Le devoir, 15 mars 2007, Cahier A
D’AUTRES HAUSSES DES TARIFS D’ÉLECTRICITÉ SONT À PREVOIR PAGE B 1 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.XCVIII N" 56 ?LE JEUDI 15 MARS 2007 88c + TAXES = 1$ Boisclair exhorte les souverainistes à se rallier Dumont a honte de son passé souverainiste, martèle le chef péquiste ANTOINE ROBITAILLE t Trois-Rivières — Puisque Mario Dumont a définitivement renoncé à la voie de l’indépendance, tous les souverainistes devraient au plus vite se rallier au Parti québécois.C’est le message qu’a lancé hier après-midi un André Boisclair visiblement inquiet de la montée de l’ADQ: «Un message doit être clair: les souverainistes qui voulaient aller voter du côté de l'ADQ, vous avez bien compris que ça n’a pas de bon sens, vous avez bien compris que ce n’est pas Mario Dumont qui va défendre vos intérêts», a-t-il déclaré à quelque 300 étudiants manifestement acquis à sa cause, à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).Selon M.Boisclair, «une chose réunit» M.Dumont et M.Cha-rest, «l’un comme l’autre, ce qu’ils proposent, c’est un désert constitutionnel.M.Charest nous dit que le fruit n’est pas mûr.M.Harper nous dit que la terre n’est pas fertile.Ça, ça ne fait pas pousser des fruits bien forts».Le chef péquiste a rappelé que, lors du débat, «M.Dumont nous a dit qu'il n’embarquait plus avec nous autres».11 a ajouté que M.Dumont tente de cacher son passé souverainiste puisque, dans son curriculum vite publié sur son site Internet, il ne fait pas mention du fait qu’il a milité pour le OUI en 1995 et qu’il a signé «l’entente du 12 juin» avec M.Parizeau et M.Bouchard.(Un militant péquiste a d’ailleurs fait remarquer au Devoir qu’un site Internet souverainiste a récemment mis en ligne des extraits du discours de Mario Dumont du 30 octobre 1995: vigile.net/spip/article4921.html.) Le chef péquiste reproche à M.Dumont d’entretenir «l’ambiguïté» sur le plan constitutionnel dans le but d’élargir sa base électorale.En cela, le chef du PQ rejoint son vis-à-vis libéral Jean Charest, mais pour une raison diamétralement opposée.Alors que ce dernier soupçonne Mario Dumont d’être un crypto-souverainiste qui attend le moment pour revenir à ses positions de 1995, André Boisclair croit au contraire que l’ADQ adopte l’étendard autonomiste VOIR PAGE A 8: BOISCLAIR «Les souverainistes qui voulaient aller voter du côté de l’ADQ, vous avez bien compris que ça n’a pas de bon sens, [.] que ce n’est pas Mario Dumont qui va défendre vos intérêts» w w ' é JACQUÊS NADEAU LE DEVOIR Le débat électoral passé, revoilà Jacques Parizeau! L’ancien premier ministre a participé hier à un cocktail partisan dans la circonscription de Bourget.Une centaine de supporteurs se sont déplacés pour entendre M.Parizeau donner un coup de main à la députée Diane Lemieux.L’ancien chef péquiste s’est dit «très fier» de la prestation d’André Boisclair lors du débat.QUEBEC 2007 900 maires en colère contre Jean Charest, page A 3 La chronique de Michel David: Lendemain de veille, page A 3 Les commentaires de Jean-François Usée, John Parisella et Marie Grégoire, page A 3 L’éditorial de Bernard Descôteaux: Méfions-nous, page A 6 Viaduc de la Concorde Després n’a jamais vu les notes de service «M.Dumont est un homme malhonnête », tranche Charest ROBERT DUTRISAC Québec — Le ministre des Transports, Michel Després, n’a jamais pris connaissance des notes de service de son ministère sur l’état du viaduc de la Concorde avant que le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, ne brandisse ces documents lors du débat des chefs mardi.«Au Québec, il y a 4900 structures, il y a 4900 inspections par année, il y a 4900 rapports», a fait valoir Michel Després lors d’une conférence de presse organisée par le ministère des Transports à sa demande.«Ce n’est pas vrai que toutes les notes de service sont soumises au ministre», a-t-il ajouté.Au lendemain de l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval, qui a coûté la vie à cinq personnes le 30 septembre dernier, M.Després avait affirmé que l’évaluation faite «n’avait pas permis de détecter d’indice» permettant d’expliquer l’événement «Je n’ai pas, moi, pris personnellement connaissance» des rapports sur le viaduc, a-t-il reconnu hier.D s’est fié aux «commentaires» que lui ont faits ses fonctionnaires.Le ministre est apparu aux côtés de la sous-ministre adjointe du ministère, Anne-Marie Leclerc, qu’il avait invitée à se mêler à la campagne électorale afin qu’il puisse mieux dénoncer M.Dumont.Michel VOIR PAGE A 8: VIADUC Jean Charest Mario Dumont Attention, les ordinateurs sont attaqués toutes les 39 secondes ! Le monde du cyberpiratage se porte bien.Selon une étude américaine, les ordinateurs branchés sur Internet sont la proie d’attaques de pirates informatiques toutes les 39 secondes en moyenne.Comment résister à ces assauts?La première cause de ces introductions par effraction sur nos écrans, constatent les chercheurs, est le manque de vigilance des utilisateurs.ISABELLE PARÉ Pendant que vous surfez, «chattez» ou téléchargez négligemment, sachez que votre ordinateur essuie probablement plusieurs tentatives de piratage.Selon un chercheur de l’Université du Maryland, les ordinateurs branchés sur Internet sont la cible d’une attaque toutes les 39 secondes en moyenne.Réalité ou paranoïa?Deux mille deux cent vingt-quatre par jour c’est le nombre d’attaques qu’a pu répertorier, les yeux rivés sur quatre ordinateurs témoins pendant 24 jours, l’équipe du professeur Michel Cukier, professeur associé au Clark VOIR PAGE A 8: ATTAQUES INDEX Annonces.B 4 Météo.B 5 Avis publics.B 6 Monde.B 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 4 Décès.B 4 Politique.A 2 Économie.B1 Sports.B 6 Éditorial.A 6 Sudoku.B 4 Idées.A 7 Télévision.B 7 Les gangs de rue, un échec pour les Haïtiens «La délinquance, ils l’ont apprise ici, au Québec, pas en Haïti » D’une lutte pour le contrôle des territoires en passant par la prostitution comme activité favorite, les gangs de rue évoluent à Montréal.Depuis plusieurs années, le trafic de cocaïne attire les Crips, au chandail bleu ciel, et les BO Gars, aux couleurs rouge sang.La guerre des bandes a déjà fait cinq morts en 2007 et la population carcérale augmente.Le dernier procès contre Bernard Mathieu (Ti-Pon) vient remuer une plaie chez la communauté haïtienne.En 1974, la prison de Bordeaux à Montréal n’avait qu’un seul Noir.«Et c’était un anglophone», se souvient, l’air plutôt fier, un agent carcéral réuni avec un chauffeur de taxi, un criminologue et quelques autres Haïtiens venus tuer le temps dans un barber shop du quartier Saint-Michel, à Montréal.Tous ne sont pas là pour se faire raser les cheveux.Ils discutent de politique haïtienne plus qu’autre cho- A GOUDO se, même si certains n’ont pas mis les pieds au pays depuis des lustres.Au Québec, ils font partie de la première génération arrivée dans les années 70 et 80.En veston cravate, crâne rasé, barbe et moustache bien taillées, ils représentent, à Montréal, l’expression d’une culture haïtienne qui n’est pas celle des dreadlocks et des rastamans, qui ne sont nuis VOIR PAGE A 8: GANG iglll JACQUES NADEAU LE DEVOIR De 1980 à aujourd’hui il Selon la police de Montréal, il existe environ 1500 membres de gangs d’origine haïtienne.¦ Le phénomène des gangs de rue existe depuis le début des années 80 à Montréal.œ «Bélanger» fut le premier gang de Montréal à faire parler de lui.Son nom vient du fait que les jeunes se réunissaient au parc qui porte le même nom dans Saint-Michel.¦ Le deuxième gang s’appelait «Master B», à Montréal-Nord, et fut une réaction au contrôle de territoire qu’exerçaient les «Bélanger».¦ Les gangs ont commencé à s’étendre en 1987 avec les «Family», «Démolition», «Latinos Power» et «Dynamite».¦ En 1989, de jeunes Blancs ont intégré les gangs de Noirs et ont été utilisés comme hommes de main pour le trafic d’armes.¦ Les «BO Gars» ou «Bloods» (Rouges) occupent Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies alors que les «Crins» (Bleus) sont aujourd’hui dans Saint-Michel et Pie-DC ¦ Près de 20 % des membres de gangs ont entre 10 et 16 ans, 60 % entre 17 et 28 ans et 20 % entre 29 et 35 ans.J V LE DEVOIR, LE JEUDI 15 MARS 2007 A 2 ; .2007 , .JACQUES GRENIER LE DEVOIR La députée péquiste Elsie Lefebvre a multiplié les rencontres avec ses commettants au cours des deux dernières années.LAURIER-DORION «H Byaünijgyf " JHk ft* hkP Elsie à la cour des miracles C LA1RANDRÉE CAUCHY Depuis qu’elle a arraché la circonscription de Laurier-Dorion des mains du Parti libéral, il y a deux ans, la députée péquiste de Laurier-Dorion est en sursis.L’élection d’Elsie I^febvre lors de l’élection partielle dans le coin le plus multiethnique du Canada relevait déjà de l’exploit pour la formation souverainiste.Le rééditer lors d’un scrutin général constituerait un miracle.Cette circonscription regroupe deux réalités bien distinctes.D’un côté, on trouve le quartier de Parc Extension, autrefois associé à la communauté grecque mais que certains appellent aujourd’hui Little Hindustan, qui compte 17 000 électeurs, en grande majorité nés à l’étranger.De l’autre côté, le quartier ViUeray, avec ses quelque 30 000 électeurs, est plus francophone, mais on y retrouve aussi plusieurs néo-Québécois.Profitant d’un faible taux de participation, particulièrement dans le quartier de transition qu’est Parc Extension, la péquiste Elsie Lefebvre avait réussi à gagner le siège de Laurier-Dorion lors d’une élection partielle en septembre 2004 avec une majorité de 483 voix.Mais l’année précédente, lors des élections générales, c’est avec 53 % des suffrages et une majorité de plus de 6000 voix que Christos Sir-ros l’avait remporté.Au cours des deux dernières années, la militante péquiste a endossé ses habits de députée et pris le bâton du pèlerin à titre d’ambassadrice des valeurs péquistes.«Une de mes fiertés, c’est d’avoir ouvert le dialogue [avec les Québécois issus de l’immigration] pour expliquer le projet souverainiste.Pas nécessairement convaincre, mais en faire comprendre la légitimité», explique la députée, que tout le monde appelle simplement «Elsie».Pour désamorcer les peurs, elle rappelle qu’avec une population divisée en deux parties quasi égales, le lendemain du 30 octobre 1995 avait quand même été très paisible.«Pour des gens qui ont vécu une guerre civile, parler de ça, c’est très rassurant.» Certains électeurs sont charmés par sa candidature, même si le projet souverainiste ne leur sourit pas.«On espère la garder comme députée.Elle a fiait beaucoup pour nous.La souveraineté, je ne suis pas d’accord, mais on en discutera ensuite», explique Antonio Garcia, bénévole dans un organisme communautaire de Villeray.N'empêche, la méfiance est encore présente dans la tête de plusieurs.Dans un petit café algérien où elle est venue serrer des mains il y a quelques jours, plusieurs hommes se sont éclipsés pendant son laïus.«La communauté maghrébine, francophone, se rapprochait du PQ.Mais avec le sondage sur le racisme, ç’a changé.J'entends des gens dire: “ils ne veulent pas nous avoir".Ils espèrent que le Canada ne se transformera pas en deuxième France», confie le propriétaire, M.Amalli.Bien plus que de souveraineté, Elsie Lefebvre cause surtout des valeurs sociales-démocrates du PQ, par exemple la priorité à l’éducation, la conciliation travaMunille, l’environnement Elsie Lefebvre est en campagne depuis deux ans.Elle a arpenté le comté, multipliant les visites dans les groupes communautaires, s’employant à répondre rapidement aux citoyens qui viennent demander de l’aide à son bureau de comté.«Elsie, elle vient nous voir toute l’année, pas juste quand c’est le temps des élections», fait valoir la coordonnatrice du groupe communautaire La Maison de quartier Villeray.«C’est m comté qui a été négligé, abandonné par les libéraux pendant 20 ans.Ils ont tenu les gens pour acquis.Le taux de chômage est élevé, il manque de logement social, il y a zéro groupe de médecine familiale.Depuis deux ans, j’ai travaillé fort, mais je n’ai pas pu redresser complètement le laisser-aller», plaide la jeime députée, qui refuse d’attribuer sa courte victoire de 2004 à un «accident de parcours».Pour se justifier, elle rappelle que la circonscription fédérale de Papineau est elle aussi passée aux mains des souverainistes, la bloquiste Vivian Barbot ayant détrôné Pierre Pettigrew en 2006.Un faux adéquiste défroqué Son adversaire libéral illustre très bien la génération des enfants de la loi 101.D'origine grecque, Gerry Sklavounos a grandi dans Parc Extension, fait ses études primaires en français à l’école Barclay et, plus tard, complété son droit à l’université McGill.Il maîtrise le français et l’anglais, adoptant tantôt l’un, tantôt l’autre, selon le profil des gens à qui il s’adresse.D en est à ses premiers pas en politique active.Jusqu’à janvier dernier, il possédait encore une carte de l’Action démocratique du Québec.«Je l’avais prise par solidarité avec mon ami qui a été vice-président de l’ADQ», se défend M.Sklavounos, déplorant le peu d’empressement du parti de Mario Dumont à annuler sa carte, comme il l’avait demandé au début de l’année.Sans surprise, il s’attend à ce que ce scrutin porte sur «la place du Québec à l’intérieur du Canada ou non» et rappelle que le PQ divise les Québécois en prônant la souveraineté.S’il est élu, il s’engage à promouvoir l’amélioration des services de francisation pour les nouveaux arrivants.«Souvent, ce sont les hommes qui vont suivre les cours parce qu’il manque de soutien aux mamans.Après quelques années, le mari parle un excellent français, un excellent anglais, alors que la conjointe, la maman, est beaucoup moins intégrée à la société», constate le candidat de 32 ans.' Lorsqu’on lui fait remarquer que l’administration libérale a réduit les services de francisation au début de son mandat, il réplique: «S'il faut couper au niveau administratif, il faut que les services soient protégés.» Difficile de mesurer la vigueur de ses appuis.Lors du passage du Devoir, M.Sklavounos avait prévu de faire la tournée des commerces de la rue Saint-Hubert.Or il n’y a rencontré essentiellement que des commerçants JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gerry Sklavounos, candidat libéral, fait ses premiers pas en politique active.résidant à l’extérieur du comté.Dans Laurier-Dorion, la bataille se jouera principalement entre la péquiste et le libéral.Québec solidaire pourrait néanmoins brouiller un peu les cartes.La péquiste invite d’ailleurs les «progressistes» à éviter le piège de la division.