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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-05-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 M A I > 0 0 3 La Dérive américaine Dany Laferrière Page F 4 La vraie vie fictive.Page F 7 ?LE DEVOIR ?'• Uignorance, donnée fondamentale I | Jk ondition humaine.JEAN-PI ERRE DENIS est chaque fois la même chose: je ne puis entrer dans un roman de Milan Kundera sans qu’immédiate-ment je me mette à penser.Oh.pas dans l’abstrait, comme je le ferais avec un philosophe, mais dans le concret de l'existence, comme seuls les romanciers Oes poètes aussi) savent nous y conduire.Cela est suffisamment rare dans ma vie de chroniqueur pour que j’éprouve le besoin d’en faire part, de souligner surtout à quel point cela me réjouit! — bien que ce roman n’ait rien de vraiment réjouissant.Et c’est là un autre constat: la littérature qui fait penser fait mal, et c’est sans doute par là même quelle nous sauve, ou nous rend la vie plus tolérable.Il est dommage que l’auteur nous ait fait attendre 2003 pour enfin nous présenter son roman en français — la langue même dans laquelle il a été écrit —, alors qu’il y a trois ans déjà il permettait sa traduction en espagnol, puis en quantité d’autres langues.Pourquoi cela?Les mauvaises langues disent qu’il aurait voulu punir le public français, ou sa critique, pour avoir accueilli un peu froidement son précédent roman, L’Identité.Peu importe, même si ce dépit n’est peut-être pas sans lien avec l’objet de ce livre qui touche à la douleur de l’exil et à l’amour que le migrant porte à sa terre d’accueil.Le voilà enfin, et qui tient toutes les promesses qu’on est en droit d’attendre d’un tel écrivain dont c’est sans doute ici l’un des romans les plus mélancoliques qu'il ait écrits.Le paradoxe mathématique de la nostalgie J’ai dit mélancolique?Oui, sans aucun doute.Triste aussi.Incroyablement lucide encore sur les choses de l’amour.Peut-on dire nostalgique?En partie, et seulement à la condition de comprendre le sens de ce roman qui n'arrête pas de nous parler de cette méprise qui consiste, chez l'émigré, à avoir la nostalgie de son pays natal (ou de sa langue, c’est tout comme), alors même qu’il avoue souvent être mieux dans sa peau depuis qu’il l’a quitté.Paradoxe qui ne sera pas le seul de ce livre que l’on pourrait placer sous le signe de l'Odyssée d’Homère.Car qu’apprend-on de ce grand voyageur, Ulysse, qui revient à Ithaque après vingt ans d’absence, tout comme de ces deux personnages du roman de Kundera, Irena et Josef (la première a choisi pour lieu d’exil la France, le second, le Danemark), qui retournent en Tchécoslovaquie après le même temps d’absence?Que personne ne reconnaît celui qui revient, pas plus que celui qui rerient ne retrouve ce qu’il a quitté.«C'était une conversation bizarre [dira Irena après avoir retrouvé ses anciennes amies à Prague] [.] Moi, j’avais oublié qui elles avaient été; et elles ne s’intéressaient pas à ce que je suis devenue.» De même Josef, retrouvant sa famille, a-t-il le sentiment qu’il n’est pas à sa place, qu’il n’a plus rien à voir avec sa rie antérieure, qu’il est en définitive infiniment plus libre dans son Danemark adoptif qu’il ne le sera jamais dans son pays d’origine.VOIR PAGE F 2: KUNDERA C est sans doute ici l’un des romans les plus mélancoliques qu’il ait écrits Ne plus embrasser le monde LOUIS CORNELLIER Milan Kundera est un véritable grand romancier, ce qui n’est pas fréquent, et il a trouvé, en François Ricard, un critique attentif et raffiné.Il y a longtemps, d’ailleurs, que le professeur de l’université McGill pratique la fidélité à l'endroit de l’œuvre kundérien-ne.En 1985, dans son excellent La Littérature contre elle-même, il consacrait trois essais au romancier tchèque, dont l’un, «Le point de vue de Satan», un chef-d’œuvre de concision et d’intelligence, résumait déjà la raison de la passion du critique pour cette œuvre: «Kundera ne détruit pas le monde avec fracas: U le défait pièce par pièce, méthodiquement et sans bruit, comme un agent secret.» La publication, ces jours-ci, du Dernier après-midi d’Agnès, un «essai sur l’œuvre de Milan Kundera», peut donc être considérée comme l’aboutissement, quoique non définitif, d’un parcours critique marqué au sceau de l’attention et de l’admiration.Car s’il critique, c’est-à-dire questionne, analyse et éclaire, Ricard, dans le cas de l’œuvre kundé-rienne, le fait surtout pour chanter la grandeur et la puissance d'un univers romanesque qui, tout en le désillusionnant quant au monde et pour cela même, le subjugue.Mené comme une méditation, une «lecture intérieure», c’est-à-dire exempt de tout appareil théorique lourd, cet essai, qui s’ouvre sur un bel VOIR PAGE F 2: MONDE DIMANCHE 11 M AI ^ 0 0 3 F 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET Livres KUNDERA MONDE SUITE DE LA PAGE F 1 Dans l’Odyssée, Pénélope non plus n'arrive pas à reconnaître Ulysse au moment de son retour, et Ulysse continue probablement à être hanté par cette Calypso a qui il a avoué, dans le cinquième chant, que Pénélope est «sans grandeur ni beauté» comparée à elle, bien qu’il ne soit pas un jour où ü ne fasse le vœu de rentrer là-bas.Ce" qui n’empêche pas le récit toujours dans ce même chant de poursuivre: «Qmme Ulysse partait, le soleil se coucha; le crépuscule vint: sous la voûte, au profond de la grotte, ils rentrèrent pour rester dans les bras l’un de l’autre à s'aimer.» Où aura donc eu lieu le bonheur, dans le retour à Ithaque ou dans cette île où le retenait Calypso?.Et pourquoi, alors que Josef et Irena attendent de leurs amis ou de leur famille qu’on leur pose des questions sur leur vie à l'Ouest depuis vingt ans, ces questions ne viennent-elles pas?Irena conclura: «les gens ne s'intéressent pas les uns aux autres, et c’est normal.» Le retour, en grec, se dit nostos, alors que algos signifie souffrance.La nostalgie serait donc la souffrance causée par le désir inassouvi de retourner.Certes, mais de quoi a-t-on précisément la nostalgie?La nostalgie a-t-elle un contenu mnésique spécifique?«[.] ceux qui ne fréquentent pas leurs compatriotes, comme Irena ou Ulysse, sont inévitablement frappés d’amnésie.Plus leur nostalgie est forte, plus elle se vide de souvenirs.Plus Ulysse languissait, plus il oubliait.Car la nostalgie n’intensifie pas l’activité de la mémoire, elle n’éveille pas de souvenirs, elle se suffit à elle-même, à sa propre émotion, tout absorbée qu’elle est pas sa seule souffrance.» Et ce qui est pire — comme va le consta- ter Josef en pensant à sa propre femme qu’il a perdue il y a plusieurs années de cela tout en continuant à lui prêter vie dans son esprit, afin de ne pas l’oublier —, c'est que ces souvenirs tiennent à presque rien.«Un four il se demanda: s’il additionnait ce peu de souvenirs qui lui restaient de leur vie commune, combien cela ferait-il?Une ’ minute?Deux minutes?[.] Et là est l’horreur: le passé dont on se souvient est dépourvu de temps.Impossible de revivre un amour comme on relit un livre ou comme on revoit un film.Morte, la femme de Josef n’a aucune dimension, ni matérielle ni temporelle.» Il est vrai que, pour reprendre les mots de l’auteur, «sa mémoire le détestait».Mais il n’est pas le seul personnage à éprouver ainsi son passé comme un vide, comme une absence, c’est peut-être même une condition universelle, pas seulement le propre des exilés.De même chacun doit-il admettre qu’il y a malentendu dès que deux personnes croient partager les mêmes souvenirs.Cela est mathématiquement impossible.la démonstration de Kundera est d'ailleurs ici implacable, tout comme l’est celle de ce paradoxe qui consiste à trouver plus de nostalgie chez les jeunes que chez les vieux.