Le devoir, 2 avril 2007, Cahier A
I www.ledevoir.co m ?- LE DEVOIR V o L .X C V III N ' 7 1 ?LE LUNDI 2 AVRIL 2007 88c+taxes = 1$ Avortement: un nouveau recours collectif se prépare LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Un nouveau recours collectif pend au nez du gouvernement québécois.Le Devoir a en effet appris que l’Association pour l’accès à l'avortement (AAA) entendait recourir une nouvelle fois aux tribunaux pour forcer la main du ministère de la Santé et des Services sociaux Passant outre à un premier jugement, Québec continue d’obliger des femmes à payer pour se faire avorter dans des cliniques spécialisées.Cette fois-ci cependant, le recours pourrait être assorti de mesures judiciaires beaucoup plus musclées.La victoire aura été de courte durée pour l’AAA.Certes, Québec a accepté sans rechigner de verser 13 millions aux femmes qui se sont fait avorter dans une clinique spécialisée entre 1999 et 2006.Mais, depuis le jugement rendu en août dernier par la juge Nicole Bénard, des femmes continuent quand même de payer entre 200 et 350 $ pour se faire avorter dans les cliniques privées, au grand dam de l’association qui se prépare à remonter au front.«On a gagné, mais le gouvernement agit comme si c’était lui qui avait gagné.Et, pour nous, c’est incompréhensible», explique l’avocat de l’AAA dans cette affaire, M’ Philippe Trudel de la firme Trudel & Johnston.L’association a bien tenté de trouver une solution, mais elle affirme que Québec n’a jamais voulu entamer le dialogue en dépit de ses demandes répétées.Un nouveau recours collectif sera donc lancé sous peu pour les femmes qui ont payé leur avortement en «On a gagné, mais le gouvernement agit comme si c’était lui qui avait gagné.» Oui à la proportionnelle Il est urgent de changer le système électoral québécois, affirme un collectif sociopolitique , J/* V/Vf LJ E» O vï I\ xi/ I r, Iv 1-fj !J l, V 11\ Jean Allaire, cofondateur de l’ADQ, Jean-Pierre Charbonneaü, ancien ministre péquiste, et Claude Béland, président du Mouvement Démocratie et Citoyenneté, font partie de la brochette de personnalités qui ont lancé hier à Montreal une mobilisation pour faire changer le mode de scrutin au Québec.Illlj •’ A* JACQUES GRENIER LE DEVOIR VOIR PAGE A 8: RECOURS CHRIS WATTIE REUTERS Raymond Gravel et Gilles Duceppe lors d’un caucus du Bloc québécois en novembre.Le député-curé s’ennuie de ses ouailles Raymond Gravel aime son travail de parlementaire, mais doute de son utilité HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Ha troqué le col romain pour la cravate et il s’ennuie de ses ouailles.Le curé Raymond Gravel a été élu à la Chambre des communes sous la bannière bloquiste il y a un peu plus de quatre mois, et il avoue trouver son pouveau rôle «difficile».Intéressant, mais difficile.A cause du carcan parlementaire, disciplinaire, vestimentaire (!) et de l’utilité parfois douteuse de son nouveau métier.«C’est bien différent de ce que je faisais avant», a-t-il expliqué au Devoir la semaine dernière.L’Église, c’est grand, Rome, c’est loin.J’avais beaucoup de liberté.Je me sentais utile.Ici, je commence.Des fois, je me dis que j'étais plus utile dans ma paroisse comme curé à aider les gens qu'ici, à Ottawa.» Puis il ajoute: «Ça me manque.La communauté, les gens, ça me manque beaucoup.» VOIR PAGE A 8: GRAVEL INDEX Annonces.B 3 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 3 Économie.A 5 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 4 Monde.B 1 Mots croisés.B 3 Religions.B 6 Sudoku.B 3 Télévision.B 7 FRANÇOIS DESJARDINS Leur constat est sans appel: devant les distorsions que produit élection après élection le système électoral, il faut agir.Une semaine après que 300 000 électeurs eurent voté pour le Parti vert et Québec solidaire sans même faire élire de député, une brochette de personnalités sociopolitiques veulent mobiliser la population afin de faire modifier le mode de scrutin.La liste est déjà impressionnante.Parmi les signataires de l’appel figurent Claude Béland, ancien patron du Mouvement Desjardins, Jean-Pierre Char- bonneau, ancien ministre péquiste et président de l’Assemblée nationale, les ex-ministres Louise Beaudoin et liza Frulla, Luck Mervil, les adéquistes Marie Grégoire et Jean Allaire, Laure Waridel, etc.Tout comme il n’était pas normal de voir le Parti québécois ne faire élire que six députés avec 30 % des suffrages en 1973, il n’était pas normal, le 26 mars, de constater que les 8 % des Verts et de Québec solidaire ne donnent rien à l’Assemblée nationale et que 67 % des électeurs n’ont pas voté pour le parti qui a pris le pouvoir, disent-ils.Certes, le nombre de sièges remportés par les trois partis suivent grosso modo les suffiages, mais c’est davantage une anomalie qu’un quelconque signe de saine représentativité.t «Le système actuel n ’est pas confU pour transposer la volonté populaire en nombre de sièges», a dit Mercé-dez Roberge, présidente du Mouvement pour une démocratie nouvelle, un des quatre groupes au cœur de la campagne de mobilisation lancée hier.Un autre exemple?Le scrutin de 1998, lorsque le PQ avait été reporté au pouvoir avec une majorité de sièges en dépit de sa deuxième place au vote populaire.Le même phénomène s’était produit en 1944 et en 1966.VOIR PAGE A 8: PROPORTIONNELLE L’ENTREVUE CLIMAT De Gatineau à Tokyo Le réalisateur Marc Carpentier s’intéresse à ce qui rapproche les Japonais et les Québécois PATRICK DE VOI.PI Marc Carpentier dans une rue de Tokyo "téK Établi dans la capitale nippo-ne depuis 2000, Marc Carpentier, spécialiste en radioté-lédiffusion, signe le documentaire De Québec à Tokyo qui rend compte de l’engouement des Japonais pour nos artistes.Mais dans cette œuvre, c’est aussi son propre attachement pour l’empire du Soleil levant qui s’exprime.Depuis Tokyo, témoignage d’un gaijin au Japon.CAROLYNE PARENT De René Simard à Robert Lepage en passant par André Gagnon, Céline Dion, Edouard Lock,le Cirque du Soleil, Marie Choui-nard et Angèle Dubeau, on ne compte plus les artistes québécois qui ont fait un tabac au pays de Mishima.Stupeur et ravissement Tiens donc, pourquoi les Japonais sont-ils si friands de productions québécoises?s’interroge Marc Carpentier.Nous sommes en 2000.Le documentariste vient de s’installer à Tokyo, où il travaille à titre d’animateur-annonceur-réalisateur invité du radiotélédiffiiseur public Nippon Hoso Kyokai.D’un constat naît alors un projet de film.VOIR PAGE A 8: CARPENTIER Les scientifiques prévoient la fonte des glaciers de THimalaya Un nouveau rapport du GIEC doit décrire les impacts du réchauffement ¦ À lire en page A 4 Banlieue tragique 136 pages • 8,95$ www.livres-bq.com BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE i Michael Delisle t.i A ,V t i. LE DEVOIR.LE LUNDI 2 AVRIL 2007 A 2 LES ACTUALITES Le ministre de la Défense dément qu’un manuel qualifie les autochtones d’ennemis potentiels Toronto — Le ministère de la Défense nationale qualifie «de conjecture, de sensationnalisme et de fausseté» un article d’un quotidien qui traite d’un manuel de mesures anti-insurrectionnelles des Forces armées canadiennes, qui incluent des groupes autochtones radicaux dans une liste de mouvements menaçant la sécurité nationale au même titre que le Djihad islamique, le Hezbollah ou les Tigres de libération de l’Eelam tamoul La version finale du manuel devrait être terminée d’ici quelques mois, mais le brouillon, dont le Globe and Mail a obtenu copie en vertu de la Loi sur l’accès à l'information, circulerait depuis 2005, selon une lettre d’accompagnement Le document définit une série de mesures, comme des embuscades ou des mises à mort, que pourraient prendre les militaires pour combattre des insurgés au Canada et à l’étranger.«La montée d’organisations autochtones radicales, comme la Société des guerriers mohawks, peut être vue comme une insurrection avec des buts définis», indique le manuel «Même si elles ne recherchent pas le contrôle total du gouvernement fédéral, elles cherchent à obtenir des concessions politiques particulières dans leurs relations avec les gouvernements nationaux et à contrôler (ouvertement ou non) la politique au niveau local ou de la réserve, et ce par la menace ou l’utilisation de la violence», ajoute le manuel.CHKIS WATTIE REUTERS Le ministre de la Défense, Gordon O’Connor Un «brouillon» Un communiqué diffusé par le bureau du ministre de la Défense, Gordon O'Connor, samedi, précisait que le manuel n’était qu’un brouillon et n’avait jamais été approuvé par des cadres supérieurs.Il assurait également que «la version finale ne comportera de références à aucune organisation autochtone existante».D indiquait aussi que le brouillon du manuel «ne faisait aucune comparaison entre les groupes autochtones et des groupes d’insurgés (comme les Tigres tamouls ou le Djihad islamique)».Le communiqué notait que le brouillon du manuel utilisait «des exemples de soulèvements passés au Canada et à l’étranger pour illustrer comment des groupes avaient utilisé la violence ou la menace de violence dans le passé pour influencer les décisions politiques ou obtenir des concessions».La Société des guerriers mohawks a été impliquée dans la crise d’Oka en 1990.Cette dernière avait déclenché une confrontation de 78 jours entre les policiers et les militaires.Un policier y avait trouvé la mort.Le groupe réunit les autochtones plus militants des territoires mohawks traditionnels qui couvrent en partie le Qpébec, l’Ontario, le Vermont et l’Etat de New York.Le grand chef de la Union of British Columbia Indian Chiefs, Stewart Phillip, qui a récemment prédit «un été de protestations des autochtones» en réponse au peu de mesures proposées dans le dernier budget conservateur pour s’attaquer à la pauvreté autochtone, s’est dit «complètement outré» par le manuel en entrevue au Globe and Mail.«C’est une attaque envers nos droits politiques, a-t-il déploré.Ce que nous voyons est la criminalisation délibérée des efforts des autochtones pour marcher, manifester et attirer l’attention publique sur la pauvreté dévastatrice qui est réelle dans nos communautés».Presse canadienne Référendum La vente des « terres Miner » divise les citoyens de Granby ALEXANDRE SHIELDS Les citoyens de Granby, dans les Cantons de l’Est, devaient décider hier si la Ville devait effectuer un emprunt de 7,95 millions de dollars afin de se porter acquéreur des «terres Miner», des terrains d’une superficie de 525 acres qui sont devenus le centre d’une guerre de tranchées entre des promoteurs immobiliers et la Ville.Si le camp du «non» y voit une menace pour la santé des finances publiques, le camp du «oui» répond que la Ville rentrera dans ses frais, en plus d’assurer la protection d’une forêt centenaire.Au moment de mettre sous presse, les résultats de la consultation populaire n’étaient pas encore connus, les bureaux de vote ayant fermé à 20h, mais ils sont disponibles sur le site Internet du Devoir.Un peu plus de 46 000 Granbyens étaient appelés à voter hier.Plus de 2000 avaient déjà voté par anticipation le 25 mars dernier.Les terres en question comprennent des terrains vacants zonés résidentiels, mais aussi un petit terrain de golf et un parc connu comme «le parc Miner», incluant notamment une forêt centenaire.La Ville de Granby souhaiterait acheter la totalité des 525 acres, pour ensuite y délimiter une «zone de conservation» de 253 acres qui inclurait le golf, le parc Miner et certains terrains vacants.Environ 200 acres de cette zone ont une valeur écologique, et l’on y retrouve des arbres aux essences très variées: érable à sucre, pruche, cerisier, merisier, frêne, hêtre et noyer.Un total de 271 acres seraient par ailleurs revendus à des promoteurs immobiliers afin qu’ils y effectuent des développements résidentiels «sur une période de 24 ans», selon ce qu’a expliqué hier le maire de Granby, Richard Goulet, favorable au projet Cette possibilité d’achat a été soumise à la Ville par le juge de la Cour supérieure Paul-Marcel Bel-lavance afin de régler la vente des terrains qui appartiennent à la suc-cession d’un ancien industriel prospère.Le juge a offert à Granby une option exclusive d’achat, à condition que la Ville paye les 7,95 millions de dollars en un seul versement et dans un délai relativement court Le camp du «non» Or, pour le camp du «non», réuni au sein du Regroupement des citoyens pour une gestion responsable, l’achat des 525 acres est une erreur.Ils font notamment valoir que prix payé par la Ville est trop élevé et lui demandent d’attendre le plan B du juge Bellavance, qui prévoit de confier la vente à la firme Colliers International.Celle-ci pense pouvoir tirer 13 millions de dollars de l’opération.Une étude commandée par la Ville à la firme Ray- LE PASSÉ NE SE CHANGE PAS.L’AVENIR OUI.ji w* CONTINUEZ LA BELLE VIE AVEC LES OBLIGATIONS D’ÉPARGNE DU QUÉBEC + Encaissables en tout temps.+ Taux d’intérêt de 3,50% la première année.+ Aucuns frais de gestion et d’administration.+ En vente jusqu’au 1er juin 2007.ÉPARGNE vos PLACEMENTS g“s QUEBEC À100% 1 800 463-5229 I www.epq.gouv.qc.ca Épargne Placements Québec bS mond Chabot Grant Thornton a plutôt démontré que la revente des 271 acres de la «zone constructible» à des promoteurs immobiliers suffirait largement pour financer l’achat de la «zone de conservation».Le camp des opposants, qui compte dans ses rangs l’ancien-maire de Granby, Michel Duches-neau, a aussi prétendu que certains terrains seraient contaminés.«La Ville a commandé trois études à la firme d’experts Laforest Nova Aqua, qui a statué que les dits terrains étaient sains», a dit M.Goulet hier.C’est ce qui lui fait dire que «le camp du “non” a fait une campagne de désinformation absolument incroyable».L’une des propriétaires des «terres Miner», Maria Lubecki, a aussi soutenu que Michel Du-chesneau lui avait déjà fait, à deux reprises, une offre pour l’achat des terres Miner.Des allégations que le principal intéressé a démenties.Les partisans du «non» se sont toutefois défendus de vouloir jouer le jeu des promoteurs immobiliers, qui pourraient voir une belle occasion d’affaires dans ses 525 acres, l’équivalent de 350 terrains de soccer.«Les deux camps visent le même objectif: on veut conserver le bois.J'espère que les gens comprennent la même chose que nous», a expliqué vendredi Serge Nadeau, leader du camp du «non», au quotidien La Voix de l’Est.Richard Goulet estime pour sa part que la préservation de 253 acres, dont la forêt centenaire, sera seulement assurée si la Ville achète les terrains.