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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-07-28, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2007 ADebl ALGUES DISCORDE Page B 3 IDÉES Murdoch fera prendre au II le virage de la concurrence Page B 5 cc U I fel m ' ' î«3 -fiSV-i i¥Sii ¦ - Alexandre Vinokourov, seul au monde.FRANK FIFE AGENCE FRANCE-PRESSE La grande chute du Tour Faudrait-il donner le maillot jaune à la « lanterne rouge » GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Le Tour de France entrera demain dans Paris.Huit révolutions autour des Champs-Elysées et ça en sera fait de la 94e édition de la légendaire épreuve.Mais cette année, les vivas de la foule risquent d’être fort discrets à l’arrivée.Comme en 1998, le Tour termine sa course éclopé, critiqué, sifflé par des amateurs dégoûtés du grand mensonge du dopage.Comme si plus personne ne croyait aux rois de la petite reine.En fait, ils sont plusieurs à penser que ce Tour n’aurait jamais dû arriver.Ou bien qu’il aurait mieux valu ne couronner personne, laisser au vestiaire un maillot jaune au lustre souillé (le vainqueur attendu, Alberto Contador, n’est pas exempt de soupçons de dopage).Mieux encore: pourquoi ne pas remettre le maillot au dernier de la course, celui qu’on affuble du titre de «lanterne rouge»?D doit bien être propre, lui, avec ses quelque 3h45 de retard sur le meneur?Cette semaine, libération l’encourageait: «A Libé, on soutient Wim Vansevenant?Vas-y Wim! Tiens bon! Moins vite!» Jamais à court d’ironie, le journal a aussi élu l’OCLAESP équipe de l’année.OCLAESP?C’est l’acronyme de l’escouade des gendarmes qui traquent les tricheurs du Tour.Ce même quotidien a demandé jeudi l’arrêt immédiat du Tour, comme Le Monde l’avait fait en 1998, au moment du scandale de l’équipe Festina qui a révélé au monde entier le cancer qui gangrène le monde cycliste — comme beaucoup d’autres sports, par ailleurs.«Cette procession cycliste s’est transformée en caravane du ridicule», croit Libération, qui suggère une «pause de plusieurs années, le temps de soigner ces ex-sportifs devenus des drogués».Plusieurs autres voix se sont élevées pour appuyer cette idée.L’ancien coureur Jean-François Bernard, maintenant analyste, a notamment mentionné que pour lui, «ce Tour n’a plus d’intérêt sportif.Jusqu’à Paris, cela va être un enterrement de première classe».Joint par Le Devoir à la sortie des Pyré-nées, le journaliste et écrivain François Thomazeau, collaborateur du Monde qui couvrait cette année son 18e Tour, indique qu’«î7 n’y a plus aucun enthousiasme pour ce qui se passe [en avant de] la course.C’est dangereux quand le spectacle devient grotesque, parce qu’il perd toute crédibilité».Même le président de la société organisatrice du Tour (ASO), Patrice Clerc, a avoué que dans ce peloton, «il y a malheureusement présomption de culpabilité» envers à peu près tous les coureurs performants.Depuis toujours C’est que le Tour ne tourne vraiment pas rond.«On n’est même plus dans le mur, on est dans le gouffre», soupirait un cycliste français, mer-credi.Les problèmes ne datent pas d’hier, bien sûr.Dès 1924, au moment où les étapes du Tour étaient encore plus longues, cela sur des routes et des vélos impossibles, les frères Francis et Henri Pélissier avaient avoué à Albert Londres qu’ils roulaient à la cocaïne, à la pommade et aux pilules de toutes sortes.Ces «pionniers» ont eu une flopée de successeurs: Anquetil, Smp-son (mort sur les pentes du Ven-toux en 1967), PoDentier en 78, Delgado en 87, tous les gagnants depuis Indurain: Riis, Ullrich, le «pirate» Pantani, Amrstrong (soupçonné d’avoir utilisé de l’EPO en 99), Landis l’an dernier.On pensait pourtant avoir fait le ménage en 2006 en interdisant le départ aux quatre grands favoris, impliqués dans l’affaire Puerto de dopage sanguin (Ullrich, Basso, Mancebo et Vinokourov).Erreur.Nouvel essai en 2007.Cette édition avait été placée sous le signe du renouveau au moment du départ, à Londres.Deux jours plus tôt, les coureurs avaient signé (c’était obligatoire) une charte antidopage Raté parce que cette édition aura été marquée par quatre évictions pour dopage, dont deux très importantes: le Kazakh Alexandre Vinokourov — qui aura fait à l’image du Tour une aussi mauvaise publicité que le film Bond au Kazakhstan —•, donné favori au départ et coupable de transfusion sanguine; puis le Danois Michael Rasmussen, suspicieux maiflot jaune déchu à quatre jours de l’arrivée pour avoir menti sur son horaire d’entraînement, ce qui lui a permis d’éviter quelques tests antidopage inopinés avant le Tour.Remarquez que l’expulsion de Rasmussen a été accueiffie avec joie par à peu près tout le monde.Car celui qu’on appelle le Poulet ne réussissait plus à duper: ses performances n’étaient pas crédibles pour ses petits mollets La moindre de ses accélérations soulevait un nuage de doutes et des huées dans la foule.Un poulet subitement fort comme un bœuf en contre-la-montre, c’est louche.Un bon grimpeur qui paraît soudainement pédaler dans une quatrième dimension, ça sentllnterlope.Ainsi, les signes d’un écœurement profond du public envers une course biaisée se font sentir.On ne se fait plus d’illusions.Trois fois vainqueur du Tour (1986,1989 et 1990), l’Américain Greg Lemond n’en revient pas: «Quand vous regardez la vitesse à laquelle certains coureurs grimpent les cols, ils vont aussi vite qu’à l’époque de Pantani», a-t-il déclaré à la presse cette semaine.Même les commanditaires en ont ras le bol de jouer à l’autruche.Deux télédiffuseurs allemands ont cessé de présenter la course après l’expulsion d’un cycliste allemand pour dopage.Dans le sillage, Adidas, Cofidis (dont l’équipe a été chassée du Tour par le test positif de Cristian Moreni), Crédit agricole, Rabobank (équipe de Rasmussen) , Audi, Skoda, T-Mobile et quelques autres ont signalé qu’ils allaient réfléchir fortement avant de renouveler leurs contrats de commandites.«Cette année, chaque cote d’écoute est négative pour le commanditaire, indique Serge ^Arsenault, propriétaire du Canal Evasion qui diffuse le Tour au Québec.Us sont associés à quelque chose de sale.» Survivre Neuf ans après l’affaire Festina, le Tour semble donc encore à l’agonie.A qui la faute?Au système, dit-on à droite et à gauche.«Les coureurs ne sont que le dernier maillon», dit Dick Pound, président de l’Agence mondiale antido- page (AMA).«On immole les soldats, croit Serge Arsenault Mais ce ne sont pas eux qui déclarent la guerre, ce sont des empires économiques, des commanditaires qui veulent leur logo en avant.C’est un mal de société, parce que comme athlète, si tu n’es pas le premier, on te jette aux poubelles.Le public n’apprécie pas une sixième place.» Mais d’ici à ce que ce système change — si ça se peut —, Dick Pound suggère de continuer la lutte.«Il y a du positif et du négatif dans ce qui est arrivé cette semaine.Je m'étonne que les coureurs prennent encore le risque de se faire prendre avec des produits qu’on détecte depuis longtemps.Soit ils sont fous, ou bien ils pensent qu’ils peuvent encore se faufiler.C'est étrange.Mais la réaction des “sponsors” est encourageante.Car si l’argent disparaît, le sport tel qu’on le connaît disparaîtra aussi.» En somme: si eux décident que c’est assez, il y a de bonnes chances qu’on fasse le grand bond en avant Sur la route du Tour, François Thomazeau estime pour sa part qu’il faut poursuivre le Tour.