Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 2007-06-30, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR.LES SAMEDI.30 JUIN ET DIMANCHE 1 DÉES 140' anniversaire la fédération canadienne ige B 5 '* JUILLET 2007 yoi)j HISTOIRE l Deux autres coups de circuit I pour Babe Ruth à Page B (> ¦ PERSPECTIVES WÈÊÊÊ rlnH'frW 1lL'-hÔ&itaJ No^e-Dame compte désormais sur l'expertise d’infirmières praticiennes spécialisées grâce à la présence de l’IPS Nathalie Nadon (absente de la photo) du candidat IPS en cardiologie, Hugues Provencher-Couture, qu’on voit ici en plein travail.h « ^ uu La pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de la santé La superinfirmière entre en action Grâce à sa formation supérieure, elle pourra poser des actes médicaux jusqu’alors réservés aux médecins Entre les coups de gueule des médecins et les cris d’alarme des infirmières qui ponctuent quotidiennement notre actualité, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée poursuit son effet dévastateur sur le réseau de la santé.Et si une partie de la réponse se trouvait ailleurs, non pas du côté des médecins ou des infirmières, mais plutôt à mi-chemin?Gros plan sur une nouvelle classe de professionnelles, que plusieurs n’hésitent plus à voir comme le chaînon manquant tant réclamé.LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Pour l’instant, celles qu’on a baptisées infirmières praticiennes sont moins d’une vingtaine au Québec et toutes travaillent dans les centres hospitaliers universitaires (CHU), spécialisation oblige.Mais voilà que Québec donne le coup d’envoi à une nouvelle classe de superinfirmières qui auront pour tâche de désengorger la première ligne en œuvrant dans les groupes de médecine familiale (GMF), les cabinets privés et les CSSS.Cette petite révolution, qui débutera modestement cet automne avec une quinzaine de candidates, a déjà fait ses preuves en Ontario, où elles sont maintenant près de 800 à oxygéner un réseau sous perfusion.La formule n’est pas inconnue, les rapports Clair et Romanow en ont déjà fait la promotion enthousiaste.Mais il aura fallu du temps et des discussions enflammées pour que la superinfirmière trouve sa place chez nous.Il y a en effet eu des résistances, convient le président-directeur général du Collège des médecins du Québec.Mais les mentalités changent et la prestation des soins aussi, croit le Dr Yves Lamontagne.«Avant, on faisait l’apologie de la multidisciplinarité, maintenant, on préfère l’interdisciplinarité parce qu’on a compris qu’il ne sert à rien d’être multi et de continuer à travailler en silos [.].En somme, disons qu’on a longtemps voulu avoir le meilleur joueur de l’équipe, alors qu’aujourd’hui, ce qu’on veut, c’est la meilleure équipe.» Le maître mot est lancé.Ce qui fait la force des infirmières praticiennes, c’est avant tout leur capacité à travailler en tandem, avec les médecins, bien sûr, mais aussi avec les infirmières soignantes auprès desquelles, grâce à leur formation supérieure, elles ont un rôle d’accompagnement et de formation à jouer.Pour cela toutefois, l’expérience ne suffit pas.Elles doivent toutes retourner sur les bancs d’école pour décrocher une maîtrise «plus» comportant un tronc commun de deux ans bonifié d’une année de stage au terme duquel les nouvelles diplômées pourront poser des actes médicaux jusqu’alors réservés aux médecins.Le champ d’action des praticiennes est double.Elles peuvent assurer le suivi de malades chroniques, mais aussi prendre le relais des médecins pour traiter certains maux courants en prescrivant des médicaments en plus d’avoir la marge de manœuvre nécessaire pour ordonner l’exécution de tests de dépistage et de diagnostic quelles pourront elles-mêmes interpréter.Certaines mauvaises langues aiment à chuchoter que les praticiennes sont en fait des médecins de second ordre ou des mini-médecins, une perception battue en brèche par le Collège des médecins et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).Une évolution bienvenue D faut plutôt voir la praticienne comme un intervenant de plus dans un réseau cruellement en manque de forces vives, croit la directrice adjointe des soins infirmiers du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM), Danielle Fleury.«Sans parler de révolution, je dirais que c’est une évolution qui nous permet d’éviter qu’une partie de notre clientèle ne tombe entre deux chaises.On le sait, il faut du temps pour obtenir un rendez-vous et la préparation et le suivi sont souvent escamotés, sinon inexistants.Maintenant, la praticienne peut prendre la relève, ce quifavorise me prise en charge plus globale du patients Dans plusieurs provinces, l’infirmière praticienne est déjà devenue un joueur incontournable.Une étude menée en Ontario et reprise par l’Association des infirmières et infirmiers du Canada montre que leur arrivée a permis de repenser les manières de soigner.Désormais, ce sont elles qui assument jusqu'à 83 % des soins dispensés aux patients, laissant aux médecins la latitude nécessaire pour se concentrer sur les cas plus complexes.Ces dernières ont aussi fait revoir à la baisse les budgets des cliniques et des hôpitaux dans une proportion allant jusqu’à 40 %, selon l’American College of Nurse Practitioners, qui souligne qu’elles ont aussi fait sensiblement fondre le nombre de séjours à l’urgence des malades chroniques.Là-bas, ce sont les infirmières de première ligne qui ont été formées en priorité.Id, on a plutôt fait le pari inverse en préconisant d’abord l’entrée en piste d’infirmières pratidennes spécialisées dans des domaines pointus: cardiologie, néphrologie et néo- natalogie.Le CHUM en compte trois, deux en car-dio et une en néphro, mais le centre hospitalier a bien l’intention d’augmenter ses troupes.Nathalie Nadon est l’une de ses pionnières.Pendant 15 ans, celled a œuvré au département de cardiologie de l’hôpital Notre-Dame.Un retour à l’école lui a permis d’y revenir sous les traits d’une praticienne spécialisée, il y a un an, non sans un certain ajustement de part et d’autre.«Les gens me connaissaient comme infirmière soignante et là j’arrivais avec un nouveau rôle.Il a fallu qu’ils se réajustent pour voir quelles responsabilités je pouvais désormais assumer.» Présentement, ils ne sont que deux à offider en cardiologie, ce qui est encore trop peu pour faire une vraie différence.Pour compenser l’effet du nombre qui leur fait défaut, Mme Nadon s’est entendue avec son collègue Hugues Provencher-Couture, candidat IPS en cardiologie, pour circonscrire leur action.«Pour l’instant, on se concentre sur les soins à apporter aux insuffisants cardiaques en assurant un suivi étroit et en cherchant à bçnifier ce suivi.» À deux, ces praticiens ont quand même eu le temps de faire leur marque, croit Danielle Fleury.Auparavant, il fallait deux cardiologues pour faire fonctionner l’unité de cardiologie.Maintenant, un seul peut assurer la garde.