«Ils ont eu plusieurs chances de faire adopter un mode de scrutin proportionnel, ils ont laissé tomber l’idée», réplique la candidate de Québec solidaire, Ruba Ghazal, conseillère en environnement dans le secteur privé.Le Devoir Option Canada: nouveau délai au juge Bemier Québec — Le dossier Option Canada n’aura finalement aucun impact dans l’actuelle campagne électorale provinciale.Le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, vient en effet d’accorder un nouveau délai jusqu’à la mi-mai au juge Bernard Grenier, qui agit à titre de commissaire enquêteur dans cette affaire.Le juge Grenier doit se pencher sur des allégations contenues dans le livre Les secrets d’Option Canada de Normand Lester et Robin Philpot, touchant notamment le financement du camp du Non lors du référendum de 1995.Le juge Grenier a demandé ce report en raison justement de l’élection, faisant valoir que celle-ci l’a empêché d’interroger certains témoins impliqués dans la campagne, sans préciser lesquels.Le juge ajoute qu’il doit également examiner de nombreuses questions de droit ou de compétence soulevées par certains procureurs des témoins avant de poursuivre ses travaux.D estime qu’il serait souhaitable et équitable de les entendre avant que la commission n’interroge ces témoins.Le juge Grenier admet par ailleurs que son mandat aura pris beaucoup plus de temps que prévu, notant qu’il ne pouvait prévoir au préalable le nombre de témoins, l’ampleur de la preuve documentaire ainsi que les nombreuses questions de droit et de compétence soulevées par certains témoins.Le juge Grenier n’écarte pas, d’autre part, la possibilité de remettre deux rapports, soit un pour faire la lumière sur les allégations comme telles, et un autre pour émettre des recommandations afin d’améliorer les règles de financement lors d’un référendum.Presse canadienne Michèle Diome saute dans l’arène pour son mari HOLLANDE PARENT Mercier — Michèle Dionne a plongé de plain-pied dans la campagne électorale hier, au lendemain du débat des trois principaux chefs politiques québécois.Elle a fait l’éloge de son mari, Jean Charest, aux côtés duquel elle mène une septième campagne électorale, et soutenu que les priorités de ce dernier sont aussi celles de tous les Québécois: la santé et l’éducation.Devant la Chambre de commerce et d’industrie de Châteauguay, Mme Dionne s’était engagée à parler de la place de la femme dans la société québécoise, mais elle a ajusté ses propos pour qu’«*fe prennent la couleur du temps».Mme Dionne a dit aux quelque 125 personnes pré sentes, majoritairement des femmes, que, depuis l’arrivée de son mari aux commandes gouvernementales, il y avait plusieurs raisons d’être fiers.«Ce qui me rend la plus fière est le travail accompli depuis 2003 par le gouvernement libéral, celui de Jean Charest, avec le conseil des ministres le plus féminin de l’histoire, composé à 38 % de femmes, du jamais vu au Canada», a-t-elle fait valoir.Elle a formulé le souhait que le 26 mars prochain «une grande place soit faite aux femmes».«Surveillez-les, ces femmes de talent, les 44 candidates libérales qui briguent les suffrages aux quatre coins du Québec», a-t-elle lancé.Elle qui se définit comme une «militante» libérale tient à ce que son mari réalise ses ambitions, qui coïncident, estime-t-elle, avec celles des Québécois.«L’ambition de sa vie est de faire avancer le Québec et d’en assurer son plein épanouissement, de faire en sorte que tous les Québécois aient accès aux meilleurs services possibles et à la meilleure qualité de vie possible.C’est pourquoi la santé a toujours été la priorité numéro un de l’équipe libérale puisqu’elle est aussi la priorité numéro un de tous les Québécois», a-t-elle affirmé.«L’éducation est la deuxième priorité de l’équipe libérale et elle est essentielle à la réussite du Québec», a ajouté Mme Dionne, qui est orthopédagogue de formation.Mme Dionne a dit être issue d’une famille où il n’était pas souvent question de politique.Les choses ont bien changé depuis sa rencontre avec Jean Charest.«Quand j’ai rencontré mon mari, il y a 30 ans, il me parlait déjà de politique.J’avais l’impression que ça allait passer.Ça n’a pas passé.On en a fiait notre vie», a-t-elle dit tout en signalant que ses trois enfants n’ont pas connu autre chose que Y «arène politique».Presse canadienne jl v /vi m R S 2 0 0 7 ÉLECTIONS GÉNÉRALES DERNIÈRE CHANCE POUR VOUS INSCRIRE SUR LA LISTE ÉLECTORALE RÉVISION SPÉCIALE : 14 AU 22 MARS à 14 h 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846) www.electionsquebec.qc.ca DG LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC ¥ Parce qu’un vote, ça compte mm £:¦ * i i 5232 IE DEVOIR, LE JEUDI 15 MARS 2007 A 3 QITTOL 2007 900 maires en colère Michel David Lendemain de veille Même ses amis de CHOI-FM, à Québec, ont trouvé que Mario Dumont avait tourné les coins un peu rond en exigeant la démission du ministre des Transports, Michel Després, qui avait soutenu que «pas le moindre indice» ne laissait prévoir l’effondrement du viaduc de la Concorde alors qu’une note de son ministère faisait état d’un «problème de désagrégation importante des assises» qui aurait dû faire l’objet d’une surveillance spéciale.L’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, qui n’a pas la réputation d’être complaisante, ne conteste pas non plus la version officielle du ministère, selon laquelle il n’existe aucun lien entre le problème constaté par les inspecteurs et l’effondrement du viaduc.Le chef de l’ADQ doit d’ailleurs être le premier à savoir que ses accusations ne tiennent pas la route.Les circonstances dans lesquelles il a sorti son lapin du chapeau sont sans doute exceptionnelles, mais cette manière de citer des documents de façon incomplète pour démontrer la turpitude gouvernementale fait malheureusement partie des mœurs parlementaires.Tout ce qui importait à M.Dumont en ce lendemain de débat était de maintenir son lapin en vie.Tant que l’affaire du viaduc traînera dans le paysage, ce sera autant de temps perdu pour la campagne libérale, et il n’en reste plus beaucoup d’ici le 26 mars.Pendant la campagne de 2003, le plus dommageable pour Bernard Landry avait été moins de trébucher pendant le débat que de perdre trois jours à jongler avec la déclaration de Jacques Parizeau que M.Charest lui avait lancée à la figure.A l’époque, le chef de l’ADQ avait été un témoin privilégié et admiratif de la manœuvre tordue de M.Charest à laquelle il avait même concouru.Quatre ans plus tard, les cris indignés du premier ministre devant la «malhonnêteté» de M.Dumont font écho aux rugissements de M.Landry dans les corridors de Télé-Québec.Encore un peu et M.Charest va se mettre à parler en latin.refusé de rencontrer les membres la FQM Seul Jean Charest a CLAIRANDRÉE CAUCHY Les maires des petites municipalités fulminent contre le chef du Parti libéral.Ce dernier a annulé à la dernière minute sa présence à un forum sur les municipalités aux prises avec des difficultés économiques, forum auquel ont participé hier trois autres chefs de parti.L’ouverture du forum avait pourtant été devancée afin de permettre la présence de Jean Charest Son équipe a informé les organisateurs la veille du forum, mardi soir, que l’événement ne cadrait plus dans l’horaire du chef «On reste pantois devant cette décision.On n’a aucune explication.On nous a informés à la dernière minute que M.Charest ne se présentera pas, point à la ligne, alors que tout le forum a été organisé en fonction de ses propres exigences», a déploré le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux, qui est également maire de Saint-Prime.Lors d’un point de presse à Saguenay, Jean Charest a fait valoir qu’il avait délégué la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau.Cette dernière n’a cependant pas pris part au forum et la FQM soutient que cette solution de rechange était exclue, par «déférence» pour les autres chefs qui, eux, ont aménagé leur horaire.«On aimerait bien faire beaucoup de choses dans une campagne électorale, mais comme le temps n’est pas élastique, il faut faire des choix», a justifié M.Charest en expliquant qu’il avait aussi pris l’engagement de prononcer un discours devant la Chambre de commerce de Saguenay.L’absence de M.Charest a mis dans tous ses états le maire de la petite localité de Portneuf-sur-Mer et préfet de la MRC La Haute-Côte-Nord, Jean-Marie Delauney.«Je suis très, très déçu.Refuser de venir nous rencontrer, c’est un déshonneur pour lui», a-t-il affirmé, la voix étranglée par l’émotion.Son collègue de Saint-Prime, qui préside le regroupement de quelque 900 municipalités, estime que l’absence de Jean Charest est perçue comme une «rebuffade».«Cest comme si l’enjeu de la dévitalisation vécue par au-delà de 200 municipalités au Québec n’était pas important», a tonné M.Généreux.André Boisclair, Mario Dumont et Françoise David ont tous défilé hier devant les maires de la FQM réunis pour parler des difficultés vécues par les municipalités «dévitalisées».Ce terme décrit les petites municipalités frappées par des difficultés économiques structurelles.«Les crises forestière, manufacturière, dans l’agriculture, tout cela contribue à faire en sorte que la situation ne s’améliore pas», constate M.Généreux D souhaiterait une plus grande souplesse dans l’application des nonnes gouvernementales.«Cest impossible pour ces petites populations de faire face à ces obligations dans un contexte de réduction d’emploi, d’exode des jeunes, de vieillissement des population.Au secours!» Les autres chefs s’engagent Lors de son discours devant les maires, le chef pé-quiste André Boisclair n’a pas relevé l’absence de son vis-à-vis libéral.Il a rappelé son engagement de constituer un fonds de développement régional de 1,8 milliard de dollars «d’argent neuf».Le chef du PQ a aussi promis de créer un «comité interministériel» pour tenter de «résoudre les problèmes» avec lesquels les régions sont aux prises.Pour sa part, le chef adéquiste s’est présenté en après-midi devant les membres de la FQM pour leur rappeler sa proportion de créer un Fonds d’autonomie régionale, qui serait financé à partir de redevances de 25 % sur l’exploitation des ressources naturelles.Ainsi, at-il fait valoir, les régions et les petites municipalités auront accès à des revenus autonomes «année après année, après année» pour assurer leur développement Le Devoir Avec la Presse canadienne V QUEBEC 2007 Chaque samedi pendant la campagne électorale, Le Devoir présente les propos de trois observateurs chevronnés de la scène politique.Exceptionnellement aujourd’hui, ils nous livrent leurs impressions du débat des chefs.Propos recueillis par Guillaume Bourgault-Côté.Jean-François Lisée Auteur et analyste politique John Parisella Professeur associé à l’université Concordia Marie Grégoire Ancienne députée adéquiste du comté de Bert hier ?S’il est vrai que M.Després n’a sans doute rien caché, il n’a pas l’air plus bnllant pour autant.On peut très bien comprendre que le ministre des Transports ne prenne pas connaissance des milliers de notes de service sur les infrastructures dont il est responsable, mais il est proprement renversant qu’il n’ait pas exigé de voir celles qui concernaient le viaduc de la Concorde après son effondrement Forcer la sous-ministre associée à s’asseoir à ses côtés en pleine campagne électorale, comme il l’a fait hier, était tout aussi inconvenant La pauvre aurait visiblement donné la lune pour être ailleurs.André Boisclair a tout de suite compris à qui son intérêt politique lui commandait de jeter le blâme.Bien entendu, ce ne pouvait être que le chef de l’ADQ, qui aurait dû remettre immédiatement les documents du ministère des Transports à la commission d’enquête présidée par Pierre Marc Johnson.Que ses deux adversaires se retrouvent simultanément dans l’embarras constitue une aubaine inespérée.Peu importe leur performance de la veille, tous les chefs de parti s’efforcent de faire bonne figure au lendemain d’un débat, mais M.Boisclair semblait vraiment soulagé d’un poids très lourd.Le chef du PQ n’a jamais donné l’impression de douter de ses qualités, mais son ego en a pris un coup au cours des derniers mois.D paraissait presque surpris de sa bonne fortune.Un peu comme Jean Charest au lendemain du débat de 2003, il a pris un plaisir manifeste à évoquer ses meilleurs coups dans son entrevue avec Christiane Charette, particulièrement la question sur la marge de manœuvre financière du Québec qu’il a adressée à Mario Dumont Invité à commenter les propos de plusieurs étudiants du cégep Montmorency, qui étaient d’avis que Gilles Duceppe ferait un bien meilleur chef pour le PQ, M.Boisclair a aussitôt répliqué: «Ça, c’était avant le débat.» Même réponse à la question de savoir pourquoi des souverainistes désertaient vers l’ADQ: «C’était avant le débat.Maintenant, il n’y a plus d’ambiguïté.» Après le «nouveau PQ», voici le «nouveau Boisclair».Jean Charest a de grands talents de politicien, mais il n’est jamais parvenu à dissimuler ses états d’âme.Quand il est contrarié, cela se lit sur son visage.Lors de son point de presse d’hier après-midi, son commentaire sur le débat s’est résumé à quatre mots: «Je suis très satisfait.» Sous-entendu: «De grâce, ne m’en parlez plus.» Promis.Si besoin était, il lui a suffi d’entendre les questions des journalistes pour comprendre qu’il avait perdu le débat sur le débat Vous sembliez amorphe et éteint, que s’est-il passé?Est-ce que votre campagne s’empoussière?Le premier ministre semblait d’une humeur assez bizarre.Certains imprévus peuvent survenir dans l’organisation de la tournée d’un chef, mais M.Charest a semblé prendre étonnamment à la légère le mécontentement créé par l’annulation, à quelques heures d’avis, de sa présence au forum sur les municipalités dévitalisées, organisé par la Fédération québécoise des municipalités.À moins de deux semaines d’un scrutin qui va se jouer largement en région, ce détachement a de quoi surprendre.Il est vrai que les lendemains de débat ne sont pas toujours faciles, mais M.Charest donnait soudainement l’impression d’un gars tanné.mdavid@ledevoir.com PAUL CHIASSON - POOL - REUTERS La surprise Boisclair Le débat terminé, on peut penser qu’André Boisclair et Mario Dumont auront réussi mardi à donner de l’énergie à leur campagne.Mais pas Jean Charest Et cela deviendra un gros problème pour les libéraux dans le contexte d’une lutte à trois où tout le monde doit éviter l’abstention.Le premier ministre a trop joué l’image de l’homme sûr de lui, qui contrôle les événements.D l’a fait à un point tel qu’il semblait désengagé du débat surtout dans les premiers deux tiers.Il voulait donner l’impression qu’il y avait deux ligues: la sienne et celle des p’tits gars.