Le devoir, 4 mars 2003, Cahier A
ADQ Dumont perd un candidat pour cause de dérive idéologique Page A 3 AL-QAÏDA Khalid Cheikh Mohammed sera interrogé hors du Pakistan Page A 5 ?w w w .1 e (1 e v o r .c o ni LE DEVOIR Les gènes de la vieillesse démasqués Des vers permettent une découverte prometteuse pour Vkumain PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Des gènes directement impliqués dans le processus du vieillissement viennent d’être mis au jour par deux chercheurs, dont l’un est généticien à l’université McGill.La conception de drogues destinées à contrecarrer l’effet de ces gènes pourrait ouvrir la porte à une véritable fontaine de Jouvence.Dans la dernière édition de la revue Science, Siegfried Heki-mi, professeur au département de biologie de McGill, et Leonard Guarente, du Massachusetts Institute of Technology (MIT), annoncent avoir découvert chez de petits vers ronds (du groupe des nématodes) des gènes qui, lorsqu’ils sont porteurs de mutations, accroissent significativement la durée de vie de ces animalcules.Ces gènes interviennent de près ou de loin dans la production des radicaux libres, ces molécules toxiques qui s’attaquent à toutes les composantes macromoléculaires des cellules: autant les protéines que les lipides membranaires ou les acides nucléiques constituant l’ADN, rappelle Siegfried .Hekimi.Les radicaux libres sont également responsables du •stress axydatifo, une réaction corrosive à l’origine de diverses maladies liées à l’âge, telles que les cancers, les maladies neurodégénératives (maladies d’Alzheimer et de Parkinson) et cardiovasculaires.VOIR PAGE A 8: VIEILLESSE Ces gènes interviennent dans la production des molécules toxiques que sont les radicaux libres Langues officielles Madame la ministre ne comprend que l’anglais À VACDI, il est difficile pour un francophone de travailler en français HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA La présence de ministres unilingues anglophones à la tête de ministères fédéraux porte atteinte au droit des fonctionnaires francophones de travailler en français.À l'Agence canadienne de développement international (ACDI), les fonctionnaires ont tous reçu dernièrement une note concernant les mémoires adressés à la ministre Susan Whelan, une uni-lingue anglophone.Dans cette note datée de juillet 2002, dont Le Devoir a obtenu copie, on rappelle que "les mémoires à la , Wi ministre peuvent être soumis » ^ ^ v-y - ’ ^ CAREN KIROUZ REUTERS Des manifestants ont brûlé un drapeau turc à Arbil.La Turquie, où vit une importante communauté kurde, craint que, les Kurdes ne revendiquent un État indépendant Les trois provinces d’Irak à majorité kurde — Arbil, Sulayma-niyah et Dohuk — échappent au contrôle de Saddam Hussein depuis la guerre du Golfe de 1991, date à laquelle elles ont été placées sous la protection de l’armée anglo-américaine, qui y fait res- pecter une «zone d’exclusion aérienne».«Kurdistan, cimetière de l’armée turque», pouvait-on lire sur une banderole à Abril.«Les États-Unis ont l’obligation de protéger les Kurdes», était-il inscrit sur une autre.«Nous avons vécu en paix pendant de nombreuses années et nous ne voulons pas vivre sous le contrôle d’un autre pays», a déclaré un manifestant Washington refuse de commenter des rumeurs d’espionnage à l’ONU AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Les États-Unis se sont refusés hier à commenter les informations d’un hebdomadaire britannique faisant état d’une vaste campagne d’écoutes téléphoniques américaines auprès des délégations du Conseil de sécurité de l’ONU.«L’administration ne commente jamais quoi que ce soit qui concerne le renseignement.Nous ne répondons pas aux questions de cette nature», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer au cours d’un point de presse.Son homologue du départe- ment d’État Richard Boucher, n’a pas été plus bavard.«Peu importe que ce que dit ce journal soit vrai ou pas, je ne ferai pas de commentaires sur ce genre d’allégations», a-t-il déclaré.Selon YObserver, un hebdomadaire dominical britannique, cette opération «agressive», menée par l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA), consiste notamment à placer sur écoute téléphonique les délégués onusiens, chez eux et à leur bureau à New York, et à intercepter leurs courriers électroniques.Cette surveillance renforcée vise plus particulièrement les délégations des six pays du Conseil de sécurité considérés comme «indécis» sur l’Irak: l’Angola, le Cameroun, le Chili, le Mexique, la Guinée et le Pakistan, selon YObserver Washington, selon des sources diplomatiques, serait loin d’avoir les neuf votes sur quinze requis pour faire passer son projet de rés solution ouvrant la voie à un conflit ep Irak.Les États-Unis ne peuvent compter, pour l’instant, que sur les voix de la Grande-Bretagne et de l’Espagne, et peut-être celle de la Bulgarie.Cinq pays se sont prononcés résolument pour une poursuite des inspections en Irak: la France, la Russie, la Chine, l’Allemagne et la Syrie.Huit Palestiniens tués dans un raid israélien ADEL ZAANOUN A G E N C E FRANCE-PR K SS F Camp de réfugiés de Boureij — L’année israélienne a mené hier un raid dans le camp de réfugiés de Boureij, au sud de la ville de Gaza, au cours duquel huit Palestiniens — un entant de 13 ans, une femme enceinte de neuf mois, ensevelie sous les décombres de sa maison dynamitée, et six autres Palestiniens, en grande majorité des jeunes, dont certains armés —- ont trouvé la mort.En outre, un neuvième Palestinien a été tué par l'année en Cisjordanie.Le raid de l’armée à Boureij a commencé vers Ih du matin, |x>ur se terminer un peu plus de sept heures plus tard.la' raid, qui a fait 35 blessés, a permis à l’année de capturer Mohamad Taha, 67 ans, un des fondateurs et des responsables politiques du mouvement islamiste Hamas, principale cible de l'incursion.Selon l’armée, «des unités de fantassins et du génie, appuyées par des blindés et des hélicoptères d’assaut, s/mt intervenues dans la nuit ihns le camp où elles se sont heurtées à une vive résistance».Les forces israéliennes ont essuyé des tirs nourris d’armes légères, un tir de lance-roquettes, des jets de dizaines de grenades, t;uidis que sept engins explosifs ont été mis à feu, dont ime charge de 1(X) kg, selon un communiqué.L’armée a arrêté également deux des cinq fils de Mohamad Taha.Selon elle, les soldats ont découvert au domicile de cette famille un fusil d’assaut M-16 iiinsi qu’une ceinture explosive et mie importante quantité d’explosifs.La maison a été ensuite dynamitée ainsi que trois autres maisons du camp.Depuis juin 2002, l’armée a rasé quelque 160 maisons de Palestiniens impliqués selon elle dans des attaques, en affirmant que ces destructions avaient un caractère dissuasif.Ces destructions suscitent les plus vives critiques des organisations de défense des droits de rhonune, qui accusent les forces is-raéliennes de procéder à des punitions collectives.le raid de Boureij est intervenu au lendemain d’une autre opération des troupes israéliennes, visant aussi le Hamas, dans le camp de Khan Younès, (fuis le sud de la bande de Gaza, qui a fait deux morts pilesti niens.Le ministre israélien de la Défense, Shaoul Mofaz, avait indiqué dimanche que l’année allait «intensifier sa pression» sur les organisations années palestiniennes, en particulier le Hamas.En riposte au raid sur Boureij, le Hamas a tiré trois roquettes artisanales à partir du nord de la bande de Gaza sur la ville de Sdérot (sud d’Israël) sans faire de victimes ni de dégâts.L’Autorité palestinienne a estimé, de son côté, que les groupes qui, comme le Hamas, ne veulent lias cesser leurs attaques anti-israéliennes (comme le demande la di-rection palestinienne), donnaient à l’Etat juif des prétextes [xmr poursuivre ses opérations militaires.la1 