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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Le devoir, 2007-03-28, Collections de BAnQ.

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INTERNATIONAL La vie quotidienne à Téhéran Danemark : adieu les jeunes NATIONAL L’éthanol : une fausse bonne idée ?CULTURE Un roman d’anticipation Made in Turkey LE JOURNAL VOL13 NO.7/AVRIL 2007 UN JOURNAL POUR UN MONDE DIFFÉRENT WWW.ALTERNATIVES.CA Après la guerre, la privatisation du pétrole en Irak ?mm IMt fi La dé de voûte de la stratégie américaine en Irak est en bonne voie d’être complétée.Une nouvelle loi du gouvernement irakien pourrait bientôt placer l’extraction, le rafHnage et la vente du pétrole entre les mains d’une poignée de multinationales américaines ou britanniques.Et la vive opposition des syndicats et des mouvements sociaux en Irak survient peut-être trop tard.ADAM NOVAK Le ministre irakien du pétrole, Hussein al-Shahristani, a confié à l'agence de presse Reuter que seules les multinationales occidentales possèdent la technologie, l’expérience et les capacités financières colossales — entre 20 et 30 milliards de dollars — pour moderniser l’industrie pétrolière en Irak.Mais pour leur donner le champ libre, il lui faut trouver- un moyen de contourner la Constitution irakienne, qui prévient la vente des ressources pétrolières du pays à des intérêts étrangers.Ce sera peut-être chose faite avec le projet de loi sur les hydrocarbures, dont certaines dispositions pourraient autoriser les compagnies américaines et irakiennes à signer des contrats secrets leur permettant de faire main basse sur le pétrole irakien.Les compagnies étrangères choisies disposeraient d’un accès privilégié à une série de zones d’extraction pétrolière pour une durée de 25 ans.Mieux, elles payeraient moins de 10 % de redevances à l’État, en conservant tous les profits.Une véritable aubaine, qui ne serait assortie d’aucune obligation d’employer des Irakiens ou de maintenir dans le pays des activités générant d’importantes retombées économiques, comme le raffinage ou la mise en marché.De plus, les multinationales pourraient édicter les normes en matière de santé, de sécurité au travail ou de protection de l’environnement sur « leurs » champs de pétrole.Au diable les lois irakiennes.Le Parlement irakien ne serait pas tenu informé des contrats qui seront PHOTO: PC/REX signés.Et les différends qui ne manqueraient pas de surgir entre le gouvernement et les compagnies étrangères devraient être tranchés par les mécanismes d’arbitrage internationaux.Surtout pas par les tribunaux irakiens.Aucun autre pays du Moyen-Orient, même parmi les alliés inconditionnels des États-Unis dans le Golfe, n’a encore cédé de manière aussi massive sa souveraineté sur une ressource naturelle aussi stratégique.L’Irak possède la troisième réserve de pétrole en importance du monde.De plus, son pétrole brut se révèle généralement de très grande qualité, en plus d’être relativement facile à extraire.Et pourtant, en définitive, le pays pourrait en retirer un prix inférieur à ce que le Canada obtient pour le pétrole extrêmement coûteux à extraire et à raffiner de ses sables bitumineux.Pire, si le gouvernement parvient à atteindre son objectif de faire passer sa production de 1,6 million de barils par jour à cinq millions de barils par jour, les quelques multinationales chanceuses pourraient réussir à pomper les réserves irakiennes jusqu’à la dernière goutte avant la fin des contrats de 25 ans.VOIR PAGE 2 : IRAK Entrevue avec Mustapha Barghouti « Notre jour viendra » RAMALLAH - Médecin, militant des droits humains et fondateur de plusieurs organisations humanitaires, Mustapha Barghouti vient d’être nommé ministre de l’Information dans le nouveau gouvernement palestinien d'unité nationale.Il s'est surtout fait connaître par son franc-parler et par son opposition à la corruption.Entrevue avec celui qui représente la « troisième voie » entre le Fatah et le Hamas, une gauche nouvelle palestinienne, laïque et démocratique.Croyez-vous que le nouveau gouvernement d’unité nationale répond aux aspirations du peuple palestinien ?Nous avons mis en place cette coalition pour mettre fin aux violences fac-tionnelles et éviter la désintégration de l’Autorité palestinienne.Le gouvernement d’unité nationale représente 96 % de l’électorat palestinien [NDLR.25 membres : 12 Hamas, 6 Fatah, 7 « indépendants »].Toutes les factions politiques, hormis le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), y sont représentées.Il s’agit du gouvernement le plus démocratique de l’histoire de l’Autorité palestinienne, mais aussi de l’ensemble de la région.Aucun autre gouvernement dans le monde ne jouit d'une telle représentativité.Il faut voir maintenant comment traduire notre programme politique en actions concrètes.Quels sont, selon vous, les principaux défis de ce gouvernement ?Les défis auxquels nous devrons face sont considérables.Premièrement, il faut rétablir l’ordre et la sécurité à l’intérieur des territoires palestiniens en renforçant l'indépendance du pouvoir judiciaire.Il faut également initier de véritables réformes et mettre en place des institutions démocratiques afin de lutter contre la corruption, le népotisme et la répression politique.Nous devrons ensuite surmonter les difficultés sociales et économiques qui résultent des sanctions financières [sanctions décrétées par les principaux bailleurs de fonds occidentaux et Israël après la victoire du Hamas aux élections parlementaires du 25 janvier 2006.Ce blocus financier a aggravé la situation, déjà dramatique, des populations de Cisjordanie et de Gaza.Il a durement touché chaque communauté et chaque famille palestinienne.Des dizaines de milliers de Palestiniens n’ont pas reçu leur salaire depuis maintenant plus d’un an.Afin d’exercer une pression politique, Israël retient toujours l’argent des douanes et des impôts Palestiniens qui s’élèvent à 60 millions de dollars par mois.De quel droit retiennent-ils cet argent ?Une telle punition collective - qui a eu pour effet d’affamer la population palestinienne et non de miner la popularité du Hamas - constitue une violation du droit international, notamment de la Quatrième Convention de Genève.Il est impératif de lever cet embargo, mais aussi de faire cesser les restrictions de mouvements infligées par Israël, qui VOIR PAGE 2 : BARGHOUTI Bolivie La coca est là pour rester m PHOTO: LOUIS JEAN v ’1 y Tfn En Bolivie et dans les Andes, la feuille de coca fait partie de la vie de tous les jours, un peu comme le café en Occident.Mais plus au Nord, on continue de l’associer à son puissant dérivé, la cocaïne.Au point où la question est devenue un sujet de friction internationale.LOUIS JEAN Depuis six heures du matin, la soixantaine de soldats du peloton Amarillo patrouillent dans une région reculée du Chapare, à la recherche de plantations de coca.Il est près de midi lorsqu’ils découvrent