Le devoir, 13 mars 2007, Cahier A
IRAK _ “r'pdr + : m) Washington étudie un projet de retrait en cas d’échec de la strategie Bush Page B 5 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.XCVIII N"54 ?LE MARDI 13 MARS 2007 S 8 C + T A X E S = I $ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le sénateur et ministre des Travaux publics, Michael Fortier, explique au Devoir son plan de campagne dans son bureau de comté.Fortier à l’assaut de Vaudreuil-Soulanges «Il faut que tous les fédéralistes votent pour moi» Pendant que la campagne électorale québécoise bat son plein, le sénateur et ministre conservateur Michael Fortier ne pense qu’à sa propre campagne de séduction, qu’il mène sans relâche auprès des électeurs de Vaudreuil-Soulanges.Michael Fortier vient d’ouvrir deux bureaux de comté et agit exactement comme s’il était déjà élu.«Moi, je suis en campagne», dit-il.Le ministre a discuté de sa stratégie avec Le Devoir.ALEC CASTONGUAY conservateurs, où le moindre député (ou ministre) qui ouvre la Vaudreuil-Dorion — Le regard bouche devant un micro sans la est direct.Les phrases s’en- permission du bureau du premier chaînent comme des coups de ca- ministre se fait taper sur les non.Le sénateur et ministre des doigts.Pas Michael Fortier, qui a Travaux publics dans le gouver- la confiance de Stephen Harper, nement Harper a un franc-parler qui se fait rare dans les rangs VOIR PAGE A 8: FORTIER ÉCONOMIE La SEC poursuit d’anciens dirigeants de Nortel ¦ À lire en page B 1 JIM YOUNG REUTERS Frank Dunn INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Décès.B 4 Météo.B4 Mots croisés.B 4 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 /T ARCHIVES LE DEVOIR Ce sont Jean Lesage et Daniel Johnson qui, en 1962, ont inauguré l’ère des débats télévisés au Québec.Le premier débat télévisé fut le meilleur ! Le conseiller de Jean Lesage se souvient Depuis quarante ans, les débats télévisés font partie intégrante des campagnes électorales et en constituent souvent un des tournants décisifs.Les équipes de communication des partis préparent leur chef afin qu’il arrive à «percer l’écran».Qu’ils aient ou non l’expérience des débats, les chefs eux-mêmes sont habitués à passer par l’intermédiaire de la télévision.Mais il n’en a pas toujours été ainsi.Rencontre avec un des premiers «faiseurs d’image» québécois.CLAIRANDRÉE CAUCHY n novembre 1962.C’est la date qui marque le commencement d’une longue tradition politique.C’est en ce début de révolution tranquille qu’a eu Heu le premier débat télévisé au Québec et même au Canada.Dans le coin gauche, on retrouvait le premier ministre tibéral, Jean Lesage, au pouvoir de- puis deux ans, qui avait déclenché des élections précipitées sur le thème de la nationaHsa-tion de l’électricité; dans le coin droit, le chef de l’Union nationale (UN), Daniel Johnson père, qui succède à Antonio Barrette.C’était deux ans après le premier débat télévisé américain, entre John E Kennedy et Richard Nixon.VOIR PAGE A 8: DÉBAT Charest échoue à l’examen des écologistes Quatre E, unD, unD-et un «abandon» LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le gouvernement Charest n’obtient pas la note de passage pour sa gestion du dossier environnemental durant son dernier mandat et il se retrouve aux antipodes des priorités de plusieurs des grands groupes écologistes nationaux, selon le bilan déposé hier par les membres du Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE).Ce bilan, nettement plus négatif que la «note de passage sur les fesses» que décernaient au gouvernement Charest Greenpeace et quatre autres groupes environnementaux le 27 février dernier, indique qu’un clivage de plus en plus net se dessine au Québec dans le mouvement çnvironnemental.Greenpeace et Equiterre, qui accordaient au gouvernement Charest la note de passage en raison principalement de son plan de lutte contre les changements climatiques, ont quitté, il y a quelques années le RQGE, un réseau qui fonctionne depuis plus de 20 ans et qui regroupe une soixantaine de groupes nationaux, régionaux et locaux en plus du Réseau québécois des Ressourceriez Ce matin, Greenpeace, Equiterre, Nature-Québec et la Société pour la nature et les parcs (SNAP) vont rendre public le verdict qu’ils portent non pas sur le bilan passé, mais sur les programmes et les engagements que proposent les différents partis poHtiques en environnement dans le cadre de l’élection.Tous les partis, sauf l’ADQ, ont ré- JACQUES NADEAU LE DEVOIR Richard Desjardins, fondateur de l’Action boréale pondu aux 17 questions qui leur ont été adressées fin février.Mais c’est le bilan du gouvernement Charest que les membres du RQCGE ont voulu mettre en exergue hier en raison, ont-ils dit de «l’importance qu’il faut accorder à l’action réelle» plutôt qu’aux promesses souvent peu tenues.Globalement le gouvernement Charest obtient quatre «E», soit la note «échec» pour différentes politiques, un «D» et un «D ce qui le disqualifie globalement en matière de gestion environnementale, selon le réseau.Seule l’Action boréale, représentée hier par son fondateur, Richard Desjardins, n’a domié aucune note au gouvernement Charest pour la gestion de la forêt l’Action boréale lui décerne plutôt une mention «abandon de cours», car, comme l’a VOIR PAGE A 8: CHAREST ¦ Autres textes sur la campagne en pages A 2 et A 3 Les crimes contre rhumanité continuent au Darfour Un groupe d’experts mandaté par l’ONU dénonce le gouvernement soudanais CLAUDE LÉVESQUE Une fois de plus, le gouvernement du Soudan est accusé de se dérober à son obligation de protéger ses citoyens; pire, selon une mission d’enquête des Nations unies, il continuerait de coordonner les opérations menées par des milices contre des civils dans la province du Darfour.«Les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité continuent dans la région», dénonçait hier dans son rapport un groupe d’experts mandaté en décembre dernier par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.Cette «mission de haut niveau», dirigée par le Prix Nobel de la pane Jody Williams, n’a jamais été autorisée à se rendre en territoire soudanais malgré des demandes de visas répétées.Elle a revanche visité des camps de réfugiés au Tchad, où résident quelque 200 000 personnes originaires du Darfour.Sur la base des témoignages obtenus, VOIR PAGE A 8: DARFOUR 1,3 million d’adultes québécois ont de grandes difficultés de lecture Luj Ul: Messieurs Boise!air, Charest et Dumont.Quels moyens concrets prendrez-vous pour que le droit à l’éducation devienne une réalité pour tous les adultes peu alphabétisés ?R.S.V.P.ce soir 20 h au débat des chefs I » k 778313000658 LE DEVOIR, LE MARDI 13 MARS 2007 A 2 2007 Dernière charge de Boisclair avant le débat RÉMI NADEAU Québec — Mario Dumont manque de sérieux et Jean Charest est incapable de défendre son bilan, a claironné le chef du Parti québécois, André Boisclair, lundi, lors de sa dernière apparition publique avant la tenue du débat des chefs.En entrevue à la radio de Radio-Canada, M.Boisclair a indiqué que le silence du chef-adéquiste sur son cadre financier, dimanche à l’émission de télévision Tout le monde en parle, a démontré qu’il a formulé jusqu’ici des promesses électorales «avec de l’argent de Monopoly».«C’est facile d’avoir pu dire n’importe quoi, il ne chiffre pas ses engagements électoraux», a commenté le chef péquiste.11 a qualifié de lamentable le fait que Mario Dumont, économiste de formation, attende le dépôt du budget fédéral pour présenter son cadre financier alors qu’il se dit autonomiste.«Comment voulez-vous que je puisse intelligemment engager une conversation avec lui [lors du débat] ?» a-t-il poursuivi.Questionné sur les décevants résultats du Parti québécois dans les sondages, M.Boisclair a répliqué que les gens ont pourtant compris que Jean Charest n’est plus fiable parce qu'il a brisé la plupart de ses promesses électorales.Puis, il a admis que des électeurs sont tentés par l’Action démocratique, mais il a ajouté que la «performance» de Mario Dumont à l’émission de Guy A Lepage suscitera certaines remises en question.Par ailleurs, M.Boisclair s’est moqué des ratés de la campagne libérale, faisant référence aux propos du député Pierre Paradis, selon qui le bilan en santé du gouvernement Charest n’est pas aussi bon que les libéraux aiment bien le prétendre.«Jean Charest n’est même pas capable de convaincre son proche entourage de la qualité de son bilan, comment voulez-vous qu’il puisse convaincre la population?», a ironisé le chef péquiste.M.Boisclair a écorché son adversaire libéral, l’accusant de mener une campagne de peur contre l’option souverainiste et de s’être complètement écrasé dans la défense des intérêts du Québec.D lui a reproché de ne pas avoir défendu l’intégrité du territoire sans nuance, en tenant des propos malhabiles sur la possible partition du Québec après un éventuel référendum gagnant sur la souveraineté.«M.Charest qui n'est pas capable de dire de façon claire que notre territoire est indivisible, ça, c’est un point tournant de la campagne électorale», a-t-il martelé.Puis, en répondant aux questions des auditeurs de l’émission de radio Maisonneuve à l’écoute, M.Boisclair a expliqué certains de ses engagements en matière d’éducation, d’environnement et de développement économique.Il a particulièrement vanté sa proposition de prêt sans intérêt aux jeunes familles pour l’achat d’une première résidence, de réinvestissement de 400 millions $ dans l’éducation postsecondaire et de gel des frais de scolarité.M.Boisclair a aussi soutenu que la plateforme péquiste est la plus «verte», citant sa promesse de revoir la privatisation partielle du Mont Orford et la Loi sur la qualité de l’environnement Cette entrevue était la seule activité publique de la journée de M.Boisclair qui, à l’instar de ses adversaires, s’est retiré avec son équipe pour poursuivre sa préparation du débat des chefs.Presse canadienne Dégel: les étudiants disent avoir l’appui de la population LIA LÉVESQUE Sondage en main, les étudiants d’université assurent que les Québécois les appuient et rejettent l’engagement électoral de Jean Charest de hausser les droits de scolarité.La fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui regroupe 16 associations étudiantes représentant 120 000 membres, a voulu tâter le pouls de la population sur l’engagement du Parti libéral du Québec de hausser les droits de scolarité de 50 $ par session pendant la période 2007-2012.Elle a donc commandé un sondage à ce sujet auprès de 600 répondants.Or, ce sondage révèle que 61 % des répondants sont en désaccord avec l’idée (réponses «pas du tout» d’accord et «peu» d’accord additionnées).Quelque 39 % des répondants se disent donc d’accord.«Pour nous, c’est un fort pourcentage de la population», a commenté en entrevue M.Christian Bélair, président de la FEUQ.Fait à noter, le libellé de la question ne mentionnait pas 50 $ par session jusqu’en 2012, mais «une augmentation de 500 $ par étudiant par année d’ici cinq ans, ce qui ferait passer la facture d’un étudiant de 1658 $ à 2168 $ par année d’ici 2012».M.Bélair y voit une arme de plus dans son combat contre le dégel des frais de scolarité projeté par le Parti libéral.«C’est sûr que dans le cadre d’une campagne, pour nous, c’est un bon indicateur de poursuivre notre campagne [contre le dégel des frais de scolarité] parce qu’on sait que l’opinion publique nous appuie.» Presse canadienne CONCOURS Le devoir MANGER SANTÉ EN COLLABORATION AVEC S P A EASTMAN 6XP0 MANGER santé I RELAIS SANTÉ Un forfait « Détente~santé de S nuits» pour 2 personnes qui inclut : Tous les repas de fine cuisine santé, animations, activités physiques, ateliers ainsi que 9 soins dont la qualité supérieure a valu au Spa Eastman une notoriété et une reconnaissance internationales.ENFIN PRENDRE SOIN DE VOUS ! VOUS EN RÊVEZ DEPUIS SI LONGTEMPS.Le Spa Eastman offre une expérience de séjour unique en intégrant une gamme complète de soins à un éventail d'activités de détente, de remise en forme et de saine alimentation, lesquels font des merveilles pour le mieux-être du corps et de l'esprit.Les programmes du Spa Eastman sont proposés dans un contexte de vacances, de détente et de plaisir et vous invitent à retrouver votre calme, votre forme et votre énergie.