Le devoir, 5 mai 2007, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 2007 THÉÂTRE Les petits rituels d’Eve Ledig Page E 3 CINÉMA Une très confuse affaire Page E 8 Canal D de la télé spécialisée a*f% - p The Fig oon .imi, \ Historic usiquePlus IMmÊlmms SOURCE: NEWSCOM Si vous voulez gagner de l’argent, lancez-vous dans la télé spécialisée.Les chiffres le prouvent, au grand dam des chaînes conventionnelles.PAUL CAUCHON Près de 180 pages de tableaux statistiques, ce n’est pas particulièrement agréable à lire.Mais le rapport sur les résultats financiers de la télévision spécialisée et payante, publié mercredi par le CRTC, a une grande importance.Car il traduit dans la réalité froide des chiffres le succès de la télévision spécialisée, lequel succès s’oppose aux difficultés de la télé vision généraliste.Le CRTC avait publié le 28 mars dernier un rapport annuel sur la situation financière de la télévision conventionnelle.Le rapport indiquait que les profits de cette télévision ne cessaient de diminuer.Ainsi, pour l’ensemble des chaînes au Canada, les bénéfices étaient passés de 242,2 millions en 2005 à 91 millions en 2006.Selon un calcul de TQS, les bénéfices d’exploitation des chaînes conventionnelles privées au Québec ont diminué de 33 %, passant de 71,7 millions à 48,2 millions.TQS en avait profité pour rappeler la grande demande qui avait été faite par la télé privée au CRTC il y a quelques mois: pouvoir recevoir des montants directement des abonnés du câble et du satellite.Les télés conventionnelles sont de plus en plus agacées de voir leurs profits baisser alors que les chaînes spécialisées sont de plus en plus prospères.Le rapport sur la télévision spécialisée, publié cette semaine, risque d’alimenter encore plus ce débat, que le CRTC n’a pas encore tranché.En 2006, en effet, les services de télé spécialisée et à la carte ont connu leur plus forte croissance depuis cinq ans: leurs revenus totaux ont augmenté de 12,4 % dans l’année.Ce sont des revenus qui atteignent maintenant 2,5 milliards de dollars au pays (2,2 milliards en 2005), pour des bénéfices avant impôt de 572,7 millions.Remarquez que ces chaînes investissent également dans la production canadienne, puisque le total de leurs dépenses dans les émissions d’ici en 2006 a atteint 880,6 millions.Et elles ont versé près de 300 millions aux producteurs indépendants pour acquérir des émissions canadiennes.Au Canada, on compte 136 chaînes spécialisées, sans parler des quelques chaînes de télévision payante et des nouveaux services à la carte et de vidéo sur demande.Si les Québécois connaissent bien la vingtaine de chaînes francophones, comme Canal D, Vrak, RDI ou MusiquePlus, le Canada anglais a vu des dizaines de chaînes se développer, sur les sujets les plus variés et souvent les plus étonnants.Plusieurs chaînes de cuisine, de mode et de sport cohabitent.On peut ainsi trouver la chaîne Gaming, consacrée aux jeux, The Fight Network, sur la boxe et la lutte, The Fishing Network, pour les fous de la pêche, Book.tv, pour les amateurs de littérature, une flopée de chaînes ethniques.et quelques chaînes axées sur le sexe, bien sûr! VOIR PAGE E 4: TÉLÉ Au Québec, la plupart des chaînes spécialisées sont vraiment très rentables THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Petits bonheurs, prise 3 ! Le rendez-vous culturel des tout-petits lance sa troisième édition.presque à guichets fermés ! MICHEL B É LAI R Pierre Larivière a toutes les raisons du monde d’être fier.Petits bonheurs, «le rendez-vous culturel des tout-petits» qu’il a mis sur pied en 2005, est un succès total.La qualité des spectacles est au rendez-vous, tout le monde le constate.Le public est au rendez-vous.Et la troisième édition du festival qui s’amorce ce week-end dans le quartier Hochelaga-Mai-sonneuve est elle aussi, avant même de démarrer, condamnée au succès puisque la presque totalité des billets est déjà vendue.Comment expliquer un tel engouement?Pierre Larivière, que j’ai rencontré dans son ancienne caserne de pompiers de la rue Ontario, a bien sûr sa petite idée là-dessus.Gérer le succès A quelques jours de l’ouverture officielle, il est évidemment en train de régler les derniers détails techniques avec son équipe, le Pierre Larivière, au moment où je me pointe dans les locaux tout neufs de la Maison de la culture Maisonneuve.Même si tout le monde sourit autour de la grande table de planification, on sent une certaine tension dans l’air.On les comprend un peu.Accueillir près d'une vingtaine de compagnies différentes — dont quatre de l’étranger —, une douzaine de stagiaires qui se penchent, comme à Reims encore, sur la création pour la petite enfance avec leur marraine et leurs deux parrains tout en coordonnant la tenue de douzaines d’ateliers, de rencontres et de conférences dans plus d’une vingtaine de lieux et tout ça en l’espace d’une dizaine de jours.cela ne se fait pas en criant ciseau! Mais l’architecte de Petits bonheurs est confiant Calme, décontracté malgré la pression qui augmente chaque jour, Pierre Larivière est exactement là où il veut être: au milieu de l’action, au milieu du succès à gérer.C’est d’ailleurs la première chose qu’il évoquera: l’importance de garder les mêmes objectifs de base, la «philosophie Petits bonheurs».De viser à l’accessibilité à la culture, toujours, plutôt que de vouloir s’imposer comme incontournable et de grossir trop vite.Encore cette année, les billets se vendent 5 $ pour les spectacles et 3 $ pour les ateliers.