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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 2007-07-03, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LE MARDI 3 JUILLET 2007 A 4 LES ACTUALITES Mort de Zahra Kazemi : la Cour suprême iranienne étudie le dossier Le tribunal doit déterminer si la mort a été provoquée intentionnellement ou si elle est accidentelle HIEDEH FARMANI Téhéran — La Cour suprême iranienne a achevé hier, lors d’une seconde audience, l’examen du dossier de la photo-journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi, tuée dans une prison iranienne en 2003.Le prix Nobel de la paix, l’avocate Shuin Ebadi, qui représente la famille de Zahra Kazemi, avait demandé un nouvel examen du dossier pour cause d’irrégularités.Zahra Kazemi, 54 ans, arrêtée fin juin 2003 alors qu’elle prenait des photos devant la prison d’Evi-ne à Téhéran, est morte en juillet des suites d’une hémorragie cérébrale consécutive à des coups.En novembre 2005, la cour d’appel de Téhéran avait acquitté l’agent des renseignements Mohammad Reza Aghdam Ahmadi, seul accusé dans ce dossier, confirmant un jugement de première instance, et ordonné un réexamen des faits en raison de certains manquements à l’enquête.Téhéran — L’Iran a lancé hier soir sa première chaîne télévisée satellitaire d’informations en anglais, Press TV, en présence du président Mahmoud Ahmadinejad qui a assuré qu’elle serait «aux côtés des opprimés».La chaîne, lancée par la télévision d’Etat IRIB, fonctionne en partie avec l’aide de journalistes étrangers et propose des journaux toutes les demi-heures, des interviews et des documentaires.Son slogan: «Briser l’emprise des entreprises occidentales sur les médias globaux».Lors de la cérémonie de lancement, le président iranien a dénoncé «les médias occidentaux, qui contrairement à ce qu’ils prétendent, sont contrôlés par le régirfie de l’op-pression», c’est-àdire les Etats-Unis.Selon lui, ces médias «justifient à la fois l’occupation des terres et des esprits, et on connaît peu de médias qui font correctement leur travail», a-t-il dit devant des journalistes.Mohammad Sarafraz, directeur des services internationaux de la Radio-télévision de la République islamique d’Iran (IRIB), avait expliqué récemment que Press TV présenterait une «vision alternative» des événements.La chaîne, qui compte 400 employés, dispose de 26 journalistes locaux dans le monde, dont Jérusalem, New York et Washington, l es correspondantes sont tenues de porter le voile couvrant traditionnellement la chevelure des Iraniennes.Press TV est lancée dans la foulée d’al-Alam, la première chaîne satellitaire de ÏÏRIB, dont la programmation en arabe a trouvé une audience certaine parmi les populations chiites du ProcheOrient Press TV va rejoindre le marché déjà encombré des chaînes satellitaires en anglais, longtemps la chasse gardée des seules BBC et CNN.Agence France-Presse «Nous avons présenté nos arguments qui prouvent que le meurtre a été intentionnel, ce qui n’a pas été pris en considération lors du premier procès et par la cour d’appel», a déclaré à l’AFP Mohammad Ali Dadkhah, membre de l’équipe des avocats dirigée par Me Ebadi.«Tous les rapports médicaux affirment à l’unanimité que la fracture et l’hémorragie cérébrale qui ont causé la mort étaient dues à un coup intentionnel», a déclaré le juge Abdollah Amiri, membre de la Cour suprême.«La Cour suprême doit maintenant décider de la qualification des faits et déterminer si la mort a été donnée intentionnellement ou accidentellement», a-t-il ajouté.La Cour suprême doit se prononcer d’ici une semaine.Nouveau procès?«Si la Cour suprême accepte notre point de vue, il devra y avoir un nouveau procès avec la présence de nouveaux témoins et des coupables», a déclaré M.Dadkhah.Les avocats de Zahra Kazemi avaient tenté de faire venir devant le tribunal de première instance et de la cour d’appel des responsables de la justice, soulignant la possible implication de l’actuel procureur général de Téhéran, Saïd Mortazavi.Mais le représentant de M.Mortazavi a rejeté ces allégations, en affirmant qu’il s’agit de «purs mensonges».fl a aussi protesté contre l’acquittement de l’agent des Renseignement Mohammad Reza Aghdam Ahmadi.«Les négligences de M.Ahmadi dans les soins apportés à la victime, les interrogatoires menés alors qu’elle était en grève de la faim et le coup porté à la tête de la victime ont causé la mort», a déclaré Behrouz Abolhassani, représentant du procureur.Les avocats de la famille ont également affirmé que Zahra Kazemi avait été torturée durant sa détention et ont demandé une enquête indépendante.L’ancien gouvernement réfor- mateur avait affirmé que Mme Kazemi avait été frappée en prison, mais la justice avait maintenu dans un premier temps qu’elle était morte lorsque sa tête avait heurté un objet dur lors d’une chute.Entre son arrestation et sa mort, Zahra Kazemi était passée entre les mains de la justice, de la police et du ministère des Renseignements.L’affaire, qui a connu de multiples rebondissements, avait causé des tensions entre l’Iran et le Canada La justice iranienne a rejeté la demande du Canada qui réclamait le transfert du corps de Mme Kazemi afin de procéder à une nouvelle autopsie.«Nous sommes très sensibles aux cas de meurtre, même involontaires.Mais c’est inacceptable que d'autres pays se mêlent de telles affaires», a déclaré pour sa part Yadollah Alia-ri, le représentant du procureur général du pays.Agence France-Presse Pour l’étranger L’Iran lance sa première chaîne TV satellitaire en anglais AMIT DAVE REUTERS Un homme transporte des fagots dans les rues inondées de Dhadhuka, dans la province indienne du Gujarat.En Inde, environ 240 personnes ont été tuées par les inondations au cours des dix derniers jours.Au Pakistan et en Afghanistan, plusieurs centaines de personnes ont également péri depuis le début de la mousson.Inondations meurtrières en Asie Le Pakistan réclame nne aide internationale Karachi, Pakistan — Le Pakistan a appelé la communauté internationale à envoyer de l’aide au profit d’environ un million de sans-abri à la suite d’inondations meurtrières, alors que les prévisions météo faisaient état hier de nouvelles pluies pour les jours à venir dans les zones sinistrées.Des inondations dues à un cyclone et à des précipitations ont coûté la vie à une centaine de personnes dans le sud-ouest du Pakistan, a déclaré dimanche un responsable des services de secours.Mais les estimations non officielles sont considérablement plus élevées.Quelque 500 personnes ont péri au Pakistan, en Inde et en Afghanistan depuis le début des moussons début juin.5/6-t-C 7 773 142 249 106 308 2/6+C ioi o Résultats des tirages du: 01,1 H,< 2007-06-30 ^ 06 12 25 43 45 4Z Gagnants 0 31 compl.