Le devoir, 21 avril 2007, Cahier C
'A .&e«ei&VaJUiipdbL2a» ¦ PERSPECTIVES Gouverner par mimétisme Jean Charest projette de reprendre à son compte certaines recettes qui ontfait le bonheur de VADQ ROBERT DUTRISAC Québec — En dévoilant son conseil des ministres mercredi, le premier ministre Jean Charest a affirmé qu’il avait pris acte du choix qu’ont fait les Québécois le 26 mars dernier.«Dans sa sagesse, le peuple québécois a décidé d’élire un gouvernement minoritaire», a-t-il curieusement déclaré.Un peu plus et il félicitait les Québécois de ne pas lui avoir donné une majorité.Il y a beaucoup d’humilité, feinte ou réelle, dans les mots qu’a employés le premier ministre mercredi.Il gouvernera «différemment», a-t-il dit «Ce gouvernement marquera une rupture avec le passé.» Il se donnera un nombre limité de priorités bien concrètes.Son conseil des ministres est «un nouveau départ».Mais surtout: «Dorénavant, nous allons rapprocher nos actions et nos décisions de ce qui touche la vie quotidienne de nos concitoyens», a plaidé Jean Charest Ce nouveau gouvernement Charest sera celui «de tous les Québécois qui travaillent fort, qui ont des enfants qui grandissent, des parents qui vieillissent».Voilà bien des accents adéquistes et un ton que Mario Dumont n’a eu de cesse d’employer ces dernières années, lui qui se fait le défenseur des familles de la classe moyenne, de ces parents qui s’échinent afin d’assurer l’avenir de leurs enfants.Arrivé au troisième rang dans la plupart des circonscriptions francophones, le Parti libéral du Québec sent qu’une grande partie du Québec des régions est en train de lui échapper.Il projette de reprendre à son compte certaines recettes qui ont fait le bonheur de l’ADQ.On verra à l’usage si ce gouvernement minoritaire en viendra à proposer des mesures qui affectent directement la vie des citoyens, qui sont simples à comprendre et s’avèrent populaires, voire populistes.Mais à deux semaines de l’ouverture de cette session parlementaire historique au cours de laquelle se débattra un gouvernement minoritaire devant deux partis d’opposition qui, ensemble, détiennent les deux tiers des sièges à l’Assemblée nationale, ce mimétisme du PLQ à l’endroit de l’ADQ fait du parti de Mario Dumont l’allié objectif des libéraux.On connaît déjà une mesure que le gouverne- Jean Charest a décidé de faire subie une cure minceur à son Conseil des ministres.ment libéral veut appliquer et sur laquelle le PLQ et l’ADQ sont sur la même longueur d’onde: le dégel des droits de scolarité.De même, la nouvelle ministre des Aînés, Marguerite Blais, bien qu’elle n’ait pas brillé par sa limpidité devant les journalistes, n’a pas fermé la porte à la tenue d’une commission d’enquête sur la situation des personnes âgées, ce que réclame l’ADQ qui en a fait un engagement électoral.Mais auparavant, le prochain budget constituera un test.Mario Dumont a déclaré qu’il s’opposait à l’ampleur des baisses d’impôt — 950 millions — promises par Jean Charest lors de la campagne électorale.Mais il n’a pas dit qu’il n’appuierait pas le prochain budget libéral.On le sent prêt à faire des compromis: par exemple, qu’une partie du règlement du déséquilibre fiscal versé par Ottawa aille à des baisses d’impôt et que le reste soit affecté à la diminution de la dette.Remarquez que, dans l’entourage du premier ministre, on estime que le gouvernement pourra faire fi des exigences de ïopposition et faire à sa guise en procédant aux baisses d’impôt promises.D est vrai que le Parti québécois, vu l’état de déliquescence dans lequel il se trouve, ne pourrait voter contre le budget aux côtés de Î’ADQ.Pas question pour les péquistes amochés de faire tomber le gouvernement pour se retrouver en campagne électorale.Si l’ADQ décide de ne pas appuyer le budget, les députés péquistes n’auront d’autre choix que de se porter malades MATHIEU BELANGER REUTERS en bloc le jour du vote.Dans les faits, Jean Charest peut donc imposer le budget qu’il veut Mais s’il est conséquent avec les propos qu’il a tenus mercredi, il chargera plutôt le nouveau leader parlementaire, Jean-Marc Fournier, de concocter un compromis avec Mario Dumont et le porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances, Gilles Taillon.«Le gouvernement ne peut plus décider seul et l’opposition ne pourra plus seulement critiquer», a dit le premier ministre.Jean Charest verra peut-être un avantage à se montrer conciliant, dès les premiers jours de la session, avec l’opposition officielle.VOIR PAGE C 2: CHAREST Dans la foulée de la tragédie de Virginia Tech Plus ou moins d’armes ?Le débat sur les armes à feu aux États-Unis est encore une fois relancé La tragédie meurtrière qui a frappé le campus de PUniversité de la Virginie à Blacksburg lundi relance le débat sur les armes à feu aux États-Unis.Mais il est peu probable qu’elle remette en cause le droit de port d’arme.Au contraire, il est plutôt probable qu’elle le renforce.MARIE-CHRISTINE BONZOM Washington — Lors de la cérémonie en hommage aux victimes organisée mardi à Blacksburg, George W.Bush a indiqué qu’il avait «le cœur rempli de tristesse» après la tuerie qui a frappé cette petite ville nichée dans les montagnes des Appalaches.