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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-03-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 MARS 2007 CC » ! nternational LE DEVOIR JOURNEE DES FEMT % TMiïï mkt »" 5SW' 7i PP nn iwimiiM ¦y \ ” «jWj ¦.mm dm '1§m isl ¦ I f .\»p*.9 ¦ ml Xd «I «iàte .¦ • '• Elles nous avaient habitués à des coups d’éclat.En 2007, ce sera calme: elles ne prendront point en effet d’assaut la place publique en ce prochain 8 mars, moment de l’année consacré comme étant la Journée internationale des femmes.Tout irait-il donc pour le mieux?NORMAND THÉRIAULT Il y eut un temps pour les coups d’éclat «Du pain et des roses» en fut un, pour inscrire dans la mémoire collective une autre façon de faire, de penser et d’agir: car la solidarité s’exprime aussi par le partage et la compassion.Et puis ce fut la Marche mondiale des femmes, une chaîne planétaire où toutes se rejoignaient pour affirmer que le combat de l’une pouvait devenir la lutte d’une autre.En 2007 au Québec, ce coin de terre dont la Fédération des femmes a été un porte-parole planétaire d’une autre parole, celle formulée dans un discours parfois féministe mais toujours féminin, le 8 mars sera cette année fort calme.En cet après-midi à venir, cette même fédération procédera ainsi à des échanges contenus dans l’espace fermé de ses locaux.Et le Forum des femmes de Montréal laisse à d’autres, qui ne se sont encore point manifestées, le soin d’organiser une éventuelle démonstration publique.Quant aux combattantes étudiantes, celles rassemblées dans la structure des ASSÉ, les associations de solidarité syndicale étudiante, la priorité est autre: la bataille a pour cadre le domaine scolaire, du gel des frais de scolarité à la gratuité complète pour la poursuite d’études supérieures.De droit et de fait Une apparente accalmie peut donc laisser croire que le temps n’est plus à l’urgence pour les femmes.Il faut en effet rappeler que politiquement un grand pas a été franchi quand, en décembre dernier, l’Assemblée nationale du Québec a reçu le dépôt d’une politique gouvernementale qui suggère les actions et offre les moyens «pour que l’égalité de droit devienne une égalité (te fait».Légalement, juridiquement et socialement, la lutte des femmes a remporté ici une victoire.Et publiquement, nul ne s’élève contre une telle mesure.Dans le cadre de la campagne électorale en cours, tous et toutes, du PLQ à l’ADQ en passant par le PQ et Québec solidaire, souscrivent à l’énoncé tel que formulé: les bémols viendront quand il sera question des budgets afférents, ou à propos d’autres lois qui ont des incidences sur les revenus des femmes.Par contre, il se retrouve un autre mouvement, soutenu d’abord par le monde syndical, pour dire que, lorsqu’il est question d’égalité entres les hommes et les femmes, il faut constater que c’est «mission inachevée».Comment expliquer en effet la sous-représentation des femmes dans l’arène politique?Pourquoi sont-elles si rares celles qui détiennent des postes de direction ou des chaires de recherche dans ces universités faites, pour reprendre les mots d’une de ces dirigeantes, «par et pour des hommes»?Et quand elles travaillent, comment se fait-il Ce n’est qu’à l’usage qu’une égalité de droit devient une égalité de fiait qu’elles soient souvent proportionnellement plus nombreuses à être rémunérées au salaire minimum ou à 70 % de ce que gagnent leurs confrères?Et parlons-nous d’un système de santé qui promeut une stratégie basée sur le recours à des aidants naturels qu’il est inutile de s’interroger longtemps sur le sexe de ces potentiels bénévoles.D’accommodements et de mesures Les lois sont nécessaires: elles sont là pour contrer les abus et empêcher que les droits soient bafoués.Mais de là à ce qu’elles changent les mentalités.Ainsi, sur le destin d’une Hillary Clinton ou d’une Ségolène Royal, indépendamment des événements à venir, on glosera beaucoup, tout comme on s’interroge encore sur le fait que c’est une «dame de fer» qui a initié en Angleterre cette pensée néolibérale qui sévit à l’échelle planétaire.Et une Merkel, si elle vient de l’Est, qu’apporte-t-elle de nouveau à une Allemagne dont le souri est d’abord économique?Et les lois, que peuvent-elles autoriser, ou empêcher, en cette période d’accommodements dits «raisonnables»?Pour les féministes des années dures, actives dans ces belles années qui turent celles de la «libération de la