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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-05-14, Collections de BAnQ.

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V o L .X C I V X ' 1 0 6 ?LE MERCREDI 14 M A 1 2 0 0 » _____________ S 7 r + T \ \ KS - 1$ MUSIQUE Concours international des JMC: place au violon PageBS OTTAWA Report de la décision au sujet du bouclier antimissile Page A 3 1 e d e v o i r LE DEVOIR Recensement 2001 Religion: le paradoxe québécois C LAIRAN D RÉE CAUCHY LE DEVOIR Même s’ils pratiquent peu, une grande majorité de Québécois (83,2 %) s’identifient toujours à la religion catholique romaine.Après Terre-Neuve, le Québec est la deuxième province où il y a le moins de personnes qui déclarent n’appartenir à aucune religion.Lors du dernier recensement, réalisé en 2001, seulement 5,6 % des Québécois affirment n’avoir aucune religion, soit une augmentation de 56 % par rapport au recensement de 1991.Cette proportion est de 16,2 % dans l’ensemble du Canada.Seule Terre-Neuve affiche un taux plus bas que le Québec, avec 2,5 %.Le Territoire du Yukon et la Colombie-Britannique remportent la palme du pourcentage d’areligieux (37,4 et 35,1 %).Près des trois quarts des Canadiens qui disent n’appartenir à aucune religion ont moins de 44 ans.Pourtant, le Québec est aussi la province où la participation aux services religieux est la plus faible, selon l’Enquête sociale générale également publiée par Statistique Canada.Entre 1999 et 2001, seulement 25 % de la population québécoise assistait à un service religieux VOIR PAGE A 8: RELIGION ¦ Lire autres textes en page A 2 POURCENTAGE DE PERSONNES QUI DÉCLARENT N'APPARTENIR A AUCUNE RELIGION Canada 16,2 % Terre-Neuve-et-Labrador 2,5 % île-du-Prince-Édouard 6,5 % Nouvelle-Écosse 11,6% Nouveau-Brunswick 7,8 % Québec 5,6% Ontario 16,0% Manitoba 18,3 % Saskatchewan 15,4% Alberta 23,1 % Colombie-Britannique 35,1 % Territoire du Yukon 37,4% Territoire du Nord-Ouest 17,4% Nunavut 6,0 % STATISTIQUE CANADA—RECENSEMENT 2001 OGM: le Canada s’allie aux Etats-Unis contre l’Union européenne ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le Canada s’est joint hier aux États-Unis et à 11 autres pays pour contester auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) les obstacles imposés par l’Union européenne (UÉ) à l’importation de leurs produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM).Les plaignants en veulent particulièrement à sept pays membres de l’UE, dont la France, l’Italie et la Belgique, qu’ils accusent d’imposer un moratoire de facto sur les OGM en bloquant depuis 1998, leur approbation par les autorités scientifiques et sanitaires.«Le moratoire imposé sur les OGM va à l’encontre des obligations de l’UE à l'OMC; il n’est basé sur aucune évaluation scientifique du risque et, de ce fiait, crée un obstacle injustifié au commerce», a expliqué par voie de communiqué, hier, le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew.Il en veut pour preuve les nombreuses agences scientifiques européennes qui ont conclu à l'absence de danger concernant les produits transgéniques approuvés.«Le moratoire européen viole les règles du commerce international.Dans le monde entier, des gens consomment des produits génétiquement modifiés depuis des années», a pour sa part déclaré l’instigateur de la démarche, le représentant américain au Commerce Robert Zoellick.VOIR PAGE A 8: OGM INDEX •s Actualités Annonces .Qj—— Avis pubUcs Bourse O' Culture Économie.vn Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.A 5 Mots croisés.B 5 Sports.B 6 Télévision.B 7 Riyad sous le choc HUAI.QABAIAN AGENCE FRANCE-PRESSE MÆ Æ&tà A 1 * Un soldat saoudien monte la garde près de voitures détruites par l’explosion d’une voiture piégée dans le complexe résidentiel Al-Hamra à Riyad, en Arabie Saoudite.Quatre explosions, que des experts attribuent au réseau al-Qaïda, ont fait au moins 29 morts et près de 200 blessés lundi.La marque d’al-Qaïda FRANCIS TEMMAN AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — En dépit des durs coups portés par Washington, le réseau terroriste al-Qaïda — auquel plusieurs responsables américains attribuent les sanglants attentats de lundi soir en Arabie Saoudite — a reconstitué des bases arrière opérationnelles dans des zones d’instabilité et continue de représenter une menace.Une menace d’autant plus dangereuse que le réseau s’est transformé en une «idéologie virtuelle» diffusée mondialement par Internet, prévenaient hier des experts.Quatre attaques suicide à la voiture piégée, le caractère quasi simultané des explosions, des intérêts occidentaux visés: le modus operandi de l’attaque spectaculaire perpétrée en Arabie Saoudite porte la marque de fabrique du groupe terroriste fondamentaliste musulman.«Hormis le Hezbollah saoudien, qui n’est pas nécessairement lié à al-Qaïda mais peut vraisemblablement travailler main dans la main avec lui, il n’y a pas d’autre groupe en Arabie Saoudite qui puisse exécuter ce type d’attaques suicide coordonnées sur des cibles multiples», estime le spécialiste d’al-Qaïda Peter Bergen.VOIR PAGE A 8: AL-QAÏDA L’incertitude persiste quant au bilan des attentats, page A 5 XAVIER l.HOSPICE REUTERS f JL V •-."X-’Ae St'.»’.Les passagers d’un des rares trains qui roulaient hier à Paris ont débarqué à la gare Saint-Lazare.Plusieurs festivaliers en partance pour Cannes ont été bloqués.Festival de Cannes La grève generale bloque des festivaliers ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Cannes — Le tapis rouge se fait installer, les chapiteaux reluisent au soleil.En plein cœur du Par lais des festivals, des dessins de Cocteau sont imprimés sur de grands voiles blancs.«Viva il Cinema!», proclame la sobre affiche du festival, en hommage à Fellini, disparu il y a dix ans.Même le temps radieux sourit d’optimisme, mais.les rues paraissent trop tranquilles pour être honnêtes.En général à la veille de l’ouverture de ce rendez-vous du cinéma, ça bourdonne comme une ruche à Cannes.Alors quoi?En ce beau 13 mai 2003, une grève générale, en protestation contre les nou- veaux plans de retraite nationaux, a paralysé les avions, les trains, les métros ou du moins la grande majorité d’entre eux en douce France.Les taxis sont débordés, les autos à louer manquent Les journaux ne sont pas livrés.Bien des festivaliers, du moins ceux qui n’ont pas eu la présence d’esprit de monter ici une journée plus tôt hurlent de frustration, incapables de rejoindre la Côte d’Azur, si ce n’est en charrettes à bœufs, elles-mêmes guère plus faciles à dégoter que les montgolfières par les temps qui courent VOIR PAGE A 8: CANNES ¦ La grève massive paralyse la France, page A 5 Le Québec sans pitié pour les médecins étrangers Quatre ans en région ou une pénalité de 300 000 $ MARIE-ANDRÉE CHOUINARD ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Dans le contexte actuel de pénurie de médecins, le gouvernement du Québec continue d’imposer des pénalités financières de l’ordre de 300 (XX) $ aux médecins étrangers qui ne se plient pas à la consigne gouvernementale de quatre années consécutives de pratique en région.Les étudiants étrangers qui s’inscrivent aux quatr e facultés de médecine québécoises doivent signer un contrat similaire au moment de leur inscription et s’engager à respecter ces conditions s’ils choisissent de pratiquer au Québec.Avec des mesures restrictives du genre, et alors que le gouvernement affirme .vouloir faciliter l’entrée de médecins non canadiens, il est facile de comprendre pourquoi les étudiants étrangers inscrits à la faculté de médecine de l’université McGill choisissent de retourner d’où ils viennent plutôt que de porter le sarrau au Québec.Voilà ce qu’a vivement critiqué hier la nouvelle principale de McGill, Heather Munroe-Blum, lors de sa toute première allocution publique, devant le parterre de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.«Cette règle punitive élimine carrément tout espoir qu’un Américain ou tout autre étudiant étranger, qui a complété son programme de médecine à McGill, décide de rester pour pratiquer au Québec», a-t-elle affirmé après avoir exposé la nature de cette mesure punitive.VOIR PAGE A 8: MÉDECINS IDEES L’eldorado de la pêche au crabe La pèche au crabe n’a rien de traditionnel, écrit le professeur Albert Lejeune.Les revenus y sont aussi imposants que les moyens employés pour exploiter la ressource sans égard à son renouvellement, transformant ainsi la pêche en arme de destruction massive.¦ À lire en page A 7 BIBLIOTHEQUE QUEBECOISE Pierre DesRuisseaux Dictionnaire des expressions québécoises « Recensement 2001 Le revenu des familles Les riches ^enrichissent.Mais les familles monoparentales et les personnes âgées ont aussi amélioré leur sort VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Tandis que les enfants d’immigrants vivent de plus en plus pauvrement, les personnes âgées et les mères de famille monoparentale ont vu leurs revenus augmenter au cours de la dernière décennie.Comme en témoigne l’analyse tirée du recensement du 15 mai 2001 et publiée hier par Statistique Canada, le revenu moyen des familles n’a guerre bougé depuis dix ans.Ainsi, le revenu familial brut (avant les impôts), qui se situait à 54 560 $ en 1990, était de 55 016 $ en 2000, soit une différence de 456 $ ou 0,8 %.Toutefois, en examinant de plus près les données, on constate que la situation n’est pas aussi uniforme entre les différents groupes de la société.C’est le cas des familles les plus riches, qui ont vu leur situation financière s’améliorer sensiblement.Tirant profit de la croissance économique, le revenu moyen des familles les mieux nanties a bondi de 161460 $ à 185 070 $, un saut de 14,6 %.Qui plus est, le revenu combiné de la tranche de 10 % des familles riches compte maintenant pour 28 % des revenus de l’ensemble des familles recensées.«Im population n'a pas profité des gains de productivité et de la croissance économique.Ce sont les compagnies qui en sont sorties gagnantes», croit Ruth Rose, professeur au département des sciences économiques de l’UQAM.Mais il faut faire attention, signale le sociologue Simon Langlois, de l’Université Inval.«On présente les revenus bruts et non les revenus disponibles.Or notre système d’imposition est progressif et ceux qui ont des salaires très élevés paient également plus d’impôt.Oui, il y a des écarts de revenu de marché.Oui, les riches se détachent du peloton et c’est d'ailleurs une tendance nord-américaine.Mais nous avons des mécanismes de redistribution qui font en sorte qu’il y a une ponction sur les revenus les plus élevés qui diminue les inégalités.» Cela dit, la pauvreté a augmenté de façon dramatique chez les enfants de nouveaux arrivants.«Alors que le nombre d’enfants se trouvant dans une situation de faible revenu et ayant des parents natifs du Canada a diminué au cours de chacune des deux dernières décennies, le taux de faible revenu chez les enfants ayant des parents immigrants s'est accru», souligne Statistique Canada.Ainsi, le tiers des enfants — on parle ici de 231 000 enfants — dont î'un des parents s’est installé au pays au cours des années 1990 vit dans la pauvreté.Il s’agit d’une nette détérioration de la situation puis-qu’en 1980, ce pourcentage était de 20 %.A titre de comparaison, 16 % des enfants de parents nés au Canada vivaient sous le seuil de la pauvreté en 2000, en baisse de trois points depuis 20 ans.Et c’est encore pire lorsque les deux parents ont récemment immigré au pays, car 39 % de ces familles vivent dans la pauvreté.«En général, les immigrants ont des problèmes à s’intégrer au marché du travail, car il y a encore beaucoup de discrimination, souligne Ruth Rose.Il faudrait cependant voir à long terme et non seulement vérifier ce qui se passe au cours des premières années.» La situation est tout autre pour les mères de famille monoparentale et les personnes âgées, qui ont vu leur sort s’améliorer au cours des années 90.Pour la première fois depuis 1980, la proportion de familles à faible revenu est passée sous la barre des 50 % pour se poser à 46 %.