«Il est impossible de comprendre une telle violence», a déclaré le président américain.Juste avant lui, Timothy Kaine, gouverneur de la Virginie et membre du Parti démocrate qui a remporté les élections législatives et locales face au Parti républicain de George W.Bush en novembre dernier, venait de prononcer à peu près les mêmes mots.«Une violence aussi insensée est difficile à comprendre», avait en effet affirmé M.Kaine.Si le chef de la Maison-Blanche et le gouverneur de la Virginie semblaient ainsi à cours d’explications pour saisir les raispns d’une telle violence, d’autres personnes aux Etats-Unis tiraient rapide- 7 m m te mJ WdÆf’ mmm mm mm Les magasins vendant des armes foisonnent aux États-Unis.SHANNON STAPLETON REUTERS ment les conclusions qui leur paraissaient relever fait que rappeler une nouvelle fois, et d’une horrible façon, de l’évidence.que certains des dangers les plus graves encourus par les Dans un éditorial publié dès le jour de la tuerie, le Américains proviennent de lueurs présents sur le sol natio-New York Times affirmait ainsi que cette tragédie «ne nalet munis d’armes effroyablement faciles à obtenir».De son côté, la Coalition pour arrêter la violence armée (Coalition to Stop Gun Violence), qui regroupe 45 associations civiles, professionnelles et religieuses et qui compte 100 000 membres individuels, lançait l’appel qu'elle fait chaque fois qu’une tragédie Semblable à celle de Blacksburg se produit aux États-Unis.«Dans un pays empoisonné par la violence armée et frappé chaque année par plus de 30 OOO morts causées par des armes à feu, une réévaluation de notre attitude ouvertement laxiste envers les armes à feu se fait attendre depuis trop longtemps.» Toutefois, malgré les 33 morts et la dizaine de blessés de Blacksburg, le changement que réclament les opposants du droit de posséder des arjnes à feu pourrait bien tarder encore longtemps aux États-Unis.Tout d’abord, une bonne partie des Américains demeure farouchement attachée au droit d’acheter, de posséder et d’utiliser une arme à feu, un droit reconnu par le deuxième amendement de la Constitution des États-Unis.Les joies de la chasse et le souhait de pouvoir assurer la protection de sa personne et de sa famille sont évoqués avec émotion et avec force, y compris par des gens comme John Edwards, le fringant candidat démocrate à la présidentielle de 2008, qui aime raconter les souvenirs de chasse qu’il garde de son enfance passée en Caroline.L’attachement aux armes à feu n’est cependant pas limité au Sud profond.Il est présent dans toutes les zones rurales des États-Unis, des déserts de l’Ouest VOIR PAGE C 3: ARMES Préparez votre carrière en comptabilité Nos programmes d’études à temps partiel et cours du de gestionnaire.Il existe de nombreuses opportunités soir offerts en comptabilité vous permettent d’acquérir pour ces professionnels en entreprise privée, les la formation de base pouvant vous mener à une cabinets-conseil, les organismes publics et parapublics carrière stimulante soit à titre d’expert-comptable ou ainsi qu’en enseignement.Intéressés en savoir plus?Venez assister à une séance d’information offerte par le Centre d’éducation permanente et l’Ordre des C.G.A.du Québec.McGill Centre d’éducation permanente Session d'information : Lundi,?mai de 16h30 à 18h | 688,rue Sherbrooke ouest,salle 1041 Réservez votre place maintenant! www.mcgill.ca/conted-cms Ordre des CGA du Québec ’Mu LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 AVRIL 2007 C 2 PERSPECTIVES Jean Dion Merci le média! Bien que le dossier ne soit pas encore tout à fait clos, un média d'information sérieux et responsable s’est donné une note de A+ pour sa couverture d’une tuerie dans une université.«Non, ce n’est pas encore tout à fait terminé.H reste à répéter ce qu’on a dit au cours des derniers jours, dresser des bilans, faire des suivis et classer nos trucs afin de pouvoir dégager une perspective historique du phénomène du massacre la prochaine fois qu’il s’en produira un», a déclaré le média prestigieux dans un communiqué envoyé à lui-même.«Attention, on ne souhaite nullement qu’il s’en produise un autre.Mais que voulez-vous, on n'est pas maître de l’actualité foisonnante.Cela étant, jusqu’à maintenant dans cette histoire, on s'en tire numéro un.De la belle ouvrage.» Selon le média rigoureux, une pareille tragédie n’est bien sûr facile pour personne, mais elle pose des problèmes particulièrement percutants pour les médias.«Il faut remplir des heures et des heures d’antenne à raconter n’importe quoi, avoir l’air démolis sous notre maquillage et notre coiffure professionnels, les témoins sont émus et nous donnent des entrevues tout croche, des lieux névralgiques nous sont interdits d’accès alors que nous ne cherchons qu’à faire notre travail.C’est tout un exploit que, dans ces circonstances, on ait réussi à remplir notre mission de respecter le droit du public de savoir», a-t-il dit.A ceux qui lui reprochent de trop en mettre et de verser dans le sensationnalisme et la facilité, le média a rétorqué que ce n'était pas de sa faute.«Beaucoup disent tout le temps que c’est de ma faute.Tout est toujours de ma faute.J’ai le dos large.Mais c’est faux.Ce que je livre comme information en tant que média à l’écoute de sa clientèle, c’est ce que les gens veulent.Les gens aiment entendre parler de ce genre d'événement sordide.Les gens sont malades, qu’est
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