président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a accusé pour sa |iart Israël de se livrer à une escalade militaire qui relève, selon lui, d’une «conspiration destinée à empêcher de.mettre en œuvre des réarmes» internes.Mais les Palestiniens ont confirmé malgré tout que le Conseil central de l’Organisation ixmr la libération de la Palestine (OLP) se réunirait bien samedi, à Ramallah, pour discuter de la désignation d’un premier ministre, connue le demandent notanunent les États-Unis.Depuis son déclenchement, lin septembre 2(XX), la deuxième intifada a fait 3013 morts, dont 2262 Palestiniens et 695 Israéliens.GRÈCE Ouverture du procès des militants du «17-Novembre» REUTERS Athènes — Le procès de 19 membres présumés de l’organisation extrémiste grecque du 17-Novembre, apparue voici une trentaine d’années sous la dictature des colonels, s’est ouvert hier dans une prison d’Athènes, où les prévenus ont pris place dans une «cage» vitrée à l’épreuve des balles.Ce que les médias grecs appellent d’ores et déjà le «procès du siècle» en Grèce va se dérouler loin des micros des radios et des caméras de télévision, dont le gouvernement a interdit la présence dans la salle d’audience, au cœur de la prison Korydallos, dans le sud-ouest d’Athènes.Vingt-trois assassinats de Grecs et d’étrangers (dont des diplomates américains, britanniques et turcs) sont imputés à cette organisation de guérilla urbaine d’extrême gauche, qui tire son nom de la sanglante répression dp soulèvement des étudiants de l’Ecole polytechnique, le 17 novembre 1973, et de la proclamation de la loi martiale par la dictature.Les forces de l’ordre grecques ont réussi à l’été et à l’automne derniers à placer sous les verrous ces 19 suspects, mettant un terme à l’une des menaces les plus graves qui pesaient sur la sécurité des Jeux olympiques d’Athènes en 2(X)4.Dans les rangs des accusés figure notamment l’ex-professeur de mathématiques Alexandros Gioto-poulos, 59 ans, que l’on considère comme le leader de l’organisation.11 a été arrêté en juillet dernier.Gio-topoulos, dont le nom de axle était «Lambros», est le fils d’une des plus célèbres figures du communisme grec des années 1930, Dimitris Gio-topoulos, qui se présentait comme un disciple de TrotskL Le 17-Novembre, dont l’idéologie mêle marxisme-léninisme, nationalisme et dénonciation virulente de Y «impérialisme américain», a perpétré son premier assassinat en 1975 en abattant Richard Welch, chef d’antenne de la CIA dans la capitale* grecque.I-a dernière victime en date de l’organisation est l’attaché militaire britannique Stephen Saunders, tué dans son véhicule le 8 juin 2(XX) en plein Athènes.Entre-temps, l’organisation a abattu des députés de droite, dont, en 1989, Favlos Ba-koyannis, membre de la Nouvelle Démocratie (conservateurs), et, à l'époque, époux de celle qui est devenue en octobre dernier le maire conservateur de la capitale.Dora Bakoyannis.lu 17-Novembre a également assassiné un diplomate turc en juillet 1994 en plein Athènes et l’attaché militaire américain William Nordeenen 1988.L’extrême gauche grecque a d’autre part abattu des industriels, comme Dimitris Angelopoulos, en avril 1986, et Alexandros Athanas-siadis-Bodosalds en 1988.PATIENCE, IL ARRIVE.EN AVRIL LE TOUT NOUVEAU LEXUS RX330 À LA COHOUÉTI DI LA PIRFICTIOM.f IK DEVOIR.LE MARDI I MARS 2 0 0 3 A fi i EDITORIAL Les gros mots La campagne électorale qui s’amorce sera dure.Elle n’est pas encore commencée que déjà les gros mots volent de tous bords.Jusqu’ici, la palme revient au président de l’Action démocratique, Guy Laforest, qui accuse le premier ministre Bernard Landry d’avoir créé un régime de terreur à la manière de Maurice Duplessis.émoniser l’adversaire est une tactique fréquemment employée en politique lorsque les arguments viennent à manquer.C’est d’ailleurs le premier réflexe qu’ont eu péquistes et libéraux devant la montée subite de l’ADQ l’an dernier.N’arrivant pas à s’expliquer le phénomène, ils ont dépeint de la façon la plus sombre les projets mis en avant, tels les bons d’éducation, le taux d’imposition unique et l’ouverture du système de santé au privé.A leurs voix se sont jointes plusieurs autres, si bien qu’aujourdbui toutes les attaques convergent vers les adéquistes, qui trouvent qu’il fait chaud dans la cuisine.La réaction de M.Laforest peut se comprendre, mais la démesure de son propos l’a rendue sans portée.On peut faire beaucoup de reproches au gouvernement Landry, dont le prochain budget sera sans doute on ne peut plus électoraliste, mais de là à laisser croire que l’actuel premier ministre gouverne à la manière de Maurice Duplessis, B y a un pas que la raison aurait dû empêcher que l’on franchisse.Que Mario Dumont et les adéquistes de sa génération ne sachent pas trop qui était Maurice Duplessis passe.Que cela soit le fait d’un respecté professeur de science politique devient inexcusable.Les propos de M.Laforest sont une occasion de se rappeler le chemin parcouru depuis l’époque duplessiste dont le célèbre «toc tais-toé» caractérisa le caractère autoritaire.On ne gouverne plus comme Maurice Duplessis le faisait, c’est à dire seul.Aujourd'hui, rares sont les décisions qu’un gouvernement prendra sans consulter les corps intermédiaires et les groupes de pression.De nombreux mécanismes ont été mis en place au fil des ans qui, s’ils apparaissent parfois lourds aux élus, n’en sont pas moins nécessaires.Pensons au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, qui est devenu un outil indispensable de la gestion gouvernementale en environnement.Comment gouvernera l’ADQ si celle-ci est élue est certainement une question des plus fondamentales à laquelle devra répondre ce parti d’ici le jour du scrutin.L’autre façon de gouverner que l’on nous propose apparaît vouloir faire fi de la voix des tiers.La seule voix que M.Dumont nous dit vouloir entendre est celle de la majorité silencieuse, un concept auquel ont recours généralement les gouvernants aux tendances autoritaires.Cela peut conduire à des excès comme nous en avons connu à Montréal sous l’administration Drapeau, qui ne tolérait pas l’opposition.Le questionnement serré dont est l’objet le programme de l’ADQ apparaît injuste aux yeux de ses militants qui, parce qu’ils n’ont pas toutes les réponses, prêtent davantage flanc à la critique.Les adéquistes voudraient que l’on soit davantage tolérant à leur endroit du fait de leur inexpérience, ce que l’on pourrait être si l’on avait affaire à un tiers parti condamné à demeurer dans l’opposition.Ce qui n’est pas le cas.Ce que l'ADQ propose, ce sont des changements majeurs.Sera-ce l’apocalypse?Ne tombons pas dans le piège de la démonisation, mais continuons d'exiger de ce parti qu’il explicite ses positions.Si elle est portée au pouvoir, l'Action démocratique prétendra avoir la légitimité pour réaliser ses engagements électoraux, ce qui sera juridiquement vrai.On pourrait regretter alors de ne pas avoir posé aujourd’hui toutes les questions.bdescoteauxiàledevoi r.eu Le dilemme d’Ankara LU es députés turcs ont beau avoir dit non à la présence de troupes américaines sur leur territoire, leur gouvernement n’entend pas abandonner l'entente qu’il a I conclue avec l’administration Bush.