Le devoir, 12 mars 2003, Cahier A
?w w w .1 e (I e v oir.c o m * LE DEVOIR BUDGET 2003-2004 Famille 225 millions en cinq ans pour concilier le travail et la famille Logement 270 millions afin d’améliorer l’accès au logement Biotechnos Création d’un fonds de 300 millions pour les biotechnologies Transports Autobus et métro seront déductibles d’impôt PERSPECTIVES Le sac vide On peut se demander ce que Pauline Marois avait réellement à l’esprit en déclarant qu’elle présentait son budget «dans un contexte stimulant et encourageant».Voulait-elle vraiment parler de la remarquable croissance économique que le Québec a connue au cours de la dernière année ou des sondages qui laissent entrevoir une victoire pé-quiste encore inimaginable il y a trois mois à peine?A moins de 24 heures du déclenchement des élections, on ne peut pourtant pas l’accuser d’avoir joué à la mère Noël.Si on fait exception de la santé, où les 838 millions de dollars récupérés d’Ottawa permettent d’augmenter les dépenses de façon substantielle, les annonces faites hier sont beaucoup trop modestes pour être qualifiées de cadeaux.D est vrai que le gouvernement en a déjà distribué beaucoup au „ cours des dernières semaines.C’est précisément toute la beauté de la chose.Avec un budget aussi chiche, il était bien difficile pour l’opposition de s’indigner.Même Jean Charest a dû reconnaître qu’il n’y a «pas grand-chose de nouveau» dans le budget.Pas grand-chose à dénoncer, donc.Mario Dumont a parlé d’un «sac vide».En désespoir de cause, il a rappelé le souvenir de 1981, quand les mauvaises nouvelles sont arrivées api;ès les élections.A la limite, on peut parler de petits «bonbons», qui permettent de sucrer le bec des électeurs à peu de frais.Comment appeler autrement VOIR PAGE A 8: SAC Michel David ?Prudence dans la dépense De nouvelles mesures de 400 millions financées par des compressions DIDIER DEBUSSCHERE REUTERS La vice-première ministre du Québec et ministre des Finances, Pauline Marois, a reçu les applaudissements de ses collègues à l’occasion de la lecture de son troisième budget, hier à l’Assemblée nationale.C’est le secteur de la santé, dont le budget passe de 17,7 à 19,1 milliards, qui accapare le gros de l’accroissement des dépenses gouvernementales.KO HE RT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC La vice-première ministre et ministre des Finances, Pauline Marois, a présenté hier un budget de 58,85 milliards comprenant des dépenses en hausse de 5,8 %, une augmentation dont 90 % sera consacrée à l’ouverture de nouvelles places en gar derie et à des mesures déjà connues en santé et en éducation.Le troisième budget Marois prévoit en outre une série de nouvelles petites mesures dont les coûts, qui totalisent 4(XI millions, seront financés par des compressions La semaine touchant l’ensemble de l’appareil gouvernemental.Mais la semai- de quatre ne de quatre jours, pièce centra- ., le de la stratégie électorale du jours 11 est Parti québécois, axée sur la conciliation travail-famille, n’est Pas au pas au rendez-vous, sauf sous rvndev vrm« forme de projets-pilotes.En ce renC,tZ'VOUS’ qui concerne la lutte contre la sauf SOUS pauvreté, l’effort consenti se situe bien en deçà de l’engage- forme ment gouvernemental.«Le budget que je présente aujourd'hui est de projets-prudent», a souligné Mme Marois dans son discours à l’Assem- pilotes blée nationale.C'est le secteur de la santé qui accapare la part de lion de l’accroissement des dépenses gouvernementales: son budget passe de 17,7 à 19,1 milliards, une augmentation de près de 8 %.I.a part du budget du Québec consacrée à la santé dépassera le seuil de 40 %, atteignant 41 %.Si on exclut la santé, les dépenses de l'Etat connaîtront une croissance de 3,7 %.Mme Marois consacre 838 millions des nouvelles sommes reçues du gouvernement fédéral pour la santé dès cette VOIR PAGE A 8: PRUDENCE lire aussi ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 6 ¦ La chronique de Gérard Kérubé, page B 1 ¦ Des millions pour repeupler les régions, page H 2 ¦ Les démunis sont les parents pauvres du budget, page H 3 Recensement 2001 Les salaires baissent dans le sillage du baby-boom JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR En 1980, le jeune Canadien qui avait entre 25 et 29 ans et qui travaillait à temps plein gagnait 40 148 $ par année.Vingt ans plus tard, un jeune homme du même âge, pourtant plus scolarisé, ne gagne plus que 36 525 $.La comparaison, en dollars constants, témoigne bien de ce que Statistique Canada appelle pudiquement la «démarcation générationnelle sur le marché du travail» dans les données tirées du recensement du 15 mai 2001 qui ont été publiées hier.En fait, la différence a un nom: baby-boom.Les hommes de moin,s de 40 ans ont perdu des revenus depuis 20 ans.A l’inverse, ceux de 40 ans et plus, particulièrement les plus de 50 ans, ont fait des gains.De façon générale, il y a eu une augmentation des gains d'emploi au Canada: de 7.3 % depuis 1990, pour une moyenne nationale de 31757 $ (29 385 $ au Québec).Si on ne compte que les Canadiens travaillant à temps plein, on constate que les gains moyens sont de 43 231 $ (39150 $ au Québec).VOIR PAGE A 8: SALAIRES ¦ Les Canadiens sont plus instruits, page A 3 INDEX -4 Actualités.A2 Annonces.B 8 Avis publics.B 5 Bourse.B 4 Carrières.B 6 Culture.B 10 Économie.B 1 VSt Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.A4 Mots croisés .B 5 Sports.B 8 Télévision.B 9 IRAK PAUL MARTIN Rumsfeld n’exclut pas une guerre sans la Grande-Bretagne L’armateur s’efface devant l’éventuel premier ministre ¦ À lire en page A 3 Le Canada présente un nouveau plan qui accorde trois semaines à l’Irak pour désarmer Un portrait sans concession I KEVIN DEMARQUE REUTERS Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a déclaré hier que les Etats-Unis pouvaient attaquer l’Irak, même sans une participation britannique.Un communiqué de la Défense a plus tard précisé que M.Rumsfeld n’avait «pas de doute sur le soutien entier du Royaume-Uni ASSOCIATED PRESS, REUTERS ET LA PRESSE CANADIENNE Washington — Les forces américaines sont prêtes à entrer