Le devoir, 17 mars 2007, Cahier E
DEVOIR, SAMEDI DIMANCHE MARS 2 0 0 7 l 4 t \M, DANSE Voyage dans la psyché 4jjk / humaine Page E 4 ' !, C/ 3 k ^ ^ .CINEMA ^ v Prendre le parti des démunis " Page E 8 nu Tl IP E IjULI LJ iUj RETOUCHE: OLIVIER ZUIDA / SOURCE: TVA FILMS -400 CINÉMA Portrait de Piaf en punk La Vie en rose d’Olivier Dahan, sur la vie d’Édith Piaf, prenait hier l’affiche sur une quarantaine d’écrans du Québec, rare déploiement pour un film français.Marion Cotillard, l’interprète de la chanteuse mythique, y tient le plus grand rôle de sa vie.^ODILE TREMBLAY A la voir s’encadrer dans un grand hôtel de Montréal, toute mince et rayonnante, difficile de trouver une quelconque ressemblance entrç cette jeune comédienne française et Edith Piaf, la chanteuse passionnée qui s’est déchirée sur les arêtes de la vie.Pourtant, Marion Cotillard s’est investie corps et âme dans ce rôle exigeant, entrant dans la peau de Piaf de sa jeunesse à sa mort, sans chercher à conserver le moindre recul.Au point, explique-t-elle, que hors du plateau, durant le tournage, sa voix, son maintien ne lui appartenaient plus complètement.Le personnage lui collait à la peau.«On ne redescend pas facilement d'un rôle aussi extrême, dit-elle.Ça vous marque longtemps.» Intensité Marion Cotillard existait avant Piaf sur la planète cinéma, mais en mode mineur, pour ainsi dire.D’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, elle avait pourtant joué aux côtés d’Abel Ferrara (Mary), de Jean-Pierre Jeu-net (Un long dimanche de fiançailles, rôle qui lui valut le César du meilleur rôle de soutien), deTim Burton (PigFish).Dernièrement, Ridley Scott l’a mise en scène dans A Good Year.Mais son premier rôle principal est cette incarnation d’Edith Piaf.Son agent lui avait appris qu’Olivier Dahan voulait adapter la vie de la chanteuse de la rue devenue superstar et qu’il songeait à elle pour le rôle; mais Marion Cotillard refusait de caresser de faux espoirs.Ceux-ci se sont concrétisés pourtant Alors, elle a plongé.La comédienne a lu mémoires et témoignages, rencontré Georges Moustaki et Ginette Richer, une amie de Piaf, recueillant leurs impressions sur la chanteuse disparue en 1963.«Incarner une personne qui a vraiment existé, et dont les témoins sont toujours vivants, est une arme à double tranchant.On se retrouve devant une grande quantité d'informations impossibles à modifier, mais la responsabilité s’accroît.Pas question de trahir.» Dépassée, Piaf, aux yeux de la relève?«Elle n’a jamais été ringarde et continuait à vivre dans l’univers des Français, répond l’interprète.Qui n’a jamais fredonné La Vie en rose et L’Hymne à l’amour?Bon, elle roulait ses “r” en chantant, ce qui ne se fait plus, mais tout son être demeure moderne.Aujourd’hui, elle ferait du rap.Piaf a vécu c omme une rockstar: les amours tumultueuses, la drogue, la chandelle brûlée par les deux bouts.Elle a ké élevée dans un bordel, en plus.Son profil apparaît tellement marginal et intense.Elle était une punk.» Marion Cotillard avait approché son répertoire d’assez près.«Au début de la vingtaine, je m’étais passionnée pour la chanson à texte, autant de Frehel, d’Yvette Guibert que de Piaf.» «Piaf a vécu comme une rockstar» JACQUES GRENIER LE DEVOIR La comédienne française Marion Cotillard Dans sa direction, Olivier Dahan a laissé à l’interprète de 30 ans une grande marge de manœuvre, tout en la soutenant «Je n’essayais pas de devenir elle, mais de capter son intensité dans le bonheur comme dans le malheur.» La comédienne s’inquiétait à la perspective d’incarner certains âges de la vie de la chanteuse.La période 44-45 ans par exemple.Pas uniquement à cause du lourd maquillage et des transformations physiques que ce vieillissement imposait.«Je trouvais difficile d’habiter l’espace intérieur d’une femme plus âgée que moi, qui allait mourir à 47 ans, en paraissait 70 et se comportait comme une enfant.Mais bizarrement, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à incarner cette Piaf âgée.» Un côté Pygmalion Les scènes de jeunesse coulaient facilement Celles de fin de vie lui ont procuré davantage de fil à retordre.«Ça devient si fizcüe de tomber dans les pièges de la caricature, du grand-guignolesque, quand la mort approche.» Piaf lui aura finalement appris beaucoup sur le métier, sur le sens du plaisir à tirer de la vie.«Ce que j’admirais le plus chez elle?Son jusqu’au-boutisme, son immense capacité de travail.J’aimais moins la tyrannie qu’elle exerçait envers ses proches.Mais celle-ci était l’expression d’une peur panique de la solitude.Comprendre cette faiblesse m’a permis de l’accepter davantage.» Marion Cotillard estime que la plus grande difficulté de son rôle fut d’avoir chanté en playback, avant qu’on ne lui superpose la voix de Piaf dans le film.«Ce furent des pratiques longues et fastidieuses où je devais donner à ma voix une vraie impulsion.Or Piaf modifiait les tempos, prenait des libertés face à la musique, ce qui me forçait à une vigilance de chaque instant.Dans un monde aussi formaté VOIR PAGE E 2 : PIAF Palais Montcalm, prise 2 La Maison de la musique ouvre ses portes ce soir Au terme d’une longue crise identitaire, le Palais Montcalm se réincarne ce soir en Maison de la musique à l’occasion d’un grand concert inaugural mettant en vedette Les Violons du Roy et la mezzo-soprano Julia Migenes.Le Devoir se rappelle la petite histoire de cette salle unique en compagnie de Bernard Labadie et de l’historien Jean Provencher.ISABELLE PORTER Québec — «On a beaucoup cherché quoi faire avec ça», résume Jean Provencher à propos de cette salle de spectacles Art déco située à l’entrée du Vieux-Québec.Avant de sombrer dans une période difficile, au début des années 1970, le Palais Montcalm a longtemps été un endroit incontournable de Québec.