«Si on a pu faire ça, c’est parce que nos praticiennes veillent au grain.Si elles ont besoin d’un avis médical, elles peuvent consulter le cardiologue sur place, ce qui permet au second cardiologue défaire des activités plus complexes, qui nécessitent une intervention plus poussée.» Des débuts modestes Comme elles sont très spécialisées, ces praticiennes sont toutefois appelées à être moins nombreuses que les praticiçnnes de première ligne promises par Québec.A terme, le ministre de la Santé vise 75 praticiennes spécialisées, alors qu’il faudra des centaines de praticiennes de première ligne pour alimenter les GMF et les cliniques québécoises, rappelle régulièrement l’OIIQ, qui commence à s’impatienter.Le ministre Philippe Couillard admet que les choses ont traîné.«On est en retard, c’est clair.Mais avec la pénurie que l’on connaît en première ligne, on ne peut plus se permettre ça», précise son attachée de presse, Isabelle Merizzi.Le ministre a donc récemment choisi de piloter lui-même ce dossier.L’entente n’est pas officiellement annoncée, mais il semble qu’une première cohorte d’une quinzaine d’étudiantes pourra se voir offrir la formation nécessaire dès cet automne à l’université McGill et à l’Université Laval.L’Université de Sherbrooke pourrait égale- ment s’ajouter à cette courte liste si une entente intervient entre elle et le ministère.Pour financer ce nouveau programme, un montant de 13,2 millions a,été dégagé conjointement avec le ministère de l'Éducation.Des bourses de 60 000 $ sur deux ans seront ainsi offertes aux personnes intéressées.Les établissements qui vont les embaucher bénéficieront quant à eux d’une enveloppe équivalente pour accueillir ces finissantes, mais aussi d’autres diplômées formées dans les autres provinces; c’est notamment le cas pour les établissements en Outaouais et en Abitibi, où la concurrence ontarienne est forte.La présidente de l’OIIQ, Gyslaine Desrosiers, s'en réjouit «On n’a pas la prétention de dire que c’est la panacée, mais on pake d’un nouveau mode de pratique en tandem médecin-infirmière capable d’élargir l’accès aux soins de première ligne.» Actuellement bien malin est celui qui réussit à faire son chemin jusqu’aux portes d’entrée du réseau de la santé, alors que plus du quart des Québécois sont sans médecin de famille.Déployées là où l’étranglement est le plus fort dans les GMF, les centres de santé et les cliniques privées, les praticiennes de première ligne feront certainement une différence, croit Mme Desrosiers.Et pour cause.Dorénavant ce sont elles qui s’occuperont de régler tous les problèmes de santé courants, comme l’otite du petit dernier ou l’amygdalite du plus vieux.Ce sont elles encore qui prendront sous leur aile les malades chroniques comme les diabétiques, qui ont besoin d’un suivi serré pour ajuster leur médication.Quand elles jugeront que la condition des patients commande une consultation d’urgence, elles demanderont aux médecins de prendre la relève.«Pendant ce temps, les médecins pourront s’occuper des cas lourds et leur consacrer toute l’énergie qui leur fait souvent défaut faute de temps», illustre Mme Desrosiers.Dans les GMF qui bénéficient déjà de l’appui d’une infirmière soignante fournie par le CSSS de leur région, la formule est déjà bien intégrée.«Allez dans n importe quel GMF et dites aux médecins que vous allez leur enlever leur infirmière et vous verrez que ça va ruer dans les brancards!», raconte le D Lamontagne.La venue de praticiennes habilitées à poser des gestes cliniques supplémentaires sera pour eux une vraie bouffée d’air frais.Mais à la vitesse où vont les choses — Québec a promis d’en former 115 dans les prochaines années —, on est loin de la coupe aux lèvres, déplore le p.-d.g.du Collège.«Je trouve que ça ne va pas assez vite et c’est souvent le malheur du Québec [.j.Les Anglo-Saxons sont rationnels alors que nous on tergiverse pendant des années pour savoir dans quelle direction aller, alors qu’il est déjà minuit moins cinq à cause de la pénurie!» Le Devoir « On parle d’un nouveau mode de pratique en tandem médecin-infirmière » LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 JUIN ET DIMANCHE 1 JUILLET 2007 B 2 PERSPECTIVES I R Jean Dion L’histoire continue Un parti québécois ne devrait plus être lié par l’engagement de tenir un référendum sur la souveraineté du Québec le plus tôt possible au cours d’un premier mandat, a-t-on appris cette semaine à travers les branches de l’arbre qui cache la forêt La mention devrait ainsi être biffée quelque part le plus tôt possible et faire place à l’assertion «le plus tard possible au cours d’un 150' mandat, 100 ans ou 100 000 kilomètres, le cachet de la poste faisant fin», ont expliqué des sources de toutes sortes.Selon un spécialiste des affaires compliquées, qui possède lui-même une pensée tellement complexe que tout le monde a de la misère à le comprendre et qu’il fait actuellement l’objet de poursuites judiciaires pour infractions itératives à la Loi sur la clarté, la nouvelle démarche d’un parti québécois consistera en «un étemel printemps des idées, un horizon de 100 000 jours au terme duquel le Québec pourrait improviser au cornet à piston une symphonie inachevée de fausses notes dans le concert dissonant des nations, ou quelque chose du genre, fouillemtoi».En vertu de ce qu’il a aussi été possible d’apprendre dans les coulisses du théâtre de l’absurde, il faudra désormais que la population dise qu’elle est prête pour un référendum pour qu’un référendum soit tenu.«De toute évidence, les élections générales ne seront pas le moment pour que la population dise qu’elle est prête puisqu’il y aura des mandats sans référendum le plus tôt possible dedans, et même sans référendum le plus tard possible ni référendum le plus au milieu possible.En d’autres termes, la volonté populaire exprimée à l'occasion de scrutins uninominaux à un tour sera faite d’irrésolution floue, caractérisée par l’imprécision velléitaire de son branlage dans le manche indéterminé dans le temps et dans l’espace national identitaire», a virevolté le spécialiste.Les élections étant l’occasion de ne rien dire, puisque tous les partis ne s’engageront pas à tenir un référendum le plus référendaire possible dans un mandat qui pourrait bien ne pas être le premier, il faudra se tourner vers d’autres modes de communication collective, a pourchassé le spécialiste.En termes signifiants, il est donc tout à fait possible que les choses se déroulent autrement que d’habitude, même si elles ne se sont jamais déroulées deux fois de la même manière par le passé.