«On veut le faire pour les générations futures», a-t-il souligné hier.Quelque 1500 personnes ont d’ailleurs manifesté samedi à Granby en faveur du projet d’achat Un sondage rendu public le 20 mars dernier donnait 57,5 % des intentions de votes au camp du «non», contre 42,5 % au camp du «oui».Le Devoir E N BREF Hausse du prix de la bière Le prix de la bière a augmenté hier au Québec.Comme chaque année, à cette périodeci, la Régie des alcools, des courses et des jeux relève le prix plancher de la bière d’un montant équivalent à l’indice des prix à la consommation, soit 2 % cette armée.Ainsi, le prix minimum au détail pour une caisse de 24 bouteilles de bière passe à 22,34 $, une augmentation de 44 cents.Dès aujourd’hui, les principaux brasseurs emboîtent le pas et haussent également leur prix aux marchands de 65 cents.- PC / Ecrasement d’avion sur la Côte-Nord Une personne est décédée à la suite de l’écrasement d’un petit avion hier matin au nord de Sept-îles, sur la Côte-Nord.La victime était seule à bord de l’appareil.L’avion s’est abîmé vers 8h près du lac Ger; main, à mi-chemin entre Sept-Des et Wabush, au Labrador.- PC Hausse de 2 % des tarifs d’électricité Une nouvelle hausse des tarifs d’électricité est entrée en vigueur hier au Québec.L’augmentation est de 2 %.Même si cette hausse paraît raisonnable, l’Union des consommateurs signale qu’elle frappe durement les ménages à faible revenu, parce qu’elle s’ajoute à une série d’autres augmentations, qui totalisent 13,5 % en trois ans.L’organisme souligne que les ménages dont les revenus se situent en deçà de 15 000 $ consacrent près de 8 % de leur budget à l’électricité.Notons que le quart des ménages québécois gagnent moins de 20 000 $ par année.- PC Avocate transgenre candidate du NPD à Québec Québec — L’avocate transgenre Micheline Montreuil sera candidate du NPD dans la circonscription de Québec lors des prochaines élections fédérales.Mme Montreuil, qui a remporté son investiture sans opposition, samedi soir, croit que les électeurs sont prêts à accueillir sa «différence».Le chef néo-démocrate Jack Layton, qui était à Québec samedi, s’est dit très à l’aise avec sa nouvelle candidate, un homme qui a choisi de vivre sa vie en tant que femme.- PC t LE DEVOIR, LE LUNDI 2 AVRIL 2007 ACTUALITES Assemblée générale Desjardins franchit un pas de plus en vue de percer le marché des provinces anglophones Le Mouvement poursuit aussi son offensive dans Vouest de Vile de Montréal CLAUDE TURCOTTE Le mouvement coopératif doit devenir une force financière au Canada "R faut que ça devienne une véritable option», déclare Alban D’Amours, président du Mouvement Desjardins, lequel franchit une nouvelle étape dans son rapprochement avec les «crédit unions», qui sont un l’équivalent coopératif des caisses populaires daps les provinces anglophones.A l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la Fédération des caisses Desjardins qui avait lieu en fin de semaine, M.D'Amours a annoncé la formation d’un conseil consultatif dont le rôle sera de conseiller le président et chef de la direction, c’est-à-dire lui-même, en matière d’orientations relatives au développement pancanadien et aux stratégies mises en place pour le soutenir.On a donc dépassé l’étape d’un flirt entre Desjardins et les credit unions.C’est un peu comme si on était rendu aux fiançailles, une période au cours de laquelle les parties chercheront à mieux définir et circonscrire la nature exacte de leur relation.«Nous entretenons depuis plusieurs années des liens d’affaires avec bon nombre de credit unions du Canada et nous cherchons ensemble aujourd’hui à intensifier nos liens.Plusieurs credit unions ont manifesté récemment leur intérêt envers notre plate-forme technologique, et nous entrons maintenant avec elles dans une démarche plus avancée d’analy- se.Notre expertise technologique continue ainsi à être mise au service du développement des affaires au pays, dans un contexte de renforcement coopératif financier», a expliqué le président du Mouvement Desjardins aux 2200 délégués de caisses participant à cette assemblée générale.L’an dernier, M.D’Amours avait annoncé qu’une réflexion était en cours en vue de l’établissement d’une structure de partenariat pour réaliser des projets en commun.Le comité de consultation dont la création vient d’être annoncé aidera à bien délimiter les balises des développements futurs.D donne en outre une dimension tout à fait formelle à ce rapprochement D comprendra neuf membres dont cinq représentants de credit unions, un de la Fédération des caisses acadiennes et trois de la Fédération des caisses du Québec, laquelle intègre les Caisses populaires de l’Ontario.M.D’Amours fait valoir que ce partenariat avec les credit unions permettra un renforcement du mouvement coopératif canadien.D mentionne que les credit unions s’intéressent beaucoup au modèle d’intégration que le Mouvement Desjardins a développé au Québec, ce qui pourrait vouloir dire à terme une application plus ou moins conforme du même modèle au Canada anglais.M.D’Amours n’a pas caché que Desjardins pourrait facilement offrir ses produits partout au Canada par le commerce en ;§BiBs - fff,' JACQUES NADEAU LE DEVOIR Alban D’Amours, président du Mouvement Desjardins a profité en fin de semaine de l’assemblée annuelle du Mouvement pour annoncer le renforcement de son partenariat avec les credit unions au Canada anglais.ligne, sans tenir compte des credit avec le partenariat de celles-ci.unions, mais il préfère y arriver «Nous n’adopterons pas la démarche ING.Ce serait nous dénaturer», at-il déclaré.Au demeurant, les credit unions seraient peut-être elles-mêmes désireuses de vendre les produits de Desjardins dans leur réseau, a souligné le président «Dans 10 ans, notre développement pancanadien sera parvenu à maturité.Les partenariats en cours avec les credit unions au Canada nous auront de part et d’autre aidé à progresser et à bien ancrer le mouvement coopératif financier comme un acteur solide, crédible et apprécié», a-t-il prédit Pour sa part le Mouvement Desjardins est déjà présent sur le marché canadien par l’entremise de ses filiales, en particulier dans le secteur des assurances.Pour l’instant sa part de marché venant des autres provinces que le Québec a été de 20 % en 2006, identique à cette de 2005, en comparaison de 19 % en 2004 et de 17 % en 2003.L’objectif avoué de la part de marché au Canada est de 25 %, mais M.D’Amours soutient qu’elle devrait beaucoup supérieure à cela dans 10 ans, grâce à une croissance interne et à des acquisitions.Le marché montréalais En plus de cette pénétration sur le marché canadien, Desjardins poursuit l’offensive amorcée l’an passé sur le marché montréalais, surtout dans la partie ouest de File, auprès de la clientèle potentielle anglophone et des communautés ethniques en général.Les délégués de caisses apprécient particulièrement la publicité mettant en évidence les noms de sociétaires aux consonances diverses.En 2006, Desjardins annonçait un investissement de 15 millions sur trois ans en vue d’augmenter sa part de marché dans «le Grand Montréal», qui est actuellement de 12 %, alors que le poids de cette région compte pour plus de 50 % de l’économie québécoise.Après avoir ouvert Carrefour Desjardins à l’angle des rues Peel et Sainte-Catherine, il y a quelques mois, Desjardins annoncera officiellement cette semaine l’installation de ses équipes de Caisse centrale Desjardins et de Valeurs mobilières Desjardins dans l’édifice Windsor, rue Peel, un édifice patrimonial dont il est d’ailleurs le propriétaire.Avant de terminer son mandat comme président du Mouvement Desjardins à la fin de la présente année, M.D’Amours amorce des travaux sur un autre chantier dans un territoire qu’Alphonse Desjardins avait commencé à défricher qu début du XXe siècle, celui des Etats de la Nouvelle-Angleterre.Dans son discours, M.D’Amours a simplement déclaré ceci: «J’ai également pu mesurer en début d’année, lors d’une rencontre organisée par un regroupement de credit unions des Etats-Unis, le grand intérêt de ces dernières pour le modèle Desjardins et son savoir-faire.R y a certes là aussi matière à exploration et à développements.» Le Devoir Les travailleuses en garderies familiales veulent pouvoir se syndiquer Plusieurs agences fédérales désormais assujetties à la Loi sur l’accès à l’information XL,! àn' ac 0 mx m JACQUES CREMIER LE DEVOIR La conférence de presse convoquée hier par les travailleuses des services de garde en milieu familial réunissait une éducatrice, Louise Condrain, les vice-président et président de la CSQ, Daniel Lafrenière et Réjean Parent, ainsi que la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, Sylvie Tonnelier.FRANÇOIS DESJARDINS Un an après que le Bureau international du travail eut blâmé Québec pour avoir empêché la syndicalisation des éducatrices en milieu familial, les travailleuses entendent redoubler d’ardeur afin de convaincre le gouvernement d’abroger sa loi.La loi 8, adoptée sous le bâillon par le gouvernement Charest en décembre 2003, a conféré un statut de travailleuse autonome à environ 14 000 responsables de services de garde en milieu familial, leur enlevant du coup le pouvoir de se syndiquer.Au moment de la loi, environ 1000 de ces travailleuses étaient accréditées auprès de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).¦ «Nous poursuivons nos efforts pour organiser ces travailleuses, qui ne correspondent vraiment pas au profil de travailleuse autonome», a dit lors d’une conférence de presse le président de la CSQ, Réjean Parent.«Pour faire des économies de bout de chandelle, le gouvernement Charest a comprimé leurs conditions de travail.Il faut abroger la loi 8.» Les services de garde en milieu familial sont en fait des petites garderies à la maison.Si elles travaillent seules, les responsables ont le droit de garder six enfants, et neuf s’il y a une assistante.Ces garderies ont été intégrées au système de financement à 7 $, mais ne reçoivent pas de subventions pour l’achat de matériel ou de démarrage.Or puisque ces responsables sont considérées comme des travailleuses autonomes, il est particulièrement difficile, par exemple, de se faire remplacer en cas d’absence.«Ce n’est pas comme dans les Centres de la petite enfance qui, s’il manque une éducatrice, ont accès à une banque de remplaçantes», a dit une éducatrice, Louise Condrain.«Si je dois embaucher une remplaçante, je suis considérée comme employeur, et je dois payer la CSST et le RRQ, alors que moi-même je n’ai pas ça.» Elle a estimé qu’en fonction du nombre d’heures qu’elle doit consacrer aux enfants et à la préparation de la journée, sa rémunération se situe en deçà du salaire minimum.Nouveau ministre En attendant des changements législatifs, des travailleuses ont tenu un colloque samedi lors duquel elles ont analysé divers scénarios de reconnaissance collective.L’un d’eux ressemblent au régime de l’Union des artistes, a précisé la présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec, Sylvie Tonnelier.Selon les responsables syndicaux, il est «trop tôt» pour dire si l’élection du gouvernement minoritaire aura une influence sur les efforts visant à faire modifier la loi 8.«Mais veut, veut pas, les trois partis vont devoir composer avec la population et être plus à l’écoute», a dit M.Parent.«Il faudra rappeler à ceux qui étaient dans l’opposition qu’ils s’étaient opposés à ces lois-là.Alors, maintenant qu’ils détiennent la balance du pouvoir, on ose croire qu'ils seront cohérents avec eux-mêmes.» Pour l’instant, la CSQ attend de voir qui remplacera Carole Théberge au ministère de la Famille.Celle-ci, chargée du dossier des garderies, a perdu sa circonscription la semaine dernière.Par ailleurs, il a été impossible hier de joindre le cabinet du ministre du Travail, Laurent Lessard.Le Bureau international du travail est un organisme lié à l’Organisation des nations unies.Le blâme qu’il avait adressé au gouvernement Charest, en mars 2006, portait aussi sur la loi 7 concernant les «ressources intermédiaires d’hébergement».Il s’agit de 11 000 personnes qui hébergent des aînés en perte d’autonomie et des déficients intellectuels.Le Devoir EN BREF Elizabeth II viendra commémorer la bataille de Vimy Londres — La reine d’Angleterre Elizabeth II se rendra dans le nord de la France le 9 avril pour rendre hommage aux soldats tombés lors de la bataille de Vimy pendant la Première Guerre mondiale, pour le 90" anniversaire de cette offensive.Au total 3500 soldats canadiens ont été tués pendant cette offensi- ve de quatre jours et plus de 10 000 autres ont été blessés.La reine se rendra au Monument commémoratif du Canada nouvellement restauré, situé près d’Arras, où une minute de silence sera observée.Les premiers ministres français, Dominique de Villepin, et canadien, Stephan Harper, sont également attendus pour cette cérémonie.Des milliers de Canadiens devraient se déplacer pour commémorer la bataille de Vimy, un exploit militaire obtenu au prix de dizaines de milliers de morts.-AFP Montréal 514.845.5545 Ottawa — Plusieurs agences fé dérales sont depuis hier assujetties à la Loi sur l’accès à l’information, ce qui signifie que leurs dossiers peuvent être consultés par les gens qui en font la demande.En vertu des dispositions de la loi, les Canadiens qui payent 5 $ peuvent demander à voir des documents gouvernementaux allant de contrôles des comptes et d’états de frais de déplacement à des documents d’information et de la correspondance.En principe, ils doivent recevoir une réponse dans les 30 jours suivant la requête.La loi fait cependant l’objet de critiques persistantes de la part de ceux qui la jugent désuète, pleine de failles et pauvrement administrée.Certaines demandes ne donnent accès qu’à des documents de peu de valeur tandis d’autres demeurent sans réponse pendant des mois.En outre, des agences comme la Commission canadienne du blé (CCB) ont pendant longtemps été hors de portée de la loi.Avant les dernières élections fé dérales, les conservateurs ont promis de procéder à une réforme de la législation sur l’accès à l’information, mais ils n’ont jusqu’à présent mis en place qu’une poignée de modifications, dont l’ajout de certaines agences au nombre de celles sous le coup de la loi.Depuis le 1" avril, la CCB, cinq fondations de même que de hauts responsables fédéraux comme le directeur général des élections et la vérificatrice générale du Canada doivent se soumettre à la législation.Maureen Fitzhenry, porte-parole de la CCB, a dit avoir tout d’abord espéré que la date d’entrée en vigueur de la modification à la loi constituait un poisson d’avril, l’agence ayant dû se préparer très vite.