Le devoir, 8 avril 2003, Page(s) complémentaire(s)
WASHINGTON BOMBARDIER Le?liens restent forts avec les Etats-Unis, selon Manley Page A 3 Un contrat de huit milliards pour moderniser le métro de Londres Page B 1 w w w .1 e d e v o i r .c o ni DEVOIR V o L .X C 1 V X ” 7 6 LE MARDI 8 AVRIL 2 O O 3 S 7 f + I A \ K S | $ Les Américains au cœur de Bagdad ¦ Trois palais de Hussein auraient été pris Les Britanniques contrôleraient Bassora D’APRES L’AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Les Américains ont pénétré hier au cœur de Bagdad, affirmant s’être emparés de trois palais présidentiels, symboles du pouvoir, alors que la capitale irakienne était le théâtre de combats meurtriers au 19^ jour de la guerre.S la bataille de Bagdad est bien engagée, le Pentagone a tout de même tenu à préciser que la victoire totale en Irak prendrait du temps.Une bombe larguée par un chasseur bombardier au cours d’un raid a tué 14 personnes, dont neuf personnes d’une même famille, selon un bilan obtenu par l'AFP auprès de témoins.Deux soldats américains et deux journalistes espagnol et allemand ont également trouvé la mort dans la ville.Le Commandement central américain (Centcom) au Qatar a indiqué hier soir dans un communiqué qu’il «enquêtait» sur le bombardement sur le centre de Bagdad.VOIR PAGE A 8: BAGDAD Appui à Pappel au djihad Un imam d’Ottawa crée une tempête MANON CORNELLIER DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA imam de la mosquée d’Ottawa s’est retrouvé ' dans la tourmente hier, après avoir appuyé l’appel au djihad, lancé par Saddam Hussein et plusieurs leaders religieux d’Irak et du Moyen-Orient, contre les Américains actuellement en territoire irakien.L’imam Gamal Solaiman a déclaré, dimanche, sur les ondes du réseau Global, qu’il appuyait cet appel à la «guerre sainte», mais s’opposait aux attentats suicide.«Je n ’approuve pas les attentats suicide, f approuve le droit des gens de défendre lïntégrité de leur pays», a-t-ü dit En entrevue au CanWest News Service, auquel appartient Global, il a ensuite insisté: «Tous les Américains ne sont pas contre les Arabes.R ne s’agit pas d’aller de l’avant et de tuer des Américains.Mais si les Américains viennent chez vous pour vous tuer, alors oui, VOIR PAGE A 8: IMAM H Autres textes en page A 5 ÉÉI KOMI'.O (,Al Al) AGKNCK FRANCK l’RKSSK Des militaires américains, dont l’un avait pris soin d’apporter son appareil-photo, admiraient hier une salle d’un palais présidentiel situé près de l’aéroport international de Bagdad.Les forces américaines affirment avoir pris trois palais de Saddam Hussein dans la capitale.ÉTATS-UNIS S’afficher pour la paix et risquer un procès FABIEN DEGLISE la police, l’homme de 61 ans a passé deux heuies en lement, aux États-Unis, la liberté d'expression e LE DEVOIR détention au poste de cette paisible municipalité niveau critique.L'affaire Downs, bien qu’étant américaine.Son crime?Avoir adopté un «comporte- isolé pour le moment, en est un très bel exemple.FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Au pays de George Walker Bush, on ne badine pas avec l’effort de guerre.Stephei) Downs, un avocat à la retraite de Selkirk, dans l’Etat de New York, l’a appris à ses dépens début mars.Arrêté par des agents de sécurité d’un centre commercial de Guilderland dans la banlieue d’Albany, menotté par la police, l’homme de 61 ans a passé deux heui es en détention au poste de cette paisible municipalité américaine.Son crime?Avoir adopté un «comportement offensant» en affichant son opposition à la guerre.sur son t-shirL «Depuis ce four, nous sommes la risée du monde, a commenté hier au Devoir Donna Lieberman, directrice de la New York Civil Liberties Union (NYCLU) jointe au téléphone à son bureau new-yorkais.Actuel- lement, aux États-Unis, la liberté d’expression est à un niveau critique.L’affaire Downs, bien qu'étant un cas isolé pour le moment, en est un très bel exemple.» Critique à un point tel que la NYCLU a lancé la semaine dernière une campagne pour dénoncer cette atteinte au droit de parole devant le centre commercial incriminé.Au programme: des affiches ironiques VOIR PAGE A 8: PAIX ÉLECTIONS Charest promet une «bataille en règle» contre le déséquilibre fiscal Bernard Landry met la souveraineté en avant La chronique de Michel David: Entre transfuges .