«C’est évident, le festival va bien: je ne pensais jamais que ça irait aussi vite, souligne-t-il en souriant, mais nous sommes ancrés bien solidement dans le milieu.Nous n’en sommes qu’à notre troisième édition et Petits bonheurs arrive à peine à répondre à toutes les demandes [honnêtement, il n’y arrive pas].Même que nous sommes en pleine expansion puisque nous présenterons des spectacles dans de nouveaux lieux cette année: les maisons de la culture Marie-Uguay et Montréal-Nord, le Musée McCord et la salle Pauline-Julien.Mais nous espérons nous étendre bientôt dans d’autres arrondissements où l’on trouve des publics et des VOIR PAGE E 2: BONHEURS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pierre Larivière Ü3 ' CULTURE Au royaume du virtuel Odile Tremblay Le décor industriel de l’Usine C, dans l’Est de Montréal, à plusieurs lacis de ruelles du quartier des spectacles, m’apparaît plus collé à la modernité artistique que bien des grands temples culturels du Centre-ville.Des spectacles multi médias, des performances souvent hybrides y passent en coup de vent, lancent des flammèches, nous brûlent ou bien s’écrasent comme des pétards mouillés.L’expérimentation, l’avant-garde de la création, pour le meilleur ou pour le pire, y prennent leur pied.Ce n’est pas Le Cirque du Soleil, côté perfection technique.Mais j'aime fréquenter la marge, avec ses tâtonnements, ses illuminations.Cette semaine était présenté Alternate Visions.“Un opéra augmenté pour 7 chanteurs et 6 musiciens, images de synthèse, avatars et numérisation», précisait le communiqué, plongeant le lecteur en plein désarroi existentiel.—Mais enfin, de quoi ça parle, au juste?Jugez-en par vous-même.1^ spectacle, retransmis ce soir sur internet, est produit par Chants libres.À sa directrice artistique, la soprano Pauline Vaillancourt.Audacieuse créatrice.L’autre soir, une demi-heure avant le show, quelqu’un m’a fait entrer dans la salle.Ces ajustements scéniques de dernière minute, captés par effraction, sont des moments privilégiés.Personne sur les planches n’a encore figé sa posture.Les instruments s’accordent en grinçant.Dans un coin, un technicien s’écrie: «La boucane, faut pas que j’oublie défaire marcher la boucane», puis il court à sa tâche.Un gars en patin à roulettes trace des huit autour des sièges vides, et vous frôle au passage.Une des girls déguisée en bimbo des temps futurs avec bigoudis et corsage clignotant (affreux, le costume!) se frappe la tête: «Mon Dieu, ma gomme!» Ote la gomme, ma belle.Ça va bientôt commencer.Alternate Visions a créé un bar high-tech, où les spectateurs sont figurants, avec cyberespace en fond d’écran: des dialogues en anglais et en français, un livret signé Genni Gunn, la musique de John Oliver.Deux amoureux internautes (la soprano Jacinthe Phibault et le ténor Rinde Eckert) se frôlent dans le bar, au pied d’un plateau de télé-réalité, après avoir goûté aux joies rassurantes du cybersexe.Mais ils n’osent s’aimer pour vrai.D’où la tragédie post-moderne en cours.Rien de si nouveau sous le soleil.On retrouvait déjà plusieurs ingrédients û’Alternate Visions dans divers spectacles analogues.Depuis longtemps, l’opéra et tous les arts de la scène se réinventent, avec des écrans multiples à l’arrière.Robert Lepa- ge, Laurie Anderson et consorts avaient déjà marché sur la lune.Que refûe-t-il à inventer en matière de créations futuristes?A force de broder nos finages de l’avenir sur le canevas du présent, les motifs finissent par se limiter.Le manque d’imagination aidant En a-t-on besoin tant que ça d'imagination, à propos, nos deux pieds ancrés en plein futur?En tous cas, les artistes qui cassent les cloisons entre le cyberespace et la réalité du macadam ont le mérite d’inventer des langages.Marier ces univers provoquent les dérapages.La terre tremble, là où ces créateurs posent leurs pas.Rien n’est encore fixé, majgré les irruptions précédentes.Etrange Alternate Visions, avec des ratés forcément, mais plus dense que bien d'autres spectacles multi-médias.Pas assez d'arias, beaucoup de cacophonie, un élastique bien étiré entre le ciberespace et l’espace tout court, une utilisation souvent intelligente de l’écran.Mais une scène trop encombrée, où les univers s’entrechoquent comme des plaques tectoniques, à grand fracas.On navigue avec les héros à travers ces espaces virtuels.Les lettres et les mots issus des claviers des amoureux dansent habilement devant nos yeux.Au milieu de la scène— mais est-ce une scène, au fait, avec ces spectateurs mêlés aux interprètes?— une fille appelée Virginie cherche à s’extirper de l’inter-monde.Le désire-t-elle vraiment, à propos?«Cher internet, peux-tu me dire qui je suis?J’ai cherché dans ce bal, ce bal masqué, dans cet embouteillage virtuel.(.) J’ai laissé un message, il a répondu.Une correspondance idéale — des lettres d’amour dans l’air, Alex et Minuet, parfaits, parfaits, sur internet.» Alternate Visions, avec son couple, effrayé par le réel, a beau vouloir témoigner du futur, il s’incarne aujourd’hui.D’où ce trouble, que le thème souvent exploité renouveDe toujours.Si un voyageur du temps passé découvrait la place énorme qu’occupent les nouvelles technologies dans nos vies contemporaines, il croirait avoir affaire à de drôles d’insectes, en mutation profonde.Pourtant la technique ne fait pas évoluer les hommes.Elle les piège pourtant parfois.