finalement une petite parcelle de terre sur laquelle pousse le fameux arbuste qui sert de matière première à la cocaine.Sur l’ordre du caporal Chambi, qui dirige le peloton, les soldats se mettent aussitôt à arracher chaque petite pousse avec acharnement.Tout cela, alors même qu’ils mâchent.de la coca, la plante qu’ils sont justement en train de détruire.La situation des soldats illustre le dilemme devant lequel se trouvent les Boliviens.D’un côté, la feuille de coca joue un rôle central dans la culture locale.On l’utilise depuis des millénaires à des fins alimentaires, médicales, rituelles et sociales.D’un autre côté, le pays a besoin du support économique des États-Unis.Et celui-ci est conditionnel au respect de la politique d’éradication prévue dans leur ambitieux programme de lutte contre la drogue.Depuis 1988, le gouvernement bolivien tolère la production d’une certaine quantité de coca, destinée à la mastication et à l’usage traditionnel.Mais au-delà de ce quota national, l’armée éradique des champs entiers, comme vient de l’apprendre à ses dépens Gregorio Udaeta, le petit producteur du Chapare dont les soldats s’affairent à détruire la récolte.«On a besoin de la coca parce que rien d'autre ne pousse dans cette terre, proteste-t-il.Il n’y a aucune autre plante qui puisse me donner un revenu pour faire vivre ma famille.» Rien en faire.En 10 minutes, le vieil homme vient de perdre les trois quarts de son revenu annuel.Dans une région comme celle du Chapare, la coca est avant tout une histoire de survivance.Le territoire, situé au centre du pays, a été peuplé par des gens qui, comme Gregorio Udaeta, se sont retrouvés sans emploi après la chute du prix de l’étain et la privatisation des entreprises d’État au cours des années 1980.Confrontés à un sol peu fertile, en quête d’un revenu immédiat, plusieurs cultivateurs se sont tournés vers la coca.La plante était idéale.Contrairement aux arbres fruitiers, elle produisait une récolte dès la première année.Elle possédait aussi l’avantage de fournir trois récoltes par an.Sans compter qu’on pouvait la transporter assez facilement.Reste que le principal attrait de la coca demeure son prix de vente.En raison de la demande élevée et du contrôle de la production, une livre de feuille de coca se vend environ 20 bolivianos (3 $) dans les marchés locaux.En comparaison, une livre de banane rapporte rarement plus que 50 centavos (7 cents).Voilà qui explique pourquoi, même si notre Gregorio Udaeta possédait une bananeraie de deux hectares, soit envi- ron la superficie de quatre terrains de football américain, il tirait la majorité de son revenu d’une plantation de coca de la taille d'une patinoire de hockey.Les vertus de la coca vs les méfaits de la cocaïne En Bolivie, le parfum caractéristique de la coca flotte un peu partout dans les maisons et dans les marchés.Les habitants l’ont totalement intégrée à leur mode de vie.Ils lui attribuent Les soldats du caporal Chambi détruisant une plantation de coca.aussi de multiples vertus.«La coca aide mes hommes à travailler plus fort et elle leur permet de travailler plus longtemps », explique le caporal Chambi.« Et lorsque tu reviens à la maison avec un sac de coca, ta femme est contente, ajoute-t-il à la blague.Ça te permet d'accomplir ta mission.» N’en déplaise au caporal Chambi, les vertus aphrodisiaques de la coca restent à prouver.Mais plusieurs des propriétés attribuées à la plante reposent sur des bases scientifiques.L’étude la plus exhaustive sur le sujet, réalisée par une équipe franco-bolivienne et publiée dans le Journal of Physiology, en 1995, rapporte plusieurs effets positifs pour les « mastiqueurs ».Par exemple, en raison d’une augmentation du taux d’adrénaline dans le sang, ces derniers tolèrent mieux la fatigue et ils peuvent travailler plus longtemps.L’étude indique également que la coca permet de tolérer davantage la faim, le froid et le manque d’oxygène en altitude.En Bolivie, les étudiants et les chauffeurs de taxi utilisent d’abord la coca pour vaincre la fatigue, un peu comme nous le faisons avec le café.Mais à l’échelle mondiale, la coca n’est pas à la veille de remplacer le café.Depuis 1961, la plante sacrée des Incas est VOIR PAGE 5 : BOLIVIE 2 AVRIL 2007 I INTERNATIONAL L Inde / Pakistan Le crime du Samjhauta Express PHOTO :AP PHOTO Pour la troisième fois en moins d’un an, à la mi-février, des terroristes ont tenté de faire dérailler le processus de paix entre l’Inde et le Pakistan.La pire chose à faire, selon le quotidien indien The Hindu, serait de leur concéder la victoire.SIDDHARTH VARADARAJAN Le but des auteurs de l’attentat commis le 18 février, à bord du train Samjhauta Express qui relie l’Inde et le Pakistan, ne pouvait pas être plus clair : la cible et le moment choisis pour frapper démontrent que les terroristes voulaient d’abord compromettre le processus de paix entre l’Inde et le Pakistan.Toutes les familles pauvres qui voyagent à bord du train Samjhauta vous le diront : le trajet entre Delhi et Lahore est interminable, éprouvant, difficile.Et pourtant, le voyage constitue un symbole du voisinage civilisé auquel les Indiens et les Pakistanais ordinaires aspirent désespérément.Mieux, il laisse entrevoir à quoi pourrait ressembler le futur, si seulement la compréhension et le compromis finissaient par prévaloir.De toute évidence, les terroristes qui ont fait exploser le train n’ont pas envie de voir jusqu’où pourraient mener les négociations actuelles.En tuant pas moins de 67 passagers au moment même où le ministère pakistanais des Affaires étrangères se trouvait en Inde, ils voulaient que le processus de paix s’arrête le plus tôt possible.Ils entendaient provoquer un regain de tensions et d’accusations mutuelles entre Islamabad et New Delhi.À tout le moins, ils espéraient rendre les voyages entre les deux pays suffisamment risqués pour que bien peu de gens veuillent encore prendre le train, l’autobus ou même l’avion.Après l’explosion simultanée de plusieurs bombes dans les trains de banlieue de Mumbai, le 7 juillet, les terroristes avaient réussi à prendre l’initiative.Cette erreur ne doit pas se reproduire.À l’époque, l’Inde avait reporté une rencontre prévue avec la diplomatie pakistanaise, et l’atmosphère avait rapidement commencé à dégénérer.À Mumbai et à Delhi, des policiers s’étaient mis à parler ouvertement de « preuves » reliant les attentats à l’establishment pakistanais.Chine Afghanistan Pakistan Pendant un moment, le processus de paix semblait au bord du précipice.