Le devoir, 26 mars 2007, Cahier A
L’IRAN PASSE OUTRE AUX NOUVELLES SANCTIONS PAGE B 1 -?www.ledevoir.com ?- LE DEVOIR Vol.XCVIII N "65 ?LE LUNDI 26 MARS 2 0 0 7 ' 88c+taxes=1$ QÔtUCOI» ïE/m *jj ê s •** | JACQUES NADEAU LE DEVOIR Hier, les chefs ont salué leurs électeurs une dernière fois sur le terrain avant le scrutin.À gauche, Jean Charest et son épouse Michèle à Saint-Hyacinthe.À droite, André Boisclair à Chambly.Ruée vers les urnes en perspective Un fort taux de participation est attendu aujourd'hui MAi ALEXANDRE SHIELDS C> est finalement aujourd’hui, après 33 jours d’une campagne électorale des plus chaudes, que les électeurs se rendront aux urnes pour la SS1- élection générale de l’histoire du Québec.Et avec des sondages qui prédisent une chose et son contraire, la table est mise pour une ruée vers l’urne, mais aussi pour une soirée électorale qui promet son lot de surprises.Les chefs ont donc tenté de chauffer leurs machines politiques à bloc hier, lors de leur traditionnel blitz de fin de campagne, afin de faire sortir le vote.Au bureau du Directeur général des élections (DGE), on est certain que la multiplication des chaudes luttes entre le Parti libéral, le Parti québécois et l’Action démocratique aura un effet bénéfique sur le taux de participation, qui a chuté à 70,42 % en 2003, soit le taux le plus bas depuis.1944.«On voudrait atteindre au moins 78 à 80 % de taux de participation, pour revenir à ce qu’on a connu en 1998 et 1994», a indiqué hier la porte-parole du DGE, My-riam Régnier.VOIR PAGE A 10: URNES Un scrutin qni donne des maux de tête même aux mathématiciens ANTOINE ROBITAILLE Les modèles mathématiques ne s’entendent pas sur l’issue du scrutin de ce soir.Après une dizaine de «projections», le chercheur Greg Morrow, auteur du site Internet DemocraticSpace, a révélé sa «prédiction», hier: selon lui, les libéraux formeront un gouvernement minoritaire avec 55 sièges (35,7 %), les péquistes en obtiendront 47 (avec 29,9 %) et l’Action démocratique, 23 (25,9 % d’appui).L’autre site Internet proposant un modèle mathéma- tique (moins raffiné que celui de Morrow), «Election Predictor», de HKDP, entrevoit — tant à partir du dernier CROP que du dernier Léger — une égalité de sièges pour les deux principaux partis: 50 libéraux, 50 péquistes et 25 adéquistes.Il est très probable, presque certain, que le Québec se donnera aujourd’hui pour une première fois depuis 1878 un gouvernement minoritaire.Il est possible du reste qu’on ne sache pas dès ce soir qui sera VOIR PAGE A 10: SCRUTIN Mario Dumont prenant un dernier bain de foule à Rivière-du-Loup, hier.MATHIEU BELANGER REUTERS Présidentielle française Royal et Sarkozy se disputent le thème de la nation CHRISTIAN RIOUX Paris — «Tous les Français devraient avoir chez eux le drapeau tricolore» pour l’afficher «aux fenêtres, comme cela se fait dans d’autres pays, le jour de la fête nationale.» L’affirmation était faite vendredi devant une foule en liesse à Correns, dans le Var.La veille, à Marseille, U 7000 personnes avaient entonné d’un même souffle La Marseillaise.Ces deux scènes croquées sur le vif dans la campagne électorale française ne se sont pas produites dans des assemblées du Front national, ni même de lUMR le parti de Nicolas Sarkozy.Non, c’est bien dans des assemblées de la candidate socialiste Ségolène Royal que l’on brandit ces joursci le drapeau tricolore.L’affaire est considérée comme une vraie révolution chez des socialistes qui, hier encore, préféraient L’Internationale à l’hymne composé par Rouget de Lisle.«Marianne Royal», titrait ce week-end le quotidien Libération qui associe la candidate à cette frêle jeune fille qui personnifiOe la république.En légère hausse dans les sondages, qui la mettent presque à VOIR PAGE A 10: IDENTITÉ .INDEX O! o; oS &•- ¦E-ï Annonces.B 6 Idées.A 9 Avis publics.B 4 Météo.B 5 Convergence.B 7 Monde.B 1 Culture.B 8 Mots croisés.B 5 Décès.B 6 Religions.B 6 Économie.B 3 Sudoku.B 4 Éditorial .A 8 Télévision.B 7 L’ENTREVUE Sept hommes et un conflit La Deuxième Guerre mondiale revisitée par l’historien et auteur Marc Ferro Ils étaient sept Sept hommes à avoir particulièrement marqué l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale.Dans son dernier livre, rhistorien français Marc Ferro, directeur de l’École des hautes études en sciences sociales, a voulu la réévaluer à travers le regard de Staline, Hitler, Mussolini, Hirohito, Churchill, De Gaulle et Roosevelt Et il révèle des informations inédites.LISA-MARIE GERVAIS On croyait pourtant que tout avait été dit et écrit sur cette époque traumatisante du XXe siècle.Rien que sur Pearl Harbour, il existe déjà près de mille livres et articles, rappelle Marc Ferro en ouverture de son plus récent ouvrage, Ils étaient sept hommes en guerre.Rien n’avait pourtant été écrit sur la vraisemblable aversion de Mussolini envers Hitler, qu’il ne cesse jamais de prendre pour un fou même s’il décide de le suivre.Pas plus que l’on avait étalé au grand jour l’admiration secrète qu’avait Hitler pour Churchill, qu’il détestait pourtant profondément.«Je m’y suis résolu [à écrire un autre livre sur la Deuxième Guerre mondiale] parce que fai eu le sentiment que, pour analyser les données de ce conflit, f avais pu bénéficier d’une expérience nouvelle», note dans son livre l’historien et ancien directeur de l’Institut du monde soviétique et de l’Europe centrale.Cette «expérience nouvelle» dont parle modestement Marc Ferro réside dans le fait qu’il est un des rares, pour ne pas dire le seul, à avoir vu la quasi-totalité des archives cinématographiques existant sur la période de la Deuxième Guerre mondiale.DOMINIQUE CARTON L’historien français Marc Ferro En préparation à Histoire parallèle, une émission de télévision française sur Arte qui a animée pendant 12 ans, entre 1989 et 2001, l’historien a vu durant cette période les archives audiovisuelles d’une bonne demi-douzaine de pays, dont le Japon, la Hongrie et l’Italie.VOIR PAGE A 10: FERRO I en pages A 3, A 5, A 6 et B 7 IDÉES Les réflexions électorales de Fred Pellerin ¦ À lire en page A 9 O BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE Louis Gauthier i Voy«g# au Portugal •vac un Allemand ^34 èk*¥^ AUJOURD'HUI De 9 h 30 à 20 h JE M'EXPRIME, JE VOTE M I ( I I O N S GENERALES Pour savoir où aller voter, consultez la carte de rappel que vous avez reçue par la poste.1 888 ÉLECTION <1 888 353-2846) www.electionsquebec.qc.ca LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC Parce qu’un vote, ça compte * t LE DEVOIR.LE LUNDI 26 MARS 2007 m ¦ ¦ Chantal Hébert Lendemains de veille Tout en souhaitant une victoire libérale ce soir, le premier ministre Stephen Harper va avoir les yeux rivés sur la performance de IVktion démocratique et prier pour que le Parti québécois perde son pari de revenir au pouvoir.Dans l’éventualité d’une victoire péquiste, la prudence pourrait dicter au chef conservateur de renoncer à l’hypothèse d’élections printanières.A l’extérieur du Québec, le retour aux affaires du PQ — même minoritaire et même sans les moyens parlementaires de ses objectifs référendaires et l’appui d’une vaste majorité de Québécois — serait perçu comme un désaveu du fédéralisme d’ouverture prôné par Stephen Harper.Dans tous les autres scénarios, par contre, le résultat québécois sera vraisemblablement inscrit dans la colonne des motifs susceptibles d’encourager le chef conservateur à retourner aux urnes aussi tôt que possible.Il pourrait y arriver soit en prenant l’initiative de déclencher un scrutin, soit plus probablement en faisant d’un vote perdu d’avance par son gouvernement une question de confiance.?M.Harper ne verrait pas dans l’élection d’un gouvernement minoritaire libéral un rejet de ses ouvertures budgétaires.Même si le budget n’a pas eu d’impact positif sur la campagne de Jean Charest, les premiers sondages ont déjà montré que c’est au Québec qu’il a été le mieux reçu.C’est en partie à cause de ce bon accueil que, à l'échelle canadienne, deux sondages indiquent que le budget a ouvert la voie à une majorité conservatrice dans les intentions de vote.Vue des officines conservatrices à Ottawa, là montée de l’ADQ au cours de la campagne électorale a été perçue comme un phénomène positif.Elle a implicitement confirmé que la percée conservatrice des élections fédérales de 2006 au Québec n’était pas le fruit d’un concours de circonstances, mais bien le signe d’un changement de paradigme favorable à l’émergence d’une force conservatrice digne de ce nom sur l’échiquier québécois.Les sentiments contradictoires qu’a inspirés la progression adéquiste aux stratèges conservateurs fédéraux et à ceux de Jean Charest ont alimenté bien des tensions entre les deux au fil de la campagne québécoise.Ces tensions ont culminé pendant la dernière semaine de la campagne.Du côté du PLQ, on aurait préféré que l’équipe Harper ne profite pas du dépôt du budget la semaine dernière pour proclamer aussi lourdement la fin du débat sur le déséquilibre fiscal.Et