienne qui, en moins d’un siècle, a fait converger des masses d’émigrants vers ce continent.Recentrer cette histoire, ce serait, par exemple, rapprocher l’expérience franco-québécoise de celles des Scandinaves ou des pays d’Europe centrale — pour ne pas parler de l’expérience canadienne-anglaise, tout près de nous.On verrait émerger des éclairages inattendus (sur la mobilité sociale, les transferts culturels, le racisme.), on trouverait des réponses neuves à de vieilles questions, on accéderait à une nouvelle compréhension.Encore une fois: valeur ajoutée.La survivance La lutte des minorités pour sauvegarder leur culture est un phénomène planétaire.Procédant d’une grande inquiétude, elle indte.les petites populations au durcissement identitaire.A la longue, elle risque d’inculquer la crainte de l’autre, de freiner les élans de débordement, d’induire à un face-à-face douloureux, inhibiteur, avec soi.C’est le lot de toutes les pe- tites nations.Mais justement, pourquoi ne pas le considérer comme tel?Est-ce qu’on n’y trouverait pas des façons de recadrer la perspective, de découvrir des dimensions négligées, peut-être aussi des motifs d’assurance, des voies de développement?Nous n’aurions rien à perdre à conduire l’examen sur cet horizon.Au contraire, nous y gagnerions en vision, en profondeur, en assurance, en audience.D’autres pistes D’autres exemples?Pensons à l’histoire de la colonisation, longtemps enserrée elle aussi dans la problématique de la survivance, ignorante des autres collectivités neuves qui vivaient les mêmes expériences de peuplement, des types humains qui s’y façonnaient, de la culture, de la société qui y prenaient forme.Il en a résulté une image étriquée, déformée, appauvrissante de la spécificité québécoise.Pensons à la Conquête, qu’une histoire recentrée aborderait sous l’angle d’une substitution de métropoles.Le fait n’est pas inédit dans l’histoire des colonies, d’où l’occasion d’une analyse comparée, réorientée: quelles formes prend ce genre de phénomène?Quels en sont les paramètres sociaux, culturels, et les répercussions sur le devenir de la société coloniale?Quelles sont les stratégies des nouveaux maîtres?Et le reste.Il y a aussi la diversification ethnique du Québec et les conduites d’inclusion et d’exclusion qui y sont associées.Sur cette voie, la comparaison révélerait ce qu’on ne sait pas assez ici et ailleurs: le Québec a toujours été un gros receveur d’immigrants dont l’intégration fut relativement aisée (d’où viennent dès lors les procès, les autoprocès de xénophobie?).Le rapport culturel avec la France est le sujet qui a sans doute le plus souffert de la fermeture; le débat de plus en plus confus qui entoure le thème de l’américanité en est l’une des nombreuses figures.Tout comme le tourment de la norme linguistique.Une plate-forme culturelle Cette histoire recentrée, ouverte, qui resingularise par le truchement de l’universel, promet bien plus qu’un profit strictement scientifique.Elle est source de développement culturel; elle éduque et rapproche les citoyens.Du point de vue du pluralisme, elle créerait une plate-forme susceptible d’extensions et d’additions.Ouverte à l’ensemble de la nation, elle intégrerait dans ses questionnements le devenir de tous les groupes ethniques.Recentrée, resingularisée comme je l’ai dit, elle serait en elle-même porteuse de sens pour tous les Québécois — même si, de toute évidence, ce sens varierait d’un individu ou d’un groupe à l’autre, tout comme la volonté de s’en nourrir ou non.En d’autres mots: une singularité non pas -banalisée» ou -neutralisée», mais accrue et vivante, plus riche et mieux comprise.Non pas l’histoire en trop, mais l’histoire en plus.La mémoire des Franco-Québécois, groupe ethnique fondateur, très largement majoritaire, doit-elle lui être restreinte?Assimilation des minorités francophones au Canada Le Titanic et le français YVES BEAUCHEMIN Écrivain n politique, les idées saugrenues ne manquent pas.Et à Ottawa, semble-t-il.moins qu’ailleurs.Une des dernières nous a été présentée le 24 janvier der