«Moi, mon meilleur souvenir du Palais Montcalm, c'est L’Osstid-cho en 1968 avec toute la gang.C’était une beauté, le toit a levé!», se rappelle l’historien.Pour d’autres, le Palais Montcalm, c’est Piaf, Dizzie Gillepsie ou encore Glenn Gould.«Dès qu'un artiste le moindrement connu venait à Québec, il se produisait au Palais Montcalm», poursuit-il.L’immeuble est un équipement municipal avec les services les plus divers.Jusqu’en 1986, le Palais comprend même une piscine où, dit-on, Robert Bourassa avait l’habitude de venir nager le midi.L’édifice a été érigé en 1932 sur le site d’un marché public — la Halle Montcalm, construite en 1877 à l’emplacement actuel du carré d’Youville.«C’est un peu pour répondre aux Anglais qu’on Va ouvert en 1932.C’était l’époque de Taschereau; il y avait un grand courant nationaliste et la Société Saint-Jean-Baptiste voulait créer un complexe culturel pour répondre au YMCA qui se trouvait juste en face», se rappelle Jean Provencher.D’ailleurs, le Palais Montcalm des premiers jours s’appelait le «Monument National».Un mandat enfin clair Les déboires commencent à la suite de la construction du Grand Théâtre au début des années 1970, poursuit M.Provencher.«Quand le Grand Théâtre ouvre en janvier 1971, le Palais Montcqlm entre dans une sorte de tunnel.A la Ville, on ne sait plus trop si ça vaut la peine de le garder et d’investir là-dedans.» Et pour couronner le tout, le Palais est en piteux état «Il fallait le rénover de toute façon.Les équipements commençaient à être vraiment vétustes, raconte Bernard Labadie.Je me rappelle les loges, la première fois que je suis venu y jouer.On appelait ça “le poulailler”.Il n’y avait même pas de couvercles sur les bols de toilettes! Il fallait que je me penche pour entrer dans ma loge parce que le cadre de porte était trop bas.» Or, en 1987, à l’occasion du Sommet de la Francophonie, on finance la restauration de la place d’Youville en créant notamment une grande patinoire juste devant le Palais.«Ç’a confirmé son statut de carrefour dans la ville.On s’est alors dit qu’on avait bien fait de ne pas mettre ça à terre.» L’historien songe avec horreur à l’allure qu’aurait pu avoir le site si on avait cédé la place à un énième hôtel de VOIR PAGE E 2: MONTCALM DEVOIR SAMEDI DIMANCHE MARS CULTURE D’une Mouette à l’autre Odile Tremblay Avec certaines oeuvres, on entreüent de vrais rapports intimes.Pourquoi mes parents m’avaient-ils offert en livre de poche La Cerisaie suivie de La Mouette de Tçhekhov alors que j’avais à peine douze ans?Etrange initiative.Mais je relisais les deux pièces de théâtre, saisissant des bribes par intuition, du haut de ma mince expérience de vie.La Cerisaie m’apparaissait plus lointaine, une sorte d’écho aux nostalgies de l’âge mûr, mais La Mouette évoquait les aspirations de la jeunesse, avec ses candeurs et sa pureté, ses ailes brisées sur la bêtise des adultes.Elle abordait le sens du tragique, tel qu’on l'entr’aperçoit au printemps.D’où sa résonance chez les esprits encore verts.Tchékhov se voyait comme un auteur comique, mais il n’a jamais su m’en convaincre.Elle paraît si dramatique, sa Mouette, aux personnages en marge de leur destin, dans une société russe du XIX' siècle pourrissant sur pied.Par la suite, chaque fois qu’une /Mouette se posait sur nos planches, j’accourais.Eblouie surtout par l’extraordinaire adaptation de Serge Denon-court au Quat’Sous en 1999,/e suis une mouette (non ce n’est pas ça), où des fragments de la pièce de Tchékhov alternaient avec les réflexions des comédiens sur leurs rôles, sur la pièce, sur la société d’hier et d’aujourd’hui.Le livre de poche m’a suivie d’un logement à l’autre, corné, jauni, des pages décollées.Chaque fois relu avant de le revoir incarné sur les planches.Les billets de théâtre en tiennent encore lieu de signets.Cette semaine, auTNM, j’ai revu mon oiseau des rivages.Yves Desgagnés en offrait une mise en scène classique, mais beaucoup plus émoqvante que son précédent Tchékhov: Oncle Vania.A mes côtés, mon neveu ami, jeune auteur de 17 ans, découvrait cette pièce, qu’on aurait dite écrite juste pour lui.L’actualité de Tchékhov se reflétait dans ses yeux.La Mouette lui parlait des enjeux de la création, de la cruauté et de la solitude humaines, des loyautés fracassées.Je le sentais s’identifier à Treplev, l’écrivain incompris dans son adolescence et sa quête d’absolu.A Nina aussi, la comédienne idéaliste en marche vers son destin brisé (si bien incarnée par Catherine Trudeau) .Aux autres personnages également jeunes ou vieux, génialement disséqués par Tchékhov.On reproche souvent au TNM de proposer peu de créations originales et de se cantonner en général dans le théâtre de répertoire.Académisme, manque d’audace.Oui mais.D’un autre côté, les vrais chefs-d’œuvre théâtraux sont des denrées si rares.Si La Mouette touche au cœur, génération après génération, des jeunes Québécois à mille lieues de la Russie tsariste, la partie n’est pas perdue, et le théâtre joue encore son rôle précieux de gardien de la mémoire.Faudrait-il s’en plaindre?Il y a tant de ruptures aujourd’hui dans la chaîne de transmission culturelle.Nouveaux supports, divertissement de masse affalé sur le terrain.Au milieu de tout ça, garder Tchékhov en vie doit bien constituer un signe de santé publique.J’en ai senti à la fois le prix et la fragilité l’autre soir au TNM, près de mon jeune créateur de neveu, sous le choc d'une Mouette manifestement immortelle.Ruptures pour ruptures, le livre La Culture québécoise est-elle en crise?, de Gérard Bouchard et Alain Roy, vient de sortir chez Boréal.On le parcourt avec un intérêt mêlé de frustration.Tant mieux si les intellectuels québécois, trop muets, s’expriment sur les mutations de nos sociétés.Mais quelle cacophonie d’ensemble! La question posée ratissait