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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-04-08, Collections de BAnQ.

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BOMBARDIER WASHINGTON Les liens restent forts avec les Etats-Unis, selon Manley Page A 3 Un contrat de huit milliards pour moderniser le métro de Londres Page B 1 ?w w w .1 e d e y o i r .c o ni LE DEVOIR Les Américains au cœur de Bagdad ¦ Trois palais de Hussein auraient été pris Les Britanniques contrôleraient Bassora ROM KO G AC AI) AGENCE FRANCK PRESSE feîv s4 V—r'/,; ' I mËÊÀ% ¦ Des militaires américains, dont l’un avait pris soin d’apporter son appareil-photo, admiraient hier une salle d’un palais présidentiel situé près de l’aéroport international de Bagdad.Les forces américaines affirment voir pris trois palais de Saddam Hussein dans la capitale.ÉTATS-UNIS S’afficher pour la paix et risquer un procès FABIEN DEGLISE LE DEVOIR D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Les Américains ont pénétré hier au cœur de Bagdad, affirmant s’être emparés de trois palais présidentiels, symboles du pouvoir, alors que la capitale irakienne était le théâtre de combats meurtriers au 19" jour de la guerre.Si la bataille de Bagdad est bien engagée, le Pentagone a tout de même tenu à préciser que la victoire totale en Irak prendrait du temps.Une bombe larguée par un chasseur bombardier au cours d’un raid a tué 14 personnes, dont neuf personnes d’une même famille, selon un bilan obtenu par l’AFP auprès de témoins.Deux soldats américains et deux journalistes espagnol et allemand ont également trouvé la mort dans la ville.Le Commandement central américain (Centcom) au Qatar a indiqué hier soir dans un communiqué qu’il «enquêtait» sur le bombardement sur le centre de Bagdad.VOIR PAGE A 8: BAGDAD Appui à l’appel au djihad Un imam d’Ottawa crée une tempête MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA L> imam de la mosquée d’Ottawa s’est retrouvé f dans la tourmente hier, après avoir appuyé l’appel au djihad, lancé par Saddam Hussein et plusieurs leaders religieux d’Irak et du Moyen-Orient, contre les Américains actuellement en territoire irakien.L’imam Gamal Solaiman a déclaré, dimanche, sur les ondes du réseau Global, qu’il appuyait cet appel à la «guerre sainte», mais s'opposait aux attentats suicide.«Je n’approuve pas les attentats suicide.J’approuve le droit des gens de défendre l’intégrité de leur pays», a-t-il dit En entrevue au CanWest News Service, auquel appartient Global, il a ensuite insisté: «Tous les Américains ne sont pas contre les Arabes.H ne s'agit pas d’aller de l'avant et de tuer des Américains.Mais si les Américains viennent chez vous pour vous tuer, alors oui, VOIR PAGE A 8: IMAM ¦ Autres textes en page A 5 Au pays de George Walker Bush, on ne badine pas avec l’effort de guerre.Stephen Downs, un avocat à la retraite de Selkirk, dans l’État de New York, l’a appris à ses dépens début mars.Arrêté par des agents de sécurité d’un centre commercial de Guilderland dans la banlieue d’Albany, menotté par la police, l’homme de 61 ans a passé deux heures en détention au poste de cette paisible municipalité américaine.Son crime?Avoir adopté un «comportement offensant» en affichant son opposition à la guerre.sur son t-shirt «Depuis ce jour, nous sommes la risée du monde, a commenté hier au Devoir Donna Lieberman, directrice de la New York Civil Liberties Union (NYCLU) jointe au téléphone à son bureau new-yorkais.Actuel- lement, aux États-Unis, la liberté d'expression est à un niveau critique.L’affaire Downs, bien qu’étant un cas isolé pour le moment, en est un très bel exemple.» Critique à un point tel que la NYCLU a lancé la semaine dernière une campagne pour dénoncer cette atteinte au droit de parole devant le centre commercial incriminé.Au programme: des affiches ironiques VOIR PAGE A 8: PAIX Charest promet une «bataille en règle» contre le déséquilibre fiscal Bernard Landry met la souveraineté en avant La chronique de Michel David: Entre transfuges ¦ À lire en pages A 3 et A 4 INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B4 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 CINÉMA Mélodies géorgiennes Le cinéaste Otar losseliani à Montréal Les admirateurs du grand cinéaste géorgien Otar losseliani ne jurent que par l’humour, la tendresse, la finesse de ses films subtils et langoureux.Les autres auront bientôt pleine occasion de le découvrir.Du 9 au 24 avril, la Cinémathèque lui consacre une rétrospective.Le 18 avril, son dernier film, Lundi matin (une pure merveille!), prend l’affiche à Ex-Centris.Et ces jours-ci, le réalisateur arpente les rues de Montréal.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR On dirait un personnage peint par El Greco, le comte d’Orgaz, par exemple, avec dans les traits quelque chose d’altier, d’aristocratique et d’un peu tragique.A la distribution de ses propres films, Otar losseliani, le grand cinéaste géorgien, s’offre parfois des rôles de nobles sur le retour.Dans Lundi matin, il campe un marquis italien qui frime en laissant croire au faste de sa vie; dans La Chasse aux papillons, le voici fantôme d’aristo en une noble volière cramponnée au passé.Géorgien, soit (il est né à Tbilissi en 1934) mais vivant à Paris depuis plus de vingt ans, losseliani vous dira que la France est cousine de la Géorgie.«Les deux cultures se ressemblent, la Méditerranée leur baigne les pieds.Mais la Géorgie a toujours été un monde quand même à part.Avec trois millions d’habitants, on conserve notre langue, notre propre alphabet.» Sa dégaine de noble ruiné trahit ses origines.«Je viens d’une vieille famille géorgienne, admet-il, mais sous le régime soviétique, pouvait-on parler d’aristocratie?» Qu’importe?Certains le comparent à Tati, pour l’humour, ou à René Clair pour la poésie.Son style évoque aussi un peu celui du Grec Angelopoulos, pour la patiente observation des êtres, On ne peut passer à côté du cinéaste géorgien ces joursd.Non seulement la Cinémathèque lui consacre-t-elle une rétrospective du 9 au 24 avril, mais son dernier film, le merveilleux Lundi matin, prendra l’affiche à Ex-Centris le 18 du même mois.VOIR PAGE A 8: MÉLODIES JACQUES ('.RENIER LE DEVOIR Otar losseliani _ Du circuit de Mosport au fameux Nürburgring en Allemagne, en passant par le California Speedway, la IS 300 conquiert bien des cœurs (et affiche des temps records) depuis son lancement, il y a à peine quelques années.Et aujourd'hui, nous vous présentons la toute nouvelle IS 300 SporiDesign.dotée de roues en alliage de 17 po, d un différentiel a glissement limité et d un aileron arrière.Appuyez sur la pédale en aluminium perforé et vous bondirez de O à 60 mi/h en seulement 6,8 secondes.Voilà de bons moments en perspective, n est-ce pas ?Passez vite faire un essai routier chez le concessionnaire Lexus le plus proche.Pour contacter un concessionnaire Lexus ou en savoir plus : I 800 26-LEXUS * www.lexus.ca LA LEXUS I S 3 O O SPORTDESICN, À PARTIR DE 39 07 5 $ À LA CONQUÊTE DE LA PERFECTION © ELLE A LA COURSE DANS LE SANC C'EST INDISCUTABLE.J/5?¦ ’r [STOPp TECH LEXUS I S 3 O O S PORTDES C N PDSf* tir la Lexus 1S 'iOQ SPORT DLSIGN 2003 l iais «le transport, tic preparation, tl immatriculation et taxes en vigueur en sus l e véhiculé n est pas identique à celui qui est montre i I %* LE DEVOIR.LE MARDI 8 AVRIL 2 0 0 H coiM rui'a S'adresser à son xfîLÛSQF répondant local -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES A H Michel David ?Entre transfuges était écrit dans le ciel.À partir du mo-ment où Jean Charest agitait l’épouvan-tail référendaire, il fallait s’attendre à ce tjue Bernard Landry réplique avec l’évocation d’Adélard Godbout, dont on a fait depuis longtemps le symbole de l’à-plat-ventrisme face à Ottawa.; ; Les leaders souverainistes ressortent périodiquement ce pauvre Godbout pour illustrer la turpitude dte leurs adversaires.Il y a une dizaine d’années, Lucien Bouchard l’avait associé à Robert Bourassa, que Landry prend aujourd’hui pour modèle.Quand est venu le temps de lui ériger une statue sur les pelouses du Parlement, M.Bouchard, devenu à son tour premier ministre, avait reconnu qu’on avait été jnjuste à son endroit Pour l’heure, M.Landry n’a cependant pas le loisir de remettre les choses en perspective.Tous les moyens sont bons pour dénoncer un «horizon aussi atroce» que celui proposé par le chef du PLQ.M.Charest se serait sûrement passé de l’appui de l’appui des ex-députés libéraux qui ont déménagé leurs pénates à Ottawa, mais il n’avait pas vraiment le choix.En principe, les deux partis sont totalement distincts, mais ils partagent les mêmes membres et les mêmes organisateurs.Jusqu’au dernier congrès, le président du PLQ, Jacques La-tüoureux, était l’organisateur en chef de Pierre Pet-tigrew.C'est dire! D est vrai que le gouvernement Chrétien a une position diamétralement opposée à celle du PLQ sur la question du déséquilibre fiscal, mais leur entente sur lâ nécessité de maintenir le lien fédéral transcende cette divergence de vues.h est assez paradoxal que M.Charest soit perçu comme celui des trois chefs de parti qui serait le mieux en mesure de forcer la main d’Ottawa, selon le dernier sondage Léger-Marketing-Le Devoir.Contrairement à M.Landry, le chef du PLQ ne saurait être soupçonné de préparer une nouvelle astuce, mais le cadre financier dont il est si fier affaiblit sa position, puisqu’il tend à démontrer qu’il serait possible d’abaisser les impôts de cinq milliards en cinq ans, tout en réinvestissant dans la santé, peu importe qu’il y ait un nouveau partage fiscal ou non.La présidente du Conseil du trésor, Lucienne Ro-billard, venue prêter main-forte à la candidate libérale dans son ancienne circonscription de Chambly, Diane Legault a évoqué la nécessité de respecter le principe de la solidarité ministérielle pour justifier sa position sur le déséquilibre fiscal.Voilà qui est intéressant.Doit-on comprendre que Mme Robillard croit bel et bien à l’existence d’un déséquilibre, mais qu’elle se sent obligée de soutenir le contraire?Que fait-elle de la solidarité avec le Québec, dont elle est députée et où il y a unanimité sur la question?Pour minimiser l’embarras dans lequel leur appui a plongé M.Charest, on a fait valoir que Mme Robillard, de même que ses collègues Georges Farah et Serge Mardi, faisaient jadis partie de l’aile nationaliste du PLQ.C'est bien là le pire.Après qu’ils eurent dénoncé sur tous les tons l’intransigeance de Jean Chrétien, il a suffi qu’on leur propose un siège à la Chambre des Communes pour qu’ils se transforment en parfaits petits soldats de l’unité canadienne.Au moins, Stéphane Dion et Denis Coderre n’ont jamais eu de prétentions nationalistes! Parions que Liza Frulla serait réapparue, elle aussi, si la réélection de Monique Jérôme-Forget avait posé quelque problème dans son ancienne circonscription de Marguerite-Bourgeoys, mais cette forteresse libérale est suffisamment solide pour l’en dispenser.On peut mettre dans le même sac de transfuges l’ancien député conservateur André Harvey, qui a soudainement découvert à M.Chrétien des vertus qu’il ne lui avait jamais soupçonnées, quand il est apparu qu’un passage au PLC était le seul moyen de conserver son siège de Chicoutimi.?Remarquez, je ne doute pas un seul instant que Mme Robillard et ses collègues puissent éventuellement changer d’opinion, que ce soit à propos du déséquilibre fiscal ou de toute autre question, si leur prochain chef devait penser autrement que l’actuel.Malheureusement Paul Martin nie aussi l’existence d’un déséquilibre au sein de la fédération et on sait le prix qu'il attache à la solidarité ministérielle.La réaction de M.Charest qui promettait, hier, Une lutte de tous les instants, quitte à s’allier au Bloc québécois, démontre qu’il a bien a bien vu le danger d’être associé aux libéraux fédéraux.Le débat de la semaine dernière a levé des doutes sur sa capacité de gouverner, mais il sait à quel point son allégeance première demeure suspecte aux yeux de nombreux Québécois, qui ne sont pas nécessairement des souverainistes.Il doit se demander avec anxiété ce que Stéphane Dion dira demain.: : Soit M.Charest est lui aussi un transfuge d’Otta-:wa.Connaissant son talon d’Achille, il est tout de irdème étonnant que des gens qui disent souhaiter sa victoire lui rendent un aussi mauvais service.Se pourrait-il qu’à Ottawa, certains préféreraient que le :PQ soit réélu?' Du point de vue de Jean Chrétien, la meilleure garantie que l'héritage de Pierre Elliott Trudeau survive à son départ serait que Bernard Landry soit réélu, mais qu’il soit menotté par un résultat trop faible pour être en mesure de tenir un autre référendum sur la souveraineté, comme Lucien Bouchard l'a été en 1998.Le scénario le plus inquiétant pour les tenants du statu quo est certainement un tandem Martin-Cha-rest Soit, ils ne s'entendent pas sur le déséquilibre fiscal, mais Us étaient tous les deux en faveur de l’accord du lac Meech.On ne sait jamais, ils seraient bien capables de changer une ou deux virgules! mdavidCaledevoir.com John Manley rencontre Tom Ridge L’épidémie poursuit son expansion Les liens restent forts r avec les Etats-Unis •w KKUTKKS Nulle raison de douter, selon John Manley, que les sociétés et les économies canadienne et américaine puissent «continuer de marcher ensemble».PRESSE CANADIENNE Washington — Accompagné d’une imposante délégation d’entrepreneurs canadiens, le vice-premier ministre John Man-ley s'est rendu hier à Washington pour mieux s'assurer des bonnes relations avec le voisin américain.Depuis quelques semaines, et notamment le refus du gouvernement Chrétien de participer à la campagne en Irak, les relations s’étaient sipgulièrement tendues entre les Etats-Unis et le Canada.La visite de M.Manley revêtait donc un caractère hautement symbolique.John Manley s’est donc entretenu pendant 90 minutes avec le responsable de la sécurité intérieure des Etats-Unis, Tom Ridge, au sujet de questions relatives à la sécurité aux frontières.Pendant ce temps, une centaine de leaders de l'économie canadienne se réunissaient pour discuter de l'avenir des relations commerciales entre les deux pays en compagnie de l’ancien ambassadeur américain à Ottawa, James Blanchard.Quelques tensions Plus tard, à l’occasion d’un banquet le vice-premier ministre a reconnu que la décision du Canada de ne pas aller en Irak, de même que quelques propos anti-américains «plutôt regrettables» de la part de membres du gouvernement libéral, avaient causé quelques tensions entre Ottawa et Washington.