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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-03-08, Collections de BAnQ.

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1) I M A N (' H E 9 M A H S 2 « 0 A Festival des films sur Mart THÉÂTRE I Haentjens joue avec * Feydeau Page E 4 DANSE Sonder Fame, creuser le corps Page E 4 LE DEVOIR Auguste Rodin, Je suis belle, 1882.Bronze, Musée Rodin, Paris.K» V> h i s I o i r (i Le Roi Rodin ouvrira jeudi la 21' édition du Festival des films sur l’art.Longue fresque de deux heures sur le sculpteur qui, le premier, marcha dans la modernité, le film de l’artiste, écrivain et cinéaste Alain Fleischer, à travers une approche fascinante et une foule d’informations traitées avec intelligence et sensibilité, touche à ce que le genre fait de mieux.et de pire.Le résultat, néanmoins, pourrait nourrir longtemps, dans les chaumières, les discussions les plus senties.Il faut dire que le cinéaste poursuit plusieurs lièvres à la fois, dans ce récit tout en apologie.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Le Roi Rodin.Avouez qu’à lui seul ce titre jette l’effroi.Pour la suite du monde, il ne restera plus qu’à trouver l'artiste-empereur ou encore l’artiste pape.Ensuite, il ne servira plus à rien de chercher plus grand artiste, puisque toutes les cases auront été occupées.C’est là l’écueil de l’élégie sans restrictions, et le film sur l’art se gêne rarement lorsque vient le temps d’apposer des épithètes.N’empêche.Le Roi Rodin, le film, commence son chemin onduleux en, 1347.Aux pieds du roi Édouard III d’Angleterre.C’est à ce récit que fait référence le titre du film.On ne le saura par contre qu'au dénouement du récit.Entre le début de la fresque admirablement tournée par Alain Fleischer et cet épilogue, un prétexte, la restauration d’une des œuvres maîtresses de Rodin, est filtré par le prisme du cinéaste, alors qu’un large spectre de sujets entourant le sculpteur devenu roi est traité.Magistral, adoptant le ton princier qu'aiment à cultiver en général les films sur l’art.Le Roi Rodin offre une étude soignée, fouillée et combien riche de l’œuvre du sculpteur.De bout en bout, le long métrage se transforme en chasseur de fantômes.Les premiers à se dégourdir après s’être défaits de leur armature de bronze sont ceux des sut bourgeois de Calais qui, en 1347, remirent les clés de la ville de Calais au roi conquérant Dès les premiers instants du film, un de ces revenants remue.Il se promène, hagard, parmi des troncs de bambou plus tard identifiés comme ceux jouxtant les jardins de la Villa Medi-cis, à Rome.Le Roi Rodin glorifie en tout l’aura du sculpteur.La seule sculpture retirée de son socle sera le groupe des Bourgeois de Calais, dont le drame a été traduit par Rodin comme nul autre: il aura «pulvérisé» les images l’ayant précédé, commente le narrateur.Ce déboulonnage temporaire n’est qu’une des histoires parallèles déclinées par Le Roi Rodin.Le récit mythique de Jean Froissart, couché sur papier en 1360, résonne, alors que l’introduction déroule des séquences filmées dans l’actuelle ville de Calais.Le voyage des six bourgeois soumis vers Rome, la ville muse des sculpteurs classiques, est relaté en détail.Là, le bronze sera remis à neuf, soustrait «à ses fatigues» devant public, en vue d'une exposition, Rodin et l’Italie, à la Villa Medicis.L’arrivée des Bourgeois de Calais en Italie serait à ce point naturelle qu’elle est dé cri te dans ce film comme «un retour».Rodin rejoignait ainsi ceux qui l’ont marqué, Michel-Ange et Donatello.La sculpture, tirée de «l’argile de la langue de Froissart», dira le narrateur solennel, aura fait de la VOIR PAGE E 2: RODIN Dans les caves de Meudon, le regard se fait voyeur LE DEVOIR.LES