«En effet, la question fondamentale est: comment les gens s’y prendront-ils pour déclarer qu’ils sont prêts et pour qu ’un parti québécois le sache?À cet égard, j’entrevois 54 méthodes possibles, mais je n’en évoquerai que trois pour les fins de la discussion et parce que j’ai autre chose à faire en ce week-end de la fête du Canada à l’intérieur uni duquel le Québec forme une nation», a as-serté le spécialiste.«D’abord, tenir un référendum pour savoir si les gens sont prêts pour un référendum.Evidemment, cela ne règle pas tout.Les gens peuvent ne pas être prêts pour un référendum le jour du référendum, puis être prêts le lendemain alors qu’il n’y a pas de référendum, auquel cas personne ne saurait qu’ils sont prêts ou, du moins, qu’ils le sont devenus entre l’un et l’autre.Ou alors, ils peuvent se dire prêts, mais pas tout de suite.“Je suis prêt pour un référendum dans 50 ans” est une réponse tout à fait plausible.Ou alors encore, ils peuvent se dire prêts, mais seulement à avoir un référendum, pas à voter pour ce que voudrait le parti québécois qui tient le référendum.On aurait alors eu deux référendums qui n'auraient pas changé la situation d’un iota, et on se trouverait devant la perspective de ne pas savoir s’il y en aurait un autre un jour, comme aujourd’hui, tiens», a transbahuté le spécialiste.Une deuxième hypothèse consisterait à mettre en service des lignes téléphoniques, 1-800-PAS-PRET et 1-800-PLUS-TOT, où les gens appelleraient de temps en temps, quand ça leur tenterait, pour dire qu’ils sont prêts ou non.Certes, le risque serait grand de se ramasser avec la moitié des gens qui seraient prêts et l’autre moitié qui ne le seraient pas, mais que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir dans la vie, un référendum le plus tôt possible et pas de référendum à un autre moment donné.Quant à la troisième méthode, a fignolé le spécialiste des affaires compliquées, ses chances d’être retenues sont excellentes: ils vont prendre l’initiative et communiquer eux-mêmes avec le monde tout en faisant semblant de l’écouter.Ça devrait donner à peu près ced: Drelin.- Stéphane Dion.- Oups.Je crois que je me suis gouré de numéro téléphonique.- Meuh non, c’est juste une petite blaguette.Quand on arbore un patronyme aussi prestigieux que le mien, conquérant tant de la chanson mondiale que du Parti libéral fédéral, on va au-devant des coups parce qu’on sait qu’il va nous être demandé si nous sommes cousins ou quelque chose.Donc: juste Dion, c’est à quel sujet?- Je voudrais parler à l’homme ou à la femme de la maison, s’il vous plaît.- Enwoye, accouche.J’ai des billets pour le concert des nations qui commence dans cinq minutes.- Votre nom a été spécialement sélectionné parmi les gens de votre quartier pour une étude d’impacts avec engagement de votre part et avec l’assurance que si un représentant va chez vous, ce sera à l’heure des repas.Nous aimerions savoir si vous êtes prêt - Ça dépend.Je suis près de certaines choses, comme, en ce moment, de mon sofa doublé en imitation de simili-cuirette, de la philosophie existentialiste et de m’en aller.- Euh, non, c’est pas ça qu’on veut dire.- Vous aimez vraiment ça, hein, les questions pas claires?- Nous voulons savoir si vous êtes prêt Avec un t.-Prêt?- Non, prêt Avec un accent circonflexe.- Prêt à quoi?Quand ça?-Là là.- C’est de vos affaires, mais à votre place, je ne me fierais pas aux réponses que vous donneront les gens.Vous vous souvenez des derniers qui ont dit «nous sommes prêts»?- Alors, c’est oui ou non?- Faudrait d’abord voir la question.- Non, je veux dire, oui ou non à ce qu’on vous pose une question?- Vous venez juste de m’en poser deux ou trois.C'est une manie chez vous, dites?- Pas tout le temps.Des fois, on essaie de les retarder le plus possible.Voilà.Personne ne se souvient de l’histoire, mais elle continue.jdionfaledevoir.com 150 % d’augmentation, vous dites ?L’idée d’un contrôle des loyers a été perçue comme une hérésie dans les rangs conservateurs Crise du logement en Alberta ARCHIVES LE DEVOIR Calgary a dû transformer un magasin vacant en refuge pour accueillir l’afflux de sans-abri.U V'.v-; •t" mit* Des augmentations de loyer de 150 %?Difficile à croire, mais c’est devenu une réalité en Alberta, où il n’existe aucun contrôle des loyers et où le gouvernement conservateur refuse obstinément d’en établir un, ne serait-ce que temporaire.La crise est grave et fait déjà sentir son effet sur la classe politique.MANON CORNELLIER La nouvelle frôlait l’absurde: des sportifs professionnels incapables de se loger à cause d’une pénurie de logements et de loyers trop élevés.C’est pourtant ce qui est arrivé ce printemps à plusieurs joueurs des Eskimos, l’équipe de football d’Edmonton.Difficile de mieux illustrer la gravité de la crise du logement en Alberta.La situation perdure depuis environ deux ans.L’an dernier, le prix des loyers a augmenté de 19,5 % à Edmonton, ce qui en fait la championne canadienne, alors qu’à Calgary la hausse était de 9,9 %.La moyenne canadienne était de 2,4 %.Le prix des maisons et des condominiums monte aussi en flèche.Le taux de vacance est à peu près nul et, pour envenimer le tout, le nombre d’unités à prix abordable que les villes construisent au compte-gouttes n’arrive pas à compenser pour les logements transformés en condominiums, une épidémie dans toute la province.L’effet domino de cette crise se voit dans les rues des villes.On y voit de plus en plus de sans-abri.L’hiver dernier, Calgary a dû transformer un magasin vacant en refuge temporaire pour accueillir l’afflux de sans-abri.Edmonton, comme Calgary, a même vu surgir un village de tentes — sans cesse délogé — où vivent des sans-abri.Beaucoup d’entre eux sont des travailleurs dont le salaire ne suffit pas à payer les loyers demandés.C’est devenu si commun que l’un d’entre eux racontait au journal local, à Edmonton, que son employeur venait le chercher tous les matins au campement Comme si ce n’était pas assez, certains propriétaires ont décidé de profiter de la situation et d’imposer des hausses de loyer hallucinantes pouvant dépasser les 1000 $ par mois.Les journaux se sont mis à en parler, les députés de l’opposition, à poser des questions.Cela a pris les allures de crise politique au début de mai, quand le premier ministre et son ministre des Affaires municipales, Ray Da-nyluk, ont exprimé des doutes quant à la fréquence de ces hausses et ont rejeté l’idée d’un contrôle temporaire des loyers, comme le recommandait un comité de travail formé par le premier ministre lui-même.Sacrilège ! Un contrôle des loyers?L’idée a été reçue comme une hérésie dans les rangs conservateurs.Solution inefficace, qui décourage la construction de logements locatifs et qui contrecarre les lois du marché.