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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-04-07, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2007 LE DEVOIR ION DES PRATIQUES Accommodements raisonnables ou réactions déraisonnables?« On présume souvent que le Québec est un État laïque, mais cela n’est inscrit dans aucune loi!» Le directeur d’un centre communautaire décide de givrer les fenêtres d’une salle d’entraînement.Une direction d’école choisit d’allouer un local à la prière.Une direction d’hôpital aménage un espace pour les clients qui ne mangent pas le type de nourriture servi à la cafétéria.Un patron d’érablière privilégie un groupe religieux plutôt que sa clientèle régulière.Des responsables municipaux dotent leur collectivité d’un code de vie interdisant les mauvais traitements à leurs citoyennes.CLAUDE LAFLEUR Non, il ne s’agit pas d’accommodements raisonnables, tranchent sans hésiter Jean-Louis Roy et Jean-René Milot, respectivement président de Droits et démocratie et docteur en études islamiques à l’UQAM.Tout au plus s’agit-il de gestes de bonne volonté ou de bon voisinage, quand ce ne sont pas tout bonnement des faits divers montés en épingle par des médias avides de scandales.•Les accommodements raisonnables sont des cas d’exception, explique M.Roy.Il ne s’agit pas de faits divers, mais de problèmes de fond qui ont une grande portée.Par conséquent, ce n’est pas à un directeur général d’hôpital de décider d’un accommodement raisonnable, mais cela revient à la Commission des droits de la personne, à un tribunal ou, ultimement, au législateur.Voyez-vous, on ne peut pas laisser à des individus ou à des organismes quelconques le soin de redéfinir le Code civil ou le Code pénal.ça n’a pas de bon sens!» •Un accommodement raisonnable, au sens juridique du terme, désigne quelque chose de beaucoup plus précis que ce qu’on entend généralement, enchaîne M.Mi-lot.Ce dont on parle souvent, ce sont de simples accommodements comme lorsque, dans la vie de tous les jours, on parle d'accommoder quelqu’un ou de s’accommoder les uns les autres.Il y a donc toutes sortes de situations qui peuvent être considérées comme des accommodements, mais qui ne sont pas des accommodements raisonnables.Et il peut s’agir d’accommodements avec lesquels vous et moi ne sommes pas nécessairement d’accord.» Jean-René Milot est professeur associé au département de sciences des religions à l’Université du Québec à Montréal.11 est aussi chercheur au Groupe de recherche interdisciplinaire sur le Montréal eth-no-religieux ainsi qu’au Centre de recherche sur l’immigration, l’ethnicité et la citoyenneté.Il cite le cas d’un exploitant d’érablière qui modifie la composition des mets qu’il sert pour accommoder un groupe qui ne mange pas de porc.«C’est là tout simplement une stratégie de commerce, d'échange de services convenus entre un commerçant et un client, dit-il.Ce n’est pas un accommodement raisonnable.» Même chose dans le cas des fenêtres givrées du YMCA: «C’est un cas de “bon voisinage” où l’on essaie de s'entendre pour éviter les frictions, poursuit le professeur.Cest du bon voisinage et cela a une valeur.» Pour lui, en effet, ce cas s’apparente à celui d’un voisin qui se plaindrait qu’un arbre sur votre propriété fait tant d’ombre sur son potager que ses tomates ne parviennent pas à mûrir.Ce voisin vous demande par conséquent de couper l’arbre ou de l’émonder.•Mais cela n’a rien à voir avec un accommodement raisonnable car, insiste le professeur, en aucun cas votre voisin ne pourrait réclamer «flpeuty avoir, dans certains cas, des atteintes à la liberté ou des formes de discrimination qui peuvent être justifiées» M Wm ses droits devant un tribunal!» Primauté mais accommodement du droit Dans les faits, poursuit Jean-Louis Roy, les accommodements raisonnables touchent des droits protégés par la Constitution et par les chartes des droits et libertés de la personne.M.Roy préside d’ailleurs un organisme non partisan, le Centre international des droits de la personne et du développement démocratique, qui a été créé en 1988 par le Parlement canadien afin d’encourager et d’appuyer les valeurs universelles des droits humains et pour promouvoir les institutions et pratiques démocratiques partout dans le monde.En collaboration avec des individus, des organismes et des gouvernements, Droits et démocratie s’emploie à promouvoir au Canada et à l’étranger les droits humains et les droits démocratiques tels que définis dans la Charte internationale des droits de l’homme.«Or, explique-t-il, trois grands principes doivent être rappelés lorsqu’on aborde la question des accommodements raisonnables: la citoyenneté commune à tous, le respect du droit établi — et des règlements qui en découlent —, et l’égalité de tous et chacun.» En particulier, l’égalité homme-femme — «la grande bataille du XX' siècle qui est devenue le grand acquis du XXI' siècle», souligne au passage M.Roy — ne doit jamais être remise en question.«L’égalité, c’est non négociable!, dit-il fermement De même, il n’y a pas plusieurs types de citoyenneté dans une société donnée et tous, qui que nous soyons, devons respecter le droit.» Cela dit, poursuit-il, il peut y avoir des exceptions à l’égalité, comme l’indique justement l’article 15 de la Constitution canadienne, et ce, afin de tenir compte de la situation de groupes vulnérables ou défavorisés.«Ainsi, explique M.Roy, un accommodement raisonnable est une modification, pour un motif profond, à une règle ou à une réglementation qui est commune à tous.» Une aversion pour les religions?