À la fin, pourtant, les fameuses preuves ne se sont jamais matérialisées.Et cela a permis de réaliser que le dialogue et les contacts directs entre les gens servaient fort bien les intérêts du pays.Après une habile prénégociation sur la création d'un mécanisme conjoint pour combattre le terrorisme, l’Inde a finalement repris le dialogue avec le Pakistan.D’un côté, le pays a raison de critiquer le Pakistan pour son incapacité à agir contre les organisations terroristes et leurs bases d’entraînement sur son territoire.De l’autre, il a tort de lier l’avenir du processus de paix à un événement dans lequel la complicité éventuelle d’Islamabad ne peut être établie avec certitude.Sept mois après les attentats, les enquêteurs indiens n’ont toujours pas réussi à prouver la complicité officielle du Pakistan dans les attentats.Au point où cet échec ne manquera pas d’être utilisé pour remettre en doute la validité des affirmations de l’Inde voulant que des groupes terroristes continuent d’opérer à partir de son territoire.Une question fondamentale Au cœur du dilemme de la politique indienne, on retrouve une question fondamentale : est-ce que le gouvernement pakistanais de Pervez Musharraf a trempé dans la conception, la planification ou même la réalisation des attentats comme ceux de Mumbai, de Malegaon ou du Samjhauta Express ?Certes, l’establishment pakistanais dispose de la capacité de mener ce genre d’opérations sous le manteau.En revanche, les raisons qui pourraient le pousser à agir ainsi apparaissent plutôt confuses.On peut se demander ce qu’il aurait à gagner en provoquant la fin du processus de paix.À l'opposé, si le gouvernement de Pervez Musharraf n’est pas impliqué dans les attentats, est-ce que cela signifie que des groupes terroristes « indépendants » opèrent sur le territoire pakistanais, y compris en opposition au gouvernement ?Il apparaît évident que cette hypothèse est la bonne.Il n’y a qu’à voir les nombreux attentats à la bombe commis sur le territoire pakistanais, les attaques suicides visant des soldats et les tentatives d’assassinat contre le président Musharraf.Tout semble suggérer que des groupes terroristes « indépendants » opèrent au Pakistan.On pourrait même aller jusqu'à dire qu’ils y sont florissants.(.) En réévaluant sa politique générale à l’égard du Pakistan, l’Inde sait que l’utilisation de la force ne pourrait résoudre le problème.(.) Elle n’a pas d’autre avenue que la diplomatie.Mais cela ne veut pas dire qu’elle doit renoncer à la lutte contre le terrorisme.Le gouvernement indien devrait continuer à exiger que le Pakistan respecte sa promesse de ne pas permettre que son territoire serve de base arrière à des groupes terroristes visant l’Inde.(.) Aujourd’hui, l’Inde émet beaucoup plus de visas pour des Pakistanais qu’en 2004.Le commerce est à la hausse.Des nouvelles routes ont été ouvertes au Kashmir, au Penjab et au Rajasthan.Des délégations d’affaires se visitent les unes les autres de manière plus assidue.Certes, on pourra invoquer qu’une trentaine de Pakistanais, qui avaient obtenu un visa pour assister à un match de cricket, ont disparu dans la nature.Mais si ce genre de petits incidents compromet la sécurité nationale, nos agences gouvernementales peuvent sûrement imaginer un meilleur système de vérification pour en minimiser les risques.À long terme, l’augmentation des voyages, du tourisme et du commerce finira par augmenter le nombre de Pakistanais désirant normaliser les relations avec l’Inde.Cela pourrait même modifier la dynamique politique à l’intérieur du Pakistan.Ajoutons aussi que c’est grâce au processus de paix actuel que l’Inde et le Pakistan ont réussi à s’entendre sur un vocabulaire commun pour parler du Kashmir, une chose impensable il y a quelques années encore.(.) C’est précisément la perspective d’une solution pacifique qui a conduit les auteurs des attentats du Samjhauta Express et de Mumbai à passer à l’action.Plus que jamais, le premier ministre indien Manmohan Singh et le président pakistanais Pervez Musharaf doivent conserver l’initiative et ne plus permettre que les terroristes dictent l’allure ou le contenu du processus de paix.Tout retour en arrière apparaît maintenant impossible.Les victimes du Samjhauta Express ne doivent pas être mortes pour rien.BARCHOUTI SUITE DE LA UNE continuent de porter atteinte aux droits des Palestiniens et diminuent leur accès aux produits de base, au travail, à l’éducation et aux soins de santé.Croyez-vous que cette coalition permettra la levée du blocus financier occidental ?Oui.Tous les pays arabes, sans exception, ont reconnu le nouveau gouvernement palestinien.Jusqu’ici, dix pays européens ont emboîté le pas.L’Inde s’est dite prête à négocier avec tous les membres du gouvernement.Même le Consul général américain à Jérusalem a rencontré le ministre des Finances, Salam Fayyad.Ce que nous souhaitons, c’est que chaque gouvernement examine notre plateforme politique sans la distorsion des lunettes d’approche israéliennes.Notre gouvernement - incluant les membres du Hamas - s’oppose à toutes formes de violence.Nous proposons un cessez-le-feu complet avec Israël, nous nous sommes engagés à respecter les accords signés par l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) avec Israël et nous honorons le droit international et les Conventions de Genève, qui sont systématiquement violés par l’État Israélien.Alors comment justifier le maintien de ces sanctions ?En 2002, vous aviez contribué à la formation de l’Initiative nationale palestinienne (Al Mubadara), avec d’autres intellectuels palestiniens, dont Edward Said, Hadir Abdel Shafi et Ibrahim Dakak.Comment s’inscrit la troisième voie dans ce gouvernement d’unité ?Entre le Fatah et le Hamas, nous représentons l’alternative démocratique.En tant que membre de la coalition, nous cherchons à influencer positivement le programme du gouvernement d’unité en introduisant, entre autres, des réformes sociales et politiques, le respect du droit international et le principe de résistance non violente à l’occupation.Jusqu’ici, on nous a écoutés.Que pensez-vous de la plateforme proposée par le gouvernement d’unité nationale ?D’un point de vue social, le programme du gouvernement d’unité est très progressiste.Il propose entre autres deux chapitres sur les droits des femmes, qui visent notamment à accroître leur participation dans la vie politique, sociale et parlementaire.Il y a en outre un article qui alloue 5 % des postes de la fonction publique aux personnes handicapées.Nous avons aussi créé un fonds pour les étudiants universitaires afin de lutter contre le népotisme et accroître l’accès aux études supérieures.Nous proposons également de collaborer de près avec la société civile palestinienne.Est-ce que cette nouvelle coalition pourra relancer les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens ?Nous proposons de reprendre les pourparlers, mais jusqu’ici l’État israélien refuse.Israël n’était pas prêt à négocier avec Yasser Arafat ni avec son successeur, Mahmoud Abbas.Puis, il y a eu le boycott après la victoire du Hamas.Aujourd’hui, le gouvernement d’unité IRAK SUITE DE LA UNE Que pourrait faire le monde avec 1,2 trillion de dollars ?Un trillion de dollars, ça dépasse un peu l’imagination.Quand on y pense, le trillion, c’est ce qui suit le milliard.Un nombre de 13 chiffres.Un chiffré suivi de douze zéros.Un trillion, c’est précisément mille fois un milliard.Ou un million de fois un million, si vous préférez.Que pourrait faire le monde avec 1,2 trillion de dollars ?Par exemple, on pourrait sauver la vie de 10 millions d’enfants en accélérant les programmes de vaccination, multiplier par cent l’argent investi dans les programmes d’alphabétisation, donner accès à l’eau potable aux 1,4 milliard d’êtres humains qui en manquent cruellement, décupler le budget de la recherche pour vaincre le cancer et rendre accessibles les rétroviraux à toutes les personnes atteintes du sida à travers le monde.Et il est probable qu’il resterait encore quelques centaines de millions à mettre dans le logement social, le traitement des eaux usées et les soins périnataux.1,2 trillion de dollars, il n’y pas à dire, ça changerait le monde.Sauf que, malheureusement, selon le New York Times, cette somme d’argent colossale aura plutôt été engloutie en quelques années par les États-Unis pour faire la guerre en Irak.