¥ Venez déposer votre coupon au stand #205 de l’Expo Manger Santé de Montréal entre le 16 et le 18 mars 2007 au Palais des Congrès de Montréal.Vous pouvez également retourner votre Coupon à l'adresse suivante : Le Devoir, concours Manger Santé au 2050, rue de 8leury, 9e étage, Montréal (Québec), HBA 3S1 LE DEVOIR Le tirage aura lieu le dimanche 18 mars 2007 à 15h à l’Expo Manger Santé de Montréal.Les coupons ie participation envoyés par la poste doivent parvenir aujournal Le Devoir avant le jeudi 15 mars à 17h.Le concours s'adresse aux personnes de 18 ans et plus.Un seul coupon par enveloppe.Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées.Les conditions et règlements du concours sont disponibles à la réception du Devoir.Valeur de 3070$.Nom :.Adresse :.App.:.Ville:.Code postal :.Courriel :.Téléphone :(rés.).(bur.).Question : L'Expo MANGER SANTÉ fête son.' anniversaire ?Abonné(e) : Oui 0 Non O Cochez si vous ne désirez pas recevoir de sollicitation du Devoir 0 rsm JACQUES NADEAU LE DEVOIR Anne-Marie Saint-Cerny, l’instigatrice de la pétition «un débat pour tous», exigeant la participation de Québec solidaire et du Parti vert au débat des chefs de ce soir, est allée remettre les 25 000 signatures recueillies en une semaine directement à la Société Radio-Canada hier.25 000 personnes pour un débat inclusif ALEXANDRE SHIELDS Québec solidaire et le Parti vert ne seront peut-être pas du débat des chefs de ce soir, mais ils ont reçu un appui non négligeable de la part de plus de 25 000 Québécois, qui, en une semaine, ont signé une pétition réclamant leur présence à cet événement-charnière de la campagne électorale.Le document a été remis hier à la Société Radio-Canada, membre du consortium des télédiffuseurs du débat.Un groupe d’une trentaine de personnes sont allées remettre ladite pétition directement à la toqr de Radio-Canada.Un porte-parole de la société d’Etat, James Selfe, a reçu le document «Je vous remercie», a-t-il laissé tomber avant de quitter promptement les lieux.«Ce qu’on dit au consortium télévisuel, c’est que la démocratie tient au fait qu’on entend toutes les idées.Alors, mettez toutes les idées sur la table, et nous saurons juger.Nous saurons choisir le parti qui nous dirigera pendant quatre ans», a par la suite expliqué Anne-Marie Saint-Cerny, l’instigatrice de l’initiative non partisane «un débat pour tous».En plus des signataires, 472 groupes sociaux de la province ont appuyé cette démarche.«Le mouvement populaire est indéniable, et on demande un deuxième débat des chefs d’ici la fin de l’élection, a expliqué Mme Saint-Cerny.On demande aussi des explications des grands réseaux télévisés, parce que, pour l’instant, ils ne répondent presque rien.Nous aimerions enfin que les chefs des trois grands partis disent pourquoi ils n'ont pas commenté la situation ni fait des pressions», a-t-elle ajouté, se disant consternée par leur «silence».Fait à noter, en 1994, Mario Dumont s’était en vain adressé aux trj-bunaux pour pouvoir participer au débat.A l’époque, l’Action démocratique n’était pas représentée à l’Assemblée nationale.Le consortium — qui regroupe Radio-Canada, TVA et Télé-Québec — a déjà répondu que les partis invités sont ceux qui ont au moins un élu à l’Assemblée nationale.Selon les réseaux, la joute politique de ce soir doit «permettre aux citoyens d’assister à une confrontation d’idées entre les chefs de parti susceptibles de former le gouvernement ou l’opposition officielle à l’Assemblée nationale».Un autre débat aura lieu jeudi sur les ondes de RDI, mais les chefs des trois grands partis n’y prendront pas part.Québec solidaire Du côté de Québec solidaire, si l’on a salué l’initiative hier, la porte-parole nationale, Françoise David, a surtout dénoncé le «déni de démocratie» que représente leur exclusion du débat des chefs, particulièrement dans un contexte où il n’y a pas de mode de scrutin proportionnel, donc où les “tiers partis” sont déjà défavorisés».Pourtant, a-t-elle estimé, «le Parti vert et Québec solidaire recueillent ensemble entre 10 et 15 % des intentions de vote».Mme David a elle aussi déploré le silence des autres formations politiques, un geste motivé par la crainte qu’inspire Québec solidaire, selon l’autre porte-parole de la formation, Amir Khadir.Le parti a en outre contacté les membres du consortium il y a déjà plus d’un mois, mais il n’a reçu aucune réponse.Pourtant, selon M.Khadir, «lorsqu'il y a une demande populaire, et on le voit bien avec cette pétition, il est du devoir des diffuseurs publics, qui contrôlent un espace qui est du domaine du bien public, de respecter cette volonté».Selon lui, dès qu’un parti franchit le seuil de 5 % des voix, il devrait avoir droit de parole au débat Dimanche, Scott McKay s’est dit déçu de ne pas avoir été invité à participer au débat télévisé.Pour lui, «ce sera un triste four pour la démocratie au Québec».Il a rappelé que les Québécois ont déjà vécu des débats à cinq, à l’époque de l’Union nationale et de l’arrivée de René Lévesque à la tête du Parti québécois, ce qui avait été une étape marquante pour la démocratie.Le Conseil de presse a lui aussi été interpellé, mais il a annoncé il y a plus d’une semaine qu’il ne pouvait se prononcer sur la question avant le débat Quant à la Fédération professionnelle des journalistes, Mme Saint-Cerny devrait la contacter aujourd’hui.Le Directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet a signifié pour sa part qu’il ne se prononce rait pas sur la présence ou non des tiers partis au débat télévisé des chefs.Le Devoir Comment concilier développement économique et solidarité sociale, demande la CSQ ALEXANDRE SHIELDS La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a décidé elle aussi d’interpeller les chefs des partis politiques qui seront du débat télévisé de ce soir, leur demandant d’expliquer comment ils entendent concilier, s’ils sont élus, «leur volonté d’encourager le développement économique» avec le maintien d’une «nécessaire solidarité sociale» au Québec.«Il ne faudrait pas que nous nous réveillions le 27 mars avec un gouvernement qui, sous prétexte d’avoir été élu, considère avoir toute la légitimité nécessaire pour sabrer les services publics, réduire les programmes sociaux, ouvrir encore plus grande la porte à la privatisation en santé, fragiliser encore plus notre système public d’éducation [.].Bref, qu'on nous impose un choix de société que nous n’aurions pas fait», a prévenu le président de la CSQ, Réjean Parent.S’il s’en est pris d’abord au Parti libéral, il a toutefois ajouté que tous les chefs politiques seraient questionnés sur «leurs intentions» avant le jour du scrutin Le président de la CSQ a ainsi soutenu que le volet «solidarité sociale» devait se traduire par le «maintien d’un réseau de services publics de qualité et accessibles».Et selon lui, «l’histoire du Québec moderne démontre clairement que c'est une erreur de croire que la prospérité économique ne peut pas se faire en maintenant la justice sociale».Pourtant, croit-il, ce modèle est «menacé pqr un courant de droite qui prône la réduction de l’Etat, la privatisation et l’individualisme au nom d’un supposé enrichissement du Québec».Et il a insisté pour dire que les groupes syndicaux pouvaient jouer un rôle dans le développement économique du Québec.«Les organisations syndicales sont entièrement favorables à l’idée de créer un climat de prospérité économique au Québec, mais cela ne doit pas se faire aveuglément et sauvagement en écrasant encore plus les travailleurs, comme en abandonnant à leur sort les personnes les plus vulnérables de notre société [.]», a lancé M.Parent.La CSQ est d’ailleurs convaincue que les Québé- cois tiennent à leur modèle social-démocrate.«Quoi qu 'en disent certains tenants de la droite, la solidarité sociale n’est pas un concept qui a fait son temps au Québec.Au contraire, un récent sondage a nettement démontré l’attachement profond de notre population aux valeurs sociales héritées de l’époque de la Révolution tranquille, et ce, même chez une majorité des jeunes», a expliqué Réjean Parent Il a d’ailleurs invité les chefs des partis à s’inspirer de la Révolution tranquille, une période qui aurait permis de «bâtir un Québec plus riche et plus moderne en donnant accès à l’ensemble de la population à des services publics de qualité».La Centrale, qui compte 175 000 membres, surtout dans le milieu de l’éducation, n’a pas appuyé officiellement un parti.Santé: des questions en suspens Par ailleurs, la Coalition Solidarité Santé s’inquiète de voir que le gouvernement a cherché à augmenter la présence du secteur privé dans le système de santé et de services sociaux depuis le jugement Chaoulli.Elle demande donc aux chefs des différents partis en lice de faire preuve de plus de transparence dans ce dossier en empêchant la montée d’un système privé parallèle.La coalition les invite aussi à consentir rapidement les ressources nécessaires pour que le Québec se dote de politiques efficaces de soutien à domicile et à revaloriser les employés de la santé qui souffrent depuis trop longtemps de la pénurie de main-d’œuvre.Enfin, au npm des 50 organismes communautaires et syndicaux qu’elle représente, la coalition plaide pour un rehaussement de 2 milliard 630 millions du budget de la santé.Les dépenses gouver-nementales pour les soins de santé au Québec s élevent à 2566 $ par habitant comparativement à 2910 $ pour l’ensemble du Canada.Le Devoir Avec la collaboration de Louise-Maude Rioux Soucy t 4444 LE DEVOIR, LE MARDI 13 MARS 2007 A 3 Michel David Le talon d’Achille Chacun des trois chefs de parti qui s’affronteront ce soir connaît parfaitement les points faibles de ses deux adversaires.Réussir à en profiter est une autre histoire.Pâris était peut-être un bon archer, mais il a eu beaucoup de chance que sa flèche atteigne le talon d’AchiDe.Tout chef du PQ sait qu’il se fera attaquer sur la souveraineté.En 2003, Bernard Landry pensait bien avoir désamorcé la question dans la plate-forme électorale, qui renvoyait le référendum aux calendes grecques.Sans la visite inespérée de Jacques Parizeau au cégep de Shawinigan, le jour même du débat télévisé, Jean Charest n’aurait pas eu de prise, et l’histoire aurait pu être bien différente.Cette année, l’entourage d’André Boisclair va sûrement s’enquérir de l’agenda de l’ancien premier ministre.Pour plus de précaution, il faudrait aussi avoir l’œil sur Bernard Landry.Lors du débat de 1998, Mario Dumont avait fait très mal au chef libéral en mettant en doute sa loyauté envers le Québec.Cinq ans plus tard, M.Charest était toujours aussi vulnérable sur ce terrain, mais le malheureux discours du chef de l’ADQ devant le Canadian Chib de Toronto lui interdisait de s’y aventurer.Il est tout aussi important d’empêcher l’adversaire de profiter de ses propres faiblesses.En 2003, M.Charest savait qu’on lui reprocherait sa promesse d’autoriser des référendums sur les défusions.En déclarant d’entrée de jeu qu’il souhaitait le succès des nouvelles villes, il a désarçonné aussi bien Bernard Landry que Mario Dumont, qui n’ont plus abordé la question.Ce soir, il pourrait bien utiliser le même truc pour prévenir les attaques sur le front de la santé.Soit le PLQ avait sous-estimé les dommages causés par les mises à la retraite décrétées par le PQ, mais est-ce une raison pour laisser l’ADQ démolir le réseau en permettant aux médecins de pratiquer indifféremment dans les secteurs public et privé?pourrait de-mapder le premier ministre.Evidemment il serait plus facile de rectifier le tir si Pierre Paradis ne laissait entendre, en choisissant soigneusement ses mots, que la population a été trompée.