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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-03-17, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 M A R S 2 0 0 7 (i LE DEVOIR Arts et, culture CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL estival NteRNatioNal oe La ittékatuRe H 2 4 06 SOURCE CDADM* ¦151 La Cinémathèque québécoise, fondée en 1963, sise sur le boulevard de Maisonneuve.Après une période houleuse et des difficultés financières, son redressement est maintenant chose faite.SOURCE CDADM bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG, de la Compagnie Marie Chouinard L’ensemble de création musicale Constantinople Une nouvelle présidence en cette 51e année Pour Louise Roy, la culture est sous-financée à Montréal Pour bien s’acquitter de son mandat, le Conseil des arts de Montréal aimerait pouvoir bénéficier de moyens plus importants.Fort de son expérience de 50 ans, il estime par ailleurs être particulièrement bien placé pour continuer à le faire.Selon sa présidente, la création d’une «superstructure» des arts à Montréal ne constitue pas forcément la voie à suivre.Entrevue avec la présidente du Conseil des arts de Montréal, Louise Roy.BRIGITTE SAINT-PIERRE Le Conseil des arts de Montréal (CAM) aimerait pouvoir soutenir encore davantage la création, la production et la diffusion artistiques professionnelles.«C’est évident que la culture à Montréal est sous-financée», déclare la présidente du Conseil des arts de Montréal (CAM), Louise Roy.«C’est clair qu’on a des demandes auxquelles on ne peut pas répondre», ajoute-t-elle.Un budget plus substantiel permettrait au Conseil des arts de soutenir davantage les grandes institutions culturelles montréalaises, les plus petits organismes innovateurs et les nouvelles pratiques artistiques, et de subventionner de nouveaux organismes.Les arts du cirque, le design, l’architecture, les métiers d’arts, les musiques alternatives pourraient en outre en bénéficier.Le Conseil des arts aimerait aussi pouvoir augmenter la fréquence des tournées qu’il organise, offrir davantage de conseils en matière de gestion aux petits et moyens organismes, et disposer de ressources pour effectuer de la recherche.Sécuriser le financement public Le rapport du groupe-conseil sur la politique culturelle de la Ville de Montréal recommandait déjà en 2003 une hausse de 10 millions de dollars sur cinq ans du budget du Conseil des arts, rappelle sa présidente.La Ville de Montréal avait versé en 2003 neuf millions de dollars au CAM, comparativement à 10 millions l’an dernier (sur un budget total de 10 millions 125 mille dollars).La contribution financière de la Ville de Montréal au Conseil des arts ne représente qu’envi-ron 0,25 % du budget de la Ville, souligne Mme Roy.Selon la présidente du CAM, les villes de la grande région de Montréal devraient aussi être mises à contribution.«On sait qu’à peu près le tiers de nos auditoires viennent de la grande région de Montréal.Ce serait tout à fait normal que, pour les grands organismes qu’on finance, une partie de cet argent-là vienne de la région de Montréal.» Pour une hausse du financement privé «[La culture] est sous-financée aussi par le secteur privé», estime Mme Roy.Le financement privé représente environ 13 % des revenus des organismes culturels montréalais, alors que la moyenne canadienne dépasse les 20 %.Louise Roy vient de mettre sur pied un forum des présidents, qui regroupe une trentaine de présidents de conseil d’administration des principaux organismes artistiques de Montréal.Le Conseil des arts entend notamment mettre à contribution ce Forum pour favoriser le développement du mécénat Le Forum des présidents réfléchira sur des enjeux tels le financement public, la participation du secteur privé, le rayonnement international et la gouvernance, des sujets dont il sera question lors du sommet Montréal, métropole culturelle — Rendez-vous de novembre 2007.Vers le sommet de novembre Pour Louise Roy, le sommet de novembre est une occasion de se mobiliser et de passer à l’action.«Je m’attends qu’on sorte de là [en ayant] sécurisé pour l’avenir des engagements financiers et qu’on puisse créer des conditions, [par exemple] fiscales, pour que le mécénat privé puisse s’exercer», dit la présidente.Elle estime que le milieu devra aussi se concerter, adopter une vision commune et déterminer des priorités.Dans le cadre du Rendez-vous de novembre, l’organisme Culture Montréal s’est engagé à revoir avec ses partenaires les mécanismes de gouvernance culturelle de la métropole.Il propose la création d’une agence métropolitaine de développement des arts et de la culture, qui regrouperait «l’ensemble des fonctions et programmes municipaux de nature centrale reliés au SOURCE CDADM Louise Roy soutien [dont on exclut ici les services culturels de proximité dévolus aux arrondissements], au développement et au rayonnement des arts, du patrimoine et de la culture».Selon Louise Roy, la création d’une «mégastructure» des arts à Montréal ne constitue pas forcément la voie à suivre.«Avant d'aller créer quelque chose de nouveau, une superstructure, on se pose la question: est-ce qu’on a vraiment besoin de ça?Est-ce qu’on ne peut pas [renforcer] les organismes existants, leur donner les moyens de fonctionner?[.] Est-ce qu’il n’y a pas des mécanismes de concertation permanents à mettre en place?», demande la présidente, qui évoque la possibilité d’élargir la mission du CAM et d’examiner son organisation.Pendant ce temps à Toronto.Toronto a bénéficié ces dernières années d’investissements importants dans des infrastructures artistiques.Montréal risque-t-il de se faire damer le pion comme métropole culturelle phare au Canada?«Je pense qu’il faut qu'on se réveille, parce qu’eux construisent des infrastructures importantes qui vont attirer inévitablement des activités, des organismes qui vont vouloir aller faire des représentations, du tourisme, ça va être un levier», affirme Louise Roy.«Nous à Montréal, on a un vivier de talents, de création {.].En même temps, il faut nourrir ça», estime la présidente, qui croit qu’il faut y consacrer des moyens suffisants.Culture et élections La présidente du Conseil des arts de Montréal est-elle satis-faîte des engagements en matière de culture des différents partis politiques en cette période électorale?«Je n’ai pas entendu parler de culture depuis le début [de la campagne]», a dit Mme Roy lors de l’entretien qu’elle a accordé au Devoir la semaine dernière.«Je n'ai pas entendu parler beaucoup de développement économique non plus», a-t-elle ajouté.Selon la présidente, le lien entre la culture et le développement économique est double.La culture peut d’une part accroître l’attrait de Montréal et sa qualité de vie, et générer des emplois, fait-elle valoir.«Si on ne crée pas de richesses à Montréal, on ne pourra pas penser par exemple avoir du mécénat ou avoir le niveau de ressources publiques adéquat», dit d’autre part Mme Roy.Collaboratrice du Devoir 4 MARIE CHOUINARD Sa compagnie est lauréate du Grand Prix Page 2 CONSEILLERS CULTURELS «Les organismes n’ont pas besoin d’expliquer en détail ce qu’ils font» Page 4 FINALISTES 2006 Théâtre Centaur Page 3 Musique fruduetion Ibtem contemporain Page 4 Arts visuels Mime McCord Arts médiatiques Société des arts technologiques Cinéma Cinémathèque québécoise Page 6 Nouvelles pratiques Usine C Littérature Festival international de littérature Page S i LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 2007 G 2 CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Grand Prix 2006 Sur scène depuis 1978 La Compagnie Marie Chouinard triomphe au rythme des « Variations Goldberg » Année faste pour la danseuse et chorégraphe Marie Chouinard: non seulement s’est-elle vu octroyer des subventions totalisant près de deux millions de dollars pour ancrer sa compagnie à Montréal, mais elle est lauréate du Grand Prix 2006 du Conseil des arts de Montréal pour sa remarquable création bODY_rEMIX/les_vARlATIONS_gOLDBERG.LÉO G UIM O NT Ta ballerine est un animal à '' X^jquatre pointes», peut-on lire dans la savante étude qu’un professeur de l’UQAC a consacrée à l’œuvre bODY rEMIX/ lesjvARIA TIONS_gÔLDBERG.Cette chorégraphie atypique pour danseurs et supports en tout genre — béquilles, conies, prothèses, harnais, etc.— a soulevé l’enthousiasme du public de nombreux pays depuis sa création à la Biennale de Venise en 2005.«Une méditation virtuose sur la beauté et la fragilité du corps humain», s’extasie le critique du Tagesspiegel de Berlin.Celui du Monde a qualifié la Compagnie Marie Chouinard de «corps de ballet le plus mutant du moment».«De sauvages fantaisies visuelles dans un continuum vertigineux», publie R Gazzettino de Venise.D est vrai que l’usage de ces accessoires donne lieu à des formes corporelles et à des dynamiques gestuelles inusitées, comme l’indique le livret du ballet: «Esthète du hors-norme, Marie Chouinard offre une réflexion sur les effleurements entre l’indéfinissable de l’Autre et la flagrance de la Beauté, autour des “Variations Goldberg” de Jean-Sébastien Bach.» On retrouve ici ce qui caractérise le tra- vail de l’artiste: simplicité d’accès, lecture immédiate, esprit inventif et univers festif.Sur scène toujours, 29 ans plus tard En 2003, la chorégraphe célébrait 25 années de création.Depuis sa première œuvre en 1978 (.Cristallisation), 50 chorégraphies, actions-performances, œuvres vocales, installations et films, dont le fascinant Après-midi d’un faune (1987), sont sortis de son imagination féconde.La fondation de sa compagnie en 1990 la propulse vers de nouveaux sommets et entraîne la création d’une Les arts et les lettres au Québec : c’est une affaire d’État.Le M.A.L.réclame une augmentation derrJnlIliwiciiJdu budget du Conseil des arts et des lettres du Québec.Si peu pour tant de richesses naturelles Commettez-vous ! et les LETTRES l www.mal.qc.ca Conseil des métiers d'art du Québec (CMAQ) Conseil québécois de la musique (COM) Conseil québécois des arts médiatiques (CQAM) Conseil québécois du théâtre (CQT) En Piste, le Regroupement national des arts du cirque Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec (RCAAQ) Regroupement québécois de la danse (RQD) Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) Conseil de développement culturel du Centre-du-Québec Conseil de la culture de l'Abitibi-Témiscamingue Conseil de la Culture du Bas-Saint-Laurent Conseil de la culture de l'Estrie Conseil de la culture de la Gaspésie Conseil de la culture des Laurentides Conseil de la culture des réglons de Québec et de Chaudière-Appalaches Conseil de la Culture et des Communications de la Mauricie Conseil montérégien de la culture et des communications Conseil régional de la culture et des communications de la Côte-Nord Conseil régional de la culture de l'Outaouais Conseil régional de la culture Saguenay - Lac-Saint-Jean Culture Lanaudière SOURCE CDADlti bODY_rEMIX/les_vARIATIONS_gOLDBERG, une chorégraphie atypique pour danseurs et supports en tout genre, a soulevé l’enthousiasme du public de nombreux pays depuis sa création à la Biennale de Venise en 2005.douzaine de pièces, des Trous du ciel (1990) au Cri du monde (2000) en passant par Le Sacre du printemps (1993), sa première œuvre inspirée d’une partition musicale (de Stravinski).«Chouinard est me iconoclaste fascinée par les rituels», lit-on dans L’Encyclopédie canadienne.