«L’homme vieillit, la fin approche, chaque moment devient de plus en plus cher et il n'y a plus de temps à perdre avec des souvenirs.R faut comprendre le paradoxe mathématique de la nostalgie: elle est le plus puissante dans la première jeunesse quand le volume de la vie passée est tout à fait insignifiant.» Essentiellement, ce qu’aligne ici Kundera dans ce roman, c’est une série de méprises qu’il s’efforce de remettre à l’endroit, tout en sachant que cela ne changera rien, JEAN-SIMON DESROCHERS Parle seul J^SDffQCHe»s « Ciel d’eau claire et d’air froid, le rêve imite ce que tu crois.» LES HERBES ROUGES / POESIE Une présentation du 9i Festival international de la littérature, EN COLLABORATION AVEC LES FILLES ÉLECTRIQUES > LE BAND DE POETES POÉSIE, CHANSON ET MUSIQUE i* JOSÉ ACQUELIN D.KIMM GENEVIÈVE LETARTE GUY MARCHAMPS HÉLÈNE MONETTE BERNARD FALAISE NORMAND GUILBEAULT PotTCS INVITÉS :- CHRISTINE GERMAIN MARIE-HÉLÈNE MONTPETIT JEAN-MARC DESCENT JEAN-SÉBASTIEN LAROUCHE Éclairages: ÉTIENNE BOUCHER Sonorisation : BERNARD GRENON Jeudi 15 mai, 20 h LION D'OR 1676, rue Ontario Est Entrée : 10 S (régulier) / 8 S (étudiants et membres de l’UNEQ) Billetterie : 514.277.1010 Info-festival : 514.277.1010 / www.uneq.qc.ca/festival Afe awn Québec Sn W 23E* rsr OmadR _________________________,_c 1^______^ vin» RENCONTRE AVEC MAïSSA BEY (Algérie) ANIMATION : Nellie Hogikyan Jeudi 15 mai, 17 h 30 Maison des écrivains, 3492, rue Laval, métro Sherbrooke.Entrée libre.> Une TABLE RONDE présentée par l'Association des traducteurs et traductrices littéraires du Canada (ATTLC) > MIROIR FIDÈLE, MIROIR FÊLÉ AVEC Carmen Boullosa (Mexique), Abdelkader Benali (Maroc / Pays-Bas), Émile Martel (Québec).ANIMATION : Marie-Andrée Lamontagne.Vendredi 16 mai, 17 h 30, Maison des écrivains, 3492, rue Laval, métro Sherbrooke.Info-festival ; S14.277.1010 / www.uneq.qc.ca/festival Québec SS m •=- isr C.in;uB5 ÉJNBQ g) Société littéraire de Laval FELICITATIONS AUX LAUREATS Prix Jacqueline-Déry-Mochon (poésie) Violaine FOREST Premier prix ex æquo le manteau de mohair, l'Hexagone, 2002 Nazila SEDGH1 Premier prix ex æquo Dans l'ombre des platanes, TROIS, 2001 Prix Brèves littéraires - prose Geneviève LAUZON Premier prix Prix Brèves littéraires - poésie Micheline BEAUDRY Premier prix ex æquo Gaëtane DROUIN SALMON Premier prix ex æquo Prix intercollégia! de poésie Michelle PARENT Premier prix Prix de composition française au secondaire Dawid BOZELKO Premier prix remis le 4 mai 2003 lors du gala annuel de la Société littéraire de Laval sous la présidence d'honneur du poète Patrick Coppens Merci à nos partenaires Courm ~ I I LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET D I M A X 0 H E II MAI 2 0 0 3 F r> Littérature '- LITTÉRATURE FRANÇAISE Les trésors engloutis de Le Guillou OUVRAGES DE RÉFÉRENCE La littérature québécoise à la loupe CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Cf est l’un de ces projets dont on sait quand ils commencent mais pas quand ils finissent.Le Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, dont Fides vient de publier le septième tome, a vu le jour dans les années 70, sous l’impulsion d’un Maurice Lemire aujourd’hui disparu.L’équipe qui lui a succédé, qui procède à cette recension minutieuse de la production québécoise, est arrivée aujourd’hui à la période 1981-1985.Le premier tome de cet imposant dictionnaire faisait mille pages et s’étendait sur la période s’échelonnant de 1534 à 1900.11 commençait d’ailleurs avec les récits de Jacques Cartier.En guise de comparaison, le septième tome, pour une période de seulement cinq ans, fait plus de 1200 pages.C’est dire à quel point la littérature québécoise s’est développée en 460 ans! «On assiste, depuis la fin des années 40, à une prolifération des œuvres», reconnaît Aurélien Boi-vin, qui participe au projet depuis ses débuts et qui en est aujourd’hui le directeur.Les auteurs sont beaucoup plus nombreux et, nécessairement, il nous a fallu trouver des solutions pour tenter d'analyser le plus grand nombre d’œuvres possible.On ne peut pas les analyser toutes.» Abondance d’œuvres oblige, on a donc décidé, à partir du tome 3, qui portait sur les années 40, de regrouper plusieurs titres d’auteurs particulièrement prolifiques en un seul article, auquel feront référence différentes entrées.Le travail des chercheurs ayant collaboré à l'ouvrage demeure d’établir le corpus d’œuvres québécoises pour une période donnée.Aurélien Boivin, qui a participé à chacun des sept tomes de cette imposante collection, a ainsi vu évoluer la littérature québécoise de près.Ainsi, il ne nie pas qu’avec la quantité d’œuvres publiées, la qualité de chacune laisse parfois à désirer.«On constate que la toilette des manuscrits n’est pas toujours bien faite.II y a des ouvrages qui auraient gagné à être mieux corrigés», remarque-t-il.L’échantillon est varié, on y trouve des œuvres de grande qualité et des œuvres de moindre qualité.Parmi les premières, signalons, évidemment.Les Fous de Basson d’Anne Hébert ou Volkswagen Blues de Jacques Poulin.L’équipe, qui pose un regard rétrospectif d’une quinzaine d’années sur la production, peut également juger conunent chacune des œuvres a vieilli.Chaque époque dégage ses grands thèmes.Ainsi, on le sait, la Révolution tranquille a libéré dans les textes les thèmes de la sexualité, qui étaient tabous dans les années 60.Suivant l'échec du premier référendum, la quête identitaire est également présente dans les œuvres.C’est peut-être la cause de la renaissance du roman historique que l'on observe alors, une fonne qui avait pratiquement disparu du corpus québécois depuis les années 40, au profit du roman psychologique.C'est l'heure des grandes sagas, à la manière des Filles de Caleb, d’Arlette Cous-ture, ainsi que des œuvres à caractère social.On y assiste, du même souffle, à une multiplication des œuvres féministes, celles de Jovette Marchessaut, de Nicole Brossard ou de Madeleine Gagnon.De nouveaux noms, de Monique Larue à Robert Lalonde, pour ne nommer que ceux-là, émergent également dans l’univers littéraire québécois.Enfin, le vieillissement de la population revient comme un thème récurrent de l’époque moderne.C’est sans parler, bien sûr, de la forme et de la structure narrative, qui révèlent la présence d’écrivains de plus en plus rompus à la théorie littéraire.Les articles réunis dans le dictionnaire ont tenu compte de la réception critique des œuvres.Les auteurs de ces articles, dont plusieurs sont des universitaires, ont aussi toute latitude pour porter leur propre jugement sur l’œuvre.DICTIONNAIRE DES ŒUVRES LITTÉRAIRES DU QUÉBEC, 1981-1985 Sous la direction d’Aurélien Boivin Fides Montréal, 2003,1230 pages G U Y LAINE MASSOUTRE Le pacte des genres n'a plus cours.Ne voit-on pas inscrit «roman» sur la couverture d'autobiographies?Les Marées du Faou, de Philippe Le Guillou, né en 1959 et auteur d’une trentaine de livres — dont Les Sept Noms du peintre.juste prix Medicis en 1997 —.met une authentique autobiographie sous l’étiquette du roman.Intuition de marchand ou virage culturel?Le fait surprend et mérite qu’on s’y penche.Tout romancier couronne un jour son œuvre de fiction par le récit de son enfance et de ses origines.Qui n’aime dire ce qu'il doit, en fait d'avatars, à ses aïeux?Seul l’écrivain consacré accédait naguère à une telle jouissance, suscitant l’envie.Aujourd’hui, nombre d'auteurs se racontent, parfois avant d'avoir vécu.Every Body Is A Star, ce titre, emprunté à Warhol par Jean-Noël Schifano pour parler de la pègre napolitaine, conviendrait à maints livres.11 y a un peu de ce délire dans l'honorable société des auteurs.La littérature personnelle se porte à