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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-03-29, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR LES SAMEDI 29 ET D I M A X ('HE 3 O MARS 2 O O 3 THÉÂTRE Bartok, la danse et la fiction Page E 3 - LE DEVOIR ?m BLUES Quand on vieillit bien.Page E 6 © CINÉMA Le regard cru de Bernard Emond 20hl7, rue Darling, de Bernard Émond, sort vendredi dans nos salles.Mélange de polar, de comédie, de drame sociologique, le film, qui donne la vedette à Luc Picard, aborde, comme tous les films d’Émond, la dignité humaine face aux soufflets de la vie.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Certains se demanderont quel üen intime et douloureux le cinéaste Bernard Émond entretient avec l’alcool.Son long métrage précédent, La femme qui boit, montrait la chute d’une femme dans la bouteille.20hl7, rue Darling porte sur la dérive d’un ex-alcoolique.Le cinéaste ne boit pas, ou presque, mais des membres de sa famille, qu’il n’a guère envie d’identifier, ont eu soif.Ét puis, il connaît un certain nombre d’alcooliques, bien sûr.Qui n’en connaît pas?À l’écran de 20hl 7, rue Darling, Luc Picard sera ce personnage, ancien journaliste aux faits divers du Journal de Montréal, rescapé de tous les naufrages et de trois divorces, sobre depuis plusieurs mois.mais est-on sobre une fois peur toutes?L’explosion inopinée du bloc d’appartements où il habite le poussera à enquêter sur les causes nébuleuses de l’accident.20hl7 rue Darling a d’abord été un synopsis de film qui n’allait nulle part Puis, à la campagne, dans son petit chalet Bernard Emond s’est mis à élaborer un personnage.Il a écrit dans un style libre sans savoir qu’il rédigeait un roman.C’était avant de tourner La femme qui boit.Le livre est finalement sorti en librairie il y a quelques semaines.Mais un scénario était né de l’exercice.Én mettant en scène Luc Picard dans La femme qui boit, le cinéaste a compris que seul cet acteur sensible pourrait incarner Gérard, son héros.Alors, il a rajeuni son Gérard pour les besoins de la cause.«Luc Picard est un être naturellement tourmenté et un acteur qui spit ce qu 'il fait, précise Bernard Emond.Durant la moitié du film, il ne fait qu’écouter.Ça prend une présence extraordinaire pour écouter sans ennuyer.» Il n’a que de bons mots aussi pour Guylaine Tremblay, si vibrante et si juste en rescapée de ses propres naufrages.VOIR PAGE E 2: ÉMOND médias On a voulu faire de la guerre en Irak une sorte de télé-réalité en montrant les soldats comme de bons gars dans leur environnement PHOTO: FEUX MAN, LONDRES, 1»43.NEWSCOM.COLLAGE: TIFFET La guerre en direct à quel prix?ifP.C’est la première guerre complètement en temps réel dans les médias.La première guerre couverte de façon aussi instantanée par autant de médias.Les chaînes d’information télévisées sont en ondes 24 heures sur 24, commentant, supputant, scrutant chaque stratégie.Des journalistes sont officiellement intégrés aux bataillons, du jamais vu.Plusieurs reporters utilisent de nouveaux outils, comme le vidéophone.D’autres alimentent des sites Internet en temps réel, heure après heure, par micro-ondes, par satellite.C’est la guerre en direct.PAUL CAUCHON LE DEVOIR Plus que jamais l’information est une arme et rarement le rôle des médias dans un conflit aura été autant scruté.A côté des analyses sur les stratégies militaires ou sur les impacts politiques du conflit on trouve quotidiennement dans les journaux des textes sur le comportement des médias eux-mêmes.Autant la guerre se déroule en temps réel dans les médias, autant la façon dont les médias couvrent la guerre est également scrutée de façon quotidienne.Et les médias sont engagés dans une formidable bataille idéologique.Les médias américains jouent à fond la carte du patriotisme et osaient à peine diffuser cette semaine les images des soldats américains tués, blessés ou faits prisonniers qui ont fait les manchettes partout ailleurs dans le monde (y compris au Canada).Comme le signalait un reportage du Christian Science Monitor il y a quelques jours, les Américains qui ne regardent que CNN, Fox News ou leurs grands réseaux ne voient presque pas de reportages sur les Irakiens blessés ou sur les grandes protestations antiguerre qui agitent le monde arabe et le reste du monde.Ces Américains sont donc d’autant plus surpris quand ils apprennent que le reste du monde ne Jes apprécie guère.A l’inverse, ajoute le Christian Science, en Europe, au Moyen-Orient et en Asie, plusieurs aspects du conflit mis en avant aux États-Unis (le nombre de troupes irakiennes encerclées, la coopération entre les forces américaines et plusieurs Etats du Golfe, ou encore la supériorité technologique des armes américaines) sont absents de la couverture journalistique (voir notre autre texte en page E 2).Le contrôle Claude Beauregard a un point de vue privilégié sur les relations entre les médias et l’armée.Analyste senior au Centre de commandement de la Défense nationale à Ottawa, il scrute quotidiennement ces jours-ci des dizaines de journaux et de sites Internet Coauteur du recueil d’essais Les Médias et la Guerre, Claude Beauregard est également professeur au département de communications de l’UQAM où il donne un cours sur la censure et la propagande.C’est à la suite de la fYemiere Guerre mondiale que les militaires ont commencé à s’interroger sur le rôle que pouvaient jouer la photo et le cinéma dans la propagande, explique-t-il.Ils avaient assez bien compris ce rôle pour faire en sorte que, pendant la Deuxième VOIR PAGE E 2: GUERRE \} DKVOIH o»»rilP LE DEVOIR présente ^ — PATRONYMES QUEBECOIS SOIRÉE BÉNÉFICE : le jeudi 3 avril 2003 à 20H30 Sous la présidence d’honneur de M.Daniel Pinard Ors noms d'ici oui ont traversé us vécus.Vous fourrez entendre des portraits musicaux aux noms révéiateurs, Viuineuve, Whitehead et Bernaroi au travers o'ouvres de compositeurs tus que Couperin, Hume et Frescosaldi Billets: 23$ 18$ 13$ t Billet bénéfice et réception : 100$ U concert aura lieu I la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-S*cours.située au 400, rue Saint-Paul Est, d*"* Viejia-Montrta! Pour information Les Boréades de Montréal 127, 17' Avenue.Lachine, Québec MBS 3N7 I téléphone SI 4 634 12441 télécopieur *wwv boreades com I courriel info@boreades.com B S AO ' S— Vlnwn Québec SS S14 634 18S4 ^action r E 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 II ET DI M ANCHE 3 O M A R S 2 0 0 3 Les médias et la guerre Trois questions à Serge Halimi JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le réalisateur Bernard Émond et l’acteur principal de son dernier film, Luc Picard.EMOND SUITE DE LA PAGE E 1 Le cinéaste a l’impression, malgré la présence de l’alcool dans ses deux films, d'avoir abordé des univers complètement différents.«La femme qui boit, c’était une tragédie, un constat d’échec, explique-t-il.Dans 20H17, rue Darling, le personnage a de l’humour.Il est multidimensionnel plutôt qu'enfermé dans son destin.Gérard essaie de s’en sortir en allant vers les autres.Son rôle est une quête, une sorte de road-mo-vie.Je suis assez pessimiste de nature.Cela dit.J’ai fait ici un film sombre qui n’est pas noir.» Son personnage, il n’a pas cherché à le rendre sympathique ou à le noircir inutilement.«On comprend qu’il n’a pas été un bon mari, qu'il a connu un train de vie élevé, qu’il a tout perdu par sa faute, par l'alcool, le manque de volonté, la haine de soi, mais il se tient debout.Il n'abdique pas.» Bernard Émond vous dira que l’alcool dans 20hl7, rue Darling joue un rôle métaphorique.Et qu'il faut regarder au delà de la bouteille, dans la faillite des valeurs et de la culture.«Dans La femme qui boit, mon style était hiératique, avec de longs plans-séquences et une quête d'esthétique.Ici, la caméra était à l’épaule tout le temps, et la lumière souvent naturelle.Le ton est moins dramatique, aussi.» «Gérard cherche des réponses qui n'existent pas, explique Luc Picard à propos de son personnage.Il se demande pourquoi un autre est mort dans un accident et pas lui.La vie non plus n’a pas de sens.Le film est honnête sur ce plan-là car il ne cherche pas à fournir de réponses.Personnellement, je suis différent du personnage.J’ai besoin d’exaltation, d’engagement.Mais on possède tout en soi, la violence comme le reste.Il s'agit d'aller cher- cher.Quand on joue, on analyse le personnage et le reste se joue à l’instinct.On laisse une porte ouverte par où l’émotion peut se glisser.Et tout à coup, çq vient.» Bernard Émond est venu au cinéma par la porte de documentaires qui questionnaient l’homme dans son rapport à la société, à la culture.Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de traces abordait l’anonymat et la fierté.Des thèmes qui reviennent souvent dans ses films.Le cinéaste a d'abord une formation d’anthropologue.Il s’interroge sur sa société à travers ses personnages à l’écran.Lui-même s’est toujours senti à cheval entre deux classes sociales.«Ma mère venait d’Hochelaga-Maisonneuve, mais j’ai vécu à Outremont, dit-il.Parfois, j’allais chez des camarades d’école où il y avait plusieurs couverts, puis, la fin de semaine, je jouais avec mes cousins dans une ruelle de l'est de la ville.