(C) I Ventes totales : 15510486$ I Prochain gros lot (approx.) 9 000 000 $ 05 13 19 33 38 39 Q3 compl.(C) À la suite d’une visite de deux jours dans la zone en proie dimanche aux inondations, le premier ministre pakistanais Shau-kat Aziz a demandé des secours et de l’aide aux pays étrangers, aux organisations internationales et à des donateurs privés.Il a déclaré que de nouveaux hélicoptères seraient mobilisés dans le cadre des opérations de l’armée pour apporter vivres, médicaments et autres fournitures humanitaires vers des secteurs de la province du Baloutchistan, touchée mardi dernier par le cyclone Yemyin.Nombreuses victimes • Nombre de victimes ont péri noyées ou sont mortes dans l’effondrement de leur maison dans 13 districts du Baloutchistan durement touchés, a précisé Tariq Ayub, ministre de l’Intérieur du Baloutchistan, lors d’une confé- rence de presse à Quetta, capitale de la province.Parmi les personnes décédées, 42 ont péri noyées samedi après la rupture d’un barrage du district de Khudzar, a-t-il dit.Et d’après lui, plus de 100 autres personnes sont portées disparues dans la région.Outre le Baloutchistan, les inondations ont touché la province de Sindh à l’est, où quelque 20 000 personnes sont aujourd’hui sans abri dans le secteur de Shahdad Kot.Les service météorologiques du Pakistan prévoient de fortes pluies dans les deux provinces au cours des quatre prochains jours.Depuis le 23 juin, des tempêtes ont coûté la vie à au moins 228 personnes à Karachi, capitale de la province de Sindh.Associated Press Lots Gagnants Lots 295 399,00 $ 6/6 0 1 000 000,00 $ 51 135,70 $ 5/6+C 1 50 000,00 $ 1 797,50 $ 5/6 12 500,00 $ 61,80 $ 4/6 836 50.00$ 10,00 $ 3/6 16 383 5,00$ 5,00 $ Ventes totales : 493 357,50 $ Eigtra 09 0 58 1 7* 500 000$ 'décomposable dans les deux sens I Résultats des tirages du: 2007-06-29 23 24 25 39 40 42 46 05 i.(C) 9059909 500 ooo $ decomposable dans les deux sens 7/7 6/7+C 6/7 5/7 4/7 3/7+C 3/7 GAGNANTS 0 0 87 4 647 98 641 93 682 831 246 LOTS 5 000 000,00 $ 145 266,80 $ 1 669.70 $ 106,30$ 10,00 $ 10,00$ Participation gratuite Prochain gros lot (approx.) : 10 000 000 $ Ventes totales : 12 392 642 $ En cas de disparité entre cette licte et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité LOTS BONIS, LE SAMEDI 2007-07-07 3 X 77 777 $* NOURAIE TAPIS DE PERSE Tapis Nouraie vous offre la plus grande sélection de tapis persans et orientaux de haute qualité.La collection est composée de tapis de diverses tailles provenant de villes persanes telles Tabriz, Nain et Ispahan.15% à 50% de rabais OGILVY 's' S ï JEFF MARTZ AFP L’argentavis magnificens, qui avait à peu près les dimensions d’un Cessna 152, sillonnait le ciel d’Argentine il y a six millions d’années.Argentavis magnificens Le plus gros oiseau de tous les temps volait comme un planeur TlfTashington — L’argentavis VV magnificens, le plus gros oiseau de tous les temps, aujourd’hui disparu, dont la taille était comparable à celle d’un petit avion, volait comme un planeur, ont conclu des chercheurs américains et canadiens dans une étude publiée hier.L’argentavis, un oiseau de proie de 70 à 72 kg dont l’envergure atteignait sept mètres, sillonnait le ciel d’Argentine il y a six millions d’années.Jusqu’alors, les paléontologues pensaient, en se fondant sur l’analyse des fossiles, que sa masse musculaire était insuffisante par rapport à son poids pour qu’il puisse battre ses immenses ailes suffisamment vite pour s’envoler.Mais les caractéristiques physiologiques de l’oiseau montrent qu’il était pourtant bien adapté pour voler, notamment grâce à son ossature légère et ses plumes de vol — ou rémiges — dont la longueur atteignait 1,50 mètre.C’est en comparant des paramètres déduits des fossiles à un logiciel aéronautique et à des modèles informatiques reproduisant le vol plané de quatre grands oiseaux de proie d’aujourd’hui, comme le condor de Californie et le vautour, que les scientifiques ont déterminé qu’il pouvait planer.L’argentavis décollait en courant sur des terrains en pente, comme le font les pilotes de deltaplanes, et utilisait des courants d’air ascendants fréquents au miocène, une époque de l’histoire terrestre durent laquelle le climat était plus chaud qu’aujourdTiui.Il pouvait aussi se lancer d’un endroit perché pour prendre de la vitesse, selon les auteurs de l’étude parue dans les Annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 2 juillet Les chercheurs, dont Kenneth Campbell du Musée d’histoire naturelle de Los Angeles, ont calculé que l’argentavis pouvait atteindre une vitesse record en vol de 67 km/h et parcourir jusqu’à 200 km par jour en planant Doté d’un bec gigantesque, il pouvait se nourrir de proies de la taille d’un gros poulet Agence France-Presse ENVIRONNEMENT La tondeuse à rouleau gagne des adeptes PETER RAKOBOWCHUK La mère de Al Hogg aime entendre le cliquetis d’une bonne vieille tondeuse à rouleau manuelle et elle n’est pas la seule Canadienne à avoir arrêté de polluer pour pousser.La dame de 70 ans a été imitée par des milliers de personnes qui ont délaissé leur tondeuse à moteur bruyante afin de réduire la pollution et de faire plus d’exercice.M.Hogg, qui est propriétaire d’une quincaillerie, a remarqué une importante augmentation de la vente de tondeuses à rouleau à des gens qui ont des plus petites pelouses.«Je devrais dire qu’en général il y a une tendance vers ça dans les dernières années, a-t-il dit [Les gens veulent] rester actifs et aider l’environnement.» Le professeur Gordon Bloom, du département d’éducation physique de l’université McGill, soutient toutefois qu’utiliser une tondeuse à rouleau peut être difficile pour ceux qui n’ont pas d’expérience.«On doit pousser davantage et exercer des muscles dans ses jambes davantage», a-t-il dit Il a ajouté que quelqu’un qui considère utiliser une tondeuse à rouleau pour la première fois devrait songer à se réchauffer avant.«Ca peut être plus facile de simplement faire une promenade quand on a étiré les muscles de ses jambes et augmenté m peu son rythme cardiaque.» M.Bloom a aussi indiqué que de demander à des enfants inactifs de couper le gazon avec une tondeuse à rouleau pouvait être un bon moyen de les faire bouger un peu pendant l’été.Un directeur de Home Depot, John DeFranco, affirme que l’entreprise a remarqué un changement graduel des tondeuses à essence vers les tondeuses à rouleau au cours des sept dernières années.Il estime que le programme «Coupez court à la pollution», qui offre des rabais aux gens qui ramènent leur vieille tondeuse à essence, a joué un rôle important dans cette tendance.Le programme est réalisé en coopération avec la Fondation Air pur du Canada.