Ç’a fonctionné jusqu’à un certain point mais il y a aussi des limites.Le pire pour lui a été l’épisode des réductions d’impôt de 350 millions de dollars pour les banques et les compagnies d’assurances.D n’avait pas de bonne réponse et ç’a l’a fait paraître faible sur un terrain, l’économie, où il aurait dû gagner contre André Boisclair.Dans une lutte à trois, chacun doit faire des gains, et Jean Charest n’en fera pas avec cette performance.Sa seule chance demeure maintenant le budget fédéral, mais là encore, attention: ce ne sera pas automatiquement bénéfique pour les libéraux, ou encore pas seulement pour eux.Globalement, j’ai donc été surpris de la tactique employée par Jean Charest: il aurait pu et aurait dû se tirer d’affaire plus facilement On sait que les attentes étaient faibles pour André Boisclair.Mais un peu comme John Kerry aux États-Unis en 2004, il est arrivé à surprendre ceux qui croyaient qu’il était très mauvais.Le fait qu’on discute aujourd’hui de son insistance à poser des questions montre qu’on ne parle plus de sa langue de bois: c’est déjà un gain pour lui.M.Boisclair était là pour débattre, mardi.Il a posé beaucoup de questions et réussi à pousser Mario Dumont dans les câbles à plusieurs reprises.Il a été plus retenu avec M.Charest, mais il a globalement fait très bonne figure et a sûrement fait des gains qui lui donneront un élan positif.Mario Dumont a été très énergique et a dominé la première partie du débat Ça s’est dégradé par la suite, quand ses réponses n’ont pas été satisfaisantes.Sa petite révélation sur les viaducs n’a pas été bien présentée.C’était suffisamment complexe pour que ça vaille la peine d’en parler en point de presse auparavant, de façon à forcer M.Charest à répondre.L’impact aurait été plus fort et plus profond.Il a fait une gaffe là-dessus.Sa performance a donné de l’énergie à ceux qui veulent un vote de protestation, mais en même temps, elle a conforté dans leur opinion ceux qui pensent qu'il n’est pas prêt pour être premier ministre.Je pense donc que c’est André Boisclair qui a le mieux performé en montrant qu’il n’est pas aussi robotique qu’on le dit et qu’il a des capacités autant sur le fond que sur la forme.Objectifs atteints Un débat demeure toujours du grand théâtre.Mais malgré cela, on a eu quelque chose d’intéressant mardi: chaque candidat a rempli une bonne partie de ses objectifs.La performance de chacun doit ainsi être jugée selon la réussite à répondre à des attentes précises.Jean Charest devait se présenter comme une personne à l’aise dans ses habits de premier ministre, comme quelqu’un qui connaît ses dossiers et qui peut montrer les différences entre son programme et celui des autres.Il devait rester un peu au-dessus de la mêlée.Ce calme et cette assurance étaient essentiels dans ce contexte.Il a fait le débat qu’il devait et qu’il voulait faire.Sa petite dose d’humilité au début, quand il a reconnu que son bilan n’était pas parfait, était importante.Il devait faire ce constat pour ensuite défendre ce bilan et montrer aux gens qu’il était le plus apte à être premier ministre.En ce sens, il a eu un bon débat.André Boisclair partait de l’arrière.D fallait qu’il démontre deux choses: qu’il a du contenu et qu’il incarne la solution de rechange au gouvernement en place.D a fait une bonne performance à ce chapitre.D est resté près de son plan de match: poser des questions.Il a aussi réussi à s’imposer sur les questions de la marge de manœuvre du Québec et des pouvoirs de l’autonomie.Je pense qu’il a réussi à arrêter l’hémorragie [c’est-à-dire la désaffection des électeurs], mais il n’a pas donné le KO.qu’il devait pour vraiment s’imposer comme la seule solution de rechange valable.Mario Dumont a fait la meilleure entrée et la meilleure sortie.Pour lui, ce fut un débat-spectacle beaucoup plus efficace qu’en 2003.Il a fait preuve d’une énergie constante: il a peut-être ainsi réussi à démontrer qu’il serait le meilleur chef de l’opposition.mais certainement pas le meilleur premier ministre.Ses chiffres semblaient improvisés, il a mal réagi sur les questions concernant la marge de manœuvre du Québec, il est resté vague sur le thème de l’autonomie.Son geste sur le viaduc a passé le test du spectacle, pas celui de la rigueur.En gros, M.Dumont a consolidé un plancher de quelque 20 % du vote.Mais l’a-t-il augmenté?Le vote adéquiste demeure très volatile, tandis que Jean Charest, qui a obtenu plus de 40 % des voix aux deux dernières élections, peut compter sur des gens qui ont une habitude de vote envers lui.On peut donc dire que le débat a été bien livré par l’ensemble des participants.Dans cette campagne concentrée sur l’actualité, c’est la première fois qu’on se livre à un exercice de contenu.Malgré cela, je pense qu’au final, on retiendra qu’André Boisclair n’a pas réussi à supplanter Mario Dumont comme solution de rechange au gouvernement et que Jean Charest s’est établi comme étant, des trois, le meilleur premier ministre.Dumont en avant Ce fut un bon débat.On peut le dire: il y a eu du respect et du contenu chez chacun des candidats.Les citoyens disent souvent que les campagnes électorales manquent de contenu.Eh bien mardi, on en a eu.D y avait de la viande pour que les électeurs puissent se faire une idée, surtout aux moments dont les chefs disposaient pour présenter leur vision sur les thèmes donnés.Mais on a aussi eu droit à beaucoup de judo.Souvent, les chefs n'ont pas répondu aux questions qu’on leur posait André Boisclair a posé beaucoup de questions mais a finalement proposé peu de choses, me semble-t-il.Le débat ne lui a pas permis de mettre la feuille de route du PQ en valeur.Ça me fait rire quand je l’entends dire que les autres ne l’ont pas questionné parce que ce programme est tellement extraordinaire.Non mais! Pour ce qui est de Jean Charest, il m’a donné l’impression de quelqu’un qui ne fait que reporter la faute sur le Parti québécois.Je l'ai déjà dit après quatre ans de pouvoir, un premier ministre ne peut pas agir continuellement ainsi.J’ai trouvé Mario Dumont très bon.D a parlé avec authenticité, il a parlé aux gens directement des choses qui les touchent.Le débat de mardi s’est en grande partie déroulé sur le terrain de l’ADQ, les questions sont venues de là.Il faut dire que l'ADQ est peut-être la formation qui présente le plus de nouvelles mesures, des mesures structurantes qui demandent plus de questions.C’est donc normal que l’accent ait porté là-dessus.Alors, qui a gagné?Je ne suis pas d’accord avec ceux qui identifient André Boisclair.Il a donné une performance correcte, mais ce n’est pas si surprenant.On lui connaissait des qualités de debater.Je pense globalement que Mario Dumont s’est davantage démarqué, mais c’est difficile à dire à l’heure actuelle.Ce sont les électeurs qui décideront le 26 mars.Pour l’instant, chaque chroniqueur, chaque électeur, analyse le débat avec un certain biais et selon les attentes qu’il avait On peut quand même dire que Mario Dumont sort de là en bonne position.Les gens disaient déjà qu’il faisait la meilleure campagne.Il n’a pas été ralenti mardi soir, il peut donc continuer sur sa lancée.Par contre, je pense qu’on peut identifier un perdant, et c’est M.Charest.Il avait pris soin de diminuer les attentes en disant qu’il serait la cible de toutes les attaques, sauf que c'est finalement M.Dumont qui les a reçues, les attaques.Mais au-delà de ça, Jean Charest a manqué d’énergie.J’ai eu l’impression qu’il était amorphe, qu’il n’avait pas de ressort II n’a presque pas attaqué André Boisclair sur le projet souverainiste, même s’il a dit qu’il s’agissait du programme le plus radical de l’histoire du PQ.Sa performance a été décevante.Renée LEBLANC MORIN 64 pages-13,50$ ISBN 978-2-89458-205-3 Lob éditions LA PENSÉE 514-848-9042 mon DICTIONNAIRE de tous los jours Enseignement du français au primaire—i'1, cycle En uente dans toutes les lioratries Lo prix est indiqué sous réserve de modifications.Montréal 514.845.5545 i LE DEVOIR, LE JEUDI 15 MARS 2007 A 4 LES ACTUALITES QUEBEC 2007 Les libéraux étaient absents du débat organisé hier à PUQAM.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La politique de la chaise vide Le PLQ mécontente les étudiants en refusant de participer à leurs débats MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Pendant que les libéraux brillent par leur absence lors de plusieurs débats en éducation, les étudiants ont dénoncé hier l’association faite par le Parti libéra] du Québec (PLQ) entre la population étudiante et le vote péquiste, y voyant une insulte et un comportement «irresponsable».«C’est vrai que les jeunes sur les campus [universitaires] se sont prononcés contre le dégel des droits de scolarité», a expliqué hier le secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), Jonathan Pla-mondon.«Mais de là à nous traiter d’une grosse gang de péquistes, je trouve cela insultant.Les étudiants sont en colère.» L’étudiant réagissait hier à l’une des explications avancées cette semaine par le PLQ pour justifier l’absence des candidats libéraux à certains débats en éducation.A l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où se tenait hier un tel débat auquel ont participé les quatre autres partis, la chaise du PLQ est restée vide.Les étudiants avaient pourtant préparé des questions pour les libéraux, souhaitant notamment les entendre sur leur proposition de dégeler les droits de scolarité.Contre toute attente, le député libéral dans Outremont, Raymond Bachand, a aussi annulé mardi sa participation à un échange qui devait avoir lieu hier à l’UdeM, ce qui a eu pour effet de décommander la discussion.Des scénarios semblables ont eu lieu à l’Université du Québec à Chicoutimi de même qu’en Abitibi, a dénoncé la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).A Chicoutimi, une cinquantaine d’étudiants attendaient d’ailleurs Jean Charest hier pour protester.«On décode une certaine peur, analyse Christian Bé-lair, président de la FEUQ.Mais c'est un manque de respect flagrant envers les étudiants de dire qu’ils sont acquis à un parti ou à un autre.Ce que je vois sur les campus, c’est que les jeunes se posent beaucoup de questions, mais ce ne sont pas les partis qui les intéressent tant que les enjeux.C’est carrément irresponsable de se défiler et de proposer une vision d’avenir pour les quatre prochaines années en évitant certaines populations.» D’autres établissements ont toutefois eu plus de chance: aujourd’hui, l’Université Laval reçoit les candidats de la circonscription de Jean-Talon, dont le ministre libéral Philippe Couillard.Il y sera question d’éducation.Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier, on assure que le ministre participera sous peu à certains débats.Mais une table ronde qui avait lieu hier soir à l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA) ne comptait aucun représentant libéral, au grand dam de ses organisateurs.Celle qui a lieu ce midi pour le compte de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), sur la réforme de l’éducation, n’avait non plus aucun candidat libéral en vue hier après-midi.«On m’a d’abord dit que M.Fournier viendrait peut-être, puis on m’a appelé pour me dire qu’il ne venait plus, a expliqué le porte-parole de la FAE, Yves Parenteau./ai proposé d’autres noms de députés, mais je n'ai toujours aucune réponse.» Notons que les étudiants de la FEUQ effectueront demain une «marche aux 103 flambeaux» jusqu’au bureau montréalais du premier ministre Jean Charest, en mémoire du soulèvement étudiant de 2005 lié aux compressions de 103 millions dans le régime de prêts et bourses.Une manifestation nationale pourrait suivre dans les derniers moments de la campagne.Le Devoir Charest promet de réaliser le projet de la Romaine avant 2009 KATHLEEN LÉVESQUE Chicoutimi — Le premier ministre Jean Charest a annoncé hier dans un contexte partisan que le prochain grand chantier hydroélectrique sera celui de la rivière Romaine, sur la Basse-Côte-Nord.Devant la Chambre de commerce du Saguenay, le chef libéra] a réitéré sa volonté de faire du développement énergétique un enjeu de premier plan.La rivière Romaine représente un investissement de 8,5 milliards de dollars pour produire 1500 mégawatts d’énergie hydroélectrique.Depuis 2003, des projets totalisant 1400 mégawatts ont ainsi été développés.«Dans le prochain mandat, on fera trois fois plus», a promis M.Charest sous les applaudissements.Le projet de la rivière Romaine n’est toutefois pas nouveau: il figure dans les cartons d’Hydro-Québec depuis quelques années déjà.La stratégie de développement énergétique du gouvernement le retenait également parmi les investissements de 30 milliards de dollars prévus sur une période de dix ans avec, à la clef, 70 000 emplois, principalement dans les régions du Québec.Les études d’impacts sont terminées et le rapport est attendu sous peu.D'autres éléments du dossier ne sont pas complétés, dont la négociation avec les Montagnais de la Basse-Côte-Nord; cela se fait dans le cadre de l’approche commune.Ce qui est nouveau, c’est la volonté politique d’aller de l’avant avec une échéance fixée à 2009.Selon Jean Charest le Québec ne manquera plus d’énergie pour assurer son développement industriel.Mais les entreprises qui voudront obtenir un tarif préférentiel devront le «mériter», a prévenu Jean Charest.Les entreprises devront démontrer leur volonté d’investir de façon significative.La vision que le chef libéral propose vise aussi à assurer l'alimentation en électricité pour tous les Québécois ainsi qu’à exporter les surplus d’électricité.Plus tard, alors qu’il rencontrait la presse, M.Charest s’est défendu d’avoir donné un ton partisan à une annonce gouvernementale.«Je suis indivisible», a-t-il laissé tomber.M.Charest a également commenté brièvement sa prestation de la veille au débat des chefs, se disant satisfait.Selon lui, cela va aider les électeurs à faire leur choix.Il n’a pas manqué d’écorcher son adversaire adéquiste.«On a vu ce que c’est, un parti politique avec un seul homme qui dit n’importe quoi, qui propose n’importe quoi.Pour gouverner le Québec, ça prend un premier ministre, ça prend un plan et ça prend une équipe», a affirmé M.Charest Le Devoir CONCOURS LE DEVOIR-WS en collaboration avec ("hs OKYm K*/ m § n & * ¦ - pÉËIfcz iMà /Questions, a pour un, / UArMhtfim mmsm 4 lours à Athènes 3 n?f CirCUit classîque 3 nuits a Mykonos et tours de croisière dans es «os grecques et en Turquie.héhor,, Le Voya9e inclut ""Uwrgemem, transferts et Ï0|S.Pour participer, regardez l’émission Questions pour un champion à 18 h sur les ondes de W5 et notez l’indice du jour.Rêvatours, spécialiste des voyages en Grèce depuis plus de 20 ans.www.revatours.com LE DEVOIR Retournez à : Concours Grèce panoramique, 2050, rue de Bleury, 9* étage, Montréal (Québec) H3A3S1 Le tirage aura lieu le 22 mare 2007 à 15h.Faites-nous parvenir votre coupon de participation avant le mercredi 21 mars 2007 â 17h30.U concours s'adresse aux personnes de 18 ans et plus.Un seul coupon par enveloppe.Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées.Les conditions et règlements du concours sont disponibles à la réception du Devoir et sur www.tv5.ca.Nom :.Adresse :.App.:.Ville:.Code postal :.Courriel:.Telephone :(rés.).(bur.).Indice du jour :.Date de l’émission :.Abonnée) : Oui Q Non ?