alors que la plupart des analystes ont surtout retenu de la déclaration du premier ministre fédéral voulant qu’il ne réformerait pas le fédéralisme en tandem avec un partenaire péquiste qu’il tentait de nuire au PQ, dans l’entourage de Jean Charest, on a noté avec agacement que M.Harper n’excluait pas de poursuivre le dialogue avec un gouvernement adéquiste.De son côté, en sortant le lapin d’une baisse générale des impôts des particuliers du chapeau de la péréquation dès le lendemain du budget Harper, M.Charest a joué un mauvais tour à son allié fédéral.Son geste a provoqué un début de ressac contre le budget dans certains milieux du reste du Canada.Le gouvernement conservateur, qui avait produit un ensemble de mesures populistes destinées à lui donner un élan décisif dans les intentions de vote, s’est retrouvé sur la défensive.La montée de l’ADQ a implicitement confirmé que la percée conservatrice des élections fédérales de 2006 au Québec n’était pas le fruit d’un concours de circonstances ?En attendant, fièvre électorale aidant, on a très sommairement classé le budget de la semaine dernière comme une vaste tentative de séduction à l’égard du Québec et de l’électorat ontarien.Il est tout à fait exact que le principal objectif politique à court terme du gouvernement Harper constitue à mettre en place les éléments d'une majorité conservatrice.Dans cet esprit, il a produit un budget ciblé sur la classe moyenne et sur l’électorat urbain qui est à la clé d’une victoire électorale au Canada.Mais à l’instar du budget de 1995, qui avait mis le Canada sur la piste du déficit zéro, celui de 2007 passera également à l’histoire comme un événement-charnière en matière de fédéralisme fiscal.Le budget fédéral de la semaine dernière ne règle peut-être pas le déséquilibre fiscal dans le sens des rêves des élites québécoises, mais il modifie bel et bien l’équilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.D y arrive non pas en modifiant la formule de péréquation de façon à bonifier la part québécoise du gâteau, mais en rétablissant la règle du calcul des transferts sociaux au prorata de la population de chaque province.Ce changement est beaucoup plus fondamental que l'instauration d’une nouvelle formule de péréquation et il est à l’avantage des provinces riches.La formule actuelle leur imposait un manque-àgagner récurrent De ce fait elle nivelait encore davantage le terrain entre provinces plus et moins bien nanties.A cet égard, le budget de la semaine dernière ne constituait qu’un acompte puisque, dans un premier temps, seules les sommes destinées à l’éducation postsecondaire et à l’aide sociale seront réajustées.Le vrai pactole attend les provinces bien nanties dans six ou sept ans, quand le transfert pour la santé — beaucoup plus riche celui-là — sera augmenté à hauteur de leur poids démographique.En fait, cela fait de l’Alberta et de l’Ontario les vraies provinces gagnantes à long terme du nouveau pacte fiscal proposé la semaine dernière.Le fait que la première constitue la base politique du parti de M.Harper et que la seconde soit essentielle à un succès électoral durable sur le plan fédéral ne tient pas au hasard.Cela correspond à l’ambition du premier ministre de faire de sa formation le parti naturel de gouvernement au Canada.Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.A 3 QTTKRKf, 2007 La lutte pour la majorité est « extrêmement serrée », estime Boisclair Le chef péquiste doute de Mario Dumont lorsqu’il refuse à l’avance de se joindre à une éventuelle coalition souverainiste JACQUES NADEAU LE DEVOIR André Boisclair était de passage dans la circonscription de Chambly, aux côtés de l’ancienne ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, du candidat-vedette Bernard Drainville et de Pierre Curzi.Le chef du PQ a lancé un ultime appel au vote, mettant à nouveau les Québécois en garde contre «la colère, le cynisme et la protestation» qu’exploite l’Action démocratique (ADQ) pour gagner des appuis.MARTIN OUELLET Granby — Une vingtaine de circonscriptions sont encore susceptibles de passer dans un camp ou dans l’autre, rendant «extrêmement serrée» la lutte pour former un gouvernement majoritaire, a estimé, hiejr, André Boisclair.A quelques heures du jour J, le chef péquiste conservait l’espoir de faire élire suffisamment de candidats aujourd’hui pour obtenir la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, mais il reconnaissait que le sort de son parti reposait en grande partie entre les mains des électeurs d’une vingtaine de circonscriptions.«J’ai regardé attentivement les sondages qui sont faits chez mm, et ce sera une lutte très, très, très serrée.Il y a 15-20 comtés où, nous-mêmes, nous avons de la difficulté à voir de quelle façon ça va balancer, a affirmé M.Boisclair, hier.Tout est possible [ce] lundi soir.» Le chef du Parti québécois (PQ) a mis un terme à sa campagne en sillonnant les circonscriptions mon-térégiennes de Boulanges, Crémazie, Marguerite-dYouville, Shefford et Chambly, des circonscriptions où Ja lutte des partis est vive pour l’emporter ce soir.A l’occasion de son dernier point de presse quotidien de la campagne électorale, M.Boisclair a lancé un ultime appel au vote, mettant à nouveau les Québécois en garde contre «la colère, le cynisme et la protestation» qu’exploite l’Action démocratique (ADQ) pour gagner des appuis.Dans la circonscription de Chambly, aux côtés de l’ancienne ministre des Relations internationales, Louise Beaudoin, et du candidat-vedette Bernard Drainville, le leader péquiste en a remis sur le compte de Mario Dumont Le chef de l’ADQ a fait une campagne au ras des pâquerettes, se livrant à des «attaques sales et personnelles» qui prouvent qu’il est indigne de confiance, a dit M.Boisclair à une centaine de partisans.D’ailleurs, M.Boisclair n’est toujours pas convaincu de la sincérité des convictions de Mario Dumont lorsqu’il refuse à l’avance de se joindre à une éventuelle coalition souverainiste.«Évidemment, il est en campagne électorale, mais, quand il verra les faits, il pourra changer d’avis», at-il dit La veille, le chef péquiste avait évoqué la possibilité de créer une coalition avec l’ADQ pour tenir un nouveau référendum dans l’hypothèse où le rapport du juge Bernard Grenier sur Option Canada confirmait fa thèse selon laquelle les fédéralistes ont «volé» le référendum de 1995.En fermant la porte à une éventuelle reprise des hostilités référendaires, M.Dumont se «livre pieds et mains liés» au premier ministre du Canada, Stephen Harper, comme il l’avait fait «devant des gens d’affaires de Toronto» dans un discours prononcé en 2002, a fait valoir M.Boisclair.«Je suis toujours été étonné par le peu de sens de l’État dont M.Dumont a fait preuve depuis le début de la campagne.Ce que je constate, c’est que M.Dumont craque sous la pression», a-t-il qnalysé.Le défi auquel fera face le Parti québécois aujourd’hui sera celui de «faire sortir» le vote, a martelé M.Boisclair.Pour encourager les électeurs à se rendre aux urnes, il leur a rappelé qu’ils avaient le pouvoir de punir Jean Charest «Prendre cinq minutes pour se débarrasser de Jean Charest, il me semble que c’est une bonne aubaine», a-t-il dit au cours d’une assemblée partisane dans la circonscription de Soulanges, à Coteau-du-Lac, où se présente l’anden président de la CSN, Marc Laviolette.Le chef du Parti québécois entendait profiter des dernières heures de cette campagne extrêmement serrée pour tenter d’arracher des appuis aux libéraux mais surtout à l’Action démocratique où de nombreux nationalistes déçus par le PQ ont trouvé refuge.Les dernières heures seront déterminantes pour l’issue du scrutin, a-t-il fait comprendre.«Un vote pour l’ADQ, c’est un vote pour une équipe qui a fait honte à Mario Dumont lui-même», a prévenu le leader péquiste.Les électeurs, a-t-il poursuivi, doivent y penser deux fois avant de voter pour l’ADQ, puisque la division du vote risque de favoriser le Parti libéral du Québec.«C’est le risque de rester pris avec Jean Charest.Quatre ans, c’est beaucoup trop long», a argué M.Boisclair.Presse canadienne Dumont : « C’est un lundi qui va passer à l’histoire » Le chef adéquiste croit que Jean Charest « essaie d’inventer des coalitions» entre le Parti québécois et l’Action démocratique MATHIEU REUTERS REUTERS l’actio o^ada^àc ’démocratique ’¦"démocratique Quebec %J! action OivJVtactii flSPK- démocratique Québec Que JéiF ' ^LtionOdQactionClC ^^fcjuratique ^démocratique ¦ ^toétoec H, Jill ¦ action démocratique Dans une courte allocution à Trois-Pistoles, dans sa circonscription de Rivière-du-Loup, Mario Dumont a déclaré qu’aujourd’hui «est un lundi qui va rester marqué comme un changement politique important dans la vie commune de la population du Québec».ROBERT DUTRISAC Rivière-du-Loup — En cette dernière journée de campagne électorale, le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a affirmé qu’il y a «un vent de changement» qui souiffle au Québec et qui se traduira par «un vote historique» aujourd’hui.