Le devoir, 8 mars 2007, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR, LE JEUDI 8 MARS 2007 A 2 Solidarité rurale dénonce l’arrogance de Béchard Jacques Proulx demande aux libéraux de respecter les collectivités locales Bataille de pouvoir entre Québec et la MRC de Kamouraska » %' ' s, V ARCHIVES REUTERS àm LOUIS-GILLES FRANCŒUR Jacques Proulx, président de Solidarité rurale et ancien président de l’UPA, a réclamé hier publiquement du premier ministre Jean Charest qu’il «rappelle à l’ordre» ses ministres Claude Béchard, du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, et Nathalie Normandeau, des Affaires municipales et des Régions, afin qu’ils respectent la décision démocratique des maires de la MRC de Kamouraska, qui entendent imposer un mode de production porcine sur litière sèche dans leur région.On se souviendra que le règlement de contrôle intérimaire (RCI) de cette MRC a été désavoué par la ministre Normandeau qui, malgré le consensus régional, a finalement opté pour la ligne de l’UPA, le seul adversaire de ce projet destiné à réduire les odeurs et les problèmes liés aux épandages de lisier de porc.La production porcine sur litière solide permet de produire un riche compost, beaucoup moins générateur de mauvaises odeurs.C’est en termes très durs que l’ancien président de l’UPA a pris position dans ce dossier, accusant le ministre Béchard de faire preuve d’un «arrogant paternalisme» qui n’a d’égal, dit-il, que son attitude dans le dossier du mont Orford.«Le député ministre, a déclaré Jacques Proulx, saurait mieux que les élus locaux ce qui est juste, bon et acceptable pour le développement de ce coin de pays.» Selon le président de Solidarité rurale, «quelle soit bonne ou mauvaise, la décision des maires est démocratique.Mais surtout, à mes yeux, ce règlement considère les intérêts de la population du territoire et des différents secteurs économiques.On ne saurait assez saluer la maturité politique des maires du Kamouraska.Réunis autour d’un préfet élu au suffrage universel, ils ont exercé leur pouvoir dans les règles de l'art en sachant très bien que Québec pourrait, avec ses lois, règlements et sa puissante machine, écraser leur volonté de s’administrer librement».Par ailleurs, le porte-parole de la coalition des citoyens et commerçants du Kamouraska a dénoncé la campagne que mènerait l’UPA en coulisses auprès de certains maires pour qu’ils soustraient leur municipalité au futur règlement La coalition serait prête à accepter certaines «ouvertures» au profit des fermes biologiques fonctionnant sur fumier solide, mais elle ferme la porte à ce que Québec augmente le nombre déjà imposant de 24 fermes porcines fonctionnant actuellement sur litière liquide dans cette région.D’autre part, la commission Pronovost sur l’avenir de l’agriculture au Québec s’intéresse elle aussi au dossier, qui semble faire échec à la politique de décentralisation administrative officielle.Selon une source généralement bien informée, le président de la commission et ancien sous-ministre de l’Environ- nement, Jean Pronovost, a demandé aux différents ministères en cause — Agriculture, Environnement et Affaires municipales — sur quels critères ils s’appuient pour décider d’accepter ou de refuser un RCI comme celui de Kamouraska.En fin d’analyse, expliquait une source dans ce dossier, un seul argument tenait encore la route: l’opposition irréductible de l’état-major de l’UPA.Certains pensent même que la réflexion qu’a amenée l’intervention de la commission Pronovost permettrait à un RCI comme celui de Kamouraska d’être aujourd’hui approuvé par la ministre des Affaires municipales.Comme l’a été, plusieurs mois après un autre désaveu, le RCI de la MRC de Yamaska, qui voulait aller plus loin que la politique provinciale en matière de protection riveraine.Le Devoir Des artistes s’en Kyoto : le PQ conteste prennent à l’ADQ les prétentions libérales ISABELLE PORTER Québec — A Québec, le milieu culturel se voit comme le grand oublié de la campagne électorale et s’inquiète tout particulièrement de l’absence des arts dans la plateforme électorale de l’ADQ.«R y a une espèce de vide dans les plateformes électorales sur la culture en général, et le pire, c’est l’ADQ», a déclaré hier au Devoir Marc Gour-deau, vice-président du Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, qui regroupe plus de 200 organismes et plus de 2500 artistes et travailleurs culturels.Pour attirer l’attention, cet organisme d’ordinaire beaucoup plus discret a pris les grands moyens en lançant son propre blogue électoral.Dans un texte diffusé cette semaine, M.Gourdeau déplore entre autres que l’ADQ n’ait pas de porte-parole en matière de culture.Il fait aussi valoir que l’unique engagement en matière de culture dans le programme adéquiste est en soi très inquiétant Dans le programme, il est écrit que «l’ADQ entend financer directement les créateurs plutôt que la bureaucratie».M.Gourdeau, qui est à la tête de Premier Acte, un petit théâtre dédié à la relève, se demande ce que cela signifie: «D’une certaine façon, moi et d’autres ges- tionnaires d’organismes culturels, nous sommes des bureaucrates.On se demande donc de quoi ils parlent: de tous les fonctionnaires du ministère de la Culture, des gestionnaires d’organisations?» Critique des autres partis Si l’ADQ inquiète, le Conseil de la culture n’est guère plus satisfait des autres partis.«La plateforme culturelle des libéraux, c’est celle du [dernier] budget.