Le devoir, 14 juillet 2007, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2007 LIVRES Marcel Duchamp; un art de vivre Page E 3 MS " CULTURE FESTIVAL I) ’ E T É DE QUÉBEC .¦ ¦ I Wmurn br J v# J th & GOllO DE MEXICO roï) « C’est un public exigeant.Il est extrêmement généreux lorsqu’il aime, mais il quitte facilement les lieux si ça ne lui plaît pas.» V" iMP1.kwFW Manu Chao SOURCE: FEQ de Québec Depuis 40 ans, le Festival d’été oxygène la Vieille-Capitale en musique mrm Découvertes, moments marquants, souvenirs impérissables, tous s’entendent pour dire que le Festival d’été contribue à la création de l’âme de la ville.L’événement entreprend aujourd’hui le dernier droit de sa quarantième année.Avant même la tombée du rideau, la rumeur qualifie déjà 2007 de grand millésime.PATRICK CAUX Chaque fois qu’on joue ici, il se passe quelque chose de magique, confiait Pierre Lapointe au public à la fin du premier rappel, samedi dernier.Tout à l’heure, quand j’étais seul au piano et que vous avez chanté avec moi, fai eu des frissons! Ça me donne des souvenirs impérissables, non seulement pour ma carrière, mais aussi sur le plan humain.» C’était peut-être naît, mais on a cru le poète aux violons disco sur parole.Facile d’être naïf quand les frissons sont partagés! Autres frissons lundi soir sous la pluie.Patrick Watson, seul en scène, interprète Man Under the Sea a cappella.Moment de recueillement Le public boit les paroles de son nouveau favori.Et hop! Un autre instant écrit au marqueur indélébile dans la mémoire de milliers de gens.En fait, c’est peut-être un peu ça le propre du festival.Au fil des ans, il nous permet de crocheter un chapelet d’instants hors du temps.des souvenirs faits de frissons et d’histoires d’amour.Un public exigeant Pour moi, c’est la Mano Negra en 1988, le premier passage de Jean Le-loup au Pigeonnier l’année suivante — spectacle précédant la parution de Menteur —, Les Négresses vertes avant la mort dHelno, Arthur H au D’Auteuil, Wycleff Jean sur les Plaines et les artificiers du Xarxa Theatre dans les rues de la vieille ville.C’est aussi la rencontre avec l’Afrique: Johnny Clegg, Khaled, Cheb Mami, Papa Wemba, Konono No.1, Amadou et Marianne.Pour d’autres, ce sont Renaud, Fantastic Plastic Machine et Front 242 — toujours au défunt D’Auteuil —, The Nits, Bob Brozman, Jordi Savall, Bérurier noir ou Simple Plan.Pour Jean Beauches-ne, directeur de la programmation depuis 1983, c’est la venue de la dira Cecilia Bartoli.«On ne trompe pas le public de Québec», confiait au Devoir Michel Winter, le président du jury des 19“ prix Miroir, devenu un habitué du FEQ en raison des groupes de worldbeat qu’il produit.«C’est un public exigeant.Il est extrêmement généreux lorsqu’il aime, mais il quitte facilement les lieux si ça ne lui plaît pas.» Et, foi du directeur général Daniel Gélinas, le FEQ met tout en œuvre pour que le public ne déserte pas.«On avait ciblé plusieurs objectifs pour 2007.On voulait notamment consolider la tendance prise depuis quelques an- SOURCE FEQ Johnny Clegg Mahmoud Ahmed nées.» Au sortir de 2003, l’organisation du Festival d’été avait consulté de nombreux «focus group» pour tenter de se mettre au diapason avec ses festivaliers.Et les résultats furent clairs.bien que multiples.Le grand public veut des gros noms, des exclusivités.Les mélomanes revendiquent le droit à la découverte.Les jeunes réclament une place pour les musiques émergentes (hip- SOURCE FEQ hop, électronique, indie-rock, ska, punk, etc.) et pour la scène locale.En fait, le festival se voit confirmer la mission forgée depuis des années: on attend de lui qu’il soit généraliste et, surtout, qu’il propose de l’inattendu.«Le public nous a donné une direction formidable, se réjouit Daniel Gélinas.H nous a demandé de creuser, de chercher et de VOIR PAGE E 2: POUMON Le grand public veut des gros noms, des exclusivités MUSIQUE Mozart Plus en quête d’identité CHRISTOPHE HUSS CJ est ce mercredi que débute le festival Mozart Plus 2007, élément important de la saison estivale de l’OSM.Le festival, si tant est qu’on puisse appeler festival une série de quatre concerts, quitte également ses quartiers d’été, la basilique Notre-Dame, pour son logis habituel: la salle Wilfrjd-Pelletier de la Place des Arts.Etrange succes- sion, sans grande âme apparente, de quatre mercredis musicaux au centre-ville.Mercredi, donc, à Wîlfrid-Pelle-tier, le pianiste allemand Lars Vogt interprétera le 4' Concerto de Beethoven, alors que Kent Nagano dirigera les Métamorphoses de Richard Strauss et la Sérénade K.388 de Mozart.Tout cela tombe fort bien: nous n’avions pas eu notre 4' Concerto pour piano de Beethoven annuel! Quant à Mo- zart, il se contentera des vingt-cinq minutes de Nacht Musique, sous-titre de sa douzième sérénade.Un concept à redéfinir On ne peut qu’espérer que ce Mozart Plus 2007 soit celui d’une année de transition avant la redéfinition totale du concept.Le fait d’avoir entrepris, ces dernières années, une intégrale des concertos pour piano de Mozart avec Louis Lortie était le cache-misère idéal des années sans directeur musical.Cette intégrale se prolongera en mai 2008 à la basilique Notre-Dame.Il semble évident que Kent Nagano a voulu reprendre les rênes de Mozart Plus, et s’en occuper lui-même en tant que directeur musical de l’OSM.Le calendrier, qui fait l’impasse sur une période pendant laquelle l’offre de concerts classiques à Montréal est minime mais où la salle Wilfrid- Pelletier est très occupée, est taillé sur mesure pour les vacances des musiciens, mais aussi pour l’agenda du chef, à l’ouvrage en ce début de juillet sur son festival d’opéra à Munich, où il vient de créer Alice au pays des merveilles d’Unsuk Chin en même temps qu’il signait un contrat d’enregistrement avec Sony Classical.En quittant la basilique Notre-Dame pour Wilfrid-Pelletier, l’OSM comptera sans doute moins sur la clientèle touristique qui appréciait la grande musique dans un beau lieu et devra recruter auprès de ses fidèles.Avec deux airs d’opéra, deux concertos, deux symphonies et une sérénade sur un total de quatre concerts, la part dévolue à Mozart dans Mozart Plus est assez minimale et représente en durée un tiers des trois programmes VOIR PAGE E 2: MOZART LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2007 LIVRES POUMON SUITE DE LA PAGE E 1 ramener ce qui se/ait de bon dans le monde.C’est une chance unique de pouvoir offrir un événement aux horizons aussi larges.» Cette année, l’organisation a rempli pleinement cette mission.Elle attire de gros noms de la scène internationale — comme Manu Chao et Johnny Clegg, qui ont donné des performances électrisantes, probablement ce qui s’est vu de meilleur jusqu’à présent dans ce festival — tout en proposant des rencontres inspirées; on pense ici notamment a,ux trois spectacles sublimes de l’Éthiopien Mahmoud Ahmed.Le festival a également su faire une juste place aux jeunes.Spectacles hip-hop (allant d’une surprenante soirée consacrée à la scène locale à la grosse machine américaine de Kanye West), groupes punk et nuit animées par des DJ à l’impérial, ce difficile public en a eu cette année pour les 30 $ du laissez-passer.Une zone à explorer Parmi les nouveaux objectifs ciblés par le FEQ, le prolongement des activités vers le quartier Saint-Roch occupait une place de choix.Pour une troisième fois, l’impérial fait figure d’antenne dans ce quartier revitalisé et de plus en plus habité du centre-ville.«La première année, on craignait de se trouver aussi loin des autres sites, se remémore Gélinas.On a vite constaté que l’impérial fait facilement le plein de public.pour autant qu’on y présente des groupes à la hauteur!» Cette année, le FEQ a décidé dinnover en installant sa place de la Famille en plein cœur du parc Saint-Roch et sur le parvis de la majestueuse église du quartier.«On est très heureux des résultats.Des centaines de jeunes y viennent avec leur camp tous les jours et les gens d'affaires s’y rassemblent le midi.» Le pari est intéressant D’autant que, même si le quartier est en plein essor, la vie culturelle farde toujours un peu à véritablement s’enraciner dans le secteur.Peut-être qu’une scène extérieure, pour des spectacles de soir, serait bientôt envisageable.Parmi les améliorations de 2007, il y en a une, plus subtile, qui fait pourtant toute la différence.On a enfin vu disparaître l’insupportable couvre-feu.Fini la limite de 23h! On peut maintenant savourer les spectacles jusqu’à leur dernière goutte.Après tout, la fête dure seulement onze jours par année! Mais heureusement le 40 n’est pas fini! Il reste encore deux journées complètes pour profiter de la fête! En plus de humer un peu partout pour vous faire un rapport je ne manquerai pas, ce soir, le passage à l’impérial de Metric et de sa splendide chanteuse, Emily Haines.Dimanche, le rendez-vous est fixé au Pigeonnier pour les légendaires rappeurs d’IAM (qui viennent tout juste de sortir un excellent album, Saison 5).On consulte la programmation au www.injbfestival.com.Collaborateur du Devoir La chevauchée de Babel MOZART SUITE DE LA PAGE E I conduits par Kent Nagano (le second concert est confié à Heinrich Schiff).Les trois grands Russes du XX' siècle — Prokofiev, Stravinski et Chostakovitch — occupent une place tout aussi apparente que le musicien de Salzbourg.Bref, le festival Mozart Plus ne ressemble pas vraiment à un festival (on y cherche les vraies têtes d’affiche), il est bien léger en Mozart, mais sa programmation est trop sérieuse et lourde pour ce qui pourrait en appeler au grand public afin de devenir «les mercredis estivaux de l’OSM».Demain et aujourd’hui Mozart va-t-il disparaître de l’affiche les années prochaines ou va-t-on instituer un «vrai» festival Mozart?Ce sera le défi et la question pour 2008, autour d’un problème plus terre à terre: comment occuper Î’OSM pendant le nombre de semaines stipulé par la convention collective et donc, une partie de l'été?Peut-être des invitations à certains festivals internationaux viendront-elles à la rescousse de la panne dImagination actuelle que l’on devine assez bien.Hors de toute considération festivalière, la série de quatre concerts estivaux de l’OSM à la Place des Arts nous vaut des programmes assez tentants.Ce mercredi, il sera intéressant de découvrir Lars Vogt, pianiste assez peu connu ici — ses disques EMI sont enregistrés par la filiale allemande EMI Eledrola et très peu diffasés en Amérique du Nord —, mais artiste important en Allemagne.Lars Vogt fat choisi par Simon Rattle pour devenir, en 200304, le premier pianiste en résidence auprès du Fhilhannonique de Berlin.On sera par ailleurs impatient de retrouver