«La nécessité de faire un accommodement raisonnable, explique M.Milot vient de ce qu’il existe, de temps à autre, un risque de discrimination ou d’atteinte à la liberté pour certains individus.Il arrive parfois qu'on s’aperçoive qu’une loi, sous des apparences neutres, puisse créer des inégalités si elle est appliquée à la lettre.Il peut y avoir une atteinte aux droits de quelqu’un, par exemple à sa liberté, ou un risque de discrimination fondé sur diverses choses, tel un handicap.Dans ce cas, l’accommodement raisonnable est un moyen trouvé par les tribunaux pour s’assurer, dans des cas exceptionnels, qu’une loi ou une norme qui en principe s'applique à tout le monde n'aura pas d’effets discriminatoires sur certains groupes de personnes.» Imaginons, pose le professeur VOIR PAGE G 5: RAISONNABLES :f M ¦ I m MA V’ m $ fe-jyif ' T;/ ;,Æl .¦ ft BERTRAND GUAY AFP Un accommodement raisonnable est une modification, pour un motif profond, à une règle ou à une réglementation qui est commune à tous» ppar MM uni URHIiHRlil Tf [U {! R M11 -i ^ Pi it: SJ O Sium! Page 7 A i LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2 0 0 7 i • H » - > t .r /v Directeur de la collection .J SfépJrane * COLLECTION C3 LESCRANOES \ REL1CIONS 4 G 2 RELIGION Pontificat de Benoît XVI K llCikM % I I.K II DAISMK T 1.1 CIIKISnANLSMK » La religion a toujours joué et joue encore un rôle important dans la culture et la vie des peuples.Il importe désormais pour comprendre et respecter ces populations de connaître les religions qui les motivent et modèlent leurs comportements.SféJ)£ane &aJî(juefâe LE CHRISTIANISME ISBN 978-2-7601-1389-3 56 pages • 9,60 $ ^d£er Senaïm UtiaSnine LE JUDAÏSME ISBN 978-2-7601-1359-6 82 pages • 9,60 $ Jfflaurice cÿ'rej’üire ¦tlSLAM ISBN 978-2-7601-1406-64 pages • 9,60 $ ÇÈJzan&Jzcn- £Jôi2 LE BOUDDHISME ISBN 978-2-7601-1399-2 78 pages • 9,60 $ JMiJôam efJno£erf Wac£ot2 i!hindouisme ISBN 978-2-7601-1405-0 80 pages • 9,60 $ Guerin “ 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Canada Téléphone: 514-842-3481 Télécopie: 514-842-4923 Courriel: francel@guerin-editeur.qc.ca Site Internet: http://www.guerin-editeur.qc.ca Ce pape de transition axe le discours de l’Église sur la paix Le successeur de Jean-Paul II est d’abord un théologien Élu par le conclave à titre de 265e pape de l’Église catholique le 19 avril 2005, l’Allemand Joseph Alois Ratzinger a dirigé la barque de Saint-Pierre sous le signe de la prudence d’une Pâques à l’autre, au cours de la dernière année, évitant tant bien que mal les tempêtes à l’horizon.Il a d’abord été le pape de la non-violence.REGINALD HARVEY Benoît XVI a gouverné l’Église sans faire de vagues réellement et il s’est avéré, comme prévu, un pape de transition, comme le confirme Jean-Guy Vaillancourt, professeur de sociologie de l’environnement et des religions à l’Université de Montréal, de même que spécialiste de la papauté.D apporte une réserve: «C’est vrai à quelques exceptions près.Il s’est mis les pieds dans les plats avec sa déclaration sur l’islam.Pour le reste, il a été très prudent durant toute l’année; il a fait une erreur et s’est rattrapé lors de sa visite en Turquie.» Il élabore relativement à une vision d’ensemble de son action: «Il n’a pas changé de dogmes.li a nommé quelques saints et cardinaux, mais cela n'a pas été très marquant.C’est un peu comme s’il s’était dit: “il me faut faire attention parce qu’ils m’attendent au détour et il vaut mieux que je ne commette pas trop d'erreurs”.R s’est finalement comporté comme un théologien, car il est mieux formé dans cette matière que son prédécesseur Jean-Paul II, qui était davantage un philosophe charismatique.» A ce titre, malgré un glissement vers la droite dans les années 1960, le cardinal Ratzinger gravit rapidement les échelons politiques dans l’Église: «Il est alors devenu très proche de Paul VI et ü est monté très vite dans la hiérarchie parce que c’était quelqu'un de solide et parce qu’il avait une bonne tête.» Il était considéré comme un remarquable professeur de théologie.Un appel à la paix et à l’Europe Invité à retracer les faits mar- quants de la dernière année, le professeur pose le constat que le pape a nettement choisi de se faire le défenseur d’une thèse en particulier pendant cette période: «On doit d’abord parler de sa première encyclique, “Dieu est amour”, ce qui est très important, mais il faut aussi souligner l’insistance qu’il met sur la paix, sur la non-violence; c’est assez marquant et personne ne va lui reprocher de s’être engagé dans cette voie.R est très fort sur ce point, quoiqu’il le soit moins sur la question de l’environnement et du développement durable, dont il ne parle pas trop.Sur cette question de la paix, il s’inscrit dans la même lignée que Pie XII et Jean XXIII.» Il enchaîne sur un autre point «R a également pris position sur l’Europe.R a été assez surprenant de l’entendre affirmer que ce continent doit reconnaître ses racines chrétiennes; je ne vois pas cela comme quelque chose de réellement conservateur que de faire valoir l’origine chrétienne de l’Europe et tout ce qui s’ensuit.» Toutefois, il avait été quelque peu dur envers l’islam et la Turquie, tout en se rachetant lors de son voyage dans ce pays: «Il a dit que l’islam était une religion violente en citant quelqu’un, sans l’approuver ni le désapprouver.Le plus étrange, c’est qu’il a peut-être en partie raison, mais tu ne peux pas tenir de tels propos sans reconnaître du même souffle que les catholiques du temps ont pour leur part fait les croisades, l’Inquisition, etc.Il s’est rattrapé quand il a fait son voyage en Turquie, au moment où il a donné le signal qu’il n’avait rien à dire contre le fait que ce pays se joigne à l’Union européenne.» Il dégage un autre aspect de ce É SOCIÉTÉ________ BIBLIQUE CANADIENNE Un livre essentiel pour découvrir le sens de la vie LA BIBLE EXPLIQUÉE Version « Français courant » • 1 ans de travaux | • 80 rédacteurs (canadiens et européens) • 4 000 notices explicatives • une collaboration interconfessionnelle ; • le texte intégral de la Bible en français courant Édition catholique 29,95 $ i (avec les livres deulérocanoniques) I ISBN : 978-0-88834-218-8 Édition protestante 28,95 $ | (sans les livres deulérocanoniques) | ISBN: 978-0-88834-216-4 Imprimatur: Bureau de direction de la Conférence des évêques catholiques du Canada, mai 1998 (textes bibliques) et juin 2004 (notes explicatives) Ses explications originales respectent l’esprit des auteurs de la Bible • Elles replacent les textes dans leur perspective historique et religieuse • Elles invitent à une réflexion sur l’actualité de ces écrits • Elles en soulignent la profondeur spirituelle.LA BIBLE EXPLIQUÉE PATRICK HERTZOG REUTERS Lors de son récent voyage en Turquie, le pape Benoît XVI s’en est plutôt bien tiré en évitant d’offusquer les orthodoxes, les Turcs musulmans ou les Turcs laïques.périple périlleux: «C’est un voyage qui s’est déroulé les yeux fixés non pas sur l’islam, mais sur l’orthodoxie et le respect des orthodoxes par les Turcs.C’était délicat et il s’en est bien tiré sans offusquer les orthodoxes, ni les Turcs musulmans, ni les Turcs laïques.» A l’égard de l’Europe, son passé Ta rejoint d’une certaine façon: «Le fait qu’on lui reproche d’avoir fait partie de la jeunesse nazie quand il était jeune le rend très attentif au fait de ne pas trop glorifier l’Allemagne; il se montre très prudent à ce propos», précise M.Vaillancourt L’aspect jeunesse et l’Amérique latine En parlant des jeunes, il pose ce regard sur la position papale: «R a vu toute l’importance accordée d ceux-ci sous le pontificat de Jean-Paul II; il était alors dans le “inner circle” ou le cercle des intimes, comme on dit, même s’il jouait un rôle plus conservateur que ce qu’il aurait aimé.» Il a poursuivi dans cette direction d’ouverture envers la jeunesse en utilisant les attributs qui sont les siens: «Il sent qu’il n’est pas doté du charisme du précédent pape qui était un “showman".Par exemple, il possède une espèce d’absence de charisme qui le rend en quelque sorte charismatique.R dégage une sorte d’humilité, d’intériorité qui attire les gens.» Par rapport aux glissements vers la gauche qu'a connus l'Amérique latine au cours des dernières années, là encore Benoît XVI marche sur la pointe des pieds: «Il n’avait pas été très prudent quand il remplissait sa “job” de gardien de la foi auprès du pape, parce qu’il a été très dur envers la théologie et les théologiens de la libération; il a influencé pas mal Jean-Paul II sur ce sujet et les deux était plutôt d’accord là-dessus.» Jean-Guy Vaillancourt, fait valoir son point de vue de spécialiste de la papauté sur cette épineuse question: «R fallait faire attention avec cette théologie-là.R y a eu certains théologiens de la libération qui n’ont pas été prudents et qui se sont embarqués dans une sorte de marxisme un peu cucul dans le style: “le prolétariat et la classe ouvrière vont nous sauver”.D’aucuns ont manqué de clairvoyance.D’autre part, Jean-Paul II avait peur du communisme en raison de ce qui en était résulté et il n’avait pas envie que l’Amérique latine embarque dans un mouvement pareil.» Benoît XVI s’inscrit dans la même position de réserve: «Mais depuis qu’il est pape, il fait quand même attention.Il n’y a pas eu de condamnation, il n’a pas adressé de blâme; il est assez ouvert au fait que l’Amérique latine fasse en quelque sorte contrepoids aux évangélistes américains protestants et à la présence de ce même phénomène dans ces pays latins.» Sans vouloir entrer dans les stratégies du Vatican, il croit que cette conjoncture existe bel et bien.Paix et ouverture Jean-Guy Vaillancourt se penche sur une autre thématique qui ponctue l’actuel discours papal «R a livré un message très important à Noë sur le réveil spirituel contre la technologie matérialiste.C’est un thème vraiment majeur pour lui, comme celui contenu dans les paroles du 1er janvier qu’il a prononcées sur la paix.Cest un des points forts de ce pape que d’insister beaucoup sur le désarmement et la paix.R en allait de même dans son message du 12 septembre sur la nonviolence en général.C’est très marquant: d’après lui, le christianisme n’a rien à voir avec l’amour chrétien, qui ne peut légitimer quelque forme de violence que ce soit.» Il souHgne un autre point «R paraît qu’il fait actuellement des efforts pour récupérer en partie les intégristes — les disciples de NE Lefobvre — en leur donnant la permission d’utiliser le latin.Ce geste est également important, parce que cela montre qu’il n’est pas complètement progressiste et qu’il a toujours son petit côté conservateur.C’est quand même une position qui n’est pas bête non plus parce que, en matière de fondements théologiques, la langue, c’est plutôt secondaire.Il se montre assez souple à cet égard.» Collaborateur du Devoir Nous sommes des femmes et des hommes héritiers du message spirituel de François et Claire d’Assise.Le sort réservé aux victimes de la traite des humains suscite notre indignation.Tous égaux devant l’unique Créateur, nous affirmons l’importance d’honorer, dans leur dignité, toute personne comme un frère ou une sœur.LA FAMILLE FRANCISCAINE Nous appuyons le rapport du comité permanent de la condition féminine à la Chambre des Communes « De l’indignation à l’action pour contrer la traite à des fins d’exploitation sexuelle au Canada ».Nous saluons l’engagement du Canada à lutter contre la traite et lui demandons d’ajuster ses lois avec ses engagements, d’octroyer le financement conséquent et de mettre en place des programmes nationaux de prévention et de protection des victimes de la traite.Le SIAF (Service Intercommunautaire d’Animation Franciscaine) 5732, boulevard Pie IX • Montréal, Qc • H1X 2B9 Tél.et téléc.: (514) 722-5700 - info@lesiaf.org Je suis infirmière bachelière.k Je veux être mieux préparée lorsqu’une personne refuse des soins de santé pour des motifs religieux. LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 