bien trop large: «La culture québécoise est-elle en crise?» Cent quarante et un intellectuels québécois ont offert 141 réponses différentes.Les auteurs auraient sans doute gagné à concentrer leur tir sur les nouvelles technologies ou sur l’omniprésence criarde des arts populaires.La culture elle-même est un concept si vaste, si fourre-tout, qui appelait ces conclusions confuses.Du moins, le chapitre rédigé par Alain Roy tente-t-il de sortir de la broussaille, sans chercher à tout dire.A son avis, notre société, encore colonisée dans l’âme, tâtonne parce qu’elle n’a pas atteint la maturité intellectuelle.D’où son avidité éperdue de reconnaissance internationale, qui devrait s’estomper le jour où elle aura trouvé ses assises et produit de vrais chefs-d’œuvre universels.En annexe de l’ouvrage, quelques réflexions des intellectuels interrogés captivent davantage que la démarche de pourchasser des conclusions générales.Ainsi, Marie-Andrée Lamontagne, en quelques lignes, brosse le fossé qui oppose la «culture démocratique», nourrie de produits consommables- jetables, au «noyau dur» des mélomanes, des grands lecteurs, etc., dont le rapport à l’art plonge en eau profonde.«La culture démocratique n’a que faire du rapport privé, intime, grave et réitéré, qui naît du tête-à-tête avec l’œuvre.Sa loi est nombre.Son ennemi est le temps», écrit-elle en invitant pourtant les deux univers culturels à se rencontrer.Plus loin, on est frappés par le couplet touchant de Jacques Godbout, plus apaisant que ses propos pessimistes de l’automne: «Je suis né dans un curriculum du X1X‘ siècle perpétué par les pères jésuites.Mes petits-fils habitent un autre monde que le mien, une nouvelle morale, et possèdent des références scientifiques du XXI' siècle.Des auteurs peuvent s’en désoler, proposer des correctifs, établir des listes d’œuvres essentielles, mais personne ne reculera dans le temps.Ce n’est pas la culture qui est en crise, ce sont les auteurs nostalgiques.» Quand même.Quand même.J’ai ressorti mon Tchékhov en livre de poche, songeant qu’il doit bien y avoir moyen de réconcilier la nostalgie des grandes œuvres et une ouverture au futur.Ici, les débats entre créateurs et intellectuels se multiplient.Du chaos des discussions devrait émerger un peu de lumière.Et n’allons surtout pas compter sur les politiciens, qui se balancent à pleins débats de ces questions fondamentales.Ça prendrait davantage de ponts intergénérationnels.A vue de nez, les très jeunes gens manifestent moins de préjugés face à la culture classique que bien des trentenaires.Peut-être faut-il leur tendre une Mouette ou deux.Et laisser germer Tchékhov en eux, comme il le fit en nous.otrem blayfalede vo i r.com PIAF SUITE DE LA PAGE E 1 que le nôtre, sa désinvolture, son souffle d’hier paraissent admirables.Piaf n’est pas toutefois la seule voix du film.Jil Aigrot interprète les chansons de jeunesse.La grande interprète n’avait jamais enregistré Mon homme, par exemple.Par ailleurs, la qualité de certains enregistrements de 1936 était trop mauvaise pour qu’on puisse les utiliser.» Marion Cotillard se dit fascinée par ce côté Pygmalion qu’avait Piaf, si rare, surtout chez une femme.De fait, la grande Édith aura pris sous son aile toute une relève de la chanson française: des Compagnons de la chanson à Yves Montand, de Georges Moustaki à Charles Aznavour.Cet aspect de sa vie a hélas sauté dans le film.«Olivier Dahan a fait des choix très précis, qu ’il a voulu délibérément subjectifs.Il a dû retrancher des pans de son existence si remplie.Mon regret personnel, c'est que Théo Sarapo, son mari de fin de vie, soit si absent du film.» De l’avis de Marion Cotillard, si en France le jeune public se rue nombreux sur La Môme (le titre français de La Vie en rose), c’est par- i La comédienne Marion Cotillard JACQUES GRENIER LE DEVOIR FIGEONS INTERNATIONAL .un stupéfiant Voir souffrance et t«»k^" HEURES du matin .des moments poésie, un spectacle d une époustouflante beauté Radio-Canada demain .run ayntose de d® iM , .J» nil 5H.DÜMP Kl DEMAIN Mise en scène, chorégraphie et scénographie Paula de Vasconcelos Musiques Sam Shalabi Mitchell Akiyama Oleksa Lozowchuk Steve Tibbetts Choying Drôlma Gian Maria Testa Avia Gardner Laurie Anderson Lumières Michel Beaulieu Guy Simard Yan Lee Chan Costumes Anne-Marie Veevaete Paula de Vasconcelos Photographie Serge Clément Projections vidéo Stéphan Lorti BABYLONE Milene Azze Jadson Caldeira Guillaume Eizlini Monica Gan Natalie Zoey Gauld Geneviève Heistek Igor Ovadis Marcel Pomerlo Sam Shalabi Ranjana Sharma Paul-Antoine Taillefer Audrey Van Merck Camille de Vasconcelos-Taillefer 5H DU MATIN Milene Azze Nathalie Blanchet Fanny Mallette Bruno Schiappa Paul-Antoine Taillefer DEMAIN Natalie Zoey Gauld Marissa Gomez Suzanne Laforest Forty Nguyen Vincent Poliquin-Simms David Rancourt Gillian Seaward Émile de Vasconcelos-Taillefer CODIFFUSION AVEC USINE Qwm-;ïM 1345 AVENUE LALONDE BILLETTERIE 521-4493 ADMISSION 790-1245 ce qu’il aime les belles histoires et que celle-ci, tournée de façon très moderne par Dahan, demeure intemporelle.«Piaf a chanté les plus belles chansons d’amour du monde.Qui pourrait s’y montrer insensible?» Le Devoir MONTCALM SUITE DE LA PAGE E 1 15 étages, par exemple.Bernard Labadie abonde dans ce sens.«De mon bureau, je le vois bien: il y a déjà beaucoup d’hôtels et de tours à l’entrée du Vieux-Québec.Si on avait cédé cet espace à une tour de plus, ç’aurait été un quartier d’affaires conventionnel sans son cachet actuel.» N’empêche, le mandat du Palais va demeurer problématique pendant des années.Ce que l’arrivée du Capitole juste en face, en 1992, ne va pas arranger.En attendant on y joue de tout du théâtre durant le Carrefour international de théâtre, de la chanson, tous styles confondus.La SRC y garde un studio d’enregistrement.L’école de musique Arquemuse s’y installe en 1988.Mais le Palais n’a pas sa niche à lui.Et voilà qu’en 2003, la Ville et le gouvernement provincial s’entendent finalement sur un scénario.Celui d’une Maison de la musique qui servirait notamment de résidence aux Violons du Roy.