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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-05-31, Collections de BAnQ.

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DEVOIR.LES SAMEDI 31 MAI ET DIMANCHE 1 « ' J l' I X 2 0 0 3 L E Une machine à scandales Page E 3 Des cadeaux des Cadets Page E 4 ?LE DEVOIR ?% La danse avec un grand tion, le Festival interna-re (FIDE) triple sa proie «U» Avec ses 70 classes de maître offertes à 3000 participants venus d’un peu partout au Québec et au Canada, la programmation du FIDE destinée au grand public a elle aussi triplé.La cuvée 2003 relève le défi de présenter trois galas et trois spectacles, sans compter les activités gratuites et plus intimistes.FRÉDÉRIQUE DOYON i Montréal est reconnu comme l’une des capitales internationales de la danse contemporaine, Trois-Rivières a pris le parti de la danse «avec un grand D».Ce sont là les mots de Claire Mayer, directrice du Festival international de danse encore (FIDE), qui, depuis 1998, a choisi de camper dans la capitale mauricienne un événement ralliant toutes les allégeances de l’art dansant «C’est une atmosphère de fête, de carnaval.Tous les styles y sont représentés parce que, pour nous, tous les styles de danse méritent qu'on les connaisse et qu’on les voie sur scène», fait valoir la directrice.Fondé en 1995, le festival est d’abord né du désir de démocratiser la danse, de l’ouvrir à toutes ses formes d’expression, pour en développer le public, à une période où régnait surtout la danse moderne et contemporaine.«On a voulu varier un peu étant donné que les autres formes de danse n’étaient pas tellement diffusées», explique Claire Mayer.Du même coup, le FIDE a aussi répondu au besoin de créer un lieu de rassemblement pour ses acteurs, faisant le pont entre les générations et surtout entre les mondes amateur et professionnel, habituellement bien séparés.•Pour la jeune relève, c’est extraordinaire.Je pçnse au danseur qui vient de Sept-Res: quand a-t-il l’occasion de côtoyer des professionnels comme Evelyn Hart?Il n ’aurait jamais les moyens de se payer ça.Et, dans l’autre sens, le professionnel voit le jeune en évolution.Alors, il y a de nouveaux talents qui percent au festival et qui ne perceraient peut-être pas sinon», rapporte la directrice avec conviction.L’événement se conjugue ainsi sur tous les modes, du jazz au classique en passant par le hip-hop, le flamenco et l’africain, ainsi qu’à toutes les personnes, de l’enseignant au grand public et aux danseurs, qu’ils soient amateurs ou semi-professionnels.La directrice générale du festival ne tient d’ailleurs pas à catégoriser public et participants.«L’amateur qui vient de l’extérieur pour suivre des classes est aussi un public», précise celle qui a d’abord compté sur un public presque limité à ses participants et à leurs parents et amis.Aujourd’hui, près la moitié du public est indépendante du milieu, et ce milieu en connaît davantage sur les autres formes de danse que celle qu’il pratique.«Ce n’est pas évident d’envoyer un jeune qui s’intéresse au hip-hop voir un show de Marie Chouinard», sou-Hgne-t-elle.Foire de la danse Avec cette volonté d’ouverture tous azimuts, le Festival international de danse encore, au fil des ans, est devenu une véritable foire de la danse.Le FIDE en est maintenant à sa neuvième édition, récoltant de plus en plus de soutien à l’échelle nationale et, graduellement internationale.Cette année, l’événement a d’ailleurs pris de l’expansion et se déroulera sur une période de dix jours, soit du 6 au 15 juin, plutôt que sur les trois jours habituels.Le festival dispose ainsi de deux week-ends pour concentrer ses activités.«On est très heureux VOIR PAGE E 2: FIDE «L’amateur qui vient de l’extérieur pour suivre des classes est aussi un public» SOURCE FESTIVAL INTERNATIONAL DE DANSE ENCORE f * LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 MAI ET DIMANCHE I > » J U I N 2 0 0 3 E 2 FIDE M U T E K SUITE DE LA PAGE E 1 parce qu’il va y avoir énormément d'achalandage: on prévoit environ 20 000pentmnes, dont3000participants.Les dernières années, on ne pouvait plus donner un service adéquat à la clientèle.» En plus des 70 classes de maître offertes aux 3000 participants venus d’un peu partout au Québec et au Canada, la programmation destinée au grand public a elle aussi triplé.Alors que, les années précédentes, deux grands galas venaient ponctuer diverses activités gratuites et plus intimistes, la cuvée 2003 relève le défi de présenter trois galas et trois spectacles, sans compter les activités gratuites et plus intimistes.L’événement s’ouvre avec le Défi de l’excellence Mondor, une compétition professionnelle qui revient chaque année et constitue en quelque sorte la marque du festival.