«Nous sommes devenus des voyeurs, des créatures stationnaires tapant nos émotions sur des claviers d’ordinateurs, voyant la vie à travers les yeux froids des caméras digitales», constate avec raison la librettiste d’Altemate Visions.On pense soudain aux Otakus, vous savez, ces adolescents japonais avalés par les nouvelles technologies, prisonniers de leur bulle informatique, qui se coupent du monde réel.Se laisser kidnapper par le virtuel est la grande tentation de notre époque.Puissante source d’inspiration pour tant d’artistes.À l’Usine C aussi, dans cet univers chaotique pas tout à fait au point mais combien intense, on laisse l’espace virtuel nous aspirer un bon moment, avec l’envie de s’y lover, sans chercher le chemin du retour.Dehors, il fait froid de toute façon.Puis on reprend pied sur le macadam.Faut ce qu’il faujt.Le cyberespace nous a recraché pour cette fois.À la revoyure, peut-être.otremblaytaledevoir.com EPREUVES IjWNÎBUS Compagnie Mâle)Femelle u- corps ¦'*’ théâtre Texte et mise en scèn'e de Christian LeBlanc Au THÉÂTRE DE QUAT’SOUS du 16 avril au 19 mai 2007 Texte PASCAL BRULLEMANS à partir d’improvisations dirigées par Eric lean, avec les comédiens et concepteurs Mise en scène ERIC JEAN Avec HÉCTOR CASTANEDA ARCEO, AGATHE LANCTÔT, JOHANNE LEBRUN, BENOÎT MCGINNIS, NELLY MAGANA, DOMINIQUE QUESNEL, CHRISTIAN RANGEL Concepteurs : Magalie Amyot.Simon Bélanger, Alexandre Brunet, Manon Cousin, Jan Komarek, Anne-Catherine Lebeau, Vincent Letellier, Pierre-Etienne Locas, Guillaume Simoneau Une production du Théâtre de Quat'Sous Chasseurs Jk < 4- « .UN PUR MOMENT DE GRÂCE AVEC DES ACTEURS BRILLANTS.» -Claudia Larochelle, tourna/de Montréal «CHASSEURS.PORTE INDÉNIABLEMENT LA SIGNATURE DE JEAN, TOUJOURS HABILE À CRÉER DES ATMOSPHERES TROUBLES, PROCHES DU CINÉMA.» - Josée Bilodeau, ICI « UNE EXPÉRIENCE SENSORIELLE ENVOÛTANTE.» - Sylvie Saint-Jacques, La Presse du 8 au 19 mai 2007,20 heures rpH Billetterie: 514.521.4191 Tarif régulier : 20 S.étudiant : 15 $ ®9space ne Prévente : 2 billets pour 30 $, informez-vous ! LIBRE ïsr 1945rue Fullum, Montréal © Frontenac//www.mimeomnibus.qc.ca Québec SS % Montréal© LE DKVOIII Billetterie 514-845-7277 www.quatsous.com BONHEURS SUITE DE LA PAGE E 1 problématiques qui ressemblent à ce que nous vivons ici dans Hochelaga-Maisonneuve: je pense aux quartiers Saint-Michel et Côte-des-Neiges, par exemple.Et puis, nous avons des projets du côté de Québec avec les gens des Gros Becs, avec lesquels nous souhaitons être partenaires, dès l’an prochain, dans un événement consacré à la petite enfance.» On remarquera ici qu’au lieu de songer à augmenter le prix des billets ou de programmer les spectacles du festival dans des grandes salles plus payantes — ce qui souvent ne convient pas à la facture même des productions conçues pour les enfants de moins de six ans —, Larivière a plutôt pensé à les exporter vers d’autres quartiers où la culture est rarement l’une des options majeures présentées aux familles.Voilà une façon admirable de gérer le succès que l’on ne rencontre pas tous les jours.Pourtant, ce n’est pas que Pierre Larivière ne cherche pas de nouveaux partenaires.Au contraire: il soutient survivre grâce à ses partenaires de la première heure qui sont toujours là.«En fait, poursuit-il, la clé du succès est là.Dans le fait que le festival s’adresse directement à un public de quartier qui ne demande qu’à avoir accès à la culture avec ses enfants.Mais si nous travaillons pour et avec notre public, notre succès repose aussi sur les compagnies qui choisissent de travailler avec nous.Il repose sur les gens du milieu.Cette année, plus précisément, sur les Suzanne Lebeau, Jean-Rock Gaudreault et Jasmine Dubé, les gens du Théâtre de l’Aubergine et tous les autres qui amènent leur travail aux enfants du quartier.Sans oublier nos partenaires de l’arrondissement aussi, qui nous prêtent leurs salles et sans lesquels Petits bonheurs ne serait THEATRES D' AILLE URS DU 31 MAI AU 10 JUIN QUÉBEC 0 7 UNE PRODUCTION DU ^ ' CARREFOUR INTERNATIONAL DE THÉÂTRE www.carrefourtheatre.qc.ca HE MNEMOPARK (SUISSE / ALLEMAGNE) 31 MAI-lE"-2 JUIN PtWO.© SrtwWn Hoppe PI»to ________ HEY GIRL! socîetas raffaellosanzio POÉSIE, SANDWICHS ET BIGGER THAN JESUS (ITALIE) 8-9 juin AUTRES SOIRS QUI PENCHENT (Toronto) 9-10 juin (MONTRÉAL) 2-3 JUIN ÉVÈNEMENT SPÉCIAL AUTOMNE Q7 «LE JOURNAL» DE JULES RENARD (FRANCE) 18-19 SEPTEMBRE > Disponible en abonnement, dès maintenant Avec JEAN-LOUIS TRINTIGNANT Présenté en collaboration avec le Festival international de la littérature (FIL).Photo OAqente Enguerand Remises de 20 $ à 35 $ Réduction de 20 % Passe Orange à I achat d abonnements pour les 30 ans et moins et les 65 ans et plus pour les 30 ans et moins ,x,|__« “ AwtapwtWprtotlde J _ «*» WUÇUvCnn Rwmu d« t« Capta» Natimalt ¦ uananun Pumncâ» {9} «nMaimn I cl : I VP Mmstéir di1 laCulturr ït de» CnmmunKaiKim QUI Kl C ¦ ¦ *“*¦*-•" ICSOieU BILLETS (1.800)529.1996 369 de la Couronne, 4' étage ou sut Je réseau Bltietech/Admisstoo pas possible.Nous travaillons tous ensemble au succès du festival: c’est pour ça que cela fonctionne!» Un lieu important C’est que, en plus d’être un succès populaire, Petits bonheurs est devenu rapidement un lieu important pour les créateurs comme pour les compagnies.Ce n’est pas un festival de créations, même s’il investit déjà en ce sens, comme