ûxlw si wis ne désirez pas recevoir de sollicitation du Devoir ?ou de TV5 ?La grande industrie stabilise ses rejets de GES LOUIS-GILLES FRANCŒUR Même si plusieurs de leurs rejets de contaminants s’accroissent, les grandes entreprises canadiennes obligées de faire rapport dans le cadre de l’Inventaire national des rejets polluants (INRP) ont presque stabilisé leurs rejets globaux de gaz à effet de serre entre 2004 et 2005.C’est ce que révèle une analyse réalisée par Pollution Watch, un groupe environnemental canadien qui a examiné les principales tendances en matière de rejets polluants à partir des données officielles de IINRE Selon les rapports soumis par les entreprises canadiennes qui rejettent plus de 100 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO^, les rejets des grandes sociétés industrielles sont globalement passées de 278,8 millions de tonnes (mégatonnes ou Mt) en 2004 à 279,8 Mt en 2005, soit une augmentation minime de 0,3 %.Il faut noter ici que cette quasi-stabilisation a été obtenue sans la moindre norme réglementaire, généralement parce que ces entreprises tentent de réduire leur facture d’énergie pour des raisons de coûts.Par contre, une des difficultés d’interprétation de ce bilan national réside dans le fait que plusieurs entreprises font rapport une année mais ne le font pas l’année suivante en raison du seuil d’assujettissement de 100 000 tonnes, ce qui modifie le nombre d’entreprises retenues dans ce portrait.Par ailleurs, en dix ans, les rejets globaux de contaminants atmosphériques par les «principales installations» industrielles ont diminué de 78,9 Mt à 70,2 Mt entre 1995 et 2005, soit une réduction de 10 %.Mais le bilan est moins rose dans le cas de certains toxiques.Par exemple, il y a eu augmentation des rejets atmosphériques de plusieurs contaminants à l’origine du smog.C’est ainsi que les rejets atmosphériques d’oxyde d’azote ont augmenté de 19 %, passant de 518 Mt à 615 Mt entre 2002 et 2005.Les rejets de particules ultrafines de moins de 2,5 microns, les plus toxiques et les plus susceptibles de provoquer des troupes respiratoires comme l’asthme et la bronchite, ont augmenté de 7 % entre 2002 et 2005, passant de 48,3 Mt à 51,9 Mt.Le cas des rejets de mercure est particulièrement intéressant.Les rejets atmosphériques de ce métal lourd hypertoxique ont été réduits de 9 % entre 2000 et 2005, passant de 5183 kilos à 4711 kilos.Mais les rejets sur le sol ont augmenté de 848 %, passant de 3850 kilos à 36 536 kilos au cours de la même période.Par contre, les rejets de plomb ont chuté sensiblement entre 2002 et 2005, passant de 399 394 kilos à 219 398 kilos.Globalement, ce sont 4000 Mt de polluants de tout type, GES compris, que les entreprises canadiennes inscrites à l’INRP ont relâchées dans l’atmosphère, dont 2800 Mt sont constituées de produits toxiques.L’Alberta occupait en 2005 le premier rang des provinces qui, au pays, utilisent l’atmosphère comme poubelle.Avec des rejets de 1091 Mt, cette province a rejeté à elle seule 2 7 % de la totalité des polluants atmosphériques, GES compris.L’Ontario la suit de près avec 21 %, ce qui correspond à des rejets de 836 Mt de contaminants combinés.Mais cette province voisine, dont les vents charrient la pollution vers le Québec, qui ne s’en plaint d’ailleurs jamais, occupe le premier rang au Canada pour le§ rejets atmosphériques de polluants cancérigènes.A lui seul, l’Ontario crache dans les airs 43 % de tous les toxiques rejetés dans l’atmosphère du Canada chaque année.Le Québec arrive au troisième rang du palmarès des provinces pour les rejets combinés, c’est-à-dire incluant les GËS.Par contre, pour les émissions de GES, le Québec se situe au quatrième rang des provinces, derrière l’Alberta, l’Ontario et la Saskatchewan- Le Québec préfère généralement rappeler que ses rejets par habitant sont les plus bas au pays plutôt que de faire état de son bilan en chiffres absolus, qui demeure malgré tout modeste avec des rejets qui représentent environ 7 % du bilan canadien.Mais c’est indubitablement l’Alberta qui domine le palmarès des émissions de GES avec 40 % du total canadien, suivie par l’Ontario (28 %) et la Saskatchewan (8 %).Le Devoir EN BREF Des urgences débordent Un nombre élevé de cas lourds oblige le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du sud de Lanaudière à demander à la population de la région d’éviter de se présenter à l’urgence de l’hôpital Herre-Le Gardeur de Ter-rebonne, et ce, pour les 48 prochaines heures.Hier, on comptait 67 patients sur civière et 33 autres dans les unités de débordement alors que la capacité de l’urgence de l'hôpital est de 36 civières au permis.L’urgence continuera à accueillir les patients, mais le CSSS invite ceux-ci à se tourner en priorité vers les cliniques médicales de la région ou à s’informer auprès de la ligne InfoSanté.Le même problème est observé au centre hospitalier régional de Lanaudière, où on notait hier un taux d’occupation de près de 350 % (62 patients pour 18 civières).Plusieurs cas de gastroentérite et de grippe sont en partie responsables de cet achalandage.- Le Devoir Rassemblement partisan En soirée hier, Jean Charest s’est adressé à des partisans au centre-ville de Montréal.Les libéraux ont toutefois dû se montrer patients puisque leur chef est arrivé très en retard.Le brouillard d’hier n’a pas permis à l’avion de M.Charest d’atterrir à Montréal.D a été redirigé vers Ottawa, ce qui a déclenché bien des blagues compte tenu des attaques récentes de Mario Dumont selon lesquelles M.Charest voudrait retourner faire de la politique sur la scène Jean Charest fédérale.Plus fard, l’avion des journalistes a pu atterrir, mais après avoir tourné au-dessus de Montréal pendant 45 minutes.- PC rl LE DEVOIR.LE JEUDI 15 MARS 2007 ACTUALITES Le NPD lance une offensive publicitaire préélectorale ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le NPD de Jack Lay-ton n’a pas attendu un éventuel déclenchement des hostilités électorales pour lancer sa campagne de publicité télévisée.Hier, le NPD a rendu publiques les trois publicités en anglais qui vont tourner durant les prochaines se-_ maines dans le reste du Canada.Le message se veut positif et n’attaque aucun autre parti politique.Les publicités destinées au Québec, qui sont pratiquement les mêmes qu’en anglais, seront toutefois en ondes seulement après la - campagne électorale québécoise.«On veut mettre en avant les enjeux qu'on estime importants et les qualités de leader de Jack Layton.On veut montrer que, même si on est un petit parti, on peut influencer les choses et obtenir des résultats», explique au Devoir Karl Bélanger, directeur adjoint des communications du NPD.Les publicités sont en rotation régulière sur le réseau Newsnet de CTV O’équivalent de RDI ou LCN), ainsi que sur d’autres chaînes du câble, notamment Home and Garden.«On a un public cible de ce côté», précise Karl Bélanger.Le slogan de la campagne consiste en deux mots qui sont bien visibles à la fin de chaque publicité: «Leadership.Fairness.» Le premier fait référence aux différents sondages au Canada anglais qui montrent que Jack Layton arrive deuxième en tant que leader le mieux perçu, après Stephen Harper, mais devant Stéphane Dion.Un atout que le NPD a décidé d’utiliser, comme les conservateurs l’ont fait dans leurs publicités.Le deuxième mot qu’on peut traduire par «justice» ou «équité», renvoie à la vision progressiste du NPD.Une façon de marquer la différence avec les conservateurs et de rappeler aux électeurs libéraux qu’ils ont une autre option à gauche de l’échiquier politique.Les trois publicités sont construites à partir du même moule: des photos défilent et une voix hors champ parle d’un problème et de ses effets concrets sur la vie des gens.L’une des publicités aborde les changements climatiques, une autre les soins de santé et la troisième, l’écart grandissait entre les riches et les pauvres.A la fin, Jack Layton apparaît et souligne que le NPD est le seul parti à pouvoir influencer le cours des choses dans ces trois dossiers.Les messages ont une facture très classique, sans grande originalité, mais qui vise à convaincre les gens en expliquant le fond des enjeux.Le contenu n’est pas brouillé par la forme.Le NPD estime que les chances sont fortes qu’une campagne électorale soit déclenchée ce printemps sur la scène fédérale, ce qui le pousse à sortir dès maintenant une partie de son artillerie publicitaire.Les derniers sondages placent le NPD entre 13 et 17 %, soit moins que l’appui récolté lors du scrutin de janvier 2006 et qui avait permis au parti de Jack Layton de faire élire 29 députés.Le Devoir Racisme: le doc Mailloux sera jugé par ses pairs LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Déjà sous le coup d’une radiation provisoire pour avoir pré-sumément fait des prescriptions excessives, le psychiatre Pierre Mailloux a été rattrapé hier par ses propos controversés sur le quotient intellectuel des Noirs et des Amérindiens.Le comité de discipline du Collège des médecins du Québec a en effet décidé d'aller de l’avant dans l’étude d’une autre plainte, formulée celle-là à la suite du passage de l’animateur à Tout le monde en parle, le 25 septembre 2005.Celui que le public connaît comme le doc Mailloux avait soulevé un tollé médiatique en affirmant que les Noirs et les Amérindiens affichaient «un léger désavantage sur le plan intellectuel».Il disait alors s’appuyer sur des études américaines démontrant l’infériorité du quotient intellectuel moyen des Noirs.Ces propos lui avaient valu une plainte de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) et de la Ligue des Noirs, mais l'intimé avait demandé à ce qu’elle soit rejetée pour cause dirrecevabili-té.Le comité de discipline du Collège a rejeté sa requête hier.Pierre Mailloux devra donc comparaître prochainement devant le comité de discipline.En entrevue à NTR, le psychiatre s’est dit ravi d’avoir la chance de s’expliquer calmement devant le comité.M.Mailloux a confié qu’il avait été constamment interrompu sur le plateau de Tout le monde en parle et qu'il n’avait donc pas pu exprimer clairement son point de vue.En septembre dernier, le CRTC avait d’ailleurs reproché à Radio-Canada d’avoir sciemment provoqué une controverse raciale en diffusant les propos du psychiatre.Cette décision est tombée hier, alors qu’une manifestation en appui au I> Mailloux battait son plein devant l’hôpital Comtois, à Louiseville.Un peu plus d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées dans le calme pour s’opposer à la radiation provisoire de M.Mailloux, qui reste le seul psychiatre de la MRC de Maskinongé.Une pétition de 1500 signatures demandant au comité de discipline de revenir sur sa décision devrait être envoyée sous peu au Collège des médecins.Rappelons que Herre Mailloux a récemment fait l’objet d’une radiation provisoire, le 26 janvier dernier, à la suite d’une autre plainte.Le Collège des médecins avait alors jugé que les fautes reprochées à M.Mailloux dans cette plainte compromettaient «la protection du public [.] si ce dernier continu[ait\ à exercer sa profession».On lui reproche entre autres d’avoir prescrit abusivement des médicaments à ses patients «sans aucune justification médicale et contrairement aux données de la science médicale actuelle».Cette plainte sera étudiée demain à Montréal par le comité de discipline.Quant à la plainte concernant les propos de Pierre Mailloux tenus à Tout le monde en parle — jugés «déplacés, offensants et méprisants» à l’endroit des Noirs et des Amérindiens par le Collège —, elle sera examinée plus tard lors d’une audience dont la date reste à préciser.Le Devoir Le psychiatre Pierre Mailloux.Ouvrage préparé par Pierre TOUSIGNANT et Madeleine OIONNE-TOUSIGNANT 288 payes'34.65$ ISBN 978-2-2601-5433-9 LES NORMES DE MAURICE SÉGUIN U théoricien ou n*o-nationansme prèuce de Robert comeeo Une boîte de soupe et d’espoir Vy } -%* Œ'mélgi WÉ iviIm monétaire une neuic o» a*™ 6e tonds s’étend dénstS b «êtreda Is STM.Ainsi, tous lés ion généreux on ta*®* ^Bonneau, c'est plus ^ sou» .«&*.C’est aussi et surtout # J-tauet! Bonne»1 * ’ -¦'S.P* ^chaque A JACQUES NADEAU LE DEVOIR ON CONNAIT l’utilité de l’œuvre poursuivie depuis maintenant 130 ans par l’Accueil Bonneau: chaque année, quelque 350 000 repas sont servis dans l’établissement qui sert aussi de refuge à une population marginalisée, démunie et bien souvent affectée de troubles mentaux.L’Accueil Bonneau devient pour eux un toit, un repas, un soutien humain et un premier pas vers la réinsertion sociale.Mais cela coûte bien sûr des sous: d’où la raison d’être de la campagne annuelle de financement, lancée hier.L’objectif est de ramasser près de 700 000 $ qui permettront à des milliers de personnes comme Georges (notre photo) de trouver un peu de chaleur au cours de la prochaine année.Charles Taylor honoré par la Fondation Templeton Une bourse de 1,75 million accompagne le prix GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ C> est loin d’être la première distinction que reçoit le philosophe montréalais Charles Taylor, mais c’est certainement la plus prestigieuse: la Fondation Templeton lui a en effet décerné hier son prix 2007, accompagné d’une bourse équivalente à 1,75 million de dollars.Depuis 1973, le prix de la Fondation John Templeton est remis chaque année à une personnalité qui, au long de sa carrière, a contribué au progrès de la recherche dans le domaine des réalités spirituelles.La somme de 800 000 livres sterling qui l’accompagne constitue la bourse individuelle la plus substantielle au monde.Le mécène-entrepreneur Templeton le voulait ainsi, façon d’indiquer que l’exploration et les découvertes spirituelles sont d’importance égale ou supérieure aux réalisations de l’humain que célèbrent les prix Nobel, indique-t-on à la fondation.La vocation exacte du prix a quelque peu changé au fil des ans mais au chapitre des lauréats précédents, on compte les noms de mère Teresa et de l’écrivain russe Alexandre Soljénitsyne.M.Taylor recevra son prix au palais de Buckingham le 2 mai.Joint à New York en début de journée hier, le philosophe et coprésident de la Commission d’étude sur les accommodements raisonnables s’est dit aussi surpris que touché par cet honneur.«C’est tout à fait inattendu.Ces dernières années, ce sont davantage des scientifiques, des savants ou des cosmologues démontrant un intérêt pour la spiritualité qui ont gagné le prix.Je n’ai jamais cru que j’étais m candidat possible.» Âgé de 75 ans, le spécialiste d’Hegel et auteur du célèbre ouvrage Les Sources du moi est toutefois bien conscient des liens entre les objectifs de la fondation et ceux qu’il poursuit dans son œuvre depuis près de 50 ans.«La fondation s’intéresse à l’exploration de la spiritualité et à sa pertinence pour comprendre plusieurs phénomènes liés à la vie humaine ou au développement de l’histoire.J’ai souvent abordé ces questions, quitte à faire un peu bande à part avec les autres chercheurs en sciences sociales, qui ont eu tendance à négliger la religion [dans leurs études].Le divorce des sciences naturelles et de la religion a causé des torts aux deux.» Or ces barrières entre science et spiritualité sont sans fondement, dit-il.«Il y a eu une mode séculariste très forte en sciences sociales depuis 50 ans, explique-t-il.Mais on peut voir un changement depuis quelques années.Il y a un virage, un certain retour de la religion dans le monde, qui force à réfléchir là-dessus.H demeure néanmoins beaucoup de progrès à faire dans les sciences sociales occidentales pour trouver les termes et les concepts qu’il faut afin de bien comprendre ce phénomène-là.» Pour Charles Taylor, il a toujours été de la première importance d’envisager les problèmes du monde en étudiant leurs racines tant séculaires que spirituelles, une considération qui n’est pas trop loin du débat sur les accommodements raisonnables, reconnaît-il.«fi y a souvent une forme de mépris de la religion chez les non-croyants, observe M.Taylor, comme s’il n’y avait rien de profond là-dedans.L’inverse est aussi vrai: il y a un mépris de l’athéisme, comme si c’était un manque.Cette frontière est intéressante, car on voit qu’il n’y a pas une habitude d’ouverture très développée des deux côtés de celle-ci.» Le philosophe estime pourtant que si chacun pratiquait une «forme d’œcuménisme inté-rieur», une sorte d’effort de compréhen- sion des autres cultures et des autres religions, «ça irait beaucoup mieux».Une fois terminés les travaux de la commission qu’il présidera avec Gérard Bouchard, M.Taylor utilisera l’argent du prix Temple-ton pour se consacrer à temps plein à un grand projet d’étude portant sur la relation du langage et de la signification linguistique par rapport à l’art et à la théologie.Sa bourse lui servira aussi à «alimenter les réseaux de penseurs» avec lesquels il travaille et sans l’apport desquels il lui «serait impossible d’écrire».Réputé mondialement, auteur d’ouvrages célébrés (entre autres sur la modernité), formé à Oxford, Charles Taylor est professeur émérite à l’université McGill.Il enseigne présentement à l’université Northwestern, en Illinois.Il a notamment reçu le prix Léon-Gérin du Québec en 1992 et a été nommé compagnon de l’Ordre du Canada en 1995 avant d’être fait grand officier de l’Ordre national du Québec en 2000.Le Devoir SOURCE SRC |jg|y j 7.