«Mais ce n'est pas une blague», a-t-elle constaté.Sauf erreur de ma part, nous allons être inondés de demandes», a ajouté Mme Fitzhenry.«La Commission canadienne dit blé compte de nombreux détracteurs, et il y a des gens qui ont exprimé leur intérêt à faire mal paraître l’agence.Et il y a aussi des gens qui ont des requêtes d’information légitimes», a-t-elle affirmé.L’organisme a prévu d’embaucher jusqu’à quatre personnes afin de répondre aux demandes, et il s’attend également à faire appel à des contractuels.Presse canadienne Par un collectif Sous la direction de Régent Bouchard AUEHTURE EXPÉDITIONS AU CŒUR DE LA SCIENCE ET DE LA TECNNOLOOIE Livre A (144 p.) ISBN 978-2-7608-8058-0 Livre B (136 p.) ISBN 978-2-7608-3052-8 25$ chacun ADDi’ouué par le fflÉLS 2* cycle au orimaire lidec inc.En vente dans mutes les ndralrles 514-843-5991 Le prix est indiqué sous réserve de modifications %?1920pages-38,85$ ISBN 978-2-7601-8572-4 GUÉRIN, édltçui Itôc 514-842-3481 Lionel MENEY DICTIONNAIRE QUÉBÉCOIS- pour mieux so comprendre : entre irancopnones En vente dans mules les llDrairies Le prix est indiqué sous réserve de modifications.h 1532 LES ACTDALITES Le nouveau rapport du GIEC va décrire les impacts du réchauffement climatique Les scientifiques prévoient notamment la fonte des glaciers de VHimalaya REUTERS y Wf-, ' Le mont K2 de la chaîne himalayenne, au Pakistan, est le deuxième sommet du monde en altitude.Une des conséquences les plus graves du réchauffement climatique sera la fonte des glaciers de l’Himalaya.ALI ST E H DOYLE Oslo — Le réchauffement climatique devrait, entre autres catastrophes, provoquer davantage de famines en Afrique et entraîner la fonte de l’essentiel des glaciers de l’Himalaya à l’horizon 2030, à en croire un nouveau rapport de l’ONU, qui montre que les plus pauvres souffriront le plus de ce phénomène imputable aux activités humaines.Le deuxième des trois groupes de travail thématiques du Groupe intergouvememental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) se réunit toute la semaine à Bruxelles pour valider les conclusions de son quatrième rapport sur «te conséquences, l’adaptation et la vulnérabilité» au réchauffe-mept de la planète.A Paris il y a deux mois, les experts du premier groupe de travail du GIEC avaient rendu un rapport alarmant sur les bases scientifiques du changement climatique, qui établissait avec un degré de certitude jamais atteint auparavant que les activités humaines sont responsables du changement climatique.Le GIEC qui, avec 2500 chercheurs venus de 130 pays, fait au- torité pour les questions d’évolution du climat, avait alors présenté une fourchette moyenne d’élévation des températures au XXI' siècle de 1,8 à 4 degrés.«Potentiellement catastrophique» Le rapport du deuxième groupe de travail du GIEC, qui doit être rendu public vendredi, présentera pour la première fois depuis 2001 la liste des impacts à attendre pour l’environnement de ce dérèglement des températures.«Nous parlons ici de conséquences potentiellement catastrophiques», a estimé Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE).La hausse des températures, provoquée par l’augmentation de la concentration dans l’atmosphère de gaz à effet de serre (GES), issue principalement de la combustion des énergies fossiles, entraînera notamment une élévation du niveau des océans.«Même 50 cm d’élévation de ce niveau aura un impact catastrophique au Bangladesh et dans certaines îles», a-t-il souligné.Une des conséquences les plus graves du réchauffement climatique sera la fonte des glaciers de l’Himalaya.«Si le réchauffement se maintient à son rythme actuel, les glaciers de l’Himalaya pourraient reculer à une vitesse très élevée, et passer de 500 OOO km-, comme c’est le cas actuellement, à 100 OOO km- en 2030», à en croire un brouillon du «résumé aux décideurs» de 21 pages que les experts doivent valider au cours de leur semaine bruxelloise.Les perturbations se feront les plus cruellement sentir dans les pays pauvres d’Afrique et d’Asie, où des millions de personnes souffriront de la pénurie d’eau et du recul des terres arables.Faire pression sur les décideurs Le rapport signale toutefois que certains pays pourraient profiter un temps de l’élévation des températures.En effet le potentiel agricole de la planète augmentera dans un premier temps, avant de s’effondrer.Les experts expliquent que les cultures seront plus propices dans certains pays comme ceux de la Scandinavie, le Canada, la Russie ou la Nouvelle-Zélande.Mais les pays riches auront à subir autrement les conséquences du réchauffement de la planète.Le bassin méditerranéen pourrait devenir aride.Aux Etats-Unis, l’élévation du niveau des océans et la multiplication des tempêtes de- vrait «gravement perturber les transports dans le golfe du Mexique, sur les côtes atlantiques et dans le Nord», selon le rapport Le troisième groupe de travail du GIEC rendra en mai à Bangkok un rapport sur les mesures à prendre pour atténuer le réchauffement global.Ces trois contributions constitueront ensemble le quatrième rapport d’évaluation du GIEC, organe créé en 1988.Les Nations Unies espèrent que ce rapport d’évaluation — le dernier date de 2001 — augmentera la pression sur les gouvernements en vue d’une mobilisation contre le réchauffement planétaire.«La question n’est plus de savoir si le réchauffement climatique a lieu, mais ce qu’il faut faire pour y remédier», a estimé Steiner, en précisant que les gouvernements et les entre-prises étaient dans l’ensemble convaincus de la réalité du phénomène et ne percevaient plus le changement climatique comme une théorie scientifique contestable.Pour autant, les négociations pour étendre au-delà de 2012 le protocole de Kyoto sur les réductions de GES sont au point mort Les plus gros émetteurs de GES — les Etats-Unis, la Chine et l’Inde — ne sont actuellement pas obligés par le protocole de réduire leurs émissions.Reuters Stockwell Day espère que la GRC aura un nouveau patron d’ici deux mois Étude de Statistique Canada De moins en moins de jeunes délinquants vont en prison JIM BROWN Ottawa — Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, dit espérer qu’un nouveau commissaire permanent sera nommé à la tête de la Gendarmerie royale du Canada d’ici deux mois.Interrogé dans le cadre de l’émission télévisée Question Period, hier, au réseau CTV, M.Day a évité de répondre à la question de savoir si le nouveau patron viendra des rangs du corps policier, comme cela a longtemps été la tradition, ou s’il viendra de l’extérieur, pour tenter de rafraîchir l’image ternie de la GRC.«Nous avons dit que nous voulions la meilleure personne», a déclaré M.Day en ondes.Si la personne choisie vient de l’extérieur des rangs de la GRC, ce sera quelqu'un qui aura toutes les qualifications requises et qui sera en mesure de faire PIERRE ST-ARNAUD Certains des 624 travailleurs de Kruger sur la Côte-Nord qui seront mis à pied le 29 juin prochain pourraient se reclasser dans le secteur minier, s’ils sont prêts à se déplacer et à suivre la formation nécessaire.L’annonce vendredi de la fermeture des scieries de Ragueneau et de Forestville, ainsi que de l’atelier de séchage et de rabotage de Longue-Rive, a été accueillie comme un coup de massue sur la Côte-Nord.De plus, la réduction de 42 % de l’approvisionnement de Kruger «tout ce qui doit être fait», a assuré le ministre.Il a souligné que le processus de recrutement est détaillé et laborieux, mais il a dit souhaiter que l’exercice ne se prolonge pas trop.Le gouvernement conservateur espère qu’un nouveau commissaire sera entré en fonction d’ici juin.La sous-commissaire Beverley Busson occupe le poste à titre intérimaire, mais au moment de sa nomination, en décembre, elle avait indiqué ne pas vouloir y être affectée en permanence.Elle a été nommée après la démission de Giuliano Zaccardelli dans la foulée de l’affaire Maher Arar.La pression a continué à grimper sur la GRC la semaine dernière, avec l’audition, en comité parlementaire, d’un témoignage faisant état d’allégations de mauvaise gestion et de fraude aux dépens du régime de retraite de la GRC.le ministre Day a annoncé la tenue d’une enquête sur ces alléga- compromettre une éventuelle réouverture de ces installations.Or, au même moment, l’industrie minière de la Côte-Nord a un sérieux besoin de main-d’œuvre.Selon Emploi-Québec, environ 40 % des quelque 2800 travailleurs du secteur minier sont susceptibles de prendre leur retraite d’ici cinq ans, ce qui représente plus de 1100 emplois.André Lepage, économiste à Emploi-Québec, rappelle qu’à la suite de la fermeture de l’usine de pâtes Katahdin de Port-Cartier, une trentaine de travailleurs avaient été réorientés pour obtenir une attestation d’études collé- CHRIS WATTIE REUTERS Stockwell Day tions.Personne n'a encore été nommé à la tête de l’enquête, qui sera menée en privé, mais se conclura par un rapport qui sera rés par la compagnie minière Québec-Cartier.Bien que les besoins du secteur minier soient intéressants, M.Lepage estime cependant qu’il est impossible d’absorber d’un coup plus de 600 travailleurs forestiers dans le secteur minier.Il note, au passage, que les usines fermées sont en Haute-Côte-Nord (Forestville, Ragueneau et Longue-Rive), alors que les mines de fer, elles, se trouvent à des centaines de kilomètres plus loin (Port-Cartier, Sept-îles, Ferment), ce qui impliquerait des déplacements importants pour cette main-d’œuvre.Il souligne tout de même que la rendu public.M.Day a jusqu’à présent refusé la tenue d’une enquête judiciaire publique, mais il n’écarte pas cette possibilité.Le fiasco du régime de pensions a déjà fait l’objet d’une enquête interne, qui a entraîné la démission de deux hauts gradés.Les plus récentes allégations incluent des accusations de camouflage à un haut niveau et des affirmations selon lesquelles des officiers subalternes ayant tenté de dénoncer cette affaire auraient été soumis à des mesures disciplinaires ou mutés.La sous-commissaire responsable des ressources humaines à la GRC, Barbara George, a renoncé à cette responsabilité, ostensiblement pour attendre une réaffectation.On a par la suite appris qu’elle avait été suspendue, une mesure que son avocat a qualifiée d’injustifiée.Presse canadienne l’âge moyen dans les usines de transformation du bois tourne autour de 38 ans.Quoi qu’il en soit, il est clair que la Côte-Nord connaîtra un recul de l’emploi marqué en 2007 dans le secteur forestier, selon lui, et pas seulement du côté de Kruger.Ironiquement, il ajoute que le secteur forestier s’attend à avoir des difficultés à recruter de la main-d’œuvre à moyen terme.Selon lui, les jeunes boudent complètement le secteur forestier, au point que le cégep de Baie-Co-meau ne sait pas s’il pourra offrir le cours de techniques forestières en septembre prochain.BRIAN MYLES Les jeunes délinquants ont de moins en moins de risques d’aboutir en prison au Canada.sauf les autochtones, révèle la plus récente étude de Statistique Canada.Pour la deuxième année consécutive, les admissions aux services correctionnels des mineurs ont reculé au Canada.Au total, 31 746 jeunes de 12 à 17 ans ont été pris en charge par la justice en 2004-2005, comparativement à 35 987 l’année précédente, que ce soit en garde ouverte, fermée, en détention provisoire, en surveillance communautaire ou en probation.Il s’agit d’une diminution de près de 12 %, souligne le Centre canadien de la statistique juridique.Les résultats sont attribuables à la baisse de la criminalité chez les jeunes et à l’entrée en vigueur de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJ-PA), en 2003.La loi a pour objectif de limiter l’emprisonnement des adolescents, en proposant une série de mesures de rechange (probation, surveillance com-mqnautaire, etc.) A titre de comparaison, le taux d’incarcération après condamnation des mineurs était de 14 pour 10 000 jeunes, en moyenne, dans les quatre années précédant la réforme législative.Ce taux est maintenant de 8,1 pour 10 000 individus.Fait à souligner, la tendance à NICOLE WINFIELD Cité du Vatican — Le pape Jean-Paul II se rapproche de la béatification.Alors que cette semaine sera marquée par les cérémonies du deqxième anniversaire de sa mort, l’Eglise bouclera aujourd’hui la première phase de son procès en canonisation.La guérison inexpliquée d’une religieuse française.Sœur Marie-Simon-Pierre, constitue un élément crucial du processus de béatification de Jean-Paul IL La nonne de 46 ans, qui s’est exprimée publiquement en France il y a quelques jours, dit avoir été guérie de la maladie de Parkinson grâce à l’intercession de Jean-Paul II, décédé au Vatican le 2 avril 2005.Son successeur, Benoît XVI, avait engagé le processus quelques semaines seulement après son décès, en renonçant à la traditionnelle période d’attente de cinq ans, et autorisant le lancement immédiat de la procédure.Une seule personne avait eu droit à cette faveur avant lui.11 s’agissait de Mère Teresa.Elle a été béatifiée en 2003, six ans après sa mort.la baisse dans l’emprisonnement des jeunes est bien antérieure à l’entrée en vigueur de la LSJPA.Le taux d’incarcération des adolescents a chuté de 57 % depuis 1995-96.Au Québec Le Québec était monté aux barricades pour contrer la LSJPA, craignant qu’elle anéantisse des décennies de travail visant à réinsérer les jeunes plutôt que les punir.Les assouplissements à la loi obtenus in extremis, de même que des pratiques d’intervention imaginatives sur le terrain, ont permis d’atténuer les effets pernicieux de la loi.En effet, le taux d’incarcération des jeunes délinquants québécois a suivi la tendance nationale à la baisse.Il se situait à 4,7 pour 10 000jeunes en 2004-2005, comparativement à 8 pour 10 000 jeunes, en moyenne, dans les quatre années avant la réforme.Seule ombre au tableau, et elle est de taille: les jeunes autochtones sont beaucoup trop présents dans les services correctionnels pour mineurs du pays.Une fille sur trois et un garçon sur cinq emprisonnés à l’issue d’un procès étaient autochtones en 2004-2005.Dans l’ensemble, les Premières Nations représentent le quart de la population carcérale chez les mineurs, bien qu’ils ne forment que 5 % de la population totale des adolescents.Le Devoir Monseigneur Slawomir Oder, le prélat qui suit la procédure, a reconnu récemment que son enquête avait été bouclée rapidement, de manière inhabituelle, particulièrement si l’on considère le grand nombre d’éléments qui devaient être collectés.Quelque 130 personnes ont été interrogées, des historiens se sont plongés dans des livres sur Jean-Paul Il trouvés dans des bibliothèques du monde entier, et des théologiens ont étudié ses écrits privés pour déterminer s’il avait jamais écrit quelque chose d’hérétique.Des détracteurs du pape ont aussi été entendus, mais selon M1" Oder, il s’agissait essentiellement de critiques contre certains aspects de ses enseignements sur la doctrine de l’Eglise, et non contre Jean-Paul II en tant que personne.Sœur Marie-Simon-Pierre doit assister aujourd’hui à la basilique Saint-Jean de Latran à la cérémonie qui bouclera officiellement la première phase du procès en canonisation de Jean-Paul II au deuxième anniversaire de sa mort décrétée par le Grand Forestier a compter de mars 2008 pourrait giales en transformation du minerai.Ils avaient aussitôt été récupé- main-d’œuvre touchée en usine est tout à fait reclassable, puisque Presse canadienne Résultats des tirages du: 2007-03-31 09 13 16 19 31 37 46 compl.