Le devoir, 14 avril 2007, Cahier E
LE DEVOIR LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2007 DANSE Ballet pour le temps présent.et futur Page E 5 REALISATIONS INC Cabaret U-Mano DESIGN Exporter sypK PARÉ Des artistes québécois réinventent bars et hôtels des grandes capitales du monde ISABELLE Ils travaillent dans l’ombre, n'ont pas la célébrité du Cirque du Soleil, d’une Céline Dion ou d’un Robert Lepage.Pourtant, ces Québécois sont parmi les créateurs les plus courus de la planète.Ils apposent leur signature sur plusieurs lieux-cultes de l’heure à Las Vegas, et dans les métropoles émergentes de Macao et de Dubai’.L’imaginaire québécois s’exporte à la tonne et réinvente la façon de concevoir les bars, les restaurants et les grands hôtels de demain.En 2003, le bar Tabu de l’hôtel MGM Grand de Las Vegas faisait la une du Time Magazine pour illustrer un dossier complet sur le renouveau de la capitale américaine du jeu, devenue la destination touristique branchée par excellence des Etats-Unis, avec ses restaurants cinq étoiles et ses allées de boutiques de luxe.Or ce fameux bar, sacré trois années de suite «best lounge» du monde et qui s’est valu la couverture d’un livre sur les plus beaux bars de la planète, est tout droit sorti des cartons de toute une équipe de créateurs montréalais débridés, à qui les magnats de l’industrie hôtelière font désormais appel pour donner du «humpf» à leurs quartiers généraux.«Au départ, le bar avait été dessiné par un grand designer.Les propriétaires de l’hôtel nous ont dit: “Cest bien beau, mais il ne s’y passe rien.” Ils nous ont demandé de créer un concept pour y mettre de l’atmosphère», explique Roger Parent, directeur de Réalisations inc., une compagnie de création qui a pris son envol en 2000.L’équipe se met donc au travail et projette sur les tables et sur les comptoirs des bars des images interactives, qui se transforment sous l’influence des gestes des visiteurs.Une bouteille déposée sur une table déclenche, comme un caillou jeté à l’eau, une onde concentrique dans une masse lumineuse qui semble liquide.Une main posée sur le bar le fait passer du marbre au bois.Architectes d’ambiance «L’idée n'est pas de faire un spectacle mais d'amener le “show” hors de la scène, dans des lieux communs où les gens peuvent se détendre, en créant des atmosphères, des ambiances.Notre travail, c'est VOIR PAGE E 4: IMAGINAIRE Enfin.De retour à la source.L’album que nous souhaitions, espérions, désirions d’elle depuis son prix d’interprétation à Granby en 1991.Son album country.L’album qu’elle avait en dedans d’elle depuis l’enfance, quand elle chantait Un verre sur la table, de Paul Daraîche, debout sur le jukebox dans le resto de ses parents en Gaspésie, et faisait pleurer tout le monde.L’album que le p’tit yodel dans sa voix réclamait, vibrant jusque dans les grandes ballades européennes qui l’ont sacrée vedette à travers la francophonie.L’album de la petite Isabelle par la grande Boulay.SYLVAIN CORMIER C4) était en 2005, peu après la s sortie du CD-DVD de ses concerts à l’Olympia, Du temps pour toi.Je croise Isabelle Boulay dans un couloir de Radio-Canada.Lui dit en passant que la p’tite séquence en prime sur le DVD, quand elle est dans l’escalier des coulisses de la mythique salle et chante à la bonne franquette avec ses musiciens trois, quatre de ses succès et des reprises, dont la Rosie de Jackson Browne (adaptation Cabrel), Always On My Mind de Willie Nelson (version Elvis!) et Un amour qui ne veut pas mourir (à la Renée Martel, pardi!), fait très complètement mon bonheur et que j’en aurais pris tout un disque.Elle me sourit et me lance en continuant son chemin: «Je l'sais, toi, ce que tu veux! fvais le faire un four.» Sous-entendu: confiance, confiance, mon p’tit bonhomme, comme chante Michel Rivard, tu l’auras, l’album country que tu veux que je fasses! Quand je lui rappelle sa promesse, dans le «bureau des entrevues» au fond du couloir de la moitié d’étage occupée par Audiogram dans la même bâtisse que MusiquePlus au centre-ville, elle rigole.«J’aurais dû écrire dans les remerciements que c’était juste pour toi.» Je rougis et rigole itou.Ce n’est évidemment pas pour moi quelle a finalement osé l’album country que j’espérais d'elle depuis que je l’ai entendue chanter du Paul Da-raiche en spectacle.Isabelle Boulay est une chanteuse country devenue vedette de la chanson, cela s’entend dans le drôle de yodel si typiquement western qui lui vient de toutes ces années passées sur le jukebox du resto de ses parents en Gaspésie à répondre aux demandes spéciales.Cela s’entend dans tous ses disques, dans la plupart des chansons, Le Banc des délaissés, Jamais assez loin, Vole colombe.Son album country était toujours en gestation, même quand elle servait du Bruel ou du Lama dans ses disques d’allégeance plus européenne.Fallait seulement qu’elle le sorte un jour pour vrai.Nommément et fièrement.Voilà que ça sort mardi, Dieu merci.Country sans concession De retour à la source m’est tout de même destiné, en ce sens qu’il est destiné à vous et «C’est vraiment un portrait de ma réalité, de mon affirmation » moi et à tous ceux qui aiment à la fois la musique country, la chanson populaire et Isabelle Boulay.Dédié, il l’est plus spécifiquement à «toutes ces voix sur lesquelles je me suis fait bercer dans le carrosse à ressorts chez ma tante Adrienne», écrit Isabelle à la dernière page du livrefi où une photo nous montre la • fillette en cow-girl.«[C’est] un clin d’œil à mes parents, amis et tous les membres de ma famille, ajoute-t-elle, ainsi qu’aux musiciens avec qui je chantais enfant, qui m’ont accompagnée dans les bars de la Gaspésie et de la Côte-Nord, et toutes les personnes du public qui se souviendront de la petite Isabelle.» Le fait est qu’on sera tous contents mardi: Ceux qui aiment Isabelle Boulay chantant Bruel aussi.Toute l’Europe francophone, le Québec entier.Question d’adéquation.Ce disque, c’est elle.«C’est ma fibre, c’est au plus profond de moi.La grande chanson française, les chansons fédératrices, ça fait aussi partie de moi, mais ce disque n’est pas une exception dans ma carrière.C’est le cœur.» Ni parenthèse, ni récréation, ni indulgence nostalgique.