SAMEDI X ET DIMANCHE 9 MARS 2 0 0 3 Culture RODIN SUITE DE LA PAGE F 1 langue «matière et relief» et de la sculpture «parole et voix».Chacune des couches des récits parallèles qui se trament à partir de là est portée par une langue d’une grande finesse, juste, précise, quoique aux formulations parfois irréfléchies.Des échanges de vues entourant les différents projets soumis par l’artiste — onze ans séparent la commande de la réception de la pièce, en 1895 —, des débats l’entourant, le film traque ces «authentiques héros dont se rejoue sempiter-nellement le drame».Au déplacement de la sculpture, à ce retour à la Rome des Antiques que Rodin collectionnait, répond une série de déplacements auxquels se risque le film.Le récit de la restauration de la sculpture est minutieusement relaté depuis la «désolidarisation» de la figure de Jean d’Aire, jusqu’à la patine finale, «un film de cire micrthcristallisée», pour ralentir «la cinétique de la corrosion».Des moules à la peau Au rang des histoires parallèles du film, celle, terriblement fascinante, filmée dans les caves de l'atelier de Meudon, un immense dépôt de plâtre, un catalogue complet de parties de corps, certains bien nés, d’autres pas du tout, laissés sous forme de moule.Là, la sculpture, toujours marquée par le sous-sol d’où elle émerge, glaise, marbre, minerai, retrouve les «forces de la terre».Là, tout ce plâtre, de «la blancheur des Nymphes ou des créatures abyssales», devient la source de lignes si belles qu’elles procurent de grands frissons, à propos de la relation entre les moules, «informes», et les sculptures, «formes», sur l’extérieur du moule «qui ne se soucie guère» de ce qui repose en lui, sur l’indistinct qui cache, quelques centimètres en son creux, le distinct.«Absence de matière qui donne forme à la matière», le moule dirait: «Voici ce que je peux faire apparaître.» Isolé, ce passage aurait donné lieu à un film exceptionnel.Ce «lieu d'un secret» passera ses droits à d'autres dessous, % 1 dans lesquels le film se complaît.% On démontrera le génie du mou-lage et de l’assemblage des Rodin i et, au moment ou avance le curetage \ du bronze, d’autres corps sont mis à \ nu.11 faut bien montrer.C’est là le propre du film sur l’art.Dans les caves de Meudon, le regard se fait voyeur.Omniprésent chez Fleischer, le corps nu fé-minin est sous cette enseigne montré sous toutes ses coutures.Pour montrer le travail des modèles, pour élaborer cet inventaire des corps qu’est le film.Fleischer ne dit-il pas à deux reprises que les nus masculins de Rodin sont «des hommes virils, caressés du regard par les promeneuses»?Sorte de revanche pour compenser, le corps féminin, bien en chair, sera découvert à satiété.Les récits parallèles se déplacent vers la danse contemporaine.Là, toujours à la Villa Medicis, deux chorégraphes, à demi-nues, répètent la partition d’une chorégraphe dont le nom sera tu jusqu’au générique, bien que, pendant plusieurs minutes, son œuvre soit reprise devant la caméra.Son nom?Gwen-daline Bacchini.Le chorégraphe Daniel Doebbels aura, lui, droit à son entrevue où il parlera d’Isabella Duncan et du fait que Rodin «aura trouvé le secret du mouvement dans le secret du corps».Puisque la pratique de Rodin est nourrie de plaisirs voyeuristes, les images du film ne se gêneront pas pour en remettre.L’intimité avec les œuvres répondra de l’intimité avec les modèles, strictement féminins.Lubrique?Une visite nocturne au musée, que l’auteur s’excite à qualifier A'«illicite», A'«inavouable», se poursuivra, en transition, dans «la lumière plus chaude de la chambre, de l’alcôve».Là, le regard commettra un «viol mineur».Comme si le viol pouvait être autre chose que tragique.C’est aussi le propre des textes ampoulés des films sur