femme», il est en effet difficile d’accepter les actuels reculs opérés par la montée des différents radicalismes religieux: de l’autre côté de l’islam, des «sœurs» retrouvent ainsi le voile pour accompagner les soutanes des prélats.Il y a donc recul par rapport aux gains passés, désespérance devant des espoirs d’un autre temps que l’on croyait pourtant Us PB f Hll VIA PRODUCTIONS devenus des réalités.Et cela n’a pas cours qu’en des pays où l’intégrisme s’impose, que ce soit par la politique, par la force ou par la violence.Près de nous, les femmes canadiennes s’élèvent ainsi contre les mesures prises par l’actuel gouvernement, celui d’un Stephen Harper qui fait siennes en plus d’un domaine les idées de ses amis du sud.Retour donc aux valeurs traditionnelles où la femme est la «reine du foyer», mère avant d’être citoyenne à plein titre et qui, si ses droits fondamentaux sont lésés, n’aura que ce que sa fortune lui permet pour tenter d’obtenir justice.Dans un tel contexte, ce seront bientôt les «preachers» contemporains, eux qui ne sont pas des Tommy Douglas, qui établiront les règles éthiques! Nécessaire vigilance Malgré cela, chez les femmes, la confiance règne.Il est vrai qu’en 40 ans, les gains ont été énormes, depuis ces jours où Claire Kirkland-Casgrain devenait la première femme à être ministre québécoise.Et tous savent que ce n’est qu’à l’usage qu’une égalité de droit devient une égalité de fait En ces jours toutefois où le néolibéralisme déborde du secteur économique, imposant une mondialisation qui influe directement sur les situations locales, le vigilance s’impose.Et si un jour, les femmes constatent qu’il y a atteinte à leurs droits, souhaitons qu’elles seront alors prêtes, une fois de plus, à s’afficher présentes.Le retour des jours ramène parfois deç temps, et des philosophies, que l’on croyait oubliés.Le Devoir ifflHiaMSpBj ‘'tf * * ¦ ¦ ^; y .V'A- ¦S U;.- y.,;, y ' > « y V'\ f » ; ¦ V / d MM Journée internationale des femmes 8 mars 2007 TOUTE L ’A, CSN La CSN y travaille au quotidien 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 MARS 2007 JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES Politique pour l’égalité entre les femmes et les hommes Cap sur une égalité de fait Les partis d’opposition déplorent un manque de fonds et de mesures concrètes La Journée internationale des femmes est une occasion de mesurer le chemin qu’il reste à parcourir en matière d’égalité entre les sexes.La politique «Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait», présentée en décembre, énonce des objectifs pour les dix prochaines années.Entrevue avec la ministre Carole Théberge et points de vue de porte-parole du PQ, de l’ADQ et de Québec solidaire.BRIGITTE SAINT-PIERRE La promotion de modèles et de comportements égalitaires, l’égalité économique entre les femmes et les hommes, la conciliation travail-famille, l’adaptation des soins de santé aux spécificités des femmes, le respect de leur intégrité et de leur sécurité ainsi que leur participation aux instances décisionnelles sont les six orientations de la politique «Pour que l’égalité de droit devienne une égalité de fait», que la ministre de la Famille, des Atoés et de la Condition féminine, Carole Théberge, a présentée en décembre.Depuis lors, elle s’est rendue dans différentes régions du Québec pour présenter sa politique à des regroupements de femines, à des élus municipaux, à des représentants des Conférences régio- nales des élus et à des dirigeants d’organismes.«Je dis toujours aux personnes qui sont devant moi dans les conférences: “Vous êtes ici pour deux raisons, explique la ministre.La première, c’est parce que vous êtes un homme ou une femme de cette société.Vous avez des gestes à faire au quotidien pour que l’égalité de droit devienne l’égalité de fait, pourfaire vous aussi les gestes qui vont prévenir des inégalités.La deuxième raison pour laquelle vous êtes devant moi, c’est que vous avez aussi un poste qui fait en sorte que vous pouvez influencer les décisions et prendre les mesures nécessaires”.» Approches multiples Dans sa politique, le gouvernement adopte notamment ainsi une «approche sociétale», visant à mobiliser les différents acteurs sociaux pour atteindre l’égalité de fait.Outre une «approche spécifique» JACQUES NADEAU LE DEVOIR La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David -me #0| J U www.ecosociete.org OURNÉE INTERNATIONALE DE LA FEMME Un livre pour célébrer