merveille.Et quand la vérité dérape vers où compromettre, la fiction qui la suit s’en réjouit.Le pouls du roman Qu’est-ce qu’une autobiographie?Un rapport sincère et au- DAV I D CANTIN La poésie de Salah Stétié renvoie à la détresse comme à l’ébranlement intérieur.Elle parle de l’exil, de la séparation comme du deuil originel.En novembre 2001, le groupe Poexil de l’Université de Montréal (sous la direction d’Alexis Nouss) organisait un colloque autour de ce «médiateur entre arabité et francité», comme il aime lui-même se définir.Ainsi, quatorze conférences viennent témoigner de l’une des voix majeures de la poésie contemporaine.Nairn Kattan suggère d’emblée: «le premier apprentissage fut celui de l’émotion qui guidera et accompagnera le poète jusqu’à aujourd’hui [.] Il ne méprise pas le rituel et n’ignore pas le culte mais les transforme en paroles, et le poète, obéissant à son propre exercice spirituel, découvre thentique des faits par l'auteur à soi-même.Avec le lecteur, elle passe le pacte de l'objectivité.Elle garantit l’observation, le recoupement, ne s'appuie sur la mémoire que pour promouvoir un rapport distancié à ce «je» su, vu, dévoilé, enfin connu.Le roman, au contraire, propose des personnages et leurs actions relatées selon une entree toute particulière: il les ancre dans une subjectivité qui s'assume.11 s’autorise la vision poétique, im penchant à la fantaisie, la distorsion du temps et ses effets.Il est conscient d'extrapoler le vivant, les passions, les ressources du monde.C’est pourquoi lorsqu'il dit «je», il instaure un règne des valeurs sur lesquelles l'auteur est roi.Valide-t-il ses hypothèses?Le fait de publier lui suffit.Si la distinction ne vaut plus, qu'est-ce donc qu’une autobiographie qui s’affiche comme un roman mais ne parle que de soi?Voyons Le Guillou: «[.] je voulais pour ce livre l’unique conjonction des êtres, des lieux et de l'enfance, une ferveur, une pureté que ne troublerait aucun des orages de l'adolescence.L’autobiographie n'est légitime que lorsqu'elle emprunte à la prière.J'aimerais que l’on entende dans ces pages l'authenticité finistérienne et le haut accent de vérité de pèlerins de Rutnengol et de Sainte-Anne-la-Falud.» Tel est le pèlerinage de sa mémoire, dans la baie toute symbolique des trépassés.Peu de romanesque, de prime l’autre à partir de la différence et par-delà les frontières».Voilà une façon, parmi d’autres, d’entrer dans cette parole qui témoigne d'une «renaturation du monde, \fi\une revir-gination de l'homme dans le monde».Des études de Christian Dou-met, Michaël Bishop, René Lafleur et Olga Hazan viennent préciser les nombreuses facettes de l’exil qui s’implante à différents niveaux.Quelques inédits de Stétié complètent cet ouvrage autour de la poésie, comme Terre d’exil.Un travail de défrichage important.POÉSIE, TERRE D’EXIL AUTOUR DE SALAH STÉTIÉ Collectif sous la direction d’Alexis Nouss Trait d’union.abord.11 y a pourtant un vœu.une injonction de lecture, dont on retrouve l’intention littéraire au fil du récit objectif Confidences littéraires Là, le pacte de l'auteur avec le lecteur se resserre.Ce que le roman subvertit, dans l'autobiographie, c’est la manière de ramener l'histoire — ici un coin de Bretagne — au positionnement de soi.Une histoire intérieure surgit.Non pas fausse, ni projection idéologique de soi sur le monde, mais une histoire vraie du dedans, une tranche de collectivité avalée par l’ogre narcissique, une façon trouvée de réconcilier l’égotisme cher à l'artiste avec la pensée totalisante, paralysante du vrai soi.Telle est du moins une lecture.L’histoire vaut moins que l'œil qui la déplace hors contexte.Résonance des contes?Le Guillou qualifie d’«idées courtes et rétrogrades» les rêves de repli culturel sur les coutumes, notamment l’usage de la langue bretonne.Une identité de citoyen et d’homme du XX' siècle — «le siècle de Verdun.d'Auschwitz et de la conquête de la iMne», dit-il — ne pouvait s'affinner et grandir qu'en français.L’école s’est chargée de faire fructifier le legs des ancêtres.Dans la «communauté durable» qu’elle a formée, elle sanctifie la Bretagne, «les chemins liquides de la forêt celtique, [.] cettefirrèt qui est un continent des âmes et un océan».eoll.«Ijc soi et l'autre» Montréal, 2003,228 pages La rumeur de Lorca Il existait, jusqu'à maintenant, trois éditions en français du recueil de poésie le plus célèbre de toute la littérature espagnole: le Romancero gitano de Federico Garda I.orca.Après Paul Verdevoye, Claude Esteban et André Belamich, c'est au tour de line Amselem de proposer une nouvelle traduction aux Editions Allia.Ainsi, l’ensemble des Complaintes gitanes tente d’unifier la forme poétique du romancero et le monde gitan.A la différence des autres traducteurs, Anselem s’efforce de transmettre en français le mètre et la rime qui donnent, à la fois, un mouvement musical et tragique au recueil.Par ailleurs, la recherche de sonorités comme de Rousseau rêvait de transparence pour être mieux vu.On lui doit l'art de faire miroiter les surfaces; car, sous la retrospective autobiographique, il entrevoyait le paradis.Sous la lame rageuse remontant au F'aou, le Guillou retrouve sa splendide ville dVs, cite de Dahut et de Gradlon emportée par les Ilots.Si Les Marres du Faou n’a pas autant de mystère, l’exercice imaginaire de percevoir Ys s'applique, à sa manière, au Faou.Rares sont les romanciers, dans la création contemporaine, qui assujettissent leur intention littéraire à une référence, la liberté qu'ils gouvernent n’admet que leur propre surveillance.Au lecteur, ils concèdent un droit: la préférence.Mais ils finissent tous, comme Le Guillou, [vu- revenir sur ce privilè ge.Tôt ou tard surgit le devoir im périeux de contraindre l’autre, ce destinataire invisible qu’espère le libraire.L'écrivain arraisonne alors le lecteur au souci de soi.Soi comme tenant et aboutis saut.Soi comme un paysage bre ton.Soi comme transparence et obstacle, disait Starobinski, fou de Rousseau.«Sage et Regent du trône de .wn cœur», ces mots de Segalen en exergue saluent bien le retour en Finistère de Le Guillou.LES MARÉES DU FAOU Philippe Le Guillou N RF Gallimard Pâtis, 2003,228 pages rythmes ne met jamais en péril le fondement de sens du poème.Ce parti pris permet de découvrir la spiritualité méditerranéenne de Lorca sous un autre jour.la’s phrases des poèmes sont brèves, morcelées ptir tuie ponctuation correspondant plus à une musique qu’à la syntaxe.«Sous les eaux / demeurent les mots./Sur la nrif/ure de l’eau / un cercle de flammes cl d'oiseaux / Et au beau milieu des joncs, /des témoins qui savent ce qu 'il faut./ Songe du bois des guitares, / rêve concret sans drapeau.» Un classique où l’âme espagnole renaît d’un bond.COMPLAINTES GITANES Federico Garda Lorca Traduit de l’espagnol par Line Anselem Editions Allia Paris, 2003,135 pages POÉSIE Le partage de l’exil I s ENTRETIENS AVEC JEAN-PAUL SARTRE AOÛT-SEPTEMBRE 1974 de $11110116 de BcaUVOlr Lecture intégrale en douze épisodes par Sami Frey «ifl Une présentation du 9e Festival international de la littérature en collaboration avec le Studio littéraire de la Place des Arts > 4 311 17 mai 2003 (relâche les 10 et 12 mai) éb Studio-théâtre Stella Artois Place des Arts QutfcetR Billets en vente : 514.842.2112 514.277.1010 > Info-festival : 514.277.1010 www.uneq.qc.ca/festival & COUSU CXSMTS ci «ownitAt QuébecSS l«l ar »e~iTX: C anadS U D SCO Kl Ville de Montréal I.E DEVOIR f iï > i; w f o le Parchemin DEPUIS 1966 vous suggère pour la Fête des mères.w kl es magnifiques photographies d'archives présentées dans Œuvres de femmes évoquent à leur manière l'histoire des femmes d'ici de 1860 à 1961.Saisissantes d'authenticité, elles