en guerre contre l’Irak, avec ou sans l’aide de la Grande-Bretagne, a affirmé hier le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, alors que Washington et Londres bataillaient âprement à l’ONU pour surmonter l'opposition à leur projet de résolution justifiant un recours à la force.Le chef du Pentagone a reconnu que le rôle de la Grande-Bretagne dans un éventuel conflit reste flou pour le moment, une allusion aux grandes difficultés rencontrées par le premier ministre britannique Tony Blair pour faire accepter sa ligne proaméricaine par son opinion publique et par son propre parti travailliste.Signe de cette difficulté, la Grande-Bretagne discute avec les Etats-Unis au sujet d’un amendement au projet de résolution, qui aurait pour effet de reporter de quelques jours (après le 17 mars) l’ultima-tum lancé à Bagdad pour son désarmement «S’ils sont en mesure de participer dans l'éventualité où le président [Bush] décide d’utiliser la force, cela sera évidemment le bienvenu.S'ils ne le sont pas, il y a des moyens de contourner le problème, et ils ne seraient pas impliqués, du moins dans cette phase», a déclaré M.Rumsfeld lors d’un point de presse au Pentagone.VOIR PAGE A 8: RUMSFELD ¦ Le Pentagone teste la «mère de toutes les bombes», page A 4 l'Alll IriHNSON M»** Paul Johnson Napoléon COLL GRANDES FIGURES, GRANDES SIGNATURES 28* PAGES « 19,95$ * 1 V I LE DEVOIR.LE MERCREDI 12 MARS 2 O O 3 A 2 ?LES ACTUALITÉS- Manifestation le samedi 15 mars Nouvelle mobilisation populaire contre la guerre, pour la paix I f«a i îlfJlë «non PSI* L É - JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dan Bigras et Soraya Benitez, chacun à leur façon, ont manifesté leur opposition à l’agression, selon leur mot, que s’apprête à commettre George W.Bush contre l’Irak.EN BREF Grève des technologistes médicaux (PC) — Iü majorité des technologistes médicaux œuvrant dans les laboratoires des hôpitaux du Québec feront la grève pendant deux jours la semaine prochaine, lundi et mardi, dans le but de conclure à court terme la négociation de leur convention collective.Si cette pression n’était pas suffisante, les technologistes médicaux ont mandaté les dirigeants de l’Association professionnelle des technologistes médicaux (APTMQ) à déclencher une grève générale d’une durée illimitée.L’association, qui compte 4300 membres sur les 5(XX) technologistes médicaux au Québec, est l’une des rares organisations à avoir refusé de prolonger d'un an le contrat de travail de ses membres, au printemps dernier.Les autres groupes de la fonction publique et parapublique avaient accepté une augmentation de deux pour cent et la reconduction de leur contrat pour une autre année.Entente pour indemniser les victimes de TÉglise anglicane (PC) — Le gouvernement fédéral et l’Eglise anglicane du Canada ont signé hier une entente qui prévoit la création d’un fonds d’indemnisation à l’intention des victimes d’agressions dans les pensionnats autochtones—malgré l’opposition d’un conseil représentant les peuples autochtones.Le principe de l’entente, qui entre en vigueur samedi, a été adopté à ( ttUjwa en novembre dernier.Elle prévoit le versement par l’Eglise anglicane de 25 millions en compensations, en réponse aux poursuites intentées depuis que le gouvernement fédéral a présenté des excuses, en 1998, pour les mauvais traitements remontant aux années 1930.L'accord «est destiné à mettre fin aux souffrances perstmnelles de milliers de victimes d'agres-sùms», a déclaré le ministre des Travaux publics Ralph Goodale, qui a signé le pacte avec l’archevêque anglican Michael Peers.«Nous avons résolu nos problèmes et défini nos rôles et responsabilités pour nè I Le conflit en Irak sera le plus couvert depuis celui au Vietnam Plus de 700journalistes intégreront les forces américaines en cas de guerre JOHN SCHULTS REUTERS En attendant l’«action», la presse se contente de couvrir des activités plus routinières.USB LUKE BAKER REUTERS Camp Virginia, Koweït — La guerre qui se profile dans le Golfe est d’ores et déjà annoncée comme le conflit le plus couvert par les médias depuis celui du Vietnam dans les années 1970.Plus de 700 journalistes (reporters, cadreurs de télévision et photographes) du monde entier sont en effet appelés à intégrer les unités des forces armées américaines en cas d’attaque contre l’Irak dans une opération sans précédent baptisée «Presse intégrée» («Media Embedding»).Même le conflit du Vietnam, qui avait pourtant sérieusement mis à mal les relations traditionnellement délicates entre l’institution militaire et les médias, n’avait pas fait l’objet d’un tel déferlement de journalistes appelés à côtoyer les combattants, à dormir et à travailler à leurs côtés.«Quand l’histoire de cette opération d’intégration sera écrite, je pense que ce sera un tournant dans la manière dont les militaires et les médias auront coopéré.Cela servira d’exemple pour la couverture des guerres à l’avenir», a déclaré à Reuters le lieutenant-colonel Franklin Childress, chargé de diriger les relations avec les médias au Koweït Le colonel Childress et les officiers qui coordonnent l’opération Media Embedding assurent que les journalistes invités à travailler au sein même des unités disposeront d’un accès sans précédent au travail des soldats, permettant ainsi au monde entier d’être spectateur de la totalité d’un conflit moderne, sans complaisance aucune.Mais des réserves et des craintes subsistent quant au risque de manipulation des médias par les militaires, qui ont imposé 50 règles strictes sur le terrain, et beaucoup de journalistes craignent d’être contraints de diffuser une version édulcorée ou diluée des événements.Alors que des journalistes auront accès à des informations dites «classées» (confidentielles), ils reconnaissent que des contrôles seront exercés pour assurer qu’ils ne divulguent pas d’informations «sensibles».Seules les fautes ou les erreurs permettront de voir où finit l’indépendance des médias et où commence la surveillance des militaires.Alors que certains journalistes «intégrés» seront incorporés au sein de la marine et de l'armée de l’air, la plupart le seront dans des unités terrestres ou le corps d’élite des «marines», actuellement déployés dans des camps dans le désert du Koweït, juste au sud de la frontière irakienne.En tenue civile et dépourvus de toute arme, ces «intégrés» seront toutefois équipés de combinaisons et de masques fournis par l’armée pour se protéger des armes chimiques et bactériologiques.Ils seront, en principe, autorisés à monter au front en cas de conflit Sur le terrain, les journalistes vivront «à la dure» avec les soldats, sous des tentes abritant une centaine d’hommes ou de femmes.Le lieutenant-colonel Paul Grosskruger, commandant le 94 bataillon de Génie américain, croit au succès de l’opération, même s'il craint avant tout les journalistes qui ne supporteront pas les conditions sur le terrain ou, pire, qu’il y ait des victimes dans leurs rangs.