¦ À lire en pages A 3 et A 4 INDEX Annonces.B5 Idées.A7 Avis publics.B 4 Météo.B 4 Bourse.B 2 Monde.A 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 4 Économie.B 1 Sports.B 6 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 CINÉMA Mélodies géorgiennes Le cinéaste Otar losseliani à Montréal Les admirateurs du grand cinéaste géorgien Otar losseliani ne jurent que par l’humour, la tendresse, la finesse de ses films subtils et langoureux.Les autres auront bientôt pleine occasion de le découvrir.Du 9 au 24 avril, la Cinémathèque lui consacre une rétrospective.Le 18 avril, son dernier film, Lundi matin (une pure merveille!), prend l’affiche à Ex-Centris.Et ces jours-ci, le réalisateur arpente les rues de Montréal.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR n dirait un personnage peint par El Greco, le comte d'Orgaz, par exemple, avec dans les traits quelque chose d’altier.O d’aristocratique et d’un peu tragique la distribution de ses propres films, Otar losseliani, le grand cinéaste géorgien, s’offre parfois des rôles de nobles sur le retour.Dans Lundi matin, il campe un marquis italien qui frime en laissant croire au faste de sa vie; dans La Chasse aux papillons, le voici fantôme d’aristo en une noble volière cramponnée au passé.Géorgien, soit (il est né à Tbilissi en 1934) mais vivant à Paris depuis plus de vingt ans, losseliani vous dira que la France est cousine de la Géorgie.«Les deux cultures se ressemblent, la Méditerranée leur baigne les pieds.Mais la Géorgie a toujours été un monde quand même à part.Avec trois millions d’habitants, on conserve notre langue, notre propre alphabet.» Sa dégaine de noble ruiné trahit ses origines.«Je viens d’une vieille famille géorgienne, admet-il, mais sous le régime soviétique, pouvait-on parler d'aristocratie?» Qu’importe?Certains le comparent à Tati, pour l’humour, ou à René Clair pour la poésie.Son style évoque aussi un peu celui du Grec Angelopoulos, pour la patiente observation des êtres.On ne peut passer à côté du cinéaste géorgien ces joursd.Non seulement la Cinémathèque lui consacre-t-elle une rétrospective du 9 au 24 avril, mais son dernier film, le merveilleux Ijzndi matin, prendra l’affiche à Ex-Centris le 18 du même mois.VOIR PAGE A 8: MÉLODIES Otar losseliani JACQUES GRENIER LE DEVOIR &ahiers DU 27 JUIN DISPONIBLE EN LIBRAIRIE (6,25$ l'unité) ÉDITORIAL La signature des Cahiers du 27 juin DOSSIERS Retrouver le sens du politique Pensée et pratiques écologiques DIALOGUES AVEC Charles Taylor Céline Saint-Pierre DÉMARCHES ARTISTIQUES CONTEMPORAINES Agir socialement pour le paysage Les œuvres rie Jevan Pierre Aubé abonnement : cahiersdu27juin.org 4 4 778313000658 LE DEVOIR.LE MARDI 8 AVRIL 2 0 0 3 A 8 -* LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES PAIX SUITE DE LA PAGE 1 sur lesquelles les visiteurs peuvent lire en entrant: •Bienvenue au centre commercial.Vous avez le droit de rester silencieux.Nous accordons beaucoup d'importance à la liberté d'expression.» Ces empêcheurs de discriminer en rond militent également depuis pour l’adoption d’une réglementation qui favoriserait la libre-circulation des opinions dans les temples de la consommation, nombreux chez nos voisins du sud.Car la chose est loin d’être acquise.Stephen Downs et son fils Roger, 30 ans, l’ont bien compris en se pré-sentant le 3 mars dernier au Crossgates Mall de Guil-derland pour y faire quelques emplettes.C’était un lundi soir et l’endroit bourdonnât d'activité.Le voyage au «pays de l’intolérance», lui, venait de commencer.L’achat était probablement compulsif N’empêche, 46 $ plus tard, les deux hommes se retrouvent, après un passage dans un commerce de vêtements, à porter fièrement leurs nouvelles acquisitions: pour le père, un t-shirt prônant côté face un tonitruant •Peace on Earth» (Paix sur la terre) et côté dos un tout aussi revendica-teur •Give peace a chance» (Donnons une chance à la paix) ; son fils, lui, jette plutôt son dévolu sur deux autres formulations pour un même thème: •Let Inspections work» (Laissez les inspecteurs travailler) et •No War with Iraq» (Non à la guerre en Irak).Le duo, on s’en doute, ne passe pas inaperçu.Et lorsque vient le temps pour eux d’aller se rassasier dans Taire de restauration du centre commercial, tout bascule.