«Ça demeure une grande fête populaire», dit-il.Pour ce vétéran de la caravane, l’horizon n’est pas aussi noir qu’il n’y paraît «Peut-être que la lutte est en train d’être gagnée.En 98, les coureurs avaient protesté contre les perquisitions et les contrôles.Mercredi, ils ont fait un sit-in pour dénoncer la fracture du peloton, les tricheurs.C’est un changement de mentalité important.Il serait dommage que ces petites victoires [les tests positifs] ne servent à rien et qu’on abandonne le Tour, alors qu’il fait des efforts pour enrayer le dopage.» Pour l’instant, rien n’indique que la direction du Tour songe à l’éventualité de poser pied pour un an.Elle a plutôt indiqué qu’elle intensifierait la lutte au dopage.Ce qui fait qu’on aura sûrement droit l’an prochain à ces images de coureurs défiant aux braquets les pentes des Alpes, ou roulant en tir groupé près des champs de tournesols.Qui sont peut-être eux-mêmes dopés aux OGM, d’ailleurs.Le Devoir Autre texte en page B2 DOMINIQUE FACET AGENCE FRANCE-PRESSE Michael Rasmussen, chassé du Tour.«s.^ tf-ti JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Cristian Moreni, le coureur de Cofidis testé positif mercredi, a été accueilli à la fin de l’étape par les gendarmes.« Quand vous regardez la vitesse à laquelle certains coureurs grimpent les cols, ils vont aussi vite qu’à l’époque de Pantani» P7.:- ^ Cours intensifs de langue Que ce soit en anglais ou en français, nos cours vous permettront d’acquérir les compétences linguistiques et communicatives nécessaires pour vos objectifs professionnels et personnels.?Groupes restreints vous permettant de partager une expérience d’apprentissage unique avec des étudiants d’ici et d’ailleurs.?Cinq niveaux (de débutant à avancé).?Programmes menant au Certificat de compétence en anglais de McGill ou au Certificat de compétence en français de McGill.Inscrivez-vous dès maintenant! (514) 398-1212 (programme d'anglais) | (514) 398-1202 (programme de français) ^dittZ?00* W McGill Centre d'éducation permanente I LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2007 B 2 PERSPECTIVES Sortir de l’impasse Pendant tout le mois d’août, les 27pays membres de VUE tenteront de sortir de la paralysie constitutionnelle CHRISTIAN RIOUX C* est parti.Le marathon constitutionnel vient de démarrer.Depuis lundi, les 27 pays membres de l’Union européenne sont réunis à Bruxelles.Pendant tout le mois d’août, üs tenteront de mettre fin à la paralysie constitutionnelle qui accable l’Europe depuis les «non» français et hollandais au projet de constitution.La Conférence intergouvemementale doit accoucher d’un nouveau traité qui sera soumis au prochain sommet européen, les 18 et 19 octobre à Lisbonne, avant d’être ratifié par chaque pays membre avant les élections européennes de 2009.Il s’agit en fait de donner une forme concrète au compromis du derqier sommet de Bruxelles, où les chefs d'Etat et de gouvernement se sont entendus pour mettre le projet de constitution aux poubelles tout en reformulant certains de ses articles essentiels dans un simple traité.Pour l’instant, l’ébauche de ce qu’on a appelé un «mini-traité», ou un «traifé simplifié», fart 280 pages! Les chefs d’Etat et de gouvernement ont décidé d’aller vite afin de permettre enfin à l’Europe de parler un jour d’autre chose que de structures internes.Pour cela, ils ont voulu limiter les marges de manœuvre de la Conférence afin que celleci ne soit pas l’occasion de nouveaux dérapages.Le temps n’est plus à la politique, mais au «débat technique», a déclaré le ministre des Affaires étrangères du Portugal, Luis Amado, qui préside actuellement l’Union européenne.Et pourtant, le mois d’août pourrait être un mois à haut risque.Déjà, la Pologne a demandé d’être exemptée de l’application de la Charte européenne des droits et il n’est pas exclu que d’autres pays, comme l'Irlande, fassent de même.Qualifié de «traité de notes de bas de page» par le premier ministre belge sortant, Guy Ve-rhofstadt, le projet qui est sur la table est constitué pour l’essentiel d’annexes destinées à exempter les pays de l’une ou l’autre de ses dispositions.«Ceux qui, en France, ont voté non au référendum de mai 2005 en espérant que le traité constitutionnel serait redéfini selon des termes plus ambitieux peuvent aujourd’hui mesurer leur naïveté, écrit Christian Lequesne sur le site indépendant Telos.Les refus français puis néerlandais ne pouvaient conduire qu’à ce qui est récolté aujourd’hui: un traité minimal qui ne saurait être comparé à l’Acte unique européen de 1987 ou au traité de Maastricht de 1992.» Le retour des nations D semble bien que l’Union européenne ait abandonné toute velléité de faire ombrage aux Etats-nations.Aux poubelles les symboles comme le drapeau, l’hymne, la journée de l’Europe et sa devise («Unie dans la diversité»).Seule la monnaie commune, l’euro, sera nommée dans le projet Le nouveau traité veut ainsi enterrer toute visée fédéraliste.Le futur traité reprendra néanmoins le préambule de la constitution qui affirmait que l’Union s’inspire «des héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe».Afin de ne pas réveiller les opposants de gauche à la constitution, Paris a fait rayer l’affirmation qui disait qu’un des grands objectifs de l’Union était l’établissement d’une «concurrence libre et non faussée».Pour apaiser les critiques, le Royaume-Uni a quant à lui fait biffer toute référence explicite à la primauté du droit européen.H se pourrait aussi que le nouveau traité reprenne la clause dite «sociale» de la constitution selon laquelle les politiques de l’Union doivent viser un «niveau d’emploi élevé» et une «garantie de protection soçiale».«L’Etat n’est décidément pas mort dans l’imaginaire des citoyens européens et de leurs représentants», explique Gilley Lequesne.La raison de ce retour aux Etats-nations serait double selon lui D’abord, «à mesure que la, mondialisation défie les compétences de l’État, les citoyens réclament en parallèle plus de protection en provenance de ce même État».De plus, depuis la fin de la guerre froide, «la recomposition démocratique de l'Europe,centrale et orientale a redonné vie à des États dont la souveraineté avait été bafouée pendant 50 ans.Les nouveaux États membres ont besoin de vivre pleinement cette restauration de leur État qu’ils conçoivent comme une juste compensation à leur histoire tragique».Des institutions remaniées Dans le domaine des institutions et du fonctionnement démocratique, le nouveau traité devrait reprendre une grande partie des mécanismes proposés dans la constitution à quelques exceptions près.Le Conseil européen serait doté d’une présidence stable et fonctionnerait principalement à la doubje majorité qualifiée (65 % de la population et 55 % des Etats).Pour contenter la Pologne, cette mesure n’entrera véritablement en vigueur qu’en 2017.A la demande des Polonais, un groupe de pays ayant échoué de justesse à réunir une minorité de blocage (plus de 35 % de la population et plus de 45 % des Etats) pourra tout de même demander la poursuite des négociations.La double majorité souffrira cependant des exceptions de taille.Les mesures qui ont des incidences fiscales demeureront soumises