Le devoir, 15 mars 2007, Page(s) complémentaire(s)
D’AUTRES HAUSSES DES TARIFS D’ÉLECTRICITÉ SONT À PRÉVOIR PAGE B 1 LE DEVOIR Vol.X C V 11 I N " 5 6 LE JEUDI 15 MARS 2007 88c + TAXES = 1$ Boisclair exhorte les souverainistes à se rallier «On n’a pas à choisir entre la santé ou un référendum, on fait les deux», dit Jacques Parizeau ANTOINE ROBITAILLE CLAIRANDRÉE CAUCHY Trois-Rivières — Puisque Mario Dumont a définitivement renoncé à la voie de l’indépendance, tous les souverainistes devraient au plus vite se rallier au Parti québécois.C’est le message qu’a lancé hier après-midi un André Boisclair visiblement inquiet de la montée de l’ADQ: «Un message doit être clair: les souverainistes qui voulaient aller voter du côté de l'ADQ, vous avez bien compris que ça n'a pas de bon sens, vous avez bien compris que ce n’est pas Mario Dumont qui va défendre vos intérêts», a-t-il déclaré à quelque 300 étudiants manifestement acquis à sa cause, à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).Selon M.Boisclair, «une chose réunit» M.Dumont et M.Cha-rest, «l’un comme l’autre, ce qu’ils proposent, c’est un désert constitutionnel.M.Charest nous dit que le fruit n’est pas mûr.M.Harper nous dit que la terre n’est pas fertile.Ça, ça ne fait pas pousser des fruits bien forts».Le chef péquiste a rappelé que, lors du débat, «M.Dumont nous a dit qu’il n’embarquait plus avec nous autres».Il a ajouté que M.Dumont tente de cacher son passé souverainiste puisque, dans son curriculum vitae publié sur son site Internet il ne fait pas mention du fait qu’il a milité pour le OUI en 1995 et qu’il a signé «l’entente du 12juin» avec M.Parizeau et M.Bouchard.Le chef péquiste reproche à M.Dumont d’entretenir «l’ambiguïté» sur le plan constitutionnel dans le but d’élargir sa base électorale.En cela, le chef du PQ rejoint son vis-à-vis libéral Jean Charest, mais pour une raison diamétralement opposée.Alors que ce dernier soupçonne Mario Dumont d’être un crypto-souverainiste qui attend le moment pour revenir à ses positions de 1995, André Boisclair croit au contraire que l’ADQ adopte l’étendard autonomiste afin d’attirer des souverainistes.M.Boisclair a par ailleurs pourfendu les calculs du chef adéquiste, qui a prétendu, lors du débat, que son cadre financier était de 1,7 milliard de dollars.VOIR PAGE A 8: BOISCLAIR «Les souverainistes qui voulaient aller voter du côté de l’ADQ, vous avez bien compris que ça n’a pas de bon sens, [.] que ce n’est pas Mario Dumont qui va défendre vos intérêts» JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le débat électoral passé, revoilà Jacques Parizeau! L’ancien premier ministre a participé hier à un cocktail partisan dans la circonscription de Bourget.Une centaine de supporteurs se sont déplacés pour entendre M.Parizeau donner un coup de main à la députée Diane Lemieux.L’ancien chef péquiste s’est dit «très fier» de la prestation d’André Boisclair lors du débat.V QUEBEC wmm 900 maires en colère contre Jean Charest, page A 3 La chronique de Michel David: Lendemain de veille, page A 3 Les commentaires de Jean-François Usée, John Parisella et Marie Grégoire, page A 3 L’éditorial de Bernard Descôteaux: Méfions-nous, page A 6 Viaduc de la Concorde Després n’a jamais vu les notes de service «M.Dumont est un homme malhonnête », tranche Charest ROBERT DUTRISAC Québec — Le ministre des Transports, Michel Després, n’a jamais pris connaissance des notes de sendee de son ministère sur l’état du viaduc de la Concorde avant que le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, ne brandisse ces documents lors du débat des chefs mardi.«Au Québec, il y a 4900 structures, il y a 4900 inspections par année, il y a 4900 rapports», a fait valoir Michel Després lors d’une conférence de presse organisée par le ministère des Transports à sa demande.«Ce n’est pas vrai que toutes les notes de service sont soumises au ministre», a-t-il ajouté.Au lendemain de l’effondrement du viaduc de la Concorde à Laval, qui a coûté la vie à cinq personnes le 30 septembre dernier, M.Després avait affirmé que l’évaluation faite «n’avait pas permis de détecter d’indice» permettant d’expliquer l’événement «Je n’ai pas, moi, pris personnellement connaissance» des rapports sur le viaduc, a-t-il reconnu hier.D s’est fié aux «commentaires» que lui ont faits ses fonctionnaires.Le ministre est apparu aux côtés de la sous-ministre adjointe du ministère, Anne-Marie Leclerc, qu’il avait invitée à se mêler à la campagne électorale afin qu’il puisse mieux dénoncer M.Dumont Michel VOIR PAGE A 8: VIADUC Mario Dumont Jean Charest Attention, les ordinateurs sont attaqués toutes les 39 secondes ! Le monde du cyberpiratage se porte bien.Selon une étude américaine, les ordinateurs branchés sur Internet sont la proie d’attaques de pirates informatiques toutes les 39 secondes en moyenne.Comment résister à ces assauts?La première cause de ces introductions par effraction sur nos écrans, constatent les chercheurs, est le manque de vigilance des utilisateurs.ISABELLE PARÉ Pendant que vous surfez, «chattez» ou téléchargez négligemment, sachez que votre ordinateur essuie probablement plusieurs tentatives de piratage.Selon un chercheur de l’Université du Maryland, les ordinateurs branchés sur Internet sont la cible d’une attaque toutes les 39 secondes en moyenne.Réalité ou paranoïa?Deux mille deux cent vingt-quatre par jour c’est le nombre d’attaques qu’a pu répertorier, les yeux rivés sur quatre ordinateurs témoins pendant 24 jours, l’équipe du professeur Michel Cukier, professeur associé au Clark VOIR PAGE A 8: ATTAQUES INDEX -Q Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Culture.B 8 Décès.B4 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.B 5 Mots croisés.B 4 Politique.A 2 Sports.B 6 Sudoku.B 4 Télévision.B 7 Les gangs de rue, un échec pour les Haïtiens «La délinquance, ils l’ont apprise ici, au Québec, pas en Haïti » D’une lutte pour le contrôle des territoires en passant par la prostitution comme activité favorite, les gangs de rue évoluent à Montréal.Depuis plusieurs années, le trafic de cocaïne attire les Crips, au chandail bleu ciel, et les BO Gars, aux couleurs rouge sang.La guerre des bandes a déjà fait cinq morts en 2007 et la population carcérale augmente.Le dernier procès contre Bernard Mathieu (Ti-Pon) vient remuer une plaie chez la communauté haïtienne.aujourd’hui JEAN NUMA GOUDO En 1974, la prison de Bordeaux à Montréal n’avait qu’un seul Noir.