•J’ai été confronté à deux agents de sécurité qui m’ont ordonné de quitter le centre commercial ou d’enlever mon t-shirt», raconte M.Downs, dté par Reuters.Son fils obtempère rapidement, mais le retraité, spécialisé dans les enquêtes sur la conduite des juges, est un brin entêté.Au nom de la liberté d’expression il s’obstine.et se retrouve menotté, passe deux heures au poste de police où on l’accuse formellement de •violation de propriété» pour ne pas s’être plié au règlement du centre commercial quant au comportement offensant.Un règlement clair qui interdit la vente de billets de loterie à la sauvette, le harcèlement, le langage offensant et autres comportements dérangeants qui empêcheraient «d’offrir un environnement sécuritaire et agréable aux consommateurs», a expliqué au Business Review d’Albany Tim Kelley, de Pyramid Management Group, le propriétaire du Crossgates Mall de Guilderland.Et visiblement, les messages pacifistes, par les temps qui courent, entrent dans la catégorie des comportements à bannir.L’histoire a fait couler beaucoup d’encre aux Etats-Unis.«Et sous la pression populaire et médiatique, sans doute, la plainte a été retirée récemment contre M.Downs qui risquait un an de prison», précise Mme Lieberman.Mais la plaie, pour les défenseurs du droit de parole, reste encore bien ouverte.«Vu la place importante qu’occupent les centres commerciaux dans nos vies, il est important d’agir, poursuit-elle.C'est pourquoi nous appuyons désormais un projet de loi qui vise à forcer ces lieux de rassemblement à tolérer les opinions politiques et nous gardons l'oeil ouvert pour déceler toute autre atteinte du genre à la liberté.» Mais la liberté d’expression (1" amendement) vient ici interférer avec le 5r amendement de la constitution américaine sur la propriété privée et, du même coup, sur le droit d’un propriétaire d’imposer ses propres règles entre ses murs, préviennent déjà les vendeurs d'ordinateurs, de pantalons ou de rêves.Par l’entremise du Retail Council of New York State — un regroupement de 5000 commerçants — ils s’opposent d’ailleurs à toute modification de la législation actuelle.Car, une fois la paix acquise, qui sait si le travail des enfants, l’iniquité des rapports commerciaux entre le Nord et le Sud, la chasse aux phoques, l’utilisation d’OGM ou pourquoi pas les effets délétères de l’endettement personnel ne viendraient pas, à leur tour, troubler la quiétude et le confort d’un centre commercial.Précision Le Devoir publiait dans son édition d’hier, en page Idées, un texte intitulé «Se rassembler autour de l'essentiel» sous la signature de Hélène Pelletier-Baillar-geon, Yves Michaud et Jean-Marc Léger.Nos lecteurs sont invités à prendre note que ce dernier est le journaliste et diplomate à la retraite et non pas son homonyme, Jean-Marc Léger, président et directeur général de Léger Marketing, une maison de sondage qui a réalisé le sondage sur les élections dont les résultats étaient à la une de notre édition d’hier.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Devoir peut.& l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes à la disposition d'organisations reconnue* dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaiter pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuilles en avertir notre service A la clientèle.Le Devoir est publié du hindi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situe au 2050, rue De Bleury.S’ étage.Montréal.