«Nous voulons des médias, mais nous ne voulons aucun blessé», affirme-t-il.Les juges de la CPI ont prêté serment Le Canadien Philippe Kirsch est le premier président du nouveau tribunal ANTHONY DEUTSCH ASSOCIATED PRESS La Haye — Il faudra peut-être attendre plusieurs années pour la voir tenir son premier procès, mais la Cour pénale internationale (CPD, créée l’an dernier et qui doit faire face à l’hostilité des Etats-Unis, a franchi hier une étape vers son entrée en action effective avec la prestation de serment de ses 18 juges.La CPI est le premier tribunal permanent chargé de juger les auteurs de génocide et de crimes de guerre.Ses juges ont çté élus le mois dernier par les 89 Etats signataires du traité de Rome de 1998, qui fonde la CPI.Le Canadien Philippe Kirsch a été nommé hier prentier président de la CPI.Il présidait les négociations du traité fondateur.Deux femmes, la Ghanéenne Akua Kue-nyehia et la Costaricaine Elizabeth Odio Benito, ont été désignées vice-présidentes.Sous l'œil du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, et de la reine Beatrix des Pays-Bas, les 18 magistrats — onze hommes et sept femmes — ont juré de rendre la justice «avec impartialité et en conscience» dans l’enceinte du parlement néerlandais.La cérémonie s’est déroulée devant 550 invités triés sur le volet, parmi lesquels des chefs d’Etat et de gouvernement et des mi-qistres des Affaires étrangères.Les Etats-Unis n’avaient envoyé aucun représentant officiel.Il s'agit du premier événement public pour la CPI, qui est née le 1" juillet dernier après ratification de son traité fondateur par 60 pays.Le traité avait été signé par l’administration de Bill Clinton, mais son successeur.George W.Bush, y a renoncé.Les organisations de défense des droits de l’homme ont salué cette séance inaugurale de la CPI, estimant qu’elle envoyait le message aux despotes du monde entier qu’ils devront désormais rendre des comptes à la justice.Reste que les Etats-Unis sont farouchement opposés à la juridiction.Washington a négocié avec des pays tiers 22 traités bilatéraux qui accordent aux citoyens américains une immunité contre les mandats d’arrêt de la cour.Le Congrès américain a même adopté une loi autorisant la Maison-Blanche à utiliser «tous les moyens nécessaires» pour libérer les Américains qui seraient détenus par la CPI.Le tribunal aura compétence pour juger les crimes de guerre, dont ceux de génocide, dans tout Philippe Kirsch pays ayant ratifié ses statuts, ci ce pays refuse de poursuivre les suspects lui-même.Les Etats non partis au traité et le Conseil de sécurité de l’ONU peuvent demander son intervention.Un Américain «déçu» Ses attributions ne sont pas rétroactives: elles ne s’appliquent pas pour les crimes commis avant juillet 2002.La cour dispose d’un personnel initial de 62 employés et siège à La Haye.Mais il faudra peut-être attendre plusieurs années avant de la voir rendre son prentier jugement, et la conduite d’une enquête et d’un procès pourrait nécessiter le recrutement de nombreux employés supplémentaires.Bien que l’ambassadeur américain aux Pays-Bas, Clifford Sobel, ait décliné l’invitation à la cérémonie inaugurale, l'homme qui avait signé le traité au nom des Etats-Unis, David Scheffer, était présent.Interrogé par l'Associated Press, il s’est déclaré «très déçu» de l’attitude de son pays envers la CPI.«C'est extrêmement dommageable pour les intérêts nationaux américains», a-t-il estimé.La nouvelle juridiction s'inspire des tribunaux pénaux internationaux (TPI) pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda.Elle ne pourra pas entamer de poursuites ou d'enquête tant quelle n'aura pas de procureur.Pour le moment, les Etats PAUL VREEKER REUTERS partis ont été incapables de s’entendre sur le nom d’un candidat.Philippe Kirsch, élu président de la CPI, navigue depuis trente ans dans les hautes sphères du droit international et de la diplomatie, qui l’ont mené des Nations unies à la Cour internationale de justice.Né à Namur, en Belgique, le 1" avril 1947, arrivé au Canada avec ses parents à l’âge de 14 ans, ce juriste diplômé de l’Université de Montréal a à peine 25 ans lorsqu’il entre au ministère des Affaires étrangères à Ottawa.Depuis, il a cumulé les postes de conseiller juridique, spécialisé dans les litiges internationaux, et d’ambassadeur, notamment à l’ONU à New York et en Suède, où il était en poste jusqu’à son élection en février comme juge de la Cour pénale internationale à La Haye.Son élection par ses pairs à la tête de la nouvelle CPI n'est guère surprenante car il s’est implique depuis le début dans la création de ce nouveau tribimal international.Alors que les négociations entre les différents pays butaient sur des points délicats définissant les missions de la CPI, il a joué un rôle clé dans l’élaboration du texte, qui a finalement été adopté par 120 délégations et rejeté par sept, tandis que 21 s’abstenaient.•Est-ce une cour parfaite?Pas encore, mais c'est une cour forte», affirmait-il alors.Un message aux despotes du monde entier qu’ils devront désormais rendre des comptes à la justice Le Pentagone teste la «mère de toutes les bombes» AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Les forces aériennes américaines ont testé hier avec succès la bombe la plus puissante dont elles aient jamais disposé, un engin guidé par satellite de 9,5 tonnes, a annoncé une porte-parole de la base aérienne d'Eglin, en Floride.