éL ' ¦r .v-.w Octobre 2007 Hilton Laval, Laval GUE min éditeur Hée 514-842-3481 ER uenifi (tans toutes les mtraines Le prix est indique sous réserve de modificatif CONGRÈS ANNUEL DELA SOCIÉTÉ DES PROFESSEURS D'HISTOIRE DU QUÉBEC Fondée en 1962, la 5PHQ a pour objet de promouvoir l’enseignement de l’histoire au Québec auprès de ses membres et de la population en général.Ses effectifs s'élèvent à 400 membres, principalement constitués d'enseignantes et d'enseignants du primaire et du secondaire, de conseillères et de conseillers pédagogiques, de didacticiennes et de didacticiens de l'enseignement de l'histoire, d'historiennes et d'historiens.Les services offerts aux membres sont le périodique Traces (4 fois par année, en plus d'un numéro spécial du congrès), un site Internet, une Lettre d'information envoyée électroniquement et le congrès annuel, qui se tiendra cette année les 26 et 27 octobre, au Hilton Laval, à Laval, ayant pour thème Le développement des connaissances et des compétences en histoire et en éducation à la citoyenneté.Site Internet : www.recitus.qc.ca/associations/sphq Pour adhérer à la SPHQ, soumettre une proposition d'atelier, réserver un kiosque d'exposant ou pour toute demande d'informations, svp contactez : Laurent Lamontagne — Président de la SPHQ llamontagne@cslaval.qc.ca — 450.628.6007 ’me v 1 -xi 1 * - I* » ir •, m .- ' v , 1 8r ê Que devient LA CULTURE QUÉBÉCOISE ?QUE VOULONS-NOUS qu'elle devienne P > Venez débattre à Montréal les 16 et 17 mars! La mondialisation menace-t-elle notre culture?> Louise Beaudoin, professeur?associée au Département de science politique à rilQAM > jean Gagnon, directeur général de la Fondation Daniel-Langlois SOUS U PRESIDENCE D'HONNEUR DE Dany LaFerrière Écrivain > Simon Brault, président de Culture Montréal > Lorraine Pintal, directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde www.mm.qc.ca À l’UQAM (Pavillon Sherbrooke] 700 rue Sherbrooke Ouest > Vendredi 16 mars, 5 à 7 d'ouverture Débat: de 19h à 21 h > Samedi 17 mars, de 9h i 17h Inscrivez-vous sur www.inm.qc.ca ou S14.934.59S9 CULTURE I RENDEZ-VOUS STRATÉGIQUES INSTITUT DU NOUVEAU MONDE LE DEVOIR, LE JEUDI 15 MARS 2007 A 6 DITORIAL Méfions-nous Le débat des chefs est chose du passé mais, comme à toutes les élections, on épiloguera longtemps sur l’influence qu’aura eue la performance de chacun d’eux sur le résultat du scrutin.Même si on ne saura que le 26 mars qui a véritablement remporté ce débat, on peut d’ores et déjà dire que l’affrontement de mardi soir n’a pas eu l’effet éliminatoire que certains escomptaient Ce sera une lutte à trois jusqu’au bout.c Bernard Descôteaux ette campagne électorale est unique dans l’histoire politique récente du Québec dans la mesure où c’est la première fois depuis bien longtemps que nous assistons à une véritable lutte à trois.A la différence des élections de 1976, lors desquelles l’Union nationale de Rodrigue Biron avait joué les empêcheurs de danser en rond et facilité la victoire du Parti québécois, nous avons affaire cette fois-ci à un tiers parti qui est en train de se hausser au rang de grand parti et avec lequel il faudra désormais compter.Au lendemain de ce débat des chefs, constatons d’abord que l’Action démocratique continue de se rapprocher dangereusement du Parti québécois et du Parti libéral, dont elle demeure la cible principale.Si Jean Charest et André Boisclair pensaient lui régler son compte au cours de leur rendez-vous à trois, cela ne s’est pas produit.Le chef adéquiste a su rester dans la course et consolider sa position.L’ADQ ne sera pas le feu de paille qu’elle avait été en 2003.Cet état de fait appelle à la prudence.À i beaucoup de prudence.Nombreux sont les 14 w Québécois qui se réjouissent des difficultés iiWB que connaissent le Parti libéral et le Parti qué-bécois.Parmi eux, plusieurs s’apprêtent à appuyer l’Action démocratique tout simplement pour punir libéraux et péquistes.Ce vote ressemble à un solide coup de pied de l’âne, comme l’illustre le geste d’un Victor-Lévy Beaulieu, un indépendantiste vibrant qui souhaite la victoire de l'ADQ pour le puissant effet cathartique que celle-ci aurait sur le Parti québécois et sur le mouvement souverainiste.Que des Québécois choisissent de voter pour l’Action démocratique à cause de ses valeurs et de son programme, voilà qui est fort bien.Ces électeurs ont le droit d’être entendus et d’être représentés à l’Assemblée nationale.Par contre, il faut dire à ceux qui, comme Victor-Lévy Beaulieu, s’apprêtent à le faire par frustration que leur geste ne sera pas sans conséquences.Au lendemain du 26 mars, ils pourraient bien reprendre le slogan «On n’a jamais voté pour ça», qui a eu cours pendant les premières années du gouvernement Charest Si leur vote avait pour effet de provoquer l’élection d’un gouvernement minoritaire où la balance du pouvoir appartiendrait à l’ADQ, peut-être trouveraient-ils la chose moins amusante qu’elle semble l’être aujourd’hui.A ce moment-ci de la campagne, vouloir voter pour l’ADQ dans un esprit de punition équivaut à commettre un geste aveugle qui implique le renoncement à des valeurs auxquelles on a adhéré depuis toujours.A des nationalistes qui ont voté tantôt pour le Parti québécois, tantôt pour le Parti libéral, parce que les politiques du moment de ces partis permettaient d’espérer une avancée de l’affirmation du Québec, le programme autonomiste de l’ADQ peut apparaître rassurant, mais il ne faut pas oublier toutes les autres choses qu’on y trouve.L’ADQ est tout le contraire d’un parti progressiste.Son chef est un populiste qui défend des idées de droite, à l’instar du Parti conservateur de Stephen Harper.Celles-ci émaillent son discours lorsqu'il aborde par exemple la réforme du système de soins de santé ou celle du système pénitentiaire.Pour marquer des points, il n’hésitera pas à faire de la démagogie facile, comme dans le cas de l’effondrement du viaduc de la Concorde.L’homme est certes sympathique et habile politicien, mais ne soyons pas dupes.Il reste 12 jours de campagne.Soyons attentifs.bdescoteaux@ledevoir.ca Le menteur — —n exagérera à peine en soulignant qu’aux Etats-Unis, un scandale politique n’attend pas l’autre depuis le dé- I 1 but de l'année en cours.Après l’affaire Libby, du nom II de l’ex-directeur de cabinet du vice-président Dick 1 F Cheney, voilà que le ministre de la Justice, Alberto — .Gonzales, est sur la sellette pour avoir affirmé qu’il n’est pour rien dans le renvoi de sept procureurs fédéraux.Il n’en fallait pas moins pour que les élus démocrates réclament à cor et à cri sa démission.Reprenons.Tout a commencé lorsque Harriet Myers a suggéré, en février 2005 — elle était alors conseiller juridique à la Maison-Blanche —, que tous les procureurs fédéraux en poste (93) soient mis à la porte pour être remplacés par des individus partageant les mêmes idéaux.En clair, par des hommes liges.S’est évidemment ensuivi un échange entre mandarins du régime qui s’est soldé par l’élaboration d’un plan.La mécanique de ce plan a été peaufinée par un représentant type du cynisme érigé en système politique, soit Kyle Sampson.Sa fonction?Jusqu’à lundi dernier, il était directeur de cabinet de Gonzales, l’homme qui ne savait pas.Son plan, sa mécanique, avait ceci de singulier que c’est la première fois dans l’histoire récente des Etats-Unis que des procureurs étaient virés avant la fin de leur mandat.A sa manière, Sampson s’est avéré un innovateur.retors.Et ce, pour le profit des amis du régime, dont cet excollaborateur de Karl Rove, chef d'orchestre des basses oeuvres électorales de Bush, parachuté procureur en Arkansas.Heureusement, les licenciés ainsi que leurs confrères ont suffisamment rué dans les brancards pour se faire entendre par les membres du Congrès.Après quoi, ceux-ci ont convoqué Gonzales le 19 janvier.Puis, le 6 février, le numéro deux du ministère de Injustice a été invité à témoigner avant que le ministre dit associé ne soit grillé à son tour, le 6 mars.Ces dates, on insiste, sont une des clés de l'histoire.En effet, depuis hier, nous savons que le ministre de la Justice, chargé notamment de la nomination des procureurs fédéraux, n’était au courant de rien, même s’il a défilé devant les sénateurs et les représentants du Congrès en janvier dernier.Il n’était au parfum de rien, même si les numéros deux et trois de la Justice des Etats-Unis d’Amérique ont été interrogés il y a plusieurs jours, voire plusieurs semaines.Il ne s’est jamais occupé du dossier, même si son directeur de cabinet en était le contremaître.En jouant le crédule, en feignant l’ignorance, Gonzales s’est complètement déconsidéré aux yeux des démocrates ainsi qu’à ceux d’un bon contingent de républicains.À tel point qu’ils veulent le dépouiller d’un des privilèges alloués à sa fonction: éviter l’examen du Sénat lorsqu’on nomme un procureur intérimaire.A l’instar de Gonzales, Bush non plus ne savait pas.Pourtant tout est parti de son bureau lorsque Myers, on s’en rappellera, avait proposé la composition d’une charrette de 93 renvoyés.Dire qu’ils mentent est une lapalissade.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Les besoins des régions Les grands partis en campagne électorale promettent chacun leur tour des millions et même des milliards de dollars pour les régions aux prises avec les problèmes de l’industrie forestière, de l’agriculture, des pêches, des industries de transformation et de l’exode des populations.Mais à part Québec solidaire et le Parti vert, personne ne propose de réformer le régime forestier et le mode d’exploitation de la forêt, ni les politiques agricoles, ni la gestion des pêches, ni le modèle de développement éolien, ni le zonage agricole, ni les normes environnementales, ni la formation professionnelle, ni le statut des Premières Nations, ni surtout le pouvoir de décision et l’autonomie financière des élus locaux.Pourtant, ce dont ces régions, et toutes les régions du Québec d'ailleurs, ont besoin, c’est moins d’argent saupoudré ici et là que de réformes dans la gestion des ressources et des services, et surtout d’une véritable décentralisation qui donnerait aux MRC, conjointement avec les ministères, les instances de concertation régionale et les Premières Nations, un statut de gouvernement territorial élu et autonome d’un point de vue financier.Ce dont elles ont besoin, c’est 4e pouvoir gérer l’ensemble des missions de l’État sur leur territoire au lieu de subir des politiques et des programmes sectoriels élaborés dans chaque ministère avec les lobbys industriels, sans lien les uns avec les autres et sans lien avec les territoires et leurs populations.L’avenir des régions passe par la décentralisation, c’est-à-dire par la mise en place de gouvernements territoriaux.La structure municipale traditionnelle n’est plus en mesure de jouer ce rôle.Le seul engagement sérieux que les régions peuvent attendre des partis politiques, c’est celui de présenter et d’appuyer dès le début du prochain gouvernement un LETTRES -4- projet de loi-cadfe sur la décentralisation.Maintenant que l’État québécois a permis aux Québécois de devenir maîtres chez eux et aux régions de se structurer, il est urgent qu’il se mette au service des communautés territoriales et leur permette de se gouverner et de mettre en valeur ce qu’elles ont de particulier, et ce, dans tout le Québec, aussi bien à Montréal qu’en Gaspésie.C’est sans contredit sur ce terrain que doit s’engager la deuxième Révolution tranquille que tout le monde attend: le Québec des régions, des territoires, des communautés, des citoyens, et non des seuls mandarins de l’État central J’invite les citoyens de toutes les régions du Québec à réclamer haut et fort ce projet de loi-cadre de décentralisation.Roméo Bouchard Le 12 mars 2007 La hantise des politiciens Qui a peur d’un guvernement miniritaire?Des politiciens, bien entendu.Négocier, accepter des compromis, tisser des alliances, chercher le consensus, que de travail fatigant! Toutefois, un gouvernement minoritaire serait plus représentatif de la réalité politique québécoise.Conséquence de notre système électoral, un parti forme souvent un gouvernement majoritaire même si ses candidats n’ont été choisis que par une minorité d’électeurs.Ainsi, en 2003, avec 46 % du vote populaire, le PLQ s’est fait attribuer 76 sièges sur 125 à l’Assemblée nationale pour former le gouvernement majoritaire actuel.Pire: en 1998, avec 42,9 % des voix, le PQ a obtenu 76 sièges, alors que le PLQ, dont les candidats ont été élus par 43,6 % des votants, n’en a récolté que 48.Notre système de scrutin par circonscription permet de telles anomalies.Ainsi élu, le gouvernement, prétendument majoritaire, tend à se comporter comme détenteur du pouvoir quasi absolu.Les fusions municipales décrétées par le PQ et les récentes lois promulguées sous le bâillon par le PLQ sont les résultats des gouvernements abusant de leur statut «majoritaire».La réforme du scrutin pour y introduire un élément de proportionnalité a été promise par le PQ dès 1969.Malgré le fait que tous les partis se soient entendus sur l’opportunité de cette réforme en 2003 et que 60 % des Québécois la souhaitent, sa mise en œuvre piétine.Alors, si nous ne pouvons pas profiter du scrutin proportionnel, ayons au moins un gouvernement minoritaire, permettant l’expression de la pluralité des opinions citoyennes.Dans notre monde complexe, aux enjeux multiples, il est plus que temps que les politiciens respectent davantage la démocratie.Jana Havrankova Saint-Lambert, le 12 mars 2007 Un humoriste ! Mario Dumont est sûrement un émule d’Alphonse Allais, cet humoriste et journaliste français de la fin du XDL siècle qui disait ceci: «Il faut prendre l'argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres.Bon, d’accord, ils n’ont pas beaucoup d'argent, mais il y a beaucoup de pauvres.» Vouloir financer ses belles promesses aux familles en coupant dans l’aide sociale relève d’un humour sinistre et lugubre.Après avoir essayé de se faire du capital politique avec les tendances xénophobes de certains électeurs, voici qu’il récidive en surfant sur les préjugés à propos des bénéficiaires de l’aide sociale.Alors, comment s’étonner du genre de candidats que son parti attire et de l’appui de CHOI-FM et de Jeff Fdlion?Personnellement, je préfère accorder ma confiance à Québec solidaire, qui veut s'attaquer à la pauvreté, plutôt qu’à l’ADQ, qui semble plus porté à s’attaquer aux pauvres.Pierre Jobin Kamouraska-Témiscouata, le 12 mars 2007 LIBRE OPINION -?- Les régions s’en-vont-en-ville ARYANE BOUCHARD Étudiante en traduction à l’Université de Montréal En réaction à la lettre de Victor-Lé\y Beau-lieu {«Indépendantiste et adéquiste», Le Devoir, le 13 mars 2007), je souhaite me prononcer sur le débat politique actuel, qui me semble passionnant de par ce souffle nouveau qui le caractérise.Bien sûr, nous en sommes encore aux coups bas, aux promesses bidon et aux déclarations-chocs, mais je vois poindre en filigrane un élan de changement, un véritable désir des Québécois de faire peau neuve.La diversité des partis m’apparaît bénéfique à tous les points de vue; elle permet entre autres de représenter une plus grande partie de la population et de changer de la sempiternelle lutte bipartite héritée du modèle britannique.Nous pouvons affirmer que nous sommes bel et bien différents, non seulement par notre passion indépendantiste mais aussi par des valeurs qui se démarquent de celles du reste du Canada Une ombre au tableau, pourtant: dans les lettres, les opinions et les critiques, on voit se creuser un fossé entre le Québec (les régions, comme nous aimons les appeler) et la «toute-puissante métropole».Certains se plaisent à entretenir de vieilles rancunes contre ce diable inconnu.Pourtant, une majorité de jeunes des régions arrivent en ville pour étudier et se prennent d’affection pour cette ville somme toute sympathique et mouvementée, pas snobinarde ou totalement nombriliste comme certains la présentent.Au contraire, Montréal est simplement un lieu aux multiples visages du fait d’une population plus nombreuse, multiculturelle et bilingue.