A V R I L 2 0 0 7 G 3 RELIGION Québec pluraliste Entre homogénéité et diversité La population de religion musulmane dépasse désormais celle de confession juive Pluralisme, privatisation et relativisation conjuguent le champ religieux du Québec et, ce faisant, ébranlent l’édifice monolithique du judéo-christianisme.Pour expliquer cette évolution, Claude Gélinas, directeur du département de théologie, d’éthique et de philosophie et responsable du programme de sciences humaines des religions de l’Université de Sherbrooke, évoque entre autres le processus de sécularisation, l’immigration, l’État-providence et les moyens de communication.Mais au-delà des affirmations posées, nombre d’éléments ne se prêtent pas à une lecture trop rapide et nécessiteront encore bien des éclairages avant de comprendre leur portée.ESTELLE ZEHLER Le paysage religieux québécois a depuis longtemps fait place au pluralisme religieux.Celui-ci s’établissait toutefois au sein de la grande famille des religions catholique, protestante et juive avant de s’ouvrir à d’autres confessions à partir des années 1970.Selon le recensement de 2001, plus de 90 % des Québécois se sont affirmés «chrétiens» contre 93 % en 1991.Une certaine homogénéité est donc encore de mise, mais s’accompagne toutefois du fait tout aussi marquant de la diversification religieuse.Certes, le processus de sécularisation a réduit l’influence sociale de l’Église catholique et les individus ont bénéficié par conséquent de plus de liberté, tel que le souligne Claude Gélinas pour lancer la discussion.«Dans bien des cas, poursuit-il rapidement, la diversification est étroitement tributaire des mouvements migratoires.» Si, par le passé, l’Europe constituait le principal vivier migratoire du Canada et présentait une certaine similarité confessionnelle, aujourd’hui s’y adjoignent l’Afrique, l’Asie, l’Inde.Un cordon ombilical virtuel Près de 52 % des immigrants admis au Canada entre 1991 et 2001 ont déclaré appartenir à une confession non chrétienne.On note une croissance significative du nombre de sikhs et d’hindous, dont les effectifs ont quasiment doublé.Si le groupe des bouddhistes n’a pas connu la même poussée au Québec qu’au Canada, où il est passé de 163 000 personnes à 300 000, soit une hausse de 84 %, son augmentation atteint tout de même 31 %.Quant à la population de religion musulmane, elle dépasse désormais celle de confession juive.Non seulement ces diverses religions cohabitent, mais on relève de plus en plus de personnes qui y magasinent à leur guise.«R apparaît normal de faire résonner dans une liturgie chrétienne, à côté de la vieille cloche, le son du tambour amérindien, celui du bol tibétain ou celui du “schofar” juif», écrivent Marc Dumas et François Nault dans la présentation de l’ouvrage Pluralisme religieux et quêtes spirituelles publié chez Fides.Par ailleurs, les plus récentes vagues d’immigration se distinguent sur le plan du transnationalisme.«Les moyens de communication permettent aux émigrants d’être très proches de leur famille restée dans le pays d’origine.Parce qu’ils maintiennent ce lien étroit et malgré le fait qu’ils soient minoritaires du point de vue religieux, ils se sentent très libres de pratiquer leur religion.» Ils bénéficient ainsi d’une certaine sécurité identitaire et religieuse lorsqu’ils s’implantent au Québec, une sécurité à laquelle se réfèrent également leurs enfants.Du collectif à l’individuel Par le passé, la plupart des mailles de la solidarité s’entrelaçaient dans le tissu communautaire.Si la vie venait à malmener un individu, celui-ci se retournait vers sa famille et ses proches pour obtenir du soutien.«Du fait de l’apparition de l'Etat-providen-ce, souligne Claude Gélinas, les gens, en tant qu’individus, se sont sentis un peu plus en sécurité.» Des politiques sociales ont pris le relais de certaines solidarités qui de facto ne sont plus conditionnelles à l’adhésion aux valeurs religieuses prédominantes de la collectivité.L’espace de liberté grandit là encore, permettant aux personnes de construire leur propre système de références religieuses sur une base individuelle plutôt que collective.Outre la contribution des nou- SHAUN BEST REUTERS Trois musulmanes en visite à Hérouxville, en février dernier, pour tenter de jeter des ponts vers la population locale, en partie réticente aux «accommodements raisonnables».veaux arrivants à l'exotisme galopant du champ religieux, l’influence des moyens de communication n’est pas négligeable.Les divers univers religieux s’invitent au gré des programmations dans le salon du téléspectateur ou dans le bureau de l'internaute.Sans influence?«Je pense au bouddhisme, mentionne Claude Gélinas.Il devient de plus en plus populaire dans le monde occidental.Les gens accrochent à cette religion et se l’approprient alors qu’ils sont très peu à fréquenter sur une base régulière des personnes asiatiques ou bouddhistes.» Vérités plurielles La cohabitation des diverses religions entraîne également un phénomène de relativisation.Chaque confession est basée sur la croyance intrinsèque de sa prédestination, d’être la voie à suivre.Mais leur coexistence même dans un espace restreint force à porter un regard plus relativiste.«Cela ne remet pas en cause la crédibilité ou la valeur des divers systèmes religieux, mais accentue la perception que chacun possède du bon et du moins bon, l’individu ayant la charge de choisir ce qui lui convient le mieux.» Ce versant plus relativiste est également nourri par une formidable curiosité historique par rapport au religieux.Les jeunes générations issues de familles chrétiennes en particulier, si elles semblent se sentir peu concernées par le religieux, sont bien davantage intéressées par le Jésus de l’histoire, par l’homme qu’il était.