[.] Mais il y a un grand oublié là-dedans, et c’est le CALQ.La ministre a annoncé à la soirée de clôture des prix Rideau une aide ponctuelle de 900 OOO $ aux diffuseurs.Pourquoi ce ne serait pas récurrent?Ils manquent tous cruellement d’argent.» Dans le même esprit que le Mouvement des arts et des lettres (MAL) dont il est membre, le Conseil de la culture réclame une augmentation considérable du budget du CALQ.«R y a des organismes qui étouffent», plaide le vice-président Gourdeau, soulignant que la situation est particulièrement difficile à l’extérieur de Montréal, où l’appui du secteur privé est moins fort Le Parti québécois, poursuit-il, est «le moins pire» parce qu’il s’est engagé à augmenter de façon plus significative le budget du CALQ.Le Devoir LOUIS-GILLES FRANCOEUR Le Parti québécois a attaqué de front hier les prétentions du plan québécois de lutte aux changements climatiques, affirmant qu’il «ne parviendra pas à atteindre les objectifs du protocole de Kyoto», contrairement aux prétentions du gouvernement Charest C’est le député de Verchères et critique du Parti québécois en environnement Stéphane Bergeron, qui a brisé hier soir l’omerta qui entoure ce sujet depuis le début de l’élection, en prenant de front le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard.Les deux adversaires participaient au débat sur les enjeux environnementaux qui se tenait hier soir à Montréal, à la Tohu, sous les auspices d’un certain nombre de groupes environnementaux.Les cinq formations politiques en lice étaient représentées, y compris Québec Solidaire et le Parti Vert qui ne seront pas admis au débat des chefs la semaine prochaine.Habile comme un chat, le ministre Béchard a eu tôt fait de déchirer sa chemise dans un des rares moments de la soirée où il s’est permis de hausser le ton.El a réaffirmé, malgré les chiffres de son propre ministère, que le plan québécois de lutte aux changements climatiques «va atteindre les objectifs du protocole de1 Kyoto» même si le Québec sera incapable d’atteindre la moyenne quinquennale exigée par le traité international.Tous les porte-parole gouvernementaux martèlent pourtant depuis trois semaines le même message, capital pour l’image du gouvernement en environnement.Le Québec, a insisté le ministre Béchard, «a un plan» de lutte aux changements climatiques, ce qui n’est pas le cas de la majorité des provinces.Il a aussi invoqué l’appui public que lui ont accordé l’écologiste David Suzuki et plusieurs groupes écologistes et de syndicaux, à l’exception du PQ et du Bloc québécois.Le ministre Béchard n’a toutefois pas rappelé que cet appui devait l’aider à obtenir ses 328 millions d’Ottawa et qu’il ne constituait pas un endossement inconditionnel de son propre plan.«Je n’aime pas qu’on vienne dire de ce plan et pour des motifs politiques, a ajouté avec vivacité le ministre Béchard, qu’il ne fera pas le travail».D a prétendu que «c’était le meilleur plan au Canada et un des meilleurs en Amérique», un championnat qui fait briller le Québec en tête de la classe des cancres en matière de lutte aux changements climatiques.Conspué pour sa politique dans le dossier d’Orford, le ministre Béchard a esquivé l’attaque en renvoyant la balle à son adversaire péquiste en lui demandant de dire ce qu’il ferait, lui, pour sauver le centre de ski du Mont-Orford, ce qui lui a évité d’avoir à justifier sa loi 23.Le porte-parole du PQ a finalement déclaré qu’il n’hésiterait pas à miser sur une solution conçue par le milieu à condition qu’on le soulage du carcan de la loi 23, laquelle, a-t-il dit, l’a obligé d’accoucher d’une solution calquée sur mesure avec la solution préconisée par Québec et le promoteur L’Espérance.Seul Québec Solidaire a clairement appuyé le projet coopératif écarté par le ministre Béchard.Globalement, le ministre libéral a eu la vie facile dans ce débat où plusieurs enjeux des plus importantes politiques publiques, où le bilan gouvernemental est très faible, n’ont pas été abordé.Ainsi, l’abandon du Plan d’action Saint-Laurent, un plan d’attaque conjoint fédéral-provincial des grands pollueurs du Saint-Laurent, n’a même pas été évoqué.Pas un mot non plus de l’abandon par Québec du contrôle normatif des régions agricoles en surplus de fertilisants, sur l’absence de politique de lutte aux cya-nobactéries, sur la surpopulation des lacs, l’absence de contrôle des motorisés sur les plans d’eau, etc.Pas un mot non plus sur les enjeux reliés à la faune, sur le recours aux PPP en matière de gestion de l’eau, sur l’absence de politique sur les milieux humides et sur le non-respect de la politique sur les bandes riveraines.En revanche, chacun des cinq partis a pu abondamment décrire ses promesses et engagements, dont plusieurs touchaient néanmoins des politiques importantes comme l’énergie, les budgets en environnement, les OGM et la forêt.Mais pas de véritable débat sur ces questions, hormis quelques flèches au passage sur la 25.Et aucun engagement du Parti libéral ou du Parti québécois pour forcer l’identification des OGM dans les aliments dans un prochain mandat.Seul le Parti vert s’est engagé non seulement à imposer l’identification obligatoire mais aussi à les interdire d’usage pour éviter les risques de contamination de l’environnement.S’il est élu.Le Devoir Aidez-nous à faire du 8 mars la journée de toutes les femmes.Depuis 75 ans, Le Chaînon accueille des milliers de femmes en difficulté qui souffrent de dépendances, de problèmes de santé mentale et de violence sous toutes ses formes.Aidez-nous à ce qu’aucune de ces femmes ne soit laissée pour compte le jour de la Journée internationale des femmes.Ni aucun autre jour.Pour faire un don ou en savoir plus long, visitez lechainon.org Le Chaînon r é 902527
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.