Le devoir, 20 mars 2007, Page(s) complémentaire(s)
LE BUDGET FLAHERTY -?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR LE MARDI 20 MARS 2007 88c + TAXES = 1$ Vol.XC VIII N“ 60 IMPÔTS Crédits pour les enfants de moins de 18 ans ENVIRONNEMENT Remise à l’achat d’une auto à faible consommation PAUVRETÉ Prime au travail pour les petits salariés PARADIS FISCAUX Ottawa veut récupérer dix millions dès cette année Déséquilibre fiscal : moins que prévu L’effort d’Ottawa pour le Québec en 2007-08:905 millions PERSPECTIVES Merci mon’oncle al y avait j quelque ¦ chose d’un peu gênant dans la façon paternaliste dont Michael Fortier avait rassuré le Michel premier David ministre Charest sur le contenu du budget Flaherty, dimanche, lors du défilé de la Saint-Patrick.Ne fen fais pas, mon petit gars, mon’oncle Stephen s’occupe de tout! Dans la situation précaire où se trouve le PLQ, à une semaine du 26 mars, M.Charest n’avait pas d’autre choix que d’accepter avec reconnaissance tout ce que le budget fédéral daignerait lui apporter, même si la contribution fédérale au fi-nancement de l’éducation postsecondaire l’a manifestement déçu.Heureusement, il y en a suffisamment au total pour lui éviter d’avoir à pavoiser pour des peanuts.Le débat n’est certainement pas clos, mais les 905 millions d’«argent neuf» annoncés par M.Flaherty pour l’année 2007-2008 amélioreront la situation financière du Québec de façon significative.Sur le fond, le problème du déséquilibre fiscal demeure pourtant entier.M.Charest avait déjà renoncé depuis un bon moment aux points d’impôt qu’il réclamait si ardemment jusqu’à ce que Stephen Harper devienne premier ministre.De toute manière, une simple augmentation des transferts fédéraux, que ce soit par la péréquation ou autrement, correspond sans doute mieux à son désir de renforcer l’intégration politique du Québec à l’ensemble canadien.Il soutient que le Conseil de la fédération a «dynamisé le fédéralisme canadien», mais son rapport de l’été dernier a plutôt sonné le glas du transfert de points d’impôt dont le Québec pourrait utiliser les revenus à sa guise.Toute la question de la limitation du «pouvoir de dépenser» du gouvernement fédéral demeure également ouverte.Mario Dumont, lui, avait commencé à applaudir M.Harper dès la semaine dernière, sans se soucier davantage que le premier ministre de savoir combien le Québec recevrait.Mais en quoi l’autonomie réclamée par l’ADQ trouve-t-elle son compte dans le budget Flaherty?VOIR PAGE A 10: MON’ONCLE Sur le fond, le problème du déséquilibre fiscal demeure pourtant entier INDEX ¦Q ' Annonces B 7 Avis publics.B 6 Météo B 7 Mots croisés.B 7 Sudoku B 6 TAlAirioinn R g 00 « CHRIS WATT1E REUTERS Le premier ministre Stephen Harper félicite le ministre des Finances, Jim Flaherty, après la lecture du budget, hier, à Ottawa.HÉLÈNE BUZZETT1 Ottawa — Le ministre des Finances fédéral, Jim Flaherty, a déposé hier le deuxième budget du gouvernement conservateur, un budget rempli de mesures à court terme, mais surtout marqué par une volonté de faire le ménage dans les nombreux transferts aux provinces.Ottawa s’attaque au déséquilibre fiscal, mais, à 905 millions de dollars de plus prévu cette année, la part du Québec arrive bien en deçà des attentes initiales du camp souverainiste.Malgré tout, le Bloc québécois s’est empressé d’alimenter la guerre des chiffres pour justifier son appui à ce budget, dont, du coup, l’adoption est assurée.Les libéraux et les néo-démocrates ont rapidement annoncé qu’ils s’y opposeraient, mais leur nombre est insuffisant pour faire tomber le gouvernement minoritaire.Une élection fédérale est pour l’instant évitée.Le NPD de Jack Layton était peut-être le parti le plus mal placé pour s’y opposer, lui qui obtient satisfaction pour plusieurs de ses demandes (dont l’imposition d’un prélèvement sur les voitures neuves qui est proportionnel à leur production d’agents polluants ainsi que l'annulation progressive du congé de taxes accordé aux exploitants pétroliers et gaziers de l’ouest du pays).M.Layton a justifié son opposition par les réductions d’impôt trop généreuses accordées aux entreprises.