«Nous, on rêvait d’une salle rénovée depuis une vingtaine d’années», se rappelle M.Labadie.«Ma première intervention à ce sujet remonte à novembre 1990, lors d’une consultation organisée par le maire de l’époque, Jean-Paul L’Allier.» Non seulement la Maison a-t-elle désormais un mandat clair, mais la salle Raoul-Jobin pourrait se démarquer à Québec et à une échelle beaucoup plus large par la qualité de son acoustique, qu’on compare à celle de la prestigieuse salle Françoys-Bernier, au Domaine Forget.Ce qu’on pourra vérifier dès le concert de ce soir, ainsi qu’à l’occasion de la présentation du grand, oratorio de Haendel, Israël en Égypte, le 23 mars.Pour l'instant, le grand public est invité à venir visiter la nouvelle Maison à l’occasion d’une journée «portes ouvertes» dimanche.Le Devoir I A.rfflTÎWa present© en codiffusion avec ESPACE LIBRE LE DIABLE EN PARTAGE \ de Fabrice Melquiot du 7 au 24 mars 2007 mercredi au samedi à 20h les mardis 1 3 et 20 mars 2007 à 19h LOUISE LEBLANC La salle Raoul-Jobin pourrait se démarquer à Québec et à une échelle beaucoup plus large par la qualité de son acoustique, qu’on compare à celle de la prestigieuse salle Françoys-Bernier, au Domaine Forget.V 1 i J.y I m L’AGENDA an espacé nÇ) Libre www.espacelibre.qc.ca 1945, rue Fullum, Montréal Billetterie: 514-521-4191 mise en scène - RfVNALO ROBINSON distribution - FRANCESCA BARCENAS, FRANÇOIS BERNIER.CHARLES-OLIVIER BLEAU ANNE-VALERIE BOUCHARD, EVELYNE BROCHU, toONIA CHOKRI, CATHERINE DE LÉAN HUBERT LEMIRE, FRÉDÉRIC PAQUET, VÉRONIQUE PASCAL costumes - SARAH BAUEUX, decor - JEAN BARD éclairages - CAROL LECHASSEUR.musique originale - YVES MORIN L’HORAiRETÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi Montréal^ Québec Z f?Conveil d«| Am Canada Council du Canada for th® Art» LE DEVOIR LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 2 0 0 7 CULTURE THÉÂTRE L’humanité en marche Sortie de secours propose une œuvre en forme de quête de sens Au cœur de Tunivers artistique du Théâtre Sortie de secours, il y a toujours eu une préoccupation pour les cultures étrangères.Au fil des ans, la troupe nous a donné des œuvres magnifiques comme Tauromaquia et Le miel est plus doux que le sang.Après un petit détour par l’Inde la saison dernière dans Bhopal, l’équipe revient cette année en Espagne avec Santiago, un «road-theater» se déroulant sur le chemin de Compostelle.PATRICK CAUX Québec — «La troupe a dix-huit ans cette année», souligne le directeur artistique et metteur en scène, Philippe Soldevila.«Pourfêter ça, on entame ce que l’on nomme, en rigolant, notre cycle d’or.» La référence fait sourire lorsque l’on connaît le penchant de Sortie de secours pour les thèmes hispaniques.«En fait, puisqu’on atteint cette année notre majorité, on a eu envie d’aborder avec beaucoup d’humour des questions plus philosophiques et métaphysiques.On va donc proposer coup sur coup deux pièces qui parlent de tentatives émouvantes et drôles faites par des hommes de joindre l’intime et le céleste.» Pour amorcer ce nouveau cycle, la compagnie lèvera le voile dès mardi sur Santiago, le plus récent texte d’Hélène Robitaille.L’action de Santiago se situe à une période indéfinie du Moyen Age, quelque part sur le chemin de Compostelle.Parvenus aux derniers jours de leur périple, des pèlerins rencontrent un brigand qui vient tout juste d’assassiner un homme.Malgré lui, le meurtrier accompagnera ce petit groupe vers Compostelle, se joignant ainsi à leur quête de sens et à leur désir de purification.«Le sujet me trottait dans la tête depuis un moment, révèle l’auteure.j'avais envie d’explorer à la fois l’humour et l’universalité de la quête des pèlerins.» De l’humour, dans le pèlerinage de Compostelle?«Il y a beaucoup de gens qui font le chemin de Compostelle ces temps-ci et pour qui tout prend soudainement un sens.Tous les petits événements — une étoile filante par exemple —, des rencontres ou des coïncidences deviennent des signes du destin.Je trouve ça absolument rigolo et touchant.Tout à coup, parce que les gens mettent leur vie quotidienne en “stand by" et qu’ils partent marcher dans les Pyrénées avec un bâton, tout devient prétexte à ce que le hasard prenne un sens insoupçonné.» «En fait, on raconte une histoire simple, mais tellement humaine, poursuit Philippe Soldevila je ne peux pas m’empêcher d’être ému par l’ambition de nos personnages, qui cherchent à Compostelle une solution à tous leurs problèmes.Comme ces pèlerins, on porte tous en nous cet espoir naif, plus ou moins caché, que tout d’un coup, il y a une petite baguette magique, un prince charmant, une étoile ou saint Jacques lui-même qui va apparaître et qui va nous dire: “Mon fils, tous tes soucis sont réglés, la vie ne sera plus jamais angoissante, tu n’auras plus de problème”.» Pourtant, ce constat inquiète le metteur en scène.Le désir de réponses toutes Mes et de solutions magiques profondément ancré au cœur des humains lui apparaît comme un terreau fertile à de nombreuses dérives.«Ce n’est pas étonnant que des gens puissent manipuler cette recherche de lumière pour en faire des guerres religieuses.Même si ce n’est pas le propos premier du spectacle, cette soif d’absolu des personnages force à la réflexion.Avec un peu de recul, je trouve qu’il y a quelque chose de l’ordre de la métaphore dans Santiago./c pense qu’on est tous des petits agneaux naïfs en marche sur le chemin de Compostelle.C’est à la fois émouvant et pathétique!» L’esprit du conte À quelques jours de la première, les deux créateurs manifestaient des inquiétudes face à l’image que peut projeter le spectacle.