l'art de manier la métaphore avec désinvolture.L’homme nu, mais pas entièrement, viendra plus tard, partiellement préservé du regard consumant — le visage couvert, «annulé», le sexe caché.D s’agit du fantôme du mime Étienne Decroux, un ami de Rodin, père de l’expression corporelle, en la personne de Jean Asselin, cofondateur de la troupe Omnibus, qui a étudié avec Decroux.Lui aura le droit d’être cité.Le répertoire voyeuriste se terminera alors qu’une femme nue caresse sensuellement, pour lier son mouvement à l’éternité, les Bourgeois de Calais, avant qu’ils ne reviennent sur leur socle: «une dernière étape, symbolique» de la restauration, justifiée grossièrement parce que deux femmes avaient caressé le bronze de leurs mains restaura-r triçes.Racoleur.À la fin, l’histoire, bien actuelle celle-là, se réapproprie sa sculpture, comme en témoigne cet appel des salariés de la firme Lu de Calais, pour le boycottage des produits Danone.Un sempiternel drame, disait-on?Auguste Rodin.La femme accroupie.1880-1882.Bronze.Musée Rodin, Paris.ComeMusé de Larry Tïemblay mise en scène Eric Jean chorégraphie Estelle Clareton avec David Boutin I Geneviève Martin Alex Belleyarde Philippe Brault LES CONCEPTEURS Magalle Amyot Etienne Boucher Linda Brunelle Alex Bellegarde Philippe Brault Eric Jean ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE Stéphanie Capistran-Lalonde « Esthétiquement très séduisant.Un objet hybride de tous les langages artistiques.» Montréal Express, SRC du 25 fÉvriEr au 15 itiars 2003 une création de Persona Théâtre l’jjSBtwfflri UWIE51II et ou Théâtre d’Aujourd’hui EN COLLABORATION AVEC 4.5.f°rrLr2«*« oÆÏhÏ'P"* à 15” 3900, rue Saint-Denis métro sherbrooke (514) 282-3900 www.theatredaujourdhui.qc.ca direction René Richard Cyr Jacques Vézlna Gilles Renaud Le Révizor de Goetol cJ fiisç en see André Marcowicz ène : Reynald Robinson 4/^ 5% 4 m r** Une comédie endiablée et une s.itn e décapante sur la corruption.Un thème étrangement d’actualité' Ivee S es Renaud n.mièie Panneton.I ficaldine Chârüfinne.ui Daniel Paient.11 Roger lego Ph jtjte Cous ne.ni Rot”’ Auhert Y van Benoit.Maie S;- ,i igo lacqurs Biraul Marcel Pomerlo.Vincent Magnat, ioachm Tanguay Olivier Morin.Mireille Bmltemans Cottcvofrufs NatM'» fiinlboot Patitcia R:r tmu Bnmrii».Nirelas Descotn.iav f.v ; « i * v £ , yc (Tf i.ifO'lî.) Ou 14 mars ait 5 avril lentils ai ramltetliN .’Oh saiwriis, 1G h U ¦ wVijitfcy w HJ R JÔ 5 S * ’• DENISE-PELLETIER BILLETTERIE : 253-8974 ADMISSION: (514) 790-1245 1 800 361-4595 atlmission.com - 4353, rue Sainte-Catherine Est BANQUE SS Papineau ou Vian, autobus 34 NATIONALE !•: Pie IX.autobus 139 FESTIVAL DES FILMS SUR L’ART SOURCE FIFA Matthew Barney, voit sa série Cremaster, lancée en 1994, mise en perspective par l’artiste et commissaire Nancy Spector.Des pratiques ciblées BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Dans un FIFA particulièrement boulimique cette année, allongé dans le temps et grossi en quantité, difficile de se faire une niche.Moult portraits d’illustres artistes, écrivains, architectes, chorégraphes, photographes sont au programme.Sinon, certaines disciplines l’emportent, la photographie, la peinture et la pratique de l’art contemporain, hybride, ainsi que la sculpture.Des portraits sur Andy Warhol, Vaslav Nijinski, Dickens, Glenn Gould, Miles Davis ont déjà été soulignés ailleurs.D’autres portent sur Dalida, Denis de Rougemont, Benjamin Britten, J.K.Rowling (Harry Potter), J.R R Tolkien (Le Seigneur des anneaux) et Pascal Quignard.Le Camille Claudel de Dominik Rimbault fera contrepoint à l’élégiaque Roi Rodin.Lynda Gaudreau, la chorégraphe montréalaise, a aussi un documentaire sur sa pratique.Deux Riopelle sont au programme.Nouveauté cette année, la