«Mais le Canada et les États-Unis, c’est une histoire de longue date, qui a eu des hauts et des bas par le passé, et qui en aura probablement d’autres dans l’avenir», a com- menté M.Manley.Nulle raison donc de douter que les sociétés et les économies canadienne et américaine puissent «continuer de marcher ensemble», a-t-il ajouté.John Manley a également mis un point d’honneur à couper court aux rumeurs faisant état d’une frontière canadienne perméable qui laisserait passer des individus pouvant attçnter à la sécurité intérieure des Etats-Unis.Ce que s’est d’ailleurs pressé de confirmer Tom Ridge, pour qui «l’Amérique est profondément reconnaissante» des efforts déployés par le Canada dans la lutte contre le réseau terroriste al-Qaida.Si le responsable de la sécurité intérieure américain n'a pas caché la différence de point de vue des deux pays au sujet du dossier irakien, il a toutefois tenu à dissiper les points de friction et à privilégier une vision à long terme: «[.] maintenant, nous devons aller de l'avant et concentrer nos efforts [.] pour servir le peuple irakien», a déclaré M.Ridge.L’ancien ambassadeur Blanchard a également tenu à relativiser les différends entre les deux pays et a souligné l’aide précieuse apportée par les troupes canadiennes dans les opérations militaires de maintien de la paix.«Le fait est que le Canada possède des troupes en Afghanistan, des navires dans le golfe Persique, des conseillers au Koweït et au Qatar, a perdu des soldats dans des tirs fratricxdes et pue un très grand rôle dans la guerre contre le terrorisme», a-t-il déclaré.Il a également rappelé que le Canada représentait un important marché pour les entreprises américaines, bien plus que ne peut l’être l’Union européenne par exemple.Un dixième décès par le SRAS à Toronto PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Une dixième personne est décédée hier à Toronto de la pneumonie atypique.L’épidémie poursuit donc son expansion au pays, atteignant 22(i cas avé-res et suspects hier en après-midi.Toutefois, aucune trace du mystérieux virus n’a encore été décelée en territoire québécois.«les personnes qui ont finalement succombe au SRAS étaient toutes passablement âgées ou souffraient déjà d une autre maladie [qui diminuait leurs défenses contre le nouvel agresseur]», a spécifié le D' Maro-An-dre Beaulieu, médecin consultant pour Santé Canada.Également, tous les individus souffrant actuellement du SRAS avaient récemment voyagé d;uis une des contrées asiatiques les plus fortement frappées par la maladie ou avaient été en contact avec des personnes atteintes au sein de leur famille ou dans un centre hospitalier.«Rien n 'indique done que le SRAS se propagerait au sein de la population générale», a souligné le D' Beaulieu.Hong Kong demeure l’endroit où l’on signale jour après jour le plus grand nombre de personnes infectées.Des experts de l’Organisation mondiale de U s;uv té (OMS) ont été dépêchés dans le sud de la Chine, point de départ de l’épidémie, afin de rechercher l’origine de ce nouveau virus dont l’identité n’a toujours pas été déterminée avec certitude.Bien que les différents laboratoires du monde soupçonnent fortement une nouvelle forme de coronavirus, le D' Frank Plummer, direc teur du Laboratoire national de microbiologie de Winnipeg, a souligné en conférence de presse hier que chez 40 % des patients souffrant du SRAS, aucun coronavirus n’avait été détecté et qu’un métapneu-movirus semblait provoquer chez ces personnes les symptômes de La pneumonie atypique.Selon les dernières données de l’OMS, le SRAS a fauché une centaine de personnes dans le monde et en a rendu malades près de 2800.EN B K E h' Registre confidentiel Hydro-Québec a renoncé à la rivière Ashuapmushuan LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Hydro-Québec a définitivement renoncé au développement hydroélectrique de la rivière Ashuapmushuan, au Lac-Saint-Jean, à la suite de l’adoption par le gouvernement Landry d’un décret conférant le statut de «réserve aquatique» à ce joyau du patrimoine naturel québécois.En effet, Le Devoir a appris hier que le conseil d’administration de la première société d’Etat québécoise avait radié de ses livres — pour les déclarer comme une perte nette — les 26 millions dépensés entre 1980 et 1993 en études techniques, environnementales et en communications.C’est le 7 février dernier que le conseil d’administration d’Hydro-Québec a adopté une résolution en ce sens.Cette décision d’Hydro-Québec ferme définitivement le dossier de la centrale de 750 MW que la société d’Etat avait préparé en 1989 après en avoir amorcé l’étude au début des années 80.Cette décision laisse aussi sans esr poir les supporteurs du candidat libéral dans Roberval, Karl Blackburn, qui auraient voulu l’élire pour réanimer ce grand projet, désormais mort et enterré.En fin de semaine, le candidat Blackburn a reçu une autre douche froide quand le chef de son parti, Jean Charest a parlé de maintenir le statut de rivière patrimoniale à l’Ashuapmushuan, que le candidat local proposait de lever.Mais Jean Charest a néanmoins laissé la porte ouverte à des projets de mini-centrales privées à la condition expresse, cependant qu’on justifie par un fort consensus local la pertinence de lever le statut de réserve aquatique, une preuve beaucoup plus difficile à faire que pour un projet sur un cours d’eau ordinaire.Hier, Jean Paradis, le président du Comité de protection pour l’Ashuapmushuan, déclarait au Devoir qu’il ne craignait aucunement pour cette rivière car, disait-il, «la majorité de la population favorise la conservation de ce cours d’eau».M.Paradis a rappelé que les derniers sondages sur cette question montraient en 1993 que deux personnes sur trois dans la région favorisaient la conservation du cours d’eau.«M.Blackburn était peut-être encore aux études», a-t-il commenté.Poursuite de plus d’un million L’ETS est accusée de «discrimination islamophobe» BRIAN MYLES LE DEVOIR L* École de technologie supérieure du Québec r (ETS) est confrontée à une poursuite de plus d’un million de dollars pour avoir refusé de fournir un Jieu de prière à ses étudiants musulmans.Épaulés par le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRAAR), une centaine d’étudiants réclament 10 000 $ chacun de la part de TETS, qu’ils accusent de «discrimination islamophobe» en vertu de la Charte des droits et libertés de la personne du Québec.Selon le directeur général du CRAAR, Fo Niemi, l’université refuse de façon systématique aux étudiants musulmans le droit d’accès à des salles pour faire la prière, si bien qu’ils doivent se réfugier «dans les escaliers» pour rendre gloire à Allah.Citant sa vo- cation laïque, l’ETS aurait également refusé de fournir un local à ces étudiants lorsqu’ils ont voulu organiser une séance d’information sur l’Islam.«Cela crée un climat où les étudiants musulmans se sentent menacés, humiliés, méprisés et insécurisés», a commenté hier M.Niemi.Les plaintes seront déposées devant la Commission des droits de la personne, qui a le pouvoir d’enquêter sur les violations à la Charte québécoise.Selon M.Niemi, la jurisprudence est claire.Une école ne peut pas ignorer l’existence et les besoins des groupes religieux minoritaires même si elle se dit laïque.Le président du Conseil musulman de Montréal, Iman Salam Elmenyawi, et le directeur général du CRAAR expliqueront les détails de cette affaire «bien documentée» ce matin lors d’une conférence de presse.(li‘ Devoir) — Ixs citoyens ne se sont pas bousculés aux portes de l’hôtel de ville hier pour la première journée de signature du registre ouvert par la Ville de Montréal.La tenue de ce registre fait suite à la décision de l’administration de procéder à un emprunt de 1,6 milliard afin de refinancer la dette actuarielle des régimes de retraite des employés municipaux la signature du registre permet aux résidents du territoire de l'ancienne ville de Montréal de demander la tenue d’un référendum au sujet de cette transaction financière.Selon le chef de l’opposition, Martin Letnay, l’administration n’a rien fait pour favoriser la participation des citoyens en limitant la publicité autour de l’événement à un simple avis public paru dans trois journaux le 31 mars dernier.«Ccst l'emprunt le plus impi/rtant de l'histoire de Mmtréal et la signature du registre s apprête à passer inaperçue,» déplore Martin Ijemay qui estime que malgré" les 125 (XX) $ dépensés, la population ne sera pas informée, [.'administration rétorque qu’elle a respecté It's procédures normales et qu’un avis a également été distribué dans les 27 arrondissements.Ijes citoyens ont jusqu'à vendredi pour signer le registre.18 590 signatures sont nécessaires pour la tenue d’un référendum.Début du procès de Jaggi Singh (Le Devoir) — Le procès devant jury des militants antimondialisation Jaggi Singh, Jonathan Aspireault-Mas-se et Christina Xydous commence a* matin en Cour supérieure du Québec devant le juge Jean-Guy Boi-lard.Les trois militants sont accusés d’avoir participé à une émeute lors de la manifestation du 23 octobre 2(XX) contre la tenue du Sommet du G-20, à Montréal.Singh se défend seul tandis que les deux autres accusés sont représentés par Pascal Lescarbeau.Les parties ont procédé hier à la sélection du jury, qui sera finalement constitué de neuf femmes et trois hommes.La durée prévue du procès est de trois semaines.Bar des sciences (Le Devoir) — A-t-on raison de se méfier de ce que l'on trouve dans notre assiette?On tentera de répondre à cette question au Barouf (4171, rue Saint-Denis) ce soir à compter de 17h30 ainsi que jeudi au Théâtre Petit Champlain de Québec à la même heure.Ce nouveau Bar des sciences organisé par le magazine Québec Science réunira J’auteur de Histoire des peurs alimentaires, du Mi/yen Age à l'aube du XXe siècle, Madeleine Ferrières, professeur d’histoire moderne à l’Université d’Avignon, Jacques Goulet, professeur en sciences et technologie des aliments à l’Université Laval, Frédéric Paré, agronome et coordonpateur du programme d’Agriculture écologique pour Équiterre et André Beaudoin, producteur laitier et directeur général de lUPA Développement international.Les Canadiens appuient la guerre Toronto (PC) — D semble qu’un nombre croissant de Canadiens soient des partisans de l’intervention militaire en Irak, sauf au Québec.En effet, un sondage Ip-sos-Reid mené entre les 1" et 3 avril pour le Globe and Mail et le réseau CTV démontre qu’en quelques semaines, l’appui horsQuébec à la guerre est passé de 48 à 54 %.Le même sondage a montré qu’au Québec, l’opposition à la guerre, quant à elle, demeure à 70 %.Nelson Wiseman, professeur de science politique à l'Université de Toronto, n’est guère étonné de l’appui des Canadiens anglais à la guerre, en raison des succès répétés récents de la coalition anglo-américaine.Quant au rejet de la guerre au Québec, M.Wiseman l’attribue, en outre, au fait que les téléspectateurs sont de moindres consommateurs de chaînes américaines telle CNN.Les sondeurs dlpsos-Reid ont interrogé 1001 Canadiens.La marge d’erreur du sondage est de 3,1 %, 19 fois sur 20.Le traitement des grands brûlés serait confié à l’hôpital Sainte-Justine LE DEVOIR Les médecins de l’Hôpital de Montréal pour enfants (HME) ont lancé hier un appel à l’aide pour que survive le service de soins pédiatriques aux brûlés dont l’avenir est actuellement entre les mains de la Régie régionale de la Santé et des Services sociaux Les fonctionnaires de la Régie souhaiteraient en effet concentrer le traitement des grands brûlés à l'hôpital Sainte-Justine, aux dépens de l’HME, ont appris les médecins de l’hôpital qui, aujourd'hui, s’inquiètent «C'est une bien mauvaise décision, a commenté le D' Dominique Chalut.Montréal a besoin de deux centres pour ce type de soins afin de répondre convenablement à la demande.Qui plus est, notre fermeture est envisagée sur la base de nos admissions qui sont inférieures à celle de Sainte-Justine.Or, depuis le virage ambulatoire, nous traitons beaucoup d’enfants à l'extérieur de nos murs.Mais cela n 'est pas comptabilisé.» La Régie ne dément pas l’information.«Dans un mois, nous allons effectivement faire cette recommandation au ministère de la Santé, a expliqué hier au Devoir Pierre Masson, directeur des affaires médicales et universitaires à la Régie.Pour avoir une équipe performante consacrée aux grands brûlés à Montréal, il faut recevoir au moins 100 patients par année et donc concentrer les efforts au même endroit.De toute évidence, c’est Sainte-Justine qui va être choisi.» La décision finale, elle, sera prise par la suite par le ministre de la Santé. A 4 LE DEVOIR, LE MARDI 8 AVRIL 2 0 0 3 ELECTIONS 2003 L’ambivalence demeure sur la question d’un référendum Bernard Landry met la souveraineté en avant TOMMY CHOUINARD LE DEVOIR Québec — Le premier ministre Bernard I^andry met la souveraineté plus que jamais en avant, mais cultive l’ambivalence sur la tenue d’un référendum au cours d’un éventuel troisième mandat.A un point tel, en fait, qu’il a affirmé hier de façon surprenante que le Québec serait souverain en 2005 dès qu’il aurait «la moindre chance» de tenir un référendum, pour ensuite rectifier le tir quelques heures plus tard en reprenant sa position habituelle, celle d’annoncer un réfé-rendtun s’il avait «l'assurance morale de le gagner».«Je vous garantis une chose: si j’ai la moindre chance de gagner un référendum sur notre indépendance nationale d’ici 2005, le Québec sera assis au conseil des nations», a déclaré Bernard landry hier devant quelque 400 gens d’affaires de la Chambre de commerce de Québec réunis hier au Château Frontenac.L’ambivalence demeure Quelques heures plus tard, en conférence de presse à rÜniversité Laval, le chef péquiste a dû s’expliquer longuement sur la signification de l’expression «la moindre chance» et dire si, oui ou non, il proposerait un référendum lors d’un prochain mandat.«La moindre chance, ça veut dire la mmndre chance d’avoir l'assurance monde de gagner [un référendum sur la souveraineté]./ornais je ne ferai un référendum si je ne suis pas sûr de le gagner.A contrario, si je suis sûr de le gagner, c’est sûr que je vais en faire un», a-t-il expliqué.Mitraillé de questions pour clarifier ce qu’est cette «assurance morale», expression qu’il répète depuis le début de la campagne, le premier ministre a simplement répondu: «L’assurance morale, c'est un honnête homme qui, en son âme et conscience, après avoir consulté beaucoup de ses concitoyens, la société civile, dit: c’est le temps.» Bernard Landry est demeuré ambigu sur les moyens pour parvenir à cette assurance morale.«Je vais faire plein de choses.C’est déjà commencé: le Conseil de la souveraineté, la mobilisation du Bloc québécois, de la société civile.Il y a des sondages, des focus groups, ce que pensent divers leaders de la société, la conjoncture.Cest une série de facteurs qui font que la décision politique est une chose très complexe», a-t-il souligné.Le chef péquiste n’a pas voulu préciser l’échéancier des démarches pour obtenir l’assurance morale, se limitant à dire qu’il s’agissait «d’efforts considérables qui vous seront communiqués quand le temps sera venu».Le premier ministre n’a toutefois pas voulu donner raison au chef libéral Jean Charest qui l’accuse de détenir un «agenda caché» sur la question nationale.