[.] M.Lévy-Beaulieu exprime avec ferveur son allégeance adéquiste, et je suis fière qu’un de nos intellectuels ose se prononcer ainsi à l’heure où on déplore que l’élite québécoise se cache pendant la période électorale.Victor-Lévy Beaulieu dit haut et fort ce que pensent bon nombre de Québécois: les gens en ont marre de la bataille péquiste-libérale, ils veulent des fonds dans les régions, les syndicats sont devenus de grosses boîtes à gérer des fonds, les Québécois veulent toujours leur indépendance, mais pas de la même façon.Us veulent du renouveau et non un discours calqué sur celui d’un autre parti ou d’un ancien chef Encore une fois, ce qui m’attriste, moi qui aime tant le Québec, c’est que M.Beaulieu accuse le Parti québécois d’être un parti des «Mont-réalistes branchés», creusant ainsi un peu plus l’écart entre les Québécois.Rappelons-nous pourtant que les Montréalais ne sont pas tous des «habitants du Plateau Mont-Royal» et qu'ils ne sont pas tous nombrilistes et chauvins.Je voyage depuis dix ans, j’ai fait du pouce partout au Québec, de Fermont à La Tuque en passant par fa Gaspésie et l’Outaouais, et, pour moi, nous sommes un seul peuple.J’ai visité quelques pays et plusieurs grandes villes, et partout on retrouve cette tendance à blâmer les métropoles.On accuse sans connaître; on le vit de l’extérieur par les oûkiire et les idées préconçues.Trop souvent, on se forge une opinion à fa suite de rencontres avec des touristes nantis venant de fa «grand’ ville».Comme si les riches étaient une majorité et représentaient toute fa population! Je suis sincèrement attachée à ma province, à ce pays de neige qui est le mien.Je ne veux pas le voir se diviser pour des querelles de quartier.Pour moi, le Québec, les Québécois, c’est avant tout l’ensemble de ce beau pays et non pas Montréal; je serais comblée de voir un parti prendre position en ce sens et favoriser essentiellement les régions.Mais selon moi, ce n’est pas l’ADQ qui remplirait ce mandat Bien qu’au début j’aie adhéré aux idées nou-vefles et à fa spontanéité de l’ADQ, je ne suis pas prête à laisser tomber nos acquis sociaux pour privatiser certains secteurs, barricader toutes nos rivières et prôner une vision purpment néolibérale.Regardons simplement les Etats-Unis et leurs problèmes sociaux, l’écart entre les riches et les pauvres qui y règne.Est-ce ce que veulent les .Québécois?A première vue, il peut être tentant d’essayer, juste pour voir si une autre manière de gérer notre argent serait plus appropriée.Mais ne sontce pas plutôt les fraudes et les détournements de fonds, les paradis fiscaux et les dépenses de la lieutenant-gouverneur à Québec qui siphonnent notre argent?Cet argent pourrait pourtant revenir aux régions et favoriser leur développement économique.Bien sûr, nous sommes endettés et tout n’est pas parfait, mais trouvez-moi un pays où tout va bien, où il n’y a ni guerre, ni violence, ni délinquance, ni dette.Où le modèle capitaliste pur a-t-il réussi à améliorer le sort des habitants?[.] Quant à moi, j’aimerais également retrouver l’ADQ dans l’opposition, mais avec le PQ au pouvoir.Je trouve que ce serait franchement nouveau et que ça changerait énormément 1a donne! LE DEVOIR.LE JEUDI 15 MARS 2007 A 7 IDEES KERO © * ii.'g.™* t ***£&% • i-11 , «ai'»?•A.Seconde mort d’Hubert Aquin FRANÇOIS POISSON Professeur de littérature au cégep Marie-Victorin il 1 y a 30 ans aujourd’hui qu’Hu-bert Aquin a décidé de nous quitter.Je pense souvent à lui.J’aurais voulu vieillir en sachant qu’il montait la garde.Est-il besoin de dire à quel point il nous J manque?Pourtant, tout est dit 1 dans son œuvre.Il n’y aurait pas I grand-chose à ajouter.Notre si-| tuation n’a pas changé.C’est bien le plus triste.J De jour en jour, «la fatigue culturelle.» gagne en force.Nous en sommes toujours déjà là, maintenus en état de fatigue.Mais avec les années, nous nous sommes habitués.Cela est en nous maintenant, bien ancré, ontologiquement.Nous sommes, j’en ai bien peur, résignés à notre sort Indignés mais résignés.Bientôt même plus indignés., Notre ministre des Loisirs, des Sports et de l’Éducation, en pleine campagne électorale, a été incapable de fournir le titre d’une œuvre que tous les Québécois devraient lire.Sans avoir honte de son inculture, il a dit «Je ne sais pas.Je n’ai pas de grand roman que toutes les générations devraient lire.» (Le Devoir, le 28 février 2007.) Je me suis souvenu d’un mot de Jacques Fokh-Ribas que Lamberto Tassinari rappelle dans son texte «Oublier Hubert Aquin» (Le Devoir, le 20 juin 1997) : «Hubert Aquin est peut-être le premier écrivain qu’il faudrait lire pour saisir la complexité du Québec.» La faille du héros Je pense à Prochain épisode.Le long mois de mars commence.Je ne peux m’empêcher d’aimer, même si cela me fait mal, le narrateur de Prochain épisode, qui tente de combler le vide et l’ennui qui l’accablent par l’écriture d’un roman d’espionnage original En attente de son procès, il ne sait pas encore que le héros qu’il fait vivre sur les bords du lac Léman, en Suisse, sera incapable de mener à bien la mission que lui confie K.Le narrateur place en son double l’espoir de lui redonner courage.D cherche, en vivant une histoire enlevante par procuration, une force nouvelle.Lui aussi peut être un héros, croit-il, de sa cellule.Une première faille se manifeste: le héros est pris au piège et rate sa filature.Le narrateur plonge dans la dépression.Se succéderont ainsi en une structure alternée deux discours: celui de l’enfermé qui écrit et celui de l’espion qui rate d’une manière exemplaire, presque préméditée, le rôle qu’il est censé jouer.Faille après faille, le narrateur ne peut plus se mentir devant l’échec de son entreprise: il est incapable d’inventer une histoire différente de la sienne.En réalité, le héros manqué, c’est lui.La boucle est bouclée.Les deux voix composent une mélodie sinistre qui conduit à l’éveil de la conscience: peut-on vivre si on est incapable d’inventer sa propre histoire?Peut-on vivre si on est prisonnier de son histoire?Le prochain épisode est celui de la révolte.Elle n’ar- rive pas dans le roman.Le langage ne l’invente pas.Elle est à venir.Comme dans les années 60 Les œuvres des années 60 nous ont habitués à la prise de conscience de notre aliénation: toutes les représentations de l’aliénation, et le jouai en était la preuve, montraient symboliquement notre incapacité à nous imaginer souverains, en pleine possession de notre langue et de nos rêves.Le fait est que, collectivement, nous en sommes toujours là: nous attendons toujours qu’Ottawa nous fasse l’offre qui nous réintégrerait dans la Constitution canadienne, mais la condition sine qua non pour être élu chef de parti au fédéral est d’affirmer au ROC que jamais on n’ouvrira la Constitution pour le Québec, et ce, malgré les déclarations d’amour et les promesses de Jean Chrétien le soir du référendum de 1995.Les arguments de peur, si risibles quand on JACQUES BEAUDRY Auteur de l’essai Hubert Aquin - La course contre la vie (Hurtubise HMH, Montréal, 2006) i.~ -1 1 y a 30 ans, le 15 mars 1977, à l’âge Ide 47 ans, Hubert Aquin s’enlevait la vie avec le fusil de chasse hérité de son père.Il avait publié quatre romans.Sa vie fut brève, une exis- tence faite de sursauts et d’affaissements, à l’image de notre vie collective qui n’avait pas de secrets pour lui.Il avait vite compris, par exemple, que nous n’irions jamais jusqu’au bout d’un point de vue politique, c’est-à-dire jusqu’à l’indépendance, si l’enthousiasme du début venait à s’écraser dans la fatigue.Il a donc continuellement lutté contre une manière d’engluement aussi bien personnel que collectif, qu’il devinait être fatal.Il espérait voir des rebondissements se substituer aux temps morts de son existence comme de notre histoire.Il lui était insupportable qu’il ne se passe rien.L’impatience d’Aquin, à l’opposé de notre patience commune, le rendait sensible aux accélérations de toutes sortes, à celles d’une voiture de course aussi bien qu’à celles de l’histoire.Il craignait les ralentissements jusque dans son art Voilà pourquoi il écrivait vite.Son cerveau se jetait à toute vitesse à la poursuite du roman à écrire, en comptant sur sa raison pour exécuter des dérapages contrôlés.Aquin a fait entrer l’intelligence dans le roman en l’y incor- lës entend dans Le Confort et l’Indifférence de Denys Arcand, retrouvent vigueur lorsque prononcés par de nouveaux acteurs.Le discours économique s’impose avec tant de force que la vie, tout à coup, ne possède plus qu’une dimension, matérielle, immédiate.Dois-je m’étonner que, dans le roman d’Hubert Aquin, mes étudiants ne soient sensibles qu’à l’anecdote?Les pauvres, personne ne leur a encore dit que justement, la littérature, c’est «lire entre les lignes».Je leur parle alors de l’âme des mots.Le bloc de bois, dans le poème Jeu de Saint-Denys Garneau, est pour l’instant une maison pour l’enfant qui joue, les cartes étalées une route, le tapis une rivière.Puis, nous devenons adultes, et le tapis sert à essuyer les bottes.En ces temps de télé-réalité, adaptée des États-Unis et de la France, nous sommes bien loin de la révolte.Nous sommes à l’image du narrateur enfermé, en attente de notre procès.Nous sommes prisonniers de notre réalité, comme lui est «encaissé dans Une mort précipitée porant créativement.C’est l’intelligence du romancier qui est le véritable héros de ses récits.La difficulté de lecture qu’on reproche à ses œuvres n’est rien d’autre que ce qu’on éprouve au choc de son génie.Sortir du cercle Hubert Aquin a construit son œuvre romanesque sur une vaste culture qui lui servait de tremplin d’où effectuer un retour au Québec.Il a donné à notre culture une portée universelle en suissisant, italianisant, norvégi-sant le Québec dans ses romans, en l’africani-sant, l’européanisant, l’américanisant, en le démesurant géographiquement, mais aussi dans le temps, pour sans plus attendre remplir de l’histoire de toute l’humanité le vide historique qui nous est destiné.Pour lui, il était impossible de se limiter au cercle borné de la réalité, aussi bien personnelle que collective.Sa volonté fanatique d’en sortir l’a entraîné dans une sorte de débordement des limites de la fantaisie et du réel, du personnage et de la personnalité.Si la manifestation la plus dramatique de ce débordement est sans doute la tentative de suicide de l’écrivain sous l’identité du personnage de Jean-William Forestier, la plus illustre reste le révolutionnaire dans Prochain épisode venu suppléer l’auteur dont la propre tentative d’action politique clandestine a échoué.Lucidité prophétique Le romancier génial se doublait d’un es- [s]es phrases»', nous sommes incapables d’imaginer une histoire différente.En fait, nous sommes empêtrés dans notre autobiographie.Nous ne savons plus que nous pourrions vivre une autre vie, riche de passion et d’amour.Le narrateur de Prochain épisode ne se suicide pas, car l’espoir réside dans la prise de conscience de son malheur.Je ne peux en vouloir à mes étudiants, ils vivent dans un pays où on leur dit que le divertissement, c’est la culture.Ce «divertissement» dont Pascal a si pertinemment vu qui «empêchait de penser».Mais c’est à vieux, Pascal, si poussiéreux.Ça ne plaît certainepient pas à notre ministre des Loisirs, des Sports et de l’Éducation.Imposer la lecture de Prochain épisode aux étudiants va contre l’esprit de notre temps.Mais j’y tiens.Je suis attaché à cet héritage décrié.J’aurais voulu leur dire, à eux qui ont besoin de réalité: cette semaine, Hubert Aquin viendra en classe nous rencontrer, nous parler, nous éclairer sur nous et sur le monde.sayiste dont la pensée politique, d’une lucidité prophétique et d’une puissante cohérence, demeure une source d’inspiration.Son fameux texte de 1962, «La fatigue culturelle du Canada français», a récemment permis à Radio-Canada, l’Université du Québec à Montréal et Le Devoir de relancer le débat public sim le nationalisme en organisant en novembre dernier l’événement «Hubert Aquin, cinq questions aux nationalistes québécois», une semaine d’animation et de discussion autour des thèmes de la réflexion d’Aquin.Hubert Aquin se désolait de voir la revendication d’une existence politique spécifique devenir ici rien de plus qu’un péché qu’on tolère pour autant qu’il soit pratiqué comme le blasphème, c’est-à-dire verbalement.Les blasphèmes, d’après lui, tenaient lieu aux Québécois d’héritage national: « Non, la révolution n’a pas été écrite, ni verbalisée, ni crissée au sommet, ni tabemaculée, mais blasphémée!» Aquin a écrit des romans qui ne permettent à aucun des lecteurs de refermer le livre intact, plutôt épuisé, transformé, engagé peut-être.fi n’a pas vu se produire cette grande décharge d’énergie qu’aurait pu générer l’inconscient collectif des Québécois libéré, par sa réussite, du fantasme refoulé de l’indépendance.La décharge de fusil qui a fait voler sa tète en éclats était un défi à la fatigue, la sienne jamais détachée de la nôtre.Avant qu’on ne l’entende détoner, elle avait déterminé en lui une mobilisation générale de toutes ses forces et, donc: plus de vie! .Charles Taylor, lauréat du prix Templeton Un optimiste entre Funiversel et le particulier GUY LAFOREST Professeur au département de science politique de l’Université Laval — a nouvelle nous arrive comme ce soleil du L printemps qui réchauffe nos cœurs: le philosophe Charles Taylor vient de recevoir le prix Templeton pour les hautes qualités morales et spirituelles de l’en-ü=J semble de son œuvre.Penseur du pluralisme et interprète de la modernité, Charles Taylor est aussi un infatigable promoteur des identités plurielles au Québec et au Canada Enfant de Montréal et de ses complexités linguistiques et culturelles, il l’est toujours resté, et cela continue d’alimenter profondément son œuvre.L’attribution de ce prix prestigieux honore Charles Taylor et l’université McGill tout en rejaillissant sur l’ensemble de notre société.Un vieux maître de l’Université Laval Léon Dion, m’aidera à expliquer ces deux dimensions.Critique de la modernité Il y a une vingtaine d’années, Léon Dion rêvait que le Québec du début du XXI' siècle puisse s’enorgueillir de posséder une centaine de personnalités éminentes projetant «la culture et l’ensemble de la société québécoise dans l’universel».J’ignore où le sage de Laval en serait dans son énumération s’il rivait encore, mais je suis convaincu qu’il conviendrait avec nous que l’œuvre de Charles Taylor élargit le rayonnement universel du Québec.Au sens technique, la pensée de Taylor est une anthropologie philosophique qui interroge sans complai- sance la condition humaine dans la modernité.Ce projet d’une herméneutique critique de la modernité, il le partage avec les meilleurs penseurs de notre temps: Jürgen Habermas, Anthony Giddens, Marcel Gauchel Le regard taylorien sur la condition humaine est à ranger dans la catégorie des philosophies de l’optimisme, de l’espoir et de l’espérance, pour reprendre le langage de la spiritualité, tout comme les projets de HansGeorg Gadamer et de Paul Ricoeur, pour lesquels le professeur de McGill garde la plus profonde admiration.Je vais insister ici sur deux sources de l’originalité de la