Ça donne une colère de voir les injustices sociales.Et cette colère se retrouve dans mes films.» Le cinéaste aurait aimé pouvoir explorer davantage la vie et la faune du quartier Hochelaga-Maison-neuve dans 20hl7, rue Darling, laisser sa caméra se balader pour capter les passants, mais les lois l’interdisent au Québec.11 ne pouvait pas non plus s’offrir une armée de figurants.Budget oblige.Le prochain long métrage de Bernard Émond ne traitera pas d’alcool mais plutôt de religion.Il y sera question de la rencontre, à Sainte-Anne-de-Beaupré, entre une femme non croyante et un jeune homme simple qui fait une neuvaine pour sa grand-mère.«J'aborderai une nouvelle fois la quête des racines, précise-il, mais avec un autre angle.On est tellement marqués par notre passé religieux et on cherche bien trop à l’oublier.» Serge Halimi est journaliste au Mon,de diplomatique, spécialiste des États-Unis et auteur, avec Dominique Vidal, de L’opinion, ça se travaille.Les médias et les «guerres justes».Pour Le Devoir, il commente l’actuelle couverture médiatique de la guerre.Le Devoir.Le patriotisme des médias américains vous semble-t-il plus nuancé ou plus développé que lors du 11 septembre 2001 ou que lors de la guerre du Golfe de 1991?Serge Halimi.Le traitement des médias américains épouse presque systématiquement les thèmes privilégiés par la propagande officielle, y compris quand ces thèmes devraient susciter le scepticisme le plus total et qu’ils changent à une vitesse déconcertante.Il s’est agi, au départ, de désarmer l’Irak.Grâce au concours des Nations unies, l'administration Bush a en partie triomphé: elle a à la fois réussi à inspecter le territoire qu’elle s’apprêtait à attaquer et à contraindre le pays pris pour cible à détruire une partie de ses armes (essentiellement défensives compte tenu de leur portée limitée) au moment où les forces de la coalition américano-britannique préparaient elles, leurs bombardements «de destruction massive».Ce machiavélisme intellectuel, qui épousa les intérêts de la Maison-Blanche, a été favorisé par le concours des médias américains, mais aussi occidentaux.Ensuite, les États-Unis ont invoqué le respect du droit international, que l’Irak n’aurait pas respecté.Les transgressions des résolutions des Nations unies par Bagdad sont réelles assurément.Mais venant d’une superpuissance qui ne cesse de proclamer son droit d’utiliser les méthodes les plus unilatérales [.] l’admonestation est presque comique.Les médias américains ne le soulignèrent guère, les autres médias occidentaux pas davantage.Enfin, quand l’administration Bush a parlé d’instaurer la démocratie dans le monde arabe, l’hypocrisie aurait dû faire rire et certains auraient pu souligner que, si démocratie il y avait dans le monde arabe, les premiers régimes à être balayés seraient vraisembla- SUITE DE LA PAGE E 1 Guerre mondiale, aucune photo ne soit diffusée dans le monde sans l’approbation des responsables de la censure.Du point de vue des militaires, la guerre du Vietnam a évidemment été un véritable dérapage médiatique, rappelle Claude Beauregard.«Le théâtre des opérations était ouvert, non circonscrit, n’importe qui pouvait prendre l’avion pour Saigon» et plusieurs journalistes sans formation particulière ont accompagné des militaires pour témoigner de l’enlisement de l’armée américaine et de l'absurdité de cette guerre (plusieurs journalistes y ont d’ailleurs laissé leur vie).Quelques années plus tard, c'est Margaret Thatcher qui, tirant les leçons du Vietnam, a serré la vis lors du conflit aux Ma- blement les plus pço-américains (Arabie Saoudite, Égypte, Jordanie).On ne dit rien de tel ou presque: les médias des États-Unis recyclèrent sans effort leurs reportages et enquêtes sur l’horreur (incontestable) du pouvoir irakien.Les médias des autres pays occidentaux aussi.En d’autres termes, les trucs de propagande les plus grossiers imaginés par la Maison-Blanche ont toujours été relayés — avant d’être, le cas échéant, mis en perspective.Mais le résultat est que les thèmes de communication de la Maison-Blanche (le spin) ont encombré et encombrent toujours le discours politique et médiatique [.].La différence avec la première guerre du Golfe est double.Sur le front américain, les médias sont plus alignés encore sur les vérités officielles qu’il y a dix ans.Pour deux raisons: la vigueur particulière des journaux partisans du président Bush, et qui ne le cachent pas, intimide les autres.Fox News, le Wall Street Journal et le Washington Post donnent le ton et assimilent la moindre réserve à une marque de non-patriotisme, voire de désertion.L’autre raison tient au 11 septembre.L’argument de la sécurité intérieure menacée a une puissance de conviction particulière, même quand ce prétexte est sans rapport avec les opérations militaires engagées.L’organisation FAIR, qui analyse le traitement de l’information, s’est intéressée au choix des invités des trois networks (ABC, NBC, CBS) et de PBS, la chaîne publique, pendant deux semaines.Elle a répertorié et «codé» près de 400 entretiens.Ses conclusions sont sans appel: «Les journaux d’information accordent une place disproportionnée à des officiels américains, actuels et anciens, et excluent pour l’essentiel les Américains qui sont réservés ou hostiles à l’égard d’une invasion de l’Irak.» louines de 1982, mettant en place un vigoureux contrôle des médias (leur refusant l’accès au théâtre des opérations, notamment).Un système de pool, qui permet à quelques médias «élus» de fournir les images à tous les autres, a alors été mis en place et développé par la suite par l’administration Reagan dans les années 80, entre autres lors des conflits à Grenade et au Panama.Ce contrôle primaire du théâtre des opérations a sûrement atteint un sommet lors de la guerre du Golfe de 1991, lorsque les militaires ont aussi voulu conditionner le langage lui-même avec des termes comme «frappes chirurgicales» et autres «dommages collatéraux».Tout au long des années 90, les médias ont essayé de tirer les le çons de l’expérience de 1991, ayant l'impression d’avoir été manipulés.On pourrait s’étendre Outre le fait que les deux tiers des invités sont américains alors qu’il s’agit d’un conflit mondial, parmi les 267 invités américains recensés par FAIR, 75 % ont été des officiels, actuels ou anciens, civils ou militaires.Et un seul d’entre ces derniers, le sénateur Edward Kennedy, a exprimé un point de vue contraire à celui de l’administration Bush.En France, les médias ont-ils l’impression de relayer le point de vue gouvernemental?Les journalistes n’ont jamais l’impression de relayer le point de vue gouvernemental, même et surtout quand ils ne font rien d’autre.C’est librement qu’ils se conforment et qu’ils confortent la ligne officielle.En France, il est certain que le discrédit dont souffrent les médias les oblige à mettre en scène en permanence leur scepticisme et leur prudence sur le thème «On a tiré toutes les leçons de nos erreurs passées».En particulier les «leçons de la guerre du Golfe» [.] Dans le cas de l’Irak, l’élément nouveau tient au fait que le pouvoir et la quasi-totalité des grands partis institutionnels ont marqué leur opposition aux desseins des États-Unis.Quand on est un journaliste dominant, faire de même sous couvert d’indépendance à l’égard de la propagande de Washington ne comporte donc aucun risque.D’ailleurs, le sujet de la propagande de guerre encombre en ce moment les écrans et les pages de journaux.On dénonce d’autant plus facilement les travers qu’on a cessé — provisoirement — d’y céder.Si demain Paris participe à une qpération militaire aux côtés des États-Unis et des «alliés», je suis presque certain que les médias français recommenceront — comme après le 11 septembre et pendant la guerre en Afghanistan — à claironner: «Nous sommes tous Américains.» Et à accuser les adversaires de la guerre longuement sur les relations entre médias et militaires pendant les conflits au Kosovo et en Somalie, mais pour comprendre la situation actuelle, il faut surtout s’attarder à la guerre en Afghanistan qui a suivi les attentats du 11 septembre.Vision limitée «Les relations entre médias et militaires se sont détériorées en Afghanistan, de dire Claude Beau-regard.Le Pentagone avait interdit tout accès aux soldats, mais il faut dire aussi qu’il était plus difficile d’amener des journalistes avec ce type de troupes spéciales en action.Il reste que les grands réseaux ont commencé à s’approvisionner en images ailleurs, entre autres auprès de al-Jazira.Le Pentagone a vite compris qu’il ne fallait pas laisser la place à une chaîne d’information arabe.Donc, en prévi- d'ètre les agents de la tyrannie que les armées bienveillantes de la coalition occidentale ont fait le serment d’abattre.On peut déjà rer marquer que bon nombre de vedettes du journalisme français sont très mal à l'aise en ce nu> ment, alors que Içur pays ne : s’aligne pas sur les États-Unis, et qu'il leur tarde de reprendre le cours de leurs philippiques proaméricaines.Des hebdomadaires comme L’Express ou Le Point, des journalistes influents de Libération ou du Monde passent davantage de temps à stigmatiser les critiques des États-Unis qu’à mettre en cause les fondements économiques et idéologiques de la politique impériale américaine.Que penser de l’intégration des journalistes aux troupes: est-ce une nouvelle forme de manipulation ou une ouverture réelle pour éviter les accusations de censure?Les journalistes sont «encastrés» dans les unités américaines, mais sous le contrôle permanent des militaires, qui décident où ils vont, ce qu’ils voient, l’information qu’ils diffusent.Les mécanismes cumulent donc lieu, présence, timing, censure