«Les femmes sont plus scolarisées et elles ont également sans doute eu plus d’opportunités sur le marché du travail car, pour sortir de la pauvreté, il faut des revenus de travail», indique Pierre Lefebvre, professeur au département de sciences économiques de l’UQAM.Mqis encore, l’aide accordée par l’État sous forme d’allocation a également donné un coup de pouce aux familles monoparentales.«Ces familles voient leur revenu disponible augmenter plus rapidement par rapport aux autres groupes à cause de bénéfices fiscaux», insiste Simon Langlois.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les personnes âgées ont également une bourse mieux remplie.En 2000,17 % d’entre elles vivaient dans la pauvreté, ce qui représente une baisse de 13 points depuis 1980.«Cela reflète une plus grande participation au marché du travail de ceux qui ont pris leur retraite dans les années 90», croit M.Lefebvre.Ainsi, un nombre plus élevé de travailleurs auraient bénéficié de régimes de retraite privés.Ils auraient également mis plus d’argent de côté par le truchement de placements.Depuis le 1er mai 2003 De nouvelles normes du travail Les normes u ^ c'est Don.pour tout le monde! Depuis le 1" mai, de nouvelles dispositions aux normes du travail sont en vigueur.Si vous êtes salariés ou employeurs assujettis aux normes du travail, ces changements à la Loi sur les normes du travail vous concernent.Ils remplacent ou modifient plusieurs dispositions de la loi relatives, entre autres, aux congés familiaux, au salaire, aux jours fériés, aux congés de maladie, au pourboire, aux vacances et aux recours.Employeurs, vous avez de nouvelles responsabilités! Salariés, vous avez de nouveaux droits ! Récemment, la Commission des normes du travail a distribué un encart spécial dans les quotidiens et les hebdos locaux.Conservez-le.Vous y trouverez de nombreux renseignements sur les modifications à la loi.Pour en connaître davantage, adressez-vous à la Commission des normes du travail.www.cnt.gouv.qc.ca Région de Montréal: (514) 873-7061 Ailleurs au Québec: 1 800 265-1414 l** mrnnts ( »it DOn .pour tout R.momie Commission des normes du travail Québec II ” L’Etat doit assumer ses responsabilités envers les pauvres Les chiffres démontrent que «le lobby des riches a été plus efficace», estime Vivian Labrie NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE Québec — Les dernières données de Statistique Canada sur le revenu familial démontrent la non-pertinence des baisses d’impôt pour les familles les plus riches, estime le Collectif pour une loi sur l’élimination de la pauvreté.«C’est très mauvais pour la démocratie quand on constate que les institutions démocratiques ne sont plus capables d’assurer la redistribution de la richesse», a déclaré hier la porte-parole du Collectif, Vivian Labrie.Les données rendues publiques par Statistique Canada indiquent en effet que les revenus des familles les plus pauvres n’ont pratiquement pas bougé entre 19k) et l’an 2000.Les revenus de la tranche des 10 % les plus pauvres ont augmenté de moins de 1 % en 10 ans, pour s’établir à 10 341 $.Les revenus de la tranche des 10 % les plus riches ont par contre augmenté de 14,6 % en 10 ans.Ce revenu moyen s’établit maintenant à 185 070 $.L’écart s’élargit donc considérablement entre les plus riches et les plus pauvres.«Ces données ne constituent pas une surprise.Le lobby des riches a été plus efficace que celui des pauvres», a dit Mme Labrie.Elle a fait valoir qu’en plus de l’écart grandissant entre pauvres et riches, d’autres mesures ont réduit le pouvoir d’achat des familles les plus pauvres depuis l’an 2000.Par exemple, les assistés sociaux doivent maintenant débourser au Québec des frais mensuels de 16,77 $ pour leurs médica- ments, lesquels étaient gratuits auparavant De plus, la hausse du coût des loyers, causée par la pénurie actuelle de logements, frappe de plein fouet les locataires les plus pauvres, a noté Mme Labrie.Elle a enfin relevé le fait qu’au cours de la période étudiée par Statistique Canada, soit entre 1990 et 2000, le gouvernement fédéral a restreint les conditions d’admissibilité à l’assurance-emploi, privant ainsi des milliers de Canadiens et de Québécois de prestations auxquelles ils avaient droit auparavant L’ensemble des mesures prises par les gouvernements et les conséquences mesurées dans les données de Statistique Canada prouvent l’importance que les mesures contenues dans la Loi votée par l’Assemblée nationale en décembre dernier soient mises en place le plus tôt possible, croit la porte-parole du collectif.Cette loi force notamment le gouvernement à publier d’ici quelques jours son plan d’action de lutte à la pauvreté.Ce plan d’action devait être dévoilé le 5 mai dernier, mais le changement de gouvernement à la suite des élections du 14 avril dernier a causé un délai à sa publication.Par ailleurs, les représentants du collectif doivent rencontrer cette semaine le ministre de la Solidarité sociale, Claude Béchard, pour débattre du contenu de ce plan.Le collectif plaidera également pour que le budget que le gouvernement Charest doit présenter devant l’Assemblée nationale en juin contienne des mesures susceptibles d’aider à la lutte contre la pauvreté.Logement: des chiffres trompeurs CLAIRANDRÉE CAUCHY LE DEVOIR Une proportion moins importante de ménages québécois consacraient plus de la moitié de leur revenu au loyer en 2000 comparativement à 1995.Voilà ce qui ressort des données du dernier recensement publiées hier par Statistique Canada.Mais, selon le FRAPRU, ce constat ne doit pas faire oublier la réalité d’aujourd’hui: la crise du logement que l’on vit depuis trois ans a fait augmenté le prix des loyers.Quelque 17,5 % des ménages québécois allouaient plus de la moitié de leur revenu au logement, alors que cette proportion était de 22,5 % en 1995.La proportion de ménages locataires qui consacrent plus de 30 % de leur revenu à leur loyer est également en baisse: elle est passée de 42,5 % en 1995 à 36 % en 2000.Au Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), on estime qu’il n’y a pas vraiment de quoi se réjouir «Le recensement trace un portrait de la situation en 2000, avant que la pénurie commence à faire effet.La pénurie a commencé en 2000, mais elle s’est répercutée seulement en 2001 sur le coût des loyers», nuance le porte-parole, François Saillant.«Cela reste épouvantable que tant de gens consacrent autant pour se loger, alors que le gouvernement fixe à 30 % du revenu le montant acceptable qu’un ménage peut consacrer à son logement.On remarque que les gens coupent dans les sommes allouées à d’autres besoins essentiels Pour boucler leur budget, principalement la nourriture et, depuis peu, les médicaments», observe M.Saillant Il souligne qu’il faudra attendre le prochain recensement pour constater les effets de la crise du logement, alors que le coût des loyers, à Montréal, a augmenté de près de 10 % en deux ans.Pour le FRAPRU, la relance de l’emploi et les faibles taux d’augmentation des loyers expliquent l’amélioration constatée entre 1995 et 2000.Le prix des Libraires .j I / JACQUES NADEAU LE DEVOIR LE LAUREAT du prix des Libraires 2003 a été remis à Gaétan Soucy pour son roman Music-Hall! publié chez Boréal.L’auteur était en route pour le Salon du livre de Turin lors de la remise officielle du prix hier soir, mais il avait pu apprendre la bonne nouvelle en matinée.Dans la catégorie «hors Québec», c’est Dennis Lehane pour Mystic River (Éditions Rivages) qui a reçu les honneurs.Le comité du prix des Libraires était présidé cette année par Yvon Lachance de la librairie Olivieri à Montréal.\ t \ LE DEVOIR.LE MERCREDI 11 MAI 20 0 3 A -* LE DEVOIR *-—- ACTUALITES Manon Cornellier ?La démocratie vue par les libéraux Maintenant qu’il n’en a plus le contrôle, Jean Chrétien n’a de yeux que pour son caucus.Il le flatte, le courtise et.le consulte.Il a même décidé de retarder sa décision de s’engager dans des négociations avec les Américains sur le bouclier antimissile à cause de la «discussion à l’intérieur du caucus», a-t-il dit à sa sortie du cabinet hier.«H y a des opinions divergentes dans le caucus», a-t-il ajouté, et il veut donc attendre avant de trancher.Deux ou trois semaines, soit après le congé parlementaire de la semaine prochaine et peut-être même après le voyage en Europe qu’il doit effectuer du 27 mai au 3 juin.Deux périodes, soit dit en passant peu propices à la consultation d’un caucus.Jean Chrétien a, bien sûr, toujours dit qu’il n’y avait rien de plus important que la réunion hebdomadaire de ses députés, mais cela n’a jamais été jusqu’à les écouter.Les exemples sont nombreux, mais il suffit de se rappeler le triste épisode du vote contre l’indemnisation des victimes de l’hépatite C qui avaient été contaminées avant 1986 et après 1991.Le premier ministre a toujours eu tendance à opter pour l’intimidation et la discipline de fer.Les temps ont changé.Son successeur veille en coulisses et si le premier ministre veut garder un minimum de contrôle, il doit se montrer plus attentif.Le problème est que Jean Chrétien ne voit plus que ça, son caucus.On pourrait dire que c’est un progrès après les années passées à concentrer le pouvoir entre les mains de l’exécutif et de son bureau, comme Ta démontré le politologue Donald Savoie dans son ouvrage Governing from the Centre, paru il y a quelques années.Le progrès n’est cependant qu’un leurre et fait oublier que le Parlement reste le grand négligé dans tout ça.Après l’avoir sans cesse traité comme un mal nécessaire, Jean Chrétien ignore complètement le Parlement à l'heure actuelle.Le premier ministre s’était opposé à la tenue d’un vote sur la guerre en Irak mais avait tenu au moins des débats exploratoires.Cette fois, il refuse carrément de lancer un débat aux Communes sur la pertinence ou non de participer au système de défense antimissile américain.La semaine dernière, il affirmait en fait qu’il revenait à l’opposition de tenir un débat parlementaire sur cette éventuelle décision.«R y a des journées d’opposition qui servent justement à discuter de ce genre de problèmes.Nous sommes en train d’en discuter au sein de notre parti et de notre gouvernement, et nous serions très heureux, si l’opposition pense que c’est suffisamment important, de prendre une de leurs journées pour avoir un débat à la Chambre.R n’en tient qu’au député de prendre ses responsabilités», a-t-il dit au chef bloquiste Gilles Duceppe.En somme, le premier ministre du Canada ne juge pas ce revirement de la politique étrangère canadienne suffisamment important pour y consacrer une journée réservée aux affaires gouvernementales.Sa responsabilité à lui se limite à consulter son cabinet et son caucus.Les élus?La population?Nietl Le néodémocrate Bill Blaikie était hors de lui hier et Ta accusé de mépriser le Parlement «Ça ne suffit pas de consulter les libéraux.Rs ne représentent pas la totalité de l’univers politique.Ry a une place pour ça appelée Parlement», a-t-il lancé.Environ 59 % de la population canadienne a voté pour un autre parti que le Parti libéral du Canada lors des dernières élections.Le PLC a aussi perdu la toute dernière élection partielle, tenue lundi dans Perth-Middlesex.Mais pour Jean Chrétien, la démocratie se confond avec son parti.Le pire est que cette attitude arrogante à l'égard du Parlement se répand comme une plaie dans les rangs du cabinet La semaine dernière, c’était le ministre de la Défense, John McCallum, qui reprenait la thèse de Jean Chrétien.Hier, c’était au tour du ministre des Affaires étrangères.Bill Graham, qui est même allé un peu plus loin.A une journaliste qui lui demandait s’il ne serait pas préférable que le gouvernement obtienne un «mandat» de la Chambre pour entreprendre des négociations avec Washington, il a répondu non en invoquant fort étrangement les traditions parlementaires.«R y a toujours un mandat du Parlement dans notre système.Ryades votes sur des choses mais c’est le gouvernement qui décide», a-t-il dit II a ensuite ajouté que le gouvernement «a toujours l’approbation du Parlement» puisqu'il détient la majorité des sièges.A ce compte-là, se sent-on obligé de répondre, mettons la clé dans la porte! Un débat derrière les portes closes du cabinet ou du caucus libéral n’est que ça, un débat entre libéraux.Ce n’est pas un débat ouvert.Ce n’est pas un débat public.Inviter les autres partis à les imiter et à débattre entre eux, comme Tont fait MM.Chrétien et McCallum, ne résout rien.