«La priorité de ce gouvernement semble être les tables de conseil d’administration, pas les tables de salle à manger», a-t-il dit Les contribuables recevront quelques bonbons fiscaux, qui reflètent d’ailleurs les préoccupations traditionnelles du Parti conservateur.Ainsi, un crédit d’impôt non remboursable de 310 $ par armée VOIR PAGE A 10: BUDGET ¦ Autres textes sur le budget Flaherty en pages A 2, A 3, A 5 et A 6 ¦ Des extraits du discours en page A 9 Un progrès pour le Québec, selon les chefs Divergences sur les suites à donner au dossier du déséquilibre fiscal JACQUES NADEAU LE DEVOIR Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont ont estimé hier que le budget Flaherty représentait un gain pour le Québec.KATHLEEN LÉVESQUE ROBERT DUTRISAC ANTOINE ROBITAILLE Le budget fédéral ne règle pas entièrement le déséquilibre fiscal, mais Jean Charest y voit «un geste significatif» pour le Québec, une vision partagée par ses adversaires André Boisclair et Mario Dumont.Les trois hommes divergent toutefois d’opinion quant aux suites à donner au dossier.Le chef libéral souhaite batailler pour que le fédéral respecte les champs de compétence du Québec.Le chef adéquiste emprunte également cette voie, mais en revenant à la charge avec l’idée d’obtenir un amendement constitutionnel.Le chef du Parti québécois veut obtenir un règlement permanent par des mesures fiscales.C’est un Jean Charest souriant qui a réagi hier au budget Flaherty, «On a fait un très grand pas aujourd'hui sur le déséquilibre fiscal», a-t-il affirmé en soulignant que les Québécois sont les «grands gagnants».Il a soutenu en anglais que les résultats obtenus montrent à quel point le fédéralisme est flexible et rentable lorsque l’on fait preuve de leadership.b Ainsi, M.Charest a rappelé son interprétation des faits des dernières années qui ont conduit à la correction annoncée hier; l’initiative péquiste du combat à mener contre Ottawa s’est retrouvée sur la voie de service.Présumant des gains que représenterait le budget Flaherty, le Parti libéral avait d’ailleurs déjà préparé des pancartes affichant le message que le règlement du déséquilibre fiscal était attribuable aux libéraux.M.Charest a expliqué que, pour l’année financière 2006-2007 qui se termine le 31 mars prochain, le gouvernement fédéral a versé au Québec 10,956 milliards de dollars.Avec le budget Flaherty, c’est une somme de 13,18 milliards, soit 2,2 milliards de plus (une augmentation de 18,8 %).«Le gain fait par les citoyens du Québec est substantiel», a soutenu M.Charest qui est satisfait de la réforme de la péréquation, dont la nouvelle formule respecte les objectifs fixés par le Québec.i Il reconnaît toutefois qu’il reste du travail à accomplir, notamment pour ce qui est du dossier spécifique de l’enseignement postsecondaire, dont les fonds fédéraux ne seront disponibles que l’année prochaine.«Il est très important dans la défense de nos intérêts de tenir compte de l’ensemble des transferts au net.Il ne faut pas tomber dans le piège de regarder une seule enveloppe», a déclaré M.Charest Quant à savoir de quelle façon le chef libéral proposera de dépenser les quelque 900 millions de nouveaux fonds qui tombent comme une manne électorale une semaine avec le jour du vote, M.Charest a promis d’apporter des précisions au cours des prochains jours.Quant au chef péquiste André Boisclair, il a qualifié hier le règlement du déséquilibre fiscal contenu dans le budget Flaherty VOIR PAGE A 10: PROGRÈS 1 A 10 LE DEVOIR.LE MARDI 20 MARS 2007 ACTUALITES BUDGET SUITE DE LA PAGE 1 au maximum est instauré pour les parents d’enfants ayant moins de 18 ans.Pour les parents d’enfants en bas âge, cela a pour effet de plus ou moins éliminer l’impôt sur les 100 $ par mois imposables qui leur sont versés depuis un an.Un autre crédit, de 209 $ au maximum, sera offert aux familles dont la femme (ou le mari, c'est selon) reste à la maison.Déséquilibre.des chiffres La pièce maîtresse de ce budget demeure toutefois la lutte contre le déséquilibre fiscal.Le Bloc québécois, le Parti québécois et, pendant un