«C’est le triomphe de l’idéologie sur le bon sens», s’insurge Ray Martin, député néo-démocrate et membre du comité.Il rappelle qu’il ne se construit pratiquement pas de nouvelles unités locatives en Alberta depuis des années et U n’y a pas de confrôle des loyers.«Vous touchez ici à l’identité politique des conservateurs», analyse David Taras, politologue à l’Université de Calgary.«Us ont une foi dans les forces du marché et une répugnance à intervenir, même si le contrôle des loyers a fonctionné ailleurs.» Le gouvernement Stelmach a toutefois annoncé une hausse de 53 % du budget pour le logement abordable.Les 285 millions supplémentaires seront remis aux villes qui purront les utiliser pour construire de nouvelles unités, acheter des logements pour les convertir en unités à prix abordable, offrir un supplément pour le paiement du loyer et ainsi de suite, explique Robert Storrier, du ministère des Affaires municipales.Le gouvernement a aussi augmenté les fonds destinés aux suppléments au loyer des per- sonnes démunies et a créé, comme le recommandait le comité, un programme d’aide financière temporaire pour les personnes affectées par les hausses.Cette aide aux locataires les plus mal pris n’a pas fait taire les critiques, au contraire.La logique du groupe de travail était qu’on ne peut aider financièrement les locataires aux prises avec des hausses excessives sans en même temps freiner ces hausses exagérées.En faisant les choses à moitié, le gouvernement se retrouve à subventionner les propriétaires les moins scrupuleux, s’indigne Ray Martin.C’est comme leur dire qu’ils n’ont pas à s’en faire, le gouvernement ramassera les pots cassés.L’affaire a tourné au vinaigre dans les jours qui ont suivi la présentation du projet modifiant les règles régissant les relations entre propriétaires et locataires.Talonné par l’opposition, le premier ministre a affirmé qu'il n’était au courant d’aucun cas de hausse de 1000 $ ou plus par mois.La semaine suivante, il invitait l’opposition à lui transmettre les doléances des personnes craignant de perdre leur logis.Les partis d’opposition sont arrivés le lendemain avec un groupe de locataires inquiets.Au moins 25 d’entre eux, dont des personnes âgées et handicapées, se sont présentés au bureau du ministre Dany-luk.Les photos à la une, le lendemain, ne l’avantageaient pas.Un désastre! Le projet de loi contesté ne prévoit évidemment pas de contrôle de loyers, même temporaire.Par conséquent, rien ne limite l’appétit des propriétaires.Les seules contraintes qu’on leur impose est de ne pas pouvoir hausser le loyer plus d’une fois par année, à moins d’un changement de locataire, et de donner un préavis de trois mois avant de s’exécuter.Dans le cas d’une éviction pour rénovations ou transformation de l’appartement en condo, le préavis est d’un an et aucune augmentation de loyer ne peut survenir durant cette année.Les propriétaires qui rêvent de condos ont une échappatoire en or.Il leur suffit de ne pas donner d’avis d’éviction pour la transformation de leurs appartements en condominiums mais, en lieu et place, de donner un préavis d’augmentation de loyer qui soit as- sez élevée pour faire fuir les locataires.Plus besoin d’attendre un an pour sortir les marteaux.Les journaux rapportent déjà des cas.Patinoire politique Selon Statistique Canada, la proportion de propriétaires en Alberta augmente plus rapidement que dans le reste du pays.Bas taux d’intérêt et économie en explosion en sont les principales raisons, mais ce sont les plus fortunés qui en ont profité.Le marché locatif est de plus en plus accaparé par les ménages à faible revenu.Selon les experts, cela pourrait avoir un effet dissuasif sur la construction de nouvelles unités et provoquer un triste cercle vicieux.Moins il y a d’offres, plus les prix augmentent, ce qui affecte encore les plus défavorisés.Et de l’offre, il n’y en a pas actuellement en Alberta, et il manque de logements sociaux car la province a pratiquement cessé d’investir dans ce secteur après le retrait fédéral au début des aimées 1990.Cette crise a des retombées jusqu’en Saskatchewan.Cette province, qui connaît généralement un déficit migratoire vers les autres provinces, fait ouvertement campagne en Alberta pour attirer des jeunes familles chez elle.Certaines ont mordu à l’appât et sont parties pour les petites villes situées à la frontière entre les deux provinces, comme à Estevan, Wey-burn, Yorkton.Les maisons y sont moins chères, comme le coût de la vie en général.Le Parti conservateur ne risque pas sa chemise dans cette histoire, nuance David Taras; son emprise quasi totale sur la province est déjà ébranlée, en particulier à Calgary.Ses appuis y sont passés de 59 % en janvier à 40 % actuellement et le parti y a perdu, à la mi-juin, la circonscription de Ralph Klein.À l’échelle de la province, le PC a glissé de 12 points entre la fin d’avril et la fin de juin, passant de 59 à 47 %, indique la dernière enquête Ipsos-Reid réalisée pour le Calgary Herald.Selon M.Taras, le PC pourrait perdre des sièges à Calgary si ses supporteurs sont assez mécontents pour ne pas aller voter.«Si cela se produit, les libéraux pourraient prendre plusieurs sièges, mais [.] l’Alberta rurale ne laissera pas ce gouvernement tomber.» Collaboratrice du Devoir Certains propriétaires ont imposé des hausses de loyer pouvant dépasser les 1000 $ par mois La France n’est pas épargnée par la crise du logement À Paris, la moyenne des loyers oscille entre 1300 $ et 2200 $ par mois ALEXANDRE SHIELDS Envolée vertigineuse des prix, rareté, désengagement de l’Etat.Les Français peinent de plus en plus à se loger.C’est à tout le moins le portrait plutôt sombre que trace Jean-Baptiste lïyraud, président et cofondateur de l’association Droit au logement fi)AL).Défenseur des sans-logis et des mal-lo-gés, il dit d'ailleurs craindre que l’élection de Nicolas Sarkozy n’aggrave le problème du logement dans l’Hexagone.«Il y a eu une véritable flambée des loyers depuis la fin des années 1990, rappelle M.Eyraud, en entrevue au Devoir.Et le phénomène a atteint pratiquement toutes les régions de la France.Donc, le poids du logement [dans les dépenses des ménages] a considérablement augmenté.En même temps, la spéculation immobilière a été favorisée et les premières victimes sont les plus démunis.» A travers la France, la hausse des loyers a été en moyenne de 3,8 % par année depuis 1998.En 2006, il fallait débourser en moyenne 622 euros par mois (900 $CAN) pour un appartement et 1250 $ pour une maison.Sans surprise, Paris remporte la palme des loyers élevés, la moyenne oscillant entre 1300 $ et 2200 $ par mois, selon les secteurs.