photographie contemporaine est au cœur d’une présentation spéciale.Une myriade de petites vignettes de 13 minutes sont regroupées dans la section «Le temps retrouvé», qui reprend la série Contacts de Arte.Le parcours de certains photographes.en leur présence, est placé sous la lunette des cinéastes.Sur la liste des artistes de l’obturateur, on retrouve Duane Micheals, Helmut Newton, Jean-Marc Bustamante, Jeff Waü, John Baldessari, Nan Goldin, Raymond Depardon et le toujours populaire Robert Doisneau.Du côté des excursions de la photographie dans le domaine de l’art contemporain, les artistes Sophie Galle, Christian Boltanski, Thomas Struth et Thomas Ruff ont également eu droit à leur portrait.D’autres films sur la photographie existent, dont le trop court et très beau Parfum de lumière, de Serge Clément, sur les pérégrinations du photographe à Hong-Kong et à Shanghai.Aussi, Robert Capa et ses reportages de guerre sont abordés.L’art contemporain ne sera pas en reste en cette 21e édition du FIFA.Une des figures à avoir le plus attiré l’attention ces dernières années en raison de ses créations provocantes, Matthew Barney, voit sa série Cremaster, lancée en 1994, mise en perspective par l’artiste et commissaire Nancy Spector.Cremaster recoupe la mythologie grecque et l’athlétisme professionnel, le cinéma hollywoodien, l’art de la magie, la psychanalyse et la musique hardcore.D'autres artistes contemporains ont leurs minutes filmées: le magicien du vide Yves Klein, Jeff Koons, le gestionnaire de merde Piero Manzoni, un Chen Zhen déjà vu id grâce à la Biennale de Montréal, le vidéaste américain Gary Hill, le sculpteur bien connu des Montréalais George Segal et le dénudeur de foules Spencer Tunick en sont La peinture, classique et contem-poraine, est bellement servie cette année.On aura le plaisir d’aller voir le film de l’artiste David Hochney, Secret Knowledge, qui soutient la théorie personnelle du Britannique selon laquelle les peintres des Flandres et de ITtalie, à partir du XVe siècle, ont eu recours à un dispositif optique secret pour peindre.La nouvelle a fait déjà quelques remous chez les historiens de l’art.Georgia O’Keefe, Henri Matisse, Picasso, Cézanne, Théodore Géricault, un Francis Bacon de 1964 qu’on dit fantastique: tous ont tâté de la peinture.Un autre film, Painting, lie l’exploration contemporaine à Fart de la peinture.En sculpture, outre le très attendu documentaire sur Robert Rous-sil, le film Sculpte-moi un arbre, de Jean Fontaine, propose une «cartographie subjective» du territoire de la sculpture au Québec.Toutes ces considérations seront relevées dans Les Métamorphose du corps, qui va de Titien et de Jérôme Bosch à Robocop.Et puis, il ne faudra pas oublier la poésie, la musique et l’architecture.MIL HEUp CENT DlX'HUlT de KEVIN KERR, traduction PAUL LEFEBVRE, mise en scène CLAUDE POISSANT avec Gaty Bomiieault.Sophie Cadieux.Alexandre Frerelte.Erika Gagnon.Josee Gumdon.Steve [aplanie Jean-Sebastien lavoie, Evelyne Rompre.Karine St-Arnaud.Jennie-Anne Walker concepteurs Jean Gaudreau.Simon Guilbault.Martin labiecque.Marc Senecal.Philippe Pointant Yves Morin.Te lanas-lu?, Angelo Baisetti.Suranné irepanier.Martin Desgagne.Jean François Landry.Pierre Chnihel Massond.M90 SAINT LAURENT M U: DEM ni (514) 845 4890 (514) 790 1245 du 18 février au 22 mars 2003 p LE DEVOIR.LES SAMEDI S ET DIMANCHE H M A R S 2 O O S K Culture THÉÂTRE Un état second Reynald Robinson monte Le Revizor de Gogol au théâtre Denise-Pelletier, une première québécoise Gogol, Nicolas de son prénom, n’est pas un auteur russe particulièrement joué ici.Vous direz que c’est parce qu’il a peu écrit pour le théâtre.c’est vrai.Mais si l’on fait exception de Michel Tremblay qui s’en est inspiré très