illustrent l'ampleur des changements survenus tout en montrant que, si le décor, le costume et l'équipement changent, plusieurs des gestes accomplis par les femmes sont intemporels.QuébecSS Publications Québec a a Œuvres de femmes reg.: 29,95$ notre prix : 23,^$ Prix en vigueur jusqu'au 24 mai 2003 qDo/ia Ai/ mân# cekec/tm à/ ut/mi j m d fi >i è| Au rythme du train Des Jardins oubliés Naviguer sur le fleuve La vie rurale Entre campagne Au limitas 1859-1970 1860-1960 au temps passé 1866-1950 et la vêle de lamémoin 1860-1960 1940-1960 1900-1930 Dos forêts Los voies du passé et des hommes 1870-1965 1880-1982 Métro Berri-UQÀM 505 Sainte-Catherine Est, Montréal (514) 845-5243 librairie@parchemin.ca 1 I VOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MAI 2 0 0 3 h fi Essais La Terre enfin ronde de Sloterdijk MICHEL LAPIERRE On n’accuse pas tous les jours un penseur allemand au regard grave et profond d’écrire de la «pornographie philosophique».Voilà pourtant ce qu’a fait une digne lectrice de Peter Sloterdijk en lui reprochant son audacieuse théorie des boules.D’autres lecteurs, fascinés par la sphéricité des abimes océaniques de la Terre mère que Sloterdijk évoquait dans Huiles, n’ont pas craint de qualifier l’auteur de ce livre de «commandant Cousteau du liquide amniotique».C’est le penseur lui-même qui s’amuse a rapporter ces commentaires insolites dans Ni le soleil ni la mort, recueil d’entretiens passionnants qu’il a accordés a Hans-Jürgen Heinrichs.N’est-ce pas la meilleure façon de désamorcer la critique?En ne niant pas la part de vérité que pourraient renfermer les jugements métaphoriques défavorables qu’on porte sur son œuvre, Sloterdijk répond au dédain par l’ironie et réaffirme ainsi son adhésion à X«intelligence informelle», cet esprit de finesse qui «inclut les philosophies poétiques et la pensée investie dans les œuvres d’art».Mais assume-t-il sa propre philosophie poétique?Pas vraiment.On s'étonne de voir que ce penseur de la ^sphéricité, cet adepte de la globalisation intellectuelle, ressent le besoin de dire qu’il exerce deux professions différentes, sinon opposées: celle du philosophe «écrivain» et celle de l’universitaire «écrivant».Sloterdijk se défile quand le sagace Heinrichs l'invite a reconnaître qu’un roman comme Le Château, de Kalka, atteint, en explorant l'absurde, «une dimension que la philosophie, quels que soient ses efforts, ne pourra jamais atteindre».11 se croit obligé d’affirmer que le roman, ouvrage de fiction, est «la forme de langage de ceux qui ne détiennent pas la vérité».A Etre compris Dans le même esprit terre a terre, Sloterdijk a voulu, pour être compris du plus grand nombre, donner une dimension concrète à sa pensée en écrivant Si l’Europe s’éveille.Grâce à sa simplicité et à sa brièveté, cet essai constitue l’application pratique la plus lumineuse de la philosophie foisonnante du penseur allemand.Toujours hanté par la globalité, Sloterdijk y explique que, si l’Europe veut parfaire sa cohésion pour orienter l’avenir du monde, elle a l’obligation de se redéfinir historiquement.Cette profonde redéfinition doit dépasser de beaucoup les domaines économique et politique.Sloterdijk conseille aux Européens de tendre vers une globalisation philosophique qui s’oppose à l’impérialisme que cache l’idée, avant tout américaine, de mondialisation néolibérale.11 ne faut jamais perdre de vue, explique le philo- Nous serions tous devenus des déracinés, des réfugiés.Nous ne saurions plus où notre identité commence et où elle finit.sophe, que l’impérialisme états-unien n’est que le produit du très vieux rêve européen de reconstruction de l’Empire romain qui anima l’Église de Home, les empereurs carolingiens, les empereurs germaniques, les Habsbourg autrichiens et espagnols, les monarques britanniques, les Bourbons, les tsars.Napoléon, puis, plus près de nous, Guillaume II, Lénine et Hitler.Cette liste des «transmetteurs» européens du rêve impérial que dresse Sloterdijk a beau être composite et parfois discutable, elle lui permet d’affirmer de manière saisissante que, «dans l’Empire américain, l'Europe moderne observe la forme extériorisée de sa propre essence».Le philosophe considère que l’Europe ne doit pas se résigner à être une colonie d’elle-mêmç en imitant ses propres imitateurs: les États-Unis.Il faudrait qu’elle abandonne toute velléité d’hégémonie pour mieux se souvenir qu’elle est, depuis le XVHI siècle, la «mère des révolutions», le «foyer de la révolte» contre la misère humaine et contre le mépris impérialiste.C’est seulement de cette manière que l’Europe pourrait renouer avec la réflexion sur la sphéricité de l’être qui, aux yeux de Sloterdijk, résume l’histoire de la philosophie.Penser, c’est englober.Cette vérité fondamentale n’aurait jamais été plus vivante qu’aujourd’hui.Sloterdijk soutient que, dans un Occident devenu transculturel, la distinction entre les demandeurs d’asile et la population de souche a fini par s’estomper.Nous serions tous devenus des déracinés, des réfugies.Nous ne saurions plus où notre identité commence et où elle finit.Voilà, en tout cas, de la part de Sloterdijk, une éclatante définition du caractère sphérique de l’identité humaine.Pour fuir à la fois le vide identitaire et le fanatisme d’un système uniforme, le philosophe allemand nous invite à approfondir une réflexion globale sur la nouvelle complexité du monde pour éviter qu’une mondialisation réductrice, d’esprit américain ou européen, n’entrave notre liberté.Si le prudent Peter Sloterdijk hésite à baigner sa pensée dans l’expérience littéraire contemporaine, il a assez d’audace pour se douter que l'évolution complexe de la sphère mondiale de l’imaginaire devance de plus en plus les progrès de la philosophie.NI LE SOLEIL NI LA MORT Peter Sloterdijk Pauvert 2003,442 pages SI L’EUROPE S’ÉVEILLE Peter Sloterdijk Mille et une nuits 2003,96 pages Prix des libraires du Québec Precede a !a t.va wma de la remise des prix 2003 Le mardi 13 mai 2003 à 19 h 30 au Lion d'Or Entrée gratuite Organisé par l'Association des libraires du Québec en collaboration avec le 9e Festival international de la littérature n | O * , J Ça « * à Lectures d'extraits de toutes les œuvres primées au cours des 10 dernières années par: Gil Courtemanche, Bruno Hébert, Marie Laberge, Monique Proulx, Michel Tremblay et Sylvain Trudel ainsi que par les comédiens Marcel Pomerlo, Maude Guérin et Céline Bonnier accompagnés du pianiste Erik Shoup.iL Hervé Fischer brûle-t-il ce qu’il a adoré ?L’instinct de puissance pourrait nous conduire à une barbarie post-humaniste, dit le philosophe Hervé Fischer fut l’enthousiaste organisateur du MIM, le Marché international du multimédia, grand salon pour techno-philes, lancé au plus fort de la bulle Internet.D chanta les louanges de l’ère numérique et fut titulaire de la chaire Daniel-Langlois en technologies numériques et beaux-arts à l’université Concordia.Mais aujourd’hui, dans Cyberprométhée, cet artiste et philosophe déploie une impressionnante érudition pour nous mettre sérieusement en garde contre l’instinct de puissance qui sous-tend la révolution numérique.Il plaide en outre en faveur d’un néoromantisme qui permettrait de sauver l’humain des dérives du type cyborg.De technophile qu’il semblait être, Fischer est-il devenu technophobe?Entretien.ANTOINE ROBITAILLE Plus que jamais dans votre dernier livre vous dites beaucoup de mal de la révolution numérique: dangereux instinct de puissance, risque de déshumanisation, etc.Peut-on dire que vous brûlez aujourd’hui ce que vous avez jadis adoré?Hervé Fischer.Absolument pas.Je suis toujours aussi passionné par la révolution numérique et plus convaincu que jamais qu’elle est aussi