à la règle de l’unanimité, ce qui devrait repousser tout velléité d’harmonisation fiscale.La Commission, et non le Parlement, gardera aussi le monopole de l’initiative législative.Un acte législatif ne pourra être adopté que sur sa proposition, à moins que les traités n’en disposent autrement Avec la présidence stable, l’une des principales innovations de la constitution était la nomination d’un ministre européen des Affaires étrangères.Le nouveau projet de traité met de côté cette désignation pour lui préférer celle d’un «haut représentant pour la politique étrangère».Celui-ci sera aussi vice-président de la Commission.Les partisans d’une politique étrangère commune devront faire leur deuü de cet important symbole puisqu'une nouvelle déclaration annexe souli- gnera que «les dispositions du traité de l’Union européenne portant sur la politique étrangère et de sécurité commune [.] ne portent pas atteinte aux responsabilités des États membres {„] pour l’élaboration et la conduite de leur politique étrangère».Une charte des droits bancale Mais c’est peut-être la Charte européenne des droits qui souffrira le plus du nouveau traité.Déjà, le Royaume-Uni a été exempté de son application, ce qui rend difficile de ne pas accorder ce privilège à d’autres pays.L’Irlande et la Pologne pourraient en effet exiger la même chose.Le projet précise bien que la charte «confirme les droits, les libertés et les principes reconnus dans l’Union et les rend plus visibles, sans toutefois créer de nouveaux droits ou principes».D n’est donc pas question que la charte puisse servir à reconnaître des droits qui ne le sont pas déjà dans les pays membres.La Pologne a même obtenu l’ajout d’une déclaration affirmant que la charte ne «porte atteinte en aucune manière au droit des États membres de légiférer dans le domaine de la moralité publique et du droit de la famille».Les représentants polonais s’assurent ainsi qu’on ne pourra pas invoquer la charte européenne pour promouvoir les droits des homosexuels et à l’avortement A l’ouverture de la session, lundi, la ministre polonaise des Affaires étrangères aurait d’ailleurs demandé que son pays puisse rejoindre les Britanniques et en être complètement exempté.«On pourra difficilement refuser à la Pologne ce que l’on a accepté pour le Royaume-Uni, a déclaré le député européen Andrew Duff Si l’infection s’étend, ce sera la fin de la charte.» Loin d’être le texte lisible qu’avaient souhaité les rédacteurs du projet de constitution, le nouveau traité sera une sorte de patchwork juridique extrêmement touffu, ü comprend déjà 296 articles qui ne peuvent êtres interprétés qu’au regard des traités précédents, comme le traité de Maastricht Tant chez les partisans du non que du oui à la constitution, on sent aujourd’hui le besoin de sortir au plus vite de llmpasse provoquée par les référendums français et néerlandais.Les anciens opposants français devraient donc mettre de l’eau dans leur vin.«R faut aborder ce mini-traité avec lucidité, sans excès d’honneur et sans excès d’indignité, déclarait le socialiste français Pierre Moscovicci.Ce ne sera pas quelque chose de génial.[.] Mais en même temps, üyades éléments pragmatiques dont l'Europe a besoin, et je pense que le moment venu, il faudra le regarder de manière lucide, sans idéologie.» En 2008, le nouveau traité devra être ratifié par chacun des 27 pays membres.La plupart auront recours à un simple vote du Parlement Seule l’Irlande a l’obligation constitutionnelle d’organiser un référendum.Le Danemark ne sait pas encore s’il en tiendra un.Quant à la Grande-Bretagne, les conservateurs somment déjà le premier ministre Gordon Brown de tenir une consultation populaire.Le nouveau traité n’est peut-être pas au bout de ses péripéties.Correspondant du Devoir à Paris Tour de France Le cauchemar des coureurs Il est le cauchemar des coureurs du Tour de France.Sa dernière victime s’appelle Alexandre Vmokourov, tombé pour une transfusion sanguine lors du contre-la-montre d’Albi, samedi 21 juillet Floyd Landis, le vainqueur — en sursis — de l’édition 2006, et Lance Armstrong, le recordman des victoires (sept de 1999 à 2005), lui vouent également une haine toute particulière.Jacques de Ceaurriz, 58 ans, est le directeur du très redouté laboratoire national de dépistage du dopage (LNDD) de Châtenay-Malabry, dans les Hautsrie-Sei-ne.C’est au LNDD que des traces de testostérone exogène ont été retrouvées dans les urines de Floyd Landis pendant la Grande Boucle 2006.C’est également à Châtenay-Malabry que de l’érythropoïétine (EPO) a été découverte rétrospectivement, en 2005, dans les échantillons urinaires prélevés sur Lance Armstrong lors de son premier Tour victorieux de 1999.Le professeur de Ceaurriz et sa collaboratrice, Françoise Lasne, sont les inventeurs de la méthode de détec-üon de l’EPO dans les urines.Publiée en juin 2000 dans la revue scientifique Nature, elle a été appliquée pour la première fois aux Jeux olympiques de Sydney en 2000, puis au Tour de France en 2001.Avant, les sportife pouvaient abuser de cette hormone — qui permet d’augmenter la concentration de globules rouges et ainsi d’améliorer artificiellement les capacités d’endurance — sans courir le risque de se faire prendre.Jacques de Ceaurriz et son équipe sont également à l’origine du test de dépistage des corticoïdes, également très prisés des athlètes, et continuent aujourdThui de travailler à la détection de procédés indécelables, comme les auto-transfusions sanguines.Pharmacologue de formation, Jacques de Ceaurriz est devenu le patron du LNDD par «opportunité», plus que par «vocation», lorsque son prédécesseur, Jean-Pierre Lafarge, est parti à la retraite, en 1997.Avant de traquer les produits interdits dans les urines des sportifs, le professeur de Ceaurriz enseignait la chimie-toxicologie à la faculté de pharmacie de Châtenay-Malabry et travaillait sur les pathologies professionnelles liées aux pollutions industrielles pour le compte de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) de Nancy.«Surveiller biologiquement les nuisances chimiques dans le sang et les urines, c’est finalement très proche de ce que je fais aujourd’hui», commente Jacques de Ceaurriz.Sauf que mesurer l’impact d’un pesticide sur un organisme et révéler la présence d’une substance dopante dans les urines d’un Armstrong ou d’un Landis n’a pas tout à fait la même répercussion médiatique.