«Pour elle, la danse est un art sacré, où le corps s’installe comme un matériau extraordinaire doté d’une force spirituelle qu’il faut célébrer.» Iconoclaste, elle l’est à plus d’un titre.Cette jeune femme gracile au visage d’elfe est habitée par des visions qui peuvent être d’une violence inouïe.N’affirmait-elle pas dans une entrevue que ses contes d’enfance préférés étaient ceux qui finissaient mal, comme La Petite Marchande d’allumettes, La Chèvre de monsieur Seguin, toutes ces histoires où un personnage solitaire lutte héroïquement et meurt à la fin?Eros est aussi omniprésent dans ses créations, élément indissociable de la condition humaine qui la fascine tant.A ses yeux, le sens de son travail se résume ainsi: la pratique de la liberté et de l’intelligence, la fulgurance de vivre et, en filigrane, la célébration, l’offrande.Une œuvre reconnue Acclamée mondialement, Marie Chouinard a remporté un grand nombre de distinctions, dont le prix Jacqueline-Lemieux (1986), le prix Jean A.Chalmers pour la chorégraphie (1987), le Paper Boat Award (1994, Glasgow, Royaume-Uni) et le New York Performance Arts Award (Bessie) en reconnaissance de ses réalisations.En 2003, elle recevait le prix en chorégraphie de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (la SACD, créée par Beaumarchais en 1777, est la plus ancienne des sociétés de gestion collective des droits d’auteur en France) et celui du Centre national des arts d’Ottawa pour les arts de la scène.Ses œuvres sont reprises dans le monde entier.Au printemps 1999, afin de répondre aux demandes qui affluaient des quatre coins du monde pour le spectacle Humanitas, créé l’année précédente, la chorégraphe a mis en place, au sein de sa compagnie, une seconde équipe de danseurs.De fréquentes commandes de chorégraphies lui proviennent aussi d’artistes indépendants.Un espace enfin! 11 était donc grand temps que cette ambassadrice de la danse québécoise ait son propre espace de création.On peut dire que c’est chose faite depuis janvier dernier, puisque la Compagnie Marie Chouinard a reçu une subvention de 1,2 million de dollars octroyée par le ministère québécois de la Culture et des Communications, à laquelle s’ajoute un montant de 768 006 $ (sic) accordé par Patrimoine canadien.Ces sommes serviront à l’aménagement d’un centre de création chorégraphique dans l’ancienne bibliothèque Ægidius-Fauteux, rue de l’Esplanade, près de l’avenue du Mont-Royal.Le nouveau centre accueillera aussi des danseurs d’ici et d’ailleurs, et le grand chorégraphe russe Mikhaïl Baryshnikov pourrait bien être le premier d’une liste de prestigieux invités.L’ouverture du centre est prévue pour juillet 2007.Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le livre Marie Chouinard, chorégraphe de Catherjne Morency, publié en 2006 aux Editions Varia dans la collection «Portraits d’artistes», a connu un tel succès qu’il est actuellement en réimpression pour répondre à la demande, essentiellement européenne.Après tant de reconnaissance de la part du public et des institutions, pas étonnant que la prochaine création de Marie Chouinard s’articule autour de L’Hymne à la joie de Beethoven! Le Devoir L'art public à Montréal À propos de quelques œuvres extérieures Commissaire : Pascale Beaudet Jocelyne Alloucherie, Marie-France Brière, Michel de Broin, Linda Covit, Yves Gendreau, Michel Goulet, Francine Larivée, Gilles Mihalcean jusqu'au 24 mars 2007 I Lancement du catalogue de l'exposition ce samedi 17 mars dès 16h CI[\C4k~ CENTRE D’EXPOSmON ART CONTEMPORAIN 572, ru* Sainte-Catherine Ouest, espace 444 Monttéal, Québec, H3B 1A2 Téléphone (S14) 393-6248 Télécopieur (514)393-3803 cifca@cifca-art.com « «wwcircA-art.com / ia revue oe La nouvetLe rend hommage au Conseil des arts de Montréal à l'occasion de son 50e anniversaire et tient à saluer le rôle essentiel qu'il joue dans le développement de la vie artistique montréalaise.CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL SOX.IdAlRK dE J-a CRÉAtlÛN dEJPblsi N S > LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 2007 G 3 CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL Conseil d’administration Les artistes an pouvoir « Tellement de richesse et de foisonnement dans la vie culturelle montréalaise » Présidé par Louise Roy, le Conseil des arts de Montréal compte 25 membres.Il y a deux ans, l’organisme innovait en invitant des artistes à y siéger.Ils sont aujourd’hui majoritaires.Entretiens avec Kiya Tabassian et Monique Proulx.PIERRE VALLÉE Kiya Tabassian est musicien.D’origine iranienne, arrivé au Québec à 14 ans, il est, à 30 ans, le plus jeune membre du Conseil des arts de Montréal.«Cette initiative du Conseil, sou-ligne-t-il, reflète bien le désir d’intégrer les gens du milieu afin d’avoir vraiment le pouls du milieu artistique montréalais.» Rappelons que les membres du Conseil des arts de Montréal sont nommés pour un mandat de trois ans, renouvelable une fois.Les membres sont divisés en comités selon les disciplines artistiques et chaque comité possède son président Tous les membres sont bénévoles et ne reçoivent aucune compensation pour les fonctions qu’ils assument La charge de travail est-elle imposante?«Cela varie selon le temps de l’année, explique-t-il.En musique, comme il y a beaucoup d’événements musicaux l’été, le gros des demandes se fait au printemps.On a un mois ou deux pour étudier les quelque 60 demandes d’aide.» Jury de sélection Un seul critère de sélection domine: l’excellence artistique.«C’est la raison pour laquelle il faut faire une étude approfondie des demandes.C’est sur la qualité de la proposition artistique que repose notre choix.» De plus, le Conseil des arts de Montréal n’a pas le mandat d’orienter les choix de manière à favoriser une démarche artistique plus qu’une autre.«Par exemple, en musique, mise à part la musique populaire que nous ne soutenons pas puisque d’autres le font, le champ est plutôt vaste.Cela va de la musique classique à la musique contemporaine en passant par la musique du monde.» Selon Kiya Tabassian, le mandat de trois ans, renouvelable une fois, est un gage de stabilité.«Cela nous permet de regarder au-delà.On peut se pencher sur l’historique du demandeur mais aussi suivre son évolution.Cela établit un rapport entre le demandeur et nous, ce qui permet de mieux soutenir le développement de sa démarche.» Constantinople Kiya Tabassian sait de quoi il parle parce qu’avant d’être membre du Conseil des arts de Montréal, il en était boursier.En effet, après avoir étudié la musique persane en autodidacte et la composition musicale au Conservatoire de musique de Montréal avec Gilles Tremblay, il fonde en 1998, avec son frère Ziya, l’ensemble Constantinople, qui sera par la suite soutenu par le Conseil .des arts de Montréal.Constantinople est un ensemble de création musicale qui propose au mélomane une musique métissée de plusieurs styles.«Nous avons trois axes principaux, la musique ancienne d’Europe, la musique persane et la musique contemporaine.Constantinople, c’est la rencontre des trois.» Les débuts furent évidemment plus ardus.«Nous avons Passé les premières années à faire de la recherche dans les manuscrits.On a mis deux ans à trouver et à monter la musique et à se trouver un langage propre.» Maintenant reconnu par les milieux musicaux québécois et canadiens pour l’excellence de son travail, l’ensemble Constantinople s’ouvre à l’international.«Depuis deux ans, nous avons donné 30 concerts à l’étranger.» Les mélomanes montréalais SOURCE CDADM Monique Proulx pourront l’entendre les 22, 23 et 24 mars au Théâtre La Chapelle.Littérature La romancière bien connue Monique Proulx est aussi un des membres du Conseil des arts de Montréal et préside le comité sur la littérature.«J’avoue qu ’au départ, j’ai accepté avec un peu d’hésitation.D’abord, il y avait la question du temps parce que je trouve que le temps de création est toujours précieux.Ensuite, j'entretenais un certain cynisme envers les institutions du genre.» Elle a aujourd’hui complètement changé d’avis, «f’ai découvert au Conseil une véritable passion pour les arts.Pas seulement de la part de la direction, mais aussi des conseillers culturels.Ce ne sont pas des fonctionnaires, mais bien des amoureux des arts.» Elle constate aussi que le Conseil des arts de Montréal fait preuve de beaucoup d’ouverture.«Ce n’est pas une tour d’ivoire et il n’y a pas de condescendance.Le Conseil est vraiment connecté au milieu des arts.» Selon Monique Proulx, le rôle d’un membre du Conseil des arts de Montréal ne se limite pas à siéger au jury de sélection.«D’une part, il faut savoir ce qui se passe en ville.H faut donc sortir, rencontrer les artistes, assister aux prestations.Ce n’est pas obligatoire, mais c’est nécessaire, selon moi.» De plus, les membres se réunissent régulièrement afin d’échanger leurs points de vue.«Par exemple, je peux discuter avec les gens de l’Union des écrivains et ensuite communiquer aux autres membres ce qu’ils m’ont dit.» Crise des arts?Y a-t-il une crise des arts comme certains le craignent?«Je suis peut-être à contre-courant, mais j’ai de la difficulté à être pessimiste.Il faut aller sur le terrain pour se rendre compte que la richesse créatrice est là.Il y a tellement de richesse et de foisonnement dans la vie culturelle montréa- Ym JOSE LUIS CASTILLO Kiya Tabassian hise que c’est très stimulant.» Elle déplore évidemment que la littérature soit toujours le parent pauvre des arts au Québec, comme en témoigne sa quasi-absence sur les ondes, mais ne s’en étonne guère.«Il faut arrêter d'attendre après les grands réseaux.Il faut trouver d’autres moyens pour faire connaître les livres et les meftre dans les mains des lecteurs.» A ce propos, elle mentionne le succès que connaissent les Midis littéraires qui ont beu à la Cinquième Salle de la Place des Arts.Si elle ne tarit pas d’éloges envers le travail accompli par le Conseil des arts de Montréal, souvent à l’avant-garde, elle y va d’un sérieux bémol quant au rôle de la Ville de Montréal.«La richesse culturelle est là, mais les subsides, eux, n’y sont pas.La Ville de Montréal est déconnectée de sa base, autant des créateurs que du public.» Elle attend beaucoup du sommet culturel prévu pour novembre.«C’est l’occasion de rebrasser le fonctionnement culturel de la Ville de Montréal.J’espère que ce sommet aura un impact sur les politiques futures de Montréal en matière de soutien culturel.» THÉÂTRE Rapprochement des cultures au Centaur Grande incontournable du théâtre anglophone à Montréal, la compagnie théâtrale du Centaur a présenté une saison 2005-2006 tout à fait exceptionnelle entièrement composée de créations d’ici consacrées à Montréal.MARTINE LETARTE Depuis 10 ans, sous la direction artistique de Gordon McCall qui quittera ses fonctions cet automne, le Centaur a toujours favorisé le rapprochement des cultures anglophone et francophone si par-ticulières à la métropole.Voilà quelques raisons qui justifient le choix du Conseil des arts de Montréal de nommer le Centaur finabste du Grand Prix dans la catégorie Théâtre.«Avec notre saison Montreal Stories, nous avons vraiment célébré la métropole.Parmi tous les théâtres du Canada, c’était la première fois qu’un établissement présentait une saison composée de pièces dédiées à Montréal et écrites par des auteurs d’ici», affirme le directeur artistique du Centaur, Gordon McCall, très honoré d’avoir été choisi parmi toutes les grandes compagnies théâtrales de Montréal par le Conseil.En plus d’avoir été unique en son genre, la saison Montreal Stories a été un succès retentissant et ce, même auprès de la collectivité francophone montréalaise, a noté le directeur artistique.