«J’ai déjà commencé à travailler sur mon prochain disque, avec [le réalisateur français] Dominique Blanc-Francard.C’est encore là.Le country va imprégner tout ce qui va suivre, c’est clair.C’est comme un nouveau souffle.Ce n'est pas seulement la trame sonore du film de mon enfance.» La clé de l’affaire est que cet album country est majoritairement composé de chansons originales.Chansons de Michel Rivard {Entre Matane et Baton Rouge, parfait road-movie), d’Eloi Painchaud et Jorane (irrésistible Aller simple), de Geneviève Binette et Damien Robitaille fia chanson-titre, JACQUES GRENIER LE DEVOIR valse «rurale» très Hank Williams dans le genre), entre autres remarquables réussites, qui valent amplement les succès «fédérateurs» signés Plamondon-Cocciante {Je t’oublierai, je t’oublierai) ou Basset-Langolff (Im Lune).Bonne décision, on s’est éloigné de la première forme du «projet country», qui consistait en un simple album de reprises de «standards» québécois et américains du genre, trop proche des deux spectacles de la «carte blanche» proposée par Isabelle Boulay aux dernières FrancoFo-lies, où elle avait littéralement revisité le répertoire de ses années formatrices en compagnie des Paul Daraîche, Renée Martel et autres Stephen Faulkner.Spectacles dont l'album, soit dit en passant, contient quelques extraits bienvenus, accessibles par lien Opendisc.«Je parlais du projet de l’album de reprises avec Michel Rivard, Luc de Larochellière, je leur parlais de mon enfance à Sainte-Félicité, de ma tante Adrienne, et je pense qu 'ils m'ont écoutée profondément parce que ça n ’a pas été long avant que je reçoive des chansons qui me ressemblaient plus que si je les avais écrites moi-même.Quand Luc m "a envoyé Adrienne,/étais tellement émue.C’était elle en chanson.Joyeuse comme elle.Pleine de vie comme elle était.De retour à la source, c’est vraiment un portrait de ma réalité, de mon affirmation.L’histoire d’une fille qui a suivi le guide pendant un certain temps, puis qui a décidé de faire un bout sans guide.Et d'écouter son instinct.L'album country, il poussait vraiment fort en dedans de moi.Comme un bébé arrivé à terme.» La beauté de l’affaire est que cet album n’est pas country à moitié.Immersion totale.Du dobro partout, du twang partout, de VOIR PAGE E 6: BOULAY v LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2007 Le yable est dans la bricole Odile Tremblay Le pape l’a déclaré haut et fort le mois dernier: l’enfer existe bel et bien.Eh oui! On ne demande pas mieux que de le croire.Déjà séduits par les visions apocalyptiques peintes par Jérôme Bosch, et par les profils de diablotins malicieux peuplant notre inconscient collectif, pas question de le renier.Des cris et des grincements de dents sortent de ces ténèbres extérieures, des chansons aussi, faut croire.On est partants, vous dis-je.L’enfer existe donc.D’ailleurs, mardi dernier, son royaume de soufre était planté sur la scène du National, rue Sainte-Catherine.Il y avait même une fumée surgie des tréfonds de la terre, qui piquait les yeux.Une énorme faux rouge — sceptre et arme du démon, comme chacun sait — occupait le centre du décor.Comment douter après ça?Et puis, le public brûlait de hâte avant le show et réclamait ses bons diables.Les Charbonniers de l’enfer ont surgi sur les planches, tout de noir vêtus.Ils font un métier salissant dans une Géhenne crasseuse.D’où ce noir des costumes, sans doute.— Charbonniers, chauffez-nous donc l’ambiance.Ils se sont exécutés.Rien dans les mains, rien dans les poches.Tout dans la voue.Aucun instrument pour détourner l’attention des mots.A capella.Et une assistance en une sorte de transe presque religieuse, toutes générations confondues.Ce répertoire de nos aïeux plonge ses racines en chaque spectateur, éloigne la mondialisation galopante en tapant du pied.Iconoclastes, gaillards et amoureux, les gars.Rigolards par-dessus tout.On rend grâce au folklore québécois d’avoir quitté les ghettos temporels du Nouvel An et de la fête de la Saint-Jean en nous gi-guant ça désormais tout au long de l’ahnée.Moi, je me procure tous les disques des Charbonniers de l’enfer, depuis qu’ils ont lancé en 2002 leur fameux album Wô, aux arrangements vocaux si inspirés.Gagnée, séduite, impressionnée.Pas question de manquer ça, donc: mardi soir, nos cinq compères folkloristes offraient un spectacle-lancement pour leur nouvel album, À la grâce de Dieu.Ce titre prouve que le diable n’est pas tout seul dans leur cabane.Il partage la vedette avec le dieu de nos pères; tous deux en bon voisinage musical.De fait, les chansons traditionnelles recueillies par Les Charbonniers de l’enfer parlent autant de religion que de transgression.Le spectacle mêlait mardi leur répertoire d'hier avec les chansons de leur nouvel album.Va pour les découvertes, mais faut bien que le public s’y retrouve.Parfois, ils nous perdaient quand même un moment pour nous rattraper sur le swing de la chanson suivante.On raccrochait toujours.Alors merci à Normand Miron, à André Marchand, à Jean-Claude Mirandet-te, au conteur Michel Faubert et à Michel Bordeleau de La Bottine souriante.Merci de marcher à contre-courant du vent du jour.Aucun jeune loup aux dents longues dans leurs rangs, mais des hommes aux cheveux blancs debout contre le mur de la grande amnésie collective, à transformer le passé musical en poésie moderne.Et cette idée brillante de chanter a capella, si inusitée au Québec.Rien de plus touchant que les voix humaines, même quand elles n’arrivent pas toujours à s’accorder sur scène.Michel Faubert donne le la et la polyphonie s’installe.Les Charbonniers s’élancent, façon bon en- i * ;; m ' ••£*, * '' fvil;.': ^4 ' i ' ¦: ¦****?¦•.* ¦ ¦-¦‘«Hr .¦ - .