«Et c’était un anglophone», se souvient, l’air plutôt fier, un agent carcéral réuni avec un chauffeur de taxi, un criminologue et quelques autres Haïtiens venus tuer le temps dans un barber shop du quartier Saint-Michel, à Montréal.Tous ne sont pas là pour se faire raser les cheveux.Us discutent de politique haïtienne plus qu’autre cho- se, même si certains n’ont pas mis les pieds au pays depuis des lustres.Au Québec, ils font partie de la première génération arrivée dans les années 70 et 80.En veston cravate, crâne rasé, barbe et moustache bien taillées, ils représentent, à Montréal, l’expression d’une culture haïtienne qui n’est pas celle des dreadlocks et des rastamans, qui ne sont nuis VOIR PAGE A 8: GANG JACQUES NADEAU LE DEVOIR « Selon la police de Montréal, il existe environ 1500 membres de gangs d’origine haïtienne.¦ Le phénomène des gangs de rue existe depuis le début des années 80 à Montréal.91 «Bélanger» fut le premier gang de Montréal à faire parler de lui.Son nom vient du fait que les jeunes se réunissaient au parc qui porte le même nom dans Saint-Michel.¦ Le deuxième gang s’appelait «Master B», à Montréal-Nord, et fut une réaction au contrôle de territoire qu’exerçaient les «Bélanger».¦ Les gangs ont commencé à s’étendre en 1987 avec les «Family», «Démolition», «Latinos Power» et «Dynamite».¦ En 1989, de jeunes Blancs ont intégré les gangs de Noirs et ont été utilisés comme hommes de main pour le trafic d’armes.¦ Les «BO Gars» ou «Bloods» (Rouges) occupent Montréal-Nord et Rivière-des-Prairies alors que les «Crins» (Bleus) sont aujourd’hui dans Saint-Michel et Pie-DC.¦ Près de 20 % des membres de gangs ont entre 10 et 16 ans, 60 % entre 17 et 28 ans et 20 % entre 29 et 35 ans.I 4 A i 4 LE DEVOIR, LE JEÜDI 15 MARS 2007 A 2 2007 JACQUES GRENIER LE DEVOIR La députée péquiste Elsie Lefebvre a multiplié les rencontres avec ses commettants au cours des deux dernières années.' a_____; mwm L Kl.LAURIER-DORION Elsie à la cour des miracles Option Canada: nouveau délai au juge Bernier Québec — Le dossier Option Canada n’aura finalement aucun impact dans l’actuelle campagne électorale provinciale.Le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, vient en effet d’accorder un nouveau délai jusqu’à la mi-mai au juge Bernard Grenier, qui agit à titre de commissaire enquêteur dans cette affaire.Le juge Grenier doit se pencher sur des allégations contenues dans le livre Les secrets d'Option Canada de Normand Lester et Robin Philpot, touchant notamment le financement du camp du Non lors du référendum de 1995.Le juge Grenier a demandé ce report en raison justement de l’élection, faisant valoir que celle-ci l’a empêché d’interroger certains témoins impliqués dans la campagne, sans préciser lesquels.Le juge ajoute qu’il doit également examiner de nombreuses questions de droit ou de compétence soulevées par certains procureurs des témoins avant de poursuivre ses travaux.Il estime qu’il serait souhaitable et équitable de les entendre avant que la commission n’interroge ces témoins.Le juge Grenier admet par ailleurs que son mandat aura pris beaucoup plus de temps que prévu, notant qu’il ne pouvait prévoir au préalable le nombre de témoins, l’ampleur de la preuve documentaire ainsi que les nombreuses questions de droit et de compétence soulevées par certains témoins.juge Grenier n’écarte pas, d’autre part, la possibilité de remettre deux rapports, soit un pour faire la lumière sur les allégations comme telles, et un autre pour émettre des recommandations afin d’améliorer les règles de financement lors d’un référendum.Presse canadienne Charest fier et confiant C LAI RAN D RÉ E CAUCHY Depuis qu’elle a arraché la circonscription de Laurier-Dorion des mains du Parti libéral, il y a deux ans, la députée péquiste de Laurier-Dorion est en sursis.L’élection d’Elsie Lefebvre lors de l’élection partielle dans le coin le plus multiethnique du Canada relevait déjà de l’exploit pour la formation sou-verainiste.Le rééditer lors d’un scrutin général constituerait un miracle.Cette circonscription regroupe deux réalités bien distinctes.D’un côté, on trouve le quartier de Parc Extension, autrefois associé à la communauté grecque mais que certains appellent aujourd’hui Little Hindustan, qui compte 17 000 électeurs, en grande majorité nés à l’étranger.De l’autre côté, le quartier Villeray, avec ses quelque 30 000 électeurs, est plus francophone, mais on y retrouve aussi plusieurs néo-Québécois.Profitant d’un faible taux de participation, particulièrement dans le quartier de transition qu’est Parc Extension, la péquiste Elsie Lefebvre avait réussi à gagner le siège de Laurier-Dorion lors d’une élection partielle en septembre 2004 avec une majorité de 483 voix.Mais l’année précédente, lors des élections générales, c’est avec 53 % des suffrages et une majorité de plus de 6000 voix que Christos Sir-ros l’avait remporté.Au cours des deux dernières années, la militante péquiste a endossé ses habits de députée et pris le bâton du pèlerin à titre d’ambassadrice des valeurs péquistes.«Une de mes fiertés, c’est d’avoir ouvert le dialogue [avec les Québécois issus de l’immigration] pour expliquer le projet souverainiste.Pas nécessairement convaincre, mais en faire comprendre la légitimité», explique la députée, que tout le monde appelle simplement «Elsie».Pour désamorcer les peurs, elle rappelle qu’avec une population divisée en deux parties quasi égales, le lendemain du 30 octobre 1995 avait quand même été très paisible.