«Il arrivait même des soirs où l’assistance était composée majoritairement de francophones! Pendant mes 10 ans au Centaur, nous avons beaucoup collaboré avec la collectivité francophone et nous avons été chaudement reçus.Il y a une ouverture d’esprit chez les collectivités anglophone et francophone qui les incite à vouloir découvrir le travail de l’autre», croit M.McCall.C’est souvent au Centaur, magnifique théâtre situé dans le foyer de la première Bourse de Montréal en plein cœur du Vieux-Montréal, que des versions anglaises de pièces de théâtre francophones voient le jour.Par exemple, parmi les œuvres présentées lors de Montreal Stories, on retrouvait Cheech, écrite par «l’invincible» François Létoumeau, qui a également adapté son œuvre pour le cinéma.«Les anglophones sont allés voir Cheech avec grand intérêt puisque ça leur a permis d’expérimenter un peu les sensibilités des Québécois francophones à travers l’œuvre.Ils ont adoré ça.On peut apprendre beaucoup sur l’autre à travers le théâtre», soutient M.McCall.De grandes réussites Le directeur artistique est très fier d’avoir ouvert ses portes de la sorte aux auteurs québécois dès son arrivée au Centaur.Aujourd’hui, il constate à quel point ce virage a été important «Avant, Michel Tremblay faisait la première de ses spectacles en version anglaise à Toronto.Maintenant, il les fait au Centaur.C’est merveilleux!», s’exclame-t-il.Célébrer la culture francophone de Montréal ne signifie toutefois pas mettre de côté sa culture anglo- Gordon McCall SOURCE CDADM phone.L’important pour Gordon McCall, est justement de célébrer ces deux identités qui font la richesse du Montréal d’aujourd'hui.Lç Centaur a aussi célébré le Ifr anniversaire de son Festival Wildside qui met en vedette chaque année des compagnies théâtrales indépendantes locales, nationales et internationales.Gordon McCall est heureux de donner à ces artistes indépendants une visibibté devenue de plus en plus importante au fil des ans, allant de pair avec la renommée grandissante du festival.«C’est important aussi de donner la chance au public montréalais de découvrir de jeunes compagnies tout à fait rafraîchissantes et prometteuses.D’ailleurs, certaines œuvres ont connu une popularité importante après leur passage au Festival Wildside.L’une d’elles s’est rendue sur Broadway et une autre au Second City, à Toronto», note-t-il.Bienvenue aux comédiens francophones Les comédiens qui jouent sur les planches du Centaur sont principalement des comédiens de Montréal.Quelques-uns ont même le français comme langue maternelle.«Nous donnons souvent la chance à des Québécois francophones de jouer en anglais pour la première fois.C’est une belle occasion pour eux d’essayer quelque chose de nouveau et ainsi d’étendre leurs possibilités», indique M.McCall.Etant donné la vitalité du théâtre francophone à Montréal, on est en droit de se demander comment sont accueillis ces comédiens francophones qui investissent la scène d’un théâtre anglophone.«Ils sont très bien accueillis.Les meilleurs acteurs sont ceux qui doivent décrocher les rôles.Ce qui est important, c'est l’art», affirme M.McCall, qui a pris la difficile décision de quitter le Centaur l’automne prochain pour diriger le programme de mise en scène de l’université Purdue, en Indiana.«Mais Montréal est vraiment une ville qui m'inspire.Je reviendrai!» Collaboratrice du Devoir Du 11 avril au 14 avril 2007 Théâtre Complice de l'imaginaire des enfants Collaborateur du Devoir ?/ ÂÊ ff&Æ a, DynamO Théâtre salue le rôle essentiel du Conseil des arts de Montréal EN TOURNÉE SUR tllE * Outfemont 3 avril 07 Maisonneuve 4 avril 07 Ahuntsic 5 avril 07 I Saint-Laurent 17 avril07 A Montrénl-Nord 19 avril 07» ET AU QUÉBEC Æ 6«ANO PARTCNAIRC Dt IA T O U H N t f ainsi que les finalistes du Grand Prix!! info-tournée : www.avalerlamer.com , jU ÉXO CrilVWrij Aftl L.vvjrtJ.i Cnur 05 MAI 2007 • 20H00 Usine C 045, av i.cdonde, Mtl • Bilîstteiia 514 S?.l 4493 LIERAI ?MKlc MISIONS 264?f sti vi ; Opéra aug««nté iiour 7 chanteurs et 6 fliuviciens • Musiqu* • tïi'i Oliver • livret Genni Cuno • Misa an scèao v .'.vu.'., or t • une création d« Chants, libres • Avec R Inde u>-t.rt, LV" i'WK Thibault, Patrick Kaliett*, êthel Guéret, a:_v Fn’u., Clai.KJi.no Ledoux, Jean-François fVuynaüJ.t et .1 ‘cnse«t»Me siradyworks sous Xa direction de Cri&uen Gort ¦ Concepteurs Jeo.o Décatie, Pascal Düfnux, lean ür-r/ai*.u?vandal, Ioanna tier/owska.Jacques- Uo Pt-1.let a o r, l uc Kàl fois,, Lin a C ru?C crraLiüo^chont.slit'tes.oi.Q N chantslibi-es.orq Québec 85’ B$8BBSp9 *jQ yP 0R0R0 ”**"*-?’ MUSIQUE Un monde en soi Qu’ont en commun un saladier, une «balloune», une feuille de métal, une canette d’aluminium et un bout de tuyau?Ils servent tous, d’une manière ou d’une autre, à la fabrication d’instruments de musique inventés par les Productions Totem contemporain.Intrusion dans un monde d’expérimentation, d’ingéniosité et surtout, de passion.Les Productions Totem contemporain (PTC), c’est d’abord et avant tout un homme, Jean-François Laporte.Musicien et compositeur, il a eu besoin, en 1995, de musiciens pour jouer la musique qu’il créait.Il a alors regroupé des gens avec qui il avait étudié en musique au collège Marie-Vic-torin et en composition instrumentale et électroacoustique à l’Université de Montréal.C’est comme ça que, de fil en aiguille, les Productions Totem contemporain sont nées.Rapidement le groupe, particulièrement Jean-François Laporte et son musicien principal, Martin Ouellet, ont entrepris un travail plus expérimental.«Nous avons commencé à travailler avec des “ballounes”.Finalement, nous avons créé une pièce de 25 minutes où 12 musiciens font de la musique avec ces morceaux de latex», raconte M.Laporte, directeur artistique des PTC.Du génie civil à la musique expérimentale Âgé seulement de 39 ans, Jean- François Laporte a pourtant lancé sa carrière musicale un peu sur le tard, après avoir fait un passage dans le monde du génie civil.C’est en fait un échange interculturel avec le Zaïre qui a été pour lui le déclic.«J’avais déjà joué du piano, de la trompette et de la flûte à l’école, mais toujours avec des partitions à suivre.En Afrique, je me suis fait inviter spontanément à monter sur scène, à prendre un instrument à percussion et à improviser, tout simplement, devant quelques milliers de personnes.Là-bas, la musique, c’est plus un mode de communication qu’un langage qui mesure les prouesses.Ça été un gros choc pour moi», confie M.Laporte, encore aujourd’hui visiblement influencé par cette expérience.En revenant de voyage, il a terminé ses études de technicien en génie civil et a travaillé un peu dans le domaine.«Je voyais les publicité de "liberté 55” et je me voyais à ma retraite en train de me dire “j’aurais peut-être dû.”.C’était constamment dans ma tête, alors je l’ai fait! À 25 ans, je suis retourné aux études et je me donnais jusqu’à 30 ans pour que ça décolle.Avant la fin de mm baccalauréat, j’ai fait une symphonie portuaire.Ça a été mon premier gros projet», raconte M.Laporte.Importante tournée en 2006 L’année 2006 a été particulièrement importante pour les PTC.Le groupe s’était déjà souvent produit en France, en Belgique et en Italie, mais il a profité de 2006 pour aller à la rencontre d’autres publics européens.Jean-François Laporte et sa bande se sont rendus en Allemagne, en Lituanie et en Islande à l’automne, pour présenter leur installation sonore Khôra et faire entendre des œuvres composées à partir de canettes d’aluminium volantes.Cette tournée a eu des retombées concrètes pour les PTC, dont l’invitation à développer un nouveau dispositif d’instruments à intégrer dans l’orchestre symphonique de Radio-France.De plus, à la suite d’une collaboration avec le musicien traditionnel chinois Wu Wei, notamment lors d’une performance présentée dans le cadre du festival 2006 a été particulièrement importante pour les Productions Totem contemporain allemand «Tanz in October», un projet de disque commun est né.Des projets ici et ailleurs Jean-François Laporte a bien l’intention de garder un pied-à-terre à Montréal longtemps, mais pour lui et sa bande, s’installer de l’autre côté de l’Atlantique paraît maintenant presque inévitable.«Je pense aller vivre à Berlin.Je vais peut-être faire une réidence là-bas.Nous perdons beaucoup de contrats parce que nous ne vivons pas en Europe.Ù’est là que ça se passe.Nous y allons souvent, mais c’est compliqué parce que nous devons avoir beaucoup d’événements d’affilée pour que le voyage vaille la peine.» L’année 2007 s’annonçe bien chargée pour les PTC.A la fin du mois, elles se produiront au festival Archipel, à Genève.De plus, au début mai, le Musée d’art contemporain de Saint-Jacques de Compostelle, en Espagne, inaugurera l’exposition d’une nouvelle installation sonore créée par les PTC à partir de ses canettes d’aluminium volantes.Enfin, plus proche d’ici, les curieux qui n’ont jamais entendu Jean-François Laporte et son groupe pourront les découvrir au Festival international de musique actuelle de Victoria-ville alors qu’ils donneront une prestation.lors du spectacle d’ouverture le 17 mai prochain.* i fiM8 « mm FAVORISER LESSOR DES ARTS ET DES LETTRES AU QUÉBEC www.calq.gouv.qc.ca Cornell des arts et des lettres Québec es es LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DI MA X C H E 18 MARS 2 0 0 7 G 5 CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Conseil d’administration Une affaire de passion «Leprivé doit soutenir davantage les arts» Les 25 membres du Conseil des arts de Montréal appartiennent en grande majorité à la communauté artistique.Mais il y a certaines exceptions.Quelques-uns sont des élus, d’autres, des gens près du milieu des arts.Toutefois, un élément les relie tous: la passion qu’ils éprouvent pour l’art montréalais.MARTINE LETARTE L> art a toujours été présent 1 dans la vie de Patrick Beau-duin.«Lorsque j’étais garçon, ma famille passait ses vacances dans le sud de la France.Un été, à l'occasion d’une biennale d’art moderne, plusieurs artistes arrivaient dans la région et je me rappelle d’être allé dans une soirée mondaine, à 9 ans, avec Dali et Chagall, grâce entre autres à ma marraine», raconte M.Beau-duin, membre du Conseil des arts de Montréal depuis septembre dernier.C’est le cas de le dire, il est tombé dedans lors-Su’ü était petit.Depuis, il est tou-Ijpurs demeuré très proche du milieu artistique.' Pourtant, professionnellement, Patrick Beauduin ne s’est pas dirigé vers les arts.C’est dans la publicité qu’il fait carrière.Et pas n’importe où.Il est actuellement vice-président à la création convergente chez le Groupe Cos-sette Communication.Un emploi qui demande plusieurs heures de travail par semaine.Pourtant, il a été tout à fait enthousiasmé lorsqu’on lui a proposé de devenir membre du Conseil des arts.«On n’est pas qu’un métier dans la vie! Les arts sont pour moi une véritable passion.En siégeant au Conseil, je sais que je fais maintenant quelque chose de concret pour aider le milieu artistique», soutient M.Beauduin qui a été invité à siéger à cinq autres conseils d’administration dans le domaine des arts, dont celui de la Compagnie Marie Chouinard.Pour sa part, Marie Cinq-Mars a fait des études universitaires en arts et a été artiste peintre professionnelle pendant 17 ans.Elle est impliquée dans le domaine des arts depuis longtemps dans Outremont, son quartier.Elle a entre autres cofondé la Galerie d’art d’Outremont, en 1993.C’est d’ailleurs son implication soutenue dans sa collectivité qui l’a fait élire comme conseillère municipale d’Outremont en 1999 et, depuis la fusion, elle fait partie de l’équipe du maire Tremblay.Elle est membre du Conseil des arts depuis maintenant près de cinq ans.