• •iKm-r* SOURCE FESTIVAL O'ETE DE QUEBEC Les chansons traditionnelles recueillies par Les Charbonniers de l’enfer parlent autant de religion que de transgression.fant, sourient quand une des voix de leur quintette déraille un peu.Sur le disque, les aspérités s’adoucissent.Quand même.Chacun de ces diables chantants a d’autres chats à fouetter.Comment s’empêcher de penser qu’ils sont de Catherine j ivie Guillaume Champoux Catherine ProuLx-Lemay Steve Laplante et Catherine-Anne Toupin mise en scène de Frédéric Blanchette écJaifagcs cîc Martin Gagné du 15 au 28 avril “Dn audacieux alliage de rire et d'introspection, une rupture franche et necessaire avec le confort aabiant." Christian St-Pierie, VOIR "On ne peut qu’adairer l'économe de moyens, la clarté du dessin., une realisation d'une sobriété exençlaire.' Hervé Suay, LE ïEVQIR ’’Les dialogues vifs, crus et saccades sont particuiièreaent bien rendus par des acteurs doues." Anne-Marie Cientier, LA PRESSE ’.le texte précis et punché, la aise en scène rythmee et équilibrée et le jeu des comédiens nous tient vraiment accroché, nous scie en deux et nous fait ciller de rire." Geneviève Valette, VOO.CA Charbonniers parfois en dilettantes, entre deux autres activités?S’ils élevaient la barre juste un petit peu plus haut, nos hommes auraient tout pour devenir de grands ambassadeurs de la chanson traditionnelle québécoise à travers le vaste monde.On se dit ça avec un soupir.La polyphonie est si populaire dans plusieurs traditions, en Europe de l’Est entre autres.Ces chanteurs-là pourraient percer davantage, ici comme à l’étranger.On leur souhaite plus de tournées, plus de rayonnement.Mais le veulent-ils vraiment?Peut-être pas.Dommage! C’est beau, le désintéressement.Charbonniers tant qu’ils voudront, ni l’enfer ni le paradis ne sont en cause dans leur répertoire.Juste la terre de nos ancêtres, avec la mémoire de la France et la sueur de la colonisation au Nouveau Monde.Par ici les pauvres déserteurs, pendus pour avoir voulu retrouver leurs belles, la partie de chasse avec la femme à Pitou, le coup d’épingle aux curés qui empêchent les dames d’aller danser.Ils sont partout, au fait, les hommes d’église, avec leurs bonnets carrés et leurs gros yeux fâchés.Ces prêtres trop puissants que les chansons traditionnelles aimaient bien écorcher au passage, comme dans le délicieux Kyrie.Kyrie au levé de nos curés / Ils ont des bains bien préparés / Tandis que nous./ Pouilleux, d’eras-seux, d’véreux / d’vlimeux, d’vicai-re de misère / On n'a que l’eau frette pour se laver / Eleison.On croirait y entendre l’écho du chant révolutionnaire Les Canuts, écrit par le Frapçais Aristide Bruant à la Belle Epoque.Ces Canuts étaient des tisserands pauvres qui appelaient à la révolte contre les prêtres et les grands de ce monde.Au Québec, la chanson Le Kyrie n’osait aller jusqu’à réclamer le renversement des potentats.Il y avait comme une petite gêne de colonisé.Nos révolutions sont plus tranquilles.«Excusez-la», comme dirait l’autre.Mais que s’exportent au loin nos Charbonniers de l’enfer pour témoigner de ces contradictions-là, sur leurs merveilleux tapements de pieds.otrem blaydledevoir.com à la salle Jeatt-Chude Germain io ''"héàtre d’A i.duiil’B'jj 3900.rue - réservations: 514-282-3900 DES YEUX DE Création THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI Texte MICHEL MARC BOUCHARD Misejarscène MARIE-THÉRÈSE FORTIN VERRE Avec GUY THAUVETTE.SYLVIE LÉONARD, SOPHIE CADIEUX et BÉNÉDICTE DÉCARY.DU 10 AVRIL AU 5 MAI 2007 THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI S14 282 3B00 3900 rue Saint-Denis, Montréal (Métro Sherbrooke) WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA St JE VOUDRAIS ME DEPOSER LA T etc DE JONATHAN HARNOIS MISE EN SCÈNE DE CHAUDE POISSANT AVEC CHRISTIAN BARIL ANNICk RCDr directeur artistique théâtre pap c^eToi.ss1^/7 CAR0line p PRODUCTION THÉÂTRE PÀP pu 27 MARS AU 21 AVRIL 2007 ESPACE GO.MONTRÉAL, SH 845 4890 Réseau admission su 790 1245 - «ww.aomtswon.com LE DEVOIR V 1994 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2007 E 3 CULTURE THÉÂTRE Des 16 ans doux-amers Transthéâtre souligne son sweet sixteen avec un Cabaret insupportable FRÉDÉRIQUE DOYON Plus on est de monde, plus on est fou.L'adage populaire a inspiré la compagnie Transthéâtre, qui a invité une trentaine d’artistes à célébrer, dans un déluré cabaret, non pas ses 10 ou 15 ans, mais ses sweet sixteen, entre les déraisons douces-amères de l’adolescence et la lucidité pas toujours raisonnable des adultes.«C’est un âge mythique qui nous inspire et nous remémore toutes sortes de choses, rapporte Brigitte Poupart, cofondatrice de Transthéâtre, en évoquant quelques-uns de ses propres gestes d’émancipation adolescente.La compagnie traverse un peu la même chose.Le bilan est positif, plus que jamais on se sent libre, on n’est plus à l’époque précaire de faire nos preuves, on se donne la permission de dire ce qu’on pense et, en même temps, défaire des mauvais coups, ce qui est propre à l’adolescence.Et de plus en plus mon mentor, c’est Robert Gravel.» L’adage prend aussi un sens plus sérieux: plus les Terriens se multiplient et évoluent, moins la planète semble tourner rondement, observent les deux manitous de Transthéâtre, Brigitte Poupart et Michel Monty.La modernité a engendré son lot d’absurdités et d’irritants, que la troupe a voulu exploiter sur le mode tantôt ludique, tantôt sérieux dans son Cabaret insupportable.Une quinzaine de sketches «Michel et moi, on trouve qu’on vit de plus en plus dans un monde insupportable, alors on a invité les gens à venir décliner à leur façon ce qui est insupportable pour eux, dans notre société», explique celle qui est aussi membre des Zapar-tistes.Le tandem a contacté presque tous les (ex-) collaborateurs proches ou lointains de Transthéâtre, des plus notoires (Christian Bégin, François Papineau, Nathalie Claude) aux figures nouvelles comme Ian Murchison ou Mathieu Quesnel.«On a toujours accueilli des artistes de la relève dans nos shows; on aime la continuité», note la codirectrice artistique du projet Même ceux qui ont dû refuser l’invitation ne manquaient pas d’idées sur l’inépuisable question des irritants du quotidien contemporain.«La réponse a été tellement positive, c’est un sujet qui allume les gens.