(C) compl.(C) 04 09 16 32 37 41 Gagnants Lors Gagnants Lots 6/6 0 30 274 658,00 $ 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+C 10 86 313,60 $ 5/6+C 0 50 000,00 $ 5/6 403 1 769,30 $ 5/6 38 500,00 $ 4/6 21 131 63,90 $ 4/6 1 695 50,00 $ 3/6 378 584 10,00 $ 3/6 29 682 5,00$ 2/6+C 278 203 5,00 $ Ventes totales : 762 567,00 $ Ventes totales 42 953 008 $ Prochain gros lot (approx ) 38 000 000 $ EQtra ‘rlôr'ru 4899799 soo ooo s ‘décomposable dans les deux sens Résultats des tirages du: 2007-03-30 081115 35 39 40 41 compl.(C) EBtr3.2546346* sooooos ‘décomposable dans lus deux sens 7/7 0 5 000 000,00 $ 6/7+C 2 79 087,50 $ 6/7 80 1 977,20 $ 5/7 5 132 104,80 $ 4/7 108 856 10,00$ 3/7+C 103 204 10.00$ 3/7 911 097 Participation gratuite Prochain gros lot (appr ) 10 000 000 $ Ventes totales 13 564 642 $ ŒWjJm PARIEZ SUR Ll baseball: DEMANDEZ LE PROORAMME B.I l I»)! SERVICE À LA CLIENTÈLE HORAIRE pour la FÊTE DE PÂQUES Vendredi, 6 avril : FERMÉ Lundi, 9 avril : FERMÉ 1 Pour être effectives le 6,7 ou le 10 avril, les demandes d’arrêts temporaires de livraison par camelot doivent nous parvenir au plus tard le 5 avril avant 10h.En cas de disparité entre celte lisle el la liste officielle de Loto-Québoc.celle dernière a priorité Kruger : les travailleurs mis à pied pourraient se reclasser.dans les mines Jean-Paul II se rapproche de la béatification Associated Press LE DEVOIR, LE LUNDI 2 AVRIL 2 0 07 CONOMIE L’effet Wimbledon C’est le grand magasinage du temps des Fêtes pour les entreprises.Jamais ne les a-t-on vu faire autant de fusions et d’acquisitions.Elles semblent toutes à vendre, qu’elles le veuillent ou non, même les plus grosses.Tout le monde se demande s’il faut réagir ou s’en réjouir.La rumeur de prise de contrôle de BCE, la société mère de Bell Canada, par la firme américaine Kohlberg Kravis Roberts (KKR) a créé toute une commotion la semaine dernière au Canada.L’idée qu’un investisseur privé étranger parfaitement inconnu du grand public (même s’il est le plus gros du monde) puisse débarquer chez vous sans avertissement, avec 25 ou 30 milliards dans les poches, et repartir avec l’un des fleurons de votre économie nationale dans sa besace a de quoi frapper les esprits.Basé à Montréal, le géant canadien des télécommunications s’est dépêché de nier que la moindre négociation de vente était en cours avec KKR On apprenait quand même le lendemain que Bell avait envisagé une fusion avec l’autre grande compagnie canadienne de téléphone, Telus, dans le but de rendre la bouchée plus grosse à avaler.L’histoire aura permis de rappeler comment même les grands joueurs de l’économie canadienne sont des proies tentantes pour les investisseurs étrangers.Le nombre de fusions et d’acquisitions n’a pas cessé de grimper ces dernières années, à un point tel que 2006 a battu tous les records avec des transactions totales de 3900 milliards SUS.Les faibles taux d’intérêt, l’ambition des chefs d’entreprise et le désir de croissance ont également eu pour effet d’augmenter considérablement le nombre d’OPA hostiles, lancées notamment par les grands fonds d’investissement privés comme Blackstone ou KKR justement.Qualifiés par certains de «fonds vautours», ces fonds d’investissement sont rarement les bienvenus.On les accuse de gérer leurs entreprises avec une vision encore plus à court terme que les autres.Leur façon de procéder est souvent de retirer l’entreprise de la Bourse, de la restructurer pour améliorer sa rentabilité, avant de la revendre à (gros) profits le plus vite possible.L’intérêt de garder au pays la propriété de ses entreprises a été maintes fois évoqué.11 s’agit, dans certains cas, de conserver le contrôle de ses secteurs stratégiques, comme la défense, la haute technologie, l’énergie ou la culture.Il s’agit, plus généralement, de conserver le maximum de revenus fiscaux, de garder secrète son expertise technique et scientifique, et surtout de protéger les emplois directs et indirects.Il est en effet bien connu qu’en plus des emplois de qualité liés au siège social, le fait de conserver au pays la direction d’une entreprise amène habituellement cette dernière à se montrer plus sensible à la réalité locale et par le fait même plus portée à y encourager les œuvres philanthropiques et moins prompte à y fermer des usines lorsque des rationalisations sont nécessaires.De nombreux gouvernements ont récemment évoqué ces arguments pour justifier leur intervention contre l’acquisition par des étrangers de certaines entreprises nationales.Ce «patriotisme économique» a été vu notamment aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Pologne, et même récemment en Chine.D’un tournoi de tennis à l’autre Tous ne voient cependant pas les choses de la même façon.C’est le cas notamment de la Grande-Bretagne qui a vu depuis des années un nombre effarant de ses entreprises phares passer aux mains d’étrangers apparemment sans s’en faire.On pense, par exemple, à la plupart de ses banques commerciales, aux aéroports londoniens, à la marque de voitures Jaguar, à l’équipe de soccer Manchester United et même à la Bourse de Londres.Le flegme des Britanniques tient à ce qu’ils appellent «l’effet Wimbledon», et qui se résume à cette idée que l'on peut accueillir l’un des plus grands tournois de tennis du monde sans qu’un seul de nos propres joueurs s’y distingue.En d’autres mots: peu importe à qui appartiennent les entreprises pour autant qu’elles fassent affaire chez nous.C’est l’ouverture de l’économie britannique qui attire tellement d’investissements étrangers dans l’île, explique-t-on.Le plus bel exemple en est le remarquable succès de la City de Londres et de l’ensemble du secteur financier britannique.La recherche montrerait également que les entreprises qui entrent dans le giron d’une grande société internationale, qu’elle soit nationale ou étrangère, profitent de ses ressources financières, de son expertise et de son vaste réseau, ce qui leur permet de devenir plus productives et innovatrices.La confiance des Britanniques dans l’efficacité de «l’effet Wimbledon» n’est cependant pas à toute épreuve.Des voix discordantes ont commencé à se faire entendre pour les mêmes raisons qu'ailleurs.Il faut dire qu’un nombre croissant d’investisseurs étrangers viennent des économies émergentes, comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou la Russie.Cela ravive la question du caractère stratégique des entreprises en cause.Cela soulève le problème des entreprises russes ou chinoises sous le contrôle de leurs gouvernements.Cela exacerbe aussi simplement la méfiance à l’égard de l’étranger.Au Canada, les gouvernements prennent eux aussi le parti du laisser-faire.Ottawa n’a pas bronché une fois, ces dernières années, lorsque de grandes entreprises canadiennes, comme Noranda, sont passées aux mains d'étrangers.Le ministre canadien de l’Industrie, Maxime Bernier, a admis la semaine dernière avoir été surpris par les rumeurs d’acquisition de BCE, mais il ne cache pas vouloir assouplir les règles qui limitent la propriété étrangère des compagnies canadiennes de télécommunication.Au Québec, on apparaît tout aussi ouvert.La Caisse de dépôt et placement s’est déjà portée à la défense de la propriété québécoise, dans le cas de Steinberg ou de Vidéotron, mais elle a, depuis, fait savoir qu’plie renonçait à ce rôle.À croire que l’on compte sur un «effet Internationaux de tennis de Montréal», ou quelque chose du genre.Desrosiers RAHKB HOMAVANDI REUTERS Un centre commercial de Téhéran à la veille du Nouvel An.En Iran, l’inflation atteint, officiellement, 16 %.L’économie iranienne : or noir et clientélisme Des sanctions internationales accrues ou une baisse du prix du brut pourraient mettre la République islamique à genoux.Car le système productif de l’Iran est fondé sur la redistribution de la manne pétrolière en subventions publiques.JEAN MICHEL BEZAT YVES MAMOU Lorsque le président de la République islamique évoque un «complot de l’étranger» parce que le prix des tomates monte, c’est signe qu’il n’a pas une grande maîtrise de son économie.Et quand Mahmoud Ahmadinejad invoque le ciel pour régler «le problème de la viande et du poulet» — «si Dieu le veut» —, c’est qu’il ne contrôle en fait rien.En Iran, l’inflation atteint, officiellement, 16 %.L’envol des prix des denrées alimentaires provoque la grogne générale et la rancœur des pauvres, séduits par les promesses du candidat Ahmadinejad lors de la campagne présidentielle de 2005.En 2006, dans une lettre ouverte, 150 députés (sur 290) lui ont demandé de réduire la dépendance envers les devises pétrolières et de couper dans la dépense publique.La même année, le gouverneur de la banque centrale a mis en garde contre le dérapage de l’inflation et 50 universitaires ont appelé le président à ouvrir l’économie du pays.L’inquiétude a redoublé le 21 janvier, quand M.Ahmadinejad a présenté un budget mars 2007-mars 2008 avec des dépenses en hausse de 20 %: l’économie résisterait-elle à un renforcement des sanctions qui la touchent?Le pays affiche néanmoins quelques bons indicateurs, grâce à l’afflux des pétrodollars.«La croissance est soutenue, la balance commerciale excédentaire, les réserves de devises importantes», note l'économiste Thierry Coville, spécialiste de l’Iran.Une vision positive que tempère Denis Bauchard, de l’Institut français des relations internationales (IFRI): «L’appareil productif iranien est largement nationalisé et peu productif.Il crée peu d’emplois, paie peu d’impôts et des droits de douane élevés protègent de la concurrence étrangère des entreprises publiques très gourmandes en subventions.» Grâce à ses 2,7 millions de barils de pétrole exportés chaque jour, Téhéran a mis en place un robinet à subventions hors du commun.Sur les 55 milliards $US de VIENT DES COMMUNAUTÉS PLUS OU MOINS CIVIQUES Marie-France Le Blanc 323 pages Les Presses de l'Université Laval Cet ouvrage confirme l’importance du local, y compris dans un contexte où les gouvernements supérieurs ont beaucoup de pouvoir en matière d'affaires municipales, et démontre que les agglomérations ayant des modes de gestion efficaces s’appuient sur des communautés civiques bien développées.UNE SORTE DE DIABLE Alain Mine , 349 pages Editions Grasset & Fasquelle Ly homme Keynes est fascinant.revenus pétroliers en 2006 (contre 23 milliards en 2003), une large part a été redistribuée en aides: au logement, à l’emploi, au pain, au riz, aux médicaments ou.à l’essence.Car pour les mollahs, la recette pétrolière est moins un outil de modernisation qu’une rente politique.Qui contrôle ces subventions (15 à 20 milliards en 2005, soit 11 % du produit intérieur brut) a le pouvoir de fidéliser une clientèle.La rente énergétique finance tant la hausse des salaires d’une fonction publique pléthorique ou la stabilité des prix agricoles que des prêts à taux zéro pour les jeunes voulant se marier.Le litre à 11 CUS Mais le premier bénéficiaire est l’automobiliste.En Iran, le litre à la pompe est le plus bas du monde: 11 CUS! Comme le pays importe 40 % des produits raffinés qu’il consomme, une partie des devises tirées de la vente du brut repart pour acheter l’essence utile aux besoins internes.Les subventions à la vente d’essence se monteraient à une dizaine de milliards $US par an.Un chiffre qui va croissant, car les prix bas à la pompe engendrent une forte contrebande.Un des sports préférés des Iraniens est de revendre de l’essence en Irak, en Syrie, au Pakistan ou en Afghanistan.