Ça signifie encore que les citoyens, eux, sont laissés sur le carreau.On se demande quelle mouche a bien pu piquer les politiciens libéraux provinciaux et fédéraux.A Québec, on a jonglé avec l’idée de changer, sans tenir de commission parlementaire, la notion d’indemnisation sans égard à la faute du régime d’assurance-automobile.A Ottawa, on s’en tient à des débats à huis clos sur un engagement à long terme en matière de défense.Quand un parti gouverne, il le fait pour tout le monde.Mais quand un chef prend son parti pour le Parlement, cela veut dire qu’U a intégré l’idée que le pouvoir lui revient de droit Qu’il n’a plus à se préoccuper des élus d’allégeances différentes et par ricochet des Canadiens qu’ils représentent C’est une façon de faire propre à un régime de parti unique.Jouer ce jeu sans vergogne équivaut à laisser s'éroder sa fibre démocratique.C’est épeurant mcomellier®ledevoir.com Bouclier antimissile Ottawa reporte sa décision Les députés libéraux en désaccord pourront s’exprimer mais pas question d’un débat au Parlement « JIM Y01IN0 RKUTKKS Le ministre des Affaires étrangères, Bill Graham, a soutenu que le gouvernement n’avait nul besoin de consulter le Parlement ou le citoyen pour prendre une décision au sujet de sa participation éventuelle au bouclier antimissile américain.ISABELLE RODRIGUE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le premier ministre Jean Chrétien a retardé de quelques semaines la décision de son conseil des ministres sur la participation du Canada au projet américain de bouclier antimissile parce qu’U tient absolument à laisser le temps aux députés libéraux de s’exprimer.Les ministres de la Défense et des Affaires étrangères doivent encore discuter du sujet avec les députés d’arrière-banc du parti, a expliqué hier M.Chrétien à la sortie de la réunion de son conseil des ministres.«Nous avons décidé d'attendre que ces discussions aient lieu et qu’elles soient terminées et le cabinet se penchera de nouveau sur la question.» Ottawa n’a cependant pas l’intention de profiter de ce report pour sonder l’opinion de la population ou de soumettre la question à un débat au Parlement, a souligné Bill Graham, le ministre des Affaires étrangères.«Nous vivons dans une démocratie parlementaire, a affirmé le ministre pour justifier en quoi le gouvernement peut se passer de l’approbation du Parlement Le Parti libéral du Canada a été élu pour gouverner le pays.Nous n’avons pas besoin de veto de l’Alliance ou des autres.» Le conseil des ministres doit d’abord décider si Ottawa s’assoira à la même table que Washington afin d’amorcer des discussions sur le projet.Au bout de ces discussions, qui pourraient durer des mois, le gouvernement décidera si, oui ou non, il se joint au projet.Pour le Bloc québécois et le Nouveau Parti démocratique (NPD), l’attitude du gouvernement Chrétien, qui refuse de débattre du projet est une preuve que la politique canadienne est de plus en plus dictée par Washington.«R faut en discuter ici auparavant, c’est la première des étapes, a mentionné Gilles Duceppe, chef du Bloc.Avoir la position de la Chambre, et par la suite, la manifester aux Américains.» Selon Jack Layton, chef du NPD, Ottawa se doit de donner l’occasion à la population de s’exprimer avant qu’une décision soit prise.«Les Canadiens n’ont pas l’occasion de donner leur point de vue, et il n’y a pas de débat à la Chambre des communes», a-t-il noté.Ottawa réplique que, si le Bloc ou le NPD veut débattre du projet de bouclier antimissile aux Communes, ils n’ont qu’à utiliser Tune des journées de l’opposition pour ce faire.C’est ce que le Bloc québécois fera, demain, invitant le gouvernement et les leaders de tous les partis à accorder un vote à la suite du débat Le gouvernement américain prévoit mettre en branle les premières étapes de son système à l’automne 2004.Ce projet vise, au moins, à déployer sur le territoire américain des fusées d’interception terrestres qui serviraient à intercepter des missiles balistiques.Le premier ministre Chrétien, qui semble plutôt favorable au projet, fait cependant face à une forte opposition au sein même de son caucus, où plusieurs députés estiment que le Canada ne devrait pas s’associer au projet.C’est également l’opinion de la ministre du Patrimoine, Sheila Copps, qui répète que le gouvernement devrait éviter d’amorcer des pourparlers sur le projet avec le voisin américain.Hier, le premier ministre a lancé un avertissement à Mme Copps.«Les ministres appuient toujours les décisions du gouvernement ou bien ils ne sont plus ministres», a-t-il indiqué.L’analyse du résultat de l’élection partielle en Ontario L’Alliance mise sur une remontée du NPD Joe Clark, lui, proclame la fin des partis régionaux Cauchon fait un mauvais voyage, selon l’opposition Le ministre tente de rassurer les Américains sur ses intentions au sujet de la décriminalisation de la marijuana ISABELLE RODRIGUE PRESSE CANADIENNE HÉLÈNE BUZZETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Les résultats de l’élection partielle de lundi soir dans la circonscription de Perth-Middlesex marquent-ils la fin de la division du vote de droite en Ontario?Oui, pense le chef conservateur Joe Clark, qui prédit la mort des partis régionaux.Pas tout à fait, croit pour sa part Tallianciste Stephen Harper, qui estime qu’il y a eu division du vote.de gauche favorisant à terme sa formation politique.M.Harper ne s’est pas trop découragé de la victoire du candidat conservateur, Gary Schellenberger, avec 34 % des votes.Sa candidate, Marian Mei-nen, est peut-être arrivée troisième avec à peine 18 % du vote, mais il souligne que le Nouveau Parti démocratique a augmenté ses appuis de manière absolue en grugeant, pense-t-il, ceux du Parti libéral.C’est ce qu’il appelle «la renaissance de la division du vote de gauche».«R ne faut jamais tirer trop de conclusions des élections partielles.Mais si on avait obtenu le même genre de résultats que ceux [de lundi] dans la plupart des circonscriptions ontariennes, nous commencerions à [en] gagner beaucoup», a déclaré M.Harper hier.M.Harper calcule que, si les appuis des libéraux diminuent assez au profit du NPD, c’est le parti au second rang qui remportera le siège.Or, aux dernières élections générales de novembre 2000, l’Alliance canadienne était arrivée deuxième dans 80 des 100 circonscriptions ontariennes remportées par des libéraux.Division de la droite Perth-Middlesex est une de ces circonscriptions ontariennes où la division du vote de droite, entre l’Alliance canadienne et le Parti progressiste-conservateur, avait permis au candidat libéral de se faufiler aux deux dernières élections générales.Tous ceux qui se sont intéressés à cette élection partielle voulaient savoir si le scénario se reproduirait ou si un des deux partis avait pris de l'avance sur l’autre.C’est ce que M.Clark croit qu’il s’est produit «C’est clair que l’Alliance canadienne a frappé un nœud en Ontario, a-t-il dit.Ce que nous voyons peut-être, c’est la fin de l’ère des partis régionaux, que ce soit le Parti réformiste, l’Alliance canadienne ou le Bloc québécois.» M.Schellenberger arrivera aujourd’hui à la Chambre des communes.Les conservateurs auront désormais 15 sièges au Parlement soit un de plus que le NPD.Au NPD Le chef néodémocrate voyait lui aussi du bon dans l’élection de lundi même si son candidat est arrivé quatrième, avec 15 % des votes.D’abord parce que ce score dépasse ce que le parti a historiquement récolté dans une circonscription qualifiée d’une des plus conservatrices de l’Ontario, mais ensuite parce qu’elle confirme la perte de vitesse de la formation de Stephen Harper.•L’Alliance canadienne implose, ce qui est extrêmement bon pour la politique canadienne, s’est exclamé Jack Layton.Parce que les libéraux ont toujours pu dire: vous devez voter pour nous sans quoi vous aurez cette vilaine Alliance canadienne.Eh bien, plus personne ne croira cela désormais.» Le siège était vacant depuis octobre dernier à la suite du départ du libéral John Richardson pour des raisons médicales.M.Richardson s’était représenté à l’élection de 2000 malgré le fait qu’il était déjà très malade.•Malheureusement, M.Richardson était malade depuis longtemps.Peut-être a-t-il attendu trop longtemps avant de démissionner», s’est contenté de dire hier M.Chrétien en guise d’explication à la défaite libérale.Ottawa — Le mimstre de la Justice, Martin Cauchon, a été pris à partie par l’opposition qui l’accuse de manquer de respect envers le Parlement en discutant de son projet de loi de décriminalisation de la marijuana avec l’administration américaine avant de le présenter aux Communes.M.Cauchon a rencontré à Washington, hier, le procureur général des États-Unis, John Ashcroft, pour discuter des intentions du gouvernement du Canada.L’administration américaine a exprimé de multiples craintes à l’idée d’un assouplissement des lois canadiennes pour la possession de petites quantités de cannabis.«Je crois que c’est important de les informer, en général, sur les objectifs de notre politique», a mentionné le ministre avant de s’envoler vers la capitale américaine.Pour le Bloc québécois, cette visite du ministre est un signe de l’influence américaine sur le processus de décision des politiques canadiennes.«Est-ce que le premier ministre est en train de nous dire que le processus législatif, maintenant, c’est: décision du cabinet, imprimatur de Washington, première lecture, deuxième lecture, troisième lecture.C’est là qu’on est rendu?», a martelé Gilles Duceppe, chef du Bloc, lors de la période de questions.Les néo-démocrates ont poursuivi dans la même veine.«Voilà la souveraineté canadienne qui s’envole en fumée», a ironisé Jack Layton, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).Le premier ministre Jean Chrétien a repoussé les accusations de l’opposition, affirmant que son ministre de la Justice «a des contacts réguliers avec le procureur général des États-Unis» et que les Américains connaîtront la teneur du projet de loi une fois qu’il sera connu.«Legouvernement n’a pas encore terminé la loi.Nous ne pouvons déposer quelque chose qui n’existe pas», a ajouté M.Chrétien.Très attendu d’un bout à l’autre du pays, le projet de loi devait être présenté aux Communes, demain matin.Or, ce scénario est désormais impossible puisque pour ce faire, le gouvernement devait en aviser les Communes au plus tard à 18h, hier.«Nous allons consulter le caucus demain [aujourd’hui], et par la suite, nous prendrons les décisions à savoir quand nous irons de l’avant», a mentionné le ministre Cauchon.Selon des sources et des fuites dans les médias, le gouvernement s’apprêterait à assouplir ses lois pour les consommateurs de petites quantités de cannabis, tout en serrant la vis pour les trafiquants et les producteurs de la substance.Ottawa fixerait à 15 grammes la quantité maximum de «pot» qu’un individu pourrait détenir et qui lui vaudrait seulement une amende si pris en flagrant délit par la police.Cette amende ne dépasserait pas les 100 $.Le fédéral profiterait également de la mesure pour renouveler sa stratégie nationale antidrogue.Hier, le ministre Cauchon et le premier ministre Jean Chrétien ont martelé le même message, rappelant qui n’était pas question de légaliser la drogue mais plutôt de «moderniser les sentences».Le ministre Cauchon ya jusqu'à déclarer que le Canada et les Etats-Unis ont la même approche sur cette question.