Ça pourrait faire un autre cabaret avant qu’on épuise le sujet.» Chacun disposera d’une tribune de dix minutes, pour uopposition riche en symbolique au total, certains nés d’un brainstorm d’équipe, d’autres générés plus spontanément par les artistes invités.L’ingénieux Stéphane Crête, comédien, auteur, metteur en scène et codirecteur de la compagnie Momentum, portera le chapeau de maître de cérémonie et exposera les nombreux «insupportables» qui n’auront pas pu avoir de tribune.Certains numéros traitent de victimisation (François Bernier, Guillaume Girard) — «c'est dur d’être acteur!», lance Mme Poupart en guise de clin d’œil —, de discrimination (François Paren-teau).D'autres, plus absurdes ou ironiques, mettent en scène un clown et une mascotte, un numéro de danse (CatherineTardif), de chanson (Michel-André Cardin) — «Tous les acteurs sont chanteurs aujourd’hui!», note la comédienne —, un duo écologique (Justin La-ramé et Emmanuel Schwartz), un concours d’humoristes (Didier Lucien et Frédéric Pierre).Les irritants vont du plus anecdotique au politique.«R n’y a pas deux numéros pareils, promet la directrice artistique de la soirée.Par exemple, pour Ian Murchison, l’insupportable, c’est l’hiver.» Transthéâtre est réputé pour ses pièces engagées, politiquement ou philosophiquement, qui JACQUES GRENIER LE DEVOIR - ®i A ¦ .;y'’ t v •• .¦ y asiss 1- JACQUES GRENIER LE DEVOIR %5êÊSSMÊL 'mm.«On a toujours accueilli des artistes de la relève dans nos shows; on aimf la continuité», note Brigitte Poupart, cofondatrice de Transthéâtre et codirectrice artistique du projet Cabaret insupportable.\ é déterrent les contradictions et dérives du monde dans lequel on vit.C’est à eux qu’on doit la mise en scène de Gagarin Way en 2003 et la création Cyberjack en 2001.Plus récerrunent, Autoroute, projet multimédia enraciné dans l’histoire urbanistique de la capitale, était présenté dans le cadre du dernier Festival d’été de Québec.La troupe favorise les approches dynamiques qui sortent des cadres habituels du spectacle.«On essaie de briser la conven- tion scène-spectateurs, alors il y a toujours quelque chose qui déborde de la tcène», prévient Brigitte Poupart.Attention! Bêtes de scène en liberté.Le Devoir CABARET INSUPPORTABLE Une production de TransThéâtre présentée les 16,23 et 30 avril, et les 1er, 7 et 8 mai au Don d’Or.LES FRERES -Tew ^ p«i™ Am ' Pohimeii, patit a ùm'is, m/Mmudà wManh Miijtjcmj (h)£ l^tLubturo d* JfrrH'UnT&f47 CffncefJtèiow: XuMvic Porno»; ÿaLe tfcuvten t Ofaü/) ^AndnUnfD.cUfaH 28 cmâfêOQ?] 4559, PARI N EAU-MONTRÉ AL *QC www.theatrelalicorne.com LA LICORNE 514.523.2246 RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 à fait originale et incarnée Sylvie St-Jacques/ La Presse Une pièce désarmante de simplicité et de justesse.U chaque scene se veut un puf délice.K:SS*i— cette nouvelle piece dm et touchante.Josée Bilodeau / radio-canada.ca i Une pièce très forte- Claude Oeschenes/ Le Téléjournal / SKU 1 Je me suis délectée.• 1 une brillante réflexion sur l’héritage, sur le Marie-Chnstme Trottier/ Désautels / SHU LE DEVOIR Dans le cadre de la série Jeux d’enfants, le Nouveau Théâtre Expérimental présente La marche de Râma de Daniel Brière et Alexis Martin â Ganesh Anandan Daniel Brière Amrita Choudhury Minoo Gundevia Alexis Martin CONCEPTIONS Ganesh Anandan Amrita Choudhury Nicolas Descôteaux Colette Drouin Claire Geoftrion Yves Labelle Jean-François Landry Jonas Veroff-Bouchard Du 3 au 28 avril 2007 du mardi au samedi à 20h30 A ESPACE LIBRE 1945 Fullum, métro Frontenac Réservation 514 521-4191 Le Nouveau Théâtre Expérimental jette résolument un pont vers l'Asie mystérieuse.Daniel Brière et Alexis Martin entreprennent de raconter une des principales épopées qui fonde l'identité hindoue, le Râmâyana.Trois Indiens bien Montréalais les accompagnent dans cette épopée, la danseuse Amrita, le musicien Ganesh et le professeur Minoo.Venez voir cet étrange atelier, cette forge où effluves de curcuma et de thé s'entremêlent avec celles de la colle Lepage et de la peinture au latex.CCD espace 9c LIBRE l.i: Dkvüii; www.nte.qc.ca Théâtre du ISÏouvEévu ¦ ¦ vc„-, ABONNEMENT»»SAISON 2007-2008»»WWW.TNM.QC.CA»»514.866.8668 L’ILIADE D’APRÈS HOMÈRE + ADAPTATION ET MISE EN SCÈNE ALEXIS MARTIN /LE PROJET ANDERSEN DE ROBERT LEPAGE RHINOCÉROS D'EUGÈNE IONESCO «MISE EN SCÈNE JEAN-GUY LEGAULT /ELIZABETH, ROI D’ANGLETERRE DE TIMOTHY FINDLEY + TRADUCTION RENÉ-DANIEL DUBOIS -|.MISE EN SCÈNE RENÉ RICHARD CYR LA PETITE PIÈCE EN HAUT DÉ L’ESCALIER DE CAROLE FRÉCHETTE + MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL L’IMPRÉSARIO DE SMYRNE DE CARLO GOLDONI * TRADUCTION MARCO MICONE « MISE EN SCÈNE CARI BÉCHARD „ .Mu .mm ________ UNE PRÉSENTATION DE fTl ”^9*°.” Radio-Canada 23«ÆV.IK.IH Vdy.Québec i * LE DEVOIR, LES SAM EDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2007 E 4 IMAGINAIRE SUITE DE LA PAGE E 1 de la scénographie architecturale», explique Roger Parent, qui a longtemps roulé sa bosse dans le milieu du théâtre, du spectacle et du cirque avant de fonder sa propre boite.Depuis, Réalisations inc.a reçu une soixantaine de propositions de la part d’hôtels, dont plusieurs sont installés sur le fameux «strip».Pas moins de huit projets ont vu le jour pour le seul hôtel MGM Grand.Du nombre: deux restaurants, un remake de la célèbre discothèque Studio 54, deux bars, dont le Tea-tro, classé «meilleur bar» en 2004 par le magazine Wallpaper et la revue Club Systems International.Quand le téléphone sonne, une seule chose est fixée à l’avance: le budget.Pour le reste, assure Roger Parent, c’est carte blanche.Avec son nom prédestiné, le bar Teatro met en scène un mur serti de 120 bouteilles, où sont projetées des images mouvantes d’objets-souvenirs, comme autant de bouteilles envoyées à la mer ou de fioles contenant des élixirs magiques.Une autre commande, celle d’un plafond animé par des aurores boréales, vient d’être livrée pur l'hôtel Louxor, ainsi qu’un bar japonisant pour l’hôtel Mandalay Bay.L’équipe boulonne maintenant sur neuf projets distincts, destinés à un nouvel hôtel qui ouvrira ses portes à Detroit Mais dans un marché qu’on imagine hautement concurrentiel, comment expliquer le succès des boîtes québécoises?Un maelstrom créatif Selon Roger Parent, la façon unique de travailler ici, avec des équipes mixtes, favorise une créativité cjébridée, très peu courante aux Etats-Unis et ailleurs.