«Il existe une tendance à vouloir explorer et tester les doctrines qui leur sont proposées.» En outre, nombreuse sont ceux qui reprochent à l’Église son anachronisme du fait notamment d’une structure patriarcale dominante et de sa morale sexuelle.Mais est-ce que la doctrine chrétienne elle-même — et l’interrogation pourrait être valide pour d’autres confessions — serait frappée d’obsolescence?Il est peu probable que cela se produise, estime Claude Gélinas.Les textes sacrés, la Bible, les Veda, le Coran, semblent immuables.«En fait quand la réalité sociale change, l’interprétation des textes évolue parallèlement.Les textes s'adaptent aux changements sociaux.» Ainsi, par exemple, la Genèse n’est plus considérée au pied de la lettre, mais bien davantage comme un récit mythique.En fait, les mythes fondateurs tendent à être mis à nu.«Mais en même temps, on va interpréter ces mythes en y puisant les éléments qui ont du sens aujourd’hui.» Pour qu’une religion ait du sens, elle doit toujours coller à une réalité concrète, être attentive à son lien avec le monde contemporain.Espaces religieux «à la carte» Les différentes quêtes spirituelles, les espaces religieux confectionnés à la carte par chacun répondent également à cette prescription.Dans le cas du bouddhisme, la démarche de croissance individuelle soutenue par cette doctrine trouve écho dans l’individualisme en vigueur dans nos sociétés.D’autres exemples peuvent être cités.«Un intérêt croissant touche les religions amérindiennes.Or, on leur associe l’idée de respect de la nature, des préceptes écologiques.» Le rapport aux nombreuses problématiques environnementales auxquelles nos sociétés sont de plus en plus confrontées est aisé à établir.L’environnement social conditionne d’une certaine façon les choix religieux des individus.Il n’en reste pas moins que près de 90 % des personnes recensées au Québec ont déclaré appartenir à une confession religieuse chrétienne.D'autres faits soulignent cette appartenance.Le mariage religieux connaît un nouvel essor.Les parents inscrivent encore majoritairement leurs enfants au cours d'enseignement religieux à l’école alors qu’ils pourraient choisir de leur faire suivre le cours de morale.Mais est-ce réellement pour la doctrine ou pour leur offrir des balises culturelles?La question sera de savoir, au fil du temps, si certains comportements associés à l’expression d’une pratique religieuse ne sont pas davantage reliés à des considérations culturelles, c’est-à-dire au souci de transmettre un patrimoine culturel.Collaboratrice du Devoir PLURALISME RELIGIEUX ET QUÊTES SPIRITUELLES Incidences théologiques Sous la direction de Marc Dumqs et François Nault Editions Fides, coll.«Héritage et projet» Montréal, 2004,207 pages Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie Une présence éducative, Un engagement pour la justice, Une ouverture au monde pluriel.1811-1849 Béatifiée, le 23 mai 1982 925, rue Riverside, Saint-Lambert, (Québec) J4P1C2 Téléphone : (450) 672-5461 Télécopieur : (450) 672-7430 Courrier électronique : snjmqc@videotron.ca Site Web : www.snjm.qc.ca • uv Parole et Vie Une production d'AUVIDEC inc.Diffusée sur CANAL VOX et TV COGECO Un magazine télévisé d’information Une émission d’inspiration chrétienne Un regard sur le monde AUVIDEC, 1340, boul.St-Joseph Est, Montréal, Qc H2J 1M3 www.auparvi.qc.ca info@.auparvi.qc.ca jôar Q)ceu/à ma/ufater l’amour- do tmclreASO et d'so/latude dfjlésu& et-d Æcufe*, sa/Æère«, les < Jcx’/issv de ^\t>tre~Ç$ame du < Jat/it-f/îosuire^ enjidltea fduiletA Hurcpeom, leur Slo/idatrice', se- vouent- à léducation chrétienne, en/Priorité chez/ /cc/eunes.ddienoenue, sur le WEB ww w.soeu rsd usa i ntrosa i re.org PASSIONNÉS DE BEAUX OBJETS, NOUS EN AVONS POUR DÉCORER VOTRE INTÉRIEUR.Anges, statues, kônes, crucifix, de style médiéval et classique.DESMARAIS ROBITAILLE l Fondé en 1909 CRC Cr 60, rue Notre-Dame Ouest, Vieux-Montréal (514) 845-3194 M t Aujourd’hui, un peu partout dans le inonde, les chrétiens célèbrent la Résurrection du Christ.Que cette fête soit source de joie pour tous et toutes.Qu’elle permette de faire le bien autour de nous.L’Église catholique de Montréal Je suis travailleur de rue.Je veux comprendre la place qu’occupe la religion dans la vie des jeunes de 18-35 ans en 2007. LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2 0 0 7 v ?Ai- 4 Directeur de la collection, - ' : tJfcar-Jfflârie .i / ^ 1COLLECTION ^ ÎLABYRINTHES J Jl^ar an coJFechf(fauteurs En collaboration avec ${acleltjV -Sburmer ejf cu//u.'jefïeuge 'zaue, re/z(7 re ,J «édition BOCDDHfSTE IA TRADITION BOUDDHISTE ISBN 978-2-89458-173-5 IA TRADITION HINDOUE ISBN 978-2-89458-174-2 IA TRADITION ISLAMIQUE ISBN 978-2-89458-176-6- IA TRADITION CHRÉTIENNE ISBN 978-2-89458-175-9 IA TRADITION JUIVE ISBN 978-2-89458-178-0 Revues : 64 pages • 18,10 $ chacune ÇUIDE D’ENSEIGNEMENT DES GRANDES RELIGIONS ISBN 978-2-89458-177-3 148 pages • 58,70 $ SP»®' «i/lUTfc «Sï&ü 1E PHÉNOMÈNE RELIGIEUX ISBN 978-2-89458-179-7 96 pages • 20,80 $ IA SPIRITUALITÉ AMÉRINDIENNE ISBN 978-2-89458-184-1 64 pages • 18,10 $ VIVRE AU PLURIEL ET AU TEMPS PRÉSENT ISBN 978-2-89458-200-8 240 pages • 15,95 $ ÇUIDE D'ENSEIGNEMENT ISBN 978-2-89458-212-1 70 pages • 29,95 $ 4370, av, de l'Hôtel-de-Ville Montréal (Québec) H2W 2H5 Téléphone: 514-848-9042 Sans frais: 1 800 667-5442 Télécopie: 514-848-9836 Site Internet: http ://www editions lapensee.qc.ca Courriel: infonnation@editions-lapensee.qc.ca G 4 RELIGION L’Église catholique du Québec Un patrimoine en danger «Seulement 10% des Québécois qui se déclarent catholiques sont de véritables pratiquants » aL.è£i2T2f.ÆZé&c ~ *v î % * f ''A M - t fc- K* , vl* .SOURCE TELE-QUEBEC L’église Saint-Roch, à Québec.Si les églises font indéniablement partie du patrimoine religieux au Québec, elles sont de moins en moins fréquentées par les fidèles.On dénombre aujourd’hui 1692 paroisses au Québec, alors qu’on en comptait plus de 2000 il y a dix ans.