«Les préjugés qu’on pourrait avoir face à Santiago sont préoccupants, confiait Soldevila.j’avoue que, si j’allais voir un spectacle sur Compostelle, je serais le premier à craindre d’assister à un show pastoral.» Pour l’équipe, il était important de déjouer ces préjugés sur l’aspect mystique du spectacle.Pour y parvenir, ils ont décidé de ne proposer aucune réponse, mais de s’appliquer plutôt à raconter une histoire.Dans cet esprit, Hélène Robitaille a choisi de construire un univers empli de merveilleux, où le fantastique et le symbolisme rythment le récit.«L’esthétique et l’éthique du conte ont vraiment orienté et cadencé l’écriture.Le travail m’a ramenée aux contes anciens qui ont faççnné mon enfance.» A la manière de ces contes, Robitaille n’a pas cherché à établir une psychologie des protagonistes.«Ce sont des personnages assez denses, qui ont un passé, un présent et un avenir.Mais je n’ai pas voulu les expliquer.» Pour l’auteure, ils sont à l’image des personnages des frères Grimm ou de Perrault «Quand on lit Le Petit Poucet on n’a pas sa psychanalyse, on a seulement le Petit Poucet en action.Santiago fonctionne un peu de la même façon.La réflexion, le propos du spectacle apparaît après coup.» Le cycle que les membres du Théâtre Sortie de secours entreprennent cette semaine se poursuivra l’an prochain, alors que deux importants rendez-vous sont déjà inscrits à leur calendrier.Le premier se déroulera à Montréal, au Théâtre d’AujourdTiui, où Santiago sera repris.Le second aura lieu à Québec, où l’on pourra assister à la présentation de leur prochaine pièce.Pour cette nouvelle création, ils puiseront dans le répertoire espagnol pour adapter Le Magicien prodigieux de Pedro Calderôn de la Barca.«C’est l’histoire de saint Cyprien de Sainte-Justine, martyr de la foi chrétienne, explique Sodevila en rigolant.C’est un texte truculent qui rappelle le motif de Faust où le diable tente d’acheter l’âme d’un homme au zénith de sa vie.A cette différence que Calderôn ajoute l’élément du libre arbitre.Le hic, dans Le Magicien prodigieux, c’est que la belle choisit de mourir pour Dieu.Ça nous ennuyait un peu.Alors mon pari d’adaptation est que, si les personnages sont capables de se libérer du diable, alors ils sont certainement capables de se libérer de l’auteur!» Collaborateur du Devoir SANTIAGO Texte d’Hélène Robitaille mis en scène par Philippe Soldevila.Du 20 mars au 7 avril, au théâtre Périscope «Je pense qu’on est tous des petits agneaux naïfs en marche sur le chemin de Compostelle » , JE VOUDRAIS \ ME DEPOSER i.LA TCTC CLÉMENT ALLARD LE DEVOIR Philippe Soldevila met en scène Santiago, le plus récent texte d’Hélène Robitaille.Tl AGO Lancement lundi 19 mors, 17 h Théâtre la Chapelle 3700, rue Saint-Dominique, Montréal.Bienvenue ! ( dkrrs -:!r feftr 192 P„ 100 PHOTOS, 16$ EN VENTE DANS LES MAISONS DE IA PRESSE, EN LIBRAIRIE ET A NOS BUREAUX À COMPTER DU 23 MARS THÉÂTRE ET ARGENT, sous la direction de Sylvain Schryburt • Le financement public du théâtre répond-il aux besoins du milieu ?• Entrée libre : Y a-t-il trop de compagnies théâtrales pour les fonds disponibles ?• Mécénat et soutien privé • Témoignages de Brigitte Haentjens (Sibyllines) et de Marcelle Oubois (les Porteuses d'Aromates) • Réalité du théâtre anglo-montréalais • Une relève pour le théâtre jeunes publics ?• tes corps « financés » dans le milieu de fa danse AUSSI • L'automne 2006 en danse • Deux festivals de danse européens • La place de la relève artistique dans la presse écrite • Portrait d'Yvonne Duckett (madame Jean-Louis Audet) • Rencontres avec Marijs Boulogne et Nathalie Claude ABONNEMENT: 1 AN, 4 NUMÉROS, 47,86 $ (I.I.) RENSEIGNEMENTS : (514) 87S-2549 WWW.REVUEJEU.ORG LAISSEZ-VOUS PRENDRE AU JEU ! CENTRE NATIONAL DES AHTS THÉÂTRE FRANÇAIS Dont» Nlndwu.drrtrfeuf rtftttgue gh m DE JONATHAN HARN0IS MISE EN SCÈNE DE CLAUDE POISSANT SsSSSSwa.SSsSlIiSSSSs PRODUCTION THÉÂTRE PÀP DU 27 MARS AU 21 AVRIL 2007 À ESPACE GO.MONTRÉAL, SU 845 4890 RÉSEAU ADMISSION 514 790 1245 - WWW.ADMrssiON.COM Forêts Texte et mise en scène Wajdi Mouawad Avec Jean Alibert, Olivier Constant.Véronique Gâté, Jacinthe Lagué, Linda Laplante.Patrick Le Mauff, Marie-France Marcotte, Bernard Meney, Jean-Sébastien Ouellette.Marie-Ève Perron et Emmanuel Schwartz / Assistance à la mise en scène Alain Roy / Dramaturgie François Ismert / Scénographie Emmanuel Clolus / Costumes Isabelle Larivière / Lumières Éric Champoux / Son Michel Maurer / Musique originale Michael Ion Fink / Maquillages Angelo Barsetti / Une création des compagnies Au carré de l’hypoténuse et Abé carré cé carré Du 27 au 31 mars 2007 à 19 h 30 Centre national des Arts, 53, rue Elgin, Ottawa Renseignements : 1 866 850-2787 Billets : Tlcketmaster (613) 755-1111 www.nac-cna.ea Tarifs de groupe et forfaits : (613) 947-7000, poste 384 (grp@nac-cna.ca) Û CINTM NATIONAL DU AftTI NATIONAL A&TI CINTM tlcketmaster 90,7 613-755-1111 premiErc CHAINE A.1 800 267-4298 M Tarif spécial 132 S TORD PÏCIN (Offre pour te spectateurs de RMI i I A LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 2007 CULTURE DANSE Voyage dans la psyché humaine Alain Francœur et Dominique Porte sondent l’imaginaire sombre de l’opéra Barbe-Bleue de Bartok FRÉDÉRIQUE DOYON De la rencontre entre deux artistes au parcours complètement différent naît une œuvre singulière, un voyage chorégraphique dans l’imaginaire sombre du Château de Barbe-Bleue de Béla Bartok.La chorégraphe Dominique Porte et l’artiste multidisciplinaire Alain Francœur signent Un homme et une femme, une lecture très libre de l’opéra à deux voue.Le duo, concepteur et interprète de la pièce, n’a pas cherché à représenter l’histoire de l’opéra de Bartok.Il a plutôt répondu à sa manière à la charge puissante et sombre de cette tragédie musicale.Leur danse, réduite à sa plus simple expression, fait écho à l’intensité sonore et dramaturgique, comme une lecture impressionniste et gestuelle de l’œuvre.