«Les gens veulent entendre la vérité.» Ah, le brave homme! ?Mario Dumont n’avait sûrement pas besoin de passer à Tout le monde en parie pour savoir que l’absence de cadre financier pour ses engagements et la faiblesse de son équipe constituent ses plus grands handicaps.En ce qui concerne l’équipe, il pouvait difficilement demander à Chantal Hébert où était la sienne, mais il aurait beau jeu de répliquer à André Boisclair que personne à l’ADQ n’a nié l’existence d’un génocide au Rwanda.Soit hiknème a dû répudier deux de ses candidats, mais aucun n’a dû faire face à des accusations de fabrication de faux documents, comme l’ancien député libéral de Mégantic-Compton, Daniel Bouchard.H est vrai qu’en moyenne, les candidats de l’ADQ sont sensiblement moins scolarisés que ceux du PQ et du PLQ, mais M.Dumont ne demande pas mieux que d’exploiter tout ce qui pourrait ressembler à une marque de mépris pour le «vrai monde» qu’il prétend représenter.M.Boisclair devrait être particulièrement prudent sur le sujet Victor-Lévy Beaulieu a exprimé un sentiment de plus en plus répandu dans sa lettre m Journal de Montréal: «Le PQ n’est plus que le parti des Montréalistes branchés, arrogants et méprisants par-devers le reste du monde québécois.» Dans la perspective du débat, le phis gros handicap de M.Dumont demeure l’absence de cadre financier.Le budget fédéral forcera peut-être tout le monde à revoir ses chiffres, mais il ne peut pas se permettre d’avoir l’air aussi fou que dimanche soir.D va vraisemblablement profiter de la première occasion pour lancer un chiffre, quitte à remettre les détails à plus tard.?Tout est toujours plus compliqué au PQ.C’est plus vrai que jamais.La promesse de tenir un référendum le plus rapidement possible dans le mandat est à la fois le talon d’Achille d’André Boisclair et sa bouée de sauvetage.Pierre Curzi a raison de dire que le Québec ne peut pas se permettre un troisième non.Même parmi ceux qui ne sont pas allergiques à ridée d’un troisième référendum, bien peu croient réellement le chef du PQ en mesure de mener le camp du oui à la victoire.En revanche, les souverainistes n’iront pas voter s’ils ont le sentiment que le référendum sera encore reporté.Le problème est qu’au lieu de permettre au PLQ et au PQ de récupérer leur clientèle respective, les escarmouches de nature référendaire entre MM.Charest et Boisclair semblent plutôt avoir profité à Mario Dumont depuis le début la campagne.En principe, le premier ministre devrait être la principale cible ce soir, mais M.Boisclair et lui ont un intérêt commun à se liguer contre le troisième homme qui menace leur monopole.Sur le terrain, on voit mal où le PQ pourrait arracher des sièges au PLQ, tandis que l’ADQ ne peut que progresser aux dépens des deux autres.Le chef de l’ADQ a toutefois démontré dans le passé tout le parti qu’il pouvait tirer d’un débat à trois.En 1998, sa vivacité avait décontenancé aussi bien Jean Charest que Lucien Bouchard.La formule d’un débat télévisé, où chacun n’a droit qu’à quelques minutes, lui convient parfaitement M.Boisclair, qui en est à sa première expérience du genre, répète à qui vèut l’entendre que les Québécois n’éliront pas un comédien le 26.mars, mais un premier ministre.Sans doute, mais ils savent aussi apprécier les bons mots.Le sérieux et la platitude ne sont pas nécessairement synonymes.mdavid@ledevoir.com L'AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dan* L* Devoir du nnwdi LE DEVOIR » ggiii i i#gtiSi®ti su | i i Qlimc 2007 ' .j MATHIEU BÉLANGER REUTERS MATHIEU BÉLANGER REUTERS ARCHIVES REUTERS Mario Dumont Jean Charest André Boisclair .:4s*,- —* Débat des chefs : gagner, c’est dépasser les attentes des électeurs NORMAN DELISLE Québec — Le cinquième débat télévisé des chefs dans l’histoire des campagnes électorales québécoises se déroulera ce soir, à Québec, et les trois chefs y risqueront gros.«Les campagnes électorales sont toujours centrées sur les chefs, et cela rend leur débat très important, surtout dans la société québécoise où les réseaux médiatiques sont si forts», juge le politologue Guy Laforest de l’Université Laval.Les trois chefs, Jean Charest du Parti libéral, André Boisclair du Parti québécois et Mario Dumont de l’Action démocratique, s’affronteront donc pendant deux heures, dans un débat qui sera animé par le journaliste Jacques Moisan, un vétéran de la télévision québécoise.Cinq thèmes ont été retenus pour ce débat.Pendant des segments de 20 minutes, il sera question tour à tour de santé, d’environnement, d’économie, d’éducation et de l’avenir politique du Québec.Chaque bloc thématique comprendra la réponse des chefs à une question prédéterminée d’ordre général, et trois face-à-face entre deux des chefs.M.Boisclair vivra son premier débat des chefs tendis que MM.Dumont et Charest ont participé aux deux débats précédents (1998 et 2003).«Le débat renforce généralement la perception que chacun se fait des chefs en lice.Cela conforte l'opinion positive ou négative de chaque électeur sur les chefs», a déclaré Guy Laforest à la Presse canadienne.Ce dernier, ancien président de l’Action démocratique et candidat de ce parti en 2003, suit le dé- roulement de cette campagne-ci de très loin, avec beaucoup de détachement.M.Laforest rappelle que les moments les plus importants du débat se situent au début et la fin, au moment où chacun des chefs peut s’adresser directement aux millions d’électeurs qui sont à l’écoute.Pour le sondeur Jean-Marc Léger, de Léger Marketing, «les attentes sont élevées à chacun des débats, mais les électeurs sont généralement déçus de ce qu’ils ont vu».«L’élément-clé, ce n’est pas de gagner le débat, mais de faire mieux que les attentes», croit M.Léger.C’est pourquoi il estime que le débat sera plus difficile pour MM.Charest et Dumont, de qui on attend beaucoup, que pour M.Boisclair, à l’égard de qui les attentes sont plus basses.Presse canadienne Propos homophobes L’animateur Louis Champagne réclame le droit de penser autrement que « les artistes du Plateau » Le controversé animateur de radio du Saguenay, Louis Champagne, a offert comme prévu ses excuses publiques pour ses propos homophobes, hier.Mais s’il a fait amende honorable sur les ondes, il en a remis dans un texte publié dans le journal Le Quotidien.M.Champagne y soutient avoir le «droit de penser autrement que si jïiabitais le Plateau [Mont-Royal]» et répète que l’épisode des derniers jours est un bon exemple de la difficulté d’exprimer des idées divergentes de celles des «pseudo-intellectuels» et des chroniqueurs et qui ont remplacé «les prédicateurs religieux» d’antan.Dans ce texte, M.Champagne écrit que «l’incident des “tapettes” n'est qu’anecdotique et, vous l’aurez bien compris, oser soulever la question incluant ce mot et soulevant la possibilité que les travailleurs de ma région n’ont pas la même pensée rose bonbon à propos des homosexuels que les artistes du Plateau équivaut à un sacrilège pour une certaine intelligentsia.Poser un tel type de question est devenu un “crime contre l’humanité” passible de lynchage public immédiat».Toute l’affaire découle d’une entrevue réalisée par l’animateur il y a un peu moins d’un mois sur les ondes de CKRS, mais qui a défrayé les manchettes il y a 10 jours.Louis Champagne avait insinué, lors d’une entrevue avec Sylvain Gaudreault, candidat du Parti québécois dans la circonscription de Jonquière, que les employés d’usines pourraient hésiter à voter pour lui parce qu’il est homosexuel, tout comme son chef, André Boisclair.Il avait ajouté: «A Jonquière, pensez-vous que quand vous arrivez avec un autre homosexuel, vous n’allez pas vous faire poser vraiment la question: “Coudonc”, le Parti québécois, c’est-tu un club de tapettes?» Les propos avaient été dénoncés de façon générale, poussant Corus Québec à suspendre le controversé animateur le temps de faire la lumière sur l’affaire.L’employeur a par la suite convenu que M.Champagne pourrait retrouver son micro s’il acceptait de lire une déclaration publique d’excuses dans laquelle il admet qu’il aurait «dû mieux choisir les termes utilisés».Aux journalistes qui l’attendaient hier pour commenter son retour sur les ondes après sa courte suspension, l’animateur a déclaré que le texte publié dans le journal du Saguenay et intitulé «Nous sommes les otages de la pensée unique» est son «testament radiophonique».Il insiste sur le fait d’avoir le «droit de penser autrement» et prétend que beaucoup de gens pensent comme lui.M.Champagne dit qu’il ne changera pas sa façon de faire de la radio.Mais pour éviter d’autres épisodes similaires à celui qui l’a placé dans la tourmente, l’animateur écrit qu’il fera attention «de choisir les termes appropriés qui sauront à la fois clairement exprimer mon opinion tout en évitant de mauvaises interprétations».Presse canadienne E N Mulcair courtisé par quatre partis fédéraux L’ancien ministre de l’Environnement du Québec Thomas Mulcair songerait à faire le saut en politique fédérale avec les néo-démocrates.C’est ce qu’a déclaré hier le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, après avoir prononcé une allocution devant BREF des étudiants à l’Université de Montréal.D’ailleurs, M.Mulcair a été aperçu parmi la foule et en compagnie de M.Layton après le discours.Thomas Mulcair, un libéral de longue date, a choisi de ne pas se représenter à l’élection provinciale du 26 mars prochain dans Chomedy, à Laval.Interrogé par un journaliste de la Presse canadienne, M.Mulcair a indiqué qu’il était courtisé par quatre partis fédéraux—PC • EN CETTE PÉRIODE D’ÉLECTIONS PROVINCIALES, Que veulent vraiment les Québécois ?UN DÉBAT SUR LE PARCOURS POLITIQUE ET HISTORIQUE DES QUÉBÉCOIS Marie-Louis d’AUTEUIl Collection Sciences physiques PHÉNOMÈNES IONIQUES Guide d’apprentissage SCP 4012-2 272pages-17,75$ ISBN 978-2-7606-3609-9 Formation oénOraie des adultes 4a secondaire LIDEC inc> 514-843-5991 En uonte dans toutes les HDralrles Le prix est indiqué sous réserve de modifications.Montréal 514.845.5545 t Avec JOCELYN létourneau : historien, auteur de Que veulent vraiment les Québécois ?Boréal, 2006.YVAN LAMONDE : historien, auteur de Histoire sociale des idées au Québec, Fides, vol.I et Vol.II, 2000 et 2004.Animateur JACQUES beauchemin : sociologue et auteur de L’histoire en trop, vlb, 2002.MERCREDI 14 MARS, 17 H 30 ÉDIHCE MACDONALD-HARRINGTON 815, RUE SHERBROOKE OUEST, SALLE 110 MÉTRO MCGILL Renseignements : Programme d’études sur le Québec, 514.398.3960 Entrée libre Organisé par le Programme d’études sur le Québec de l’Université McGill et l’Association des étudiants de l’Université McGill McGill MB.: t A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 13 MARS 2007 ACTUALITES Réserve faunique La Vérendrye Des autochtones bloquent la route 117 Grand-Remous — Des autochtones armés bloquent depuis 5h30, hier matin, la route 117, le seul lien routier entre les Laurentides et l’Abitibi-Témiscamingue, dans la réserve faunique La Vérendrye.Les protestataires ne semblent pas avoir l’intention de lever leur blocus avant qu’un représentant du ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec ne vienne à leur rencontre.La Sûreté du Québec affirme qu’il y aurait entre 25 et 50 manifestants, probablement des Algonquins.La barricade bloque les deux voies de la route à environ 70 kilomètres au nord de Grand-Remous.Deux caravanes, deux tipis, un bélier mécanique, des billots de bois et des barils ont été utilisés par les manifestants.Plusieurs véhicules ont dû rebrousser chemin en raison de la présence de la barricade.Les agents de la SQ qui observent les mouvements à la barricade ont jusqu’ici remarqué la présence d’armes de chasse, d’individus masqués et d’un drapeau des Warriors, mais aucun coup de feu n’a été tiré et la police ne signale aucun acte d’agressivité.Les policiers ont érigé un périmètre de sécurité à 200 mètres de la barricade.