«Quand vous m’aurez rapporté d’Ottawa tous les plans qu’ils ont pour contrer la souveraineté, je vous parlerai des miens», a-t-il répondu.Bernard Landry a commenté le sondage Léger Marketing paru hier dans U Devoir, qui démontre que près de deux électeurs péquistes sur trois et plus d’un Qué bécois sur deux ne croient pas que le Parti québécois tiendrait un référendum sur la souveraineté s’il était réélu lundi prochain.Quelque 69 % des Québécois ne souhaitent pas un autre référendum au cours d’un prochain mandat «Certains de nos compatriotes pensent que nous allons avoir l’assurance morale et que nous aurons un référendum.d’autres pensent que ntnts ne l’aurons pas.Des souverainistes pensent que nous l’aurons, d'autres pas.Cest à turns de faire ce qu'il faut pour monter le soutien à la souveraineté au point d’avoir l’assurance morale de le gagner.Eton le fera.[.] Ça nous redit qu’on a le fardeau de la preuve.On l'assume», a-t-il indiqué.Devant 300 étudiants de l’Université Laval, tout comme devant la Chambre de commerce de Québec, Bernard Landry a adressé hier un plaidoyer en faveur de la souveraineté beaucoup plus affirmatif que les discours qu'il a l’habitude de prononcer depuis le début de la campagne électorale.A chaud LOUISE VANDELAC Engendrer le pays, ou.e nous leurrons pas! Tout tour de vis électoral à droite, lundi prochain nous fera glisser davantage, eau et âme, dans l’engrenage de l’Amérique de Bush et de Klein.Peu importera alors, qu’on ait été dupé par le populisme néoconservateur de Mario, ou mû par la méfiance envers un gouvernement dont les oreilles semblent avoir poussé par magie depuis six mois, le résultat sera le même.On aura joué, par dépit ou par cynisme, l’avç-nir d'un éventuel pays à la roulette nisse électorale.A moins de l’avoir fait par impatience critique et par idéalisme, le mieux étant parfois l’ennemi du bien.Or, on se sera alors joué de nous-mème.Réussir à tuer l'idée même d’un pays réel avant de l'engendrer tient en effet de la quadrature du cercle.Surtout quand on prétexte que c’est au nom de la Santé! Alors que les rangs des 60 LXX) manifestants contre l'AZLEA se sont gonflés à plus de 2(X) 000 contre l’agression américaine en Irak, véritable conscience en marche: alors que la solidarité, le bien commun et la beauté des choses s’opposent à la dilapidation des ressources; ak>rs qu’émerge un autre rapport au monde où rhyperconsommation n’aveugle plus tout l’horizon, déjà barbouillé de pollution, le temps est désormais trop court pour tourner autour.D’ici à l’échéance, saisira-t-on que les déficits démographiques et démocratiques dépassent de loin les métaphores, et qu'un pays ne s’achète pas, même à coup de bilans économiques, aussi bons soient-ils.Un pays s’engendre! H s'engendre au coeur de l'alliance de ceux et celles qui préfèrent parfois, à la langue de bois ou d'argent, La langue déliée des gens de ce pays et l’âme de la langue de l’eau.Louise Vandelac est professeur au département de sociologie et à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UQAM.Jean Charest promet « une bataille en règle » contre le déséquilibre fiscal Le chef du PLQ nyexclut pas une alliance avec le Bloc québécois ROBERT DUTRI LE DEVOIR SAC Laval — Jean Charest a promis, hier, de se lancer dans «une bataille en règle» contre le gouvernement fédéral dès l’accession de son parti au pouvoir afin de corriger le déséquilibre fiscal.Pour mener cette bataille, le chef libéral n’hésitera pas à s’allier au Bloc québécois.«Ce que je dis aux Québécois, c’est que le lendemain de l’élection, il va y avoir une bataille en règle sur cette question [du déséquilibre fiscal] et ça va être la première de nos priorités dans nos relations avec le reste du pays», a déclaré Jean Charest au cours d’un point de presse quotidien qui a suivi son discours devant les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval.Dans cette bataille, M.Charest s’alliera à tous ceux qui partagent la position du Québec sur le déséquilibre fiscal, y compris le Bloc québécois.«Sur cette question-là, je vais m’allier avec tous ceux et celles qui partagent notre point de vue même si, sur d’autres questions, on n’est pas d’accord avec eux», a-t-il indiqué.«Et c’est des élus, et on ne choisit pas qui sont les élus du Québec.» S’il dit qu’il veut s’allier au Bloc québécois sur la question du déséquilibre fiscal, M.Charest rejette l’idée d’une alliance concrète.«Vous allez bien loin», a-t-il répondu à un journaliste.«S’ils veulent, eux, enfoncer ce clou-là, tant mieux», a-t-il dit Des semaines Cette bataille, elle commencera dans les semaines qui suivront l’élection d’un gouvernement libéral.«Je pèse mes mots: je ne parle pas de mois, je parle de semaines», a-t-il insisté.Dès son arrivée au pouvoir, Jean Cha- JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Faisons aussi preuve de lucidité», a prévenu Jean Charest: le gouvernement fédéral ne cédera pas facilement aux revendications des provinces.rest créera un Bureau de négociation sur le déséquilibre fiscal qui cherchera à former «une coalition» avec les autres provinces.«Je me prépare à une bataille en règle et c’est une bataille que j’ai l’intention de gagner», a-t-il dit.Cette bataille culminera en 2004 lors de la négociation sur les arrangements fiscaux, dont la péréquation, entre le gouvernement fédéral et les provinces.Déjà, Jean Charest s’adresse aux premiers ministres des autres provinces.«H y a des gens qui n ’ont pas encore apprécié une réalité: c'est qu’il faut refaire le rapport de force.» Les conférences fédérales-provinciales «rejouent le même film tous les ans avec des résultats mitigés.» Pour obtenir des changements dans la fédération canadienne, il faut se battre.«C’est le propre de notre histoire», a-t-il dit, évoquant les batailles qu’a menées Jean Lesage pour créer la Caisse de dépôt et placement du Québec et la Régie des rentes du Québec.«Faisons aussi preuve de lucidité», a prévenu M.Charest le gouvernement fédéral ne cédera pas facilement aux revendications des provinces.«Il va falloir se battre comme Jean Lesage a été obligé de se battre», a-t-U martelé.Tandis que le Parti libéral promet des baisses d’impôt de cinq milliards, le gouvernement fédéral n’a-t-il pas la un argument massue pour nier le déséquilibre fiscal?Les baisses d’impôt aù Québec, «franchement, ce n'est pas de leurs affaires», a-t-il tranché, rappelant que c’est là le vieil argument qu'Ottawa a opposé à l’Ontario.Le fédéralisme revendicateur que Jean Charest semble maintenant épouser et l’esprit bagarreur qui l’anime, alors qu’il lui est permis d'espérer de devenir premier ministre dans une semaine, contrastent avec la position qu’il avait adoptée en janvier 2000, lors de l’étude en commission parlementaire du projet de loi 99 sur les prérogatives de l’Etat québécois, la réplique de l’Assemblée nationale au projet de loi fédéral C-20 sur la «clarté».Reconnaissant alors qu’il se dissociait du fédéralisme revendicateur pratiqué par ses prédécesseurs depuis la Révolution tranquille, M.Charest préconisait une version douce du fédéralisme, un «fédéralisme différent» mû par la «cogestion et la codécision», comme l’énonçait d’ailleurs le rapport du député libéral Benoît Pelletier.Pendant la présente campagne, des députés libéraux fédéraux, qui nient l’existence du déséquilibre fiscal, prêtent main-forte à des candidats du PLQ.Mais ils le font à titre individuel, et on retrouve aussi des conservateurs, comme Benoît Bouchard, dans Roberval, Charles Langlois, dans Duplessis, et Charles-Eugène Morin, dans Matane, a tenu à préciser M.Charest D est dans l’ordre des choses que les positions des deux partis libéraux à Ottawa et à Québec puissent différer, a-t-il soutenu.Quant à Bernard Landry qui voit en Jean Charest un nouvel Adélard Godbout, le chef libéral estime que «M.Landry perd son temps avec ce discours qui, franchement, est daté, passé dû [sic].On est en 2003.» Déséquilibre fiscal: le Bloc québécois relève des divergences HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA La Chambre des communes n’est pas restée étanche à la campagne électorale québécoise, alors que le Bloc québécois a entrepris hier de relever les divergences de point de vue entre les libéraux à Ottawa et ceux qui aspirent à prendre le pouvoir à Québec en ce qui a trait au déséquilibre fiscal.Le Bloc québécois poursuit ainsi la stratégie péquiste consistant à établir un lien entre l’équipe de Jean Chrétien et celle de Jean Charest, lien dont ce dernier serait ensuite redevable s’il accédait au pouvoir.Il a été publié ce week-end que quelques députés libéraux fédéraux, dont André Harvey, Georges Farrah, Serge Mardi et la présidente du Conseil du trésor, Lucienne Robillard, avaient donné un coup de main à la campagne provinciale en assistant à certaines activités partisanes.«Lors des élections québécoises de 1998, le premier ministre.qui appuyait les libéraux du Québec, affirmait qu'en matière constitutionnelle, le magasin général était fermé, a lancé la bloquiste Pauline Picard.Doit-on comprendre qu’en 2003, ce que la présidente du Conseil du trésor est allée dire à Jean Charest, c’est qu’en matière de déséquilibre fiscal, la caisse est fermée?» De l’entraide Dans tout cet échange sur le déséquilibre fiscal, le ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, a tout au plus indiqué qu’il serait plus facile de travailler avec un gouvernement libéral.«Qu’on dise qu'il y a un déséquilibre fiscal ou qu’on dise qu’il n’y en a pas, une chose est certaine, c’est que les gouvernements de cette fédération ont pour devoir de s'entraider.On s'entraidera d’autant mieux qu’on croira tous au développement du même pays.» Les Farrah, Harvey et Mardi font tous font valoir que leur partidpation s’était faite à titre personnelle, et qu’il ne fallait pas y lire une collaboration officielle entre les deux partis.«A ce que je sache, je suis encore Québécois.Ce n’est pas parce que je suis élu député fédéral au parlement canadien que j’ai perdu mon droit de parole», a résumé M.Harvey.«Lors de l’élection en 2000, à peu près tous les ministres péquistes sont venus dans ma circonscription et personne ne s’est offusqué de cela», dit de son côté Serge Mardi (Beauharnois-Salaberry).Quand à M.Farrah.il n’est pas question de lier les mains d’un futur gouvernement Charest.«Ça n’amène rien de négatif au niveau du PLQ.S’ils prennent le pouvoir, il n’y a pas de dette.» Le responsable politique du Québec, Martin Cau-chon, abondait dans ce sens.D ne considère pas que ses collègues fédéraux et lui représentent un passif pour la campagne de M.Charest, au contraire.«C’est de jouer aux épouvantails.M.Charest est capable de bien défendre et représenter les intérêts du Québec.» D a reconnu que la position de son gouvernement et celle de Jean Charest sur la question du déséquilibre fiscal étaient «totalement différentes».«Mais nous, on dit que, si on doit discuter de cet élément-là, c’est beaucoup plus agréable de discuter avec quelqu’un qui croit au pays, qui croit au Canada.Qui va venir discuter à Ottawa avec un esprit positif, avec la volonté de faire bénéficier le Québec des avantages du Canada.» ENJEUX DE CAMPAGNE Le PQ a réussi à esquiver un réel débat sur son bilan en santé Le Devoir poursuit aujourd’hui une série de bilans qui se succéderont cette semaine et qui aborderont les grands thèmes traités par nos politiciens au cours de la présente campagne életorale.Deuxième volet: la santé.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR La santé, qui devait être au cœur de l’actuelle campagne, a joué les seconds couteaux, et ce, malgré l'insistance du PLQ à marteler quotidiennement ce thème.Si le PQ a «excellé» à détourner l'attention de son bilan en santé, l’innovation promise par l’ADQ est quant à elle tombée à plat, estiment des analystes de la scène politique.On disait pourtant que tout se jouerait sur la santé.Avec la réelle entrée en piste de l’Action démocratique du Québec (ADQ) en 2tX)2, le ton était donné pour la tenue d’un débat de fond sur l'avenir du système de santé, cristallisé autour de la pertinence d’ouvrir ou non la porte au privé.Or, rien de tel ne fut.De l'avis de Christian Dufour, professeur à l'ENAR c’est que «le débat sur la santé a eu lieu bien avant les élections».«LADQ avait bien installé le débat sur la santé, mais ils l'ont fait quatre mois trop tôt.Us ont lancé l’essentiel de leurs munitions à l'automne, et cela a donné à tout le monde le temps de frapper sur leurs idées Ils ont ensuite été pris à se débattre contre l'image d'un système de santé à deux rit esses», pense aussi Michel Fréchette, communicateur-conseil chez Fréchette & Girard Associés.Le grand débat sur la santé ne s'est donc pas fait pendant la campagne.L'ADQ, qui voulait se distinguer en pennettant aux citoyens de payer de leurs poches pour obtenir des soins plus rapidement dans le privé, a fait chou blanc, estiment aujourd’hui les analystes.«Le problème avec l'ADQ, c'est qu'ils ont ouvert le feu juste amnt le rapport de la Gmmission Romamnv, autour duquel s'est ensuite construit un solide consensus en faveur d'un système public.LADQ s'est retrouté isolée dans ses positions et a dû reculer», croit aussi Joint Pari sella, ex-chef de cabinet de Robert Bourassa, ex-directeur général du PLQ et directeur de la finite de publicité BCP «Isur programme en santé est en fait devenu un boulet plutôt qu un atout», juge même Michel Fréchette.En partie mise à l’écart par ses propres hésitations, l'ADQ laissait donc k- champ libre aux deux autres partis.Reste que les libéraux, qui ont voulu se poser en défenseurs du système en faisant de la santé le fer de lance de leur campagne, ont pourtant peiné à marquer des points sur ce thème, estime-t-on.«Lors du débat, les libéraux ont réussi à sortir leur idée d'un choix entre la santé ou la souveraineté, mais ils n'ont pas totalement dominé la campagne sur ce thème.On doit se rendre compte que la santé est un domaine complexe et que les électeurs savent aujourd'hui qu'il n’y a pas de solutions simples et surtout pas de solutions miracle», estime Christian Dufour.En effet, les meilleurs coups portés à son principal adversaire, Bernard Landry, par Jean Charest, l’ont plutôt été sur la question nationale.Galvanisé par la sortie malheureuse de Jacques Parizeau, le chef du PLQ a ainsi assené le plus important crochet de la campagne.Une esquive réussie Étonnamment, c’est le PQ qui aurait dû être sur la défensive en cherchant à défendre son bilan, qui a très bien tiré son épingle du jeu, pensent plusieurs observateurs.