Le devoir, 30 mai 2007, Cahier A
www.ledevoir.co m ?LE DEVOIR AGORA Où en est le projet du Parti québécois ?Pages B 4 et B 5 IRAK Cinq Britanniques sont enlevés à Bagdad i Page B 1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR ib L’ex-juge Bernard Grenier n’a pu déterminer la provenance de l’argent qui a permis d’organiser le grand rassemblement fédéraliste tenu à Montréal trois jours avant le référendum du 30 octobre 1995.Option Canada L’argent du love-in reste un mystère Un demi-million a été dépensé illégalement, conclut Vex-juge Grenier ANTOINE ROBITAILLE Québec — Après 16 mois d’enquête et deux millions de dollars, l’ex-juge Bernard Grenier est arrivé à la conclusion qu’au référendum de 1995, le camp du NON avait dépensé un demi-million de dollars de façon illégale par le truchement d’Option Canada et du Conseil pour l’unité canadienne (CUC).Il a déploré les agissements de quatre personnes clés, dont le vice-président du conseil exécutif de Montréal, Claude Dauphin, et l’actuel délégué général du Québec à Toronto, suspendu avec solde depuis le début de l’enquête, Jocelyn Beaudoin.Plusieurs questions restent toutefois en suspens, tellement que certains, dont celui qui était directeur général des élections en 1995, Pierre-F.Côté, croient que l’enquête de M.Grenier aurait dû être publique.Le commissaire-enquêteur lui-même a reconnu hier qu’il avait été dans l’impossibilité de désigner la source de financement du fameux «love-in» du 27 octobre 1995, où des centaines de milliers de personnes du reste du Canada avaient pris d’assaut les rues de Montréal pour convaincre les Québécois de voter NON.M.Grenier a insisté pour dire que son mandat était bien circonscrit: il devait se borner à étudier les dépenses d’Option Canada et n’avait aucune possibilité d’enquêter sur les agissements du gouvernement fédéral.Ce qui inclut évidemment Patrimoine Canada, d’où sont venues toutes les sommes sur lesquelles il s’est penché.Malgré tout, après avoir entendu 90 témoins pendant 52 jours d’audience, il a établi que la somme HÉLÈNE BUZZETT1 Ottawa — Reprenant là où l’ex-juge Grenier a dû laisser son investigation, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, réclame des excuses d’Ottawa et la tenue d’une enquête publique pour faire la lumière sur les agissements des acteurs fédéraux lors de la campagne référendaire de 1995.Sa demande a été ac- réelle dépensée par Option Canada et le Conseil pour l’unité canadienne dans la campagne préréférendaire a été de 11 millions.Toutefois, 539 460 $ seulement de ce montant aimaient été utilisés en infraction à la loi.Le juge affirme que des «personnes en autorité» au Parti libéral du Québec, dont Stéphane Bertrand (actuel chef de cabinet de Jean Charest), Pietro Per-rino et Pierre Anctil, ont «manqué de vigilance par rapport aux activités du CUC et d’Option Canada».cueillie par une fin de non-recevoir du gouvernement conservateur, qui considère le dossier comme «clos».Les trois partis politiques fédéralistes étaient d’une rare unanimité sur le sujet hier.Selon eux, il n’y a pas de quoi fouetter un chat, les entorses financières à la loi québécoise qui ont été découvertes n’ayant pas eu l’ampleur supputée au départ.Il n’y aura donc ni excuses, ni enquête, ni congédiement, Mais l’ex-juge a refusé de faire à leur égard une «conclusion défavorable».Cinq autres personnages ont cependant droit à une «conclusion» de ce type, qui ne consiste pas, a-t-il insisté, en un jugement de nature pénale.D’abord, Jocelyn Beaudoin, nommé en 2005 par Jean Charest délégué du Québec à Toronto, était directeur général VOIR PAGE A 8: MINISTRE avertit le gouvernement conservateur qui, au passage, reproche au Bloc québécois de vouloir faire de cet enjeu un remake du scandale des commandites et ainsi foire mousser sa popularité.«Je ne crois pas que ça soit à l’ordre du jour d’offrir des excuses, a déclaré Lawrence Cannon, le ministre VOIR PAGE A 8: OTTAWA Le dossier est clos, selon Ottawa ¦ La chronique de Manon Cornellier, page A 3: Option tricherie ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux, page A 6: Timide, ce juge Crise budgétaire Les discussions se poursuivent pour sortir de l’impasse ROBERT DUTRISAC Québec — Le gouvernement Charest a présenté hier des offres en matière d’éducation et de santé destinées à inciter le Parti québécois à voter pour le budget présenté la semaine dernière par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.Mais le deuxième groupe d’opposition a réitéré que, non seulement les nouvelles dépenses envisagées devront le satisfaire, mais elles devront aussi être financées à même les 700 millions transférés par Ottawa.Jean Charest devra faire son deuil de la baisse d’impôt de 950 millions, exigent toujours les péquistes.Le gouvernement et le deuxième groupe d’opposition ont préparé le terrain hier pour de prochaines négociations d’ici le vote fatidique sur le budget vendredi, vote dont la survie du gouvernement libéral minoritaire dépend.Ainsi, en matinée, la ministre de l’Education, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a rencontré la leader parlementaire et porte-parole pé-quiste en matière d’éducation, Diane Lemieux, tandis que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, faisait de même avec le porte-parole pour la santé, Bernard Drainville.VOIR PAGE A 8: POURPARLERS INDEX •>4 Actualités.A 2 Annonces.C 6 Avis publics.B 2 Carrières.C 5 Culture.C 8 Décès.C 6 Économie.Cl U1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde.B 1 Mots croisés.B 2 Sudoku.B 6 Télévision.C7 JACQUES NADEAU LE DEVOIR La planète n’a pas encore vraiment pris le chemin du développement durable, estime l’auteur du concept, l’ancienne première ministre de la Norvège, Gro Harlem Brundtland.Gro Harlem Brundtiand au Devoir Le développement durable, une idée souvent déformée LOUIS-GILLES FRANCŒUR Malgré la popularité du concept de «développement durable» et le retentissement qu’il a eu dans les relations internationales depuis 20 ans, on peut se demander si la planète est aujourd’hui en voie de mettre en œuvre ce nouveau paradigme dont tous les politiciens se