À peine avait-on | achevé le décompte des votes que le ministre turc des i I Affaires étrangères indiquait qu’après consultation avec le chef du parti au pouvoir, Tayyip Erdogan, il avait été décidé de présenter une nouvelle motion susceptible de remporter cette fois l’adhésion des parlementaires turcs.Le calcul des militants de la position américaine est une combinaison faite essentiellement de milliards de dollars et du Kurdistan irakien.Parce que la Turquie est confrontée à la pire crise économique des cinquante dernières années, elle a un besoin urgent d'argent frais.Sur ce front, elle avait obtenu la promesse que la dette contractée auprès des Américains serait radiée.En outre, Washington s’était engagé à piloter le dossier turc auprès du FMI à une condition.Laquelle?Que les sommes allouées soient administrées par les fonctionnaires du FMI.Un impératif qui a ulcéré un certain nombre de députés au point de les convaincre de s’opposer à leur gouvernement.Pour ce qui a trait au complexe et délicat sujet qu’est le Kurdistan, on se rappellera que, selon l’accord négocié avec Washington, on aurait permis à quatre divisions turques d’occuper le Kurdistan irakien.Aussi paradoxal que cela puisse paraître au premier regard, bien des députés ont voté non à cause justement de cet encourage ment à la colonisation.Pourquoi?S’installer à demeure en territoire kurde aurait pour conséquence une fermeture quasi définitive de cette Union européenne que la très forte majorité des Turcs rêve de rejoindre depuis 1962.Le dernier bastion des opposants rassemble tous ceux et celles qui ont décidé de jouer la partie en collant à l’opinion publique.Celle-ci, on le sait, est très montée contre l’administration Bush.Selon les sondages, pas moins de 80 % des Turcs sont contre toute action en dehors des balises de la résolution 1441.Tout cela rappelé, le gouvernement d’Ankara entend donc revenir à la charge en déposant une seconde motion au Parlement.Il est plus que probable que celle-ci sera présentée après le 9 mars, soit après les élections partielles à la faveur desquelles le chef du Parti de la justice et du développement, Tayyip Erdogan.devrait devenir premier ministre en remplacement d'Abdullah Gui.Pour convaincre tous les membres de sa formation politique de faire front commun, il faudra évidemment qu'Erdogan propose une motion plus riche en gains po tentiels que ceux promis jusqu'à présent par Bush et les siens.Le dilemme en vue est simple: soit le gouvernement satisfait Washington et s'aliène illico la société civile, soit il refuse et ses chances de rejoindre plus tôt que prévu l'Union européenne augmenteraient au grand déplaisir de Bush.Serge Truffaut O O O Bernard Descôteaux ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE sgO, i wmà, LETTRES -?- C’est quoi, au juste, un intellectuel?Le terme est très souvent utilisé pour légitimer des opinions ou soutenir des causes, mais son poids se base beaucoup plus sur la rhétorique que sur l’expertise réelle.En lisant un texte tel que celui paru mardi dernier à propos de l’Irak, il est important de se demander si chaque signataire a étudié la situation en Irak ou si son expertise se situe plutôt en orthopédie ou en pisciculture.Se prétendre intellectuel ipso fado, en plus d’être extrêmement facile, est tentant étant donné la crédibilité disproportionnée offerte gratuitement à ceux qui s'en approprient le titre.Nous devons être vigilants, car l'incarnation de l’intellect est plus rare que l’appropriation du tenue.Même si l’on met de côté le problème de l’expertise, il reste qu'être intellectuel a des implications plus grandes que tout simplement le dire.Cela implique qu’on utilise ses connaissances et ses talents pour alimenter les débats et proposer de nouvelles perspectives ou solutions.Offrir son génie à la cause, si vous voulez.Contrairement à ceci, les arguments offerts à propos de l'Irak mardi dernier, sans être mauvais, n’étaient en fait rien d’autre qu'un ressassement de vieux arguments déjà entendus.Les regroupements sociaux et la population qui s’est mobilisée par centaines de milliers les ont prononcés bien avant nos «intellectuels».En fait, seul le gros bon sens peut s'approprier tous ces arguments.Nos prétendus intellectuels ont tout simplement mis leur sceau d'approbation sur des idées généralisées.Bravo.Ces gens doivent choisir où ils se situent.Ils peuvent soit se joindre à la masse en participant directement comme membres égaux dans les coalitions et dans la rue, soit proposer des arguments tout frais de leur propre cru pour justifier l’utilisation de titres collectifs tels «l’intelligentsia», «l’illuminati», etc.L’autoproclamation aux rangs des intellectuels sans contribution réelle est honteuse et lâche.L’appropriation de titres, d'arguments, de légitimité et de justification pour des gains rhétoriques et l’illusion de force morale, je laisse ça à George Bush et cie.Moi, je ne suis ni un intello, ni un président, mais un simple citoyen.C’est moins crédible sur papier, mais drôlement plus crédible dans la vraie vie.Youri Cormier Etudiant et adiviste (de fait et non de titre) Université Concordia Le 20 février 2003 Pacifisme extrême Les Québécois, selon un récent sondage, seraient nettement plus pacifistes que les autres Canadiens.Très majoritairement, ils ne veulent pas d’une guerre contre l’Irak, que ce soit ou non sous l’égide des Nations unies.Une pareille manifestation de pacifisme extrême est-elle une si bonne chose?Je ne le crois pas, car elle me semble témoigner soit d'un isolationnisme appareimnent inconséquent, soit d’un bon ententisme fort naïf.Peut-on se risquer d’établir ici un parallèle avec l’attitude des Canadiens français face à la conscription lors de la Seconde Guerre mondiale?Chez plusieurs d’entre nous, outre un sentiment antianglais, il y avait une volonté de se tenir à l'écart du conflit et une certaine sympathie à l'égard de la France de Pétain.A l’heure actuelle, bien des Québécois s’opposent fortement à la politique internationale américaine, mais ils ne boycottent pas les produits américains et ils continuent d’aller en Floride comme ils continueront sans doute d’al- ler à Old Orchard ou à Ogunquit Avant de pavoiser sur le si grand et si distinct pacifisme des Québécois, notre très national premier ministre devrait réfléchir davantage: la guerre est un sujet trop sérieux pour qu’U se prête à de la petite politique partisane.Michel Lebel Entrelacs, le 22février 2003 Bravo, les Turcs ! En dépit des milliards offerts par les belliqueux Etats-Uniens, le Parlement turc a refusé que ces généreux distributeurs de billets verts utilisent leur territoire pour s’élancer toutes griffes dehors vers leur voisin irakien.Signe-qu’en ce pays les parlementaires sont encore capables d'affirmer leur opinion.Bonne leçon pour nos députés canadiens.Ici, la ligne de parti prédomine et les individus s’y plient sans rechigner.Motion morale ou immorale, juste ou injuste, nos députés votent, comme l’exige le chef du parti.Démocratie digne d’un élevage de moutons.Les Turcs ont repoussé des milliards pour rester debout et continuer à vivre la tête haute en présence de-leurs voisins irakiens.Ici, nos élus, la majorité, libérale en particulier, se plieront à toutes les inepties pour ne pas déplaire au géant d’à côté.Que ce géant soit immoral, que ce géant soit belliqueux, obsédé et déraisonnable, nous accéderons à ses quatre volontés et, s’il le faut, les parlementaires n’auront même pas à se prononcer.Et ça prétend donner des leçons de démocratie.Que la guerre ne soit jamais qu’un ultime dernier recours pour se défendre contre un agresseur réel et agissant.Ce qui n’est nullement le cas avec l’Irak.Mario Laprise Québec, le 3 mars 2003 LIBRE OPINION -?