«C’est une invitation à l’écoute de l’opéra et à l’imaginaire que suscite cette écoute, indique Alain Francœur.On a essayé d’incarner physiquement cet imaginaire, comme si la musique était notre troisième partenaire.» «L’intensité musicale prend énormément d’espace et on l'a assumée, au lieu d'essayer de la réduire à une bande sonore, qu’elle devienne un support à la danse, renchérit la chorégraphe.Il y a un dialogue entre ce qu’on fait et ce qu’on entend.» Pourquoi un opéra?«Pour la mise en présence de ces voix humaines», répond Dominique Porte, qui poursuit sa recherche sur le dialogue entre la danse et la musique.Quant à Alain Francœur, qui met le corps au centre de ses préoccupations artistiques, il souhaitait partir d’une structure dramatique existante pour mettre poétiquement le corps en scène.Les voilà servis avec la version de Barbe-Bleue de Bartok et son librettiste Béla Balasz, seul opéra à ., , r, .SYLVAIN FORTIN Un homme et une femme, de Dominique Porte et Alain Francœur, est une lecture très libre de l’opéra Le Château de Barbe-Bleue de Bêla Bartok.deux voix assez «impressionniste» pour laisser de la place à la danse, selon les deux artistes.L’opéra reste intact il est joué dans son intégralité.Laurent Massé a travaillé à la spatialisation sonore pour «faire voyager le son dans l’espace [et] transforme^] la perception du spectateur de l’œuvre», explique Alain Francœur.Un drame universel A elle seules, les trames musicale et vocale de l’opéra cristallisent tout le drame qui se déroule entre Judith et le duc de Barbe-Bleue: l’amour jaloux de ce dernier, qui cumule les cadavres de ses épouses qui l’auraient cocu-fié derrière sept portes, la découverte de l’horreur par sa dernière épouse Judith.Mais nul besoin de connaître l’histoire.L’extrême charge musicale a porté les artistes à épurer, à élaguer tout.«On ne reconnaîtra pas l’histoire; il n’y a pas l’idée de vouloir comprendre, précise la chorégraphe.C’est une extrapolation, ça reste dans l’imaginaire.Le titre appelle à cette lecture très ouverte de l’œuvre: il y a quelque chose d’universel là-dedans, ça pourrait être n’importe qui.» Oubliez donc les portes, les cadavres, mais retenez la psychologie brute, sombre, les mécanismes pulsionnels qui en découlent: le malaise, la solitude dans laquelle plonge la difficile connaissance du secret de l’autre, qui empêche de sceller leur amour.«C'est le désir de rencontre de deux solitudes», dit Alain Francœur, puisque la découverte de l’horrible secret découle du désir de rapprochement de Judith.«B y a une quête qui les lie», ajoute Dominique Porte, même si elle finira par les séparer.D’ailleurs, s’ils sont souvent en interaction, leurs deux corps entretiennent très peu de contacts physiques.Voyage dans la psyché humaine, Un homme et une femme s’est avéré refléter la démarche créatrice des deux artistes, la rencontre parfois difficile de leurs visions respectives — à l’instar des deux protagonistes de l’opéra de Bartok.«Ça ne ressemble ni à ce que je fais ni à ce qu’Alain fait, dit Dominique Porte.«On est en terrain inconnu, tous les deux», rajoute Alain Francœur.Lancés d’abord sur diverses pistes de lecture de l’opéra — plus théâtrale, performée ou déconstruite —, les deux artistes ont finalement opté pour une proposition chorégraphique très dépouillée, ancrée dans les états psychiques plus que des formes dansées.«S’il y a une forme, elle doit venir de différents états qu’on a identifiés, elle ne dérive jamais d'un phrasé chorégraphique», précise Dominique Porte.En plus de 24 heures d’activités philosophiques diversifiées La nuit de la philosophie présente Ferré, Brel et Brassens Dans Retard probable 5 min créé par sa compagnie Système D en 2001, Dominique Porte fait éclater sa structure chorégraphique et s’attarde particulièrement aux rapports entre danse et musique.Mais jusqu'ici, le geste, construit, fluide et rapide, a toujours dicté ses pièces.Sa rencontre avec Alain Francœur l'a amenée au plus près des états bruts du corps.Formé en théâtre, Alain Francœur gravite autour des arts du corps: la danse (Osselets), la performance (Bêtes de foire), le théâtre, le cirque.Cette pluralité disciplinaire, il la cultive aussi à travers la vidéo.Mais il a ici résisté à la tentation de multiplier les langages, retrouvant le pur plaisir du performeur sur scène, après quelques années d'enseignement et de travail dans l’ombre.«Ce qui reste, c’est une ligne de tension fine sur laquelle on est en équilibre pendant tout le parcours initiatique des deux personnages.jusqu à leur perte.» Le Devoir UN HOMME ET UNE FEMME Chorégraphie d’Alain Francœur et Dominique Porte.Du 20 au 24 mars à l’Agora de la danse.ALAIN FRANCO DOMINIQUE PO UN HOMME ET UNE î 20 AU 24 MARS_20 PROJECTION ET RENCONTRE AVEC i PHILIPPE DECOUPLE ' SAMED117 MARS 11 H.ENTRÉE GRATUITE! SVP RÉSERVATION AU 514 521-4493 USINE 0 MUSIQUE CLASSIQUE Mozart: 22 opéras.ou presque Universal, sous étiquettes Decca et Deutsche Grammo-phon, publie l’intégrale des opéras de Mozart enregistrée à Salzbourg à l’été 2006.Arrivée in extremis avant Noël en Europe, cette somme est disponible depuis plusieurs semaines en Amérique du Nord.CHRISTOPHE HUSS L> intégrale, désignée par l’ap-r pellation Mozart 22, ou M22, existe sous deux formes: un élégant coffret et des DVD disponibles isolément.Au Canada, l’éditeur n’avait pas prévu de faire parvenir aux critiques le coffret.Ce commentaire est donc rédigé à partir des DVD isolés.Deux conséquences.D’abord, La Clémence de Titus dans la mise en scène psychotique de Martin Kusej, captée en 