«Les plus mal pris au départ étaient les péquistes.avec un bilan assez désastreux, et les traces laissées par leurs décisions sur les compressions et les départs à la retraite.Mais avec les investissements faits en février, ils ont réussi à évacuer leur bilan et n'ont pas eu à en débattre sur la place publique», insiste Michel Fréchette.À son avis, la conférence des premiers ministres des provinces de janvier s’est avérée une véritable bénédiction pour le PQ, qui a ainsi pu faire taire les critiques en injectant du coup des centaines de millions dans la santé.Avec ce baume, le PQ coupait l’herbe sous le pied de ces principaux détracteurs et tuait dans l’œuf l’amorce d’un débat vigoureux sur la santé.«Cest sûr que le bilan péquiste a été moins débattu sur la plaee publique, parce le PQ avait désormais un meilleur message à passer avec les sommes reçues du fédéral», renchérit Jolin PariseDa.Avec deux programmes hautement similaires en santé, le PQ et PLQ n’avaient pas de quoi s’engager dans un corps-à-corps musclé sur le contenu ou les idées.Tous deux défenseurs d’un système public, et en faveur d’une participation réduite du privé, les deux partis en sont venus à débattre de modalités, souvent considérées trop techniques et de peu d'intérêt pour les électeurs.«M.Charest a été très patient et a fait de la santé sa priorité depuis longtemps.Mais est-ce que la santé seule peut renverser un gouvernement?Je ne pense pas.même si c'est ce que les libéraux auraient souhaité», juge Michel Fréchette.«On ne vit certainement pas un référendum sur la santé, mais ça reste un des éléments principaux du discours sur le changement du PLQ», conclut pour sa part John PariseDa.Bien au-delà de la santé, c’est la capacité des partis à incarner le changement qui fera pencher la balance en leur faveur le 14 avril prochain, affirment en chœur tous ces observateurs.«La grande thématique qui émerge de cette campagne est réellement le choix entre la continuité et le changement», martèle Christian Dufour.Et dans cette mouvance pour le changement la santé ne constitue qu’un des wagons.Coup d'œil sur les programmes des partis en santé Services médicaux PQ: 300 GMF d’ici à 2005 et CLSC ouverts 24 h/24 et 7 j/7 en 2003 PLQ: accès à un service médical 24 h/24 et 7 j/7.Hausse de 750 du nombre d’étudiants en formation en médecine.ADQ: cliniques privées deviennent la porte d’entrée du réseau avec des heures prolongées.Urgences PQ: projets de rénovation de plusieurs urgences PLQ: réouvrir les lits fermés pour des raisons budgétaires ADQ: mieux payer les infirmières à l'urgence, création d’unités transitoires Listes d’attente PQ: réduire d'ici à 2005 les listes d’attente à trois à six mois par les investissements prévus au plan Legault.PLQ: ouverture des salles d’opération fermées pour des raisons budgétaires, système standardisé de gestion des listes d’attente et recours aux cliniques privées affiliées.ADQ: recours aux cliniques privées pour réduire de 20 % les coûts des chirurgies mineures.Ouverture au paiement par le citoyen des services désag-surés dans le privé.: Financement PQ: Hausse promise de 5,2 % par an des dépenses en santé au cours du prochain mandat.Hausse du budget de 19,1 à 26 milliards (sept milUards) entre 2003 et 2008.PLQ: hausser de 7,5 miUiards les budgets de la santé d’ici 200809.ADQ: augmentation de 6,2 miUiards entre 2002-03 (17,5 milliards) et 2008-09 (23,8 milliards).Hausse maximale de 4,6 % des dépenses en santé.Organisation du réseau PQ: maintien des régies régionales.PLQ: abolition des régies régionales, gestion locale de la main-d’oeuvre.impartition de services au privé pour les soins et les services de soutien.ADQ: Réduction de la taiUe du ministère de la Santé et abolition des régies régionales. LE DEVOIR LA GUERRE EN IRAK Dans le sous-sol de Bagdad Un réseau de bunkers qui nourrit les fantasmes MARC SEMO LIBERATION Le sous-sol de la capitale irakienne est truffé de bunkers, régulièrement visés par les frappes américano-britanniques, d’où Saddam Hussein continue peut-être d’animer la résistance de ses fidèles.Certains sont connus, comme celui qui s’étend sous le grand palais présidentiel de la rive gauche du Tigre.Edifié en 1984 par une entreprise allemande, cet abri de 1800 nv a été conçu pour résister à l’explosion d’une bombe nucléaire équivalente à celle d’Hiroshima, affirme Karl Esser, un des maîtres d’œuvre du projet.Sur son site (Karlesser.de) Esser qui travaille désormais pour la société Sheltex, montre quatre photos dont l’une de la salle de commandement et l’autre de la chambre à coucher du rais irakien.Selon les témoignages de certains ingénieurs rapportés par la presse d’outre-Rhin, cet abri profondément enterré est prévu pour héberger 120 personnes.Il serait luxueusement aménagé avec force dorures pour les décorations.Deux longs tunnels permettraient d’évacuer les lieux.L’abri a été construit pendant la guerre irano-irakiemte alors que «la guerre des villes» faisait rage entre Téhéran et Bagdad à coups de missiles Scud.Saddam Hussein aurait manifesté de l’intérêt pour les bunkers en 1976 lors d’une visite dans la Yougoslavie de Tito, qui disposait de plusieurs bunkers enfouis, notamment dans les montagnes bosniaques, à même de résister aux bombes nucléaires russes ou américaines.Des ingénieurs de l'année yougoslave furent mis à contribution ainsi que d’autres de l’ex-RDA pour édifier le système de défense souterraine du régime baasiste.Méfiant et prévoyant, Saddam Hussein décida de diversifier les constructeurs, afin qu’aucun d’eux ne puisse connaître l'ensemble du dispositif.Il fit appel à des experts soviétiques, mais aussi des sociétés allemandes ou suisses, fortes de la grande expérience helvétique en matière d’abris anti-atomiques.Comme Tora-Bora?L’une d’elles, basée à Zurich, a été chargée au début des années 80 de la conception du bunker destiné à abriter le commandement de l'armée irakienne.«Saddam Hussein a créé un réseau souterrain où il peut survivre des mois», affirmait ü y a une semaine un officiel américain à l’hebdomadaire Newsweek.Ce système de bunkers et de galeries s’étendrait sous la capitale irakienne.D nourrit tous les fantasmes d’autant que son ampleur reste inconnue.Certains experts, sur la foi de témoignages d’anciens du KGB, estiment que Bagdad disposerait dans son sous-sol de kilomètres de tunnels aménagés permettant y compris le passage de matériel motorisé, comme cela était le cas à Moscou.D’autres sont plus sceptiques.Pendant la guerre en Afghanistan de nombreux journaux avaient publié des dessins sur le supposé bunker quatre étoiles de Ben Laden creusé dans les montagnes de Tora-Bora qui finalement s’est révélé être de simples grottes.Les inspecteurs de l’ONU qui ont visité plusieurs des nombreux palais de Saddam Hussein n’ont pas découvert les «planques» enterrées du dictateur, tout en reconnaissant que «ne pas en avoir trouvé ne signifie pas qu 'elles n 'existent pas».Kofi Annan reprend le bâton du pèlerin REUTERS New York — Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, se rendra cette semaine en Grande Bretagne, en France, en Allemagne et en Russie pour déterminer si une position commune peut s’envisager entre les membres du Conseil de sécurité sur un rôle politique des Nations unies dans l’Irak d’après-guerre, a annoncé l’ONU.Paris, Berlin et Moscou veulent voir l’ONU jouer un rôle central dans la reconstruction de l’Irak.Le premier ministre britannique Tony Blair a préconisé un rôle politique important pour l’organisation.Mais l’administration Bush donne la priorité aux États-Unis et à ses partenaires militaires.Fred Eckahrd, porte-parole de l’ONU, a déclaré qu’Annan partirait demain pour l’Europe afin de voir si un consensus est possible.Il rencontrera Blair un jour après ses entretiens en Ulster avec le président George W.Bush, puis le président français Jacques Chirac, le chancelier allemand Gerhard Schrôder et le président russe Vladimir Poutine.A Belfast, où il qccompagne Bush, le secrétaire d’État américain Colin Powell a estimé hier qu’il n’y avait «pas autant de discussion et de désaccord à ce sujet qu'on peut le lire dans les journaux».D a ajouté qu’U y aurait «un rôle de partenaire pour les Nations unies dans ce processus».Annan a par ailleurs annoncé hier qu’il nommait le Pakistanais Rafeeuddin Ahmed comme son conseiller spécial sur l’Irak.Ahmed est un ancien administrateur adjoint du Programme des Nations unies pour le développement Il n'y aura pas de tribunal international AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Les autorités américaines envisagent de juger les criminels de guerre ou les dirigeants irakiens, y compris Saddam Hussein, devant des tribunaux américains ou ceux du futur régime irakien, sans avoir recours aux juridictions internationales, ont annoncé hier des responsables américains.Ces derniers ont précisé à Washington que le plan américain prévoyait de confier à des tribunaux américains les crimes de guerre commis durant le conflit en cours en Irak, tandis que des tribunaux irakiens prendraient en charge les crimes de guerre antérieurs.«Nous sommes d’avis [que le recours à] un tribunal international pour les crimes actuels n'est pas nécessaire», a déclaré à la presse l'ambassadeur américain itinérant chargé des crimes de guerre, Pierre Richard Prosper.Les États-Unis travaillent avec des juristes irakiens en exil pour mettre au point «un processus judiciaire irakien» pour juger les dirigeants du régime pour leurs crimes passés, a-t-il ajouté.Ahmad Chalabi se veut représentatif d’un nouvel Irak Le «poulain» du Pentagone a un sens aigu de la médiatisation ARCHIVKS I.K DIÎVOIK MOUNA N AÏ M LE MONDE Il a été le «candidat idéal pour représenter, au-delà des enjeux politiques intérieurs américains, une opposition irakienne instrumentalisée par Washington», dit de lui Pierre-Jean Luizard, dans La Question irakienne (Editions Fayard).Et c’est précisément à cette «valeur ajoutée» apportée par les États-Unis qu'Ahmad Chalabi doit sa notoriété.Illustre inconnu en politique jusqu'à l’invasion du Koweït par les armées de Saddam Hussein en août 1990, Ahmad Chalabi a réussi, grâce à une bonne intuition des intérêts américains, à un certain art de la persuasion et à un sens aigu de La médiatisation, à s’imposer connue une figure de proue de l’opposition irakienne en exil.Rien pourtant ne l’y prédestinait.Descendant d’une riche famille chiite, Ahmad Chalabi, 54 ans, n’a jamais bénéficié d’aucune assise politique en Irak.Banquier de profession, il a toujours eu des relations complexes avec l’argent condamné par contumace à 22 ans de prison au début des années 1980 en Jordanie pour fraude bancaire et détournement de fonds, il fut à nouveau l’objet de suspicions vers le milieu des années 1990, à propos de l'utilisation des fonds fournis par l’Agence centrale américaine du renseignement (CIA) au Congrès national irakien (CNI); et, il y a quelques mois encore, sa bonne foi semblait mise en doute quant à l'usage qu’il aurait fait de près de la moitié des 4,3 millions de dollars d’une nouvelle aide financière américaine accordée à ce même CNI, une coalition d’opposants,créée en 1992 à l’instigation des États-Unis et dont il se veut un personnage central.Ahmad Chalabi ne manque pas de souffle, aux sens propre et figuré.C’est lui qui, en avril 1991, après De nouveau le vent en poupe.la répression des soulèvements kurde et chiite par l'année irakienne, prend contact avec Washington pour proposer une collaboration contre le régime de Saddam Hussein.Il trouve une oreille attentive auprès de sénateurs républicains tels que Trent Lott Jesse Helms ou encore Richard Perle.Il intéresse également la CIA, et le lobby juif qui organise pour lui une visite en Israël.Le temps pour lui ne restera cependant pas au beau fjxe.Dans leur ouyrage L'Enigme Saddam Hussein (Éditions First 1999), Andrew et Patrick Cockburn racontent avec un luxe de détails puisés aux meilleures sources, américaines surtout, l’histoire mouvementée des relations d’Ahmad Chalabi — selon eux, carrément recruté par la CIA dès 1991 — et du CNI avec les différents centres de décision à Washington.La rupture avec la CIA le Pentagone et le département d’État remonte au milieu des années 1991), Ahmad Chalabi se voyant refuser tout soutien à deux projets de renversement du régime de Saddam Hussein.Car, de l'avis de tous les spécialistes, à aucun moment Washington n'a envisagé de confier une telle tâche au CNI et à l’opposition en exil, les Américains comptaient pour ce faire sur un soubresaut intérieur, une revolution de palais, ou un coup d’Etat d'officiers sir périeurs décidés à en découdre.Ix* plan «des deux villes» Malgré le veto américain, Ahmad Chalabi décide de passer à l'acte et lance, en 1996, son plan dit «des deux villes».11 s’agissait de lancer des attaques contre les unités de l’armée stationnées à Kirkouk et Mossoul dtuis le nord de l'Irak.L'attaque, menée essentiellement par des combattants kurdes, tut un désastre.Elle acheva de discréditer Ahmad Chalabi aux yeux d’une CIA qui entretenait déjà un autre «pou-lain», plus fiable selon elle: Ayad Al-laoui, chef du mouvement dit de l'Entente nationale irakienne.Depuis l’avènement de l'administration Bush, résolue à en finir avec Saddam Hussein, Ahmad Chalabi a de nouveau le vent en poupe, alors même que le département d'État et Li CIA le tiennent toujours dans une certaine défiance.Richard Perle l'aurait introduit auprès de «faucons» du Pentagone, singulièrement le secrétaire adjoint à la défense Paul WoHowitz, et Ahmad Chalabi joue des divergences internes à l'administration américaine.Côté irakien, la plupart des for-mations historiques de l'opposition ont pris leurs distances avec lui et n’hésitent pas, en privé, à le critiquer avec virulence.Lui-méme le leur rend bien, et se veut représentatif d’un nouvel Irak, d'esprits libres et indépendants par opposition aux partis qu’il juge «ossifiés».Mais aucune des deux parties ne peut s’offrir le luxe d’une rupture, face à up ennemi commun et alors que les Etats-l Inis mènent la danse*.H0MIER-R0Y Lourdes peines pour les dissidents cubains Votre premier contact avec l'information REUTERS La Havane — Des peines de quinze à 25 ans de prison ont été infligées hier à sept dissidents cubains accusés de s’opposer au président Fidel Castro, dont le gouvernement communiste a engagé sa répression la plus dure depuis des décennies contre les milieux dissidents.Soixante et onze autres personnes font aussi l'objet d’inculpations, mais leurs procès ne sont pas terminés.Le Tribunal de la province de La Havane a reconnu les sept condamnés coupables de «collaboration avec une puissance étrangère en vue de déstabiliser le gouvernement».Malgré les lourdes sentences prononcées, le tribunal n'a pas prononcé comme le réclamait l'accu- sation des peines de réclusion à perpétuité contre l’opposant Hector Palacios et Ricardo Gonzalez, rédacteur en chef de l'unique revue dissidente cubaine, ont rapporté leurs épouses.Palacios a été condamné à 25 ans de prison et Gonzalez à 20 ans.L’écrivain, poète et journaliste d'opposition cubain le plus connu, Raul Rivero, 57 ans, a écopé d’une peine de 20 ans.