- Clonage thérapeutique: y aura-t-il un débat?YVES LAMONTAGNE M.D., président MICHÈLE MARCHAND M.D., secrétaire du Groupe de travail en éthique clinique Collège des médecins du Québec Depuis 1989, les nouvelles techniques de reproduction suscitent un débat qui traîne en longueur et que plusieurs aimeraient clore par l’adoption rapide du projet de loi C-13.Le récent battage médiatique autour du clonage reproductif n’a d’ailleurs fait qu’ajouter à la confusion et au climat de précipitation dans ce dossier.Le problème, c’est que le projet de loi C-13 ne concerne pas seulement les techniques de reproduction; il concerne tout ce qui touche, de près ou de loin, à la manipulation d’embryons humains.S’il est adopté, ce projet de loi risque de mettre fin brutalement à toute une série de recherches sur les cellules souches, effectuées à des fins thérapeutiques dans des domaines autres que la reproduction.En fait, ces recherches seront interdites parce quelles impliquent des embryons, une certaine forme de clonage, et que l’on s’est mis à craindre le clonage comme la peste.Selon nous, on a bien raison de craindre le clonage reproductif et de penser à l’interdire par une loi.Mais faut-il pour autant interdire tout clonage, sans distinction, même celui qui concerne la recherche et ouvre la voie à des traitements prometteurs?C’est malheureusement ce que l’on s’apprête à faire.Clouer, c’est créer une copie identique sur le plan génétique.L’une des techniques pour y arriver consiste à prélever une cellule citez un individu et à en extraire le noyau.Ce noyau contient tout le bagage génétique de l’individu.Ensuite, on remplace le noyau d’un ovule par ce nouveau noyau.En stimulant la multiplication cellulaire de cet ovule, on peut, du moins théoriquement, obtenir un embryon.Quand on parle de «clonage thérapeutique», c’est, la plupart du temps, pour dire que l’on voudrait prélever le noyau chez un individu malade.A partir de l’embryon de quelques jours, on pourrait alors extraire des cellules souches, c’est-à-dire des cellules encore indifférenciées mais ayant le potentiel de se spécialiser pour remplacer les cellules malades, et ce, sans risque de rejet.Dans ce cas, il n’est nullement question de poursuivre la croissance de l’embryon au delà de ces quelques joins.Si, au lieu de tirer des cellules souches de l’embryon, on réimplantait plutôt ce dernier dans l’utérus d’une femme et que l’on poursuivait sa croissance jusqu’à le rendre viable, on parlerait alors de «clonage reproductif».C’est ce que les représentants de Clonaid soutiennent avoir réussi: faire un clone, un être humain vivant complètement identique à celui qui a fourni le noyau cellulaire.Cette distinction, une bonne partie de la population l’a déjà saisie.De fait, selon un sondage Léger Marketing publié dans Le Devoir du 20 août 2001.89 % des Canadiens jugeaient inacceptable le clonage d’êtres humains à des fins de reproduction, tandis que 55 % d’entre eux se disaient ouverts au clonage d’embryons pour en tirer des cellules souches.Il semble plutôt que ce soit le projet de loi qui entretienne la confusion en voulant interdire •toute forme de clonage».Bien sûr, on peut entretenir la confusion en toute bonne foi.N’empêche que cela n’aide pas à faire progresser le débat.La défense d’un principe moral important — le respect de l’embryon — contribue à entretenir cette confusion.En effet ceux qui considèrent que l’embryon est une personne dès sa conception ne voient pas d’intérêt à distinguer un être viable d’un amas de cellules: les deux méritent un respect absolu.Pour eux, toute forme de clonage est inacceptable.Ce refus net rallie également les gens qui, sans nécessairement penser que la vie des embryons a un caractère sacré, craignent quand même son instrumentalisation.Et ils sont nombreux.Parmi eux.on compte des médecins et des chercheurs pour qui aucun bienfait thérapeutique ne peut justifier le clonage humain, malgré les possibilités de traitement qu’offre ce dernier.Selon eux, tout ce débat sur le clonage thérapeutique peut s’arrêter maintenant Dans les deux cas, l’intérêt thérapeutique n’est pas considéré comme un argument moral qu’il faudrait mettre dans la balance.Aussi nous faut-il un certain courage pour oser dire tout haut ce que plusieurs médecins pensent tout bas: la perspective d’améliorer la santé des personnes malades est aussi une préoccupation morale! Selon nous, le véritable défi n’est pas de renoncer à l’une ou l’autre de ces préoccupations morales: le défi, c’est de pouvoir les mettre en équilibre.Et cet équilibre est toujours à refaire.Cloner des embryons pour avoir un enfant aux yeux bleus?Jamais! Les cloner pour traiter une maladie grave, autrement incurable?Peut-être.Dans son mémoire, le Collège des médecins soutient qu’il est possible de relever ce défi.Quand on fait les distinctions qui s’imposent, on constate que les questions portant sur le clonage thérapeutique n’ont pas été suffisamment débattues.Y a-t-il des limites à chercher des traitements?Quelles sont-elles?Est-il possible d’utiliser autre chose que des cellules embryonnaires pour poursuivre la recherche sur les cellules souches?À notre avis, un vrai débat sur le clonage thérapeutique s’impose.Nous craignons que le projet de loi sur la reproduction assistée, plutôt que d’encourager ce débat, ne vienne le clore définitivement LE DEVOIR.LE MARDI I MARS 2 0 0 S A 7 IDEES REUTERS Le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schrôder.Représentée en Europe par la France et l’Allemagne mais comptant aussi la Chine et la Russie, la coalition antiguerre, formidablement bien coordonnée, a fait le pari d’entreprendre à l’occasion de la crise irakienne la reconfiguration du monde unipolaire actuel qui a vu le jour à la suite de la dissolution de l'Empire Les deux pièces à l’affiche sur la scène onusienne La coalition antiguerre exploite avec un cynisme indécent le pacifisme, l’ignorance et l’antiaméricanisme populaires GUY BUSS1ÈRE Ingénieur éminent journaliste allemand Josef Joffe, éditeur du journal Die Zeit de Hambourg, cité par Thomas L.Friedman dans le New York Times, dit, concernant la crise irakienne, que «nous vivons actuellement une période critique de l’après-guerre froide, avec des enjeux moraux et stratégiques énormes, et la seule réponse qu’offrent plusieurs Européens est de contrarier et d’endiguer la puissance américaine.Ce faisant, ils se placent dans le camp de Saddam, dans une position intellectuelle corrompue».En réalité, la croisade pour l’endiguement de la puissance américaine dépasse largement le cadre de la vieille Europe représentée par la France et curieusement l'Allemagne.Ces deux pays sont dans le même camp que deux acteurs de taille, la Chine et la Russie.Cette redoutable coalition, formidablement bien coordonnée, a fedt le pari d’entreprendre à l’occasion de la crise irakienne la reconfiguration du monde unipolaire actuel qui a vu le jour à la suite de la dissolution de l’Empire soviétique.Pour cette coalition, le désarmement de l’Irak est secondaire, il est un prétexte.Il est d’autant plus secondaire pour la partie européenne de la coalition que, comme l’a écrit Robert Kagan dans un article magistral qui a fait le tour de la planète, l’Europe est protégée du terrorisme de Ben Laden par sa faiblesse.C’est aux Etats-Unis que le coordonnateur du terrorisme intégriste a déclaré la guerre sainte et totale.Non pas à l’Allemagne ni surtout à la France.Pour ces pays, une possible et éminemment plausible conjonction entre la nébuleuse terroriste et un régime voyou du genre de celui de l’Irak de Saddam, qui, en dépit de différences idéologiques, lui fournirait des armes biologiques, chimiques ou nucléaires, semble improbable.Ou plutôt, cette conjonction ne les menace pas directement Le premier attentat terroriste faisant 1Q 000 morts ou plus, s’il peut être réussi, le sera aux Etats Unis.La coalition a choisi de laisser la France occuper le devant de la scène, lui servir de porte-parole.L’Allemagne est un nain diplomatique.La Russie et la Chine, les deux géants de la coalition, se tiennent dans les coulisses, soufflant leurs encouragements.La coalition ne pouvait faire un meilleur choix.Aucun pays au monde ne souffre autant que la France de l'actuelle prééminence américaine.Par exemple, et c’est un exemple parmi cent, depuis plus de 40 ans, i.e.depuis de Gaulle, la France n’a jamais cessé dans le théâtre européen son travail de sape contre l’Alliance atlantique.L’antiaméricanisme français est an- cien et il a été porté à son maximum de toxicité