revendiquent «Non!», répond avec une franchise désarmante Gro Harlem Brundtland, qui a signé en 1987 le premier bilan de l’état de la planète Terre jamais produit par des humains, dans le cadre d’un mandat don- né par l’Assemblée générale de l’ONU.Elle n’a peur ni de prononcer certains mots, ni de porter un jugement, ni même de discuter ouvertement des «déformations» conceptuelles qu’a suscitées partout dans le monde ce concept, qui allait pourtant déboucher sur la conférence de Rio, les traités sur le climat et la protection de la biodiversité ainsi que la Déclaration sur les forêts.Gro Harlem Brundtland a d’abord été ministre de l’Environnement de la Norvège avant d’en devenir la première ministre pendant trois mandats, entre 1981 et 1996.Puis elle est passée à l’Organisation VOIR PAGE A 8: DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIE Hausse des taux d’intérêt en vue, selon le Banque du Canada ¦ À lire en page C 1 BON BIBLIOTHÈQUE QUÉBÉCOISE Comment naissent les fantômes zoo pages • 9,95$ www.livres-bij.com } i LE DEVOIR.LE MERCREDI 30 MAI 2007 A 2 LES ACTUALITES Une béquille pour les artères du cerveau Une équipe montréalaise implante une endoprothèse pour prévenir les ÆC LOUISE-MAUDE RIOUX S O UCY Les stents, ou endoprothèses, ces petits treillis métalliques qui font des merveilles en cardiologie en dilatant les artères obstruées, sont appelés à révolutionner un domaine encore plus complexe en se portant au secours de la neurologie.Une équipe de l’Institut et hôpital neurologique de Montréal a en effet réussi à implanter chez un patient une endoprothèse intracrânienne spécialement conçue pour traiter et prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC), une première au Québec.Pendant longtemps, les scientifiques ont douté pouvoir utiliser des endoprothèses en neurologie, l’artère cérébrale étant bien différente de l’artère cardiaque, et combien plus fragile.Le problème, c’est que certains patients répondent mal aux médicaments et continuent quand même à faire des AVC à répétition.Pour eux, la science semblait avoir atteint ses limites.Jusqu’à ce que la D" Donatella Tampieri tente le tout pour le tout en implantant une endoprothèse chez un patient de 66 ans l’été dernier.Un an plus tard, la vie de Terence Hamill est redevenue au beau fixe.«On a voulu attendre un peu pour voir comment les choses allaient évoluer, raconte la D" Tampieri.Il semble que ce soit pour le mieux.[M.Hamill] a recouvré la santé et n’a aujourd’hui qu’à prendre une aspirine par jour, ce qui est tout à fait normal à son âge.» Pour l’équipe montréalaise, ce succès ouvre la voie à de nouvelles options de traitement qui sont plus que bienvenues dans un contexte où le temps et les moyens jouent contre le patient, explique la D" Jeanne Teitelbaum, qui dirige le programme cérébro-vasculaire de l’institut affilié au CUSM.16 000 décès par an D’autant que l’AVC est loin d’être rare.Pas moins de 50 000 AVC sont recensés au Canada en une année, dont 16 000 se soldent par un décès.Pour les survivants, les risques de récidives sont élevés et atteignent les 20 % dans les deux ans qui suivent le premier AVC.Concrètement, l’AVC survient lorsque le débit sanguin au cerveau est interrompu, soit par un caillot, soit à la suite d’une rupture des vaisseaux sanguins.Chaque minute qui suit un pareil accident voit disparaître 1,9 million de neurones.D’où l’importance d’agir vite pour ne pas endommager le cerveau.D’ordinaire, la médication suffit, mais dans les cas où elle est inefficace, il sera maintenant possible de poser un stent L’opération est relativement simple: il s’agit de localiser le rétrécissement dans l’artère, d’y glisser un ballonnet que l’on gorçflera pour rétablir le passage du sang.Ceci fait, on place l’endoprothèse qui prend alors le relais en maintenant l’artère bien ouverte.«Deux facteurs peuvent déclencher des complications, prévient toutefois la D1' Tampieri.H y a la possibilité de déployer des caillots quand on travaille dans l’artère et il y a la fragilité des artères elles-mêmes, qui peuvent se déchirer sous l’action du ballonnet.» Pour ces raisons, la procédure sera réservée aux patients pour qui la médication a échoué.D’autant que les complications sont encore mal connues étant donné le peu de patients qui ont reçu le traitement «Au Canada, on parie d’une dizaine de patients; aux États-Unis, où l’endoprothèse vient tout juste d’être ap- prouvée, on parie d’une cinquantaine seulement.» Une autre difficulté sera de recruter des patients puisque les listes d’attente en angiographie et en résonance magnétique sont longues, trop longues au goût de la L)r' Tampieri.Les Québécois auraient aussi avantage à mieux connaître les cinq signes avant-coureurs de l’AVC: engourdissement trouble de la parole, trouble de la vision, mal de tête et étourdissement.«Je recommande toujours d’appeler le 911 dès les premiers signes, même s’ils paraissent anodins parce que tout cela évolue trà vite», conclut la D" Tampieri.Le Devoir EN BREF Le droit de mendier Winnipeg — Une section du règlement municipal de Winnipeg qui interdit de mendier dans certains lieux publics de la capitale est inconstitutionnelle, affirme une organisation de lutte contre la pauvreté.Il y a deux ans, la Ville de Winnipeg, désireuse de réprimer les mendiants agressifs, leur a interdit de solliciter de la petite monnaie dans des endroits où les gens ne peuvent facilement les éviter, comme les guichets bancaires ou les arrêts d’autobus.Mais des avocats de l’Organisation nationale anti-pauvreté ont intenté une poursuite en Cour du banc de la reine dans laquelle ils font valoir que la disposition du règlement sur «l’auditoire captif» devrait être invalidée.L’arrêté municipal enfreint le droit des mendiants à la liberté d’expression, à la liberté et à la sécurité, a indiqué l’avocat Josh Weinstein.Plutôt que de réclamer des dommages-intérêts, la poursuite vise à faire invalider les sections du règlement qui enfreignent la charte, a-t-il dit.En identifiant des lieux précis où la mendicité est prohibée, la Ville a en fait interdit aux mendiants de quêter dans la majeure partie de son centre-ville et ne laisse que peu d’endroits où aller aux mendiants paisibles, croit Byron Williams, avocat du Public Interest Law Centre.