«Les scoops, on ne les cherche pas.Ils nous tombent dessus», explique le dk recteur du LNDD.D reconnaît toutefois que «la pression est sur le labo, car c’est lui qui sort les résultats».Le laboratoire français est aujourd’hui le plus performant du monde.En 2006, des produits interdits ont été retrouvés dans 5,41 % des prélèvements analysés à Châtenay-Malabry.Des statistiques largement supérieures à ceDes des laboratoires de Los Angeles (0,99 %) ou Madrid (1,86 %).En 1986, Châtenay-Malabry tournait à 60 échantillons positifs par an.En 2006, le laboratoire en est à 360.Cette hausse ne signifie pas que le nombre de sportife dopés a été multiplié par six en vingt ans, mais que le laboratoire a fait d’énormes progrès dans la détection des substances interdites.Le Monde Jean Dion Instantanés Peut-être est-ce en raison d’un déséquilibre chimique dans la région, mais une question m’a toujours perturbé (pas au point de nécessiter une hospitalisation, cependant): pourquoi y a-t-il des choses dont on se souvient et d’autres dont on ne se souvient pas?Je ne parle pas ici des événements-dont-tout-le-monde-se-rappelle-où-il-était-et-ce-qu’il-faisait-à-ce-moment-là, genre assassinat de Kennedy, premier pas de l’homme sur la Lune, 11-Septembre, sortie du disque de Jacques Villeneuve et tout ça, mais de trucs au quotidien.Par exemple, mettons qu’une semaine donnée quelqu’un pris au hasard est exposé à 1353 situations parfaitement banales.B gardera souvenir, ne serait-ce que sous forme de flash, de huit d’entre elles et oubhera tout le reste.Pourquoi?Je veux dire, il est indubitable qu’il faille balayer les 1345 situations banales pour faire de la place dans la boîte à poux, mais pourquoi ces huit-là plutôt que huit autres?Vous ne le savez pas, hein?Je le savais.En tout cas, personnellement, je fonctionne comme ça: passager dans un véhicule motorisé, je regarde défiler un paysage pendant deux heures, et je me souviens d’un arbre.Ou d’une montagne.Ou d’un gnou qui broute dans la clairière.Ou d’un arbre qui broute un gnou sur une montagne située dans la clairière.Le tout, il va sans dire, à l’expresse condition qu’il n’y ait pas de tache sur la vitre du véhicule motorisé, auquel cas il est fort probable que je me remémore seulement la tache.Voici donc, pour passer le temps et clore ce chapitre, quelques flashs rapportés d’Israël.Nous sommes cinq à faire le voyage.Steve Simmons du Sun de Toronto, Cabbie Richards et Dave Krikst de la chaîne de télé The Score (Toronto itou), Jordan Kerbel du Comité Canada-Israël et moi.Sur place, nous sommes emmenés partout par un guide expert, Avi Ben Yosef, dans sa fourgonnette Volkswagen.Avi est un être férocement sympathique, qui présente la particularité de tout savoir sur Israël et d’y connaître tout le monde.Et quand je dis tout le monde, c’est tout le monde.Ne devient pas guide touristique qui veut dans ce pays soucieux de son image, la formation est longue, les examens rigoureux, et un ordre professionnel encadre la pratique.Selon des sources, nous avons mis la main sur l’un des meilleurs, ce dont je ne doute pas un instant.«East and West, Avi is the best», me lance un gars qui, dans les 30 premières secondes suivant notre arrivée sur l’esplanade du mont Scopus qui surplombe Jérusalem, m’a vendu trois sacs de tissu à l’effigie de la ville, un ensemble de 30 cartes postales et 10 signets.J’ai toujours été un client pourri: cette fois, je n’ai pas acheté, je me suis fait vendre, littéralement Pendant que nous roulons sur l’autoroute reliant Tel-Aviv ,à Jérusalem, Avi explique quelques trucs ici et là.A un moment donné, nous passons près du Elvis Inn, une espèce de boutique où on ne vend que des trucs relatifs à Elvis.«Près de la boutique se trouve la plus grosse statue d’Elvis au Proche-Orient», indique le guide.Quand je vous disais qu’il savait tout.Je n’ose pas lui demander quels sont les contours géographiques reconnus en l’occurrence pour désigner le Proche-Orient, zone floue s’il en est et je demeure à ce jour dans l’ignorance quant à l’existence ou pas d’une statue d’Elvis encore plus grosse en Extrême-Orient Il est rigoureusement impossible de marcher pieds nus aux abords de la mer Morte: le sol de corail y est impitoyable.J’y entre donc avec mes sandales.Le hic, c’est que, si la quantité effarante de sel et autres minéraux qu’on y trouve s’avère excellente pour la peau et les affaires des laboratoires Ahava (www.ahava.co.il), elle peut être carrément désastreuse pour le caoutchouc, qu’elle bouffe tout cru.Résultat en dépit d’un lavage à grande eau, ma sandale droite a rétréci, et elle couine désormais à chaque pas.On m’entend arriver.Mon espoir de surprendre la réalité au moment où elle ne s’y attend pas est mort Tiens, le sauveteur de la station balnéaire Ein Gedi.Je pense que je vais lui faire une petite blague.Je l’interpelle: «Pourquoi y a-t-il besoin d’un sauveteur puisque les gens flottent dans la mer Morte?» Bien sûr, il s’agit d’une question idiote.En raison de la quantité effarante de sel et autres minéraux qu’on y trouve, le moindre bouillon peut avoir des conséquences désastreuses, voire causer la mort dans des délais assez brefs.Le sauveteur m’explique gentiment tout cela, puis me demande d’où je riens.«Mais j’habite aussi Montréal de temps en temps, dit-il après ma réponse.J’ai marié une Montréalaise.» Et dans quel quartier réside-t-il lorsqu’il n’est pas en train de passer l’été à empêcher les gens de mourir dans la mer Morte?«I used to live on the Plateau.Near Papineau.» Hé ben dis donc.Tout au nord d’Israël, Metulla ressemble à un mignon village du sud de la France, la mer en moins, avec ses toits de tuile orange.C’est dimanche matin et tout est extraordinairement paisible.Depuis le restaurant où nous avons jasé avec les responsables du tournoi de hockey, il suffit toutefois de marcher une minute et demie dans la rue principale vers le nord et nous sommes à la frontière, Des clôtures, des barbelés, des postes de guet.A quelques dizaines de mètres, de l’autre côté, on aperçoit les drapeaux du Liban et du Hezbollah; plus loin, au sommet d’une colline, se .trouve un poste d’observation des Nations unies.A pareille date l’an dernier, il pleuvait ici des bombes.Nous déambulons le long de la ligne de démarcation.Des soldats israéliens sont assis dans un petit parc boisé, à Tabri du soleil de plomb.L’un d’eux vient nous faire un brin de jasette.Mon Dieu, il est si jeune.C’est d’ailleurs un truc frappant dans ce pays où le service militaire est obligatoire: l’âge des soldats et soldâtes qu’on croise un peu partout, portant des armes longues comme ça.Des enfants.Cehikn s’appelle Yosef.Il est de Brooklyn, est s’est porté volontaire pour servir dans l’armée d’Israël.Il aura «22 ans en octobre».D nous explique ce qu’il fait, là, comment décoder les mouvements qui se produisent de l’autre côté de la frontière.Il nous informe qu’il n’y a rien à craindre, que si jamais le secteur où nous nous trouvons était poivré d’obus, le tout serait détecté par l’antenne là-bas et une réplique impitoyable surviendrait en moins de quatre minutes.«Ouais, mais si nous recevons un missile en pleine poire, la réplique ne nous est que de peu d’importance.» Il a souri, l’air de dire: vous pensez beaucoup à vous-mêmes, n’est-ce pas?jdion@ledevoir.com CONCOURS avec en SWISS 1 International EXCLUSIVITÉ SOL^BEC _üh« , vol aller-retour Mtl/Rome, location de voiture frais de service et taxes d’aéroport.Voyage basé sur la disponibilité d’été 2007 et hiver 2008.Valeur de 4100$.MaggSore WWW.SOLBECTOURS.COM 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", ^ 7.ïiWÏ tia^w 2S g SC.