par de Gaulle.Dans son dernier livre, le très courageux Jean François Revel a osé écrire que «le dénigrement des États-Unis occupe les neuf dixièmes de la pensée française».Je pense qu’il ménage son pays.L’illustre Bernard-Henri Lévy a parlé pour sa part de «l’antiaméricanisme, cette saloperie française».Un observateur de la politique française entendu à la télévision de la République a déclaré: «Sur le plan international, la France n'existe que par opposition aux États-Unis.» La France était donc parfaitement qualifiée pour jouer le rôle de porte-parole de la coalition.De plus, aucun pays du monde ne pouvait en tirer plus de jubilation et de gloriole.Avec le plus extraordinaire cynisme, la coalition prétend, et son porte-parole Jacques Chirac le répète sans cesse, qu’il n’y a pas de preuve contre Saddam.Dans le numéro du 8 février, l’équipe éditoriale du journal The Economist écrit pourtant, et c’est une énorme lapalissade: «Jacques Chirac n’a pas besoin de preuves américaines pour savoir que l’Irak triche.Il donne l’impression d’être plus intéressé à rogner les ailes de la superpuissance que de s’attaquer au problème Saddam.Il faut être fou ou intellectuellement malhonnête pour avaler la prétention de M.Hussein voulant qu’il n’a pas d’armes prohibées.La logique et une véritable montagne de preuves circonstancielles pointent dans l’autre direction.» C’est aussi ce que semblent penser les 15 pays européens qui se sont dissociés de la position du directoire franco-allemand.Douze ans de tricherie Depuis 12 ans, le régime de Saddam se moque éperdument et impunément des résolutions des Nations unies.Il y a trois mois, le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité une résolution extraordinairement précise et contraignante.Elle accordait au régime de Saddam une douzième dernière chance.Sinon, l’Irak devait faire face «aux plus graves conséquences», i.e.à une intervention armée.Immédiatement, dès le dépôt du premier rapport exigé, l’Irak s’est placé en violation patente de la résolution.Depuis, fort de ses appuis au Conseil de sécurité, Saddam a simplement repris le petit jeu de la dissimulation qu’il maîtrise à la perfection.Le moment serait donc venu pour l’ONU de faire respecter son autorité.Après douze ans de tricherie à son égard, on ne pourrait l'accuser d’être possédée d’une envie diabolique, irrépressible, hâtive, de faire la guerre.Mais ce qui intéresse d’abord la coalition, c’est l’affaiblissement de la superpuissance américaine.Elle ne veut surtout pas que le monde puisse avoir l’impression que les Etats-Unis ont gagné, que la coalition accepte le leadership du géant américain.Elle propose donc de faire durer indéfiniment le bras de fer et, pour ce faire, de changer les règles du jeu, de modifier de facto les termes de la résolution et de mettre le fardeau de la preuve sur le dos des Nations unies.Elle suggère de renforcer le régime d'inspection et de donner aux inspecteurs des mois, pourquoi pas des années, pour fouiller un pays grand comme la France.Durant les années 1990, les inspecteurs ont cherché durant quatre ans et n’ont pu trouver la moindre trace des annes bactériologiques que Saddam jurait ne pas posséder.Il avait l’appui de l’ex-ministre français Jean-Pierre Chevènement, qui affirmait lui aussi que l’Irak ne possédait pas de telles annes.Il a fallu la défection d’un gendre de Saddam pour que la vérité éclate et que la partie des armes alors découvertes soit détruite.M.Chevènement ne s’est pas excusé.Les partenaires de la coalition ont également des intérêts économiques très importants en Irak.Ces intérêts, évidemment viennent ajouter leur poids à la motivation géostratégique de rogner les ailes de la superpuissance.La France et la Russie ont mis le grappin sur le quart des réserves pétrolières irakiennes.En 1996, dans le magazine Le Point, Jean-François Revel, toujours lui, signait un article intitulé «Irak: le cynisme français».Il écrivait: «Si les Français veulent avant tout gagner de l’argent grâce au commerce avec l’Irak.qu’ils le disent et ne nous fatiguent plus de leurs principes.» Et avec l’Irak, de l’argent, la France en a gagné des montagnes grâce à ces juteux contrats d’armement qui ont suivi la signature en 1975, entre Saddam et Jaques Chirac, de l’entente qui a permis à la France de vendre à l’Irak, à prix d'or, un réacteur nucléaire assorti de 72 kilogrammes d’uranium enrichi, soit de quoi fabriquer trois bombes.Les gesticulations actuelles de la France dans le dossier irakien s’inscrivent parfaitement dans ce qu’il est convenu d’appeler «la politique arabe de la France».Cette politique très terre à terre s’appuie sur l’existence d’un marché potentiel de plus de un milliard d’Arabes musulmans sur la planète contre seulement six mêlions d’Israéliens qui, par ailleurs, achètent aux Etats-Unis les armes qu’ils ne peuvent fabriquer eux-mêmes.Le grand jeu de la coalition sur la scène onusienne, intitulé «Donnons encore une chance à la paix», exploite avec un cynisme indécent le pacifisme, l’ignorance et l’antiaméricanisme populaires.En conséquence, les Nations unies sont en voie de régresser au stade de la Société des nations, de sombrer dans l'insignifiance absolue.Pendant que des millions de pacifistes sincères, d’anti-OGM, d’antimondialisation, d'anti-McDo, de pauvres bougres qui écrivent sur les murs de Québec «Mort au capitalisme, nous voulons Castro», d’anti-Amé-ricains ordinaires défilent dans le monde contre la guerre américaine, la Russie et la Chine, ces grandes démocraties, poursuivent dans le silence international leurs petits génocides physiques ou culturels ordinaires.IJ n’y a pas de doute.Les gros méchants, ce sont les Etats-Unis.Paul Martin et les paradis fiscaux Prêcher par l’exemple LOUIS PLAMONDON Député du Bloc québécois e relâchement de l’éthique aura certainement été l’une des pratiques du gouvernement Chrétien les plus dommageables en ce qui a trait au cynisme de la population vis-à-vis des institutions politiques.Les scandales à répétition touchant au copinage, à la propagande et au gaspillage des fonds publics ont sérieusement miné la confiance de la population envers la classe politique, tandis que les scandales financiers des derniers mois auront miné sa confiance envers le monde financier.Paul Martin, lui, est un personnage à la fois politique et financier.Il veut maintenant succéder à Jean Chrétien, suggérant qu’il fera mieux.Pourtant Paul Martin n'a jamais dénoncé le patronage de son propre gouvernement au cours de son long règne comme ministre des Finances.D a même accepté de financer la campagne de propagande de son gouvernement.Aujourd’hui, non seulement il ne propose rien pour corriger les problèmes d’éthique de son gouvernement mais en plus il s’oppose au projet de loi de financement des partis politiques proposé par Jean Chrétien 25 ans après René Lévesque.Paul Martin, le financier, a des pratiques encore plus douteuses.En 1998, il a parrainé une loi omnibus dont un article permettait à certaines entreprises canadiennes, dont la sienne, de recourir aux paradis fiscaux de façon à échapper à l’impôt canadien.C’est ainsi que, depuis cinq ans, Paul Martin a pu soustraire des millions de dollars à l’impôt Certains prétendent qu’il a ainsi pu se soustraire à ses responsabili- tés environnementales.En effet, la plupart des bateaux de Paul Martin sont chapeautés par une entreprise établie dans un paradis fiscal.Ainsi, si un de ses bateaux causait un désastre environnemental, la responsabilité serait limitée, permettant à Paul Martin et à son entreprise de s’en laver les mains.Si Paul Martin devenait premier ministre et continuait à se soustraire à l'impôt en utilisant les paradis fiscaux et à éviter ses responsabilités en utilisant des pavillons de complaisance, comment espérer un regain de confiance de la population