«Ce n’est pas un lundi de vote ordinaire», a déclaré Mario Dumont dans une courte allocution à Trois-Pistoles, dans sa circonscription de Rivière-du-Loup, devant une centaine de ses partisans.«B y a quelque chose de profond qui se passe dans le Québec.C’est un lundi qui va passer à l’histoire, c’est un lundi qui va rester marqué comme un changement politique important dans la vie commune de la population du Québec.» Le chef adéquiste a entrepris sa dernière journée de campagne en s’arrêtant dans trois circonscriptions libérales où les chances de l’ADQ de l’emporter apparaissaient nulles au moment du déclenchement des élections.Il est passé dans Jean-Talon, où se présente le ministre de la Santé et Services sociaux, Philippe Couillard, puis dans Louis-Hébert, où c’est Sam Hamad qui cherche à se faire réélire et, enfin, dans Kamouraska-Témiscouata, où le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard, semble éprouver certaines difficultés.«On est sur le terrain des artisans de l’échec libéral», a dit Mario Dumont Plus tard à Trois-Pistoles, le chef adéquiste s’en est pris à Jean Charest qui «essaie d’inventer des coalitions» entre le PQ et l’ADQ en brandissant «l’épouvantail» du référendum.«La coalition, demain [aujourd’hui], qui va se faire juger, c’est la coalition PQ-libéra-le contre le changement, la coalition Boisclair-Charest qui ont des programmes identiques, qui n’ont rien à proposer aux Québécois», a lancé M.Dumont qui a terminé la journée à Rivière-du-Loup.Jean Charest et André Boisclair «essaient désespérément de se raccrocher à leur job.J’ai quelque chose à leur dire: oui, il y a un vent de change- ment sur le Québec et je pense que demain [aujourd’hui], ils vont être dépeignés», a-t-il raillé.En matinée, M.Dumont n’a pas manqué de viser sa cible favorite, affirmant qu’André Boisclair et le mouvement souverainiste étaient dans «un cul-de-sac».André Boisclair «est piégé dans le piège à homards de Jacques Parizeau», a livré Mario Dumont au cours d’un point de presse dans la circonscription de Louis-Hébert à Québec.«Jacques Parizeau, en disant qu’il n’y aurait pas de référendum possible en cas de gouvernement minoritaire, il a placé André Boisclair dans une situation terrible.B arrive à la dernière journée de la campagne et il est au bout d’un corridor, il est seul: un homme seul, isolé.Toutes les portes sont barrées autour de lui.» Samedi, le chef adéquiste avait réitéré qu’il rejetait toute idée de participer à une coalition avec André Boisclair en vue de la tenue d’un troisième référendum.«B est un peu comme un noyé qui essaie de faire couler quelqu’un avec lui.[.] On ne veut pas couler avec lui», a-t-il dit André Boisclair ne peut sortir du cul-de-sac dans lequel il est «coincé» parce que «ça le condamnerait à devenir autonomiste.Il serait obligé de dire que la seule option pour lui advenant l’impossibilité d’un référendum, c’est de se rallier à une forme d’autonomie», a avancé Mario Dumont «L’option gagnante pour les Québécois, c’est de s’unir autour de l’autonomie», estime le chef adéquiste.«Si on regarde ces dernières années, le PQ a de plus en plus de misère à démontrer l’urgence, la pertinence, le bien-fondé de refaire un troisième exercice auquel les Québécois se sont déjà prêtés deux fois.» A un journaliste anglophone qui lui demandait quel était son attachement pour le Canada, Mario Dumont a répondu que son engagement, il était à l’endroit du Québec.«J’aurais la possibilité d’aller en politique fédérale.Je suis resté en politique au Québec.Je veux servir le Québec.Je veux travailler pour le Québec, mais à l’intérieur du Canada», a-t-il dit Le Devoir Michel DAVID Cahiers l" à P secondaire 19,05 S chacun GUÉRIN éditeur Itée 514-842-3481 LE FRANÇAIS: UN DÉFI Pour tous les niveaux du secondaire En vente nans toutes tes librairies Les prix sont indiqués sous réserve do modifie Montréal 514.845.5545 ÉüMüaüü Voyage z • V À l’achat votre concessionnaire vous offre >1500$ à utiliser à votre guise en premiere (—s v ¦'SW nur 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LUNDI 26 MARS 2 0 0 7 A 5 Projets éoliens de Siemens Québec solidaire critique la décision des libéraux Le parti reconnaît toutefois quïl aurait aussi refusé le projet FABIEN DEGLISE La boucle est bouclée.Après avoir commencé sa campagne avec le vent, en parlant de nationalisation de l’éolien, Québec solidaire (QS) a marqué hier ses derniers pas dans la course électorale dans le vent en réitérant sa volonté de développer cette forme d’énergie sous propriété publique s’il était conduit au pouvoir par les électeurs demain soir.La formation politique en a également profité pour dénoncer le gouvernement Charest qui, en 2005, aurait «boudé un projet d’éoliennes de 4,5 milliards», comme le révélait Le Devoir dans son édition de fin de semaine.«C’est incompréhensible, a commenté Françoise David, porte-parole féminine de QS lors d’une conférence de presse tenue à Montréal hier matin.Mais, en même temps, ça montre bien l’obsession du gouvernement du Québec pour l’hydroélectricité.» Dans les grandes lignes, Québec aurait refusé en avril 2005 une proposition de Siemens Wind Power.La multinationale allemande souhaitait construire une usine de febrica-tion d’éoliennes au Saguenay ainsi qu'un centre de recherche dans la région de Montréal Le tout pour alimenter un mégaprojet de développement éolien de 3000 MV dans le Grand Nord.Finalement devant le refus de Québec, l'entreprise a plu-tpt jeté son dévolu sur l’Iowa, aux Etats-Unis, pour y construire sa base nord-américaine.Tout en reconnaissant qu’il aurait lui même refusé ce projet, Québec solidaire estime toutefois qu’une telle proposition de Siemens montre bien «qu’ily a des retombées économiques importantes à attendre» du secteur de l’énergie éolienne, a indiqué Mme David.Cela prouve aussi que l’idée de QS «d’un développement systématique et majeur de l’éolien, sous contrôle public et en partenariat avec les communautés locales, est viable et faisable», a-t-elle ajouté tout en précisant que ce développement devrait servir en priorité les intérêts des entreprises du Québec, plutôt que des multinationales étrangères.Solidaire dans la critique La critique de QS a été appuyée par la Fondation Rivières qui hier s’est dite également déçue d’apprendre qu’un aussi gros projet de développement éolien avait été repoussé du revers de la main par le gouvernement Charest.D’autant que l’investissement aurait été un substitut intéressant à la construction du barrage EastmainlA qui va entraîner la dérivation du cours supérieur de la rivière Ruppert, estime le groupe de pression «Le gouvernement Charest et Hy-dro-Québec ont caché un projet qui aurait permis non seulement de sauver la rivière Ruppert, mais aussi de positionner le Québec comme chef de file dans l’économie verte en plus de créer des milliers d’emplois permanents dans différentes régions», a commenté Suzann Mé-thot, porte-parole de la Fondation.Au coût de 4,5 milliards de dollars, le plan Siemens Wind Power pour le Québec aurait permis la production de 9 térawatt-heure (TWh) avec des éoliennes installées près des barrages de la Baie James, mais aussi sur la Côte-Nord.A titre comparatif, le détournement de la Ruppert à des fins hydroélectriques vise à produire 8,5 TWh, selon HydroQuébec.Le Devoir JACQUES NADEAU LE DEVOIR Après avoir commencé sa campagne en parlant de nationalisation de l’éolien, Québec solidaire a marqué hier ses derniers pas dans la course électorale en réitérant sa volonté de développer cette forme d’énergie sous propriété publique s’il était conduit au pouvoir par les électeurs demain soir.2007 Charest met en garde les électeurs contre la « coalition » ADQ-PQ JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Un gouvernement fort est la seule façon de défendre nos intérêts et de défendre ce que nous sommes», a soutenu Jean Charest.Hier, le premier ministre a fait un des derniers arrets de sa campagne à Saint-Hyacinthe, devant une foule visiblement conquise.KATHLEEN LÉVESQUE Le premier ministre Jean Charest a confiance dans r«t«s-tinct» des Québécois qui savent que la défense de «notre identité» passe par un gouvernement majoritaire.Du coup, il a mis en garde les électeurs contre la division qu’entraînerait la coalition qui semble se dessiner entre pé-quistes et adéquistes.Au dernier jour de campagne, après des milliers de kilomètres parcourus dans la province, Jean Charest a lancé un ultime appel aux électeurs qui ne veulent pas replonger dans un débat référendaire.Selon lui, ce n’est pas par accident que la question nationale resurgit en fin de campagne puisque ses adversaires, qui ont l’habitude de travailler ensemble, comme ce fut le cas lors du référendum de 1995, veulent réchauffer à nouveau «les autobus du OUI» pour y faire «monter à bord les mêmes acteurs».Ainsi, le chef du Parti libéral du Québec a dénoncé la tentative de coalition présentée par André Boisclair et rejetée par Mario Dumont «On voit bien que Mario Dumont et l’ADQ ouvrent la porte à ces invitations-là.L’ambiguïté de M.Dumont amène M.Boisclair à poser le geste qu’il a fait.Il y a un geste qu’on peut poser comme Québécois, pour tous ceux qui ne veulent pas de référendum, c’est voter libéral», a rappelé hier Jean Charest Il ne croit toutefois pas que l’idée de la souveraineté disparaîtra avec une éventuelle défaite du Parti québécois.