«// en existe plein, des compétitions, en Europe, mais ici, il n’y en a pas.On est les seuls, je crois, à faire ce.genre de compétition en Amérique du Nord», fait remarquer Claire Mayer.Cette soirée offre sept performances d’artistes professionnels dûment sélectionnés, notamment Jadson Caldeira, souvent aperçu à Tangente, ainsi que Louis-Martin Charest, interprète chez 0’Vertigo, et Louis Laberge-Côté, du Toronto Dance Theater, tous deux chorégraphes à leurs heures.Deux bourses sont octroyées à la suite du défi: la bourse du jury, d’une valeur de 3000 $, et celle du public, d’une valeur de 2000 $.Le Gala Kosetti est l’autre rendez-vous incontournable du festival.fl réunit sur scène une flopée d’artistes aux horizons et aux talents les plus divers, qui présentent chacun, en rafale, un extrait de pièce ou une création originale.Dédoublé en deux soirées pour cette année faste, ce véritable pot-pourri dansant verra ainsi défiler 25 artistes sur scène les samedis 7 (Gala Kosetti) et 14 juin (Gala Mondor).Tous les genres et tous les ca- libres s’y croisent «On essaie d’aller chercher — au Québec mais aussi dans les autres provinces, aux États-Unis et en Europe — les têtes d’affiche des grandes compagnies», insiste la directrice.La ballerine Evelyn Hart, première danseuse du Royal Winnipeg Ballet y livrera notamment un duo avec Christopher Body, danseur du Ballet national de Toronto.Mais on verra aussi le col lectif de danseprs de la Tangueria de Montréal, Eric Beauchesne et Edgar Zendejas, des Ballets jazz de Montréal, le danseur Bill Coleman, Duane L.Holland et Crystal Fra-zier, de la compagnie Rennie Harris Pure Movement ainsi que les dam seurs de L’Astragale, troupe dirigée par, Claire Mayer.A ces soirées éclectiques se joignent cette année trois spectacles dont l’un s’annonce déjà un attrait important du festival: un hommage à la New-Yorkaise Lynn Simonson, qui a donné son nom à une technique jazz et dont la pratique s’étend depuis dix ans à l’échelle mondiale.«J’ai un autobus qui arrive de New York», blague Claire Mayer pour signifier la présence de plusieurs artistes américains tels Charles B.Wright et Laurie DeVito, qui feront à leur manière la démonstration du rayonnement du Simonson.Ce spectacle s’inscrit dans la tradition du FIDE de rendre hommage à un artiste marquant de la danse mais s’élargit maintenant à une soirée entière plutôt que d’être confiné à un volet du Gala Rosetti.En plus de la soirée-hommage du 13 juin, la compagnie Ballet Flamenco Arte de Espana, de la dam seuse et chorégraphe Lina Mores, présentera un tout nouveau spectacle le 10 juin tandis que la soirée du 11 juin sera consacrée à Roberto Campanella, cet ex-soliste du Ballet national du Canada qui mène aussi une carrière de chorégraphe.FESTIVAL INTERNATIONAL DE DANSE ENCORE Du 6 au 15 juin à Trois-Rivières SOURCE FIDE La cuvée 2003 du FIDE relève le défi de présenter trois galas et trois spectacles."A V # SOURCE MUTEK C’est Martin Tétreault, une figure bien connue de la musique actuelle, platiniste improvisateur de renommée internationale, lui aussi artiste en arts visuels, qui avait eu l’idée de rendre hommage à Raymond Gervais.Raymond Gervais en son absence BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR T l s’agit de l’histoire d’un pia-" X niste que ma grand-mère et ma mère, alors jeune fille, étaient allées entendre en récital, à Montréal, vers 1930-1931.L’artiste devait jouer la Paraphrase de concert sur Rigoletto (Verdi) de Franz Liszt.[.] Le pianiste en question (ma mère a oublié son nom) se présente donc au public.Il salue.Il s’assoit et il commence à jouer.Puis, en cours d’exécution, il se trompe, il rate un passage, bref il hésite, se reprend, il trébuche à nouveau, se perd.Puis, il s’arrête.Il se lève, salue dans un silence glacial et quitte la scène, laissant la public seul devant un piano muet, déserté.» Ces mots sont de Raymond Gervais, un artiste visuel et fin mélomane, passionné de musique et de disques, dont la carrière au Québec date d’une trentaine d’années.Rien à voir avec Mutek?Oh, si.Les choses ont fait en sorte que le concert de cet après-midi devait être placé sous le signe de la pratique de Gervais.Les communiqués ont circulé, sans tenir compte du fait que le programme avait changé, par la force des choses.Le programme de cet après-midi, intitulé Expérience 1, donne la parole aux gestes des plati-nistes.Vous savez, ceux qui utilisent la table tournante comme d’autres une contrebasse ou un piano.Gervais est un de ceux qui se passionnent pour cette technologie un peu datée.C’est d’ailleurs aussi comme telle qu’il la traite, cette technologie, c’est-à-dire comme quelque chose d’une autre époque, sous la forme de tombeaux, cette manière très solennelle de rappeler la mémoire de ceux qui se sont absentés pour de bon.L’anecdote relatant le ratage du pianiste, que Gervais raconte dans une charmante petite publication du Musée d’art de Joliette (Raymond Gervais.Le regard musicien), est probablement à la source d’une bonne part de l’approche de l’artiste.Le disque ne donne-t-il pas la possibilité d’entendre des musiciens en leur absence?Toujours est-il que les rendez-vous ratés entre musiciens et leur public, le potentiel de ces rencontres remplacé par des silences, la technologie dépassée des tourne-disques qui parlent lorsque les musiciens s’absentent, tout cela a à voir avec ce pianiste en naufrage.Platinistes Ce concert de Mutek aura été un de ces rendez-vous ratés.C’est Martin Tétreault, une figure bien connue de la musique actuelle, platiniste improvisateur de renommée internationale, lui aussi artiste en arts visuels, qui avait eu l’idée de rendre hommage à Raymond Gervais.En fait, il voulait faire un concert où certaines des pièces de Gervais auraient été réinterprétées par un groupe de platinistes invités.Mais l’impossibilité de se libérer d’un Kid Koala, notamment, DJ virtuose et représentant d’une des dernières générations de turntablists, comme ils disent en anglais, aura modifié passablement la donne.Le rendez-vous est raté, mais ce n’est que partie remise.