cette année avec le Bouffou Théâtre, mais c’est un lieu où les compagnies aiment travailler.On verra ici des spectacles presque neufs, qui commencent à peine à tourner au Québec, comme ce Souliers de sable du Carrousel (mercredi) et le Staccato de l’Aubergine présenté hier, ou cette Histoire dont le héros est un chameau et le sujet est la vie des Amis de chiffon (demain dimanche), La Couturière (en anglais, au McCord jusqu’au 18 mai) et même Le Nombril du Théâtre Motus (le 11 mai, à la MC Maisonneuve).Sans parler des spectacles en danse et en musique s’adressant aux tout-petits.Mais cette troisième édition de Petits bonheurs nous permettra aussi de voir, grâce au partenariat tissé avec Méli’môme, quelques grandes pointures des vieux pays.D’abord le Bouffou Théâtre, qui s’amène avec l’admirablé La Mer en pointillés, de Serge Boulier, que j’ai vu à Reims il y a quelques semaines et dont je vous ai longuement dit tout le bien que j’en pensais (du 4 au 7 mai, à Maisonneuve puis à Montréal-Nord).Et le non moms remarquable Petits plis d’Eve Ledig, une révélation à Méli’môme, il y a deux ans, pour lequel il ne reste que quelques billets cet après-midi.Du côté de la toute petite enfance, Gertrud Exner s’amène du Danemark pour présenter Un tour de chemin (pour les 18 mois-4 ans, cet après-midi et demain à la salle Pauline-Julien), un spectacle délicieux et tout en couleurs que j’ai vu à Questembert l’automne dernier.Alors que la compagnie Ramodal nous revient avec Toot Ouïe, du 10 au 13 mai, un spectacle conçu pour les enfants de 18 mois jusqu’à six ans.Dans la plupart des cas, on vous recommande chaudement de vérifier s’il reste encore des places disponibles.Pierre Larivière est évidemment très fier de l’édition 2007 de Petits bonheurs et continue de souligner l’importance de toucher de nouveaux publics et de développer de nouveaux réseaux.Mais quand il se laisse un peu aller, il raconte que c’est son équipe qui tient le festival à bout de bras en y investissant une colossale somme d’énergie.Et il parle aussi de la nécessité de trouver bientôt de nouvelles formes de financement puisque la moitié du budget de 300 000 $ du festival repose sur des accords de partenariat et sur des bouts de subventions grappillés de tous côtés.«Il faudra bien un jour assurer la viabilité du festival, c’est évident, conclut-il.Mais il est tout aussi important que les gens du milieu ici continuent de se mobiliser autour de l’événement et que la philosophie Petits bonheurs se répande un peu partout.» C’est bien ce que l’on souhaite aussi, m’sieur Larivière! Le Devoir PETITS BONHEURS Le rendez-vous culturel des tout-petits, jusqu’au 13 mai, dans différents lieux et salles du quartier Hochelaga-Maisonneuve et un jjeu partout.Billetterie et réservations: 514872-7727.! I LE DEVOIR, LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 2 0 0 7 THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Les petits rituels d’Eve Ledig L’air de rien, la directrice du Fil rouge théâtre de Strasbourg aura promené deux spectacles lors de son premier séjour ici MICHEL BÉLAIR C* est après un passage d’une bonne dizaine d’années au TJP de Strasbourg qu’Eve Levid a finalement fondé sa propre compagnie, le Fil rouge théâtre, quelque part en 2003.A ce moment, il y avait déjà plus d’une vingtaine d’années qu’elle baignait dans la mouvance jeunes publics française et néoeuropéenne.Se définissant elle-même comme «une tisseuse de liens», voilà qu’elle s’amène au Québec pour la première fois avec deux spectacles, Histoires d’ours et Les Petits Plis, qu’elle aura promenés de l'Arrière Scène aux Gros Becs en passant par Formidable! et Petits bonheurs.J’ai eu la chance de voir Les Petits Plis à Reims il y a quelques années et d’assister à une représentation à’Histoires d’ours un peu plus tôt cette semaine.Rajoutez à cela le fait que la plus récente création d’Ève Ledig, Des joues fraîches comme des coquelicots, a séduit tout le monde lors de la dernière édition de Mé-li’môme et quelle est d’ailleurs en lice pour le Molière de la meilleure production jeunes publics, qui sera connu dans quelques semâmes.Ne manquait plus qu’un peu de ciel bleu et une grande beurrée de soleil pour passer un peu de temps avec elle sur un coin de terrasse, quelque part entre la Maison Théâtre et la caserne de la Maison de la culture Maisonneuve.Un moment important Elle me parle d'abord A’Histoires d’ours, une production qui fait partie d’une série de trois spectacles (Petites formes contées) et qui était encore à la Maison Théâtre il y a à peine quelques jours.«Histoires d’ours s'adresse aux plus jeunes, aux enfants de trois ans et plus.C’est un spectacle qui fait référence aux rituels du coucher.A cette zone d’ombre, exactement, qui sépare l’état d'éveil du sommeil; c’est un moment important pour les petits, qui vivent là chaque soir une sorte de voyage intérieur.» Tous ceux qui ont eu un jour de jeunes enfants savent en effet qu’il y a là tout un monde de craintes à dompter, toute une foule d’apprivoisements, d’abandons et de relâchements à faire.«C’est un moment riche qui m’intéresse beaucoup, poursuit Eve Ledig, et j’ai construit ces histoires au tour du livre et du conte.Ces Histoires d’ours, c’est un peu les histoires que je lisais à mes propres enfants avant qu'ils ne s’endorment.» Les deux autres volets de la série se situent au même moment précis du coucher, mais, cette fois, ils sont conçus pour des enfants un peu plus vieux dans le premier cas (Ogres et géants) et pour des familles (Nuits blanches) dans le dernier.