pour raison «straté-.gique».De plus, le journaliste qui a passé trois mois avec les troupes ne peut pas ne pas s’identifier à ces dernières et écrire spontanément de manière objective.Quasiment membre de la brigade, le journaliste devient son avocat plutôt qu’un reporter neutre.Enfin, et on le constate souvent sur CNN, le journaliste qui s’exprime à l’antenne n’a rien observé.Il se trouve souvent à 15 ou 20 miles de l’action: il n’a pu rien constater, ni conduire une interview, ni opérer un recoupage, etc.Il devient donc le «petit télégraphiste» de son unité et transmet au reste du monde le «communiqué officiel» de cette unité (objectifs avoués, moyens annoncés, déroulement admis de l’opération considérée).A cette différence près que le communiqué militaire va apparaître sous la signature d’un journaliste qu’on croit indépendant et sceptique.Propos recueillis par Paul Cauchon sion de la guerre en Irak, il a proposé d’intégrer des journalistes aux unités militaires, avec deux objectifs: tenter de dominer l’information en bloquant ce qui vient des chaînes arabes et tenter de faire de la guerre une sorte de télé-réalité en l’humanisant, en montrant les soldats comme de bons gars dans leur environnement.Ce pari était également basé sur le fait que la guerre serait très courte, ce qui apparaît maintenant beaucoup moins évident.» «Depuis cette semaine, ajoute-t-il, les médias commencent à s’interroger sur leur propre éthique.En intégrant des journalistes aux unités militaires, de nouvelles questions apparaissent: faudra-il montrer la mort en direct avec ces nouveaux vidéophones?Puis, le journaliste voyage avec les militaires, mange avec eux, partage leurs douleurs.Le journaliste n’est pas une machine.C’est un être humain qui réagit aussi avec des émotions.Alors, on peut se demander à quel point il peut être impartial dans un tel contexte.Et chez les journalistes américains il y a un autre enjeu: le journaliste est-il d’abord un journaliste ou d’abord un Américain?» Claude Beauregard fait également remarquer que le journaliste qui suit une unité militaire n’^ , aucune vision claire de l’ensemble du conflit.«Dans l’armée, c’est bien connu, le soldat est souvent le dernier informé et ce sont les haut gradés qui peuvent visualiser l’ensemble de la stratégie et des opérations.Donc, le journaliste qui suit le simple soldat est dans la même situation!» Les réseaux semblent commencer à entrevoir les limites de ce type de reportage puisque, selon Claude Beauregard, sur Ir , chaîne CBS, seulement un reportage de guerre sur trois provient des reporters qui accompagnenf les militaires, tandis que sur ABC, la norme était cette semai1 î ne de un sur quatre.Si le conflit s’enlise, peut-on prévoir dans les prochains jours un point de rupture, où les médias américains commenceraient à mettre de côté leur patriotisme pour se retourner contre l’autorité politico-militaire?Claude Beauregard n’ose faire de pré-.dictions.Mais il constate qu’il y ' a une semaine, 71 % des Améri-, cains disaient que le conflit se déroulait bien.Quelques jours plus tard, ce taux tombait à 38 alors qu’étaient diffusées lev premières images de blessés et de morts.«Mais pour le moment, le soutien au président Bush ne faiblit pas.» Le Revizor ‘iGmi 8S55E; i T.- - Ü.Un# cuiiiadi» andiablee ùt unu film drapante sur la corruption.Un thdnit* etidiinmiicnt d'actualité1 Avm làlllt!', NttiMiiil Aifôltt Itühili.tiitl Uül .ililinr Mi.iilinimr.nl ll.imrl T.iinlt Rogrtt Intel l'lllll|l|lf r.lHISlUIMII Itoi II Alibi'11 VviiM Hfiiiofi.Main HùMirt' diraid Mai (.ni Nmulo, Vim.mil Manual, machin Ismjo.'v tliivim Mm in, Mh aille Htullammii Cmii ofiteuMi.Ndthiiliti tiiiitlirtnl Patnru Kiwi limU Hittii«lln Nb'iilni Oasei Maiiliftiit! Caiitii lnàii ii^c'Ih flrt» Ile I alaalamB (tu 14 mtts au 5 nvril ImiltU al vftnilitulh .'till lapédis le b ¦ Milita, ,| V tf-Bim* |ttt» J* lit» lu tl DENISE PILIITIIR BIIUTTERIE 253-8974 ADMISSION: (514) 790-1245 1 800 361 4595 admission.corn 4353.rue Sainte Catherine Est BANQUE 5S Papineau ou Vian autobus 34 NATIONALE ?¦: Pie II.autobus 139 3 supplémentaires 29 mars, 5 et 12 avril -16600 IL 03 Excellente pièce., directe, crue et sans artitice.un jeu sans pudeur et sans faille.Ève Dumas u Presse a la scène, le malheur des uns peut aisément faire le bonheur des autres Hervey Guay, La Devoir Une création jouissive Une soir*, en compagnie d'Anne-Marie-Pierre-Marc Antoine s'impose.Hébtrt, v*.propos acéré, d'une très grande lucidité les acteurs sent formidables^ josée Chaboiller.Montr^PCxprw- SHC.avec Chriitian Begin Normand D’Amour Genevieve Néron Mane Helène Thibault LI LI0MNE «SSS.f«riNÏ»U'MONTKÊ»L'QC www.theatrelalicorn* corn 514 523.2246 réseau admission ARCHAMBAULT3| 514 790.1245 «u 1 MO 341 4595 LE IHAUlK GUERRE Le journaliste qui a passé trois mois avec les troupes ne peut pas ne pas s’identifier à ces dernières et écrire spontanément de manière objective LE DEVOIR.LES SAMEDI 2D ET D I M A N (' H E S O MARS 2 O O » K Culture - THÉÂTRE Entretien avec Armand Gatti Le don de la parole .Armand Gatti ne fait pas que donner fraternellement sa parole, il donne la parole aux autres.Pour ce fils d’immigrants italiens qui a grandi à Monaco, la maîtrise de la langue constitue la clé de la liberté.Mercredi dernier, il était l’invité spécial d’un colloque organisé par les étudiants de maîtrise en théâtre de l’UQAM, intitulé «Écrire pour le théâtre aujourd’hui».SOLANGE LÉVESQUE Armand Gatti rentrait de sa promenade à l’heure prévue de l’entretien.Alerte, en dépit d’un reste de bronchite et du décalage horaire, un peu déçu parce qu’il n’avait rencontré ni chat ni chien, ni oiseaux.11 en avait croisé plusieurs la veille en arpentant h nie Côte-des-Neiges et cela lui avait fait plaisir.Ce ne sont pas ses 79 ans qui vont l’empêchçr de prendre le pouls de la ville.A pied, cela va de soi.Du chinois et de la poésie Mercredi deniier, il faisait donc part de son manifeste devant les étudiants de la maîtrise en théâtre dé l’UQAM, qui organisent un colloque annuel et invitent des sommités en théâtre.Sa présence n’aura pu que galvaniser l’enthousiasme des troupes, car sous le rapport de la générosité, de la chaleur et de la fougue, le jeune géant septuagénaire qu’est Annand Gatti se classe au premier rang.Question: que recommanderait-il â des jeunes qui s'intéressent à l’écriture théâtrale?Réponse: «Qu’ils apprennent le chinois.Et ce n’est pas une plaisanterie du père Gatti.» Cette langue, selon lui, fait coïncider plusieurs éléments dans l’unité; elle condense beaucoup plus qu’un système de communication.«Elle représente un creuset où de$ milliers de langages s’entrecroisent; elle échappe à la logique scientifique et elle ne se soumet pas à la pensée occidentale.Chaque signe correspond à une réalité, explique-t-il.Devant ses signes, on ne peut jamais s'en tenir à une interprétation unique.Il faut aborder la langue chinoise comme la poésie, car elle laisse place à la créativité et elle contient toute la nature à travets ses caractères.» Les mains d’Armand Gatti dessinent un toit, un arbre, un enfant; ses grands bras se dé ploient pour embrasser l’espace.Il a la grâce inattendue de l’éléphant et la précision du jaguar.Lancé sur un sujet qui l’intéresse (les idéogrammes chinois, la Kabbale.), il soulève des hypothèses, indique des pistes, établit des rapports, joue sur les mots, tait apparaître une dimension cachée.Sa.passion magnanime s’incarne dans une spontanéité qui n'a rien d’étudié; il sort des idées de son chapeau comme un magicien et les fait virevolter, en Picasso fantasque.Tout chez lui est poésie: soh émerveillement intact devant les manifestations de la vie, ses colères et ses indignations face à la bêtise.Car il s’insurge aussi contre «tous les déterminismes, qui enferment l’être humain au lieu de lui donner des ailes», et contre «la causalité, qui est la pire des maladies».Contre l’esprit marchand aussi: «Rien n’est plus vulgaire, plus stupide et plus mercenaire qu’un chiffre.Ne faites pas confiance à quelqu’un qui veut vous faire croire que 2 + 2 ne peut faire que 4.» Don Quichotte infatigable, il mène une lutte acharnée à tout ce qui entrave la liberté.Ce fils d’anarchiste a brandi sa parole poétique en étendard sur bien des fronts: au Guatemala, en Irlande du Nord, en Algérie, à Cuba.La parole est sa seule arme, la clé pour ouvrir tous les carcans, soutenu qu'il est par la conviction que «l’homme est plus grand que l'homme».Dans cet ordre d’idée, il s’est toujours posé en défenseur des démunis de tout poil: chômeurs, travailleurs immigrés, dissidents exilés, sans-papiers, délinquants et drogués, tous marginaux dans une société qui exige l'efficacité, en les aidant à s'approprier la parole pour reprendre leur pouvoir et leur vie en main.Pour eux et avec eux, il écrit et monte des spectacles.«Au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu.Voulez-vous être Dieu avec moi?», leur demande-t-il pour commencer ses ateliers.Car cet humaniste anarchiste n'a pas renoncé à l’égalité pour tous les humains.