«Le programme n’est pas exact.Mutek m'avait contacté pour me donner carte blanche, en invitant des platinistes», expliquait Tétreault plus tôt cette semaine.L’idée était de faire «un florilège du tourne-disque».Les premières performances de Gervais avec des tables tournantes auraient été le départ d’une virée à travers les possibilités de la plate-forme.«J’aurais voulu faire un pont entre les deux, chacun des invités aurait été un des chaînons.» Mais devant l’absence de certains des invités, le projet ne tenait plus.«On va le réaliser dans le futur, ce projet, mais pas question de le faire en catastrophe.C’est un projet qui ne se monte pas en quatre jours, il faut retourner aux documents d’archives», explique celui qui revient de tournée et qu’on a pu entendre au Festival international de musique actuelle de Victoria-ville (FIMAV), il y a une dizaine de jours.On a aussi contacté Raymond Gervais, qui nous a confirmé son intérêt pour un tel projet.«Raymond Gervais sera là en esprit, mais l’idée était de reproduire certaines de ses performances, de reprendre des pièces de son répertoire audio.» Au programme, donc, quatre platinistes, tous chevronnés dans l’improvisation, qui vont s’adonner à des duos, des trios et même des qua- SOURCE MUTEK Martin Tétreault ADAPTATION LIBRE ET AGITÉE DostmvsH / Frank Cattorl Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Ratz berun Humiliés et oNensés THÉÂTRE DE COMBAT Rodrigo Garcia La Camiceria Teatro MADRID After Sun 3 et 4 juin à 19 h Théâtre Maisonneuve Après l’inoubliable Endstation Amerika, l'anticonformiste du théâtre allemand revient à Montréal, 2 soirs seulement, en exclusivité nord-américaine! AVEC LE SOUTIEN DE GoetlM Institut Inter Natlones 4-5-6-7 JUIN à 20 h Usine C Une allégorie mordante d’un monde qui carbure à la surconsommation.Complètement déjanté! Hapsg-Uyod i> Thomas Aurin cA> Place des Arts COPRESENTATEUR FESTIVAL DE THEATRE k HE PAS MANQUER CE SOIR A L’AFFICHE CE WEEK-END 22H30 au Quai de l’Horloge_________ du Vieux-Port de Montréal iGRATUIïl du 22 mai au 8 juin 2008 La Moglo des dragons Robert Lepage [COMPLET Supplémentaire 4 juin à 18h RfcardQ ¦ Shakespeare / Mapa Teatro l’ÉriM Cinema M.Duras / Brigitte Haentjens Supplémentaires 10-11-12 juin à * ÙBUNG Josse de Pauw / Victoria Plrttes Sarah Kane / Krzysztof Warlikowski IC0MPLET] IS 17 Le frère de la sangsue I Julie Andrée T.AMERIQUES www.fta.qc.ca INFO-FESTIVAL (514) 871-2224 billetterie Articulée i5866 514-790-1245 / 1 800-361-4595 ADMISSION.COM .14) 871-2224 866-844-2172 tuors, sans temps alloué à des répétitions.Philip Jeck (Angleterre), Marina Rosenfeld (Etats-Unis) et Martin Ng (Australie) seront de la partie, chacun avec son approche.Technologie d’une autre époque, la table tournante a sa place, pense Tétreault, dans un festival dédié à la musique électronique.«Justement, une des caractéristiques de Mutek est de porter sur la recherche sonore, une recherche qui ne prend pas au pied de la lettre les instruments.Nous sommes tous des gens qui n’utilisent pas l’objet de façon traditionnelle, comme dans le hip-hop, par exemple.On trafique nos objets, et la résultante audio de cette recherche a un caractère qui se rapproche de la musique électronique, même si les sources sont analogiques.» Joli paradoxe, Tétreault se fait de plus en plus inviter dans des festivals de musique électronique.La semaine prochaine, le Montréalais sera en Allemagne, pour une résidence avec des «musiciens d'allégeance exclusivement électronique».En septembre, Tétreault lance un album de jazz, avec le batteur Pierre Tanguay et le clarinettiste Xavier Charles, sur étiquette française, Textile Records, et exclusivement en vinyle.Une nouvelle porte s’ouvre.Le concert de cet après-midi est un petit tour d’horizon des possibilités des tables tournantes.Jeck est le lo-fi du groupe.«Il travaille avec des tourne-disques portatifs et la citation de vinyles, les vitesses aussi.» Avec des aiguilles usées, il parvient à un résultat qualifié d’onirique par Tétreault Rosenfeld, pour sa part, fait graver ses propres disques, avec ses propres sons.