«C’est exactement le même thème, reprend Eve Ledig.Dans Ogres et géants, on se permet de frissonner dans la nuit avant de s’en- dormir, et dans Nuits blanches, on peut presque dire que c’est la nuit elle-même qui frissonne puisque cela s’adresse aussi à des oreilles qui ont entendu beaucoup de choses.Dans ce dernier cas, je l’avoue, quand je joue à la fois devant des gens âgés et des tout-petits, c’est pour moi un moment exceptionnel, une grande joie.» Ce moment important, cette zone d’ombre où tout souvent se fait flou et semble, pouvoir s’indéfi-nir si facilement, Eve Ledig y aura consacré quatre des cinq productions de sa compagnie depuis sa création.Les trois Petites formes contées, bien sûr, mais aussi Les Petits Plis, ce spectacle bouleversant qui raconte les histoires mouillées de larmes qui se cachent parfois dans les mouchoirs d’enfants et avec lequel Petits bonheurs inaugurait, vendredi matin, son volet spectacles.Les Petits Plis — on vous en a parlé déjà de Reims et le calendrier serré du festival Petits bonheurs nous empêchera malheureusement de le refaire — est un spectacle à la fois terrorisant et euphorisant Eve Ledig y joue une sorte de sorcière blanche-fée marraine qui étend (pour les faire sécher) et lit les mouchoirs mouillés qu’elle ramasse (avec les dents tombées peut-être) sous les oreillers des enfants qui viennent de s’endormir.Jouer partout En forçant à peine la mesure, on pourrait très facilement relier à ce même thème de fond le tout récent Des joues fraîches comme des coquelicots puisque le spectacle raconte de façon saisissante l’histoire du petit chaperon rouge que l’on a tous entendu raconter au moins une fois avant (d’essayer) de s’endormir.Disons qu’Eve Ledig a de la suite dans les idées.Mais là-dessus, à mon grand étonnement elle m’avoue avoir eu le trac comme à ses tout débuts lorsqu’elle a mis les pieds ici.«Pourtant, j’ai été accueillie de façon merveilleuse par Serge [Marois, de l’Arrière Scène] à Belœil, où j'ai d’abord joué Les Petits Hissais par toute l’équipe de la Maison Théâtre, où fai présenté Histoires d’ours.que je remonterai aux Gros Becs à Québec après les représentations des Petits Plis, ce week-end, à Petits bonheurs, f avais aussi une bonne idée de ce qui se fait ici à la suite du passage de plusieurs compagnies québécoises au TJP et j’ai rencontré Pierre Larivière et l’équipe de Petits bonheurs à Méli’mô-me: je n’arrivais certainement pas en territoire inconnu.Mais, en même temps, je ne pouvais pas m’empêcher de me demander comment les petits enfants d’ici allaient réagir à mes histoires, s’ils avaient les mêmes références, s’ils connaissaient Boucle d’or, par exemple.J’avais aussi des craintes en me demandant si les parents d’ici observaient le même rituel de la lecture avant le coucher des enfants.Mais j’ai vite compris que la culture française et la culture québé- JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Ces Histoires d’ours, c’est un peu les histoires que je lisais à mes propres enfants avant qu’ils ne s’endorment», explique Ève Ledig, à la fois metteure en scène et interprète.coise ont beaucoup de points communs malgré leurs différences.» Histoires d’ours comme Les Petits Plis sont des «petites formes», comme on dit dans le milieu, c'est-à-dire des spectacles qui se transportent presque dans une valise.«Ce sont des trucs qui peuvent se jouer partout ou presque, dit encore Eve Ledig.Je les ai conçus comme cela, avec presque rien, sans véritables exigences techniques, pour qu’ils puis- sent se transporter facilement et même être présentés dans des lieux non théâtraux.Les Petits Plis demande un espace un peu plus grand entre la scène et les gradins, mais c’est tout.» Pour jouer le plus possible, il n’y a rien comme de pouvoir jouer partout Tout cela pour vojus signaler que, si vous avez raté Eve Ledig au cours de son séjour dans la région de Montréal, il ne serait pas bète du tout d’envisager la possibilité d’un petit voyage du côté de la capitale.Vos enfants vous béniront Le Devoir LES PETITS PLIS Conception, mise en scène et interprétation: Ève Ledig.À la Maison de la culture Maisonneuve, le samedi 5 mai à 13hl5.HISTOIRES D’OURS Conception, mise en scène et interprétation: Ève Ledig.Une production réservée aux enfants de trois à six ans présentée au Musée de la civilisation du 10 au 13 mai dans le cadre de l’événement Confettis et fantaisies organisé par Les Gros Becs.De ce premier texte H ^ te*», | Dr retour après une tournée triomphale" ^œ-eï-orrîpr «a Le Journal de Montreal Comme un 9'^'““ encoü!raU8e8èPèePPortl!r îes'tTvert'de^vie avec phtoeoptee.La Presse orra 1er au 16 mai 2007 qui fait du bien.U Devoir ^ A ^ s—fM/naat m flasque Pu jJJid'ti fflate-Québet U ce P^fqg^qsouit' où t.