pensée de Taylor tout d’abord, son aptitude à intégrer à la fois les apports de la tradition analytique anglo-américaine et ceux de l’école continentale, franco-allemande, dans sa critique de la dimension objectivante de la science des Lumières et du sujet humain désengagé promu par l’anthropologie libérale.Non seulement entre les traditions philosophiques mais aussi entre le Canada et le Québec, entre anglophones et francophones, Taylor est un constructeur de ponts.Un bon exemple de cela, sur le plan philosophique, se trouve dans un dialogue avec Philippe de Lara, expliquant des emprunts à Ludwig Wittgenstein et Maurice Merleau-Ponty: «[.] Le cartésianisme et l’empirisme exigeaient une anthropologie de l’agent désengagé.Le penseur désengagé se trouve devant un certain nombre d’éléments d’information objective et il calcule.Cest une vision hyper-contemplative parce qu’elle ne laisse aucune place à la compréhension engagée [.].Du sujet prétendument libre d’inventer de nouveaux termes du langage en confrontant directement l’objet qu’il voulait baptisera son nouveau mot, Wittgenstein a montré qu’il prenait enfuit appui sur un réseau dense de jeux de langages, qui seul pouvait donner sens à l'activité de nommer une chose.Le sujet n’est pas maître de son parler mais au contraire redevable à la communauté linguistique de la forme de vie à l’intérieur de laquelle le langage fait sens.De son côté, Merleau-Ponty a fait valoir la place incontournable du corps vécu dans notre connaissance du monde.Ce sont là deux analyses complémentaires.» Wittgenstein et Merleau-Ponty, l’école analytique et la tradition continentale.C’est donc le dialogue entre ces deux grandes approches qui féconde la démarche de Charles Taylor et qui fait de lui, à 75 ans, un professeur invité particulièrement apprécié à New Yoric comme à Chicago, à Berlin comme à Vienne, dans les principales universités et tous les idiomes dominants de la pensée occidentale.Espoir du dialogue S’il n’ignore pas les pathologies de la modernité, le souffle de l’esprit taylorien fait néanmoins confiance aux promesses, à l’espoir du dialogue entre les êtres humains, aux clairières qui permettent d’entrevoir des rencontres apaisantes, réconciliées.Dans un bel élan lyrico-philosophique, Jean Grondin, lecteur de Taylor et disciple de Gadamer, décrit «cette euphorie du printemps que peut être la vie».Je reconnais dans cette expression l’orientation fondamentale du philosophe de McGill.Et malgré tout le travail qu’il consacre à la sécularisation, au désenchantement du monde et à ses conséquences, Taylor demeure, comme Fernand Dumont, ouvert à l’appel de la transcendance, de la foi.Optimiste cohérent dans la foulée de ce qu’il y a de plus édifiant dans la tradition aristotélo-thomiste, Taylor est aussi profondément original, selon moi, pour une deuxième raison: sa recherche d’un équilibre entre l’universel et le particulier.Contre les philosophies qui ne trouvent la raison, l’authenticité, que du côté du dépaysement, du cosmopolitisme ou de l’arrachement, Charles Taylor a toujours exprimé ses préférences pour une pensée résolument enracinée, consciente de ses dettes envers son milieu d’origine.Adversaire de l’épistémologie désengagée, il croit que le travail de la pensée doit se combiner avec l’acceptation de nos obligations, de nos responsabilités envers les sphères publiques de nos patries particulières.Charles Taylor chérit le Québec comme il chérit le Canada.Et c’est parce qu’il croit profondément à cette réconciliation de l’universel et du particulier que cet éternel optimiste, la même année où on lui décerne le prix Templeton, a accepté de coprésider la commission d’enquête sur la délicate question des accommodements raisonnables.Au cœur de toute problématique identitaire se trouve l’incontournable question de la reconnaissance.Cette idée, tout le monde le sait, est au cœur de l’œuvre de Charles Taylor.Laissons de côté aujourd’hui l’idée de combat associée à celle de reconnaissance pour privilégier plutôt, comme nous y invite Paul Ricoeur, celle de gratitude.Dans cette belle langue française qui est au cœur de l’identité du Québec, «reconnaissance» signifie aussi «gratitude».Nous serons nombreux cette semaine à exprimer notre reconnaissance envers Charles Taylor pour la richesse de son œuvre tout en l’invitant à continuer à parfaire notre éducation.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Jeanne Corriveau (affairer municipales).Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy {.Général).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoît Munger {responsable du site Internet), Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont, Philippe Papineau {commis Internet) Isabelle Paré (santé), louise-Maude Rioux Soucy (Culture)-, Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correcteurs)-, Jacques (irenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Bailiargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers, Claude Turcotte, François Desjardins; à l’information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy îaillefcr (adjoint au directeur de l’information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; à l’information politique : Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction) ; Marie-Pier Frappier, Alexandre Shields (commis).La documentation : Gilles ftiré (directeur) ; Manon Derome, Patrick Cossette (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET UE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron, Marlène Côté, Christiane Legault, Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Martine Riopelle, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchcz.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fillon, Yannick Morin.Nathalie Zcmaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau (coordonnateur à la promotion et à la sollicitation), Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique lYoteau, Danielle Ross.i t DEVOIR JEUDI M A R S 2 0 0 7 A 8 L E L E 1 5 ACTUALITES Précisions Un article publié lundi (•L’année du loup-garou»), rappelait que l’artiste David Altmejd, défendu par la galerie d’art de ITJQAM, a remporté le concours pour représenter le Canada à la Biennale de Venise 2007.Le texte notait d’entrée de jeu que la mère de David Altmejd, Danielle Laberge, occupe les fonctions de rectrice par intérim de IIJQAM.Une formulation boiteuse a pu laisser croire que notre texte tentait d’établir un lien entre la position professionnelle de Mme Laberge et la réussite professionnelle de M.Altmejd.Ce n’est pas le cas.Le texte voulait simplement souligner les succès professionnels au sein de cette famille et ne sou^entendait aucune forme de favoritisme, une accusation aussi farfelue que mesquine.Si certains ont pu l’interpréter ainsi, nous nous en excusons.- Stéphane Baillargeon GANG SUITE DE LA PAGE 1 autres que leurs fils et leurs filles.Poussé par la nécessité d’agir, Pierre-Richard (prénom fictif de l’agent carcéral) travaille, en dehors de ses attributions, à remonter le moral et à faire la morale à ces jeunes Haïtiens qui se retrouvent en prison.Mais peine perdue.A l’intérieur du centre correctionnel, il se fait trop souvent apostropher par les jeunots, qui l’appellent «Le Père».En créole, ce terme péjoratif traduit l’idée d’une personne âgée, vieux jeu et hors jeu.Le geôlier estime que ni les organismes communautaires ni le système pénal canadien ne sauront tirer ces jeunes du trafic, du gangstérisme et du proxénétisme.«Souvent, à leur sortie de prison, ils ont entre 50 000 et 100 000 $ au moins qui les attendent pour relancer le business», note-t-il.Dans sa petite voiture usée par le temps et la neige, il dit croiser souvent les Hummer et les regards narquois de quelques-uns d’entre eux dans les rues de Montréal après leur sortie de prison.11 se fait alors demander, d’un signe de tête hautain: «M.l’agent, comment ça va?» «Notre génération n’a pas,connu le gangstérisme ni la prison non plus», souligne Etienne Cétoute, chauffeur de taxi, son index pointé vers le haut et les sourcils froncés.Lui également ne cache pas ses craintes envers ces jeunes aux allures pas ordinaires qui affichent leurs couleurs.«A certaines heures de la nuit, si jamais j’en embarque deux, mon cœur palpite automatiquement et je tremblote de peur au volant», dit-il.Au barber shop de Saint-Michel, ce soir-là, les Haïtiens font la part des responsabilités entre leur communauté et le Québec, la société d’accueil.«Ici, on ne peut pas les frapper ni les réprimander sévèrement car, très jeunes, à la garderie, ils apprennent à composer le 911», déplore Jean-Pierre, un coiffeur élevé, lui, d’une main de fer en Haiti.Mais la délinquance, ils l’ont apprise ici, au Québec, souligne pour sa part l’agent Pierre-Richard, qui brandit l’exemple de Bernard Mathieu, mieux connu sous son surnom de Ti-Pon.Condamné à dix ans de réclusion pour gangstérisme le 21 février dernier, Ti-Pon est arrivé au Québec à l’âge de quatre ans avec ses parents.Aujourd’hui âgé de 35 ans, Ti-Pon, qui dit n’être «pas un saint», se présente comme un vendeur d’automobiles, parle de racisme à son procès et reproche à sa communauté de l’avoir lâché comme une vieille chaussette devant la justice canadienne.Plusieurs Haïtiens interrogés au sujet des griefs de Ti-Pon qualifient ces affirmations de «paroles en l’air, d’émotion et de propos malvenus» de la part du chef du gang de la rue Pelletier, à Montréal.«Quand tu n’es pas un saint, tu fais forcément partie de la (>ande à Satan», fait remarquer le chauffeur de taxi.Etienne Cétoute estime même que la police de Montréal est trop clémente envers les gangs de rue, disant ensuite souhaiter l’expulsion de Ti-Pon vers Haïti.Mais selon Port-au-Prince, les repris de justice déportés en Haïti par les Etats-Unis et le Canada comptent pour beaucoup dans le phénomène d’insécurité que connaît le pays à l'heure actuelle.«Ce qui s’est passé est un échec pour nous», juge Michel Chery, un criminologue haïtien.En 1996, M.Che-ry a publié La Délinquance haïtienne au Québec, un état des lieux.Il s’agit d’une étude sur le phénomène des gangs de rue impliquant les jeunes de la deuxième génération et sur la surpopulation haïtienne dans les prisons montréalaises.Le document prévoyait une aggravation de la situation dans cinq à dix ans si rien n’était fait.Aujourd’hui, Michel Chery s’en prend notamment à ceux qui font de l’intervention communautaire et estime qu’ils sont passés complètement à côté des solutions.«On le fait depuis 1980 et voici maintenant le résultat», dénonce-t-il.Selon une récente estimation de la police de Montréal, 1500 membres de gangs de la métropole seraient d’origine haïtienne.En revanche, Harry Delva, de la Maison d’Haïti, s’enorgueillit des «maigres résultats» de ce centre communautaire comparativement aux faibles moyens dont il dispose.La Ville de Montréal octroie seulement de 25 000 à 30 000 $ par an pour les activités du centre alors qu’en amont, selon M.Delva, la police disposerait de sept millions pour des activités de répression.Avec ces 30 000 $, le centre, depuis sa création en 1972, a pu sortir une centaine de jeunes de la délinquance, dont le fameux boxeur Joachim Alcine qui, à son tour, tente de récupérer Jean Dierry.Ce jeune boxeur en herbe est entraîné personnellement par Alcine, qui veut transformer la violence qu’il a connue à l’école Joseph-François-Perreault de Saint-Michel en une force positive.Harry Delva impute la délinquance chez les jeunes Haïtiens à la division qui gangrène la communauté, aux barrières de la société d’accueil et à une mauvaise intégration.«Il n'y a pas d’emplois pour nous, et le jeune qui voit ses parents finir comme moins que rien a tendance à verser dans le gangstérisme», analyse le travailleur de rue.D reconnaît quelques «réussites individuelles» au sein de la communauté haïtienne de Montréal, mais sur le plan collectif, Harry Delva note un échec quasi total.Selon lui, le gangstérisme n’est pas un phénomène propre aux Haïtiens.L'engouement médiatique auquel on assiste autour de la délinquance haïtienne est dû au fait que la communauté ne s’occupe pas suffisamment de ses fils, contrairement à d’autres, commente le travailleur de rue.«Ils ne sont jamais venus dans un centre pour voir comment cela se passe et donner un petit peu de leur temps à la jeunesse», déplore M.Delva.Collaboration spéciale Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9* étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 D3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h, Renseignements et administration : 514-985-3333 SUITE DE LA PAGE 1 afin d’attirer des souverainistes.Quatre anciens ministres péquistes, Marc-André Bédard, Rodrigue Biron, Yves Duhaime et Jacques Léonard, ont fait parvenir au Devoir hier une lettre d’appui à André Boisclair.«Vous avez fait face à la tempête, maintenu le cap.Vous n’avez sacrifié ni vos principes, ni vos objectifs.Nous avons pleinement confiance dans votre ténacité et votre leadership», écrivent-ils.Des sources indiquent d’ailleurs que les ténors péquistes, y compris Jacques Parizeau, ont prévu de se mobiliser pour aider M.Boisclair à remonter dans la faveur populaire.M.Parizeau devait d’ailleurs prononcer un discours à Montréal hier soir.Du côté de Québec solidaire, on ne croyait pas hier que l’appel d’André Boisclair serait entendu par les militants de la nouvelle formation politique de gauche.«Ry a des gens très décidés à voter pour nous.Des gens qui sont déçus, qui ne veulent plus de ce qu’ils appellent la vieille politique, qui ne croient plus dans la SUITE DE LA PAGE 1 Després a critiqué le chef adéquiste pour avoir sorti ce «lapin de son chapeau» lors du débat «Mario Dumont devrait s’excuser d’utiliser une tragédie humaine à des fins électoralistes», a-t-il dit La réplique de Jean Charest s’est aussi faite cinglante.«M.Dumont est un homme malhonnête», a tranché le chef libéral, qui faisait campagne au Sa-guenay-Lac-Saint-Jean.M.Charest a dénoncé l’attitude «désinvolte» de Mario Dumont lors du débat des chefs sur un sujet aussi délicat comme s’il s’agissait d’un enjeu partisan.Il prédit même que cette attitude va le hanter pour le reste de sa carrière politique, entachant sa crédibilité.«R a choisi de faire de la petite politique», a jugé Jean Charest.«Nous sommes placés devant une personne qui n’est pas à la hauteur des tâches quelle voudrait assumer», a-t-il ajouté.Jean Charest estime que Mario Dumont «a laissé croire aux Québécois le contraire de ce que le document disait».Le chef de l’ADQ a sciemment choisi de ne pas lire l’extrait des notes de service qui soulignait qu’aucune intervention particulière n’était recommandée, a-t-il souligné, avant d’ajouter que la commission d’enquête a été mise sur pied pour aller au fond des choses.Devant les questions que pourrait se poser la population, Jean Charest a voulu se faire rassurant.La sécurité des citoyens n’est jamais prise à la légère; le gouvernement, de quelque allégeance qu’il soit, agit toujours promptement et sans regarder les coûts que cela pourrait nécessiter.«R n’y a pas un premier ministre que je connais de l’histoire moderne du Québec, incluant celui qui vous parle, qui, sur une question comme celleAà, ne ferait pas tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la sécurité des citoyens.Prétendre le contraire, c’est fondamentalement malhonnête», a soutenu M.Charest.Ce dernier assure que son gouvernement n’a pas été négligeant dans le dossier du viaduc de la Concorde et que le ministre Després «suit très bien ses dossiers».