«Il y a toujours deux élus parmi les membres qui servent de trait d’union entre la Ville et le Conseil.Maintenant, pourquoi moi?Je crois que c’est mon intérêt pour le milieu artistique qui a fait qu’on me l’a proposé», indique-t-elle.Des gens à l’affût Marie Cinq-Mars est également membre du comité sectoriel en arts visuels, comité chargé d’analyser les demandes d’aide financière soumises par les organismes artistiques de cette discipline.«Pour jouer ce rôle, mon expertise dans le domaine de la peinture me sert énormément.Je vais également voir beaucoup d’expositions pour me garder toujours au courant de ce qui se passe», affirme-t-elle.Patrick Beauduin est membre du comité sectoriel en danse.Lui aussi voit le plus possible de spectacles.«C’est primordial pour être en mesure d’évaluer la valeur des demandes qui viennent à nous.Je vais voir au moins un spectacle de danse par semaine, du spectacle intimiste à l’Agora de la danse aux plus gros événements.Je vais également voir d’autres types d’expression artistique, comme du théâtre par exemple.C’est important, puisque l’art devient de plus en plus multidisciplinaire», remarque-t-il.Des perspectives différentes Artistes, politiciens, gens d’affaires: tous ces membres du Conseil provenant d’horizons différents n’ont évidemment pas tous les mêmes réalités en tête lorsqu’il est question d’art à Montréal.Patrick Beauduin, comme bien des artistes, dénonce l’infime partie du budget de la Ville de Montréal qui est affectée aux arts.«Le budget de la Ville est de quatre milliards et là-dessus, il y a environ 18 millions qui vont aux arts.C’est comme si ce n’était pas très important.Je trouve ça absolument désolant et dommage.» SOURCE CDADM Patrick Beauduin LA LA HUMAN STEPS NOUVEL LE CHORÉGRAPHE EDOUARD LOCK * CONSBÜ al "F Théâtre Maisonneuve Place des Arts JACQUES GRENIER LE DEVOIR Louise Roy, en compagnie de Pierre Karl Péladeau, lauréat 2006 du Prix art-affaires du Conseil des arts de Montréal.Marie Cinq-Mars voit les choses autrement.«Mon rôle au Conseil des arts est aussi de faire comprendre aux autres membres la réalité municipale dans laquelle nous évoluons.Nous sommes pris avec des contraintes budgétaires et nous devons composer avec elles.Toutefois, je tiens à rappeler que c’est le maire Tremblay qui a adopté la première politique culturelle de Montréal.Il a été tout à fait visionnaire», se réjouit Mme Cinq-Mars, elle-même instigatrice de la politique culturelle de l’ancienne ville d’Outremont Engagement En plus d’amener un autre regard sur l’art, les membres du Conseil extérieurs à la pratique ont souvent l’occasion d’enrichir de différentes façons le milieu des arts.Pour ce qui est de Marie Cinq-Mars, sa vie politique l’amène constamment à travailler pour la cause de l’art, particulièrement à travers son rôle de présidente de la Commission permanente sur le développement culturel et la qualité du milieu de vie de la Ville de Montréal, «Par exemple, bientôt, la Commission entendra le milieu des arts s’exprimer sur la question des ateliers d’artistes.Si Montréal souhaite garder ses artistes et en attirer davantage, elle doit leur donner la possibilité d’avoir accès à des ateliers.Nous sommes bien conscients qu’il faut trouver des solutions à ce sujet», indique la conseillère municipale d’Outremont.Patrick Beauduin souhaite pour sa part pousser le secteur privé à s’engager davantage dans le mi- lieu artistique.«Nous avons, au Conseil, la volonté très claire d’éveiller la sensibilité du milieu privé par rapport aux arts.À Toronto par exemple, le mécénat s’est beaucoup développé ces dernières années alors que Montréal a pris énormément de retard dans le domaine», affirme-t-il.C’est sur cette problématique que M.Beauduin souhaite travailler ces prochaines années.«La culture fait partie du rayonnement d’une ville et nous devons être plus conscients deçà.Le privé doit soutenir davantage les arts et j’aimerais arriver à faire bouger les choses dans le domaine», confie M.Beauduin, lui-même impliqué depuis des années dans des groupes d’achat en art contemporain.Collaboratrice du Devoir Où convergent destination et inspiration.SÉ Bonne nouvelle pour les voyageurs! L’agrandissement et la modernisation de Montréal-Trudeau vous offrent maintenant plus de services utiles qui rendent votre voyage plus agréable.Nous avons trouvé plusieurs façons d’améliorer votre expérience: un vaste hall des douanes canadiennes conçu pour assurer plus de fluidité, et une variété de boutiques et restaurants à saveur montréalaise.Dé plus, L’AéroGalerie présente une exposition de photos et des vidéos d’art médiatique pour vous divertir et vous inspirer.Visitez-nous au www.admtl.com Ensemble, vers de nouveaux sommets AÉROPORTS MONTRÉAL DEVOIR LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 2007 G 6 L E CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL ARTS VISUELS Le Musée McCord, un créneau bien à lui Le Musée McCord d’histoire canadienne, qui loge sur la rue Sherbrooke, est aujourd’hui une institution muséale incontournable de Montréal.Fondé en 1921 par David Ross McCord, le musée impressionne par sa collection permanente, une des plus importantes au Canada en documents et artefacts historiques.Et malgré son vénérable âge, il a su garder sa jeunesse, comme en témoigne son site Internet Nous nous sommes lancés sur .«IN Internet, il y a maintenant près de dix ans, explique Victoria Dickenson, directrice générale du Musée McCord, et nous y avons consacré les ressources nécessaires.C'est devenu un des plus grands sites de ce genre dans le monde.Nous recevons plus de deux millions de visites par année en provenance de partout dans le monde.» L’intérêt du Musée McCord pour Internet s'explique facilement C’est la raison de l’importance de sa collection, qui comprend plus d’un million objets, images et manuscrits, et du manque d’espace.11 est donc physiquement impossible de tout exposer, d’autant plus que le Musée McCord est un musée de modeste taille.«Comme le mandat de McCord est de rendre sa collection le plus accessible possible au public, Internet est pour nous la solution idéale.» Une visite sur le site vaut le détour.Non seulement y trouve-t-on les renseignements d’usage, mais le site propose des jeux et des circuits thématiques.On y tient aussi des expositions virtuelles.On peut en outre y consulter en ligne 107 500 artefacts de sa collection.De plus, à lui seul, le studio photographique de William Notman permet de consulter en ligne 125 000 photos des 1 250 000 photos que contient cette collection.En quelques clics de souris, il est possible de déambuler dans le Montréal d’autrefois.Une programmation variée Possédant trois salles d’exposition temporaire, le Musée McCord est en mesure d’accueillir diverses expositions tout au long de l’année, ce qui donne une programmation très variée, même si elle demeure toujours liée à l’histoire.Par exemple, la principale exposition cet hiver est la rétrospective des œuvres d’Antoine Plamondon, qui provient du Musée des beaux-arts du Québec.«Nous accueillons ce genre d’exposition au moins me fois tous les 18 mois.» La deuxième exposition, plus modeste, porte sur les tapisseries des femmes inuites.La collection permanente se trouve logée au deuxième étage.Elle porte sur le Québec et sur Montréal et est de facture plus thématique que chronologique.«On y fait une rotation tous les six mois, mais c’est surtout pour des raisons de conserva- tion.Les textiles, comme les robes, et les œuvres sur papier, sont très sensibles à la lumière.» La prochaine exposition importante sera consacrée ce printemps au 1001 anniversaire des HEC.En septembre, lors du Mois de la photo, on y présentera une exposition de photos prises par des photographes chinois canadiens.Cette exposition coïncidera avec un colloque sur la Chine qui se tiendra à l’université Concordia.Un lieu d’éducation Ces collaborations avec le monde universitaire ne devraient pas surprendre.«Nous travaillons très étroitement avec les quatre universités montréalaises depuis longtemps.Il ne faut pas oublier que nous possédons un centre d’archives et de documentation, et nous recevons chaque année beaucoup de demandes de recherches.On reçoit au moins 500 chercheurs par année.Le Musée McCord est aussi reconnu comme une institution de recherche.» De plus, au fil des ans, le Musée McCord a tissé d’importants liens avec les écoles montréalaises.D’une part, la programmation du Musée McCord a toujours fait une large part à l'animation à l’intention des enfants et des familles.Plusieurs des activités du musée y sont consacrées.«Nos programmes rejoignent plus de 20 000 enfants par année.Nous avons même mis en place des activités spécialement pour les écoles et qui sont directement liées au curriculum.» La réussite que connaît aujourd’hui le Musée McCord tient en partie à la richesse de sa collection, mais aussi à la capacité qu’il a eue au fil des ans de se forger un créneau bien à lui dans l’univers muséal de Montréal, «j’avoue que c’est tout un défi.Nos deux voisins, le Musée des beaux-arts et le Musée d’art contemporain, sont aussi très attirants.Sans compter que les beaux-arts sont souvent plus populaires que l’histoire.» Malgré cela, le Musée McCord a réussi à tirer les marrons de feu en s’appuyant sur la richesse de sa collection, certes, mais aussi sur la qualité de sa programmation.«Au fond, nous avons tous les attributs d’un bon et grand musée.La seule, différence, c’est que nous sommes de taille moyenne.» R V.ARTS MÉDIATIQUES Incubateur de talents Davantage qu’un simple lieu de diffusion, la Société des arts technologiques (SAT) est un véritable laboratoire d’art et développement.En 10 ans d’existence, la SAT a évolué, a déménagé et a grandi.Elle jouit maintenant d’une reconnaissance internationale.Aujourd’hui, avec un seul outil, l'ordinateur, on a accès à tout un éventail de possibilités: on peut créer, produire et diffuser.À la SAT, nous accompagnons des artistes qui ont besoin de soutien dans Tune ou l’autre de ces étapes.Et nous allons vers de nouveaux champs de recherche qui amènent les artistes à détourner les outils qu’ils ont à leur disposition pour arriver à un plus grand accomplissement», explique la fondatrice et directrice de la SAT, Monique Savoie.Locomotive du secteur des arts numériques montréalais, la SAT accueille en résidence des artistes internationaux qui travaillent sur de nouvelles manières d’aborder le contenu.«Ce n’est plus comme avant, où la télévision diffusait simplement des émissions regardées par des gens.Aujourd’hui, les spectateurs ne sont plus passifs, ils influencent le contenu.En envisageant les choses ainsi, la SAT est à l’avant-garde.Ce n’est pourtant pas toujours évident, puisqu’il fout remettre en question des choses qui sont acquises par la population», soutient Mme Savoie.Dans cette perspective, plusieurs outils ont été développés à la SAT, comme le Panoscope 360, un système de projection qui permet la création d’environnements immersifs 3D en temps réel.Cette invention ouvre la voie à de nombreuses applications et à un univers de sensations inédites.