«Pour des gens qui ont vécu une guerre civile, parler de ça, c’est très rassurant.» Certains électeurs sont charmés par sa candidature, même si le projet souverainiste ne leur sourit pas.«On espère la garder comme députée.Elle a fait beaucoup pour nous.La souveraineté, je ne suis pas d’accord, mais on en discutera ensuite», explique Antonio Garcia, bénévole dans un organisme communautaire de Villeray.N’empêche, la méfiance est encore présente dans la tête de plusieurs.Dans un petit café algérien où elle est venue serrer des mains il y a quelques jours, plusieurs hommes se sont éclipsés pendant son laïus.«La communauté maghrébine, francophone, se rapprochait du PQ.Mais avec le sondage sur le racisme, ç’a changé.J’entends des gens dire: "ils ne veulent pas nous avoir”.Ils espèrent que le Canada ne se transformera pas en deuxième France», confie le propriétaire, M.Amalli.Bien plus que de souveraineté, Elsie Lefebvre cause surtout des valeurs sociales-démocrates du PQ, par exemple la priorité à l’éducation, la conciliation travail-famille, l’environnement Elsie Lefebvre est en campagne depuis deux ans.Elle a arpenté le comté, multipliant les visites dans les groupes communautaires, s’employant à répondre rapidement aux citoyens qui viennent demander de l’aide à son bureau de comté.«Elsie, elle vient nous voir toute l’année, pas juste quand c’est le temps des élections», fait valoir la coordonnatrice du groupe communautaire La Maison de quartier Villeray.«C’est un comté qui a été négligé, abandonné par les libéraux pendant 20 ans.Ils ont tenu les gens pour acquis.Le taux de chômage est élevé, il manque de logement social, il y a zéro groupe de médecine familiale.Depuis deux ans, j’ai travaillé fort, mais je n’ai pas pu redresser complètement le laisser-aller», plaide la jeune députée, qui refuse d’attribuer sa courte victoire de 2004 à un «accident de parcours».Pour se justifier, elle rappelle que la circonscription fédérale de Papineau est elle aussi passée aux mains des souverainistes, la bloquiste Vivian Barbot ayant détrôné Pierre Pettigrew en 2006.Un faux adéquiste défroqué Son adversaire libéral illustre très bien la génération des enfants de la loi 101.D’origine grecque, Gerry Sklavounos a grandi dans Parc Extension, fait ses études primaires en français à l’école Barclay et, plus tard, complété son droit à l’université McGill.D maîtrise le français et l’anglais, adoptant tantôt l’un, tantôt l’autre, selon le profil des gens à qui il s’adresse.Il en est à ses premiers pas en politique active.Jusqu’à janvier dernier, il possédait encore une carte de l’Action démocratique du Québec, «/e l’avais prise par solidarité avec mon ami qui a été vice-président de l’ADQ», se défend M.Sklavounos, déplorant le peu d’empressement du parti de Mario Dumont à annuler sa carte, comme il l’avait demandé au début de l’année.Sans surprise, il s’attend à ce que ce scrutin porte sur «la place du Québec à l'intérieur du Canada ou non» et rappelle que le PQ divise les Québécois en prônant la souveraineté.S'il est élu, il s’engage à promouvoir l’amélioration des services de francisation pour les nouveaux arrivants.«Souvent, ce sont les hommes qui vont suivre les cours parce qu’il manque de soutien aux mamans.Après quelques années, le mari parle un excellent français, un excellent anglais, alors que la conjointe, la maman, est beaucoup moins intégrée à la société», constate le candidat de 32 ans.Lorsqu’on lui fait remarquer que l’administration libérale a réduit les services de francisation au début de son mandat, il réplique: «S’il faut couper au niveau administratif, il faut que les services soient protégés.» Difficile de mesurer la vigueur de ses appuis.Lors du passage du Devoir, M.Sklavounos avait prévu de faire la tournée des commerces de la rue Saint-Hubert Or il n’y a rencontré essentiellement que des commerçants JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gerry Sklavounos, candidat libéral, fait ses premiers pas en politique active.résidant à l’extérieur du comté.Dans Laurier-Dorion, la bataille se jouera principalement entre la péquiste et le libéral.Québec solidaire pourrait néanmoins brouiller un peu les cartes.La péquiste invite d’ailleurs les «progressistes» à éviter le piège de la division.«Ils ont eu plusieurs chances de faire adopter un mode de scrutin proportionnel, ils ont laissé tomber l’idée», réplique la candidate de Québec solidaire, Ruba Ghazal, conseillère en environnement dans le secteur privé.Le De voir KATHLEEN LÉVESQUE Après avoir essuyé les commentaires sur sa performance au débat des chefs, Jean Charest a plongé hier soir dans l’enthousiasme de quelque 2000 partisans réunis au centre-ville de Montréal pour l’acclamer.Le chef libéral a eu droit à une ovation de plus de cinq minutes avant de pouvoir s’adresser à ses troupes.Sur une scène centrale, entouré d’un bon nombre de ses candidats, Jean Charest a d’entrée de jeu ri de son retard, faisant le parallèle entre les déplacements difficiles de la journée et la campagne électorale, ni l’un ni l’autre n’empêchant «d’arriver à destination».Les partisans ont dû en effet se montrer très patients: Jean Charest s’est pointé deux heures plus tard que prévu.Le brouillard d’hier n’a pas permis à l’avion de M.Charest d’atterrir à Montréal.D a été redirigé vers Québec et Trois-Rivières mais c’est finalement à Ottawa qu’il s’est posé avant de reprendre la route vers la métropole.Dans un discours d’une trentaine de minutes, Jean Charest s’est dit fier de ce que son gouvernement a réalisé au cours des quatre dernières années: «redressement de la santé, de l’éducation, des finances publiques et du leadership du Québec».Alors qu’il faisait campagne plus tôt dans journée dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean -une quatrième visite en moins d’un mois -, M.Charest s’est montré confiant d’y déloger complètement le Parti québécois parce que son gouvernement a redonné espoir aux régions.