«C’est donc dire, conclut Jacques Racine, professeur de théologie à l’université Laval, qu’il y a eu fermetures et regroupements de paroisses.» Ayant longtemps exercé une forte présence dans le paysage québécois, l’Église catholique, depuis la Révolution tranquille, s’est faite plus discrète.Où en est-elle aujourd’hui?Portrait de l’Eglise catholique du Québec en ce début de millénaire.PIERRE VALLÉE Lors du dernier recensement, un peu plus de six millions de Québécois ont déclaré être de religion catholique.Ce chiffre, qui peut paraître élevé, s’explique du fait que bon nombre de francophones ont été baptisés, comme le veut la tradition, mais il n’indique en rien l’étendue de la pratique.«On estime que seulement 10 % des Québécois qui se déclarent catholiques sont de véritables pratiquants, avance Jacques Racine, professeur de théologie à l’université Laval.Sans compter que cette pratique n’est plus la même qu’avant.Pour de nombreux catholiques, elle se limite souvent aux grands événements de la vie.» Respect des rituels Si le rituel de la messe dominicale ne fait plus courir les fidèles comme aqtrefois, d’autres rituels de l’Église catholique demeurent la référence pour la grande majorité des Québécois.«On pense en premier aux funérailles, explique Gilles Routhier, lui aussi professeur de théologie à l’université Laval.Ensuite viennent les baptêmes et les mariages.Ce sont les trois pratiques qui touchent encore le plus de monde.» «En 2004, rajoute Jacques Racine, deux tiers des nouveau-nés au Québec ont été baptisés et l’Église catholique a célébré 39 % de tous les mariages.» De plus, la pratique religieuse varie selon la région.«Les différences régionales sont importantes, précise Gilles Routhier.Par exemple, la pratique à Montréal est plus élevée à cause de la présence d’une pratique nationale plus élevée.On n’a qu'à penser aux communautés italiennes et latino-américaines.Ensuite, il y a plus de jeunes pratiquants en milieu urbain qu’en milieu rural.La stigmatisation est plus grande pour un jeune en milieu rural.En ville, le milieu est plus anonyme.» Paroisses et officiants La paroisse,est la base de la sfructure de l’Église catholique.«On en dénombre aujourd’hui 1692, souligne Jacques Racine, tandis qu’on en comptait plus de 2000 il y a dix ans.C’est donc dire qu’il y a eu fermetures et regroupements de paroisses.» En théorie, chaque paroisse devrait avoir à sa tête son propre curé, mais en pratique, les choses ne sont plus comme cela.«Certains curés ont la responsabilité de plusieurs paroisses, précise Gilles Routhier.On a déjà vu un curé responsable de neuf paroisses.» Les paroisses sont réunies en diocèses.On en compte 25 au Qué- bec, dont trois dits nationaux et trois dits limitrophes.Étant donné que certains diocèses ont des évêques auxiliaires, il y a donc 30 évêques en poste au Québec.En ce qui a trait aux effectifs religieux, il y a au Québec 2790 prêtres diocésains, 1792 prêtres religieux, 14 841 sœurs religieuses et 1603 frères religieux.S’ajoutent à ceux-ci 422 diacres permanents et 1298 agents de pastorale.^MISSIONS /es Soeurs de Saintjoseph de Scdnt-Jlyacinthe PP ÉTRANGÈRES m Prêtres et laïques ensemble témoignant de l’évangile dans le respect des cultures pour la promotion de la dignité humaine particulièrement auprès des plus défavorisés dans 14 pays Que le printemps de Dieu apporte un renouveau de vie à toute personne en recherche de sens et de bonheur! Christ est ressuscité.Alléluia! Joyeuses Pâques! LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES 180, place Juge Desnoyers, Laval H7G 1A4 Tel.: (450) 667-4190 ww w.smelaval .or g Visitez notre site: www.sjsh.org Bienvenue au Centre Élisabeth-Bergeron ! 805, av.Raymond, Saint-Hyacinthe, Qc J2S 5T9 Difficile relève On compte présentement au Québec 60 séminaristes, un nombre nettement insuffisant pour assurer la relève.«Soixante séminaristes pour plus de 20 diocèses, cela ne permet pas d’assurer la relève, soutient Jacques Racine.D’autant plus que cela prend six ans pour former un prêtre, ce qui veut dire qu’il ne peut en sortir que dix par année.À ce rythme, dans dix ans, il y aura tout au plus 600 prêtres diocésains au Québec.» Sans compter que l’âge moyen des séminaristes est de 40 ans, ce qui veut dire que leur carrière de prêtre sera aussi moins longue.La formation d’un prêtre exige d’abord l’obtention d’une maîtrise en théologie.C’est la formation intellectuelle et elle dure cinq ans.De plus, le futur prêtre réside six ans au séminaire, où il reçoit une formation spirituelle et pastorale.«Le séminaire n’est pas seulement un lieu de résidence, explique Jacques Racine, c’est aussi un lieu de formation.» Le séminariste, lors de son séjour de six ans, devra aussi effectuer deux ans de stage en paroisse ou en travail pastoral.Ce n’est qu’après ce parcours qu’il pourra être ordonné prêtre.Nouvelle réalité Une.des nouvelles réalités dont l’Église catholique du Québec doit aujourd’hui tenir compte, c’est que l’enseignement religieux catholique ne se fait plus à l’école.«C’est l’une des choses qui vient modifier la vie de l’Église, soutient Gilles Routhier.Cet enseignement religieux devra maintenant être pris en charge par la paroisse.D’un côté, cela peut redonner du souffle et une nouvelle vie à la paroisse, mais de l’autre côté, il y a aussi le risque de surcharger la paroisse.» Quelle forme prendra cet enseignement religieux?«Les formules seront variées, explique Jacques Racine, tout comme il y a différents modèles de pratique.Ce sont les curés, appuyés par l’équipe pastorale, qui proposeront la formule qui convient le mieux aux paroissiens.» Autre nouvelle réalité, c’est celle du patrimoine religieux.