Kent Nagano à l’œuvre dans Richard Strauss, après l’indélébile impression laissée par son interprétation de la Symphonie alpestre eetie season.La semaine suivante, le très grand violoncelliste Heinrich Schiff sera à la baguette.On sera curieux de l'entendre dans des extraits de Roméo et Juliette de Prokofiev.L’intérêt du concert du 1" août sera surtout de comparer la vision de Kent Nagano de la Symphonie Jupiter de Mozart à celle que Yannick Nézet-Séguin dirige un peu partout cet été.Quant au concert final, on y entendra Susan Graham dans trois des six mélodies des Nuits d’été de Berlioz, avant de finir par la 10 Symphonie de Chostakovitch, un bien gros morceau pour une nuit d’été, justement On peut se renseigner sur tout cela au 514 842-9951.Collaborateur du Devoir 4^^ Louis Hamelin Les nazis faisaient peur aux écrivains.La littérature fat le combustible de leurs feux de camp scouts.Amoureux des grands déploiements, le régime trouve dans la cinéaste Leni Riefenstahl l’incarnation de son inclination naturelle pour les images.Il se bricole des philosophes «officiels»: Nietzsche travesti, Heiddeger compromis.Il est remarquable que les grands écrivains aient su flairer le piège à temps: Heindrich Mann, librepenseur et social-démocrate, auteur du célèbre Professeur Unrat qui va donner à l’écran un ange bleu nommé Dietrich, part le premier.Son frère Thomas, enfermé dans la tour de ses imposantes constructions romanesques, va mettre un peu plus de temps à comprendre le péril qui réside dans la nature même du système au pouvoir.Brecht, Walter Benjamin, Anna Seghers.la liste des exilés est impressionnante, à quoi il faut encore ajouter les auteurs d’une Autriche qui a cessé d’exister: Zweig, Hermann Broch.Ce choix de partir n’est pas sans conséquences: c’est un Français pathétiquement accroché aux basques du gouvernement Pétain en faite qui, dans un style hachuré comme de la mitraille, va laisser l’évocation la plus hallucinante d’une Allemagne en train de crouler sous les bombes: ce bon vieux Céline avec sa canne et son chat Ce que j’essaie de dire au fond, tandis que les mots se forment sur mon clavier avec un peu de cette lourdeur que Nietzsche attribuait à l’esprit allemand, conséquence inévitable, selon lui, d’un régime à base de bière et de saucisses, c’est ced: la Germanie en ruine est un no writer’s land.Aucune statue d’un Gorki teuton au-dessus des monceaux de cadavres.Alors, comment Staline (qui fat statistiquement parlant, un massacreur bien plus considérable que le peintre raté nommé Hitler) fait-il son compte, lui, pour garder tout son monde?Plusieurs explications viennent spontanément à l'esprit Des frontiers plus étanches.L’attachement à la terre russe.Une Union des écrivains qui, bras lettré de la police secrète, procure au plumitif docile tout ce qu’il faut pour écrire droit comme une datcha au bord de la mer Noire, par exemple, alors que, ki, c’est la galère juste pour se faire payer une bière par Stanley Péan.Mais un examen phis approfondi fait fatalement surgir la réponse à laquelle fait écho Jerome Charyn dans son étude de l’oeuvre et de la rie dlsaac Babel: tout au long des annéçs 20,30, et même après, le mot «révolution» continue, à hü seul, de tétaniser les écrivains, prêts, au nom de l’espoir et du rêve (une sorte de seconde nature), à renoncer à toute velléité critique individuelle (donc bourgeoise) au profit de la célébration de ce Grand Plan qui, sous prétexte de perfectionner l’humanité, leur faisait avaler un cocktail de lyrisme et de modernisme bien assez puissant pour dissoudre les petits inconvénients de la rie, comme, entre autres, la réalité des camps.Un homme de culture, ce Staline.Un poète.Qui, après avoir décidé de rayer, d’un trait de plume, 3500 personnes du monde des rivants (une journée normale, au plus fort des purges), allait se changer les idées devant un film américain, disons Stand Up and Cheers! avec Shirley Temple.D y a encore deux ou trois observations qu’on peut faire à propos de cet apparent refus de s’exiler chez une importante partie de la descendance de Tolstoï et de Dostoïevski.D’abord, les écrivains véritablement talentueux et innovateurs de cette première moitié de siècle russe (Babel, Bougakov), lorsqu’ils survivent assez longtemps pour faire œuvre, se caractérisent par leur production intermittente, voire réticente.Le génie y marche sur des œufs.Au cours des années 30, Isaac Babel se verra d’ailleurs accusé de silence, crime impardonnable au pays des producteurs de bonne prose réaliste-socialiste.Alors pourquoi, sommes-nous tentés de demander, ne pas déserter cette patrie des travailleurs où penser librement entraîne la plupart du temps une balle dans la nuque et aller s’installer dans un quelconque trou suisse, comme le Lénine d’avant Lénine?Je veux bien croire que l’Etat délivre les visas au compte-gouttes mais, prenez Babel: en 1935, il se trouve à Paris, invité au congrès des écrivains antifascistes (pour la défense de la culture et delà pEÛx) organisé par Malraux D y a là un certain Neruda et son bon ami Ehrenbourg, qui espionne tout ce beau monde pour le compte de Staline.Or la femme de Babel et sa fille sont à Paris depuis dix ans.Qu’est-ce qui l’empêche de rester?D’autres femmes, sans doute.Et puis, cette terre russe qu’il aime comme elle est, foulée par tes sabots des petits chevaux cosaques et imbibée de sang.Le fait est que Babel tourne en rond comme un ours en cage à Paris, qu’il s'y ennuie à mourir et va donc retourner vers son bourreau.On se dit, bien sûr, qui! ne pouvait pas savoir, deviner le sort qui l'attendait Vraimenti’ Alors lisez attentivement ce qui suit «D’après l’un des biographes de Staline, Edvard Radrins-ky, lagoda (le chef de la Tcheka) aimait inviter les membres de l’Union des écrivains à visiter son labyrinthe privé à la Loubianka, pour écouter ce qui se passait quand ses sbires interrogeaient un pauvre intelligentichka jusqu’à ce qu'il craque ou dénonce un ami.Babel a fait partie des écrivains ayant été priés d^écouteri’.» C’est un raffinement inédit en ce qui me concerne.Les médecins appelés à «monitorer» des séances de torture, à la rigueur, des prêtres.Mais les écrivains?Le message, je n’en doute pas, était reçu 5 sur 5.Donc Babel sait parfaitement bien sur quel fond de tyrannie, de «réingénierie sociale» et de néant sinscrit son oeuvre.Sa prose même, comme le démontre Charyn, trahit l’ambiguïté viscérale du scribe devant la violence de ses premiers engagements comme correspondant de guerre sur les traces de la mythique cavalerie rouge en Pologne: participant sans l’être, à la fois dégoûté par les pillages, les viols et les atrocités auxquels il assiste et secrètement envoûté par le rythme tragique de ces charges des cosaques dont son écriture syncopée va tenter de reproduire le pouls chaotique.Le moins qu’on puisse dire, c’est que Jerome Charyn, par les extraits cités, nous donne envie de lire Babel, réhabilité en Union soviétique après la déstalinisation des années 50 et dont les œuvres complètes ont été éditées aux Etats-Unis par les bons soins de sa fille Nathalie.Rutôt échevelée, la démonstration de Charyn (Isaac Babel est un esprit libre forcé, comme écrivain, de louvoyer entre les mâchoires du piège totalitaire) n’est pas toujours convaincante.Son livre contribue surtout à illustrer, nouveDe version du pacte faustien, la manière diabolique dont Staline s’y est pris pour «conscrire» toute une génération de cerveaux et de plumes au service, ultimement, de sa monstrueuse egomanie.Des écrivains qui pratiquaient la villégiature en colonies d’inspiration proto-pénitentiaire comme des écoliers ou des employés d’usines d’autos japonais.De fait, au contraire des politiciens québécois de 2007, le Petit Père des peuples semblait croire qu’une population, même (et à phis forte raison) asservie, ne pouvait pas se passer de ses écrivains.La part du consentement à l’horreur de Babel reste en suspens.Quand il fréquente les «tehékistes» aux mains sanglantes, soi-disant pour documenter un livre, il a carrément le pied chez le diable.Dans sa préface aux œuvres complètes, sa fille Natalie reconnaît que son père ne pouvait ignorer le caractère absolument monstrueux du système qui l’a proclamé écrivain, puis célébré, puis progressivement réduit au silence.jusqu’à, nous dit Charyn, cette ultime création (!) que seront les aveux particulièrement imaginatifs extorqués par les bourreaux de Staline.Dans les caves de la Loubianka, Babel, la langue enfin déliée.libre.Collaborateur du Devoir STÉNO SAUVAGE LA VIE ET U MORT d’Isaac Babel Jerome Charyn Traduit de l’anglais par Marie-Pierre Bay Mercure de France Paris, 2007,206 pages PETITE CHRONIQUE Aux pays du vin Gilles Archambault Comme vous qui me lisez, je n’ai rien contre le vin.En rien connaisseur, je suis de ceux dont l’érudition en la matière ne dépasse pas la fréquentation occasionnelle des succursales de la SAQ.Si je choisis de traiter cette semaine d’un ouvrage intitulé FESTIVAL DES ARTS DE S AI NT-S AU VE UK.DU 2 AU 11 AOUT AUGUST 2 TO AUGUST 11 LA DANSE ! MOMIX DE NEW YORK Première canadienne de l unar Sea f jf J LES BALLETS JAZZ DE MONTRÉAL |bmj_danse| avec RUBBERBANDANCE MONTRÉAL DANSE 20 ans d'excellence ! ALBERTA BALLET Carmen .60 ÉVÉNEMENTS GRATUITS Terrasses musicales Spectacles de soirée sur la scène extérieure Ciné danse 60 FREE EVENTS Music the terraces Evening shows on the outdoor stage Ciné danse 9^ LA MUSIQUE ! ALAIN LEFÈVRE OLIVER JONES „ NIKKI YANOFSKY PURCELL ODES NANCY ARGENTA BACH AND BEYOND! avec KARINA GAUVIN „ JAMES KUDELKA BILLETS / TICKETS / INFO : TICKETPRO 1-866-908-9090 www.fass.ca Patrimoin® Canadian canadien Heritage Conseil des Arts Canada Council du Canada for the Arts Québec S ï t t»r«n»|n’ Tinamtnr Q^aSftec LE DEVOIR Voyage aux pays du vin, c’est tout bonnement que le collectif qui m’en donne l’occasion, en plus d’être fort instructif pour un ignare de ma sorte, m’offre de surcroît un aperçu des rapports que la littérature a entretenus de tout temps avec le jus de la treille.Si Baudelaire estimait qu’««« homme qui ne boit que de l’eau a un secret à cacher à ses semblables», Alexandre Dumas, lui, n’y allait pas par quatre chemins: «Nous voilà arrivés à un point tellement important de la gastronomie moderne que nous croyons dans la nécessité d’ouvrir une parenthèse.Il s’agit du vin, c’est-à-dire de la partie intellectuelle du repas.Les viandes n’en sont que la partie matérielle.» Bien sûr, le vin a aussi ses détracteurs.Pour des raisons de moralité publique évidente, on a de tout temps dénoncé les abus.Abus que Baudelaire, toujours lui, a célébrés dans Les Fleurs du mal: «Me voilà libre et solitaire / Je serai ce soir ivre mort; /Alors, sans peur et sans remords, / Je me coucherai sur la terre.» Selon les époques, le vin a été à la fois chanté et honni.Si, dans l’Antiquité, les femmes en principe n’avaient pas le droit de goûter au vin, au Moyen Age la société était plus permissive, ainsi qu’en témoignent certains textes d’époque.Mais c’est plutôt dans Les Saturnales de Macrobe, auteur romain de la fin du IV" siècle, que nous apprenons, chose étonnante, que, d’après Aristote, «les femmes sont rarement ivres, alors que les vieillards le sont souvent».Si je dois bien avouer que ce sont les extraits d’œuvres littéraires qui ont attiré mon attention, ce vade-mecum de l’amateur de vin contient une quantité Dans l’Antiquité, les femmes n’avaient pas le droit de goûter au vin, mais au Moyen Âge la société était plus permissive d’éléments aptes à retenir l’attention.On y trouve, par exemple, une histoire du divin breuvage (ses origines remontent à 11 000 ans avant notre ère), un dictionnaire des termes appropriés, un aperçu des conditions économiques qui ont marqué son développement, une description des étapes de la production, etc.Inutile de dire que j’ai appris des tas de choses en consultant avec une certaine assiduité les pages de ce livre.Par exemple, le Coran rappelle ceci: «O vous qui croyez! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination sont une abomination, une œuvre de Satan.Il veut ainsi vous détourner de la remémoration d’Allah et de la prière.» Les nombreux collaborateurs de l’entrepri-se explorent bon nombre de champs d'intérêt.Peut-être sera-t-on porté à croire que je me suis penché sur cet ouvrage parce qu’il s’agirait d’une lecture dite de «vacances».Il n’en est rien.En été comme en hiver, je lis les mêmes livres, l’air climatisé me dispensant de chercher des nourritures plus digestes.Tant il est vrai que cette incursion dans l’univers du vin est en même temps une invitation à revoir l’une des raisons qui nous font trouver consolation ou plaisir — c’est selon — à vivre.Collaborateur du Devoir VOYAGE AUX PAYS DU VIN Histoire, anthologie Dictionnaire, sous la direction de Françoise Argod-Dutard Robert Laffont, coll.«Bouquins» Paris, 2007,1300 pages MDL marchedulivre.qc.ca librairie agréée Uttératwe • Art • Rilirenca • Nouveauté PLUS DE 10 000 BANDES DESSINÉES EN LIBRAIRIE angle de Maisonneuve Est e» St-Hubert sur le campus à deux pas de la Grande Bibliothèque La preuve de l’existence de Dieu STÉPHANE BAILLARGEON Les noms changent Les personnages se multiplient.Au fond, c’est encore et toujours le même formidable angoissé qui s’exprime.Comme dans cet extrait tiré de la nouvelle Notre père qui êtes sur la toile, où un rédacteur pour la télé au chômage découvre une offre d’emploi de rédacteur de psaumes et de prières en tous genres et pour toutes occasions.«Si mm adolescence s’était caractérisée par une absence totale de foi, dit alors Hamish Specter, j’en étais récemment venu à croire en l’existence d'un Être suprême, après avoir feuilleté le catalogue de lingerie féminine Victoria’s Secret » Gisèle Bündchen, Isabeli Fontana et toutes ces déesses en string et en jarretelles comme preuve de l’existence de Dieu: l’humour de Woody Allen est là, en concentré.Cet intello rigolo passe son temps à ironiser sur notre monde cruel et méchant où la conscience se bat seule et aboutit à un doute de plus en plus désespérant que seul l’humour permet d’endurer.«Dieu n’existe pas.et nous sommes son peuple élu», dit un des plus célèbres aphorismes de ce créateur assez unique, fils spirituel d’Ingmar Bergman et de Groucho Marx.Son recueil Lerreur est humaine, le premier depuis un quart de siècle, propose moins de vingt textes, certains déjà publiés dans des revues.Le cinéaste-auteur s’inspire parfois de faits divers ou cocasses rapportés dans les grands journaux Ici un vendeur londonien de costumes «post-modernes» fabriqués dans des tissus de Tère spatiale, parfumés ou électrifiés.Là des délinquants poursuivis pour avoir arraché des étiquettes de matelas.Ou encore cette histoire délirante d’une riche famille de Manhattan tombée en déchéance parce que le petit dernier rate son examen d’entrée dans une grande maternelle.Adieu le pipeline vers les meilleures universités et une rie bien rémunérée.«Non, non, ce doit être une erreur, s’offusque sa mère en apprenant la catastrophe.Après tout, c’est un gar-(W| brillant, agréable, sociable, à l'aise à l'oral, qui se débrouille correctement en coloriage et maîtrise bien Monsieur Patate.» L’erreur est humaine, mais cette parfaite lecture de vacances rend heureux Le Devoir L’ERREUR EST HUMAINE Woody Allen Flammarion Paris, 2007,252 pages i LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE LIVRES Une œuvre envoûtante SUZANNE GIGUÈRE Invité en juin au festival Présence autochtone, l’écrivain ouest-américain David Treuer est venu présenter son dernier roman.Le Manuscrit du docteur ApeUe.Né dans la réserve de Leech Lake au Minnesota, de sang mêlé (mère ojibwa et père autrichien) , le romancier s’est imposé avec Little, une œuvre puissante qui entonnait le requiem de l’indianité perdue.Le second roman.Comme un frère, tout aussi impressionnant, racontait le naufrage d’une famille indienne dans le quartier misérable du Southside de Minneapolis.«Chez Treuer on naît avec la mort aux trousses et le salut est une aimable plaisanterie», écrit sur la Toile un chroniqueur d'Express livre.Ces romans lourds de chagrin et d’émotion portés par la grâce d’une écriture souple et lyrique ont propulsé le jeune auteur dans la trentaine au premier rang des romanciers américains.Avec Le Manuscrit du docteur Apelle, David Treuer donne la pleine mesure de son univers d’écrivain teinté de gravité.La littérature et la vie Le roman commence comme un conte.L’action se déroule au XIXe siècle, au milieu des lacs et des bois.Un petit Indien, Bimaadiz, vêtu de fourrures de lapin, survit à sa mère, ses frères et ses sœurs, morts de froid, grâce à une femelle orignal qui l’allaite.Non loin de là, une petite fille, Eta, doit son salut à une louve lors d’une guerre tribale.Recueillis par des familles indiennes, les deux orphelins s’initient aux secrets d’une existence à del ouvert dans une nature délirante de fraîcheur et de liberté.L’auteur en réveille tous les sortilèges au fil d’un conte qui est à la fois, un éloge de la de sauvage et de la culture indienne, une parabole de l’innocence et une histoire d’amour.D réintroduit de façon étonnante le mythe grec de Daphnis et Chloé (une pastorale remplie d’érotisme) dans la légende d'inspiration amérindienne.A sa manière, David Treuer est un prodigieux illusionniste.Bien vite, l’auteur nous emmène dans une autre réalité.Parallèlement au récit mythologique, il construit une autre histoire, celle du docteur Apelle, traducteur et spécialiste des langues algonquines.La découverte du manuscrit racontant les destinées des jeunes Indiens Eta et Bimaadiz .va bouleverser l’existence du philologue.Dès qu’il commence à le traduire, il croit voir des fragments arra- chés à sa propre vie, du temps «où il parcourait les collines et rampait dans les fondrières et les bourbiers pour faire lever les colverts et les canards à front blanc qu’il rapportait à sa mère pour la soupe».Quand il tombe sur des pages éblouissantes de sensualité, il restent un douloureux vertige.A 43 ans, Apelle prend conscience qu’il n’a jamais connu le véritable amour.Enfant, on ne l’encourageait pias à parler de ses sentiments profonds — «un Indien répugne à abandonner cette part souveraine de lui-même».D s’est pour ainsi dire retiré du monde, la traduction pour une grande partie le rendant sourd aux clameurs de l’amour.De plus, pour des raisons complexes, il a jusque-là dissimulé ses origines indiennes.'Ainsi ce n’est pas son passé qui le hante, c’est lui qui hante son passé.H s’appuie contre lui.Il se plonge dedans [.] il traque son passé comme un chasseur qui tourne autour de quelque chose de mortel et de blessé».Sa rencontre avec Campaspe, une collègue de la bibliothèque où il travaille, le délivrera-t-il de ses «chagrins secrets» et de son obstination à taire son passé?Cet ambitieux roman où se rencontrent la littérature et la vie—fauteur nous propose une intéressante réflexion sur la caparité de la littérature à changer nos vies—,1a pensée et la sensualité, ainsi qu’un pan de l’histoire indienne quand les traditions soudaient encore les peuples et que les langues n’agonisaient pas, est écrit dans une prose forte, élégante et descriptive jusque dans le plus infime des détails.A la Nabokov.Conteur né, écrivain sensible, David Treuer nous donne à lire, avec Le Manuscrit du docteur Apelle, une œuvre envoûtante peuplée de mirages qui se dérobent sans cesse au lecteur quand il croit enfin les tenir, une œuvre surprenante avec ses glissements de sens et ses passages d’une langue à une autre.Un prodigieux illusionniste, vous disais-je.La version originale, The Translation of Dr.Apelle, a reçu le Washington Post Critics Choice Award for Fiction 2006.Collaboratrice du Devoir LE MANUSCRIT DU DOCTEUR APELLE David Treuer Traduit de l’américain , par Michel Lederer Editions Albin Michel, coll.