importante que la maîtrise du feu à une autre époque.Mais je crois qu’il existe aujourd’hui une pensée naive et un respect quasiment religieux à l’égard des technologies numériques qui rendent un mauvais service à cette révolution, qui fait du tort à la cause.Moi, ma position, c’est la fascination critique: passionné, excité par cette révolution, je le suis.Mais je veux aussi l’analyser d'une façon critique pour qu’on en retire le meilleur et qu’on ne tombe pas dans l’illusion naïve qui nous ferait éventuellement en épouser le pire.Peut-être, mais quand je revois certains passages de vos textes de 1997-99, je ne peux m’empêcher de penser que vous devez regretter de vous être laissé gagner par l’euphorie de l’époque de la bulle technologique.Il fut un temps où la bataille se résumait à faire prendre conscience à mes concitoyens de l’importance de la révolution numérique.Depuis 1985 j’ai milité en ce sens, avec la création de la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal et Images du futur.C’est 20 ans de ma vie! Je me suis battu pour qu’on se rende compte que les technologies numériques al- L'AIRE & DES IDEES laient tout changer.Et je me faisais traiter alors de -gadgeteux» et d'anti-humaniste.Aujourd’hui, je n’ai rien renié de ma passion.Mais la bataille est gagnée: tout le monde ou presque reconnaît quU y a une telle révolution.Le temps est donc venu de développer une pensée critique.En 1997 et en 1999, vous déploriez, dans La Presse, que la plupart d’entre nous, face à la révolution numérique, demeuraient «fixés sur notre tradition humaniste».Au contraire, dans Cyberprométhée, vous écrivez aujourd’hui que de «renoncer à notre recours humaniste» équivaudrait à «nous en remettre au règne du silicium» et donc de sombrer dans la barbarie.Avez-vous changé d’idée sur l’humanisme?J’ai toujours été convaincu de l'importance de l’humanisme, toujours été imprégné de la fragilité de l’être humain.Mais je suis également certain de la nécessité de prolonger l’humanisme, de l’élargir aux nouveaux défis, à savoir penser la science et la technologie.Sans quoi celles-ci peuvent nous entraîner dans des dérives barbares, comme le post-humanisme.Je reste fondamentalement du côté de l’humanisme, mais je crois qu’il est nécessaire d’adapter nos valeurs humanistes à un environnement une cosmogonie complètement nouvelle.Comment l’adapter sans dénaturer?D faut aujourd’hui développer ce que j’appelle une cyberphilosophie.C’est-à-dire une philosophie critique de l’âge du numérique.Pour penser les conséquences sur notre démocratie des nouveautés comme les biotechnologies, les réseaux informatiques, etc.Ce n’est pas parce qu’il y a du nouveau qu’il faut jeter l’humanisme par-dessus bord.Je répète souvent qu’il faut renverser la révolution de Galilée et de Copernic et dire que c’est l’homme qui est au centre du monde! En effet, c’est sur cette révolution ptoléméenne, si je puis dire, que se clôt votre livre! Mais n’est-ce pas paradoxal, de votre part, vous qui plaidez sans relâche pour la culture scientifique?Non.Parce que Galilée et Copernic, ce sont deux moments d’une démystification.Mais aujourd’hui, nous sommes ailleurs.D fut une époque où ce qui importait pour notre lucidité, c’était de comprendre que nous n’étions pas au centre du système solaire.Mais depuis, on a tellement aliéné l’être humain qu’il est nécessaire de se rappeler que la vérité d’aujourd’hui est différente de celle du temps de Galilée.SOURCE VLB EDITEUR Hervé Fischer Mais Galilée a toujours raison, non?Oui, sur un plan mathématique et optique.Mais il a tort du point de vue de l’humanisme.Parce qu’au fond, Galilée a banalisé l’être humain en banalisant la Terre et notre position dans l’univers.Expliquez-moi votre attachement au romantisme.Car après tout, le romantisme, c’est la douce douleur de «l’inaccessible étoile», c’est la larmoyante complaisance dans la nostalgie d’un passé révolu.Ce que j’ai voulu faire en lançant la bannière du romantisme, c’est d’abord rappeler le caractère fragile de l’être humain par rapport à l'utopie du post-humanisme, du cyborg, etc.Nous ressentons tous aujourd’hui la puissance de la technologie et de la science.On peut épouser celle-ci ou bien prendre conscience de notre petitesse et de notre fragilité face à elle.Dans cette situation, le romantisme est une sorte de contre-poison que j’oppose à la notion de post-humanisme.Ensuite, je dirais que cette révolution, comme bien d’autres, est vécue comme une crise.Cette situation engendre un certain spleen, un mal du siècle.D semble donc y avoir des parallèles entre le XR siècle et notre époque.Au XIX1, c’était l’industrialisation, les manufactures, le positivisme.Aujourd’hui comme hier, l’humain réagit à la vigueur de cette révolution et cela prend plusieurs formes.Fondamentalement, le néo-romantisme dont je parle est une manière de rappeler ce que nous sommes: la beauté de la fragilité humaine, la beauté de son courage; et que cela se vit avec une certaine souffrance, qui peut être fructueuse.CYBERPROMÉTHÉE L’instinct de puissance À l’âge du numérique Hervé Fischer VLB éditeur Montréal, 2003,354 pages / Renaud Monfoumy.Les poètes de l’Amérique française Proposent Le choix de Daniel Pinard dans la poésie actuelle Un poète des éditions du Boréal Avec Marlène couture, soprano Pierre Bouchard, clavecin Une présentation de Guy Cloutier Mardi 13 mai, 20 h Maison de la culture Plateau Mont-Royal 465, av.du Mont-Royal E., Montréal (514) 872-2266 Exceptionnellement Lundi 12 mai, 19 h 30 Chapelle du Musée de l'Amérique française 2, Côte de la Fabrique, Québec (418) 692-2843 L’Union des écrivaines et écrivains québécois (UNEQ), le groupe de recherche Le soi et l’autre, la Chaire de recherche du Canada en esthétique et poétique et le CELAT vous convient à ses grandes rencontres dans le cadre du 9e FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA LITTÉRATURE v Rencontre avec Charles Juliet [France] animation : Michaël La Chance Dimanche 11 mai, ISh/Ubrairia Gallimard : 3700.boul.Saint-Laurent * Rencontre avec Eugène Savitskaya [Belgique] animation : Pierre Ouellet Mardi 13 mai, 17h30 / Maison dos écrivains : 3492, rue Lava!.métro Sherbrooke.* Rencontre avec Maïssa Bey [Algérie] animation : Nellie Hogikyan Jeudi 15 mai.17h30/Maison des écrivains : 3492.rue Laval, métro Sherbrooke.Entrée libre.Info-festival : 514.277.1010 s o i AUTRE cep exltvlujfe rtf* I mrnmmimmmmmmm mÊÊÊtmmaÊrnmÊiÊÊiÊimmmÊmmÊmmmmmÊmmmÊmmmmÊmmmÊamÊmÊmmmmKtaaÊÊÊÊÊIÊtKtÊHHÊÊHÊItKKtlKmmHmimmmÊÊmÊÊÊmmmammÊmmmiiÊmmmmmmmÊmmmimÊÊmiÊmmmmmmÊÊmiltimimmmiÊmÊim^Kmmmmm LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET D I M A X VUE 11 M Al 2 0 0 S L’amour des oiseaux ODILE TREMBLAY LE DEVOIR T'Y eux pigeons s’aimaient d'amour tendre», écrivait La Fontaine, qui prenait souvent pour modèles de constance amoureuse des oiseaux, pigeons ou tourterelles.Avait-il tort?Pas vraiment.Bien des espèces à deux pattes sont monogames et fidèles, parfois même au delà de la mort du conjoint.Danses nuptiales, roues irrésistibles, appels langoureux, cadeaux à la femelle convoitée: ceux qui volent en ont long à dire, en matière d'amour courtois, à ceux qui marchent •Avons-nous vraiment inventé les astuces de la quête de l'autre ou n’aurions-nous pas, au cours du lent cheminement de notre évolution, été inspirés par cette avi-faune aux intentions si claires et aux attentions si délicates?», demande Jean Léveillé en introduction à son bel ouvrage Les Oiseaux et l’amour.Bel ouvrage, car une foule de photos couleurs parsèment les pages en occupant autant d'espace que les textes.Une trentaine d’espèces ailées ont leur chapitre, celles qui volettent dans nos champs et nos forêts, mais