«Le Panoscope a été inventé à la SAT, mais à partir de ce moment, différents artistes peuvent reprendre le concept et l’amener plus loin, ou dans une autre direction», poursuit Mme Savoie.Depuis l’automne dernier, le résultat des résidences d’artistes à la SAT est exposé gratuitement au grand public dans leur espace galerie, aménagé dans leur immeuble du boulevard Saint-Laurent.La SAT, une idée spontanée Il n’y aurait probablement pas eu de SAT, ou du moins, pas aussi rapidement, s’il n’y avait pas eu à Montréal le Symposium international des arts technologiques (ISEA95).L’événement a attiré 1200 créateurs, penseurs et chercheurs internationaux.Monique Savoie en était la directrice générale.«Au lendemain de l’événement, qui avait été un succès, tout était censé être terminé.Toutefois, dans la nuit du 6 juin 1996, nous avons décidé de donner un ancrage local aux arts technologiques et c’est comme ça que la SAT est née», se souvient Mme Savoie.Au départ, la fondatrice de la SAT avait des modèles, comme le V_2 aux Pays-Bas, mais le projet demeurait flexible, «f aimerais bien pouvoir dire que nous avions une grande vision dès le départ, mais ce n’est pas le cas! L'établissement s’est développé au jour le jour.Je crois en réalité que cette souplesse que nous avions a été essentielle pour nous permettre d’être en mesure de vivre toutes les mutations de notre art», affirme Mme Savoie.Aujourd’hui, la SAT est devenue elle-même une référence dans le monde en tant que centre d’arts technologiques.«L’intérêt de la SAT se retrouve entre autres dans le fait qu’elle est née dans Tère numérique.Elle n’a pas eu à s’adapter, à prendre le virage.Et notre équipe est jeune.Nous sommes une sorte d’incubateur.Plusieurs personnes ici sortent de l’université et ont trouvé leur premier job à la SAT.C’est bien, car c’est pour eux qu’on a fait tout ça», indique Mme Savoie.La renaissance En 2003, la SAT aurait bien pu fermer ses portes après avoir perdu le local qu’elle louait sur la rue Sainte-Catherine.Finalement, cette épreuve s’est avérée n’être en fait qu’un mal pour un bien.«Nous avons demandé de l’aide et nous avons acheté l’édifice dans lequel nous sommes maintenant, sur le boulevard Saint-Laurent.Le fait d’être propriétaires assure notre pérennité et en plus, nous pouvons nous développer, nous construire selon nos besoins», se réjouit Mme Savoie.La SAT vient d’ailleurs tout juste d’annoncer son projet d’aménagement du toit de son édifice.Une partie de la surface servira de studio de production alors que l’autre sera transformée en terrasse urbaine.Avec plus de 80 événements déjà annoncés, l’année 2007 sera également importante en ce qui a trait à la programmation.Toujours à l’avant-garde, la SAT accueillera le Festival électro-noise C.O.MA en passant par les soirées musique, son et nouvelles technologies de Mutek sans oublier le volet musique/performances de la Biennale de Montréal.Les événements organisés ou coproduits par la SAT ont attiré plus de 200 000 visiteurs à ce jour.M.L.CINÉMA Lieu de mémoire Fondée en 1963, la Cinémathèque québécoise, sise sur le boulevard de Maisonneuve, est la gardienne et la mémoire des films d’ici.En plus de la conservation de films, elle fait aussi œuvre en tant que musée du cinéma, tant par ses projections publiques que ses expositions.La Cinémathèque québécoise comprend une salle de cinéma, la salle Claude-Jutra et une salle consacrée aux archives télévisuelles, à la vidéo et au multimédia, la salle Fernand-Seguin.La salle Norman-McLaren accueille les expositions temporaires et la salle Raoul-Barré, les expositions permanentes.Deux autres lieux, le foyer Luce-Guilbeault et le foyer Paul-Blouin, peuvent accueillir de plus petites expositions.La médiathèque Guy-L-Côté est une mine de renseignements cinématographiques consultée par les étudiants et les chercheurs.Les dernières années ont été plus houleuses, la Cinémathèque ayant connu certaines difficultés financières, mais le redressement est maintenant chose faite.«Nous avons réussi à rembourser près de deux tiers Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin UNE WCSENTAÏION 0C jf Banque Scotia MONTREAL du déficit et nous comptons T éponger au complet d’ici 2008», explique Yolande Racine, la directrice générale.Pour y arriver, l'équipe a d’abord dû resserrer sa gestion et revoir ses manières de faire.«Mais ce qui nous a beaucoup aidés, c’est le dépôt légal.» En effet, le gouvernement québécois a choisi d’étendre le dépôt légal aux productions cinématographiques, télévisuelles et vidéographiques.«Auparavant, le dépôt se faisait sur une base volontaire.Maintenant que c’est obligatoire, le gouvernement nous a confié le mandat de le mettre en place et de le gérer.Et il nous accorde me subvention à cet ef fet, ce qui devient une nouvelle source d'entrée de fonds.» Programmation ciblée Non seulement la Cinémathèque a-t-elle retrouvé la voie de l’équilibre financier, elle a aussi réussi à augmenter son achalandage.«En deux ans, notre clientèle a augmenté de 20 %.» Par le passé, la Cinémathèque québécoise a toujours su offrir aux cinéphiles une programmation variée et intelligente: films québécois et canadiens, certes, mais aussi films étrangers, rétrospectives de réalisateurs, etc.Un style de programmation qu’on entend maintenir.«Mais nous avons aussi cherché à rapprocher, lorsque possible, notre programmation des grands événements culturels qui ont lieu à Montréal.» Par exemple, on peut présentement y voir les premiers courts métrages d'animation de Walt Disney tandis que débute l’exposition sur Disney au Musée des beaux-arts de Montréal.La Cinémathèque accueille aussi les Rendez-vous du cinéma québécois et s’est associée au Festival de jazz et à Juste pour rire.«On va cherchera approfondir pareils partenariats à l'avenir» Toutes les expositions que monte la Cinémathèque sont accessibles gratuitement au public.«Comme nous disposons de quatre lieux d’exposition, il nous est possible d’offrir au public différentes sortes d’expositions.» En règle générale, on essaie de coller et d’arrimer les expositions à la programmation.«Par-exemple, lors de la rétrospective consacrée à Chantal Akerman, on a fait une exposition de ses œuvres vi- 5M kiwis'*'1' Société de musique .-l'fïfr .p.du Québec Walter Boudreau, directeur artistique 40 ans déjà ! Fière d’appartenir À UN MILIEU CULTUREL AUSSI DYNAMIQUE ! â: socanI i*i ^ McGill 10 Ville de Montréal suelles.» De plus, les expositions peuvent prendre diverses formes puisque la Cinémathèque québécoise s’ouvre aux autres disciplines.«Nous nous intéressons à tous les modes d’images en mouvement.Ce qui nous permet d’accueillir des installations vidéo ou multimédias.» De plus, l’entrepôt réfrigéré, situé à Boucherville, où sont conservées les copies de films, regorge aussi d’une foule d’artefacts cinématographiques.«Nous disposons d’une importante collection d’objets afférents aux films, comme des affiches, des vieux appareils de projection, des costumes et accessoires.C’est cette collection qui nous permet d’alimenter les expositions permanentes.» Internet La Cinémathèque québécoise a aussi bonifié son site Internet qui, en plus de comprendre la programmation et les renseignements d’usage, met à la disposition de l’internaute le catalogue de la collection de films ainsi que le catalogue des documents de la médiathèque.«Ces catalogues en ligne sont une importante aide à la recherche et ils sont consultés par des chercheurs d’un peu partout dans le monde.La médiathèque reçoit chaque année plusieurs chercheurs internationaux.» Quant à mettre en ligne des extraits de films, c’est l’épineux problème des droits d’auteur qui en empêche pour le moment la réalisation.«Il y a d’importants coûts liés à cela et pour le moment ce n’est pas possible.On vise toutefois à moderniser l’interface du site afin de mieux répondre aux besoins de notre clientèle.» Les diverses missions de la Cinémathèque, soit la conservation, la documentation, les projections et les expositions, font partie d’un tout «Ces diverses missions sont intrinsèques au mandat de la Cinémathèque et exigent un travail d’équipe pour être menées à bon terme.» Bien que la Cinémathèque ait recouvré une certaine santé financière, Yolande Racine ne cache pas qu’elle aimerait bien voir le soutien financier augmenter.«On travaille à sensibiliser le gouvernement fédéral à notre cause parce qu’il pourrait contribuer davantage.Avec un meilleur soutien, on pourrait faire plus.Il est difficile de se développer sans argent.» P.V.YANNICK NÉZET-SÉGUIN, CHEF MAXWELL DAVIES : AN ORKNEY WEDDING, WITH SUNRISE (AVEC CORNEMUSE) DOOLITTLE: .AND SOME FIREWORKS BRITTEN: QUATRE INTERLUDES MARINS (TIRÉS DE PETER GRIMES) MERCURE: KALÉIDOSCOPE // DEBUSSY : LA MER LE LUND119 MARS 2007,19 H 30 Théâtr» Mal«onneuve Place des Arts 514 8 4 2.2112 1 866 8 42.2112 www.pda.qc.ca Réseau Admitalon su 790.1246 LE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL EN T0URNÉ€ SAINT-LAURENT, 20 MARS.19 H 30 // OUTREMONT, 22 MARS.19 H 30 PIERREFONDS, 23 MARS, 20 H // HOCHELAGA-MAISONNEUVE, 26 MARS, 20 H VERDUN, 28 MARS, 19 H 30 // RIVIÈRE-DES-PRAIRIES, 29 MARS, 20 H CONFÉRENCE PRÉCONCERT GRATUITE UNE HEURE AVANT LES CONCERTS PARTAGEZ NOTRE PASSION 514.598.0870 POSTE 21,0RCHESTREMETR0P0LITAIN.COM CONSEIL DIS ART» Of MONTRÉAL •jù CONCERT-HOMMAGE À L’OCCASION DU 50" ANNIVERSAIRE DU CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL LE DEVOIR Québec UH Cornell elide* Art» {W du cenede La Passion SELON SAINT JEAN A • -iA-4 k f M nJi Ordicitrc hanxi CIAIRf GUIMOI iMHfCmcFART Chef invité: BERNARD LABADIE SOLISTES INVITÉS : SHANNON MF.RŒR, soprano, ROBIN Bl AZE, alto masculin, I RfolRIf ANTOUN, ténor (L’Évangéliste), KARIM SYI.AYMAN, ténor, |QSHUA HOPKINS, baryton et IONAIHAN JOB, baryton (I e Christ) I es Choristes de la Chapelle de Québec: Les 29 et 31 mars 2007 à 20h Salle Claude C hampagne 220, avenue Vincent d'Indy DE J.S.BACH, , 3 BILLETS EN VENTE MAINTENANT À PARTIR DE 15 ! RENSEIGNEMENTS ET BILLETTERIE : (514) 355-1825 ou arion@>early-music.co ALCOA M LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MAR S 2 0 0 7 G 7 CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Programmes de tournées Depuis bientôt 25 ans, ils et elles tournent.Le Conseil fait affaire avec 34 diffuseurs municipaux Le Conseil des arts de Montréal en tournée est entré en scène en 1983.Il sert à la promotion et à la diffusion des arts à la grandeur du territoire de l’île de Montréal, transportant spectacles, expositions et manifestations diverses sur tout le territoire.Les artistes et les compagnies artistiques tirent profit d’un rayonnement élargi et prolongé de leurs œuvres dans le cadre de ces déplacements.MARIE-REINE MATTE RA La tournée annuelle de l’Orchestre Métropolitain avec Yannick Nézet-Séguin revêt un caractère récurrent.RÉG1NALD HARVEY Le Conseil collabore étroitement avec les municipalités et les arrondissements dans l’organisation des tournées, dont la directrice des programmes, Nathalie Maillé résume le fonctionnement: «77 y a deux programmes pour lesquels les compagnies peuvent déposer des projets au Conseil, soit celui qui touche l’aide au fonctionnement ou aux projets et celui des tournées.En vertu de ce dernier, les compagnies montréalaises peuvent reprendre un spectacle, une exposition, une projection cinématographique ou une activité littéraire; dans tous les secteurs qu’on subventionne, on soutient celles-ci dans la reprise d’un événement qui a connu du succès une première fois.» Elle fournit d’autres explications sur les critères