«Ces surfaces qu’elle apporte en tournée deviennent des “partitions” qu’on peut interpréter selon les consignes de l’artiste.» Cardiologue de formation, un des fondateurs du collectif Farmers Manual, Martin Ng, a une approche davantage électronique, utilisant des tables de DJ.D’approche bruitiste, Tétreault continue quant à lui de travailler avec les sources parasitaires de la table tournante, délaissant presque totalement la citation, un peu à la manière d’une de ses dernières parutions chez Ambiances magnétiques.Parasites, avec Diane Labrosse.Tous ces gens se connaissent bien.Avec Jeck, Tétreault a déjà enregistré avec l’influent Otomo Yoshihide, pour l’étiquette belge Audioview.Tétreault a invité les deux autres, l’an dernier, alors qu’il était commissaire invité par le London Musician Collective, pour mettre sur pied une tournée avec huit platinistes.«Je leur ai demandé d’apporter des idées pour être jouées en quatuor.Ça peut être un concept d'improvisation, une partition graphique, des consignes de jeu, pour qu’on puisse interpréter le travail des autres personnes, mais en quatuor.» Et il n’y a pas de consignes concernant la durée.«Quand on aura le sentiment d’avoir dit ce qu’on avait à dire, on s’arrêtera.Le plus simple est le mieux.Il ne faut pas se compliquer la vie, on n'est pas là pour faire de la démonstration, ni de la gymnastique olympique.On n’est pas des "turntablist heroes”, comme autrefois il y a eu des ‘guitar heroes’.» Au Studio, 2109, boulevard Saint-Laurent à 15h. LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 MAI ET D 1 M A N (HE 1 «1 .1 t I N 2 O O 3 K ;; Cull lire Une machine à fabriquer des scandales.La Volksbühne am Rosa-Luxemburg Platz revient à Montréal présenter Humiliés et offensés LE DEVOIR C* est l’une des troupes les plus prestigieuses d’Allemagne, qui en possède pourtant à revendre.La Volksbühne am Rosa-Luxemburg Platz a été fondée en 1914 par une association de tra-vailleurs.Au cours des décennies, le monument a été sous la gouverne de quelques géants des planches, dont Max Reihardt et Erwin Piscator.Le théâtre phare a résisté à toutes les folies du XX' siècle, traversé l’enfer nazi, survécu à la dictature communiste.Depuis la réunification des deux Allemagnes, la noble maison tente de renouer avec sa longue et riche tradition avant-gardiste, engagée et même révolutionnaire.Frank Castorf, le nouveau directeur, incarne cette volonté de renouveau.dans la continuité.Né en 1951, formé dans l’ancienne RDA, victime des tracasseries de la censure communiste, réputé insolent, il a été nommé à la tête de la Volksbühne en 1992.Il s’y est installé avec la même attitude qu’un Brecht arrivant au Berliner Ensemble en 1948, c’est-à-dire avec cette volonté de faire du théâtre «une machine pour la fabrication scientifique de scandales».Dans son bureau, selon le dossier de presse, il garde une petite photo de Staline souriant et il explique aux visiteurs qu’il a été conditionné par le stalinisme, «qui n’était pas bien du tout» mais avec lequel il doit maintenant composer comme un héritage malsain.Frank Castorf a voulu «faire entrer la réalité» à la Volksbühne.La réalité de son temps, bien sûr, celle de notre temps, celle de Berlin déboussolé par la réunification, dans une Europe défaite par la chute du Mur.Celle d’un Occident rotant dans sa mangeoire alors que le reste du monde croule sous les inégalités, les injustices et les frustrations.Présenté comme un admirateur à la fois de Marx, de Hegel et des Rolling Stones, M.le directeur Castorf reste un artiste engagé, controversé, mais brillant, bref un homme de théâtre hors des normes comme il s’en fait trop peu, ici comme ailleurs.«Je viens d'une époque: celle du football, du rock’n’roll, de la mauvaise humeur, de la névrose.Je ne crois pas à une tentative de salut esthétique par la fidélité à l’œuvre, la minimalisation de soi, l’écoute profonde d’une œuvre d’art.», a déjà expliqué le jeune quinquagénaire.Un agitateur né, que cet homme passionné qui veut utiliser le théâtre pour «faire saigner les contradictions de nos sociétés», même quand il adapte, revisite et triture les classiques.On a pu voir l’an dernier son travail sur Endstation Amerika, une adaptation libre et critique d’t/« tramway nommé Désir, de Tennessee Williams.Cette fois, le FTA ramène la troupe à Montréal pour la version scénique de Humiliés et offensés, le premier grand roman de Dostoïevski, V 1 \ ê '4 / ’A.THOMAS AURIN Le FTA ramène la troupe allemande Volksbühne am Rosa-Luxemburg Platz à Montréal pour la version scénique de Humiliés et offensés, le premier grand roman de Dostoïevski.autre grand maître du soupçon.la feuille de route de Castorf comprend déjà une version des Démons et une autre des Idiots, du même Dostoïevski.L’ancien citoyen de la République démocratique a donc conservé de bons rapports avec la littérature de l’ex-grand frère — comme dans Big Brother.On lui doit aussi un travail sur Le Maître et Marguerite, de Boulgakov.Humiliés et offensés est présentée comme une suite des Démons.mais une suite écrite avant.Les règles du jeu entre les héritiers, les intellectuels, les pauvres y sont plus brutales.Vania, poète phtisique, est le narrateur de cette nouvelle histoire sombre.Celle d’une