«Les deux pays vont exactement dans la même direction, c’est-à-dire qu’on veut s’assurer qu’on va continuer à maintenir l’illégalité de l'utilisation de la drogue dans nos pays, s’assurer qu'on pourra envoyer ce message-là et le faire comprendre clairement et également qu 'on pourra appliquer la loi de façon convenable», a-t-il noté. LE DEVOIR.LE MERCREDI 14 MAI 2003 A 4 •LES ACTUALITES- Commission sur le développement durable de l’industrie porcine Eau-Secours veut qu’on change les règles du jeu LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR La coalition Eau-Secours, qui regroupe quelque 170 organismes sociaux et environnementaux du Québec, propose dans son mémoire sur la «porcicul-ture» de changer fondamentalement les règles du jeu en subordonnant le droit de produire à la Loi québécoise de l’environnement (LQE) et aux règles régissant les eaux publiques.Dans son mémoire qui sera présenté aujourd’hui devant la Commission sur le développement durable de la production porcine, Eau-Secours estime que c’est à ce prix qu’on pourra corriger les distorsions sociales et environnementales attribuables à la crise déclenchée par la porciculture industrielle en milieu rural.Selon le mémoire, dont Le Devoir a obtenu copie, trois facteurs expliquent cette crise: «Le monde agricole prend ses décisions en circuit fermé sans la population; il existe un rapport de force inégal entre l’industrie agricole et le ministère de l’Environnement; et les efforts environnementaux faits jusqu'à présent ont un impact positif mais sont insuffisants.» Alors que le marché dicte sa loi aux producteurs et à des gouvernements incapables d’assurer la primauté de l’intérêt public, explique Eau-Secours, «nous continuons de croire que les approches dites de concertation cachent un laxisme volontaire et que l’autoresponsabilisation est un concept dangereux».La coalition ajoute qu’il est temps «que le ministère de l’Environnement [MENV] et l’Agriculture [MAPAQ] mettent fin à leurs démarches “d’accompagnement” des “clients” pour se mettre à sérieusement empêcher les pollueurs de nuire».Le rapport inégal entre le milieu agricole et le MENV explique, selon Eau-Secours, l’allégement autrement incompréhensible en pleine crise de la «porciculture» des normes du Règlement sur les établissements agricoles, les nouvelles possibilités de dérogation et les limites imposées aux élus municipaux pour créer une véritable impunité en laveur des agriculteurs.Par exemple, note la coalition, les nouvelles règles sur le phosphore permettent d’augmenter les épandages sur les cultures, ce qui ouvre la porte actuellement à une augmentation additionnelle des cheptels! Ce règlement de nature environnementale, du moins en principe, est totalement muet sur les concentrations d’azote, les résidus de médicaments et les pathogènes, dont devraient tenir compte à la fois un appareil normatif normal et une agriculture durable, note la coalition.Le déséquilibre des forces est tel, ajoute Eau-Secours, que la nouvelle réglementation environnementale empêche le ministère d’avoir une vue d’ensemble des déjections porcines à l’échelle régionale avec sa nouvelle approche ferme par ferme, qu’il empêche les citoyens d’en avoir une vue globale et ponctuelle en ne divulguant pas les plans d’épandage et en n’ayant pas les moyens de contrôler l’application de ses normes sur chaque établissement.Eau-Secours se demande même si le règlement actuel est légal car l’imputabilité du gouvernement envers la population est désormais «presque nulle» alors que l’article 24 de la LQE l’oblige à s’assurer du respect des normes.De plus, ajoute la coalition, cette approche ferme par ferme nie les exigences de la gestion par bassin versant, soit une approche, une politique et des contrôles globaux.Viaduc du Souvenir Le ministre de la Justice rouvre le dossier JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Le nouveau ministre de la Justice ouvre la porte à la possibilité que des accusations soient portées à la suite de l’effondrement du viaduc du Souvenir à Laval qui a fait un mort et deux blessés en juin 2000.Les conclusions du rapport de la Conunission de la santé et la sécurité du travail (CSST) et le plaidoyer de culpabilité de trois ingénieurs ont incité Marc Bel-lemare à confier hier au Bureau des affaires criminelles le soin de réexaminer le dossier.En juillet 2001, M' Jean-Pierre Major, du Bureau des substituts du procureur général de Montréal, avait estimé que l’enquête de la police de Laval n’avait pu démontrer qu’il y avait eu négligence criminelle dans ce dossier, écartant du même coup l’idée de porter des accusations.Mais après avoir pris connaissance du rapport de la CSST rendu public la semaine dernière, le nouveau ministre de la Justice a jugé bon de demander au Bureau des affaires criminelles de la Direction des poursuites publiques du ministère une révision complète du dossier.Rappelons que la CSST a conclu qu’une grande confusion dans les communications régnait sur le chantier et que le plan d’attache temporaire des poutres était incomplet.Ces deux éléments auraient été à l’origine de l’effondrement du viaduc de l’autoroute 15 le 18 juin 2000.Trois ingénieurs impliqués dans les travaux de réfection du viaduc ont plaidé coupables à la suite de plaintes portées contre eux et ont été sanctionnés par leur ordre professionnel.Un quatrième a enregistré un plaidoyer de non-culpabilité et son enquête est en cours.De son côté, l’entreprise qui dirigeait les travaux, Beaver Asphalte, a fait faillite.Apportez votre église en pique-nique.S TOBY MELVILLE REUTERS LE REVEREND Chris Keating, de l’Église de Tous les Saints, dans l’Essex, se tient debout dans la chaire gonflable de la toute première église gonflable que l’on peut voir à la National Christian Resources Exhibition, à Esher, dans le Surrey.L’église, qui fait 47 pieds, dispose d’arches gothiques, d’un orgue, de bancs (toujours gonflables) et de vitraux (une imitation, il va s’en dire).Le Québec aura son palmarès des pollueurs / Thomas Mulcair entend rendre l'aide de l'Etat conditionnelle au respect de l'environnement JOCELYNE RICHER PRESSE CANADIENNE Québec — Un palmarès des entreprises qui se moquent de l’environnement sera publié chaque année et toute aide financière accordée par le gouvernement Charest aux entreprises sera conditionnelle au respect des normes environnementales.Les entreprises devront donc montrer patte blanche avec le gouvernement libéral, prévient le ministre de l’Environnement Thomas Mulcair, qui soutient que son gouvernement va préférer la préservation de la nature pour les générations futures aux investissements ponctuels.«U y a toujours un équilibre à chercher, mais si le choix est entre un investissement ponctuel à un endroit et la capacité de s’assurer que d’ici deux ou trois générations on soit encore avec de l'air et de l’eau et la terre propres, je pense que le choix est simple», a dit le ministre, hier, lors d’une entrevue à la Presse Canadienne.Le palmarès de l’environnement dressera deux listes: celle des entreprises les plus «vertes» et celle des entreprises réputées pour leur non-respect des normes environnementales.Le ministre — qui donnera ainsi suite à un engagement du Parti libéral — est d’avis que le fait de dénoncer publiquement ces entreprises pourra «avoir une influence sur leur comportement» et les amener à s’amender.Le gouvernement libéral entend aussi appliquer le principe de «l’écoconditionalité», qui consiste à n’accorder d’aide financière qu'aux entreprises qui présentent un dossier impeccable sur le plan environnemental.Le premier ministre Charest «attache beaucoup d’importance» à ce que ce principe soit appliqué à la lettre, selon M.Mulcair.Le gouvernement s'engage de plus à observer ses propres lois et règlements, et «sera donc en mesure défaire la leçon à ceux qui ne les respectent pas».Le député de Chomedey depuis 1994, avocat de formation, affirme que son plus grand défi à la tête de l’Environnement sera de maintenir le même niveau de services directs à la population, «tout en absorbant les compressions inévitables qui s’en viennent».Il croit pouvoir y arriver en sabrant dans les dépenses administratives.Exemple concret: dès son entrée en fonction, il a fermé le bureau du ministre à Montréal, une économie de 100 000 $ par année.L’élimination et le recyclage des déchets sera une autre de ses priorités.Il dit penser à des solutions à long terme, notamment en ce qui touche les sites d’enfouissement.Sqn objectif: tenir compte de leur capacité réelle.A ce propos, il cite en exemple le cas du site de Mascouche — où sont entassés les déchets domestiques de toute file de Montréal — qui a bénéficié d’une extension d’un an, durant la campagne électorale, sans qu’on connaisse sa capacité d’accueil.Au total, au Québec, une demi-douzaine de sites d’enfouissement posent problème, mais le ministre se dit confiant de pouvoir trouver une solution durable, «grâce à une bonne planification».La promotion du recyclage sera une des solutions privilégiées pour diminuer la quantité de déchets à enfouir.L’objectif inscrit au programme du parti consiste à récupérer 60 % des matières recyclables d’ici 2008.Cet objectif, M.Mulcair le juge déjà «extrêmement ambitieux» et se demande dans quelle mesure ce projet est réaliste.Un autre chantier environnemental à surveiller sera le dépôt en septembre, du rapport du BAPE sur les mégaporcheries, frappées d’un moratoire.Le ministre Mulcair, qui se dit «un amant de la nature», entend par ailleurs respecter l’engagement du gouvernement précédent en vue de consacrer 8 % du territoire québécois à des aires protégées, d’ici 2005.D s’engage aussi, notamment, à appliquer la politique de l’eau, rendue publique il y a quelques mois par son prédécesseur, à rédiger un Plan vert, qui définira la politique de développement durable du gouvernement et à créer un poste de Commissaire à l’environnement Tensions à l’Université Laval L’enquête sur le professeur et romancier a débuté en février BRIAN MYLES LE DEVOIR Le professeur André C.Drain ville fait l’objet d’une enquête interne depuis février à l’Université Laval en raison de la publication d’un roman controversé dépeignant les universitaires comme des «niais titularisés», des «ânes insignifiants» et une «bande de laquais polis et soumis».La vice-rectrice aux ressources humaines, Lise Darveau-Fouraier, et son adjoint enquêtent sur le cas de Drainville à la demande du doyen de la faculté de science politique, Claude Beauchamp, et de 19 professeurs réclamant son congédiement Drainville aurait terni la réputation du département de science politique et de ses collègues avec la publication de son premier roman, intitulé Les Carnets jaunes de Valé-rien Francœur, qui a crevé quelques enflés.L’auteur, A C.Drainville, raconte la dérive de l’université Mazarin, à Québec, une institution passée du féodalisme au néolibéralisme, où les universitaires dits de gauche sont désormais vendus aux principes de la rentabilité.Le fameux A.C.Drainville tire sa matière première de carnets jaunes remis par Valé-rien Francœur (une allusion à Valéry Fabrikant), un professeur aliéné qui avait consigné dans des cahiers d’écolier 27 ans d’observations sur ses collègues et son milieu de travail.Le personnage fictif de Francœur abattra quatre de ses collègues deux jours après sa rencontre avec Drainville.Fait à souligner, personne n’a intenté de poursuite en libelle diffamatoire contre André C.Drainville.«Us savent que ça ne passera pas.La virulence du doyen s’explique par la faiblesse de sa position», a commenté l’auteur.Il attribue ses déboires au réflexe corporatiste de collègues «complètement inféodés à l’université».Drainville a par contre fait preuve d’audaces dans les remerciements de son bouquin.«J’ai donné à ce roman la meilleure part de moi-même et un peu plus.La meilleure part, je l’ai rescapée du bourbier infernal qu’est le département de science politique de l’Université Laval.L’un peu plus, certains me l’ont donné, d’autres prêté: je l’ai parfois dérobé ou escroqué», écrit-il.Spécialiste en droit de l’information, l’avocat Marc-André Blanchard se régalerait de ce passage s’il devait représenter des professeurs se sentant lésés par l’œuvre de Drainville (ce qui n’est pas le cas).Même si Drainville n’a pas reçu de mise en demeure, la publication de son roman a déclenché une guerre intestine sans merci.Le doyen Claude Beauchamp impute la démission du directeur du département à la parution des carnets jaunes.Et les candidats à la succession refuseront de briguer le poste «tant que le problème posé par le professeur Drainville n’aura pas été réglé», écrit-il dans une lettre à la vice-rectrice.Claude Beauchamp accuse André C.Drainville de «se cacher derrière un pseudo-roman pour, entre autres, insulter et diffamer [.] des collègues».Il perçoit l’ouvrage comme «un pamphlet où nous reconnaissons facilement les lieux et plusieurs collègues», en donnant quelques exemples à l’appui.M.Beau-champ n’a pas rappelé Le Devoir hier.Pour Marc-André Blanchard, l’affaire est tout simplement «fascinante».