«Terres d’Amérique» Paris, 2007,387 pages Un autre classique revit PAUL CAUCHON Après Sol et Gobelet, Fanfreluche et La Ribouldingue, un autre classique pour enfants de la génération des baby-boomers revit en coffret DVD: Picola.Un coffret qui permet aussi de se souvenir du rôle central et essentiel de Paul Buissonneau, qui non seulement a été un pionnier de la mise en scène au Québec mais a aussi influencé toute la génération de La Boîte à surprises, puisque son personnage de Picolo est apparu pour la première fois en 1956, bien avant tous les autres.Mais ce n’est qu’en 1968 qu’on le retrouva dans une série à lui, jusqu’en 1971.Si l’humour de Sol et Gobelet se développait aussi dans la poésie et l'absurde, Picolo est de plain-pied dans le burlesque et la commedia deü’arte.Un petit groupe de personnages, M.Pantalon, le docteur Macaroni, Colombine, le capitaine de police, entouraient le «héros» en question dans des aventures loufoques, où il s’agissait souvent pour les comédiens de laisser libre cours à une imagination débordante.Il faut voir, par exemple, l’épisode où le «mini-ministère» de quelque chose accorde aux joyeux lurons une subvention pour créer un centre culturel, ce qui permettra à chaque personnage de suivre des cours de culture qui tourneront au désastre, avec ballet classique qui se transforme en twist, bel canto qui sombre dans le western, improvisations théâtrales farfelues, et ainsi de suite.Seul reproche véritable qu’on peut faire à ce classique: le contenu du coffret est plutôt chiche, avec seulement quatre épisodes complets répartis sur deux DVD, accompagnés de 10 chansonnettes créées pour l’émissioa Le Devoir ¦ Tiens! Mais c’est Picolo, coffret de deux DVD, Imavision et Radio-Canada.LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Littérature «= Philosophie «s Sciences humaines «s Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUEBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.Marcel Duchamp, un art de vivre PAUL BENNETT L* année 2008 marquera le 40e anniversaire de la disparition de Marcel Duchamp, artiste iconoclaste dont les ready-made sont devenus l’icône de la radicalité artistique du XXe siècle.Sa Fontaine (1917), choisie il y a deux ans par les critiques britanniques comme l’œuvre la plus influente du siècle dernier, avait pourtant été conçue pour.passer inaperçue, et n’a même jamais été exposée jusqu’au début des années 50.Tout un paradoxe pour cet anticonformiste forcené, qui considérait l’art moderne comme un mirage et une imposture, la plupart des artistes comme des escrocs, et qui a lutté toute sa vie pour désacraliser l’œuvre d’art et «dédéifier», comme il le disait, l’image de l’artiste démiurge.Si on a beaucoup théorisé sur l’œuvre de Duchamp, on a peu écrit sur sa vie.Coup sur coup viennent d’être publiées deux biographies en français de Duchamp (1887-1968), dont la plus récente par le critique d’art Marcel Marcadé chez Flammarion.Un ami de Duchamp, le romancier Henri-Pierre Duché (fauteur de Jules et Jim), a écrit que «la plus belle œuvre de Duchamp était l’emploi de son temps».Duchamp disait lui-même qui avait voulu faire de sa vie une œuvre d’art plutôt que de passer sa vie à faire des œuvres d’art «Je suis mon propre readymade vivant», disait-il encore.Aussi Marcadé s’étonne-t-il qu’on n’ait pas mieux compris à quel point la biographie de l’homme pouvait fournir certaines clefs de son œuvre, ou en tout cas lui donner un accès privilégié.Bien sûr, plusieurs aspects de la vie de Duchamp sont bien connus, au point d’avoir acquis des dimensions mythiques: par exemple, sa passion du jeu d’échecs et des jeux de hasard, que Marcadé voit comme un «dérivatif» à son ennui artistique; sa rupture dès 1911 avec le milieu parisien de la peinture, qu’il juge vénal et assommant, ce qui l’amènera après son épisode cubiste à se réfugier aux Etats-Unis pour pouvoir se livrer sans entraves à ses expérimentations, à l’abri des importuns et des marchands d’art; ou encore sa manie du bricolage, des inventions et de l’ingénierie bon marché, qui explique, tout autant que sa paresse légendaire, la longue gestation de ses deux œuvres majeures, La mariée mise à m par ses célibataires, même (1915-1923, appelée aussi Grand verre) et l’installation sous forme de «peep-show», Etant donnés: 1) la chute d’eau, 2) le gaz d’éclairage (1946-1966).©JULIAN WASSER / FLAMMARION Ève Babitz et Marcel Duchamp jouant aux échecs, Pasadena Art Museum, 1963.On sait moins que le premier rea-dy-made américain de Duchamp fut non pas le fameux urinoir renversé, mais une «pelle à neige toute bête» qu’il acheta dans une quincaillerie et suspendit au plafond de son appartement new-yorkais; qui fréquenta assidûment des «réactionnaires» comme Jean Cocteau et Salvador Dali, pourtant détestés par ses amis André Breton et Man Ray, avec qui Dû-champ collaborait régulièrement; qui n’hésita pas, pour arrondir ses fins de mois, à servir d’intermédiaire entre certains artistes de ses amis (Rcabia, Brancusi, Max Ernst) et les galeristes et collectionneurs, lui qui affichait pourtant son mépris pour le marché de l’art; ou enfin, que ce célibataire endurci et noceur impénitent fit deux mariages d’intérêt dans l’espoir de recentrer sa vie et de s’assurer une certaine stabilité finandère.Une philosophie de Pexistence Fils de bourgeois, Duchamp connut toute sa vie une situation pécuniaire précaire en raison de son intransigeance à l’égard des règles du jeu du marché de l’art.Dès 1912, U avait déddé de ne plus vivre de sa peinture, de gagner sa vie autrement qu’en vendant ses tableaux.Il préféra vivre d’expédients et de métiers appris sur le tas: bibliothécaire, organisateur d’expositions ou professeur de français auprès de riches Américaines qui tombaient presque toutes amoureuses de lui.Face aux difficultés matérielles, U s’était forgé très tôt une attitude qu’on pourrait assimiler aujourd’hui à une sorte de simplicité vo- JE RÉVISE EM VI Je révise en vacances Un petit programme de révision pour l’été / 2*/ devoirs de vacances, en français et en mathématiqpe, de la lre à la 6e année 9,95 $ le cahier irécarré æ-F" «J QUEBECOR MEDIA Québec 9 lontaire, consistant à réduire ses besoins matériels au strict minimum.Duchamp, qui revendiquait le droit à la paresse, cultivait une attitude d’indifférence et de détachement de tout (notamment en matière artistique) et évitait comme la peste les querelles de chapelle.Il s’était assigné un programme de vie, un art de vivre qu’il résumait ainsi: «silence, lenteur et solitude».Tout ce qui ressemblait à de l’agitation, que ce soit dans le quotidien ou (fans le milieu de l’art, fhorripilait.A ceux qui lui reprochaient de ne pas avoir beaucoup produit durant sa vie d’artiste, Duchamp répondait invariablement qu'il attendait simplement «d’avoir des idées»: «J’ai eu trente- trois idées, j’ai fait trente-trois tableaux.Je ne veux pas me copier, comme tous les autres [.] être peintre, c’est copier et multiplier les quelques idées qu’on a eues ici et là.» Duchamp fustigera jusqu’à la fin de sa vie l’ego des artistes et la compétition dans le domaine de fart Pour lui, l’artiste véritable ne peut que se réfugier dans la clandestinité, aller sous terre pour échapper à la frénésie de l’art commercialisé.Il fut un des premiers, sinon le premier, à utiliser le terme d’«underground»: «The great artist of tomorrow will go underground», déclara-t-il à l’occasion d’un colloque organisé en 1961 par le Musée de Philadelphie, qui avait hérité de la collection la plus complète de ses œuvres réunie patiemment par le couple de collectionneurs Louise et Walter Arensberg.Malgré tous les paradoxes de son existence, Marcel Duchamp n’abandonna jamais ses convictions et ses exigences, mais n’essaya jaujais de les imposer aux autres.A quelqu’un qui lui demandait s’il voulait vraiment détruire l’art avec ses ready-made, il répliqua: «Je ne veux pas détruire l’art pour qui que ce soit d’autre que pour mon compte, c’est tout.» Le Devoir MARCEL DUCHAMP Bernard Marcadé Flammarion, coll.«Grandes biographies» Paris, 2007,495 pages ARCHAMBAULT PALMARÈS LIVRES Jasmin Par le regard que l’adulte porte sur son enfance et celui qu’il pose sur son présent.Chinoiseries devient une fine réflexion sur le sens de la vie.cmnousenes vlb éditeur 0* OuewCCHt MK M A Disponible chez votre libraire ou au www.edvll Résultats des ventes: du 3 au 9 juillet 2007 Ç QUEBECOR MEDIA ROMAN EHSBWBU, C'EST TOUT Anna Gravalda (J'ai lu) MES JUMS, MES AMOURS Marc Lévy (Pocket) US ENEAMTS DE IA UBERlt Marc Lévy (Robert Laffont) B U PART DE L'AUTRE Éric-Emmanuel Schmitt (Livre de Poche) PEOPLE OR NOT PEOPLE Lauren Weisberger (Pocket) IA DÉFENSE UNC0LN Michael Connelly (Points) ET SI CÉTMT (A LE BONHEUR?Francine Ruel (Libre Expression) MAMXT QUE IE R0NHEIM COOlE CHER Francine Ruel (Ubre Expression) ZONE GRISE Chrystine Brouillet (Boréal) IE RETOUR DU PROFESSEUR DE DANSE Hanning Mankell (Points) OUVRAGE GÉNÉRAL VV| LE SECRET Rhonda Byrne (Un Monde Différent) PV TOUTE L’MSTORE OU MONDE: K.WÆ J.-C.Barreau/G.Bigot (Livre de poche) ¦fflj LA CLÉ DE LA MAltlUSE Charles F.Haanel (Dauphin Blanc) QUE U FORCE D'ATTRACTION MHT., Michèle Cyr (Transcontinental) L’ART DE U StMPUCmt Dominique Loreau (Marabout) AMES-TU LAHET Georges Thurston (La Semaine) LE MEILLEUR DE SM Guy Comeau (Êd.de l'Homme) PLAHHIYER POUR LE BONHEUR Matthieu Ricard (Pocket) BARBECUE: TOURS I Steven Raichlen (Éd.de l'Homme) U VOUE DE IA PEUR SamlaShartft (Michel Laten) JEUNESSE D LORI-UINE11: ET U SECRET DE.Suzanne Julien (Pierre Tisseyre) D ASTÉRIX ET SES AMIS: HOMMAGE.Collectif (Albert René) 1 IE JOURNAL D'AIMâUE UWUAME13 India Desjardins (Intouchables) 1 ARiaMS FOWL T.S : COUME PEROU Eoin Colter (Gallimard) LÉOWS T.B: LE ROYAUME D'ESA Mark) Francis (Intouchables) UES NOMBRILS T.1 : POUR QM TU T Delaf/Dubuc (Gallimard) ROME ET BHi.T.31 : GRAME DE.Laurent Verron (Dargaud) itA SIMM 12:U! MYSTÈRE DE — Téa Stilton |Albin Michel) DÉLIRONS AVEC LÉON 101 Amie Groovie (Courte Échelle) ERA00N T.2: L'AbNË Christopher Paolini (Bayard) ANGLOPHONE THE SECRET Rhonda Byrne (Beyond Words) USET'S STORY Stephen King (Rodder) THE BOOK OF THE DEAD Douglas Preston (Warner Books) BEACH ROAD James Patterson (Warner Vision) THE CHHDREH OF HÛRM J.R.R Tolkien (Harper Coffins) HONEYMOON J.Patterson / H.Roughan (Warner Books) THE LAST TEMPLAR Raymond Khoury (SigneO THE LAST SPYMASIBI Gayle Lynds (St Martin's Press) PROMISE ME Harlan Coben (Penguin Books) FALSE MPRESSNM Jeffrey Archer (St-Martin's Press) , .Escapade les escapades découverte culturelles Archambault SOIRÉE D'INFORMATION S Le mardi 19 juillet 2007 à 19 h Archambault Place Ste-Foy R.S.V.P : 514.380.3113 ou 1.877.371.2323 VRAI ou FAUX ?Un groupe du nom contient toq/ours un nom.)D^ : asuodgÿ I- K l> K V 0 I K .L E S SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2 0 0 7 CULTURE ESSAIS La Chine comme provocation Louis Cornellier xcellente idée que celle de rééditer, 46 ans plus tard.Deux innocents en Chine rouge du duo Hébert-Trudeau.Le sénateur et fondateur de Katimavik n’est peut-être pas un styliste raffiné, mais il a de l'esprit et sa plume est alerte.À ces qualités qu’il partage, Trudeau ajoute un regard plus intellectuel sur le monde.Le mariage de leurs personnalités donne donc un résultat plutôt réjouissant qui allie la substance à la légèreté.Invités par le régime maoïste à visiter la Chine rouge en 1960, les deux compères n’allaient pas manquer cette occasion de bousculer une fois de plus le conservatisme, de plus en plus vacillant il est vrai, de la société québécoise.la Chine incarnait «le péril jaune»?Ces deux individualistes audacieux ne carburaient pas à ces contes de grands-mères et ils iraient à la rencontre de ce peuple d’épouvante pour contester cet «anticommunisme purement négatif».