fiancée trompée, de son père frustré, d’un prince sans principes et d’un misérable épileptique, qui s’avérera être le bâtard du noble.Ce roman, comme sa transposition, aborde de front la question du pouvoir sous toutes ses formes: économique, sociale, familiale, culturelle ou sexuelle.Cela pour l’anecdote.Castorf et son équipe malaxent le récit, ajoutent, retranchent et recomposent Le roman est là, du moins son canevas, mais au service d’une mécanique expressive radicalement neuve, «lœ chemin du metteur en scène à travers cette saga s’avère à nouveau un puzzle totalement personnel, une transposition d’un scepticisme et d’une lucidité radicalement politiques, a écrit un critique de Libération à la présentation de la pièce en France l’an dernier.Os-cillant entre déprime noire et humour de la même couleur, il opère une singulière translation du spleen mythique de la vieille Russie dans l’aujourd’hui béant du capitalisme mondialisé.» Cette perspective trempée dans l’acide n’exclut évidemment pas une recherche formelle aussi poussée que possible.Les productions de Castorf sont reconnues pour leurs complexes appareillages scéniques.Récemment, la Volksbühne a carrément reconstruit une ville dans son ventre.C’est que la Volksbühne a les moyens de ses ambitions.Monstre de subversion subventionné, avec des dizaines et des dizaines d’employés permanents, des budgets dignes d’un petit ministère, la mégastructure propose du théâtre, des concerts et des débats à tous les étages.Elle programme d’ailleurs sans relâche, malgré les avertissements des fonctionnaires, quitte à frôler la faillite.Cette fois, l’adaptation utilise une grande baraque rectangulaire.Mais le vieux roman de 1861 du maître est maintenant transposé dans un monde post-1948, où le pouvoir surveille tout, par-tout, avec des caméras vidéo qui permettent de suivre les comédiens même quand ils sortent de la partie visible de la scène.Pour pénétrer dans cette boîte-à-habi-ter.L’écran de projection relaye aussi d’autres images de notre monde, des publicités de dentifrice, par exemple, puisque l’humour serait aussi largement présent dans cette pièce noire pour faire rire jaune./ i JL Frank Castorf, le nouveau directeur de la troupe Volksbühne am Rosa-Luxemburg Platz.THOMAS AURIN allemande LES THEATRES craujoiircrh ABONNEZ-VOUS ! ¦¦ épargnez jusqu’à 24 % sur le prix régulier et profitez d’une foule de privilèges.Pour vous abonner ou recevoir le programme de la saison, un seul numéro (514) 282-3900 BLUE BAYOU, la maison de l’étalon 4e Reynald Robinson mise en scène Eric Jean Cl Une production du Théâtre les gens d'en bas MILLE feuilles de Pierre-Michel Trembla) mise en scène Martin Faucher Une coproduction du Théâtre d'Aujoard'hui et des Eternels Pigistes ÉteritRlS UN CARRE de ciel de Michèle Magny mise en scène Martine Beaalne Une création du Théâtre d'Au|oard'hei LE COLLIER d’Hélène de CareM Fréchette mise en scène Martin Faucher Une production de Théâtre d'Auloard'bul EN COUMOflATiaN flAC ^ BANQUE NATIONALE AVEC Norm de Serge Boucher mise en scène René Richard Cyr Une création tu Théâtre d'Anloerd'hal Théâtre «TAujourd’hui 3900.rue Saint-Denis (Métro Sherbrooke) Montréal (Québec) H2W 2M2 anm.tbeatredaajMrdhal.qc.ca EN COLLABORATION AVEC Hydro loi* Québec A-' aum b scene s 1er avec : Suzanne Lemoine, Marie-Jose Normand, f Patrice Savard, Maxime Dénommée, François Gourd et Anique Kenza Assistance à la mise en scène : Annick Asselin Concepteurs : André Riaux, Frédéric I&ge, Taziick Macdonald, MajikOlyloopy, Hicoletta üassone et Carterira Cfaantoerland frésinté par le \0\l «t t, f'/ L 'O LA LICORNE 4559, PAPINEAU-MONTRÊAL-QC www.theatrelalicorne.com 514.523.2246 4 juin RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 leiiJi S jure 2o®3 à OpilÔn M.ti'fh tlHÎ Mario (fil, df Suzanne Lehcnu, Mite en Lecture Je Mnuricro Garcia lezane ]*»Ji J jarn 2e»3 à 18 h FeJ,0y «trocymyos ^ Ximtnd Ertolanfè, tradition Geneviève i,little mice en texture J Alice RtnFaf Jeans Chatat da ta Montagna 20 h SAMEDI Hydro Québec Concert gratuit I Place Jacques-Cartier 14 h -¦fflPEL1 14 | Ritmo Latino Americano Chalet de la Montagne 2i r/i JUIN 2003 -, (514) 489-3444 & 489-7444 festivalmontreal® videotron.ca www.festivalmontreal.org Célébration « Schubertienne a Chalet de b Montagne 20 h ggUSAMaa Questa Bella Italia Chabt de b Montagne 20 h Montagne t* ©hr «azrttr ® V8e de Montréal La Scena Musicale Québec SS Hydro Québec m NATIONALE ¦ ¦ ¦ SAO .M.LE DEVOIR I Sam ton Bélalr Deloitte â Touche cac « '.hJh/4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 MAI ET DIMANCHE 1 I R JUIN 2 0 0 3 E 8 Culture La dans DISQUES CLASSIQUES Musique de Vienne valeur historique le dispute à la grandeur artistique cet hommage à l’Orchestre philharmonique de Vienne VITRINE DU DISQUE FRANÇOIS TOU SIGNANT ANDANTE - MOZART W.A Mozart Concertos pour piano n° 12 en la majeur, K 414, n° 14 en mi bémol majeur, K.449 et n° 20 en ré mineur, K 466; Maurizio Pollini, piano et direction de l’Orchestre philharmonique de Vienne.Symphonie concertante pour violon