les divers combats des femmes à travers le monde Peggy Antrobus Le mouvement mondial des femmes C'est le message d'une féministe du Sud aux nouvelles générations de militantes.Antrobus retrace les origines du mouvement mondial des femmes, étudie toutes ses formes, son extrême diversité et invite les groupes de femmes des quatre coins de la planète à se connaître, se reconnaître et dialoguer les unes avec les autres.Nouveauté Enjeux Planète Disponible le 8 mars en librairie ISBN 978-2-923165-16-0 20$ pour corriger les inégalités, il met aussi de l’avant une «approche transversale», qui «consiste à s’assurer que les lois, les politiques, les programmes et les services publics dans leur ensemble aillent dans le sens de l’égalité entre les femmes et les hommes ou n’y contreviennent pas».La politique comprend 18 objectifs liés à l’une ou l’autre des six orientations.Prévenir et contrer la violence conjugale et les agressions sexuelles, et améliorer la sécurité économique des femmes font partie des objectife poursuivis.La politique s’accompagne d’un plan d’action triennal, qui comprend 63 actions liées aux différents objectifs.De nouveaux investissements d’un montant de 24 millions de dollars y sont consacrés.Avec ces fonds, le gouvernement entend notamment continuer à appuyer les organismes régionaux de soutien à l’entrepreneuriat féminin, et offrir un soutien financier et technique aux entreprises ainsi qu’aux associations patronales et syndicales pour la promotion et l’implantation de mesures de conciliation travail-famille.Mesures concrètes et fonds suffisants ?Le Parti québécois, l’Action démocratique du Québec et Québec solidaire adhèrent aux orientations de la politique, mais déplorent un manque de fonds et de mesures concrètes.«Là où je mets des bémols, c’est à propos des actions, parce que premièrement, il n’y a pas un budget suffisant pour atteindre les objectifs.Deuxièmement, dans les actions choisies, il y a beaucoup d’études, de recherches, il y a beaucoup de souhaits —favoriser par exemple la répartition équitable des responsabilités familiales, sensibiliser, etc.», déclare la porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine, Jocelyne Caron.La députée péquiste estime qu’il aurait fallu consacrer au moins 31,5 millions à la réalisation du plan d’action triennal et réserver de plus des montants «pour s’assurer qu’il y ait une représentante du Conseil du statut de la femme dans chacune des régions du Québec», ce qui n’est pas le cas actuellement.En tout, le gouvernement aurait dû selon elle investir de 39 à 42 millions.Cette ancienne secrétaire d’Etat à la condition féminine aurait souhaité que l’analyse différenciée selon les sexes (ADS) soit étendue à l’ensemble des ministères et des politiques.Le plan d’action triennal prévoit l’application de l’ADS à une quinzaine de projets, de programmes ou de mesures.La poli- JACQUES GRENIER LE DEVOIR La ministre de la Famille, des Ainés et de la Condition féminine, Carole Théberge tique mentionne que l’ADS est «une approche de gestion qui permet de prévoir, au cours de la conception d’une politique ou de toute autre mesure, ses effets distincts sur les femmes et les hommes».Vœux pieux?«On ne peut pas être contre [les objectifs de la politique], affirme pour sa part la candidate adéquiste dans Taschereau, Caroline Pageau.On estime que c’est une politique qui dit ce que tout le monde voulait vraiment entendre; ce sont tous un peu des vœux pieux par contre, il n’y a pas vraiment d’actions concrètes qui sont décrites.» Elle note une «incohérence» en ce qui concerne la volonté de parvenir à l’égalité économique entre les femmes et les hommes.Elle rappelle le débat au sujet des heures d’ou-verture des commerces et du nombre d’employés après une certaine heure.Le gouvernement libéral a adopté en décembre une loi permettant aux épiceries d’avoir plus de quatre employés jusqu’à 20h les samedis et les dimanches, alors que c’était auparavant interdit à compter de 17h.«On sait que souvent il y a beaucoup de femmes qui travaillent dans ces commerces-là.On ne se préoccupe pas du tout [de savoir] où elles font garder leurs enfants», dit-elle.La candidate de l’Action démocratique du Québec plaide pour des mesures pour les femmes qui travaillent le soir et la fin de semaine.Elle rappelle que son parti a L Intersyndicale des femmes «I/ S 5 V'V lt_f.C’était il y a 40 ou 30 ans, c’était hier.Les femmes arrachaient un à un les droits refusés depuis des siècles: droit à l’éducation, au travail, à l’égalité juridique, à la contraception.Beaucoup a été fait, célébrons-le.Beaucoup reste à faire, attaquons-le.