«Elle a explosé» juste après 13h, a dit Nicholasa Brown, interrogé sur l'essai de la bombe MOAB (Massive Ordnance Air Blast - arme massive à effet de souffle), surnommée la «mère de toutes les bombes» en raison de ses initiales en anglais, qui aurait un pouvoir de destruction équivalant à celui d’un petit engin nucléaire.«Ce n’est pas rien», a souligné le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld lors d’une conférence de presse.La MOAB dépasse en puissance la BLU-82, surnommée «daisy cutter» (littéralement «faucheuse de marguerites»), considérée jusqu’ici comme la plus grosse bombe classique du monde et la plus destructrice de l’arsenal conventionnel américain.Elle dispose d’un système de guidage GPS et ne peut être larguée, vu sa taille, que depuis un avion cargo C-130.«Son emploi peut être très dévastateur contre des forces terrestres, c’est une arme psychologique», a déclaré Jake Swenson, un porte-parole de la base.Le chef d’état-major américain, le général Richard Myers, s’est refusé hier à indiquer si des MOAB seraient envoyées sur le théâtre d’éventuelles opérations en Irak.«Évidemment, tout ce que nous avons dans notre arsenal, tout ce qui est en train d’être développé pourrait être utilisé» en cas de guerre, a toutefois ajouté le général Myers, lors d’une conférence de presse au cours de laquelle M.Rumsfeld a remarqué pour sa part que les Etats-Unis cherchaient par tous les moyens à faire pression sur l’Irak.«Le but est que les capacités de la coalition soient si visibles et évidentes que l'armée irakienne soit puissamment dissuadée de combattre contre la coalition, et que Saddam Hussein soit puissamment encouragé à partir et épargner un conflit au monde», a dit M.Rumsfeld.Le développement de la MOAB a commencé l’année dernière au laboratoire de recherche d'Eglin.EN BREF Un hélicoptère ipilitaire s’écrase dans l’Etat de New York Washington (AFP) — Un hélicoptère de l'armée de terre américaine s'est écrasé hier à Fort Drum, dans l’Etat de New York, et il y a au moins deux survivants, a annoncé un responsable de la 10' division de montagne.Le porte-parole, le major Daniel Bohr, n’a pas confirmé des informations antérieures au Pentagone, selon lesquelles 15 personnes se trouvaient à bord de cet appareil, de type UH-60 Black Hawk.Le nombre des occupants n’est pas connu, mais «il y avait des passagers à bord», a déclaré le responsable.Fort Drum comporte un vaste terrain qui sert de base à la KX division de montagne, une unité d’élite d’infanterie légère, C’EST PAS SEULEMENT UNE QUESTION D’ARGENT LE BUDGET 2003-2004: DU COEUR.COMME DE RAISON.Pour une sixième année consécutive, les Québécoises et les Québécois ont droit à un budget équilibré respectant le déficit zéro.Mais au-delà des chiffres se trouve une volonté ferme d’améliorer la qualité de vie de chaque citoyen.Voici donc les principales mesures du budget 2003-2004 qui nous aideront à bâtir, tous ensemble, un Québec plus prospère et surtout plus humain.La famille Conciliation famille - travail 20 millions $ pour soutenir, dans les entreprises de moins de 200 employés, tout projet aidant les parents à mieux concilier le travail et la vie de famille (semaine de 4 jours, horaire variable, congés particuliers, etc.).Centres de la petite enfance Le réseau de 200 000 places sera complété dès mars 2005, soit une année plus tôt que prévu.Congé parental pour les travailleurs autonomes Crédit d’impôt équivalant à 55 % du revenu net pendant 12 semaines.Logement 270 millions $ pour permettre la construction de 20 000 logements à loyer modique ou abordable.Le développement économique Emploi 60 millions $ pour la formation de la main-d’œuvre.100 millions $ pour soutenir le développement des coopératives, des entreprises d’économie sociale et favoriser la croissance des exportations.Biotechnologie Création d’un fonds de 300 millions $, en partenariat avec le secteur privé, destiné à favoriser l’expansion des entreprises et ajout de 50 millions $ dans le programme Bio-Levier.C’est votre budget.Consultez-le.www.mfer.gouv.qc.ca Finances, Économie et Recherche Québec > > V A « L K DEVOIR.LE M E R C R E D M A R .S 2 0 0 It EDITORIAL Une soupe social-démocrate Le budget 2003-04 présenté hier par la ministre des Finances, Pauline Marois, est d’un électoralisme nouveau genre.Alors qu’on aurait pu s’attendre à une nouvelle vague de réductions d’impôts susceptibles de plaire à la classe moyenne, le choix du gouvernement a plutôt porté sur l’augmentation des dépenses.Un budget tout de même prudent, conçu pour répondre aux attentes en santé, en éducation, pour la famille et dans les régions.Mais pour les nouveautés, il faudra attendre la campagne électorale.Hi les entreprises ni les contribuables ne sortent vainqueurs de l’exercice budgétaire auquel la ministre des Finances s’est livrée.À l’exception de quelques avantages consentis aux régions, aux travailleuses autonomes enceintes et aux usagers des transport en commun, qui pourront déduire de leurs revenus le coût de leur laissez-passer mensuel, personne ne verra son fardeau fiscal diminuer l’an prochain.En revanche, les grands réseaux de la santé et de l’éducation profiteront de budgets accrus de façon spectaculaire.La santé d’abord, dont le budget augmente de 7,7 % et accapare désormais 41 % des dépenses de programme du gouvernement, au lieu de 36 % il y a cinq ans; l’éducation ensuite, dont les crédits augmentent de 6 % cette année seulement.En somme, le gouvernement Landry a fait son lit en cette veille de campagne électorale en choisissant de dépenser la plus grande partie des fruits de la croissance dans des secteurs où ses alliés politiques, syndicats, groupes sociaux et employés de l'État l'accusent depuis des années d’avoir abandonné ses convictions social-démocrates.Le pari est risqué et résulte de l’analyse stratégique faite par un gouvernement résolu à occuper tout le terrain au centre-gauche de l’échiquier politique.Au