«Notre force, c’est de faire travailler ensemble toutes sortes de gens très différents.Ça vient peut-être du modèle des créations collectives des années 1970, où les décisions se prenaient en groupe et non par un seul individu», explique ce vieux routier du show-business.C’est peu dire.Pour un projet destiné à Disney, Réalisations inc.a plongé dans la même marmite créative des jeunes spécialistes de rave, des contrôleurs aériens et des spécialistes des aquariums! Un mélange pour le moins inédit D’ailleurs, les locaux de Réalisations inc., dans la Petite Italie, ont des allures de laboratoire.Lors de notre passage, une demi-douzaine de jeunes cracks de l'informatique trimaient dur avec des designers et un technicien en électronique sur un projet de fontaine interactive gigantesque, où le mouvement et la grosseur de chaque goutte d’eau seront modulés par des ordinateurs.Vidéastes, informaticiens, architectes, bédéistes et designers entremêlent leurs idées dans des re-mue-méninges qui débouchent sur les projets les plus fous.«On est 54 à jouer dans le même carré de sable, alors il y a nécessairement un frottement des idées qui donne quelque chose d’unique.Notre but, c’est de nous amuser et de créer, alors on ne refait jamais deux fais la même chose.Ce serait comme rejouer la même pièce», estime Roger Parent Et ce groupe n’est pas le seul à exporter ses idées déjantées à l’étranger.Moment Factory, un regroupement de jeunes vidéastes et d’artistes rompus au De plus en plus on fait appel aux « inventeurs d’ambiance », avant même de couler le béton etecGfues et h hîficot Une fable printanière qui ravigote! Pour les enfants de 2 ans et plus Du 14 au 29 avril 2007 les samedis et dimanches À 9hî0, llhOO et !3hOG Billets: 12J (tare e» si») Réservations: 514-523-1303 info@illusiontheatre.com www.illusiontheatre.com Au Studio-théâtre de L'Illusion 783 rue de Bienville (Une rut au nord de Mont-Royal, angle St-Hubert) Lll.LLSION multimédia, créateurs d’environnements «immersifs», a aussi séduit certains magnats de Las Vegas en participant à la création du Revolution Bar, conçu dans la foulée du spectacle LOVE, créé en 2006 par le Cirque du Soleil pour l’hôtel Le Mirage.Chez Moment Factory, le directeur de la création, Sakchin Bessette, a 32 ans.Il a d’ailleurs fait ses classes en organisant des partys privés pour le propriétaire-fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, avec qui il a continué de collaborer sur plusieurs événements liés à la Formule 1.Depuis sa fondation en 2001, l’équipe de Moment Factory a créé plus de 200 événements, lieux et installations, carburant à coups de pixels et de médias mixtes sur des projets d’environnements «créatifs» et interactifs.L’esprit inventif de la jeune boîte a été choisi pour mettre du piquant dans des projets de développements'immobiliers à Dubai' et par certaines destinations touristiques.«On est des passionnés.On est des spécialistes du facteur “wow”.Nous sommes des créateurs d’ambiance.On mêle des créateurs avec des techniciens de haut niveau, des designers et des musiciens, et ça donne des produits inédits», explique Sakchin Bessette, qui vient de terminer un contrat pour le spectacle d’ouverture de la conférence du GIEC sur le réchauffement climatique à Paris.La Ville de Baton Rouge, en Louisiane, a aussi confié à sa boîte le soin de renouveler l’allure d’un de ses attraits touristiques, le vieux secteur de Perkins Rowe, par des projections sur des murs, des ambiances sonores et des brouillards.Seul hic, ce marché de la création débridée est voué à de rares clients aux budgets illimités, ce qui lait que la plupart des gros contrats de ces boîtes sont exécutés à l’extérieur du Québec.«C’est sûr que ça prend de très gros budgets pour ces projets, car il y a beaucoup de technologies.Mais ça ne fait rien; en plus de nos 20 employés à temps plein, en engage beaucoup de créateurs québécois comme sous-traitants.Ça fait vivre beaucoup de monde», lance avec enthousiasme Sakchin Bessette.Les nouvelles mecques de la culture L’attrait pour ce type de création dans les nouvelles grandes capitales culturelles d’Asie, comme Dubaï ou Macao, est tel que de plus en plus on fait appel aux «inventeurs d’ambiance», avant même de couler le béton, pour repenser la notion de ce que pourrait être un hôtel.«Depuis 10 ans, il y a un boom culturel à Las Vegas, qui s’étend maintenant à d’autres villes comme Dubaï ou Macao, de sorte qu’il y a une forte demande pour tout ce qui touche au design, à l'architecture et à la scénographie architecturale», explique l’homme derrière Réalisations inc.«Les casinos ont aussi beaucoup changé.On n’y vend plus que des machines à sous.On mise beaucoup plus sur l’attrait des spectacles, des bars, de la bonne bouffe, et sur la vente d’articles de luxe», ajoute Roger Parent.Yves Mayrand, directeur de GSM design, une firme québécoise retenue pour réaliser deux musées à Singapour et créer des espaces interactifs dans le plps haut gratte-ciel de Dubaï', aux Emirats arabes unis, croit que les vieilles capitales dEurope n’ont pas à lever le nez sur l’essor culturel que connaît l’Asie.«Ce qui se passe là-bas n’a rien à voir avec ce qui se passe en Europe ou chez nous, c’est un tout autre esprit.Eux, ils partent de zéro, donc tout est possible», expliquait-il récemment au Devoir.Roger Parent acquiesce.Soit, l’art suit les dollars.Et puis après.N’en a-t-il pas toujours été ainsi?Même le symbole par excellence de la culture occidentale, le Musée du Louvre, s’apprête à ouvrir une antenne dans les sables de l’émirat arabe d’Abou Dhabi, riche de son pétrole.