«Les demandeurs éventuels subissent des dommages plus importants par la dissémination de cette lettre que par le livre lui-même», dit-il.Or l’auteur de propos diffamatoires ne peut être tenu responsable de leur récupération et de leur diffusion par une tierce partie.La vice-rectrice, Lise Darveau-Fournier, a refusé de commenter le litige afin de demeurer «le plus objective possible dans les circonstances».Elle s’est montrée soucieuse d’en arriver «à un consensus» respectant «les droits et libertés des uns et des autres».EN BREF Entente avec les Atikamekw (Le Devoir) — Québec et le Conseil des Atikamekw de Manawan, dans la région de Lanaudière, ont signé hier une entente-cadre qui prévoit des négociations sur la conciliation des activités d’aménagement forestier avec la pratique des activités traditionnelles des Atikamekw.Des pourparlers porteront aussi sur l’accès à des activités de développement économique pour les Atikamekw, la sécurité du revenu, la sécurité publique, l’emploi et le transport Une rencontre entre le ministre des Affaires intergouvemementales et des Affaires autochtones, Benoît Pelletier, et le chef du Conseil des Atikamekw de Manawan, Paul-Émile Ottawa, a eu lieu hier à Québec.Les deux hommes ont également procédé à la signature d’une «déclaration de compréhension et de respect mutuel», qui privilégie la voie de la négociation et de la discussion avec cette communauté autochtone.Six millions pour attirer les touristes (PC) — Le gouvernement fédéral par le biais de la Commission canadienne du tourisme (CCT) dépensera près de six millions à court terme pour vanter les mérites du Canada dans cinq grandes villes américaines.Une façon d’atténuer les craintes engendrées par le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et les réticences à l'égard des Canadiens que pourraient entretenir des Américains en raison du refus du Canada de participer à la guerre en Irak.Les Phénix Je I cnvinwiemmi Ur\ KOiViiYiae* ENVIRONNEMENT Nous avons le plaisir de vous inviter au 6e gala des Phénix de l'environnement qui aura lieu le jeudi 22 mai 2003, à 17 h, au Metropolis 59, rue Saint-Catherine Est, Montréal Dix-sept Phénix seront remis à des artisans du développement durable.Deux personnalités reconnues feront leur entrée dans le prestigieux Cercle des Phénix.Mme Karla Étienne et M.Vincent Bilodeau animeront le gala.L'ambiance de l'événement sera colorée par les voix de Mme Caroline Desbiens et des élèves du Collège Saint-Louis, qui seront accompagnés par un groupe de musiciens sous la direction de M.Joël Thibault, saxophoniste.Il faut vous inscrire à l'avance Téléphone : (514) 987-6094 Courriel : anouk@phenixdelenvironnement.qc.ca Site Internet: www.phenlxclelenvironnement.qc.ca Ur\c ir\rti*-tive de Québec S! M>Hii m y»—«¦»—«_ c3b * Le ocMWVi*ndrt»ine ikv^eur SAO Les oawviarvjrtaines : Alcesondencfi aKxmmu A' UDïwhr fïTm I LE DEVOIR.LE MERCREDI 14 .MAI 2 0 0 » A 5 ?LE DEVOIR * LE MONDE / ."¦ .Les Etats-Unis vont réduire leur personnel diplomatique en Arabie Saoudite L’incertitude persiste quant au bilan des attentats de lundi soir à Riyad Le drame de Riyad est survenu après que plusieurs alertes eurent été données depuis le début du mois.Les autorités saoudiennes ont promis de frapper d’une main de fer tous ceux qui tenteront de perpétrer d'autres actes terroristes.La présence américaine et occidentale dans le royaume va quand même diminuer dans un avenir prévisible.’ S 1 V REUTERS Le secrétaire d’Ftat américain se trouve actuellement à Riyad.AGENCE FRANCE-PRESSE REUTERS Washington et Riyad — Les Etats-Unis vont demander au personnel non essentiel de leur ambassade et de leurs consulats en Arabie Saoudite de quitter le pays à la suite du triple attentat de lundi à Riyad, a-t-on appris hier auprès de responsables américains.Cette réduction de la présence américaine en Arabie Saoudite traduit les sérieuses inquiétudes des Américains sur la menace toujours existante d’attentats dans le pays.Cet ordre couvrirait tout le personnel jugé «non essentiel» de l’ambassade de Riyad, comme des consulats de Djeddah et de Dahran, ainsi que les familles de tout personnel, a-ton précisé de même source.L’ambassade des Etats-Unis à Riyad a également recommandé à ses ressortissants dont la présence n’est pas nécessaire de quitter le pays et une école américaine a fermé ses portes pour une semaine.Il y a environ 30 000 Américains en Arabie Saoudite.Le bilan des attentats suicide commis lundi soir contre des résidences hébergeant des Occidentaux à Riyad restait incertain hier soir, les autorités saoudiennes fai- sant état de 29 morts, dont au moins sept Américains, et le vice-président américain Dick Cheney parlant de 91 morts.Le ministère saoudien de l’Intérieur a rendu publique hier la liste des victimes: vingt morts (sept Américains, sept Saoudiens, deux Philippins, deux entants jordaniens, un libanais et un Suisse) auxquels s’ajoutent neuf kamikazes présumés, dont les cadavres noircis ont été retrouvés sur les lieux des explosions.Près de 200 personnes auraient été blessées.Dick Cheney a pour sa part déclaré hier à Washington que 91 personnes avaient péri.D’autres responsables américains ont cependant dit ne pas disposer de bilan définitif et avoir des informations très contradictoires en provenance d’Arabie Saoudite.Les trois attentats à la voiture piégée ont eu lieu à quelques heures de l’arrivée dans la capitale saoudienne du secrétaire d’Etat américain Colin Powell, venu rencontrer le prince héritier Abdallah ibn Abdelaziz, dans le cadre de sa tournée au Proche-Orient Colin Powell s’est rendu dans une des résidences dévastées, qui hébergeait des employés d’une société américaine spécialisée dans la formation militaire.«Cétait une attaque terroriste bien préparée [.] Elle porte l’empreinte génétique d'une opération d’al-Qatda», a déclaré le secrétaire d’Etat En déplacement à Indianapolis, George W.Bush a estimé que ces attentats suicide prouvaient que la guerre contre le terrorisme n’était pas finie.«Ces actes méprisables ont été commis par des assassins dont la seule fin est la haine, a,déclaré le président américain.Les États-Unis trouveront les meurtriers et ceux-ci auront à connaître la Justice américaine».A Paris, le président Jacques Chirac a condamné «sans appel» les attentats de Riyad et réaffirmé la détermination de la France à lutter «sans relâche» contre le terrorisme international.Le président russe Vladimir Poutine a également condamné les attentats qu’il a liés à ceux commis en Tchétchénie.«La signature est la même et les conséquences sont comparables», a-t-il dit à Moscou.A Londres, le Foreign Offi- ce a estimé hier quil demeurait une «menace élevée» de nouveaux attentats contre les intérêts occidentaux en Arabie Saoudite, y compris des attaques chimiques ou biologiques, après les attentats de lundi soir.Le prince héritier saoudien Abdallah a averti hier que le royaume saoudien frapperait d'une main de fer tous ceux qui tenteront de perpétrer des «actes terroristes» dans le pays et affirmé que les «criminels» ne pourront jamais «ébranler l'unité de la nation saoudienne».Le ministre saoudien de l’Intérieur, le prince Nayef, a déclaré que les explosions dans les complexes de Gharnata, Ichbiliya et Cordoba avaient été «déclenchées par des voitures bourrées d’explosifs».Les bâtiments visés par les kamikazes ont été dévastés.Mise en garde Il y a quelques jours, un membre d’une organisation islamiste avait évoqué l’imminence d'une opération anti-américaine d’al-Qaida de l’ampleur des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washingtpn.Le 1" mai, les Etats-Unis avaient renouvelé une mise au garde à leurs ressortissants, leur conseillant de ne pas se rendre en Arabie Saoudite.Un responsable avait alors dit que les services de renseignement disposaient d'informations crédibles sur une possible action d'al-Qaïda contre des intérêts américains dans le royaume wahhabite.La police saoudienne avait annoncé le 7 mai qu’elle traquait 19 militants présumés, pour la plupart saoudiens, qui se seraient cachés à Riyad au lendemain d'une fusillade avec les forces de sécurité.Le ministère de l’Intérieur avait fait part de la découverte d’une cache pleine d'explosifs, de grenades, de munitions et de mitraillettes.Des militants islamistes présumés ont à deux reprises — en 1995 et 1990 — attaqué des intérêts américains en Arabie Saoudite depuis la guerre du Golfe, en 1991.L'Arabie Saoudite a inculpé 90 Saoudiens d’appartenance à al-Qaïda et 250 autres ont été interpellés.Le retrait des forces américaines d’Arabie Saoudite, berceau de l'islam et site de ses principaux lieux saints, a été l’une des principales revendications d'Oussama ben Laden, activiste d’origine saoudienne soupçonné d’être l’inspirateur de^ attentats du 11 septembre.Ix's États-Unis ont annoncé le 29 avril qu’ils retiraient pratiquement toutes leurs forces d'Arabie Saoudite.Le prince Abdallah Washington expulse 14 diplomates cubains REUTERS Les syndicats s’opposent à un projet de réforme des retraites Une grève massive paralyse la France PASCAL ROSSIGNOL REUTERS La mobilisation a été forte à Lille, dans le nord de la France, comme dans plusieurs autres localités.ttf ! |:,A,?T| COMMUNISTE Français AvtàiV TRAITES S S tt N s ** ** F (j y ¦P'Ommunaux ij avionyUjSjàojx •at r c o «1 ¦ $ ¦ Washington — L’administration Bush a décidé d’expulser 14 diplomates cubains accusés de mener des «activités incompatibles avec leur statut», a confirmé hier le département d’État.«Il s’agit de sept ici [à Washington] et de sept à New York», a dit un diplomate américain en poste à La Havane.Parmi les responsables déclarés persona non grata, sept appartiennent à la section des intérêts cubains à Washington et les sept autres sont en poste à la mission cubaine aux Nations unies, avait auparavant déclaré à Reuters le même diplomate.Les sept de New York ont été invités à quitter les États-Unis pour s’être livrés à «des activités considérées comme nuisibles aux États-Unis, en dehors de leurs fonctions officielles de membres de la représentation permanente de Cuba auprès des Nations unies», a précisé un autre diplomate américain, faisant lecture d’un communiqué.AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Les massacres commis dans le district de rituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, pourraient s’apparenter à un génocide, a prévenu hier le procureur du Tribunal pénal international, Caria Del Ponte.«Notre évaluation, d’après ce que nous savons, c’est qu’il pourrait s'agir d’un génocide», a-t-elle indiqué en réponse à la question d’un journaliste.La magistrate suisse n’a pas précisé laquelle des deux factions rivales, en Ituri, pourrait être coupable d’actes de génocide, un crime défini par le droit international.