«Ce que nous avons pu faire, c’est de.parler aux consommateurs et leur expliquer les avantages», a dit M.DeFranco.Home Depot a recueilli 17 000 tondeuses et taille-bordures au cours des sept dernières années, 2007 étant une année exceptionnelle, selon le directeur.Presse canadienne , ^ Hélène TRUDEL ^|p L®Chass6U|> Boutique au.5‘ étage Sainle Calherlne O.et de la Montagne 514.842,771.1 poste 325 ogilvycanada.com d’anglicismes Travaux Dratiuues P00i’188 0er50nnflS «M °ni à ZS.Ιpt£ 'u95$ cœui1 ta Qualité du la langue ISBN978-2-7601-69m IrailÇalSB.GUÉRIN, éditeur liée 514-842-3481 En uentB nans toules les linraines S LE DEVOIR.LE MARDI 3 JUILLET 2007 A 8 CTUALITES OBJECTIFS SUSPECTS SUITE DE LA PAGE 1 La même année, 4,3 millions de personnes ont été infectées par le VIH.«Et les mesures de prévention ne parviennent pas à suivre le rythme de la progression de l’épidémie», notent les auteurs du rapport.En 2005, plus de 15 millions d’enfants avaient perdu un de leurs parents, ou les deux, à cause du sida.Selon l’ONU, ce constat s’ajoute au fait que la moitié de la population des pays en développement manque de systèmes sanitaires de base.Pour atteindre la cible fixée par les OMD, 1,6 milliard de personnes supplémentaires devront pouvoir accéder à un système de santé entre 2005 et 2015.Or, «si la tendance en cours depuis 1990 se confirme, il est probable qu’on manque la cible fixée de près de 600 millions de personnes», indique le document rendu public hier.Bonnes nouvelles Le tableau n’est pas totalement noir pour autant.Au chapitre des bonnes nouvelles, on note que la proportion de personnes vivant dans des conditions de pauvreté extrême (avec moins d’un dollar par jour) est passée de 23,4 % en 1999 à 19,2 % en 2004.Si cette tendance se maintient, l’objectif de réduction de la pauvreté des OMD sera atteint pour le monde dans son ensemble et pour la plupart des régions, sauf pour l’Afrique sub-saharienne.L’extrême pauvreté y frappe encore plus de 40 % des habitants, et «la région n’est pas encore sur la voie menant à l’accomplissement de l’Objectif de réduction de la pauvreté de moitié pour 2015».Par ailleurs, la lutte contre la faim porte lentement ses fruits.Selon l’ONU, 27 % des enfants de moins de cinq ans dans les pays pauvres sont en déficit de poids, un indicateur-clé pour mesurer la faim, contre 33 % en 1990, et ce chiffre peut encore être réduit de moitié d’ici 2015, estiment les Nations unies.Les progrès en Asie orientale ont été contrebalancés par l’Afrique sub-saharienne et l’Asie du Sud, où 46 % des jeunes enfants souffrent de malnutrition.Des avancées notables ont également été accomplies en matière d’éducation dans les pays en développement.Le taux de scolarisation dans l’éducation primaire est passé de 80 % en 1991 à 88 % en 2005.Fait à noter, cette progression a surtout eu lieu depuis 1999.En 2005, l’Afrique sub-saharienne comptait toutefois 72 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire qui n’étaient pas scolarisés.Selon le rapport, il s’agirait même «d'une sous-évaluation du nombre d’enfants» qui ne vont pas l’école.Près de 60 % de ces enfants sont des filles.En outre, à l’échelle mondiale, les mesures de contrôle du paludisme ont été étendues.Près de trois milliards de dollars supplémentaires seraient cependant nécessaires pour lutter contre la maladie.Or, si les financements internationaux de la lutte contre le paludisme ont été multipliés par dix depuis une décennie, leur montant n’atteignait encore que 600 millions $ en 2004.D semble aussi que l’épidémie de tuberculose soit enfin sur le point de reculer, «même si la progression n’est pas suffisamment rapide pour réduire de moitié les taux de prévalence et de mortalité d’ici à 2015».Question de richesse La question de la répartition de la richesse est évidemment au cœur du problème, car «ces situations reflètent le fait que les avantages de la croissance économique dans les pays en développement ont été inégalement répartis».En effet dans les régions en développement, le cinquième le plus pauvre de la population représentait 3,9 % de la consommation nationale en 2004, contre 4,6 % en 1990.Un phénomène amplifié par le fait que «la plupart des économies n’ont pas réussi à fournir des perspectives d’emploi à leur jeunesse, les jeunes étant trois fois plus confrontés au chômage que les adultes».Le texte d’une vingtaine de pages fait aussi part de disparités au sein même des pays, où des groupes particuliers de la population — souvent ceux vivant en milieu rural, les enfants de mère n’ayant pas été scolarisée et les foyers les plus pauvres — ne suivent pas la progression nécessaire pour atteindre les objectifs fixés, même lorsque le reste de la population le fait.C’est particulièrement flagrant dans le domaine de l’accès aux services de santé et à l’éducation.«Pour pouvoir atteindre les OMD, les pays vont devoir mobiliser des ressources supplémentaires et cibler des investissements publics profitant aux populations pauvres», observe le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon.Il adresse du même coup un avertissement aux pays développés.«Le monde ne veut pas de nouvelles promesses.Il est impératif que les parties prenantes, dans leur ensemble, respectent les engagements déjà pris lors de la Déclaration du millénaire, au cours de la Conférence de Monterrey sur le financement du développement en 2002 et lors du Sommet mondial de 2005.L’absence de toute augmentation considérable d'assistance officielle au développement depuis 2004, notamment, engendre l’impossibilité, même pour les pays bien gouvernés, d’atteindre les OMD», explique Ban Ki-Moon.Concrètement, on estime que l’aide a diminué de 5,1% en 2006, alors que seuls cinq pays respectent leur engagement de lui consacrer 0,7 % de leur PNB.Pourtant, comme l'indique clairement le rapport, des ressources adaptées doivent être mises à la disposition des pays, «de façon prévisible, afin de leur permettre de planifier efficacement l’augmentation progressive de leurs investissements».Cependant, «ces promesses n’ont pas encore été tenues», déplore-t-on.La question environnementale revêt par ailleurs une importance grandissante, aux yeux de l’ONU, dans la mesure où le réchauffement de la planète est désormais incontestable.