- PC Deux Québécoises retrouvées mortes en Bolivie Deux étudiantes de l’Université Laval sont mortes au cours de la nuit de samedi à dimanche dans la petite ville d’Uyuni, dans le sud-ouest de la Bolivie.Il semble que les deux jeunes filles aient été intoxiquées au monoxyde de carbone dans leur chambre d’hôtel.Un système de chauffage au propane défectueux serait à l’origine du drame.Agées de 21 ans, elles venaient de terminer une année d’échange universitaire passée à Cordoba, en Argentine.Elles s’étaient rendues aux portes du désert de sel d’Uyuni pour y Rejoindre deux autres étudiantes de Québec.Etudiantes en économie et gestion agroalimentaire, les victimes ont été découvertes par ces deux amies.Sous le choc, ces dernières ont été rapatriées au Québec et devraient arriver dans les prochaines heures.- Le Devoir Report des élections scolaires Les commissions scolaires du Québec réclament le report des élections scolaires, prévues en novembre prochain, afin qu’elles coïncident avec les élections municipales qui doivent avoir lieu à l’automne 2009.La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a en effet adopté, lors de son congrès tenu en fin de semaine dernière, une série de propositions pour revamper la démocratie scolaire, plutôt mal en point au vu des faibles taux de participation.Outre la tenue d’élections simultanées sur les scènes scolaire et municipale, on suggère entre autres d’accroître les pouvoirs des commissions scolaires, de réviser le calcul du nombre de commissaires, de changer le nom de «commission scolaire» pour celui de «conseil scolaire», etc.Les membres de la FCSQ ont cependant rejeté la proposition visant l’élection au suffrage universel des présidents de commission scolaire.Le report des élections scolaires de novembre prochain nécessite cependant l’adoption d’une loi par l’Assemblée nationale d’ici à la fin de la session parlementaire, ce qui exige l’accord des partis d’opposition.Au cabinet de la ministre de l’Education, Michelle Courchesne, on attend la demande officielle de la direction de la FCSQ avant de commenter le dossier, - Le Devoir Les funérailles des militaires aux frais des parents Ottawa — Le cœur brisé, en proie à la frustration, les parents d’un soldat canadien tué en Afghanistan doivent prendre la parole, aujourd’hui, afin de contredire le ministre de la Défense nationale.Gordon O’Connor, qui a affirmé que les autorités militaires payaient dans leur totalité les funérailles des soldats tombés au combat.L’homme et la femme, qui disent s’être fait rouler par Ottawa, ont affinné à la Presse canadienne qu’ils révéleraient leur iden-dité lors d’une conférence de presse prévue sur la colline du Parlement.le soldat a été tué par l’explosion d’une bombe en bordure de route, l'an dernier, et ses parents affirment que le gouvernement leur a remboursé moins de la moitié des coûts de ses funérailles.Un membre de la famille éprouvée a indiqué que cette affaire s’était révélée pénible et insoutenable.Le ministère de la Défense nationale a affirmé avoir dédommagé une famille dont les dépenses de funérailles avaient dépassé la somme de 4675 $ prévue par le gouvernement, et M.O’Connor a assuré à la Chambre des communes, cette semaine, que les frais de chaque service funéraire avaient été entièrement payés depuis qu’il est devenu ministre, au début de 2006.— PC Itinérance Les maisons de chambres, un dernier toit avant la rue Des groupes communautaires déplorent la conversion de ces habitations en condominiums BRIAN MYLES Des groupes de lutte contre l’itinérance ont réclamé hier un investissement supplémentaire d’un à deux millions de dollars de la part du gouvernement du Québec, ainsi qu’un moratoire pour freiner la disparition des maisons de chambres à Montréal.«Les maisons de chambres, c’est souvent le dernier rempart avant la rue.Il ne faut surtout pas qu'elles disparaissent», affirme Pierre Gaudreau, le coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM).D ne reste plus que 180 maisons de chambres dans la métropole, pur un total de 3000 places.De nombreux établissements délabrés et mal entretenus ont été soit incendiés, soit fermés parce qulls ne satisfaisaient plus aux normes de sécurité.L’essor de l’activité immobilière a également entraîné la vente et la transformation de plusieurs maisons de chambres en condominiums.Le RAPSIM, Atelier Habitation de Montréal et le Comité logement Cenfre-Sud exigent tous trois une intervention de l’État pour les aider à préserver les maisons de chambres restantes.Outre des fonds additionnels de Québec, ils exigent un moratoire de la Ville de Montréal pour empêcher que les places disponibles ne tombent entre les mains des promoteurs.De nombreux OSBL sont associés à l’achat et à la revitalisation de maisons de chambres.En raison de la flambée des prix, ils n’arrivent pas toujours à racheter les immeubles convoités.Le gouvernement provincial donne une subvention d’environ 72 000 $ «par porte» (par chambre) pour de tels projets de rénovation.Selon Robert Mannin-gham, directeur général d’Atelier Habitation Montréal, c’est insuffisant II faudrait une aide supplémentaire de 15 000 $ à 20 000 $ par porte.Si les subventions étaient majorées, des OSBL pourraient récupérer de 50 à 100 chambres dans la métropole, estime M.Manningham.Cette marge de manœuvre limitée a joué des tours au milieu communautaire par le passé.Dans le Centre-Sud seulement, le RAPSIM déplore la perte de 58 chambres depuis 2003.Le 1683 Saint-Hubert, en face du projet de l’îlot Voyageur, a été transformé en hôtel cette année, ce qui a entraîné la disparition de 43 places.Une quinzaine de personnes se sont également retrouvées en situation d'itinérance après la transformation du 1021 Ontario Est en lofts.A la fin des années 80, la Ville de Montréal disposait d’un programme d’acquisition de chambres qui a permis de sauver 15 maisons totalisant 400 places.Gérées par des OSBL, ces maisons existent toujours et elles offrent un gîte aux démunis pour environ 250 à 300 $ par mois.Plus récemment, 300 nouvelles places ont été ajoutées et 76 autres rénovées dans le cadre de l’Opération Solidarité 5000 logements.La liste d’attente pour une chambre est maintenant de six mois.Le Devoir WSm V ri ; » ISS - —r mm -• AV'.' .