«Nous avons vu des armes à feu dans la barricade, a expliqué une por- te-parole de la SQ, Mélanie Larouche.Nous ne laisserons personne traverser cette ligne.» Au cœur du litige figure la récupération d’arbres morts ou malades étendus en forêt ou à demi renversés.Ce bois devait, selon les manifestants, être récupéré par l’organisme sans but lucratif Gestion des ressources naturelles autochtones, puis acheminé aux compagnies forestières.Les protestataires prétendent qu’une entente verbale conclue avec le gouvernement du Québec à ce sujet et qui avait mis fin à une protestation précédente, n’a pas été respectée.«Nous protestons parce que le gouvernement du Québec, les libéraux, nous ont menti, a déclaré Guillaume Carie, le grand chef de la Confédération des peuples autochtones du Québec et du Canada.Aussitôt que nous avons démantelé les barricades [la dernière fois], ils se sont retournés contre nous.» M.Carie explique que Gestion des ressources naturelles autochtones devait procurer de l’emploi à quelque 300 autochtones.M.Carie aurait refusé d’accéder à la demande de la SQ de procéder au démantèlement de la barricade tant et aussi longtemps que le gouvernement du Québec n’aura pas dépêché son représentant sur les lieux pour régler le dossier.Il affirme que le gouvernement a autorisé des coupes à blanc dans la région, mais que les autochtones n’ont pas leur mot à dire dans la planification des activités forestières et qu’ils n’en retirent aucun bénéfice.«C’est du vol», a lancé M.Carie, avant de préciser que les autochtones réclament des droits de coupe et veulent être consultés dans la gestion générale des ressources forestières.Il explique aussi que l’installation de la barricade vise aussi à dénoncer les conditions de vie des autochtones qui habitent à l’extérieur des réserves.«Pas d’électricité, pas de chauffage, pas d’eau, a dit M.Carie, qui prétend représenter 6000 autochtones au Canada.Les conditions sont inacceptables.» Les protestataires avaient manifesté, le mois dernier, devant le bureau du ministre québécois des Ressources naturelles.D n’est pas dans les intentions immédiates de la SQ de démanteler la barricade et de disperser les Amérindiens.La police tente de négocier avec eux pour que la route soit rouverte.La SQ vérifie plusieurs éléments sur le plan légal, comme la nécessité et l’urgence d’agir.Presse canadienne Congédiement de Jean Pelletier: Ottawa ne portera pas en appel la décision de la Cour fédérale KARINE FORTIN Ottawa — Le gouvernement fédéral a décidé de ne pas porter en appeler d’un jugement de la Cour fédérale lui recommandant de réintégrer l’ancien président du conseil d’administration de Via Rail, Jean Pelletier, dans ses fonctions.L’ancien maire de Québec et conseiller de Jean Chrétien avait été congédié en mars 2004 après avoir fait des commentaires controversés sur la championne olympique Myriam Bédard.En plein scandale des commandites, Mme Bédard avait écrit au premier ministre Paul Martin pour lui confier qu’elle avait été témoin de «choses pas catholiques» lorsqu’elle travaillait pour Via Rail.M.Pelletier avait réfuté les allégations et qualifié Mme Bédard «de pauvre fille qui fait pitié, une fille qui n’a pas de conjoint».Un juge de la Cour fédérale avait conclu en novembre 2005 que le gouvernement avait traité M.Pelletier de façon inéquitable en le remerciant pour inconduite sans l’avoir informé de ce qu’on lui reprochait et sans lui avoir donné l’occasion de s’expliquer.Le tribunal et avait recommandé sa réintégration.Cette décision a été confirmée par la Cour fédérale d’appel en janvier dernier.Le délai d’appel de 60 jours expirait hier.Un porte-parole du Conseil privé, Greg Jack, a confirmé en fin d’après-midi qu’Ottawa n’avait pas l’intention de porter l’affaire devant le plus haut tribunal du pays.Les démêlés de Jean Pelletier avec le gouvernement fédéral ne sont pas terminés pour autant.En dépit d’un premier jugement qui lui était favorable, l’ancien maire de Québec a en été congédié une deuxième fois de chez Via Rail en 2005, en raison cette fois de son rôle présumé dans le scandale des commandites.Le politicien a contesté ce geste devant les tribunaux et réclame 3,7 millions de dollars en dommages moraux et exemplaires au gouvernement du Canada.Ces causes ne sont pas terminées.Alléguant les procédures en cours, une porte-parole de M.Pelletier s’est d’ailleurs refusé à tout commentaire sur la décision d’Ottawa de ne pas interjeter appel.En janvier dernier, l’homme s’était dit satisfait du jugement de la Cour fédérale qui confirmait «la justesse» de ses prétentions.Il avait dit souhaiter ardemment que la décision aide à mettre un terme à cette saga judiciaire.Presse canadienne MÉMÉ .v' '}*?Les adolescents auraient besoin d’au moins neuf heures de sommeil par nuit.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ados, au dodo ! Le changement d’heure affecte plus durement les jeunes LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le retour en classe, après une semaine de relâche bien remplie, s’est fait plus difficilement qu’à l’habitude pour votre ado hier?Devancé de trois semaines pour la première fois au Canada, le passage à l’heure d’été pourrait bien expliquer ce surprenant manque de tonus qui affecte plus durement les adolescents, a fait savoir hier le laboratoire de recherche sur le sommeil de l’Hôpital Rivière-des-Prairies.Le mini-bogue informatique prévu n’a peut-être pas eu lieu, il n’en reste pas moins que le passage à l’heure d’été a bel et bien eu un impact concret dans les classes du Québec où les adolescents viennent tout juste de terminer leur semaine de relâche.«Pour la plupart d’entre eux, cette heure perdue ne fait que s’ajouter à me dette de sommeil que l’on sait déjà importante», explique le responsable du laboratoire de recherche sur le sommeil, le Dr Roger GodbouL Lorsque le soleil se couche, le cerveau réagit normalement en sécrétant une hormone, la mélato-nine, qui prédispose au sommeil.Les adolescents y sont toutefois moins sensibles, leur horloge biologique étant décalée.«À l’adolescence, l’horloge biologique qui tente de régler les horaires du coucher et du lever se transforme et prend du retard, m peu comme lors d'un décalage horaire», raconte le Dr God-bout.Cela explique pourquoi plusieurs adolescents ne s’endorment spontanément que très tard.et se lèvent à l’avenant.Les chercheurs savaient déjà que le passage à l’heure d’été était physiquement plus éprouvant pour les adolescents en raison de ce décalage.Mais le fait que le changement d’heure soit pour la première fois combiné au retour de la semaine de relâche rend l’adaptation encore plus difficile, explique-t-on au laboratoire de recherche sur le sommeil.L’adaptation au changement d’heure se fait différemment selon les individus.Certains n’en sont même pas conscients tandis que d’autres n’auront besoin que d’un jour pour d’adapter.Les adolescents prendront plutôt une à deux semaines.11 ne serait d’ailleurs pas mauvais de les encourager à se coucher un peu plus tôt dans les prochains jours pour contrer les ef- fets du changement d’heure.En moyenne, les adolescents ont besoin de neuf heures à neuf heures et demie de sommeil, et ce besoin est très rarement comblé, sauf peut-être les fins de semaine.Confrontées à des horaires de transport de plus en plus complexes, beaucoup d’écoles ont choisi de commencer les cours plus tôt dans les dernières années, un choix qui va à l’encontre des besoins physiques des adolescents, estime le D1 Gagnon.À cet égard, le spécialiste des troubles du sommeil salue l’initiative de commissions scolaires, comme la Commission scolaire des Affluents, qui a fait le pari inverse en décidant de décaler l’heure d’entrée à l’école cette année.Le Devoir r Camps d’été Camp .Vivre .anglais! illat Du v* au 2i juillet 2007 PROGRAMME INTENSIF D’IMMERSION ANGLAISE • Neuf heures d’activités par jour.• Cours, activités sportives et culturelles, ateliers, excursions et voyages.• Petits groupes homogènes d’un maximum de 18 élèves.• Sites enchanteurs au cœur des Cantons-de-l’Est.Information : Le Salésien 135, rue Don Bosco Nord Sherbrooke (Québec) J1L1E5 Téléphone : 819 566-2222 www.immerslonanglaise.ca Pour annoncer, a mlacUz Isabelle Sanchez :iu 514 985-3454 ou à lsanchez@leilevoir.c>5=r WIWTrÇ LETTRES Où sont les candidats députés?, Ma foi, on se croirait en France ou aux Etats-Unis tellement la campagne électorale en cours ressemble à une campagne présidentielle.On n’en a que pour les chefs de parti.Dans chaque circonscription, il doit sûrement y avoir des femmes et des hommes qui aspirent à devenir députés et qui gagneraient à être connus du grand public.Les médias tournent en rond et ne couvrent que les supposées bourdes des chefs ou de certains candidats au lieu de nous présenter les portraits des candidats de chaque région, tout parti confondu.Pendant ce temps-là, on ne fait pas le procès du parti au pouvoir et de ses coups fourrés des quatre dernières années.On est en train de rire de nous! Lévis Bouchard Québec, le 8 mars 2007 Promesse vide Dans Le Devoir du 6 février, on pouvait lire: «L’Action démocratique du Québec promet de réinvestir dans chaque région le quart des redevances provenant des ressources naturelles».Or, il semble bien que l’auteur de cette promesse électorale ignore totalement ce dont il parle.S’il l’avait su, il se serait bien gardé d’ouvrir la trappe, sinon pour dénoncer le système colonial de redevances que nous subissons, particulièrement pour les ressources minières qui nous laissent des miettes insignifiantes.Sur le site Internet du gouvernement du Québec, les renseignements sont bien minces sur ce dernier point.Parmi quelques brefs paragraphes, on peut lire: «.À peine 40 % du potentiel minéral du sous-sol québécois est actuellement connu.[.] En 1999, la valeur des expéditions minérales du Québec a atteint quelque 3,6 milliards de dollars.» Mais, avec le développement récent de nouvelles mines peu connues du Grand Nord québécois, extrêmement riches en métaux précieux (nickel, cuivre, cobalt, platine, palladium.), ce montant doit être maintenant largement dépassé.Mais qu’en retirons-nous?Là est la question.En cherchant ce que rapportent les redevances minières, on peut trouver une réponse précise dans le Journal des débats de l’Assemblée Nationale du 11 février 1998 [.].On n’en trouve pas de plus récente.En réponse à la demande d’un député de l’opposition, on a fait venir un haut fonctionnaire qui a révélé que les redevances minières s’élevaient à 13,7 millions en 1996-1997, en baisse de 2,3 millions depuis l’année précédente.On peut penser que ces chiffres tout à fait ridicules reflètent toujours la réalité actuelle.De plus, ces quelques petits millions sont loin de payer pour tous les services fournis par nos ministères à l’industrie minière.Par exemple, en 1997, d’après cette même édition du Journal des débats, le Centre de recherches minérales du Québec dépensait à lui seul 10 millions pour venir en aide à cette pauvre industrie minière étrangère qui expédie le minerai grossièrement traité à l’extérieur du Québec.Et encore: on apprenait récemment que le Québec s’apprêterait à dépenser des dizaines de millions pour nettoyer les centaines de tonnes de débris et ordures laissés par ces entreprises dans le Grand Nord.Et pourtant, cette situation typiquement coloniale laisse à peu près tout le monde indifférent, à commencer, bien sûr, par M.Dumont qui l’ignore! [.] Le minerai, le bois et l’eau sont des ressources naturelles au même titre que le pétrole, et devraient normalement nous rapporter au moins cent fois plus chaque année.Ne serait-il pas temps de mettre fin à ce régime colonial?