«Dieu, c’est la grammaire», a-t-il déjà déclaré.Une vie comme un roman Ses parents lui avaient donné co'mme prénoms Dante et Sauveur, à l’école, les camarades l’appelaient Salami.Armand est le pseudonyme qu’il a choisi plus tard pour signer ses articles au Parisien libéré.Membre du premier maquis de France en 1942, il fut résistant à Tamac, à Sainte-Mère-les-Oussins et dans la forêt de Berbey-role.Quand on lui demande ce qu’il faisait pendant la Résistance, ü répond: «Je pariais aux arbres», ce qui n'est pas faux puisque c'est au coéur de la forêt qu’il a écrit une épopée de 2000 alexandrins intitulée Les arbres à l’assaut du ciel, que les collabos ont soupçonné de véhiculer des messages codés.Condamné à mort, il récite des vers à ses bourreaux; on le gracie in extremis en raison de son jeune âge.Aujourd'hui, il sait encore son épopée par cœur et en récite quelques vers de sa voix puissante: «Nous ignorons le cri des cataclysmes anxieux / Propulsés à travers l’effondrement des ères / Sans être accompagnés par un écho d’adieu / Mais nous avons reçu de lumineuses portes / L’ennui originel d’un mystérieux infant / Sans lutte, lointain, chantait le flux de nos cohortes / Et nous avons pleuré dans les soirs humiliants / Les matins sans soleil jonchés d’étoiles mortes.» Un peu plus tard, Armand Gatti a été déporté au camp de concentration de Neuegamme, près de Hambourg.«Je travaillais alors sous la mer à la création du “monde concave”; c’était une idée d’Himm-ler, une sorte de cloche sous-marine en béton sur laquelle auraient ricoché les projectiles de l’ennemi!», ra-conte-t-ü, gestes à l'appui, avec une minutie descriptive chargée d’ironie.«Le problème fondamental entre nous, les prisonniers, était que nous parlions des langues différentes et que nous ne nous comprenions pas.» Par la suite, il fait du journalisme, des films et de la mise en scène; il écrit des pièces.En tout cela, et avant tout, poète comme on respire.On ne s’étonnera pas qu’il ait compté parmi ses amis Che Guevara, rencontré au Guatemala, Jean Vilar et Fidel Castro, notamment Aujourd’hui, il affirme volontiers que «[sa] femme, c'est la langue française; et c’est l’esprit, dans cette langue, qui transforme les choses», pour dire combien il aime cette langue française tôt maîtrisée, qui l’a consolé des moqueries de ses petits camarades de classe monégasques.«H fallait les battre sur leur propre terrain, devenir meilleur qu'eux», explique-t-il.«Plus qu’une famille, plus qu’une nationalité, plus qu’un pays, la langue est devenue mon existence même», a-t-il déclaré un jour.Si les participants au colloque qu’il a rencontrés mercredi n’ont pas été convaincus par le bouillonnement d’idées et l’élan organique qui propulse l’astre Gatti, c’est qu’ils n'étaient pas prêts à recevoir la générosité qui se dégage de sa personne.Si par bonheur ils étaient prêts à l’accueillir, le théâtre leur apparaîtrait désormais comme un instrument de libération.SOURIT PT NON MOKT.MSI Le Pantin de bois, un univers où se côtoient de façon inquiétante le réel et le factice.Bartok, la danse, la fiction et la réalité La compagnie Tenon Mortaise affiche un penchant durable pour le compositeur hongrois À L’Insaisissable Mandarin (inspiré du Mandarin merveilleux de Béla Bartok), la compagnie ajoute cette année Le Pantin de bois, adapté du ballet bartôkien Le Prince de bois.À la salle Fred-Barry à compter de mardi.SOPHIE POULIOT La musique de Bartok est dramatique, puissante et aussi urbaine.» Denys Lefebvre avoue ne pas être un grand connaisseur en ce qui concerne la musique classique.L’inclination du directeur artistique de la compagnie de théâtre Tenon Mortaise pour l’œuvre du compositeur hongrois est le fruit d’un coup de cœur.Tout simplement Ce penchant se fait pourtant durable car après avoir monté L’Insaisissable Mandarin (inspiré du Mandarin merveilleux de Béla Bartok) en 2001, il présente à nouveau ce spectacle cette année en y ajoutant Le Pantin de bois, adapté du ballet bartôkien Le Prince de bois.Ajoutons que dans le futur, la compagnie aimerait aussi monter un spectacle s’inspirant cette fois de la vie du compositeur de la célèbre Suite de danses.C’est ce qui s’appelle avoir Bartôk dans la peau.ou plutôt dans le corps, car Tenon Mortaise se spécialise dans le théâtre chorégraphique.Qu'est-ce que le théâtre chorégraphique?, se demandera-t-on.C’est, à en croire le directeur artistique et metteur en scène, une forme de création qui intègre le mouvement, la danse, dans une structure essentiellement dramatique.Fonné en théâtre, en danse et en mime corporel, Denys Lefebvre est un fervent adepte du théâtre «mouvementé».«Le mouvement apporte une poétisation au théâtre, une fraîcheur, une autre vision du propos.Et le mouvement, même dans sa plus petite expression, est intéressant à étudier et à utiliser.» Au nombre des spectacles élaborés par Tenon Mortaise figurent entre autres le Conte de l’Homme et de l’Étoile ainsi quHéloïse, la justification d'une passion, ce dernier ayant été présenté à l’Espace Libre en 1999.Du symbolisme à l’expressionnisme S toutes les pièces ne se prêtent pas nécessairement à l’inclusion de la danse, celle-ci s’intégre à merveille au Pantin de bois ainsi qu’à L'Insaisissable Mandarin qui, à l’origine, était respectivement un ballet et ime pantomime.Le Mandarin ne sera d’ailleurs que dansé alors que Le Pantin de bois sera agrémenté de répliques en bonne et due forme.«C’est en retournant au texte original de Béla Balazs [l'auteur hongrois du livret du ballet] que j’ai eu envie de l’intégrer au spectacle car il s'y trouvait, compris dans le texte, des commentaires de Bartok sur ce texte.» D’où un effet de distanciation qui n’était pas pour déplaire au metteur en scène, qui voit dans la matière du ballet bien plus qu’un conte fleur bleue avec princesse, prince et sorcière — l’histoire veut qu'un prince, pour séduire une princesse et déjouer la sorcière qui la retient prisonnière, construise un pantin à son image, pantin à qui la sorcière donnera vie et duquel la princesse tombera amoureuse — mais un univers où se côtoient de façon ire quiétante le réel et le factice.Viendront renforcer ce jeu sur la perception de la réalité deux personnages ajoutés, des marionnettes professant des commentaires acerbes, dont les mains seront celles des manipulateurs.Encore un effet de distanciation.Autre contraste qui nourrira le spectacle: la différence entre le genre musical de chacune des pièces.«Lorsqu'il a composé Le Prince de bois, en 1917, Bartôk s’inspirait encore de plusieurs styles, cherchant le sien propre, alors que Le Mandarin merveilleux, composé trois ans plus tard, est en quelque sorte iaffimuition île ce stye, qui caractérisera son œuvre jusqu a la fin de sa vie.Somme toute, le premier peut être qualifié de symboliste tandis que le second s'avère expressionniste.On a d’ailleurs essayé de trouver une façon contemporaine de traduire l'expressionnisme au théâtre», explique le metteur en scène.Ces deux styles musicaux différents engendrent donc deux esthétiques distinctes ayant toutefois des points communs comme l’emploi de la vidéo en tant qu'instrument scénographique.«Cela confère une dimension onirique au théâtre.C'est un autre élément qui contribue à ronfimdre fiction et réalité.» Un contraste qui semble se fondre parfaitement aux univers singuliers que sont ceux de Bartôk et de Tenon Mortaise.LE PANTIN DE BOIS, PRÉCÉDÉ de L’INSAISISSABLE MANDARIN Du 1" au 19 avril à la salle Fred-Barry UN UNE REUNION FESTIVE Dt L’EFFERVESCENCE.DES ANNÉES 60; HEATRE, DE LA MUSIQUE, DU CINÉMA ET DE LA DANSE.mon inc I'll h o m m e i n c o r p orll'lé i -» SUPPLÉMENTAIRES DU 9 AU 13 AVRIL THÉÂTRE MUSICAL MIXMÉDIA DU 27 MARS AU 6 AVRIL -> MONUMENT-NATIONAL K JACQUES LANGUIRAND musioue NORMAN SYMONDS avecJEAN PETITCLERC, MARIE-CLAUDE MICHAUD GENEVIÈVE BILODEAU s U BANDE MAGNÉTIK CHORÉGRAPHIE LAURENCE LEMIEUX COSTUMES VANDAL COSTUMES MURAU ZILON LUMIÈRES STÉPHANE MÉNIG0T SCÉNOGRAPHIE PIERRE LAB0N1É BILLETS EN VENTE AU RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 ET AU GUICHET DU MONUMENT-NATIONAL 514.871.2224 PRIX JEUNESSE POUR LES MOINS DE TRENTE ANS AU GUICHET DU M0NUMENT-NATI0NAL_WWW.MAN-INC.COM Québec! °.Radio-Canada dtp Groupe Rirtura 1000 LC DEVOIR L K I) E V 0 I H .I E S SAMEDI 29 ET DI M A N CHE 3 0 M A H S 2D Ü 3 Culture DANSE CINEMA MS; KAR1 GOGOL Daniel Soulières dans la dernière création de Dominique Porte, Errance et réflexes - axone 1.Stimuli court-circuités Avec Errance et réflexes, la chorégraphe Dominique Porte sonde la part de conditionnement et de liberté qui définit Vêtre humain, l'artiste, le danseur FRÉDÉRIQUE DOYON Il est assez fascinant de voir un artiste créer des œuvres distinctes, inspirées par des expériences nouvelles mais qui restent toutefois porteuses d’un même questionnement.Entre sa pièce Cortex et Retard probable.5 minutes (2001), la chorégraphe Dominique Porte a amorcé un tournant stylistique important.Le flot ininterrompu de gestes a éclaté dans mille directions et textures.«J’avais besoin de sortir du conditionnement et de l’habitude», justifie simplement la chorégraphe.Or curieusement, sa nouvelle création, tout en confirmant ce changement, semble répondre au besoin qui a surgi avec Cortex.Errance et réflexes -axone 1 explore la part de conditionnement et de liberté, de réflexe et de réflexion, qui dicte l’action humaine.«Dans l’errance, il y a du réflexe et dans le réflexe, il y a de l’errance; les mots apparemment opposés se confondent quelque part», explique Daniel Soulières, directeur artistique de Dance-Cité, qui produit le spectacle, mais aussi interprète pour Dominique Porte dont il semble partager pleinement la fascination pour le dualisme à l’œuvre dans la conscience et le comportement humains.