«Des armadas de camions bourrés de jerricans franchissent les frontières.Il y a une économie frontalière très florissante dans les zones limitrophes», souligne Farida Adelkhah, chercheuse au Centre d’études et de recherches internationales (CERI).Les agriculteurs sont aussi de grands bénéficiaires des aides publiques.Selon la banque centrale d’Iran, les prix garantis aux producteurs de riz, de viande, de produits laitiers ou l’aide à l’achat de pesticides ont pesé plus de trois milliards $US en 2005.Objectif: offrir au consommateur des produits alimentaires à bas prix.Or, les agriculteurs écoulent aussi une partie de leur production à meilleur prix chez leurs voisins.D’où une hausse des prix en Iran.Quand le pouvoir s’est aperçu que ses dépenses pour acheter des citrons montaient, il a baissé les tarifs douaniers pour faire pression sur les producteurs locaux.Résultat: la plupart ont fait faillite.Depuis l’invasion américaine, en mars 2003, l’Irak est devenu un débouché important pour la République islamique.Elle y écoule électricité, appareils électriques, voitures, tapis, matériaux de construction, poissons, épices, livres, etc.Téhéran voit là un moyen de resserrer des liens avec un pays dont 60 % de la population est, comme la sienne, chiite.L’économie de rente instituée par le régime a empêché toute modernisation de l’appareil productif, pétrolier inclus.En raison de fuites dans les raffineries, 6 % de la production pétrolière serait perdue.Et l'Iran ne parvient pas à remplir le quota fixé par l’Organisation des pays exportateurs (OPEP).Selon Mme Adelkhah, son économie est traversée de déséquilibres qu’on ne pourrait corriger sans bouleverser l’ensemble du système.Les quatre million^ de citoyens iraniens vivant à l’étranger (Europe, Etats-Unis, Israël.) envoient tous les ans «au pays» pour des centaines de millions de dollars des produits introuvables sur place (médicaments, pièces automobiles.).A Téhéran, sous le tchador, l’iPod diffuse les derniers tubes californiens.L’austérité islamique est tempérée par une vibrante économie informelle dans laquelle les femmes se sont taillé une place inattendue: au bazar, elles ont le monopole de la lingerie fine et des cosmétiques.Cette imbrication des économies formelle et souterraine peut continuer à deux conditions: que le prix du brut reste élevé sur les marchés internationaux et qu’aucup embargo ne pénalise les échanges de Téhéran.A l’inverse, que les revenus pétroliers baissent ou que des sanctions draconiennes soient imposées, et des risques de mécontentement considérables surgiraient La République islamique connaîtra-t-elle le sort de l’URSS?Dans les années 1970 et au début des années 1980, Moscou avait financé les importations de biens grâce aux revenus des hydrocarbures, avant que le contre-choc pétrolier de 1986 l’empêche de subventionner l’économie, contribuant à la chute du régime communiste.Telle est la thèse du géographe Roger Stern, de l’université Johns-Hopkins.Fin 2006, dans un rapport sur l’Iran devant l’Académie des sciences américaine, il pointait un risque de baisse des revenus pétroliers liée à un sous-investissement et.leur disparition en 2015: «Ce que les Iraniens se font à eux-mêmes est bien pire que tout ce que nous pourrions leur faire», écrivait-il.Dans la crise nucléaire avec Téhéran, les «faucons» américains préfèrent des sanctions immédiates, voire une intervention militaire.Car attendre dix ans, plaident-ils, c’est l'assurance que les Iraniens posséderont la bombe A DE PARAÎTRE Peut-être encore plus grand que l’œuvre.C’est une permanente alchimie des contraires.Il existe autant de John M.Keynes qui, pourtant, n’en forment qu’un seul: c’était, pour rendre le mot qu’il emploi à l’égard de Freud, une sorte de diable.De commu Pifs OU MOINS C LE GUIDE DU LOCATAIRE AVERTI Daniel Benghozi 87 pages Les Publications Modus Vivendi Connaître ses droits afin de trouver et de conserver son logement idéal.Comment trouver un logement qui correspond à ses besoins; Comprendre les implications de notre bail; ¦K ^«J Connaître la loi afin w flVNH de faire valoir ses 1 droits; Comment EEr U éviter et régler des conflits ou des li-______CB _____tiges avec notre propriétaire; Quand doit-on faire appel à la Régie.i.guide «iloratte Le Monde CADRES ET PROFESSIONNELS CONGÉDIÉS INJUSTEMENT Consultez sur rendez-vous confidentiel.Vous pourriez regagner votre respect, dignité, indemnité pour perte de salaire et avantages, indemnité additionnelle pour perte d'emploi.NE SIGNEZ RIEN AVANT DE CONSULTER JEAN-GUY MICHAUD, CRIA L'expertise par l'expérience, depuis 1964 1, PLACE VILLE-MARIE, BUREAU 2821 MONTRÉAL (QUÉBEC) H3B 4R4 TÉLÉPHONE (514) 940-6477 jeanguy.michaud@bellnet.ca 3759, GABRIELLE-VALLÉE, BUREAU 202 QUÉBEC (QUÉBEC) G1W 5B2 TÉLÉPHONE (418) 657-2628 www.jeanguymichaudcria.ca l LE DEVOIR, LE LUNDI 2 AVRIL 2007 EDITORIAL L’activisme saoudien Jamais sommet des vingt-deux membres de la Ligue arabe n’aura suscité autant d’attention de la part du monde musulman que celui qui vient de se conclure à Riyad.Car, depuis plusieurs mois maintenant, l’Arabie Saoudite mène une offensive diplomatique qui a déjà eu pour résultat d’éclipser l’Égypte dans son rôle d’arbitre traditionnel.Son ambition?Résoudre le contentieux entre Israël et les Palestiniens, mais surtout stopper la progression de l’Iran.E Serge Truffaut n juin dernier, les dirigeants égyptiens, jordaniens et saoudiens s’étaient rencontrés à Riyad afin que s’amorce une riposte, prudente s’il le fallait, pour contrer l’activisme politique auquel se livraient, et se livrent encore, leurs frères ennemis chiites iraniens.Ensuite, il y a eu le conflit libano-israélien qui, une fois encore, a mis en relief l’alliance existant entre Iraniens et Syriens.Ici, il faut rappeler .que cette alliance s’est forgée au début des années 80 lorsque l’Iran fut attaqué par.l’Irak! Faisons l’impasse sur des épisodes à la portée secondaire pour mieux souligner qu’à l’initiative des autorités saoudiennes, les chefs de file du Fatah palestinien et du Hezbollah ont gommé certains des irritants qui interdisaient la formation d’un gouvernement acceptable pour toutes les parties.C’est ce que l’on a qualifié des accords de La Mecque.Au terme de cet exercice, la réputation du roi Abdallah au sein du monde arabe sunnite est sortie grandie.A son propos, deux ou trois choses doivent être précisées.Entre l’impasse qui distingue le conflit israélo-palestinien depuis des lunes et surtout le maintien des troupes américaines en Irak, le roi Abdallah était perçu par la rue arabe comme l’ami de Bush et non comme un simple allié des Etats-Unis.Cette appréciation, ou plutôt cette opinion, le monarque s'est appliqué au cours des derniers mois à la renverser.Plus concrètement, il a arrêté une chronologie des gestes à effectuer avec comme objectif numéro un la réduction de l’influence iranienne dans la région.Sa chronologie?Se concentrer tout d’abord sur le dossier palestinien avant de s’atteler au sujet iranien.On le sait, lors du sommet de la semaine dernière, les adhérents à la Ligue arabe ont accepté que soit présenté à nouveau aux Israéliens le plan de paix articulé en 2002 par les Saoudiens.Soit la normalisation des relations entre Israël, Palestiniens et nations arabes contre le retrait aux frontières de 1967, Jérusalem est comme capitale de l’État palestinien et retour des réfugiés palestiniens.On s’en doutait, le gouvernement israélien a écarté cette proposition.Tant et aussi longtemps que le retour des réfugiés de 1948 ou de leurs ayants droit sera au programme, Israël ne négociera pas.Mais.Mais la porte n’est pas aussi fermée que l’on pourrait le croire de prime abord.Un, parce que c’est aujourd’hui un secret de Polichinelle que le prince Bandar, chef du Conseil de sécurité saoudien et architecte du sommet de Riyad, a rencontré le premier ministre Ehoud Olmert.Ainsi, un tabou aussi vieux que l’existence d’Israël était levé.Deux, il est probable qu’Olmert ne soit plus chef de gouvernement à la fin de l’année tant sa crédibilité auprès des Israéliens est mince.Toujours est-il que Riyad fait le pari qu'Israël acceptera de négocier.En fait, le plan est le suivant: si Israël convient du principe, l’Arabie Saoudite ainsi que l’Égypte et la Jordanie formeront un comité chargé de soupeser les requêtes des Palestiniens.Selon certains acteurs, ce comité aura notamment pour tâche de faire entendre raison aux Palestiniens sur le très délicat sujet du retour des réfugiés.Chose certaine, il est de plus en plus évident que les Saoudiens ne sont pas prêts à abandonner la partie.Mieux, qu’ils tiennent mordicus à tenter le tout pour le tout dans l’espoir qu’un accord sera signé entre Israël et Palestiniens.Pourquoi un tel déploiement d’énergie?Si accord il y a, alors les Saoudiens disposeront d’une assurance politique contre cet Iran qu’ils considèrent comme un «prédateur» de la communauté des croyants.C’est en tout cas leur certitude.Qui plus est, s'ils atteignent leur but, les autorités saoudiennes auront alors beau jeu de crier sur tous les toits qu’elles ne sont pas inféodées à l’administration Bush.À cet égard, il faut noter que l’attitude adoptée par le Roi Abdallah concernant le président Bush révèle ehconfirme que le premier juge le second inapte à prendre la hauteur nécessaire à un tel défi.Bref, le centre de gravité du monde arabe est en plein bouleversement.le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Ûti A UN PûRTMT-MoT ÎRAUPE ’A £RC.LETTRES -?- La nouvelle révolution tranquille populiste Lundi 26 mars, le Québec est entré dans une nouvelle phase, celle de la révolution tranquille populiste.C’est une grande tendance de l’opinion publique, véhiculant un désenchantement de l’État et qui veut remettre les pendules à une nouvelle heure.Implicite depuis une dizaine d’années, cette tendance vient d’exploser au grand jour avec la montée-surprise de l'ADQ.¦ Son principe essentiel est le populisme.Le peuple remplace l’État comme valeur suprême de la politique.On pourrait parler ici d’une inversion majeure du sens de la révolution tranquille toute entière basée sur l’État É II faut moins parler d’État et de bonne gestion (social-démocrate ou néo-libérale) ou même de gouvernement car les gens en ont ras le bol.Plaider pour un bon gouvernement était déjà l’erreur fatale de Bernard Landry en 2003.¦ Il faut aussi oublier les enjeux traditionnels devenus rengaines tautologiques (santé, éducation) pour parler plutôt du climat social, des pertes d’emplois aux accommodements raisonnables en passant par les gaz à effet de serre.¦ II faut faire des promesses concrètes aux gens, c’est l’aspect pro-citoyen radical de cette tendance qui plébiscite un Etat père Noël! ¦ Et la souveraineté de type anti-colonialiste canadien, chère au PQ, est désormais un archaïsme invendable.Trop structurel, trop étatiste, trop légaliste, manquant de contenu.Si les citoyens veulent persister dans cette voie, il faudra une conception nouvelle de la souveraineté.En somme la révolution tranquille continue mais en voyant certains de ses postulats réécrits dans une nouvelle perspective.La nouvelle révolution tranquille populiste est sans doute là pour longtemps.Michel Magnant Montréal Stratégique Montréal, le 29 mars 2007 Contre le dégel des droits de scolarité Je suis contre le dégel des droits de scolarité.Bien sûr, lorsqu’on entend dire que 50 $ de plus par session ne représentent que 2 $ par jour, on est certes tenté de voir les étudiants comme des bébés gâtés qui se plaignent le ventre plein.C’est que nous ne voyons que les 50 $ et pas le mot «dégel».Il ne s’agit pas d’augmenter les frais de 50 $ et de les geler à nouveau ensuite.Il s’agit d’ouvrir la porte à d’autres augmentations futures.Le gouvernement Charest a d’ailleurs mentionné que l’augmentation des droits de scolarité atteindrait les 500 $ dans cinq ans.Comment pouvons-nous être certains que ce dégel n’est pas le début d’une escalade de coûts qui mènera à une diminution de l’accessibilité des études postsecondaires?Comment pouvons-nous croire M.Charest lorsqu’il assure que l’aide financière sera revue en conséquence puisqu’il ne fera que réinjecter dans le système de bourses l’argent qu’il avait précédemment coupé au cours de son dernier mandat?De plus, malgré le gel, les frais que doivent assumer les étudiants ont tout de même augmenté si l’on prend en compte les frais afférents qui ont beaucoup augmenté ces dernières années.fi ne faut pas voir l’éducation comme une dé- pense, mais comme une richesse collective et un investissement pour l’avenir.Le savoir permet d’ouvrir son esprit sur le monde et de mieux jouer son rôle de citoyens.Une population instruite est moins pauvre et en meilleure santé.Elle paie en outre davantage d’impôts, (l’argument «argent» au moins devrait émouvoir les politiciens.) Malheureusement, les fruits de l’éducation ne se récoltent pas au cours d'un mandat de quatre ans.Pour percevoir toute la valeur à l’éducation, il faut savoir penser à long terme, ce dont la classe politique semble être incapable.J’ai déjà lu quelque part ce savoureux slogan: «Vous trouver que l'éducation coûte cher?Essayez l’ignorance!» Stéphanie LeBlanc Montréal, le 29 mars 2007 Des petits partis de gauche égoïstes et irresponsables Quelle traîtrise que ces nuisibles petits partis de gauche! Sans eux, le PQ et les souverainistes auraient gagné! Les populistes de l’ADQ ne devraient pas chercher la «clique du Plateau» au PQ: elle se trouve à Québec solidaire, où se sont retrouvés tous ceux qui veulent «se démarquer» et avoir l'air originaux.Nous leur devons une fière chandelle: grâce à leur irresponsabilité et à leur égoïsme, nous avons deux partis de droite conservateurs qui gouvernent le Québec! Merci à eux, espérons qu’ils y réfléchiront à deux fois au prochain vote, à moins qu’ils ne préfèrent voir l’ADQ au pouvoir! Vraiment, il y a de quoi être fier de ce vote très utile! Luc Poquet Montréal, le 28 mars 2007 LIBRE OPINION -?- Et si j’avais vu l’Irak agoniser.XAVIER GRAVEND-T1 ROLE Étudiant au doctorat aux Universités de Montréal et de luiusanne Septembre 1999.Je suis dans un hôtel du centre-ville d’Amman, en Jordanie.Juste à côté d’une mosquée où le muezzin appelle les fidèles à la prière dès 5-6h le matin — ne me demandez pas de me souvenir de l’heure, il était trop tôt.L’hôtel miteux où j'ai élu domicile est un repère d'irakiens en transit Ils retourneront dans leur pays bientôt.Ils cherchent à travailler, à ramener du boire et du manger pour la table familiale.Oui, en Irak, l’embargo américain fait mal.Durant les années 1990, des centaines de milliers d’enfants meurent de faim chaque année dans ce pays.Bien sûr, on peut aussi accuser le despote Saddam Hussein d’avoir pillé le pays, régné en infâme potentat et décimé des villages kurdes entiers.Reste que les Irakiens sont surtout affamés parce qu'ils manquent de vivres que les Américains bloquent.J’aimerais bien me rendre dans ce pays, à l’instar de quelques backpackers qui ont osé braver l’embargo.Mais j'y renonce.Les risques sont assez élevés.Et mes colocataires irakiens ici me conseillent plutôt de jouer au backgammon avec eux.Septembre 2001.Deux avions se fracassent contre le ventre des tours jumelles à Manhattan.Stupeur.Je suis à Montréal rue Sainte-Catherine, sous les écrans qui reproduisent à la chaîne cette folie humaine.Comme tout le monde, ahuri devant ces images hollywoodiennes, j’en perds mon anglais.On accuse Ben Laden et son groupe, al-Qaïda, basé en Afghanistan.Puis oh se tourne vers Saddam Hussein et l'Irak.Eux aussi sont coupables, dame-t-on dans les cercles du pouvoir à Washington.Londres emboîte le pas.Je n’ai pas compris: quel est le rapport entre cet acte terroriste et l’Irak?Protestation ?Mars 2003.Je suis un étudiant heureux à Paris.Dominique de Villepin avait le vent dans les voiles, grand orateur de la liberté et la prudence, pensait-on.Il avait su donner une image d’une France forte, qui pouvait dire non à Bush, Cheney, Powell.Avec un ami, on s’était dit qu’on irait devant l’ambassade américaine si le gouvernement Bush décidait d’attaquer l’Irak, faisant fi de l’ONU et des logiques.Le 20 mars, à 3h34 du matin, Cédric m’appelle: «Ça y est, ils envahissent l’Irak.Je viens te chercher.» Et nous voilà partis à la place de la Concorde, vers l’ambassade des États-Unis.On voulait rejoindre d’éventuels manifestants contre cette invasion injustifiée et immorale.Personne.Paris dort pendant que les bombes tombent à plusieurs milliers de kilomètres.Et nous sommes là, comme des çons, à nous balader vers les Champs-Élysées, avec les oiseaux.Mars 2005.Je poursuis mes études à Harvard.Oui oui, la meilleure université du monde — enfin dit-on.Depuis six mois, mon émerveillement pour ce bouillonnement des connaissances n’a pas faibli.Des conférences passionnantes, des guest-speakers hallucinants, des étudiants brillants.C’est comme être dans un microcosme planté au cœur de la vie américaine, sans y être vraiment.Une bulle de cristal dans laquelle on se plaît à prédire l'avenir du monde, mais où l’on ne s’explique pas encore comment John Kerry a pu être battu aux élections de novembre dernier.Une bulle, vous dis-je.Une belle bulle.Une amie me transfère un message annonçant trois die-in pour manifester contre l’invasion de l’Irak.Pendant que tous feront les morts, quelqu’un lira plus ou moins 4000 noms de personnes mortes là-bas, civils, soldats, quidam.Génial! Én-fin, je pourrai dire à qui veut l’entendre que les Américains ne sont pas tous comme Bush, même si ce dernier a quand même gagné une seconde fois les élections.Je transfère le message à plus de 50 personnes, amis, connaissances, professeurs, ici sur le campus.On se connaît vite, par ici.Le 17 mars, je reçois un message précisant les détails de la manifestation du lendemain.Vingt minutes pour manifester son désaccord avec le gouvernement actuel, ce n’est pas trop demander.J'arrive à llh52.Personne n’est là.J’aurais dû venir plus tôt, c’est vrai.