[.] Jean-Luc Dion Trois-Rivières, le 9 mars 2007 Un pléonasme électoraliste Il est devenu une habitude, depuis les dernières campagnes électorales, que les partis politiques s’arrogent le monopole de la verbosité des phrases creuses.L’un des meilleurs exemples est celui de l’expression «première priorité».Ce pléonasme, car il s’agit bien d’un dédoublement de sens, messieurs les politiciens, semble être utilisé à profusion uniquement dans le but de faire plaisir au plus grand nombre possible de citoyens.Dire, par exemple, que la santé est «la première priorité» sous-entend l’existence d’autres priorités.Ainsi, l’électeur, qui comprend que l’éducation et l’environnement sont des priorités (disons de second rang), trouve satisfaction alors que ces dernières sont en fait reléguées à l’arrière-plan.Le problème, c’est qu’il ne peut y avoir qu’une seule priorité.Nous trouverions oiseux, en effet, de remettre quatre ou cinq médailles d’or aux participants d’une discipline olympique.La tautologie prolixe est signe, à mon avis, d’un malaise profond envers le langage.Nous nous attardons aux mots à la manière d’un stroboscope.Notre regard se pose sur des termes rassurants et reconnaissables alors que le reste importe peu.Le réflexe a atteint un niveau tel que le mot l'emporte finalement sur le sens de la phrase.Etrangement, le processus de conditionnement est le même pour la publicité marchande: service personnalisé, répondre à vos besoins, satisfaction garantie; autant de locutions dignes d’un verbiage insignifiant.Bref, cessons de remplir le vide par la répétition ou l’absurdité.Il est préférable d’user d’imagination ou de garder le silence, deux attitudes qui sont malheureusement en voie de disparition.Étienne Bolduc Gatineau, le 10 mars 2007 L’information sur la séparation Le Parti québécois a le droit de présenter son option souverainiste et ses avantages lors de la campagne électorale.Par contre, ceux qui ne partagent pas ce point de vue ont tout autant le droit d’en présenter les désavantages.Malgré les mythes qui ont été soigneusement érigés, la souveraineté du Québec demeure de l’ordre d’un amendement constitutionnel, ce qui signifie que les autres provinces ont le droit de s’impliquer dans le débat si elles le désirent, que le territoire québécois n’est ni sacro-saint ni indivisible et que 50 % + 1 n’est pas une formule acceptable.Si les Québécois doivent se prononcer une troisième fois en moins de 30 ans sur ce projet de société, ils ont le droit d’avoir toute l’information pour faire un choix éclairé.C’est ça la démocratie.André Bordeleau Montréal, le 10 mars 2007 LIBRE OPINION -4- Un silence incompréhensible ANIK BISSONNETTE Première danseuse aux Grands Ballets canadiens et présidente du Regroupement québécois de la danse Madame et Messieurs, chefs et porte-parole des cinq partis en lice, je m’adresse à vous à la suite de la lecture du texte «U n'y a pas pire aveugle» (Je Devoir, 34 mars 2007).En tant qu’artiste et présidente du Regroupement québécois de la danse, je ne peux concevoir que les plateformes électorales présentées par vos partis respectifs ne proposent «rien pour les principaux dossiers chauds des arts et delà culture [.].Rien sur la crise appréhendée des publics des arts de la scène.Rien de concret sur la diffusion internationale des productions québécoises ou sur leur simple rayonnement ici même, à l'intérieur des frontières [.], rien sur la culture à l’école.» Vous n’ignorez pas que le Mouvement pour les arts et les lettres et ses 14 000 membres s’emploient, depuis huit ans, à faire comprendre au politique que les arts qui font la fierté des Québécois méritent d’être davantage soutenus, au même titre que d’autres secteurs d’activité.Parce que je la connais de l’intérieur, je me permets de prendre pour exemple la danse, fragilisée par un soutien public nettement inadéquat.Composée d’artistes reconnus internationalement et d’une relève extraordinaire, dotée d’un public jeune et en expansion, jouissant d’une présence de plus en plus marquée tant ici qu’à l’étranger, la danse a littérairement explosé au Québec dans les 30 dernières années.Pourtant, cette communauté vibrante, où six artistes sur dix ont moins de 35 ans, est présentement confrontée à des défis qui rappellent ceux touchant plusieurs régions du Québec: précarité d’emploi, salaires insuffisants, manque d’infrastructures et d’équipements, etc.Le vent doit tourner! Le prochain gouvernement devra rapidement entrer dans la danse s’il veut que la discipline poursuive sur sa lancée.Engagements clairs J’ajouterais que votre silence au sujet de la situation des arts et des lettres me rend perplexe, surtout quand on sait que plusieurs candidats sur le terrain associent le développement et le rayonnement de leur région à la santé de leur communauté artistique et culturelle.Cette volonté politique et cette reconnaissance locale, qui s’expriment un peu partout au Québec, devraient se traduire, pour vous, par des engagements clairs à l’endroit des dizaines de milliers d’artistes, d’écrivains et de travailleurs culturels présents sur l’ensemble du territoire.Madame et Messieurs, chefs et porte-parole de partis, la pérennité de nombre d’organismes artistiques et culturels, au Québec repose sur l’augmentation des crédits récurrents alloués au Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ).Les 20 millions de dollars demandés par le Mouvement pour les arts et les lettres permettraient, du moins en partie, de consolider nos organisations artistiques et culturelles; d’assurer la présence en force des arts québécois sur le marché international; et de faire une place aux jeunes artistes, créateurs, administrateurs et entrepreneurs en arts qui composent la relève.J attends donc, avec espoir et impatience, que vous preniez des engagements responsables envers les arts et la culture, dont le premier sera d’augmenter de manière significative et récurrente les budgets du CALQ. LE DEVOIR.LE MARDI 13 MARS 2007 A 7 IDEES .m JACQUES NADEAU LE DEVOIR Victor-Lévy Beaulieu: «Je souhaite que l’ADQ devienne Topposition officielle.» Indépendantiste et adéquiste VICTOR-LÉVY BEAULIEU Ecrivain e suis indépendantiste et je suis persuadé que le Québec sera un jour un pays libre et libéré.Mais je ne crois pas que le Parti québécois d’aujourd’hui nous amènera à l’indépendance.Le Parti québécois est usé à force d’avoir sacrifié l’idée d’indépendance sur tous les autels de ’électoralisme.Ce qui, à l’origine, était un formidable projet de société, n’est plus que de la vieille guenille avec laquelle on fait les paillassons.Le PQ n’est plus que le parti des Mont-réalistes branchés, arrogants et méprisants par-devers le reste du monde québécois.Le nouveau chef qu’il s’est donné en est l’illustration par excellence.Bien qu’il soit jeune et intelligent il lui manque la connaissance de ce que Jacques Perron appelait les provinces québécoises.Ce n'est pas pour rien que, dès qu’il parle des régions, il calque ses discours et ses promesses électorales sur ceux du Parti libéral: au mieux, ça les bonifie; au pire, c’est un cul-de-sac.Mais il n’y a rien là-dedans qui va changer fondamentalement ce que les gens vivent ou ne vivent pas en régions.Ce sont simplement des projets bureaucratiques et qui, pour la plupart se retrouveront sur des tablettes le lendemain des élections.Les autres Depuis qu’il est le chef du Parti libéral, Jean Charest nous a donné plus de preuves qu’il n’en fallait pour nous dégoûter à jamais de son gouvernement.Qu’il ait par stratégie bassement électoraliste parlé de la possible partition du Québec dit bien de quel bois se chauffe l’af- freux personnage.Qu’un premier ministre du Québec fasse passer sa soif du pouvoir avant les devoirs qui sont le fondement même de sa fonction, impossible de descendre plus bas.J’ai de la sympathie pour Québec solidaire et pour les Verts.Mais ils n’ont pas compris eux non plus que le Québec ne se limite pas à Montréal.Quand ils le comprendront, ils cesseront peut-être d’être de bons mouvements de pression pour devenir de véritables partis politiques.L’ADQ comme opposition officielle Cela étant dit j’appuie donc Mario Dumont et je voterai pour l’Action démocratique du Québec Je 26 mars prochain.Je souhaite que l’ADQ devienne l’opposition officielle.A mon avis, ça aurait le mérite de correspondre davantage à ce Québec pluriel dont tout le monde réclame la reconnaissance, mais que la polarisation Parti libéral-Parti québécois interdit depuis 20 ans.Ça ferait sûrement venir aussi un grand brassage d’idées et, ne serait-ce que pour la gauche québécoise qui s’est peinturée elle-même dans le mur depuis la fondation du Parti québécois, ça ne représenterait pas le pire des maux.Nos grandes centrales syndicales, qui ne font plus guère de syndicalisme depuis qu’elles se contentent de gérer les fonds qu’elles ont accumulés, réapprendraient peut-être aussi à penser.Libéraux, péquistes et analystes font leurs choux gras de la prétendue faiblesse de l’équipe qui entoure Mario Dumont Et pis après?Avant qu’ils ne soient nommés ministres dans le cabinet Charest qui connaissait Michelle Courches-ne, Carole Théberge, Claude Béchard, Jacques Dupuis, Julie Boulet ou Line Beauchamp?Quand Mario Dumont a demandé au Parlement qu’on reconnaisse l’ADQ comme parti, ce qui lui aurait permis d’avoir plus de ressources, donc de mieux travailler, libéraux et péquistes, toujours par basse stratégie électoraliste, ont dit non.Ainsi furent bafoués plus de 600 000 Québécoises et Québécois qui avaient voté démocratiquement pour l'ADQ.On finit toujours par payer le prix pour son mépris: le 26 mars prochain, péquistes et libéraux devraient s’en faire donner une leçon salutaire.Pas des deux de pique Parce que je lis les journaux régionaux et que par ces lectures je connais un bon nombre de candidats adéquistes, je ne partage pas le point de vue que ce sont tous des deux de pique.Ce n’est sûrement pas le cas de Serge Charrette dans Papineau, de Philippe Rochat dans Richelieu, de Donald Grenier dans Matane, de Catherine Morissette dans Charlesbourg, de Lucie Leblanc dans Deux-Montagnes, d’André Riedl dans Iberville, de François Bonnardel dans Shefford, de Pierre Harvey dans Outremont, de Maro Akoury dans Vachon ou d’Albert De Martin dans Huntingdon.Ils ont d’abord le mérite à mes yeux de n’être pas de cette haute bureaucratie qui a fini par prendre ses vessies pour des lanternes.Ce sont des gens fiers de leur être identitaire, de leur culture, et qui ont décidé de prendre dans la société une place qu’on leur refuse depuis trop longtemps.D me semble que c’est là une chose plutôt saine quand on prétend vivre en démocratie.J'ai 62 ans, je milite comme indépendantiste depuis que j’ai 15 ans.La présente campagne électorale, loin de me déprimer, me rend très optimiste pour l’avenir.Un pays ne se fonde pas sans sacrifice propitiatoire.Que l’indépendance finisse par arriver autrement que par les chemins jusqu’ici fréquentés, je n’en pleurerai pas, bien au contraire.Je suis jeune, patient, persévérant et opiniâtre.Je suis prêt à attendre encore 20 ans s’il le faut car les rêves finissent toujours par devenir réalité quand on est capable de les assumer totalement, par-devers soi-même et par-devers tous les autres.Candidat malgré une défaite assurée JEAN BARIL Candidat de Québec solidaire dans Terrebonne .lus de 80 % des candidats à l’élec- Ption du 26 mars ne seront pas élus.En fait, moins de 10 % appartiendront au caucus des députés du parti qui exercera le pouvoir.De .