*W , j i .JACQUES NADEAU LE DEVOIR Kaymond Loignon, maire de Roxton Pond, n’a pu que constater les effets pour le moins répugnants des algues bleu-vert dans le lac Roxton.Ce plan d’eau figure même parmi la dizaine qui sont totalement affectés par les cyanobactéries jusqu’à présent cette année.Hier, un total de od lacs et rivières étaient frappés par le fléau visqueux et toxique.ALEXANDRE SHIELDS Le nombre de cours d’eau québécois contaminés par les cyanobactéries a franchi le cap de 70 en début de semaine, avant de dépasser facilement celui de 80 dès jeudi.Et au moins une dizaine d’entre eux sont frappés en totalité par les algues bleu-vert La province a donc d’ores et déjà battu le triste record de 71 lacs et rivières affectés établi l’an dernier.Bref, en apparence, l’heure est grave.Il faut dire qu’en pleine période estivale, l’attention médiatique accordée à ces masses visqueuses et toxiques a été phénoménale au cours des dernière jours.A tel point que les libéraux s’apprêtent à activer le mode «gestion de crise» pour tenter de calmer les esprits.La ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, devrait d’ailleurs confirmer la semaine prochaine qu’elle fera une tournée des régions et des lacs.Elle cherchera ainsi à articuler les actions du gouvernement provincial et des municipalités dans ce dossier de plus en plus épineux.Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a lancé le bal hier, alors qu’il était de passage à la Traversée internationale du lac Saint-Jean, à laquelle participait son fils.Comme on pouvait s’y attendre, il s’est voulu, pour l’essentiel, rassurant.Le gouvernement suit la situation de près, a-t-il dit en substance.Le Regroupement national des conseils régio-naux de l’environnement du Québec a aussi annoncé hier qu’il conviera prochainement les principaux acteurs et responsables de la valorisation et de la protection des lacs à une première rencontre de la Table nationale des lacs.La création d’une telle table avait été demandée lors du Forum national sur les lacs en juin 2006.Épée de Damoclès Audelà des conjectures sur l'ampleur de la crise, plusieurs reconnaissent que le problème n’a pas connu de croissance exponentielle.En fait, dans le cercle des férus des milieux aquatiques québécois, on connaît la situation depuis plusieurs années.«C’est un problème qu’on voit depuis plus de dix ans dans certains secteurs», lance Jean Landry, président du Regroupement des organismes de bassins versants du Québec.En fait, rap-peDet-il, «ça fait 40 à 50 ans que le problème des cyanobactéries est latent, parce qu'on a pollué et qu’on ne s’est pas préoccupé de la santé de nos cours d’eau».D est vrai que, si l’attention médiatique accordée au sujet est toute fraîche encore, le problème, lui, s’est développé au fil de décennies de négligence.Négligence des riverains, des municipalités et de l’industrie agricole.Partout la conséquence est la même.Une fois que le plan d’eau n’est plus en mesure d’absorber les apports massifs de phosphore qui reçoit et atteint un niveau de saturation, la soupe toxique prend ses aises.Parmi les premiers exemples qui ont permis de tirer timidement la sonnette d’alarme, on peut citer le lac Brome, où le problème est apparu graduellement depuis plus d’une décennie.On se souvient aussi (lu cas de la baie Missisquoi, pour laquelle Québec et l’Etat du Vermont ont conclu en 2003 un plan de sauvetage.Depuis, les plans d’eau recensés ont explosé.En 2003, on en comptait 43.En 2005,50 figuraient sur la liste et Tan dernier, c’étaient 71.Cet été, les régions les plus touchées sont pour l’instant les Laurentides (29), l’Estrie (12), Lanaudière (11) et Chaudière-Appa-laches (9).Fait à noter, le problème, au départ prati- quement limité aux lacs, s’étend sans cesse à plus de rivières.Alarmisme ou prudence?Si les médias ont possiblement amplifié la chose, Québec est plus à blâmer depuis le début de la «crise», selon David Bird, un biologiste spécialiste des algues bleues.«Il n’est pas surprenant que le public soit en état de panique.Les mises en garde et les avis de non-consommation tombent chaque jour de façon imprévisible, comme l’arrivée de la peste au Moyen Age Et le gouvernement n’aide pas les gens à comprendre que ces mises en garde sont purement préventives, que l’eau du lac est probablement entièrement salubre.» Même son de cloche du côté du biologiste Yves Prairie, qui souligne que le fait de mettre un lac sur la liste noire ne donne pas nécessairement une idée juste des cyanobactéries qui s’y trouvent «Si la fleur d’eau est très localisée, et dans plusieurs cas elle l’est, on peut s’attendre à ce qu’elle disparaisse dans les jours à venir», explique-t-il.Donc, selon lui, «il né faut pas paniquer là où il y a une petite floraison qui va durer une journée.Il faut plutôt se concentrer sur les endroits où il y a des éclosions sur toute la surface, du lac et de façon beaucoup plus prolongée».D ne sert à rien de crier au loup, donc, mais il ne faut pas faire l’autruche non plus.Plusieurs ont d’ailleurs noté que le plan d’action de Québec pouf lutter contre la prolifération des cyanobactéries n’allait pas assez loin.«Les mesures annoncées par le-gouvernement constituent un pas dans la bonne direction, mais faute d’implication de l’industrie agricole, les bandes riveraines autour des lacs ne vont aider qu’à cacher le piètre état des eaux», estime David Bird.Greenpeace et Nature Québec abondent dans ce sens.«L’absence totale du ministère de l’Agriculture dans l’histoire est inexcusable, ajoute M.Bird.Imaginez, il a été démontré par des études récentes que l'utilisation ' de 10 % d’un bassin versant pour le pâturage avec les pratiques actuelles double la quantité de phosphore dans les eaux d’un lac.La plupart des lacs atteints par des fleurs d’eau importantes ont bien plus que 10 % de terrains agricoles en amont.Il suffit d’avoir 5 % du bassin versant en culture de mais pour doubler la charge de phosphore dans le lac.» Même la législation actuellement en vigueur pour cette industrie, soit le «Règlement sur les exploitations agricoles», serait déficiente, selon Dolors Planas, spécialiste de l’écologie aquatique.«Il ne tient pas compte de la capacité d’absorption de phosphore des cours d’eau [dans la mesure des rejets agricoles].Aussi, il ne prend pas en considération le type d’agnculture», souligne-t-elle.Un rapport du ministère de l’Environnement produit en 2005 demandait justement qu’on tienne compte de ces deux aspects.Les recommandations n’ont toujours pas été appliquées et Québec a promis au monde agricole de ne pas lui imposer de nouvelles contraintes d’ici 2010.Pour l’instant, le seul plan sur la table est celui annoncé en juin, qui accorde 10 millions de dollars aux municipalités pour lutter contre les cyanobactéries.Deux autres millions vont au financement de diverses mesures, y compris à la confection des plans directeurs de l’eau dans les différents bassins versants.On a aussi prévu un programme de reboisement des rives qui prévoit la plantation de 2,2 millions de jeunes plants d’ici trois ans pour mieux les protéger de l’érosion.Aucune action réglementaire ne resserre cependant le jeu en milieu agricole ou municipal.Mme Beauchamp n’exclut pas d’y venir si la situation l’exige, mais, à ce stade-ci, le message qu’envoie Québec aux municipalités, c’est qu’elles ont les pouvoirs requis et, maintenant, un financement et des moyens accrus pour faire le travail.Le Devoir Au Darfour, les Arabes dans le piège djandjaouid JEAN-PHILIPPE RÉMY Le vent de sable qui monte de la plaine soulève les bords de la carte du Soudan.Abderhaman Ab-dikhadir Yakoub, du doigt, y dessine les contours d’un monde à l’agonie.Assis sur une natte dans un minuscule village, le oumda (chef désigné par l’administration) d’un groupe de la tribu arabe des Mahariyas montre l’ancien chemin que parcouraient les siens au