«On s'attend à ce que le changement de climat ait des conséquences sociales et économiques graves, qui entraveront la progression vers les OMD», soulignent les auteurs.On craint aussi les effets de la déforestation, de la croissance des émissions de gaz à effet de serre, de la diminution de la biodiversité, de la rareté de l’eau et de l’expansion très rapide des villes.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 Liverpool affirment qu’il s’agit également d’un médecin originaire de Bangalore, en Inde.La marque d’al-Qaïda?De source policière, on a rapporté que l’enquête progressait avec efficacité et qu’on s’attendait à de nouvelles arrestations.«L’enquête sur ces attaques progresse extrêmement vite.Il n'est pas exagéré de dire que de nouvelles informations nous parviennent heure par heure», a souligné Peter Clarke, le chef de la section anti-terroriste de Scotland Yard.Le complot porte «toutes les marques» du réseau islamiste al-Qaïda, a-t-on déclaré de même source en notant que l’attaque de Glasgow n’avait été précédée d’aucun avertissement.De source proche de la sécurité britannique, on refuse de confirmer si tous les suspects arrêtés sont étrangers.«C’est un point sur lequel on procède encore à des vérifications», a-t-on fait savoir.Si elle est confirmée, l’origine des suspects viendrait confirmer l’hypothèse d’une opération aux ramifications internationales.Lors d’une entrevue donnée à la BBC dimanche, Gordon Brown affirmait d’ores et déjà que le pays avait sans nul doute affaire à des individus liés à al-Qaïda.Mais «attention, souligne Peter Power, directeur de Visor Consultants Limited, une entreprise privée de sécurité, il faut arrêter de croire que des chevaliers d’al-Qaïda, tout de noirs vêtus, ont débarqué sur le territoire britannique pour commettre des attentats.Il y a de fortes chances que nous soyons plutôt confrontés à une forme de terrorisme franchisé.À des cellules qui se revendiquent d’al-Qaïda et utilisent la force symbolique de ce nom.Mais qui n’ont pas forcément de contact avec le ré» seau lui-même».DAVID MOIR REUTERS Des enquêteurs sur les lieux de l’attentat commis à l’aéroport de Glasgow.Par crainte de nouvelles attaques, il a été interdit aux voitures et autres véhicules de s’approcher directement des terminaux d’aéroport.Les dispositifs de sécurité sont renforcés dans l’ensemble du pays, où l’état d'alerte est maintenu au niveau «critique», ce qui implique la possibilité d’un nouvel attentat «imminent».Dave Bryon, expert en aéronautique, note que les attentats contre les aéroports posent un problème de sécurité plus ardu que ceux visant des avions: «À terre, on dispose d’un contrôle très limité, parce qu’on a affaire à la fois aux voyageurs, aux gens qui se retrouvent, qu’on dépose, aux chauffeurs de taxi.» Test pour Gordon Brown Le complot mis en échec représente un test brutal pour le nouveau premier ministre britannique, Gordon Brown, qui a remplacé Tony Blair mercredi.Le 7 juillet 2005, des attentats suicides avaient fait 52 morts dans les trans- ports en commun de Londres.Depuis, plusieurs complots ont été déjoués.M.Blair avait adopté une position dure en matière de sécurité et pris des engagements extérieurs liés à ceux des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak.Les kamikazes nés en Grande-Bretagne qui ont frappé à Londres en 2005 avaient fait savoir dans des vidéos qu’ils ripostaient à la politique de Tony Blair.Jacqui Smith, ministre de l’Intérieur, a dit que le pays était confronté à «une menace terroriste grave et durable».Elle a salué hier au Parlement la rapidité de réaction des services de sécurité tout en notant qu’une menace persistait.«Je me félicite des progrès qui sont accomplis», a-t-elle ajouté, répétant que les Britanniques ne se laisseraient pas «intimider» par ceux qui veulent «détruire notre mode de vie et nos libertés».La ministre a révélé que les enquêteurs avaient procédé à 19 perqui-sitipns depuis samedi.A la lumière de la situation en Gran- REUTERS Mohammed Jamil Abdelkader Asha de-Bretagne, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a engagé hier l’Union européenne à renforcer ses actions communes contre les menaces terroristes.Au-delà des réponses policières, Gordon Brown a dit vouloir déployer une stratégie politique à l'adresse des musulmans britanniques fondée, a-t-il souligné dimanche, sur «un effort de propagande proche de celui qui fut mené pendant la guerre froide» et qui vise à expliquer la légitimité de «[leurs] valeurs».Il compte notamment sur l'aide de deux élus travaillistes musulmans, Shahid Malik et Sadiq KJian, qu’il a nommés secrétaires d'Etat Pour l'instant les égards prodigués à la communauté musulmane n’ont pas permis de neutraliser les extrémistes.Le Devoir Avec l’Agence France-Presse, Associated Press, la BBC, Le Monde, Libération et Reuters CAHIER SUITE DE LA PAGE 1 Rutka et Stanislawa avaient respectivement 14 et 24 ans, quand leurs vies se sont croisées sous l’occupation nazie, il y a 65 ans, à Bedzin.Surnommée avant guerre la «Jérusalem du bassin houiller» , la ville abritait une communauté juive de 28 900 âmes.«Les Allemands venaient de créer le premier ghetto juif et avaient réquisitionné notre maison», se souvient Mme Sapinska.Rutka et les quatre autres membres de sa famille ont été confinés dans une pièce, au premier étage du pavillon.«Je travaillais à proximité du ghetto, qui était à l’époque encore ouvert.Dà que j'avais du temps libre, je passais voir Rutka.» De confidence en confidence L’adolescente et la jeune femme se lient d’amitié.«Rutka appartenait à une organisation secrète juive, elle était au courant de ce qui se passait sur le front, de l’avancée des troupes allemandes et soviétiques, détaille-t-elle.Elle ne voulait pas le dire à ses parents.Alors elle se confiait à moi, comme à une grande sœur.» De confidence en confidence, Rutka livre son secret elle tient depuis janvier 1943 un journal intime.«Elle m’en a parlé parce qu’elle voulait que je l’aide à le dissimuler, au cas où, se souvient la dame.Elle voulait que son journal survive, même si elle devait disparaître, pour qu’on sache ce que les Juifs avaient enduré.» Connaissant la maison, la jeune Stanislawa indique à Rutka un lieu sûr, sous le plancher, où cacher le cahier.«J’ai promis à Rutka de m’occuper du cahier si elle devait quitter la maison pour ne jamais revenir» , murmure Mme Sapinska.Une promesse faite un jour de 1943 entre deux jeunes femmes tragiquement lucides.Quelques semaines plus tard, les Allemands ferment le premier ghetto et déplacent les familles juives dans le quartier longeant la rue Podsiadly, à quelques mètres du champ où les troupes allemandes effectuaient la «dernière sélection» et d'où partaient les convois ferro- viaires vers les chambres à gaz d’Auschwitz.