«•W ® ®, XÛ SI M s sraa annoncé son intention, s’il prend le pouvoir, de verser une alloca-’ tion de 100 $ par semaine pour chaque enfant d’âge préscolaire qui ne fréquente pas un service de garde subventionné.Faire plus La porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, parle pour sa part d’une politique «généreuse dans les mots» et qui «désigne des cibles intéressantes», mais déplore un manque de moyens et un certain nombre de problèmes.«On prône l’égalité économique des femmes, c’est une très bonne idée.Le problème, c’est qu’en même temps, le gouvernement du Québec a adopté les lois 7 et 8 qui empêchent les éducatrices en milieu familial de se syndiquer, de même que les femmes qui travaillent dans des ressources familiales, pour accueillir par exemple des personnes handicapées», déclare Mme David.Elle déplore que le gouvernement indexe seulement à moitié les prestations d’aide sociale depuis 2005.Québec solidaire voudrait aussi que le salaire minimum, qui sera de 8 $ l’heure à compter du 1" mai, s’élève au moins à 10 $ l’heure.«On sait que plus de 60 % des personnes au salaire minimum sont des femmes», souligne Mme David.Québec solidaire souhaite par ailleurs que l’on vienne en aide à toutes les femmes qui désirent intégrer le marché du travail, et pas seulement à celles qui sont les plus prés du but, au détriment de celles qui sont peu scolarisé.es, voire peu alphabétisées.Son parti plaide aussi pour une campagne de sensibilisation à la violence plus longue et ré- currente faite aux femmes.Le gouvernement «a commencé à faire quelques publicités télévisées sur la question de la violence faite aux femmes, mais ça dure toujours très peu de temps, ça arrête», affirme Françoise David.Des millions qui s’ajoutent à d’autres La ministre Carole Théberge se défend de ces critiques.«R y a plusieurs mesures concrètes et il y a assez de fonds aussi», soutient-elle.Elle souligne que, parmi les 63 actions du plan triennal, 42 sont de nouvelles mesures.Elle fait valoir que la somme additionnelle de 24 millions «s’ajoute à des dizaines et des dizaines de millions qui sont là dans d’autres programmes».Elle évoque par exemple la somme de 90 millions de dollars que le gouvernement a réservée pour lutter contre la violence laite aux femmes entre 2004 et 2009.Le Plan d’action gouverne: mental 2004-2009 en matière de violence conjugale comprend une campagne de prévention.«On travaille à faire en sorte que cette campagne soit récurrente et dure le plus longtemps possible», dit-elle.La ministre mentionne par ailleurs que des mesures de la politique d’égalité pourront être financées «à même les budgets des ministères concernés», rappelant son approche «transversale».Elle insiste sur la nécessaire implication de tous les intervenants.«R faut que les gens se sentent impliqués et imputables des résultats.» Collaboratrice du Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR La porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine, Jocelyne Caron Toute l'égalité, l'égalitéqoour toutes._ 1.11 tvu* ’ t POUR QUI En solidarité WtldriiUon tics trii\ iilllouix t't Iriiv.itllt’ttsrs «Itt (.im-lttr www.ftq.qc.ca LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 MARS 2007 G 3 JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES Fédération des femmes du Québec Pour un débat électoral «Il y a encore beaucoup à faire pour que l’État québécois soit laïque» La Fédération des femmes du Québec (FFQ) se réjouit du fait que la Journée internationale des femmes ait lieu cette année en pleine campagne électorale.Avec le débat régional entourant la question des accommodements raisonnables, plusieurs politiciens ont affirmé que le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes était non contestable.Pourtant, dans les faits, elle est toujours loin d’être atteinte.Beaucoup de travail reste à faire et la FFQ exige des engagements JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Les femmes gagnent toujours 70 % du salaire des hommes et la bataille que nous avons gagnée sur l’équité salariale touche les travailleuses de l’État seulement.Pour les autres, tout est encore à faire», rappelle la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin.concrets des partis politiques.MARTINE