envers les institutions démocratiques?S’il veut être premier ministre, Paul Martin doit faire le ménage dans ses affaires.S'il veut prêcher par l’exemple, qu’il cesse simplement d'utiliser les paradis fiscaux, les pavillons de complaisance et qu’il promette de combattre ces pratiques.Serge Bouchard ?Ma petite âme a mal aux pattes LU âme, croyons-nous, a deux pattes.11 est * vrai qu'elle trottine dans l’intention de s’en ;dler, qu'elle prend un peu d’air avant de s’envoler (qui est la mort bien entendu), il est vrai que l’âme marche et qu’elle prend même des marches, comme on dit, comme on vit.et il est pro bable que l’âme a du terre à terre en elle, comme les plantes, comme les choses.11 faut bien reposer quelque part.Mais au train où va le monde, il est entendu que l'âme s’essouffle, qu'elle peine et culbute, ne pouvant suivre la parade.Examinons l’idée.Je roulais l’autre jour sur une route glacée.Je réfléchissais à mes pneus, aux cannelures, à la température et je révisais dans ma tête toutes ces choses relatives au coulant, au glissant, aux dérapages, aux carambolages et aux gros accidents.Notre vie ne tient pas à un fil, elle tiept à l’empattement.Quand tu perds pied, tu pars.Echapper son char revient à perdre les pédales ou vice-versa.Dans le mouvement, il est un point de non-retour, un point au-delà duquel la machine s’emballe et la masse s’en va où elle veut.Alors, il ne reste plus qu’à espérer que l’énergie s’épuise sans qu’il y ait trop de casse.Car, l’expression le dit, on a perdu le contrôle.L’âme, qui a des pattes, comme nous le disions, peut se déformer sous de trop grandes accélérations.L’esprit des pattes nous relie à la terre dont nous oublions trop la nature rassurante.Or, la nature a un pas, elle n’en a pas deux.Elle est routinière comme le maudit.Nos dérapages fréquents viennent du non-respect des vitesses permises.Perdre la tête est l’ultime perte de contrôle.Nous voilà dans le clos avec gros dommage, au cœur, à l’âme et au cerveau.Nous allions trop vite, nous brûlions les étapes jusqu'à l'ultime collision.Comme s’il fallait être toujours ailleurs, constam- .ment en mouvement et en tournoi pour trouver notre place en avant, nous donnons des vertus cardinales à la bougeotte et aux voyagements.Nous poussons, nous poussons, nous avons le pied pesant.Ije savoir-vivre est à l’avenant, les doigts d’honneur courants.Cependant, trop c’est trop.Le syndrome de la rage au volant résume entièrement notre monde: une bande de furieux solitaires enfennés dans des bulles de métal, des missiles nucléaires laissés à l’aveugle dans l’espace clos des bouchons de la ville.Tout est nuisance à celui qui fonce sans réfléchir.L'air du temps annonce des chemins glissants.Nous entrons dans la tempête à une vitesse folle.Il n’est pas sûr que l’âme aspire à tant d’actions.Elle a besoin d’ombre, de paix, de continuité.Elle carbure à la stabilité.Cela s’appelle l’équilibre, pour ne pas dire une solide adhérence.J’adhère à la longueur, au bonheur, à la justice, la paix et l’équité sont des villages qui se trouvent très très loin, au bout de très longues distances.Il faut y tendre, il faut y aller, au pas de l’âme qui est lent L’emprise est importante, l’empattement est crucial, il y a effectivement une bonne marche des choses.L’âme se soucie de dépassement, elle est prudente par nature.Pour décoller et aller loin, être posé ne nuit pas.Et il faudra se reposer de toute façon.Alors, respirons par le nez (qui est relié par des conduits secrets à l’âme dont le souffle s’échappe par là).Mais le temps est mauvais et l’âme est mise à mal.La pression est immense et le reste, justement, ne coule plus de source mais pisse plutôt de partout, comme autant de petites fuites qui nous vaporisent dans l’air.Celui qui marche et réfléchit donne l’impression d’être immobile dans le peloton.Oui, à la vitesse où va le monde, nos terrains sont toujours glissants.Plus c’est glissant, plus importe l’empattement.L'empatté tient bien la route, il marche.Autant dire qu’il marche poqr la paix.Il a le temps de voir venir.A quoi ressemble une âme qui a perdu pied, les pédales et tout contrôle sur elle-même?Elle devient noire et violette, elle a mauvaise haleine, elle divague sur fond de dérapage, elle en veut à tout le monde, elle parle de vengeance et de guerre, elle roule tempête sans réfléchir, elle émet des bruits sourds, elle s’emballe, saute des plombs, elle vire méchante, devient ethnocentrique, elle se ratatine et brise tout Sa conduite devient dangereuse.Finalement elle prend le clos et provoque de très gros accidents, avec morts et blessés innocents.Le supplément de l’âme se trouve dans l’empattement de nos résolutions.Non, les nations ne sont pas unies, les États non plus.Le Traité de la Bonne Conduite n’est pas encore écrit la plupart ne savent pas lire les signes du temps.Sur l’autoroute de l’histoire, personne ne respecte le code.Nous ne marchons pas de concert On ne sait même pas où mène ce train d’enfer, la route ne se partage pas.Le croissance de tout y compris du scandale, est notre religion.Nous allons sans limites.Les fous du volant s’échappent en avant sans se soucier de l’état de la route, sans penser une seconde à l’empattement de leurs âmes.Il y a bel et bien un bouchon devant Ça va frapper dur quand tout cela va s’arrêter.Ce déout de siècle est un carambolage annoncé.Ma petite âme a mal aux pattes.Elle cherche son souffle, elle est en manque de lenteur.Elle est complètement dépassée.Ça va frapper dur quand tout cela va s’arrêter.Ce début de siècle est un carambolage annoncé.L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint an directeur de l'information), Jeanne Corrivtnu(vigile), Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Paule des Rivières (éditonalitte), Jean Dion.Louia-Gillet Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet).Josée Boileau.Julie Carpentier (sports).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé); Pauline Gravel (science) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumaret (rWertrars); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l’information culturelle Michel Bélair (responsable), Jenn-ftem Legault, Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), Bernard lamarche (arts visuels); é l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny.Éric Desrosiers.Valérie Dufour.Claude Turcotte: à l’information internationale Claude Lévesque.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); h l'information politique Hélène Buzaetti.Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Tommy Chouinard et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires d Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire d la rédaction), InuiseMaudc Rioux Soucy, (ienevieve Otis-Dionne (commis) Iü documentation : Gilles Paré (directeur), Manon Derome.Serge Uplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PinBUCrTÉ ET LE MARKETITNG.Jacqueline Avril.Jean de Billy.Gyslaine Côté.Marlène Côté.Annie Duguay, Martin Fournier.Christiane Legault.Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland, (publicitaires).Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production), Claudine Bédard.Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Filion.Olivier Zuida.INFORMAnQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBLTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Marie-Eve Santerre, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation), MoniqueL'Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc.Marie-France Dalcourt.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Chantal Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) 9 LE DEVOIR, LE MARDI 4 MARS 2 0 0 3 A 8 MPAMBARA SUITE DE LA PAGE 1 Dans son spectacle, il raconte, à la blague, qu'il s’était alors caché sous son lit.