«Nous allons probablement déménager cette semaine», pressent l’adolescente le 23 avril 1943.Des rumeurs circulent sur les chambres à gaz qui fonctionnent à plein régime.Le 24 avril, Rutka note une dernière remarque, anodine, sur une «journée ennuyeuse».Elle referme son cahier.C’est la dernière fois qu’elle y touchera.Quelques heures plus tard, les troupes d’occupation allemandes sont à la porte, venues déplacer les familles juives dans le nouveau ghetto.Comme convenu, Rutka soulève la latte de bois, sous la dernière marche de l’escalier, et y glisse son fascicule.Rutka Laskier disparaîtra quelques semaines plus tard dans l’horreur d’Auschwitz.Une mort anonyme, sans date.Les nazis abandonnent le ghetto de Bedzin en août 1943.Stanislawa et sa famille réintègrent leur maison, sur les hauteurs de la ville, rue du ler-Mai, à l’automne.La jeune femme monte à l’étage: «Je ne savais pas si j’allais trouver le cahier, dit-elle.Depuis la fermeture du premier ghetto, je n’avais eu aucun moyen de contacter Rutka.» Récit troublant Le cahier est bien là.Stanislawa le récupère et le découvre pour la première fois.Figée en haut de l’escalier, elle lit, d’une traite, les pages manuscrites.«Ce qui m'a frappée, explique Mme Sapinska, ce sont les passages intimes, ses baignades, son premier baiser.C’était le récit troublant d’une adolescente qui devenait femme, malgré l’atrocité qui l’entourait.La preuve que la nature pouvait l’emporter sur l’inhumain.» Mme Sapinska a vécu rue du ler-Mai jusqu’en 1997, avant d’emménager dans un immeuble de la banlieue de Bedzin.Le cahier, lui, n’a jamais bougé, toujours enfoui dans le tiroir de sa commode.Elle le sortait parfois pour le relire.«J’en éprouvais le besoin dès qu’un documentaire à la télévision pariait de l’Holo-caude, ou quand je lisais un article sur le sujet.» C’est son neveu, Marek, qui l’a convaincue de le rendre public.Un jour de novembre 2005, ils entament une discussion animée sur l’Holocauste, l’occupation allemande, la guerre.«J’ai voulu lui prouver que j’avais raison.J’ai sorti le journal de la bibliothèque», raconte-t-elle.Son neveu en connaissait l’existence, mais pas le contenu, fl le feuillette.Aucun doute, ce journal appartient à l’Histoire: «77 m’a dit que je ne pouvais pas le dissimuler plus longtemps et qu’il fallait le publier au plus vite, que c’était une partie de l’histoire des Juifs polonais.» Marek contacte une cousine au conseil régional de Katowice, laquelle l’oriente vers Adam Szydlowski, président de l’organisation juive de Bedzin.Une seule conversation aura eu raison de plusieurs décennies de silence.«Mon neveu avait réussi à me convaincre.Mais si quelqu’un m’avait proposé son aide avant, je l’aurais certainement acceptée», confie Mme Sapinska.Sans oublier ce sentiment amer d’avoir jalousement gardé le cahier pendant de si longues années.«J’étais plus jeune et certainement moins mûre.» Elle ignorait aussi que le père de Rutka, Jakub, avait survécu et refait sa vie en Israël.«Je n’avais même pas pensé dévoiler le journal, comment aurais-je pu penser à entamer des recherches sur la famille de Rutka?» regrette-t-elle.Jakub Laskier est mort en 1986.Mme Sapinska a toutefois rencontré à Jérusalem Zahava Scherz Laskier, née d’un second mariage de Jakub Laskier.«Elle m’a remerciée d’avoir permis de remplir un vide», glis-se-t-eÜe.Le journal lui manque, «bien sûr».La table de son salon est pourtant recouverte d’exemplaires imprimés.Certains en polonais, d’autres, sortis de l’imprimerie du Mémorial de Yad Vashem, en anglais et en hébreu.Le cahier n’est plus là, mais ces pages dactylographiées, traduites, en valaient bien la peine.Mme Sapinska en est convaincue.Et particulièrement fière.Le Monde SUITE DE LA PAGE 1 ou les «Hinjews» qui ont des ascendants tant chez les Hindous que chez les Juifs.Au sujet des Amérindiens, Rodriguez ajoute qu’«oa aussi sont venus d’ailleurs», à un moment de leur histoire, quoi qu’on en dise.«On a tendance à les considérer comme étant hors de, l’histoire, comme les arbres», déplore-t-il.Bref, l’homme prend la défense du métissage sous toutes ses formes, plaçant d’ailleurs l’interculturalisme sous le signe de «l’érotisme» plutôt que sous l’enseigne politique.Mais il revient aussi périodiquement au terme «brun» pour désigner le métissage des Espagnols et des Amérindiens d’Amérique latine.Avec un tel sujet d’étude, il faut dire que les paradoxes sont légion.Dans la mythologie, ces métissés mexicains sont les descendants d’Heman Cortez et de La Malinche, dite aussi Dona Maria.Cette femme indigène, qui fut la maîtresse et la traductrice de Cortez, était, selon plusieurs historiens, de culture aztèque.Elle aurait été vendue comme esclave à un Cacique de Tabasco avant d'être offerte à Cortez lui-même.Polyglotte, elle aurait été indispensable aux victoires des Espagnols.Aussi, traditionnellement, les Mexicains la jugent-ils autant comme une traîtresse que comme une victime consentante.Le fils qu’elle a eu avec Hernan Cortez, Don Mahin Cortez, est considéré comme le premier Mexicain.D est mort exécuté en 1548 pour avoir comploté contre le vice-roi.De ces origines troubles, le peuple mexicain a héri- RODRIGUEZ té d’une difficulté à reconnaître son identité, avance Rodriguez.En effet, on ne trouve aucune statue d’Hernan Cortez dans la ville de Mexico, où le conquistador est souvent considéré c omme un voleur et un tortionnaire, voire un violeur.Quant à La Malinche, elle est à l'origine de l’expression malinchista qui désigne, au Mexique, quelqu’un qui déteste les Mexicains.Héritiers de ce mariage complexe, les Mexicains ne peuvent reconnaître leurs origines, tenaillés par l’impossibilité d’admettre Hd.-tité du conquérant mais méprisant les indios, considérés péjorativement comme illettrés ou arriérés.Or, si la mythologie établit dans les grandes lignes les origines d’un peuple, les identités d’aujourd’hui se sont passablement compliquées, mondialisation oblige.Toujours soqs le signe de «l’érotisme», naissent aujourd'hui, aux Etats-Unis, des enfants musulmans dont le père et la mère sont respectivement sunnite et chiite, par exemple, ou des enfants de père et mère juif et musulman, ou encore de père et mère chrétien et bouddhiste, etc.Une palette de bruns En fait, la population américaine est tellement métissée que Rodriguez dit «Les seuls enfants latinos que je connaisse vivent à Beverly Hills.Ils sont latinos parce qu’ils sont élevés par des nurses d’Amérique latine.Pendant ce temps, les enfants de ces nurses grandissent dans les rues, et ils trouvent le sens de la famille dans les gangs et où ils partagent le langage des hiéroglyphes.» Il faut dire aussi que le recensement américain ne reconnaît pas une gamme très élaborée de métissages.Dans Brown: The Last Discovery Of America, Richard Rodriguez replace les Européens, les Amérindiens et les Africains au cœur de la naissance de l’Amérique.Mais ce blanc, ce rouge, ce noir se sont fondus en une palette de bruns.Publié en 2002, Brown était le dernier volet d’un cycle entamé avec les deux livres Hunger Of Memory: The Education of Richard Rodriguez et Days Of Obligation: An Argument With My Mexican Father.Le premier raconte le passage de l’auteur de la classe ouvrière, dont ses parents sont issus, à la classe intellectuelle, par le biais de l’éducation.Et ie second tente dévaluer les effets de son identité mexicaine sur sa vie aux Etats-Unis.