«L'un et l’autre ayant été abondamment morigénés, trucidés et anéantis dans la presse intégriste et réactionnaire à l’occasion de voyages antérieurs derrière le rideau defer, écrivaient-ils, la perspective d'être assassinés un peu plus lors de leur retour de Chine n’était guère de nature à les impressionner.» En septembre et octobre 1960, en plein coeur du Grand Bond en avant, ils fouleront donc la terre chinoise dans le cadre d’un voyage très supervisé par le régime de Mao.Que découvriront-ils?D’abord, évidemment, «la puissance du nombre».Selon eux, «cette donnée à elle seule suffit presque à expliquer toute la grandeur et toute la misère de la Chine, celle d’hier, celle d’aujourd’hui et sans doute celle de demain».A l’époque, le pays ne comptait que 650 millions d’habitants.Aujourd’hui, c’est le double! D’une visite d’usine à l’autre, en passant pas des arrêts dans les prisons et des divertissements artistiques, Hébert etTrudeau se font mettre au courant par des accompagnateurs littéralement obsédés par «le régime, ses réalisations, ses projets».Tout ce qui précède l’arrivée des communistes au pouvoir en 1949 est renvoyé dans «l’avant» et discrédité au bénéfice de «l’après», cette Chine qui chante, travaille et lutte contre l’impérialisme.Même s’ils sont innocents, c’est-à-dire «sans grande sagesse ni stratégie» selon Trudeau, les deux voyageurs ne sont pas dupes du caractère propagandiste de cette salade idéologique.Devant Tart exclusivement militaire, ouvriériste et paysan qu’on leur sert, par exemple, ils questionnent un directeur de studio de cinéma sur la liberté artistique.Réponse de ce dernier «Les artistes peuvent tout se permettre sauf des œuvres qui seraient antisocialistes ou dirigées contre la politique du parti.» Pour autant, Hébert et Trudeau ne condamnent pas radicalement le régime, qu’ils qualifient néanmoins de «totalitaire».Il a fait, écrivent-ils, des erreurs, c’est une «dictature», mais «la masse des ouvriers chinois vit mieux qu’elle n’a jamais vécu» et la propagande archi-efficace de Mao a réussi à convaincre «des centaines de millions d’hommes de la grandeur et de la noblesse de leur tâche».D’un point de vue canadien, ajoutent-ils, cet endoctrinement peut choquer, mais ce serait ne pas tenir compte d'un triste phénomène qui a historiquement affecté le pays: «Le vieil ennemi de la Chine, c’est la faim.Il a occupé tout le pays pendant des millénaires; il y a 10 ans, il narguait encore les gens; planté devant chaque porte comme un dragon menaçant, il a tué des Chinois par des di- zaines de miliums.Cet ennemi implacable, qui l’a vaincu?Mao.» D’où, d’après Hébert etTrudeau, le succès de la propagande rouge.Nos deux innocents, à l’époque, ne pouvaient savoir que le Grand Bond en avant ferait à cet égard, avancer le pays en arrière et que la Grande Révolution culturelle prolétarienne de 1966 transformerait la persuasion en terreur meurtrière.Ds ont su, au moins, dès 1960, que ce régime était là pour de bon et que le mythe occidental du Chinois «désorganisé et dépourvu de technique» était un mensonge.Les Chinois du 'péril jaune», annonçaient-ils, ne nous envahiront pas militairement mais ils nous offriront une solide «rivalité économique sur les marchés du monde».Dans l’introduction de cet ouvrage, Alexandre Trudeau fait l’éloge de son célèbre père et affirme que, lors d’un premier voyage en Chine en 1949, ce dernier a appris que, «pour survivre, la douceur et la souplesse sont parfois plus importantes que la fermeté et la féroce conviction».Dommage que celui qui allait devenir premier ministre du Canada ait oublié ce bel enseignement en revenant à la maison.La Chine comme travail Charles Le Blanc est sinologue.Son travail, explique-t-il dans Profession sinologue, consiste donc à «comprendre la Chine en elle-même et [à] faire comprendre la Chine en Occident».Son goût de l’aventure, son désir de découvrir «l'autre versant de l’humanité» et sa conscience de l’importance de ce pays pour l’avenir de notre planète l’ont mené sur ce sentier.Avant d’être un «discours théorique ou scientifique sur la Chine», la sinologie fut d’abord «imaginaire», grâce à Marco Polo qui avait séjourné dans ce pays au XIII' siècle, et «religieuse», grâce aux jésuites — et particulièrement à Matteo Rica — qui y avaient mené une œuvre missionnaire du XVI' au XVIII'' siècle.Très sensibles à la culture chinoise, ces religieux s’y sont plongés en sa- vants et ont même plaidé pour «l’adaptation de l enseignement et des pratiques chrétiennes aux formes et aux valeurs chinoises».L’Église n’a pas toujours appréaé.La sinologie scientifique date du début du XVIII' siècle.La HoDande et la France en frirent les chefs de file.À partir de 1945, compte tenu des intérêts américains dans la région les études sinologiques ont explosé aux Etats-Unis.Le sinologue, qui devrait idéalement avoir une expérience concrète de la société chinoise, doit aussi en maîtriser la langue puisque l’écriture est au cœur de cette civilisation dont la littérature est plus que millénaire.Le Blanc donne d’ailleurs une idée de la richesse et de la complexité de la chose.D aborde, aussi, les thèmes de l’histoire et de la chronologie chinoises, très différentes de l’approche occidentale.Il évoque, enfin, les enjeux sinologiques liés à la conception du monde et à la philosophie (confucianisme) chinoises.Le grand philosophe aL lerqand Leibniz, rappellet-il, en fut un spécialiste.A lire cet ouvrage éclairant, on comprend pourquoi les sinologues sont à ce point discrets sur la scène publique.Leur objet d’étude est si substantiel qu’il exige un travail de moine.louiscoéàsympatico.ca DEUX INNOCENTS EN CHINE ROUGE Jacques Hébert et Pierre Elliott Trudeau Introduçtion d’Alexandre Trudeau Édition de l’Homme Montréal, 2007,240 pages PROFESSION SINOLOGUE Charles Le Blanc Presses de l'Université de Montréal Montréal, 2007,72 pages Nouvelles planches Le Petit Larousse illustré 2008 réunit en un seul volume 59 000 noms communs, dont 100 nouveaux, et 28 000 noms propres, soit 50 de plus que dans l’édition précédente, ainsi qu’une nouvelle section de planches illustrées consacrées aux félins, dinosaures, serpents et autres présidents de la V' République française.L’éditeur a d’ailleurs attendu le résultat du deuxième tour des élections présidentielles pour savoir qui, de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal, l’emporterait avant de BREF compléter la mise en page des sections concernées.Le dictionnaire comporte en outre de nombreux compléments encyclopédiques, telles une chronologie universelle répertoriant les 1000 dates clés de l’histoire des lettres, des arts, des sciences et des techniques, les fameuses pages roses contenant citations, proverbes et mots historiques, une grammaire et quelque 5000 illustrations dont plus de 300 cartes en couleur, ce qui en fait une véritable mine d’information pour toute la famille.- Le Devoir Vivre dans la peau d’un autre FABIEN DEGLISE Par une belle nuit d’été, Takuya Onodera, 17 ans, est heurté par une voiture alors qu’il renfre chez hoi en moto.Plongé dans un coma profond, le jeune homme, que les médecins jugent en état de mort cérébrale, lutte pendant 22 jours, entouré de sa famille dans une chambre d’hôpital de la banlieue de Tokyo, avant de rouvrir les yeux.Et de revenir à la vie.avec la mémoire d’un homme de 42 ans dénommé Kazuhiro Kubota.La prémisse est pour le moins surréaliste.Elle est aussi tout droit sortie du cerveau visiblement torturé du maître du roman graphique à la sauce japonaise, Jirô Taniguchi, qui a décidé de placer cette drôle de crise d’identité au cœur de sa nouvelle création littéraire intitulée Dans un ciel radieux (Casterman).En plus de 300 pages, l’homme à qui on doit Quartier lointain, L’Orme du Caucase et Le Gourmet solitaire fait de nouveau évoluer 'Mor^iVflc so PS tîvnl i.tes Cp-tcfauA Du 1er au 5 août 2007 21 hOO Un violon, une voix, des amis musiciens et la nature comme décor.Dominique Tremblay et Hélène Tremblay vous attendent à la nuit tombée, pour un spectacle envoûtant.au pied de la petite montagne qui jouxte leur maison.Mis en musique et en espace, des textes de Langevin, Miron, Dorion, Morency, Lapointe, Latif-Ghattas, Neruda.POÉVIE dirait Langevin.j.oxxrrœ.6X 'Hure "Xettf ry Vendredi, samedi et dimanche de 17h à 19h / Ateliers, conférences, rencontres, cinéma, etc.Visitez notre site et venez pique-niquer! Information et réservations: 819.322.7058 info@ruedesmusiciens.com 5893 ru« des Musiciens, Val-Morin ^rsrjDiox: production BUE Dt» WKICIEHS» www.ruedesmusiciens.com Lila Downs Offer Nissim Tracy Young Emily Bégin Patsy Gallant Toulouse Natalie Choquette Johanne Blouin Mado Ana Paula Vive La Fête Plastik Patrik Jeune Ballet du Québec et plusieurs autres artistes Evasion au cœur de l'Europe ses personnages — sous un coup de crayon qui trahit l’espace culturel où il évolue — dans un univers fantastique où se croisent ses thèmes de prédilection: la force de la famille, le silence des hommes et le destin.Le tout est guidé par un Takuya dépassé par cette étrange renaissance, mais également ponctué par des réflexions nécessaires sur ces Japonais qui parfois se tuent littérale ment au travail.L’accident du jeune homme est étroitement lié à ce phénomène.Dans la pure tradition du roman nippon, Taniguchi signe ici une histoire totalement délirante, décalée et débordante de bons sentiments, qui se consomme facilement, comme ces fdms d’animation intrigants dont le festival Fantasia de Montréal s’est fait la spécialité ces dernières années.Les amateurs de littérature venant du pays du Soleil levant y trouveront aussi un rapprochement délicieux avec La Course du mouton sauvage de l’écrivain Ha-ruki Murakami qui, comme l’auteur de cette promenade sous un ciel radieux, semble affectionner ces mondes étranges où les repères se dérobent sous les pieds du lecteur.Pour mieux inspirer la réflexion, bien sûr.Le Devoir DANS UN CIEL RADIEUX Jirô Taniguchi Casterman Paris, 2006,304 pages MMo/.CsircxiliclGÇar+ç.oom v y ji Alexandre da Costa Q Louis Lortie lû Alexandre da Costa, violon Wonny Song, piano samedi 14juillet CORELLI : Sonate pour violon et piano n° 8 • PROKOFIEV : Suite, Roméo et Juliette DE FALLA : Suite populaire espagnole BRAHMS : Sonate pour violon et piano n° 3 Trio Steve Amirault mardi 17juillet Excursion jazz en toute intimité avec les récipiendaires du Prix Opus du meilleur disque jazz de l’année Offre spéciale : 16 $ Louis Lortie, piano vendredi 20juillet GRIEG : Pièces lyriques, extraits SCHUMANN : Kreisleriana, op.16 SCHUMANN : Papillons, op.2 GRIEG : Sonate en mi mineur, op.7 Louis Lortie, piano Hélène Mercier, piano samedi 21 juillet SCHUMANN : Six études pour deux pianos (arr.Debussy) SCHUMANN .Images d’Orient pour piano à quatre mains GRIEG : Danses norvégiennes pour piano â quatre mains SCHUMANN : Andante et variations pour deux pianos GRIEG : Peer Gynt, suite n° 1 pour piano à quatre mains Québec»" Canada Montréal Mantréal GUEULE 33o'tlr»V« ixjJB Hp I>|«v4k tASACCO OMteTM twÎani G’Wage JF ^ O ' iS?