nier par Rosaline Frith, directrice gène raie de l’intégration au ministère fédéral de la Citoyenneté.De quoi s’agit-il?Pour contrer l’assimilation galopante des minori tés françaises au Canada, on songe à leur envoyer, en guise de renfort, des immigrants francophones.C’est simple, clair et précis.Autrement dit, pour ralentir le naufrage du Titanic, on voudrait augmenter le nombre de ses passagers.Même Einstein, dans sa période la plus féconde, n’aurait pas pu mettre au point un concept aussi génial.Pour être juste, il faut toutefois ajouter qu’il ne vient pas de Mme Frith mais plutôt de Dyane Adam, notre commissaire aux langues officielles.La première fonction de Mme Adam est de s’inquiéter publiquement du sort de la langue française au Canada.Elle s’en acquitte avec brio.La seconde est de trouver des solutions pour améliorer le sort de cette langue.Elle y réussit, hélas, beaucoup moins bien.En fait, depuis sa nomination, Dyane la chasseresse d’idées galope dans une forêt bien peu giboyeuse, dont elle rapporte ce qu’elle peut.Et, entre autres, cette idée d’«ùnmigrants francophones bouées de sauvetage», qu’elle nous a présen tée le 27 février 2(X)2 et qui nous a bien fait rire, ce dont je la remercie, car rire fait du bien.Mais, surprise!, à Ottawa, on l’a prise' au sérieux.D’où l’annonce de Mme Frith.Sottise ou hypocrisie?Comme il s’agit d’Ottawa, sans doute les deux.Pour contrer l’assimilation galopante des minorités françaises au Canada, on songe à leur envoyer des immigrants francophones Financement des partis politiques Paul Martin sous influence ?LOUIS !• LA MO N DON Député du Bloc québécois, circonscription du Bas-Pichelieu-Nicolet-Bécancour ([=“! n plus d’être profondément antidémo Ecratique, la déclaration de Paul Martin selon laquelle les Canadiens seraient en désaccord avec l’idée de financer le Bloc québécois cache en fait son inquiétude .-.de voir disparaître le financement des partis politiques fédéraux — et des candidats à la course à la direction du Parti libéral du Canada — par les entreprises.Paul Martin a en effet construit toute sa carrière sur les liens qu’il entretient avec l’establishment financier du Canada.Comme ministre fédéral des Finances, son empressement à sabrer dans le pro gramme d’assurance-chômage et dans les transferts pour la santé et l’éducation lui aura permis de se concentrer sur le remboursement de la dette et les baisses d’impôt des contribuables les plus riches.Sous Paul Martin aux Finances, rutilisation des paradis fiscaux a été multipliée par cinq au Canada, une famille a réussi à soustraire deux milliards de dollars à l’impôt et une multitude d’avantages fiscaux ont été créés pour les plus fortunés, etc.C’est ainsi que l’on devient le champion de la grande entreprise.En six mois de campagne pour la direction du Parti libéral du Canada, Paul Martin a déjà amassé plus de deux millions de dollars.I-es citoyens du Québec et du Canada sont donc aujourd’hui en droit de se demander si Paul Martin n’est pas un homme sous influence.Depuis des années, le gouvernement libéral nage dans les scandales qui auront coûté des centaines de millions de dollars aux contribuables.la plupart de ces scandales étaient liés à la caisse électorale, un organisateur libéral ayant même été condamné pour trafic d’influence en 1998.la seule façon de dissiper cette odeur de scandale qui plane en permanence sur Ottawa, c’est d’adopter une loi sur le financement populaire des partis politiques, comme cela se fait au Québec et au Manitoba.En 1994, j’ai d’ailleurs proposé une motion en ce sens à la Chambre des communes.Paul Martin a voté contre cette motion.Ëcrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8(XX) carac tères (y compris les espaces), ou 1KX) mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redactiontoledewir.am) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes i l’Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire [adjoint au directeur de l'information), Jeanne CorriveaufeifiW.Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Paule des Rivières (fditorialiite), Jean Dion, Ia,uis-Oilles Erancœur (environnement).Benoit Munaer (restonsable dn site Internet).Josée Boileau.Julie Carpentier (sports).Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé).Pauline Gravel (science) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques).Martin ILucius et Christine Dumazet(relectrurs) Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (rejpoasaWe), Jean-Pierre I-egault, Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetil (livres).Odile Tremblay (cinéma).Bernard lamarchr (arts visuels), i I information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l information).Dominique Reny, Éric Desrosiers.Valérie Dufour.Claude Turcotte; à l’information internationale Claude lévesque.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélène Buzietti, Manon Cornetlier (corresbondantrs bariementairts a Ottawa).Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants pariementairts d Québec).Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire d la rédaction) ; I/mise Maude Rioux Soucy.Genevieve Otis-Dionne (commis) la doeumontation Gilles Paré (directeur)' Manon Derome Serve Laolante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICfTÉ ET LF.MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy.Gyslaine Cité.Marlène Cité, Annie Duguay, Martin Fournier, Christiane legault.Amélie Maltais.Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Micheline RueVand, (publicitaires) iaurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Daniel Hazinrt (responsable de la production).Claudine Bédard.Michel Bernatchei, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Caniara, Richard Des Cormier», Donald Rhon Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.linda Thériault Irespcmsablc service à la clientèle, distribution et tirage).Marie-Eve Santerre, (coordonnatrice à la promotion rt i la sollicitation), Moniquel.'Heureux, Use lachapelle, Rachelle Leclerc Marie-France Dalcourt.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Germain Haeck (conlr/)lcnr).Ghislaine I.afleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Chantal Rochon, Danielle Ross LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président eiéeutif et directeur général) m ¦MMMMMflM A 10 l E DEVOIR.LE JE U DI 30 J A N VIER 2 0 0 3 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES DRAPEAU SUITE DE LA PAGE 1 Sud l'hiver.Et, dans ce lot, dans le cas du colloque sur Jean Drapeau, il y a des gens dont on ne pouvait vraiment pas se passer.» Le comité organisateur a surtout fait chou blanc avec les participants aux deux principales séances qu’il prévoyait (ouverture et fermeture).Le professeur Bélanger affirme avoir essuyé «au moins 20 ou 25 refus» de personnalités importantes «qui ont connu ou côtoyé M.Drapeau».Il refuse cependant de fournir des noms.«Par contre, je peux dire qu’on en était rendus à faire du remplissage.Im décision de reporterie colloque a donc été prise».L'événement est remis «à une date ultérieure», selon la directrice des communications de l’université, F'rancine Jacques.1^ professeur Bélanger souhaite le remettre sur pied à l’automne prochain, avant le départ des snowbirds.Il semble d’ailleurs probable que pour la même raison, les futurs colloques de la série se tiendront dorénavant avant l’hiver.Le plan prévoit de porter les projecteurs savants sur Pierre Elliott Trudeau en 2004.Le Devoir a appris que ce nouvel exercice scientifique sera organisé en collaboration avec l’université de Toronto.Les actes de la dernière rencontre de la série, qui avait porté sur Robert Bourassa, doivent paraître bientôt aux Presses de l’Université Laval.En tout cas, la communauté uqamienne ppurra se consoler avec un autre colloque en mars.A peu près aux mêmes dates prévues pour la mise en examen de Jean Drapeau (du 31 mars au 4 avril), la faculté de l’éducation de l’institution organisera une semaine d’activités et un «colloque scientifique de portée internationale» sur le thème «40 ans après le rapport Parent: réalisations et