fil des saisons avant que le Darfour ne s’effondre.Sur la carte, tout au nord, une ligne bleue aux confins du Darfour.Le wadi Howa, dernier coure d’eau saisonnier avant le grand désert du Nord, à la porte de la Libye.Chaque année, pendant la saison des pluies, les Mahariyas, comme d’autres tribus arabes, y menaient leurs troupeaux de chameaux s’y gorger d’eau et d’herbe avant de redescendre, plein sud, pendant les mois secs, parfois jusqu’à la forêt de Centrafrique, à plus de 1000 kilomètres.Les ancêtres des tribus arabes sont arrivés au Darfour par vagues depuis le Moyen Age, en provenance de la péninsule arabique ou d’Afrique du Nord.Ils se sont mélangés avec les ethnies de la région, tout en conservant une identité particulière et un mode de vie influencé par le pastoralisme.Avant la grande sécheresse C’était avant le cycle des catastrophes.Avant la désertification, entamée dans les années 1970.Avant l’afflux des armes.Avant, surtout, la grande sécheresse de 1984-85, dont chacun, dans le campement de Zeila, parle comme si elle s’était produite l’avant-veille.Dix-huit mois sans une goutte de pluie, les troupeaux décimés, 100 000 morts au Darfour.Les bergers ont massé leurs troupeaux plus au sud, brisant l’équilibre subtil du partage de l’eau et des pâturages avec des cultivateurs de cette région.Des conflits se sont allumés.Les routes sont devenues périlleuses, accélérant le déclin d’un monde fragile et ancien.«Depuis 1989, nous ne sommes plus jamais retournés au wadi Howa.Les familles mahariyas ont arrêté la migration et commencé à cultiver.Voilà ce qu’est devenue la vie des Arabes», soupire Oumda Abderhaman.Déjà perturbé, le Darfour s’est embrasé en 2003 lorsque des rebelles d’ethnies «non arabes», essentiellement Four, Massalit et Zaghawa, ont lancé des opérations militaires contre les forces gouvernementales.Que les éleveurs zaghawas aient, eux aussi, souffert des mêmes maux que les Aabes n’a pas compté.Les autorités soudanaises ont battu le rappel des tribus arabes pour écraser indistinctement rebelles et populations.Sur un modèle de terreur déjà employé dans la guerre contre le Soudan-Sud, la machine des djandjaouids, miliciens prélevés dans plusieurs tribus arabes, dont les Mahariyas, a commencé en 2003 à transformer le Darfour en (erre brûlée.A Zeila, le sujet est d’autant plus tabou que les milices sont visibles partout.Dans un ferick (village temporaire traditionnel), un groupe d’hommes joue aux dominos en regardant grossir des nuages couleur d’acier gorgés de pluie qui vont bientôt faire verdir le Darfour.Soudain, des cavaliers surgissent.Sans un bruit, ils prennent place sur la natte, l’œil méfiant.Leur treillis, couleur sable, porte l’emblème de leur unité: un rapace en piqué avec un charbon ardent entre les serres.L’insigne d'une des nombreuses milices «officielles» arabes qui pullulent au Darfour et dans lesquelles la plupart des djiandjaouids, qui n’appartenaient initialement à aucun corps déterminé, ont fini par être vereés.«Toute cette plaine est entièrement peuplée dArabes», affirme hâtivement Oumda Abderhaman Ab-dikhadir Yakoub.Il serait bien en mal de produire un hakura qui puisse en témoigner.Ce document, rédigé à l’origine par l'administration du sultanat du Darfour, attribuait l’usufruit des terres à certains administrés.Certaines tribus arabes ont reçu des hakuras, et donc des terres, notamment dans le sud du Darfour.Dans les parties plus arides, ou plus peuplées du Nord et de l’Ouest, il leur a fallu parfois, comme les Mahariyas, vivre des siècles sans terre.La faim de terre, déjà grossie par les difficultés du pastoralisme, a été rendue insoutenable par la sédentarisation.Oumda Abderha- man se souvient: «Le gouvernement nous a demandé d’arrêter la migration avec toutes les familles.Il fallait se fixer et, en échange, on nous promettait des écoles, des hôpitaux.De tout ceci, on n’a jamais rien vu.» Reprenant une forme d’explication qui court dans tous les fericks arabes, il ajoute ceci: «Les zurgas [Noire, terme péjoratif pour désigner les ethnies non arabes] voulaient toutes les terres.Ils ont commencé à attaquer les Arabes.C’est alors que nous avons organisé des milices, pour nous défendre.Sinon, on aurait été éliminés.» Cette assertion, contredite par les faits, relève de «l’accusation en miroir» à laquelle ont recoure, dans d’autres régions du monde, des communautés impliquées dans des massacres.Pour le pire Au Darfour, les Arabes n’ont été menacés que par un certain type d’anéantissement, celui de leur mode de vie et celui de leurs troupeaux.C’était déjà beaucoup, suffisant en tout cas pour qu’une minorité d’entre eux choisissent d’arracher des terres par la violence à leurs voisins, encouragés par la propagande d’un groupe politique clandestin, le Rassemblement arabe, rêvant de conquérir le Darfour.Au final, écologie, politique, manipulations et racisme latent se sont mélangés pour le pire.Le gouvernement est parvenu à organiser une campagne de terre brûlée en recrutant parmi les tribus en voie de clochardisation.Seule une minorité a envoyé des hommes dans les milices djandjaouids.Sur près de deux millions d'Arabes vivant dans l’ouest du Soudan, les djandjaouids n’ont jamais compté plus de 30 000 hommes, dont une partie n’était pas originaire du Darfour mais d’autres pays voisins.«Les djandjaouids sont le produit d'un mode de vie qui est en train de s'effondrer dans toute la bande sahélienne, de la Mauritanie au Soudan», analyse un observateur à aLGeneina.Tous espéraient, en plus du butin capturé lors des raids apocalyptiques sur les villages des ethnies «africaines», récupérer des terres.Or, après quatre ans de conflit, le bilan est désastreux pour les tribus arabes.Une grande partie des routes de migration sont coupées.VTF JULIE FLINT AGENCE FRANCE-PRESSE Village rasé par des djandjaouids.j km ià&i soit par les rebelles, soit par des milices défensives de paysans, soit par d’autres groupes arabes hostiles.Dans la plaine de Zeina, tous les coups sont permis.Un bon connaisseur de la zone explique: «Ici, tout le monde attaque tout le monde.Il n'y a pas pire.» Après s’être fait voler des dizaines de véhicules, la plupart des ONG ont renoncé à se déplacer en 4x4, elles empruntent désormais les hélicoptères des Nations unies.«Chaque village est un nouveau territoire.Chaque route est un “no man’s land"», résume un responsable humanitaire.L’opprobre des djandjaouids frappe à présent l’ensemble des Arabes, dont la majorité a pourtant refusé de prendre part aux campagnes des écorcheurs du Darfour.«On nous prend tous pour des djandjaouids et des assassins, se plaint Hamid Aldowey Dabuk, un cheikh des environs de ZeUa venu partager un peu de boule de mil avec son oumda.C’est nous qui sommes censés avoir profité de la guerre?Regardez comment nous vivons.Et l'aide internationale est di- rigée vers les Africains.Pour les Arabes, il n'y a jamais rien.» Le voile d’infamie tendu par les djandjaouids sur leurs tribus a dissimulé le fait que les Arabes, eux aussi, ont été victimes de violences.On ignore le nombre de leurs enfants morts faute de soins ou d’une alimentation décente, combien de membres de leurs tribus ont été tués par les rebelles ou chassés de leurs terres.Le gouvernement, dont ils sont censés être les alliés, les écrase de taxes, sans tenir ses promesses de rémunération.