(Québec).HSA 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Richelieu.division de Imprimerie* Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée A employer et A diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint Martin Ouest.l.aval.Envol de publication — Enregistrement n” 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Forêts: les groupes d’écologistes interrogent les partis LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Dix groupes environnementaux, dont l’Action boréale Abitibi-Témis-camingue, présidée par le poète-chansonnier Richard Desjardins, ont demandé hier aux cinq partis politiques en lice de clarifier le mandat qu'ils accorderaient à une quatrième commission Ni-colet, celle-là portant sur la gestion des forêts québécoises.Les questions adressées aux partis politiques (ADQ, PLQ, PQ, UFP et Parti vert) à une semaine de l’élection indiquent que les groupes ne se satisfont visiblement pas du mandat évoqué jusqu’ici par les porte-parole gouvernementaux.Les dix groupes environnementaux donnent jusqu’à aprèsdemain, jeu- di, aux différentes formations pour répondre, par «oui» ou par «non», aux 12 questions qu’on leur pose.Les écologistes veulent d’abord savoir si la commission Nicolet sera •indépendante, publique [pas seulement sur invitation] et itinérante», ce qui l’amènerait en région.Ds veulent aussi savoir si le mandat de la commission «sera élargi au-delà de la simple production de matière ligneuse».Plus précisément, les groupes veulent savoir si le futur gouvernement inclura dans le mandat de la quatrième commission Nicolet une révision du •mécanisme de planification de l'utilisation du territoire», lequel sert à déterminer les aires d’exploitation de la matière ligneuse et des ressources minières; s il inclura une •intégration des autres valeurs et usages» de la forêt ainsi qu’une analyse de leur contribution socioéconomique; un suivi de l’état des •écosystèmes forestiers» et pas seulement du capital ligneux à l’échelle du paysage; une évaluation des impacts de l’aménagement forestier sur la biodiversité et les habitats fauniques; la mise en place d’un réseau d’aires protégées caractéristiques des régions naturelles; ainsi que l’examen de la limite nordique d’attribution des réserves forestières.Les écologistes veulent enfin savoir si le futur gouvernement donnera plus de six mois, comme prévu, à cette commission pour qu’elle puisse aller en profondeur sur l’ensemble de ces questions.Outre l’Action boréale, on retrouve parmi les signataires de ce questionnaires Environnement Jeunesse, le Réseau québécois des groupes écologistes (RQGE), l’Union pour la conservation de la nature (UQCN) et le Fonds mondial pour la nature (WWF).BAGDAD SUITE DE LA PAGE 1 •Le Genicom n’a pas d’information supplémentaire», ajoute le texte, qui se termine par la phrase rituelle: «Les forces de la coalition visent uniquement des cibles militaires et font le maximum pour minimiser les victimes civiles et éviter d'endommager les infrastructures civiles.» La bombe, qui a creusé un cratère d’au moins 15 mètres de large sur huit mètres de profondeur, a détruit quatre maisons près de l’avenue du 14 Ramadan, une artère commerciale du quartier Al-Mansour.La situation du principal complexe présidentiel, le Palais de la République, d’une superficie de 2,5 km2 sur la rive ouest du Tigre, était confuse.Les militaires américains ont assuré l’avoir «sécurisé» hier matin, et la chaîne de télévision Sky News a montré des soldats américains s’y promenant librement, voire s’y prélassant Au moins trois véhicules blindés américains Bradley étaient positionnés dans Taprès-midi sur une route longeant le Tigre, devant le palais.Mais les combats se sont intensifiés après quelques heures de répit, et dans Taprès-midi, d’intenses tirs d'artillerie semblaient en provenir.Outre leur incursion jusqu’à ce palais au cœur de Bagdad, les militaires américains ont assuré contrôler un autre palais en centre-ville et un troisième au sud-ouest de Bagdad, près de l’aéroport «Ne croyez pas ces envahisseurs.Il n’y a aucun de leurs soldats à Bagdad», a affirmé le ministre irakien de l’Information Mohammad Said Al-Sahhaf.