«C'est totalement arbitraire pour un homme dont le seul crime est d’écrire ce qu'il pense, a déclaré sa femme Blanca Reyes aux journalistes après le verdict prononcé à huis clos.Les autres personnes condamnées sont l’économiste Oscar Espinosa Chepe, qui s’est vu infliger une peine de 20 ans de prison, Hector Maseda (20 ans), Osvaldo Alfonso (18 ans) et Marcelo Lopez (15 ans), ken semaine Réalisation Stéphane Tremblay || www.radio-canada.ca/bienmeilleur #95.1 Première Chaîne I. A (» LE DEVOIR.LE MARDI 8 AVRIL 2 0 0 3 EDITORIAL Un manque d’intérêt désolant Il y eut bien quelques envolées lyriques sur l’importance de l’éducation, mais force est de reconnaître que ce secteur-clé de notre vie n’aura d’aucune manière constitué un enjeu de la présente campagne électorale.Les deux principaux partis ont tout de même formulé des engagements qui méritent plus ample attention.E Paule des Rivières ?n matière d’éducation, le Parti québécois et le Parti libéral ne sont pas très éloignés, si l’on fait exception de la proposition libérale, intéressante, de faire débuter l’enseignement de l’anglais dès la première année, soit deux ans plus tôt qu’à ITieure actuelle.Le courage politique manque à l’un et à l’autre pour inscrire une hausse, même minime, des droits de scolarité à l’université.L’ADQ a manifesté un plus grand réalisme à cet égard en s’engageant à adopter une loi inscrivant une hausse des droits de scolarité équivalent à l’indexation.Cependant, le parti de Mario Dumont s’est rapidement disqualifié en favorisant, contre toute logique, un système de bons d’éducation.Ce projet de bons interchangeables distribués aux parents ne correspondant pas aux besoins du système scolaire québécois, il a rapidement été rejeté.Mais au-delà de cette mise au rancart, les bons d’éducation en sont venus à symboliser le manque de réalisme de L’ADQ.Pour sa part, Jean Charest a indiqué à maintes reprises que l’éducation — comme la santé — échapperait au gel des dépenses qui serait décrété dans tous les autres secteurs d’activité gouvernementale.Le PLQ et le PQ privilégient tous deux un allongement du temps passé en classe et le gouvernement a déjà pris son adversaire de vitesse en annonçant une mesure en ce sens.L’un et l’autre partis souhaitent davantage d’éducation physique.Pour le reste, le PQ fait la part belle aux arts, le PLQ préfère l’anglais langue seconde.S’il est élu, Jean Charest aura à affronter l’habituel concert d’opposition à l’enseignement précoce de l’anglais.Son projet n’en reste pas moins hautement défendable.Le secteur universitaire fait également l’objet d’un certain consensus, les deux principaux partis se disant prêts à réinvestir pour renforcer le réseau de l’enseignement supérieur.Le ministre de l’Education, Sylvain Simard, partage la conviction des recteurs, voulant qu'il manque 375 millions de dollars au réseau.Le premier ministre a d’ailleurs annoncé une injection de 200 millions, mais répartis sur quatre ans.Les libéraux de leur côté promettent une commission parlementaire afin de planifier le financement à long terme des universités.D s’engage en outre à faire un effort initial de 60 millions.Par ailleurs, les libéraux ont fait grand cas de l’aide aux devoirs.D’abord, ils n’inventent rien: depuis plusieurs années, le gouvernement actuel encourage les écoles primaires à organiser le soutien aux devoirs après la classe.La pratique n’est ni généralisée ni partout adéquate, mais les directions d’écoles savent qu’elles doivent agir.Cette aide ne saurait par ailleurs remplacer le soutien des parents au travail de leurs enfants.Enfin, faut-il rappeler que les écoles secondaires du Québec entrent dans une étape cruciale avec l’entrée en vigueur, à l’automne 2004, d’une réforme majeure, touchant à la fois les programmes d’études et l’organisation de la vie scolaire?La réforme, associée au gouvernement actuel, ne soulève pas les passions au PLQ, qui veut en retarder l’entrée en vigueur.Il serait plus productif d’envoyer un message clair, en appui à ces changements majeurs et nécessaires.pdesrivieres(£>ledevoir.ca La sagesse populaire es chefs de parti n'ont plus que quelques jours pour convaincre les électeurs indécis de leur accorder leur confiance, lundi prochain.Pour y parvenir, ils ne manqueront pas d’utiliser tous les outils d’information et de propagande à leur disposition.C’est de bonne guerre! Mais ce qu’il leur faut surtout se rappeler, c’est que, le jour du scrutin, les raisons de voter pour l’un ou l’autre candidat se résument à quelques grandes questions fondamentales, toujours les mêmes, pour lesquelles on attend des réponses cohérentes.Les gens sont plus sages qu’on ne l’imagine.S’il leur arrive de manifester collectivement leur impatience, voire leur cynisme, en votant pour chasser un gouvernement du pouvoir au lieu d'appuyer une équipe et son programme, il n’en reste pas moins que la personnalité des chefs et les orientations qu'ils défendent influencent toujours la décision finale.N’est-ce pas ce qui explique que Mario Dumont, dont le charme séduit pourtant toujours, ait piqué du nez une fois les grandes lignes de son programme connues?Au chapitre des idées, le même phénomène de profondeur influence le choix de l’électeur.Le Parti québécois, par exemple, a choisi de se lancer dans une envolée lyrique sur la conciliation travail-famille en promettant la semaine de quatre jours pour les jeunes parents, des crédits vacances et quoi encore.Or, à la lecture du sondage Léger Marketing que nous avons publié hier, on constate que ce thème n’influencera qu’une faible minorité de gens le jour du vote.Non pas que l’idée ne soit pas bonne, il s’agit même d’un très bon coup publicitaire.Mais pour l’électeur, la lutte contre la pauvreté, l'augmentation du pouvoir d'achat par la réduction des impôts et l’accessibilité aux soins de santé sont vus comme étant, de loin, plus susceptibles d’influencer leur décision.De même, si la menace de défusion dans les nouvelles villes a pu se retrouver en haut de la liste des sujets de campagne, pour les électeurs, voilà une affaire de fonctionnaires et de politiciens.Seule une poignée d'entre eux y voient un motif susceptible d’influencer leur vote de façon déterminante.Pour cette raison, les chefs et leurs équipes de conseillers doivent concentrer les efforts des prochains jours sur ce qui constitue l’essentiel de leur programme.Ce n’est pas parce que l’ADQ est devenue moins menaçante qu’il faut cesser de parler de santé et d'éducation! Si tel était le cas, cela donnerait raison à Mario Dumont et à toutes les formations plus marginales qui affirment que les vieux partis sont comme larrons en foire et n’offrent que du spectacle, sans vraies solutions.Depuis le début de la campagne qui a coïncidé avec le décrochage de l’ADQ, on a très peu parlé de santé, d’emploi, d’éducation, non plus que de niveau de vie ou de pauvreté et pas du tout de la question nationale.Des thèmes usés, diront certains.Au contraire! Avec la personnalité des chefs que l’on perçoit comme étant capables ou pas de gouverner le Québec, ce sont là les seules vraies préoccupations des électeurs dont bon nombre pourraient fort bien choisir de ne pas aller voter lundi prochain si ces thèmes importants ne sont toujours pas abordés entre-temps.jrsansfaconfiledevoir.ca LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Jean-Robert Sansfaçon ?Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE TV, c J* c % v B Le singe et le tigre Pour illustrer le déséquilibre des forces en présence dans cette agression meurtrière contre l’Irak, on pourrait citer le proverbe chinois suivant: «Quand le tigre n’est pas dans la montagne, le singe est roi».Assis sur sa montagne de bombes de destruction massive, de chars d’assaut et autres saloperies, le Maître autoproclamé du monde a décidé de s’improviser nouveau geôlier du peuple irakien en prétextant vouloir le libérer.Depuis la chute du mur de Berlin, il n’y a malheureusement aucun contrepoids pour empêcher ce myrmidon de réaliser ses desseins machiavéliques.En attendant que le tigre retourne à la montagne reprendre ses droits, le sjnge pourra continuer à rugir sans coup férir.A moins que le peuple irakien, peu désireux d’abandonner sa culture multimillénaire, se dresse devant son présumé bienfaiteur et devienne tigre.Sait-on jamais! Pierre Martineau Québec, le 25 mars 2003 Un Nobel qui raisonne avide J'ai lu avec intérêt la lettre que Georges Leroux a adressée à Elie Wiesel.Toutefois, je comprends mal toute cette déférence ostentatoire pour la pensée de ce Prix Nobel.Je n’aurais pas mis de gants blancs pour débouter les arguments avancés par M.Wiesel pour justifier l’intervention unilatérale des Américains.Ce sont là de bien faibles thèses, qui reprennent les mots d’ordre de Washington sans leur ajouter aucune légitimité supplémentaire.Son soutien envers Colin Powell est un acte de foi (justement!) difficile à défendre.Le secrétaire d’Etat s’est totalement discrédité avec sa démonstration Powell Point le 5 février dernier, ses preuves ayant été réfutées par le chef des inspecteurs lui-même.Sans parler du document plagié présenté par Tony Blair et vanté par ce même Powell.Mais il y a plus qu’un raisonnement creux à l’œuvre dans le texte de M.Wiesel.Il y a quelques mensonges, dont le plus évident concerne le retrait des inspecteurs de l’ONU en 1998.Non, les inspecteurs de l’UNSCOM n’ont pas été expulsés par Hussein, ils ont été évacués sur ordre du chef des inspecteurs de l'époque, Richard Butler, à la veille d’une intensification des bombardements anglo-américains.Les médias l’avaient alors rapporté sans détour.Mais on a, parfois, la mémoire bien courte! Cette seule fausseté, sous la plume de l'écrivain nobélisé, me suffit pour rejeter tout le reste.Je n’y vois franchement pas matière à «méditer fraternellement*.Il faut dire que je ne partage absolument pas le point de vue de M.Leroux concernant l’attaque par l’OTAN de la Yougoslavie.Ce qui me prive, sans doute, du minimum de sympathie pour les «convictions» de M.Wiesel.Gilbert Dion Montréal, le 25 mars 2003 En Irak, c’est la langue que l’on assassine J’observe que la guerre états-unienne en Irak s’articule également sur le fond larvé d’une guerre culturelle.On le sait, la culture états-unienne, fondée essentiellement sur l'individualisme narcissique, aura érigé presque en système la primauté de l'image sur le symbole, de l’émotion sur la réflexion, de la célébration du territoire sur le culte de la mémoire.Cela n’est jamais aussi évident que dans la primauté quasi absolue conférée à la langue orale sur la langue écrite que l’on peut observer dans les dérives de la culture de masse certes, mais aussi dans les champs usuels de la culture autrement conséquente.Il n'est pas anodin de constater que les missiles états-uniens s'abattent aujourd'hui, dévastant toute vie jusqu’à ses racines mêmes, sur la terre qui a vu naître l'écriture, il y a plus de 4000 LETTRES ans.On pourrait y voir la dérisoire vengeance culturelle du puritanisme, inconsciente sans doute mais on n’y est pas à une inconscience près, s’il n’y avait, par delà l’abyssale cécité culturelle de la junte au pouvoir à Washington, de la souffrance que l’on y sème et parsème à tous vents.Et si cette souffrance-là n’avait pas charge d’âme.Décidément, cette guerre constitue un véritable déni de civilisation.Çuy Cloutier Écrivain Québec, le 31 mars 2003 « La politique, c’est l’art de se servir des gens», disait Paul Valéry M.Charest se sert des émotions des gens en les réduisant à de simples impulsifs qu’il suffit de manipuler à coup de messages subliminaux.À celui de la santé, il ajoute maintenant celui de l’ethnie; de la sorte il s’attaque à ce qu’il croit être les deux points faibles du PQ.Santé et souveraineté.Est-ce habile et moral d’utiliser les «ethnies» pour s’attaquer à la souveraineté?Si au moins Parizeau avait réellement gaffé cette fois.Et si nous étions encore dans le Québec de 1995 où beaucoup d’enfants d’immigrants n’avaient pas encore le droit de vote.De toute évidence, Charest ignore l’évolution des choix politiques des communautés culturelles.Les libéraux ne peuvent plus prétendre au monopole du vote ethnique.Il est plus que jamais auparavant diversifié.Les partis sont plus nombreux.Les fils d’immigrants, enfants de la loi 101, ne pensent pas tous comme leurs parents.La réponse de Jacques Parizeau à une question posée par un étudiant de Shawinigan aurait pu être le début d’une réconciliation sur un malentendu trop longtemps entretenu.Mais élections obligent, Parizeau devait se retirer de la campagne.Tant pis pour le débat.Mais retenons quand même en mémoire ces quelques chiffres.Le vote ethnique favorable à la souveraineté a baissé soudainement de 10 % à 3 % lors du référendum de 1995.Il y a de quoi frustrer tout souverainiste qui voit la souveraineté lui échapper par quelques milliers de voix.Même si le vote ethnique n’est pas le seul ni le plus grand responsable de la défaite du OUI.Il est cependant vrai qu’en tant que premier ministre de tous les Québécois, Parizeau aurait dû se retenir et garder ses explications pour un autre moment plus propice à l’analyse.Mais, essayez de mesurer l'ampleur de la frustration d’un homme que l’histoire aurait retenu comme le père de l’indépendance du Québec.Il est apparemment difficile pour un non-souverainiste de comprendre ça.Encore plus pour un immigrant non souverainiste.Mais si Parizeau n’était qu'un obsédé du pouvoir, il se serait contenté de dire «Vous n 'êtes pas prêts pour la souveraineté, mais moi je suis toujours prêt pour le pouvoir*.Parizeau a préféré démissionner.Aujourd'hui, Jean Charest croit qu'en ranimant les vieux sentiments de frustration vécus par certains membres des communautés culturelles, il ferait d'une pierre deux coups: gagner le vote ethnique et faire peur aux non-souverainistes satisfaits du bilan du gouvernement sortant, le Parti québécois.Mais la manœuvre de Charest risque de provoquer l’effet contraire pour deux raisons principales: 1 - La large diffusion de l’explication de Parizeau pourrait satisfaire beaucoup de membres des communautés culturelles qui attendaient des explications depuis 1995.2 - Le manque de discrétion dans la manipulation de Charest risque de remettre en question le vote de certains électeurs francophones qui n'aiment pas les politiciens manipulateurs.Par ailleurs, la façon avec laquelle Charest aborde le thème de la santé, avant et tout au long de la campagne électorale, réduit le Québec à un hôpital et les Québécois à des malades.Comme si la santé n'était pas liée à d’autres thèmes comme l’environnement et à WV-oH-o* bien d’autres questions sociales que Charest n’aborde jamais.La pauvreté par exemple.J’aurais bien aimé recevoir des messages subliminaux qui m'annoncent que le salaire minimum, avec les libéraux, va augmenter de 30 %.