«Je pense qu’il y aura toujours au Québec des gens qui défendent cette idée.Je ne me suis jamais inscrit dans l’école qui prévoit la disparition des uns et des autres, a expliqué M.Charest J’ai beaucoup de respect pour ceux qui choisissent l’action politique et qui défendent leurs idées.» Dans le dernier droit le chef libéral a fait des arrêts dans huit circonscriptions où les luttes s’annoncent serrées, afin de fouetter ses troupes.Lors de son point de presse matinal, M.Charest est revenu à la charge, comme au cours des derniers jours, sur l’affaiblissement du Québec dans l’éventualité d’un gouvernement minoritaire.«D’instinct, on sait qu’on doit se tenir.C'est la façon de défendre notre identité», a-t-il expliqué.Le chef libéral estime que si les Québécois élisent un gouvernement minoritaire, cela affaiblira le Québec.Le plus récent gouvernement minoritaire au Québec remonte à 1878.Selon Jean Charest «ce n’est pas par accident qu’on n’a pas eu de gouvernement minoritaire» depuis cette époque.«Un gouvernement fort est la seule façon de défendre nos intérêts et de défendre ce que nous sommes», a-t-il soutenu.Dans un élan nationaliste, M.Charest a fait valoir qu’Otta-wa ne pouvait pas se substituer aux choix des Québécois.«C’est une responsabilité que j’ai comme premier ministre, soit la défense des intérêts du Québec dans nos domaines de compétence, sur les questions de notre identité.C’est une chose que je fais tous les jours.Et qu’on doit faire tous les jours», a-t-il dit En tout début de campagne, M.Charest avait prévenu son adversaire péquiste que, s’il n’arrêtait pas de le traiter de menteur, il ne se laisserait pas marcher sur les pieds, quitte à revenir sur la consommation de cocaïne de M.Boisclair.Or, le chef du PQ a martelé le message en cours de campagne.Hier, Jean Charest a tranché que «les Québécois répondront».«Une campagne électorale, c'est un choix de société.On n’est plus dans les affaires d'attaques personnelles.Ce n’est pas là-dessus que les Québécois vont faire leut choix», a-t-il affirmé.Pour une dernière fois avant lç scrutin, le chef libéral a fait l’éloge, «sans prétention», a-t-il insisté, de son bilan, notamment sur l’obtention d’une correction du déséquilibre fiscal.Puis la caravane libérale a terminé sa course dans le fief du chef, à Sherbrooke.Ce matin, Jean Charest doit aller voter vers 11 heures.Le Devoir La CSN ne donne aucune consigne à ses membres en vue du vote La CSN ne donne aucune consigne à ses membres en vue des élections générales d’aujourd’hui, si ce n’est d’aller voter massivement pour le parti dont le programme sert le mieux l’intérêt des travailleurs.En entrevue à NTR, la présidente de la centrale syndicale, Claudette Carbonneau, déclare que l’enjeu d’un scrutin général dépasse une simple «saute d’humeur», même si elle ajoute que les quatre années du gouvernement Charest ont été marquées par la grogne, la colère et la mobilisation syndicale.Mme Carbonneau affirme qu’elle n’élimine aucun parti politique a priori.Elle laisse aux membres le soin de décider si les grandes priorités syndicales font partie des programmes électoraux des formations politiques.Ces grandes priorités de la CSN sont le développement des régions, l’emploi, les services publics et les lois du travail.- PC EN BREF Dégel des droits de scolarité: TASSE menace d’une grève générale L’Association pour une solidarité syndicale étudiante, TASSE, prévient déjà le prochain gouvernement du Québec que les étudiants sont prêts à déclencher une grève générale illimitée à l’automne si le dégel des droits de scolarité est mis en vigueur.Entre-temps, TASSE, qui représente 42 000 étudiants universitaires et collégiaux, tiendra un débrayage d’une journée, jeudi prochain.Une manifestation aura alors lieu à Montréal.L’ASSE, reconnue comme étant plus radicale que les autres associations étudiantes, exige purement et simplement la gratuité scolaire à tous les niveaux.Elle évalue qu’il en coûterait seulement 150 millions par année au trésor québécois.L’ASSE veut lancer un message clair au gouvernement qui sera élu: le dégel des droits de scolarité ou même le statu quo sera inacceptable.- PC Équiterre refuse d’appuyer un parti politique en particulier Le groupe écologiste Équiterre, qui incite fortement les jeunes Québécois à exercer leur droit de vote aujourd’hui, refuse par ailleurs d’appuyer un parti en particulier dans le cadre des électipns générales québécoises.Le porte-parole d’Équiterre, Sydney Ribaux, estime que son organisme environnemental doit demeurer non partisan.Il souligne toutefois que les jeunes, et la population en général, peuvent trouver sur le site Web d’Équiterre l’analyse des plate-forme électorales des principaux partis en matière d’environnement, et des tableaux comparatifs.M.Ribaux suggère de s’en inspirer, laissant le libre-choix aux électeurs.Sydney Ribaux admet que le programme du Parti vert comporte de nombreuses propositions intéressantes en environnement, mais il ajoute que plusieurs autres enjeux politiques doivent entrer en ligne de compte.- PC Ce soir, votez BAZZO.Pour une soirée électorale différente, Marie-France Bazzo est votre meilleur parti.Collaborateurs : Michel C.Auger, Manon Cornellier, Jici Lauzon, Joseph Facal, Philippe Laguë, Christian Dufour, Pierre Thibeault, Martin Larocque.telequebec.tv 5252 A f» LE DEVOIR.LE LUNDI 26 MARS 2007 200 1878: un gouvernement minoritaire, mais un autre contexte «Les blocs des partis étaient fluides, les individus disposaient d’une marge de manoeuvre dont ils ne jouissent plus aujourd’hui» PATRICE BERGERON En mai 1878, Joly de Lotbinière ne savait pas qu’il allait créer un précédent qui n’allait pas se renouveler avant 2007.Les Québécois pourraient vraisemblablement rééditer le 26 mars l’exploit de cet ancien premier ministre: l’accession au pouvoir d’un gouvernement minoritaire.Les antécédents en matière de gouvernement minoritaire au Québec ne sont toutefois pas d’un grand secours, de l’avis d’un politicologue et d’un historien.Faisons marche arrière.Le 8 mars 1878, le lieutenant-gouverneur Letellier de Saint-Just, un libéral nommé par ses alliés fédéraux, chasse le premier ministre conservateur Boucher de Boucherville, sous prétexte qu’il ne l’informe pas suffisamment et qu’il empiète sur ses pouvoirs.C’est ce qu’on appellera le «coup d’Etat» du lieutenant-gouverneur.Il appelle contre toute logique le chef de l’opposition, le libéral Henri-Gustave Joly de Lotbinière, à former le gouvernement même s’il n’a pas la majorité à l’Assemblée législative.Il ne pourra se maintenir des élections sont déclenchées.Le 1" mai, les électeurs mandatent 32 conservateurs, 31 libéraux et deux députés indépendants.Toutefois, c’est de nouveau Joly de Lotbinière qui formera le gouvernement, avec l’appui des deux conservateurs indépendants, en nommant un d’eux à la présidence de la Chambre.«Cest un gouvernement minoritaire dans un système de bipartisme, ce qui est assez diffèrent de ce qu’on trouve aujourd’hui au gouvernement fédéral, où vous avez plus de deux partis, trois partis, quatre partis», a précisé en entrevue téléphonique cette semaine l’historien Gaston Deschênes, qui a travaillé en recherche à l’Assemblée nationale pendant une trentaine d’années.En outre, le Parlement siégeait brièvement, pendant deux mois, durant l’été, donc le gouvernement n’a été exposé à cette positon précaire que durant cette session, a expliqué M.Deschênes.•'Pendant la session, le président a tenu le gouveme- .TIREE DE l.’OUVRAGE HISTOIRE DES CANADIENS-FRANÇAIS Henri-Gustave Joly de Lotbinière ment par son vote prépondérant, donc c’est lui qui départageait finalement entre 32 et 32.En votant, il assurait la survie du gouvernement, il a fait cela pendant quelques mois.[.].Il est devenu libéral par la suite et a subi les quolibets de ses anciens collègues.» Jadis, la fidélité des députés s’avérait beaucoup plus friable qu’aujourdhui.Ds n’hésitaient pas à voter comme leurs adversaires et parfois à renverser le gouvernement selon leurs humeurs.«À cette époque, les partis n’étaient pas très solides, a expliqué en entrevue un politicologue de l’Université de Montréal, Pierre Martin, en ajoutant que cet événement ne peut servir de référence de nos jours.«Les blocs des partis étaient fluides, les individus disposaient d’une marge de manœuvre dont ils ne jouissent plus aujourd’hui.» Gaston Deschênes a rappelé qu’autrefois, la carrière politique n’offrait pas un emploi à plein temps.Le parlementaire ne siégeait que quelques mois, participait peu à la gestion de l’Etat et il n’y avait que cinq ou six postes de ministres pour une soixantaine de sièges.Ainsi, le premier ministre ne disposait pas de l’immense pouvoir de nomination dont il jouit de nos jours — la solidarité et la discipline en sont désormais d’autant renforcées.