À eux seuls, le traitement et la réhabilitation des milliers de soldats blessés coûteront 250 milliards de dollars.Faut-il ajouter que juste avant l’invasion de l’Irak, en mars 2003, le Pentagone avait évalué le coût de la guerre à 50 milliards de dollars ?Jean-Simon Gagné Sans compter que l’afflux du pétrole irakien sur le marché international briserait le pouvoir de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de pays comme l’Iran ou le Venezuela, qui tentent de freiner la production mondiale pour maintenir les prix relativement élevés.Le Parlement irakien a examiné pour la première fois le projet de loi sur les hydrocarbures il y a seulement quelques semaines.Mais les articles cruciaux du projet relèvent d’un plan stratégique mis sur pied bien avant l’invasion de l’Irak.Ils ont été raffinés depuis par des experts britanniques et américains, qui servent souvent de conseillers auprès des ministères irakiens du Pétrole ou de la Planification.Selon le quotidien The Independent, le gouvernement britannique a même puisé dans son budget destiné à l’aide internationale pour payer l’Institut Adam Smith et d'autres think tanks de droite qui étaient chargés de « restructurer » certains ministères devant assurer la privatisation.«Le Fonds monétaire international a même fait de l’adoption d'une loi déréglementant les hydrocarbures une condition pour annuler environ 6 % de la monstrueuse dette de l'Irak », s’est indigné l’hebdomadaire américain The Nation.La plupart des Irakiens sont bien trop occupés à tenter de survivre pour prendre note des transformations massives que prépare « leur » gouvernement.Les médias irakiens, qui reflètent le plus souvent les points de vue sectaires de politiciens ou d’hommes d’affaires en vue, ont fait dévier les débats sur d’autres questions.Par exemple, ils se sont beaucoup demandé si ce sont les provinces ou le gouvernement central qui devraient signer les contrats d’exploitation pétrolière.Ou encore, ils ont beaucoup discuté de la représentation des diverses communautés ethniques et religieuses au sein des commissions gouvernementales qui doivent superviser le processus.Peu importe.Les multinationales sont toujours présentées comme des partenaires incontournables et indispensables.Contre toute attente, dans un rare élan d’unité, les principaux syndicats irakiens ont forcé le gouvernement à reporter sa loi, dont les États-Unis espéraient l’adoption durant l’année 2006.Les syndicats ont fait valoir que la privatisation du pétrole constituait une ligne rouge qu’aucun gouvernement irakien n’avait osé franchir depuis l’expulsion d’une nuée de compagnies britanniques et américaines, au moment de l’indépendance du pays.« Le pétrole doit demeurer une ressource nationale, (.) partout où cela est possible, a expliqué Hassan Jumaa Awad al Assadi, le président de la Fédération des syndicats irakiens du Pétrole.La production doit demeurer entre les mains de compagnies irakiennes, pour donner de l'emploi à nos ouvriers, à nos techniciens et à nos ingénieurs.Et si nous n’en avons pas assez, nous n’avons qu’à en former! » L’influent mouvement des femmes irakiennes s’est joint récemment à la campagne contre la privatisation, en faisant valoir que seule la propriété collective peut assurer des revenus suffisants pour financer des programmes de lutte contre la pauvreté.Le mouvement attirait tout particulièrement l’attention sur les pensions accordées aux veuves, qui constituent désormais les pauvres parmi les pauvres, en Irak.« Peut-être qu'une certaine forme de coopération avec les multinationales étrangères est inévitable, a expliqué la présidente de la Ligue des femmes irakiennes.Mais l'Irak doit demeurer l'actionnaire principal, et le gouvernement ne doit pas perdre de vue les besoins fondamentaux des citoyens.» Les craintes entourant la privatisation se sont étendues aux étudiants irakiens, qui insufflent désormais beaucoup d’énergie dans la campagne con- tre la Loi sur les hydrocarbures.Un représentant de l’Union générale des étudiants irakiens, qui se trouvait récemment au Canada, a ainsi résumé la situation.« En Irak, nous avons désormais 40 syndicats d’étudiants, tous divisés en fonction des partis politiques, des croyances religieuses, des origines ethniques ou des sensibilités régionales.Mais la plupart des étudiants refusent de voir leur pays s’enfoncer dans des luttes sectaires, et ils veulent que leurs syndicats s’unissent pour défendre l'intérêt public.» Les pressions exercées par les mouvements sociaux ont aussi compliqué la stratégie du Parti communiste irakien, le seul groupe parlementaire ouvertement opposé aux privatisations et à la division de l’État sur des bases religieuses.Depuis la chute de Saddam Hussein, les parlementaires communistes s’étaient même alliés à des « libéraux » pour former un bloc parlementaire démocratique opposé aux partis sectaires ou islamistes.II faut dire que la résistance du Parlement et de l’opinion publique était aussi parvenue à défaire les premières tentatives des États-Unis pour s’approprier le pétrole irakien en 2003 - 2004.lyad Allawi, l’ex-premier ministre qu’avaient nommé les États-Unis, voulaient ainsi comprend les meilleurs leaders démocratiques palestiniens, pacifistes et modérés.Que peut-on demander de plus ?Un gouvernement de collaborateurs ?Nous sommes convaincus que seule une entité démocratique peut parvenir à un règlement final et pacifique de la question palestinienne.La démocratie en Palestine n’est pas seulement la meilleure option, c’est la seule qui puisse mener à une paix durable.Comment expliquez-vous ce refus israélien ?Israël cherche à gagner du temps afin de poursuivre sa politique d’annexion, d’expropriation de terres et de construction de colonies de peuplement en Cisjordanie pour supprimer toute possibilité de création d’un État palestinien indépendant.Avec la construction illégale du mur, on est en train d’installer un système ségrégationniste qui, comme