«Las Vegas, Macao ou Dubaï, c’est un peu comme la cour des Médicis du XXI' siècle.Les meilleurs créateurs et designers de la planète s’y ramassent», ajoute-t-il.Le Devoir mm (France/Congo - Brazzaville) Hamlet Adaptation et mise en scène de Hugues Serge Limbvani 18 au 29 avril Du Mercredi au samedi 20h Les dimanches à 15h30 20$/15$ Avec abonnement 16$ /12$ ruai MAI (Montréal, arts interculturels) 3680, rue Jeanne-Mance Montreal, QC h2x 2k5 T.514 982-3386 www.m-a-i.qc.ca Le dimanche 22 avril à 15h30 - Matinée familiale gratuite pour les 15 ans et moins! Montreal LE DEVOIE Québec ï» îî DEKOFFIKVMHULÉ(C«tvore) MISE EN SCÈNE DE KRlSflAN FRÉDRIC AVEC DANIEL PARENT & SÉBASTIEN RICARD DÉCOR & COSTUME ENKI BILAL J^l | V .: DU 17 AU 28 AVRIL 07 Théâtre du Nouveau Monde RÉMY GIRARD / MARIE TIFO / FÉLIX BEAUUEU-DUCHESNEAU / GUY BERNARD / NORMAND CARRIÈRE / ALEXANDRE DANEAU / DAVID-ALEXANDRE DESPRÉS / SÉBASTIEN DODGE / MAXIM GAUDETTE / BENOÎT PARADIS / ÉMILE PROULX-CLOLTHER / LISE ROY ?Asttstnnce h la mise en acène et régie GENEVIEVE LAGACÉ / Décor JEAN SARD / Ooétumee SUZANNE HAREL / Éclairngee CLAUDE ACCOLAS / Muelque YVES MORIN / Chorégraphiée SUZANNE LANTAGNE / MnqulHngea JACQUES-LEE PELLETIER / Accessoires NORMAND BLAIS 444 DU 17 AVRIL AU 12 MAI 444 614.866.0668 444 WWW.TNM.QC.CA 444 GUICHET 514 521 4493 / WWW.USINE-C.COM ADMISSION 514 790 1245 / WWW.ADMISSION.COM « Une mise en scène envoûtante.foute l’équipe du Big Shoot.avec ce spectacle, frappe un grand coup.Avis aux amateurs de sensations fortes! » Hervé Quay, Le Devoir MEDIAS Hockey 101 La SRC diffuse la « version québécoise» de Vhistoire du hockey PAUL CAUCHON Mars 1875, patinoire Victoria à Montréal.Des étudiants de McGill jouent pour la première fois au hockey sur une patinoire intérieure entourée de bandes, avec quelques règles simples.Cet événement a été choisi comme date de naissance du hockey par les créateurs de la grande série en dix épisodes Hockey - La Fierté d’un peuple, dont Radio-Canada entreprend la diffusion ce soir.C’est un choix qui pourrait être discuté à l’infini.Les origines mêmes du mot «hockey» sont multiples, et on jouait à frapper un balle sur la glace depuis déjà des décennies.«Mais nous avons choisi cette partie parce que c’est la plus ancienne preuve documentée de ce qui ressemble le plus au hockey que nous connaissons», explique Peter Ingles, coréalisateur de la série.Hockey - La Fierté d’un peuple a été préparée par la même équipe qui avait présenté l’histoire du Canada il y a quelques années à Radio-Canada.Il s’agit donc d’une production commune aux réseaux anglais et français.Mais contrairement à l’histoire du Canada, qui avait suscité des réserves, les deux versions de cette série sur le hockey sont différentes.Pour les téléspectateurs francophones, on a surtout fait appel à des intervenants s’exprimant en français, qu’ils soient joueurs, journalistes ou historiens.La série, produite au coût de neuf millions de dollars, a d’abord été présentée sur CBC l’automne dernier; Radio-Canada l’a placée à l’antenne alors que s’amorcent les séries éliminatoires de la LNH.Elle est déjà disponible en coffret DVD.Radio-Canada a également publié avant les Fêtes un magnifique volume illustré.«On a beaucoup plus écrit sur l’histoire du hockey au Canada anglais qu’au Québec, précise Peter Ingles.Au Québec, on a surtout écrit sur des personnages, comme Maurice Richard ou Guy Lafleur.» Cristalliser l’identité nationale Cette série n’est ni l’histoire du Canadien de Montréal ni celle de la LNH.Il s’agit vraiment d’une histoire du hockey et de la façon dont il cristallise les identités nationales.Identité canadienne lors de la série Canada-URSS de 1972, bien sûr, mais également identité des deux grandes nations qui s’affrontent, par exemple dans la rivalité entre les Maroons anglophones et le Canadien francophone de Montréal au début du siècle, avec le rôle joué par Mauri- Cette série n’est ni l’histoire du Canadien de Montréal ni celle de la LNH ce Richard auprès des Canadiens français dans les années 50, ou dans l’intense rivalité entre le Canadien et les Maple Leafs de Toronto dans les années 60.La série aborde également des sujets peu étudiés.L’importance des femmes dans le hockey par exemple, ou encore la façon dont les arénas sont devenus le véritable centre communautaire des petites villes partout au pays.On retrace également l’histoire des tournois amateurs et de la présence canadienne aux Olympiques.Le hockey a d’abord été pratiqué au XIX' siècle par la bourgeoisie anglophone.«Ça prend 15 ou 20 ans avant que la bourgeoisie francophone s’en empare, vers 1885, 1890», explique Peter Ingles.Les jeunes Canadiens français qui étudiaient dans les collèges classiques l’apprenaient des Irlandais, qui fréquentaient les mêmes collèges parce qu’ils étaient catholiques.Dans un des épisodes, Jean Béliveau ajoute que par la suite les religieux qui enseignaient dans les collèges ont joué un rôle majeur, en initiant souvent les jeunes au hockey et en leur servant d’entraîneurs.La série permet évidemment de revivre de grands moments autour des vedettes de la LNH, mais elle propose aussi des anecdotes méconnues.Le fait, par exemple, que le hockey féminin avait connu un très grand essor pendant la Grande Guerre, alors que beaucoup de joueurs professionnels étaient partis au combat.On fait d’ailleurs la connaissance d’Alber-tine Lapensée, vedette d’un club de Cornwall, considérée comme une des meilleures joueuses de tous les temps — elle a déjà compté 15 buts dans un match — et qui est disparue mystérieusemenL Il est toujours amusant de revivre les débuts de la Coupe Stanley, un bol à salade en argent acheté à Londres par le gouverneur général du Canada Frederick Stanley.Une équipe pouvait «défier» le détendeur de la coupe n'importe quand, et celle-ci était régulièrement mise en jeu tout au long de l’hiver, avant que la LNH ne s’en empare pour en faire son trophée officiel de fin de saison.Mais ce que la série raconte surtout, c’est à quel point le hockey, comme tout sport populaire d'ailleurs, est un formidable producteur de mythes, de héros, de drames, dans lesquels la population projette ses désirs.Le Devoir Hockey - La Fierté d’un peuple, début samedi 14 avril, Radio-Canada, 18h30.Au THÉÂTRE DE QUAT’SOUS du 16 avril au 19 mai 2007 Texte PASCAL BRULLEMANS à partir d'improvisations dirigées par Eric lean, avec les comédiens et concepteurs Mise en scène ERIC JEAN Avec HÉCTOR CASTANEDA ARCEO, AGATHE LANCTÔT, JOHANNE LEBRUN, BENOÎT MCGINNIS, NELLY MAGANA DOMINIQUE