«Dans une section de danse très mécanique physiquement.on peut donc être tout à fait errant et dans une errance [comme dans l’impro], on peut être tout à fait en état de réflexion, de concentration », poursuit-il.Plongée dans la diversité On comprend mieux ce mélange d'opposés quand la chorégraphe révèle que sa nouvelle création a pris source, entre autres, dans un voyage quelle a fait à Tokyo.«C’était tellement bruyant et énorme, ces vagues de gens, se remémore Dominique Porte.Mais en même temps, il y avait un côté intérieur, une absence de frénésie, une espèce de discipline complètement intériorisée.C'est là que je voyais l’errance.» Elle a ainsi tenté de transposer cette expérience dans sa danse, mais aussi dans sa réalité de femme occidentale.«L’idée initiale était très complexe et ambitieuse, raconte-t-elle.Tous les spectateurs porteraient un casque d'écoute et chaque interprète afficherait une couleur reliée au casque.U spectateur pourrait choisir la couleur en fonction de l'interprète; U ne verrait donc jamais le même spectacle avec la même perception sonore.» Bien entendu, le manque de moyens techniques et financiers est vite venu changer le cours des choses, mais l'idée centrale est demeurée à peu près intacte.«Ce que j’aimais, c’est l'idée que le spectateur entende et voie des choses qui ne correspondent pas vraiment entre elles», explique la chorégraphe.Ce court-circuit entre vision et écoute, entre geste et son, représente bien, selon Dominique Porte, l’incroyable diversité des expériences, des apprentissages et des sensations qui définissent une personne et, par conséquent, sa compréhension du monde qui l’entoure et l’action qu'il choisit d’accomplir.Dans la cadra de PRÉSENCES EDITION 2002-2003 du JAPON UN EVENEMENT CONÇU et RÉALISE PAR JOCELYNE MONTPETIT les cerisiers ont envahi les espaces comme incendie darvje 8 et 9 avril 2003 à 19h30 idée originals et conception du spectacle Jocelyne Montpetit choiégtaphie et inteipielation Tomiko Takai Jocelyne Montpetit éclaiiage Axel Morgenthaler musique originale Louis Dutort première visite à Montreal rie Tomiko Takai une légende rie la danse butô qui sait, à 72 ans, olfrir un corps chargé d'histoires et rie passions prix unique 23 $ renseignements (5141 495-9944 Theatre Outremont 1248.rue Bernard Ouest www.tliMtrt6Uifftfnont.cfl réseau Admission (514) 790-1245 Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts À défaut de pouvoir offrir un casque d’écoute à chaque spectateur, la chorégraphe recourt à diverses sources sonores, tant dans le style varié des musiques que, plus techniquement, dans les sorties de son multiples.Les danseurs peuvent enfiler un casque d’écoute, sont tatoués de petits patchs qui tiennent lieu de minuscules haut-parleurs, sans oublier le son ambiant de l’espace scénique.Mouvement et continuité Outre l’élément sonore, le texte est aussi intervenu en cours de création.Sans être à l'avant-plan de Errance et réflexes, ce texte constitue sans aucun doute un élément clé du processus.Il s’agit de brèves consignes ou confidences à partir desquelles les danseurs ont improvisé.«C’est un peu l’idée de se déjouer de nos propres réflexes.Il y a une phrase de mouvements qui est déjà inscrite, mais d’autres consignes verbales arrivent, alors qu ’est-ce qui se passe?» Utilisées ou pas, ces bribes feront assurément partie de l’installation visuelle et auditive qui accompagne sa pièce.Dernier élément, liant tous les autres, l’eau s'avère omniprésente dans le matériel vidéographique, pour sa transparence, son caractère apaisant et surtout parce quelle évoque le mouvement et la continuité.«Ça m'est venu un peu par métaphore d’un monde intérieur que tu ne perçois pas mais qui est toujours fluctuant, pour aller chercher des choses dans un autre environnement», poétise la chorégraphe.Pour la première fois, Dominique Porte ne dansera pas dans sa chorégraphie.A ce choix décisif et à l’assurance que lui proaire la structure encadrante de Dansa Cité, on devine l’artiste en pleine possession de ses moyens.«Je me sens plus en contrôle de mes choix.Mon grand défi maintenant, c’est d’amener les interprètes dans mon univers et ma gestuelle et d’arriver à utiliser leurs forces et leurs propositions.» Sa démarche artistique rejoint donc finalement la thématique de sa pièce: confronter l’errance des suggestions d’autrui à ses propres réflexes artistiques.ERRANCE ET RÉFLEXES-AXONE 1 Chorégraphie de Dominique Porte Cinquième Salle de la Place des Arts, du 3 au 12 avril Survol des Amériques Plus d'une centaine d'œuvres sont au programme d'images du Nouveau Monde, à Québec DAVID CANTIN C7 est sous la présidence d’honneur de Micheline Lanctôt que s’amorce dès mercredi la quatrième édition d’images du Nouveau Monde (INM).Cette grande fête du cinéma indépendant à Québec donne rendez-vous aux cinéphiles du 2 au 6 avril avec plus d’une centaine d’œuvres au programme.En ouverture, mercredi au Grand Théâtre, le très attendu 20hl7, rue Darling, de Bernard Emond (révélé grâce à La femme qui boit), mettant en vedette Luc Picard et Guylaine Tremblay.Lors d’une discussion avec les programmateurs Fabrice Montai et Martin Brouard, on s’aperçoit que ce jeune festival voué au septième art commence à faire sa place à Québec.De plus, la crédibilité d’INM s’améliore.On souhaite offrir «un véritable tour d’horizon cinématographique par le biais de réalisateurs du Québec, du Canada, des États-Unis, d’Amérique du Sud et d’Amérique latine».Sans vouloir modifier son créneau, il y a davantage de primeurs canadiennes cette année.Au rayon des longs métrages, dont 11 en lice pour le prix Tempête, on souligne la présence d’All Night Bodega de Félix Olivier, d’All The Real Girls de David Gordon Green (lauréat du prix spécial du jury à Sundance cette année) ou encore de Love Liza de Todd Louiso, avec Philippe Seymour Hoffman.Autres films à découvrir, Balseros, qu’on dit «loin des clichés habituels sur la misère cubaine et le rêve américain», la comédie indépendante Bark! mettant en vedette la populaire Lisa Ku-drow, de même que deadend.com du Canadien S.Wyeth Clarkson, «dans la veine thrash de Kids ou Gummo».En bons passionnés de cinéma, Fabrice Montai vante les mérites du très percutant Laurel Canyon (avec Frances McDormand) alors que Martin Brouard signale «le portrait choquant d’une élection truffée d’irrégularités, d’injustices et d’atteintes à la démocratie» dans Unprecedented: The 2000 Fresidential Election.En tout, 29 œuvres au menu: de la comédie argentine jusqu’au documentaire québécois dans les salles du Cinéplex Odéon Place Charest.Une fois de plus, on a demandé à deux jurys de remettre les prix Tempête pour les meilleurs court et long métrages Par ailleurs, on ne parle pas que de longs métrages à INM.Pour cette quatrième édition, un panorama Mexique témoignera de la vitalité comme du renouveau des productions récentes, dont plusieurs, premières nord-américaines.Les amateurs de courts métrages seront ravis avec un programme des plus abondants.Plus d’une trentaine de films dans cette section, notamment avec des programmes autour des périples délirants, des rencontres, des amis américains, des portraits croisés, ainsi qu’un «focus Mexique».Encore une fois, la série des Nouvelles Images misera sur l’effervescence comme sur l’expérimentation visuelle.Comme le précise Fabrice Montai.«c’est finalement du cinéma du futur qu'il s’agit, avec la vidéo d’art, les animations numériques et les œuvres interactives».Une avenue qui choque, surprend et émerveille.Pendant toute la durée du festival, cette portion prendra d’ailleurs l’affiche au studio d’essai du Complexe Méduse.Une fois de plus, on a demandé à deux jurys de remettre les prix Tempête pour les meilleurs court et long métrages.C’est à Yves Fortin, Monica Haïm et Milena Flores que reviendra la tâche de déterminer les 11 longs métrages en lice tandis que Danny Lennon et Hélène Florent s’occuperont des œuvres brèves.La remise aura lieu lors de la soirée de clô-.ture le 6 avril, peu avant la projection de La habitaciôn azul, du réalisateur mexicain Walter Doehner.De l’avis des programmateurs, on parle «d’un thriller érotique, d’après lœi Chambre bleue de Simenon, dont les premières scènes ont suscité quelques émois au Mexique».En parallèle, différentes activités chercheront à mettre en relief le côté festif d’INM.A la salle Multi de Méduse, Colectivo ainsi que Fred Fortin doivent offrir des prestations au cours du week-end.De plus, les membres de Kino auront aussi leur mot à dire.En 2002, INM a accueilli près de 15 000 personnes dans la Vieille Capitale.IMAGES DU NOUVEAU MONDE Au Grand Théâtre de Québec, au Cinéplex Odéon Place Charest et au Complexe Méduse Du 2 au 6 avril Flash-back labyrinthique JUUE EN JUILLET Ecrit et réalisé par Fatih Akin.Avec Moritz Bleibtreu, Christiane Paul, Mehmet Kurtulus, Idil Uner.Image: Pierre Aim.Montage: Andrew Bird.Musique: Ulrich Kodjo Wendt Allemagne, 2001,100 minutes.MARTIN BILODEAU Julie en juillet s’ouvre sur un paysage aride et désolé, quelque part dans la campagne bulgare.Lunettes noires, l’air désespéré d’un gangster pourchassé par les siens, un homme louche (Mehmet Kurtulu) désodorise le macchabée étendu dans le coffre arrière de sa Mercedes noire.Apparaît derrière lui Daniel (Moritz Bleibtreu), un jeune auto-stoppeur allemand qui, au terme d'une violente négociation avec le conducteur, obtient de monter à bord du véhicule, direction Istamboul.Daniel en a long à raconter, l'autre le presse de questions, la machine narrative s'emballe et le flot de