contraire, libéraux et adé-quistes proposent de revoir le rôle de l’État, de comprimer les dépenses et de réduire le fardeau fiscal pour tous.Et on ne pourra même pas accuser le gouvernement de dilapider les fonds publics puisque les prévisions montrent que même après ce budget expansionniste, la place des dépenses globales reste stable par rapport au PIB du Québec.Il faut être logique: ou bien on souhaite que l’État réponde aux attentes croissantes en santé et en éducation, qu’il intervienne en région pour stimuler l’activité économique et retenir les jeunes sur place, ou bien on privilégie les baisses d’impôts.A l’heure actuelle, il apparaît difficile, voire impossible, de faire les deux à la fois.En matière sociale, le budget Marois annonce une accélération fort bienvenue de la construction de logements sociaux ou abordables, de même qu’un modeste investissement dans la lutte contre la pauvreté.Certains seront très déçus qu’aussi peu d’argent soit consacré à ce dernier volet, sur lequel le gouvernement a tant insisté depuis deux ans, et ils auront raison.A 160 millions en trois ans, nous voilà loin du 1,5 milliard en cinq ans qu’on avait annoncé.Mais en étant le seul parti convaincu de la nécessité d’une intervention directe en la matière, on peut faire l’hypothèse que le gouvernement n’a pas jugé prioritaire d’y consacrer dès maintenant, alors que l’économie va bien, une large part de sa marge de manœuvre très restreinte.Là où le budget Marois est le plus décevant, c’est sur le volet de ce fameux thème de la conciliation travail-famille.La mesure est populaire, mais à l’exception de l’accélération du programme de création de places en garderie, elle sent toujours autant l’improvisation.Que ce soit l’idée d’autoriser les parents de jeunes enfants à prendre une journée de congé par semaine ou celle d’introduire une troisième semaine de vacances annuelles pour tous, l’une et l’autre ne font l’objet que d'une longue allusion dans les documents budgétaires et ne sont accompagnées que d’une somme ridicule qui ne sera d'aucun soutien véritable aux entreprises.Un bon régime parental ne doit-il pas émerger de la solidarité collective plutôt que de l’initiative des individus et des entreprises?Pour le moment, tout, dans cette promesse, sent l’électoralisme pur.Dès aujourd’hui, le Québec entre en campagne électorale.En se tassant à gauche comme il le fait au lieu de s’inscrire dans le courant de remise en cause du rôle de l’État que lui suggérait Joseph Facal, le premier ministre Landry tente de tirer le tapis de dessous les pieds des libéraux et des adéquistes.Si on se fie aux derniers sondages, avouons qu'il y réussit plutôt bien.et sans trop se forcer.Pour le moment, du moins.Jean-Robert Sansfaçon ?Une société juste S i on veut trouver un emploi bien rémunéré, il vaut mieux avoir complété des études supérieures, confir me une nouvelle fois Statistique Canada, qui a publié hier une autre tranche de son recensement.Cette donnée n’est cependant pas absolue, surtout dans le cas des jeunes.Ces derniers seraient tout à fait justifiés d'accuser les baby-boomers de monopoliser la richesse.En fait, les jeunes n’ont pas connu de hausse de leurs gains moyens au cours des 20 dernières années.La situation est évidemment pire pour ceux qui n’ont pas complété d’études universitaires, mais même dans ce dernier cas, l'enrichissement n’a rien à voir avec les gains réalisés par les plus de 40 ans.surtout chez les hommes nés au pays (car les immigrants, même très scolarisés, occupent des emplois peu qualifiés).En fait, non seulement les jeunes hommes qui ont commencé à travailler à la fin des an nées 80 et dans les années 90 gagnaient moins que leurs homologues qui ont entamé leur carrière dans les années 70, les progrès qu’ils ont réalisés au fil des ans sont demeurés modestes alors que, 20 ans plus tôt, leurs aînés obtenaient de généreuses hausses de salaire.Par ailleurs, l’écart entre les hommes et les femmes diminue parce que ces dernières travaillent plus d’heures et sont plus nombreuses à avoir complété des études universitaires.Mais cela ne signifie pas qu’elles sont plus avantagées que leurs collègues masculins lors qu’elles entrent sur le marché du travail aujourd’hui.Peut-être se demandera-t-on moins, à l’avenir, pourquoi les jeunes retournent vivre chez leurs parents.Statistique Canada offre une bonne partie de la réponse: les jeunes n’ont tout simple ment pas les moyens de se payer un logement décent et de concrétiser leurs projets d'avenir.Le dialogue entre les jeimes et les baby-boomers n’est pas toujours harmonieux.Entre les moins de 30 ans, qui dénoncent les privilèges que se sont arrogés leurs aînés au cours d’une période de grande ex-pansion économique, et les plus vieux, qui ne se gênent pas pour dire qu’ils en ont soupé de ces jérémiades, le ton n'est pas toujours propice au dialogue.Mais l’enquête de Statistique Canada démontre avec une incontestable clarté que l’univers dans lequel évoluent les jeunes aujourd'hui a peu à voir avec le monde de ceux qui les ont précédés.Il est pourtant primordial que la génération montante puisse prendre sa place et assurer son autonomie financière.Paute des Rivières O O O ( LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE ar Imprimerie Québécor St-Jean, «00, boulevard Industriel.Saint Jean sur Richelieu, division de Imprimerie» Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et À diffuser les informations publiées dans L* Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du (troupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envol de publication — Enregistrement n* 0R58.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SALAIRES SUITE DE LA PAGE 1 Vers une entente chez Vidéotron Patrons et syndiqués négocient les dernières virgules VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Les heures filent et l’épilogue du conflit qui fait rage chez Vidéotron depuis 10 mois approche.Patrons et syndiqués négocient toujours de façon intensive et sont à quelques virgules près d’une entente de principe.