«Ces activités constituent un abus de leurs privilèges de résidents», a-t-il poursuivi, évoquant à mots couverts une affaire d’espionnage.L’ambassadeur de Cuba à l’ONU, Bruno Rodriguez Parrilla, s'est pour le moment abstenu de toute réaction.Les autorités américaines n’ont quant à elles pas dévoilé les identités des intéressés.Les relations entre le régime cas-triste et l’administration américaine n’ont cessé de se détériorer depuis que George W.Bush a pris ses quartiers à la Maison-Blanche.La semaine dernière, Cuba s’était offusquée de sa présence dans la liste américaine des pays promoteurs du terrorisme, tout en dénonçant la volonté obsessionnelle de renverser Fidel Castro.En avril, 75 dissidents cubains accpsés d’avoir collaboré avec les États-Unis ont été condamnés à Cuba à des peines allant jusqu’à 28 ans de réclusion.Trois autres opposants ont été exécutés pour avoir tenté de détourner un ferry vers la Floride.Elle n’a pas souhaité s’exprimer davantage sur le sujet Les affrontements interethniques en Ituri ont fait depuis 1999 quelque 50 000 morts et 500 000 déplacés, selon plusieurs estimations.De nouveaux combats secouaient hier la ville de Bunia, chef-lieu de llturi, où la population •fuyait dans tous les sens» au lendemain de la reprise de la ville par les rebelles de l’Union des patriotes congolais (UPC).Petite rébellion majoritairement hema, l’ethnie minoritaire dans le district de l’Ituri, l’UPC a repris lundi le contrôle de Bunia après de violents combats contre des milices lendu.AGENCE FRANCE-PRESSE Paris —^Transports paralysés, manifestations imposantes, grèves très suivies, la France a été paralysée hier par un mouvement social sans précédent depuis 1995 contre un projet de réforme des retraites du gouvernement.C’est dans la rue que la démonstration de force a été la plus spectaculaire, dépassant les espérances des syndicats.Les manifestants ont défilé dans plus d’une centaine de villes à l’appel de l’ensemble des syndicats et des organisations de retraités Ils étaient 250 000 à Paris et 200 000 à Marseille selon les organisateurs (75 000 et 45 000 selon la police), entre 60 000 et 100 000 à Toulouse.Au total, les organisateurs ont dénombré 2 046 900 manifestants; la police, 1 031 600 selon un décompte provisoire.Au plus fort de la fronde de 1995 contre le gouvernement de droite d’Alain Juppé, les manifestations avaient rassemblé entre un million et 2,2 millions de personnes, selon les sources.Les grèves ont aussi connu hier un niveau de participation rarement atteint dans de nombreux secteurs.La paralysie des transports était presque totale avec un trafic très perturbé à la compagnie de chemins de fer SNCF et 59,3 % de grévistes.Presque aucun métro n’a circulé à Paris et la grève des contrôleurs aériens a conduit à l'annulation de 80 % des vols.Des records de participation Avec 55,28 % et 74,18 % de grévistes selon les secteurs, la participation des employés de l’Éducation nationale a atteint un record.Sur l’enseipble de la fonction publique d’État, la grè- ve a touché 57,52 % des agents.Dans les hôpitaux publics, on comptait jusqu’à 90 % de grévistes, selon des sources syndicales.La Poste enregistrait 47,6 % de postiers en grève et une distribu- tion du courrier fortement perturbée, voire quasi nulle dans plusieurs régions, et France Télécom, 58 % de grévistes, selon la direction.Autre fait marquant, la forte présence du secteur privé dans les manifestations.À Paris, des salariés de Renault, de Thales, de Danone, d’Air France, d'Al stem ou de Bouygues ont défilé avec les enseignants, les policiers et les infirmières.Tous les quotidiens nationaux, ainsi que de nombreux journaux régionaux, n’ont pas paru.«Un cap est franchi dans la mobilisation», a estimé le secrétaire général du syndicat CGT, Bernard Thibault, qui a demandé l’ouverture de négociations «sur de nouvelles bases».«IjB but est de dire |au premier ministre Jean-Pierre] Raffarin que s’il veut être le représentant démocratique de la population, il faut tenir compte de l’opinion des gens», a renchéri Marc Blondel, du syndicat FT).À l’Assemble nationale Interpellé à l’Assemblée nationale, notamment par les députés de gauche, le ministre des Affaires sociales, François Fillon, a réaffirmé qu’il n’y avait «pas d’alternative à la réforme» du gouvernement et qu’il «ne s'arrêtera pas en chemin».Mais il s’est dit aussi «prêt à discuter avec ceux qui veulent améliorer le projet», notamment sur les petites retraites, les très longues carrières et les primes des fonctionnaires.Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin s’est dit déterminé à mener à bien une réforme longtemps retardée.Le texte, qui prévoit un allongement de la durée de cotisations pour faire face au vieillissement de la population, doit être soumis à l’examen du Parlement à compter du 8 juin en vue d’une adoption avant la fin juillet.Selon un sondage CSA à paraître aujourd’hui dans le journal communiste L’Humanité, 48 % des Français se disent «opposés» à la réforme des retraites, 42 % y étant «favorables».Au Congo, des violences qui s’apparentent à un génocide Coup de filet chez les Arabes israéliens E N Charnier irakien Bagdad (AFP) — Les restes de 15 000 cadavres de personnes tuées par le régime de Saddam Hussein ont été découverts la semaine dernière dans un charnier dans la province de Babylone, a annoncé hier le Congrès national irakien.Début mai, des habitants de Babylone avaient découvert un charnier au sud de la ville d’Al-HiDa, d’où üs ont exhumé les restes de 35 cadavres datant apparemment de 1991.Le CNI a appelé à ce propos l’Office américain de reconstruction et d’assistance humanitaire en Irak et les groupes des droits de l’homme à «aider le peuple irakien à localiser les centaines de milliers de [personnes] portées disparues».Un responsable militaire américain n’a pas été en mesure de confirmer la découverte du charnier.BREF Sharon-Abbas Jérusalem (AFP) — En dépit du climat tendu, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, et son homo-’ logue palestinien.Mahmoud Abbas, se préparent à une rencontre samedi, la première entre les deux dirigeants depuis que ce dernier est devenu chef de gouvernement «Mahmoud Abbas va rencontrer samedi soir Sharon afin d’obtenir son approbation de “la feuille de route”», a indiqué un responsable palesti- , nien rappelant que le secrétaire dÉ-tat américain.Colin Poweü, n’était pas parvenu à avoir un oui dlsraël à ce plan de paix.Du côté israélien, un responsable a indiqué dès lundi que «le principal sujet de discussion portera sur les mesures que compte prendre le nouveau gouvernement palestinien pour démanteler et désarmer les organisations terroristes».JEAN-LUC ALLOUCHE LIBERATION Jérusalem — Jérusalem s’en prend aux Arabes israéliens.Dans la nuit de lundi, les forces de sécurité israéliennes ont arrêté 15 membres du Mouvement islamique dans la ville arabe d’Oum el-Fahem (nord d’Israël).Ce mouvement est soupçonné de «blanchiment d’argent fourni par des organisations islamistes de l’étranger», au profit du Hamas et aux familles de kamikazes.Enquête Hier, une manifestation de près de 150 Arabes israéliens s’est déroulée, dans le calme, devant le tribunal de Tel-Aviv, chargé de se prononcer sur la pro- longation de la détention des détenus.Les services de police et de la sécurité générale (Shabak) mènent leur enquête depuis deux ans contre la «branche nord» du Mouvement islamique et contre son chef, le cheikh Raëd Salah, 48 ans, lui aussi interpellé.Ce dernier rassemble des foules importantes dans ses meetings, sous la bannière de «la Mosquée al-Aqsa en danger», au nom d’une idéologie islamiste pure et dure.Ancien maire d’Oum-el Fahem a démissionné de son poste en août 2001.Aux élections législatives de 1996, le Mouvement islamique s’est scindé en deux branches: la «branche nord», plus radicale, sous la conduite du cheikh Raëd Salah, refusant «la participation aux institutions» israéliennes et la «branche sud», plus modérée et acceptant le jeu parlementaire, dirigée par cheikh Abdallah Nimr Darwich, fondateur du mouvement.Les prêches du vendredi Le mouvement a demandé que les prêches de la prière de vendredi prochain soient consacrés cette détention de ses responsables; une manifestation est prévue samedi à Oum el-Fa-hem.Des personnalités arabes d’Israël et le Hamas ont dénoncé ces arrestations.Le président de l’État d’Israël, Mosche Katsav, a demandé à la population arabe de «garder son calme», les autorités israéliennes insistant sur le fait que ce coup de filet frappe «des individus et non une population entière».Cependant, depuis la mort de 13 Arabes israéliens abattus par la police, en octobre 2000, au début de l’Intifada, les relations entre Israël et ses citoyens palestiniens sont tendues.Ces derniers comptent 1,3 million de personnes (82 % de musulmans, 9 % de chrétiens, 9 % de Druzes) sur un total de 6,7 millions d’habitants.Jouissant de facilités de circulation en raison de leur citoyenneté israélienne, ils sont en butte aux soupçons d’aide aux organisations armées palestiniennes des territoires occupés: en 2002, 32 cas de ce genre ont été enregistrés. A 6 LE DEVOIR, LE MERCREDI II MAI 2 0 0 3 EDITORIAL Pauvres immigrants Le recensement a ceci de fascinant qu’il permet d’entrevoir qui sont les gagnants et les perdants d’une société.À condition de dépasser les chiffres les plus spectaculaires.L Josée Boileau ?a donnée la plus préoccupante de la tranche du recensement rendue publique hier n’occupe pas une demi-page dans un rapport qui en contient près de 50.Statistique Canada la résume en une phrase: «Le tiers des enfants dont les parents sont immigrants récents se trouvent dans une situation de faible revenu.» Il y a d’autres enfants pauvres au Canada (quoique Statistique Canada ait exclu de son vocabulaire le terme de pauvreté).Les chiffres d’hier nous apprennent même qu’il y en a plus, proportionnellement, que de personnes âgées à faible revenu.On pourrait d’ailleurs en déduire que les programmes gouvernementaux conçus pour les gens âgés ont finalement atteint leur cible depuis leur mise en place il y a près de 30 ans.A cette aune, il devient toutefois difficile de porter un jugement définitif sur les programmes s’adressant aux enfants.Ainsi, le Régime de prestation nationale pour enfants du gouvernement fédéral ne remonte qu’à 1998.C’est bien court pour en mesurer les effets.De plus, dans le cadre de ce régime, chaque province dispose à sa guise de l’équivalent de ce qu’Ottawa verse aux familles.Au Québec, l’argent a été investi dans les garderies à cinq dollars.Ces sommes n’entrent donc aucunement dans le revenu familial tel que calculé par le recensement.Par contre, avoir une place à cinq dollars améliore, de façon générale, le revenu disponibledes familles avec jeunes enfants.Les revenus avant impôts divulgués par Statistique Canada ne disent donc pas tout.Couplés à d’autres données, ils permettent néanmoins de mettre en relief certaines situations.C’est le cas pour le passage sur les enfants d’immigrants.On y lit que le nombre d’enfants «se trouvant dans une situation de faible revenu» a diminué depuis 20 ans chez ceux dont les parents sont Canadiens d’origine.À l’inverse, il a augmenté chez ceux dont les parents sont arrivés au pays il y a moins de dix ans.En 1980, 20 % des enfants dont un des parents était immigrant récent vivaient pauvrement.En 2000, le tiers d’entre eux sont dans cette situation.Quand les deux parents sont immigrants récents, c’est encore pire: 39 % de leurs enfants vivent en milieu à faible revenu — près du double d’il y a 20 ans.Or Statistique Canada nous apprenait il y a deux mois, à la lumière du recensement de 2001, que l’écart salarial entre les immigrants récents et les Canadiens nés ici va croissant.Non seulement ces immigrants gagnent moins que ceux débarqués dans les années 60, 70 ou 80, mais ils n’arrivent plus à rattraper leur retard — alors que leurs prédécesseurs y parvenaient après quelques années.Ces immigrants, que l’on sélectionne, sont pourtant plus diplômés que jamais et plus scolarisés que les Canadiens de souche du même âge.A ces écarts de revenu, que tous les indicateurs permettent de constater et qui sont particulièrement forts au Québec, s’ajoutent bien d’autres problèmes.Le secteur du logement en offre des exemples éloquents.Pauvres, avec enfants, et Noirs ou Arabes de surcroît, ils ont le passeport pour bien des refus, comme en témoignera à nouveau le prochain 1 " juillet Ces données ne peuvent laisser indifférents.On s’est inquiété du sort des personnes âgées, de celui des femmes — particulièrement les chefs de famille monoparentale.Des correctifs ont été apportés, avec leurs limites certes, mais qui étaient stimulés par l’opinion publique et qui ont donné certains résultats.Les immigrants n’ont pas encore de grands porte-voix et ils sont bien seuls pour se buter à des obstacles importants — la reconnaissance de leurs diplômes par exemple, qui bloque leur accès à des emplois rémunérateurs.Le développement économique et démographique du Québec passe pourtant par leur apport.Un coup de barre s’impose, et rapidement.j bo ilea u(àledevo i r.eom La folie saoudienne es quatre attentats commis à Riyad s’avèrent un rappel sanglant de ceci: l’Arabie Saoudite est un pays au bord de l’implosion.Entre le contingent de féodaux — soit les princes apparentés à la famille des Saoud, qui ont fait main basse sur les richesses du pays — et le reste de la population, il existe un espace que les adhérents à un islam pur et dur, dont les membres d’al-Qaïda, se sont empressés d’occuper.Leur but?Renverser un régime honni pour être effectivement corrompu, et surtout pour avoir permis que des infidèles foulent le sol sacré de l'Islam.De fait, il se pourrait fort bien que les actes signés avant-hier soient le prélude à toute une série