^ Martine Beaulne ICI tSuo O j ^ COMPLET 8.10, IL 12 m® Comédie dramatique de Tom Ziegler GRAND PARTENAIRE DE LA TOURNEE Ira auction de Michel Tremhlav , aOV de la to chord lacroix ^'Da 0 Danielle Grégoire c\ Viola Léger /V.J t h e e I ! e \ PÉRISCOPE Auditorium du Jardin botanique de Montréal 4101.rue Sherbrooke Est Concert tfe* m ttet Mtm r rue crcm a,¦ f t 1 i> qu t b t i.rmm (418) 529-2183 Billeted) Québec »» TlZX*"' SrS’&T" Gatineau Réseau Admission: 514 790-1245 ou 1 800 361-4595 www.adrnission.com Les Productions Adrien Clavet V Y 1994 K 4 LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 6 MAI 2 0 0 7 CULTURE TELE Le CRTC doit décider si, dans Tavenir, des chaînes comme TV5, RDI ou MétéoMédia seront reconnues au service de base numérique, comme elles Vont demandé V jâlïiSÉiftjt / #¦ -o.E ALVIN EFMV _ TOLENTINO (Vancouver) Field: Land is the belly of man Le vendredi 11 mai à 20h Le samedi 12 mai à 19h30 Le dimanche 13 mai à 15h Dans le cadre du Festival Accès-Asie VI r> oc Ul < O z: gg 'J «O / \ i ÎK-s 'i i ti orchatfC borvquc Jt CLAIRE CUIMOND f"7 DIRECTRICE ARTISTIQUE 2^1 saison 2006-2007 MICHEL VERKEAULT / AGENCE MÉTROPOLITAINE PL T RANSPORT Les «fluides» d’Hélène Rochette flottent au-dessus de nos têtes au terminus Montmorency.même genre d’audace et de vision que leurs prédécesseurs.Malheureusement et malgré un écart de plusieurs décennies, la ligne de Laval ne se démarque pas vraiment des autres.Si les nou-veDes stations ont été conçues avec beaucoup d’élégance (la station Concorde notamment, avec ses formes simples, définies, sa terrasse et son puits de lumière) et que les nouvelles œuvres d’art s’intégrent avec harmonie dans leur milieu, on ne peut s'empêcher d’être un peu déçu par le résultat Ce n’est pas vraiment la faute des architectes.Ceux-ci ont dû faire face à de nombreuses contraintes et travailler dans des Trésors cachés ., wv ^ - A?^ DE TELEMANN Chef invité : JAAP TER LINDEN, violoncelle baroque inédites en première nord-américaine Les 4 et 5 mai 2007 à 20h et le 6 mai 2007 à 14h, Salle Redpath, université McGill BILLETS DISPONIBLES À PARTIR DE 15 S RENSEIGNEMENTS ET BILLETTERIE : (514) 355-1825 ou arion@early-music.com 1 Hydro L Québec conditions pénibles (les «entrailles de la terre», affirmait l’un d’eux lors de la conférence de presse) pour faire ressortir des structures qui seraient à la fois agréables, accessibles et pratiques.Ce n’est pas non plus la faute des artistes.Yves Gendreau, Axel Morgenthaler, Ja-cek Jarnuszkiewicz et Hélène Rochette (les quatre artistes sélectionnés) sont des habitués de ce genre de commissions et leurs œuvres ornent divers lieux publics partout au pays.D’ailleurs, certaines de ces pièces, dans un autre contexte que le métro, attireraient sûrement beaucoup plus l’attention.Les «fluides» d’Hélène Rochette, par exemple, d’impressionnantes sculptures en aluminium qui flottent au-dessus de nos têtes au terminus Montmorency, se fondent trop dans le décor.Sur l’escalier roulant, même en levant attentivement les yeux, on ne perçoit pas toute la subtilité de leurs mouve- ments, la beauté de leurs courbes.Dans un espace moins chargé, ces sculptures auraient pu avoir tout l’impact qu’elles méritent.Même problème pour Jacek Jarnuszkiewicz et sa sculpture à la station Car- tier, intitulée L’homme est un roseau pensant.Sur le quai de la station, la sculpture perd un peu de son sens et ne dégage pas la force nécessaire pour véritablement faire ce lien, ce «pont» symbolique, comme elle le propose, entre le territoire de Laval et Hie de Montréal.Bien sûr, c’est tout un défi que de créer une œuvre dans un lieu aussi achalandé que le métro.Le stress de l’heure de pointe, la routine du quotidien ne sont pas des conditions qui encouragent la contemplation artistique.Mais même quand les œuvres jouent de manière plus directe avec le contexte particulier des transports en commun, comme la sculpture lumineuse d’Axel Morgenthaler présentée au nouveau quai de la station Henri-Bourassa, on reste sur notre faim.Cette œuvre, probablement la plus innova trice des quatre (il est difficile de se prononcer sur la sculpture dYves Gendron à la station Concorde car celle-ci, ayant été commandée plus tard, n’est pas encore prête), est composées de 98 petites lumières qui clignotent de manière différente et évoluent à chaque moment du jour.C’est, selon l’artiste, une «réflexion sur le mouvement et l’immobilisme».Le voyageur pressé saisira un certain aspect de l’œuvre tandis qu’un autre, plus calme, verra autre chose.L’idée plait mais, encore une fois, le résultat n’est pas à la hauteur de la description théorique.On a l’impression ici, comme dans tous les autres exemples, que la poussée créatrice a été freinée, contenue.Qu’on a préféré miser sur la prudence.Les stations sont belles, mais il manque un petit quelque chose, un grain de folie qui aurait pu donner du charme, de la personnalité.Et c’est bien dommage.Collaborateur du Devoir % s % • ï % i % $ $ $ ****** ****** * * î î î I S î ! ï I ! 111îII « i?» * «% * * * La sculpture lumineuse d’Axel la station Henri-Bourassa.MICHEL VERKEAULT / AGENCE MÉTROPOLITAINE DE TRANSPORT Morgenthaler au nouveau quai de Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin powïh «.UKfimAïioA nt t.uv/un Banque Stanford Internationale STANFORD INTERNATIONAL BANK.LTD- 2V znnirersaipf mercredi 9 mai 2007 20 h 309 rue Rachel Est Mont-Royal Billetterie: [514] 524-0173 www.ecm.qc.ca Œuvres de : Espaces sonores illimités Giovanni Gabrieli Nicolas Gilbert Pierre Klanac Ana Sokolovic Solistes : Matt Haimovitz, violoncelle Michèle Motard, mezzo-soprano Sara Laimon, piano André Ristic, piano A 11 Québec «h Direction artistique et musicale : Véronique Lacroix ECM 24 musiciens Conseil de* Arts Canada Council du Canada forth* Arts Ce concert est enregistré par ESPACE Ui DEVOIR SOC An! MUSIQUE 100, ¦vue .7~ j lesNOUVEAUX CLASSIQUES ! LORRAINE VAILLANCOURT, CHEF INVITEE STRAVINSKI: SYMPHONIE EN DO BARTOK: DIVERTIMENTO PROKOFIEV: SYMPHONIE N° 1, «CLASSIQUE» LE LUNDI 7 MAI 2007,19 H 30 CONFÉRENCE PRÉCONCERT GRATUITE À 18 H 30 ©Théâtre Matomiwuve Place des Arts 514 8 4 2.2112 1 866 8 4 2.21 12 iwww.pda.qc.ca Réseau Admission au 790.1246 LAISSEZ PARLER VOTRE CÔTÉ CLASSIQUE ! 