•Un réglement pourrait survenir dans le dossier Vidéotron dans les jours qui viennent», a commenté hier après-midi le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP-FIQ) par voie de communiqué.«Pour l’instant, nous sommes près d’une entente de principe et les pourparlers se poursuivent.» On précise que le comité de négociation s’est réuni hier matin pour «discuter des derniers développements et procéder à une évaluation de l’ensemble du dossier».Une autre rencontre était également prévue en soirée avec les négociateurs patronaux, en présence du médiateur fédéral Jacques Lessard.Lundi soir, les équipes de négociation ont donné signe de vie après de longues semaines de silence.Les deux parties ont fait savoir qu’il y avait eu intensification des pourparlers au cours des derniers jours et que cette ronde de négociation pourrait déboucher sur une en-tente «à très court terme».A la FTQ, on confirme qu’il y a eu blitz de négociation marqué de quelques nuits blanches.Ces nouveaux efforts auraient permis d’accoucher d’un projet d’entente actuellement à l'examen.Du côté patronal, on est également très optimiste, tout en refrisant de fixer une date ou une heure butoir pour l’annonce d’un règlement.Le conflit chez Vidéotron a éclaté au début du mois de mai 2002.Les employés ont déclenché la grève, mouvement suivi quelques minutes plus tard par un lock-ouL Quelques jours plus tard, Vidéotron annonçait la vente de son service technique de réparation et d’entretien à Entourage Solutions technologiques.Ce faisant, 654 employés (dont 646 techniciens) changeaient de patron, ce qui permettrait à Vidéotron, selon ses dires, d’épargner 15 millions par année.Cette transaction est au cœur du litige qui oppose la direction et ses employés depuis de longs mois.D’un côté, on affirme avoir demandé à maintes reprises à la partie syndicale d’aider à trouver des solutions pour générer des économies et ainsi éviter la vente.De l’autre, on affirme que la stratégie patronale était de vendre coûte que coûte et quU y a donc eu négociation de mauvaise foi dès le départ Chez Entourage, les nouveaux employés verront leur semaine de travail passer de 35 à 40 heures et leur salaire baisser de façon substantielle une fois que Québécor cessera de verser une compensation pour perte de revenu.Chez Vidéotron, les techniciens gagnaient entre 17,67 $ et 29,42 $ l’heure.Depuis que ces données ont été rendues publiques, il semble que les deux parties aient mis de l’eau dans leur vin.Si entente de principe il y a, elle devra être plus généreuse quant à la durée de la prime de raccordement et demander moins de concessions en matière de salaire et d’avantages sociaux aux employés qui resteront à l’emploi de Vidéotron.Après l’échec d’une première médiation cet été, les pourparlers ont repris cet automne en même temps que la direction de Vidéotron annonçait la nomination de Lucien Bouchard à titre de négociateur principal Mais cette hausse n’a pas touché tout le monde.Les grands gagnants sont ceux qui touchent 100 000 $ et plus par année.Ds ont beau ne représenter que 2,7 % des travailleurs, leur nombre est quand même passé de 264 500 personnes en 1990 à 447 000 en 2000: une hausse de 68,8 % alors que le nombre total de travailleurs au pays n’a crû que de 10 %.Ces haut salariés sont des hommes à 84 %, âgés entre 35 et 54 ans dans 71 % des cas et universitaires pour 61 % d’entre eux.Les perdants sont les jeunes, particulièrement les garçons, et les immigrants.Quant aux femmes, lentement mais sûrement elles grignotent l’écart qui les séparé de leurs collègues masculins.A 25 ans, les hommes d’aujourd’hui commencent leur vie active avec des revenus plus bas que leurs prédécesseurs quand ils avaient le même âge.Par la suite, leurs progrès salariaux sont plus faibles pendant au moins leurs dix premières années sur le marché du travail.Le même phénomène s’observe chez les femmes, mais la démarcation s’observe à 30 ans plutôt qu’à 40 ans: une différence qui tient au rattrapage que les femmes ont aussi fait depuis 1980, sur le iparehé du travail.Etienne TitÜey, vice-président de Force Jeunesse, se refrise à aborder la situation comme un conflit de générations.Mais force est de constater, dit-il, «que les statistiques démontrent une réalité qu’on essaie de faire valoir depuis des années».Il montre du doigt les différentes formes de travail atypique qui se sont développées depuis 20 ans (travail sur appel, à forfait, etc.), moins rémunérés et moins protégés, où Ton trouve 45 % des Québécois de moins de 30 ans.Et il souligne à grands traits Tim-pact dévastateur des clauses de disparité de traitement (surnommées clauses orphelin) présentes dans une convention collective sur trois au Québec dans les années 90.Les mises à la retraite prévues dans les prochaines années vont-elles renverser la vapeur?«Je ne prévois pas d’Eldorado, répond M.TitÜey.Ce qui est perdu ne reviendra pas et le travail atypique est devenu structurel.Je pense aussi que les baby-boomers ne partiront pas en masse à la retraite mais vont la prendre de façon progressive.La solution, c'est une réforme des lois du travail.» Et les diplômes, font-Us la différence?Oui, laisse voir Statistique Canada: seuls les jeunes hommes entre 25 et 29 ans ayant un diplôme universitaire ont fait des gains dans les années 90 (après avoir reculé, comme presque tout le monde, dans les années 80).Les revenus de tous les autres jeunes, même les jeunes femmes diplômées universitaires, ont soit reculé, soit stagné.Néanmoins, dans toutes les provinces, la proportion de diplômés universitaires gagnant moins de 20 000 $ par année s’est accrue.Et les diplômes universitaires ont surtout profité aux baby-boomers, particulièrement aux hommes de plus de 55 ans, les seuls à n’avoir connu aucune perte depuis 1980.Chez les femmes, on remarque surtout le lent mais constant redressement en 20 ans, de l’écart salarial avec les hommes.Pour chaque dollar gagné par un homme, une travailleuse obtient 64 C en 2000 (contre 52 C en 1980) et 70 C si elle travaille à temps plein, et les jeunes femmes entre 25 et 29 ans gagnent maintenant 81 % du salaire des hommes de leur âge.Les