- A JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le passage de la survie à la réinsertion sociale L’Étape permettra à des femmes de reprendre leur destin en mains STÉPHANIE MARIN Une centaine de femmes itinérantes devraient quitter la rue chaque année grâce au tout nouveau programme de la mission Old Brewery.Apptilée L’Etape, cette initiative novatrice veut aider les femmes à passer de l’itinérance à une vie plus normalisée en leur offrant un lieu d’hébergement stable et sécuritaire, ainsi qu’un soutien de tous les instants.le Pavillon Patricia-Mackenzie de la mission Old Brewery, situé dans le quartier Centre-Sud de Montréal, offre déjà un service de gîte de nuit et de repas pour les femmes itinérantes.Plutôt que de continuer à les accueillir nuit après nuit et les voir retourner dans la rue le matin venu, les responsables du programme, dévoilé hier en conférence de presse, souhaitent que les itinérantes quittent la rue de façon définitive.Un programme de 90 jours ou moins, pendant lesquels les femmes commencent par prendre une pause de la rue.Une portion dp pavillon a été spécialement aménagée pour l’Etape et comporte huit lits.«Un programme unique en son genre», soutient le directeur gé- néral de la mission Old Brewery, James D.Hughes, «car il est collé à l’accueil de nuit, mais vise la réintégration sur une courte période et ne coûte fien aux participantes.» L’Étape offre un milieu stable, où les itinérantes commencent par cerner leurs besoins: sécurité pour celles qui ont un passé de violence conjugale, désintoxication, soins médicaux et psychiatriques, programme de formation à l’emploi ou encore obtention des cartes d’identité qui leur permettraient de fonctionner dans la société et de recevoir de l’aide sociale, par exemple.«Les femmes qui vivent dans la rue pensent à leur survie avant tout et n’ont pas le temps de faire les démarches pour obtenir leurs cartes», explique Jocelyne Giroux, chef de maison au Pavillon Patricia-Mackenzie.Avec une carte d’assurance sociale, ces femmes peuvent se chercher un emploi.Après cette phase de stabilisation, les participantes au programme établissent leurs objectifs de vie et leur plan de sortie de l’itinérance.Diverses options d’hébergement sont ensuite envisagées, du centre d’hébergement transitionnel à leur propre appartement Réintégrer la société signifie aussi y participer «Les femmes doivent toutes participer activement à un programme de bénévolat pour rétablir leur sens de la communauté», rajoute Mme Giroux.Opérationnel depuis cinq semaines, le programme a déjà permis à 12 femmes de quitter l’itinérance et de devenir autonomes.A ce rythme, la chef de maison estime que cela va représenter environ 100 femmes par an, «une augmentation notable par rapport aux 33 femmes que nous avons aidées à quitter la rue l’an dernier».«Une maison comme ici permet de ne pas aller plus loin dans la déchéance.Ça m’a permis de me retrouver.J’ai été accueillie ici sans jugement», confie l’unç des actuelles participantes au programme L’Etape, une ancienne toxicomane qui a perdu travail et logement mais qui a maintenant quitté la rue.Le pavillon a obtenu de l’aide du gouvernement fédéral pour aménager Iqs lieux afin d’accueillir les participantes à L’Etape.Pour son fonctionnement et le salaire des nouvelles intervenantes, le centre dépend des dons issus d’individus et de personnes morales.Le Devoir 4 4 LE DEVOIR.LE MERCREDI 30 MAI 2007 POMTIQIIE Manon Cornellier Option tricherie Ouf! Que de soulagement dans les regards et les sourires hier à Ottawa.Imaginez: même si Ottawa a versé 11 millions de dollars en deux ans et demi au Conseil pour l’unité canadienne et à Option Canada, l’ancien juge Bernard Grenier n’a trouvé «que» 539 000 $ de dépenses référendaires non autorisées ayant été effet tuées au profit du camp du NON durant la campagne d’octobre 1995.C’est beaucoup moins que les trois millions évoqués au lendemain de la publication, en janvier 2006, du livre Les Secrets d’Option Canada, de Normand Lester et Robin PhilpoL Mais ça reste des dépenses illégales qui ont permis aux tenants du NON de dépasser d’environ 200 000 $ le seuil fixé par la loi.Pour certains, dont le ministre québécois Benoît Pelletier, l’écart entre les deux sommes devrait faire taire les tenants de la théorie du complot ou de l’opération secrète.Si on pariait alors d’opération de camouflage d’une manœuvre qu’on savait contraire à l’esprit de la loi référendaire?Le rapport Grenier ne dissipe en rien cette dernière thèse.Faut-il rappeler que ce n’est pas la valeur de l’accroc qui est révélatrice mais bien l’accroc lui-mème et qu’Ottawa a tout fait pour garder le dossier Option Canada sous le boisseau.L’existence d’Option Canada et de son financement fédéral n’a été connue du public qu’à la suite d’une enquête menée par le quotidien The Gazette en 1997.C’est à ce moment-là qu’on a su qu’Option Canada avait été créé en septembre 1995 par le Conseil pour l’unité canadienne (CUC) et démantelé en décembre de la même année, mais que, durant cette brève période, l’organisme avait obtenu 4,8 millions du ministère du Patrimoine canadien.La ministre Sheila Copps, qui avait pris la relève de Michel Dupuy, n’a jamais expliqué les décisions de son prédécesseur en 1997, affirmant ne pas avoir à s’excuser pour défendre son pays.Son ministère a quand même tenu des enquêtes internes, qu’elle a refusé de rendre publiques.Le Directeur général des élections du Québec y a jeté lui aussi un coup d’œil, mais il a dû cesser son enquête quand, en 1997, la Cour suprême est venue invalider les dispositions de la loi référendaire relatives aux dépenses Mes par des tiers.?Tous ces efforts ont quand même pu mettre en lumière le caractère exceptionnel de l’opération Option Canada et son lien direct avec la campagne référendaire.On a su qu’Option Canada avait été