«La participation de certaines tribus, sous forme de contribution en hommes, devait se traduire par un certain nombre de compensations.Des terres, mais aussi de l’argent pour les morts et les blessés.Or le gouvernement n'a pas tenu ses promesses.Résultat, il devient de plus en plus difficile de recruter des miliciens parmi les Arabes», analyse un bon connaisseur du monde des tribus.Alors, depuis 2006, des idées font lentement leur chemin dans les tribus, idées proches de celles des rebelles «non arabes».A la fin de l’an dernier, un premier groupe arabe armé antigouvernemental à fait son apparition au Darfour-Sud^ dirigé par Mohammed Abdulrahf man Mqsa, Abu Sura, passé de} puis en Erythrée pour y participer à une coalition rebelle antigouvernementale.Un second mouvement, le Front révolutionnaire du Soudan, au Darfour-Sud, réunit des membres de plusieurs tribus (Rizeigat, Habaniya Ta’yisha, Béni Halba), mais aussi des groupes «non arabes», tandis qu’au Kordo-fan voisin, des groupes se constituent dans l’ombre.Nul ne peut deviner exactement ce que produira cette colère arabe qui monte.Un responsable de la tribu des Rizeigats, dans la capitale soudanaise, analyse: «L’élite, à Khartoum, a réussi à manipuler les Arabes, à les persuader qu'ils risquaient d’être exterminés Ils en ont assez de se faire piéger.Partout, le mécontentement monte.Il faut s’attendre à un bain de sang.La véritable guerre au Darfour n'a pas encore commencé.» Le Monde LE DEVOIR, LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2007 B 4 EDITORIAL L’avenir, c’est maintenant Même au beau milieu des vacances, nos économistes ne chôment pas.Encore ce matin, dans nos pages, les professeurs Fortin et Godbout répondent à leur collègue retraité de PUQAM, Louis Gill, à propos des effets du vieillissement de la population sur les finances publiques du Québec à l’horizon 2050.Que faut-il croire?B cause du vieillissement rapide de la population au cours des prochaines années, les mises en garde se font plus insistantes afin que le Québec adopte des politiques susceptibles de prévenir les effets de ce phénomène inéluctable sur la capacité financière de l’État d’offrir des services publics de qualité.Sans entrer dans la querelle de prévisions de revenus et de dépenses à long terme — un exercice périlleux dont le seul intérêt consiste à illustrer ce qui se produirait si toutes les tendances actuelles se poursuivaient, ce qui est peu probable —, il faut reconnaître comme une évidence la baisse progressive du nombre de travailleurs actifs par rapport aux retraités, et la baisse consécutive des revenus de l’État au moment où les dépenses de santé grimperont fortement Car prétendre que les baby-boomers seront plus riches et en meilleure santé que leurs parents n’y change rien: globalement, ils paieront moins d’impôts que lorsqu’ils étaient actife et ils coûteront beaucoup plus cher en soins à mesure qu’ils se rapprocheront de la mort ce que la réalité actuelle nous démontre déjà sans conteste.Cela étant admis, la question à un milliard est de savoir que faire?Là encore, il n’y a pas de réponses évidentes, mais des pistes de travail qu’il importe de préciser rapidement.Alors que certains proposent la création d’une «caisse santé», d’autres rétorquent, avec raison, qu’il est déjà trop tard, que cette approche serait inéquitable puisqu’elle profiterait surtout aux baby-boomers sans qu’ils y aient contribué.De même, le remboursement de la dette ne fait pas non plus Tunanimité, mais ils sont de moins en moins nombreux à nier l’obligation morale qu’ont les gens encore actifs de contribuer à la réduction du fardeau qui sera légué aux générations suivantes.C’est ce à quoi s’attaque Ottawa grâce à ses excédents fantastiques, et plus timidement Québec par son Fonds des générations.Mais c’est encore trop peu compte tenu de la fraction des revenus du gouvernement québécois qui doit être consacrée chaque année au seul service de la dette.Mais c’est surtout du côté de l’activité économique qu’il faut se tourner pour dénicher les gains potentiels les plus considérables.On l’a vu à l’échelle du pays, grâce à la croissance dopée par la demande dans le secteur des ressources, l’argent coule à flots à Ottawa.Malgré les baisses d’impôt et la hausse des dépenses, ce gouvernement continue d’engranger des excédents qui devraient être mieux distribués.D’ailleurs, ceux qui prétendent que le déséquilibre fiscal est chose du passé se trompent lourdement à cause du mode de distribution des transferts au prorata de la population, les régions en croissance démographique soutenue, comme l’Alberta et l’Ontario, profiteront plus que les autres des transferts fédéraux dans l’avenir.Et ce n’est pas la péréquation qui compensera le manque à gagner.Comme le soulignent les économistes Fortin et Godbout, le Québec doit donc accentuer ses efforts pour être plus productif, seul moyen de créer plus de richesse sans croissance équivalente de la population active.Pour ce faire, le système d’éducation doit être mis à contribution, mais aussi la fiscalité, qui doit être ajustée pour stimuler l’investissement productif.Au lieu de réduire la TPS, par exemple, il serait beaucoup plus efficace de l’augmenter pour les biens et services de luxe et de consacrer cet argent à la baisse de certains impôts sur le travail et l’investissement, par exemple.Il est également temps que les entreprises et les gouvernements modifient les règles d’accès à la retraite afin d’encourager les gens à rester actifs plus longtemps.On ne dira jamais assez combien les élus de certaines villes sont irresponsables de soutenir, avec l’argent des contribuables, le droit à la retraite à 50 ans, et même plus tôt pour certains employés municipaux — policiers, pompiers ou personnel d’entretien.D faut aussi appuyer la révision périodique des tarifs de toutes sortes pour des services publics comme l’électricité, l’éducation postsecondaire, la garde des enfants, les permis de conduire et autres.L’État n’a pas à subventionner les ménages qui utilisent l’électricité pour se chauffer plutôt qu’une autre forme d’énergie.Préparer l’avenir, cela doit commencer maintenant par un ensemble de mesures qui répondent à une logique de croissance et de développement Une simple logique de gros bon sens, en somme.j-rsansfacon@ledevoir.com Jean-Robert Sansfaçon LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE S^ïrflllSlpi llllli .•vr?V'*î6''.v: AÇÎRoNjWTtS VF UA NASA Cn çtat vtwitrt ' : mm mm La folie du B’nai Brith Quand exactement s’arrêtera ce délire du groupe de pression fondamentaliste juif B’nai Brith (traduction française: les Fils de l’Alliance)?Cet organisme de défense des droits de la communauté juive est en train de déraper littéralement et de s’attirer l’animosité de la majorité francophone du Québec plutôt que son estime.En accusant notre collègue Jocelyn Coulon de sympathie palestinienne et d’hostilité à l’égard de l’État d’Israël, le B’nai Brith tombe une fois de plus dans l’excès.Par le passé, le B’nai Brith a blâmé le regretté «crooner» Fernand Gignac d’avoir tenu des propos antisémites alors qu’il vivait en Floride.Son seul tort avoir critiqué le manque de savoir-vivre de certains membres de la communauté juive de cet État américain.Le chroniqueur Pierre Foglia a subi les foudres de l’organisme pour avoir écrit un billet perçu par le B’nai Brith comme antisémite.Il y a deux ans, le groupe demandait l'interdiction d’entrée au pays de l’humoriste français Dieu-donné.Plus récemment, le caricaturiste Serge Chapleau a été dénoncé publiquement par l’organisme pour avoir dessiné un Mario Dumont affublé d’un «shtreimel», un des chapeaux caractéristiques porté par les juifs hassidiques.Toutes ces «offenses» ont été répertoriées dans le bilan annuel canadien des actes antisémites comme des exemples de gestes racistes portés contre la communauté juive canadienne.On est loin des attaques au cocktail Molotov contre des écoles hébraïques, aux croix gammées dessinées sur les murs des synagogue?et au vandalisme dans les cimetières juifs.