immigrants, eux, vivent exactement l’inverse.En 1980, un immigrant récent gagnait 72 C pour chaque dollar gagné par un travailleur né au Canada Après trois ans, il gagnait 90 C et après dix ans, U gagnait autant.En 1990, l’immigrant récent ne gagnait plus que 63 C pour chaque dollar gagné par un Canadien de souche et il lui fallait dix ans pour gagner 90 C du même dollar.En 2000, le nouvel arrivant touche toujours 63 C pour chaque dollar gagné par un Canadien, mais celui arrivé il y a dix ans ne gagne plus que 80 C du dollar gagné par son collègue né ici.Pourtant les immigrants sont plus scolarisés que jamais: 40 % de ceux qui sont arrivés dans les années 90 et qui étaient âgés entre 25 et 54 ans avaient un diplôme universitaire, contre 23 % des Canadiens de souche du même âge.Néanmoins, ils ne gagnent que 75 % du salaire de ces derniers: 28174 $ contre 37197 $.Stephan Reichhold, de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes, reçoit ces chiffres sans surprise tant on constate depuis longtemps le phénomène sur le terrain.Avec leurs diplômes de médecin, de dentiste, d’ingénieur, les immigrants se butent aux corporations professionnelles et aux problèmes d’équivalence de diplôme.un phénomène que ne vivait pas le maçon ou le briqueteur qui débarquait ici dans les années 50.S’ajoute le racisme, plus fort envers ces nouveaux venus du Maghreb ou d’Asie qu’envers les Européens des décennies passées.«Ça nous inquiète parce que les trois partis veulent augmenter l’immigration, mais on fait l'autruche par rapport à ces problèmes d’intégration.Le gouvernement y va par projets-pilotes plutôt que d’avoir une approche globale», déplore M.Reichhold.PRUDENCE SUITE DE LA PAGE 1 année et crée une réserve de 809 millions pour les deux années subséquentes.Pour la sixième année consécutive, le gouvernement atteint sa cible du déficit zéro pour ce qui est de la dette directe de 84 milliards.Entre 1998 et 2003, la part du produit intérieur brut (PIB) de cette dette issue des déficits antérieurs a été réduite de 43,8 % à 35,1 %, a souligné Mme Marois dans son discours du budget Mais si on compte les dépenses en immobilisations, la dçtte totale du Québec s’élève à 108,7 milliards, soit 3,6 milliards de plus que Tan dernier.L’accélération des dépenses publiques d’immobilisations, décrétée par Mme Marois à la suite des attentats du 11 septembre 2001, explique en grande partie cette augmentation.Le budget Marois ne prévoit aucune baisse d’impôts ou de taxes, que ce soit pour les individus ou pour les entreprises.«Nous avons été le gouvernement qui a le plus réduit les impôts», soit un cumul de 15 milliards en cinq ans, ou 20 % de moins pour les particuliers, a rappelé Mme Marois au cours de la conférence de presse pendant le huis dos.«Les finances publiques restent fragiles», a prévenu le président du Conseil du trésor, Joseph Facal, qui accompagnait Mme Marois, indiquant que le gouverne ment avait heureusement pu compter sur «une croissance économique exceptionnelle».Des pressions «considérables» s’exercent sur les finances publiques: évolution démographique, déséquilibre fiscal et croissance des dépenses en santé, a expliqué le député, qui ne se re présentera pas aux prochaines élections.De fait, la croissance économique a atteint 3,8 % au Québec alors que la ministre des Finances, dans son énoncé budgétaire de mars 2002, prévoyait une croissance de 1,7 %.En 2003-04, la ministre table sur une croissance de 3,5 %.La guerre en Irak, si elle est déclenchée, ne devrait pas influer de façon sensible sur les revenus de l’État compte tenu d’une conjoncture interne solide, alimentée par les mises en chantier et de grands projets industriels, a4-elle expliqué.En matière de développement économique, Pauline Marois n’a pas mis en œuvre un élément essentiel de son plan d’action pour le plein emploi, dévoilé en décembre.soit la réduction des subventions et des crédits d’impôt destinés aux entreprises pour les remplacer par une baisse de la taxe sur le capital.Rien de tel dans le budget, ce qui n'a pas manqué de décevoir les repré-sentants du patronat.A la lutte contre la pauvreté, le gouvernement consacre 51 millions et à peu près la même somme pour les deux années suivantes alors qu'il s’est engagé à dépenser 1,5 milliard en cinq ans.Ai chapitre de la conciliation travail-fainille, le gouvernement consent 225 millions en trois ans, dont l’essentiel va à l’ouverture de 50 000 places en garderie pour atteindre l’objectif de 200 000 places en 2005, un an avant l’échéance fixée.Québec allouera dix millions cette année et 20 millions Tan prochain à des projets-pi-lotes dans des PME disposées à offrir la semaine de quatre jours ou des horaires flexibles aux parents.Pauline Marois n’attendra plus Ottawa pour accorder un crédit d’impôt pour congé parental aux travailleurs autonomes, équivalant à 55 % du revenu net pendant 12 semaines jusqu’à concurrence de 5070 $, une mesure évaluée à un million cette année et dix millions Tan prochain.De plus, la ministre crée un nouveau crédit d’impôt de 600 $ pour les 80 000 aidants naturels qui prennent soin d’un proche.Dans le but de réduire les gaz à effet de serre, le gouvernement permet aux salariés qui utilisent les transports en commun de déduire de leurs revenus le coût de leurs laissez-passer, ce qui représente une dépense fiscale de sept millions cette année et de 29 millions Tan prochain.Afin de favoriser le retour des jeunes en région, le budget prévoit un crédit d’impôt d’un maximum de 8000 $ pour les jeunes diplômés qui travaillent en région ainsi qu’un crédit d’impôt doublé pour les intérêts payés sur leur prêt étudiant En matière d’aide au logement, le gouvernement ajoute 270 millions à son engagement de 500 millions répartis sur cinq ans, annoncé en novembre 2001.Pour 200304, il s’agit d’une dépense supplémentaire de 16,5 millions et de 29 millions Tannée suivante.Pour stimuler la croissance économique, Mme Marois annonce l’injection de 190 millions de plus cette année et de 265 millions en 200405.Pour trois ans, Emploi-Québec disposera de 60 millions de plus.La ministre crée un fonds