«Ils [les Américains] ont fait avancer quelques transports de troupes et des chars.Nous les avons encerclés», a-t-il ajouté.Des tests préliminaires effectués sur des barils découverts dans une installation militaire près de Karbala, dans le centre de l’Irak, ont par ailleurs démontré hier qu’ils contenaient des agents chimiques, selon des responsables militaires américains.Le président George W.Bush est pour sa part arrivé à Belfast (Irlande du Nord) pour s'y entretenir notamment de Taprés-Saddam avec son plus proche allié dans la guerre, le premier ministre britannique Tony Blair.Les deux dirigeants devraient aussi se pencher sur le blocage des processus de paix au Proche-Orient et en Irlande du Nord au cours d’un sonunet de deux jours.Tandis que les copibats faisaient rage, la télévision d’Etat irakienne a montré le président Saddam Hussein présidant une réunion des hauts cadres de l’Etat, dont le vice-président Taha Yassine Ramadan, son fils cadet MÉLODIES SUITE DE LA PAGE 1 Et puis, il est ici, sur fond d'alcool, de tabac, avec une mélancolie slave au fond des yeux.Ceux qui se sont laissé ravir par ses derniers films, La Chasse aux papillons.Brigands, Adieu, plancher des vaches!, œuvres polyphoniques où les destins se croisent sans se comprendre, auront plaisir à remonter le fil de ses œuvres plus anciennes: Avril, Les Favoris de la lune, etc.Le cinéma d’Otar losseliani ressemble à une sorte de musique.Allez vous étonner qu’il ait été au départ un violoniste et un pianiste.Dans ses films, la musique est omniprésente, le chant polyphonique surtout.Et puis, les notes, les sons (toujours justes) y constituent un langage plus présent que les mots.Dans U était une fois un merle chanteur, dans Pastorale, deux de ses films géorgiens, des musiciens sont des personnages de premier plan.Au départ, quand losseliani travaillait sous le régime soviétique, ses héros n’étaient pas assez positifs aux yeux des autorités et ses films se retrouvaient interdits de diffusion.Interdits aussi à l’étranger, à l’époque (notamment Avril, un suave pas de deux amoureux mais antimatérialiste, donc suspect.Ne comptez pas sur lui pour poser Qoussaï, chef de la Garde républicaine, et de hauts officiers de Tannée.Dans le sud de l’Irak, les militaires britanniques ont annoncé que la bataille de Bassora était «plus ou moins terminée», et plusieurs centaines d’entre eux se sont déployés dans la ville, s’emparant de bâtiments stratégiques dont un immense palais de Saddam Hussein.Les Britanniques ont pénétré à pied hier dans le centre-ville et ont également pris le contrôle de l’université.Prudence du Pentagone Le Pentagone ne veut pas vendre trop vite la peau de Tours: si la bataille de Bagdad est bien engagée, assurer la victoire totale en Irak prendra du temps et ne dépendra pas de la seule capture ou mort de Saddam Hussein, a-t-on fait savoir.Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, et le chef d’état-major interarmées, Richard Myers, soulignant que la bataille n’était pas encore gagnée, ont brossé hier devant les médias un tableau militaire optimiste, notamment de Bagdad encerclée.Les choses ont bien et vite changé depuis vendredi dernier, a relevé le général Myers: «Nous avons le contrôle de l'aéroport international de Bagdad», déjà utilisé pour des missions aériennes, ainsi que les routes d’accès à la capitale, deux des palaces de Saddam ont été «visités» et les divisions de la Garde républicaine ne peuvent plus «mener que des combats sporadiques contre nos forces».Même son de cloche du ministre de la Défense: «Le régime est en train de s’effondrer» et Tun des dirigeants les plus controversés a certainement trouvé la mort M.Rumsfeld annonçait ainsi que Washington pensait avoir tué dans un bombardement Al Hassan Al-Majid, surnommé «Ali le chimique», cousin Hussein visé Des avions américains ont bombardé hier un bâtiment à Bagdad où se trouvaient sans doute Saddam Hussein et ses fils, a indiqué un responsable américain hier soir, en disant ne pas savoir si ces dirigeants ont été tués.«Nous avons eu des renseignements indiquant qu ’un certain nombre de dirigeants irakiens, des services de renseignements et peut-être Saddam et ses deux fils, étaient réunis dans un bâtiment à Bagdad», a-t-il déclaré à TAFP.Des avions militaires américains se trouvant dans le ciel irakien ont reçu aussitôt Tordre de bombarder ce lieu, qui n’était pas un bunker.«Nous ne savons pas qui a été tué, évidemment nous espérons qu ’une partie de la direction a été éliminée», a-t-U ajouté.Agence France-Presse à l’artiste solitaire pourfendant jadis le régime de l’ancienne URSS.