largement pour Le Gars de Québec, Le Revizor, sa pièce la plus importante, n’a jamais été montée chez nous.On peut se demander pourquoi.MICHEL BÊLAI LE DEVOIR R Gogol a fait jouer Le Revizor en 1836 en réussissant à déjouer la censure impériale du tsar Nicolas I".La pièce provoqua des réactions déchaînées; ce fut une véritable bombe.En fait, la réaction fut si forte que l’écrivain crut bon de quitter la Russie en s’exilant pendant trois ans.Mais ce n'est pas d’abord cela qui agaça l’auteur des Ames mortes toute sa vie durant: la présentation de la pièce lui laissa surtout un fort mauvais goût en bouche et il n'accepta jamais qu’on ait fait de sa «comédie grave» un simple vaudeville.«Cela tient surtout à la façon dont on jouait à l'époque, explique Reynald Robinson, qui met en scène Le Revizor dans la traduction d’André Markowicz.C’est un texte qui dénonce sur le mode de la comédie la corruption qui sévissait partout, oui.Mais Gogol rageait qu’on en fasse simplement une œuvre burlesque.Il insista lui-même auprès des comédiens pour qu’ils “jouent vrai”, comme il disait — “Moins l’acteur songera à faire rire, mieux il rendra le comique de son rôle” —, mais cela n’eut aucun effet.» Pourquoi jouer «vrai»?«Parce que cela donne au texte une portée beaucoup plus large, poursuit le metteur en scène.Parce que Gogol ne visait pas d’abord à dénoncer la corruption d’un système bureaucratique ou politique mais plutôt tous les hommes en général qui croient se réaliser en accumulant des richesses matérielles alors que, pour lui, les vraies valeurs sont ailleurs.» Les vraies valeurs Quand on aligne les thèmes de la pièce — l’envie, la cupidité, les apparences, le confort matériel, le vide intérieur, la corruption des mœurs —, on croirait résumer le texte de François Archambault dont on parlait en chronique mardi dernier («Parfois jusqu’au sang», Le Devoir du 4 mars).«Ce n’est surtout pas du “vieux JACOUHSOKKNIER 1 1: DKVOIK «Ce n’est surtout pas du “vieux théâtre”, soutient Reynald Robinson en parlant du Revizor de Gogol; c’est au contraire un texte très actuel.» La pièce du dramaturge russe prendra l’affiche au théâtre Denise-Pelletier, du 14 mars au 5 avril.théâtre”, reprend Reynald Robinson en s’animant; c’est au contraire un texte très actuel.Les personnages de Gogol sont en manque et l’avidité qui les caractérise est le résultat d’un besoin mal identifié qu’ils traduisent en accumulant des biens matériels.Tout le monde est corrompu dans la pièce, sans exception.Et Khlestakov, celui qui fera marcher tous les autres en se faisant passer pour un inspecteur général, l’est tout autant.Ce n ’est pas un Scapin qui prend aux riches pour donner aux pauvres; lui non plus n’investit pas dans les vraies valeurs.» Ces «vraies valeurs» sont pour Gogol les valeurs chrétiennes.Comme il l’écrivait au poète Pouchkine, Gogol se sent investi d’une mission: celle d’élever les âmes.«Il ne parle jamais de mysticisme ou de spiritualité dans Le Revizor, précise Reynald Robinson.Pourtant, c’est bien de cela qu’il s’agit, mais à rebours.Gogol croit que la corruption et cette envie coupable de posséder de plus en plus de richesses matérielles n’existeraient tout simplement pas si les hommes élevaient leur âme vers Dieu plutôt que de patauger dans leurs travers ridicules.Profondément, douloureusement croyant, il rejoint en cela la conception slave du catholicisme, l’image du Christ souffrant, extrême.Il pense lui aussi, comme Dostoïevski plus tard puis ensuite les communistes, que les Slaves ont pour mission de sauver l'humanité.» Ce même Gogol déçu par le fait que personne n’ait compris qu’il parlait de l’âme mourut à 43 ans, dans un état second, après un jeûne qu’on pourrait facilement qualifier d’extrême et dont certains disent qu’il dura trois mois.En avoir l’air Un peu parce qu’il avoue s’être donné comme mandat de «satisfaire aux exigences de Gogol», Reynald Robinson a lui aussi demandé à ses comédiens — ils sont une quinzaine qui se partagent plus d’une vingtaine de rôles — de «jouer vrai», aux antipodes des clowneries burlesques qui déprimèrent tant Gogol le soir de la première de sa pièce.