2003, et publiée en 2005 par TDK, n'est pas vendue séparément par DG.Pas de quoi se ruer, pas de quoi déconsidérer le coffret non plus, puisqu’on en voit bien d’autres (Ascanio in alba, L’Enlèvement au sérail, Don Giovanni).Ensuite, et c’est plus important pour attirer les acheteurs vers la boîte de 33 DVD, Les Noces de Figaro ne sont pas disponibles hors coffret.C’est malin et un peu vicieux, puisque ce spectacle phare réunit Anna Netrebko et Nikolaus Harnoncourt.Mais, promis, on l’aura un jour.Constantes Quelques constantes pourraient justifier l’achat du coffret.L’édition DVD, malgré la hâte de l’opération commerciale, est soignée: présentation, menus, sous-titres, qualités visuelle et sonore sont d’une belle constance de qualité.H faut également souligner le resserrement du projet dans le temps, ce qui permet d’entrevoir quelques fils conducteurs, comme un souci de la théâtralité (avec tout ce que ce concept peut entraîner sur des scènes germaniques) et une approche musicale dépoussiérée — plutôt militante que routinière, quand excès il y a.Les spectacles sont majoritairement colorés et humanisés, en tout cas ils ne sont pas amidonnés dans un XVIII' siècle de pacotille.La présentation de ces opéras dans un espace de temps réduit a des conséquences dans les distributions, un chanteur ne pouvant être mobilisé sur deux opéras en même temps.L’éventail des artistes mobilisés est donc très large, avec un risque accru de ne pas avoir de «distribution optimale», un risque, aussi, d’avoir des chanteurs peu rompus à la langue.Cela s’entend dans les dialogues VOIR PAGE E 5: MOZART k.interprétés par RENÉE CLAUDE, PIERROT FOURNIER et ROGER GENOIS Le 24 mars, à 20 h, salle Marie-Gérin-Lajoie de l’UQAM 405 rue Sainte-Catherine Est, niveau métro (Berri-UQAM) Pré-vente : 10 $, Coop UQAM (J-M220) ou billetterie (J-M400) Vente à la porte : 15 î www.nuitdelaphilo.com UQÀM F SOLO LE DOUTE M'HABITE (FRANCE) DE ET AVEC PHILIPPE DECOUPLE O DERNIER SOIR À NE PAS MANQUER! GUICHET 514 521 4493 / WWW.USINE-C.COM ADMISSION 514 7901245/WWW.ADMISSION.COM ".Ce spectacle restera gravé dans nos mémoires à jamais.{ Magique." BALLET-DANSE MAGAZINE ".Philippe Decouflé vient rappeler qu'il est un interprète aussi efficace que touchant, aussi inattendu que totalement accessible." MIDI LIBRE CHOREGRAPHES ET INTERPRETES ALAIN FRANCOEUR ET DOMINIQUE PORTE COLLABORATEURS CHRISTINE CHARLES.SOPHIE CORRIVEAU MICHÈLE FEBVRE LAURENT MASLÉ, CHARLES PAPASOFF, JULIE ANDRÉE T ' MUSIQUE OPÉRA LE CHÂTEAU OÉ BARBE-BLEUE DE BÉLA BARTOK UNE COPRODUCTION DE SYSTÈME 0/00MINIQUE PORTE ET DE L'AGORA DE LA DANSE PHOTO SYLVAIN FO.T.N Lü DEVOIR ¦'Vv .AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER.MÉTRO SHERBROOKE WWW.AGORADANSE.COM 514 525 1500 ADMISSION SU 790.1245 A LE DEV 01 R.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 20 0 7 E 5 CULTURE MOZART SUITE DE LA PAGE E 4 des opéras en allemand.À cela s’ajoute la nécessité, à Salzbourg, d’afficher des «noms», avec quelques cuisants échecs.L’excellent ténor Paul Groves, dans La Flûte enchantée, chante Tami-no comme s’il s’était égaré dans Lohengrin de Wagner, mais sans le style de l’un ni les moyens de l’autre.La scénographie de cette Flûte enchantée étant du niveau prématernelle, on peut s’abstenir malgré quelques belles prestations, dont celle du chef, Riccar-do Muti, et du Papageno, Christian Gerhaher.Ce «tout Mozart» lyrique est aussi un peu plus que du Mozart.Ainsi, le singspiel (forme d’opéra utilisée par Mozart dans sa jeunesse) inachevé Zaïde est enchâssé dans un spectacle contemporain, intitulé Adama (terre, en hébreu), créé par la compositrice Chaya Czernowin autour d’un amour impossible entre ,un couple israélo-palestinien.Etrange expérience et divagation scénique qui a plus à voir avec le théâtre expérimental qu’avec Mozart.Beaucoup plus réussie: la coexistence d’humains et de marionnettes dans l’intrication de Bastien et Bastienne et Der Schauspieldirektor, spectacle drôle, ingénieux et sympathique, présenté au Théâtre de marionnettes de Salzbourg, qui donne un attrait évident à deux opéras de jeunesse.Trois spectacles, sous-titrés Irrfahrten (Pérégrinations), ont été conçus en tant que concept par Joachim Schlômer.Il s’agit de La Finta semplice, de Lo Sposo de-luso et de L’Oca del Cairo.Ces trois ouvrages de la prime jeunesse de Mozart sont intégrés dans un spectacle de théâtre musical, avec danse et vidéo, le but du concepteur étant d’illustrer la volonté d’émancipation de l’artiste face au pouvoir.Ce projet, qui démarre bien, avec La Finta semplice, est à ranger parmi ceux qui se servent de Mozart plutôt que l’inverse.On notera qu Irrfahrten II, titré «Abendempfindung» (Sensation du soir), est un pastiche théâtral nourri par plusieurs œuvres éparses, alors que Lo Sposo deluso et L’Oca del Cairo sont groupés dans la première partie d’Irrfahrten III, «Rex tre-mendae», spectacle de plus en plus étrange au fur et à mesure de son avancée.Parmi les surprises, signalons que La Betulia liberata est une version de concert, un concert néanmoins exceptionnel, mené par Christoph Poppen, qui montre que la force brute de la musique surpasse celle d’élucubrations théâtrales.Quelques conseils Le coffret est sans doute un bel objet de collection, mais, pragmatiquement, il est à parier que bien des mélomanes chercheront leur bonheur dans les parutions isolées.Deux axes de recherche à ce niveau: les opéras rares et les grandes réussites dans des ouvrages connus.Il existe sur le marché beaucoup de DVD des grands opéras de Mozart avec un niveau général parfois élevé (Les Noces de Figaro, Cosifan lutte), parfois faible (La Flûte enchantée) pour ne pas avoir, forcément, à puiser dans les spectacles de Salzbourg.Le Don Giovanni est celui du provocateur Martin Kusej, plutôt bien servi par