«La société en entier avait développé un système pour tenir tête au régime, précise losseliani.Ceux qui s’occupaient de censurer aussi.Ils essayaient de trouver des échappatoires.Nous étions tous complices.Au bout du compte, je préférais à l’époque que mes films soient intacts mais interdits, plutôt que charcutés.J'ai quitté mon pays quand mes ruses ne passaient plus.» La chute du régime n'a pas signifié pour lui le retour dans sa patrie.«Autrefois.l’État finançait le cinéma, aujourd’hui il n’y a plus un sou vaillant en Géorgie.Alors je reste en France.» Si les films de losseliani ne sont pas bavards mais peuplés de signes, c'est en partie parce que le cinéaste dut camoufler sa satire du régime sous des métaphores.(Ainsi dans La Chute des feuilles en 1967, sous les démêlés d’un employé de la coopérative vinicole, il égratignait la bureaucratie.) «Dans les systèmes totalitaires, rien n 'est plus dangereux que la parole.Cela dit, cette sorte de cinéma où la priorité est donnée à l'image et au son est directement issue de la culture géorgienne.En France, dans les chansons populaires.le texte occupe beaucoup d’importance alors qu ’en Géorgie, un couplet peut s’étendre sur dix minutes de polyphonie.On n'est pas très bavards, chez nous.» Son langage de sons et d’images est un bruissement, non un tintamarre.re ses discussions sur l’Irak».Et la conseillère américaine pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, a fait une visite éclair à Moscou pour réduire la tension entre la Russie et les Etats-Unis, après un incident dans lequel cinq diplomates russes ont été blessés sur une route irakienne.Alors que l’ambassadeur russe accuse les troupes américaines d’avoir «délibérément» tiré sur le convoi, Mme Rice a affirmé au président Vladimir Poutine que les tirs n’étaient pas «intentionnels».hollywoodiens qui masque l’impuissance de la pensée», précise-t-il.losseliani évoque les êtres essentiellement sociaux (fa majorité des gens, en fait) qui se collent en grappe par peur de vivre dans la solitude.«Les flics, les militaires, même les mafiosi sont toujours regroupés», fait-il remarquer.Puis il y a les autres qui se bâtissent tant bien que mal un petit jardin intérieur, toujours dérangés à l’heure d’y faire pousser des fleurs.Tels sont les personnages des films de losseliani, en porte-à faux avec le monde, issus d’univers sur leur déclin dont ils sont les derniers représentants.Il se défend bien de prôner la nostalgie pour autant «Chaque génération pense que les temps nouveaux détruisent tout ce qui fut important pour elle.Mais à notre époque, la fissure est plus importante qu’auparavant.Les ponts avec le XIX' siècle se sont bel et bien écroulés.Ce qui ne signifie pas le passé ait été plus brillant avec l'Inquisition, les autodafés.Sauf qu’en ayant renoncé à l’expérience de leurs ainés, les êtres humains sont devenus sauvages, primitifs.En France, 65 % des jeunes savent à peine écrire.Alors dans mes films j'accorde beaucoup d’importance à la transmission des gestes et du savoir.» Aujourd'hui, de Tavis de plusieurs, les nouvelles technologies vont aider le cinéma indépendant à fleurir.«Une caméra, si légère soit-elle, ne peut compenser le manque de pensée, de bagage culturel», note avec son sourire un peu triste le grand Otar losseliani.IMAM SUITE DE LA PAGE 1 vous pouvez leur foire face pour défendre votre pays.» fl a ajouté, selon la transcription de l’entrevue, qu’il n’invitait pas les musulmans canadiens à aller se battre en Irak mais à manifester leur opposition ici, pacifiquement, fl a été impossible d’en savoir plus hier, l'imam n’ayant pas répondu à nos nombreux appels.Le ton plus ou moins cinglant des réactions correspondait largement aux positions sur la guerre.Des Canadiens d’origine irakienne interviewés hier par la Presse canadienne estimaient que Timam se trompait de cible.«Nous devrions prendre les armes contre Saddam [Hussein], £as contre les Américains», a affirmé Sammy Shaker, un Montréalais né en Irak.