LETARTE Les campagnes électorales hivernales sont rares au Québec et les différents groupes de femmes comptent bien profiter du 8 mars pour obliger les différents partis politiques à remettre à l’ordre du jour les questions qui les préoccupent «Nous avons élaboré une plateforme politique qui contient entre autres des suggestions de questions à poser aux différents candidats lors des rencontres organisées par les groupes de femmes.Les thèmes que nous abordons sont très targes: santé, lutte à la pauvreté, conditions de travail, etc.Dans le fond, nous disons “renseignez-vous, posez des questions et votez”, parce que chaque vote compte et l’élection d’un gouvernement peut faire toute une différence pour les conditions de vie des femmes», affirme la présidente de la FFQ, Michèle Asselin.Poursuivre la lutte pour l’égalité Si l’égalité homme-femme est atteinte devant la loi au Québec, force est de constater qu’elle est loin d’être atteinte dans les faits, selon la présidente de la FFQ.«Les femmes gagnent toujours 70 % du salaire des hommes et la bataille que nous avons gagnée sur l’équité salariale touche les travailleuses de l’Etat seulement.Pour les autres, tout est encore à faire.» De plus, l’épineuse question des «accommodements raison- nables» est venue rappeler à plusieurs que les acquis dans le domaine demeurent fragiles.«Les accommodements raisonnables sont très importants.Ils ont justement été créés pour contrer la discrimination.Toutefois, l’égalité hommefemme n’est pas négociable.L’exemple des policières qui doivent laisser leur place à des collègues masculins lors d’interventions auprès de juifs hassidiques, ça n'a pas de bon sens! La policière, comme le policier, doit exercer son autorité sur la personne.La misogynie n’est pas le fait d’une seule collectivité et l’employeur doit appuyer la policière qui exerce un métier non traditionnel», croit Mme Asselin.Le débat concernant les accommodements raisonnables nécessite un retour sur le principe de la laïcité de l’État, poursuit-elle.«Il y a çncore beaucoup à faire pour que l’État québécois soit laïque, notamment dans les écoles.C’est important puisque c’est ce qui peut garantir le principe d’égalité.En même temps, l’État garantit la liberté de religion, ce qui est essentiel, mais à condition qu’elle ne porte pas atteinte à l’égalité homme-femme.C’est une question d’équilibre.Le débat est très délicat et la population a le droit d’avoir accès à de l’information pleine et entière qui ne sert pas à alimenter la fracture.» La santé toujours préoccupante A l’heure actuelle, le domaine de la santé est particulièrement préoccupant pour la FFQ.«Il est évident que nous exigeons un maintien des services de santé universels, publics et gratuits.De plus en plus, nous entendons parler d’aidants naturels, qui sont en fait bien souvent des aidantes naturelles.Nous devons accompagner ces femmes et éviter qu’elles deviennent aidantes parce qu'elles n'ont pas le choix.Elles ne doivent pas non plus le faire au détriment de leur santé physique et mentale», soutient Mme Asselin.La FFQ s’inquiète également de la sécurité financière de ces aidantes naturelles.«Les études montrent qu’une personne devient aidante naturelle pour une durée d’environ cinq ans.Pendant ce temps, elles réduisent leur temps de travail et plusieurs voient leur cotisation au Régime des rentes devenir insuffisante.Cela signifie que ces femmes auront de très maigres revenus à la retraite.C’est très préoccupant et les partis politiques doivent tenir compte de ces réalités», affirme Mme Asselin.Précarité au travail Depuis quelques années, on assiste au phénomène de la fragilisation de l’emploi engendré par la mondialisation.«Il y a eu de nombreuses pertes d’emploi au Québec, notamment dans le secteur manufacturier, qui compte beaucoup de femmes.De plus, nous assistons à une précarisation de l’emploi.Les conditions de travail sont de moins en moins avantageuses et nous voyons le nombre de travailleurs autonomes augmenter en flèche», déploré Mme Asselin.La FFQ s’inquiète également du phénomène de la disparité de traitement.«Nous voyons, au sein d’une entreprise, deux personnes occuper exactement le même emploi, mais qui ont des conditions salariales et des avantages sociaux très différents.Le travailleur le moins avantagé a déniché l’emploi à l'aide d’une agence de placement qui a négocié directement avec l’employeur les conditions de travail.Le gouvernement doit prendre des mesures pour contrer la disparité de traitement qui touche beaucoup les femmes et qui porte atteinte au principe d’équité», soutient Mme Asselin.Une campagne internationale De toutes les luttes menées par la FFQ, celle contre la pauvreté demeure la plus difficile à mener.