aussi les oiseaux tropicaux, familiers du Sud: du colibri au pélican, du fou de Bassan à l’ibis blanc.Les rituels amoureux varient, mais il ne Saurait être question de sauter sur l’objet du désir sans préliminaires ni ménagements.Un peu de délicatesse, s’il vous plaît.La cigogne blanche n’apporte pas les bébés dans les berceaux, comme le voulaient les vieilles croyances, Fidèles, elles regagnent toutefois chaque année leur même nid de quelques centaines de kilos, où le mâle doit alors reconquérir la femelle.Qu’à cela ne tienne! Sa tête tombe à la renverse, son bec craquette, les mandibules claquent, le couple se mordille.C’est parti pour la nuit de noces.Séduire exige parfois son plein renfort de coquetterie.Le macareux moine, par exemple, perroquet des mers sur nos côtes nordiques, doit revêtir son costume nuptial avant de passer en mode amoureux.Le bec grossit, se pare de rouge, de jaune, d’orangé et de bleu, les pattes jaunes virent au rouge.Bec et griffes creusent alors un tunnel jusqu’à la chambre nuptiale.Le jaseur d’Amérique, généreux, offre un pétale, un insecte ou une baie à la femelle qui l’accepte, JEAN LEVEILLE Fous de Bassan.puis le refuse, le renvoie au mâle, en un long échange de bons procédés, jusqu’à ce que l’un d’eux croque le présent.Les couples de huards se forment pour la vie et leurs longs cri amoureux résonnent sans fin sur nos lacs.Les colj-bris sont volages et carburent à d’éphémères coups de foudre.Chez les autruches, Je mâle est polygame, mais chaque concubine doit obtenir le consentement de la préférée sous peine de subir les foudres de la matrone.Chez les fous de Bassan, le mâle se révèle plutôt fidèle, mais la femelle a la cuisse légère et se laisse détourner par les œillades du premier galant venu.Holà! Le fiancé veille et, dans un face-à-face impressionnant, le couple se jauge puis déploie ses ailes.C’est l’heure des courbettes et des caresses des longs cous, rituels qui conduisent à l’étreinte convoitée après affaissement au sol.Chez les oiseaux, l’amour se chante, se bâtit, se danse, se crie, tout ça dans un but unique de reproduction, peut-être, mais avec l’art consommé de faire sa cour.LES OISEAUX ET L’AMOUR Jean Léveillé Préface de François Dompierre Editions de l’Homme Montréal, 2003,180 pages Mon clitoris est un accessoire décoratif.C’est un bibelot, une pacotille.Mane Auger L'excision Mane Auger L’excision 144 P- * 20 $ XYZ éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : (514) 525-2i-7° * Télécopieur: (514) 52S-75-37 Touaiel : info@xy2ecl1t.qcxa ________ Livres LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE POUR LA JEUNESSE La vraie vie fictive.GISÈLE DESROCHES Rien de mieux qu’un bon roman jeunesse pour comprendre la jeunesse.En voici trois, destines à des âges différents, qui retiennent l'attention.Guillaume et la nuit appartient à la catégorie des premiers romans: 44 pages en gros caractères, entrecoupées d'illustrations noir et blanc.Guillaume et la nuit est sombre d’aspect et peut-être même rébarbatif avec sa couverture deux couleurs et son sujet douloureux: la garde partagée.Tibo s’attaque pourtant à ce sujet avec une simplicité empreinte d'une gravité désarmante.D n’est pas le premier à traiter de séparation, mais il a su faire ressentir au lecteur l’angoisse qui assaille l’enfant et la solitude dans laquelle il l’affronte.Son texte porte un regard neuf sur les effets de la séparation des parents grâce à la narration à la première personne, toute centrée sur les premières impressions de Guillaume à l’arrivée dans l’appartement du père, cet appartement du quatorzième étage aux murs nus, qui semble apparia nir à quelqu'un d’autre.Malgré la présence réconfortante et chaude du père, malgré le nouveau petit singe acheté pour lui, Guillaume éprouve de la difficulté à s'endormir.D se lève et erre dans le salon la nuit sort sur le balcon, contemple la ville à-la hauteur des yeux d’un géant., C’est en racontant des histoires à son petit singe que Guillaume exprime ce qu’il ressent laAni-loureuse impression «que le ttïçnde entier se déchirait sans faire de bruit».Le personnage de l’enfant plus vrai que nature, les émotions retenues, très justes, atteignent un sommet lorsque le verre de lait déposé sur le rebord du balcon, bascule dans le vide.Anodin en lui-même, l’événement concentre pourtant la notion de vide et de mort, l’irréparable et l’impulsion formidable qui pousse à choisir la vie.L’auteur, en misant sur la force d’adaptation inouïe des enfants et sur leur créativité, esquisse des pistes de solution; Guillaume fera des gestes réparateurs et trouvera finalement le réconfort dont il a bt> soin pour s'endonnir.le texte, soie tenu à merveille par les illustrations de Daniel Sylvestre, comporte quelques images fortes qui laissent leur empreinte, ainsi que l’impression d’avoir triomphe en douce.Même impression dans C’est ça la vie?, de Louise Champagne.Destiné à des jeunes de neuf dut ou douze ans.le roman présente une jeune fille, Claudie, coincée dans une famille qui tente de se reconstituer avec le nouvel amoureux de la mère, coincée dans ses élans de preadoles-cente aussi bien qu’au fond du quatrième rang où ils viennent d'emménager.La marraine de Claudie arrive comme une bouffée d'air en proposant trois jours d’escapade avec elle à Montréal.Le riche milieu culturel dans lequel évolue la tante ne ressemble pas du tout à celui de Claudie.Elle se retrouve entourée de musiciens, de créateurs, de personnes indépendantes et marginales, d'imprévus et de textes inspirants.C’est dans ce contexte qu’arriveront les premières menstruations, que naîtront de nouvelles aspirations et que prendra racine une nouvelle philosophie de vie.Claudie puisera dans son escapade un élan et une disposition nouvelle envers sa famille.La narration limpide, émouvante, réussit à nous soulever malgré les redites et le sujet déjà abondamment couvert.Pour les adolescents, Jean-François Somain signe Retrouver Jade.Il a imaginé Boris, un personnage fort, marginal et puissamment indépendant, de retour d'Afrique depuis peu et répondant à l’appel d’une amie dont la fille est portée disparue.En s'arrêtant pour pisser dans un boisé, il aperçoit un adolescent, Daniel, qui vient de s’ouvrir les veines, déçu par la vie.Loin de vouloir le sauver ou lui faire la morale, il lui explique plutôt pourquoi son plan ne fonctionnera pas (le sang ne coule pas assez) et lui propose plutôt d’autres moyens d'en finir.beaucoup plus efficaces.D'abord ennuyé par l'importun, Daniel acceptera bientôt de le suivre et de l’aider à retrouver Jade, la jeune fille disparue.En route, ils seront victimes d'un trio de malfaiteurs à main armée qui en perdront leur latin devant la réaction inat tendue et déroutante de Boris.Ils seront impliqués dans une enquête serrée et dangereuse pendant laquelle Boris sera mis K.-0.par une attaque de malaria, laissant miraculeusement toute la place à Daniel, et au terme de laquelle ils délivreront la jeune fille séquestrée après un affrontement verbal épique avec le ravisseur.C’est un peu beaucoup pour un seul roman.C'est aussi un peu fort.D’ailleurs, les effets de la séquestration auraient pu à eux seuls faim l'objet de chapitres entiers alors que le roman se clôt sur la délivrance.Mais le texte a l’énorme mérite de défaire des clichés usés à la corde sur la violence, la «victimisation», la vie et la mort.D ouvre des fenêtres sur des perspectives nouvelles, la^s ré- tlexions qu'il suscite, justement par l'exagération des personnages, par l’enormite des coïncidences ou par la simple divergence d'im personnage atypique, est saine et salutaire.Le roman secoue quelques idées reçues et flanque un certain choc au kvteur, qui y verra peut-être mie façon différente et plus excitante d’envisager sa propre vie.B y est «1 effet abondamment question de bonheur et de philosophie, aussi mouvementée que soit sa trame.