«Le prochain chapitre de l’histoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce sera l’élection de cinq députés libéraux.[.] Le Saguenay-Lac-Saint-Jean de 2007, ce n’est pas le Saguenay-Lac-Saint-Jean que André Bois-clair croit connaître», a lancé M.Charest.Puis, le chef libéral s’est attaqué à Mario Dumont Selon lui, le débat des chefs tenu la veille a révélé à la population la véritable nature du chef adéquiste.D a dénoncé la sortie fracassante de M.Dumont à propos du viaduc de la Concorde en affirmant que ce dernier avait détourné les faits.M.Charest a profité de l’occasion pour rappeler que Mario Dumont c’est «l’homme de l’autobus du OUI en 1995» et le seul chef de parti qui s’est mis à plat ventre devant le reste du Canada lors de son discours à Toronto en 2003.«Non seulement avions-nous jusqu’à hier un homme seul, maintenant nous avons un démagogue seul qui n’a pas d’équipe et qui n’a pas de plan», a décrété un Jean Charest chaudement applaudi.Il a terminé son discours en rappelant qu’il avait besoin d’une «équipe forte» et d’un «leadership fort», ce qui n’est pas sans rappeler que la course à trois est encore très serrée à dix jours du scrutin.Le Devoir 2 6 MARS 2 0 0 7 ÉLECTIONS GÉNÉRALES 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846) www.electionsquebec.qc.ca L ?G LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Parce qu'un vote, ça compte * t 5252 LE DEVOIR, LE JEUDI 15 MARS 2007 LES ACTUALITÉS •JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les libéraux étaient absents du débat organisé hier à rUQAM.J#**** ¦• La politique de la chaise vide Le PLQ mécontente les étudiants en refusant de participer à leurs débats MARIE-ANDRÉE CHOU1NARD Pendant que les libéraux brillent par leur absence lors de plusieurs débats en éducation, les étudiants ont dénoncé hier l’association faite par le Parti libéral du Québec (PLQ) entre la population étudiante et le vote péquiste, y voyant une insulte et un comportement «irresponsable».«C’est vrai que les jeunes sur les campus [universitaires] se sont prononcés contre le dégel des droits de scolarité», a expliqué hier le secrétaire général de la Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal (FAECUM), Jonathan Pla-mondon.«Mais de là à nous traiter d’une grosse gang de péquistes, je trouve cela insultant.Les étudiants sont en colère.» L’étudiant réagissait hier à l’une des explications avancées cette semaine par le PLQ pour justifier l’absence des candidats libéraux à certains débats en éducation.A l’Université du Québec à Montréal (UQAM), où se tenait hier un tel débat auquel ont participé les quatre autres partis, la chaise du PLQ est restée vide.Les étudiants avaient pourtant préparé des questions pour les libéraux, souhaitant notamment les entendre sur leur proposition de dégeler les droits de scolarité.Contre toute attente, le député libéral dans Outremont, Raymond Bachand, a aussi annulé mardi sa participation à un échange qui devait avoir lieu hier à l’UdeM, ce qui a eu pour effet de décommander la discussion.Des scénarios semblables ont eu lieu à l’Université du Québec à Chicoutimi de même qu’en Abitibi, a dénoncé la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).A Chicoutimi, une cinquantaine d’étudiants attendaient d’ailleurs Jean Charest hier pour protester.«On décode me certaine peur, analyse Christian Bé-lair, président de la FEUQ.Mais c’est un manque de respect flagrant envers les étudiants de dire qu’ils sont acquis à un parti ou à un autre.Ce que je vois sur les campus, c’est que les jeunes se posent beaucoup de questions, mais ce ne sont pas les partis qui les intéressent tant que les enjeux.C’est carrément irresponsable de se défiler et de proposer une vision d’avenir pour les quatre prochaines années en évitant certaines populations.» D’autres établissements ont toutefois eu plus de chance: aujourd’hui, l’Université Laval reçoit les candidats de la circonscription de Jean-Talon, dont le ministre libéral Philippe Couillard.Il y sera question d’éducation.Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-Marc Fournier, on assure que le ministre participera sous peu à certains débats.Mais une table ronde qui avait lieu hier soir à l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICEA) ne comptait aucun représentant libéral, au grand dam de ses organisateurs.Celle qui a lieu ce midi pour le compte de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), sur la réforme de l’éducation, n’avait non plus aucun candidat libéral en vue hier après-midi.«On m’a d’abord dit que M.Fournier viendrait peut-être, puis on m’a appelé pour me dire qu’il ne venait plus, a expliqué le porte-parole de la FAE, Yves Parenteau./ai proposé d’autres noms de députés, mais je n’ai toujours aucune réponse.» Notons que les étudiants de la FEUQ effectueront demain une «marche aux 103 flambeaux» jusqu’au bureau montréalais du premier ministre Jean Charest en mémoire du soulèvement étudiant de 2005 lié aux compressions de 103 millions dans le régime de prêts et bourses.Une manifestation nationale pourrait suivre dans les derniers moments de la campagne.Le Devoir Charest promet de réaliser le projet de la Romaine avant 2009 KATHLEEN LÉVESQUE Chicoutimi — Le premier ministre Jean Charest a annoncé hier dans un contexte partisan que le prochain grand chantier hydroélectrique sera celui de la rivière Romaine, sur la Basse-Côte-Nord.Devant la Chambre de commerce du Saguenay, le chef libéral a réitéré sa volonté de faire du développement énergétique un en- QUEBEC 2007 jeu de premier plan.La rivière Romaine représente un investissement de 8,5 milliards de dollars pour produire 1500 mégawatts d’énergie hydroélectrique.Depuis 2003, des projets totalisant 1400 mégawatts ont ainsi été développés.