«Il y a tellement de préjugés et c’est très difficile de sensibili- ser les décideurs à cette cause», indique la présidente.Pour y arriver, la FÉQ prépare une grande campagne internationale qui portera entre autres sur la hausse du salaire minimum.«Il doit y avoir une augmentation et pas seulement de 25 sous l’heure.Ce n’est pas normal que des travailleurs à temps plein au salaire minimum vivent sous le seuil de la pauvreté», dénonce-t-elle.Pour faire bouger les choses, la FFQ se servira des liens qu’elle a tissés aux quatre coins du monde grâce à la Marche mondiale des femmes.«Avec la mon- dialisation, le Québec ne peut agir seul.Si nous regardons le Canada, le Brésil et le Mexique, nous nous rendons compte que nous sommes tous des concurrents.Nous croyons que la solidarité internationale est probablement la seule manière d’arriver à offrir à nos travailleurs des conditions de travail décentes», conclut Mme Asselin en précisant que, si les grands défis de coordination sont relevés sans trop de difficulté, la campagne devrait être lancée en 2009.Collaboratrice du Devoir « ' A Catégor^L Moillts vodük Conttm s'mU’mü 2007-02-20 biïcusdoM AmwitMiote 7 bibciü fm Comaixcinus -¦ ¦m i I hoS Témoigné® u respMt p°ur , e ,«*>«>- >' “ "nKït P°»< rde5 misons «‘"“'‘Slimuotrs obtiennent de de contraire, celles maths, ^ tienne que àqU' Ses antérieures.\es experience En savoir plus— 'pi: * *{ H ''v\ q Archives .'v • .' .blfis OmioiM & publier mërnmmi .ï/' • ¦'Æ- ifr- ¦:,1 jr gjuÉSrjo/WÉR, 09iR Conseil du statut de la femme Québec ii « j LE DEVOIR, LES SAMEDI SET DIMANCHE 4 MARS 2007 G 4 JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES Un 8 mars sans manifestation Des ateliers et des rencontres pour animer le débat Un jour sans?Peut-être, car aucun grand rassemblement n’est prévu pour ce 8 mars de 2007.Pourtant, tous les organismes s’entendent en parlant de l’égalité entres les hommes et les femmes: «mission inachevée».PIERRE VALLÉE La Journée internationale des femmes, qui a lieu le 8 mars, se déroulera au Québec sous le thème «Toute l’égalité, l’égalité pour toutes: mission inachevée».C’est du moins ce que suggère le Collectif du 8 mars, un regroupement d’associations vouées à la promotion des femmes dont la tâche est de donner le coup d’envoi à cet événement.Outre le thème, le Collectif du 8 mars met à la disposition des divers organismes des produits promotionnels comme une affiche et une épinglette.De son côté, le Conseil du statut de la femme propose aussi une affiche ainsi que des outils didactiques pouvant servir à alimenter les discussions et la réflexion.Un événement public ?Y aura-t-il cette année un grand rassemblement public comme ce fut le cas au cours des années précédentes?«Nous n’avons rien prévu pour cette année», précise Josée Royer, porte-parole du Forum des femmes de Montréal, l’organisme qui avait pris l’habitude ces dernières années de coordonner pareil événement.«C’est un peu par hasard si nous avons organisé cette marche par le passé, poursuit-elle.Cette année, nous avons été prises par le temps.Par contre, nous allons y participer si pareille marche s’organise.» Ni la Fédération des femmes du Québec, ni le Collectif des femmes immigrantes, deux organismes qui ont toujours participé à cette marche, n’avaient prévu de projet précis à ce sujet.«Nous offrons un petit-déjeuner suivi d’une conférence de presse où notre présidente, Mme Asselin, commentera les élections, explique Carole Hébert de la Fédération des femmes du Québec.Ensuite, Mme Asselin participera à quelques activités organisées par nos membres et prononcera quelques allocutions.» Par contre, tous les organismes rejoints déclarent qu’ils participeraient à pareil rassemblement si celui-ci avait lieu.