«C’est inaccessible pour beaucoup de familles», souligne-t-il, précisant que 50 % des Parisiens appartiennent à la classe moyenne.Le logement est donc devenu, au fil des ans, «une centrifugeuse sociale» qui chasse les plus pauvres de plus en plus loin vers la périphérie des grands centres urbains.Cette tendance lourde a fait exploser le nombre de demandes pour des logements sociaux.Il s’en construit d’ailleurs beaucoup dans l'Hexagone.«En proportion, on en construit quatre fois plus qu’au Québec, souligne M.Eyraud.On parle de 50 000 à 60 000par année.» Ce nombre est toutefois nettement insuffisant.Uniquement dans la région pari- sienne, 430 000 demandeurs figurent sur les listes d’aftente.A l’échelle nationale, le cofondateur de l’organisation DAL évalue les besoins immédiats à 1,3 million de logements sociaux.Un chiffre en croissance.«Ça traduit les pressions qui existent.Le logement est très cher, donc les gens se tournent vers le logement social.» Des inquiétudes Jean-Baptiste Eyraùd redoute d’ailleurs que l’arrivée du président Nicolas Sarkozy ne contribue à détériorer la situation.«Sarkozy a dit vouloir une “France de propriétaires” alors que le travail se précarise de plus en plus et que les prix de l’immobilier n’ont jamais été aussi chers, lance-t-il.On se demande qui pourra bien acheter.Ce ne seront pas les populations modestes, qu'on retrouve essentiellement parmi les locataires.» Droit au logement, qui existe depuis 1990 et a longtemps œuvré sous le parrainage dp l’abbé Pierre, réclame plutôt que l’Etat construise davantage de logements sociaux.On souhaite aussi une application beaucoup plus stricte de l’ordonnance «sur la réquisition des habitations inoccupées», une mesure qui existe depuis 1945.C’est qu’ironiquement, malgré la rareté des logements, nombreux sont ceux qui sont vacants.L’Hexagone en compte 1,8 million, dont 100 000 à Paris.«En France, il y a une Loi de réquisition des logements vacants depuis plus de six mois qui autorise l’Etat à y installer des personnes sans logis.Cette loi n’est pas beaucoup appliquée, mais on ne manque pas de le rappeler quand on occupe m immeuble vacant», souligne M.Eyraud.L’organisation a récemment réussi à forcer la main de Paris en occupant un immeuble vacant de six étages, rue de la Banque, en plein cœur du quartier financier de la capitale.Le président de DAL craint cependant que le nouveau président n’adopte la ligne dure contre ce type d’actions.Il prédit que, dès cet été, «les commissaires seront sur le pied de guerre pour lancer les expulsions» des sans-domicile occupant illégalement des logements vacants.Effet positif?«Heureusement», dit Jean-Baptiste Eyraud, Droit au logement jouit d’une sympathie certaine auprès du public.«La question du logement en France est très vive en ce moment, en raison des prix très élevés.Même la classe moyenne, mais aussi les enfants de la classe moyenne, ne peut plus se loger.En fuit, la crise du logement élargit sa base sociologique.Le problème est à ce point grave que la question a été présente tout au long de la campagne présidentielle.» Il cite comme exemple le campement installé par l’association Les Enfants de Don Quichotte le long du canal Saint-Martin, à Paris.Cette action, hautement médiatisée, a forcé le gouvernement à adopter une loi sur «le droit au logement opposable».Le texte inscrit dans la loi un «draft à un logement décent et indépendant» garanti par l’État à tout Français «qui n’est pas en mesure d’y accéder par ses propres moyens ou de s’y maintenir».M.Eyraud demeure néanmoins sceptique.«Leffectivité de cette loi n’est pas encore acquise, parce que les moyens de loger ne sont pas à la hauteur», juget-il.M.Sarkozy s’est engagé au cours de la campagne à respecter la loi, mais les défenseurs des locataires attendent toujours des gestes concrets.Droit au logement bénéficie également de l’appui indéfectible de l’intellectuel Albert Jacquard.Militant de longue date de DAL, il rappelait encore récemment c\\x’«après la santé, le logement est une nécessité dont on ne peut pas se passer.C’est une question de volonté, pas de possibilité».Même son de cloche du côté de M.Eyraud.«Tout le monde reconnaît que, sans logement, on est marginal, on est en dehors de la société.Donc, soit on veut mettre des populations hors de la société, soit on les loge.» Le Devoir « Le problème est à ce point grave que la question a été présente tout au long de la campagne présidentielle » » 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 JUIN ET DIMANCHE 1 ‘ * JL* 1LLET 2007 B 3 PERSPECTIVES La candeur brutale de Pauline La nouvelle chef du PQ entend faire le pari de la franchise ROBERT DUTRISAC Québec — Pauline Marois est une politicienne aguerrie qui se double d’une femme d’Etat dotée d’une longue feuille de route.C’est pourquoi il est toujours étonnant de la voir manifester une candeur désarmante.Au lendemain de son couronnement, dès son premier point de presse, jeudi, à titre de chef du Parti québécois, Pauline Marois a répondu — avec franchise, n’en doutons pas — à cette question d’une journaliste: serait-elle au pouvoir pendant un, deux ou trois mandats sans tenir de référendum?Oui, a-t-elle répondu, le plus spontanément du monde.«Ça dépendra du moment où les gens nous diront qu’ils veulent qu'on tienne un référendum.» Du coup, Mme Marois laissait entrevoir la perspective que le Parti québécois puisse gouverner le «Québec province» pendant 10 ou même 12 ans.De quoi faire grincer des dents bon nombre de péquistes, et pas seulement les purs et durs.Ce faisant, la chef péquiste répondait à une question hypothétique à laquelle les politiciens ordinaires refusent de répondre.D y a quelque chose d’éminemment hypothétique dans la perspective que Pauline Marois se retrouve première ministre pendant trois mandats de suite —jusqu’en 2020 — et, qui plus est sans qu’un référendum sur la souveraineté — la raison d’être du PQ — soit tenu.Mais Pauline Marois ne faisait que tirer les conclusions de sa prise de position sur le référendum.Cela fait des années que les Québécois ne veulent pas entendre parler d’un référendum sur la souveraineté, et on ne peut pas prédire quand ils auront le goût et la volonté de se doter de leur propre pays.Loin d’une première C’est loin d’être la première fois que Pauline Marois fait preuve d’une candeur qu’on peut qualifier de brutale.En pleine course à la direction du PQ, en 2005, la candidate avait déclaré qu’au lendemain d’un référendum gagnant, le Québec traverserait une période de cinq ans de perturbations.Cette prédiction non seulement contredisait le credo péquiste qui veut que l’accession du Québec à la souveraineté se ferait sans heurts, elle donnait aussi des munitions aux fédéralistes, à commencer par Jean Cha-rest, qui n’a pas manqué d’exploiter cette déclaration.Encore là, Pauline Marois a voulu faire preuve de franchise.Dès le lendemain de la démission de Bernard Landry, en juin 2005, Pauline Marois ne s’était pas gênée pour confirmer sa candidature afin de lui succéder.On lui a beaucoup reproché cette précipitation.Sylvain Simard n'y était pas allé de main morte.