«D’ans le prochain mandat, on fera trois fois plus», a promis M.Charest sous les applaudissements.Le projet de la rivière Romaine n’est toutefois pas nouveau: il figure dans les cartons d'Hydro-Québec depuis quelques années déjà.La stratégie de développement énergétique du gouvernement le retenait également parmi les investissements de 30 milliards de dollars prévus sur une période de dix ans avec, à la clef, 70 000 emplois, principalement dans les régions du Québec.Les études d’impacts sont terminées et le rapport est attendu sous peu.D’autres éléments du dossier ne sont pas complétés, dont la négociation avec les Montagnais de la Basse-Côte-Nord; cela se fait dans le cadre de l’approche commune.Ce qui est nouveau, c’est la volonté politique d’aller de l’avant avec une échéance fixée à 2009.Selon Jean Charest, le Québec ne manquera plus d’énergie pour assurer son développement industriel.Mais les entreprises qui voudront obtenir un tarif préférentiel devront le «mériter», a prévenu Jean Charest Les entreprises devront démontrer leur volonté d’investir de façon significative.La vision que le chef libéral propose vise aussi à assurer l’alimentation en électricité pour tous les Québécois ainsi qu’à exporter les surplus d’électricité.Plus tard, alors qu’il rencontrait la presse, M.Charest s’est défendu d’avoir donné un ton partisan à une annonce gouvernementale.«Je suis indivisible», a-t-il laissé tomber.M.Charest a également commenté brièvement sa prestation de la veille au débat des chefs, se disant satisfait.Selon lui, cela va aider les électeurs à faire leur choix.Il n’a pas manqué d’écorcher son adversaire adéquiste.«On a vu ce que c’est, un parti politique avec un seul homme qui dit n’importe quoi, qui propose n’importe quoi.Pour gouverner le Québec, ça prend un premier ministre, ça prend un plan et ça prend une équipe», a affirmé M.Charest Le Devoir CONCOURS LE DE VOIR* TVS La grande industrie stabilise ses rejets de GES en collaboration avec tïS ot.vmt et m m ' '' v 'Y - -D rjm L" If** J 3 jour QuEshans % Pour Partic'Per> regardez l’émission A pow un* ^ Questions pour un champion à 18 h sur ies oncies de W5 et notez l’indice du jour.Rêvatours, spécialiste des voyages en Grèce depuis plus de 20 ans.www.revatours.com LE DEVOIR Retournez à : Concours Grâce panoramique, 2050, me de Bleury, 9* étage, Montréal (Québec) H3A3S1 Le tirage aura lieu le 22 mars 2007 h 15h.Faites-nous parvenir votre coupon de participation avant le mercredi 21 mars 2007 à 17h30.Le concours s'adresse aux personnes de 1B ans et plus.Un seul coupon par enveloppe.Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées.Les conditions et règlements du concours sont disponibles à la réception du Devoir et sur www.tv5.ca.Nom : .App.:.Ville: Code postal :.Courriel:.Téléphone : (rés.).(bur.).Indice du jour :.Date de l’émission ;.Abonné(e) : Oui ?Non ?Cochez si vous ne déslez pas recevoir de sollicitation du OewirLI ou de TVSÜ LOUIS-GILLES FRANCŒUR Même si plusieurs de leurs rejets de contaminants s’accroissent, les grandes entreprises canadiennes obligées de faire rapport dans le cadre de l’Inventaire national des rejets polluants (INRP) ont presque stabilisé leurs rejets globaux de gaz à effet de serre entre 2004 et 2005.C’est ce que révèle une analyse réalisée par Pollution Watch, un groupe environnemental canadien qui a examiné les principales tendances en matière de rejets polluants à partir des données officielles de ITNRR Selon les rapports soumis par les entreprises canadiennes qui rejettent plus de 100 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO,), les rejets des grandes sociétés industrielles sont globalement passées de 278,8 millions de tonnes (mégatonnes ou Mt) en 2004 à 279,8 Mt en 2005, soit une augmentation minime de 0,3 %.Il faut noter ici que cette quasi-stabilisation a été obtenue sans la moindre norme réglementaire, généralement parce que ces entreprises tentent de réduire leur facture d’énergie pour des raisons de coûts.Par contre, une des difficultés d’interprétation de ce bilan national réside dans le fait que plusieurs entreprises font rapport une année mais ne le font pas l’année suivante en raison du seuil d’assujettissement de 100 000 tonnes, ce qui modifie le nombre d’entreprises retenues dans ce portrait Par ailleurs, en dix ans, les rejets globaux de contaminants atmosphériques par les «principales installations» industrielles ont diminué de 78,9 Mt à 70,2 Mt entre 1995 et 2005, soit une réduction de 10 %.Mais le bilan est moins rose dans le cas de certains toxiques.Par exemple, il y a eu augmentation des rejets atmosphériques de plusieurs contaminants à l’origine du smog.C’est ainsi que les rejets atmosphériques d’oxyde d’azote ont augmenté de 19 %, passant de 518 Mt à 615 Mt entre 2002 et 2005.Les rejets de particules ultrafines de moins de 2,5 microns, les plus toxiques et les plus susceptibles de provoquer des troupes respiratoires comme l’asthme et la bronchite, ont augmenté de 7 % entre 2002 et 2005, passant de 48,3 Mt à 51,9 Mt Le cas des rejets de mercure est particulièrement intéressant.Les rejets atmosphériques de ce métal lourd hypertoxique ont été réduits de 9 % entre 2000 et 2005, passant de 5183 kilos à 4711 kilos.Mais les rejets sur le sol ont augmenté de 848 %, passant de 3850 kilos à 36 536 kilos au cours de la même période.Par contre, les rejets de plomb ont chuté sensiblement entre 2002 et 2005, passant de 399 394 kilos à 219 398 kilos.Globalement, ce sont 4000 Mt de polluants de tout type, GES compris, que les entreprises canadiennes inscrites à l’INRP ont relâchées dans l’atmosphère, dont 2800 Mt sont constituées de produits toxiques.L’Alberta occupait en 2005 le premier rang des provinces qui, au pays, utilisent l’atmosphère comme poubelle.Avec des rejets de 1091 Mt, cette province a rejeté à elle seule 2 7 % de la totalité des polluants atmosphériques, GES compris.L’Ontario la suit de près avec 21 %, ce qui correspond à des rejets de 836 Mt de contaminants combinés.Mais cette province voisine, dont les vents charrient