«J’ai grandi en voulant être blanc, admet cependant Rodriguez comme pour expliquer son cheminement jusqu’ici.C’est-à-dire, en voulant être sans couleur et me sentir complètement libre de mes mouvements.L’autre jour, dans un restaurant de quartier, le serveur m’a dit de lui-même, après avoir mentionné qu’il avait lu mes livres: Je suis blanc, je ne suis rien.” Mais c'est cela que je voulais, voyez-vous, en grandissant aux Etats-Unis: la liberté de n’être rien, cette confiance, cette arrogance.Et je l’ai réalisée.» C’est peut-être cela, être américain.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 EU Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-085-3333 Comment nous joindre ?514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par 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correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Lm Devoir est publié tlu lundi ‘ .irimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor II., —- ._ Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: BibUothèque et Archives nationales du Québec, 2007 f \ I LE DEVOIR, LE MARDI 3 JUILLET 2007 CULTURE Festival international de jazz de Montréal Cowboy Junkies au Spectrum Keith Jarrett Éloge de la langueur SYLVAIN CORMIER La déprime décantée en cent couplets, tel un chapelet inlassablement égrené.La lenteur en tant que mode d’expression, transfigurée en langueur délicieusement alanguie.Frérot Michael penché sur sa guitare, concentré comme s’il était éternellement en train d’apprendre son accord de ré.Sœurette Margo la plus que sensuelle, tête enfouie dans ses bras déposés sur le micro comme si elle s’appuyait sur l’épaule de son homme.C’était bel et bien les Timmins, Margo et Michael, et aussi Peter à la batterie, et Alan Anton à la basse.Nos Junkies, nos Cowboys, ces Montréalais partis de Montréal pour ne plus revenir.Ou enfin, pas souvent C’était quand, déjà, notre dernière dose?Je ne me souvenais plus du précédent passage à Montréal.Mais hormis ça, je me souvenais de tout Ce n’était pas difficile puisque rien n’a changé.Les Cowboys Junkies, hier au Spectrum, célébraient moins leurs vingt ans de groupe (d’autant que le 20' anniversaire, c’était l’an dernier) que leur résistance au changement La notion même de progrès leur est absurde: ils ne progressent pas, ils approfondissent Creusent Enfoncent et enfoncent et enfoncent le même clou.Autre paradigme.Les Cowboy Junkies n’avancent pas droit devant mais par en dedans.Le constat, en cela, était patent: ce spectacle bouclait une boucle.L’intention n’était pas chronologique, pas plus que représentative.On était soit dans la première époque (sept titres issus de trois albums parus entre 1988 et 1992, The Trinity Session, The Caution Horses et Black Eyed Man), soit dans la toute récente (cinq titres du nouvel album At The Ends Of Paths Taken).Des autres albums, étalés sur quatorze années, j’ai compté trois titres.C’était presque une démonstration: les belles récentes (Someday Soon, Still Lost) ressemblaient aux belles anciennes (Misguided Angel, Blue Moon Revisited (Song For Elvis)) comme un frère ressemble à sa sœur.Les chansons d’hier parlaient d’un monde cruel pour les Cowboys, celles d’aujourd’hui d’un monde cruel pour les enfants des Cowboys.La vie était, est, sera pleine de désillusions, comprenait-on.Heureusement qu’il y a la famille.Heureusement qu’il y a les amis, aussi.Hier, Ron Sexsmith était l’ami choisi.Il devait aussi y avoir l’illustre Garth Hudson, mais le génie claviériste du Band était «retenu à la frontière», nous a dit Margo désolée.Occasion doublement ratée, en vérité: Sexsmith semblait mal à l’aise, visiblement peu préparé, plus occupé à déchiffrer les paroles qu’à marier sa voix à celle de Margo.Seule la ballade If You Were The Woman And I Was The Man, ajoutée au programme à la suggestion du collègue Philippe Rezzonico du Journal de Montréal (joli coup!), a donné lieu à une vraie rencontre.On aurait attendu plus du spectacle «2(T anniversaire» annoncé par le FUM.Mais on n’attendait pas moins du retour des Junkies que cette vont, cette guitare, cette langueur.Et ça, anniversaire ou pas, hier comme aujourd’hui, c’est la même drogue douce.— ^ ARCHIVES LE DEVOIR Cowboy Junkies NOS CHOIX Los Munequitos de Matanzas Ils ont commencé à jouer en frappant sur des verres et des bouteilles avec des cuillers.Puis ils se sont tour à tour trouvé de vrais instruments et se sont mis à enregistrer.Plus d’un demi-siècle plus tard, on les considère maintenant, et depuis plus de deux décennies, comme les principaux porte-étendards internationaux de la rumba afrœcubaine de Matanzas, berceau du genre.Aujourd’hui composé des descendants des fondateurs, le groupe livre toute la richesse et la complexité des polyrythmies, des danses et des dialogues avec les chœurs, témoignant de l’influence de la culture yoruba, toujours importante à Cuba.Un groupe profondément authentique.