et alto en mi bémol majeur, K.364, Symphonie n° 41 en do majeur K.551 «Jupiter»; Igor Oistrakh, violon; David Oistrakh, alto et direction de l'Orchestre philharmonique de Vienne; Requiem.K 626: Lucia Popp (soprano), Margarita Lilowa (mezzo-soprano), Anton Dermosa (ténor), Walter Berry (basse) Société chorale des Amis de la musique à Vienne (Singverein des Gesellschaft der Musikfreunde in Wien), Orchestre philharmonique de Vienne, dir.: Josef Krips.Coffret de trois CD Andante 4992.Voici un coffret certes un peu plus cher que ce à quoi la loi du marché nous a habitués en ce moment, mais un «produit» qui est tout du bonbon.Du merveilleux nanan-ne! En trois coffrets, Andante présente trois concerts de l’Orchestre philharmonique de Vienne, enregistrés sur le vif par la radio autrichienne (ÔRF).Cela dormait dans les archives.Des passionnés les ont fouillées, se sont concertés et, avec l’accord de tous les musiciens concernés (ou presque: il faut bien exclure les décédés) doublé des auspices d’un conseil artistique à l’oreille sévère, ils éditent au disque ces bijoux enfouis dans les bandes.La valeur historique le dispute à la grandeur artistique dans cette facette de l’étiquette Andante qui se consacre au passé de l’Orchestre philhannonique de Vienne.Le premier disque est consacré à trois concertos de Mozart mettant en vedette au clavier et à la baguette Maurizio Pollini.La mode commençait alors — on est en 1981 — qui voulait que les pianistes se mettent, surtout chez Mozart, à faire le chef d’orchestre.Tel n’est cependant pas le cas de Pollini.L’origine de cet unique enregistrement vient du fait que, à la suite d’une série d’enregistrements fructueux avec Karl Bohm, la direction de l’orchestre avait décidé de réengager la paire pour de nouveaux concerts.Hors, entre temps, Bohm meurt On a donc proposé à Pollini de venir tout de même et de tenter l’expérience.(Zimmerman fera de même plus tard alors que Bernstein quittera ce monde pendant qu’on enregistrait l’intégrale des concertos de Beethoven.) Le résultat s’annonce intrigant.Et, aussi, absolument remarquable.Aucun des trois concertos retenus par Pollini n’a le «mérite» de pouvoir être qualifié de «facile» par les amateurs.Même le plus connu des trois, le célèbre K 466, reste un concerto assez sombre et complexe.Pollini ayant la réputation d’être un pianiste intellectuel, on comprend tout de suite qu’il se sent à l’aise dans ce répertoire.La preuve avait déjà été faite au disque que PoL Uni savait s’avérer grand mozartien (des concertos sous la direction de.Bohm justement, dont le si apprécié K 488).Id, il faut admettre qu’il transcende les partitions et im pose des visions inaccoutumées de ce divin compositeur.SOURCE ANDANTE Maurizio Pollini transcende les partitions et impose des visions inaccoutumées de Mozart.Les œuvres sont sombres et annonciatrices?L’interprétation se moulera non pas au sentiment, mais à la pensée.Tel un acteur qui sait la suite de l’histoire, Pollini ne prend pas ces pages comme des choses décoratives et senties.11 s’attache à en faire ressortir la plénitude dramatique, la nostalgie tendre et l’angoisse dévorante.En plus, la sonorité va du plus irrésistible cantabile à l’énergie quasi beethovénienne.L’angélique Mozart savait séduire par ses thèmes lyriques, on l’entend, mais on entend aussi pourquoi une certaine critique contemporaine le traitait de démoniaque écrivant trop de notes.Sur un second disque, c’est au tour du regretté David Oistrakh de s’illustrer.De sa direction de la symphonie Jupiter, disons qu’il a de la chance de diriger l’Orchestre philharmonique de Vienne, qui connaît ce répertoire sur le bout des doigts.Il répond bien aux demandes parfois timides du chef et, si le ton peut paraître un peu démodé aujourd’hui, la valeur du témoignage rend l’entre prise assez synmpathique.Quand le violoniste prend l’alto, que son fils Igor prend le violon et qu’on entre dans l’univers de la Symphonie concertante K.364, le monde change.' Oistrakh a enregistré cette œuvre plus d’une fois, avec ou sans chef (dans le cas qui nous concerne, il la dirige aussi).Les disques sont toujours beaux.C’est sans compter sur la magie du concert.Dans ce genre de situation un peu périlleuse, chacun doit perpétuellement écouter l’autre; chaque petite bavure ne saurait être reprise, donc doit être compensée par une avancée encore plus grande dans l’intimité et la concentration.Voilà ce qu’il y a d’inimaginable dans cette version: l'intimité.11 y a dans cette symphonie — et dans cette interprétation — des secrets passionnés, angoissés et tendres.Si le premier mouvement est beau, l’andante suivant est à écouter avec attention soutenue, absolument.Il y a eu un moment d'état de grâce ce soir-là, à Vienne.Le cliché a parfois ceci de bon qu’il colle à la réalité, donc à l'impuissance des mots: le temps s’est arrêté.Pour le troisième disque, une version fort solide du Requiem.Je maintiens toujours mes réserves sur la section de sopranos du chœur, mais Josef Krips apporte un souffle de rigueur bienvenu dans