«Je ne parle pas ici du patrimoine immobilier, ni du culte, explique Gilles Routhier, mais le catholicisme au Québec a toujours été inscrit dans la société.» Il poursuit en soulignant que les paroisses ont souvent été à l’origine des cuisines communautaires, des vestiaires et autres organismes sociaux d’entraide.«Il ne faut pas oublier qu’il y a toute une économie,sociale qui tourne autour de l’Église catholique au Québec.» Transition et métamorphoses Pour Gilles Routhier, le plus grand défi que devra assumer l’Église catholique au Québec est celui de la transmission.«Les institutions sont fragiles et le défi de la transmission se pose à toutes les institutions.Comment passer le flambeau à la nouvelle génération?C’est le problème qui se pose actuellement à l’Église catholique au Québec.Et comment cette nouvelle génération vivra-t-elle son catholicisme?Ces deux questions font que l’Église d’aujourd’hui en est une de transition et de métamorphoses.» Jacques Racine avance que l’autre défi que devra surmonter l’Eglise catholique au Québec, c’est celui de l’appauvrissement.«D’abord, les prêtres et les religieux sont en baisse; il faudra donc faire preuve de beaucoup de créativité.Les laïcs seront sans doute appelés à jouer un plus grand rôle.Mais il y a aussi l’appauvrissement financier.Comment, par exemple, assurer une pension de retraite adéquate aux prêtres âgés?» Collaborateur du Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 AVRIL 2007 RELIGION G 5 Entrevue avec Robert Vachon L’homme qui a toujours voulu rapprocher les cultures « Sans interculturel, la paix n’est qu’une utopie » Prêtre catholique, Robert Vachon est toujours allé à la rencontre des autres cultures.Il a même vécu dans des ashrams hindous pour connaître en profondeur cette religion qui compte près de 900 millions de fidèles dans le monde.Toute sa vie, il l’a passée à tenter de rapprocher les gens, notamment par l’Institut interculturel de Montréal.«Sans interculturel, la paix n’est qu’une utopie», se plaît-il à répéter.Rencontre avec un grand homme.MARTINE LETARTE > est bien beau le Christ du ¦ christianisme, mais j'ai toujours voulu connaître le Christ hindou, le Christ musulman, le Christ bouddhiste, le Christ juif et même, le Christ athée.Personne ne détient la vérité et mutuellement, on a beaucoup à s’apprendre», croit celui qui est toujours allé de l’avant malgré les refus, les frustrations et l’incompréhension qu’il pouvait rencontrer sur son chemin.C’est ainsi que le prêtre catholique a habité dans des ashrams hindous, a vécu avec des bouddhistes, a rencontré le dalaï-lama à plusieurs reprises, est allé à la rencontre des peuples africains et de bien d’autres encore.«C’est lorsqu’on mange comme les Africains, dans le même plat qu’eux, avec nos mains, qu’on commence à sentir ce que c’est que d’être africain», témoigne Robert Vachon dont la biographie par Robert Baxer, Vivre à l'interculturel — Robert Vachon: un itinéraire spirituel à la croisée des cultures et des religions, vient d’être publiée aux Editions Médiaspaul.Sortir du cadre occidental A travers sa riche expérience de vie, Robert Vachon a toujours essayé d’être conscient du cadre occidental qui l’entourait.D’abord, il remarque que le mot «religion» est lui-même très occidental.«Ce mot vient du latin et est significatif pour les gens qui parlent une langue latine, comme le français, l'anglais, l'italien, l’espagnol, etc.C’est un mot occidental, qui a du sens pour les Occidentaux, comme démocratie, scolarisation, développement.» Tout n’est pas traduisible, se- lon M.Vachon.«Le mot “religion” qu’utilise un Occidental n’est pas universel.D’autres peuples parlent d’autres choses.En Chine par exemple, on parle de Tao, qui signifie en fait “le chemin”.Chez les autochtones, on ne parle pas de religion, mais de spiritualité ou d’esprits, et de la relation de parenté avec les différents éléments de la nature.Les mots n’ont pas la même signification d’une langue à me autre puisque les peuples n’ont pas tous la même vision du monde.Le peuple occidental a beaucoup tendance à penser que les autres sont dans le même cadre que lui.C’est dangereux puisque, ainsi, les Occidentaux pensent que leur monde doit être à la base de tout le reste.» Lorsque les gens restent seulement dans leur culture, croit Robert Vachon, c’est un grand problème puisqu’ils ne s’aperçoivent pas qu’il existe d’autres cultures autour d’eux et ils finissent par essayer d’imposer la leur au monde entier.«Cette attitude ne vient pas seulement de l’Occident.Ça vient d’ailleurs aussi.Toutefois, certaines cultures sont beaucoup plus ouvertes et n’ont pas tendance à vouloir convertir, comme l’hindouisme», affirme-t-il.Ainsi, M.Vachon croit qu’il faut laisser l’hindou être hindou, le chrétien être chrétien, le musulman être musulman, l’athée être athée et ainsi, accepter que nous avons tous quelque chose à apprendre les uns des autres.Le drame autochtone S’il s’est ouvert sur les cultures d’ailleurs, Robert Vachon s’est aussi ouvert sur les cultures d’ici: celles des peuples autochtones.D’ailleurs, comme c’est très bien raconté dans la biogra- pwiÉ» Robert Vachon lors d’une rencontre l’Institut culturel de Montréal, en 2002.avec SUSAN MINTZBERG le dalaï-lama à phie du prêtre, il a servi d’intermédiaire important lors de plusieurs crises mettant en opposition Premières Nations et gouvernements québécois et canadien, dont la crise d’Oka.Le prêtre catholique est horrifié par ce que nous avons fait vivre et ce que nous faisons toujours vivre aux autochtones.«Ils nous ont reçus chez eux et nous avons voulu les convertir de force! Nous avons pris leurs terres, nous les avons obligés à former des conseils de bande, nous les avons scolarisés, nous avons voulu en faire des Occidentaux au détriment de l’ensemble de leurs traditions», dénonce-t-il.Lorsqu’il entend des Québécois et des Canadiens casser du sucre sim le dos des autochtones, M.Vachon est profondément attristé.