«Nous entendons ces absurdités depuis trois ou quatre mois.Ces gens sont restés muets pendant 35 ans, quand Saddam tuait des centaines de milliers d’irakiens, et maintenant nous entendons ces appels au djihad.» A son avis, l’invasion dirigée par les Etats-Unis était «la seule option» pour venir à bout du régime irakien.Une opinion partagé par Haithem Al-Hassani, membre du Comité de coordination ca-nado-irakien, à Toronto.Au Conseil des relations américano-islamiques, section Canada, on refusait de critiquer aussi directement Timam, mais on s’en distanciait.«Il a le droit d’offrir son opinion, et c’est ce qu’il a fait.Notre organisation a, quant à elle, offert sa position sur la guerre, à savoir qu’elle n’a aucune légitimité internationale, qu'elle fera plus de mal que de bien dans la région, mais les Canadiens musulmans ont toujours, même avant le début de la guerre, exprimé leur opposition par des moyens démocratiques», a indiqué le directeur général Riad Saloojee.Il a toutefois avoué être préoccupé par l’incompréhension qui entoure le djihad et la perception que les propos de Timam pourraient créer.A Ottawa, plusieurs politiciens favorables à la guerre ont dénoncé les paroles du religieux ou, à tout le moins, regretté son imprudence.Des propos •extrêmement regrettables», «décevants», «dérangeants», a réagi le chef allianciste Stephen Harper qui est allé jusqu’à dire que les musulmans canadiens appuyaient la coalition américano-britannique.Son député Rahim Jaffer, lui-même musulman, a noté que Timam Solai-man ne «ne parle pas pour l’ensemble de la communauté».«J’aurais préféré qu’il choisisse ses mots avec plus de soin», a-t-il dit.Le chef conservateur Joe Clark croit que Timam devrait retirer ces paroles «inappropriées de la part d’une personne qui occupe un poste influent comme le sien».Au bureau du premier ministre, on critiquait avec mesure les propos de Timam.«Nous trouvons ces propos troublants.Nous ne souhaitons pas que la guerre s’élargisse et nous voulons que le conflit se termine le plus rapidement possible», a indiqué une porte-parole, Frédérique Tsai.Le ministre de l’Immigration, Denis Coderre, a refusé de s’engager, comme le lui demandaient certains journalistes, à remettre en question la citoyenneté canadienne de Timam Solaiman.Il a dit vouloir examiner ses propos avant d’en dire plus.Jean-René Milot, du département de sciences religieuses de TUQAM, note que le djihad est censé être une guerre défensive qui respecte certaines conditions.Il faut entre autres que ce soit un territoire musulman qui soit attaqué et que cette attaque soit réelle, explique-t-il.M.Milot est toutefois surpris de la sortie de Timam, car le religieux n’est pas dans un des pays agressés et que son rejet du terrorisme reste une nuance que certains pourraient ignorer.«Je trouve cela étonnant, parce que, depuis le 11 septembre, les musulmans d’ici ont tout fait pour se dissocier de tout acte de violence.[.] Sur la question du djihad, les leaders religieux ont aussi fait de sérieuses mises au point», a-t-il noté.Selon lui, la sortie de Timam Solaiman déplaira à plusieurs leaders musulmans d'ici.Cette controverse survient alors que le gouvernement multiplie les gestes pour amadouer les Américains, au point que l’accusation d’antiaméricanisme est devenue l’arme de choix de certains libéraux pour faire taire leurs critiques et esquiver des questions difficiles.C’était au tour du ministre de la Défense, John MacCallum, hier d’y avoir recours pour éviter d’expliquer comment il conaliait l’opposition du Canada à la guerre et la présence de forces canadiennes dans le golfe Persique.L’opération charme doit se poursuivre aujourd'hui avec un débat sur une motion libérale qui réaffirme la position canadienne, insiste sur les liens profonds entre les deux pays et souhaite «que la coalition dirigée par les États-Unis accomplisse rapidement sa mission avec le moins de victimes possible».Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, donnera lui-même le coup d’envoi au débat.Ce sera son premier discours sur la question depuis qu'il a annoncé la décision du Canada de ne pas participer à la guerre.Fait à noter, il n’avait pas cru nécessaire ce jour-là de faire un discours pour expliquer sa politique, jugeant suffisant de le faire dans ses réponses aux questions de l’opposition.* LE DEVOIR.LE MARDI S AVRIL 2 0 0 A B
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