temps, le Parti libéral du Québec avaient chiffré ce déséquilibre pour le Québec uniquement à 3,9 milliards de dollars.On est très loin du compte.Au total, le Québec recevra pour l’année 2007-08 une somme de 905 millions de plus par rapport à un scénario de statu quo.Pour l’année suivante, cette somme atteint 1,044 milliard.La somme représente donc environ à peine le quart des attentes du Québec (voir autre texte en page A 3).L’équipe conservatrice avance plutôt le chiffre, pour le Québec, de 2,3 milliards cette année (ou 39 milliards sur sept ans pour l’ensemble du Canada).Même le Bloc québécois se range à ce calcul, estimant que, d’ici trois ans, le Québec aura reçu 3,2 milliards.«Je ne me suis jamais posé la question à savoir si on voulait une campagne électorale ou pas, a-t-il soutenu.Il faut analyser ce qu’il en est et assumer les conséquences.Et moi, je suis prêt à assumer qu’il y ait 3,224 milliards sur trois ans.» M.Duceppe estime qu «il y a encore du chemin à parcourir», mais il constate que, «quand [il] regarde Stéphane Dion, qui serait le gouvernement de l’alternative, lui ne reconnaît même pas le déséquilibre fiscal».Reste que cette somme brandie par les conservateurs et les bloquistes comprend des hausses de transferts en éducation, en santé et en péréquation qui étaient déjà prévues par le gouvernement libéral de Paul Martin, gouvernement qui ne reconnaissait pas le concept même de déséquilibre fiscal.La guerre des chiffres battait donc son plein hier, les partis politiques — et même les différents médias — défendant leur analyse respective.Le chef libéral, Stéphane Dion, a parlé quant à lui de chiffres «gonflés à l’hélium».«Il faut soustraire la croissance automatique et ce qu'ils ont eux-mêmes coupé» pour arriver au vrai chiffre, a-t-il lancé.Cela n’a pas empêché le ministre des Finances, Jim Flaherty, d’annoncer la fin de cette perpétuelle chicane intergouvemementale.«C’est certainement la fin de la chamaillerie, la fin des discussions, c’est fini», a lancé en anglais le ministre, qui a toutefois prononcé «c’est fini» dans un français cassé.Prévisibilité Le budget fédéral a surtout permis d’apporter d’importants changements structurels au fédéralisme fiscal.Par exemple, Ottawa instaure la prévisibilité des transferts sociaux aux provinces en matière d’éducation et de garderie, en s’engageant à les indexer de 3 % par année.Autre changement d’importance: les transferts sociaux seront désormais calculés selon une formule per capita, qui accorde la même somme à chaque Canadien, quelle que soit la province qu’il habite.D’ailleurs, pour la première année, ce changement de régime accorde à l’Alberta, à l’Ontario et aux Territoires du Nord-Ouest une somme additionnelle de 687 millions.En outre, Ottawa revoit en profondeur la formule de péréquation, qui permet la redistribution de la richesse entre les provinces.Comme les provinces n’étaient pas parvenues à s’entendre entre elles, Ottawa a eu beau jeu d’imposer sa réforme, qui reprend les grandes lignes d’un rapport d’experts qu’il avait commandé sur le sujet Ainsi, la richesse de toutes les provinces sera désormais prise en compte dans ce calcul complexe, de même que la moitié de la richesse émanant de l’exploitation des ressources naturelles.Ce dernier aspect, toutefois, est laissé à la discrétion des provinces qui pourront choisir la méthode qui les avantage le plus.Enfin, le programme décennal d’investissement en santé, instauré par Paul Martin et arrivant à échéance en 2013-14, sera reconduit, mais cette fois avec une formule per capita également.Il s’agit du seul nouvel investissement d’importance en santé.