«J’aurais apprécié que tout le monde attende que le cadavre refroidisse, ü y a des gens qui ont montré dans la vie un manque de sens de synchronisation, de timing, extraordinaire.» Mais pour Mme Marois, refuser de faire connaître ses intentions alors qu’elles étaient évidentes, c’était tout simplement de l’hypocrisie.Gageons que la chef péquiste se souvient de cette déclaration cinglante de M.Simard alors qu’il cherche aujourd’hui à rentrer dans ses bonnes grâces.Citons un autre exemple où la franchise de V.I ^ ~ « m.' F -1 Pauline Marois Pauline Marois l’a mise dans l’embarras.C’était à l’automne 2001, alors qu’elle était ministre des Finances.«Techniquement, on est dans une forme de récession», avait-elle affirmé.Or il existe une règle tacite: un ministre des Finances ne peut pas évoquer l’arrivée imminente d’une récession.Une telle déclaration peut avoir un impact sur les marchés ou influencer le comportement des gens.Consciente d’avoir commis un impair, elle avait cette fois-là tenté de corriger le tir.Pas de demi-vérités Toute vérité n’est pas bonne à dire en politique.Or Pauline Marois entend faire le pari de la franchise.En dehors du secret budgétaire, de la discrétion entourant les projets de loi en préparation ou les négociations quand il y a lieu de ne pas négocier sur la place publique, la chef péquiste dira ce qu’elle pense.«C’est fini, ce temps des demi-vérités.Avec Pauline, un chat, c’est un chat.S’il est blanc, il est blanc, s’il est noir, il est noir, s’il est gris, il est gris», fait valoir son attachée de presse, Christiane Miville-Deschènes.Les Québécois ne veulent rien savoir d'un ré- JACQUF.S NADEAU LE DEVOIR férendum sur la souveraineté?Qu’on le dise.On ne sait pas quand ils en voudront un?Qu’on le dise aussi.Et le corollaire, c’est qu’un gouvernement dirigé par Pauline Marois continuera entre-temps de faire progresser le Québec au seip du Canada.A la faveur de la «saison des idées» menée par Bernard Landry, le PQ avait adopté une stratégie proche de l’autosuggestion: un gouvernement péquiste tiendra un référendum le plus rapidement possible au cours du mandat Comme le général qui ne peut qu’envisager une chose: la victoire.La guerre est déjà perdue si l’armée ne croit pas en ses chances.Même si cela ne correspond plus à la réalité.Avec Pauline Marois, plus question d’en faire accroire.C’est le retour sur le plancher des vaches.Au pragmatisme.A la réalité la plus plate, même si elle désespère une bonne partie des troupes.Les dissidents n’ont plus qu’à rentrer dans le rang.La nouvelle chef a été plébiscitée alors que l’existence même du PQ est en jeu.Le Devoir Les premiers procès devraient débuter en 2008 Quelle justice pour les Cambodgiens ?Les années passent, les coupables crèvent.Les Cambodgiens attendent depuis 28 ans que soit jugé et puni le régime khmer rouge de Pol Pot pour le génocide qui a annihilé près de deux millions de personnes à la fin des années 1970.Après délais et procrastination, une impasse vient d’être levée à l’entrée en fonction des «chambres extraordinaires» créées au Cambodge pour instruire les procès, dont les premiers devraient enfin se tenir en 2008.Sauront-elles rendre justice?GUY TAILLEFER Le droit pénal international est une œuvre pionnière qui a permis depuis le milieu des années 1990 que les survivants des génocides et des crimes contre l’humanité commis au Rwanda, en ex-Yougoslavie et en Sierra Leone voient les bourreaux amenés devant les tribunaux et jugés.Les Cambodgiens, qui ont vécu entre 1975 et 1979 les années les plus noires de leur histoire, n’ont pas encore eu le bonheur de faire ce douloureux exercice.Neuf ans que l’ONU et la justice cambodgienne tentent très laborieusement de s’entendre sur la formation d’une cour pour juger les crimes des Khmers rouges, avec, en toile de fond, les énormes réticences du Cambodge à laisser les instances internationales intervenir dans l’organisation et le fonctionnement du tribunal.Le différend a donné lieu à un intense bras de fer, s’agissant de marier aux normes internationales le fragile système judiciaire cambodgien, grevé par la corruption et les manipulations politiques.Le projet a failli capoter plus d’une fois, nptamment en 2001: devant les résistances de l’Etat cambodgien, au sein duquel se trouvent toujours d’anciens Khmers rouges en nombre important l'équipe onusienne avait claqué la porte et était rentrée à New York, pour ne retourner à Phnom Penh à son corps défendant qu’après y avoir été forcée sous la pression de l’Assemblée générale de l’ONU.On espère que les derniers obstacles ont été levés avec l’entente, conclue il y a deux semaines, sur le règlement interne de la cour.Technique, l’entente de compromis n’en est pas moins cruciale: elle aplanit les désaccords au chapitre des procédures liées à la participation des avocats étrangers de la défense et aux droits des suspects et des plaignants.# NI 0» h .0 i H, «Ces règles garantiront des procès justes et transparents, a assuré le coprocureur du tribunal, le Québécois Robert Petit.Nous pouvons désormais avancer.» Le dernier mot Sauf que, sur le fond, l’influençable justice cambodgienne conserve le dernier mot Les tribunaux pénaux internationaux pour le Rwanda et l’ex-Yougoslavie sont clairement sous juridiction onusienne.Mixte, le tribunal spécial de la Sierra Leone a une couleur nationale mais demeure sous responsabilité internationale.Rien de tel au Cambodge: «Il s’agira d’une chambre extraordinaire des institutions cambodgiennes, fondée sur le droit pénal cambodgien, avec soutien international», explique M' Luc Côté, qui a participé l’année dernière à la formation des avocats faisant partie de l’équipe de M1 Petit C’est ainsi qu’en l’occurrence, le bureau du procureur sera bicéphale.M1' Petit travaillera en collaboration avec un coprocureur cambodgien et devra obtenir son assentiment pour mener des enquêtes et intenter des poursuites.En cas de désaccord, ils en appelleront à un comité de juges dont la majorité sera cambodgienne.Plusieurs s’attendent, dans ces conditions, que le pays se soumette au bout du compte à un devoir de mémoire partiel et partial qui ne consistera pas tant à faire la lumière sur les responsabilités qu’à mettre des suspects à l’abri d’accusations.Il ne fait aucun doute dans l’es-prii de Theary Seng, directrice du Centre pour le développement social, à Phnom Penh, que le gouvernement du premier ministre Hun Sen, lui-même un ancien Khmer rouge qui avait retourné sa veste dès 1977, tire de nombreuses ficelles.