l’a suggéré l’ancien président des États-Unis Jimmy Carter, est pire que l’ancien système d’apartheid en Afrique du Sud.Qu’attendez-vous du gouvernement canadien ?La reconnaissance immédiate du gouvernement palestinien d’unité nationale et le respect de notre choix démocratique.Le Canada devrait juger notre gouvernement sur la base de notre plateforme politique.Il n’y a aucune raison de maintenir un embargo sur un peuple opprimé, qui fait déjà face à une violence quotidienne liée à l’occupation.J’ai tenu une conférence de presse pour dénoncer les abus commis par les forces militaires israéliennes, notamment après l’incident survenu au check point de Huwwara, près de Naplouse, le 22 mars dernier.Mohammad Jabali, un jeune homme âgé de 19 ans, a été sévèrement battu par l'armée israélienne.Un caméraman était sur place et a filmé l’incident.Les images - diffusées le lendemain par plusieurs stations de télévision - illustrent ce qui se passe quotidiennement dans les 530 check points militaires de la Cisjordanie.Si le public canadien voyait ces images, il n’aurait plus aucun doute sur la stratégie que devrait adopter son gouvernement.Quelles sont les perspectives de paix et de stabilité régionales ?Tout le monde s’entend : il n’y aura aucune stabilité régionale sans un règlement de la question palestinienne.Et il n’est plus possible de rester impartial face à l’injustice qui découle de presque 40 années d’occupation.Ni de rester indifférent face au traitement subi quotidiennement par les populations occupées, en infraction aux principes généraux du droit et aux principes humanitaires.Notre lutte n’est pas différente de la lutte d’indépendance de l’Inde ou de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.Nous n’avons pas les moyens militaires de notre adversaire ni son appareil de propagande, mais la vérité est avec nous.Nous croyons que notre jour viendra et que nous obtiendrons nous aussi notre libération.Catherine Pappas Lauteure est gestionnaire de projets pour Alternatives en Palestine permettre aux compagnies étrangères d’acquérir la propriété de certaines nappes de pétrole souterraines.Une aberration selon The Nation, puisque « ce genre d’arrangement n’est utilisé qu’aux Etats-Unis; dans tous les autres pays, le pétrole est une propriété de l’État, même si ce sont des compagnies privées qui en font l’extraction et la vente.» De tout temps, quand il s agit de privatisation, les opposants peuvent compter sur l’appui de certains fonctionnaires du ministère irakien du Pétrole.« Ces gens ont réussi à administrer très convenablement l’industrie durant les années de sanctions internationales, a expliqué Rafiq Latta, de la firme de consultants Argus Energy, lors d’une entrevue avec The Nation.Ils ont fait un travail impressionnant, et ils sont fiers de « leur » pétrole.Toute la culture du ministère est contraire à la privatisation.» L appui à la campagne contre la privatisation gagne aussi de l’ampleur à 1 étranger, particulièrement dans des pays comme la Grande-Bretagne et l’Italie, où les gouvernements avaient soutenu 1 invasion de l’Irak, en 2003.Paola Gasparoli, du groupe italien Un Ponte Per, résume : « Permettre la vente de l’industrie du pétrole irakien à des intérêts étrangers tout en expédiant de l’argent en Irak pour l’aide humanitaire et la reconstruction, ce n’est pas seulement une farce macabre, c’est complètement immoral.» Plus près de nous, aux États-Unis, la campagne prendra pour cible Chevron, lune des compagnies qui auraient le plus à gagner d’une éventuelle privatisation du pétrole irakien.Qui sait ?En tordant le bras au gouvernement irakien pour qu’il fasse adopter l'impopulaire Loi sur les hydrocarbures par le Parlement, les États-Unis sont peut-être allés trop loin.Au point de réussir le tour de force d’unir pour une fois tous les Irakiens autour d’une même cause ?L’auteur travaille pour Alternatives. I NTERNATIONAL AVRIL 2007 3 I Journal de Téhéran Manifestation contre la guerre à Téhéran -df ¦ 1 -ç?I Depuis des années, l’Iran vit sous la menace d’une attaque américaine, en représailles au programme nucléaire que développe son gouvernement.L’auteure, une Iranienne d’origine maintenant établie à Montréal, décrit l’étrange ambiance qui règne ces jours-ci dans la capitale iranienne.ROKSANA BAHRAMITASH Quelques jours après mon arrivée à Téhéran, à la fin du mois de janvier, j ai été invitée à dîner chez une amie de longue date.Après le repas, nous avons pris le thé pendant que son mari écoutait Voice of America (VOA), une sorte de version iranienne de CNN sur satellite.La chaîne faisait état des menaces militaires à l’endroit de l’Iran tandis que l’époux se réjouissait à la perspective de voir les Américains envahir l’Iran.Pire, il applaudissait à l’idée qu’ils puissent attaquer son propre pays.Cette attitude m’a plongé dans une colère noire.J’ai dû me mordre les lèvres pour éviter de faire un commentaire désobligeant.À la fin, j’ai réussi à lui demander s’il avait songé un instant qu’une invasion militaire avait toutes les chances de plonger le pays dans un chaos semblable à celui de l’Irak.Il m’a répondu que le régime iranien ne tomberait pas d’une autre manière.À son avis, rien ne pouvait s’améliorer en Iran tant que le régime politique actuel demeurerait en place.Un peu plus tard, j’ai fait part de mon indignation à certains membres de ma famille.À mon grand étonnement, ils m’ont précisé que cette façon de penser n’avait rien d’exceptionnel dans l’Iran d’aujourd’hui.De fait, j’ai croisé d’autres gens qui partageaient cet avis.Apparemment, il n’est plus rare de trouver des Iraniens — en particulier ceux qui syntonisent Voice of America — qui souhaitent ardemment que leur pays soit envahi par les États-Unis! L’anniversaire de la révolution de 1979 Le 13 février, je suis allée assister à une manifestation soulignant l’anniversaire de la révolution de 1979.J'ai fait une partie du trajet à pied pour savoir de quels quartiers de la ville provenaient les manifestants.On aurait dit que tous les autobus de la ville convergeaient vers la place Azadi (Liberté).Les véhicules s’arrêtaient un peu partout pour prendre des passagers (.) Les gens que je croisais provenaient de partout.J'ai même rencontré l’un de mes anciens étudiants à la sortie du métro.Sur la Place, l’ambiance m’a rappelé les manifestations contre la guerre en Irak auxquelles j’ai participé, en 2003, à Montréal.Ici et là, des gens scandaient des slogans contre la politique américaine.J’étais estomaquée par le nombre de gens.On aurait dit que nous étions des millions.On remarquait beaucoup de familles.De nombreuses femmes, aussi, dont plusieurs n’étaient pas voilées de la tête au pied.Cela permettait de constater qu’elles n’avaient pas eu peur de se maquiller.Je me suis mis à demander aux gens à quelles organisations ils appartenaient.La plupart m’ont répondu qu’ils étaient venus à titre individuel.Mon ancien étudiant, qui habite Tun des quartiers