À un âge où les idées reçues commencent à s’instaUer.le remous ne peut être que bénéfique.La vraie vie, finalement, n’est-elle pas dans les romans?GUILLAUME ET IA NUIT Texte de Gilles Tibo Illustrations de Daniel Sylvestre Soulières éditeur, collection «Ma petite vache a mal aux pattes» 2(X)3,47 liages C’EST ÇA IA VIE?I nuise Champagne Québec Amérique jeunesse, collection «Gulliver» 2003,12(i pages RETROUVER JADE Jean-François Somain Soulières éditeur, collection «Graffiti» 2003,198 pages Une présentation du 9e Festival International de la LrrréRATURE APRES NOUS LE DELUGE ! > Les artistes du Saguenay-Lac-Saint-lean à l'honneur Woltdlï "V A contre-courant des idées reçues Bien que tenant d'une gauche moderniste, Wolton est volontiers à contre-courant lorsqu'il tire à boulets rouges sur les États-Unis.Louis-B.Robitaille La Presse Selon D.Wolton, l'ouverture des frontières va bientôt révéler aux individus une diversité culturelle encore insoupçonnée.Pierre Thibeault Ici Montréal D.Wolton a toujours tenu à penser la communication dans la politique Antoine Robitaille Le Devoir Flammarion Spectacle de clôture animé par Louise Portai et Pauline Lapointe Mise en scène : Stanley Péan Écrivains : Daniel Danis Danielle Duré Andre Girard Yvon Paré Stanley Pean Hélène Pedneault Louise Portal Tony Tremblay Élisabeth Vonarburc Interprètes : Monique Fauteux et Pauline Lapointe Musiciens : BenoIt Sarrazin et Francis Stephenson Éclairages : Étienne Boucher Samedi 17 mai, 20 h 30 UNION FRANÇAISE 429, rue Viger Est, métro Berri-UQAM Entrée : 10 S (régulier) / 8 S (étudiants et membres de l’UNEQ).Billetterie: 514.277.1010 Info-festival : 514.277.1010 / www.uneq.qc.ca/festival Jean Chapdelaine Gagnon Vigile 72 pages - 15,95 $ Je t’exhume À petits coups d’ongles décidés Contre la rouille de ma passivité De mes pieuses convictions Pour que tu restes 3 Question Québec SS m : CJisrEO LF, Devoir Louis-Jean Thibault Géographie des lointains 84 pages - 15,95 $ Le temps est instable ; la porte de la maison necessedes’entrouvrirpourlaisservoir le théâtre lointain des collines où passe et repasse un banc fuyant de nuages.(mtguphir tin Imtiuttn» ÉDITIONS DU ^ NOROIT 30 ans de poésie www.lenoroit.com www.revueliberte.ca LIBERTE n°260 dico dico par-ci, dico dico par-là.Jacques Drillon / Françoise Pillet / Jean Pruvost / Marie-Andrée Lamontagne / Marc André Brouillette / Marie-Éva de Villers / Line Mc Murray / Bernard Dupriez / Karine Hubert / Laurent Mailhot / J.F.Dowd / René Viau / Bertrand Gervais / Robert Melançon / Louis-Jean Thibault / Jean-Claude Brochu F S LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 M AI 2 0 0 3 Livres m F E S T I D E VAL L A INTERNATIONAL LITTÉRATURE Avec Kerouac CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Il a partagé la vie de Jack Kerouac dans ses aspects les plus intenses, lui a survécu de plusieurs décennies, et se fait un honneur d’en parler aujourd’hui.Le musicien David Amram, artiste de jazz et de musique classique, est à Montréal pour au moins deux événements ce week-end: le spectacle Visions de Kerouac, présenté demain à l’Usine C dans le cadre du Festival international de la littérature, et un autre, sur le même thème, prévu ce soir au Vaet-vient Dans un français étonnant, l’artiste nous accordait cette semaine une entrevue de New York, sur l’un de ses thèmes favoris, l’art de Jack Kerouac et de ses comparses, connus plus tard sous le nom de beat generation.Ce soir, il présentera une version vidéo du film Full My Daisy, dont il a écrit la musique mais dont les textes ont été rédigés par Kerouac et Neal Cassidy, celui-là même qui a servi de modèle au personnage central de Dean Moriarty dans le fameux roman On the Road, qui a rendu Kerouac célèbre.De Kerouac, David Amram rap-pelle l’amour fou pour la musique, la musique classique, mais surtout le jazz, qui était aussi l’inspiration de sa littérature.«Je veux être considéré comme un musicien de jazz qui souffle m long blues dans une jam-session d’un dimanche après-midi», écrivait Kerouac dans Mexico City Blues.Il faut dire aussi que Jack Kerouac partageait ses soirées avec les Dizzie Gillespie et les Charlie Parker, et qu’il s'intéressait déjà, avant la lettre, à la musique du monde.«Il était un très bon chanteur de jazz», dit Amram, qui se souvient d’un enregistrement où Jack Kerouac lisait On the Road et chantait avec un orchestre de jazz.«C’était à l’époque de Lester Young, après le dixieland et le swing, a l’époque de gens comme Stéphane Grappelli et Django Reindhardt; Duke Ellington s’intéressait à la musique mondiale», se souvient Amram.«Jack est l’un des premiers écrivains qui ont compris la musique instinctivement et, du point de vue spirituel, les musiciens», dit-il Sa littérature, son style, se voulait aussi cyclique, naturel, comme une longue improvisation.Il voulait qu’on le lise «comme un solo de jazz».Amram se souvient aussi comment Kerouac lui fredonnait des ballades qui lui venaient de son héritage canadien-français, A la claire fontaine, par exemple, ou Un Canadien errant.«Il m’a chanté ces chansons à trois heures du matin, après une soirée d’intenses plaisirs.» Selon les snobs intellectuels new-yorkais, qui ne connaissaient pas le Québec, Jack Kerouac parlait une sorte d’argot tragique.Or, on le sait, l’écrivain parlait la langue héritée de ses parents.Il pouvait aussi, dit Amram, s’exprimer en un français impeccable et récitait volontiers Baudelaire.Pour l’occasion, le Festival international de la littérature a aussi invité Roger Brunelle, porte-parole du festival Lowell Celebrates Kerouac, qui se déroule régulièrement dans le village natal de l’écrivain.Les deux soirées prévoient des lectures de poésie, dans la plus pure tradition des spectacles de poésie et de jazz lancés par Kerouac et Amram eux-mêmes, en 1957.De nombreux poètes d’ici seront de la partie.IN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE 156 pajes • Î1.95 t NOVALIS www.novalis.ca I THOU VAILLES Léon Tolstoï Écrits Avec notre collection «Retrouvailles», nous vous invitons à découvrir des textes, anciens ou plus récents, qui ont en commun d’avoir en quelque sorte été «oubliés».Tout en vous plongeant au cœur de débats du passé, ces rééditions vous offrent des outils pour mieux comprendre les grands enjeux contemporains.Chaque titre de la collection comprend une présentation critique originale.Loon Tolstoï (1828-1910) est reconnu comme un des plus grands écrivains de la littérature mondiale.Ses œuvres de fiction sont encore lues aujourd'hui, mais on tend à oublier que Tolstoï n'était pas qu’un artiste, mais aussi un penseur qui a joué un rôle crucial dans le mouvement contestataire en Russie et qui a été.comme l’a écrit Gandhi, «le plus grand apôtre de la non-violence» de son époque.En s'inspirant de ses convictions religieuses.il condamnait catégoriquement toute forme de violence, qu’elle se manifeste dans la guerre, la peine de mort ou l’exploitation du travail d’autrui.Et, conséquence ultime de ce principe, il niait également l'Etat, qui.selon lui, n’était qu’une institution servant à protéger les privilèges des riches et dont les instruments militaires, policiers et judiciaires maintenaient le peuple dans l’esclavage.Le présent recueil, traduit et présenté par Éric Lozowy, propose un choix d’essais qui donnent l’occasion de découvrir cet aspect méconnu, mais pourtant fascinant, de l’oeuvre de Tolstoï.ES CO I T 1 ON S $ J» S tES IPiT'ûNS f St S ecosoaete 161 pages O 18$ ISBN 2-921561-89-1 10 