(Ce soir, série Les Tropiques à 19h30) Yves Bernard La grande classe Keith Jarrett, lors d’une de de ses visitesw au Festival de jazz de Montréal.SOURCE FUM GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Keith Jarrett s’est levé pour tourner frénétiquement la roulette qui ajuste la hauteur de son banc de piano.Gary Peacock (contrebasse) et Jack Dejoh-nette (batterie) assuraient rythmique et solos pendant l’intervalle.Le foule, elle, gardait le silence en se demandant peut-être: et si Jarrett balance encore son banc hors scène, comme il l’a fait en 1987?La diva masculine du jazz s’est toutefois rassis pour reprendre le cours de son chorus.On a respiré d’aise.Peut-être ont-ils perfectionné le mécanisme d’ajustement du banc au fil des ans?Ou bien serait-ce amplement que le caractère du pianiste s’est adouci?Un peu des deux, avancerons-nous.Parce que Jarrett a quand même exigé sèchement à la fin du spectacle que tous les flashs de photos cessent immédiatement «Sinon, on s’en va.» On précise que c’était pendant les applaudissements, et non durant la performance.Mais il en va ainsi avec Keith Jarrett on lui pardonne son caractère exécrable et ses exigences infinies parce que, bon, n’est-il pas le pianiste jazz le plus respecté et adulé dans le monde?Ne dirige-t-il pas le trio le mieux soudé et le plus efficace que compte le jazz contemporain?Un quart de siècle de scènes partagées à relire des classiques avec une approche qui est elle-même devenue un classique, ça compte.Et, en fin de compte, Jarrett ne livre-t-il pas toujours la prestation qu’on attend de lui?En tout cas, ce qu’on a vu (lh30) de son spectacle de dimanche à la salle Wilfrid-Pelletier fut à la hauteur.Le grande classe.Des solos brillants du pianiste, une rythmique absolument parfaite, une sono sans reproche, une qualité d’écoute du puolic aussi (pas le choix!), tout était là.La quintessence artistique de l’art du trio proposée par un trio qui fait finalement ce qu’il veut des standards qu’il touche, et qui donne un sens à l’expression «progressisteconservateur».Bref, une bonne soirée.Et elle résume bien ce qu’on ressent depuis jeudi.Vraiment pas de quoi se plaindre.C’est parti avec Wynton Marsalis et son formidable concert d’ouverture: tellement black, tellement jazz, tellement blues, tellement afro-améri- cain, tellement festif et tellement classe.On était encore sous le choc quand on s’est arrêté apprécier le quintette de Dave Holland au Spectrum.Encore ici, un groupe parfaitement uni, efficace à tous égards — composition et improvisation —, qui trace un sillon central et majeur dans le champ du jazz contemporain.Samedi, premier contact en ce qui nous concerne avec le saxophoniste Joshua Redman.Qui nous a.soufflé.Vous direz que c’est normal pour un souffleur, mais encore faut-il savoir souffler.On veut dire : correctement Produire un son qui a.un soa Unique.Ce que Redman possède, et qu’il exploite de mieux en mieux avec l’expérience.Son trio (saxophone, basse et batterie) a proposé du jazz explosif puissant un pied dans la tradition, l’autre en 2007.Sans le support harmonique d’un piano, Redman sait remplir l’espace sonore: il a de l’ampleur.Dans le soa et la prestance.Quoi d’autre?Le vieux batteur Roy Haynes nous a frit douter de son âge (82 ans) au Spectrum, samedi.Dieu qu’il était bop! Ça n’arrêtait pas, sax, piano, basse, batterie, ça bopait dans tous les coins, et on s’est pris d’une nostalgie préventive pour ce bon vieux Spectrum qui n’entendra bientôt plus ces notes bleues incandescentes.Alors une petite froide pour passer ça.Un mot sur le pianiste italien Stefano Bollani, en solo au Gésu dimanche: il est facile d’impressionner un public en piano solo.Beaucoup de notes, croisement de mains, finale en cascade.Mais il est plus difficile d’en dégager un véritable langage, de dire quelque chose et, c’est là le plus grand talent de Bollani, d’évoquer, de suggérer, de murmurer, de raconter.La grande classe, encore.Le Devoir Joshua Redman, Wynton Marsalis, Dhafer Youssef, David Torn Fraîcheur et bidouillage SERGE TRUFFAUT Il y a le trio qu’on qualifie de «classique» parce qu’il est le plus courant le piano flanqué d’une contrebasse et d’une batterie.D y a aussi le moins courant celui où la guitare remplace la batterie.Et il y a le rare, l’ovni du jazz, spit le saxophone entouré des instruments que l’on sait A ce jeu très risqué peu s’étant frottés, la Freedom Suite de Sonny Rollins demeure l’étalon du genre, le Tango In Harlem de Teddy Edwards étant exemplaire par sa sensualité.Le troisième?Joshua Redman.Au Théâtre Maisonneuve, ce musicien de la clarté est venu décliner certains pans de son dernier album Bock East.D était accompagné de Reuben Rogers à la contrebasse et d’Antonio Sanchez à la batterie.D’entrée, il a capté l’attention par son souci évident d’afficher sa personnalité ou sa préférence, soif on le répète, la clarté.Sa première note, Û l’a conjuguée avec fluidité, fraîcheur.Jamais il n’est lourd.Jamais il ne se prend la tête.En clair?Pas une once de spleen, de questionnement sans fin.Il est assez sûr de lui, sans l’ombre d’une prétention, pour affirmer avec conviction son propos.Ça coule, ça virevolte.Parfois, c’est trop bavard.Mais pas assez, toutefois, pour gâcher le plaisir.De quelques années son aîné, Wynton Marsalis est venu présenter sa nouvelle production, Congo Square, en compagnie du Lincoln Center Music Orchestra et de percussionnistes ghanéens.Qui dit Congo Square, dit évidemment le début du jazz, son origine, son lieu de naissance.En un mof Wynton Marsalis s’est appliqué à mettre en relief les styles divers qui, une fois malaxés, ont accouché du jazz.Congo Square, il faut bien le souligner, était ce lieu de La Nouvelle-Orléans vers lequel convergeaient les fanfares, les groupes, les bandes de musiciens, au début du siècle dernier.On l’aura compris, c’est cela que Marsalis a mis en scène.Avec des arrangements qu’auraient certainement apprédés Duke Ellington, Marsalis, le chef d’orchestre plus que le trompettiste, a rempli son contrat.Et ce, avec grandeur.C’était riche, rempli, dense.Au Gesù, le joueur d’oud Dhafer Youssef s’est présenté en compagnie d’un quatuor à cordes et d’un percussionniste d’origine indienne, Jatinder Thakur.On était donc en compagnie d’un Tunisien, de violonistes et d’une violoncelliste domiciliées à Vienne et d’un Indien.C’était bien joli, bien beau.C’était surtout dépaysant Mais un peu trop «nouvel âge» à notre goût Remarquez, pour être honnête, on n’a pas le centième des connaissances qu’a sur les musiques du monde notre collègue Yves Bernard.Toujours au Gesy, on a vu, plus qu’entendu, le guitariste David Torn.A ses côtés la fine fleur de l’avant-garde new-yorkaise: Tim Berne au saxo, Craig Taborn aux claviers et Tom Rainey à la batterie.Alors pourquoi «plus vu qu’entendu»?Parce qu’on n’a rien compris.Remarquez (bis), étant propriétaire de trois neurones à peine, on ne sait pas s’il Mail comprendre.Toujours est-il qu’on a été désarçonné par ce que les jeunes appellent si on a bien saisi, le bidouillage.Pour bidouiller, ces lascars ont bidouillé amplement.Ce n’était pas.comment dire?Petit rosé qu’on déguste entre deux rigolades.CQFD: on a quitté le lieu en quatrième vitesse.Le Devoir Andy Palacio: la survie d’une culture YVES BERNARD Premier à avoir regroupé les meilleurs musiciens des communautés garifunas du Belize, du Guatemala et du Honduras, le chanteur-guitariste Andy Palacio a fait paraître Watina, l’un des meilleurs disques afro de l’année.Attention, découverte majeure! Oui, un disque afro parce que la syncope joyeusement chaloupée, la rythmique doucement hypnotiques et les inflexions de cette voix profonde rappellent le plus beau de la musique acoustique de l’Afrique lusophone, entre la mélancolie et la cadence plus emportée, entre Cesaria et Bonga.Mais il y a l’accent de l’idiome, si singulier avec ce quelque chose de guttural.