financé à partir de budgets supplémentaires pour l'acquisition et la promotion des langues officielles.Inconnu en août 1995, l’organisme se retrouvait avec une subvention cinq fois supérieure à celle de la Fédération des communautés francophones et acadiennes du Canada La première recommandation de subvention affichait la même date que l'enregistrement d'Option Canada et a été approuvée deux jours plus tard, avant même que le groupe rienvoie une lettre au ministre.Ces irrégularités, le refus persistant du gouvernement fédéral d’agir visière levée et la résistance des responsables d’Option Canada à répondre aux questions ont nourri les pires soupçons depuis lors.On a constaté hier que quelques-uns, pas tous, étaient justifiés mais aussi que le rapport Grenier, malgré sa minutie, ne pouvait dissiper toutes les zones d’ombre.Il ne le pouvait pas car son mandat se limitait à examiner la légalité des dépenses du groupe, pas la légitimité du procédé utilisé par Ottawa.Option Canada n’a existé que le temps d’un référendum, et l’essentiel de sa subvention a été versée durant cette campagne, au détriment des règles d’attribution des programmes existants.L'auteijr du rapport indépendant commandé par le ministère en 1997, Bill Coleman, indiquait dans ses notes qu'on «en vient à supposer que les gens derrière le groupe demandeur étaient bien connus du bureau du ministre [du Patrimoine de l'époque, Michel Dupuy] et que l'objectif premier était de rendre les fonds disponibles sans délai indu».?Il ne faut pas être naïf.Aucun pays ne restera les bras croisés devant une menace de rupture et tout gouvernement qui propose l’indépendance ne fera pas dans l’angélisme non plus.Chacun gardera dans sa manche des cartes dont on ne connaîtra la teneur que longtemps après la fin de la partie.N’eût été d’une entrevue accordée à L’Actualité, les Québécois n’auraient jamais su que le premier ministre Jacques Parizeau avait un Plan O pour protéger la valeur des obligations québécoises advenant la victoire du OUI.Il n'en a jamais parlé avant le vote, mais l’opération, préventive, était légale.En 1995, les deux camps ont dépensé allègrement durant les mois qui ont précédé la campagne officielle, et une part de l’argent fédéral a transité par le CUC, comme une part des fonds québécois l’ont fait par le Conseil pour la souveraineté.On a aussi toujours su que la loi référendaire ne pouvait s’appliquer au gouvernement fédéral Les Québécois ont par contre tou-jours espéré que celui-ci en respecterait l’esprit, surtout en matière de dépenses.Ottawa n’a jamais renoncé à sa marge de manœuvre à cet égard, ne serait-ce que pour monopoliser les panneaux publicitaires.Mais il a franchi un pas en 1995 en tripotant des règles de subvention pour faire naître un groupe voué à soutenir directement le camp du NON en achetant des services et en payant des salaires.Ottawa n’était pas dans l’ignorance, puisque deux fonctionnaires fédéraux œuvrant dans le camp du NON ont reçu un salaire du bureau du premier ministre Chrétien tout en bénéficiant d’un appartement payé par Option Canada.Tout cela s’est fait en catimini, et ce n’est pas pour rien.D y avait dans la manœuvre quelque chose qui allait à l’encontre de l’esprit de la loi sur les consultations populaires.Si tel n’avait pas été le cas, Ottawa aurait joué franc jeu.Le chef libéral Stéphane Dion dit vouloir respecter les règles, lui qui s’opposait aussi au programme des commandites.Les conservateurs se sont abstenus d’en dire autant hier.Une façon sous-entendue d’approuver ces fédéralistes qui estiment que tout est permis quand vient le temps de sauver le pays.mcomellier@ledevoir.com Les Amis de la Terre poursuivent le Canada Les écologistes veulent forcer le gouvernement Harper à respecter la parole donnée à Kyoto L’abandon des objectifs du protocole de Kyoto par le gouvernement Harper entraîne ses premières conséquences légales, alors que le plus important groupe environnemental de la planète, Les Amis de la Terre, poursuit Ottawa devant la Cour fédérale pour non-respect d’un traité international dûment signé par le Canada.ALEC CASTONGUAY Ottawa —La menace de poursuite planait depuis novembre dernier, alors que Les Amis de la Terre avaient rendu public un avis juridique émanant d’un cabinet d’avocats allemand spécialisé en droit international de l’environnement.Cet avis de 40 pages rédigé par l’avocate Roda Verheyen, de la firme Günther Heidel Wollenteit Hack, démontrait que le Canada était dans l’illégalité, n’ayant aucun programme crédible pour tenter d’atteindre les objectifs de Kyoto.Sept mois plus tard, la situation est loin d’avoir changé, estiment Les Amis de la Terre.Au contraire, le nouveau plan Baird démontre que le Canada pourrait atteindre les objectifs de Kyoto avec 13 ans de retard.Le gouvernement Harper a aussi publiquement affirmé que les objectifs de Kyoto n’étaient plus dans la mire d’Ottawa Des preuves supplémentaires et suffisantes qui ont convaincu l’organisme mondial d'intenter une poursuite contre le gouvernement du Canada Celle-ci a été déposée hier en Cour fédérale, à Ottawa La poursuite est intentée en vertu de l’article 166 de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement (LCPE), qui stipule que le conseil des ministres a l’obligation de respecter un traité international qui lie le Canada à des pays étrangers «en matière de lutte contre la pollution ou de prévention ou de réduction de celle-ci».C’est la première fois qu’un pays est poursuivi dans le cadre du protocole de Kyoto et c’est évidemment la première fois qu’une telle procédure est intentée au Canada.«Ottawa ne peut pas ignorer une loi interne et un traité international.C’est une question légale», a soutenu au Devoir Beatrice Olivastri, présidente de la section canadienne des Amis de la Terre.Selon elle, le dossier monté par l’organisme environnemental est «solide».«C’est très clair, le gouvernement ne veut pas respecter Kyoto.Nous avons donc une occasion unique de faire plier le gouvernement.C’est un défi, immense d’aller en cour, mais on pense qu’on va gagner», soutient Beatrice Olivastri.Ce que l’organisme recherche, c’est un jugement qui obligerait le Canada à remplir ses obligations légales sur la scène internationale.