pauvres de la ville, avait pu constater que les manifestants s’étaient souvent rejoints aux abords des mosquées.Il est vrai que Ton apercevait tout de même les bannières de groupes comme les ba-siji, ces milices mises sur pied par l’Ayatollah Khomeiny.La ville de Téhéran et ces différents groupes avaient aussi distribué des affiches sur lesquelles on pouvait lire : « Oui à un programme nucléaire pacifique.» La manifestation ressemblait à un référendum sur la politique étrangère iranienne, du moins en matière de programme nucléaire.D’après les slogans et les chants entendus sur place, il apparaissait clairement que les gens n’étaient pas venus apporter leur soutien au président Ahmedinejad ou au Guide suprême de la révolution, l’Ayatollah Khamenei.Le nationalisme semblait le sentiment le plus largement partagé.Curieusement, parmi la foule, je n’ai pas croisé un seul journaliste étranger.Pas de BBC ou de CNN.Surtout, pas de Voice of America.Le nationalisme iranien Le soutien actuel au programme nucléaire rappelle un peu l’indignation quasi générale qui avait accueilli le coup d’État manigancé par la CIA, en r953’ Pour empêcher la nationalisation du pétrole.Depuis, les Iraniens ont juré qu’ils ne permettraient plus aux États-Unis de décider à leur place.Avec le recul, on peut dire que le coup d’État a marqué le début d’un cycle de violence qui a culminé avec l’occupation de l’ambassade américaine à Téhéran, au début de la révolution.Aujourd’hui encore, la résistance à la politique américaine continue.Les Iraniens ne com- prennent pas pourquoi Israël est autorisé à détenir Tarme nucléaire, alors que leur pays est puni pour avoir mené un programme nucléaire civil.Le plus ironique, c’est que l’origine du programme iranien remonte à l’époque du Shah, qui gouvernait pourtant.avec l’appui indéfectible des États-Unis.L’impopularité du régime La politique étrangère de l’Iran lui vaut un vaste soutien dans plusieurs pays musulmans, comme en Indonésie par exemple.Mais le bilan de la politique intérieure du président Ahmadinejad apparaît moins reluisant.Sa politique économique constitue un échec, avec un taux d’inflation et un taux de chômage très élevés.La bourse iranienne a perdu beaucoup de valeur au profit du marché immobilier.En fait, le prix des logements et de l’immobilier en général a bondi au point où plusieurs familles à faible revenu n’arrivent plus à se dénicher un appartement décent.Quand on sait que le président a été élu pour ses engagements en faveur de la justice sociale et des déshérités, on comprend pourquoi une partie de son électorat est aujourd’hui désabusé.Les réformes économiques Ces jours-ci, la politique iranienne résonne d’appels à la privatisation.L’article 44 de la Constitution iranienne, qui interdit en principe la privatisation des entreprises d’État, a été récemment réinterprété par le Guide suprême de la révolution, l’ayatollah Khamenei.Cette nouvelle approche permettrait la vente de certaines sociétés d’État au secteur privé, sauf dans des secteurs stratégiques comme le pétrole et le gaz naturel.Malgré tout, il n’y a pas de consensus sur la marche à suivre.(.) Le président Ahmadinejad suggère que la privatisation se fasse au profit des gens pauvres et des coopératives qui rassemblent des gens à faibles revenus.Ses opposants apparaissent divisés.Une fraction des réformistes approuve la privatisation, du moment que l’État demeure responsable du filet de sécurité sociale.Pour leur part, les conservateurs comme l’ancien président, Akbar Hashemi Rafsanjani, veulent une privatisation de grande envergure, au terme de laquelle les entreprises d’État se retrouveraient entre les mains d’individus et d’entrepreneurs.Plus que jamais, la scène politique apparaît fractionnée, alors même que le soutien au président parmi les classes populaires connaît une baisse marquée, comme Ta illustré la défaite récente de ses partisans lors des élections municipales à Téhéran.Certains regrettent que la désaffection populaire grandissante ne profite pas davantage aux candidats supportant les politiques de l’ancien président réformiste Khatami.Mais c’est un fait que l’opposition au régime demeure forte.Les sanctions économiques Les menaces militaires et les sanctions économiques peuvent se révéler contre-productives, voire même consolider le pouvoir en place.La foule imposante qui a célébré l’anniversaire de la révolution en constitue la preuve.À la fin, un régime plus fort en profitera peut-être pour accroître la répression contre les activistes, comme ce fut le cas pour les féministes, qui se sont vues interdire de célébrer la journée du 8 mars, la Journée internationale des femmes.Cette année, au cours de rencontres clandestines, des groupes de femmes m’ont confié qu’elles n’organiseraient pas de rassemblement.À la place, elles ont plutôt imprimé des dépliants qu’elles ont distribués dans les quartiers populaires pour souligner le 8 mars et faire campagne contre la peine capitale ou la pauvreté.(.) La crainte d’une attaque américaine Pour moi, comme pour plusieurs personnes d’origine iranienne établies au Canada, la peur d’une attaque contre l’Iran constituait une préoccupation constante.Mais depuis mon arrivée en Iran, mon point de vue a changé.J’ai rejoint l’état d’esprit de millions d’iraniens qui vivent sans trop se préoccuper de la possibilité d’une attaque.Beaucoup d’iraniens me disent qu’ils entendent ces menaces depuis si longtemps — 27 ans pour être précis — qu’ils n’y prêtent plus attention.Rien ne peut arriver, selon eux.Au fond de moi, je sais pourtant que cela n’est pas vrai.L’Iran a été envahi par l’Irak, en 1980, avec le soutien des États-Unis.La fin de Tannée iranienne Le 13 mars, Tun des derniers jours de Tannée iranienne, j’ai voulu aller retirer de l’argent à la banque en prévision des célébrations du nouvel an.Rendue sur place, le commis m’a dit qu’il n’y avait plus d’argent.J’étais stupéfaite, d’autant plus que Tune des politiques économiques du président Ahmadinejad consistait justement à améliorer l’approvisionnement en argent.Quand je me suis présentée au comptoir d’une seconde banque, on m’a dit que les retraits étaient limités à 50 tomans (environ 50 dollars américains).De toute évidence, beaucoup de gens retiraient de l’argent en même temps pour leurs achats des fêtes de fin d’année.Ni les menaces militaires ni les sanctions économiques ne semblaient diminuer leur envie de faire la fête.Et s’il est vrai que les États-Unis sont engagés dans une guerre psychologique contre l’Iran, alors il faut bien constater que ce sont les fêtes du nouvel an qui ont remporté la première bataille.L’auteure enseigne au Centre for developping Areas Studies à l’Université McGill La version intégrale de cet article est disponible sur le site d’Alternatives, au www.alter-natives.ca Danemark Les raisons de la colère ft^CfoSOD looaBlcigtlfiwkkehTsërie t #69______Ungdomhuset Eviction Six cent quatre-vingt-dix