& centre d'arts ORFORD IÆ Les concerts sont présentés à 20 h 819 843-3981 ou 1800 567-6155 www.arts-orford.org autoroute 10 est, sortie 118 i/iime —, .Québec "X CanadS FVéçide^te- d lnomovr : Édtfh Çvffc-K 1 ^ £pinoN c\Kcu\r akts 2001 PORTES OUVERTES SUR LES ATELIERS DE 63 ARTISTES Du 21 au 28 juillet from July 21st to July 28th 10h à 18h • 10am to 6pm Exposition coltective/exhibit du 14 au 28 juillet / from July 14th to July 28th Dépliant disponible au centre Culturel : 81.rue Desjardins, Magog, tel.; 819.847.3698 Québec SS Québec!!!; 1 86 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2007 E 5 1907-2007 Beau bordel esthétique Il y a tout juste 100 ans ce mois-ci, Picasso dévoilait Les Demoiselles d Avignon: cinq femmes nues, huit pieds carrés de toile et de peinture, une tonne de dynamite esthétique qui pétarade encore et toujours autant.STÉPHANE BAILLARGEON Cy est le numéro uno du grand catalogue de l’art du XX' siècle.En tout cas, avec le fameux ready-made en forme d’urinoir de Marcel Duchamp, daté de 1913, la toile Les Demoiselles d’Avignon concentre au pur jus la révolution artistique d’un siècle et d’un temps qui en a engendré ad nauseam.Le poète-essayiste mexicain Octavio Paz dit même que l’art moderne se résume à deux œuvres: Duchamp pour une seule, celle-là, et Picasso pour une infinité foisonnante de créations, autour de celle-là.Il y a donc d’un côté l’idée que l’art est une idée, que ce sont «les regardeurs qui font les tableaux», comme le synthétise une célèbre formule de Marcel Duchamp.D’un autre côté, il y a cette folle poussée en avant, cette boulimie créatrice, bref, cette modernité en art comme en toute chose, faite de mouvement et d’incertitude.Ou plutôt de mouvement et de certitudes constamment renouvelées.«Je ne cherche pas, je trouve», dit une autre belle formule, de Picasso cette fois.Les Demoiselles d’Avignon, donc.La grande toile fait à peu près 8 pieds par 8, soit très exactement 243,9 cm X 233,7 cm.D s’agit d’un faux carré, ce qui propose déjà une interrogation des apparences.Picasso commence à y travailler en décembre 1906 et l'abandonne en juillet 1907.L’œuvre est inachevée, inachevable comme la marche du temps et de l’art «Vils griffonnages sans signification» Le jeune maître a alors 25 ans.Il travaille dans son atelier parisien du Bateau-Lavoir.L’immeuble du quartier de Montmartre, dans le 18' arrondissement accueille plusieurs autres artistes, des peintres et des écrivains, dont Max Jacob, Brancusi et Modigliani.Les demoiselles en question sont nues parce qu'elles viennent d’un bordel, celui de la carrer d’Avinyo à Barcelone, une rqe chaude de la ville des prodiges.A l’origine, la toile s’appelait d’ailleurs Le Bordel d'Avignon.Elle prend le nom moins controversé qu’on lui connaît en 1916, les dames de petites vertus devenant par pure volonté des libellules de la cité des papes.Picasso lui-mème aurait parié d’un «bordel philosophique».Dans le Da Vinci Code, Dan Brown cite ce méchant anagramme anglais du chef-d’œuvre: «vile meaningless doodles» (vils griffonnages sans signification).La peinture est une cosa mentale, selon une autre formule énigmatique du vrai Leonardo.Pour cette réflexion en peinture, Picasso réalise plus de 800 esquisses et études préparatoires.Ce Diogène de la modernité cherche et trouve vraiment beaucoup.La provocation est moins dans le thème choisi que dans son traitement.Des nus, l’histoire de l’art en propose à la pelle, et Picasso veut ouvertement parodier le Bain turc d’Ingres et La Joie de vivre de Matisse.Il poursuit aussi dans la veine de la prostituée impudique inaugurée par XOlympia de Manet Ses demoiselles dévisagent le spectateur, ce faiseur de tableau forcé ici au voyeurisme.Le thème se veut évidemment sexuel, surchargé de sexualité même.Dans son monumental Picasso — la biographie analytique définitive de Pierre Dane, tout juste rçvue, augmentée et republiée (Editions Tallandier) —, l’œuvre-continent est ramenée à deux thèmes fondamentaux: la mort et le sexe.Pour la mort, il y a des événements marquants, dont le décès de la petite sœur, quand il n’avait que 15 ans.D y a Guernica, un autre monument de peiqture, sur la guerre, cette connerie.A vrai dire, il y a toute la production rappelant la précarité de l’existence humaine.Pour le sexe, Daix rappelle et accepte ce phénomène exceptionnel qui fait de Picasso un des rares artistes dont le mode de périodisa- tion soit lié à ses compagnes.Sue des huit chapitres du livre portent des prénoms de muses, comme Françoise, ou Fernande, du temps du Bateau-Lavoir.Picasso la rencontre devant l’atelier.Lasse d’être cocufiée, comme toutes les suivantes, Mme Olivier va quitter le navire créatif, et son capitaine aura ce seul commentaire: «Fernande est partie avec un peintre futuriste.Qu’est-ce que je vais faire du chien?» L’homme peut être cruel et sensuel.D dit avoir choisi une scène de bordel parce que «c’est là qu’aujourd’hui il y a vraiment des femmes nues».Dans Le Monde, récemment, un critique recensant le livre de Dominique Dupuis-Labbé sur Les Demoiselles d’Avignon (Éditions Bar-tillat) se demandait s’il ne faudrait pas étudier la coïncidence de la naissance de l’art abstrait et de la fermeture des maisons closes en France.Picasso, lui, fait fi des canons esthétiques qui président traditionnellement à la représentation du nu féminin.D déforme ses modèles.La femme assise se contorsionne et présente en même temps son dos et son visage, où se lit très nettement l’influence de l’art africain.Picasso schématise les formes et les proportions.Il les décompose et les présente simultanément sous différents points de vue, de face et de côté, en même temps.La belle mécanique multicentenaire de l’art chavire comme un navire.L’héritage Picasso Dans cette figure, comme dans l’autre qui la surplombe, le marchand Kahnweiler verra «le début du cubisme», le passage d’un mode pic- tural perceptif à un mode conceptuel En travaillant à son sujet, le créateur de génie a finalement délaissé la structure narrative classique pour se concentrer sur les recherches formelles visant la fondation d’une nouvelle façon de concevoir et de représenter picturalement l’espace, les êtres et les choses.En ün mot, en poursuivant et en radicalisant les recherches déjà entreprises, notamment par Cézanne, avec cette œuvre mûrie, rationalisée, pensée et retravaillée des centaines de fois, Picasso a participé à une des plus grandes révolutions esthétiques depuis (invention de la perspective, un demmifflé-naire auparavant «À la lumière d’une analyse dénuée de préjugés, les travaux préliminaires de ce tableau et son exécution s’avèrent être radicaux au sens étymologique, résume Carsten-Pe-ter Warncke dans Pablo Picasso 1881-1973 (Taschen).Partant de ses racines, Picasso reconsidère l’ensemble de la tradition picturale occidentale et combine ses éléments en un nouveau langage pictural.Le propos de Picasso n’est donc pas la rupture avec la tradition, mais la destruction de la convention — ce qui est tout a fait autre chose.Comme dans aucune autre œuvre de la modernité européenne, Picasso a réussi ici une réflexion sur la peinture et la beauté de l’art.» Les premiers à la découvrir ne s’y trompent pas.Matisse, Derain, Braque et Apollinaire parlent de terrorisme, rien de moins.André Breton dit que Les Demoiselles d’Avignon forment le centre du laboratoire de Picasso.C’est d’ailleurs le pape du surréalisme en personne qui encourage le styliste de mode Jacques Doucet à acquérir le chef-d’œuvre en 1916.La toile est ensuite revendue à un collectionneur américain qui en fait don au MoMA de New York en 1939.Elle s’y trouve toujours.Le joyau de la collection a été restauré en 2004 et fait l'objet d’une 1E "'.j?"1™, LES FRANCOS “sÂoOt débutent DANS MOINS DE 2 SEMAINES! BILLETS EN VENTE MAINTENANT! LES EVENEMENTS FordWS^M Place des Arts, 20h «ans» Y4I boorrî^m E5ü3 27 JUILLET ¦vYîH Salle WHfnd-Pelletier MffïîfîlMC! SOIREE 'OUVERTU 28 JUILLET Théâtre Maisonneuve 29 JUILLET Théâtre Maisonneuve 3 AOÛT Théâtre Maisonneuve BILLETTERIES CENTRALES SPECTRUM DE MONTREAL 318, rue Sainte-Catherine Ouest METROPOLIS 59, rue Sainte-Catherine Est PLACE DES ARTS 514 842-2117 • pda.qc ca 514 790-1245 • ,iclmission.com m è THOMAS FERSEN DUO VKULÉLÉ BÉNÉFICIEZ D'AVANTAGES AVEC LE PROGRAMME DE RÉCOMPENSES VISA DESJARDINS AU 1 877 BILLETS 514 876-8969 I 1686444-9114 I francofolies.com ifr Québec n!î L’artiste à l’œuvre.Picasso aura droit à une quarantaine d’expositions cette année seulement, dont une dizaine en Amérique.attention toute particulière ce mois-ci, pour son centième anniversaire, avec un impressionnant programma de conférences par des spécialistes.La postérité de Picasso ne fait que grandir un siècle après la révolution cubiste.Ses meilleures toiles se vendent maintenant plus de 100 millions.Il aura droit à une quarantaine d’expositions cette année seulement, dont une dizaine en Amérique.Pas moins de 60 livres spécialisés sur sa vie et son œuvre ont été publiés dans plusieurs langues au cours des deux dernières années.Les produits inspirés de ses créations se déclinent à l’infini, sur les cravates '¦omme sur les por-teclés.Une voiture déjà écoulée à plus d’un million d’exemplaires porte son nom.Encore une fois, le plus bel héritage se trouve dans la création elle-même, dans les œuvres inspirées par Les Demoiselles d’Avignon.Pas besoin de refaire l’histoire du cubisme et de ses avatars, jusqu’aux plus récentes retombées esthétiques, concentrées magnifiquement dans (architecture décons-tructioqniste de l’AméricanoCana-dien Frank Gehry, avec ses volumes discontinus, brisés ou ondulants.Le XX' siècle esthétique a commencé en 1907 avec Les Demoiselles d’Avignon de Pablo Picasso, inspiré d’un bordel espagnol.On peut aussi dire qu’il s’est achevé en 1997 avec (inauguration du musée Guggenheim de Bilbao, en Espagne, conçu par Frank Gehry.Le Devoir Quebec .LE FESTIVAL DE œj - - — anaudfêrepoô?Musique, nature et enchantementlwww.iANAUDiERE.oRG en collaboration avec DU 7 JUILLET QUELQUES RENDEZ-VOUS KENT NAGANO ET L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL DEUX CONCERTS A L’AMPHITHÉÂTRE DE JOLIETTE 3e SYMPHONIE DE MAHLER, UN HYMNE À LA NATURE Samedi 21 juillet / 20 h OPÉRA EUGÈNE ONÉGUINE DE TCHAIKOVSKI Samedi 4 août/19 h concert -ealaxie# CONCERT (uÿsCflgüüB )) Écoutez Kent Negeno présenter ses concerts au www.lanaudiere.org BEETHOVEN : L’INTÉGRALE DES SYMPHONIES SUR UN WEEK-END À L’AMPHITHÉÂTRE DE JOLIETTE DIE DEUTSCHE KAMMERPHILHARMONIE BREMEN PAAVO JÀRVI, direction Vendredi 27 juillet/20 h Symphonies n° 1, n° 2 et n° 3 « Eroica » Samedi 28juillet /15 h concerts (Mhm Symphonies n° 4 et n° 5 Samedi 28 juillet/20 h Symphonies n° 6 « Pastorale » et n° 7 Dimanche29juillet/19h concert QDesjar Symphonies n° 8 et n° 9 « Ode à la joie » RABAIS DE 15 % POUR L'ACHAT DES 4 CONCERTS »roupe financier «ESPACE MUSIQUE VIRTUOSES RÉUNIS AUTOUR DE JAMES EHNES Samedi 14 juillet / 20 h Amphithéâtre de Jôiiette Solistes : violonistes James EHNES, Jonathan CROW.Olivier THOUIN, Laura ANDRIANI, Jing WANG et violoncelliste Denise DJOKIC Ensemble instrumental sous la direction de Jean-Marie ZEITOUNI • DU CHARME À LA GUITARE Lundi 16 juillet/20 h Église de la Purification à Repentigny 19 Jérôme DUCHARME, guitare Premier Prix du Concours International de la prestigieuse Guitar Foundation of America TOURBILLON DE VALSES VIENNOISES Dimanche 15 juillet /14 h Amphithéâtre de Jôiiette SINFONIA DE LANAUDIÈRE Stéphane LAFOREST, direction CONCERT B Desjardins MUSICA INTIMA- UN TEMPLE DE BEAUTÉ Mardi 17 Juillet/20 h Église de Saint-Paul H ENSEMBLE VOCAL MUSICA INTIMA Salué par The National Post et Classics Today comme l’un des meilleurs ensembles vocaux d'Amérique du Nord TOUS LES DÉTAILS DISPONIBLES AU WWW.LANAUDIERE.ORG BILLETTERIE ET PROGRAMME DE SAISON : 1 800 561-4343 | Desjardins © YAMAHA '!