«Le juge ne dira pas comment atteindre Kyoto, mais il peut obliger le gouvernement à bouger en ce sens», dit Mme Olivastri.Selon cette dernière, l’image du Canada est déjà très mauvaise dans le monde et ne risque pas de s’améliorer avec cette poursuite.«Les autres pays savent que le Canada est un délinquant environnemental et que ses gestes ne suivent pas sa parole.Mais, au moins, la poursuite va montrer que la population canadienne n’est pas dupe et réagit.» Même si le dossier peut traîner en longueur devant les tribunaux, Les Amis de la Terre et le Sierra Legal, un organisme canadien qui prend part à la poursuite, demeurent confiants.«On pense que la cause pourra être entendue d’ici un an si tout va bien.On ne pense pas que ça va prendre plusieurs années», ÜF vc CHRIS WATTIE REUTERS Le ministre de l’Environnement, John Baird, a défendu son plan de réduction des gaz à effet de serre, hier, devant le Comité permanent de l’environnement.affirme Mme Olivastri.Si toutefois la cause s’enlise dans les procédures, l’organisme affirme avoir les reins assez solides pour aller jusqu’au bout.«Une ONG est toujours serrée dans ses ressources, mais on a bien évalué tous les scénarios.On est prêts à ça», affirme Beatrice Olivastri, qui peut compter sur l’appui des 70 sections des Amis de la Terre réparties dans autant de pays à travers le monde.L’organisme a aussi obtenu l’appui d’une coalition et d’un organisme du Québec, soit la Coalition-vert-Kyoto et l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA).«Notre appui est total, ü fout forcer le gouvernement à agir, car il ne fait rien», a soutenu André Belisle, qui est à la fois porte-parole de la coalition qui regroupe plusieurs organismes et président de l’AQLPA Cette dernière association n’exclut d’ailleurs pas de contribuer financièrement à la poursuite.Hier, le ministre de l’Environnement, John Baird, n’a pas voulu commenter le dossier, prétextant que les tribunaux sont maintenant mis à contribution.«Je ne vais pas discuter de ce dossier à l’extérieur de la cour.On va laisser ça à nos avocats», a-t-il dit à sa sortie de la période de questions.John Baird devant le comité Devant le Comité permanent de l’environnement hier matin, le ministre n’avait pas été plus loquace sur ce dossier.John Baird est plutôt monté aux barricades pour défendre son plan de réduction des gaz à effet de serre, qui a soulevé un tollé de critiques depuis sa parution.Le ministre a répété à plusieurs occasions que ce plan était meilleur que celui déposé par le gouvernement libéra] en 2005.«Pourquoi vous vous comparez à un plan qui a échoué et qui n’existe plus?C'est un argument très faible», a alors lancé le néo-démocrate Nathan Cullen.Selon le ministre, le plan conservateur permet des réductions «réalistes» et c’est ce que les Canadiens demandent «Les gens veulent qu’on soit honnête avec eux.Je pense que les changements climatiques sont l’un des grands dangers de notre temps et une grande menace écologique.Il faut s’y attaquer, mais avec des objec-tijs réalistes qui tiennent la route», a-t-il dit Mais les trois partis d’opposition n’ont pas apprécié ce qu’ils ont entendu.Bernard Bigras, du Bloc québécois, a soutenu que le ministre était un «cloum» qui méprise le comité des Communes.Le Devoir Nouvelle charge publicitaire des conservateurs contre Stéphane Dion Stéphane Dion CHRIS WATTIE REUTERS ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le Parti conservateur lance aujourd’hui une quatrième campagne de publicité négative en moins de six mois à l’endroit de Stéphane Dion.Cette fois, c’est l’enjeu complexe de la réforme du Sénat qui sert de prétexte pour attaquer le chef libéral.Aucune publicité en français ne sera diffusée.Comme les autres fois, le Parti conservateur a refusé de dire combien allait coûter cette campagne, qui se décline sur trois supports: télé, radio, Internet La fréquence de diffusion des messages n’a pas davantage été révélée.Mais le thème, lui, est toujours le même, comme erçfait foi le titre de la campagne publicitaire: «Stéphane Dion is not a leader».Les publicités, toujours très agressives, laissent entendre que Stéphane Dion bloque la réforme du Sénat que les conservateurs veulent mettre en place.Stephen Harper désire limiter à huit ans le mandat des sénateurs et veut créer un mécanisme qui permettrait de faire élire les représentants de la Chambre haute.Le Parti conservateur (PC) soutient que le chef libéral n’est pas capable d’imposer à ses sénateurs une réforme du Sénat à laquelle il est pourtant favorable.Les trois annonces télévisées repren- nent le même thème sous différents angles.Les publicités ne s’en prennent qu’à Stéphane Dion et sont visiblement destinées à la base conservatrice du parti dans l’Ouest du pays, où une réforme du Sénat est attendue depuis longtemps.Elles passent toutefois sous silence la controverse que les deux projets de loi du gouvernement Harper soulèvent dans les provinces et parmi les experts constitutionnels du pays.Le Québec, notamment, s’oppose aux réformes proposées par Ottawa.D n’y a d’ailleurs aucune publicité destinée au Québec.C’est la quatrième série d’annonces négatives dirigées contre Stéphane Dion depuis janvier dernier.Trois sur quatre ont été faites en anglais.Le PC, qui nage dans l’argent a dû se justifier hier de dépenser autant pour attaquer un parti d’opposition pendant qu’il est au pouvoir.De quoi avez-vous peur?, ont demandé les journalistes réunis au quartier général électoral des conservateurs hier matin.