-I très nombreux candidats, dont moi, savent parfaitement qu’ils ne seront pas élus.Alors, pourquoi se présenter, travailler si fort, investir temps et argent lorsqu’il n’y a aucun privilège à attendre, aucun avancement de carrière et, dans le meilleur des cas, que le remboursement de la moitié de nos dépenses?Pour ma part, j’ai décidé de faire le grand saut pour que la démocratie demeure vivante, que le débat public se fasse et parce que la période électorale peut être une occasion privilégiée de réfléchir à no# besoins, à nos défis.Bref, d’amener sur la place publique des débats fondamentaux qui dépassent le court terme et les batailles de comptables.Encore 10 protocoles de Kyoto Par exemple, la question des changements climatiques, l’impact qu’ils auront, notre façon de les aborder, les actions qui devront être engagées, à court, moyen et long terme, tout cela devrait être présentement mis sur la table par quiconque aspire à exercer un certain leadership politique.Pourtant, rares sont ceux qui osent dire, et redire, que Kyoto et son objectif de 6 % ne représentent qu’un tout petit premier pas dans la longue et difficile route pour atteindre une réduction de 60 % de nos émis- sions d’ici à 2050.Cet objectif est pourtant considéré comme étant minimal pour «stabiliser» le climat Donc, il faut réussir l’équivalent de dix protocoles de Kyoto dans les 40 années à venir! L’Union européenne a déjà annoncé son objectif de réduire ses émissions jusqu’à 30 % d’ici à 2020, pour peu que les autres pays industrialisés s’y mettent.Au Québec, le PQ, l’ADQ et les libéraux profitent de la campagne pour se chamailler à savoir si notre «Plan vert» permettra d’atteindre les 6 % de Kyoto lors de la dernière année du protocole ou sur la moyenne des cinq dernières années.Comme si des élèves se disputaient «le mérite» d’avoir obtenu cinq ou six à l’examen, alors que la note de passage est de 60! Pourtant les rapports scientifiques (GIEC), les conséquences économiques (Rapport Stem), les technologies pour frire free à ce défi planétaire, tout est connu.Seules manquent la volonté politique et la prise de conscience généralisée que nous ne pourrons reproduire nos modes de production, de consommation et de transport des 30 dernières années lors des 30 qui s’en viennent.Il nous faudra tous changer.Et presque' tout changer.Me présenter candidat, c’est essayer de montrer qu’une telle volonté politique existe et profiter des tribunes offertes par une campagne électorale pour contribuer à faire évoluer cette prise de conscience généralisée dans ma circonscription.Soulever d’autres questions Me présenter candidat c’est aussi l’occasion de soulever des questions trop souvent ignorées.La récente sortie de M.Ghislain Picard, au nom des Premières Nations, nous rappelle fort justement une question qui devrait être largement débattue durant cette campagne.En effet, quels que soient nos projets ou nos options concernant le développement économique régional, l’exploitation de nos ressources naturelles et le statut politique du Québec, rien de durable ne pourra être accompli si nous ne tirons pas toutes les conséquences, même les moins agréables, du statut des différents peuples autochtones et des droits qu’ils peuvent légitimement exercer, jusque sur la scène internationale.Le silence ou l’indifférence ne sont pas des options.Cette campagne électorale doit offrir des tribunes pour de tels débats, non pour les fuir.Mais encore faut-il que ces tribunes existent! Dans ma circonscription, les médias régionaux ont dû annuler le débat télévisé prévu entre les candidats parce que les candidats libéraux et adéquistes ont refusé d’y participer.D’ailleurs, cela semble être une tendance lourde chez ces partis que celle de vouloir «cacher» les candidats et de transformer la campagne électorale en une simple campagne d’image de chefs, de pancartes et de publicités simplistes.La population québécoise mérite mieux.Comme candidat, je mérite mieux.J’ai décidé de faire le grand saut pour que la démocratie demeure vivante Voter vert, un vote significatif BERNARD V1AU Rivière-du-Loup es récents commentaires dans les journaux du «porte-parole masculin» et du «porte-parole féminin» de Québec solidaire concernant le Parti vert m’ont bien frit sourire; personnellement, je peux facilement supporter que les idées du Parti vert soient «travesties par des gueux pour exciter des sots» selon l’expression de Kipling.Mettons par contre les choses au clair! Nos politiciens parlent aujourd’hui beaucoup d’environnement, car les partis verts prennent de plus en plus de place dans l’arène politique nationale.Si la tendance se maintient au Canada, où la proportionnelle n’existe pas encore, ils devraient obtenir plus de 10 % des votes aux prochaines élections.N’en déplaise aux simplistes qui disent que voter vert c’est diviser le vrai vote et donc perdre son vote, n’en déplaise à ceux qui disent que les verts sont peu nombreux et n’ont pas de programme électoral sérieux, qu’ils sont des «granos» et des opportunistes qui ne connaissent rien au développement économique et qu’il faut gagner ses élections, la seule option politique valable pour le XXI siècle est celle des partis verts du monde.Le simplisme des deux camps Les verts sont encore aujourd’hui victimes de l’obscurantisme, des préjugés et de l’ignorance de certains qui les associent aux croisés d’une déesse Gaïa, aux fanatiques d’une église écologique, aux charlatans d’un Armageddon prochain ou aux adeptes d’un complot planétaire.Non, les verts ne sont ni mystiques ni idéalistes, ce sont des gens bien réalistes, mais qui ont une vision d’ensemble sur notre société.[.] On tente de vous laisser croire que le monde politique se diviserait en deux camps, les bons et les méchants, les démocrates et les républicains, les bleus et les rouges, le ciel et l’enfer, une vision simpliste, enfantine de la réalité.De plus en plus de gens votent pour les verts, car ils sont de plus en plus conscients de l’importance de leur vote.Perdre son vote c’est voter pour le Parti marijuana ou l’humoristique Parti rhipocéros, c’est aussi l’annuler ou ne pas aller voter! A la dernière élection, la candidate et chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May a obtenu 26 % des votes, dépassant les conservateurs et le NPD dans la circonscription urbaine de London en Ontario.Les membres en règle du Parti vert sont peu nombreux, mais les électeurs votent pour eux le jour de l’élection.Les statistiques le démontrent, l’importance des verts est grandement sous-estimée.Un programme sérieux Le programme des verts est on ne peut plus sérieux.Celui des autres partis politiques serait-il parfait?Les verts sont pour un tas de vraies choses, concrètes, pratiques, économiquement viables et génératrices d’emploi.Il faut prendre le temps de lire leur plate-forme électorale avant de la critiquer.fi est faux de dire que les verts diabolisent l’industrie et la finance, mais il est totalement stupide, de nos jours, de ne penser qu’au développement économique à tout prix.La croissance avant tout, c’est le principe d’un cancer selon le mot d’Edward Abbey.Les verts veulent que les actionnaires des multinationales prennent leur responsabilité sociale.Il y a quelques années, le scandale des ateliers de misère en Inde où des enfants travaillaient plus de 12 heures par jour pour des multinationales connues avait choqué l’opinion publique.Les verts ne sont que la voix de tous ces consommateurs outrés par de tels abus dignes du Far West de l’entrepreneurship.La question de savoir si les verts sont à gauche ou à droite est mal posée.Cette division du monde politique en droite et gauche date du siècle passé.Historiquement, et c’est un fait vérifiable partout dans le monde, les gouvernements de gauche ont détruit l'environnement de notre planète autant, sinon plus, que les gouvernements de droite.Les écosystèmes de notre planète se meurent; le climat se réchauffe, l’eau et l’air sont devenus des ressources rares.Les verts refusent de tomber dans le piège idéologique qui les classerait dans les partis de droite ou de gauche.[.] Parlons d’économie! Ce que les verts veulent, c’est une économie régionale, coopérative, participative plutôt qu’un rapport de force où les millions triomphent toujours et où les profits se retrouvent, discrètement et trop libéralement, dans les coffres au trésor des paradis fiscaux comme la Barbade ou les îles Caïmans.Les verts sont la voix politique des citoyens concernés par les agressions d’un économisme trop conquérant.U est complètement stupide d’importer de l’ail de Chine à bas prix alors que nos cultivateurs en produisent à deux pas de chez nous.^ Les Partis verts favorisent l’économie sociale bien sûr, mais ils veulent aussi travailler de concert avec les PME locales qui sont les seules sources de la richesse nationale.Ce que les verts dénoncent, ce sont les monopoles des multinationales qui font la pluie et le beau temps avec les économies nationales.De bas salaires et des contrôles environnementaux faibles au Mexique ou au Bangladesh ne sont pas des «avantages économiques» et il y a des limites éthiques et morales aux écarts et aux inégalités sociaux-écono-miques.Par exemple au Québec, la réalité des sans-abri est inacceptable, celle des terrains de golf luxueux l’est également.Sur le plan fiscal, les verts proposent de diminuer les taxes et les impôts des activités productrices de richesses durables et d’augmenter celles des entreprises destructrices de l’environnement social et de la Nature.Ce ne sont pas tant les entreprises qu’il faut taxer que les actionnaires de ces entreprises qui se cachent, anonymes, à la Barbade ou ailleurs.Il faut mettre en place un système de taxation juste et équitable pour tous, chose que les partis traditionnels ne veulent surtout pas, car ils y perdraient trop.Cette situation doit changer.Voter vert, c’est être visionnaire, c’est avoir l'avenir de ses enfants à cœur et c’est voir plus loin que les petites chicanes et mesquineries politiques de 2007.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales!, Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) -, Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées).Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion, louis-Gilles Francœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet), Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont.Philippe Papineau (remmis Internet) Isabelle Paré (santé), Gmise-Maude Rioux Soucy (Culture)-, Pauline Gravel (sciences) : Michel Carneau (caricaturiste) -, Diane Précourt (responsable des pages thématiques) : Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correcteurs)-, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l'information culturelle : Michel Bêlait (théâtre et cahier Culture).Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma)-, à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers.Claude Turcotte, François Desjardins: à l’information internationale : Jean-Pierre legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l’information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; A l’information politique : Hélène Buraetti el Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétoire à la rédaction) ; Marie-Pier Frappier, Alexandre Shields (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome, Patrick Cossette (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PlIBIJCfTÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron, Marlène Cité, Christiane Legault, Amélie Maltais, Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Martine Riopelle, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Uporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulel (directeur de production), Michel Bernatchez.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald Filitin, Yannick Morin] Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel [responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau (coordonnateur à la promotion et à la sollicitation), Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette, Nathalie Fillon, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Proteau, Danielle Ross.