Ça aussi, c’est une façon de parler de la santé des gens.M.Charest n’est pas le premier à répéter les mêmes mots et les mêmes phrases un million de fois en trente jours en espérant que cela va orienter le vote dans le sens qu’il désire.Cette technique a fait ses preuves chez nos voisins américains.Mais ne nous sommes pas 250 millions d’électeurs.Certains diraient qu’en campagne électorale, c’est de bonne guerre que de répéter des slogans.M.Charest ne répète pas des slogans, il radote.Je ne suis pas prêt à voter pour un type qui me prend pour un con.Mohamed Lotfi Un Québécois parmi d’autres Le 3 mars 2003 Les retraités, les fonds de pension et la loi 102 Curieusement, et c’est très inquiétant pour notre supposée social-démocratie, les partis politiques semblent ignorer complètement jusqu’à ce jour les milliers de retraités qui participent à un régime complémentaire de retraite, qui ne sont pas sur une liste d’attente dans les hôpitaux, qui ne sont pas aux soins prolongés, par conséquent qui sont en bonne santé, actifs bien que retirés du marché dü travail, qui paient des taxes et des impôts, qui n’ont pas nécessairement pour la grande majorité les moyens de passer l’hiver en Floride.Ces personnes, faut-il le rappeler, au moment de prendre leur retraite, on connu une baisse de revenu d’au moins 30 % et encore plus pour la majorité.Les dépenses n’ont cependant pas diminué dans la même proportion.Les retraités paient le pain, le beurre, l’essence, le téléphone et l’électricité le même prix que tout le monde.Pourtant, un simple geste de justice et d’équité de la part d’un gouvernement courageux aurait pu les aider à mieux se tirer d’affaires avec leur propre argent, sans demander celui des autres, sans demander qu’on leur fasse la charité.Je m’explique.La loi 102 adoptée le 29 novembre 2000 a porté un dur coup à ce groupe de citoyens en les relayant dans l’oubli et l’anonymat, en les réduisant au rôle de spectateurs quant à la gestion de leur caisse de retraite, et en accordant aux employeurs et aux syndicats pratiquement tous les pouvoirs.Certains diront que plusieurs retraités actuels ont profité largement des règles du jeu imposées par la loi 102 au moment de prendre leur retraite.C'est vrai, mais ce n’est pas une raison suffisante pour les laisser pour compte une fois partis, et encore moins d’ignorer ceux qui étaient déjà à la retraite au moment où leur caisse de retraite a enregistré les premiers gros surplus.C'est aussi l’argent de ces personnes qui a contribué à générer ces surplus! Que cesse au plus tôt cette injustice! Rappelons que les amendements apportés à la loi RCR par la loi 102 ignorent les retraités, les excluent du processus de décision et leur enlèvent toute possibilité de contester une injustice qui leur serait faite lors de l’utilisation des surplus de leur caisse de retraite.Y aura-t-il un jour un parti suffisamment courageux et honnête pour briser l'actuel cercle vicieux qui entoure la gestion des caisses de retraite et la répartition des surplus?Quand respectera-t-on suffisamment les retraités et leur redonnera-t-on leur dignité en leur accordant dans la loi une participation décisionnelle dans la gestion de leur caisse de retraite, en rendant obligatoire le consentement des retraités quant à la disposition des surplus de leur caisse de retraite, et la possibilité de contester devant les tribunaux une injustice qui leur serait faite lors de l'utilisation des surplus de leur caisse de retraite?Roger Dussault Charlesbourg, le 31 mars 2003 LE DEVOIR.LE MARDI 8 AVRIL 2 0 0 8 IDEES Charest comparé à Godbout C’est du côté de Duplessis que logeait l’aplaventrisme BERNARD AMYOT Montréal ==========1 ors du débat des chefs, Bernard Landry La comparé Jean Charest au premier ministre libéral Adélard Godbout (193944) , en insinuant tout à fait injustement qu’il représentait la plus basse forme de faiblesse politique dans l’histoire du Québec.Or.de tels propos, prononcés avec le mépris pontificateur dont seul le président du Parti québécois a le secret dénotent non seulement une hargne qui n’a pas sa place, mais surtout une lecture =======J historique fort inquiétante pour un homme public de son importance.En effet, on ne profère pas de telles accusations sans réfléchir.C’est difficilement une affirmation qui s’improvise.Or.celle-ci n’a fait l’objet d’aucune question de la part des journalistes dans les jours qui ont suivi.Pourtant elle est tout à fait injustifiable historiquement à moins de faire l’apologie du rival de Godbout, Maurice Duplessis, à qui les péquistes, René Lévesque en tête, ont érigé une statue sur la colline parlementaire à Québec dans les années 80.Le choix entre Godbout et Duplessis est pourtant très facile.Période difficile Godbout gouverna le Québec entre les deux règnes de Duplessis, pendant la période difficile de la Seconde Guerre mondiale.Il est à l’origine de l’octroi du droit de vote aux femmes dans la province de Québec.Il est le fondateur d’Hydro-Québec.On lui doit l'instruction publique obligatoire.Il a favorisé la promotion des Canadiens-français en les encourageant à étudier le commerce et la finance.D a permis la création du régime d’assurance chômage canadien alors que les provinces n’avaient ni le désir ni les moyens de le mettre sur pied.Duplessis s’y était opposé non pas tant au nom de l’autonomie provinciale que parce qu’il détestait de telles mesures progressistes.Godbout a également encouragé une Fonction publique propre et au service des citoyens.Pendant ce temps, Duplessis, le clergé et l’intelligentsia locale prônaient un nationalisme étroit et un isolationnisme redoutable qui, contrairement à ce que laisse entendre Monsieur Landry, ne rendait pas le Québec plus fort, mais le faisait plutôt stagner, si ce n’est reculer, sauf pour la rhétorique creuse évidemment Les positions rétrogrades du duplessisme devaient d’ailleurs confiner le Québec à un retard qu’il ne pourra presque jamais vraiment rattraper, en dépit des bonds prodigieux que Georges-Émile Lapal-me et Jean Lesage, les successeurs de Godbout à la tête du Parti Libéral du Québec, allaient lui permettre d’effectuer après la mort de Duplessis.En dépit de ce que semble encore penser Bernard Landry, c’est bel et bien Duplessis, et non Godbout qui était inféodé.C’est Duplessis qui plaidait le repli lL—— (.' * Maurice Duplessis, à gauche, et Adélard Godbout, à droite.ARCH1VKS I.K mcVOIR sur soi et la soumission à l’Église, faisant en sorte de maintenir les Canadiens-français hors des universités, des affaires et de la culture.C'est Duplessis qui vivait à plat ventre dans le sillon du Famille-travail-pa-trie pétainiste de l’époque.En juin 1940, Mackenzie-King et Godbout ont appuyé Churchill, De Gaulle et la France libre avec courage et détermination.L’immense majorité des nationalistes québécois de l’époque n’ont adopté De Gaulle que lors d’un certain jour de juillet 1967.Aujourd’hui, malheureusement, l’hypothèque du-plessiste semble encore peser et l’on continue injus- tement d’injurier la mémoire de Godbout.Il est consternant de penser que Bernard Landry et ses conseillers semblent toujours, soixante ans plus tard, dénigrer leurs adversaires à la manière de Duplessis.Monsieur Landry ne semble pas non plus avoir oublié certaines des façons de gouverner de ce dernier.Dans les circonstances, comptons que les Québécois de 2003 ne donneront pas au gouvernement usé de Bernard Landry, toujours obsédé par sa vieille idéologie désuète de pseudo-libération, trois mandats successifs connue Duplessis les aurait aimés.Il est temps que ça change.Le choix est simple.Élections: trois questions sur le patrimoine DINU BDMBARU Directeur des programmes -Héritage Montréal Pour le Comité Patrimoine et Aménagement u pays du «Je me souviens», la campagne électorale 2003 rappelle le peu d’attention accordée à ce patrimoine qui apporte identité à nos lieux de vie et de création, et reste l'expression première et durable de la diversité culturelle.Faute de politique nationale ou de vision cohérente de son développement, le Québec démolit ses églises, se banalise, perd la mémoire et disparaît.Pourra-t-il compter sur le futur gouvernement pour assumer, dans toutes les régions comme à Montréal, sa responsabilité de protection et mise en valeur?Trois rappels: ' La politique québécoise du patrimoine?Depuis près de 30 ans, les ministres promettent de doter le Québec d’une politique du patrimoine à l’instar de tant d'autres gouvernements modernes.Alors que le gouvernement du Canada en retard sur ses devoirs internationaux, réfléchit à la sienne et que la Ville de Montréal, suite au Sommet de Montréal qui reconnut la Déclaration québécoise du patrimoine, s’y engage, le Québec, après sa Politique culturelle de 1992 centrée sur la production culturelle, renvoie constamment le patrimoine en file d’attente.Bien sûr, les gouvernements québécois continuent d’effectuer des gestes significatifs: programme pour le patrimoine religieux; proposition de protection du mont Royal; rétablissement d’une Direction du patrimoine au ministère de la Culture; lois reconnaissant d'anciennes races bovines ou protégeant les paysages naturels humanisés.Ces actions ponctuelles ne remplacent pas une politique nationale qui affirme l’engagement gouvernemental d’assumer son rôle constitutionnel de protecteur du patrimoine lors de ses activités et d’appuyer l’engagement de citoyens, d’associations, de propriétaires ou d’acteurs publics ou privés qui participent à cette œuvre contre l’indifférence et l’oubli.Après moult réflexions et consultations dont la dernière par le groupe Arpin en 1999-2000, donna plusieurs propositions intéressantes, on attend en 2003 une proposition concrète de politique du patrimoine pour tout le Québec.Sans accentuer l’antagonisme entre Montréal et les régions qui naît d’une indigence que tous vivent, elle devra jeter les bases d’une action cohérente et consé- quente de l’État et des organismes qui en dépendent comme le§ municipalités et les sociétés d’État, en matière de connaissance, reconnaissance, protection et valorisation de ce patrimoine bâti, paysager, historique ou culturel.La vision métropolitaine?En juin 2001, le gouvernement adoptait un cadre d’aménagement pour le territoire métropolitain et des orientations gouvernementales dont celle de * protéger et mettre en valeur le patrimoine naturel, historique et architectural, et les paysages».Outre le transport et les poubelles, ce document traite de protection du mont Royal et des montérégiennes, d’amélioration du patrimoine urbain ou de l’accès à l’eau, de reconnaissance du centre et de la culture.Il s’inscrit dans une démarche Le boulevard Saint-Laurent, à Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR constante à laquelle les gouvernements successifs et nos organismes ont contribué pour doter la Métropole d’une vision plus cohérente qui valorise ce territoire et ses qualités au lieu de les gaspiller par indifférence ou par intérêt particulier.Én 2003, cet outil moderne reste nécessaire pour éviter que des projets ne dénaturent pour toujours le territoire et sa mémoire.Par leur mission, par leur architecture et par leur respect de processus publics, les interventions gouvernementales ou privées doivent soutenir la personnalité de cette métropole et le sentiment d’appartenance.Alors que l’assemblage actuel rend peut-être plus évidente une perspective métropolitaine aux yeux de la société civile qu’à ceux des structures qui l’administrent par morceaux, le gouvernement devra encourager l’émergence d’une telle vision et se donner un devoir de cohérence dans ses projets et programmes, au cœur comme en périphérie de la Métropole.L’avenir du patrimoine montréalais?Montréal a un patrimoine unique au Québec et en Amérique par sa densité, sa diversité et sa quantité.L'aventure montréalaise lie le Vieux Montréal au port, au canal de Lachine, au boulevard Saint-Laurent, aux villas du Square Mile, aux carrières du Mile End, à Place Ville-Marie, aux villages d’ici comme aux grandes villes américaines.Le sol, l’architecture, la chanson ou les épitaphes portent les traces des gens et des temps.Dans cette métropole plurielle, édifices, parcs, toponymes, machines, monuments, archives, chansons ou traditions sont rarement privés de sens et isolés.Vivant une problématique unique au Québec, ce trésor historique et culturel est mal connu et vulnérable.L’éclatement des res- ponsabilités suscite une inquiétude qu’accentuent, par exemple, la dispersion des expertises à Montréal ou le régime actuel en matière de démolition.Qu’il s’agisse de patrimoine bâti, d’archéologie ou d’archives, il faut un plan d’action cohérent et concerté et des moyens conséquents pour donner à nos porteurs de mémoire, un avenir qui leur permette de contribuer au développement culturel et urbain de la métropole.Outre une reconnaissance spécifique dans la politique nationale et un partenariat bienvenu avec la Ville de Montréal, le gouvernement devra agir pour le patrimoine de Montréal.Par exemple, adopter un cadre préventif pour le patrimoine religieux et institutionnel; confirmer le statut du mont Royal au terme de l’actuel processus; protéger des ensembles menacés comme le paysage industriel du canal de Lachine ou développer les connaissances et l'éducation.Il faudra aussi modifier la charte de la Ville pour doter le Conseil du patrimoine de compétences et de pouvoirs bien définis, préciser le rôle des arrondissements, mieux encadrer l’autorisation de démolitions et les processus référendaires ou pour y enchâsser le périmètre et les mécanismes de protection du mont Royal.Alors qu’on sait que Montréal et le Québec devront faire face à de grands défis en patrimoine à court terme, il est grand temps de mettre les gens ensemble et de récolter les fruits des idées et de la patience des organismes en patrimoine, des citoyens et des pouvoirs publics.En 2003, il est urgent de donner un avenir au porteur d’identité, de mémoire et de créativité qu’est notre patrimoine au lieu de reporter à nouveau l’engagement nécessaire.A défaut, nous nous condamnons à voir disparaître cette irremplaçable richesse.Le vieux cygne SIMONE LANDRY Profésseure retraiter UQAM «Le vieux lygne n 'arrive plus d gantier son rang sur l’eau.Il ne lutte plus.Des apparences de lutte seulement.» Henri Michaux SI ouventes fois ce sont les poètes qui nous aident le mieux à comprendre la vie.Et la vieillesse fait partie de la vie.La vieillesse, avec son cortège de