«Ce n’est pas une question de peur, mais de ce que Stéphane Dion fait avec notre système démocratique.Les Canadiens se préoccupent de la réforme du Sénat», a soutenu Peter Van Loan, le leader du gouvernement à la Chambre.Le Devoir Élisabeth LAGACÉ Magali MARC PORTES OUVERTES Carnet d'apprentissage -17,70$ (160p.) ISBN 978-2-7608-4688-3 Hlsioira et éducation é la citovnnnaté 2’anfléa du revendu secondais _ LIDEC inc.514-843-5991 En uente dans toutes les norairies Le prix est indiqué sous réserve do modifications.François Gendron avocat Montréal 514.845.5545 LA FORCE 1)1 DROIT LE DEVOIR.LE MERCREDI 30 MAI 2007 A 4 LES ACTUALITES Le Comité sur les langues officielles reprend vie Le gouvernement plie devant l’opposition et nomme un nouveau président Les étudiants demandent à l’opposition de voter contre le budget CHRIS WATTIE REUTERS Stephen Harper a dû se résoudre à nommer un nouveau président au Comité permanent sur les langues officielles.HÉLÈNE BUZZETT1 Ottawa — Les troupes conservatrices ont finalement jeté l’éponge hier devant trois partis d’opposition qui ne lâchaient pas prise dans le dossier des langues officielles.Le comité parlementaire — le vrai — pourra reprendre ses travaux.Le gouvernement conservateur a décidé de dénouer la crise en acceptant la démission du président -désavoué du Comité sur les langues officielles, Guy Lauzon, et en soumettant la candidature d’un autre collègue, le Franco-Ontarien Pierre Lemieux.«Je crois qu’il est important que le comité continue son travail exemplaire.Ainsi, afin de permettre ceci, j’ai décidé de renoncer à mon rôle de président de ce comité», écrit Guy Lauzon dans un communiqué de presse distribué en fin de journée hier.L’impasse était totale au Comité permanent des langues officielles après que les membres de l’opposition, qui y forment la majorité, eurent retiré leur confiance au président conservateur.Les conservateurs, qui refusaient le verdict, ne soumettaient pas d’autres candidatures.Comme le président devait provenir des rangs du gouvernement, le comité a cessé d’exister.Les trois partis d’opposition avaient même créé un comité parallèle, qui a été démantelé hier.L’opposition reprochait à Guy Lauzon d’avoir annulé à la dernière minute des rencontres devant étudier l'impact sur les communautés linguistiques minoritaires de l’abolition du Programme de contestation judiciaire.Selon le libéral Pablo Rodriguez, le gouvernement n’avait plus le choix de reculer.«Leur intransigeance à l’égard du dossier des langues officielles et du programme de contestation judiciaire leur faisait très mal», a-t-il souligné.Le gouvernement conservateur avait en effet été sévèrement blâmé pour son adhésion de façade au bilinguisme canadien par le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser.L’effondrement, le même jour, du comité parlementaire avait envoyé un bien sinistre message.La décision du gouvernement de nommer un ahtre président de comité «est un signe que, lorsqu’on forme un gouvernement minoritaire, on ne peut pas toujours imposer sa loi», croit le député du NPD Yvon Godin.Tout cela n'est pas garant pour autant d’un fonctionnement plus harmonieux sur la colline parlementaire.A preuve, le gouvernement a dévoilé hier une autre sé- rie de publicités dans lesquelles il blâme les libéraux pour leur prétendue obstruction de certains projets de loi.En outre, une réunion entre les whips des partis visant à alléger l’atmosphère n’a pas laissé une bonne impression au représentant libéral.«Je n’ai pas perçu un grand esprit de flexibilité», a déclaré le député Ralph Goodale.Le Devoir Air Indi: la GRC a négligé les policiers locaux Ottawa — La Gendarmerie royale du Canada n’a pas profité des liens dont bénéficiaient les policiers locaux avec la communauté sikhe de Vancouver, dans la foulée de l’attentat qui a détruit le vol d’Air India en 1985, a raconté un témoin à la commission d’enquête qui tente de faire la lumière sur cette tragédie.Don McLean, un ancien policier municipal qui a agi comme agent de liaison avec la communauté sikhe pendant deux ans, a déclaré, hier, ne pas avoir été impressionné par les techniques d’enquête des policiers fédéraux pendant les semaines qui ont suivi l’attentat «Ils ont utilisé les méthodes traditionnelles de la police, ils frappaient aux portes et se présentaient comme des policiers, a déclaré M.McLean devant la commission présidée par John Major, l’ancien juge en chef de la Cour suprême de la Colombie-Britannique.[Ils] s'attendaient à obtenir des informations comme ça.Il y avait beaucoup de résistance dans la communauté.Ils [les membres de la communauté] auraient préféré nous parler à nous.» M.McLean a expliqué n’avoir travaillé avec la GRC que pendant six semaines après la destruction du vol 182, transmettant à l’agence fédérale les renseignements qu’il avait recueillis, les contacts qu’il avait réalisés et les noms des informateurs confidentiels qu’il avait cultivés avant l’attaque.Mais sa présence a fini par de- venir purement symbolique, a-t-il dit, permettarit seulement à la GRC de prétendre faire appel au savoir-faire local.M.McLean a aussi expliqué que l’enquête a été compliquée par la présence d’agents de renseignement du gouvernement indien, qui étaient actifs au sein de la communauté sikhe.Ces agents auraient notamment lancé une campagne de «désinformation» et essayé de soudoyer des journaux communautaires pour qu’ils adoptent la ligne du gouvernement indien.• «Nos sources nous ont indiqué qu'ils avaient [chacun] 10 000 dollars canadiens qu’ils utilisaient [.] pour influencer des journaux communautaires, a-t-il dit.A quelques reprises, nous avons constaté une modification de la rhétorique, passant d’un soutien vigoureux au point de vue des Sikhs extrémistes à un appui plus modéré.» M.McLean affirme qu'il s’est plaint, par écrit, à ses supérieurs des agissements des agents indiens, mais que, à sa connaissance, rien n’a été fait.Le témoignage de M.McLean, hier, était son deuxième devant la commission d’enquête.Plus tôt ce mois-ci, il avait révélé que la police de Vancouver avait épié une rencontre, moins de deux semaines avant l’attentat, pendant laquelle des militants sikhs avaient mentionné un coup d’éclat pour donner plus de visibilité à leur cause.Presse canadienne Perdu?Retrouvez-vous Vous êtes perdu ?Retrouvez-vous.L'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal vous accueille, peu importe d’où vous venez.LORATOIRE WWW.saint-joseph.org Saint-!