«Nous sommes présentement en réflexion à ce sujet, affirme Josée Royer.Peut-être pouvons-nous nous unir afin d’assurer l’aspect public de l’événement?» La fête en famille D’ici là, la fête se passera donc en famille, chaque association organisant ses propres activités pour souligner à sa manière la Journée internationale des femmes.Ces activités se dérouleront partout sur le territoire québécois et prendront de multiples formes, allant de la conférence au souper-bénéfice.Par exemple, le Centre des femmes d'ici et d’ailleurs, en col- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Aucun grand rassemblement n’est prévu cette année pour fêter la Journée internationale des femmes.laboration avec l’Association pour une sojidarité syndicale étudiante CASSÉ), posera le matin du 8 mars une action-surprise afin de dénoncer la précarité économique des femmes.Suivra en après-midi un atelier sur les femmes et la guerre, en particulier sur les conditions de vie faites aux femmes en Palestine.« Action directe » Rappelons que TASSÉ regroupe plusieurs associations étudiantes collégiales et quelques associations facultaires universitaires.«Notre regroupement prône davantage la mobilisation et le syndicalisme de combat», explique Julie Deschenaux, coordonnatrice de TASSÉ.Parmi les luttes de TASSÉ figure la gratuité scolaire.La situation de la femme y est aussi prédominante, comme Tip-djque le thème choisi par TASSÉ: «Etre une femme, c’est de l’action directe tous les jours».«Il faut toujours revenir à la charge et toujours revendiquer notre égalité.Rien n’est jamais gagné.» Pprmi les revendications de TASSÉ, il y a la conciliation études-famille.«On parle beaucoup de conciliation travail-famille, mais l’on oublie la situation des parents étudiants, souligne Julie Deschenaux.Plusieurs ont des cours du soir, alors ils ne peuvent pas profiter des services de garde.Sans compter que les places en service de garde dans les institutions scolaires sont insuffisantes.Il faudra bien un jour se pencher sur ce problème.» Comme on peut le constater, même si aucun rassemblement public majeur n’est prévu pour cette année, ce ne sont pas les sujets de discussion qui feront défaut.Mais cela se passera dans les chaumières plutôt que dans la rue.Collaborateur du Devoir Condition féminine Canada La guerre, yes madam ! «Le gouvernement s’est livré à un exercice d’attaque en règle contre les femmes » Les féministes du Canada sont en colère.Le gouvernement conservateur a entrepris une série de politiques qui risquent de réduire à néant des années de militantisme.Si la ministre de la Condition féminine affirme que la restructuration de son ministère vise une meilleure gestion des fonds publics, les groupes de femmes estiment plutôt qu’on tente de les faire taire.Une Oda peu convaincante La ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine, Bev Oda, s’est défendue à maintes reprises de vouloir nuire à la condition de la femme.Selon elle, l’égalité entre les hommes et les femmes est atteinte puisqu’elle est enchâssée dans la Charte des droits et libertés.Elle estime ainsi qu’il n’est plus nécessaire de financer les organismes qui en font la promotion.«Je ne crois pas que les contribuables devraient payer pour du ‘lobbying”», affirme-t-elle en entrevue au Devoir.La ministre croit plutôt que les fonds publics doivent être gérés de manière plus efficace pour appuyer des actions concrètes favorisant la participation directe des femmes.Elle donne en exemple la subvention que le gouvernement a octroyée à la Prince George New Hope Society, au début du mois de février.Les quelque 49 000 $ accordés permettront à cette organisation d’aider les travailleuses du sexe, en particulier les jeunes autochtones, à quitter la rue.Le discours de la ministre Oda rallie toutefois peu de personnes.«Les critères d’accessibilité au financement sont modifiés de telle sorte que nous ne pouvons plus, par exemple, analyser les causes systémiques de la pauvreté, mais nous pouvons servir de la soupe au coin de la rue», constate Ro-sella Melanson, directrice générale du Conseil consultatif sur la condition de la femme du N ouveau-Brunswick.MARIE LAMBERT-CHAN Désolant.» «Décourageant.» «Démobilisant.» Les groupes de femmes ne mâchent pas leurs mots quand vient le temps de discuter des politiques restrictives annoncées par le gouvernement conservateur l’automne dernier.Plusieurs vont même jusqu’à affirmer que la restructuration en profondeur de Condition féminine Canada (CFC), tant dans son financement que dans ses orientations politiques, fera reculer de 20 ans la cause des femmes.De Vancouver à Moncton, des centaines de femmes ont manifesté depuis septembre contre les compressions de cinq millions de dollars sur deux ans dans le fonds de fonctionnement de CFC, qui entraîneront la fermeture de 12 des 16 bureaux régionaux