renoncements.Dans nos sociétés, le pas sage est d’autant plus difficile que c’est d'abord leur identité sociale qui fonde la valeur des êtres humains aux yeux des autres, bien sûr, mais à leurs propres yeux aussi, ce qui est plus grave.Passé le moment de la retraite ou du retrait, ceux et celles qui se sont aviuit tout définis |xu leur rôle dans le monde du travail, dans la hiérarchie sociale, sur la place publique, se retrouvent devant un vide, une perte d’identité fort difficile à assumer.Le passage exige un nouveau regard sur soi-même.Il requiert aussi une très grande humilité.Car à ce moment crucial de transition, on joint tout à coup, au sens propre, et souvent sans la moindre préparation, le rang du conumm des mortels.On peut sombrer, alors, dans la dépression.On |>eul regarder lucidement les choses, reconnaître que l’on est maintenant sur l’autre versant de la montagne, se dessiner de nouveaux projets, préparer son grand et son très grand âge.On peut aussi être tenté de s’accrocher, de faim comme si rien n’avait changé.On peut jouer les vieux cygnes et retourner sur la place publique, en s’imaginant maîtriser encore le centre de l’agora.Jacques Parizeau a connu ses heures de gloire sur notre scène politique.Il les a assumées avec une faconde et une flamboyance pouvant certes aller jusqu’à l’arrogance.Et puis il a commis, en 1995, cette erreur du soir du référendum, après laquelle la seule issue possible était la démission de son poste de premier ministre du Québec.Depuis lors, il y va de temps en temps d’une sortie fulgurante de partisan «pur et dur» de l’indépendance.D’aucuns s’ébrouent un peu, d’autres font les gorges chaudes, et puis Monsieur Parizeau retourne dans son vignoble et les choses se calment.Le mauvais soir Il avait décidé de revenir sur la scène politique pour apporter son appui à Bernard limdry dans l’actuelle campagne électorale.L’au ditoire choisi pour lui (par lui?) fut celui des cégeps.Mais l’os de sa sortie au soir du référendum lui était de toute évidence resté en travers de la gorge: il a voulu s’en expliquer devant les étudiants de Shawinigan, ressasser une fois de plus cette vieille histoire qui n’est pas à sa gloire.Qui plus est, il a choisi — mais a-t-il vraiment choisi ?— le jour même du débat des chefs pour ce faire.Et celui dont tout le monde vante les qualités de debater, Jean Charest, a bondi sur l'os recraché par Monsieur Parizeau pour le jeter tout de suite, en plein débat, entre les pattes de Bernard landry.Le lendemain, le vieux cygne demandait à Jean Charest de s’excuser pour avoir déformé ses propos.Les propos de Parizeau, Charest les a bel et bien déformés, mais quand on fait feu de tout bois.En guise d’excuses, d’ailleurs, Charest devrait bien envoyer à Parizeau une gerbe de fleurs et une bouteille de vin, avec ses remerciements chaleureux pour cet os enveloppé?dans une peau de banane.Et le vieux cygne, lui.Il a quitté la scène, blessé dans sa vulnérabilité de vieil homme.Il sait pourtant que le jeu politique est sans pitié.Mais sait-il qu’il vient un temps ou les vieux cygnes ne peuvent plus garder leur rang sur l'eau?On se prend à espérer pour lui qu’il saura maintenant le reconnaître, qu’il acceptera de passer le flambeau pour de bon, en toute sérénité.Il faut savoir quitter la table quand les lauriers sont desservis, pourrait lui chanter Aznavour.N.D.LR I,a chronique de Jean-Paul Brodeur sera de retour le 21 avril prochain.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gérald Dallaire {adjoint on directeur de l'information), Jeanne Cor ri veau ( vigile/, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Paule des Rivière» (éditorialiste f, Jean Dion.Louii'Gille» Krancœur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet).Josee Boileau.Julie Carpentier (sports).Brian Myles (justice et faits divers).Isabelle Paré (santé): Pauline Gravel (science) : Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumaset (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; À l'information culturelle Michel Bélair (responsable).Jean-Pierre Legault.Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias).Caroline Mont pet it (livres).Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche (arts visuels): à l'information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny.Éric Desrosiers, Valérie Dufour, Claude Turcotte; à l'Information internationale Claude l>vesque, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste).À l’information politique Hélène Huzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa).Tommy Chouinard et Robert Ihitrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Lévesque .Marie Hélene Alarie (secrétaire à la rédaction) .Lnuise-Maude Rioux Soucy.C»enevieve Otis-Dionne (commis) lx documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome.Serge Captante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICTTE ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Cdté.Marlène CAté, Annie Duguay.Martin Fournier, C hristiane IjgaulL Amélie Maltais.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland.(Publicitaires).Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Berubé (secrétaire) LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production).Claudine Bédard.Michel Bernatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBITION ET TIRAGE.Unda Thériault (responsable service d la clientèle, distribution et tirage).Marie-Eve Santerre.(coordonnatrice à la promotion et d la sollicitation), MoniqueL’Heureux.Use LachapeOe, Rachelle Leclerc.Marie-France Dalcourt L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur).Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Chantal Rochon.Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert ( vice-président exécutif et directeur général) 4 LE DEVOIR.LE MARDI « AVRIL 2 0 0 3 A 8 PAIX SUITE DE LA PAGE 1 sur lesquelles les visiteurs peuvent lire en entrant: «Bienvenue au centre commercial.Vous avez le droit de rester silencieux.Nous accordons beaucoup d’importance à la liberté d’expression.» Ces empêcheurs de discriminer en rond militent également depuis pour l’adoption d’une réglementation qui favoriserait la libre-circulation des opinions dans les temples de la consommation, nombreux chez nos voisins du sud.Car la chose est loin d’être acquise.Stephen Downs et son fils Roger, 30 ans, l’ont bien compris en, se présentant le 3 mars dernier au Crossgates Mall de Guil-derland pour y faire quelques emplettes.C’était un lundi soir et l’endroit bourdonnait d’activité.Le voyage au «pays de l’intolérance», lui, venait de commencer.L’achat était probablement compulsif.N’empêche, 46 $ plus tard, les deux hommes se retrouvent, après un passage dans un commerce de vêtements, à porter fièrement leurs nouvelles acquisitions: pour le père, un t-shirt prônant côté face un tonitruant «Peace on Earth» (Paix sur la terre) et côté dos un tout aussi revendicateur «Give peace a chance» (Donnons une chance à la paix); son fils, lui, jette plutôt son dévolu sur deux autres formulations pour un même thème: «Let Inspections work» (Laissez les inspecteurs travailler) et «No War with Iraq» (Non à la guerre en Irak).Ix; duo, on s’en doute, ne passe pas inaperçu.Et lorsque vient le temps pour eux d’aller se rassasier dans l’aire de restauration du centre commercial, tout bascule.«J’ai été con/ronté à deux agents de sécurité qui m’ont ordonné de quitter le centre commercial ou d'enlever mon t-shirt», raconte M.Downs, cité par Reuters.Son fils obtempère rapidement, mais le retraité, spécialisé dans les enquêtes sur la conduite des juges, est un brin entêté.Au nom de la liberté d’expression il s’obstine.et se retrouve menotté, passe deux heures au poste de police où on l’accuse formellement de «violation de propriété» pour ne pas s’être plié au règlement du centre commercial quant au comportement offensant.Un règlement clair qui interdit la vente de billets de loterie à la sauvette, le harcèlement, le langage offensant et autres comportements dérangeants qui empêcheraient «d’offrir un environnement sécuritaire et agréable aux consommateurs», a expliqué au Business Review d’Albany Tim Kelley, de Pyramid Management Group, le propriétaire du Crossgates Mall de Guilderland.Et visiblement, les messages pacifistes, par les temps qui courent, entrent dans la catégorie des comportements à baiyiir.L’histoire a lait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis.«Et sous la pression populaire et médiatique, sans doute, la plainte a été retirée récemment contre M.Downs qui risquait un an de prison», précise Mme Lieberman.Mais la plaie, pour les défenseurs du droit de parole, reste encore bien ouverte.«Vu la place importante qu’occupent les centres commerciaux dans nos vies, il est important d’agir, poursuit-elle.C’est pourquoi nous appuyons désormais un projet de loi qui vise à forcer ces lieux de rassemblement à tolérer les opinions politiques et nous gardons l’œil ouvert pour déceler toute autre atteinte du genre à la liberté.» Mais la liberté d’expression (1" amendement) vient ici interférer avec le 5'' amendement de la constitution américaine sur la propriété privée et, du même coup, sur le droit d’un propriétaire d’imposer ses propres règles entre ses murs, préviennent déjà les vendeurs d’ordinateurs, de pantalons ou de rêves.Par l’entremise du Retail Council of New York State — un regroupement de 5000 commerçants — ils s’opposent d’ailleurs à toute modification de la législation actuelle.Car, une fois la paix acquise, qui sait si le travail des enfants, l’iniquité des rapports commerciaux entre le Nord et le Sud, la chasse aux phoques, l’utilisation d’OGM ou pourquoi pas les effets délétères de l’endettement personnel ne viendraient pas, à leur tour, troubler la quiétude et le confort d’un centre commercial.Précision Le Devoir publiait dans son édition d’hier, en page Idées, un texte intitulé «Se rassembler autour de l’essentiel» sous la signature de Hélène Pelletier-Baillar-geon, Yves Michaud et Jean-Marc Léger.Nos lecteurs sont invités à prendre note que ce dernier est le journaliste et diplomate à la retraite et non pas son homonyme, Jean-Marc léger, président et directeur général de Léger Marketing, une maison de sondage qui a réalisé le sondage sim les élections dont les résultats étaient à la une de notre édition d’hier.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec).H3A3M9 EU Haee-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1 -800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnernents@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Dttvir peut.« l'iHvasion, mettre la Hâte d’adreiwe» de ses abonné* à la dl*t*»ition d'omnlMtiat* nvunnue* dont la onuae.le* produit» ou le* jerviee* peinent intéresser «es lecteur».SI vous ne souhaite* pas recevoir de onrtrspondancr ile or» ontanisatssis.veuille» en avertir nnttv arrêter à la dimtélr U Dmir est publié du lundi au samedi par I r Oevulr Inc dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9 étage.Montréal.(Québec).H:iA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor SI Jean.«00.boulevard Industriel.Saint Jean-sur-Richelleu.division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et U diffuser les informations publiées dans U Deiofr.U Drwfr est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest, laval.Knvoi de publication — Knreglstroment n' 0656.1Visit légal: Bibliothèque nationale du Québec.-* LE DEVOIR ?- ACTUALITÉS FORÊTS Les écologistes sont insatisfaits du mandat de la commission Nicolet LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Dix groupes environnementaux, dont l’Action boréale Abitibi-Té-miscamingue, présidée par le poète-chansonnier Richard Desjardins, ont demandé hier aux cinq partis politiques en lice de clarifier le mandat qu’ils accorderaient à une quatrième commission Nicolet, celle-là portant sur la gestion des forêts québécoises.Les questions adressées aux partis politiques (ADQ, PLQ, PQ, UFP et Parti vert) à une semaine de l’élection indiquent que les groupes ne se satisfont visiblement pas du mandat évoqué jusqu’ici par les porte-parole gouvernementaux.Les dix groupes environnementaux donnent jusqu’à après-demain, jeudi, aux dif- BAGDAD SUITE DE LA PAGE 1 «Le Centcom n’a pas d’information supplémentaire», ajoute le texte, qui se termine par la phrase rituelle: «Les forces de la coalition visent uniquement des cibles militaires et font le maximum pour minimiser les victimes civiles et éviter d’endommager les infrastructures civiles.» La bombe, qui a creusé un cratère d’au moins 15 mètres de large sur huit mètres de profondeur, a détruit quatre maisons près de l’avenue du 14 Ramadan, une artère commerciale du quartier Al-Mansour.La situation du principal complexe présidentiel, le Palais de la République, d’une superficie de 2,5 km- sur la rive ouest du Tigre, était confuse.Les militaires américains ont assuré l’avoir «sécurisé» hier matin, et la chaîne de télévision Sky News a montré des soldats américains s’y promenant librement, voire s’y prélassant Au moins trois véhicules blindés américains Bradley étaient positionnés dans l’après-midi sur une route longeant le Tigre, devant le palais.Mais les combats se sont intensifiés après quelques heures de répit, et dans l’après-midi, d’intenses tirs d’artillerie semblaient en provenir.Outre leur incursion jusqu’à ce palais au cœur de Bagdad, les militaires américains ont assuré contrôler un autre palais en centre-ville et un troisième au sud-ouest de Bagdad, près de l’aéroport.«Ne croyez pas ces envahisseurs.Il n’y a aucun de leurs soldats à Bagdad», a affirmé le ministre irakien de l'Information Mohammad Saïd Al-Sahhaf.