«Autrement dit, il était normal [à l’époque] d’être un simple député.Aujourd’hui, il est pratiquement anormal d’être un simple député: les députés ont presque tous des jonctions, des indemnités additionnelles, whip, whip adjoint, président de commission, etc.Au XIX' siècle, une personne qui était élue député avait très peu de chances d’avoir une fonction administrative ou parlementaire.» De même, la presse dramatisait beaucoup moins les dissidences au sein des partis.«C'était courant en Chambre jusque dans les années 1930, a décrit M.Deschênes, auteur d’un ouvrage sur l’histoire du Parlement de Québec, publié aux éditions MultiMondes.[Le glissement] s'est fait tout à fait naturellement, sans aucune intervention législative.[.] La culture politique change.» Grâce à deux élections complémentaires victorieuses dans la première moitié de 1879, le chef libéral renforce ses assises et obtient une majorité.C’est ainsi que se termine la courte histoire du seul gouvernement minoritaire du Québec.«Quand il s’est présenté à la session [du Parlement] de [l’été] 1879, il était majoritaire», a relaté l’historien, en ajoutant qu’il a gagné deux autres élections complémentaires peu après.Mais étrangement, c'est alors qu’il sera battu.Entre-temps, les conservateurs au pouvoir à Ottawa destituent l'allié de Joly de Lotbinière, Letellier de Saint-Just, pour nommer un lieutenant-gouverneur conservateur, Théodore Robitaille.Les choses se corsent pour Joly de Lotbinière, qui gouverne en plein crise économique.Le sénat provincial de l’époque, le Conseil législatif, est à majorité conservatrice et refuse de voter les subsides.Joly de Lotbinière restera en selle jusqu’au 29 oc- tobre 1879, quand cinq de ses députés font défection pour voter en faveur d’une motion de censure.Or, le lendemain, le lieutenant-gouverneur, Théodore Robitaille, refuse de dissoudre l’Assemblée et invite plutôt le conservateur Joseph-Adolphe Cha-pleau à former le nouveau gouvernement En tout le gouvernement de Joly de Lotbinière aura duré près de 18 mois, dont environ une douzaine sans avoir la majorité en Chambre.Un autre épisode bizarre du parlementarisme québécois mérite aussi d’être relaté.Les élections d’octobre 1886 donnent 26 sièges aux conservateurs et 33 aux libéraux, en plus de trois conservateurs indépendants et trois nationalistes.Le premier ministre conservateur John Jones Ross démissionne, cède sa place à son collègue Louis-Olivier Taillon, qui est assermenté.Toutefois, dès qu'il convoque la Chambre, il est renversé, trois jours après son entrée en fonction.«Le premier ministre sortant est maître du jeu, a fait ressortir l’ancien fonctionnaire de l’Assemblée nationale.[.] S’il est minoritaire, mais qu’il a le plus grand nombre de sièges, il peut décider d’aller voir le lieutenant-gouverneur et dire “je vais former le gouvernement”, ou passer la main à quelqu’un d’autre.» Par extension, a poursuivi M.Deschênes, Jean Charest pourrait très bien s’inviter chez la représentante de la couronne et réclamer le gouvernement, même s’il a obtenu moins de sièges que le PQ, en prétendant pouvoir mieux s'entendre avec l’ADQ.Un fait demeure: le gouvernement devra passer l’épreuve de la Chambre.C’est donc dire que le Pariement de Québec a expérimenté très brièvement le pouvoir fragile de la minorité et n’en a presque plus mémoire, puisqu'il n’en a jamais connu par la suite, contrairement à d’autres assemblées provinciales ou aux Communes d’Ottawa, qui ont vu les règnes d’«équilibristes» de Mackenzie Kmg, de John Diefenbaker, de Pierre Elliott Trudeau, de Joe Clark et plus récemment de Paul Martin et de Stephen Harper.Presse canadienne , 1 [y i , UN ACCÈS FACILE À TOUS LES PROGRAMMES ET SERVICES DU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL Service Canada, un accès facile à toute [’information relative aux programmes et services offerts par le gouvernement fédéral, comme la Sécurité de la vieillesse, l'obtention d’un numéro d'assurance sociale, notre banque d'emplois, l’assurance-emploi et bien plus.Service Canada h.COMPOSEZ: 1 800 O-Canada (1 800 622-6232) ATS: 1 800 926-9105 CLIQUEZ: servicecanada.ca OU VISITEZ un centre Service Canada Consultez notre site Internet ou composez le 1 800 O-Canada pour obtenir la liste des centres de service près de chez vous.Service Canada Au service des gens EN BREF Les élections passent inaperçues en France Paris — Occupés à choisir un nouveau président les Français se sont encore moins intéressés que d’habitude aux élections québécoises.Suivant les enjeux, l'intérêt des médias français est plus ou moins marqué d’un scrutin à l’autre.Cette foi&ci, il a frôlé le zéro absolu.«Quand la souveraineté pointe son nez, on tend l’oreille, dit un journaliste français qui connaît bien la politique canadienne.Mais comme les Québécois ont dit non deux fois, on n’y croit plus tellement.Jean Charest et André Boisclair ne sont pas très charismatiques.Ce n’est plus un sujet vendeur.» Avec le quotidien La Croix, Le Monde a été un des seuls journaux à avoir évoqué les élections d’aujourd’hui, dans un article plutôt court du reste signé par sa correspondante à Montréal.«La montée de Mario Dumont ouvre le jeu des législatives québécoises et sème le trouble», a écrit Le Monde en fin de semaine, en parlant d’une campagne électorale «marquée par une lutte à trois, serrée et symptomatique d’une opinion publique désabusée».La Croix de son côté a souligné vendredi que Jean Charest Les quatre témoins devraient s’attendre à un contre-interrogatoire serré de la part des avocats de Black, l’américain Ed Genson et le canadien Edward Greenspan.«La défense doit être très agressive, a expliqué le professeur Fadel.Elle doit convaincre le jury que les témoins de la poursuite ne sont pas fiables», et elle essaiera donc de les ébranler pendant son contre-interrogatoire.Mais après deux jours de témoignages, il est clair que les avocats de Black n’auront pas la tâche facile, puisque plusieurs de leurs questions ont été rejetées parlajugeAmyStEve.«La juge s’est assurée de limiter grandement le contre-interrogatoire de la défense, a dit M.Fadel.JOSHUA LOTT REUTERS Black est accusé de fraude, de racketérisme, d’obstruction à la justice, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale.C’est mauvais signe pour la défense [puisque ça indique] qu’elle contrôlera de manière serrée ce qui est pertinent ou non.» Le contre-interrogatoire le plus serré sera probablement réservé à David Radier, l’ancien lieutenant de Black qui a déjà reconnu sa culpabilité en retour d’une peine réduite, d’une amende de 250 000 $ et de son témoignage contre son ancien patron.«Radier était l’homme sur le terrain, le type qui gérait toutes les transactions dont il est ici question, a expliqué l’avocat américain David Gourevitch.Tous les p.-d.g.se défendent en disant qu’ils ne font qu’élaborer la stratégie de leur entreprise, que sa mise en œuvre est le travail de quelqu’un d’autre, et qu'ils ne sont pas à blâmer en cas de problème.» L’issue du procès pourrait dépendre de la crédibilité de Radier, et la défense tentera probablement d’utiliser son plaidoyer de culpabilité pour la miner.Les coaccusés de Black sont John Boultbee, Peter Atkinson et Mark Kipnis.Presse canadienne Procès pour crime de guerre : à Montréal Pour la première fois en 15 ans, un procès pour crimes ; ! forcement de ces organisations et de l’ordre multila- ; téral à base de règles qu’elles défendent i L’histoire de l’Union européenne n’est pas termi- i née.Nos institutions et nos compétences évoluent i encore, et cela est vrai dans le domaine de la politique étrangère plus qu’ailleurs.Il est d’ores et déjà.• évident que, pour nos interlocuteurs, nous ne -1 sommes plus seulement le partenaire purement ! commercial que nous étions autrefois.Ils perçoivent : le poids stratégique d’une coopération plus étroite | avec nous, tout comme nous percevons le poids stra- , tégique d’une coopération plus étroite avec eux.