dès le 1" avril.Un peu moins de la moitié des 131 emplois sera supprimée.Les groupes de femmes ont aussi décrié sur toutes les tribunes les changements apportés au Programme de promotion de la femme, qui n’aura plus pour mandat de promouvoir l’égalité de la femme, mais plutôt sa «participation à la vie sociale, économique et culturelle» dans sa collectivité.Par conséquent, les organismes qui effectuent de la recherche ou travaillent à la défense des droits des femmes auprès des différents ordres de gouvernement ne seront plus financés.Mesures rétrogrades La liste des récriminations des féministes est longue.Elles n’ont pas digéré le remplacement du nouveau programme pancanadien de financement des services de garde par une allocation mensuelle taxable de 100 $ par enfant de moins de six ans, pas plus que l'abandon du projet de loi sur l’équité salariale.Elles reprochent enfin au gouvernement fédéral de les avoir privées d’un outil essentiel à leur travail, le Programme de contestation judiciaire, qui leur donnait l’appui financier nécessaire pour contester les lois et les politiques discriminatoires.«Le gouvernement s’est livré à un exercice d’attaque en règle contre les femmes.Ces politiques sont en rupture avec l’histoire.Depuis l’adoption de la Charte des droits et libertés, personne, pas même les plus vieux conservateurs, n’avait osé aller si loin», résume d’une voix lasse Andrée Côté, directrice des affaires juridiques à l’Association nationale femmes et droit (ANFD).Comme plusieurs autres, cet organisme qui défend les droits des femmes ne sera plus financé à partir de septembre 2007.~~ CHRIS WATTIE REUTERS La ministre du Patrimoine canadien et de la Condition féminine, Bev Oda « L’individu est devenu une entreprise » La directrice de la programmation de l’Alliance canadienne féministe pour l’action internationale, Nancy Peckford, croit pour sa part que Bev Oda a une vision «simpliste» de la condition féminine.«Elle n’a même pas pris le temps de rencontrer les groupes de femmes.Elle applique la même recette à tout le monde.Par exemple, elle veut aider les artistes, mais pas les groupes d’artistes.» Cela laisse dire à la députée bloquiste Johanne Deschamps que, aux yeux des conservateurs, «l’individu est devenu une entreprise».La levée de boucliers semble générale.Inquiètes, les ministres provinciales de la Condition féminine ont décidé de s’unir contre le fédéral afin que la ministre Oda revienne sur ses décisions.Entretemps, la tension monte à Ottawa.Au Comité permanent de la condition féminine, les couteaux volent bas entre les députés conservateurs et ceux des partis de l’opposition.Le Comité doit d’ailleurs déposer sous peu une étude sur les impacts des changements ef- fectués à CFC.«Parmi les nombreux groupes de femmes qui sont venus témoigner, environ 97 % sont en défaveur des nouvelles mesures, raconte la députée bloquiste Nicole Demers.C’est un véritable cri d’alarme, surtout chez les autochtones, qui sont trop souvent laissées pour compte.» Un Real Women of Canada antiféministe Quelques organisations se montrent cependant plus que satisfaites des nouvelles orientations de CFC.Real Women of Canada (RWC) en fait partie.L’organisation, qui se dit contre Tavortement et le mariage gai, est à l'origine d’une intense campagne visant à abolir Condition féminine Canada qui a eu lieu au cours de Tété dernier.Depuis longtemps, l’élimination de ce ministère constitue Tun des chevaux de bataille de RWC, qui le considère comme un véritable «nid de féministes».Aux dires de sa directrice exécutive, Gwendolyn Landolt, CFC ne finançait que les féministes et ignorait les groupes comme le sien — bien que RCW ait reçu à deux reprises des subventions fédérales.«CFC est devenu un outil de propagande pour les féministes radicales, déclare-t-elle.Elles affirment représenter toutes les femmes, alors que ce n’est pas vrai.C’est une insulte à l’intelligence des femmes que de dire qu’elles sont toutes supposées penser de la même manière.Pire, les féministes sont hypocrites.Elles disent ne pas avoir besoin des hommes, alors qu’elles quémandent au gouvernement comme si c’était leur “sugar daddy”.» Gwendolyn Landolt croit fermement que le mouvement féministe fait des femmes des éternelles victimes.Elle prône au contraire que la plupart d’entre elles savent se tenir debout et sont capables de faire leurs propres choix.JliBMW
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