514.598.0870 POSTE 21, ORCHESTREMETROPOLlTAlN.COM f *4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 MAI 2007 E 7 Peindre ?Oui, mais quelle peinture ?Et l’espace?Les influences?La pratique de l’atelier?Sensible avec Pierre Blanchette, ludique et analytique avec Michel Dai-gneault, pure et dure chez Marcel Saint-Pierre, la peinture n’a pas dit son dernier mot À l’occasion de leur exposition solo qui se tient en ce moment en galerie, ces trois artistes répondent aux questions de notre collaborateur René Viau.Pierre Blanchette: une approche sensible RENÉ VIAU Marquées par le cercle et la couleur, emportées dans un maelstrom de sensations et de climats, les œuvres récentes de Pierre Blanchette décrivent à la fois un microcosme et un macrocosme.A l’avant-scène de la nature et de ses climats changeants, elles traduisent aussi bien le théâtre de la peinture: l'opéra «ébleuissant» de cette gamme de cobalt, d’azur, de lapis, par exemple.Blanchette aime les fusions, les incandescences, les débordements.Il privilégie une approche avant tout sensible.Lyrique, à l’écoute de la main, de ce qui le surprend, de ce qui s'impose entre un répertoire d’effets qu’il se réapproprie et l’observation d’une nature qui a forcément raison (mais sans la naïveté naturaliste), il expérimente et explore les constituantes matérielles de la peinture.Se situant résolument sur le territoire de la picturalité, ce que le peintre traque pourtant serait la «vérité en peinture», ou à tout le moins une «vraie peinture».Votre travail s’organise-t-il autour de certains paramètres?La couleur.Je cherche à insuffler de la vie à de la matière, même la plus humble, avec l’aide principalement de la couleur.Je me vois comme un «abstrac-teur de quintessences».Je vous lis ici la définition que donne le dictionnaire de l’abstracteur de quintessences: «Alchimiste qui extrayait la partie la plus subtile d’un corps.— Fig.Personne qui subtilise à l’excès.Les philosophes eux-mêmes, les abstracteurs de quintessence.» Rien de moins! L’espace?Durant sûrement 10 à 15 ans de ma carrière je me suis préoccupé de ce que l’on appelait les acquis de la modernité, le respect du plan, etc.Vers 1993, j’ai eu un choc en (redécouvrant la peinture d’inspiration caravagesque, pourtant absolument détestée auparavant de Ribera, au Metropolitan Museum.L’influence sur ma peinture se manifesta par l’appropriation d’une perspective atmosphérique.Le tableau pouvait aussi être une fenêtre, une projection.Tout étant dans la mesure, mais les meilleurs tableaux de tout temps ont toujours été ceux où l’illusion d’espace dialogue avec la frontalité du plan.La peinture peut-elle être verbalisée?On peut discourir sur le processus, analyser, broder, mais le point névralgique de l’expérience ne peut être rationalisé.Cela ressemble davantage à la déstabilisation qu’apporte l’amour.L’essentiel se joue dans le domaine du sensible et des affects.Et comme c’est l’essentiel qui m’intéresse, je suis souvent à court de mots.Est-ce normal d’avoir encore à se disculper quand on peint?J’ai confiance dans les jeunes qui se lancent dans cette voie.Certains, même familiers des nouvelles technologies, la vidéo par exemple, vont préférer cet art tout simple, sans artifices.Du low-tech.J’adore cette insoumission de la peinture à l’univers ambiant de la culture spectacle.Influences courantes.Des phénomènes issus des sciences naturelles.Les lucioles, cela pourrait être des petites lumières, des poussières d’étoiles ou quelques samares tournant au vent.Le déplacement du vent, quelques mouvements giratoires, des halos lumineux sont autant de petites machines à faire rêver.J’aurais pu parler aussi de Monet, Sam Francis ou Riopelle, une filière que j’aime bien, liée à la couleur et au paysage.Peut-on vivre de son art'' Comme je n’enseigne pas, la question «Comment vivez-vous?» est immanquable.J’ai l’habitude de répondre: «Je tiens!» L’atelier.Je ne suis pas discipliné.Je travaille principalement l’automne et l'hiver.L’été, j’accumule les images, liées aux sensations.J’emmagasine les stimuli, les observations.Tout ça me revient à l’atelier.L’ambiance n’est pas monacale.Il y a le silence et aussi des moment électriques où j’écoute toutes sortes de musiques, parfois fortes.Dans un moment de plénitude, je me suis déjà retrouvé devant le tableau, dansant, tournant sur moi-même comme un derviche.ou un fou.Ceci n’arrive pas tous les jours, heureusement! Géographie.Mon installation récente à la campagne, ici en Es-trie, change mes perceptions.J’étais un gars de la ville.J’en avais assez de constater en levant la tête, une fois tous les trois mois, que nous avions changé de saison.Tout ici est nuances.Chaque jour est différent.Déjà, c’est palpable dans les œuvres de l’exposition actuelle.Exposition Lucioles.Galerie Simon Blais.Jusqu 'au 26 mai 2007.Site Web: http://pierreblanchette.com CALE R IE D’ESTE 1329 Avenue Greene, Westmount H3Z 2A5 514-846-1515 , WW.GALERIEDESTE.COM #76i, FêVRIEH 5 HUILE SUR TOILE, 60” X 60", 2007 'V.Sokolowski-Oeuvres récentes Il MAI-27 MAI Ijjp' Il .