prospectives».La liste des nombreux invités de marque comprend le ministre de l’Education actuel, Sylvain Simard, et deux anciens titulaires du poste, Paul Gé-rin-I^ijoie et Claude Ryan.Le programme prévoit un hommage spécial à Guy Rocher et à Ghislaine Roquet, les deux seuls membres toujours en vie de la commission Parent sur l’éducation, lancée en pleine Révolution tranquille.Hier, il s’en trouvait au sein de l’UQAM pour établir un lien entre ceci et cela, entre le report d’un colloque bancal et la tenue d’un autre qui promet.Le service des communications rejetait catégoriquement cette hypothèse.Il s’en trouve aussi pour souligner que l’explication par les snowbirds ne dit peut-être pas tout.«Une des explications du désistement des proches de Jean Drapeau vient peut-être du style de gestion de l'homme», note l’historien Robert Comeau, qui devait participer aux débats.«Il n avait pas d’équipe.Il agissait en solitaire, de manière autoritaire.On peut donc penser que ceux qui devaient quand même travailler avec lui n’ont pas le goût de lui trouver des qualités extraordinaires.» Le professeur Bélanger n’acquiesce pas.«Justement, l’idée, c’est de débattre, dit-il.Nous recherchons les points de vue critiques et nous voulons leur permettre de s’exprimer.Par le passé, on a eu des débats très intéressants, par exemple sur la privatisation d’Hydro-Québec.» Sous la gouverne de Jean Drapeau, Montréal a notamment annexé Rivière-des-Prairies, le village de Saraguay, Saint-Michel et Pointe-aux-Trembles, construit la Place des Arts et le métro, organisé l’Exposition universelle de 1967, les Jeux olympiques d’été de 1976 et les Floralies de 1980.Son administration a aussi livré le développement de la ville aux promoteurs immobiliers, qui l’ont défigurée sans vergogne.La série sur les leaders du Québec s’est, déjà penchée sur la CSN, Le Devoir et Georges-Emile Lapalme.Deux autres colloques planifiés ont été annulés dans les années 90, un sur Jean Marchand, un autre sur La Presse, chaque fois par manque de volonté de certains joueurs clés.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9' étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Esl Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 lx» site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514)985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont k* siéjre social est situé au 2050.rue IV Bleury, y étajfe.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean.800, boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Ifresse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900, boulevard Saint Martin Ouest.Laval.Envoi de publication —* Enregistrement n* 0858.IVpAt légal: Bibliothèque nationale du Québec.IRAK «Le risque de ne rien faire, le risque d'attendre le mieux de Saddam Hussein n'est pas un risque que nous prenons» SUITE DE LA PAGE 1 l’ONU, Mohamed al-Douri, a assuré que son pays avait l’intention de «coopérer activement» avec les inspecteurs.L’ambassadeur américain aux Nations unies John Negroponte a toutefois déclaré que même si «nous n’avons pas de calendrier précis en tête, la situation est urgente, la fenêtre d’opportunité est en train de se fermer».«Le risque de ne rien faire, le risque d’attendre le mieux de Saddam Hussein n’est pas un risque que nous prenons», a pour sa part déclaré le président américain George W.Bush, en déplacement dans le Michigan, répétant que «la question fondamentale est de savoir quand Saddam Hussein va désarmer».