d’actes tout aussi sanglants tant que les 30 000 à 40 (XK) Occidentaux qui travaillent là-bas n’auront pas plié bagages.Car contrairement à ce que l’on avait cru, l’annonce par l’administration Bush que les militaires américains quitteraient le pays a eu un résultat contraire à celui recherché.Si l’on en croit en effet les politicologues saoudiens, le départ des troupes américaines est jugé par une frange très importante de la population comme étant une grande victoire d'al-Qaïda.Une victoire qui a mis un terme à l’humiliation que constituait, selon al-Qaïda, la présence de militaires.Les militaires s’en allant, on peut passer, toujours selon al-Qaïda, à l’étape suivante: forcer le départ des 30 000 Occiden-taux et plus qui vivent dans les environs.A cet égard, il faut peut-être rappeler que ces derniers ayant une culture, des habitudes et des croyances religieuses diverses et différentes, ils habitent des quartiers protégés où la mixité dans des lieux publies comme les piscines est permise, où l'alcool est en vente libre, où les femmes conduisent des autos, etc.Tous ces faits et gestes étant jugés blasphématoires par les fous de Dieu qui ont fait du châtiment leur fonds de commerce, il est impérieux de bouter l’infidèle hors du royaume de Mahomet; ce génial imposteur comme le qualifia avec beaucoup d’à propos le regretté Voltaire.Une fois le sol sacré exempt de chrétiens et autres, al-Qaïda et les mollahs voudraient renverser le régime des Saoud.Il est vrai que le régime en question est un cocktail de corruption très prononcée, de folie au sens littéral du terme, d’arbitraire, d’esclavagisme et de.pauvreté! De 30 000 $ en 1981, le revenu par individu avoisine actuellement les 7000 $.En clair, ce pays où les princes vivent dans l’opulence la plus extravagante qui soit est confronté aujourd’hui aux affres du chômage.Tout logiquement, les cohortes de sans-emploi suivent les mots d'ordre des mollahs opposés au régime lorsqu’ils ne rejoignent pas le camp des supporters de Ben Laden.L’Arabie Saoudite est à l'heure des profonds bouleversements.Serge Truffaut ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU.JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRES Ministère des hôpitaux Durant la dernière campagne électorale, le mot «santé» était sur toutes les lèvres.Para-doxalement, nous avons très peu entendu parler de santé.La santé, c’est la qualité de l’air, de l’eau et des sols.C’est aussi notre alimentation et notre rythme de vie.Un véritable système de santé ne permettrait pas que la majorité soit presque obligée de rouler en auto soir et matin.Car ce faisant, nous émettons des millions de particules et des gaz très nocifs pour la santé.Un système de santé cohérent favoriserait la réduction des déchets— car bien qu’on ne les voie qu’un ou deux matins par semaine sur le trottoir, nous en respirons, en mangeons et en buvons une bonne partie, et ce, tous les jours.N’est-ce pas Lavoisier qui a écrit déjà au XVnr siècle, que «rien ne se perd, rien ne se crée»?Aurait-on la mémoire si courte?Un véritable système de santé ferait aussi en sorte de contrôler les maladies essentiellement sociales que sont, entre, autres, l’obésité, la dépression et le suicide.Évidemment, les solutions ne sont pas faciles! Et le gouvernement ne peut pas tout faire.Mais tant que l’on permettra — et favorisera — que des croustilles soient placées à l’endroit le plus visible dans les supermarchés, par exemple, ou que les heures de travail soient plus nombreuses que les heures de sommeil ou de loisirs pour ceux et celles qui ne le désirent pas, on sera loin d'une société «en santé».Nous pourrons avoir les meilleurs hôpitaux les mieux gérés au monde (ce qui est aussi une composante essentielle d'un système de santé), la partie sera néanmoins loin d’être gagnée.En somme, tant qu’on réduira le système de santé au système hospitalier, il faudra appeler un chat un chat et l’initiative libérale en matière de santé devra commencer par changer le nom de notre ministre de la Santé pour le «Grandgérant des hôpitaux et des CLSC».Louis Samuel Jacques Québec, le 13 mai 2003 La chute du multimédia Il fut un temps où les médias n’ont pas cessé de nous parler de l’engouement qu’ont suscité Internet et le multimédia.Ils nous parlaient d’un secteur en pleine croissance, d’un véritable boum, de cité du multimédia, et ne cessaient de mettre de l’avant les investissements du gouvernement.Bien entendu, cela a incité à la reconversion d’un certain nombre de travailleurs, à l’ouverture d’école spécialisée, au financement d’entreprises et de projets surdimensionnés.Quelques années plus tard, tout s’est effondré et les médias n’ont fait mention de la crise que d’une manière généraliste, sans s’intéresser aux réelles conséquences touchant le Québec, qui avait sans doute exagérément investi dans ce secteur.Aujourd’hui, la constatation est désastreuse: un grand nombre d’entreprises fermées, des fonds publics gaspillés, de nombreuses mises à pied causées, entre autres, par des formations inappropriées soutenues par le gouvernement, des offres d’emploi aberrantes, et une crise pour les plus anciens, obligés de se réorienter.Je ne peux pas admettre que les médias ne s’intéressent pas de plus près à l’impact qu’a eu cette bulle spéculative que furent les nouvelles technologies.Les conséquences sur la jeunesse et sur les travailleurs, la qualité des formations, la responsabilité du gouvernement et l’attitude des entreprises devraient être questionnées pour nous éviter de refaire les mêmes erreurs dans un autre secteur.De plus, vu la soi-disant bonne santé de notre économie, nous avons oublié de voir que si les chiffres et les entreprises se portent bien, pour les classes moyennes et les plus défavorisés, les choses sont moins reluisantes.Que sont devenus tous ces travailleurs, ces étudiants?De nouveaux assistés sociaux, des chômeurs, de nouveaux pauvres endettés à cause du coût de la formation?Quant aux entreprises, n’ont-elles pas profité de l’argent?Les fonds du gouvernement sont-ils allés où ils devaient aller?Ce n’est pas parce que Ubi-soft ne s’est pas écroulé qu’il faut considérer que l’industrie s’en est bien sortie.Qu’en est-ü aujourd’hui des conditions de ces travailleurs?Ne sont-ils pas plus exploités qu’hier?Berry Farah Travailleur du multimédia - Fondateur de TexATMQ (association des travailleurs multimédias du Québec) Mai 2003 La fâcheuse manie des Québécois Les Québécois ont parfois une fâcheuse manie: attendre l’approbation des autres.Il aura fallu que les Français reconnaissent le talent de Félix Leclerc et celui de Richard Desjardins avant que ces deux artistes brillants ne puissent faire une carrière en terre québécoise.Va-t-il falloir que Terre-Neuve, ou bien l’Alberta, quittent le Canada avant que les Québécois ne se rendent compte qu’il s’agit, au fond, d’une bonne idée?Sans tomber dans le sentimentalisme, l’indépendance du Québec s’avère le meilleur billet pour l’accession de notre peuple à la reconnaissance internationale, notre porte d’entrée dans la mondialisation.En tant que professeu-re de littérature au niveau collégial, je m’adresse à tous les passeurs de culture pour vous demander de faire votre travail: pour les cinq prochaines années, enseignez la littérature québécoise, n’ayez pas peur de la politique et de l’histoire, prêchez par l’exemple et l’ouverture d’esprit Ce que vous sèmerez dans le cœur de nos jeunes ne pourra qu’être bénéfique pour la naissance à venir du pays du Québec.En lisant le texte des membres du conseil d’administration du Rassemblement pour l’Indépendance du Québec dans Le Devoir du samedi 10 mai, je me suis rendu compte que tous les citoyens du Québec avaient un rôle important à jouer pour permettre la réalisation d’un projet québécois incluant tous les membres de notre société.Le gouvernement fédéral n’acceptera jamais de céder du terrain aux provinces.Déjà, les positions du premier ministre terre-neuvien sont tournées en ridicule par les journaux canadiens.Je n’ai pas envie de revivre Meech, pas plus que vous! Si vous êtes fonctionnaire, plombier, professeur, facteur, etc., et si vous vous sentez interpellés par ce texte, je vous demande, dans les prochaines années, de convaincre une personne de la validité du projet québécois.Une seule personne.Ainsi, l’avenir du Québec sera assuré.Suzanne Lemay Québec, le 12 mai 2003 LIBRE OPINION -4- L’anglais en première année ou la colonie américaine FRÉDÉRIC LACROIX San José, Californie Les libéraux iront donc de l’avant avec leur projet d’introduire l’étude de l’anglais dès la première année scolaire.Les arguments avancés pour ce faire tournent tous autour de la nécessité de mieux maîtriser cette langue à une époque de mondialisation, de l’ouverture sur le monde que cette maîtrise procurera, de s’assurer un avantage économique, etc.Outre tous les arguments spontanés qui font douter de la sagesse d’une telle mesure Ce statut du français est encore fragile au Québec, la majorité des transferts linguistiques se font encore vers l'anglais) et le fait que les libéraux investissent de l’argent pour régler un problème qui n’existe pas (53 % des Québécois entre 20-29 ans sont déjà bilingues, ce qui constitue le plus haut pourcentage dans les pays de l’OCDE), il convient de se demander si le renforcement du bilinguisme anglais-français (jusqu’à ce que 100 % de la population québécoise soit bilingue?) produira des effets désirables et bénéfiques pour notre société.Un contact étroit avec l’anglais à un âge où l'identité est encore en formation dans un contexte nord-américain où celui-ci domine sans partage aura pour effet de rapprocher les futures générations de Québécois encore plus étroitement des États-Unis et de nous entraîner encore plus dans l’orbite de ce géant économique et militaire.D aura pour effet de valoriser toujours plus la culture américaine et de former de nouveaux consonunateurs pour les produits culturels venus du sud (pensons ici aux pertes pour notre propre «industrie» culturelle!).Cela à l'exclusion des autres peuples et pays de la terre.Au moment où les États-Unis et leur alliés anglophones viennent de terminer une guerre illégitime au mépris du droit international et de la volonté de la communauté internationale.U faut sérieusement se poser la question: l’intégration toujours plus étroite au géant américain est-elle une voie d’avenir souhaitable pour le Québec?En nous tournant ainsi exclusivement vers les cultures anglophones, ne tournons-nous pas le dos aux autres?Le danger, c’est que les élèves se contentent de savoir l’anglais et s’y limitent, imitant en cela les anglophones peu connus pour leur amour des langues étrangères.Au bout du compte, notre présence au monde se ferait exclusivement à travers le conduit anglo-saxon.Ne devrions-nous pas plutôt introduire l'étude d'autres langues à l'école primaire afin d’éveiller les enfants à l’existence de multiples cultures et peuples au-delà de l'omniprésente culture américaine à laquelle ils seront exposés de toute façon?Nous n’y perdrions vraisemblablement rien du point de vue pédagogique tout en gagnant beaucoup sur celui de la diversité culturelle et linguistique.Pourquoi ne pas imposer une autre langue que l’anglais (l’espagnol ou le chinois, le russe, etc.) comme langue d’étude au primaire et l'anglais aux cycles ultérieurs?Ce n’est point ici un projet utopique, mais chose courante dans plusieurs pays européens.Nous aurions alors un véritable plurilinguisme et une véritable ouverture sur la diversité du monde au lieu de cette obsession étroite et dangereuse pour une seule langue, aussi prestigieuse soit-elle momentanément Même les accrocs aux arguments économiques y trouveront leur compte, car qui niera qu'il serait bénéfique pour notre économie d’avoir une main-d’œuvre plurilingue et de pouvoir exporter plus facilement vers d’autres pays du monde, d’autres langues et cultures nous étant connues et accessibles?Au lieu de quoi, nous serons condamnés au rang de colonie de l’empire américain, notre liberté culturelle et économique progressivement asservie aux besoins de celui-ci.» LE DEVOIR.LE MERCREDI t .M A 1 ‘ O O 3 A i IDÉES .La guerre du crabe La pêche comme arme de destruction massive r*^ V v tX ^ " l-'AlilliN DEGLISK LE DEVOIR D’après