de 300 millions pour soutenir les entreprises de biotechnologies, dont 100 millions proviendront de l’État.Le budget contient en outre diverses autres mesures réservées aux régions.Pauline Marois a lancé une nouvelle politique de développement des coopératives à laquelle elle accorde 20 millions au cours des trois prochaines années.De plus, les entreprises en économie sociale bénéficieront de la mêpie somme pour assurer leur développement.A la culture, le budget Marois accorde 38 millions de plus.La nouvelle politique sur le cinéma, promise par Québec depuis quelques années, donne lieu à des crédits additionnels de 20 millions tandis que le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) disposera de cinq millions de plus.La Place des Arts et le Grand Théâtre de Québec recevront des sonunes afin de se moderniser.Enfin, des événements culturels majeurs toucheront 12 millions par année.Contrairement à d’autres exercices budgétaires qu’elle a signés, Pauline Marois a parlé de souveraineté dans son discours.«Imaginez seulement ce que nous pourrions faire si nous disposùms de tous les moyens et de tous les outils qui nous reviennent, dont la moitié est entre les mains d’un autre gouvernement.Cela s'appelle la souveraineté.et elle constitue, j'en suis convaincue, la véritable clef de nos développements futurs», a dit Mme Marois dans sa conclusion.SUITE DE LA PAGE 1 Ce dernier a reconnu que le rôle militaire britannique dans un conflit contre l’Irak ne peut pas encore être défini.«Ce qui sera décidé en fin de compte au sujet de leur rôle n 'est pas clair dans l'hypothèse où une décision serait prise de recourir à la force», a dit M.Rumsfeld.En revanche, le secrétaire américain à la Défense s'est montré plus affirmatif sur le fait que les forces britanniques participeraient à la phase de reconstruction après une guerre.Jusqu'à présent, les autorités américaines s'étaient toujours placées dans l'hypothèse où les forces britanniques déjà déployées dans le Golfe se battraient aux côtés des troupes américaines en cas de guerre contre l’Irak.Quelques heures plus tard, le secrétariat à la Défense a rendu publk' un communiqué affinnant que le secrétaire Rumsfeld n'avait «pas de doute sur le soutien entier du Royaume-Uni aux efforts de la communauté internationale pour désarmer l'Irak».Le Canada a présenté au Conseil de sécurité un nouveau plan visant au désarmement pacifique de l'Irak.L'ambassadeur du Canada à TONU, Paul Heinbecker, a 3ris l’affirmation du premier ministre Jean Chrétien m laquelle Tlrak est déjà substantiellement endigué».La proposition canadienne ressemble au projet d'amendement britannique mais donnerait à Tlrak plus de temps pour démonter sa volonté de «désarmer complètement».soit trois semaines.Les États-Unis et la Grande-Bretagne ont bataillé âprement hier à TONU pour surmonter l’opposition à RUMSFELD leur projet de résolution justifiant un recours à la force contre l’Irak.Le vote à TONU aura lieu cette semaine, a promis la Maison-Blanche, tandis que Londres n'exclut pas de repousser la date d'un ultimatum, mais pas au delà du mois de mars.«Nous avons fixé la date hypothétique du 17 mars pour siwlignerau Conseil de sécurité que le temps presse», a déclaré Jeremy Greenstock, ambassadeur de la Grande-Bretagne auprès de TONU, lors d'un entretien à la chaîne de télévision CNN.Cependant, a-t-il ajouté, «le Royaume-Uni est en négociations et est prêt à examiner à la fois les dates et les tests».Londres a également proposé d'amender le projet de résolution en fixant à l’Irak une série de tâches à accomplir did une date limite pour faire preuve de sa coopération.Au delà de ce délai, l’imposante force de frappe an-gkvaméricaine massée dans le Golfe pourrait intervenir en Irak.Pour être adoptée, une résolution doit être votée par neuf des quinze pays du Conseil de sécurité sans qu'aucun de ses membres pennanents n’y oppose son veto.Or.tons des dernières 24 heures.Fans et Moscou ont réaffinné qu'ils ne voyaient pas l’utilité d’un nouveau texte et menacé de bloquer son adoption avec leur droit de veto.La Chine a réaffirmé hier qu'eDe ne voyait pas l’utilité d’une nouvelle résolution, sans se prononcer directement sur la nature de son vote.Aux prises avec une opinion publique méfiante à Ten-droit de sa politique irakienne et avec une fronde au sein même de son parti travailliste, le premier ministre britannique Tony Blair a averti hier matin que l'utilisation du veto risquait de mettre en péril les relations transatiantiques et de donner à Saddam Hussein l'impression qu’à est «tiré d'affaire».Washington affinne de son côté ne pas avoir besoin du feu vert de TONU pour attaquer Tlrak, désarmer ce pays et assurer un changement de régime à Bagdad.Malgré tout Washington cherche à obtenir les neuf voix nécessaires au Conseil de sécurité pour mettre Paris et Moscou dans la position délicate d'avoir à bloquer un processus majoritaire avec ce pouvoir controversé que constitue le veto.Hier, les six membres «indécis» du Conseil de sécurité — Angola, Cameroun, Chili, Guinée, Mexique et Pakistan — ont proposé de donner 45 jours à l’Irak pour remplir ses engagements en matière de désarmement a annoncé Martin Belinga-Eboutou, ambassadeur du Cameroun auprès de TONU.Mais Greenstock avait déclaré un peu phis tôt sur CNN qu’il ne fallait pas envisager de repousser la date butoir «au delà de mars».En Irak, la récente découverte d’un drone a donné de nouveaux arguments aux partisans de l’intervention armée.Les inspecteurs ont fait savoir qu’ils devaient vérifier ses caractéristiques avant de pouvoir conclure à une éventuelle nouvelle infraction des résolutions de TONU.«U y a encore un certain nombre de questions en suspens et l’Irak doit remettre documents, preuves et autres explications supplémentaires pour y répondre», a par ailleurs déclaré hier Hiro Ueki, représentant de la CO COVINU (Commission de contrôle, de vérification et d’inspection de TONU), à propos des gaz neurotoxiques VX et des germes de bacille du charbon que Bagdad est soupçonné de posséder.1 (
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