«epl\ du Mont-Royal t ROLEX OYSTER PERPETUAL DAY-DATE OR JAUNE Vente et service technique 630 A RUE CATHCART.CENTRE-VILLE MONTRÉAL (SU) 866-3876 xyOMoulewie Gâmbard L \ .I l l 11 CLAIRANDRÉE CAUCHY Les fédérations étudiantes et les syndicats ont uni leur voix hier pour dire non au dégel des droits de scolarité et réclamer que les baisses d’impôt promises dans le budget Jérôme-Forget soient annulées au profit d’un réinvestissement dans l’enseignement postsecondaire.«S’il n’y a pas de modification importante au budget, nous demandons fortement aux partis d’opposition de voter contre le budget», a lancé le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Jean-Patrick Brady, accompagné de ses collègues représentant les étudiants des collèges et des facultés d’éducation permanente, ainsi que de représentants syndicaux.Les étudiants ainsi que la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) ont réclamé la tenue d’une commission parlementaire itinérante sur l’accessibilité et le financement des études post-secondaires, le maintien du gel des droits de scolarité et l’annulation des baisses d’impôt Selon la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher, le maintien du gel des droits de scolarité relève de l’équité intergénérationnelle.«C’est rendu presque gênant pour les plus vieux de marcher sur la rue et de se faire accuser d’avoir profité de tout», argue Mme Boucher, qui se dit prête à accompagner le gouvernement québécois dans un éventuel pèlerinage à Ottawa pour demander l’accroissement des transferts pour l’enseignement post-secondaire.Son collègue de la CSQ a néanmoins des doutes quant à la crédibilité d’une telle démarche, alors que les sommes versées en péréquation vont dans le «panier percé» que constituent les baisses d’impôt.«C’est irresponsable de se priver des revenus fédéraux pour l’éducation et la santé, alors qu’on dit depuis belle lurette que l’argent est à Ottawa et que c’est Québec qui assume les services», fait valoir le président de la CSQ, Réjean Parent.11 avoue ne pas être impressionné par ce qui a filtré jusqu’à présent des négociations entre le PQ et le gouvernement libéral au sujet du budget, notamment quant à l’ajout de 100 millions supplémentaires pour la santé et l’éducation.«C’est des vétilles, un nouveau mirage.[.] H faut choisir son trouble: le citoyen ne veut pas des baisses d'impôt ni d’élections», déclare M.Parent, soulignant que les trois réseaux du secteur de l’éducation estiment être aux prises avec un sous-financement total de près d’un milliard par année.Les étudiants promettent de se mobiliser cet automne contre l’augmentation de 50 $ des droits de scolarité, la première d’une série de hausses qui devraient les amener à payer 30 % de plus pour leurs cours d’ici cinq ans.Les syndicats promettent déjà de soutenir les organisations étudiantes dans leurs revendications, non seulement dans le discours, mais aussi par un appui logistique et financier.Le Devoir Un cas de tuberculose met les autorités de santé publique en état d’alerte Atlanta — Les autorités de santé publique d’Amérique du Nord et d’autres pays sont à la recherche de voyageurs qui auraient pu être en contact avec un individu atteint d’une fonne de tuberculose très résistante aux antibiotiques et qui aurait transité par Montréal.Les autorités américaines ont indiqué que l’homme, de citoyen-qeté américaine, s’était rendu aux Etats-Unis le 24 mai en provenance de Prague, en République tchèque, en passant par Montréal.L’homme a été infecté par une forme particulièrement résistante de tuberculose, mais les responsables des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC) américains, à Atlanta, ont dit n’avoir aucune indication voulant qu’il ait été contagieux durant son voyage.Ils ont toutefois reconnu qu’un tel risque ne pouvait être complètement éliminé.Le voyageur, qui réside en Géorgie, s’est rendu d’Atlanta à Paris le 12 mai sur le vol 385 d’Air France.A son retour, le 24 mai, il s'est rendu de Prague à Montréal sur le vol 0104 de la société aérienne Czech Airlines.De Montréal, il a pris ,une voiture pour se rendre aux États-Unis; on croit qu’il a traversé la frontière au poste de Lacolle.L’homme est présentement soigné à Atlanta et se trouve sous le coup d’un ordre fédéral de quarantaine qui l’oblige à demeurer isolé jusqu’à ce qu’il ne représente plus aucun danger ppur la population.«Nous n’avions aucune idée que ce patient était hautement infectieux [alors qu’il voyageait]», a affirmé Julie Gerberding, directrice des CDC, pendant une conférence téléphonique depuis Atlanta hier.«En fait, les preuves médicales laissent entendre que son potentiel de transmission [de la maladie] est faible, mais nous savons qu'il n’est pas, nul», a-t-elle ajouté.A Ottawa, le Dr Howard Njoo, directeur du centre de mesures et d’interventions d’urgence de l’Agence de santé publique du Canada (ASPC), a affirmé que la plupart des passagers du vol ef fectué en direction de Montréal ne couraient probablement aucun risque.Les passagers ayant emprunté le vol 385 d’Air France entre Atlanta et Paris, le 12 mai, ont néanmoins été invités à consulter leur médecin.Les CDC américains ont dispensé le même conseil aux voyageurs du vol 0104 de Czech Airlines entre Prague et Montréal du 24 mai.L’ASPC a dit travailler avec les CDC et d’autres autorités en matière de santé publique afin d’identifier et de trouver les passagers qui étaient assis à moins de deux rangées de l’homme infecté afin de leur recommander de subir des examens._ La forme de tuberculose dont l’individu est atteint résiste à la plupart des antibiotiques utilisés pour traiter cette maladie.Les autorités de santé publique à travers le monde s’inquiètent de la poussée de tuberculose très résistante aux antibiotiques qui a été signalée dans 37 pays jusqu’ici.Cette forme de tuberculose est mortelle dans la moitié des cas.Elle est particulièrement dangereuse pour les séropositifs.Le Canada a signalé jusqu’ici deux cas de tuberculose, tous deux en Ontario, l’u/i en 2003 et l’autre en 2006.Aux Etats-Unis, 49 cas ont été répertoriés entre 1993 et 2006.Presse canadienne NalftaSe EUIOTT mil CODE CRAMIIMTICM.Frimaire n " *=* 160pages -24,50$ ISBN 978-2-7608-5292-1 Approuvé par le iïlÉQ t <
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