l’auteur, les crabiers n’ont rien de pêcheurs traditionnels.Ils font efficacement une pêche innovatrice à l’aide d’investissements très spécialisés.Plutôt que traditionnels, ils sont des professionnels du crabe industriel, des spécialistes des marchés américain et japonais.ALBERT LEJEUNE Professeur en sabbatique, Ecole des sciences de la gestion, UQAM e mardi 1" août 1967, une flottille de 40 bateaux côtiers de la péninsule acadienne empêche le déchargement d’un senneur de hareng, venu de l’Ouest canadien par le canal de Panama, à l’usine ABC de BasrCaraquet, non loin de Shippagan.L’usine, qui achète les harengs à 1 C la livre, les transforme intégralement en farine de poisson (fish meal), très prisée par les éleveurs industriels de poulet à cause du facteur de croissance attribué à ce produit Nous sommes dans les années 60, qui voient l’explosion du marché du poulet BBQ en Amérique du Nord.Le ministre fédéral des Pêches du temps, J.Robi-chaud, originaire du Nouveau-Brunswick, se rend aussitôt sur place et obtient le dégagement du quai en échange d’une rencontre avec les pêcheurs côtiers le samedi suivant.Le samedi 5 août 1967, la réunion entre les ministres fédéral et provincial des Pêches — au provincial, il s’agit d’Ernest Richard — et une quinzaine de pêcheurs côtiers est un échec.Une demi-heure plus tard, le quai de l’usine ABC prend feu.L’incendie est provoqué par le groupe des pêcheurs côtiers; les dommages se chiffrent à 300 000 $.Ce mouvement des pêcheurs côtiers va mener à une meilleure représentation de leurs intérêts par la création de leur syndicat Quels liens avec les pêcheurs «traditionnels» de crabe dans la péninsule acadienne en mai 2003?La pêche côtière traditionnelle, partout dans le monde, se caractérise par un mode de vie qui respecte la communauté (on produit du poisson plutôt que des dollars), un impact limité sur la nature, des technologies intermédiaires et des consommateurs moins intégrés au marché global que dans le cas de la pêche industrielle.Ce sont les quelques points que nous voulons passer en revue afin de replacer en des termes plus corrects — du point de vue du développement régional — ce qu’on appelle la guerre du crabe telle qu’elle a éclaté début mai à Shippagan, au Nouveau-Brunswick, dans la péninsule acadienne.Pêcheurs traditionnels ?Promenez-vous dans la péninsule acadienne et vous verrez de fort jolies maisons traditionnelles en bardeaux, souvent peintes de couleurs vives.Vous verrez des bungalows modestes ou cossus et quelques grosses maisons.Sur leur driveway, le camion 4X4 double cabine tout équipé jumelant une voiture importée; à l’abri du vent une Airstream 24 ou 36 pieds: c’est une résidence de capitaine de crabier.Un bateau qui peut générer des revenus bruts de un million de dollars pour une pêche de quelques semaines, cela ne s’est pas vu depuis l’eldorado du hareng, dans les années 60.Si la tradition acadienne, c’est la pêche côtière variée, les crabiers n’ont rien de traditionnel.Ils font efficacement une pêche innovatrice à l’aide d’investissements très spécialisés.Plutôt que traditionnels, ils sont des professionnels du crabe industriel, des spécialistes des marchés américain et japonais.Leurs intérêts sont loin de ceux des pêcheurs côtiers traditionnels.Impact sur la nature Les biologistes qui surveillent le crabe des neiges ne parlent pas encore de problème au chapitre du renouvellement de la ressource.A l’échelle de la planète, pourtant, la pèche commerciale et industrielle possède toutes les caractéristiques d’une arme de destruction massive, et ce n’est pas l’ONU qui va régler le problème ni le discours public sur le développement durable.Bateaux-usines, engins non sélectifs et destructeurs des fonds marins, dommages collatéraux subis par les espèces non exploitées (le bycat-ch): dans 50 ans, la pêche ne sera peut-être plus qu’un souvenir aussi étrange aux civilisations avancées que la cueillette l’est à nos yeux.Le pêcheur côtier est intéressé au maintien de la ressource parce qu’il ne possède pas d’autres options ou sources de revenus.Dans leurs bateaux-usines, les pêcheurs industriels sont mobiles, s’orientent en fonction de l’évolution de la température de l’eau à la surface des océans, surveillent les fonds grâce à leurs moyens électroniques et sont obsédés par le retour sur le capital investi.Le drame de la modernisation d’une pêche — comme celle du crabe —, c’est que la nature, elle-même sujette à des cycles écologiques, devient le seul régula- teur du cycle économique tant que la demande n’est pas satisfaite.Le ministre des Pêches doit alors parler au nom de la nature et ses fonctionnaires doivent faire de la biopolitique à coups de quotas et de règlements.La technologie C’est la technologie qui modifie les cycles écologiques tout en répondant aux cycles économiques.Mais la technique utilisée pour l’extraction de la ressource, la production, les transports et les communications, la consommation et l’équilibre écologique n’est que la pointe visible d’un iceberg lait de mode de production et de façon de penser.Ainsi, le quotidien acadien L’Evangé-line pouvait titrer, le 7 mai 1966: «Dans deux générations: la pêche au hareng en sous-marin».L’avenir appartenait au sous-marin ou au ranch d’élevage établi sur les fonds marins et relié par pipeline aux usines de transformation à terre.Ce deuxième modèle annonçait déjà le dévelop pement phénoménal de l’aquaculture.En fait la technologie ne fait que refléter le degré d’intégration au marché mondial: un producteur moderne, le crabier industriel, qui produit pour un consommateur moderne — le Texan attablé dans un restaurant de la chaîne Red Lobster —, doit livrer la quantité demandée avec une qualité constante, sans délai et au plus bas prix possible.C’est le rôle de la technologie que de permettre l’installation d’un cycle économique moderne pour relier le producteur et le consommateur modernes.Le consommateur moderne Dans son assiette, le consommateur québécois voit plus souvent du faux crabe, ce fameux mélange de goberge à saveur de crabe, que de vrai crabe des neiges fraîchement pêché dans les eaux du golfe du Saint-Laurent En fait le consommateur semble rechercher des protéines au goût acceptable.Comme le présentait le New York Times dans un dossier récent, le futur de notre alimentation devait être caractérisé par la rupture des liens avec la nature, la libération des contraintes de l’agriculture (et de la pêche!) et l’arrimage unique avec-la technologie.Autrement dit dans les aimées 60, nous nous dirigions vers la pilule de cosmonaute avalée avec une gorgée de Tang nouveau.C’est la contre-culture des années 60 et 70 qui a apporté des choix conscients et volontaires en faveur des aliments entiers, des céréales plutôt que des viandes, de la fraîcheur plutôt que de la transformation en usine, et le soutien à une agriculture écologique ainsi qu’à l’échange égal avec les producteurs des pays en développement Comme l’écrit PoÙan, le rêve des aliments concentrés dans une pilule a échoué, mais l’agri-business, avec les aliments fonctionnels et les nutraceutiques, essaie cette fois de mettre la pilule dans l’aliment! Bon, le crabe des neiges, comme le homard, nous parvient frais grâce au travail et aux méthodes des crabiers.Ceux-ci ont mis sur pied une industrie florissante mais en interaction écologique et économique constante avec d’autres espèces et d’autres pêcheurs.Mais il n’y a pas encore de guerre entre les producteurs, seulement des producteurs très spécialisés, allergiques à la biopolitique fédérale quand ils voient leurs intérêts menacés, des producteurs qui prennent en otages les travailleurs des usines de transformation, plus susceptibles, de par le nombre, d’exercer des pressions sur le système politique.Les crabiers ne sont pas sortis à la pêche mais il nous reste du faux crabe au congélateur.Justement, quel est notre jugement face à ce produit de substitution?Il y a là une logique économique, une logique écologique, une logique politique mais aussi une logique biologique.Comme l’écrit Pollan, des aliments traités qui assemblent des collections de nutriments ne travaillent pas dans le corps comme les aliments entiers.Fausse guerre du vrai crabe et vraie guerre du faux crabe: comme citoyens et consommateurs, nous sommes concernés! Brevetage des végétaux : entre débats et traités JEAN-FRÉDÉRIC MORIN Doctorant en droit, Université de Montpellier - eudi dernier, la Cour suprême du Cana- Jda a annoncé qu’elle entendrait l’appel de Percy Schmeiser.Cet agriculteur de la Saskatchewan a été poursuivi pour violation de brevet par la firme de biotechno-fc==J logie Monsanto après que du canola transgénique Roundup Ready eut été découvert dans ses champs.M.Schmeiser assure que ce canola a été dispersé par le vent ou par des camions de semences roulant sur des routes avoisinantes.Cette affaire, devenue le symbole de l’opposition contre les firmes transnationales de biotechnologies, réanime les débats canadiens sur le brevetage du matériel biologique.En décembre dernier, dans une autre affaire, celle de l’oncosouris de l’université Harvard, la Cour suprême confirmait que le droit canadien exclut les végétaux et les animaux de la brevetabilité.Cette décision est à contresens de la tendance internationale actuelle.En effet les autorités américaines et européennes acceptent maintenant d’octroyer des brevets sur des végétaux et des animaux Il n’est pas exclu que le Parlement amende prochainement la loi canadienne pour la rendre conforme à cette tendance internationale.D’une part, le gouvernement canadien subit de fortes pressions de l’industrie biotechnologique pour accepter le brevetage des végétaux et des animaux.Ces pressions sont encore plus vives depuis que le Comité consultatif canadien de la biotechnologie a fait une recommandation en ce sens l’année dernière.D’autre part, le gouvernement canadien est impliqué dans diverses négociations internationales sur le brevetage des animaux et des végétaux.Ainsi, l'avant-projet de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) contient des propositions qui imposeraient la brevetabilité des formes de vie supérieures à l’échelle de l'hémisphère.Or ces débats internationaux sur le brevetage des formes de vie supérieures concernent directement notre industrie agroalimentaire en tant que consommatrice de produits brevetés.Selon plusieurs observateurs, le système des brevets est un facteur qui contribue au phénomène de concentration de l’offre de semences aux mains de quelques entreprises.Ce phénomène favoriserait l’érosion génétique agricole, ferait augmenter le prix des se- mences et soumettrait les agriculteurs nationaux à des fournisseurs étrangers.De plus, un brevet sur une plante ou sur un animal s’applique à toute la descendance contenant l’invention génétique brevetée.Si la loi canadienne est amendée afin de permettre le brevetage des végétaux et des animaux, plusieurs analystes pensent qu’il faudrait y prévoir une exception pour garantir aux agriculteurs leur droit d’ensemencer une partie de leurs récoltes.Une politique des brevets doit être analysée sous le prisme tridimensionnel du développement durable, en tenant compte à la fois des objectifs de croissance économique, d’équité sociale et de durabilité environnementale.Certes, le droit international des brevets doit évoluer pour mieux répondre aux préoccupations des entreprises innovatrices.Mais nos richesses biologiques, culturelles et agricoles doivent être protégées.Il est impératif que les gouvernements du Québec et du Canada, de même que les associations agricoles, prennent une place plus active dans ces débats avant que des décisions judiciaires et de nouveaux traités internationaux ne guident seuls nos politiques publiques.M i c h vesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Louise-Maude Rioux Soucy, Geneviève Otis-Dionne (commis).La documentation Gilles Paré (directeur), Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, GyslaW’ CAt* Marlène Côté, Annie Duguay.Martin Fournier, Christiane Legault, Amélie Maltais, Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland, (Publicitaires).Laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Daniel Bazinet (response1 ‘-
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