la pollution vers le Québec, qui ne s’en plaint d’ailleurs jamais, occupe le premier rang au Canada pour le$ rejets atmosphériques de poDuants cancérigènes.A lui seul, l’Ontario crache dans les airs 43 % de tous les toxiques rejetés dans l’atmosphère du Canada chaque année.Le Québec arrive au troisième rang du palmarès des provinces pour les rejets combinés, c’est-à-dire incluant les GÉS.Par contre, pour les émissions de GES, le Québec se situe au quatrième rang des provinces, derrière l’Alberta, l’Ontario et la Saskatchewan.Le Québec préfère généralement rappeler que ses rejets par habitant sont les plus bas au pays plutôt que de faire état de son bilan en chiffres absolus, qui demeure malgré tout modeste avec des rejets qui représentent environ 7 % du bilan canadien.Mais c’est indubitablement l'Alberta qui domine le palmarès des émissions de GES avec 40 % du total canadien, suivie par l’Ontario (28 %) et la Saskatchewan (8%).Le Devoir E N Des urgences débordent Un nombre élevé de cas lourds oblige le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) du sud de Lanaudière à demander à la population de la région d’éviter de se présenter à Tuigence de l’hôpital Pierre-Le Gardeur de Ter-rebonne, et ce, pour tes 48 prochaines heures.Hier, on comptait 67 patients sur civière et 33 autres dans tes unités de débordement alors que la capacité de l’uçgence de l’hôpital est de 36 dvières au permis.Uuigence continuera à accueillir les patients, mais te CSSS invite ceux-ci à se tourner en priorité vers les cliniques médicales de la région ou à s’informer auprès de la ligne Info-Santé.Le même problème est observé au centre hospitalier régional de Lanaudière, où on notait hier un faux d’occupation de près de 350 % (62 patients pour 18 civières).Plusieurs cas de gastroentérite et de grippe sont en partie responsables de cet achalandage.- Le Devoir BREF À la rescousse de son mari Michèle Dionne a plongé de plaiivpted dans la campagne électorale hier, au tendemain du débat des trois principaux chefs politiques québécois.Elle a fait l’éloge de son mari, Jean Charest, aux côtés duquel elle mène une septième campagne étectorate, et soutenu que tes priorités de ce dernier sont aussi celtes de tous tes Québécois: la santé et l’éducatioa «Ce qui me rend la plus fière est le travail accompli depuis 2003parle gouvernement libéral, celui de Jean Oui- Jean Charest rest, avec le conseil des ministres le plus féminin de.l’histoire, composé à 38 % de femmes, du jamais vu au Canada», at-eüe fait valoir devant la Chambre de commerce et d’industrie de Châteauguay.i LE DEVOIR.LE JEUDI 15 MARS 2007 ACTUALITES Précisions Un article publié lundi («L’année du loup-garou»), rappelait que l’artiste David Altinejd, défendu par la galerie d’art de l’UQAM, a remporté le concours pour représenter le Canada à la Biennale de Venise 2007.Le texte notait d’entrée de jeu que la mère de David Altinejd, Danielle Laberge, occupe les fonctions de rectrice par intérim de l’UQAM.Une formulation boiteuse a pu laisser croire que notre texte tentait d’établir un lien entre la position professionnelle de Mme Laberge et la réussite professionnelle de M.Altinejd.Ce n’est pas le cas.Le texte voulait simplement souligner les succès professionnels au sein de cette famille et ne sous-entendait aucune forme de favoritisme, une accusation aussi farfelue que mesquine.Si certains ont pu l’interpréter ainsi, nous nous en excusons.- Stéphane Baillargeon GANG SUITE DE LA PAGE 1 autres que leurs fils et leurs filles.Poussé par la nécessité d’agir, Pierre-Richard (prénom fictif de l’agent carcéral) travaille, en dehors de ses attributions, à remonter le moral et à faire la morale à ces jeunes Hajtiens qui se retrouvent en prison.Mais peine perdue.A l’intérieur du centre correctionnel, il se fait trop souvent apostropher par les jeunots, qui l’appellent «Le Père».En créole, ce terme péjoratif traduit l’idée d’une personne âgée, vieux jeu et hors jeu.Le geôlier estime que ni les organismes communautaires ni le système pénal canadien ne sauront tirer ces jeunes du trafic, du gangstérisme et du proxénétisme.«Souvent, à leur sortie de prison, ils ont entre 50 000 et 100 000 $ au moins qui les attendent pour relancer le business», note-t-il.Dans sa petite voiture usée par le temps et la neige, il dit croiser souvent les Hummer et les regards narquois de quelques-uns d’entre eux dans les rues de Montréal après leur sortie de prison.11 se fait alors demander, d’un signe de tête hautain: «M.l’agent, comment ça va?» «Notregénération n’a pas,connu le gangstérisme ni la prison non plus», souligne Etienne Cétoute, chauffeur de taxi, son index pointé vers le haut et les sourcils froncés.Lui également ne cache pas ses craintes envers ces jeunes aux allures pas ordinaires qui affichent leurs couleurs.«A certaines heures de la nuit, si jamais j’en embarque deux, mon cœur palpite automatiquement et je tremblote de peur au volant», dit-il.Au barbershop de Saint-Michel, ce soir-là, les Haïtiens font la part des responsabilités entre leur communauté et le Québec, la société d’accueil.«Ici, on ne peut pas les frapper ni les réprimander sévèrement car, très jeunes, à la garderie, ils apprennent à composer le 911», déplore Jean-Pierre, un coiffeur élevé, lui, d’une main de fer en Haiti.Mais la délinquance, ils l’ont apprise ici, au Québec, souligne pour sa part l’agent Pierre-Richard, qui brandit l’exemple de Bernard Mathieu, mieux connu sous son surnom de Ti-Pon.Condamné à dix ans de réclusion pour gangstérisme le 21 février dernier, Ti-Pon est arrivé au Québec à l’âge de quatre ans avec ses parents.Aujourd’hui âgé de 35 ans, Ti-Pon, qui dit n’être «pas un saint», se présente comme un vendeur d’automobiles, parle de racisme à son procès et reproche à sa communauté de l’avoir lâché comme une vieille chaussette devant la justice canadienne.Plusieurs Haïtiens interrogés au sujet des griefs de Ti-Pon qualifient ces affirmations de «paroles en l’air, d’émotion et de propos malvenus» de la part du chef du gang de la rue Pelletier, à Montréal.