«C’est fini le temps où les budgets des provinces se faisaient dans l’insécurité, s’est réjoui le ministre de l’Industrie, Maxime Bernier.C’est une approche qui est prévisible.» Réduction de la dette La croissance économique prévue pour le Canada est de 2,3 % en 2007 et de 2,9 % l’année suivante.Ces prévisions, notent les documents du ministère des Finances, «supposent que l’économie américaine effectuera un atterrissage en douceur».Le gouvernement fédéral s’attend par ailleurs à pouvoir rembourser au moins 9,2 milliards de la dette cette année (2006-07) et un minimum de 3 milliards les années subséquentes.Compte tenu des nouvelles dépenses de 5,8 milliards annoncées pendant l’année fiscale en cours, cela signifie que le surplus aurait atteint la généreuse somme de 15 milliards si rien n’avait été fait.La dette atteindra donc 472,3 milliards le 31 mars prochain.Ce remboursement permet d’épargner un peu plus d’un milliard de dollars en frais d’intérêt, qu’Ottawa consacre à une réduction d’iippôt aux particuliers.A ce chapitre, les contribuables ne reçoivent aucune diminution généralisée.On a plutôt droit à une multitude de diminutions très ciblées vers des clientèles précises, pour un total de 3,7 milliards cette année.Outre le crédit d’impôt pour les familles à un seul revenu (270 millions par an) et le nouveau crédit pour enfant (1,4 milliard), Ottawa instaure, comme l’avait promis le dernier budget, une nouvelle prestation fiscale pour le revenu gagné de 500 $ par personne (550 millions).Le but est de les sortir du piège de l’aide sociale en offrant une incitation à travailler, même pour un petit salaire.Les personnes âgées ou retraitées sont les autres grandes bénéficiaires.On parle d’augmen- ter les crédits pour l’âge, d’instaurer le fractionnement du revenu de pension ou encore de rehausser l’âge limite (de 69 à 71 ans) auquel une personne ne pourra plus contribuer à son REER.Ottawa annonce par ailleurs de très grosses sommes pour la réfection des infrastructures du pays.Toutefois, ces sommes ne seront utilisées que dans trois ans, et la plupart portent sur le renouvellement de programmes qui sont déjà en vigueur et qui arriveront à échéance à ce moment Vive la crosse! Notons que le budget Flaherty est rempli de micromesures, pour ne pas dire de mesures anecdotiques.Ainsi, Ottawa annonce qu’il versera 1,5 million de dollars sur deux ans dans un nouveau fonds canadien du patrimoine sportif qui vise «à encourager les jeunes à participer à des sports faisant partie du patrimoine canadien, par exemple, le football canadien et la crosse»! On constate par ailleurs chez ce gouvernement une rapidité incroyable à rectifier le tir.Le gouvernement se faisait accuser de ne rien faire pour combattre les gaz à effet de serre?Le ministre Flaherty instaure un régime de taxation des véhicules qui est proportionnelle à leur consommation d’essence.Un Hummer se verrait ainsi frappé d’une taxe supplémentaire variant de 1000 à 2000 $.Ottawa s’est fait reprocher d’avoir nui à l’industrie du congrès en éliminant le remboursement de la TPS pour les voyageurs?Un programme incitatif pour attirer lesdits congrès est créé.11 a été accusé d’avoir charcuté Condition féminine Canada en retirant cinq millions de son budget de base?Ottawa non seulement remet les cinq millions (annoncés il y a quelques semaines par la ministre du Patrimoine, Beverly Oda), mais il double la mise.Enfin, Ottawa annonce 14 millions de dollars sur deux ans pour mieux contrôler les personnes faisant une première demande de permis d’arme à feu.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 La commission Séguin avait parfaitement démontré que l’autonomie financière des provinces passait non seulement par une amélioration de la péréquation, mais surtout par un nouveau partage irréversible de l’assiette fiscale.Elle proposait de leur céder la totalité du champ fiscal de la TPS.La contribution au débat de l’ADQ a été pour le moins limitée.Une déclaration de revenus unique simplifierait sans doute la vie des contribuables, mais elle ne donnerait pas un sou au Québec.?Personne ne s’attendait à ce que le Québec reçoive les 3,9 milliards réclamés par le PQ et le Bloc québécois.En revanche, André Boisclair avait tout à fait raison de dire que le mérite d’avoir lancé le débat sur le déséquilibre fiscal revient à un gouvernement péquiste.Quand Bernard Landry avait annoncé la création d’une commission présidée par un ancien ministre libéral, Yves Séguin, M.Charest avait déclaré de façon particulièrement mesquine que cela ferait au moins un chômeur de