«On ne peut pas contrôler Saddam Hussein et on ne peut pas espérer changer son esprit maléfique par la thérapie», a ironisé le président américain.Or «il est clair qu’il ne désarme pas», a ajouté M.Bush, qui avait déjà dressé un réquisitoire sévère contre l’Irak lors de son discours sur l’état de l’Union mardi soir.Ce discours, qualifié de «vieux disque rayé» par Bagdad, a été l’occasion pour ,M.Bush d’annoncer l’intervention du secrétaire d’Etat Colin Powell devant le Conseil de sécurité le 5 février.M.Powell dévoilera notamment aux partenaires des Nations unies des dossiers de la CIA, selon le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld.La réunion du 5 février sera présidée par le ministre allemand des Affaires étrangères, Joschka Fischer, alors que l’Allemagne, qui présidera le Conseil de sécurité en février, se refuse pour l’instant à prendre part à ce conflit Hier, le chancelier allemand Gerhard Schrôder, qui a exprimé pour la première fois des doutes sur les chances d'éviter une guerre en Irak, a regretté que Washington attende encore pour présenter les preuves dont il dispose.Pour la France, le Mexique ou la Russie, la réunion de mercredi prochain ne doit pas être le dé- but d’un processus amenant le Conseil de sécurité à constater de nouvelles violations patentes commises par l’Irak, ce qui ouvrirait la voie à une opération militaire, mais une étape dans la poursuite de?inspections.A Washington, le chef d’état-major américain, le général Richard Myers, a pour la première fois reconnu que des militaires américains se trouvent déjà dans le nord de l’Irak.Il y a des forces américaines «pas nombreuses», a déclaré le général Myers, alors que des experts estiment que des membres des forces spéciales et des agents de la CIA travaillent sur le terrain avec l’opposition kurde, notamment dans la perspective d’une éventuelle invasion.Pour sa part, M.Powell a déclaré à Washington qu’un moyen pour l’Irak d’éviter la guerre serait de faire partir Saddam Hussein.S’il décidait de quitter le pays avec certains membres de sa famille et de son régime, «nous pourrions tenter d’aider à leur trouver un endroit où aller», a déclaré M.Powell.Le haut-représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solana, a estimé hier à Bruxelles devant le Parlement européen que le «bien-fondé d’une guerre» en Irak n’a pa?été établi.A Bagdad, le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a «démenti catégoriquement» hier tout lien irakien avec al-Qaïda, mettant «au défi [le président] Bush et son gouvernement de présenter une preuve» de ce qu’ils affirment.Un autre responsable irakien, le général Hossam Mohamed Rachid, chef de l’Organisme national de contrôle, chargé des relations avec les inspecteurs, a également démenti que le gouvernement irakien torture les scientifiques, les menace et les massacre, ainsi que l’a affirmé Washington.Le ministre irakien de la Culture, Hamed Youssef Hammadi, a affirmé que Bagdad donnera une «leçon cuisante» aux Etats-Unis si ceux-ci l’attaquent CHRETIEN «On a regardé ce qui est arrivé au Québec en 1977.La limite était de 3000 $.En dollars d'aujourd'hui, c'est environ 10 000 $.L'erreur commise au Québec, c'est de ne pas avoir indexé cette limite.» SUITE DE LA PAGE 1 d’une entreprise ou des sections affiliées d’un syndicat.L’idée, avoue-t-on, c'est de décourager les grandes entreprises de financer les élections tout en permettant aux petits commerçants du coin, au dépanneur voisin ou à l’entreprise de nettoyage à sec du beau-frère d’encourager leur député.«Ça ne veut rien dire pour les grandes entreprises, a reconnu le ministre responsable, Don Boudria.Disons que je m'appelle Imperial Lord et qu 'il y a 301 candidats au Canada.Quelle différence ça fait si je leur envoie 12 $ chacun?Ça ne veut rien dire.Mais ça permet en même temps au dépanneur du coin, qui est incorporé, d’acheter deux billets pour le dîner annual du député.» A ceux qui brandissent les contournements de plus en plus fréquents à la loi québécoise pour prouver que de telles limites sont inutiles, Ottawa répond qu’il a perfectionné le modèle de René Lévesque.«On a regardé ce qui est arrivé au Québec en 1977.La limite était de 3000 $.En dollars d’aujourd’hui, c’est environ 10 000 $.L’erreur commise au Québec, c’est de ne pas avoir indexé cette limite», a expliqué un proche conseiller de Jean Chrétien, Eddie Golden-berg.