«Quand tu n’es pas un saint, tu jais forcément partie de la bande à Satan», fait remarquer le chauffeur de taxi.Étienne Cétoute estime même que la police de Montréal est trop clémente envers les gangs de rue, disant ensuite souhaiter l’expulsion de Ti-Pon vers Haiti.Mais selon Port-au-Prince, les repris de justice déportés en Haïti par les Etats-Unis et le Canada comptent pour beaucoup dans le phénomène d’insécurité que connaît le pays à l’heure actuelle.«Ce qui s’est passé est un échec pour nous», juge Michel Chery, un criminologue haïtien.En 1996, M.Che-ry a publié La Délinquance haïtienne au Québec, un état des lieux.Il s’agit d’une étude sur le phénomène des gangs de rue impliquant les jeunes de la deuxième génération et sur la surpopulation haïtienne dans les prisons montréalaises.Le document prévoyait une aggravation de la situation dans cinq à dix ans si rien n’était fait Aujourd’hui, Michel Chery s'en prend notamment à ceux qui font de l’intervention communautaire et estime qu’ils sont passés complètement à côté des solutions.«On le fait depuis 1980 et voici maintenant le résultat», dénonce-t-il.Selon une récente estimation de la police de Montréal, 1500 membres de gangs de la métropole seraient d’origine haïtienne.En revanche, Harry Delva, de la Maison d’Haiti, s’enorgueillit des «maigres résultats» de ce centre communautaire comparativement aux faibles moyens dont il dispose.La Ville de Montréal octroie seulement de 25 000 à 30 000 $ par an pour les activités du centre alors qu’en amont, selon M.Delva, la police disposerait de sept millions pour des activités de répression.Avec ces 30 000 $, le centre, depuis sa création en 1972, a pu sortir une centaine de jeunes de la délinquance, dont le fameux boxeur Joachim Alcine qui, à son tour, tente de récupérer Jean Dierry.Ce jeune boxeur en herbe est entraîné personnellement par Alcine, qui veut transformer la violence qu’il a connue à l’école Joseph-François-Perreault de Saint-Michel en une force positive.Harry Delva impute la délinquance chez les jeunes Haïtiens à la division qui gangrène la communauté, aux barrières de la société d’accueil et à une mauvaise intégration.«Il n’y a pas d’emplois pour nous, et le jeune qui voit ses parents finir comme moins que rien a tendance à verser dans le gangstérisme», analyse le travailleur de rue.Il reconnaît quelques «réussites individuelles» au sein de la communauté haïtienne de Montréal, mais sur le plan collectif, Harry Delva note un échec quasi total.Selon lui, le gangstérisme n’est pas un phénomène propre aux Haïtiens.L’engouement médiatique auquel on assiste autour de la délinquance haïtienne est dû au fait que la communauté ne s’occupe pas suffisamment de ses fils, contrairement à d’autres, commente le travailleur de rue.«Ils ne sont jamais venus dans un centre pour voir comment cela se fiasse et donner un petit peu de leur temps à b jeunesse», déplore M.Delva.Collaboration spéciale Le Devoir B0ISCLAIR SUITE DE LA PAGE 1 X «Si on additionne uniquement deux de ses mesures, ce chiffre est déjà atteint: [l’abolition de la] taxe sur le capital, c’est 750 millions.Son allocation pour les familles, c’est 900 millions, ça fait déjà 1,7 milliard.Comment il va financer les spécialistes dans nos écoles, les médecins dans le milieu de la santé?», a demandé le chef péquiste.Quant à la marge financière, ce dernier l’évalue à 700 millions.Enfin, M.Boisclair s’en est aussi pris au concept d’autonomie de M.Dumont «La réalité, c’est que le Québec n’a d’autonomie que ce qu’Ottawa veut bien lui donner.» Quatre anciens ministres péquistes, Marc-André Bédard, Rodrigue Biron, Yves Duhaime et Jacques Léonard, ont fait parvenir au Devoir hier une lettre d’appui à André Boisclair.«Vous avez fait face à la tempête, maintenu le cap.Vous n’avez sacrifié ni vos principes, ni vos objectifs.Nous avons pleinement confiance dans votre ténacité et votre leadership», écrivent-ils.Des sources indiquent d’ailleurs que les ténors péquistes ont prévu de se mobiliser pour aider M.Boisclair à remonter dans la faveur populaire.Déjà hier soir, l’ancien premier ministre Jacques Parizeau a livré un discours pédagogique devant une soixantaine de militants de la circonscription de SUITE DE LA PAGE 1 Després a critiqué le chef adéquiste pour avoir sorti ce «lapin de son chapeau» lors du débat «Mario Dumont devrait s’excuser d’utiliser une tragédie humaine à des fins électoralistes», a-t-il dit La réplique de Jean Charest s’est aussi faite cinglante.«M.Dumont est un homme malhonnête», a tranché le chef libéral, qui faisait campagne au Sa-guenay-Lac-Saint-Jean.M.Charest a dénoncé l’attitude «désinvolte» de Mario Dumont lors du débat des chefs sur un sujet aussi délicat, comme s’il s’agissait d’un enjeu partisan.Il prédit même que cette attitude va le hanter pour le reste de sa carrière politique, entachant sa crédibilité.«Il a choisi de faire de la petite politique», a jugé Jean Charest «Nous sommes placés devant une personne qui n’est pas à la hauteur des tâches qu’elle voudrait assumer», a-t-il ajouté.Jean Charest estime que Mario Dumont «a laissé croire aux Québécois le contraire de ce que le document disait».Le chef de l’ADQ a sciemment choisi de ne pas lire l’extrait des notes de service qui soulignait qu’aucune intervention particulière n’était recommandée, a-t-il souligné, avant d’ajouter que la commission d’enquête a été mise sur pied pour aller au fond des choses.Devant les questions que pourrait se poser la population, Jean Charest a voulu se faire rassurant La sécurité des citoyens n’est jamais prise à la légère; le gouvernement de quelque allégeance qu’il soit agit toujours promptement et sans regarder les coûts que cela pourrait nécessiter.