é I 4 i LE DEVOIR.LE MARDI 13 MARS 2007 ACTUALITES DÉBAT FORTIER CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 •Cela a été un coup de maître.On a pris Johnson de court», se rappelle encore en riant le conseiller en télévision de Jean Lesage, Maurice Leroux.Le premier faiseur d’image québécois est convaincu que le débat a scellé le sort de l’élection.Un sondage secret donnait le Parti libéral perdant par quatre circonscriptions avant le débat «J’ai la certitude que le débat a fait basculer environ huit comtés.» Réalisateur du Survenant et auteur de séries dramatiques, M.Leroux a été recruté en 1960 par l’équipe de Lesage pour devenir son conseiller en télévision.La tâche n’était pas facile.Tribun classique, habitué à s’adresser à de grandes foules avec un style oratoire empesé et de grands effets de toge, Jean Lesage n’était alors pas très à l’aise avec la télévision.De plus, il avait tendance à lever un peu trop le coude et à se laisser emporter dans les échanges directs avec son adversaire à l’Assemblée nationale.Voilà qui ne sied pas au média télévisuel.«La télévision, c'est l’art de l’intimité», illustre M.Leroux, qui coule aujourd’hui une retraite paisible dans les Lau-rentides après avoir été professeur en communications à l’Université Laval.Pendant la campagne de 1960, le conseiller en télévision forme Jean Lesage pour qu’il arrive à parler de façon «plus intime», et ce dernier multiplie les apparitions à la télévision.La patinoire est déserte.«L’Union nationale n’était pas familière avec la télévision.Maurice Duplessis avait toujours fui la télévision», se rappelle M.Leroux.Le successeur du chef, Antonio Barrette ne daigne pas se présenter aux émissions d’affaires publiques pendant la campagne de 1960.«On commençait chaque apparition en montrant une chaise vide.M.Lesage disait que c’était le fauteuil de M.Barrette! On les a écœurés pendant toute la campagne avec cela», se rappelle Maurice Leroux.Aussi, lorsque le nouveau chef de l’Union nationale, Daniel Johnson, met au défi le premier ministre Lesage de l’affronter à la télévision lors de la campagne électorale suivante, ce dernier ne peut se dérober.Maurice Leroux négocie alors la formule du débat avec l’UN et Radio-Canada.«C’était laborieux.Mais J’ai réussi à flamber les gens de l’Union nationale, qui n’étaient pas habitués.» Le négociateur arrive donc à éviter un affrontement direct entre les deux candidats, une formule qui aurait désavantagé l’homme d’Etat sortant.Les chefs répondront donc aux questions de journalistes.«L’Union nationale voulait que ce soit des journalistes à eux qui posent les questions.Ils ont fini par accepter seulement la veille les journalistes proposés par Radio-Canada», explique M.Leroux.Les conseils de l’équipe Kennedy Une fois les termes du débat négociés, le plus difficile restait à faire: se démarquer.Qu’à cela ne tienne, Maurice I>eroux file en voiture jusqu’à New York pour rencontrer les conseillers de Kennedy.Il regarde également les quatre débats télévisés entre Nixon et Kennedy enregistrés en 1960.«On a remarqué que Nixon avait l’air déprimé, fatigué.Alors que Kennedy revenait d’une tournée en Californie, il avait un beau teint.» Tirant profit de ces observations, Leroux place Lesage pendant six minutes sous une lampe solaire, quelques heures avant le débat.«Dans le studio, Johnson était arrivé tout grimé, avec de la teinture.Lesage avait juste le bon teint», se souvient M.Leroux.Ce dernier s’était aussi assuré d’adapter la veille le lutrin à la taille — imposante — de son chef, ce que n’avait pas pensé à faire l’entourage de Daniel Johnson, qui apparaissait mal à l’aise.Outre ces détails techniques, le faiseur d’image avait ordonné à Jean Lesage de ne jamais regarder son adversaire dans les yeux.«Vous parlez au peuple, vous vous foutez que Johnson soit là», lui a dit le conseiller.«Johnson a perdu complètement pied.Il s’est mis à rouspéter», relate M.Leroux.Pour éviter de se laisser décontenancer par le studio trop grand et froid, il avait conseillé à Lesage de ne pas s’adresser à deux millions de personnes, mais bien à une seule qu’il voulait convaincre.«Il m’a parlé de son voisin Galipeau, un ancien député de l’Union nationale.Je lui ai dit: "parfait, vous parlez à Galipeau”!» Le coup de grâce a été asséné sur le dernier thème, lorsque Jean Lesage a sorti de son sac à surprises un mémoire de l’Union nationale défendant une position complètement contraire à celle de Daniel Johnson au sujet du gaz naturel.«Pour que le coup porte, il fallait que Lesage parle après Johnson.Comme cela, il n’aurait pas le temps de répliquer», précise M.Leroux, qui a suggéré une stratégie pour tirer profit du tirage au sort et clore le débat Le lendemain, tout le monde ne parlait que du débat en ville.De passage au garage incognito, Maurice Leroux a pu mesurer l’impact du débat: «On parlait d’une lutte entre un boxeur de luxe et un batailleur de rue.J’ai demandé de quoi il avait été question.Personne ne s’en souvenait.Mais ils me disaient que Johnson s’était énervé, que l’animateur avait dû le rappeler à l’ordre.C’est effrayant la télévision, la forme l’emporte sur le fond.» Et pourtant le contenu est une des choses les plus importantes dans un débat précise l’ex-conseiller.«H faut que le fond soit bon, pour que cela apparaisse bien sur la forme», conclut le retraité, qui avoue n’avoir jamais vu un aussi bon débat depuis ce temps.Pour ce soir, M.Leroux n’a pas vraiment de favori.Il constate cependant que MM.Dumont et Boisclair ont de la difficulté à projeter une image de bon père de famille et que Jean Charest est dans l’embarras au sujet de son bilan.«Je ne voudrais pas être son conseiller!», affirme l’octogénaire éclatant de santé.Le Devoir Rectificatif , Auteur dù texte «Ségolène Royal peut-elle encore gagner?», publié le samedi 10 mars 2007 en page Idées du Devoir, le professeur Richard Nadeau a été erronément présenté comme un ancien conseiller au bureau du premier ministre Paul Martin.11 a plutôt été conseiller de Bernard Landry de 2002 à 2004.Nos excuses.SUITE DE LA PAGE 1 Issu du monde des affaires, cet avocat et banquier n’aime pas les détours.Il dit ce qu’il pense et il en va de même pour sa circonscription: s’il a choisi Vaudreuil-Soulanges, à l’ouest de l’île de Montréal, c’est parce qu’il peut la gagner, dit-il.Michael Portier n’a jamais envisagé de se présenter dans la très chic circonscription de Mont-Royal, au cœur de Montréal, où il vit avec sa femme et ses cinq enfants.Après avoir étudié la composition et l’historique de plusieurs circonscriptions, notamment sur la Rive-Sud — il est passé à deux doigts de se présenter dans Chambly —, il a jeté son dévolu sur cette grande circonscription semi-rurale qui longe le lac des Deux-Montagnes.Dès que des élections générales seront déclenchées sur la scène fédérale, Michael Portier quittera le Sénat pour tenter sa chance aux Communes.«Je cherchais un comté qui a un profil pour gagner.On y a songé longtemps.Celui-ci, je l’aimais en particulier parce qu’il a déjà été conservateur [1984-1993], ce que Mont-Royal n’a pas été depuis 1932!» En 2004, à la surprise générale, les électeurs de cette circonscription ont voté massivement pour une députée du Bloc québécois, Meili Faille.Un coup de barre spectaculaire dans cette région aux profondes racines fédéralistes.Sur la scène provinciale, les deux députés du coin sont libéraux.Entre 1984 et 2004, les résidants de Vaudreuil-Soulanges ont toujours envoyé des élus fédéralistes pour les représenter à Ottawa.Michael Portier aime ce tempérament sanguin qui colle à sa personnalité.«C’est un comté qui a renversé de grosses majorités dans le passé.Il a donné des claques à bien du monde.Ici, les gens savent ce qu’ils veulent.Quand un parti leur apparaît le meilleur choix, les gens n’ont pas peur de changer de couleur.Ils ne sont pas inquiets.Je me sens à l’aise ici», dit-il.Tellement à l’aise que l’ancien banquier chez Valeurs mobilières TD accepte de laisser tomber le costume trois pièces.C’est en chemise qu’il rencontre les cultivateurs qui forment une bonne partie des 102 000 résidants de Vaudreuil-Soulanges.Il délaisse aussi du mieux possible le style autoritaire qu’il a gardé de son passage chez la firme d’avocats Ogilvy Renault, où il a dirigé le bureau de Londres au début des années 90.Michael Portier ne s’en cache pas: il cherche à s’adapter et à séduire les électeurs, même si la députée du Bloc est toujours bien en selle et très active.«C’est comme un mini-Québec ici.Il y a du rural et des zones plus urbaines.Il y a des anglophones [19 %] et des francophones.[.] J’arrive ici et je dis aux gens: "adoptez-moi”.Mais une fois que c’est fait, je fais quoi?Qui suis-je?Il faut connecter avec les électeurs et je dois le faire avant les prochaines élections fédérales.Avec un gouvernement minoritaire, on ne sait pas quand ça va avoir lieu, je dois prendre de l’avance», dit-il.À tombeau ouvert Michael Portier mène sa grande séduction à tombeau ouvert et la visière levée.Dès qu’il peut, il vient dans ce qu’il appelle «son» comté.En jan-vier, il a inauguré son premier bureau dans la ville de Vaudreuil-Dorion, la portion plus urbaine de la circonscription.Il y a un mois, il en a ouvert un deuxième, à 20 minutes de route du premier, dans la zone plus rurale de Coteau-du-Lac.Il faut dire que la circonscription fait 800 km2.Comment fait-il pour se payer le luxe d’avoir deux bureaux, lui qui n’a pas le budget d’un député?Il multiplie les campagnes de financement, dit-il.«Avoir deux bureaux, c’est une ponction importante dans nos finances, mais ça vaut la peine.Vaudreuil, c’est plus SUITE DE LA PAGE 1 elle conclut que «la violence a augmenté depuis la fin de 2005 et continue avec la même intensité en 2007», malgré un «accord de paix» signé par la plupart des belligérants en mai 2006.«Les tactiques sont très semblables à celles qui étaient utilisées au plus fort de la guerre du Darfour en 2003 et en 2004: coordination des opérations entre les forces armées soudanaises et les milices pro-gouver-nementales, non-respect des principes de distinction et de proportionnalité et graves violations des droits de la personne et du droit humanitaire international», peut-on lire dans le document de 35 pages remis hier au Conseil des droits de l’homme.On y parle de meurtres sans distinction d’hommes, de femmes et d’enfants, de viols, de villages brûlés, de bétail tué et de déplacement forcé de populations.Les mouvements rebelles ont eux aussi commis des crimes, soulignent les auteurs du rapport En janvier 2005, une commission d'enquête internationale mandatée par le Conseil de sécurité de l’ONU avait déjà tenu le gouvernement soudanais et les milices djandjaouides responsables d’actes pouvant être considérés comme des crimqs contre l'humanité ou des crimes de guerre.Les Etats-Unis ont pour leur part qualifié de «génocide» la situation au Darfour.La mission du Conseil des droits de l’homme rappelle que le Soudan a accepté le principe, mis en avant par l’Assemblée générale des Nations unies en 2005, voulant que les Etats ont l’obligation de protéger leurs populations contre les pires crimes, faute de quoi la communauté internationale a le devoir d’intervenir.En vertu de ce principe, le Conseil de sécurité a décidé, dans une résolution adoptée en août dernier, d'envoyer au Darfour des Casques bleus autorisés à user de la force pour protéger les populations civiles.Le gouvernement soudanais s’est opposé à ce projet, qui n’a pas encore été mis en œuvre.urbain.Boulanges, c’est plus rural.Les deux clientèles sont bien différentes.» Le sénateur et ministre a engagé du personnel pour s’occuper de la circonscription et répondre aux demandes des citoyens.Chaque semaine, il achète un espace dans le journal local Première édition où il signe une chronique sur le gouvernement Harper et les activités locales.Son équipe envoie des lettres de félicitations aux bénévoles de l’année et aux champions de hockey mineur de la région.Le site Internet michaelfor-tier.com tient les citoyens informés.Rien n’est laissé au hasard.Michael Portier a un plan de guerre et il le suit.Dans le bureau de Vaudreuil-Dorion, rue Saint-Charles, l’équipe s’active comme si Michael Portier détenait déjà la circonscription.