# Peinture n° 560, de Pierre Blanchette SOURCE GALERIE SIMON BLAIS Michel Daigneault: attention, terrain miné! Ironique, ludique, mais réfléchi, Michel Daigneault, dans sa peinture, accumule les registres de l’image et les systèmes picturaux.Le peintre accuse les citations.Il propose ses tracés et ses parcours à obstacles afin de composer avec des motifs puisés à tous les domaines.Daigneault se situe ainsi à la fois sur le terrain de la distance face à l’acte de peindre mais aussi sur celui de la jubilation que procure la peinture.Surmontant l’impossibilité historique qui fait qu’en abstraction «tout a été dit», Daigneault se défie de tout modèle pour continuer à peindre de façon «vivante».Cet artiste, en un merveilleux paradoxe, est capable de tout et même d’être à la fois figuratif et abstrait.Quelles questions pose votre art?Je veux créer un monde où le spectateur est invité à intervenir.Les règles du jeu s’articulent par le glissement du vocabulaire pictural abstrait dans le figuré et vice-versa.Le but est de traverser les frontières entre l’abstraction et la figuration.Penser et fabriquer l’espace pictural.Mon vocabulaire provient de l’histoire de la peinture abstraite: lavis, coulures, géométries, grilles, lignes, style painterly ou hard edge.Pour faire exploser cette compréhension de la peinture abstraite, j’utilise des motifs au pochoir: grilles, flammes, fleurs, que je transforme.Ces objets trouvés proviennent de la décoration domestique ou de l’univers des motards.Ils créent des ruptures avec l’esthétique du grand art.Polysémiques, mes tableaux font s’entrechoquer des éléments qui appartiennent à différents mondes.L’une des grandes propriétés de la peinture est d’offrir un lieu, une surface où des réalités peuvent être mises en compétition les unes avec les autres en fonction de contextes différents afin de produire de nouvelles significations.L’espace.Hybride, il participe de plusieurs types d’espaces: perspective aussi bien occidentale qu’orientale, espace frontal, espace schématisé avec éléments en contre-plongée.Cet espace n’est ni tridimensionnel ni plat mais insiste sur le pouvoir illusionniste de la peinture.Quelle est la place de la théorie dans ce travail?Je tente de juxtaposer l’expérience phénoménologie de la perception à celle, sémiologique, du signe.Le post-structuralisme m’intéresse.Le signe est ouvert II est produit par ce qu’il entoure, non pas de façon contiguë mais en culbutant différentes réalités.FRANÇOISE SULLIVAN Tableaux - Pastels - Estampes 3 au 20 mai Vernissage 6 mai, 14h-17h Galerie d’art Jean-Claude-Bergeron 150 rue St-Patrick, Ottawa (On) T.613.562.7836 — www.galeriejeanclaudebergeron.ca e Centre de céramique Bonsecours 444, rue Saint-Gabriel, Montréal métro : Champ-de-Mars ou Place-d'Armes FORMATION COLLÉGIALE - CÉRAMIQUE En collaboration avec le Cégep du Vieux Montréal UNE BONNE OPTION - UNE FORMATION PASSIONNANTE POUR EXERCER UN MÉTIER DE CRÉATION GÉRER SON PROPRE EMPLOI ET ORGANISER SON AVENIR LE DEC CÉRAMIQUE 573.M Inscription via le SRAM : 514 271-2454 Le 31 tour se termine le 24 mai 07 514 866-6581 Visite de l'école sur rendez-vous La peinture peut-elle être verbalisée?C’est important de nommer ce qui se passe sur le tableau et préciser nos sensations.Dans mon cas, je m’assure ainsi que l’expérience du tableau reste ouverte à l’imaginaire.Peut-on encore faire de la peinture en 2007?J’aime à penser que la peinture est un lieu de résistance face à l’utilisation des médias et aux nouvelles technologies omniprésentes.Tandis que nous sommes de plus en plus tributaires de ces technologies, le peintre doit répondre à ce changement Vos influences actuelles?Après 25 ans de peinture, je dois dire que je cherche surtout à approfondir ma propre pratique picturale.La peinture a-t-elle toujours une actualité?Je n’ai jamais eu le sentiment que la peinture était ringarde, car mon travail veut remettre en question le passé récent de la peinture.Je suis en rupture avec les propositions de l’abstraction des années 50.La nouveauté n’est pas seulement une question de forme mais aussi de contenu.L’étiquette ringarde attachée à la peinture permet de mieux résister aux tendances académiques qui guettent les pratiques médiatiques.A l’atelier.Les tableaux à la galerie ont été faits sur une année.Comme j’enseigne à l’université York, à Toronto j’étais alors en sabbatique à Montréal.Je travaille à trois endroits, et donc sur plusieurs tableaux à la fois.Durant mes longues journées à l’atelier, je ne cherche pas forcément lisolement Il y a le téléphone.et quand même beaucoup d’interruptions.Peut-être que ces interruptions, l’effet de rupture, s’inscrivent aussi dans mes œuvres, qui n’ont rien d’homogène.Je passe mes étés en France.Ces lieux différents influencent certainement mon travail, qui a comme propriété d’être en mouvement Exposition De l’autre côté de l’abstraction.Galerie Trois Points.Jusqu ’au 26 mai.Site Web: www.yorku.ca/daigneault VOIR PAGE E 8: PEINTURE SOURCE GALERIE TROIS POINTS À ciel ouvert, 2006, de Michel Daigneault Renée MAO Clavet «Murmure du ruisseau» — Sculptures Jusqu’au 12 mai 2007 GALERIE BERNARD 3926 me Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 2M2, Tél.: (814) 277-0770 mercredi llh-17h jeudi-vendredi llh-19h samedi lai-lZhwww.galertebemard.ca I pri* fr3nÇ©i$-HOL»«Jé 2007 Ç©nC©tir$ 5*3^6S$3nt 3^* j 6UnÇS C^CSteurs en métiers
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