ans.et toujours de l’avant I Tél.: (514) 521-0913.Téléc.; (514) 521-1283 Courriel: infoOecosociete.org.Toile: www.ecosociete.org Le reflet des os CATHERINE MORENCY « 'j/niê al «j puïJlwi'pàUf h 'jiulls-t L’une des femmes les plus influentes au Québec Découvrez sa vie, sa carrière et la source de son engagement social A FRANÇOISE DAVID— Solidaire, d'abord! Une entrevue inédite de Pierre Maisonneuve UH.U R Miroir, dis-moi, qui est la plus belle?» Cette rengaine, extraite d’un conte pour enfants, nous replonge instantanément dans un univers soyeux, baigpé d’un idéal naïf Dans la bouche de Mari&Eve Matte, cependant, elle nourrit un terrorisme intérieur avec lequel de trop nombreuses jeunes filles composent et négocient jusqu’à l’abîme, l’anorexie déployant une force d’attraction inimaginable, souvent fatale.Après les documentaires, les brochures gouvernementales et les campagnes de sensibilisation, il faut se rendre à l’évidence: le discours politique n’atteint pas le «public cible» constitué d’adolescentes et de leur entourage, une zone sociale trop vaste pour qu’on puisse y cibler les individus «à risque», les futures victimes, pour fins de «conscientisation».Pourtant, à cent mille lieues du jargon stérile qu’emploient les créateurs de programmes en santé et en services sociaux, une jeune femme résiste au gouffre qui promettait de l’engloutir et prend la parole.Ses mots, fébrilement consignés dans Devant le miroir, sont aussi frêles que le corps tuméfié qu’elle détaille longuement dans cette sombre litanie, portes grandes ouvertes sur l’obscur.Disons-le d’emblée, ce récif autobiographique, se déploie sans aucune connivence avec la poésie.Happée par un sentiment d’urgence, l’auteure y déballe son sac comme sous hypnose, à la fois enquêteuse et présumée coupable d’un crime odieux: son propre anéantissement.«J’ai côtoyé l’anorexie avant l’amour, écrit-elle froidement la boulimie avant l’amitié.Je me suis empiffrée autant que j’ai jeûné.Je me suis cachée des autres et de moi-même.Je me suis trouvée affreuse à tel point que j’ai voulu mourir pour empêcher la honte de m’atteindre.Je croyais que j’allais gagner la bataille, mais il n ’y avait pas de guerrier à combattre, mon cotps était l’ennemi.» Seule une prose brutale, exacte et chirurgicale peut rendre l’horreur nourrie de culpabilité que ressent celle qui s’observe, lucide, procéder au culte morbide exposé, au fil des pages, avec une franchise terrifiante.Ici, la seule métaphore qui filtre des mots est guerrière, la vie d’une anorexique étant réglée «au quart de tour», la jeune fille qui en est atteinte devenant le soldat suicidaire qui contre-attaque sans arrêt sa propre division, accomplissant la plus absurde des stratégies.«Je suis un vrai squelette, je n’ai que la peau et les os, je suis encore plus laide, je ne suis pas une femme, je ne suis pas une enfant, je ne suis qu ’un paquet d’os qui survit grâce à la colère», confie-t-elle avant de constater que «chaque jour est un combat, ma bataille pour la beauté, et souffrir est le prix à payer — il faut souffrir pour être belle».Profondément seule, la jeune femme accomplit un rituel contre lequel, de bonne résolution en rechute, elle n’arrive que rarement à imposer sa volonté de rompre avec la destruction.Devant l’impuissance de ses parents — qui ne savent pas, comme il arrive trop souvent dans de tels cas, reconnaître les symptômes d’une véritable pathologie chez leur fille —, elle convoque un personnage dont elle se pare comme d’un écho afin de partager une angoisse qui devient, au bout de quelques années, intenable.Le miroir, objet fétiche quoique repoussoir, prend chair sous les traits de Melhy, qui devient à la fois interlocutrice et reflet de sa créatrice, l’acculant par un convaincant effet de symétrie, à l’effroyable réalité qui est devenue la sienne, rendant dès tors impossible la fuite hors de soL Impossible de dire si l’histoire se termine sous de meilleurs auspices.«L’anorexie et la boulimie sont des entités, conclut Matte, qui, tels des vautours, épient leur proie pour l'attaquer au moment où elle est la plus faible.Et des moments faibles, nous en avons tous.Force est d’admettre que dans nos sociétés de gagnants et de performers fmoo ver and shaker, dit-on, parait-il, au Canada anglais), la faiblesse n’a pas très bonne presse.Gare à celui ou à celle qui, âgé de quinze ans et pétant de santé, admettra la sienne, souvent cernée par le doute et l’insécurité.On lui servira probablement des plats tels que: “Mange ta soupe, au tiers-monde les enfants meurent de faim!”» L’ignorance Notre tiers-monde a nous, Nord-Américains opulents, c’est l’ignorance.Au Québec seulement on estime que près de 100 000 jeunes souffrent de troubles alimentaires.Les écoles secondaires sont remplies de fillettes qui se font vomir comme d’autres respirent, consomment assidûment des laxatifs et altèrent une santé déjà fragile parce qu’en pleine évolution, sans la moindre réaction d’autrui.Ce livre s’adresse aux parents qui constatent avec effroi que leur fille a rompu les ponts avec eux et pour qui chaque repas devient tyrannie, n’admettant sous leurs yeux qu «une petite portion, je n’ai pas très faim aujourd’hui», aux enseignants et aux directeurs d’école devant qui les mêmes étudiantes maigrissent à vue d’œil en hurlant à l’aide sans avoir la for-ce de se faire entendre, aux médias, enfin, qui continuent d’imposer aux femmes de plus en plus jeunes une image stéréotypée de la beauté et de la réussite, mettant à profit le diktat qui veut que «hors de l’enveloppe chamelle, point de salut».DEVANT LE MIROIR Marie-Eve Matte Boréal Montréal, 2003, 105 pages Au Québec seulement, on estime que près de 100 000 jeunes souffrent de troubles alimentaires Une présentation de l'Association des libraires ou Québec EN COLLABORATION AVEC le 9* Festival international de la littérature HOMMAGE AUX 10 ANS DU PRIX DES LIBRAIRES DU QUÉBEC > SPECTACLE LITTÉRAIRE précédé de > LA CÉRÉMONIE DE REMISE DES PRIX 2003 animée par Dominique Pétin MlSt EN SCÈNE MARCEL POMERLO ÉCRIVAINS-LECTEURS GIL COURTEMANCHE BRUNO HÉBERT MARIE LABERGE MONIQUE PROULX MICHEL TREMBLAY SYLVAIN TRUDEL .—-Comédiennes _________ MAUDE GUÉRIN CÉLINE BONNIER Musicien ÉRIKSHOUP Mardi 13 mai, 19 h 30 LION D'OR, 1676, rue Ontario Est Entrée libre.Info-festival : 514.277:1010 / www uneq.qc.ca/festival Dans le cadre du IV’ Salon du livre anarchiste, les Éditions Ëcosociétè vous invitent au LANCEMENT de ce recueil inédit! CAFÉ LA PETITE GAULE Mercredi 14 mai, dès 17h 2525, rue Centre, Montréal (métro Charlevoix) Québec SS 1*1 11 Ni ¦ -*7- CanarCT ______.___ U DEVOIR Une coproduction du 9e Festival International de la Littérature et du Studio littéraire de la Place des Arts ENFANCES SPECTACLE LITTÉRAIRE // nat fznyï Urifemce Hoi.Av.'û f?4GLTfJ« - ÉCRIVAINS-LECTEURS : Carmen Boullosa (Mexique) Abdelkader Benaü (Maroc / Pays-Bas) Maïssa Bey (Algérie) Helène Dorion (Québec) Charles Juuet (France) Hélène Monette (Québec) Eugène Savitzkaya (Belgique) Comédiennes : Julie McClemens et Monique Miller Metteur en scène : Martin Faucher Conseiller littéraire : Stéphane Lépine Musicienne : Maryse Poulin ÉCLAIRAGES: Étienne Boucher Diffusion en différé sur les ondes de la Chaîne culturelle de Radio-Canada dans le cadre de l'émission Les décrocheurs.d’étoiles Réalisation Christine Germain.Mercredi 14 mai, 19 h 30 CINQUIÈME SALLE DE LA PLACE DES ARTS Entrée : 12 S (régulier) / 8 S (étudiants) Billetterie : 514.277.1010 / 514.842.2112 Info-festival : 514.277.1010 / www.uneq.qc.ca/festival Québec SS Canadü .Vittn dm Montréal ‘te Mwrraui VIHt dé Montréél n X LE DEVOIR iUlttllMIl SScelat “*7“ T
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