[ De la même manière, les citoyens de lUnion européenne attendent de leurs dirigeants qu’ils placent ! l’Europe au devant de la scène internationale.Ils veu-,, lent que nous améliorions la qualité, non seulement > de leur vie et de celle de nos voisins, mais aussi de celle de tout un chacun.,, j Tel est donc notre objectif pour les 50 pro- i chaînes années: tirer parti des acquis des 50 der- .nières années — notre richesse, notre paix et notre > expérience — non seulement pour conserver notre i niveau de vie, mais également pour en faire bénéficier les autres.i L’ÉQUIPE DU DEVOIR ‘ LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet), Laurence Clavel.Jean-Guillaume Dumont, Philippe Papineau (commis Internet) Isabelle Paré (santé), Ixwise-Maude Rioux Soucy (Culture)’, Pauline Gravel (sciences) Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane FYécourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correcteurs)-, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l’information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), » Julie Carpentier (ùuPitre) Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma)’, à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Dominique Reny (pupitre) Éric Desrosiers Claude Turcotte, François Desjardins: À l’information internationale : Jean-Pierre legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; à l’information politique Hélène Buzzetti et Alec Castonguav (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction) ; Marie-Pier Frappier.Alexandre Shields (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) : Manon Derome Patrick Cossette (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron.Marlène Côté.Christiane l^egault, Amélie Maltais.Jacques A Nadeau, Claire Paquet.Martine Riopelle.Isabelle Sanchez.Nadia Sebai Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau (coordonnateur à la promotion et à la sollicitation), Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie Filion, Raehelle Leclerc L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau, Danielle Ross.1 t » A 10 LE DEVOIR.LE LUNDI 26 MARS 2 0 0 7 LES ACTUALITÉS SCRUTIN Si les prédictions de DemocraticSpace s’avèrent, ce sera le pire score du PQ depuis 1970 SUITE DE LA PAGE 1 le premier ministre des Québécois pour les prochaines années.Un résultat aussi serré conduira sans doute à plusieurs seconds dépouillements et, dans l’attente des résultats définitifs, Jean Charest, qui est encore techniquement premier ministre, continuera à gouverner, et ce, même s’il n’a pas de victoire assurée.Certains, dont le constitutionnaliste Henri Brun, de l’Université Laval, qui a déjà conseillé le Parti québécois, ont même souligné la possibilité que, même si les libéraux de Jean Charest arrivaient en deuxième place ce soir, ils pourraient réclamer au lieutenant-gouverneur Lise Thibault de continuer à gouverner.Le politologue Vincent Lemieux croit aussi que c’est une possibilité.«Jean Charest pourrait choisir de prendre l’initiative», dit-il.Certes, si le PQ a beaucoup plus de sièges que le PLQ, «il ne s'accrochera pas ainsi».Mais si la différence de sièges est très ténue, il pourrait faire valoir au lieutenant-gouverneur que ses affinités idéologiques avec l’ADQ et la continuité du pouvoir lui permettraient de former un gouvernement plus solide.Le chroniqueur John Ibbitson, du Globe and Mail, parlait même cette semaine d’un «devoir» pour M.Charest d’essayer d’y arriver, et ce, même s’il arrive second en nombre de siège.«Il y a de bonnes chances que M.Charest reste au pouvoir, même s’il n’arrive pas premier», écrivait Ibbitson.L’entourage de Jean Charest a refusé de commenter ce scénario hier, mais ne l’a pas écarté non plus.«Le problème ne se posera pas puisque le Parti libéral aura une majorité de sièges», s'est borné à dire Hugo D’amours, hier.Au PQ, le scénario a paru tout simplement farfelu., «On n’est plus au XIX' siècle! Ce serait un coup d’Etat ou quoi?», s’est écriée une conseillère d’André Boisclair, hier, qui a confié avoir lu «ici et là» des articles sur le sujet.Questionné à ce sujet, le candidat péquiste dans Marie-Victorin, Bernard Drainville, s’est montré très affirmatif: «La règle, dans notre système, c'est que c’est le parti qui a le plus de sièges qui forme le gouvernement, point à la ligne.» Mais faire un tel geste pourrait coûter cher à Jean Charest, souligne le politologue Réjean Pelletier, de l’Université Laval, spécialiste du parlementarisme.Tout devient politique à un moment donné en régime britannique, a-t-il fait remarquer, et les conventions prennent rapidement le dessus.Chose certaine, une telle initiative pourrait lui nuire et en plus, «il risquerait d’être battu dès le premier vote de confiance en chambre», ajoute M.Pelletier.Si les deux partis principaux obtenaient une égalité de sièges, comme le prévoit le modèle mathématique HKDP, tout serait plus simple.Jean Charest arguerait sans doute «la continuité» et, probablement, la pluralité des voix.M.Charest parle d’ailleurs souvent du fait qu’en 1998, il a obtenu la pluralité des voix, bien que Lucien Bouchard ait emporté la majorité des sièges.Le PQ rétorquerait sans doute alors, souligne M.Pelletier, que le gouvernement a été désavoué lors qu’il a été mis en minorité de sièges lors de l’élection.Parti québécois Par ailleurs, si la composition du gouvernement minoritaire reste matière à conjecture, à terme, néanmoins, «il y aura [finalement] un parti de trop», croit Alain G.Gagnon, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes à l’UQAM.Lequel?Le PLQ?Le PQ?«On n’est pas certain, il y a un doute important», a-t-il lors d’un entretien avec la Presse canadienne, hier.Si ces prédictions de DemocraticSpace s’avèrent et que le PQ recueille 29,9 %, ce sera son pire score depuis 1970.A cette époque, le PQ Rivait fait élire sept députés en recueillant 23,06 %.A l’élection de 1973, le PQ avait obtenu un député de moins, mais en augmentant son appui à 30,22 %.Dans l’organisation du PQ, hier, on soutenait que les époques ne sont pas comparables: «Tout est segmenté aujourd’hui: les habitudes d'écoute à la télé, les goûts, etc.» D’autres au PQ soulignent qu’il y a aujourd’hui — contrairement à l’époque — des souverainistes dans les autres partis.Au reste, selon M.Gagnon, la volatilité actuelle de l’électorat a des causes bien précises.Au Québec, les électeurs se mobilisent habituellement autour d’enjeux particuliers, comme la dynamique fédéral-provincial.Cependant, dans cette campagne, les Québécois ont moins de raisons de se plaindre d’Ottawa, qui a accédé à certaines doléances provinciales, telles que la reconnaissance de la nation québécoise et une place à l’UNESCO.«Le Parti québécois a beaucoup de difficulté à présenter le gouvernement canadien soit en usurpateur, soit comme le grand frère qui veut imposer ses diktats.» Par ailleurs, le PLQ «a perdu une base de sa clientèle naturelle» et a du mal à percer chez les francophones depuis la fin de l’ère Bourassa.Il risque de devenir le parti des non-francophones.«C’est un peu bizarre, on aurait cru qu’il aurait pu profiter de ces avancées [avec le fédéral], a commenté M.Gagnon.Les Québécois n’ont pas vraiment confiance en M.Charest et en son équipe» en raison des revirements de la position gouvernementale devant la grogne populaire au cours du dernier mandat.Enfin, l’ADQ constitue la «voie du centre, ni à droite ni à gauche», un parti doté d’un programme «parfois simple, parfois simpliste», avec des «valeurs sûres», a détaillé l’universitaire de l’UQAM.Mario Dumont, «c’est un Pierre Marc Johnson, 20 ans après son arrivée sur la scène politique», a soutenu M.Gagnon, en référence au bref mandat du chef péquiste qui prônait Y «affirmation nationale», en 1985.C’est un «affirm at ionniste, pas un indépendantiste».Le leader adéquiste réussirait ainsi à rallier les franges affir-mationnistes que l’on peut discerner autant au PQ qu’au PLQ, mais il est trop tôt pour présumer qu’elles resteront fidèles, au dire de l’universitaire.Le Devoir Avec la presse canadienne LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : Sl^QSS-SSSS URNES SUITE DE LA PAGE 1 Mme Régnier a d’ailleurs fait valoir que les chiffres dévoilés dans les derniers sondages permettent d’espérer une recrudescence marquée du nombre d’électeurs qui se rendront dans l’isoloir en ce jour de scrutin.«C’est une bonne nouvelle, parce que les gens pourraient bien être plus portés à sortir de chez eux et à aller voter, estime-t-elle.Et les gens s’intéressent à la politique, alors c’est sûr que ça a un impact sur la participation.Plus on en parle, plus il y a de chances qu’ils aillent voter.» Concrètement, 5 037 010 d’électeurs sont conviés aux urnes aujourd’hui.Un nombre record de 571754 ont déjà voté par anticipation, soit le double de l’élection de 2003.