Ça me paraît invraisemblable de ne voir personne.Ils doivent se cacher, et vont arriver en courant dans quelques minutes, c’est ça.Je me réjouis déjà de l’ampleur de l’événement.Ça va être awesome, stupendous, flabergastingl Je ne savais pas que je m’illusionnais.Mike arrive finalement, avec deux, trois amis.Et tous ceux à qui j’ai envoyé l’invitation?Et la fille qui m’a transféré l’info?Et les étudiants?Ils marchent, ils courent, ils sont là, mais pas pour l’événement.Ils passent.C’est vendredi midi.Ils ont sûrement autre chose à faire.Mais quoi?J’hallucine.Mike me demande si je viens pour le die-in.Oui, bien sûr.«Alors tu peux t’allonger là, avec les autres.» Ils sont trois, quatre.Nous serons une dizaine en tout, à faire les morts.Je prends une position tordue.Comme mon cerveau.De quelle mort s’agit-il?J’ai la mort dans l’âme.Un autre groupe est aussi présent, avec des feuillets qui insistent: Support our troops.Ils ont même le culot de nous fourrer leur torchon dans le manteau, pendant qu'on doit rester immobile.Et Mike qui lit les noms.Non, c’est incroyable.Personne n’écoute.Ce pays s’engouffre dans une guerre sans fond depuis deux ans, nous sommes au cœur d’une université où l’intelligentsia devrait avoir des mains et non pas seulement faire claquer ses synapses, et voilà-ti pas que l’anesthésie politique des étudiants se révèle au soleil du mois de mars.Pourquoi sommes-nous si peu nombreux?Je ne suis même pas Américain! Est-ce trop difficile de prendre 20 ininutes de son temps à s’étendre par terre, en plein milieu du campus, pour dire que oui, la guerre doit prendre fin.?Silence dans la démocratie À Boston dimanche 20, nous sommes 2000 personnes il paraît: 2000 dans une métropole de trois millions d’habitants, c’est peu.C’est ridicule.Ça rime à quoi la démocratie si la société civile ne fait pas entendre sa voue?Ou alors les mensonges de Washington fonctionneraient-ils?En allant retrouver des amis américains dont la générosité avec moi fut exceptionnelle jadis, j’entends le bon catholique de papa, avocat diplômé de Colombia University s’il vous plaît, déclarer à table qu’il trouve Dick Cheney extrêmement intelligent et que les campagnes de discrédit à son égard sont sans fondement.Je suis estomaqué.Mon frère, qui travaille pour une coalition d’ONG pour les droits de la personne qui font du lobby à Washington, l’est encore plus.Nous sommes à table, c’est la crise diplomatique, que faire devant un tel aveuglement?Mars 2007.Je suis à la bibliothèque de l’Université de Montréal.Je continue d’étudier.Pour comprendre, afin d’agir intelligemment.Quatre ans que cette guerre dure toujours, et ce n’est pas la fin.Où est l’engagement civil?Où sont les voix qui crient pour un monde meilleur?Ah! Barbara.Quelle connerie la guerre, oui.Combien de centaines de milliards de dollars sont investis dans la destruction de l’autre?Des milliers d hôpitaux, d écoles et de garde-manger ne verront jamais le jour à cause du coût exorbitant des missiles, des tanks et des avions de chasse.C’est indécent.Du pétrole, des complexes militaro-industriels, du profit, et plus d un milliard de gens qui ne mangent pas à leur faim chaque jour.Comment peut-on accepter cette absurdité?Quand les campus américains — où 1 intelligence devrait sauver la mise — ne sont même plus désireux de contester, qu est-ce à dire pour l’avenir?Où est rengagement civil?Où sont les voix qui crient pour un monde meilleur? ¦¦¦¦¦ LE DEVOIR, LE LUNDI 2 AVRIL 2007 IDEES Corps politique cherche tête économique: l’ADQ et les «lucides», un mariage possible?DENIS SAINT-MARTIN Professeur, Département de Science politique, Université de Montréal uel scénario peut-on imaginer pour la suite des événements après les élections de lundi dernier?Comment l’Action démocratique du Québec pourrait-elle parvenir à offrir une solution crédible capable de remplacer le gouvernement libéral aux prochaines élections?D’abord, l’ADQ doit obtenir de bonnes performances comme opposition officielle.Cela implique un certain recentrage sur e plan idéologique.Pour obtenir une majorité et former le prochain gouvernement, l’ADQ doit aller au-delà du clivage urbain-rural qu’elle a exploité durant la campagne électorale et éviter les dérapages d’intolérance à l’endroit du cosmopolitisme montréalais.Deuxièmement, le parti de M.Dumont doit attirer des candidats de prestige capables de renforcer sa crédibilité et son expérience en matière de gestion économique et d’affaires publiques.Cela ne devrait pas être trop compliqué, dans la mesure où les anciens amis de M.Gilles Taillon au Conseil du patronat vont probablement le rappeler plus rapidement qu’ils ne le faisaient auparavant Orphelins politiques Troisièmement pour espérer arracher le pouvoir aux libéraux, l’ADQ doit forcément conquérir une partie de l’électorat montréalais.Or, il se trouve qu’il existe actuellement à Montréal un vide politique.Toute la mouvance socio-économique qui évolue à l’intérieur et autour du regroupement des «lucides» ne se reconnaît pas (ou plus) dans les programmes des deux partis traditionnels.Déçu par Jean Charest qui n’a pas su répondre aux attentes sur le plan des réformes sociales et économiques, et dénonçant comme l’ADQ, le blocage produit par le clivage entre fédéralistes et souverai-itistes, le courant d’opinion représenté par les lucides est orphelin sur le plan politique.C’est une mouvance à la recherche d’un véhicule politique pour réaliser son programme de réforme de l’État-providence.Et de son côté, si elle veut aspirer à gouverner le Québec du XXI' siècle, l'ADQ doit se doter d’un discours plus moderne et plus ouvert sur la mondialisation, semblable au rationalisme économique proposé par les lucides.Coalition pour la réforme du modèle québécois La rencontre entre l’ADQ et la mouvance des L’heure n’est plus aux aventures romantiques ROBERT P.GODIN Professeur associé, Faculté de droit Université McGill es moments de grands changements sont des moments d’occasions et d’ouverture pour ceux qui ont de la vision et du courage.Le Québec politique vit un tel moment Qui aura cette vision et ce courage?En tant que citoyens du Québec, de l'Amé- rique, de la planète, nous sommes tous préoccupés par la dégradation de notre habitacle naturel Chaque jour, les médias nous font part de nouvelles études, de nouveaux faits qui nous montrent sans équivoque que la situation planétaire est d’une gravité extrême.Les nombreux conflits armés, les guerres civiles, les génocides, la disparité chaque jour croissante entre les riches et les pauvres, les nouvelles maladies infectieuses, les répressions des libertés fondamentales, la corruption et les mensonges de nos dirigeants les plus importants font en sorte que nous devons tous nous pencher sérieusement sûr notre situation et sur notre avenir.Dans ce contexte, l’option souverainiste du Parti québécois n’a plus de pertinence.Les électeurs l’ont bien senti et l’ont exprimé clairement Je suis assez vieux pour me souvenir de la mort de Duplessis, de la Révolution tranquille, des vendeuses chez Morgan qui ne pariaient pas un mot de français, de la création du RIN et de la nationalisation de l’électricité.J’y étais.Aujourd’hui, nous ne sommes plus là La situation est complètement différente, les enjeux également L’heure n’est plus aux aventures romantiques.Les enjeux sont fondamentaux et dépassent les objectifs égoïstes du nationalisme.Les pires péchés se commettent chaque jour sur notre planète au nom de valeurs nationalistes, l’être humain est en train de suffoquer.Assez de toute cette rhétorique.Le Parti québécois, s’il veut vraiment sinterroger sur son avenir comme formation politique, comme instrument de changement comme force vitale de notre société, de notre humanité, devrait mobiliser son énergie et ses convictions vers une redéfinition de ses convictions de base: U devrait abandonner sa vision indépendantiste et devenir un parti de centre-gauche dont la mission serait essentiellement la protection de notre environnement de nos ressources, de la qualité de l'air, de l’eau, de la protection de nos forêts et de nos ressources naturelles.Nos jeunes sont profondément préoccupés par la situation actuelle et se rallieraient très certainement à un Parti québécois ainsi renouvelé.Une partie importante de la population du Québec également Comment peut-on sérieusement nous parier de référendum alors que le feu est pris dans notre maison?Les dirigeants et les militants du Parti québécois auront-ils ce courage?Les Québécois les regardent et s Interrogent Le temps nous le dira.MATHIEU BELANGER REUTERS Si Mario Dumont réussissait à coopter dans ses rangs un Joseph Facal, un Claude Castonguay ou tout autre individu au profil similaire, cela pourrait produire un effet domino susceptible d’entraîner des changements très rapides sur l’échiquier politique.lucides pourrait donner naissance à une nouvelle coalition réformatrice comparable à celle formée il y a quelques années par Mike Harris en Ontario.Si Mario Dumont réussissait à coopter dans ses rangs un Joseph Facal, un Claude Castonguay ou tout autre individu au profil similaire, cela pourrait produire un effet domino susceptible d’entraîner des changements très rapides sur l’échiquier politique.Certains diront qu'une alliance entre le populisme rural de l’ADQ et le réformisme économique des lucides montréalais est improbable et contre nature sur le plan idéologique.Mais c’est oublier que Mario Dumont est d’abord et avant tout un caméléon politique.Une constante se dégage de son parcours politique: son désir de devenir le premier ministre du Québec.Ce désir serait difficilement réalisable en excluant l’élite économique montréalaise.Si le véhicule nationaliste et populiste de l’ADQ se dote d’un moteur économique néo-libéral, les conséquences pour le fameux «modèle social» québécois pourraient être radicales.Le PLQ davantage menacé que le PQ?Si une telle alliance voyait le jour, le Parti québécois ne serait pas la première victime.Les premiers à être renversés par le nouveau bolide ADQ-lucides seraient les libéraux, car ce sont eux qui ont traditionnellement monopolisé l’enjeu de la libéralisation économique.Après tout, c’est aux libéraux et non au PQ que Mario Dumont veut arracher le pouvoir.Il ne faut jamais oublier que, depuis la Révolution tranquille, le modèle social québécois a activement façonné les contours du nationalisme moderne au Québec.Toucher au modèle social, c’est aussi toucher à l’identité nationale, ce que l’actuel premier ministre ne semble pas avoir compris.Comme Jean Charest l’a découvert à ses dépens, il est difficile de réformer ce modèle si on n’est pas soi-même un nationaliste, si, à tort ou à raison, plusieurs Québécois ne nous perçoivent pas comme «un des leurs».C’est un problème qui ne se poserait pas à Mario Dumont.L'enrobage du nationalisme autonomiste de l’ADQ pourrait mieux faire passer la «pilule» néolibérale que le Parti libéral du Québec n’a pas su faire avaler à la population québécoise.Mesdames et Messieurs les élus.ISABELLE HUDON Présidente et chef de la direction.Chambre de commerce du Montréal métropolitain ermettez-moi d’abord, au nom de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de ses membres, de vous transmettre nos plus chaleureuses félicitations pour votre élection du 26 mars dernier.Bien évidemment pour mériter la confiance des électeurs de votre circonscription, vous avez dû faire la démonstration de votre engagement à travailler en faveur des intérêts de votre comté autant qu’exprimer votre volonté à défendre et à promouvoir les intérêts supérieurs de tout le Québec.Pour cette raison, les Québécois — peu importe le choix qu’ils ont fait le jour de l’élection — s’attendent à ce que tous les nouveaux élus de l’Assemblée nationale travaillent avec pragmatisme et bonne foi pour que le Québec continue de progresser.Alors que les nations du monde se livrent une concurrence féroce pour attirer le talent et les investissements, le Québec doit poursuivre sa progression, voire mieux, l’accélérer.En ce sens, il m’apparaît de mise de rappeler l’importance que revêt dans le contexte québécois le développement de Montréal, notre métropole culturelle, notre ville de savoir, notre région de grappes et d’innovation.Moteur économique Parce que la région métropolitaine de Montréal représente près de 50 % du PIB et de la population du Québec, 70 % de ses exportations et plus de 80 % des investissements privés en recherche et développement, son caractère stratégique pour la réussite du Québec ne fait aucun doute.Aussi, c’est avec beaucoup de justesse que l’on emploie l’expression «moteur économique» pour la décrire: que ce soit en générant une demande accrue pour des pro- msm J é\ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Parce que la région métropolitaine de Montréal représente près de 50 % du PIB et de la population du Québec, 70 % de ses exportations et plus de 80 % des investissements privés en recherche et développement, son caractère stratégique pour la réussite du Québec ne fait aucun doute.duits provenant d’ailleurs au Québec ou en étant au cœur de complémentarités régionales bien réelles (comme c’est le cas, par exemple, en agroalimentaire ou dans le secteur de l'aluminium), la croissance de Montréal peut effectivement avoir un