d’admissibilité: «Il faut que l’événement ait connu du succès sur le plan de la critique ou du public, et que ce soit quelque chose d’intéressant pour l’ensemble des publics montréalais.On doit comprendre que les publics que l’on rejoint représentent monsieur et madame Toutde-monde sur tout le territoire de l’île de Montréal; on couvre vraiment les villes reconstituées, l’ancien réseau des maisons de la culture, les centres culturels, etc.» Élargir les horizons.Il est possible d’assurer un plus large rayonnement et une plus longue vie à des œuvres en Içs promenant aux quatre coins de l’île: «C’est d’abord un pro- gramme pour les compagnies.On connaît les conditions actuelles du processus de création: dans le cycle de vie d’une œuvre, il y a le soutien à la création, à la production et à la diffusion.Tous conviennent que le maillon faible à l’intérieur de ce processus, c’est le troisième.Les compagnies trouvent que la durée de vie de leurs œuvres est très restreinte.Notre mandat est de prolonger cette durée, car on considère que c’est dans l’intérêt des Montréalais d’avoir accès à ces œuvres.C’est donc un programme d’accessibilité, mais c’est d’abord et avant tout un moyen mis à la disposition des compagnies pour prolonger la durée de vie de leurs créations.» Le Conseil fait affaire avec 34 diffuseurs municipaux pour arriver à cette fin.Mme Maillé trace les contours de cette collaboration: «Ils reçoivent nos activités et ce réseau s’est élargi au-delà des maisons de la culture avec les fusions et “défusions”, même si on utilise encore cette appellation.On a donc les 19 arrondissements de l’île et il y a aussi les 15 villes reconstituées; nous, on travaille avec tout ce monde-là et il n’y a pas un endroit sur le territoire où il n’y a pas des activités du Conseil des arts.» Est-il facile d’accorder les violons dans ce large éventail d’intervenants?«En raison de l’historique même et parce que nous soutenons cette initiative depuis 1983, on a été placé au cœur du développement culturel de ces endroits-là, auquel on a beaucoup contribué.Nous sommes très à l’écoute des besoins des compagnies, mais nous sommes aussi très au fait des possibilités des diffuseurs.Il ne faut pas se le cacher: c’est terriblement inégal sur le territoire, où il y a des lieux vraiment bien équipés et d’autres qui le sont moins.» En d’autres termes, il est impossible de présenter n’importe lequel événement n’importe où: «On favorise l’autonomie de certains lieux, car mieux ils sont équipés, plus cela favorise les compagnies montréalaises.Mais pour tout ce qu’on a initié, on s’assure toujours de pouvoir pénétrer dans tous les lieux pour rencontrer [sic] notre objectif de fond d’accessibilité, qui veut que tous les citoyens aient accès aux œuvres en cause.» Le Conseil sert des artistes professionnels qui doivent être présentés dans des conditions professionnelles: «Par exemple, on fait beaucoup de projections de films d’auteur en cinéma.Pour ce faire, on a même acheté le matériel, soit l’écran, le projecteur, etc., afin de pouvoir disposer de l’équipement professionnel en arrivant dans un lieu donné.» Le bilan des tournées Le Conseil des arts couvre sept secteurs pour lesquels il s investir Culture QUEBECOR INC existe des tournées et environ la moitié des interventions est réservée aux arts de la scène, dont font partie la danse, la musique et le théâtre.La directrice du programme en dresse un inventaire: «En 2006-2007, on parle de 497 activités et événements et, de ce nombre, il doit y en avoir un bon 275 ou 280 qui sont réservés aux arts de la scène.» Une tournée est considérée comme particulièrement importante: «Il s’agit de celle de l’Orchestre Métropolitain avec Yannick Nézet-Séguin, qui revêt un caractère récurrent; 18 concerts sont présentés chaque année dans neuf arrondissements depuis 1988.C’est une grosse partie du budget, qui est d’environ 1,1 million de dollars pour l’ensemble des organismes; à lui seul, cet orchestre reçoit presque 200 000 $.Cette tournée connaît un succès extraordinaire.» Quant aux prestations et aux présentations auxquelles le Conseil donne son aval, l’opération se déroule en concertation: «Le Conseil propose un ensemble de projets qui se sont le plus démarqués durant l’année; on offre une proposition élargie et ce sont les diffuseurs qui, en bout de ligne, choisissent.Il existe certains projets que nous avions désignés comme étant intéressants et qui ont été refusés par les diffuseurs.» La directrice ajoute une explication: «Pour qu'un projet tourne, il faut qu’il y ait cinq lieux qui manifestent de l’intérêt pour celui-ci; en bas de cinq, ori ne parle pas d’une tournée.» A partir du moment où les diffuseurs ont manifesté de l’intérêt pour un projet, le Conseil s’oc- cupe de tout pour l’accompagner «booking», coordination de la tournée, suivis, etc.C’est au tour de la diversité.L’année 2008, celle du 25r anniversaire des tournées,sera marquante.Nathalie Maillé révèle dans quel sens: «On travaille de façon très intensive à tout ce qu’on appelle la diversité culturelle dans les arts.Le Conseil a vraiment entamé des démarches, depuis deux ans, pour s’assurer qu'on puisse faire preuve à ce moment d’une diversité chez tous les artistes de tournée, qui va refléter davantage la population montréalaise.On s’aperçoit qu’il y a beaucoup d’artistes qui sont ici depuis peu de temps, qui ne sont pas connus et qu’on aurait tout intérêt à faire connaître.Voilà ce qui va marquer de façon importante les tournées durant cette année-là.» Une personne a même été embauchée et des projets sont en cours pour en arriver à atteindre cet objectif: «Auparavant, cela se faisait un peu.On a travaillé en collaboration avec les diffuseurs et avec plein de gens, de telle sorte qu’il sera possible de voir le résultat l’an prochain.Il y aura une véritable diversité dans les contenus, qui se traduira par une présence autochtone, par celle de la Bulgarie et de bien d’autres, et cela à la grandeur du territoire.C’est effectivement une volonté de procéder ' de la sorte parce qu’on y croit, parce qu’on est effectivement à Montréal et parce que c’est la particularité montréalaise.» Collaborateur du Devoir Lettres québécoises rend hommage au Conseil des arts de Montréal à l'occasion de son 50e anniversaire et tient à saluer le rôle essentiel qu'il joue dans le développement de la vie artistique montréalaise.CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL SOX,IdAlRE dE CSÉAtlON dEPQls SW'&AL n {"Mbcjs Colfkov PROCHAIN CONCERT VENDREDI 23 MARS 2007,20 H Bach et la mort Cantates de J S Bach avec Matthew White, alto masculin En coproduction avec Les Voix Baroques Salle Pollack, Université McGill 555, rue Sherbrooke Ouest, Montréal Billetterie - McGill : 514-398-4547 Billets : 35 $/24 $/12 $ JEUDI 3 MAI 2007,19 H Garde-robe Spectacle pour tous de 4 à 94 ans En coproduction avec le Moulin à Musique Auditorium Le Prévost 7355, rue Christophe-Colomb, Montréal JUN® QMMWS MLSiC mwkx 2007 — Finaliste, Album classique de l'année - VOCAL Purcell, Karina Gauvin et Les Boréades « Un des meilleurs .disque de l'année ! » — Pierre Marc Bellemare, Indispensable de La Scena Musicale, Février 2007 72 LE DEVOIR LA LISTE»-' f~&s5 Cl È> ÏXÏ” 1*1 asus», sasr muiiçaction Uuindff LE DEVOIR.LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 2007 G 8 CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL Nouvelles pratiques artistiques LITTÉRATURE De calibre international Paroles pluridisciplinaires Depuis 1995, l’Usine C s’affirme comme un centre de création et de diffusion pluridisciplinaire.À l’affiche, pièces de théâtre, expositions d’art visuel, spectacles de danse, musique électronique, arts numériques ou des œuvres mariant certaines de ces disciplines.BRIGITTE SAINT PIERRE L> ancienne usine Raymond, ’ avenue Lalonde dans le quartier centre-sud de Montréal, a été le théâtre l’an dernier de moments marquants, dont la première édition nord-américaine de l’événement international «Temps d’images».Présente dans dix pays, cette manifestation donne lieu à un croisement des arts de la scène et des arts de l’image.Le Conseil des arts de Montréal (CAM) souligne la polyvalence et le calibre international de la programmation de l’an dernier de l’Usine C et la nomme finaliste du Grand Prix 2006 dans la catégorie Nouvelles pratiques artistiques.«En ouvrant ses portes sur des pratiques et démarches différentes, risquées, prenantes, d’ici et d’ailleurs, [la directrice artistique de l’Usine C], Danièle de Fontenay, a rendu ce lieu de diffusion essentiel à la création actuelle», mentionne le CAM dans un communiqué.«C’est une marque de reconnaissance importante de la qualité de notre travail», a déclaré au Devoir Mme de Fontenay.Temps d’images La présence de Temps d’images à Montréal est le fruit de la collaboration entre des organisateurs de cet événement en Europe et l’Usine C.«Ils trouvaient que l'Usine C était un lieu formidable», dit la directrice artistique.Pour sa part, elle a assisté à l’événement en Europe et a été «emballée».Elle estime que Montréal était très bien positionné pour organiser une telle manifestation.Comme dans ce festival, des œuvres de beaucoup d’artistes montréalais sont hybrides, mêlant plusieurs disciplines artistiques.Le Conseil des arts mentionne expressément deux participants à l’événement: la compagnie italienne Motus et les per-formeurs new-yorkais du Big Art Group.Les Petits épisodes de fascisme quotidien de Motus allient arts de la scène et de l’écran.Formé de comédiens, de vidéastes, de graphistes et de musiciens, le collectif new-yorkais a pour sa part présenté sa création House of No More, une première au Canada.Des productions de qualité Le Conseil des arts souligne aussi la qualité d’autres productions, dont la chorégraphie de Meg Stuart et Benoît Lachambre.Sur une trame sonore du compositeur et musicien Hahn Rowe, ces deux danseurs ont exploré les états du couple.Le CAM mentionne la création théâtrale Peepshow de Marie Brassard.Ce spectacle fait partie d’une trilogie urbaine entamée par les créations Jimmy, créature de rêve et La Noirceur.Le Conseil évoque Demain, le dernier volet de la trilogie de la terre de Pigeons international, où danse et théâtre se côtoient.Les spectac-teurs pourront voir ou revoir les trois volets de cette trilogie ce mois-ci et le mois prochain à l’Usine C.Le CAM salue enfin la présentation par l’Usine C l’automne dernier de prestations de la compagnie théâtrale canadienne Da Da Kamera.11 s’agissait de la dernière chance pour les Montréalais d’assister à un spectacle de cette compagnie, qui mettra fin à ses activités cette année.•Ce Jut une très belle saison», affirme Mme de Fontenay, en évoquant également entre autres le souvenir de la pièce de théâtre Tout comme elle et de ses 50 interprètes.«On a réussi à inviter des compagnies de grand calibre qui étaient disponibles, à avoir des spectacles de grande qualité [.].On s’est un peu gâté, on s’est fait plaisir et on a réussi à faire plaisir au public.» La directrice artistique souligne que l’Usine C a une approche axée sur la «réciprocité internationale» et qu’elle programme chaque année quatre ou cinq productions étrangères.«Nous exportons beaucoup de productions à l’étranger.On souhaite rendre la pareille.Il est important aussi qu'il continue d’y avoir une programmation internationale à Montréal entre les périodes de festivals.» Manque de moyens • Danièle de Fontenay mentionne par ailleurs que le secteur des Nouvelles pratiques artistiques manque de moyens.