«Nous les avons écrasés et nous le faisons encore! Nous n’avons pas respecté leur culture et leur style de vie.Maintenant, il faut leur donner de l’argent pour qu’ils arrivent à survivre, puisque nous leur avons pris tout ce qu’ils avaient», s’insurge-t-il, constatant qu’encore aujourd’hui, on se retrouve devant un véritable blocage dans ce dossier.Améliorer les relations interpersonnelles Si, depuis le 11-Septembre, la guerre en Afghanistan et le bourbier irakien, les relations entre les différentes religions et cultures semblent de plus en plus tendues à travers le monde, Robert Vachon garde espoir.En fait, selon lui, malgré tout, il existe plusieurs beaux exemples de dialogues entre les cultures et les collectivités dans le monde, sauf que ça fait beaucoup moins de bruit que cette grande guerre de rehgion qui, en réalité, en est davantage une d’argent et de développement.Avec l’Institut interculturel de Montréal, qui existe depuis maintenant plus de 40 ans, il poursuit ses efforts pour rapprocher les cultures et faire connaître «les savoir-faire et les savoir-être» propres aux autres peuples.«Notre travail, nous le faisons aux niveaux personnel et communautaire, puisque c’est ce que nous sommes en mesure de faire.Nous suscitons l’apprentissage mutuel.Il faut commencer par là, même si ce que nous faisons semble avoir des impacts à petite échelle.Ça suffit pour me rendre heureux, puisque je sais que je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour améliorer les choses», conclut M.Vachon.Collaboratrice du Devoir ¦ Quatre fois par année, l'Institut interculturel de Montréal publie la revue Interculture qui est également traduite et distribuée en Italie.wwui.iim.qc.ca RAISONNABLES SUITE DE LA PAGE G1 Milot, qu'un règlement de l’université interdise d’admettre les chiens dans les salles de cours.«A première vue, ça tombe sous le sens, dit-il.Mais ce règlement peut avoir le même effet que si on disait: “Les aveugles ne sont pas admis dans les salles de cours”.» Dans le cas d’un accommodement raisonnable, on ne change pas le règlement, on fait tout simplement une exception pour que des personnes ayant des problèmes particuliers ne soient pas discriminées.Toutefois, la notion d’accommodement raisonnable n’implique pas, par exemple, que tout restaurateur doive nécessairement accommoder un aveugle avec son chien guide.«Il peut y avoir, dans certains cas, des atteintes à la liberté ou des formes de discrimination qui peuvent être justifiées», précise M.Milot.Ainsi, dans le cas d’un restaurateur, s’il juge que son établissement est trop petit, que les tables sont trop rapprochées ou qu'il est déjà difficile de s’y déplacer, il peut juger que la contrainte d’accommoder une personne aveugle et son chien guide serait excessive ou poserait un risque pour la sécurité des autres personnes.«Il faut toujours tenir compte d’un ensemble de facteurs, dit-il, dont les questions de sécurité.Ainsi, si une conductrice d’autobus qui pratique l’islam décidait un jour de porter un “niqab”, là, ce serait une question de sécurité publique.On comprendra alors qu’il sera véritablement justifié de ne pas faire preuve envers elle d’accommodement raisonnable!» «En conséquence, enchaîne Jean-Louis Roy, la notion d’accommodement raisonnable a une portée limitée puisqu’elle porte sur des choses qui sont significatives.Ce dont on parle souvent dans les médias, ce sont des compromis comme on en fait tous dans nos vies, dans notre milieu de travail, etc.Ce sont des compromis pour pouvoir vivre ensemble correctement sans qu’il y ait de conflits.» «Le problème, poursuit M.Mi-lot, c’est que souvent, aussitôt qu’il est question de religion au Québec, certains disjonctent! En réalité, certains ont des comptes à régler avec la religion et ils sont incapables de faire la différence entre leurs états d’âme personnels et ce que dit la loi.D’autres craignent aussi qu 'on revienne à une société religieuse.Or, on présume souvent que le Québec est un État laïque, mais cela n’est inscrit dans aucune loi! Il faudrait donc discuter de la place du religieux dans notre société laïque.mais ça, c’est un autre débat!» Collaborateur du Devoir RELIGION C 0 H A B I T T A T I 0 N DES PRATIQUES (' K CAHIER SP É C I A L EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR.Responsable: NORMAND THÉRIAULT nthcria.nll®Mevoir.ca 2050, rue de Bleury, 9' élafle.Montréal (Qitéboo) I13A 3M9.Tel.: (514) 985-3333 red aetion®le Les premiers livres de la Bible > Littérature prophétique et apocalyptique • Éthique et sexualité > Spiritualités chrétiennes > Psychologie de la religion ¦ Le croire chrétien > L'islam • L’intervention auprès du mourant ¦ Liberté et agir chrétien • La Torah, loi écrite du judaïsme • L'hindouisme ¦ Éthique et culture religieuse » Lecture de maîtres spirituels • L’Évangile de Judas • L'éthique des affaires • Los nouvelles religions au Québec • L'herméneutique de Vatican II H UNIVERSITÉ LAVAL Faculté da théologie et do sclencei religieuses MORTF.ZA NIBOUZAKI REUTERS mëm Bureau de scrutin installé dans une mosquée à Qom, lors des élections iraniennes de 2005.corde [la succession de guerres internes à partir de 656 qui a conduit au schisme entre les sunnites et les chiites].* De nombreux obstacles se dressent sur la route.Cela n’empêche pas Sami Aoun de défendre sa position, qui n’a rien d’utopiste à ses yeux.«Pour le monde’musulman, l’accès à la modernité est devenu une nécessité historique pour faire partie du concert des nations, et son absence est la marque de sa vulnérabilité», soutient-il.Collaboratrice du Devoir AUJOURD’HUI LTSLAM Fractures, intégrisme ET MODERNITÉ Sami Aoun Médiaspaul Montréal, 2007,190 pages L’esprit W ^ jeûnent fiel’ai0snie ALBIN MICHEL SPIRITUALITÉS UN TRÉSOR DE LIVRES ESSENTIELS Spiritualités vivantes ivm (WM Dvnk de tiw ! !
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