«On souhaite que la participation au vote par anticipation soit garante de la participation générale», a dit hier Myriam Régnier.Pour stimuler la mémoire des électeurs, plus de 3,6 millions de cartes de rappel ont été distribuées durant les derniers jours, par la poste, dans les 125 circonscriptions du Québec.La Fédération étudiante collégiale du Québec, la Fédération étudiante universitaire du Québec, Force jeunesse, la Table de concertatipn des Forums Jeunesses régionaux du Québec, Equiterre et Greenpeace ont aussi lancé un appel conjoint aux jeunes pour qu’ils aillent voter.Ces organisations jeunesse ont rappelé que le taux de participation des jeunes aux élections provinciales «est à son plus bas [niveau] depuis les 80 dernières années, selon les estimations du Directeur général des élections du Québec».Elles ont aussi souligné que, lors de la dernière campagne électorale provinciale, en 2003, le taux de participation des jeunes aurait diminué de près de 8 % par rapport à celle de 1998.Faire sortir le vote Dans ce contexte, les différents partis ont affirmé hier que leur capacité à «faire sortir le vote» en leur faveur constituerait la clé de la réussite dans plusieurs circonscriptions chaudes.Toutes les formations ont précisé que le succès de cette journée se jouerait effectivement «à l’échelle locale» et reposait entre les mains des bénévoles qui seront à pied d’œuvre.Tant au Parti libéral, au Parti québécois ou à l’Action démocratique, chacun assure qu’il peut compter sur une solide équipe de bénévoles pour aller chercher le vote du plus de partisans possible.Les péquistes, IDENTITÉ SUITE DE LA PAGE 1 égalité avec Nicolas Sarkozy, la candidate n’entend pas abandonner le thème de l’identité nationale à son adversaire, pas plus qu’à Jean-Marie Le Pen.L’identité nationale n’est «pas quelque chose de dépassé politiquement», dit-elle.Au contraire, «c’est très important d’avoir reconquis le droit de chanter La Marseillaise pour la gauche qui avait cru un moment devoir l’abandonner à l’extrême droite.» Selon cette fille de militaire, qui confiait récemment son admiration pour Jeanne d’Arc, «c'est parce que nous sommes fiers de notre identité nationale que nous pouvons être accueillants à tous les autres».Est-ce un hasard si, le même jour, la candidate était de passage au camp des Milles, près d’Aix-en-Provence, d’où furent déportées 10 000 personnes entre 1939 et 1942?Il faut «être au clair» sur son passé, a-t-elle déclaré, «pour construire l’avenir».Dans la journée, à Marseille, elle a même poussé l’hérésie jusqu’à faire un vœu à Notre Dame de la Garde, dont le sanctuaire domine la ville.Un vœu qu’elle a gardé «secret pour qu’il se réalise».Et la candidate du très laie Parti socialiste d’ajouter «Vous saviez que les filles de Jean Jaurès avaient fait leur communion?» Ségolène Royal n’avait-elle pas annoncé le 15 mars qu’elle entendait reprendre toute sa «liberté» par rapport à un parti socialiste souvent identifié à la langue de bois?Certains de ceux que l’on surnomme les «éléphants» du parti ont donc dû s’étouffer dans leur barbe la semaine dernière.A Correns, même ses plus proches collaborateurs n’avaient pas été prévenus que la candidate allait brandir le drapeau français.Ségolène Royal est d’ailleurs la première candidate socialiste depuis 33 ans à tenir une assemblée à Nice, un bastion de la droite et de l’extrême droite où elle a attiré 2500 personnes.FERR0 SUITE DE LA PAGE 1 En plus d’avoir été le premier, par une ruse, à avoir consulté les archives du Parti communiste de l’URSS avant 1975, il a aussi vécu l’Occupation de la Deuxième Guerre mondiale et, âgé d’à peine 19 ans, il a résisté au maquis du Vercors, une importante base française des Alpes.A 82 ans, Marc Ferro est une mémoire vivante.Non, mieux, un patrimoine de l’humanité.Grâce à ce «trésor d’archives» qu’il avait pu analyser, certains faits nouveaux lui étaient apparus.«Mes collègues ne regardent pas les images, j’ai un avantage en ce sens», dit-il humblement J'ai vu des faits que certains n’avaient pas pu identifier.C’est, si j’ose dire, la raison pour laquelle j’ai écrit ce livre», explique l’auteur d’une vingtaine d’ouvrages, notamment sur l’islam, le colonialisme ainsi que plusieurs biographies.Ce n’est toutefois pas pour cette raison qu’il a écrit un livre et coscénarisé un film sur la vie de Philippe Pétain, ce maréchal fondateur du régime de Vichy qui a collaboré activement avec l’Allemagne nazie.«Ça.c’était pour maman.Pour comprendre», dit Marc Ferro en évoquant le souvenir de sa mère juive morte en déportation.L’effet Rashomon L’approche de Marc Ferro, qui permet de voir les événements à travers les yeux des protagonistes, doit beaucoup au cinéma.Un peu comme celle des cinéastes qui, grâce à la caméra subjective, nous permettent d’entrer dans la peau du personnage.Cette fois, on a parfois l’impression de se retrouver dans le bunker de Hitler, dans la chambre de Staline ou dans le refuge d’Hirohito.Pour écrire son dernier livre, Marc Ferro partait de la ferme conviction selon laquelle «un seul regard, une seule approche ne saurait permettre de déceler le Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 3630305 par exemple, en déploieront environ 15 000.D n’a pas été possible d’obtenir de chiffre pour les autres formations.L’attaché de presse de l’Action démocratique, Guy Leroux, a toutefois admis que sa formation ne disposait pas d’une machine aussi imposante que ses adversaires.«C’est sûr que, comme parti, on a moins de ressources financières, on a moins de ressources humaines, on est moins équipés que les autres partis, a-t-il expliqué.Mais on s’active le plus possible avec ce qu’on a pour faire sortir le vote au maximum dans chacun des comtés.» «Ce sera une élection très intéressante à suivre un peu partout», a ajouté M.Leroux.Intéressante et probablement longue, a précisé la porte-parole du DGE, Myriam Régnier.Des résultats devraient en effet se laisser désirer.«On ne peut pas donner d’heure maximale pour la divulgation des résultats.Même si les bureaux de vote ferment 30 minutes plus tôt qu’en 2003, soit à 20h, étant donné que la lutte est assez serrée, les télédiffuseurs ne pourront pas annoncer que “si la tendance se maintient’’ très tôt», a-t-elle souligné.Près d’une trentaine de circonscriptions devraient en effet se jouer par un écart de moins de 5 % des voix.Ainsi, selon Mme Régnier, dans certaines circonscriptions, «même si les résultats de plusieurs [bureaux de vote] seront connus, les résultats d’un seul bureau de vote pourraient parfois faire la différence».Sans compter les possibles demandes de recomptage qui pourraient survenir par la suite.Blitz du dimanche Raison de plus, pour les chefs des partis, pour faire un blitz de fin de campagne des plus intenses.Le chef du Parti libéral, Jean Charest a fait des arrêts dans huit circonscriptions où les luttes s’annoncent serrées, afin de fouetter ses troupes.Il en a profité pour lancer un ultime appel aux électeurs qui ne veulent pas replonger dans un débat référendaire, mais aussi pour insister sur l’affaiblissement du Québec dans l’éventualité d’un gouvernement minoritaire.Le chef péquiste, André Boisclair, a pour sa part mis un terme à sa campagne en sillonnant les circonscriptions montérégiennes de Boulanges, Créma-zie, Marguerite-d’YouviHe, Shefford et Chambly, des circonscriptions où, la lutte des partis est vive pour l’emporter ce soir.A l’occasion de son dernier point de presse quotidien de la campagne électorale, M.Boisclair a hier lancé un ultime appel au vote, mettant à nouveau les Québécois en garde contre «la colère, le cynisme et la protestation» qu’exploite l’Action démocratique pour gagner des appuis.Le chef adéquiste, Mario Dumont, a courtisé les «Ce réveil des valeurs fondatrices du “ségolisme” sonnera comme un signal d’alerte à l’oreille de tous ceux qui l’avaient un peu vite enterrée», reconnaissait samedi le quotidien de droite Le Figaro.«Je suis heureux d’avoir montré le chemin», ironisait de son côté Nicolas Sarkozy.La semaine précédente, le candidat de l’UMP avait soulevé un véritable tollé en annonçant la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, une mesure par ailleurs approuvée par 55 % des Français selon un sondage du Figaro.De retour des Antilles, le ministre de l’Intérieur persiste et signe.«Je continuerai à parler de notre identité nationale, car je crois que l’identité, pour un peuple, c’est quelque chose d’essentiel», a-t-il déclaré.«À nous contester le droit d’en parler, nous créerons les conditions d’une crise identitaire.Et cela, je le refuse.» Loin de dénoncer l’exploitation du thème de l’identité nationale, les partisans de Ségolène Royal s’en sont plutôt pris à son association avec l’immigration, comme si celle-ci menaçait l’identité française.Ségolène Royal veut «réhabiliter le patriotisme du cœur contre le patriotisme de la peur de Nicolas Sarkozy», dit le socialiste Jean-Marc Ayrault Le candidat centriste François Bayrou, qui plafonne dans les sondages après une surprenante performance, a préféré prendre ses distances avec ses deux adversaires.«C’est comme si les thèmes de Jean-Marie Le Pen étaient en train d’envahir l’esprit de ces deux candidats, dit-il.Eh bien moi, ils n’envahissent pas le mien.» Sur Radio J, il a soutenu que l’identité nationale ne devait pas être un thème de cette élection présidentielle: «Je ne participerai pas à cette course-poursuite dont on sait où elle commence et dont on devrait savoir aussi où elle peut aller.» Choqué des déclarations de la candidate socialiste, le candidat d’extrême gauche José Bové l’a même accusée de vouloir «américaniser» la France «par l’exposition du drapeau français à toutes les fenêtres».Sujet délicat s’il en est dans un pays qui a connu sens de l’événement».C’est pourquoi il s’est servi de «l’effet “Rashomon”», mieux connu du milieu cinématographique, qui lui a permis de croiser, pour chaque décision ou événement, le point de vue de chaque participant Rashomon, un film réalisé en 1950 par le Japonais Akira Kurosawa, raconte l’histoire d’un viol et d’un crime survenus au Japon par les yeux de différents personnages dont les versions ne coïncident pas.