«Il n’y a pas un premier ministre que je connais de l'histoire moderne du Québec, incluant celui qui vous parle, qui, sur une question comme celle-là, ne ferait pas tout ce qui est en son pouvoir pour assurer la sécurité des citoyens.Prétendre le contraire, c’est fondamentalement malhonnête», a soutenu M.Charest Ce dernier assure que son gouvernement n’a pas été négligeant dans le dossier du viaduc de la Concorde et que le ministre Després «suit très bien ses dossiers».«Quand la tragédie s’est produite et que ATTAQUES SUITE DE LA PAGE 1 School’s Center for Risk and Reliability and Institute for Systems Research de l’Université du Maryland.Pour la première fois, son équipe a pu quantifier de façon assez précise l’activité des pirates informatiques qui sévissent à partir d’Internet Tout en observant la fréquence de leurs assauts, elle a réussi à dresser un répertoire des mots de passe et des noms d’utilisateur les plus couramment utilisés pour s’infiltrer dans les ordinateurs.En dotant sciemment leurs quatre ordinateurs de noms d’utilisateur et de mots de passe facilement détectables, les chercheurs ont littéralement appâté les pirates en leur entrebâillant la porte pour mieux comprendre leurs fins et leurs façons de procéder.“L’idée consistait à voir à quelle fréquence les attaquants agiraient, de quelle manière, puis ce qu’ils feraient après avoir accédé à nos ordinateurs», a expliqué au Devoir le professeur Cultier, un ingénieur spécialisé en sécurité informatique qui, avant d’enseigner au Maryland, a fait ses classes à l’Université libre de Bruxelles et à l'Institut polytechnique national de Toulouse.Le chercheur affirme que les multiples attaques lancées contre ses propres ordinateurs n’étaient pas du tout le fait de superhackers tentant de percer avec force génie les systèmes d’institutions blindées, comme on les dépeint souvent au cinéma et à la télé.La plupart des tentatives provenaient de pirates en herbe, qui utilisent des logiciels automatisés, appelés dictionary scripts, qui s’attaquent simultanément à des milliers d’ordinateurs au hasard pour tenter de percer leurs mots de passe.Ces logiciels de piratage permettent de faire défiler à la Vitesse grand V une liste de milliers de mots de passe et de noms d’utilisateur parmi les plus courants, refilant ensuite aux pirates la liste des ordinateurs les plus faciles à percer.Cette étude, qui portait sur des ordinateurs utilisant le système d’exploitation Linux, a révélé que le nom d’utilisateur root était le plus fréquemment testé par ces logiciels, 12 fois plus, en fait, quadm, qui se classait deuxième.Parmi les autres noms préférés de ces logiciels délinquants figuraient test, guest, info et user.Dans 43 % des attaques, le logiciel se contentait de réessayer le même nom comme mot de passe ou le nom d’utilisateur suivi du nombre 123.Parmi les favoris, on note aussi 123,12345, password et test.«Cela prouve que tous ces noms d’utilisateur devraient être systématiquement évités, car ils sont les favoris des logiciels automatisés qu’utilisent les pirates.Bourget, dans l’est de Montréal.Celui que plusieurs surnomment «Monsieur» a fourni à la poignée de péquistes qui ont contribué à la campagne de financement de la députée Diane Lemieux le parfait petit argumentaire souverainiste.Se moquant de la psychose autour du moment d’un éventuel référendum, il a comparé la consultation populaire à un marteau: «On n’est pas pour ou contre un marteau, c’est un outil, un instrument.(.) On n’est pas référendistes, on est souverainistes».Aux adversaires qui martèlent que le PQ ne se pré-omipe de rien d’autre que de souveraineté, il a rappelé qu’un gouvernement péquiste peut «marcher et mâcher de la gomme en même temps».«On n’a pas à choisir entre la santé ou un référendum, on fait les deux.Cest d’ailleurs pour ça que M.Boisclair a présenté une feuille de route», a fait valoir l’ancien premier ministre, lançant au passage des fleurs au chef péquiste pour sa prestation au débat des chefs de mardi.M.Parizeau a ensuite tourné en dérision l’idée qu’on puisse être souverainiste et voter pour un parti qui ne s’engage pas vers objectif.«C’est comme dire ’tant que je n’ai pas trouvé la femme parfaite, je ne me marie pas ‘ (.) On est souverainiste, on veut faire la souveraineté, le chemin passe par le PQ.Ce n’est pas l’ADQ ou le Parti libéral qui vont faire un référendum!» Ame électeurs progressistes tentés par Québec solidaire, M.Parizeau a énuméré les avancées sociales initiées sous la gouverne péquiste, des garderies à 5 $, VIADUC les explications de la tragédie nous échappaient, personne ne pouvait nous dire pourquoi.» Au Parti québécois, on a choisi de s’en prendre à l’ADQ plutôt qu’au gouvernement libéral dans cette affaire en usant même, contre la fondation adéquiste, des mêmes mots que les libéraux.A l’Université du Québec à Trois-Rivières, hier, le candidat dans Marie-Victorin, Bernard Drainville, qui accompagnait André Boisclair, a qualifié de «petite politique» le coup de théâtre du chef adéquiste.Cela prouverait aux yeux de M.Drainville, que Mario Dumont n’a «pas la maturité pour devenir le premier ministre des Québécois» puisqu’il «a fait preuve d’un grave manque de jugement».Manifestement mal à l’aise dans ce contexte électoral, la sous-ministre adjointe Anne-Marie Leclerc a affirmé qu’il n’y avait aucun lien entre l’effondrement de l’ouvrage et sa détérioration, «inquiétante» à certains égards, comme cela a été constaté par un inspecteur du ministère en 2004, l’ingénieur Gilbert Bossé, puis par son collègue Christian Mercier en 2005.Dans une des trois correspondances obtenues par M.Dumont le ministère conclut qu’«aucune intervention particulière [n’est] recommandée à court terme pour corriger les défauts observés».En revanche, «une surveillance toute spéciale» devra s’exercer lors des prochaines inspections annuelles.Mais «ce qu’on avait observé ne pouvait expliquer l’événement du 30 septembre», a souligné Mme Leclerc.Il n’y avait «aucun signe avant
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