«Ils [les Américains] ont fait avancer quelques transports de troupes et des chars.Nous les avons encerclés», a-t-il ajouté.Des tests préliminaires effectués sur des barils découverts dans une installation militaire près de Karbala, dans le centre de l’Irak, ont par ailleurs démontré hier qu’ils contenaient des agents chimiques, selon des responsables militaires américains.Le président George W.Bush est pour sa part arrivé à Belfast (Irlande du Nord) pour s’y entretenir notamment de l’après-Saddam avec son plus proche allié dans la guerre, le premier ministre britannique Tony Blair.Les deux dirigeants devraient aussi se pencher sur le blocage des processus de pane au Proche-Orient et en Ir- férentes formations pour répondre, par «oui» ou par «non», aux 12 questions qu’on leur pose.Les écologistes veulent d’abord savoir si la commission Nicolet sera «indépendante, publique [pas seulement sur invitation] et itinérante», ce qui l’amènerait en région.Ils veulent aussi savoir si le mandat de la commission «sera élargi au-delà de la simple production de matière ligneuse».Plus précisément, les groupes veulent savoir si le futur gouvernement inclura dans le mandat de la quatrième commission Nicolet une révision du «mécanisme de planification de l’utilisation du territoire», lequel sert à déterminer les aires d’exploitation de la matière ligneuse et des ressources minières; s’il inclura une «intégration des autres valeurs et usages» de la forêt ainsi qu’une analyse de leur contribution socio-économique; un suivi de l’état lande du Nord au cours d’un sommet de deux jours.Tandis que les copibats faisaient rage, la télévision d’Etat irakienne a montré le président Saddam Hussein présidant qne réunion des hauts cadres de l’État, dont le vice-président Taha Yassine Ramadan, son fils cadet Qoussaï, chef de la Garde républicaine, et de hauts officiers de l’armée.Dans le sud de l'Irak, les militaires britanniques ont annoncé que la bataille de Bassora était «plus ou moins terminée», et plusieurs centaines d’entre eux se sont déployés dans la ville, s’emparant de bâtiments stratégiques dont un immense palais de Saddam Hussein.Les Britanniques ont pénétré à pied hier dans le centre-ville et ont également pris le contrôle de l’université.Prudence du Pentagone Le Pentagone ne veut pas vendre trop vite la peau de l’ours: si la bataille de Bagdad est bien engagée, assurer la victoire totale en Irak prendra du temps et ne dépendra pas de la seule capture ou mort de Saddam Hussein, a-t-on fait savoir.Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, et le chef d’état-major interarmées, Richard Myers, soulignant que la bataille n’était pas encore gagnée, ont brossé hier devant les médias un tableau militaire optimiste, notamment de Bagdad encerclée.Les choses ont bien et vite changé depuis vendredi dernier, a relevé le général Myers: «Nous avons le contrôle de l'aéroport international de Bagdad», déjà utilisé pour des missions aériennes, ainsi que les routes d'accès à la capitale, deux des palaces de Saddam ont été «visités» et les divisions de la Garde républicaine ne peuvent plus «mener que des combats sporadiques contre nos forces».Même son de cloche du ministre de la Défense: «Le régime est en train de s’effondrer» et l’un des dirigeants les plus controversés a certainement trouvé la mort M.Rumsfeld annonçait ainsi que Washington pensait avoir tué dans un bombardement Al Hassan Al-Majid, surnommé «Ali le chimique», cousin de Saddam Hussein et considéré comme son homme de main.Il était soupçonné d'avoir ordonné le bombardement au gaz ypérite en mars 1988 de la ville kurde d’Halabja, tuant plusieurs milliers de personnes.«Nous pensons l'avoir eu» lors du bombardement de sa résidence à Bassora, a ensuite déclaré un res- des «écosystèmes forestiers» et pas seulement du capital ligneux à l’échelle du paysage; une évaluation des impacts de l’aménagement forestier sur la bio-diversité et les habitats fauniques; la mise en place d'un réseau d'aires protégées caractéristiques des régions naturelles; ainsi que l’examen de la limite nordique d’attribution des réserves forestières.Les écologistes veulent enfin savoir si le futur gouvernement donnera plus de six mois, comme prévu, à cette commission pour qu’elle puisse aller en profondeur sur l’ensemble de ces questions.Outre l’Action boréale, on retrouve parmi les signataires de ce questionnaires Environnement Jeunesse, le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), l’Union pour la conservation de la nature (UQCN) et le Fonds mondial pour la nature (WWF).ponsable du Pentagone.Donald Rumsfeld a cependant choisi la prudence, en minimisant, comme la Maison-Blanche, les questions sur le sort de Saddam Hussein, dont Washington affirme ignorer s’il est mort ou vivant ou s’il est blessé.«H n’y aura pas un point de bascule particulier qui permettra de déterminer la victoire complète sur le régime irakien, mais plusieurs et il est improbable que tout cela intervienne simultanément à travers le pays», a-t-il déclaré.La victoire en Irak ne dépend pas du sort de son président Saddam Hussein, a-t-il déclaré.«À l’heure actuelle, il ne gouverne plus le pays, le régime a changé», a estimé M.Rumsfeld.L’après-Saddam ^ L’après-Saddam, et notamment le rôle des Nations unies dans la reconstruction de l’Irak, devait être l’un des thèmes du sommet américano-britannique à Belfast Washington souhaite accorder un rôle secondaire aux Nations unies dans la reconstruction de l’Irak alors que Londres passe pour plus favorable à un rôle important de l’ONU.Le secrétaire d'État Colin Powell a cependant cherché hier à minimiser les divergences entre Londres et Washington sur ce point Le ministre canadien des Affaires étrangères, Bill Graham, a affirmé à Ottawa que le Canada assumerait ses responsabilités dans la reconstruction de l’Irak à l'issue du conflit en cours, soulignant que les Américains étaient les «meilleurs amis» des Canadiens.«Nous souhaitons à nos alliés américains et à tous ceux qui sont en Irak une fin rapide [de la guerre], avec aussi peu de victimes et de morts que possible», a-t-il dit à la Chambre des Communes.Le secrétaire général des Nations unies.Kofi Annan, a pour sa part annoncé qu’il se rendrait cette semame à Londres, Paris, Berlin et Moscou pour «poursuivre ses discussions sur l’Irak».Et la conseillère américaine pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a fait une visite éclair à Moscou pour réduipe la tension entre la Russie et les États-Unis, après un incident dans lequel cinq diplomates russes ont été blessés sur une route irakienne.Alors que l’ambassadeur russe accuse les troupes américaines d’avoir «délibérément» tiré sur le convoi, Mme Rice a affirmé au président Vladimir Poutine que les tirs n’étaient pas «intentionnels».MÉLODIES SUITE DE LA PAGE 1 Et puis, il est ici, sur fond d’alcool, de tabac, avec une mélancolie slave au fond des yeux.Ceux qui se sont laissé ravir par ses dentiers films, La Chasse aux papillons.Brigands, Adieu, plancher des vaches!, œuvres polyphoniques où les destins se croisent sans se comprendre, auront plaisir à remonter le fil de ses œuvres plus anciennes: Avril, Les Favoris de la lune, etc.Le cinéma d’Otar losseliani ressemble à une sorte de musique.Allez vous étonner qu'il ait été au départ un violoniste et un pianiste.Dans ses films, la musique est omniprésente, le chant polyphonique surtout.Et puis, les notes, les sons (toujours justes) y constituent un langage plus présent que les mots.Dans II était une fois un merle chanteur, dans Pastorale, deux de ses films géorgiens, des musiciens sont des personnages de premier plan.Au départ, quand losseliani travaillait sous le régime soviétique, ses héros n’étaient pas assez positifs aux yeux des autorités et ses films se retrouvaient interdits de diffusion.Interdits aussi à l’étranger, à l'époque (notamment Avril, un suave pas de deux amoureux mais antimaté» rialiste, donc suspect.Ne comptez pas sur lui pour poser à l’artiste solitaire pourfendant jadis le régime de l’ancienne URSS.«La société en entier avait développé un système pour tenir tête au régime, précise losseliani.Ceux qui s’occupaient de censurer aussi.Ils essayaient de trouver des échappatoires.Nous étions tous complices.Au bout du compte, je préférais à l'époque que mes films soient intacts mais interdits, plutôt que charcutés.J’ai quitté mon pays quand mes ruses ne passaient plus.» La chute du régime n’a pas signifié pour lui le retour dans sa patrie.«Autrefois, l'État finançait le cinéma, aujourd'hui il n’y a plus un sou vaillant en Géorgie.Alors je reste en France.» S les films de losseliani ne sont pas bavards mais peuplés de signes, c’est en partie parce que le cinéaste dut camoufler sa satire du régime sous des métaphores.(Ainsi dans La Chute des feuilles en 1967, sous les démêlés d'un employé de la coopérative vinicole, il égratignait la bureaucratie.) «Dans les systèmes totalitaires, rien n 'est plus dangereux que la parole.Cela dit.cette sorte de cinéma où la priorité est donnée à l'image et au son est directement issue de la culture géorgienne.En France, dans les chansons populaires, le texte occupe beaucoup d'importance alors qu 'en Géorgie, un couplet Peut s'étendre sur dix minutes de polyphonie.On n'est pas très bavards, chez nous.» Son langage de sons et d'images est un bruissement, non un tintamarre.«À ne pas confondre avec le son des films hollywoodiens qui masque l’impuissance de la pensée», précise-t-il.losseliani évoque les êtres essentiellement sociaux (la majorité des gens, en fait) qui se collent en grappe par peur de vivre dans la solitude.«Les flics, les militaires, même les mafiosi sont toujours regroupés», fait-il remarquer.Puis il y a les autres qui se bâtissent tant bien que mal un petit jardin intérieur, toujours dérangés à l’heure d’y faire pousser des fleurs.Tels sont les personnages des films de losseliani, en porte-à faux avec le monde, issus d’univers sur leur déclin dont ils sont les derniers représentants.Il se défend bien de prôner la nostalgie pour autant «Chaque génération pense que les temps nouveaux détruisent tout ce qui fut important pour elle.Mais à notre époque, la fissure est plus importante qu 'auparavant.Les ponts avec le XIX' siècle se sont bel et bien écroulés.Ce qui ne signifie pas le passé ait été plus brillant avec l'Inquisition, les autodafés.Saufqu 'en ayant renoncé à l’expérience de leurs aînés, les êtres humains sont devenus sauvages, primitifs.En France, 65 % des jeunes savent à peine écrire.Alors dans mes films j'accorde beaucoup d’importance à la transmission des gestes et du savoir • Aujourd’hui, de l'avis de plusieurs, les nouvelles technologies vont aider le cinéma indépendant à fleurir.«Une caméra, si légère soit-elle, ne peut compenser le manque de pensée, de bagage culturel», note avec son sourire un peu triste le grand Otar losseliani.IMAM SUITE DE LA PAGE 1 vous pouvez leur foire face pour défendre votre pays.» Il a ajouté, selon la transcription de l’entrevue, qu’il n’invitait pas les musulmans canadiens à aller se battre en Irak mais à manifester leur opposition ici, pacifiquement, fi a été impossible d’en savoir plus hier, l’imam n’ayant pas répondu à nos nombreux appels.Le ton plus ou moins cinglant des réactions correspondait largement aux positions sur la guerre.Des Canadiens d’origine irakienne interviewés hier par la Presse canadienne estimaient que l’imam se trompait de cible.«Nous devrions prendre les armes contre Saddam [Hussein], pas contre les Américains», a affirmé Sammy Shaker, un Montréalais né en Irak.«Nous entendons ces absurdités depuis trois ou quatre mois.Ces gens sont restés muets pendant 35 ans, quand Saddam tuait des centaines de milliers d’irakiens, et maintenant nous entendons ces appels au djihad.» .A son avis, l’invasion dirigée par les États-Unis était «la seule option» pour venir à bout du régime irakien.Une opinion partagé par Haithem Al-Hassani, membre du Comité de coordination ca-nado-irakien, à Toronto.Au Conseil des relations américano-islamiques, section Canada, on refusait de critiquer aussi directement l’imam, mais on s’en distanciait.«Il a le droit d’offrir son opinion, et c’est ce qu’il a fait.Notre organisation a, quant à elle, offert sa position sur la guerre, à savoir qu’elle n’a aucune légitimité internationale, qu’elle fera plus de mal que de bien dans la région, mais les Canadiens musulmans ont toujours, même avant le début de la guerre, exprimé leur opposition par des moyens démocratiques», a indiqué le directeur général Riad Saloojee.11 a toutefois avoué être préoccupé par l’incompréhension qui entoure le djihad et la perception que les propos de l’imam pourraient créer.A Ottawa, plusieurs politiciens favorables à la guerre ont dénoncé les paroles du religieux ou, à tout le moins, regretté son imprudence.Des propos «extrêmement regrettables», «décevants», «dérangeants», a réagi le chef allianciste Stephen Harper qui est allé jusqu’à dire que les musulmans canadiens appuyaient la coalition américano-britannique.Son député Rahim Jaffer, lui-même musulman, a noté que l’imam Solai-man ne «ne parle pas pour l’ensemble de la communauté».«J’aurais préféré qu’il choisisse ses mots avec plus de soin», a-t-il dit.Le chef conservateur Joe Clark croit que l’imam devrait retirer ces paroles «inappropriées de la part d’une personne qui occupe un poste influent comme le sien».Au bureau du premier ministre, on critiquait avec mesure les propos de l’imam.«Nous trouvons ces propos troublants.Nous ne souhaitons pas que la guerre s'élargisse et nous voulons que le conflit se termine le plus rapidement possible», a indiqué une porte-parole, Frédérique Tsai.Le ministre de l’Immigration, Denis Coderre, a refusé de s’engager, comme le lui demandaient certains journalistes, à remettre en question la citoyenneté canadienne de l’imam Solaiman.fi a dit vouloir examiner ses propos avant d’en dire plus.Jean-René Milot, du département de sciences religieuses de l’UQAM, note que le djihad est censé être une guerre défensive qui respecte certaines conditions.Il faut entre autres que ce soit un territoire musulman qui soit attaqué et que cette attaque soit réelle, explique-t-il.M.Milot est toutefois surpris de la sortie de l’imam, car le religieux n’est pas dans un des pays agressés et que son rejet du terrorisme reste une nuance que certains pourraient ignorer.«Je trouve cela étonnant, parce que, depuis le 11 septembre, les musulmans d'ici ont tout fait pour se dissocier de tout acte de violence.[.] Sur la question du djihad, les leaders religieux ont aussi fait de sérieuses mises au point», a-t-il noté.Selon lui, la sortie de l'imam Solaiman déplaira à plusieurs leaders musulmans d’ici.Cette confroverse survient alors que le gouvernement multiplie les gestes pour amadouer les Américains, au point que l’accusation d'antiaméricanisme est devenue l’arme de choix de certains libéraux pour faire taire leurs critiques et esquiver des questions difficiles.C’était au tour du ministre de la Défense, John MacCallum, hier d’y avoir recours pour éviter d'expliquer comment ü conciliait l'opposition du Canada à la guerre et la présence de forces canadiennes dans le golfe Persique.L’opération charme doit se poursuivre aujourd’hui avec un débat sur une motion libérale qui réaffirme la position canadienne, insiste sur les liens profonds entre les deux pays et souhaite «que la coalition dirigée par les Etats-Unis accomplisse rapidement sa mission avec le moins de victimes possible».Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, donnera lui-même le coup d'envoi au débat.Ce sera son premier discours sur la question depuis qu’il a annoncé la décision du Canada de ne pas participer à la guerre.Fait à noter, il n’avait pas cru nécessaire ce jour-là de faire un discours pour expliquer sa politique, jugeant suffisant de le faire dans ses réponses aux questions de l’opposition.f
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