«Si nous descendons des africains, notre langue fait partie de la famille amérindienne arawak», résume Palacio.Naufragés sur les côtes de llle de Saint-Vincent au XVIIe siècle, secourus par les Arawaks avec lesquels ils ont combattu l’esclavage contre les Anglais, rejoints ensuite par des marrons en fuite, les Garifunas, qui se sont plus tard associés aux Français, furent finalement vaincus avant d’êtres confinés sur l’üe déserte de Baliceaux dans les Grenadines, puis déportés sur les côtes d’Amérique centrale.«AujourdTiui, notre langue est de moins en moins parlée par la jeune génération.Cela vient du changement de vie puisque notre culture rurale est absorbée par le système d’éducation de la ville», relate Palacio.Mais tout n’est pas perdu.Après avoir fait régner pendant 20 ans le punta rock, musique de danse ga-rifuna devenue emblème bélizien, l’artiste prend du recul avec le caractère le plus commercial de sa culture.«Je voulais creuser davantage les racines et ne pas limiter notre expression.» Influences latines du paranda, références aux rituels de guérison, voisinages avec le son caraïbe, insertion de la guitare acoustique, le créateur est parvenu à créer la plus envoûtante des musiques.«Récemment, nous avons obtenu à Belize, une reconnaissance sans précédent.Cela est de bon augure, d’autant plus qu'en 2001 [’Unesco a proclamé notre culture, chef-d’œuvre du patrimoine oral de l’humanité.» ¦ Andy Palacio & The Garifuna Collective, le 4 juillet au Parc des Festivals Collaborateur du Devoir Des musiques du monde à satiété! YVES BERNARD rengagement solidaire, énergie explosive, fusions nou-.C/velles: jusqu’à maintenant, les attentes sont comblées pour les amateurs de musiques du monde «cousines du jazz».D’abord la révélation: Son de la Frontera, qui a réussi un retentissant tour de force flamenco avec son chant profond, son clin d’œil cubain, ses martèlements, frappements ou raclements.Puis les grandes rencontres.Manu Chao a livré un concert magique avec son redoutable Radio Bemba Sound System, plaquant, dans un geste rassembleur, le mur du son sur la mélodie accrocheuse, propulsant ska hurlant, métal sautillant, reggae roots vitaminé, salsa tribale et inflexions mexicaines ou catalanes, dans l’ordre ou dans le désordre.De son côté, Angélique Kdjo fut égale à elle-même: une femme flamme yin et yang, puissante et subtile.Du latino?Clair-obscur linéaire et apaisant chez Federico Aube-le, chant trop adorablement gentillet chez Las Rubias del Norte et textures fort bien fagotées par Intakto, entre cancion et tango.De l’afrobeat?Flamboyant avec Femi Kuti, déjanté avec Antibalas, sale et cru avec The Budos Band, éclaté avec Souljazz Orchestra.Du brésilien?On retient les drôleries de Forro in the Dark et le joyeux bordel de Cariinhos Brown.Restent Ojos de Brujo, lumineux dans leurs emportements flamencas mondiales urbanisées, et Ragleela, enchanteur au son de ses ragas métis au groove calme.Collaborateur du Devoir THÉÂTRE Ménage à trois SEMI-DÉTACHÉ Textes de Fanny Britt, Nico Gagnon et Stéphane Hogue.Mise en scène de Philippe Lambert Jusqu’au 25 août à la grange du Parc du Domaine Vert, à Mirabel.MARIE LABRECQUE Le couple et les rapports amoureux sont à la base de moult produits typiques du théâtre estival.Semi-détaché prouve toutefois qu’on peut explorer ces thèmes familiers sans nécessairement verser dans la pantalonnade.Depuis une décennie, Le Petit Théâtre Du Nord démontre que été et théâtre de création ne sont pas antinomiques.Fondée par les comédiens Luc Bourgeois, Louise Cardinal, Sébastien Gauthier et Mêlante St-Laurent — qu’on retrouve tous sur scène pour ce spectacle anniversaire —, la compagnie présente des pièces inédites dans une petite grange érigée au sein du Parc du Domaine Vert, à environ une demi-heure de Montréal.Enfilant trois courtes pièces.Semi-détaché s’est bâti à partir de la scénographie de Jonas Veroff-Bouchard: deux salles d’attente anonymes, contiguës et identiques.Ce lieu dédoublé accueille trois univers foncièrement différents, évoluant dans des genres distincts, mais où, ultimement, la seconde salle devient toujours une sorte d’espace fantasmatique.En ouverture, Fanny Britt donne une qualité très concrète aux créatures surgies de l’inconscient de ses personnages.Dans son astucieux Les Dromadaires, un homme et une femme qui se rencontrent pour un «blind date» inusité fils s'apprêtent à sauter en parachute) voient se matérialiser les fantômes qu’ils traî- f nent avec eux: pour l’un, son amère ancienne blonde; pour l’autre, une incarnation de l’homme de ses rêves.Une réflexion légère, mais juste et lucide, sur ces entraves à toute nouvelle relation amoureuse que sont le passé et les illusions.Les fantasmes jouent aussi un rôle important dans la piécette de Stéphane Hogue, où une visite à la clinique vire bientôt à une ludique incursion dans l’onirisme.N’en dévoilons pas trop, car la surprise participe beaucoup du plaisir qu’on peut y prendre.Débutant dans le registre de la comédie dhorreur, bien monté, Le Sarrau fait beaucoup d’effet mais s’essouffle toutefois un peu en fin de parcoure, malgré la brièveté du tableau.Les choses ne sont pas ce qu’elles paraissent dans Chaud devant!.Triangle amoureux entre un blagueur impénitent (convaincant Sébastien Gauthier), l’ami qu’il loge et son ex-blonde occupant l’appartement d’en face, le texte signé Nico Gagnon prend des petits i airs de Fenêtre sur cour, avec voyeurisme à la clé.Soutenue par la trame musicale aux accents subtilement insolites de Ludovic Bonnier, la pièce installe assez habilement un suspense, un trouble.avant l’hilarant clin d’œil final.Le quatuor d’interprètes s’amuse à se réinventer d’une pièce à l’autre.Luc Bourgeois, notamment, traverse ces trois univers en se métamorphosant de façon très crédible à chaque fois, qu’il campe un bellâtre suave ou un pauvre hère perdu en plein cauchemar.Dirigé avec un bon sens comique par le metteur en scène Philippe Lambert Semi-détaché propose donc une alternative de qualité aux amateure de théâtre qui cherchent un divertissement un peu différent de la manne estivale coutumière.Collaboratrice du Devoir \ i
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