QUESNEL, CHRISTIAN RANGEL Concepteurs : Magalie Amyot, Simon Bélanger, Alexandre Brunet, Manon Cousin, Jan Komarek, Anne-Catherine Lebeau, Vincent Letellier, Pierre-Etienne Locas, Guillaume Simoneau Une production du Théâtre de Guat'Sous Chasseurs L* « NE MANQUEZ PAS LE FORFAIT SOUPER-THÉÂTRE ^ 4 Chasseurs et Gibiers chez Laloux 45 $ taxes incluses / Boissons et pourboire en sus 1994 LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AVRIL 2007 CULTURE E 5 Un autre grand véhicule Le scénographe Stéphane Roy signe sa quatrième création pour le Cirque du Soleil et sa centième en carrière DANSE Ballet pour le temps présent et futur La La La Human Steps revisite deux ballets romantiques à sa manière abstraite et vertigineuse STÉPHANE BAILLARGEON Il existe des dizaines d'écoles de bouddhisme.L’une d’elles, très ancienne, baptisée kosa ou abhid-harma, appartient au courant hi-nayana, aussi dit du Petit Véhicule, opposé aux doctrines postérieures du Grand Véhicule, le mahayana.Ces métaphores font allusion à un incendie supposé d’où une seule personne se sauve dans une charrette tirée par une chèvre alors qu’un très grand nombre de sinistrés s’en échappent grâce à un énorme chariot à bœufs.Le Petit Véhicule est réservé aux initiés; le Grand ouvre la voie du salut pour tous.L’allégorie vaut aussi pour l’art, cet absolu de substitution.Le scénographe Stéphane Roy en sait quelque chose, lui qui en quelque vingt ans de carrière a aussi bien fourni des charrettes à de discrètes productions du théâtre jeunesse ou de la danse contemporaine que de gigantesques chariots au Cirque du Soleil (CDS).Au total, ses sublimes décors ont été vus par quelques milliers d’initiés de la scène contemporaine additionnés à des millions de spectateurs de la piste réinventée.Le prince des planches en remet avec le dernier spectacle du CDS, sa quatrième scénographie pour la prestigieuse compagnie, qui serait aussi très exactement sa centième création professionnelle.Le nouveau mahayana spectaculaire est baptisé Kooza, comme quoi tout se tient dans la grande énigme du nirvana.Dans ce cas, kooza (et non kosa) dérive d’un mot sanscrit désignant bien des choses, dont une boîte ou son trésor.Autobus pakistanais et bijoux indiens «Le nom a été choisi il y a bien six mois», explique Stéphane Roy, rencontré cette semaine alors que la grande tente bleu et or du Vieux-Port de Montréal accueillait les médias pour le service publicitaire de la production qui prendra les routes du monde après la Saint-Jean.«Ce nom colle bien à l’esprit du spectacle et concentre les idées que l’équipe de création a tenté de concrétiser.» Le mot d’ordre le plus criant réclame un retour aux sources cir-caciennes après les expériences plus théâtralisantes de Corteo, l’avant-dernier show pour chapiteau.«Je pense à ce spectacle depuis dix ans, dit le clown David Shiner, metteur en scène de Kooza, rencontré lui aussi après le dévoilement du nom et de quelques extraits du spectacle./ci eu le temps de réfléchir beaucoup fl ce que je voulais faire et surtout des années pour simplifier la proposition au maximum.Les meilleures choses prennent du temps à germer et les meilleures idées s’avèrent souvent les plus simples.» Cette simplicité volontaire s’organise concrètement autour de deux axes fondamentaux, celui des clowneries et celui des acrobaties.L’écrin imaginé par Stéphane Roy pour accueillir les quelque 50 artistes et la douzaine de numéros se déploie sur une piste circulaire ceinturée d'une salle à 260 degrés.La carte du ciel du premier jour de la première performance publique est peinte sur le plancher de scène.Des éclairages encastrés projettent une douce lumière sur les visages des artistes, rappelant les feux de la rampe des anciens théâtres.En fond de scène, un immense tissu bleuté et de grandes voiles s’ouvrent comme une fleur de Giorgia O’Keefe pour dévoiler un bataclan.Les ouvertures à la base de la tour mobile servent aux entrées et sorties des artistes.L’étage central accueille l'orchestre.Le dernier niveau évoque un campement de bédouin.En fait, toute la décoration du bataclan s’inspire de la culture hindoue, des autobus pakistanais et des bijoux indiens.«Tout ça demeure très simple, très low-tech même, explique le concepteur.Les voiles qui encadrent le bataclan bougent à l’aide de cordes et de poulies actionnées par deux personnes.Beaucoup d’éléments se montent et se démontent avec un maillet et quelques tiges.Même les plus grosses pièces peuvent se déplacer à la main.» Et pour l’inspiration indienne?«Je n’ai jamais mis les pieds en Inde, confie celui qui a par contre séjourné au Yemen.L’inspiration indienne vient du metteur en scène et je l’ai récupérée notamment pour ce très inspirant côté “bling-bling’’: la breloque clinquante, les tissus chatoyants, le feu d’artifice des formes et des couleurs.En même temps, au cirque, il faut que les scénographies demeurent en dehors des modes.Il faut viser l’universel et l'intemporel, pour la simple raison que les spectacles circulent partout pendant très longtemps.» David Shiner séjourne fréquemment dans lé pays-continent.Pour lui, l’Inde joue aussi fondamentalement la carte des grandes vérités de base.«C’est le pays où Ton comprend le mieux sa place sur la terre et où Ton peut le mieux voir la vie comme elle est, dit-il.La plus immense richesse y côtoie la plus extrême pauvreté.Et j’y ai croisé des gens qui n’avaient rien mais qui semblaient parfaitement heureux.C’est également une terre mythique, aussi magique que mystique, ce qui va très bien avec le cirque, un art qui se veut lui aussi magique et symbolique.» Pour ce clown américain, cette volonté vaut tout autant pour le Cirque du Soleil, malgré ses profondes accointances avec les casinos de Las Vegas, les billets V1P à 300 $ et les étalages de produits dérivés.«C’est la plus merveilleuse compagnie du monde, dit-il.Guy Laliberté [le fondateur et propriétaire du CDS] laisse toute la liberté aux équipes de création et leur accorde un soutien incroyable.R n'y a pas de limites ici.Tout est possible.Et je crois qu’il n’existe rien de semblable ailleurs dans le monde.» Stéphane Roy en rajoute.Il a travaillé pour trois autres productions du CDS.Il louange la technique de la cellule créatrice adoptée par la compagnie depuis quelques années.Lui-même fait partie du noyau central d’idéa-teurs dès les premiers balbutiements d’un spectacle.