*!' MUSIQUE Québec "ü Canada a* Hydro Québec Présente LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET du 23 juin au 25 août 2007 Saint-lrénéç, Charlevoix Tous les concerts sont présentés à 20 h 30 à moins d’une mention spéciale.Domaine MERCREDI, 18 JUILLET L’Art vocal musica intima CHATMAN-CABENA-PM-VIVIER - LANG - TORMIS - POULENC -HEALY - ELGAR Une collaboration du Conseil des Arts du Canada el du British Columbia Ads Council JEUDI, 19 JUILLET Le Domaine danse RUBBERBANDANCE PERSPECTIVE ÉLASVOUE Une fusion de danse contemporaine et de break dance ! Crédit phuto : Ctirtstapder Duggan VENDREDI, 20 JUILLET Les Solistes JAMES EHNES, violon EDUARD LAURÈL,pm MOZART-ELGAR-STRAUSS-SCOTT-KREISLER - BAZZINI Soirée DI, 21 JUILLET ' couvertes ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE CANADIENNE JEAN-PHILIPPE TREMBLAY, chef d’orchestre ANNE-MARIE DUBOIS, piaho ROSSINI - MOZART - TCHAIKOVSKI information et réservations : 1 888-DFORGET / www.domaineforget.eom Québec!! !> 1*1 SS 3 BRUNCHES-MUSIQUE Tous les dlnianclies de PM, de 11h è 14h 1994 LE I) K V (I I R , LES S AM EDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2007 E (i Les « archi » leçons de Rudofsky LES ENSEIGNEMENTS DE BERNARD RUDOFSKY Centre canadien d’architecture Jusqu’au 30 septembre 2007 RENÉ VIAU A cause de lui, j’ai visité le pays dogon.j’ai aussi appris à apprécier les cheminées si caractéristiques des pafazzi de la Sérénis-sime à Venise.A la suite de la lecture de son livre, j’ai aussi déambulé dans l’étrange dédale de la ville de Matera, en Italie centrale, où on trouve encore des habitations préhistoriques datant de la nuit des temps.J’ai aussi exploré dans les Pouilles, en Italie, ces trulli qui ressemblent à des maisons de lutins du Seigneur des anneaux.Traquant sur ses traces l’habitat, de Mopti au Mali à San-torin ou aux Météores en Grèce, de Positano ou Gubbio en Ombrie à Ispahan en Iran, aucun autre auteur ne m’a fait voyager autant! Pourtant Bernard Rudofsky (1905-1988) n’a rien d’un auteur de guide touristique.Viennois, son départ de l’Autriche coïnçide avec l’Anschluss en 1938.Aux Etats-Unis, il fut l’un des premiers à comprendre, mais surtout à diffuser et à faire savoir à la cantonade, l’idée que l’architecture n’était pas seulement un bâtiment, «une machine à habiter» comme l’écrivait Le Corbusier, mais avant tout une façon de vivre.Le fil conducteur de son œuvre est certainement le plaisir.Avec son constat de la perte de sens dans bien des aspects de notre monde.Mais aussi l’ouverture à un multiculturalisme où les images — de préférence à connotations sensorielles — provenant des cinq continents étaient confrontées à la platitude distillée par le cauchemar cli-matisé nord-américain.A telle enseigne, l’exposition du CCA se divise en six «leçons»: la vie comme voyage, le voyage corn- 1 Casarès, Espagne, 1967.Photo de Bernard Rudofsky, Bibliothèque de recherche.The Getty Research Institute, Los Angeles.me mode de vie, une austérité sensuelle, la maison comme outil de vie.L’une de ces sections est consacrée à la Casa Procida, une maison que cet architecte a mise en forme.L'importance accordée à la salle de bains montre l’emphase EXPOSITIONS DIGNITÉ HUMAINE 2 S juillet 2007 Salit’ t tislcau (AIR! SILENCE Uanon lambert Installation |ihiri(lis( iplmairc i ¦ 'N-âîiî *• i k* .PARAI ELL WORII) 1111 ARCHITECTURE OE SURVIVAL Boja Vask + Vcssna Pcrunoi ich a™ S MÆ-i Iglist' (III L.CMI LA MARCHE DU CLAN Iron Hcllaiwicc Installation iilierai live it: Devoir I .’OU.un' de lllrnrv, Monln\il ® 11,ne îles Arts Iek|ilii)iic: >148(il 47>7ii VWVVV.gCSU.Iiet qu’il mettait sur le corps.Enfin, les derniers chapitres épousent les catalogues des expositions dont il fut le maître d’œuvre ou les livres écrits par Rudofsky.Architecture sans architectes Je me rappelle des commentaires si enthousiastes sur ce livre et ses visuels, que m’écrivait Thérèse Aquin, rédactrice en chef de la revue Habitat en 1976 ou 1977, alors que je venais de lui proposer une recension de la traduction française nouvellement parue aux éditions du Chêne de l’Architecture sans architecte de Rudofsky.D’abord catalogue d’une exposition montrée en 1964 aux Musée d’art moderne de New York, le livre était devenu un classique dans le milieu architectural anglo-saxon.Il a fallu attendre jusqu’à cette époque pour qu’une traduction française soit proposée.Dans ce livre, Rudofsky nous initiait, et avec quel brio, à l’architecture vernaculaire.Avec un tel titre, le livre avait alors suscité la polémique.Pourtant, l’idée de Rudofsky était tout simplement de valoriser l’activité spontanée et continue à travers les âges des communautés qui bâtissent comme la tradition leur a enseigné de le faire.Transgressant les limites étroites où nous confine l’histoire de l’architecture, Rudofsky à travers des exemples choisis sur les cinq continents, montrait les beautés de cette architecture sans maître.Et cette beauté résultait de l’adaptation aux conditions climatiques et au terrain, de l’exercice de l’intelligence humaine confrontée à la nécessité.Au piéton inconnu Streets for People, publié en 1969, aura sans doute été le plus influent dçs livres de l’architecte viennois.Etudiant, je l’avais acheté à l’époque pour 6,55 $.Dans ce Le monde de Lemonde www.sergelemonde.com - ¦ Musée d’art de Joliette 07 Lisette Model ¦ • Oriiméz jvr !e Musvc des beaux-.1 ru du Ovi.-i t 20 mai - 6 août Marie-Claude Pratte H AC.ihistoitr Je l'anistc contemporain) 13 mai - 2 septembre Eric Simon Eadweard Muybridge Portrait!; séquentiels L'intuition du photographe 20 mai - 2 septembre 20 mai - 2 septembre Ci MUStB O’ART Dt JOLIITTI 145, rue Wilfrld-Corbeil Joliette (Québec) CANADA (450)756-0311 www.musee.jollette.org Sept, h juin : merer, au dim.12 h à 17 h Juill.et août : mardi au dim.11 h à 17 h Québec k mi Mu**» 4m b«Mi wt* N*t»on*I GaHtry atCétfdu livre dédié «au piéton inconnu», l’auteur se faisait péripatéticien pour arpenter, du Japon à l’Italie ou à l’Espagne, le domaine du piéton.La rue! Dans son plaidoyer, Rudofsky n’oubliait pas de s’attarder aux dallages si raffinés en Italie, aux arcades et autres galleria de Bologne à Milan ou à la rue de Rivoli à Paris.Avec quel bonheur je scrutais également à sa suite les photographies représentant, quasi immémoriales, les enseignes de pierre indiquant en Italie le nom d’une piazza, d’une via, qui font parfois de l’espace urbain transalpin une mise en scène, certes théâtrale, mais totalement à la mesure de l’humain et non du «tout à la bagnole».Encore une fois, Rudofsky nous exhortait à l’ouverture en nous montrant comment apprendre des autres cultures.D ne s’agissait pas tant d’un exercice prétentieux d’esthète mondialisant et moralisant, mais bien de réfléchir planétaire-ment à la façon d’intégrer, hors de son petit cocon provincial ou insulaire, le meilleur de ce qu’on trouve chez nos voisins.Conjugués sur un mode plus © SUCCESSION BERNARD RUDOFSKY coquin, ses préceptes ne dédaignaient pas l’érotisme.Décryptant les codes du vêtement, The Unfashionable Human Body, paru en 1974, exprimait son rejet du puritanisme.Bien avant Orlan et tutti quanti, Rudofsky s’intéresse au corps comme support du design.Dans son Système de la mode, Rudofsky examine comment nous couvrons et découvrons notre corps.Tout y passe, de la fixation si américaine sur les gros lolos aux vêtements alors assez sexy de Courrèges, de la description des crinolines victoriennes à l’analyse de la forme du crâne des bébés amérindiens, ou à l’implantation des orteils des statues grecques.Beatnik en son temps, Rudofsky se fait l’apôtre de la sandale.Cet essai, si visuel en même temps, n’a pourtant rien d’hétéroclite.Là encore, et à partir du vêtement, la grande — et si jouissive — leçon de Rudofsky a été de faire du corps, donc de nos sens, le point de départ de toute perception de notre environnement.Collaborateur du Devoir Vous êtes passionné d'art et de culture ?Vous êtes curieux et vous désirez consacrer plus de temps / à l'exploration de l'art ?Vous rêvez de devenir guide bénévole au Musée ?SUIVEZ U formation Devenir guide au Musée des beaux-arts de Montréal offerte par la Faculté de l'éducation permanente de l'Université de Montréal.A raison d'une demi-journée par semaine, la formation vous permet d'acquérir des notions de base en histoire de l'art et en pédagogie muséale, première étape pour devenir guide bénévole au Musée des beaux-arts de Montréal.Inscrivez-vous maintenant ! Runseignemtints et inscription www.ftri.Tumontreal.ca/formationcontlnucî/guidemusce.html ou Glnotte Dion Rrciult, 514 343-5873, poste 2851 VI Uiuvmité fin d»* Mont «Nil MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL faruHe d* i adoration permanente F tw «nation continue LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JUILLET 2 0 0 7 E 7 Cinûmo e x Ce n t r i s ^ " EX-CENTRIS.COM / S14.847 2206 LE DIRECTEUR (THEBOSSOFITAU) /LARS VON TRIER 13h00 15H10 19H00 Pomme (acide) SOURCE OUTSIDER PICTURES Dans Adam’s Apples, Adam (Ulrich Thomsen), un néonazi capable de démolir n’importe qui en moins de deux, se voit condamné à accomplir des travaux communautaires pour Ivan (Mads Mikkelsen), un curé de campagne dont la bonté semble une ressource inépuisable.ADAM’S APPLES Réalisation et scénario: Anders Thomas Jensen.Avec Ulrich Thomsen, Mads Mikkelsen, Nicolas Bro, Patrika Steen.Image: Sebastian Blenkov.Montage: Anders Villadesen.Musique: Jeppe Kaas.Danemark, 2005,93 min.ANDRÉ LAVOIE t Etroitement associé au Dogme 95 et, en tant que scénariste, aux succès récents de sa compatriote, la cinéaste danoise Susanne Bier (Open Hearts, Brothers, After the Wedding), Anders Thomas Jensen est également réalisateur, mais c’est encore un secret bien gardé sur nos écrans.Adam’s Apples constitue le dernier volet d’une trilogie sur les beaux salauds de son pays.Bien que les deux films précédents (Flickering Lights, The Green Butchers) n’aient pas bénéficié d’une diffusion digne de ce nom, rien n’entrave la compréhension et surtout le plaisir que procure cette comédie grinçante où tous les coups (de poing) sont permis.Sans compter qu’Anders Thomas Jensen réussit à faire parfaitement cohabiter un admirateur d’Hitler et un serviteur de Dieu, duo «infernal» s’il en est un.Le récit repose donc sur cette amusante absurdité: Adam (Ulrich Thomsen), un néonazi capable de démolir n’importe qui en moins de deux — surtout ceux qui ne partagent pas ses idées —, se voit condamné à accomplir des travaux communautaires pour Ivan (Mads Mikkelsen), un curé de campagne dont la bonté semble une ressource inépuisable.Le prêtre étant convaincu de sa capacité à réhabiliter les pires truands, Adams va représenter pour lui le plus grand des défis.Il croit d’ailleurs l’amadouer en lui confiant la garde d’un pommier, assailli par les forces de la nature, mission dont l’objectif final doit prendre la forme d’une tarte aux pommes.Or Adam découvre la faille derrière l’abnégation de cet homme de foi et il entend bien l’exploiter pour le réduire en miettes.Anders Thomas Jensen conserve, d’un bout à l’autre du film, ce ton délicieusement féroce où la mièvrerie a rarement sa place (même une chanson des Bee Gees passe à la moulinette), et encore moins les bondieuseries.Celles-ci ne cessent de se faire voler la vedette par des gestes d’une violence inouïe, et dans le contexte d’une comédie la chose relève pratiquement de la provocation.C’est ce mélange décapant et irrévérencieux qui donne à Adam's Apples toute sa singularité, le cinéaste multipliant les absurdités à caractère fantastique, avec cette bible qui tombe en s’ouvrant toujours à la même page, celle du Livre de Job, ou ce portrait d’Hitler qui ne peut jamais tenir en place.Le film, lui, tient la route grâce à la direction assurée du cinéaste.Il nous plonge dans un monde étrange, mais jamais aux yeux de ses personnages, figures menaçantes ou rassurantes, toujours à jongler avec une nouvelle catastrophe venue du ciel ou d’un quelconque regroupement de fascistes nostalgiques des méthodes de la Gestapo.Depuis quelques mois, Mads Mikkelsen semble partout et personne ne s’en plaint.Car avec sa gueule étrange, son physique d’athlète olympique et ses yeux de braise, l’acteur peut nous faire croire n’importe quoi auprès de n’importe qui: James Bond (Casino Royale), des orphelins de Mumbai, en Inde (After the Wedding), ou cette curieuse bande de truands.Quant à Ulrich Thomsen, ceux qui ont vu Festen, de Thomas Vinterberg, et Brothers, de Susanne Bier, savent à quel point la présence de cet acteur bouillonnant reste longtemps dans les mémoires.Et on n’oubliera pas de sitôt sa tronche inquiétante, que l’on aime mieux croiser dans ce film drôle et impertinent que dans un quartier mal famé.Collaborateur du Devoir L’heure des compromis SCENES OF A SEXUAL NATURE Réalisation: Edward Blum.Scénario: Aschlin Ditta Avec Eileen Atkins, Andrew Lincoln, Ewan McGregor, Adrian Lester, Sophie Okonedo.Image: Davie Meadows.Montage: Joe McNally.Musique: Dominik Scherrer.Royaume-Uni, 2006,91 min.ANDRÉ LAVOIE Le parc de Hampsted Heath est situé au nord de Londres, superbe forêt urbaine ceinturée de quartiers bourgeois, refuge de nombreuses personnalités des milieux financier et artistique, dont quelques vedettes américaines du cinéma friandes de discrétion.Cette précision me semble importante pour comprendre la faune de Scenes of a Sexual Nature, le premier long métrage de fiction d’Edward Blum, formé à l’école du documentaire et à celle de la prestigieuse BBC.Les sept couples de ce séduisant microcosme discutent rarement d’argent (car ils en ont) et s’inquiètent peu de leur avenir professionnel (qui semble tracé d’avance).En revanche,leur futur sentimental s’annonce sombre et orageux; chacun d’entre eux semble à l’heure des choix, et surtout des compromis.Même s'ils ne se connaissent pas et qu’ils se croiseront à peine, ils sont tous unis par ce sentiment d’insatisfaction et d’inachevé, tout cela sous un même soleil radieux au cœur d’un des lieux les plus verdoyants de la capitale anglaise, qui d’ailleurs n’en manque pas.De quoi causent-ils au juste?De sexe, bien sûr, mais surtout des aléas de la vie de couple, que celle-ci soit usée à la corde, en transition ou sur le point d’éclore.et rapidement se faner.En apparence très diversifiés, ces duos désaccordés couvrent tous les âges, tous les styles et toutes les orientations sexuelles.Certains signent leurs papiers de divorce dans une harmonie suspecte tandis que d’autres se quittent avec fracas, au milieu d’un pique-nique ou derrière un arbre.Il y en a SOURCE MONGREL MEDIAS Dans Scenes of a Sexual Nature, on parle de sexe, bien sûr, mais surtout des aléas de la vie de couple, que celle-ci soit usée à la corde, en transition ou sur le point d’éclore.et rapidement se faner.qui se retrouvent, 60 ans plus tard, comme Iris (Eileen Atkins), reconnaissant au bout d’un moment et sur le même banc l’homme qu’elle a aimé jadis avant d’en épouser un autre.Il y a bien sûr ceux que le désir de la chasse tenaille, comme Billy (Ewan McGregor), rêvant aligne une d’adopter un enfant , avec son conjoint pour distribution mieux contrôler ses ^ .pulsions, ou Jamie prestigieuse (Andrew Lincoln), sur- ______„ pris par sa femme à re- que meme luquer une belle Fran- Hnllvwnnri ?aise dévorant L’Étran- noiiywooa ^ d.Albert Camus aurait du *e C0UPle Ie plus harmonieux de ce mal à réunir tableau au parfum doux-amer doit sa sérénité à une entente bassement commerciale.Avec un titre aussi trompeur que certains des meilleurs films de Denys Arcand, qui eux aussi parlent de sexe pour mieux illustrer d’autres manques, d’autres travers.Scenes of a Sexual Nature décrit un univers charmant en surface, miséreux dans ses petites détresses psychologiques.Le portrait apparaît par- fois uniforme — ici, c’est la guerre des sexes, pas la lutte des classes — et plutôt rigide dans sa démonstration.Filmé avec des bouts de ficelle, le film n’a rien d’une mosaïque colorée et tissée serré puisque les duos ne s’entrecroisent que très rarement, effet visible d’un tournage morcelé où chaque acteur n’offrait qu’une participation limitée.Et quels acteurs! Sûrement séduits par ce scénario farci de dialogues salaces, ironiques, visant juste comme autant de flèches empoisonnées (le scénariste Aschlin Ditta est rompu à l’art de la sitcom, et ça s’entend), Scenes of a Sexual Nature aligne une distribution prestigieuse que même Hollywood aurait du mal à réunir.Si certains se plaisent à casser leur image (tout particulièrement Ewan McGregor ou Adrian Lester, la vedette de la série Les As de l’arnaque, à la recherche d’un coin pour pisser tranquillement!), d’autres, dont l’admirable Eileen Atkins, donnent un sublime éclat à ce charmant marivaudage dans ce magnifique parc anglais.Collaborateur du Devoir CINEMA SEMAINE DU 14 AU 20 JUILLET 2007 Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en résumé, pages 4,6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES, pages 7,13 dans LAGENDA culturel Les - /C LC'C fv^ détours culturels 31 juillet - DE CRANACH À MONET à Québec 25 août - LES PAYSAGES DE RENOIR à Ottawa 3 novembre -DELA GRANDE VISITE au Musée national des beaux-arts du Québec I - Les œuvres du Musée Picasso d'Antibes, du Petit Palais de Paris et du Musée des beaux-arts d’HamIlton www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont &L., 4M K feu* SOURCE FUN FILMS Belle toujours, de par sa brièveté et ses longueurs assumées, se présente comme une méditation sur la lourdeur persistante des fautes du passé.Curieux jeu de miroirs BELLE TOUJOURS Réalisation et scénario: Manuel de Oliveira.Avec Michel Hccoli, Bulle Ogier, Ricardo Trêpa Image: Sabine Lancelin.Montage: Valérie Loiseleux.France-Portugal, 2006, 70 min.ANDRÉ LAVOIE LJ idée de revisiter Belle de jour, de Luis Bunuel, sans la présence de Catherine Deneuve ressemble, du moins sur papier, à une entreprise vide de sens, brillant d’un éclat forcément moins envoûtant.Et moins pervers.Pourtant, la démarche du vénérable cinéaste portugais Ma-noel de Oliveira (Le Val Abraham, Je rentre à la maison) relève de l’hommage, pas du pastiche, et celui-ci est double: hommage à Bunuel, mais aussi à Jean-Claude Carrière, le scénariste qui a fait de la période fiançaise du réalisateur espagnol un remarquable coffre aux trésors (La Voie lactée, Le Charme discret de la bourgeoisie, Cet obscur objet du désir).Il est possible d’éprouver un malaise à voir Bulle Ogier se substituer à Deneuve pour interpréter une Séverine vieillissante, et fuyante, loin de la splendeur blonde de jadis qui trompait son mari et son ennui dans un bordel, chaudement recommandé d’ailleurs par Henri Husson (Michel Piccoli), un ami du couple.Peu importe les tractations de coulisses qui pourraient expliquer l’absence de Deneuve, cette permutation s’inscrit parfaitement dans la démarche ludique et provocante de Bunuel-Carrière: dans Cet obscur objet du désir, Fernando Rey ne courait-il pas derrière une seule et même femme incarnée par deux actrices différentes, Angela Molina et Carole Bouquet?Husson (le Piccoli d’aujourd’hui, le pas hésitant mais l’allure fière) court aussi beaucoup dans Belle toujours, surtout depuis ce concert où, à quelques bancs de lui, une Séverine attentive ignore qu’elle est observée avec une attention dévorante.Reconnaissant l’homme qui aurait révélé ses secrets d’alcôve — et ainsi précipité sa chute.—, elle préfère se fondre dans la foule, raser les murs et disparaître derrière une porte d’ascenseur plutôt que de subir la cour nostalgique de cet homme qui carbure aux souvenirs et au whisky.Poursuivant depuis tant d’années une démarche volontairement atypique, et farouchement Du 13 juillet au 2 septembre I DOMINIQUE PAUL TRISTAN FORTIN LEBRETON GILLES PRINCE MARC LAFOREST CHRISTIANE JOLY MATHIEU LÉVESQUE Exposition présentée par la Corporation lavalloise pour le développement de l'art photographique (CLDAP) et la Société de développement des arts et de la culture de Longueuil ^ (SODAC)
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