«Quand la tragédie s’est produite et que ATTAQUES SUITE DE LA PAGE I School’s Center for Risk and Reliability and Institute for Systems Research de l’Université du Maryland.Pour la première fois, son équipe a pu quantifier de façon assez précise l’activité des pirates informatiques qui sévissent à partir d'Internet Tout en observant la fréquence de leurs assauts, elle a réussi à dresser un répertoire des mots de passe et des noms d’utilisateur les plus couramment utilisés pour s’infiltrer dans les ordinateurs.En dotant sciemment leurs quatre ordinateurs de noms d'utilisateur et de mots de passe facilement détectables, les chercheurs ont littéralement appâté les pirates en leur entrebâillant la porte pour mieux comprendre leurs fins et leurs façons de procéder."L’idée consistait à voir à quelle fréquence les attaquants agiraient, de quelle manière, puis ce qu’ils feraient après avoir accédé à nos ordinateurs», a expliqué au Devoir le professeur Guider, un ingénieur spécialisé en sécurité informatique qui, avant d’enseigner au Maryland, a fait ses classes à l’Université libre de Bruxelles et à l'Institut polytechnique national de Toulouse.Le chercheur affirme que les multiples attaques lancées contre ses propres ordinateurs n’étaient pas du tout le fait de superhackers tentant de percer avec force génie les systèmes d’institutions blindées, comme on les dépeint souvent au cinéma et à la télé.La plupart des tentatives provenaient de pirates en herbe, qui utilisent des logiciels automatisés, appelés dictionary scripts, qui s’attaquent simultanément à des milliers d’ordinateurs au hasard pour tenter de percer leurs mots de passe.Ces logiciels de piratage permettent de faire défiler à la vitesse grand V une liste de milliers de mots de passe et de noms d’utilisateur parmi les plus courants, refilant ensuite aux pirates la liste des ordinateurs les plus faciles à percer.Cette étude, qui portait sur des ordinateurs utilisant le système d’exploitation Linux, a révélé que le nom d’utilisateur root était le plus fréquemment testé par ces logiciels, 12 fois plus, en fait, qu’adm, qui se classait deuxième.Parmi les autres noms préférés de ces logiciels délinquants figuraient test, guest, info et user.Dans 43 % des attaques, le logiciel se contentait’de réessayer le même nom comme mot de passe ou le nom d'utilisateur suivi du nombre 123.Parmi les favoris, on note aussi 123,12345, password et test.«Cela prouve que tous ces noms d’utilisateur devraient être systématiquement évités, car ils sont les favoris des logiciels automatisés qu’utilisent les pirates.Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 3630305 BOISCLAIR parole des politiciens qui sont là depuis longtemps», a déclaré la co-porte-parole Françoise David lors d’un point de presse en marge d’un forum de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), à Québec.Mme David estime qu'André Boisclair a été peu inspirant lors du débat des chefs: «On aurait aimé qu’il soit plus “mobilisant’’sur la question de la souveraineté, qui n’est pas seulement une affaire de péréquation et de déséquilibre fiscal.» Selon un récent sondage CROP-La Presse, 44 % des répondants identifiés comme «péquistes» ont indiqué que, sur le plan des intentions de vote, leur deuxième choix allait à Québec solidaire.Attaques contre Dumont En point de presse, M.Boisclair a pourfendu les calculs du chef adéquiste, qui a prétendu, lors du débat, que son cadre financier était de 1,7 milliard de dollars.«Si on additionne uniquement deux de ses mesures, ce chiffre est déjà atteint: [l’abolition de la] taxe sur le capital, c’est 750 millions.Son allocation pour les familles, c’est 900 millions, ça fait déjà 1,7 milliard.Comment il va financer les spécialistes dans nos écoles, les explications de la tragédie nous échappaient, personne ne pouvait nous dire pourquoi.» Au Parti québécois, on a choisi de s’en prendre à l’ADQ plutôt qu’au gouvernement libéral dans cette affaire en usant même, contre la formation adéquiste, des mêmes mots que les libéraux.À l’Université du Québec à Trois-Rivières, hier, le candidat dans Marie-Victorin, Bernard Drainville, qui accompagnât André Boisclair, a qualifié de «petite politique» le coup de théâtre du chef adéquiste.Cela prouverait, aux yeux de M.Drainville, que Mario Dumont n’a «pas la maturité pour devenir le premier ministre des Québécois» puisqu’il «a fait preuve d’un grave manque de jugement».Manifestement mal à Taise dans ce contexte électoral, la sous-ministre adjointe Anne-Marie Leclerc a affirmé qu’il n’y avait aucun lien entre l’effondrement de l’ouvrage et sa détérioration, «inquiétante» à certains égards, comme cela a été constaté par un inspecteur du ministère en 2004, l’ingénieur Gilbert Bossé, puis par son collègue Christian Mercier en 2005.Dans une des trois correspondances obtenues par M.Dumont, le ministère conclut qu’«aucune intervention particulière [n’est] recommandée à court terme pour corriger les défauts observés».En revanche, «une surveillance toute spéciale» devra s’exercer lors des prochaines inspections annuelles.Mais «ce qu’on avait observé ne pouvait expliquer l’événement du 30 septembre», a souligné Mme Leclerc.H n’y avait «aucun signe avant-coureur» et les travaux de réfection recommandés par les ingénieurs du ministère n’avaient «strictement rien à voir» avec «la rupture subite» du viaduc.Au cours d’un point de presse plus tôt en matinée, Mario Dumont a demandé la démission du ministre Després, qu’il a accusé d’avoir caché l’existence de ces notes de service au lendemain de la tragédie.«C’est une question de principe.C’est une question de mettre fin à cette culture de camouflage», a-t-il avancé.«On ne pouvait pas dire qu’il n'y avait aucun indice, qu’il n’y avait rien qui laissait présager un problème», estime le chef adéquiste.D a précisé que c’est un «citoyen» qui lui avait remis les documents quelques Cela confirme qu’on ne devrait jamais utiliser un nom d’utilisateur et un mot de passe identiques», insiste le professeur Cukier.Mais une fois cette barrière franchie avec succès, à quoi donc se livrent tous ces pirates novices?Après avoir cassé les codes d’entrée des ordinateurs les plus vulnérables, explique M.Cukier, on soupçonne ces hackers de les utiliser pour créer des botnets, un mot né de.la contraction de «robot» et «Net», ce qui consiste en un réseau d’ordinateurs contrôlés à distance par un seul individu.«Ces réseaux peuvent ainsi servir à lancer des opérations sans être facilement retracés puisque le pirate n’agit pas à partir de son propre ordinateur», ajoute-t-il.Selon le professeur Cukier, des botnets peuvent paralyser certains sites Internet en envoyant simultanément des milliers de requêtes au même site pour provoquer une rupture de service.Les botnets peuvent évidemment servir aussi à commettre des fraudes et des vols d’identité, voire simplement détruire des données à l’aide de vers informatiques, à des fins lucratives, ou tout simplement pour nuire à une personne ou à une entreprise.«Tout cela peut être fait depuis notre ordinateur, à notre insu, La seule façon de s’en rendre compte est de vérifier le pourcentage d’utilisation du processeur de l’ordinateur.Si on a un pourcentage très élevé d’utilisation alors qu’on en fait un usage personnel assez modéré, on peut soupçonner qu’un pirate utilise notre ordinateur en passant par la porte d’en arrière», ajoute l’expert en sécurité informatique.L’expérience n’ayant duré que 24 jours pour des raisons de sécurité, il est encore difficile de savoir en détail les intentions et les façons de faire de ces escrocs de la Toile.En effet, l’expérience était délicate puisqu’elle aurait pu, en théorie, permettre à ces hackers de commettre des actes nuisibles ou carrément criminels.«Ce qu’on aimerait maintenant, c’est pousser plus loin notre expérience pour analyser en détail tous les types d’attaques commis et scruter chaque geste.On veut savoir si le pirate exécute des fonctions, télécharge des documents, modifie la configuration de l’ordinateur, etc.On espère faire la même expérience avec des ordinateurs fonctionnant avec Windows», soutient le professeur Cukier.Doit-on s’inquiéter de ce trafic cybérien souterrain?Est-il donc si facile de s’introduire et de manipuler des ordinateurs à distance?Même si le nombre élevé d’attaques tentées par ces hackers Ta étonné, le professeur Cukier nous rassure en disant que la plupart des tentatives provenaient des mêmes sources, soit 229 ordinateurs différents pour 269 262 tentatives d’infiltration.Or la plupart des attaques ont fait chou blanc.En fait, seule- Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 les médecins dans le milieu de la santé?», a demandé le chef péquiste.Quant à la marge financière, ce dernier l’évalue à 700 millions.Enfin, M.Boisclair s’en est aussi pris au concept d’autonomie de M.Dumont «La réalité, c’est que le Québec n’a d’autonomie que ce qu’Ottawa veut bien lui donner.» Enfin, aux étudiants présents, M.Boisclair a souligné au crayon gras qu’il maintiendrait le gel des droits de scolarité et réinvestirait massivement en éducation.«C’est parce qu’on veut une des écoles les plus accessibles au monde, parce qu’on veut un des peuples les plus intelligents dans le monde», a-t-il déclaré.D faut selon lui réinvestir en éducation en grande partie pour contrer la pression des pays émergents comme TInde et la Chine, dont les jeunes étudient partout dans le monde.«Quand j’étais à Boston, où j’ai passé un an, j’ai été surpris de voir que, sur le campus, à peu près le tiers des étudiants qui étaient au bac avaient les yeux bridés», a-t-il déclaré.Le Devoir Avec la Presse canadienne heures seulement avant le débat et qu’aucun adéquiste, pas même de son entourage, n’était au parfum.M.Dumont a souligné qu’on lui avait dit que la commission d’enquête créée pour faire la lumière sur les causes de l’effondrement était en possession de5 mêmes notes de service.A cet égard, Mario Dumont n’a guère prisé que le président de la commission d’enquête, Pierre Marc Johnson, diffuse un communiqué de presse après le débat, sur le coup de minuit Lors d’un échange avec M.Charest, le chef adéquiste avait laissé entendre que le gouvernement libéral avait prolongé le mandat de la commission, prévu pour se terminer le 31 mars, jusqu’au 15 octobre, et ce, afin d’éviter que son rapport ne soit déposé au moment des élections printanières.«La commission poursuit ses travaux selon un échéancier qu’elle s’est elle-même fixé [.] en toute indépendance et sérénité», a répliqué M.Johnson.Sans nommer M.Dumont il a aussi invité toute personne estimant être en possession de documents relatifs à ses travaux de les lui transmettre.Ce communiqué avait pour but de «fournir un petit bouclier au premier minirire», estime M.Dumont «Je suis très étonné qu’à minuit hier soir [mardi], le président d’une commission d’enquête se lance sur les fils de presse avec une intervention qui, évidemment, se retrouve en plein cœur de la campagne électorale», s’est-il indigné.Il faut «que la commission sorte de la campagne», a-t-il prévenu.Rappelons que Mario Dumont avait critiqué la nomination de Pierre Marc Johnson à la présidence de cette commission, jugeant qu’un ancien premier ministre comme M.Johnson ne pouvait pas afficher la même indépendance qu’un juge face aux manquements de l’Etat Le chef adéquiste n’a toutefois pas demandé sa tête.«On ne veut pas déstabiliser la commission», a-t-il dit notant que les ingénieurs Armand Couture et Roger Nkolet, qui en sont membres, ont toute la compétence requise pour mener à bien ce mandat Avec la collaboration de Kathleen Lévesque et d’Antoine Robitaille Le Devoir ment 824 d’entre elles ont réussi à percer les systèmes de défense des ordinateurs témoins.Et par la suite, l’attaquant a utilisé l’ordinateur arnaqué pour effectuer des opérations dans seulement 182 cas.«C’est vrai que le nombre de tentatives est étonnant.Mais il est difficile de tirer une conclusion sur les véritables intentions des pirates.Pour cela, il faudrait les suivre pendant plus longtemps.Cela nous donne toutefois une indication de l’activité qu’il y a sur Internet», soutient le chercheur.Pour le professeur Cukier, nul besoin d’être un Kevin Mitnick, qui, à 14 ans, avait réussi à infiltrer les systèmes informatiques du Pentagone et du système de défense nord-américain (NORAD) pour jouer les flibustiers sur Internet «Utiliser ce type de programme ne requiert pas un grand degré d’expertise.R existe des outils, faciles à obtenir, qui permettent à une personne relativement peu expérimentée de faire ça sans créer son propre programme», a-t-il dit Sur Internet on appelle souvent ces petits fauteurs de troubles des script-kiddies.La plupart du temps, on les distingue des vrais hackers, les qualifiant plutôt d’ados cyberpunks en quête d’exploits faciles à raconter à leurs copains.Un des script-kiddies les plus connus de l’histoire d’Internet est ce petit Montréalais de 15 ans appelé Mafia-boy, arrêté après avoir attaqué les rites de Yahoo!, Dell, eBay et CNN, causant des dommages de plus de 1,7 million de dollars à ces sociétés.Il a plaidé coupable à 55 chefs d’accusation et été condamné à une peine de huit ans dans un centre de détention pour mineurs.La seule vraie défense contre ces cyberdélin-quants en quête de victimes faciles, c’est de sécuriser son ordinateur avec des noms d’utilisateur et des mots de passe blindés.La plus grande faille des ordinateurs, c’est d’abord la négligence de leurs usagers.«Compte tenu du fait que la majorité des attaques semble provenir de ce type de hackers, une des façons les plus simples de prévenir ce genre de problème consiste tout simplement à mieux informer les utilisateurs des mots de passe à éviter», conclut le professeur Cukier.Bruno Guglielminetti, chroniqueur en nouvelles technologies au Devoir et à la Première Chaîne de Ra-dio-Canada, est fasciné par la fréquence des attaques dénombrées par cette étude.«Cela démontre un taux d’attaques incroyable.Ça prouve qu’il faut absolument que les gens qui n 'en ont toujours pas se dotent de logiciels pare feu, antivirus et anti-espions», soutient-il.Selon hü, une autre expérience a déjà révélé qu’un ordinateur neuf, branché sur Internet sans ce type de logiciel de protection, était désormais littéralement contaminé par de multiples virus après.dix minutes d’utilisation! Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800463-7559 L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur 514-985-3346 514-985-3390 U Dnoir oeul à l'occasion nicltrc la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.St vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces otganisaüons, veuillez en avertir notre «race à la cbemèfe .„ , U KrSapubÜéXTndUu samedi par le Devoir Inc.dont le siège siicial est situéau 2050, rue Ile Bleury, tr étage.Montréal.(Québec).HUA 3M9.H est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jetn, 800.boulevard Industriel.Salnt.Jean surle Richelieu, division de Impriment Québécor Inc, 612.rue Satat-Jacques Ouest Montréal, lige^ï lbes^ Canadleine “t amorW employer et à diffuser les informations publiées dans I» U Devoir est distribué |iar Messageries Dynamiques, division du (froupe Québécor Inc, 900.boulevard Saint Martin Ouest.laval.Envoi de publication - hnregistrement n~ 0658.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.VIADUC Dumont «a laissé croire aux Québécois le contraire de ce que le document disait» Le Devoir
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