«Les procès auront lieu, dit-elle, si ce n’est que pour calmer la communauté internationale.Les autorités ont multiplié les délais dans le des- CHOR SOKUNTHEA REUTERS sein que les vieux Khmers meurent tranquillement les uns après les autres.» Pour les millions de Cambodgiens qui attendent justice, le fait que la mémoire des massacres est en train de s’éteindre littéralement est un souci légitime.Pol Pot est mort en 1998.Le numéro deux du régime, Ta Mok, dit le Boucher, considéré comme le maître d’œuvre des pires massacres de masse, est décédé, lui, l’année dernière.Seulement deux des dix principaux coDaborateurs de Pol Pot sont actuellement sous les verrous.Le président de l’ancien régime, Khieu Samphan, et l’ancien ministre des Affaires étrangères, Leng Sary, vivent en toute liberté.Le risque est aussi que le tribunal soit sans grand impact public sur la société cambodgienne, pour la simple raison que ses locaux ont été installés, pour raisons officielles de sécurité, dans un désert de banlieue situé à une heure de la capitale.Politiquement, la cour se met en branle à un moment où la mainmise du Parti du peuple cambodgien (CPP) de Hun Sen, qui détient le pouvoir depuis 1985 non sans avoir recouru à la répression, n’a jamais été aussi complète.Il est bien servi depuis deux ans par un affaiblissement notable des deux principaux partis de l’opposition.Vaut-il mieux un tribunal boiteux que pas de tribunal du tout?Amnistie internationale en doute, qui trouve le système judiciaire cambodgien désespérément inadéquat Luc Côté n’est pas nécessairement plus optimiste, mais il préfère quand même réserver son jugement «L’avenir dira dans quelle mesure ce tribunal donnera lieu à des procès justes et équitables.C’est clair que les Cambodgiens gardent le contrôle sur ce qui va se passer.Pourront-ils pour autant tout bloquer?Je ne crois pas.» Le Devoir Michel David Devoirs d’été Pour convaincre Jean Charest de quitter Ottawa pour venir barrer la route aux séparatistes.Brian Mulroney lui avait dit selon son biographe André Pratte: «Si ça va bien, tu deviens premier ministre, l'affaire est réglée.Si ça va mal, tu es battu et tu décides de rentrer dans le secteur privé, tu vas être accueilli à bras ouverts.» Même si son accession au poste de premier ministre a été plus laborieuse que prévu, M.Charest peut dire «mission accomplie».Selon le dernier sondage CROP, l’appui à la souveraineté sans partenariat avec le reste du Canada n’est plus que de 32 %.On dira que le PQ a lui-même contribué à cette dégringolade, mais le fait demeure que la menace semble écartée pour un bon moment Ce qui est plus inquiétant d’un point de vue fédéraliste, c’est la descente aux enfers du PLQ, qui demeure le seul parti dont l’attachement au Canada est inconditionnel.Loin de marquer un nouveau départ fa dernière session parlementaire a simplement eu pour effet d’accroître davantage l’insatisfaction à l’endroit du gouvernement Peu importe le domaine, M.Charest est perçu comme le moins apte à résoudre les problèmes auxquels le Québec fait face.Personne n’a réussi à découvrir le fameux «pont d’or» qu’on lui aurait prétendument fait en 1998, mais si le premier ministre avait le bon goût de se retirer avant que la situation ne devienne carrément catastrophique pour les libéraux, il serait encore accueilli à bras ouverts dans le secteur privé.Au contraire, plus il s’accrochera, moins l’accueil risque d’être chaleureux.Une rumeur veut que M.Charest ait déjà entrepris de négocier son entrée dans un de ces gros bureaux d’avocats de Montréal où les anciens premiers ministres trouvent fréquemment refuge.Que cette rumeur soit fondée ou non, il devra réfléchir très sérieusement à son avenir durant les vacances d’été.S’il arrive à 1a conclusion qu’il doit partir, pour son propre intérêt comme pour celui de son parti d’adoption, le plus tôt il annoncera sa décision, le mieux ce sera.?Depuis qu’elle a annoncé sa candidature à la succession d’André Boisclair, Pauline Marois s’en est tenue à deux déclarations d’intention: mettre le référendum en veilleuse et moderniser 1a social-démocratie.Il vaut maintenant mieux attendre la rentrée d’automne pour mettre de fa chair autour de l’os, mais il n’est certainement pas trop tôt pour commencer à faire le ménage.M.Boisclair n’avait pas osé remettre en question l’existence du SPQ libre, cette excroissance des centrales syndicales dont Bernard Landry avait commis l’erreur d’autoriser fa création et qui est largement responsable du virage à gauche effectué au congrès péquiste de juin 1985.«Le catalogue des législations progressistes adoptées au cours de son histoire par le PQ a souvent été un co-pier HArbour 1241 Rédoction , * 2 HArbour 3079 Gérant .V » ï HArbour 4897 30 juin 1930 La canonisation des Martyrs jésuites du Canada, des bienheureux Bellarmin et Théophile da Corte Ces dix canonisations ont donné lieu à de très belles cérémonies, hier - Le Pape a reçu les pèlerins canadiens en audience, samedi, et a nommé les groupes des Pères Jésuites et An Devoir Cité Vaticane, 30.(S.P C.) - La canonisation des Martyrs Jésuites du Canada [Jean de Brébeuf, Noël Chabanel, Antoine Daniel, Charles Garnier, René Goupil, Isaac Jogues, Jean de Lalande et Gabriel Lalemant], du cardinal Bellarmin, Jésuite, et du bienheureux Théophile da Corte a donné lieu hier à des cérémonies d’une très grande beauté.La nef de Saint-Pierre, qui peut contenir près de 70,000 personnes, était remplie à capacité.Les autels de l’immense basilique étaient décorés de fleurs fraîches et illuminés par une profusion de cierges.Des bannières évoquant la gloire des nouveaux saints et des toiles rappelant quelques-uns des miracles obtenus par leur intercession ornaient les murailles.Le Souverain Pontife s’est rendu à la basilique en sedia gestatoria, précédé d'une longue théorie de religieux, de prêtres, d’abbés, d’évêques, d’archevêques, de patriarches et de cardinaux.Tous portaient un cierge à la main.Les gardes-nobles et les gardes suisses du Pape étaient en grand uniforme.[.] Lorsque le Pape eut pris place sur son trône, avec le cérémonial usuel, le cardinal Lau-renti, procureur des canonisations, accompagné d’un avocat consistoriai, a solennellement demandé, à trois reprises, la canonisation des dix bienheureux.Aux deux pre- mières demandes, le Pape a répondu qu’il fallait encore invoquer le secours divin, et le choeur de la Six tine a entonné les litanies des Saints, puis le «Miserere», puis le Pape lui-même a entonné le «Veni Creator».Après avoir répondu à la troisième demande en proclamant saints les dix bienheureux, le Pape a entonné le «Te Deum».Une éclatante fanfare des gardes-nobles, du haut du balcon central de Saint-Rerre, a signalé à l’extérieur la canonisation.A cette fanfare, les cloches de Rome se sont mises en branle.Pendant trois minutes, elles ont rempli le ciel de leurs voix joyeuses.Ayant proclamé les nouveaux saints, le Pape a rappelé brièvement la vie de chacun d’eux, dans une allocution, puis a donné une bénédiction en les invoquant.Il a ensuite chanté la messe.Suivant une coutume qui remonte aux cérémonies des catacombes, il y a eu, pendant la messe, offrande de cierges, de pain, de vin, d’eau, de colombes, au nom des nouveaux saints.Ce sont les cardinaux de la Congrégation des rites et des représentants de la Compagnie de Jésus qui ont fait ces offrandes.AUDIENCE AUX PELERINS CANADIENS.Cité Vaticane, 30.