moins.Dans un paysage politique canadien qui semblait figé à jamais, l’idée de cette commission était loin d’être mauvaise.A défaut de pouvoir susciter un nouvel échec constitutionnel comparable à celui de l’accord du lac Meech, une fin de non-recevoir opposée à des revendications d’ordre financier qui faisaient consensus au Québec pourrait apporter de l’eau au moulin souverainiste.A l’époque, personne ne semblait imaginer la chute de l’empire fédéral à Ottawa.M.Landry répétait presque quotidiennement que le déséquilibre coûtait 50 millions par semaine au Québec.Seule la souveraineté lui assurerait les ressources pour répondre à ses besoins.Maintenant que M.Harper est disposé à régler le problème, André Boisclair pn est réduit à renverser la proposition.A l’entendre, c’est plutôt la correction du déséquilibre qui favoriserait la souveraineté.Cette pirouette n’est malheureusement pas très crédible.Le dramaturge Michel Tremblay déplorait l’an dernier que tout le discours souverainiste ait été ramené à une question d’argent.L’expression de Mario Dumont était juste: «Le PQ a la culotte aux genoux.» ?Le mieux qu’André Boisclair puisse espérer est que l’effet du budget Flaherty soit neutre.L’attention des électeurs a déjà été sollicitée de façon très intensive depuis le début de la campagne, de sorte que cette nouvelle valse des milliards risque d’en laisser plusieurs sceptiques.D suffisait d’entendre les calculs compliqués des uns et des autres, hier pour comprendre que les derniers jours de la campagne se dérouleront dans le brouhaha d’une bataille de chiffres.Même Stéphane Dion, qui continue à nier l’existence du déséquilibre fiscal, prétendait qu’il aurait fait mieux pour les provinces! Jean Charest aura beau chanter les louanges du «fédéralisme d’ouverture» et actualiser sa plateforme à la lumière du budget Flaherty, les dernières semaines ont montré que sa crédibilité était sérieusement entamée par les engagements non tenus de 2003.Tout le monde sait très bien que ce n’est pas lui, mais mon’oncle Stephen qu’il faudra remercier.mdavid@ledevoir.com Santé: Dumont s’inspire du système mixte en éducation ROBERT DUTRISAC Le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a plaidé, hier, pour que le Québec s’inspire de son système d’éducation, dans lequel les écoles privées font concurrence aux écoles publiques, pour réformer le système de santé.«On devrait s’inspirer de ce qu’m a réussi en matière d'éducation pour aller plus loin avec une place au secteur privé dans le domaine de la santé», a affirmé Mario Dumont lors de la période de questions qui a suivi son allocution devant l’Institut économique de Montréal (IEDM), ce think tank néolibéraL «On a créé un système mixte qui est bien fixit», estime M.Dumont «Tous les parents qui envoient leurs enfants dans me école publique smt aussi gagnants de l’existence d’une mixité», a-t-il fait valoir, en prenant l’exemple des écoles internationales qui se sont multipliées dans le réseau public.«Cette mise en concurrence est bénéfique en terme de recherche d’innovation, de nouvelles façons de faire.C’est tout le contraire d’un monopole.» Devant l’aréopage de l’IEDM, Mario Dumont a critiqué le gouvernement Charest qui «s’est contenté de se conformer du bout des lèvres» au jugement Chaoulli de la Cour suprême et qui «a choisi de faire le minimum».Un gouvernement adéquiste autoriserait l’assurance pour toutes les chirurgies électives.D permettrait aux médecins de se faire payer pour des soins par les patients dans la mesure où ils rempliraient un certain quota dans le système public.Le secteur privé ne pourrait entrer dans le champ de la médecine spécialisée où la vie des patients est en cause comme la cardiolo- gie.«H y a une zone qui n’est pas tellement idéale pour le développement de la médecine privée», a reconnu M.Dumont Un gouvernement adéquiste ne se lancera pas dans cette réforme en profondeur tête baissée dès son arrivée au pouvoir.«On pourrait déposer des orientations dans une première année.Cest un domaine où il faut aborder ça prudemment», a indiqué M.Dumont.