effet d’entraînement sur le reste du Québec.Dans ce contexte, la circonscription ou le parti que vous représentez importe peu: le développement de Montréal fait partie des enjeux qui concernent tout le Québec et conséquemment, des enjeux qui méritent l’attention de tous les députés.Indéniablement, les régions ont des besoins criants et font face à des défis majeurs.Tout aussi vrai, une métropole de la taille de Montréal commande des investissements et des ressources qui, à l’échelle québécoise, n’ont aucune commune mesure.Cela dit il faut à tout prix éviter d’établir entre ces deux réalités distinctes des liens de cause à effet.Loin de priver les autres régions, les investissements dans la réussite de la métropole profitent à tout le Québec, ne serait-ce que parce que le retour sur investissement qu’en tire le gouvernement peut ensuite être réinvesti ailleurs, dans d’autres régions.Voilà pourquoi la dernière élection générale vous place, avec vos collègues de l’Assemblée nationale, devant un défi sans précédent D’une part il faudra réussir à faire fonctionner ce premier gouvernement minoritaire du Québec moderne; d’autre part, il faudra parvenir à partager, au Parlement autant qu’au sein de vos comtés respectifs, ce sentiment que métropole et régions sont d’abord complémentaires et que se consacrer à leur développement, avec les ressources et les mesures appropriées, doit non seulement faire partie des intérêts supérieurs du Québec, mais aussi être la source de yofre plus grande fierté.Evitons que la volonté de réussir soit perçue comme de la prétention et comprenons-la pour ce qu’elle est une réelle aspiration à la réussite.Un nationalisme en chasse un autre GILLES LAPORTE Professeur d’histoire, Cégep du Vieux-Montréal ertains pourront s’étonner du résultat de la dernière campagne électorale.Sauf, sans doute, les historiens.De fait, sans qu’il soit question d’évacuer le rôle de la conjoncture, du mécontentement éruptif et autres primes à l’ur- ne, il est aussi plausible que certains phénomènes de structure soient actuellement en marche au sein de la famille nationaliste québécoise.Ainsi, le déclin appréhendé du nationalisme progressiste du Parti québécois et le retour à un nationalisme d’essence conservatrice animé par l’ADQ.Voir Mario Dumont associer l’idée de nation à des thèmes comme la famille, l’autonomisme et la restauration morale n’a bien sûr rien d’antinomique.Histo-riquement, le nationalisme québécois y retrouverait même sa niche écologique de prédilection.Seules deux exceptions auraient ponctué un nationalisme uniformément conservateur, soit l’épisode patriote, en gros de 1807 à 1848, et la mouvance péquiste de 1960 à.2007.La question qui surgit, bien sûr, est de savoir s’il s’agit d’un simple effet de conjoncture ou si l’on est bel et bien à la veille d’un grand retour du balancier devant mener au réalignement du discours nationaliste autour de valeurs davantage conservatrices et historiquement éprouvées.Passage déjà observé De fait, le Québec a déjà opéré un tel passage d’un nationalisme libéral de type civique à un nationalisme conservateur d’essence identitaire.De 1807 à i r» 'l 1848, l’idée de nation au Qué- ^ Quebec bec est clairement associée à „ j un libéralisme puisant aux Q Ja op e sources du laïcisme et du répu-blicanisme.Le nationalisme est d’ailleurs alors l’apanage des passage d’un couches les plus avancées delà petite bourgeoisie, qui n’hési- nationalisme tent pas à mobiliser le peuple autour d’une lutte d’émancipa- liberal de tion nationale et sociale, notam- .ment lors des Rébellions de tyPe Civique 1837-1838.Durant les années 1840 et 3 un 1850, c’est le Parti Rouge qui narinnalismp porte très haut le flambeau du na°Onausme nationalisme et du libéralisme, conservateur En même temps, on assiste à la montée sourde d’un nationalis- d’essence me associant plutôt l’affirmation nationale à l’agriculturisme, le identitaire cléricalisme et le messianisme.Ces deux tendances ferraillent rageusement au moment de la Confédération, prétendant chacune détenir seules les voies du Salut national.La chronique de ce choc des nationalisme est d’ailleurs bien connue et notamment émaillée par la lutte épique entre l’Institut canadien, associé aux Rouges, et M*’ Ignace Bourget, qui finit par en excommunier tous les membres.La férocité de cette lutte montre en particulier que deux conceptions du nationalisme ne peuvent longtemps cohabiter au Québec.Aussi, après l’élection de 1867, la carte politique du Québec est transformée: «Comme vous le voyez par les marques rouges et bleues ci-dessus, le bleu l'emporte.Cette belle couleur rouge disparait chez nous.Dans quelque temps on ne la verra plus.Hélas!» (Lettre de Alexandre Archambault à A.Lusignan, cité par Jean-Paul Bernard, Les Rouges, nationalisme, libéralisme et anticléricanisme au milieu du XDC siècle.Les Presses de l’Université du Québec, 1971).Comme l’écrit l’historien Jean-Paul Bernard: «On était donc passé d'une époque, où deux groupes bien structurés avaient présenté deux définitions de la situation de la société canadienne-française et deux stratégies de développement pour cette société, à une époque où il n'y avait plus d’alternative idéologique véritable entre le parti libéral [Rouge] et le parti conservateur [Bleu].» Le clergé et la Confédération Bien sûr l’écroulement des Rouges s’explique en partie par la véritable guerre que lui aura déclarée le clergé catholique.Il demeure que le nationalisme progressiste aura aussi été victime de son incapacité à faire face au nouveau cadre canadien inauguré par la Confédération de 1867.Cet événement aura plutôt l’heur de stimuler les nationalistes conservateurs à qui il permet «de définir le Canada français comme un groupe ethnique menacé de l’extérieur et qui ne peut survivre que par une cohésion totale derrière ses élites», comme l’écrit encore Bernard.A compter de 1867, le nationalisme québécois s’engage donc, et pour un siècle, dans un long épisode conservateur.En conséquence, s’il cherche à accréditer la réémergence d’un tel nationalisme, l’ADQ pourra compter sur un corpus surabondant.Réduire le phénomène ADQ à une réminiscence de l’électoralisme duplessiste serait donc bien mesquin.Difficile en effet d’également assimiler les Honoré Mercier, Henri Bourassa, Paul Gouin ou Daniel Johnson à la même sous-espèce des «opportunistes-populiste».Or, ils constituent autant d’exemples que pourra de bon droit invoquer le chef adéquiste afin de rappeler ce que sa propre conception «autonomiste» domine le plus clair de l’histoire du Québec et que ce ne sera pas la première fois qu’elle sera venue à bout d’un nationalisme rival, fatigué et malade de sa gauche.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien DegHse, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet), Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont, Philippe Papineau (commis Internet) Isabelle Paré (santé), Louise-Maude Rioux Soucy (Culture)-, Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Du maze t (correcteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma); à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers, Claude Turcotte, François Desjardins; à l’information internationale : Jean-Pierre Icgault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l’information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; è l’information politique : Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitailleet Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction) ; Marie-Pier Frappicr, Alexandre Shields (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome, Patrick Cossette (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron.Marlène Côté, Christiane Legault, Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet.Martine Riopelle, Isabelle Sanchez.Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald Filion.Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Alexandre Gaudreau (coordonnateur à la promotion et à la sollicitation), Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie Filion, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau.Danielle Ross. LE DEVOIR, LE LUNDI 2 AVRIL 2007 ACTUALITES EN BREF Tsunami aux îles Salomon Wellington — Un tsunami provoqué par un violent séisme a frappé les côtes des îles Salomon aujourd’hui dans le Pacifique, provoquant des dégâts aux villes et villages, mais aucune information sur d’éventuelles victimes n’était immédiatement disponible, a indiqué la police.Le Centre d’alerte pour les tsunamis dans le Pacifique avait plus tôt lancé une alerte après un séisme de magnitude 7,6 survenu au large des Salomon.Selon un porte-parole de la police de l’archipel, Mick Spinks, «il n’y a pas d'informations sur des victimes».«Mais gardez à l’esprit que les communications sont très mauvaises dans de nombreuses régions», a-t-il averti.Le Centre d’alerte avait indiqué plus tôt qu’un «séisme de cette ampleur a le potentiel pour générer un tsunami dévastateur qui peut frapper les côtes dans la région proche de l’épicentre dans un délai allant de quelques minutes à quelques heures».LTiypocentre du tremblement de terre était situé à environ 350 kilomètres au nord-ouest de la capitale Honiara, à 10 kilomètres de profondeur, a indiqué le Centre d’alerte.-AFP RECOURS SUITE DE LA PAGE 1 clinique spécialisée depuis février 2006, date à laquelle prend fin le précédant recours.Mais, cette fois, l’AAA entend aller plus loin dans ses démarches juridiques.«Même si Québec a décidé de payer pour ce qui s’est fait dans le passé, on voit bien qu’il se fout totalement du jugement puisqu’il refuse de payer pour les services offerts aujourd’hui.On étudie donc de nouvelles avenues pour que les tribunaux passent le message que le gouvernement ne peut tout simplement pas agir de cette façon», explique M' Trudel en reprenant la formule de la juge Bénard stipulant que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est «un service assuré gratuitement par l’État, où qu’il soit».Au ministère de la Santé et des Services sociaux, on estime toutefois que le dossier est clos.En décembre dernier, le ministre Philippe Couillard annonçait qu’un amendement à la loi 33 permettrait désormais aux fenunes d’avoir accès à un avortement gratuit dans une clinique privée à la seule condition qu’elles passent d’abord par le réseau public.Si d’aventure le réseau ne peut pas les accueillir, les femmes sont alors autorisées à faire affaire avec une clinique spécialisée.Mais imposer aux femmes de passer par un guichet unique pour déterminer l’endroit où elles subiront leur interruption de grossesse «remet en question la liberté du patient de choisir son médecin et sa clinique», croit la porte-parole du Centre de santé des femmes de Montréal, Johanne B.de Passillé.En fait une telle pratique serait carrément contraire à la Charte, selon M' Trudel.«IJ n’y a rien dans la loi qui permet de faire ça.Présentement, la loi dit seulement que l’avortement est un service assuré où qu’il soit.» Cette division que veut créer Québec entre les CLSC, les hôpitaux et les cliniques spécialisées est un non-sens aux yeux de la U" Marie-Josée Gau-dreau, codirectrice de la clinique médicale Fémina, à Montréal.«À partir du moment où l’on prononce le mot clinique, et encore plus si l’on y accole le démoniaque mot privé, tout d’un coup, on devient satanique.La vertu est au public, le démon au privé, mais personne ne dit que toutes les cliniques d’avortement font partie du réseau public et que leurs médecins participent comme les autres au régime public.» Les cliniques privées font en effet partie intégrante du paysage depuis plus de 20 ans au Québec.Un avortement sur cinq y est pratiqué.Au contraire des établissements publics, leurs structures souples leur permettent d’ouvrir leurs portes 24h sur 24, sept jours sur sept, un avantage qui les rend irremplaçables selon Mme de Passillé.«On est dans un domaine où l’attente ne peut pas s’éterniser.Dépasser les deux semaines est impensable.Ce délai est non négociable et ne peut être assumé seul par le réseau public, quoi qu’en dise le ministre Couillard.» L’AAA comprend d’autant moins la frilosité du gouvernement libéral à l’égard des cliniques spécialisées que celles-ci sont plus économiques pour le réseau.Un avortement en clinique est en effet moins coûteux qu’à l’hôpital ou dans un CLSC, assure Mme de Passillé.Pour elle comme pour la D" Gau-dreau, qui occupe par ailleurs la fonction d’administratrice à l’AAA.la solution est simple: «Il faut que l’acte soit financé à la hauteur de ce qu’il en coûte où qu’il soit, comme c’est le cas dans d’autres provinces.» Un débat similaire a récenunent eu lieu au Manitoba, et le juge de la Cour supérieure a été clair sur le fait qu’un service assuré doit l’être partout.Devant l’absence de coopération de Québec, l’AAA est prête à défendre à nouveau ce principe, précise M'Trudel.«Si le gouvernement nous avait proposé de régler l’affaire, on aurait fait un avis pour inclure les femmes qui ont dû payer dans la dernière année et on n’aurait pas fait de recours, mais ça se dessine sur un seul front et c’est celui de la confrontation.» La D" Gaudreau est prête à faire le débat, elle qui a écrit des lettres à tous les ministres dans les dernières années pour faire valoir le point de vue des cliniques spéckilisées.«Le gouvernement a un jugement de cour dans le front qu 'il méprise.Ce faisant, il méprise aussi les femmes.Vous comprendrez qu'on est un peu désabusé du politique.C’est pour ça que la voie légale est maintenant préconisée.» Le recours collectif devrait être déposé dans les prochaines semaines.Les autres mesures judiciaires seront précisées à ce moment.Quant au premier recours, les femmes qui ont déboursé une somme d’argent pour obtenir un avortement dans la province de Québec entre le 2 mai 1999 et le 22 février 2006 ont jusqu'au 7 septembre 2007 pour remplir un formulaire de réclamation disponible sur le site Internet de la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ).Jusqu’à présent, plusieurs milliers de femmes se sont prévalues de ce droit.Si leur réclamation est acceptée, la Régie de l’assurànce-maladie leur fera parvenir leur chèque de remboursement au plus tard le 8 février 2008.Le Devoir PROPORTIONNELLE SUITE DE LA PAGE 1 «Si on a un gouvernement minoritaire depuis lundi dernier, c’est par accident», a dit Jean-Pierre Charbon-neau.