arrestations.Plus de trois millions de dollars de dommages.C’est le bilan de trois journées d’émeutes survenues au début du mois de mars dans les rues de Copenhague, la capitale du Danemark.Trois jours qui ont mis l’Europe à l’envers, à cause de la fermeture d’une maison de jeunes.Mais pas n’importe laquelle.FRÉDÉRIC DUBOIS BERLIN —En danois, ungdomshuset signifie « maison des jeunes ».Or, des maisons de jeunes, il y en a partout en Europe.Qu’avait donc de particulier celle qui se trouvait au numéro 69, rue Jagtvej, à Copenhague, pour que des jeunes soient prêts à combattre aussi férocement pour la sauver ?Tout bien considéré TUn-gdomshuset représentait deux choses.D’abord, elle constituait un lieu historique de la gauche danoise et européenne.Mais surtout, la maison de la rue Jagtvej s’était imposée depuis 1982 comme un centre de pèlerinage de la scène alternative de ce coin de l’Europe du Nord.Petit retour en arrière.Il y a 25 ans, lorsque le maire de Copenhague attribue le droit d'utilisation de cette villa municipale à une bande de squatters, il agit dans un esprit de tolérance et de compréhension pour les marginaux de sa ville.Bien plus encore, il flaire le bon coup politique.Grâce à la Ungdomshuset, on espère concentrer les frustrations et la contre-culture danoise dans un espace restreint du quartier multiethnique et populaire de Noerrebro.Le squat se métamorphose très vite en centre culturel alternatif, géré de manière autonome.Il accueille au passage des musiciens de la trempe de Nick Cave et Bjôrk, en plus de devenir le refuge des luttes politiques et sociales des années 1980 et 1990.L’importance historique de la maison du 69 rue Jagtvej remonte toutefois au début du vingtième siècle.Dès cette époque, des syndicalistes, des communistes, des sociaux-démocrates ou des féministes s’y retrouvaient souvent.En 1910, sous la gouverne de Clara Zetkin, c’est même là qu'une conférence rassemblant 100 femmes de 17 pays différents déclare le 8 mars Journée internationale de la femme.L’une des participantes, la sociale-démocrate danoise Nina Bang deviendra d’ailleurs la première femme à occuper un poste de ministre, celui de l’Éducation, en 1924.De la maison des jeunes à la maison du père ?Mais tout va changer à partir de 1999.Dans la paisible Copenhague, la mairie cherche à vendre la maison des jeunes.Au départ, deux acheteurs jugés peu sérieux sont mis de côté, notamment une secte religieuse du nom de Faderhuset (maison du père).Puis, la même année, c’est le coup de théâtre.Une association fait l’acquisition du bâtiment, pour le revendre aussitôt à la secte Faderhuset.Contre toute attente, le haut lieu de la culture alternative va revenir à un groupe religieux d’extrême droite, farouchement antigais et défenseur des idées créationnistes! Les « alternos » deviennent nerveux.À Copenhague, les manifestations pacifiques se multiplient.Le 14 décembre 2004, les jeunes encaissent un premier revers lorsque la justice donne raison à l’acheteur et que le contrat de vente est jugé valide.Mais les occupants n’abandonnent pas.Avec Tappui de syndicats et de sympathisants, ils vont contre-at-taquer.Le 18 décembre 2006, ils déposent une contre-offre d'achat deux fois plus élevée que l’offre initiale.Rien à faire.La municipalité refuse.Il est probable que l’expulsion des jeunes est déjà planifiée.L’affaire connaît finalement son dénouement le 1" mars, lorsque les forces antiterroristes débarquent en force pour prendre possession des lieux.Des hélicoptères et des grues sont même utilisés.À Copenhague, les affrontements de rue vont durer plusieurs jours.Et la colère des « alternos » s’étend à d’autres villes.Des accrochages sont signalés dans plusieurs villes, notamment à Hambourg, à Hanovre, à Berlin, à Oslo, à Tel Aviv.À Lyon et à Venise, les consulats danois sont même occupés par des « autonomes ».Victoire de la propriété privée sur le patrimoine culturel ?On peut dire que la Ungdomshuset a été victime de la spéculation immobilière et des dures lois du marché.Mais l’argument purement économique ne convainc pas totalement.Peu de temps avant l’opération policière, un projet de relance de la maison de jeunes était d’ailleurs encore en discussion.En fait, pour des raisons plus ou moins obscu- Parodie du raid sur la maison des jeunes de Copenhague, i partir des jouets vendus par la multinationale danoise Lego.res, la mairesse sociale-démocrate de Copenhague, Jytte Ritt Bjerregaard, a préféré la confrontation avec les jeunes, tout en se disant prête à fournir un autre édifice aux jeunes de TUngdomshuset.Petite nuance qui en dit long, la future maison ne pourra plus être autogérée.Autant dire qu'elle sera méconnaissable.Dans ces circonstances, on peut comprendre que les jeunes aient perçu l’attitude de la mairie comme une agression en règle contre leurs idées et leur mode de vie.Plus qu’une simple anecdote, leur défaite soulève plusieurs questions légitimes sur la tolérance dans nos sociétés.Au Danemark, peut-être faut-il chercher une partie de la réponse jusque dans le climat politique ?N’est-il pas dominé depuis des années par les idées simplistes d’une coalition politique gouvernant grâce Tappui d’un parti d’extrême droite ?Reste que l’affaire représente d’abord le triomphe d’une façon de faire autoritaire qui marginalise davantage les jeunes.Aujourd’hui, comme pour mettre de Thuile sur le feu, le nouveau propriétaire de l’immeuble incarne tout ce qui révoltait les jeunes de TUngdomshuset.Difficile de ne pas y voir un symbole.On a livré un haut lieu de résistance culturelle et politique du Danemark et de l’Europe à une secte rétrograde.Ungdomshuset n’existe plus depuis le 6 mars.Des travailleurs cagoulés Tont mis à plat sous le regard incrédule de centaines de jeunes.Une « maison du père » sera érigée sur son emplacement.FSQ 2007 serai! Soirée bénéfice pour le 1er Forum social québécois Jeudi 26 avril à 21 h à La Tulipe Un grand rassemblement festif avec musique, cirque, danse, etc.Billets 12/15$ Info : 514.982.6606 poste 2239 info@forumsocialquebec.org www.forumsocialquebec.org % 4 AVRILîoo?Points de vue MHHMMMMMVMMMMRHI BILLETS Le Canada doit réviser sa politique en Palestine Depuis plus d'un an, le gouvernement canadien a pratiquement coupé les vivres aux Palestiniens des territoires occupés (l’aide humanitaire a été maintenue cependant).De concert avec l’administration Bush et le gouvernement israélien, cette politique a été conçue pour « punir » les Palestiniens d’avoir élu majoritairement et démocratiquement le Hamas, un mouvement qui se réclame à la fois du nationalisme et de l’islam politique.Or ce boycott est catastrophique pour la population.