«Une heure a passé, puis deux.J’ai fini par ressortir.Je vais au dépanneur, je vois des gens déçus, mais ils ne sont pas fâchés.Au Rwanda, cela se serait terminé par des coups de machettes! Vous êtes un peuple mou!», lance l’humoriste pour provoquer son public.«Mathématiquement, poursuit-il en entrevue, ce n’est pas vraiment à cause des immigrants [si le NON l’a emporté].En 1980, nous étions moins nombreux et le résultat n'était même pas serré.En 1995, la grande majorité de ceux qui ont voté NON étaient des “de souche”.» L’idée que le «vote ethnique» fasse la différence ne lui déplaît pourtant pas: «Si la souveraineté se réalise, il faudrait qu’il y ait une clause “je me souviens que c'est grâce aux ethnies"», déclare-t-il, mi-sérieux, mi-blagueur.L’Afrique Par contre, l’humoriste change de registre quand il évoque l’inaction des pays riches face à l’Afrique.«Le général Dallaire avait prévenu Chrétien qu’un génocide se préparait au Rwanda, tout le monde a laissé faire.Un million de Tutsis ont été tués», affirme le jeune homme, qui appartient lui-même à la communauté tutsie.Sur scène, Mpambara dénonce le dépeçage de l’Afrique par les colonisateurs.«Dans la philosophie africaine, la terre ne nous appartient pas, nous lui appartenons.Quand les Blancs sont arrivés, ils se sont misa vouloir la posséder, les Africains aussi.Et là, tout le monde a commencé à se battre pour la terre, les montagnes, en disant: “C'est à moi, c'est à moi!”» Une deuxième colonisation est encore en cours en Afrique, celle du rêve américain décrit dans le soap Santa Barbara, comme l’illustre le comique.Quand il est retourné au Rwanda pour la première fois, l’an dernier, Mpambara a vu son grand-père avec un cellulaire dans une main et une canne dans l’autre.«Il est un produit de la colonisation.Il est tellement bien dans le système.Cela me dérange.» Il a été difficile, ce voyage d’à peine une semaine au pays de ses ancêtres: «J’ai étouffé.Mais en même temps, cela m’a permis de me grounder», explique-t-il.Après quelques jours, il a essayé d’arrêter «de prendre le Rwanda personnellement».Mais le malaise subsiste toujours: «Je me sens coupable d’avoir été sauvé.L’Afrique est malade, il faut prendre le temps de la guérir.J’ai l’impression que je l’aide en parlant d’elle», avoue-t-il en se décrivant comme un joueur blessé qui essaie d'utiliser sa blessure à son avantage.Au cégep, Mpambara était loin de se douter qu’il ferait carrière en humour.«Je suis un immigrant, je vais avoir un vrai travail», se disait-il en envisageant une carrière d’informaticien ou d’ingénieur.Après une session en informatique et un DEC en sciences pures, un professeur de français l’a convaincu de s’inscrire en théâtre.L’humour s’est alors imposé à lui.Dans un cours d'écriture dramatique, il a rédigé un texte sur le Rwanda qui se voulait poignant.«Je pensais apporter des kleenex; je me disais: “Ils vont brailler.” Les gens ont ri aux larmes.» Le comique était né.Michel Mpambara planche actuellement sur son deuxième spectacle, alors que les monologues du premier devraient être publiés dans quelques semaines.Il aimerait aussi entreprendre une maîtrise en création littéraire, s’il arrive à se faire créditer le seul cours manquant à son baccalauréat, celui sur l’écriture comique! «Si la souveraineté se réalise, il faudrait qu’il y ait une clause “je me souviens que c’est grâce aux ethnies”» LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, fr étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du Umdi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U /Vi'oir est publié du lundi nu Mmedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue De Bleury, 9 étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean.800, boulevard Industriel.Saint Jean-sur-Richelieu.division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Iâ tHvoir, 1* Dtivir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest, laval.Envoi de publication — Enregistrement n' 0658.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec -* LE DEVOIR ?- ACTUALITES GUERRE Tout nouveau vote du Parlement turc sur le déploiement des troupes américaines pourrait prendre «au moins deux à trois semaines» MIKE BLAKE REUTERS Les préparatifs militaires américains se poursuivent sans relâche en vue d’un conflit en Irak.À San Diego, hier, un homme venu accompagner sa sœur qui s’embarquait sur le porte-avions nucléaire Nimitz, en partance pour le Proche-Orient, tenait une affiche sur laquelle étaient inscrits les mots «Give’em Heü», qu’on pourrait traduire par «Faites-leur voir l’enfer».SUITE DE LA PAGE 1 ou les hommes de la 173' division — à partir de navires de guerre en Méditerranée, voire de bases aériennes en Turquie.Le département d’Etat, de son côté, a indiqué que le vote du Parlement turc compromettait l’aide spéciale de six qiilliards de dollars prévue par les Etats-Unis pour aider la Turquie à faire face au passage des troupes sur son sol.«La plupart des éléments de cette offre étaient destinés à aider la Turquie à faire face aux frais de son implication», a affirmé le porte-parole du ministère américain des Affaires étrangères, Richard Boucher.«Par conséquent, la majeure partie [de cette aide] n’aura pas lieu d’être s’il n'y a pas d’implication directe» de la Turquie dans les opérations en vue d’un possible conflit en Irak, a-t-il ajouté.Le département d’Etat s’est également gardé de conjecturer sur une éventuelle nouvelle saisie du Parlement turc pour tenter d’obtenir rapidement un vote favorable, soulignant que c’était la responsabilité du gouvernement de ce pays.A Ankara, des sources parlementaires ont indiqué que tout nouveau vote sur le déploiement des troupes américaines pourrait prendre «au moins deux à trois semaines» et que la motion devrait être reformulée pour tenir compte des «sensibilités» du peuple turc, massivement hostile à la guerre.M.Boucher a pour sa part indiqué que, malgré cet épisode, Washington entendait continuer de soutenir les efforts de redressement de la Turquie et ne comptait pas mettre Ankara à l’index.Missiles détruits L’Irak a poursuivi hier la destruction de ses missiles prohibés sous le contrôle de l’ONU.Bagdad a annoncé avoir détruit six missiles al-Samoud 2, interdits par l’ONU en raison de leur portée supérieure à 150 km.Duc premiers missiles avaient été démolis samedi et dimanche, à l’expiration d’un ultimatum fixé par l’ONU à l’Irak.Sur le plan diplomatique, le président français Jacques Chirac a profité d’un déplacement en Algérie pour réitérer l’opposition de la France à un recours à la force contre l’Irak et appelé Bagdad à coopérer davantage et plus «activement» afin d’écarter les risques de guerre.Il a aussi jugé nè cessaire de maintenir sur Bagdad «une forte pression».À Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères, louri Fedotov, a estimé que les destructions de missiles étaient la preuve de X «efficacité du travail des inspecteurs» et constituaient «un exemple de coopération plus active de l’Irak avec le Conseil de sécurité».Dans le camp opposé, le prte-paro-le de la Maison-Blanche, Ari Fleischer, et celui du premier ministre britan- nique Tony Blair ont exprimé leur «scepticisme» devant la volonté de Bagdad de désarmer.