«C’est plus difficile de faire de la création, de la recherche contemporaine, que de présenter des œuvres d'artistes connus, avec des interprètes connus.Il faut sensibiliser davantage le public, cela nécessite plus de moyens pour la promotion et nous n’en avons pas suffisamment.» Elle rappelle les difficultés financières récentes du Théâtre La Chapelle et du Studio 303 et mentionne que ce n’est pas facile non plus pour l’Usine C.«Ça fait 30 ans que je suis dans le métier et les choses ne vont pas en s’améliorant.C’est de plus en plus difficile.» Collaboratrice du Devoir L’Usine C a une approche axée sur la «réciprocité internationale» et elle programme chaque année quatre ou cinq productions étrangères ¦ Musée McCord 3*01 690, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3A 1E9 Téléphone : 514 398-7100 / www.musee-mccord.qc.ca Musée * STEWART Muséum ¦ ¦ ¦ — .'X v£-' si ' Vv UN PONT VERS L'HISTOIRE Gratuit pour tous, les samedis jusqu'au 28 avril Le Fort, île Sainte-Hélène Parc Jean-Drapeau Jusqu'au 9 octobre : tous les jours, de 10 h à 17 h Hors saison : 10 h à 17 h, fermé les mardis Stationnement (P7) Info : (514) 861-6701 www.stewart-museum.org ST 4n*- ?4 Parr JeAn-DrapiMu *** METRO JtAN-WAPEMI ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR On a récemment pu voir à Montréal l’actrice française Fanny Ardant «dire» un des plus beaux textes de Marguerite Duras, La Maladie de la mort.Qui a dit que les Québécois n’étaient pas friands de littérature?En 2006, le succès de la 12' édition du Festival international de la littérature (FIL) a été tel qu’il s’est retrouvé en nomination pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, dans la catégorie Littérature.LÉO GUIM O NT T e FIL sert de fil d’Ariane " JL/ entre les arts et les lettres en inventant des mariages inattendus et lumineux», dit Chrystine Brouillet, porte-parole du festival depuis trois ans.Selon les données officielles.Tan dernier seulement, près de 200 écrivains et artistes de toutes disciplines, d’ici et d’ailleurs, ont participé à une cinquantaine de manifestations au cours desquelles on a lu, discuté et mis en scène, en musique et en images la littérature.C’est ainsi que l’on a pu voir à Montréal l’actrice française Fanny Ardant «dire» un des plus beaux textes de Marguerite Duras, La Maladie de la mort, ou encore assister à une soirée hommage consacrée au grand poète Gaston Miron, les deux auteurs auxquels cette 12' édition était dédiée.«Ce qui nous distingue, précise Michelle Corbeil, directrice générale et artistique du FIL depuis sa création, c’est qu'en faisant des manifestations multidisciplinaires, on peut aller chercher les gens qui aiment la danse, ceux qui aiment le théâtre, le cinéma, les arts visuels, toutes les autres formes d’art, et les amener vers la littérature.» Reconnaissance «C’est la première fois que le FIL est finaliste au Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, ajoute-t-elle.C’est une très grande reconnaissance, et nous en sommes d’autant plus fiers que, même si le FIL est autonome de l’UNEQ depuis deux ans, il a conservé les mêmes objectifs artistiques et la même vision.Alors, qu’il y ait cette reconnaissance au bout de deux ans d’autonomie, c’est vraiment un beau cadeau!» Car il faut savoir que le Festival international de la littérature a été créé en 1994 par l’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ), à une époque où aucun festival célébrant la littérature n’existait au Québec.Quelque dix années plus tard, soit en 2005, il s’est affranchi de TUNEQ et vole désormais de ses propres ailes.Le FIL a aussi profité de l’occasion pour se repositionner dans le calendrier culturel montréalais, passant du printemps à l’automne.Ces changements semblent avoir porté fruit, puisque le CAM Ta mis en nomination «pour le succès de sa dernière édition et son repositionnement stratégique dans le milieu littéraire».La décision de déplacer le FIL de mai à septembre a d’ailleurs été mûrement réfléchie, selon Michelle Corbeil: «On s'est dit qu’il fallait un équilibre dans le calendrier des événements littéraires — au printemps, il y a Metropolis bleu, en hiver, il y a Voix d’Amériques, et en été, il y a le Marché de la poésie.On a donc décidé de reporter le festival en septembre et d’en faire le premier événement de la rentrée littéraire.» Et d’ajouter: «Une autre chose très importante, c’est qu’en septembre, on peut aller chercher un autre public, le public étudiant, que l’on perdait en mai à cause des examens.et de l’attrait irrésistible des terrasses! Le fait de rejoindre ce nouveau public correspond tout à fait au mandat du FIL, qui est de faire la promotion de la lecture et de la littérature à travers des manifestations, des spectacles, des rencontres, et d'aller chercher des nouveaux lecteurs, finalement.» Offres multiples La directrice du FIL affirme à ce propos que les quatre grands événements littéraires de la métropole ne sont pas en concurrence: «Chaque événement a son image, sa couleur, sa vision, et on se distingue tous les uns des autres.Certains sont plus axés sur des rencontres d’auteurs, des tables rondes, d’autres sur le “spoken word” seulement.La caractéristique du FIL, c'est que tous les genres littéraires sont représentés; on va autant du côté de la littérature jeunesse que de la poésie, du roman, du théâtre ou de l’essai.L’autre caractéristique est d’offrir des manifestations où il y a à la fois la rencontre de la littérature et des autres formes d’art et cela, on est les seuls à le faire de cette façon-là.[.]Je me dis que si on multiplie les occasions de faire parler de littérature, on apporte de l’eau au moulin.C’est signe que ce milieu a réagi et trouve des façons différentes de faire parler du livre.» A son avis, une autre retombée importante du FIL est que, après avoir produit les Fanny Ardant, Jean-Louis Trintignant, Denis Lavant et autre Sami Frey, elle reçoit désormais des propositions de spectacles.«Cela aussi fait partie de la reconnaissance du FIL Au début, je prenais mon bâton de pèlerin et j’allais à mes frais rencontrer des gens et essayer de les convaincre.Maintenant, c’est le retour du balancier.On sait que les gens sont bien accueillis, que le public québécois aime voir ces spectacles, alors on a envie de nous en proposer.Du coup, c’est plus facile.» Le rêve que caresse maintenant la directrice du FTL est de faire tourner les spectacles du festival durant le reste de Tannée, non seulement au Québec et au Canada, mais aussi en France et dans la francophonie, afin qu’ils deviennent «une carte de visite de notre littérature à l’étranger.C’est ma prochaine bataille», conclut-elle, un grand sourire dans la voix.Le Devoir Une exposition itinérante du Conseil des arts de Montréal en tournée conçue et réalisée par le Centre d'exposition Circa en collaboration avec la Société des amis de Jacques Perron Les Paysagistes \0é Ooo'e' oV°^ta^èe Sov' r\0VoYet conte de Jacques Perron mis en espace par Irène Ellenberger VCtv ïJSbt-'t ¦¦&}&** Du 7 mars au 15 avril 2007 Maison de la culture Marie-Uguay, 6052, boulevard Monk, Montréal üï Q!\C/î\ commissaires Monic Brassard et Yvon Cozic B Ht] i % .* 11 ” m ' .- MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec :::: Branché sur l’art actuel depuis 15 ans au centre-ville.115 ANS * 1 aiicentre-vt"« j t.t LE DEVOIR, LES SAMEDI 17 ET DIMANCHE 18 MARS 2 0 0 7 CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL Diversité culturelle et relève Pour que Fart de demain prenne déjà sa place Les nouveaux arrivants ont déjà inscrit 3000 artistes sur la scène culturelle Le Conseil des arts de Montréal cherche à favoriser la participation pleine et équitable des artistes professionnels issus des communautés ethnoculturelles à la vitalité culturelle montréalaise, ainsi qu’à améliorer l’insertion socioprofessionnelle des artistes de la relève de la métropole.Gros plan sur les actions qu’il met en œuvre pour ce faire.BRIGITTE SAINT-PIERRE Selon la Délégation sur la diversité culturelle dans les arts, les pratiques artistiques professionnelles issues des communautés ethnoculturelles rie sont pas reconnues à leur juste valeur, les artistes et les organismes de ces communautés n’ont pas accès à un financement public équitable et ils sont sous-représentés dans les réseaux professionnels, les institutions culturelles et les circuits de diffusion à Montréal Ce sont certains des constats de cette délégation, qui a vu le jour en 2004 à la suite d’une rencontre organisée par le Conseil des arts de Montréal.La Délégation s’est transformée l’an dernier en organisme sans but lucratif et porte désormais le nom de DAM (Diversité artistique Montréal).Le Conseil des arts de Montréal a pour sa part embauché en avril dernier une agente de liaison et de développement pour la diversité culturelle dans les arts, Maria Maâ-no.«Mon travail de liaison et de développement est axé sur des actions de terrain simultanées», explique-t-elle.Elle repère des artistes et des organismes des communautés ethnoculturelles, ainsi que des médias et des chefs de file de ces communautés, elle les rencontre et elle les met en contact Elle produit de la documentation et leur donne accès à l’information disponible.Elle fait aussi de l’accompagnement auprès d’artistes issus de la diversité culturelle, ainsi qu’un travail de concertation entre tous les intervenants du dossier de la diversité culturelle dans les arts à Montréal Information, formation et diffusion Le Conseil des arts a organisé récemment deux journées d’information et de formation pour les artistes de la diversité.Il a été question de la façon de se présenter, de faire un portfolio, un dossier de presse et un CV, du réseautage et des ressources disponibles à Montréal en matière d’accompagnement d’artistes et de subventions.Plus de 140 artistes de la diversité ont participé à l’une ou l’autre de ces journées.«Ils ont pu faire la connaissance de gens du Conseil des arts.Ce qui est le plus intéressant aussi, c’est qu’ils ont tissé des liens entre eux, ils ont créé des listes de contacts et ils échangent de l’information», dit Maria Masino, qui travaille à la fois avec les nouveaux arrivants, les artistes des minorités visibles nés au Québec et les autochtones.En 2007-2008, une demi-douzaine de compagnies artistiques de la diversité feront partie de la programmation du Conseil des arts de Montréal en tournée.Le Conseil des arts, qui réfléchit à la problématique depuis 2008, a adopté en décembre une politique de promotion et de développement de la diversité culturelle dans les arts.D la rendra publique ce printemps tors du colloque Montréal Diversité.«[La politique est axée] sur quatre orientations très importantes: la reconnaissance, le développement professionnel, la participation et la concertation», mentionne Mme Masino.On estime que 40 % des résidants de la métropole ont une origine ethnique autre que française ou britannique.D’après le recensement de 2001,3000 artistes immigrants habitent dans la région de Montréal ce qui représente 16 % de tous les artistes montréalais.Leur revenu moyen est inférieur de 12 % au revenu moyen de l’ensemble des artistes de la métropole.Outiller la relève En collaboration avec le Forum jeunesse de l’île de Montréal, le Conseil des arts cherche d’autre part à favoriser le développement de la relève artistique.Les artistes de la relève font face à certaines problématiques spécifiques.