«Nous, on dit 10 000 $, mais ce sera indexé.» «Au Québec, c’est à cause de l’absence d’indexation et peut-être aussi d'un financement public insuffisant qu’il y a des contournements à la loi, a-t-il poursuivi.Ces contournements, c’est quand une entreprise demande à dix de ses employés de donner 10 000 $ et les rembourse ensuite avec des bonis de fin d’année.» Des mesures anticontournement sont prévues à la loi.Les peines peuvent atteindre 5000 $ d’amende ou cinq ans de prison.La limite semble haute lorsqu’on sait que le don moyen en 2001 a été de 591 $, entreprises et particuliers confondus! Transparence accrue La loi vise aussi à boucher les fameux «trous noirs» qu’a si souvent dénoncés le directeur général des élections (DGE), Jean-Pierre Kingsley.En effet, les limites s’appliqueront aussi dans le cas des courses à l’investiture et des courses à la chefferie des partis politiques (mais pas à celles qui ont cours au Parti libéral et au Parti conservateur).De même, les associations de circonscription, jusqu’à présent exemptées de faire rapport sur leurs sources de revenus en dehors des campagnes électorales, devront désormais jouer cartes sur table en tout temps.Dans ces trois cas de figure, il faudra remettre des rapports annuels au DGE.Tout l’argent servant de près ou de loin aux élections sera ainsi comptabilisé de façon publique.«Notre principe numéro un, c’est une divulgation totale.Finis les trous noirs, fini l'argent donné sous la table», a indiqué M.Goldenberg.Mais certains se demandent si la transparence ne risque pas d’être encore moins élevée qu'auparavant si, au lieu d’avoir droit à une liste d'entreprises, les citoyens ont droit à une liste de noms de hauts dirigeants d’entreprise inconnus du public mais bien connus des politiciens.«Il n’y a jamais de perfection, a reconnu M.Goldenberg.Peut-être que le meilleur système, c’est un financement public total des partis politiques.Je ne sais Pas si ce serait fantastique.Il faut essayer d’avoir la participation des citoyens.» Don Boudria offre un autre point de vue.«Savoir à l'heure actuelle que la compagnie ABC 1234 inc.a donné une contribution électorale, où est la transparence là-dedans?», a-t-il lancé en faisant référence aux nombreuses compagnies à numéro qui contribuent aux partis politiques.En contrepartie de ces limites, l’État financera les partis politiques davantage qu’il ne le fait à l’heure actuelle.Cela coûte 39 millions actuellement, et il faudra ajouter 23 millions par année et 40 millions lors des années électorales.Ainsi, les candidats devront récolter 10 % des voix (au lieu de 15 %) pour se qualifier au remboursement de la moitié de leurs dépenses électorales.De même, les partis politiques se feront rembourser non plus 22,5 % de leurs dépenses électorales mais bien 50 %.De plus — et c’est complètement nouveau au niveau fédéral —, si un parti politique a reçu plus de ?% des voix lors d’un scrutin, il obtiendra de l’État un versement de 1,50 $ pour chaque vote obtenu, et ce, à chaque année jusqu’aux prochaines élections.Par ailleurs, les dépenses électorales seront aussi limitées dans le cas d'une course à l’investiture, une mesure qu’on présente comme une façon d’attirer plus de femmes dans l’arène politique.Un héritage empoisonné?M.Goldenberg a nié que Jean Chrétien présente cette loi afin de laisser un héritage empoisonné à son successeur pressenti, Paul Martin, lui qui dépend tellement du financement des entreprises.Au contraire, il le débarrasse d'un dossier chaud.De même, le premier ministre estime que le temps était venu de présenter une telle loi afin de dissiper le cynisme des électeurs, selon son conseiller.«Le premier ministre estime qu’il fallait prendre le taureau par les cornes.Il l’a fait avec la Loi sur la clarté et il le fait encore maintenant.» Le gouvernement prévoit que les nouvelles mesures bénéficieront davantage aux partis d’opposition qui obtiennent moins de dons d’entreprises et qu’elles faciliteront l’émergence de nouveaux partis politiques, qui obtiendront ainsi un financement stable.Des appuis dans l’opposition Le Bloc québécois est probablement le parti qui se réjouit le plus de cette initiative parlementaire.Même si on disait y voir une stratégie de la part de Jean Chrétien dans le but de redorer son image, affectée par le scandale des commandites aux Groupaction et autres, on promet de collaborer avec le gouvernement.