«On veut avoir un effet d’additim qui donne plus de services, pas un effet de substitutim.» L’équipe de l’ADQ fait rire Mario Dumont a suscité l’hilarité de l’assistance en abordant la question de la qualité de son équipe de candidats.«Vous me permettrez de mettre en relief la force de notre équipe», a lancé M.Dumont une affirmation qui fat accueillie par des rires.«Bien oui! il y a 43 % des candidats de l’ADQ qui smt du monde des af foires», une expérience qui manque au gouvernement a-t-il ajouté.Rus fard, lors d’un point de presse au siège social de l’Ünion des producteurs agricoles où il a rencontré les dirigeants du syndicat, dont le président Laurent Pellerin, Mario Dumont a parlé d’une «boutade» qu’il avait lui-même lancée pour dérider l’auditoire.Si tel était le cas, M.Dumont n’a eu guère d’effort à faire pour parvenir à ses fins.Présent lors de l’événement, l’ancien ministre libéral Claude Castonguay ne s’est pas gêné pour faire part de ses doutes sur la quàli-té de l’équipe adéquiste.«Faire le transfert de la vie privée [secteur privé] à la vie publique, ce n’est pas toujours facile.On en a eu de nombreux exemples dans le passé.» Le Devoir PROGRÈS SUITE DE LA PAGE 1 A’«incomplet et pas entièrement satisfaisant».Il a critiqué la manière de calculer la péréquation, fustigé la façon dont le fédéral a inclus «à peu près n’importe quoi» dans le déséquilibre fiscal et l’absence de véritable solution fiscale.Malgré tout, a-t-il expliqué presque résigné, «il y a de l’argent sur la table.Cet argent, elle [sic] appartient aux Québécois.Et cet argent doit servir au développement de services publics auxquels les Québécois ont droit».Aussi, M.Boisclair dit comprendre que le chef bloquiste Gilles Duceppe ait accepté d’appuyer ce budget pour des «raisons pragmatiques».Selon lui, il n’y a «pas l’épaisseur d’une feuille de papier [de différence] entre M.Duceppe» et lui.l^es deux chefs souverainistes ne s’entendent toutefois pas sur les chiffres.M.Boisclair affirmait dimanche que le Québec était en droit de recevoir 3,9 millions annuellement alors qu’hier, le chef bloquiste a soutenu à Ftadio-Canada qu'avec 3,2 milliards sur trois ans, le Québec avait obtenu 80 % de ce qu’il réclamait.Se référant à l’ancien président de la Commission sur le déséquilibre fiscal Yves Séguin (qui fat par la suite ministre des Finances de Jean Charest), il a déclaré que le «fond du problème» n’était pas du tout réglé.«Il reste beaucoup d’ouvrage sur la table», a-t-il dit.Les dépenses des provinces «et en particulier celles du Québec», croissent de manière accélérée, alors que leurs revenus croissent de manière modérée.Le fédéral vit une situation inverse, a-t-il fait remarquer.Selon lui, un règlement acceptable au déséquilibre fiscal devrait procurer aux provinces des «sources de revenus stables»: des points d’impôts ou de TPS, par exemple, puisque ce type de revenus croit avec l’activité économique.M.Boisclair s’est aussi dit déçu que le calcul de la péréquation proposé par le fédéral Flaherty n’inclue pas, comme le Québec l’avait réclamé, 100 % des revenus provenant des ressources naturelles.Le chef péquiste souligne aussi que le budget Flaherty contient beaucoup moins que prévu dans le domaine de l’éducation postsecondaire.La vraie solution à ce problème serait de faire la souveraineté du Québec, a-t-il dit, et ainsi de rapatrier tout le champ fiscal.Plus tôt dans la journée, M.Boisclair avait affirmé que le budget Harper était organisé avec «le gars des vues», «cousu de fil blanc» pour aider Jean Charest à «sauver sa peau».«On voit bien que des gens, mal pris, pris à la dernière minute, tentent d’acheter le vote des Québécois.Les Québécois, ils sont intelligents, ils ne se feront pas avoir, ils comprennent bien que, pendant quatre ans, ils se sont fait mentir par Jean Charest.Ça fait que c’est pas les lapins qu’on sort du chapeau de magicien à la dernière minute qui vont soudainement faire en sorte qu'on a soudainement le goût de voter pour M.Charest.» Au cours d’un point de presse à Lon-gueuil, Mario Dumont a affirmé que le déséquilibre fiscal était désormais «largement réglé», un fait que confirme d’ailleurs le fait que le Bloc québécois ait choisi d’appuyer le dernier budget fédéral.