«Au théâtre, je suis au service du metteur en scène», dit celui qui a également conçu la scénographie de la paire tchékhovienne montée conjointement cette saison par la Compagnie Jean-Duceppe et le Théâtre du Nouveau Monde.«Au Cirque, je suis mêlé beaucoup plus intimement à la création d’un spectacle.» L’évolution radicale de la scénographie de Kooza le prouve bien.La première idée de la cellule pointait vers une sorte de grande page blanche, un écran pour des projections multimédias.«Nous avons traversé cette page et nous sommes entrés dans un nouveau monde», résume Stéphane Roy.Son véhicule, le quatrième de la classe des grands, devrait permettre d’y entraîner des millions de spectateurs supplémentaires au cours des prochaines années.FRÉDÉRIQUE DOYON Ly ambiguïté mystérieuse, la i double nature des êtres et de la vie, qui rend celle-ci si insaisissable, fascine le chorégraphe Édouard Lock depuis toujours.Après André, Aurélia, Amelia, c’est au tour d’Amjad, toute nouvelle chorégraphie de la compagnie montréalaise La La La Human Steps, de semer le mystère.Amjad, présenté en première mondiale à Ottawa cette semaine, puis à Montréal la semaine suivante, est un prénom issu du pays natal du chorégraphe Édouard Lock — le Maroc —, qui sied autant aux hommes qu’aux femmes.La danseuse Louise Lecavalier, véritable muse du chorégraphe, a incarné cette dualité pendant plus de vingt ans par sa force brute jumelée à sa souplesse féline.Si les chorégraphies de La La La Human Steps se sont assagies un peu depuis le départ de la démone blonde, elles comportent toujours cette ambivalence essentielle: des hommes sur pointes au visage androgyne de la danseuse Zofia Tujaka dans Amelia en passant par la forme du duo, emblématique de son œuvre.Comme le sourire étrange de la Mona Lisa, les commotions chorégraphiques de La La La Human Steps ont ainsi conquis le monde, depuis Human Sex en 1985 jusqu’à Âme/z'a en 2004.Une opposition riche en symboles Après avoir apprivoisé et aussitôt subverti les pointes, le chorégraphe s’enfonce encore un peu plus dans l’imaginaire du ballet classique avec Amjad.Lock revisite carrément deux ballets du répertoire romantique à sa manière abstraite et vertigineuse: Le Lac des cygnes et La Belle au bois dormant.Le prénom marocain d’Amjad renvoie d’ailleurs aux influences fortement orientales qui imprégnaient les œuvres romantiques.«C’est intéressant de faire référence à des structures anciennes pour exprimer des choses nouvelles, confie le chorégraphe au Devoir.Les pointes amenaient déjà avec elles un poids historique.» Bien sûr, il rejette la narrativité et la fonction de représentation au cœur des ballets classiques.«Il y a des références chorégraphiques [au style romantique dans Amjad], mais je n’intègre pas le répertoire, ça ne m’intéresse pas, précise-t-il.La structure de ces ballets est souvent complètement inintéressante, les parties les plus touchantes sont celles qui se passent dans la forêt, comme les grands pas de deux.» Malgré l’abstraction avouée de son travail chorégraphique, l’artiste a retenu précisément ces deux ballets notamment parce qu’ils mettent en scène cette op- position riche en symboles entre le monde sombre et chaotique de la forêt et celui, lumineux et ordonné, de la royauté.«Ces deux ballets sont les plus connus, ont un thème palais/forêt unifiant et le même compositeur», explique-t-il.Les œuvres de Tchaikovski, dont on reconnaîtra peut-être certains motifs, ont toutefois été complètement remaniées par les compositeurs Gavin Bryars et David Lang.Édouard Lock a donc exploité, surtout dans la réalisation du film qui dialogue avec la chorégraphie, la symbolique des ballets romantiques, les pulsions antagoniques qu’ils recèlent, comme tout mythe fondateur d’une culture.«Quand on regarde la dynamique qui opère dans les thèmes narratifs du Lac des cygnes, c'est l’ostentation, la dorure, le paraître, le pouvoir, la structure du palais et sa relation floue et ambiguë au chaos de l’inconscient, au danger, à la noirceur, la séduction de la forêt.On voit ça symbolisé dans le film: les lianes, c’est la forêt; la dorure, c’est le palais.» Dans les extraits dévoilés plus tôt cette semaine, une dichotomie semble se dessiner, surtout dans le travail des bras, entre des mouvements plus délicats et harmonieux, empreints de l’élégance romantique et des gestes plus vifs et radicaux.«Ce n’est pas tant une déstructuration de la thématique romantique qu’une empreinte du style.» Pour le reste, tous les ingrédients fétiches de Lock s’y retrouvent: musiciens sur scène (violons alto, violoncelle, piano), danseurs qui évoluent beaucoup par duos, scénographie monumentale — signée par un nouveau collaborateur, le sculpteur Armand Vaillancourt La La La Human Steps a connu une ascension fulgurante dans,les années 80-90.Fondée par Édouard Lock en 1981, la compagnie a gagné les scènes du monde d’abord avec Human Sex.Son esthétique crue et sa danse d’une extrême vélocité repoussaient les limites de la chorégraphie et cristallisaient l’imaginaire de toute une génération en quête de sensations fortes.Artiste multimédia avant l’heure, Édouard Lock a signé presque autant de films que de chorégraphies.Son dernier film, Amelia, a atteint des sommets de perfection et d’intelligence visuelle et spatiale.Espérons qu’il y aura aussi an Amjad - le film.Le Devoir AMJAD Chorégraphie d’Édouard Lock présentée les 20 et 21 avril au Centre national des arts d’Ottawa et du 26 avril au 5 mai au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.Le Devoir ECOLE SUPÉRIEURE DE BALLEr îs CONTEMPORAIN SPECTACLE HOMMAGES Jeudi 19 avril 2007 • 20 h Théâtre Denise-Pelletier 4353, rue Sainte-Catherine Est RÉGULIER 36 $ / ÉTUDIANT ?4,50 î (TAXÉS ET REDEVANCES INCLUSES) sSSr m ¥ M00-H1-4SIS -' ADMISSION.(OM à Qur
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