souvenirs, déversés par le premier dans l’oreille de l’autre, se fond dans les images d’un flash-back de près d’une heure et demie dont ce second long métrage de l’allemand d’origine turque Fatih Akin est le produit.Convenu mais plein d’entrain, inégal mais harmonieux, le road-movie est porté par la personnalité, ici délibérément décantée, de Moritz Bleibtreu, en proue des succès successifs de Cours, Lola, cours et L’Expérience.Son Daniel est un prof de lycée hambourgeois coincé, dont s'énamoure sans raison apparente la Julie du titre (Christiane Paul), bohème vendeuse de breloques qui lui tend un piège amoureux.Or, juste avant que le piège ne se referme sur lui, Daniel s'est épris rxfffTVY fWl Moritz Bleibtreu et Christiane réalisateur Fatih Akin.de Malek (Idil Uner), une belle turque en route pour Istamboul.Fatalité, hasard, ambition, désir, superstitions, lune et soleil éclairent la route pan-européenne qui le conduira jusqu’à elle, laquelle le jette invariablement dans des bas-fonds et des impasses.Julie à ses trousses prétextant le hasard.Daniel se faufile entre les obstacles et abat la distance, à chaque escale plus dépouillé et désemparé qu'à la précédente.F'atih Akin (qui a depuis réalisé Solino, avec le même Moritz Bleibtreu) ne se prend pas au sérieux et son film, ludique et fourre-tout, fait davantage penser à un exercice de mise en scène qu’à un faisceau de convergences sur le mal-ètre de la jeunesse actuelle.L’intrigue SOURCE K FILMS D’AMÉRIQUB Paul dans Julie en juillet, du; affiche tous ses ressorts dans là; première bobine et nous invite-du coin de l’œil à les regarder sç; comprimer pendant les quatre: suivantes, le cinéaste faisant entre-temps ce qu’il faut pour-enrober l’ensemble d’une aura; de surprise.Julie en juillet est un film jeti-î ne, dans le sens puéril et éphéj-j mère du terme, néanmoins danp; le sens tonique et presque néceg-; saire de l’expérience.Certes, la: mise en scène manque d'intensU té et le jeu des acteurs ne départ se jamais du cadre fixé.Dans cç; contexte toutefois, où Bleibtreu: fait des efforts pour jouer eù: deçà de son registre habituel,; Christiane Paul, avec ses yeujt; de chatte bleus comme l’azut,: tient lieu de soleil.Suivons ce rë-j gard, et la route est belle.JULJLil PROJET PORTE/ FORMULE INTÉGRALE 21 En coproduction avec Système D / Dominique Porte En coprèsentation avec le FIND CHORÉGRAPHE Dominique Porte INTERPRÈTES Sara Hanley Sophie Janssens Yannick Matthon Manuel Roque Daniel Soulières Errance et Réflexes axone 1 JH 1! Québec "5 Ê> i*i QuébecnîS dan# I.K DEVOIR j OU 3 AU 5 ET DU 8 AU 12 AVRIL 2003, 20H Tarifs o.group, (su) 525-3595 Québec ïîïï n Cinquième salle U U Place des Arts Billets en vente au 514 842 2112 et au www.pda.qc.ca Réseau Admission 514 790 1245 i I K ^ L K DEVOIR.L E S S A M EDI 2D E T D I M A X C II K H O M A K S 0 0 A 1 9 J U1 V’ 10 rmomn PourrhortirtcimpItURmilui IvlIlKlHU LAGENDA e x Ce n t r i s horaires 514 847 2206 www.ex-centris.com CINÉMA Un septième art ballotté par les guerres Le cinéma égyptien possède une longue histoire, très m Vn-nue, mais il traverse des heures sombres.La guerre est p v quelque chose dans son déclin, bien entendu.Le cinéclub Hollywood sur Nil, au Cinéma de l'ONF, nous montre qu’il existe encore et qu’il a vécu.GDI LE TREMBLAY LE DEVOIR Ce soir, à 19h, au Cinéma de l’ONF, sous le thème «Soirées du film égyptien’', le public pourra voir Secrets de filles de Magdi Ahmad Ali.réalisé en 2002, premier film du cinéclub Hollywood sur le Nil, orchestré à tous les mois, durant un an à tout le moins.Avec débats après plusieurs projections.La romancière May Telmissany est à l’origine d’un projet auquel,s’est greffé le consulat général d'Égypte.Programme mensuel, donc, avec œuvres de répertoire, mais surtout des films issus de la production des dix dernières années.May Telmissany vous dira avoir constaté à quel point le cinéma égyptien était méconnu hors de son pays.Elle rêve de combler un peu cette lacune.L’Égypte possède une des histoires cinématographiques les plus longues et les plus prolifiques du monde.Depuis 1927, plus de 4500 films sont sortis de son giron.Les films égyptiens ont tellement inondé le marché des pays arabes que tout un chacun, au Maroc, en Tunisie ou ailleurs au Moyen-Orient, comprend le dialecte des habitants du Caire et d'Alexandrie, par la force de l’audiovisuel.Des noms comme celui du cinéaste Youssef Cha-hine se sont imposés dans les festivals et sur la planète des cinéphiles.Ce qui n'empêche pas le cinéma égyptien de mal circuler hors des pays arabes.Il faut dire qu’il a produit beaucoup de romances sirupeuses et de comédies faciles au long des décennies.De passage au Caire le mois dernier, j'ai interviewé Dessouki Said, à la tète de plusieurs festivals en Égypte et auteur de nombreux guvrages sur le cinéma égyptien.A ses yeux, le cinéma est l’un des meilleurs ponts pour aider l’Occident et les pays arabes à communiquer.«On a eu une très grande industrie du film, explique-t-il, mais celle-ci connaît aujourd'hui de gros problèmes.» «Ceux-ci ont débuté en 1990 avec l’invasion de l’Irak par les États-Unis.Précisons que les pays producteurs de pétrole sont les gros bailleurs de fonds du cinéma égyptien.Soixante pour cent du financement provient de l’Arabie Saoudite.Or en temps de guerre, les pays arabes mettent leur argent dans la défense.Après la première guerre en Irak, les pays arabes sont demeurés préoccupés par les conflits au Moyen-Orient et le cinéma est sorti du champ de leurs priorités.Imaginez aujourd'hui, avec la reprise des hostilités.» Aujourd’hui.l’Égypte produit très peu de films, surtout des comédies, lesquelles ont pris le pas sur les romances.11 faut à tout prix que les films remportent un succès public pour récupérer leur mise, si bien que seules les productions commerciales ont la cote.Des cinéastes comme Youssef Chahine ou Yusri Nasrallah trouvent leur financement en France, mais les autres réalisateurs indépendants ont beaucoup de mal à tourner.Sans compter que le marché de la vidéocassette et les soucoupes que tout Égyptien qui se respecte met sur son toit pour capter les chaînes étrangères modifient le paysage audiovisuel.Le cinéma égyptien a de gros problèmes.Même au niveau de sa production, car il doit faire appel à des pays étrangers pour la postproduction, manquant d’expertise sur son sol.Ajoutons au tqbleau qu'il existe mie censure en Égypte.Un comité de censeurs regarde chaque film, retranche les scènes de sexe, d'homosexualité, les propos antireligieux, etc.Rien pour aider la liberté de création.Autre problème: la restauration des œuvres.Le cinéma égyptien possède une longue histoire, donc, et 3(X) films sur support nitrate reclameraient une restauration rapide, sans compter les autres.«C'est notre heritage, explique Dessouki Said, et on a le deivir de le protéger.C'est un scandale que le gouvernement ne s'en préoccupe pas.Une loi existe depuis deux mois mais tout cela coûte très cher» Le gouvernement investit énormément dans la télévision et à peu près pas dans le cinéma.Pourtant, les mégaplexes ont poussé, là comme ailleurs, et réclament des filins pour nourrir leurs écrans.L’Egypte s'est donné une limite d'importation de productions américaines.Cela dit, les œuvres en provenance d’Europe ne sont pas distribuées faute d'une politique à cet égard.11 n'y a pas de salles de répertoire en Egypte.Seuls les festivals permettent de projeter certains films.«1rs exploitants de salles ont rencontre le ministre de la Culture pour augmenter la proportion de films américains qu’on peut presenter sur nos écrans, explique Dessouki Said.Fn attendant, ils ont commence à projeter des films russes, et pas nccissairement les meilleurs.» l ii espoir à l’horizon: «Depuis le 11 septembre, la communauté européenne se montre davantage intéressée à tisser des liens culturels arec les pays arabes.» Pour l’heure, l'Egypte a mal à son cinéma, mais il lui reste une histoire cinématographique à mieux faire circuler.et un futur [xuit-ètre.Marv Newland, caustique et échevelé Les 3 et 10 avril, la Cinémathèque présente une rétrospective de l’œuvre de l’animateur canadien anglais Marv Newland, cinéaste et producteur.Pour amateurs d’humour irrévérencieux seulement.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Marv Newland est cet animateur grinçant qui carbure à l’humoqr noir mais aussi à l'absurde.Établi à Vancouver, à la tète d’international Rocketship limited, une maison spécialisée dans le dessin animé de la marge, il nage à contre-courant de toute rectitude politique, et ce depuis belle lurette.Déjà en 1969, à l'âge de 21 ans, il créait Bambi Meets Godzilla, un dessin animé en noir et blanc, avec un trait tout simple.Sur une musique de Rossini de circonstan- ce, le joli faon cherche de la nourriture dans la forêt.Or voilà que le gros pied de Godzilla vient piétiner l'innocence de la jolie bête, et du coup la mièvrerie des productions Disney.Fin d’un film de deux minutes, appelé à devenir classique.Et début d'une carrière d’animateur.Plus tard, avec Pink Komkommer (en 1990), il versera dans la porno humoristique et absurde.Marv Newland n'avait pas dit son dernier mot.A voir ses films à la queue leu leu à travers les productions de son studio, on trouve parfois les gags assez minces.Souvent aussi Newland, tout occupé à créer des mouvements extravagants et des scènes absurdes, perd de vue son propos et s’égare dans ses acrobaties visuelles, comme dans Hooray For Sandbox Land.Mais le collectif A ki;?