«C’est un signal puissant qui est donné aujourd'hui, comme on l'avait fait au Québec en 1977, [selon lequel] la politique doit se faire à chances égales, à armes égales, et qu’il y a de moins en moins de place pour les influenceurs extérieurs», a dit le député Michel Gauthier.Le NPD était lui aussi aux anges tandis que le Parti conservateur de Joe Clark a demandé un vote libre à la Chambre des communes sur le sujet Seule l’Alliance çanadienne s’est farouchement opposée à ce que l’État finance les partis politiques Tout devrait revenir au choix individuel de financer ou non une formation politique.«Le gouvernement ne peut pas compter sur l’appui de l’Alliance canadienne, à moins que la philosophie du financement illimité par les contribuables ne soit changée», a déclaré le chef Stephen Harper.Don Boudria a indiqué que le gouvernement serait ouvert à apporter des amendements à son projet de loi en comité si les députés le jugent nécessaire.Mais il faudra que cela se fasse selon l’esprit du projet de loi.Aussi, éliminer l’interdiction faite aux entreprises et aux syndicats de faire des dons aux partis politiques ne serait pas conforme à cet esprit a insisté M.Boudria.En d’autres termes, il s'agit d’une condition non négociable.t CADRES SUITE DE LA PAGE I de verser les primes ou non.Pour les cadres supérieurs et intermédiaires, cette décision est prise sur la recommandation des directeurs généraux.Dans les hôpitaux déficitaires, une condition était fixée pour que les directeurs généraux obtiennent malgré tout une prime: il fallait que leur hôpital ait signé avec le ministère une entente de retour à l’équilibre budgétaire, comme l’exige la loi antidéficit dans le réseau de la santé.Or on sait que ces ententes n’ont pas été respectées.«Le déficit n’est pas nécessairement lié à la performance du directeur général», a de son côté expliqué Christine Rouleau, directrice de la gestion et du développement de la main-d’œuvre à la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Montréal-Centre.En 2001, le ministère a commandé un rapport à la firme Groupeconseil Aon-Rémunération sur «l’application de la bonification au rendement» des cadres et des hors-cadres dans le réseau de la santé.Ce rapport présentait une méthode sophistiquée d’évaluation du rendement, basée sur des «zones de performance et d’amélioration», par exemple la satisfaction de la clientèle et les listes d’attente.Il prévoyait que les primes au rendement pourraient atteindre jusqu’à 10 % du salaire en raison d’un rendement exceptionnel.D n’est pas rare, dans le secteur privé, que les primes au rendement atteignent 10 %, voire 15 % du salaire d’un cadre.Puisque le ministère n’avait prévu qu’une somme de 4 % pour les deux années, toute prime plus élevée devait provenir du budget de fonctionnement — extrêmement serré ou même déficitaire — de l’établissement Dans les faits, on s’en est tenu au 2 % par an et on l’a versé à tout le monde, à quelques exceptions près, a expliqué M.Denis.«Ce sont des montants trop petits pour valoir la peine de décevoir des gens pour en récompenser d’autres.A2% par année, c’est ridicule», a-t-il dit La culture dans le réseau de la santé est réfractaire aux primes au rendement individuelles.«Il y a une culture qui est opposée à cela dans la santé.C’est une formule ridicule», estime Robert Savard, président de l’Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux.Selon lui, le gouvernement devrait commencer par mieux rémunérer en salaire ses cadres de la santé avant de penser à les récompenser.«De toute façon, c’est inscrit dans le système: on distribue les primes à tout le monde», a-t-il fait observer.Le ministère vient amorcer des discussions avec le Conseil du trésor afin de hausser les primes.au rendement pour les rendre un peu plus significatives.Il doit informer les établissements du pourcentage global qu’il réservera aux primes au rendement pour l’exercice 2002-03 qui s’achève.