«H y a une problématique tout d’abord de financement.Evidemment, tous les artistes vivent souvent des situations économiques assez difficiles, mais c’est toujours des situations qui sont amplifiées chez les artistes de la relève», affirme Élisa Belhache, coordonnatrice du projet Outiller la relève artistique montréalaise au Conseil des arts.Les artistes de la relève ont souvent de la difficulté à trouver du financement pour leurs premiers projets.Une autre problématique a trait à l’information.«Il faut apprendre à gérer sa carrière.Il faut ap- prendre comment fonctionnent les différents conseils des arts.Avant d'y avoir accès, il y a d’autres sources de financement qu’on peut aller chercher», dit la coordonnatrice.Les artistes de la relève peuvent avoir besoin de formation touchant par exemple la rédaction de demandes de subvention et les lois sur le statut de l’artiste.Le réseautage, la représentation aux instances décisionnelles, l’accès aux lieux de création et de diffusion et le développement des publics sent d’autres problématiques que le Forum jeunesse et le Conseil des arts ont déterminées.Actions Le Plan d’action régional 2005-2007 Outiller la relève artistique montréalaise est organisé autour de cinq axes: mobilisation et représentation des besoins de la relève, développement de l’accès à l’information, réseautage, formation et soutien au développement professionnel de l’artiste, et aide à la création et à la diffusion.Le Conseil des arts de Montréal cherche ainsi à augmenter la représentation des artistes de la relève au sein des instances décisionnelles.D mettra aussi prochainement en ligne un portail Internet destiné à la relève artistique.«Ce portail va répertorier toutes les informations concernant le financement II va dresser une liste des lieux de diffusion qui sont intéressants pour la relève.H va également fournir des informations sur la gestion de carrière et le travail autonome», explique Mme Belhache.Le Conseil a organisé une journée de la relève artistique et a accordé des fonds à des organismes partenaires pour des activités de réseautage et de formation.Il a notamment financé des ateliers sur l’organisation d’une tournée, sur la circulation des artistes entre le Québec et la France, ainsi que sur la promotion et la communication.D produira en outre un rapport sur les problématiques et les pistes de solution en matière de création et de diffusion d’œuvres de la relève.Le projet devrait se poursuivre après 2007.«Nous souhaitons qu’à la fin de ce projet, les problématiques et besoins de la relève soient connus et reconnus par le milieu culturel, mais aussi par le reste de la société», mentionnent les auteurs du Plan d’action 2005-2007.«Et, nous espérons qu’en travaillant par concertation, nous arriverons à consolider les acquis et à créer d’autres actions nécessaires aux artistes de la relève», ajoutent-ils.Collaboratrice du Devoir UN ÉVÉNEMENT INTERNATIONAL EN ART CONTEMPORAIN MAY MAI JULY JUILLET EXPOSITIONS: PLUS DE 60 ARTISTES OUVERTURE 10 MAI MUSIQUE ET PERFORMANCES 12 MAI COLLOQUE 12-13 MAI $ LA - «wmtfM de Montréal Québec S S Canada Montréal %) Montréal# ^ ALDO »,lM^ND«r B3H fôSTM ClAC :: Centre international d’art contemporain de Montréal :: www.ciac.ca Diversité artistique Montréal a élu domicile dans la maison du Conseil.JACQUES GRENIER LE DEVOIR de « Ces Messieurs » iciens Une exposition présentée par Bibliothèque et Archives nationales du Québec(BAnQ) dans le cadre du 350e anniversaire de l’arrivée des Sulpicicns en Nouvelle-France Du 20 mars au 15 septembre 2007 Centre d’archives de Montréal de BAnQ 535, avenue Viger Est, Montréal Berri-UQAM ou Champ-de-Mars Samedi, dimanche et mardi 10 h à 17 h Du mercredi au vendredi 10 h à 22 h ib 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales Québec ran gilles clément philippe rcahm environ(ne)ment manières d'agir pour demain I jusqu'au 10 juin 2007 Ls Centra Canadien d'Arctiftactiira prêtante une impartante exposition consacrée au travail de l'architecte paysagiste français Gilles Clément et de l'architecte suisse Philippe Rohm.Juxtaposant leurs concepts en matière de paysages naturels et d'environnements artificiels, l'exposition propose de réfléchir non plus à partir des aspirations humaines en matière d'environnement, mais 6 partir de l'environnement lui-mème.CCA ¦¦¦Hi Centra Canadien d'Architecture ^ Montréal www.cca.qc.ca 1 Qv i G 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI *’17 ET DIMANCHE 18 MARS 2007 CONSEIL DES ARTS DE MONTREAL Prix des Femmeuses A contre-clichés Geneviève Cadieux poursuit son exploration du « côté féminin dans la création » Pour une première, le Conseil des arts de Montréal remet le prix des Femmeuses à Geneviève Cadieux.Reconnaissance d’un artiste dont l’œuvre a fait le tour de la planète.RENÉ VIAU Des yeux ou des lèvres gigantesques, la peau, des détails de corps étalés en panoramique.Devant ces images de l’artiste Geneviève Cadieux, cette sensation d’intimité qui nous envahit est tout de suite contredite par l’échelle de ses œuvres.Si ces photos découlent de sources d’inspiration personnelle, leur portée est universelle.Ces immenses cibachromes ont propulsé Geneviève Cadieux de la Biennale de Venise en 1990 à Lyon, Londres, Paris, Rome ou Copenhague, du fronton du Musée d’art contemporain de Montréal à Tokyo ou Time Square.Le Prix des «Femmeuses» Pas étonnant qu’avec une telle feuille de route, Geneviève Cadieux ait reçu le Prix des «Femmeuses».Ce prix a été remis mardi dernier pour la première fois dans le cadre du déjeuner annuel du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.Accompagné d'une bourse de 5000 $, don de la société Pratt & Whitney, il récompense le travail d’une femme artiste montréalaise qui s’est distinguée dans le domaine de l’art contemporain.Pour l’entreprise mécène, il s'agit de poursuivre son action après la 20’' et dernière édition de l’expo-vente Les Femmeuses tenue en avril dernier.«La question de la représentation féminine dans l’histoire de l'art et de la photographie m’a toujours intéressée.A travers le monde, ma génération est la première génération de femmes artistes à avoir été reconnue.Le changement social que cela a provoqué a été marquant.Auparavant les exemples étaient isolés.Quand j'ai représenté le Canada à la Biennale de Venise en 1990, j’étais la première femme à l’avoir fait.» Lorsqu’elle était jeune, le cinéma fut pour elle un puissant déclencheur.«Mon père était exploitant d’un cinéma d’art et d’essai à Ottawa.Je me rappelle notamment d’y avoir vu La Passion de Dreyer.J’ai été frappée par l’utilisation systématique du gros plan.Plus tard, l’installation et /’Arte povera, avec sa manière si poétique de comprendre l’espace et l’image, ont retenu mon attention».Si elle n’est pas facile à formuler — pas question surtout de réduire son propos à la seule problématique féministe —, la thématique de Cadieux demeure extrêmement cohérente.Regardons cette bouche géante qui n’a pas oublié Man Ray, posée depuis 1992 sur le toit du Musée d’art contemporain.«À la fois observatoire et observée, celle-ci, écrivait la critique d’art Chantal Pontbriand, traite de la difficulté de dire, du passage entre l’intérieur et l’extérieur et vice-versa».Commentant les échanges si difficiles entre le monde intérieur et celui du dehors, des apparences, Cadieux se fait critique de la photo.Elle en décrypte les principes internes.Elle tente de réanimer les images, d’y insuffler un sens nouveau en s’infiltrant dans les fêlure et les interstices de cette instantanéité trop facilement conquise.Misant sur des modifications spectaculaires d’échelle, alliant instinct et réflexion, avec ses résonances complexes mais aussi sa charge d’émotion immédiate, l’univers de Geneviève Cadieux en est un de renversements et de passages.Particulièrement réussie, une installation récente à la galerie René Blouin en témoigne jusqu’à la fin mars.Passages et transitions La présentation fait se télescoper portrait et paysage.«Proche du conte et de la fable, une grande photographie est influencée également par toute une lignée de grands portraits d’enfants en histoire de l’art.» Cette image et les éléments qui l’entourent apparaissent comme sortis d’un rêve, suspendus à un espace que Ton investit par un constant déplacement «Rien n’est fixe.Le spectateur navigue entre les éléments de l’installation.il n’arrive pas à se positionner.» Nous voyons une fillette.On se doute qu’elle s’apprête à quitter le «vert paradis» de l’enfance avec comme témoin un perroquet qui semble échappé d’une toile de Courbet La présence de «cet oiseau de la parole» renforce le caractère mystérieux de la scène.Cette grande image se complète au centre par des dessins en noir et blanc aine volutes florales qui rappellent des plissements.«C’est une image très troublante.» Dans une salle adjacente, le même motif organique, mi-fleur et mi-chou, est repris en face d’une lourde sphère noire.«Ce contrepoids absorbe les choses.» Au mur, une branche grandeur nature qui pend se fait rappel de Tarbre photographiée dans la grande œuvre qui nous fait face.«Tout cela se recompose de façon fragmentée.On y retrouve ici encore les changements d’échelle.Le développement de toutes ces associations toutefois n’est pas formel mais au contraire très intuitif.» L’installation explore ces instants précaires entre enfance et adolescence.Geneviève Cadieux y poursuit son exploration des moments de transition.Cette représentation de la féminité en devenir nous montre une figure en mutation.«La photo a été faite en studio à partir d’un paysage reconstruit.Je voulais depuis longtemps travailler avec ma nièce, alors âgée de dix ans.» Ce n’est pas la première fois que l’artiste demande à des membres de sa famille de lui servir de modèles.Elle a ainsi photographié, il y a quelques années, sa mère et sa sœur Anne-Marie, qui est comédienne.«Tous ces registres d’émotions qu’elle pouvait atteindre ont été des atouts formidables.» Sa sœur actrice a ainsi «joué» à la fin des années 1980 devant son appareil SOURCE CDADM Les photos de Geneviève Cadieux découlent de sources d’inspiration personnelle, leur portée est universelle.photo avec une grande conviction des instants qui hésitent entre la jouissance et la douleur.Ces passages, ceux de Tœil au corps, ceux du regard à la conscience, Cadieux les explore toujours aujourd’hui dans sa production actuelle, prenant appui sur des moyens renouvelés, sur d’autres références.«Je regarde le cinéma, la peinture et finalement moins la photo, fai une formation de peintre, notamment avec Edmund Alleyn à l’Université d’Ottawa, et non une formation de photographe.» Depuis 1999, Geneviève Cadieux enseigne pourtant la photographie à l’université Concordia.«Mon expérience, mon travail et ma réflexion sur la photographie me permettent de le faire aujourd’hui.Plus jeune, je n’aurais peut-être pas su enseigner.» Avant Valence, Grenoble au milieu des années 1990, l’University of Illinois à Chicago en 1998, ses activités d’enseignçment, Geneviève Cadieux les a initiées en 1994 à l’École nationale des beaux-arts de Paris, invitée par le critique d’art et philosophe Yves Michaud qui en était alors le directeur.«C’était aussi en fait une façon de demander à des femmes artistes d’explorer le côte féminin dans la création.» Collaborateur du Devoir MARISA PORTOLESE Geneviève Cadieux / ^ S O IE, Id AIRE dE CRÉATION dEPuls CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL i
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