«J’ai pu apercevoir la faillite des analyses précédentes», soutient-il.C’est ainsi qu’il a notamment découvert, à sa grande surprise, que lors de la signature des accords de Munich, en 1938, qui cédaient aux nazis la Tchécoslovaquie sans presque rien demander en échange, sinon de vagues promesses de paix, Hitler était plutôt furieux alors qu’il aurait dû se réjouir.«Pour l’Angleterre, la France ou les États-Unis, la paix était sauvée.Or nous avions la version occidentale des faits.Quand on la compare aux archives allemandes, on se rend compte que Hitler ne voulait pas de concessions.Ce qu’il voulait, c’était la guerre.Voilà pourquoi il était mécontent», explique Marc Ferro.Parce qu’elle lui permet de voir l’expression et les gestes des personnages, sa méthode cinématographique lui donne plus de sensibilité.L’historien cite en exemple ce regard effaré des Allemands, en septembre 1941, qu’il avait pu déceler en visionnant les archives audiovisuelles.Alors qu’ils attaquaient l’URSS, les Allemands s’étaient surpris de voir que les Russes avaient des tanks, les célèbres T-34, plus puissants que les leurs.«La tête qu’ils faisaient! Ils se demandaient comment ces Slaves, qu’ils jugeaient inférieurs, avaient pu avoir ces tanks», note-t-il.Toutefois, il se défend bien de baser son analyse uniquement sur la psychologie des protagonistes, ce qui ouvrirait la porte à l’interprétation.«Je ne limite pas l’action des personnages à cette disposition psychologique, j’en donne tous les détails.Je ne vois pas pourquoi il faudrait éliminer cet aspect des choses», affirme-t-il.Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 électeurs de trois circonscriptions libérales où les chances de l’ADQ de l’emporter apparaissaient milles au moment du déclenchement des élections.Il est passé dans Jean-Talon, où se présente le minisire de la Santé et Services sociaux, Philippe Couillard, puis dans Louis-Hébert, où c’est Sam Hamad qui cherche à se faire réélire et, enfin, dans Kamouraska-Témiscoua-ta, où le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard, semble éprouver certaines difficultés.«On est sur le terrain des artisans de l’échec libéral», a dit Mario Dumont Par la suite, à Trois-Pistoles, le chef adéquiste s’en est pris à Jean Charest qui «essaie d'inventer des coalitions» entre le PQ et l’ADQ en brandissant «l'épouvantail» du référendum, avant de conclure sa tournée dans son fief de Rivière-du-Loup.Selon le politologue Jean-François Usée, cet incontournable blitz de la dernière chance peut peser dans la balance, surtout chez les indécis, à qui on veut absolument envoyer «un signal» en étant présent «chez eux», dans leur circonscription.D sert aussi à «donner de l’énergie aux militants locaux pour faire sortir le vote».L’idée, selon lui, est de démontrer que «le chef travaille jusqu’au dernier instant, jusqu’à la dernière goutte de sueur».«En fin de campagne, il y a une proportion de gens qui n’ont pas pris de décision finale et qui peuvent être influencés par un appel de vote stratégique, a-t-il expliqué.Par exemple, ce n’est pas vain de la part de M.Charest de demander un mandat fort, de dire que ça lui prend un gouvernement majoritaire.On veut aller chercher certains électeurs libéraux qui pourraient être tentés par l'Action démocratique.» M.Usée estime en outre qu’«a« moins 5 % des électeurs prennent leur décision au bureau de scrutin, donc on peut les influencer jusqu'au dernier moment».Aujourd’hui, les trois chefs doivent se rendre voter en avant-midi, dans leurs circonscriptions respectives, avant de prendre la parole plus tard en soirée devant leurs partisans, après l’annonce des résultats.M.Charest doit demeurer à Sherbrooke pour le grand rassemblement électoral qui se tiendra à l’Hôtel Delta.Les péquistes se réunissent quant à eux au Club soda, à Montréal, tandis que les adéquistes tiennent leur plus important rendez-vous partisan à Rivière-du-Loup.Ces trois formations tiennent d’autres rassemblements ailleurs en province.Québec solidaire convie ses partisans au Théâtre Plaza, à Montréal.Le Parti vert se réunira au Pub Quartier Latin, également à Montréal.Le Devoir les camps et la déportation, le thème de l’identité nationale a envahi les tribunes de la presse française.«En associant, dans l’intitulé d’un futur ministère, les notions d’immigration et d’identité nationale, M.Sarkozy donne de cette dernière une vision statique, qui renvoie les immigrés à leur statut d’étrangers, écrit Thomas Ferenczi dans Le Monde.Simone Veil a raison de préférer la notion d’intégration, qui marque une volonté d'accueil.» Dans la même veine, l’écrivain sénégalais Fatou Diome écrivait: «Être français, ce n’est pas quelque chose que l’on prouve dans un laboratoire avec des cobayes, c’est une conviction, l’adhésion à une communauté de valeurs.En ce domaine, la coercition est non seulement un moyen d’exclusion mais également un aveu d’échec.» Au contraire, l’immigration remet en question l’unité nationale, selon l’ancien conseiller de Nicolas Sarkozy Maxime TandonneL «Les mouvements de populations de cette ampleur se traduisent par des phénomènes de fragmentation, et de ghettoïsation, écrit-il dans le Figaro.Ce qui est en cause, c’est l’unité nationale.» Selon le directeur de recherche de l’Institut de Science politique, André Grjebine, la création d’un tel ministère demeure très «ambiguë», même si la France doit, dit-il, renouer avec un modèle d’intégration parfois «stigmatisée comme discriminatoire, voire raciste».Dans ses dernières assemblées, la candidate socialiste s’en est prise à la mise en détention cette semaine d’une directrice de maternelle qui s’était opposée à l’arrestation d’un sans-papiers venu chercher ses petits-enfants dans une école du quartier parisien de Belleville.Pris à partie par les parents, les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes.Inexpulsable puisqu’il a des enfants français, le sans-papiers a été aussitôt relâché.«Ça n’est pas ça, la France que nous voulons, a dit Ségolène Royal.Ce n’est pas comme ça qu’on défend l’identité nationale, bien au contraire.» Correspondant du Devoir à Paris Fellini ou Hérodote?Bien que le cinéma occupe une place importante dans ses travaux, Marc Ferro s’intéresse au septième art comme outil d’analyse rendant les sociétés plus intelligibles.«Je ne me considère pas comme un cinéphile.Le cinéma m’intéresse parce qu’il m’apportait d’autres sources de réflexion et qu’il m’aidait à être un meilleur historien», dit-il, toujours mû par cette recherche de la vérité.fl a pourtant adoré À nous la liberté de René Clair (1931), Les Enfants du paradis de Marcel Carné et le grand classique Casablanca.Pour ses travaux, l’historien a plutôt préféré s’inspirer du film Le Troisième Homme de Carol Reed et de La Grande Illusion de Jean Renoir, ce cinéaste qui a inspiré la Nouvelle vague et qui a redonné au septième art ses lettres de noblesse.Le cinéma avait longtemps été dénigré par les élites parce qu’il ne déformait pas la réalité et ne poyvait donc pas être une œuvre d’art A leur manière, les Russes l’ont vite revalorisé et encore aujourd’hui, Le Cuirassé Potemkine, du grand réalisateur Serguéf Eisenstein, demeure un film phare pour ce spécialiste de l’histoire russe.«R y a beaucoup de fiction et de fausses archives, mais elles ont une valeur historique qu’il ne faut pas dénigrer.L’important est de ne pas se faire piéger», croit Marc Ferro.«Et, bien qu’il y ait des parties inventées, ce film explique mieux la révolution de 1905 que tous les textes que vous avez pu lire.Parfois, la fiction peut être plus vraie que vraie», explique-t-il.Là-dessus, son réalisateur fétiche, Jean Renoir, lui donnerait certainement raison.Lui qui a toujours clamé que «l’art du cinéma consiste tout simplement à s’approcher de là vérité des hommes».Le Devoir ?Marc Ferro sera à Montréal du 1er au 4 avril prochain.Il prononcera une conférence aux Belles Soirées de l’Université de Montréal le 3 avril.Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-4637559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Lt Devoir peut à l'occasion, mettre la liste d'adress«*s de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.U Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège «niai est situé au 2050, rue De Bleury.& étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest Montréal.L'agence IVesse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (troupe Québécor Inc.900, boulevard Saint-Martin Ouest.Uval.Envoi de publication — Enregistrement nl 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.E a O b rB :o ci n b ië J >6 b 'li 71 0 a T) ‘n II ill *h b û 1 >q L J9 P b q u -!P rn r» *1 ¦q r V ¦n n fl n rn :b n )0 » i
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