-**440 Peter Hoffer Peintures récentes Heidi Barkun WHY, encaustiques DERNIÈRE JOURNÉE GALERIE SIMON BLAIS S«0,l»iil SomUamenlHit ISI iHW9U65 OuvetAimirdijuvwdredi lOU I8h,Mniodi GALERIE BERNARD 5e anniversaire Kx position du SS mars au 19 avril 8003 Choix d’œuvres des autistes de la Galerie Vernissage le samedi SS mars de 14 h à 18 h (nouvelle adresse) 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) (514) 277-0770 Quand on vieillit bien.SOURCE ODEON FILMS Flower & Garnet, dont le projet d’écriture s’est étiré sur quatre ans, est un film rationnel, dans le sens positif du ternie, porté par le regard lucide d’un cinéaste-auteur.Les silences qui tuent qu’à travers sa fille.Le jour où Flower quitte la maison, le fil de communication se rompt entre le père et le fils, et la tension provoquée par huit années de silence remonte à la surface et les écarte davantage l’un de l’autre.La famille dysfonctionnelle n’est pas un sujet neuf dans le cinéma canadien et bien des cinéastes l’abordent dès leurs premiers films.L’année dernière encore, Turning Paige, premier film de Robert Cuffley, abordait un sujet voisin de Flower & Garnet, avec une fois de plus une mère absente, un père amoureux de la bouteille et un duo frère-sœur désemparé.Contrairement au film de Robert Cuffley, ce premier long métrage de Keith Berh-man se penche plus précisément sur la psyché de l’enfance, celle dans laquelle Garnet est.enfermé, celle que Flower n’a jamais connue, cherchant les portes et les chemins pouvant les libérer tous deux du poids de la mort et les amener à s’intégrer aux vivants.Dans la peau sensible de Garnet, le petit Colin Roberts crève l’écran.Le film est porté par le regard intelligent qu’il pose sur un monde de silences où rien n’est fait pour distinguer le monde cruel de l’enfance de celui des adultes.Jane McGregor et Callum Keith Rennie n’ont pas son intensité, mais ils compensent largement par une sensibilité à fleur de peau et une rigueur de jeu qui commandent l’admiration.Les trois personnages semblent s’affranchir autant de leur fatalité que du film lourd, noir, dans lequel Keith Behrman les a fait découvrir et évoluer.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR C* est bête à dire, mais c’est une histoire de vieux.Du plus ancien des vieux Britanniques, qui vieillit beaucoup mieux que ceux qui sont un peu plus jeunes que lui mais plus vieux que nous.C’est compliqué?Ben voyons donc! D s’agit du bonhomme qui, ayant fait la guerre de Corée, est donc l’arrière-grand-père de ceux qui font l’Irak actuellement.Son nom?John Mayall.On en parle aujourd’hui parce qu’il a fait un disque d’histoires.L’album en question n’est pas nouveau nouveau.Il a paru il y a six mois de cela, peut-être huit Qu’importe! On vous en parle aujourd’hui parce que presque rien n’a été écrit sur cette production qui mériterait tout l’espace médiatique qu’on accorde aux nombrils qui jouent de la table tournante.Pendant qu’eux font du spiritisme pour branchés, lui fait toujours ce qu’il sait faire aussi bien, sinon mieux, que ce que faisaient dans leurs bons moments les Stones et Eric Clapton.NormaL direz-vous: c’est lui qui leur a appris comment décliner le blues.Dans la justification du sujet d’aujourd’hui, il y a un autre fait qu’on veut confier parce qu’il est très révélateur de la profondeur de cet album, de la nécessité qu’il y a à l’écouter.Tous les vieux à qui on a lait entendre cet album se sont empressés de l’acheter.Depuis des semaines maintenant, ils l’écoutent et le réécoutent Lorsque ce n’est pas le cas, c’est parce qu’ils ont prêté cet engin musical à autrui comme à des tiers.L'engin s’intitule Stories.Il a paru sur étiquette Eagle, qu’EMI distribue.Grâce à cet album, on a constaté un étonnement.Beaucoup s'imaginaient que Mayall ne faisait plus rien depuis des lunes.Qu’il se dorait la pilule dans sa maison de Laurel Canyon.Qu’on se le dise: le bonhomme n’a jamais cessé de travailler, de produire d’excellents albums, de jouer partout SOURCE RANDY ST.NKHOIAS Ceux qui ont apprécié les fameuses productions des années 60 de John Mayall seront certainement surpris par sa voix d’aujourd’hui, à la fois plus grave et plus claire.dans le monde.Le bonhomme est trop entier, trop fier, trop sincèrement amoureux du blues pour abandonner la partie.Il y a cela, mais il y a aussi deux ou trois autres choses.L’expérience aidant, son jeu au piano, à la guitare, à ITiarmonica, s'est drôlement raffiné.La voix?C’est ce qu’il y a de plus surprenant.Ceux qui ont apprécié ses fameuses productions des années 60 seront certainement surpris par sa voix d’aujourd’hui.Curieusement, elle est à la fois plus grave et plus claire.En tout cas, elle est moins nasillarde qu’elle l’était il y a une trentaine d’années de cela.L’autre chose qui fait sa réputation est bien entendu ce pif qui est le sien pour repérer les bons musiciens.On le sait très exigeant.Et comme il est râleur aux entournures, qu’il maugrée lorsque le coup de cymbale est un demi-temps en retard, qu’il grommelle lorsque la basse est bavarde là où il faudrait de la précision, autant vous dire que sa troupe est for- mée de fines mais fermes lames.Toujours est-il qu’après avoir concocté quelques-uns des meilleurs moments musicaux des quatre dernières décennies, il se signale aujourd’hui avec ce qui est pour beaucoup d’entre nous le meilleur album du genre depuis bien longtemps.Tout est parfait.Le rythme comme la balance de chacune des pièces, les ponctuations de la basse, l’assurance de la' batterie, le jeu des guitares et surtout, surtout, les arrangements confectionnés par le patron.Cette version des Bluesbrea-kers, c’est Buddy Whittington à la guitare, Tom Canning aux claviers, Hank Van Sickle à la basse; et Joe Yuele à la batterie, qui est avec lui depuis maintenant 20 ans.Ces Bluesbreakers valent, voire surpassent, ceux des années 60, ceux que vous connaissez.Allez, on vous laisse avec les paroles du vieux soldat de 70 ans: «The power of evil’s escalating [.].In times of war, we need connection [.].Work to end this world oppression.» VITRINE DU DISQUE LA MARGE Bernard Lavilliers CHANTE LES POÈTES Bernard Lavilliers Barclay (Universal) Fascinant, ce Lavilliers.Cette gueule de Tom Jones avec boucle d’oreille en sus.Cette charpente de boxeur.Ce teint buriné au soleil de l’aventure.Ce curriculum de chanteur-guérillero qu'il a été suTterrain, ouais m'sieurs dames.Cette voix d’acteur, trop gravement grave, qui fait qu'on se demande toujours un peu dans ses histoires ce qui est du chiqué et ce qui ne l’est pas.Entre le personnage et le gaillard, il y a comme qui dirait zone grise.Logique, dirait-il, quand on vient de la grisolle des usines d’armes de Saint-Etienne.11 a réponse à tout, ce mec trop mec, c’est très énervant Bref, on est fasciné, mais aussi un choiùà sceptique.Voire méfiant Sauf quand Bernard Lavilliers chante les poètes.Là, j’adhère.J'achète.Je le crois cent pour cent quand il donne du Vian comme ça lui est arrivé de temps à autre, et notamment en 1984: «]e voudrais pas crever/ Avant d’avoir connu / Les chiens noirs du Mexique / Qui dorment sans rêver» (f voudrais pas crever).]e le crois encore plus quand il ressort le Christ en bois de Gaston Conté des oubliettes: «Hé TChrist! Ten-tends-t-y mes boyaux / Chanter la chanson des moignieaux / Qui d'mand’nt à picorer queuq’chose.» Je le sens, le Bernard, j'ai l’impression de lui empoigner les tripes quand il sert son cher Cendrars, son mentor de Biaise: «Apprends à vendre à acheter à revendre / Donne prends donne prends / Quand tu aimes il faut savoir/ Chanter courir manger boire / Siffler / Et apprendre à travailler» (Tu es plus belle que le soleil et la mer).Ce florilège, en cela, est une bien bonne idée.Rassembler douze des textes de poètes mis en musique par Lavilliers depuis ses débuts dans les années 60 (la fameuse Chanson dada de Tristan Tzara, balancée rondement swing zazou) jusqu’à l’an 2000 (Les Feuilles mortes de Prévert-Kosma, façon salsa) témoigne éloquemment d’une indéniable fidélité.Peu importe qu'il fasse ici et là son Bob Morane pourfendant les Ombre Jaune de la haute finance où les Mandarin de la guerre, son cœur est à la bonne place.Dans La Marge.De toute évidence, ces poètes T'accompagnent de baroud en tournée; Apollinaire, Baudelaire et Villon continuent d’inspirer le globe-trotter où qu’il globe-trotte.On peut pouffer d’un rire cynique en entendant les bruits d'hélicoptères qui survolent sa version d’Ês/-ce ainsi que les hommes vivent?, trouver qu’il appuie franchement un peu fort sur le symbole répressif, mais Lavilliers ne chante pas moins le texte d’Aragon avec la plus admirable conviction.Et qui plus est, la compilation tombe «pile poil», comme disait Lavilliers en ces pages la semaine dernière.En effet, au moment où le Stéphanois se paie une virée de l'Amérique du Nord jusqu’en Amérique centrale — il est ce soir au Spectrum, faut-il rappeler —, c’est comme s’il avait apporté avec lui le livre de chevet d’une vie.Avec Léo Ferré en préface: «La poésie est une clameur Elle doit être entendue comme de la musique.» Sylvain Cormier E L E C T K O 26 MIXES FOR CASH AphexTwin (Warp - Outside) Richard D.James est un cas à lui seul.Personnage phare de la musique électronique au cours de la dernière décennie, on lui doit des œuvres aussi marquantes que Selected Ambient Works, I Care Be- cause You Do, Come To Daddy ou ; Windowlicker.Toutefois, plusieurs ' se souviendront de l’échec cuisant du gargantuesque Drukqs, une' tentative récente plutôt facile pour un artiste de cette envergure.Voilà, après coup, que rétiquettè 1 Warp décide de réunir, sur une '¦ double compilation, des remix al- | lant de Nine Inch Nails à Philip Glass.Comme on pouvait s’y attendre, le résultat est très inégal.1 D’abord, on peut difficilement | écouter du début à la fin un corpus aussi éclectique.On passe plutôt' vite sur les relectures d’Aphex Twin des différents titres de Jésus Jones, Mike Flowers Pops ou Meat Beat Manifesto.Fidèle à sa réputa-,, tion, l’Anglais tente de dérouter le plus possible.Ainsi, le meilleur côtoie trop souvent le pire.Par contre, l’achat est justifié pour un Heroes de Philip Glass, de même que pour un Raising The Titanic de Gavin Bryars, d’une incroyable profondeur.De plus, 26 Mixes For Cash regroupe des maxis presque impossibles à trouver.Une parenthèse intéressante.David Cantin THE MAGIC DRAGON Caia (Fusion DI) C’est un remède à la morosit ambiante.C’est aussi une balad dans les paysages souterrains d trip-hop.Une chose est sûre, Th Magic Dragon, première œuvre d l’artiste japonais Maiku Takahasf et du producteur-ingénieur-arrar geur Andy Cato, laisse difficilemer indifférent.Et c’est tant mieux.L voyage dure moins d’une heure mais avec ces rythmes langourein ces mélodies suaves et ses voix er voûtantes qui fleurent bon le vieu Eurythmies, il peut conduire loir Très loin.Sans jamais toutefois tro; éloigner des assemblages — l’élee Ironique, c’est comme le bon vir — de Kid Loco, Kruder & Dor] meister ou encore Thievery Corpc ration.Reste que les alchimiste derrière ce CD arrivent en se pre menant dans le down tempo élec Ironique et des tonalités qu VOIR SUITE PAGE E 8 GALERIE DE B E L L E F E U I L L E .EXPOSITION DANIELE ROCHON 6 fl l E R I E ü; i | • • Jusqu’au 22 avril illUtOfllEllirORHIII 49, rue Saint- Pierre, Québec ! H ! la galerie ESPACE # 200 (307 Ste-Catherine O.) présente: Marc-Antoine NADEAU Tél.: (418)694-1303 www.agac qc :: Dernière journée de 12h à 18h Tél.910-8906 Nature/nature i T f LE DEVOIR.LES SA M E DI 29 ET DI M A N H E H O M A R S 2 O 0 S t LE DEVOIR * DeVisd Reality show MASS OBSERVATION Gillian Wearing Musée d’art contemporain de Montréal 185, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu'au 20 avril BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Toujours en remplacement de l’exposition annulée de Jana Ster-bak en début d’année, le Musée d’art contemporain de Montréal est allé chercher du côté de Chicago les œuvres à caractère social de Gillian Wearing.Derrière des dispositifs d’une simplicité trompeuse se déroulent des drames sociaux que l’artiste débusque grâce à une observation attentive du réel.Depuis dix ans, la vidéaste et photographe britannique Gillian Wearing attire l’attention par le regard relativement cru quelle porte sur le réel.Mettant à profit les mécanismes de l’enquête, Wearing participe à l’engouement pour la street video et, plus largement, pour l'observation directe du réel, engouement qui se trame depuis une dizaine d’années sur la scène internationale.Les images peu retravaillées, une relative spontanéité et le réalisme marquent cette production dont le point de mire est, comme le titre de l’exposition le dit clairement, les masses.Réduite, l’exposition comporte sept pièces.Au premier coup d’oeil, ces œuvres exposent une modestie de moyens qui peut en masquer la portée.Les caméras fixes observent.Parfois, elles enregistrent des situations toutes fabriquées; parfois, elles captent des situations bien concrètes; ou encore, elles saisissent des scènes troubles par rapport à ces deux catégories.Les œuvres de Wearing ont beau capter le réel, elles mettent en scène des situations à peine supportables.Dès le seuil de l’exposition, un autoportrait de.l’artiste portant un masque enônce clairement que ce qui va suivre sillonne les eaux du non-dit, de ce qui échappe à l’atten-tion, de ce qui couve sous des apparences trompeuses.Sixty minute silence, l’œuvre qui suit, a recours à la vidéo comme on avait autrefois recours à la photographie.Un portait de groupe en vidéo s'allonge avec le temps, avec d’infimes variations qui exigent attention du regard.On comprend rapidement la portée de cettp œuvre qui renverse les rôles.A vrai dire, n’eût été l’idée de rendre captif un corps de gendarmes britanniques, de les emprisonner devant l'objectif, l’œuvre aurait tombé à plat.Ici, le sujet l’emporte.L’exposition recèle des œuvres autrement troublantes.Trauma (2000) présente d’autre portraits vidéo.Des révélations sont faites face à la caméra par des inconnus dont les visages sont cachés par des masques.Sous le couvert de l’anonymat, ces gens se livrent, ouvrent leur âme et révèlent les sévices qu’ils ont subis pendant leur enfance.Victimes de pédophilie et d’autres horreurs, ces gens ont accepté de se livrer masqués.Le plus mar-quani dans cette bande, c’est que les imperturbables traits de cire des masques qui les protègent ne peuvent contenir totalement le flot des émotions qui habitent les souvenirs de ces gens.Les émotions portées par les voix, les sanglots et les hochements de tête transpercent l’écran impavide des masques.Wearing donne sa voix aux défavorisés, à ceux qui n’ont rien.Pour Signs that say what you want them to say and not Signs that say what someone else wants you to say, l’artiste s’approprie les écriteaux qui indiquent quoi dire aux animateurs télé et les met à la disposition des passants.Wearing leur a demandé d’écrire la première pensée qui leur venait à l’idée et a photographié ces gens tenant à la main ces pancartes tournées vers nous.Ces confidences impromptues et souvent troublantes n’ont plus rien d’anonyme.Ces 35 images visent en quelques sorte à mettre dans notre bouche les pensées intimes d’autres personnes.En face, dans la même salle, cette prise de pos- Les images peu retravaillées, une relative spontanéité et le réalisme marquent cette production session est jouée selon des termes autrement plus radicaux.Pour réaliser 2 into 1 (1997), Wearing a interviewé séparément une mère et ses enfants.Tous y vont de déclarations sur l'autre, des révélations parfois tragiques, parfois naiVes et channantes, alors que d'autres frisent le pathologique: un jeune de 13 ans déclare son dégoût pour la copine de sa mère, allant même jusqu’à dire qu’il irait jusqu'à les tuer toutes les deux.De manière cruelle, Wearing, au moyen du play-back, met les mots de la mère dans la bouche des enfants et inversement, fait prononcer par la mère les durs propos de ses enfants.Dans une bouleversante juxtaposition, la mère se retrouve à énoncer elle-même les termes de la haine quelle provoque chez l’autre.L’objet et le sujet fusionnent.In haine se retourne contre elle-même, créant des monstres.Après cette horrible liquéfaction des identités, deux projections vidéo restent à voir.Dans l'une d’elles, l’artiste a invité des clochards saouls dans son atelier et a filmé leurs tribulations.Pour l’autre, Wearing a filmé dans un bar les comportements de jeunes bourgeois.La rencontre des deux univers frappe davantage que chacune des deux bandes.Il arrive un moment ou le cynisme reprend le dessus et nous force à nous demander dans quelle mesure ces pièces sont montées ou non.La valeur documentaire n’est-elle pas mise à mal par le seul fait de demander à des clochards d’agir comme ils le feraient s’ils étaient sur la rue alors qu’ils ne le sont pas?On est en droit de se demander, malgré le drame des scènes exposées, qu’elle est la part de représentation et la part de réalisme dans ces mises en scènes qui ne veulent pas en être.Ce qu’il y a d’intéressant dans la manière de présenter ces bandes, ce sont les multiples projections qui forcément causent des angles mort, des point d’invisible qui mettent davantage en SOURCI- MIJSHI- ll'AK I CONTKMI’ORAIN Di; MONTRRAI.Pour Signs that say what you want them to say and not Signs that say what someone else wants you to say (1992-93), Gillian Wearing s’approprie le système des écriteaux des émissions de télé, qui indiquent aux animateurs quoi dire, pour les mettre à la disposition de passants.tension ce qui, finalement, tient plus du spectacle que de la réalité.Mais encore là, le truc commence à être éculé.BRUCE ROBERTS Citadins (T te a Le- dur déOr des durer du 20 mars au 26 avril L.Bellefleur, A.Pellan, J.de Tonnancour, M.Barbeau, P.-É.Borduas, M.Perron, P.Gauvreau, F.Leduc, J.-P.Mousseau, J.-P Riopelle, L.Belzile, J.-P Jérôme, P.-V.Beaulieu, J.Carreau, R.Letendre, J.C.Vilallonga, Frère Jérôme.5157, boul.Saint-Laurent Montréal (514) 279-4247 1977 9001 Jusqu'au 23 avril 2003 I EXPOSITION DU 18 MARS AU 16 JUIN 2003 INAUGURATION LE 30 MARS A 14 H COMMISSAIRE GILLES pAIGNËAULT 'Ïi]7>r s { Br’J/M: i WÊË'Jk wJm O herzog & de meuron Explorez les sources créatives de ces architectes d'avant-garde du 23 octobre 2002 au 6 avril 2003 CCA Centre Canadien d'Architecture j 970.rue Raile, Montreal, Quebec 514 939 7026 www.cca.qc.ca Heures dpuverture : mardi au dimanche, 11 ha 11 h; jeudi, 11 h a 21 h La galerie du Victoria Hall 4626, rue Sherbrooke Ouest, Westmount (514) 989-5226 Musée d'art de Joliette , A IMI.U: lïVJ IMHI II.C O H Mfc ON V \ A lAmtLl'It >e- LOUISE ROBERT AU BOUT DES MoTS SERGE MURPHY ToHU-BOHU 16 mars - 26 octobre 2003 16 mars - 17 aoûl 2003 ¦.&1 ;f.T I " ,t.‘ vwwv bw.
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