«Ça conclut un épisode», estime-t-il.Jean Charest ne doit toutefois pas prendre le crédit pour ce règlement.«Le point tournant n’a pas été l’élection de Jean Charest en 2003», mais bien l’élection de Stephen Harper en 2006 et l’engagement que le chef conservateur a pris dans son discours de décembre 2005 sur le «fédéralisme d’ouverture».Le chef libéral ne faisait aucun progrès sur le plan du règlement du déséquilibre avant l’élection de M.Harper, a-t-il fait observer.Il a comparé Jean Charest à un bernard-l’er- mite, ce crustacé qui «doit aller s’habiller dans le coquillage d’un autre».«Les Québécois savent maintenant qu’un premier ministre qui tient parole, ça se peut», a dit le chef adéquiste, évoquant les promesses brisées de Jean Charest.Mario Dumont craint toutefois que les libéraux ne se lancent «dans une basse récupération politique» en se payant, notamment, une campagne de publicité vantant leurs mérites relativement à ce règlement Le chef adéquiste a qualifié de «faible» la position de Jean Charest sur la limitation du pouvoir de dépenser.Le Québec ne doit pas se contenter d’une entente administrative ou d’une loi qui pourrait être renversée si un parti centralisateur reprenait le pouvoir à Ottawa.Mario Dumont insiste sur l’importance d’obtenir un amendement constitutionnel même s’il reconnaît qu’il n’y a guère d’enthousiasme dans le reste du Canada pour rouvrir la Constitution.Quant au Parti québécois, il est «déculotté», il a «les culottes aux genoux», a avancé M.Dumont.Plus que jamais «l’obsession référendaire et la confrontation avec le fédéral apparaissent inutiles», ce qui confirme «le peu de pertinence du PQ».Le Devoir 30 millions pour les petits festivals PAUL CAUCHON Le budget fédéral accorde 30 millions par année pour appuyer des «festivals locaux des arts et du patrimoine», ce qui pourrait combler une partie des sommes de l’ancien programme des commandites.Ces sommes iront à des événements «qui amènent les Canadiens à s’engager dans leur collectivité par l’expression, la célébration et la préservation de la culture locale».Mais, au Bloc québécois, on s’inquiétait surtout hier du fait que le budget Raherty n’ait pas prévu de nouvelle politique muséale.Le milieu des musées avait encaissé un dur coup en septembre dernier, alors que Ottawa réduisait de 25 % le Programme d’aide aux musées (PAM), en retirant 4,6 millions du programme sur deux ans.Les initiatives culturelles du gouvernement Harper ont été résumées hier sous le paragraphe Célébrer notre culture dans le budget.En plus des 30 millions annuels pour les festivals, Ottawa accorde un montant de 52 millions au Sommet de la Francophonie qui se tiendra en 2008 à Québec.Dans le domaine des musées, le seul montant prévu est de cinq millions par année consacrés à l’embauche de stagiaires qui travailleront l’été dans les musées canadiens.Ottawa entend également rehausser de 30 millions au cours des deux prochaines années le financement accordé aux collectivités de langue officielle en situation minoritaire.Il prévoit aussi verser 1,5 million dans un nouveau «fonds canadien du patrimoine sportif», qui veut encourager les jeunes à participer à des sports faisant partie de notre patrimoine.Le budget donne comme exemple «le football canadien et la crosse».Enfin, le budget annonce la création de la Fiducie nationale du Canada, qui s’inspire du National Trust au Royaume-Uni et qui encouragera les Canadiens à protéger les terres et les bâtiments d’importance «ainsi que les trésors nationaux», et ce, de façon indépendante du gouvernement L’ensemble de ces engagements totalise 158 millions sur deux ans, soit 66 millions cette année et 92 millions l’année prochaine.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, fr étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (sans frais) 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 514-985-3399 514-985-3390 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 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