cette messe des morts parfois si sentimentale.On dit que, au sortir du concert, Krips aurait dit dans sa loge qu’il venait de donner son propre requiem.En effet, il fut diagnostiqué presque le lendemain et devait mourir peu de temps après.C’est là le seul sirop pour enrober cette version qui s’attache plus à la puissance du texte et à sa mise en place dans l’architecture musicale qu’aux sentiments qu’il pourraient susciter.Il se passe quelque chose de spécial ici dans la musique; elle devient grandiose sans assommer, intérieure sans effusion.Quand on entend cela, on saisit comment un musicien comme Harnoncourt a pu être influencé par ce genre d’optique (pas tout à fait de style cependant).Une certaine distance ne veut pas rimer avec indifférence ni nonchalance.Au contraire, on croit s’approcher de la chaleur d’une autre lumière.Ce modelage-ci du Requiem en apporte une intuition certaine.DVORÂK - SÉRÉNADES Antonin Dvorak: Sérénade pour cordes en mi majeur, op.22 (B52); Sérénade pour instruments à vent en ré mineur, op 22 (B77).Orchestre philharmonique de Vienne, dir.: Myung-Whun Chung.DGG 471613-2.Le genre sérénade n’est jamais prétexte à de la grande musique.En général, les sérénades sont soit plaisantes, soit expérimentales.De celles de Dvorâk, on peut dire les deux.La première, pour cordes, sert à apprivoiser l’écriture pour cordes et la grande forme symphonique (Brahms a fait la même chose précédemment); la seconde, pour vents, celles des Concours International de Montréal des Jeunesses Musicales concours26 mai~6 violon2003 /esf>/us yraeu/s ric/tnis/es t/e t/esnatn t/es tuyetnt/Aui / 1” juin CLASSES DE MAITRE Salle Claude-Champagne 10h~13h; 14h-17h; 19h-22h EXPOSITION DE LUTHERIE Entrée libre 2,3 et FINALES 4 juin Prix des billets : 12 $, 18 $ 6 juin CONCERT CALA DES LAURÉATS Prix des billets : 17 î, 23 $, 35 $, 46 $ Salle Wilfrid-Pelletier - Place des Arts 19H30 Orchestre symphonique de Montréal Billetterie (SI 4) 842-9951 ou osm.ca ®!WI Québec S! «MCHTmAl r\ s«ii* (J \) IMPUR QjPoMb* Êtl Ül Jg.«SK» B CCI m T Renseignements (514) 845-4108 ~ jeunessesmusicales.com sonorités particulières de ces instruments et de leur mélange G’exemple de Mozart est omniprésent pour tous).En dehors de cela, il faut néanmoins faire de la musique.Myung-Whun Chung, devant le philharmonique de Vienne, y arrive fort bien.Premier avantage de cette version: la sérénade pour cordes n’est pas prise pour montrer la valeur de cette phalange, mais davantage pour réhabiliter une page souvent jugée mineure.Avec la clarté de la lecture proposée, où chaque plan est bien différencié et où la mélodie peut s’épancher avec ce juste ce qu’il faut de langueur slave, où le rythme se fait vivant sans exagération, on entre dans une zone gris clair, sorte d’entre-chien-et-loup où les interprètes hésitent toujours entre le côté savant et l’aspect charmant Techniquement donc, tout est parfait.Tellement même que, par moments, l’ennui pointe un peu son nez tant cela fmt un peu trop étudié.Ce qui sauve alors cet amalgame de sensualité légèrement facile et de réalisation discrètement démonstrative, c’est la chaleur des cordes.Avec un bon appareil, c’est le seul grand plaisir qu’pn goûte à cette écoute.A l’écoute de la sérénade pour instruments à vents, plus rare, le plaisir se multiplie.D’abord, parce que le catalogue est plus mince; ensuite, encore, grâce à la si spéciale sonorité des instruments viennois.Sur le site officiel de l’Orchestre philharmonique de Vienne, on vous expliquera comment ils doivent être construits.Perce spéciale, emplacements des trous et facture de clés caractéristiques, bois et métaux et alliages choisis avec parcimonie.j’en passe, comme le fait que ces instruments restent à l’orchestre et se transmettent de génération en génération (ou presque).Ce qui compte dans le fond, c’est de pouvoir entendre — et savourer — le résultat.Amateurs de sonorités fraîches, de plaisirs bucoliques, vous serez ravis d’entendre cette version.Chung et ses musiciens arrivent à ce qui est le plus difficile dans ce genre de formation: le juste équilibre entre individualité des instruments et fondu collectif.Cela tient du pur prodige de réussir ce dosage minutieux, qui s’amplifie du fait que les attaques sont d’une précision remarquable (ce qui est une énorme difficulté pour ce genre de formation).Aors, les thèmes chantants révèlent leur personnalité simple et les rythmes inspirés de la danse ou du folklore amusent d’un sourire bon-enfant Tout le monde est à l’aise, nous aussi.Il y a un réel plaisir à réentendre ces pages un peu sentimentales et faciles quand on y consacre l’attention qu’elles méritent Car si on ne saurait parler de chef-d’œuvre (même pour Dvorâk), pourquoi snober de la belle musique bien faite.SUITE DE LA PAGE E 7 pop dans sa facture, un extrait comme Still Feels Like Tears renverse la vapeur tout en lorgnant du côté de la fusion krautrock.Les sons analogiques demeurent mais l’aspect teigneux inspire une volonté de dépasser les références immédiates (la formation-culte United