«Moi, je suis en campagne.Je fais des activités autant que je peux.En petits, moyens et gros groupes.J’essaie de me comporter comme un député», dit-il.Il y a quelques semaines, le sénateur a convié les citoyens à un événement de style portes ouvertes à son bureau: la condition pour participer?Ne pas avoir déjà voté conservateur.«Je veux rencontrer du nouveau monde et les convaincre de voter pour moi.» Sa stratégie est évidente, s’imposer dans le paysage avant le début des hostilités électorales.«Ce n’est pas sorcier, on y va bloc par bloc», dit-il.D’abord, les élus.Le 21 novembre, quand il a décidé de se présenter dans Vaudreuil-Soulanges, il a immédiatement téléphoné à Meili Faille, du Bloc québécois.Par respect, mais aussi pour lui promettre une chaude lutte, probablement l’une des plus serrées de la prochaine campagne fédérale au Québec.Ensuite, il a appelé un à un les 26 maires des municipalités qui forment la circonscription.«Je leur ai dit que je voulais les rencontrer.» C’est ce qu’il fait depuis des mois.Il court les conseils municipaux, rencontre les élus, les hommes d’affaires, les présidents d’associations de tout acabit.«Je prends note de leurs problèmes, des problèmes locaux», dit-il.Des mots dans un calepin qui deviendront des armes de campagne électorale.Michael Portier veut également former une coalition fédéraliste autour de sa candidature.Il a déjà pris contact avec les associations de comté du Parti libéral du Québec et de l’ADQ.«La façon dont je vais gagner, si je gagne, c’est en bâtissant une coalition fédéraliste autour de moi.Il faut que tous les fédéralistes votent pour moi, y compris les libéraux fédéraux», dit-il.Evidemment, Michael Portier peut compter sur son titre de ministre pour ouvrir des portes.«Je peux faire quelque chose pour les gens parce que je suis ministre.Mais, en même temps, je pense que c’est un peu insultant de dire que je vais régler les problèmes parce que je suis ministre.Ce n’est pas comme ça que ça se passe.» Michael Portier soutient qu’il ne va pas trop vite en affaires en s’installant dans Vaudreuil-Soulanges sans même avoir fait une seule campagne électorale locale.«Personne ne me parle de ça.Les gens me disent qu’au pire, si je perds, ils auront eu une députée et un ministre en même temps pour les servir!» Âgé de 45 ans, à l’aise financièrement, Michael Portier affirme avoir plongé en politique avant tout «pour un ami», en l’occurrence Stephen Harper, mais aussi «pour que Montréal soit représenté à la table du cabinet».Et si les électeurs de Vaudreuil-Soulanges lui tournent le dos?Il quittera le Sénat et la politique, point final.«Je ne ferai pas de la politique le reste de ma vie.Il n’en est absolument pas question.Le plus important, ce sont mes enfants.Ma fille la plus âgée a 16 ans.Je veux être avec eux.Je ne ferai pas ça des décennies comme d’autres l’ont fait.» Le Devoir Malgré certaines initiatives prises par Khartoum, le rapport de la mission du Conseil des droits de l’homme note que le système judiciaire soudanais dans son ensemble «est incapable ou n’a pas la volonté de faire justice ou de prévenir les attaques», déplorant en particulier son «manque d’indépendance et de ressources, une police mal équipée et une législation qui protège les responsables gouvernementaux contre les poursuites».Consciente de ces lacunes, la Cour pénale internationale basée à La Haye a inculpé en février un ancien haut fonctionnaire soudanais et un chef djandjaouide de crimes commis au Darfour.Khartoum, qui n’a pas ratifié le statut de la CPI, refuse de lui livrer ces suspects.Outre celles destinées à rétablir la paix et à juger les criminels, la mission d'enquête du Conseil des droits de l’homme recommande des mesures visant à «étendre l’espace humanitaire» au Darfour et d’autres ayant pour objectif de s’attaquer aux causes profondes du conflit Depuis 2001, la guerre dans cette région a fait plus de 200 000 morts et a chassé 2,5 millions de personnes de leur domicile.Des centaines de milliers d’entre elles ont trouvé refuge dans les pays voisins.Le président soudanais, Omar el-Béchir, n’a toujours pas donné son accord au projet de déploiement d’une force mixte ONU-Union africaine (UA) comprenant 19 000 soldats et plusieurs milliers de policiers, pour prendre le relais des 7000 soldats de Î’UA actuellement sur le terrain.Cette formule représentait déjà un compromis pour tenir compte des objections exprimées par Khartoum au sujet de la résolution adoptée par le Conseil de sécurité en août dernier.Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Ban Ki-moon, a également appelé, jusqu’ici sans succès, à l’envoi de forces de maintien de la paix aux frontières que le Soudan partage avec le Tchad et la République Centre-africame.Le Devoir avec VAssociated Press et Reuters SUITE DE LA PAGE 1 précisé Richard Desjardins, en matière de forêt, le gouvernement n’a ni suivi les recommandations fondamentales de la commission Coulombe ni entrepris les travaux de ce programme de travail, en mettant en place une foresterie axée sur la protection des écosystèmes.Certes, convient Desjardins, Québec a réduit de 20 % le calcul de la possibilité forestière.Mais, au cours de ce qui devait être l’année du grand coup de frein, il autorisait les forestiers à récupérer le bois de forêts brûlées en plus—et non à la place — de leurs quotas de bois, ce qui a donné une année record de récolte de 33 millions de mètres cubes.Québec, a poursuivi Desjardins, doit désormais «arrêter de produire du bas de gamme sous forme de 2c4» et réserver son bois aux PME créatrices de valeur ajoutée par la création de produits finis de qualité.La forêt, dit-U, ne doit plus appartenir aux «assistés sociaux corporatifs» à qui Québec vient d’accorder le droit de déménager le bois d’une région à l’autre, contrairement aux recommandations de la commission, en plus de payer à la place de l’industrie les routes forestières et une plus grande part de l’aménagement des forêts.Pour André Bouthillier, de la coalition Eau Secours, Québec a laissé complètement tomber la Politique nationale de l’eau (PNE) malgré ses engagements.Aucun plan concret, dit-il, n’a ciblé l’atteinte des 57 objectifs de la PNE, foute notamment de budgets.Le gouvernement, a-t-il dit, mérite un «E» sans appel pour avoir mis fin à la dépollution industrielle sur le Saint-Laurent et ses tributaires, pour avoir ramené l'inspection des entreprises polluantes à une figure de style, et pour avoir ramené la dépollution agricole à des contrôles «ferme par ferme», une stratégie abandonnée par Québec en 1985 pour cause d’inefficacité chronique.Quant aux milieux humides, non seulement Québec n’a pas accouché de la politique promise, mais il a ouvert encore plus grande la porte à leur saccage, ajoute André Bouthillier.La coalition Québec-Vert-Kyoto précise d’entrée de jeu que si Québec a pris le chemin de l’efficacité énergétique et de l’éolien, c’est d’abord le résultat d’une immense mo-bilisatipn citoyenne plutôt qu’un effet de sa volonté politique.À preuve, a expliqué Daniel Breton, le gouvernement Charest a mis de côté le projet de centrale thermique du Suroît, mais approuvais le même jour, une centrale thermique similaire à Bécancour.Et il ouvre la porte à l’augmentation de la consommation de gaz naturel avec les projets de ports méthaniers et l’exploration gazière et pétrolière du golfe.Québec, dit-il, n’a pas non plus mis en place un programme sérieux d’inspection des véhicules automobiles même si les milliers de tests réalisés montrent clairement que 25 % des camions et 20 % des voitures ne respectent pas les normes, ce qui ajoute aux émissions de gaz à effet de serre en plus de polluer villes et campagnes.Le plan Béchard-Charest sur la lutte contre le réchauffement du climat, dit-il, demeure «sur papier seulement après quatre ans de préparation et, pire, il ne va pas atteindre les objectifs du protocole de Kyoto, contrairement aux prétentions d’une publicité gouvernementale «mensongère» dénoncée la semaine dernière par les groupes.Ces derniers ont d’ailleurs mis le ministre Claude Béchard «au défi de démontrer que les chiffres officiels de son ministère sont faux».Note: «E».Le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (PCQGED) accorde un «D -» à Québec parce qu’il a quand même mis en place une taxe de 10 $ sur chaque tonne de déchets enfouis.Mais cette taxe, a dit Robert Ménard, est insuffisante pour rendre le recyclage concurrentiel avec l'enfouissement La taxe par ailleurs imposée aux producteurs de déchets, qui finance la moitié de la collecte sélective, constitue une autre bonne mesure, ajoute-t-iL Mais globalement l’impact des politiques gouvernementales ne modifie pas le cours des choses: la production de déchets a augmenté de 63 % alors que la récupération n’augmentait que de 5 % depuis 1998.Et non seulement Québec surveille mal ses sites d’enfouissement mais il tolère désormais des sites totalement illégaux qui fonctionnent en défiant ouvertement à la loi.Luc Rabouin, du Centre d’écologie urbaine, a souligné de son côté à quel point Québec sombrait systématiquement dans l’incohérence en disant accorder la priorité au transport en commun alors qu’il planifie un projet d’autoroute et de pont sur l’autoroute 25.Il fait aussi peu de cas de la volonté populaire, ajoute-t-il, en défiant, au profit de quelques promoteurs, la population et les groupes qui se sont mobilisés pour sauver le parc d’Orford en application des principes de la conservation.Note: D.Pour sa part, André Bélisle, le président de l’Association québécoise de lutte à la pollution atmosphérique (AQLPA), reproche à Québec de ne pas avoir enclenché le processus législatif pour protéger les groupes comme le sien qui ont été ciblés par des poursuites abusives, les «SLAPP».Le Québec, déplore-t-il, n’a plus depuis plus d’une décennie de bilan biennal de ses progrès en environnement ce qui empêche les citoyens de «juger l’arbre à ses fruits».Pour l’abandon de la Politique nationale de l’eau, pour l’absence de programme d’inspection des 4 millions de «chars» du Québec et pour la «poudre aux yeux» jetée par la publicité libérale sur la valeur réelle du plan gouvernemental de lutte contre les changements climatiques, un autre «E».De son côté, Henri Jacob, du Regroupement écologiste de Val d’Or et environs, décerne un autre «E» au gouvernement Charest qui a mis fin aux programmes de financement statutaire des groupes et qui veut orienter les prochaines subventions vers les «bons groupes», selon l’expression récente du ministre Béchard.Ce groupe es time que Québec a enfreint les droits fondamentaux de ses citoyens en adoptant la loi 9 qui a suspendu le droit des citoyens de poursuivre les clubs de motoneiges et de véhicules hors routes tout en accordant à ces groupes argent et priorité pour définir eux-mêmes le futur réseau de ces véhicules, comme s’ils incarnaient l’intérêt public et non le leur.Le Regroupement écologiste reproche par ailleurs à Québec d’avqir laissé le secteur minier, en raison d’une priorité législative d’un autre âge, torpiller la plupart des projets d’aires protégées en soustrayant tous les territoires importants chaque fois que les intérêts de ce lobby étaient menacés.Et c’est sans parler du fait que le gouvernement Charest n’a pas respecté le vœu de la commission Coulombe de protéger 8 % du territoire québécois pour le début de 2007 et 12 % pour 2010.Pire, ajoute Henri Jacob, Québec n’a pas forcé le Forestier en chef à inclure les aires protégées dans l’évaluation du capital forestier disponible aux exploitants, ce qui donne à penser qu’ils continueront d’avoir la priorité sur la protection des écosystèmes.Le Devoir DARFOUR LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel 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