«Si c’est 2 %, ça va être vraiment ridicule, estime Michel Denis.Ce n’est pas avec ça qu’on fait virer m réseau de bout en bout.» CD SUITE DE LA PAGE 1 Montréal.«La tendance est ancrée», commente Steve Massicotte, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).«Le quartier est attirant pour tes voleurs compte tenu du profil sociodémographique des gens qui y résident.Par contre, les mesures de prévention prises au cours des derniers années ont permis de diminuer considérablement ce type de crime dans ce secteur de nie.» Vrai.Entre 2001 et 2002, les cambriolages sur le Plateau ont ainsi baissé de 26 %, ce qui n’empêche toutefois pas cette zone urbaine de demeurer en tête du palmarès des quartiers les plus courus par les brigands de ruelles.Des voleurs, du reste, qui, depuis quelques années, ont visiblement trouvé, dans ce coin de la ville, leur spécialité: le vol de disques compacts.En effet, en 2001, pas moins de 66 000 CD ont ainsi été dérobés dans les appartements du Plateau, selon les chiffres fournis par les postes n“ 37 et 38.Le tout pour une valeur totale estimée à.1,3 million de dollars! «C’est énorme!», lance Christine Doucet responsable de la prévention au poste n° 37.«Cela représente 54 % du volume de CD volés pour l’ensemble du secteur nord de la ville.» Après Westmount, très bien connu des forces policières pour ses voleurs d'œuvres d’art, le Plateau est donc doucement en train de se forger une identité dans l’univers de la petite criminalité.Au grand désespoir des mélomanes collectionneurs qui y habitent «C’est un peu normal», estime Michèle Faille, de Tandem Montréal, organisme versé dans la prévention de la criminalité à Montréal.«Sur le Plateau, on trouve beaucoup de jeunes ménages qui s’intéressent bien sûr à la musique.De plus, ce type de bien est très facile à dérober.Ça se transporte bien et, qui plus est, ça se revend aussi très facilement dans les nombreux magasins de CD d'occasion que l’on retrouve dans le quartier», dont plus de la moitié, sur la trentaine que compte le quartier, se trouvent sur la seule avenue du Mont-Royal Est Le vol de CD, principalement dans les logements du boulevard Saint-Joseph et de la rue Rachel, selon le SPVM, est à ce point inquiétant qu’en octobre dernier, les postes de police du secteur ont décidé de lancer un projet-pilote de marquage de ces objets de convoitise.Au programme: 1500 trousses comprenant des autocollants dissuasifs à placer sur la porte des maisons ainsi qu’un nécessaire d’identification des CD avec une encre indélébile — «même avec du décapant à peinture», précise Mme Doucet — ont été distribués aux résidants de ces deux artères.Résultat «Deux mois plus tard, le nombre de cambriolages sur ces rues avait considérablement diminué, commente Christine Doucet Par contre, le volume de CD volés pour le secteur des postes rri 37 et 38, lui, n’a que très peu baissé puisque les voleurs se sont rabattus sur d’autres rues.Ce constat nous incite aujourd’hui à envisager l’extension du programme de marquage à l’ensemble du quartier.» Et pourquoi pas à l’ensemble de 111e, où plusieurs arrondissements font depuis peu les frais de la baisse du nombre de vols dans les résidences des quartiers aux alentours?C’est entre autres le cas de l’Ouest-de-Ule, où les introductions par effraction dans les maisons connaissent un boum impressionnant, selon les données statistiques compilées.En ligne de tête: le secteur de Beaconsfield, Baie^dUrfé, Senneville et Sainte-Anne-de-BeUevue, où ce type de crime a connu une croissance de.68 % entre 2001 et 2002.Juste devant Pierrefond et Roxboro, voire Dol-lard-des-Ormeaux, où la hausse a respectivement été de 64 % et 62 % pour cette même période.Mais que les habitants de ces secteurs de l’ouest de Montréal se rassurent: même avec des taux de croissance aussi élevés en matière de «crimes contre la propriété», comme disent les fonctionnaires du SPVM, les «visites» de maisons y sont encore cinq fois moins nombreuses que dans la «zone Plateau» de 111e de Montréal.
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