«La question de savoir comment monter Le Revizor est tout aussi cruciale aujourd'hui qu’elle l’était alors.On en a donné une version hyper-réaliste à la Comédie-Française en 1999; André Markowicz m’a aussi parlé d’un Revizor joué à la commedia dell’arte qu’il a vu en France.Moi, j’ai choisi de mettre en relief le côté fabuleux, extraverti du texte.Un peu comme si c’était un conte, une légende, un clin d’œil.On s’en rendra compte rapidement en voyant la scénographie et les costumes que portent les personnages.» Les costumes de Linda Bru nelle sont conçus pour donner d’entrée de jeu l’atmosphère générale du spectacle; au moment d’écrire ces lignes, je ne les ai pas vus.mais il est difficile de ne pas les imaginer en écoutant le metteur en scène raconter leur ampleur à grands coups de gestes des mains et de sourire amusé à la commissure.Ce sont des costumes énonnes, qui mettent en relief la démesure des personnages: Robinson confiera que l’intuition de départ vient de la géométrie gigantesque de la grande salle du Denise-Pelletier.«Quand on est assis au milieu de la salle, les comédiens sur scène, devant, sont déjà tout petits.Plus loin, c'est encore pire.On s'est dit qu’on allait travailler cet aspect puisqu'une bonne partie de notre public etudiant a l'habitude de se river le nez à un écran quelconque.Et puis, rapidement, on s'est rendu compte que cela pouvait typefier très précisément le personnage en rendant les choses plus claires, plus .tacitement identifiables pour tout le monde, même de loin.Et comme les personnages de Gogol sont faux.puisqu'ils investissent dans les apparences plutôt que dans les vraies valeurs, ils en auront l'air!» La traduction de Markowicz va aussi dans le même sens, selon le metteur en scène.La langue de son Revizor est moins littéraire, moins lyrique, elle sonne moins franco-russe qu’à l'habitude.«C’est une langue plus hésitante.dit Robinson, plus vivante.Iss personnages cherchent parfois leurs mots, n'ont pas toujours l’expression juste: on les entend presque penser.On les sent plus près de nous.Et.finalement, tout se tient: le jeu, l’approche, la langue, les costumes.Comme mon travail à moi consiste à faire en sorte que tous les éléments du show pointent dans la même direction, je sais qu'on est prêts et j'ai très hâte de voir la réaction de notre public à tout cela.» Un peu plus tard, en replongeant dans un froid presque aussi sibérien que celui auquel certains voulaient condamner Gogol après la première du Revizor, Reynald Robinson me promet une dernière fois un spectacle «différent, pétillant, ouvert, vivant».11 faudra bien aller vérifier sur place, au théâtre Denise-Pelletier, du 14 mars au 5 avril.Je!’, Une collatoMtien a» gM BANQUE PV| nationale DU 11 MARS AU 5 AVRIL 2003 GEORGE^FEYDEAU U5H cÂJ-r Mise en scène Brigitte Maeritjens Avec Hélène Loiselle, Albert Miliaire, Marc Béland, Anne-Marie Cadieux, Marie-France Lambert, James Hyndman, Bernard Meney, Jean Turcotte, François Trudel, Louise de Beaumont, Brigitte Lafleur, Étienne Charron.Représentations du mardi au vendredi 19h30 • samedi 16h et 20H30 Soirée rencontre avec les artistes le 14 mars.Réservations (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca *o5b«sï Its â «“ GT’SS*, ii i *]?' i.» \ ¦ -/m m trA/r L'Islai C priiiati la aaaiallt crtallai
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