une captation tout en gros plans.Mais Thomas Hampson est trop âgé, même si cette voix qui se désagrège est au diapason de la vision du person- nage par le metteur en scène.L’Enlèvement au sérail est pris en otage par un metteur en scène fou du nom de Stefan Herheim.En attendant Les Noces de Figaro dont on dit le plus grand bien, le trio majeur parmi les opéras connus est composé d’Idomeneo et Mitridate et de Cosi fan lutte, ce dernier dans une relecture moderne (avec quelques adaptations) mais remarquablement intelligente d’Ursel et Karl-Ernst Herrmann, magnifiquement filmée au demeurant.Un cran au-dessus trône Idomeneo, opéra sinistré en DVD, également scruté par le couple Herrmann et dirigé par Roger Norrington, à la tête de la meilleure distribution du projet Mozart: Ramon Vargas, Magdalena Kozena, Ekaterina Siurina et Anjan Harteros.Le Mitridate du tandem Gtiner Kramer et Marc Minkowski navigue, en tant que spectacle, sur les mêmes sommets.Là aussi c’est de l’opéra «modernisé» mais logique, respectueux et inventif.Parmi les ouvrages moins connus, on peut fuir Ascanio in alba, épouvantable spectacle dirigé avec un fouet par Adam Fischer; Il Sogno di Scipione, à la distribution problématique dans une scénographie indigne du niveau salzbourgeois, et II Re pasto-re, qui vaut pour la direction musicale de Thomas Hengelbrock et l’Elisa de Marlis Petersen mais pas pour grand-chose d’autre.La Finta giardiniera passée à la moulinette de l’imaginaire déjanté de Doris Dôrrie se déroule dans une espèce de Botanix.C’est très drôle, avec deux bémols: Alexandra Reinprecht, médiocre dans le rôle de la jardinière, et le son, car le Landestheater de Salzbourg coupe les aigus.Deux grands gagnants parmi les opéras peu connus.D’abord le DVD d’un spectacle estudiantin réunissant Apollo et Hyacin-thus, seule mise en scène résolument baroque, et Die Schul-digkeit des ersten Gebots, allégorie comique sur un «oratorio scénique».Enfin, et surtout, Lucio Scilla vu par Jurgen Flimm, le nouveau maître de Salzbourg, qui, porté par une distribution parfaite, a créé un spectacle passionnant, convaincant en DVD malgré des images à dominante bleue.Collaborateur du Devoir Priorités Idomeneo Lucio Scilla Mitridate Bastien et Bastienne/Der Schauspieldirektor Intéressants Cosi fan lutte Apollo et Hyacintus/Die Schuldig-keit des ersten Gebots La Finta semplice Don Giovanni Ni-‘f Concert bénéfice donné par Louis Lortie 21 mars 2007 à 20h à l’église de la Visitation I Programmation Thomas Adès Darhnesse Visible Liszt (Ouverture Tannhâuser de Richard Wagner Liszt Années de pèlerinage, première année : Suisse, Vallée d'Obermann no.6 Thomas Adès Traced Overhead Chopin Nocturne en si majeur opus 62, no.l Chopin Sonate en si mineur, opus 58 noir 0UCHE9E ^ Admission : 75$ (un reçu de charité de 50$ vous sera remis sur demande) Concert bénéfice au profit de l'Organisme Benoit Duchesne Église de la Visitation 1847, boulevard Gouin Est à Montréal Billets en «ente 450-227-2564/450-224-2863 contact@obd.qc.ca www.obd.qc.ca DISQUE Petite reine de banlieue Luce Dufaultparle de Demi-jour, son nouvel album tout en demi-teintes SYLVAIN CORMIER C7 est pas pour me vanter, mais son band, c’est mon band.Mon band d’un soir, certes.J’explique.Au spectacle des Ratés sympathiques, à l’automne, nous étions moralement et musicalement soutenus, cohorte de critiques terrorisés à l’idée de chanter devant un parterre de chanteurs, par les accompagnateurs habituels de Luce Dufault Expérience mémorable à plus d’un titre: observer des prôs à l’œuvre, c’est instructif.Jean Gar-neau, l’as guitariste et directeur artistique, était aussi calme que nous étions fébriles.Jean-Sébastien Fournier, l’as claviériste, Alain Ber-gé, l’as batteur, tous les gars étaient des mamans pour les garçonnets et fillettes que nous étions redevenus.Ils se moquaient un peu de nous, aussi.Gentiment Je dis ça à Luce qui rigole.Le rire de Luce Dufault est plus qu’éclatant: il éclabousse un peu.«Vous deviez être beaux! C’est vrai qu’ils sont relaxes, mes gars.Ils sont drôles, ils te soutiennent, ils ne s’énervent pas que tu pètes des coches.Et moi, je suis capable de péter pas mal de coches!» Elle s’esclaffe.En studio, c’est une angoissée notoire, la Luce.Jamais rassérénée.La prise n’est jamais la bonne.«Je continuerais tout le temps.Jean et Ti-Bass [Garneau et Fournier, coréalisateurs du nouvel album de Dice] savent quoi faire avec moi.Ils me laissent toujours chanter une ou deux prises de plus, pour me faire plaisir» Même quand la première prise est de toute évidence la meilleure.«Je ne peux pas m’écouter sur le coup.C’est seulement maintenant, avec la distance, que je peux être un peu fière de moi.» L’album en question, qui sera dans les bacs ce mardi, s’intitule Demi-jour.Comme dans demi-teintes.Comme dans pas trop appuyé sur les pitons des émotions faciles.Garneau m’avait annoncé la couleur entre deux répétitions des Ratés: un disque en prise directe, manière acoustique, guitare-piano-contrebasse-voix, le minimum de percussions, tout le monde dans la même pièce, Luce qui chante en même temps que les gars jouent.Qu’ont-ils joué?Je le découvre avec ravissement et attendrissement: des chansons de qualité écrites pour Luce par Nelson Minville, Marc Chabot et Richard Séguin, Michel Rivard, Marc Déry fia très mélodique Non), plus des relectures de chansons longtemps chéries, une de Cabrel (Hors-saison), deux de Joni Mitchell (Both Sides Now, River, belles à pleurer), et comme de bien entendu un standard de blues (You’ve Changed).VD • CD • VHS • K7 Des années d'expérience au sein de l'industrie pour vous offrir un produit de haute qualité, des prix compétitifs et un service à la clientèle attentionné.•% Duplication / Pressage de CD & DVD
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