«Il détruit ce qu’il dit n’avoir jamais possédé», a ironisé M.Fleischer en ajoutant: «S'il ment en disant qu’il ne les a jamais eus [les missiles], comment pouvez-vous savoir qu’il ne ment pas en disant qu'il n’y en a pas encore des tonnes quelque part enterrés sous le sable?» Sur le terrain, des avions de combat américains et britanniques ont bombardé hier une série d’objectifs militaires irakiens dans le sud du pays, faisant six morts et quinze blessés, selon Bagdad.Le pape Jean-Paul II, qui fait campagne pour éviter un conflit susceptible de coûter cher aux chrétiens du Proche-Orient, a dépêché à Washington le cardinal Pio Laghi, un ami de la famille Bush, pour remettre au président américain un message de pane.Il envisage de s'adresser personnellement au Conseil de sécurité si son message au président américain ne le convainc pas de renoncer à l’usage de la force, selon une source diplomatique vaticane.Alors que l’Organisation de la conférence islamique doit tenir un sommet demain à Doha, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a appelé à la tenue rapide New York (AFP) — Les États-Unis et la Grande Bretagne vont probablement mettre au vote la semaine prochaine leur projet de nouvelle résolution autorisant un recours à la force contre l’Irak, a indiqué hier un diplomate.Le nouveau président en exercice du Conseil, l’ambassadeur Mamady Traoré (Guinée), a rencontré chacun de ses homologues hier pour définir un plan de travail pour le mois.d’un deuxième sommet arabe.Cinq des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont regroupées autour d’une initiative visant l’exil du président irakien Saddam Hussein et la mise en place à Bagdad d’une administration transitoire sous l’autorité de la Ligue arabe et de TONU.«Aucun n’a dit non à la date de vendredi pour fHans] Blix» et son exposé sur son dernier rapport sur les inspections, rendu public en fin de semaine dernière, a-t-on précisé de source diplomatique.La réunion sera formellement fixée aujourd’hui.Pour l’adoption de la nouvelle résolution, neuf voix sont nécessaires sur les 15 que comprend le Conseil de sécurité.Aucun veto ne doit être mis par un membre permanent de l’institution.Le Conseil de sécurité serait appelé à voter la semaine prochaine SUITE DE LA PAGE 1 «Générées au cours du métabolisme normal de Tor-ganisme, les radicaux libres provoquent de nombreux dommages, dont une certaine partie sont réparés, explique Siegfried Hekimi.Les corrections demeurent toutefois toujours inférieures à la quantité des dommages produits.Ij>s molécules abîmées qui ne sont pas réparées ou remplacées s'accumulent peu à peu.Or, cette accumulation finit par affaiblir les cellules et les tissus de l’organisme.» Les chercheurs ont débusqué ces gènes du vieillissement après avoir soumis des vers à des agents mutagènes.Parmi les animaux mutants qu'ils ont obtenus, ils ont sélectionné ceux qui présentaient des changements comportementaux laissant augurer une espérance de vie supérieure à la moyenne.Ils ont ainsi retenu les invertébrés dont les rythmes biologiques — ceux affectant en l’occurrence la durée du développement embryonnaire et post-embryonnaire — étaient particulièrement lents.Chez ces spécimens qui vivaient plus vieux, ils ont recherché les gènes qui avaient subi des mutations et ont VIEILLESSE déterminé la protéine associée à ces gènes ainsi que la fonction quelle exerçait C’est ainsi qu’ils ont dépisté les gènes ISP-1 et dock 1 qui synthétisent des protéines jouant un rôle stratégique dans les réactions enzymatiques conduisant à la production de radicaux libres au sein des mitochondries, ces organites, véritables poumons de la cellule.Or, les animaux qui portaient une mutation sur le gène ISP-1 vivaient non seulement deux fois plus longtemps que les autres, mais ils produisaient également beaucoup moins de radicaux libres, prédse le génétiden de McGill.«De plus, les gènes clock 1 et ISP-1 se sont extrêmement bien conservés au cours de l’évolution, ajoute-t-il.On les retrouve sous une forme presque similaire chez l’humain.Lorsqu 'on insère le gène humain chez le ver à la place de celui présent chez cette espèce d’invertébré.on obtient les mêmes effets.» Les auteurs de l’étude ont par ailleurs remarqué que la présence de deux mutations, l'une affectant le gène clock-1 et l’autre ciblant la séquence DAF-2, responsable de la synthèse d’une protéine apparen- tée au récepteur de l’insuline mais néanmoins impliquée dans le stress oxydatif, parvenait à quintupler l’espérance de vie des nématodes.«Ces travaux corroborent l’hypothèse selon laquelle les dommages cellulaires occasionnés par les radicaux libres représentent la cause la plus importante du vieillissement, affirme Siegfried Hekimi.De ce fait, ils permettront de développer de nouvelles stratégies d’intervention plus efficaces que les antioxydants, comme la vitamine E, qui sont vendus au comptoir des produits naturels.» Les antioxydants de cet acabit qu’on absorbe dans l’espoir de réduire l’effet des radicaux libres, ont très peu, sinon aucun effet souligne le chercheur.«Une carence en antioxydants est néfaste, prédse-t-il, mais un surplus ne diminue pas davantage le stress oxydatif.» Ainsi, en préparant une molécule qui inhibera les protéines synthétisées par ces gènes du vieillissement, qui participent à la production des radicaux libres, on combattra le stress oxydatif à l’endroit même où il se déroule, souligne M.Hekimi.On mimera en quelque sorte l’effet des mutations qui garantissaient longue vie aux petits nématodes.SUITE DE LA PAGE 1 Entre le bureau du fonctionnaire et celui de la ministre, le mémoire effectue de nombreux détours et subit de nombreuses corrections.Le processus en soi est long et on ne veut pas le reconunencer avec la version traduite, explique-t-on.«Et puis parfois, il y a les urgences.On ne peut pas attendre après la traduction», ajoute une de ces personnes.Parmi les ministères fédéraux, l’ACDl se classe deuxième quant à l’importance de sa cohorte francophone.Selon les données fournies par le Conseil du trésor, il y aurait en effet une majorité de francophones à l'Agence, soit 55 %.Seul le ministère du Patrimoine canadien fait meilleure figure, avec 58 % de francophones.La moyenne du gouvernement fédéral, pour tous les ministères et ses agences basées dans la région d’Ottawa, se situe à 41 % de francophones.La ministre Whelan est arrivée en janvier 2002 à la barre de l’ACDl.Le scénario est le même dans d’autres minis- MINISTRE tères dirigés par des unilingues anglophones.Les fonctionnaires peuvent rédiger dans la langue de leur choix, mais une version anglaise doit accompagner leur note finale.«La seule exigence, c'est qu 'à la fin de la journée, la ministre obtienne une version qui est en anglais», mentionne Alex Swan, porte-parole de la ministre Anne McLellan (Santé).Même chose à l'Agence des douanes et du revenu, dirigée par Elinor Caplan, aux Ressources naturelles (Herb Dhaliwal) et à l’Agriculture (Lyle Vanclief).Du côté des ministres francophones, les choses se déroulent un peu différemment.Au Commerce international (Pierre Pettigrew) ou encore à la Justice (Martin Cauchon), les notes peuvent être rédigées dans l’une ou l'autre des deux langues, sans obligation de traduction.«Je dirais que, par souci d'efficacité, on dit souvent: "Laissez faire la traduction.’ Si la note doit être traduite, c'est une étape de plus», explique Suzanne Thé-barge, la porte-parole du ministre Martin Cauchon.La même philosophie prévaudrait pour Jane Stewart (Développement des ressources humaines), qui comprend le français, selon son porte-parole, Andrew Graham.Du côté de Denis Coderre (Immigration), on demande que tout soit traduit, quelle que soit la langue d’origine de la note destinée au ministre, sauf peut-être dans les cas urgents.La politique du Secrétariat du Conseil du trésor sur les langues officielles impose que «le milieu de travail soit propice à l’usage effectif des deux langues officielles et que les employés puissent exercer le droit d’utiliser Tune ou l'autre» des deux langues.Le gouvernement fédéral s’est souvent fait taper sur les doigts par la Commissaire aux langues officielles.C’est d’ailleurs ce qui avait mené à la nomination de Stéphane Dion au poste de responsable de ce dossier au sein du cabinet il y a deux ans.M.Dion doit présenter son plan d'action aux côtés du premier ministre Jean Chrétien mercredi prochain.
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