À Gaza où la situation est encore plus grave, plus de 75 % des gens n’ont plus d’emploi.Selon l’Agence des Nations unies responsable des territoires occupés (UNWRA), 70 % des gens vivent sous le seuil de la pauvreté, incapables de subvenir à leurs besoins fondamentaux, y compris en matière de nourriture.Ce sont les enfants de moins de 15 ans, qui composent la majorité de cette population, qui sont le plus affectés.L’accès à l’école et aux soins de santé est devenu aléatoire, en bonne partie à cause de l’implosion de l’administration publique.En effet, les salaires des enseignants et du personnel de santé, de même que ceux de l’ensemble des 140 000 employés de l’État, ne sont pratiquement plus payés.Les Palestiniens tentent de se réorganiser À la suite de négociations ardues ces dernières semaines, les principales factions palestiniennes, dont le Fatah et le Hamas, sont convenus de mettre en place un nouveau gouvernement d’unité nationale.D’une part pour mieux gérer la crise humanitaire actuelle.D’autre part pour mettre fin aux combats interpalestiniens qui ont ensanglanté les territoires depuis quelques mois.La levée du boycott par les pays donateurs est une condition indispensable pour que ce projet réussisse.C’est dans ce sens que plusieurs pays européens, dont la Norvège, la Suède et la France, ont commencé à discuter avec les autorités palestiniennes pour remettre en place les programmes d’aide.Washington et Tel-Aviv disent non Pour le moment cependant, les deux principaux joueurs refusent de discuter avec les Palestiniens pour dénouer l’impasse.L’administration américaine répète que les Palestiniens doivent accepter sans nuance les conditions déjà connues, à savoir, la reconnaissance par le Hamas de l’État d’Israël, l’arrêt de la résistance militaire et le respect des accords antérieurs.Cette position dure ne cadre pas avec l’approche adoptée par les pays arabes et par le président palestinien.Ces derniers voudraient plutôt apaiser la crise actuelle, en permettant aux Palestiniens de souffler et d’intégrer le Hamas au processus politique.Comme l’affirme Khaled Maschal, le chef politique du Hamas : « La réalité est qu'Israël existe sur le territoire palestinien.C'est un fait qu’il va demeurer un État nommé Israël.» Un changement est nécessaire à Ottawa Le boycott de l’autorité palestinienne décrété depuis un an a beaucoup fait de mal.Les projets d'aide annulés (dont le budget totalisait environ 25 millions de dollars par année) sont indispensables pour améliorer le sort des jeunes et des moins jeunes, et aussi pour encourager la reprise d’un véritable dialogue palestino-israélien.Dans le passé, le Canada a agi dans ce sens sur une base indépendante.Tout en mettant au premier plan la sécurité d’Israël, le gouvernement canadien s’était alors engagé du côté des Palestiniens, notamment en appuyant la mise sur pied d’un État palestinien sur les territoires occupés en 1967.À plus ou moins long terme, la solution pacifique au conflit’ est envisageable sur la base d’un principe clair et simple : « La paix contre les territoires.» Beaudet ue Cil Courtemanche Toujours dangereux de réagir à chaud quelques heures seulement après les résultats d’une élection aussi fascinante que celle du lundi 26 mars au Québec.Mais, allons-y car il me semble que quelques évidences lourdes de conséquences se dégagent.Deux chiffres en premier : 50 % et 28 %.Le premier, c’est l’intention de vote des Québécois pour le PQ quelques semaines après l’élection de d’André Boisclair à la tête de ce parti.28 %, c’est le vote pour le PQ d’André Boisclair après moins deux ans de leadership.On pourrait excuser cette descente aux enfers si l’adversaire avait eu un regain de vie, avait soulevé les foules, modifié la Constitution de 1982.Rien de cela ne s’est produit.Près des deux tiers des Québécois étaient insatisfaits du gouvernement Charest quand André Boisclair a été choisi et la même proportion entretenait un sentiment identique la veille du vote.Face à un des gouvernements les plus impopulaires de l’histoire du Québec, André Boisclair a laissé glissé puis s’évanouir 22 % d’appuis.Voilà le jugement des Québécois sur l’homme, pas sur le PQ, car il n’y a pas eu de campagne du Parti québécois.On a fait une campagne Boisclair, à l’image de l’homme qui est nulle part, un peu à gauche, un peu au centre et pourquoi pas à droite si quelques votes s’annoncent.Pour comprendre la vacuité politique et intellectuelle de cet homme, il fallait écouter son discours le soir de la défaite.Son parti atteignait un plancher historique et il n’a rien dit.Pas une phrase de réflexion, pas un seul aveu de questionnement, pas une mise en garde, juste quelques phrases creuses d’encouragement.Cela est anecdotique et ponctuel mais décrit bien l’homme.Pour le Parti québécois, il y a pire et de cela, c’est le parti qui est responsable.Les péquistes ne sont plus les dépositaires exclusifs du sentiment national et de la protection de l’identité, c’est maintenant surtout l’ADQ.Le PQ a toujours refusé de regarder la vérité en face.Ses dirigeants ont toujours su que seuls 30 % des Québécois étaient de véritables indépendantistes, mais ils ont fait comme si, et ont surfé sur l’idée du pays en négligeant l’idée des régions, des classes moyennes, des familles, des courants conservateurs profonds dans la société.L’idée du pays devait aplanir toutes les différences.Cette forme de pensée magique rattrape le parti aujourd’hui et il le paie cher.Presque tous les comtés qui ont élu un député adéquiste ont voté « Oui » au dernier référendum et le parti de Mario Dumont est devenu le premier parti chez les francophones.Voilà la pire défaite d’André Boisclair et du Parti québécois.ALTERNATIVES DIRECTRICE GÉNÉRALE : Marie-Hélène Bonin RESPONSABLE DES COMMUNICATIONS : Jean-Simon Gagné MONTRÉAL - 3720, avenue du Parc, bureau 300, Montréal (Québec) H2X 2)1 Tél : (514) 982-6606 Fax: (514) 982-6122 QUÉBEC - 266, rue Samt-Vallier Ouest, Québec (Québec) GtK 1K2 Tél.: (418) 521-4000 Fax : (418) 521-4000 Courriel : commentaires@alternatives.ca • Site Internet : www.alternatives.ca Ce journal est produit par Alternatives, réseau d'action et de communication pour le développement international, en partie grSce à l’appui financier de l'Agence canadienne de développement international (ACDI).Le contenu n'engage en rien ce dernier organisme.Tirage : 50000 exemplaires.Le journal Alternatives est distribué de façon indépendante et ce numéro est publié dans l’édition du 28 mars 2007 du quotidien Le Devoir.La reproduction des textes est autorisée.Veuillez mentionner la source.Les points de vue exprimés par les auteurs n'engagent que ceux-ci.COORDINATION ET RÉDACTION : Jean-Simon Gagné - COM ITÉ DE RÉDACTION : Pierre Beaudet, Vincent Fournier, Eve Gauthier, France-Isabelle Langlois, François L'Écuyer, Jean-François Millette, Fred A.Reed, Julie Routhier, Tania Vachon - CHRONIQUES Normand Baillargeon, Pierre Beaudet, Gil Courtemanche, Francis Dupuis-Déri, Ariane Émond, David Homel, Naomi Klein, Judy Rebick et Michel Warschawski - RÉVISION ET CORRECTION DES TEXTES : Cilles McMillan - INFOGRAPHIE : Brigitte Beaudet - CARICATURE : Boris / NlÏTfc; TAW VÇMAHW& L‘ASÎ
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