«On aurait très bien pu se retrouver avec un gouvernement majoritaire.» Pétition Le collectif a fait valoir hier que le Parti libéral a pris le pouvoir avec seulement 33 % du vote populaire.Que, dans plusieurs régions, on assiste au monopole d’un seul parti.Que la représentation des femmes et des communautés culturelles recule.Bref, les 48 députés libéraux gouverneront «à la pièce» et ils risquent d'être défaits à tout moment, selon eux.Pour mobiliser la population, et donc la classe politique, le collectif a mis sur pied un site Web (nou-veaumodedescrutin.net) de même qu’une pétition.Le débat, reconnaît le collectif, souffle depuis des générations.Sourire en coin, M.Béland a cité hier un rapport de 1983 signé par le ministre de Injustice, Marc-André Bédard.Celui-ci écrivait alors que la «réforme du mode de scrutin en est à une étape cruciale» et que «depuis 1966, on en parle abondamment».M.Charbonneau remontait encore plus loin, affirmant que les premières discussions à propos d’un scrutin proportionnel ont eu lieu en 1903.Or si rien n’a été fait, affirmaient hier plusieurs membres du collectif, c’est parce que ceux qui sont chargés de le modifier sont élus en vertu du système actuel.Et que la perspective d’une refonte des règles mettrait en péril leur réélection.«C’est sous la pression citoyenne que les changements vont se faire», a dit M.Bélancj, qui a présidé en 2002-03 le comité directeur des Etats généraux sur la réforme des institutions démocratiques.11 dirige aujourd’hui le Mouvement Démocratie et Citoyenneté du Québec.Pour illustrer les résultats variés que peut produire le système majoritaire, uninominal et à un tour, M.Béland a cité en exemple une récente manchette du quotidien The Gazette.«On y écrivait qu’avec 35 % du vote, M.Charest pourrait aller chercher entre 43 et 68 sièges! Ça n’a vraiment aucun sens, parce que c’est une course aux sièges plutôt qu’une démarche visant à ce que la volonté populaire soit vraiment reconnue.Dans ce sens-là, je pense que les citoyens ont du mal à comprendre ce qui se passe.On ne peut pas les blâmer du désintérêt, et même d’un certain cynisme, quand ça fait 40 ans qu’on en parle [du scrutin proportionnel].* La classe politique s’est longuement penchée sur la question au cours des dernières années.Après avoir déposé en 2004 un avant-projet de loi portant sur la réforme du mode de scrutin, le gouvernement Charest a mis sur pied une commission spéciale et une consultation publique.Les travaux, ardus par moments, se sont toutefois soldés par une sorte d’impasse: en décembre dernier, le ministre Benoît Pelletier a envoyé le dossier de la réforme au directeur général des élections.Celui-ci doit faire rapport cet été.Plusieurs modes de scrutin proportionnel Quelle forme pourrait prendre un mode de scrutin proportionnel?Il n’y en a pas qu’une, disaient les membres du collectif hier.Un des exemples cités est en fait le mode que les citoyens ont proposé lors de la consultation publique tenue à l’occasion de l’avant-projet de loi.C’est celui de l’Allemagne.«En Allemagne, la moitié des députés sont élus au suffrage uninominal à tour, et l’autre moitié en proportionnalité, avec des listes nationales ou régionales.Les partis font donc des alliances et des compromis», a dit M.Charbonneau, qui a déjà été ministre de la Réforme des institutions démocratiques.«On se retrouve avec des gouvernements qui ont non seulement une majorité parlementaire à cause de ça, mais à cause de cette coalition, ils sont portés par une majorité de la population, et ça, c'est fondamental.» M.Charbonneau a affirmé que les gouvernements de coalition ne sont pas instables.«Ces coalitions dans les pays développés ont une stabilité gouvernementale aussi grande, sinon plus, que ce qu’on peut connaître ici.» Lors d’un entretien, M.Charbonneau a aussi évoqué la réforme dans une perspective plus stratégique.Il est faux pour les souverainistes de prétendre qu’une réforme peut attendre au lendemain d’un référendum gagnant, selon lui.Ils doivent comprendre que, s’ils ne font rien, leur nombre de sièges à l’Assemblée nationale risque de baisser.Or avec une proportionnelle, selon lui, les souverainistes seraient assurés d’avoir toujours entre 30 et 40 % des sièges.D’autres provinces ont déjà entamé des réflexions sur le mode de scrutin, comme l’Ontario et la Colombie-Britannique qui ont tenu des assemblées citoyennes.Dans la province de l’Ouest, un référendum sur la question d’une proportionnelle a récolté 57,7 % des appuis en 2005, alors qu’il fallait 60 % pour qu’elle soit acceptée.Un nouveau référendum aura lieu lors des prochaines élections générales.Le collectif ne s’est pas donné d’objectif concret quant au nombre de signatures qu’il souhaite recueillir sur sa pétition.Le Devoir GRAVEL SUITE DE LA PAGE 1 Yoga en famille CHINA DAILY/REUTERS L’HISTOIRE ne dit pas si les principaux intéressés ont apprécié l’expérience, mais ces bébés chinois ont tout de même dû se plier aux exercices de yoga que leur ont fait faire leurs parents dans un centre d’entraînement de Xiamen, dans le sud-est de la Chine.Les partisans de ce yoga pour le moins précoce estiment que cela doit permettre de développer les habiletés intellectuelles et physiques des bébés.CARPENTIER SUITE DE LA PAGE 1 «Ce succès des Québécois auprès des Japonais de même que le nombre croissant de coproductions Japon-Québec m'intriguaient beaucoup, dit le réalisateur.Le simple fait d’accéder au marché japonais est en soi un défi: les Japonais sont repliés sur eux-mêmes, craintifs de l’étranger.«Il faut souvent des années avant de gagner leur confiance, en affaires comme en amitié.Je me demandais comment ces deux cultures si différentes, Tune si franche, candide et spontanée, Vautre si fermée, stoïque et inexpressive, pouvaient se rencontrer, s’aimer et s’apprécier au point de créer ensemble.C’est un phénomène extraordinaire!» Un phénomène dont on connaît peu l’ampleur au Québec, poursuit le cofondateur de Musique Plus, même si l'histoire d'amour Québec-Japon se développe depuis plus de 30 ans.Un phénomène qui, pour les artistes d’ici, tiendrait en partie à la découverte de l’autre et à ses répercussions sur leurs processus de création.Le documentaire De Québec à Tokyo a été présenté le 5 mars dernier dans le cadre du Mois du Québec à Tokyo.En quelque 100 minutes, il donne la parole à deux douzaines d’artistes et d’intervenants québécois d’horizons variés, dont Robert Lepage, Denys Arcand, Natalie Choquette et à autant de Japonais.L’homme de théâtre y révèle notamment combien sa rencontre avec la culture japonaise l’a marqué et il commente son travail avec l’interprète nippon du Projet Andersen, Akira Shirai.On y fait également la connaissance de Kimi Amano, la «marraine» des artistes québécois au Japon.On prend aussi la pleine mesure de l’influence de l’empire du Soleil levant sur le Cirque du Soleil.Pour Marc Carpentier, il s’agit là de trois temps forts de son film, qui sera vraisemblablement télédiffusé au Québec l’automne prochain; du moins, des pourparlers avec «un télédiffuseur majeur» sont-ils en cours.Sayonara, les clichés Québécois et Japonais ont beau s’apprécier mutuellement, cette production indépendante ne s’est pas réalisée en criant No.De fait, le natif de Gatineau (à l’époque, on disait Aylmer) a dû surmonter les obstacles du poids des coutumes, d’un accès difficile aux artistes japonais surprotégés et de la langue (il pratique un japonais de survie) pour mener à bien son projet Sans compter la bureau cratie, paralysante.«Ce n’est pas le pays de l'anarchie, me disait Denys Arcand, Ce n’est pas celui du risque non plus!» «Mais le plus grand défi a été de raconter cette histoire de façon à ce que les spectateurs des deux peuples puissent comprendre ce qui les rapproche, précise le réalisateur.Pour cela, il m’a fallu d’abord expliquer nos différences en passant par le filtre de l'histoire et des traditions.«En tant que Nord-Américains, il nous faut transcender les idées préconçues que nous entretenons sur le Japon pour comprendre pourquoi les Japonais sont comme ils sont.La culture japonaise, deux fois millénaire, est si complexe, sophistiquée et unique qu’il est difficile de s’y identifier d’emblée.Aussi, transmettre cette compréhension dans le documentaire en évitant de propager des clichés ou d’inspirer des jugements de valeur représentait un grand défi.» Justement qu’est-ce qui rapproche, qu’est-ce qui éloigne les deux cultures?Sommes-nous si différents des Japonais?Oui et non, dit Marc Carpentier.«Oui, car nous sommes un peuple jeune, de souche latine, qui n’a pas peur de s’exprimer et n'a pas peur de l’échec, qui est franc et direct, alors que le peuple japonais est enraciné dans la tradition confu-cianiste qui prône l’unifbrmité.L’expression du Québécois passe par le cœur, celle du Japonais, par l’esprit et la forme.«Et non, car nous sommes deux solitudes, le Japon étant un archipel isolé du reste du monde et même de l’Asie.Québécois et Japonais partagent aussi la même sensibilité du cœur.Richard Blackburn, directeur du Théâtre de la Dame de Cœur, dit d’ailleurs que nous avons “une nappe phréatique commune”.Les Japonais voient dans le Québec un idéal qu'ils chérissent, soit la fraîcheur, la jeunesse, la liberté d’expression et une qualité de vie enracinée dans la nature.Je dirais que les Japonais d’aujourd’hui se reconnaissent en nous.» L’étranger En cours de projet Marc Carpentier a noté une constante dans le discours des artistes québécois, soit à quel point leur rencontre avec leurs homologues japonais les avait changés et combien cela se reflétait désormais dans leur œuvre.De la même manière, au fil des ans, le Japon l’a changé lui aussi.«Le Japon m’a appris plusieurs choses, dit ce professionnel des communications, entre autres que dualité et conflit sont aussi nécessaires dans la vie que non-dualité et non-conflit, que le silence est tout aussi important que la parole, que le choc provoqué par la rencontre de l’autre peut être destructeur pour un esprit fermé, mais libérateur pour un esprit ouvert.Ma rencontre avec le Japon, l’Asie, vient à point dans ma vie, après un long apprentissage spirituel.» Si son quotidien dans la mégapole lui apporte plusieurs satisfactions, dont la possibilité d’apprécier le raffinement des Japonais autant dans leurs arts que dans leurs manières, le dépaysement demeure constant «J’ai dû faire beaucoup d’efforts pour m’adapter à la vie au Japon, confie-t-il.La plus grande difficulté fut de m’adapter à l’inexpressivité des Japonais.On ne sait jamais ce qu’ils ressentent.Les choses ne sont pas dites, elles sont évoquées.Aussi, il est difficile de se faire des amis.Je m’y trouve maintenant plus à l’aise, mais je suis encore dépaysé, émerveillé.» Quant à se sentir japonais, ce n’est pas demain la veille pour ce blond gaillard de 50 ans.«Ici, un étranger n’est jamais considéré comme japonais, note-t-iL Ce peuple a une conscience aiguë du “pure laine”.À preuve, il y a peu d’immigration.Cela dit, je me sens respecté et accueilli avec sincérité.En fait, je vis parmi les Japonais tout en ayant la liberté d’être qui je suis, comme je suis.Mais pour eux, je serai toujours un Québécois vivant au Japon.» Ce qui n’empêche en rien Marc Carpentier de prendre sa place.Collaboratrice du Devoir 11 trouve particulièrement pénibles les travaux parlementaires et les discours obligatoires qui viennent avec.«Quelqu’un me demandait récemment quelle était la différence entre faire un discours en Chambre etr un discours à l’Église.C’est simple, à l’Église, le monde m’écoute! Ici, personne ne m’écoute.» Il prétend même qu’il avait un meilleur auditoire en chaire qu'en Chambre.Les prises de position de M.Gravel contre certains diktats de l’Église catholique (sa condamnation de l’homosexualité, par exemple) en ont fait un prêtre populaire au point que certains croyants arrivaient de paroisses voisines pour écouter ses messes.«L’Église était pleine», peut-il se vanter alors qu’il est de notoriété publique que la Chambre des communes n’accueille souvent qu’une poignée de parlementaires pour les travaux réguliers.11 a aussi trouvé difficile le code vestimentaire l’obligeant à porter une cravate dans l’enceinte parlementaire.Contestataire, l’abbé Gravel avoue qu’il n’en avait jamais porté de sa vie et que, curé, il suffisait qu’on lui demande de porter ses habits de prêtre pour qu’il arrive affublé d’un jean.«A un moment donné, je vais montrer mes couleurs, dire ce que je pense, mais, là, il est trop tôt.Je n 'ai pas encore assez d’expérience.» Raymond Gravel s’est toujours porté à la défense des mal-aimés.Lui-même a déjà évolué dans le difficile monde de la prostitution homosexuelle de Montréal et a été barman.Raymond Gravel s’est particulièrement ennuyé de ses anciennes fonctions de prêtre il y a trois semaines aux funérailles de Daniel Tessier, ce policier de Laval abattu dans l’exercice de ses fonctions.Il connaissait bien l’homme pour l’avoir marié, avoir baptisé sa fille et même lui avoir parlé la veille de son décès.«Je ne pouvais pas célébrer les funérailles parce que ce n’était pas moi l'aumônier.J’étais là, j’ai pu faire un hommage, mais je ne pouvais pas faire plus.J’aurais aimé faire plus pour la famille, mais il fallait que je sois à Ottawa.» Cette apparente désillusion pourrait-elle le convaincre de quitter la politique fédérale?«Je vais faire un mandat, dit-il./espère qu’il va durer un peu plus que 14 mois», ajoute-t-il en faisant référence aux rumeurs d’élections printanières.«Ma première vocation, c’est prêtre, et il en manque.Mais si je peux rendre service ici et donner le goût après à quelqu 'un de prendre ma place, tant mieux.Je vais faire un mandat, peut-être deux, selon comment ça va se passer, mais c’est sûr que je vais revenir au ministère.» L’abbé Gravel a endossé les couleurs du Bloc québécois dans Repentigny après le décès tragique du député Benoît Sauva-geau, mort dans un accident de voiture l’été dernier.Il s’est fait élire à la faveur d’une élection partielle le 27 novembre dernier.Il a perpétué la tradition des écrasantes majorités bloquistes, l’emportant avec 66 % des voix et une confortable avance de 15 000 voix sur son plus proche adversaire.Raymond Gravel reconnaît d’emblée qu’il n’a pas le sens politique d’un élu expérimenté, comme son chef Gilles Ducep-pe ou encore son collègue démissionnaire Michel Gauthier.«Mais j’ai quelque chose de plus que les autres n’ont pas: je saisis l’intériorité des gens, de mes commettants.A un prêtre, ils vont dire ce qu’ils sont alors qu’à leur député, ils vont dire ce qui leur manque, sur le plan matériel.» Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-8004657559 L’agenda culturel 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