(S.P.C.) - Samedi 27 juin 1930 MAGASINS ET CIRCULATION Les grands magasins de la ville ont exprimé leur désir de coopérer avec la Compagnie des Tramways de Montréal pour rechercher les moyens d’améliorer et d’accélérer la circulation urbaine.Un essai, fait par un des grands magasins d’Atlanta en Géorgie, a été couronné de tant de succès que la Compagnie des Tramways a fait pressentir les directeurs des grands magasins de Montréal pour savoir s’ils consentiraient à élaborer conjointement avec elle un plan qui assurerait aux tramways le droit de passage.Le magasin Rich, d’Atlanta, donnait dernièrement aux employés chargés de conduire leurs camions et voitures de livraison des ordres précis comme suit: «Vous devez donner le droit de passage aux tramways.Neuf voyageurs sur dix sont nos clients et tout obstacle à la libre circulation des tramways a une répercussion directe sur notre clientèle.«Ayez soin de ne pas conduire votre voiture ou votre camion sur les voies de tramways.«Ne laissez jamais votre véhicule en stationnement de façon à empiéter sur l’espace utile de la chaussée, et, sous aucun prétexte, ne stationnez jamais en file double.Cette manière de faire gêne le mouvement des tramways.«Autant que possible, servez-vous des rues dans lesquelles les tramways ne passent pas.» La Maison Morgan a fait connaître à la Compagnie des Tramways de Montréal qu’elle est entièrement acquise à cette idée.[.] La Maison Simpson a informé la Compagnie qu’elle fera distribuer à ceux de ses employés chargés du service de livraison, des imprimés contenant les instructions nécessaires [.].Dans sa lettre à la Compagnie, la Maison Eaton donne l'assurance qu’elle fait tout son possible maintenant et continuera à le faire pour supprimer, autant que possible, les obstacles à la circulation et pour en faciliter le mouvement La Maison Dupuis Frères, ainsi que celle d’Ogilvy sont en parfaite sympathie avec les assertions de la maison Rich, d’Atlanta.[.] (Communiqué) 26 juin 1930 IL Y A 50 ANS Ce ne fut qu’en 1880, — il y a eu cinquante ans le 24 juin, — que le Canada eut enfin un véritable chant national.«En 1880, écrit Mlle Blanche Gagnon, devait avoir Heu, à Québec, le premier Congrès catho-Hque des Canadiens français.Emest Gagnon, à titre de secrétaire du comité d’organisation, se chargea d’inviter Calixa Lavallée à composer de la musique pour un hymne national L’artiste se mit à l’oeuvre et convoqua bientôt chez lui les principaux musiciens de la ville afin de soumettre trois manuscrits à leur libre appréciation.Le jour, ou l’heure ne convenant pas à tous, Ernest et Gustave Gagnon furent les seuls à s’y rendre.Leur choix s’accorda avec les préférences de l’auteur lui-même pour celle des trois compositions qui était à leur avis, bien supérieure aux deux autres.Emest Gagnon demanda ensuite au président du Congrès, l’honorable juge Routhier, d’écrire des paroles sur cette musique; et pour lui en indiquer le rythme, lui suggéra, comme exemple: «O Canada, terre de nos aïeux», croyant que le poète n’en retiendrait que la mesure, et ne se doutant pas qu’il entonnait alors le vers initial de l’hymne: O Canada!» 30 juin 1930 Apostolat de la Prière et Ligue du Sacré-Coeur LES PERILS DE LA RADIOPHONIE NON CATHOLIQUE Immense est l’influence de la radiophonie.Ses ondes mystérieuses pénètrent tous les jours dans un plus grand nombre de foyers.D ne faut pas qu’elles y apportent le péché.Il ne faut pas que cette grande voix devienne celle de Satan.Déjà hélas! il s’est emparé de ce grand moyen de communication avec les âmes.Trop nombreux sont les postes qui irradient en son nom des causeries malsaines.VTj Moteurs Portatifs JolhosoTA Onthnani ^tatorr 1.9 du ntSrla —«n napoAlfla» «u RAYON I»U »*»ORT —’•*'«** hnt#au m«m«a fabricant» lYmer lierres soir.Sa Sainteté Re XI a reçu en audience trois cent cinquante pèlerins canadiens, groupés sous la direction de l’éminentissi-me cardinal Rouleau.Au nombre de ces pèlerins, il y avait le groupe du Devoir, sous la direction spirituelle de S.G.Mgr Courchesne.Au nom de tous les pèlerins, le cardinal Rouleau a offert une bourse au Souverain Pontife.Sa Sainteté, après avoir remercié les pèlerins, a prononcé une allocution.Le Souverain Pontife a d’abord félicité les pèlerins de former un groupe digne de leur pays.Nous devons remercier la divine Providence d’avoir permis que nous assistions à cette canonisation, a-t-il dit ensuite.Nous devons remercier la Bonté divine de nous avoir permis de voir ce jour de si grande gloire pour le Canada.Le Pape a mentionné les noms des groupes de pèlerins, le groupe des Pères Jésuites et celui du quotidien le Devoir, de Montréal.[.] Le Souverain Pontife a signalé la présence de parents des Martyrs jésuites du Canada.Imitons ceux que nous célébrons présentement, a-t-il ajouté.Nous pouvons toujours imiter les martyrs, non pas nécessairement en mourant comme eux, mais en imitant leurs vertus.Nous pouvons tous être martyrs du devoir, de la patience, de l’abnégation.Après avoir évoqué la gloire de l’apostolat des Martyrs jésuites, le Souverain Pontife a rappelé qu’il existe diverses formes d’apostolat particulièrement celui du bon exemple et celui de la prière, le plus facile et le plus puissant.Avant de terminer l’audience le Souverain Pontife a accordé une bénédiction apostolique aux pèlerins et à tous ceux qu’ils représentaient Dimanche, après la canonisation, les pèlerins canadiens ont assisté à un Te Deum solennel dans l’historique église de la Compagnie de Jésus.Au Canada, le chant du Te Deum dans maintes églises a marqué la canonisation des Martyrs jésuites, à la basilique, notamment où M.l’abbé Léonidas Derome, vice-chancelier du diocèse, était le célébrant Plusieurs câblogrammes d’hommages ont été envoyés au Souverain Pontife de différents endroits du pays.Parmi ces câblogrammes, on note celui que les Hurons de Lorette ont envoyé et auquel le cardinal Pacelli, secrétaire d’Etat a répondu, et celui de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.[.] 26 juin 1930 ¦ fsaü* ' W|
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.