States of America, les arrangements de John Barry ou encore la sensibifité d’un Burt Ba-charach).Les mélodies étonnent toujours, bien qu’elles cèdent à un virage plus sombre et tourmenté.Le futur promet pour Broadcast D.C.OP K O t K MY PLACE IN THE DUST Morning Star (Microbe /DT) Deuxième importation britannique de la Division D7 de Diffusion YFB (Eric Lapointe, Mélanie Renaud), après Archive, le deuxième album de Morning Star devrait accompagner vos matinées de spleen et de flânerie.Le chagrin a donné de sa couleur à chacune de ses pièces, écrites par Jesse D.Ver-non, un musicien de Bristol qui fraie depuis quelques années dans le cercle de Portishead.Loin de la mouvance bristolienne des Massive Attack, Tricky et autres porte-étendards de la vague trip-hop, Ver-non berce l’oreille avec une instrumentation essentiellement acoustique, qui touche juste ce qu’il faut au gré d’effluves latines ou de cuivres languissants, de blues coulants qui viennent enrober la voix de crooner de Vernon.Le mixage a été confié à John Parish, réputé ingénieur qui a notamment travaillé avec PJ Harvey, Tom Waits et Eels, qui n’ont rien d’amateurs.Son travail donne une dimension remarquable à l’ensemble.Pas seulement pour les étoiles du malin, le disque pourrait accompagner tous les matins du monde, pour ses ambiances embrumées.Pour l’humilité du titre aussi, My Place In The Dust.Bernard Lamarche , R O C K N I) E P E N I) A N T ETHER TEETH Fog (Ninja Tune) Cet album ne saurait mieux porter son nom, tant il touche à tout, de l’éthéré au rock (un peu) plus mordant Rencontre franche entre le rock indépendant et la culture électronique, le second album d’Andrew Bowder, alias Fog, réserve encore son lot de surprises.Encore une fois, Fog allie la naïveté du rock indépendant avec la culture du turntablism: deux antipodes.Les scratchs, les échantillons (notamment de sons d’oiseaux sur See it?See it?) viennent agrémenter des pièces acoustiques, jouées au piano et à la guitare et où parfois la flûte traversiè-re vient faire son tour.Bowder s’adonnait à une mouture postrock (avec Lateduster, du Minnesota, sa contrée natale) avant de s’aligner sur la pratique de DJ.Si les ritournelles sont simples, les sonorités qui les supportent, elles, le sont beaucoup moins.Le disque fait maison détonne un peu par rapport à l’esthetique de l’étiquette Ninja Tune, mis à part l’éclectique formation Clouddead (sur Mush Records et Big Dada, le sous-label hip-hop de Ninja Tune).Justement, c’est un des MC’s de Clouddead, Dose One.qui a introduit Fog chez Ninja Tune.La filiation est évidente.Du indie rock, Fog conserve une attitude lâche qui le sert tout particulièrement sur une pièce comme Cheerup Cheerily, toute en textures et en glitch malgré son titre.Une pièce comme What A Day Day a le côté sec du rock garage et un texte loufoque: •It’s great to see the people that you saw yesterday /See them today, And say Hey! Hey they say and you go your own way / It’s great to be the people that they saw yesterday.» A l’inverse, des plages planantes où on décèle les influences post-rock ont une belle ampleur sonore.Franchement, tout ce qui enlève de la fraîcheur à ce disque est le précédent du monsieur, l’éponyme Fog, tout simplement excellent dans son approche tous azimuts.B.L.I* U N K ONZE CHANSONS POUR FAIRE PLEURER LES MORTS-VIVANTS Yesterday’s Ring (Dare to Care/ Local Distribution) Preuve que The Sainte Catherines s’ouvre sur d’autres horizons, il faut prêter l’oreille à cette collection de chansons «folk-punkcoun-try», comme le dit le communiqué.Soutenu par une instrumentation acoustique—guitares acoustiques, harmonica, violon, piano —, enregistré live entre amis, ce disque est le versant acoustique du groupe, auquel quatre membres ont prêté leur secours: Marc-André Beaudet, Frédéric Jacques, Louis Valiquette et Hugo Mudie (qui est aussi le fondateur de l’étiquette Dare to Care).Tout simplement excellent.Avec un sens bien réel de l’affliction pour faire brailler les mères, justement, comme le soutient un des titres: J’aurais jamais pensé faire une chanson pour faire pleurer les mères.On s'étonnera avec grand plaisir des versions revues et corrigées de Plein de tendresse (oui, oui, de Claude Dubois) et des Routes de l’ennui (de Gilles Valiquette).En anglais comme en français, l’énergie du punk relève la sauce d’un folk senti, rendu par des messieurs qui savent ce qu’ils font Donne le goût de partir sur les grands chemins.ou de se pencher sur les coups que la vie peut porter, c’est selon.N’hésitez pas à vous le procurer, pour la musique, certes, mais aussi pour ceci: une partie des profits sera versée à l'organisme L’Anonyme.B.L.L'OPERA DE MONTREAL { •¦RNAHO LAS AD I ¦ DIRECTEUR ARTISTIQUE } LA BOHe] , :ZE DI FIGARO MOZART THAÏS MASSENET [EJ>uccini LE CHÂTEAU DE BARBE'BLEUE bartôk IUNGschonberg LA VEUVE JOYEUSE lehar SAISON 2003-2004 www.operademontreal.com ABONNEMENTS 514.985.2258 EXTRAITS 514.282.OPERA CJAD Imsçjja Hydro Am RANG Konaurt Bray arrv 'ié
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