À ma connaissance, aucune des cinq personnes mentionnées dans ce texte n’est membre ou n’a été membre d’un groupe néonazi.Le B’nai Brith, par ses dénonciations radicales, met même mal à l’aise ses propres coreligionnaires du Congrès juif.Il serait grandement temps que ses dirigeants cessent cette absurde pression sur le droit des individus et des journalistes de s’exprimer ouvertement LETTRES -?- sans aucune haine, mais pour le simple partage de l’information et des opinions.A moins que ce texte ne s’ajoute lui aussi à la liste annuelle des actes antisémites répertoriés par les «Fils de l’Alliance».Charles Faribault Chargé de cours à l’Université de Montréal et collègue de Jocelyn Coulon 27 juillet 2007 Kadhafi mon ami.La Libye est un des pays qui peut encore compter sur d’importantes réserves de pétrole.D est affligeant de constater que la convoitise des grandes entreprises du secteur pétrolier domine encore largement les relations politiques et diplomatiques.La libération des infirmières et du médecin soupçonnés de graves méfaits à l’endroit de jeunes enfants est présentée comme la conclusion d’un drame humanitaire au sein duquel la Libye et la France ont joué chacune à leur façon le beau rôle.La normalisation des relations avec Tripoli se fait d’une manière qui va à l’encontre de la prudence et du gros bon sens.Les dessous de cette affaire de contamination au VIH sont loin d’avoir été éclaircis et le général Kadhafi est avant tout un dictateur narcissique qui a les mains tachées de sang.Mais qu’importe puisqu’il a aussi les mains pleines d’hydrocarbures! Plusieurs pays, les Etats-Unis en tête, semblent désormais convaincus que le controversé personnage est totalement réhabilité et on s’empresse de rétablir des relations autrefois rompues pour des raisons extrêmement préoccupantes.Je n’ai pu m’empêcher de frissonner de dégoût en voyant les images du président Sarkozy en visite à Tripoli.L’attitude arrogante de Kadhafi et ses verres fumés opaques m’ont rappelé de sombres événements, comme un certain Warrior masqué au côté du ministre Ciacca lors de la crise d’Oka et tous ces criminels cagoulés qui, sans aucune légitimité, signent des pactes avec des représentants élus.La dépendance énergétique de l'Occident est devenue le prétexte à une longue série de dérives qui laissent des populations entières à la merci des abuseurs et des criminels.Il n’y a qu’à penser au Darfour, un dossier qui stagne dans le pétrole brut D est de mise de condamner la Chine pour son laxisme dans le domaine des droits de la personne ou de citer Castro comme le pire des dictateurs de l’heure, mais quand vient le temps de serrer la main du diable, on trinque irrémédiablement à la santé des réserves d’or noir et des cours du baril de «sweet light crude».La Libye a certes ce qu’il faut pour faire rouler l’économie mais ppur ma part, elle est d’abord et avant tout un État voyou et criminel Jean Riopel Montréal, 26 juillet 2007 Un triste « sir » (ou sire !) La Ville de Montréal engage des frais considérables pour nettoyer et restaurer l’énorme rponument érigé à la gloire (sic) de Georges-Etienne Cartier.La municipalité ne devrait pas se donner ce mal ni engager de semblables fiais.L’homme ne le mérite pas.Après avoir, dans la première partie de sa vie, lutté pour la cause des patriotes dans les rangs des Fils de la liberté, il devait ensuite virer casaque et tel Judas Iscariote, rejoindre et appuyer le pouvoir en place.Il contribua à la naissance du régime fédéral lors de la conférence de Charlottetown, mais y participa allègrement en anglais.Il avouait d’ailleurs se sentir plus à l’aise en anglais qu’en français.Et il n’eut de cesse d’obtenir de Londres le titre et le rang de «sir», quitte à multiplier à cette fin les déclarations de loyauté et les courbettes de toutes sortes.Vraiment, mieux vaudrait supprimer cette statue, hommage totalement immérité, et ériger à la place un monument à la gloire, par exemple, de Louis-Joseph Chénier, un de nos héros les plus purs, qui attend encore un hommage à sa mesure.Jean-Marc Léger Montréal, 20 juillet 2007 LIBRE OPINION Le défi du vieillissement peut être relevé À cette fin, une «caisse démographique» est indispensable LUC GODBOUT MATTHIEU ARSENEAU SUZIE ST-CERNY Université de Sherbrooke PIERRE FORTIN Université du Québec à Montréal Dans notre ouvrage récent intitulé Oser choisir maintenant (Presses de l’Université Laval), nous avons présenté une projection de l’impact qu’aura le vieillissement de la population sur les finances publiques du Québec au cours des prochaines décennies.Nos préoccupations fondamentales sont la pérennité des services publics et l’équité entre les générations.Notre projection repose sur un scénario économique et financier qui est résolument optimiste.Nous avons, par exemple, supposé que fa production par emploi (la productivité) au Québec va s’accélérer, que les taux d’emploi vont continuer à augmenter dans toutes les catégories d’âge, que les revenus gouvernementaux tirés de la fiscalité des régimes de retraite vont s’accroître, que le coût des soins de santé va progresser moins vite qu’au cours de fa dernière décennie, que des économies seront réalisées en éducation et en services de garde et que les autres services publics et les investissements gouvernementaux vont demeurer stables en pourcentage du revenu intérieur malgré les besoins criants qui émergent de toutes parts.En dépit de notre optimisme, nous ne pouvons éviter de conclure qu’au cours des décennies à venir fa croissance du revenu intérieur du Québec et des recettes de l'État ralentirait au taux annuel de 3,3 % (en dollars courants).En supposant que fa pérennité des services publics serait garantie, les dépenses du gouvernement devraient, quant à elles, progresser de 3,7 % par année.D’où l’impasse: un déficit budgétaire annuel apparaîtrait en 2013 et augmenterait par la suite à 17 milliards en 2031 et à 54 miÜiards en 2051.Dans la section «Idées» du Devoir du 13 juillet, le professeur Louis Gill rejette notre projection.Il juge que le résultat dépend «d’un grand nombre de variables et que la période de prévision est fini longue», ce qui augmenterait le risque que des aléas altèrent le résultat Nous convenons avec lui que toute projection comporte une part d’incertitude.Mais cela ne saurait remettre en cause ce type d’exercice, qui est régulièrement effectué pour prévoir le financement nécessaire à des activités de long terme, comme celles des régimes de retraite, par exemple.L’OCDE recommande d’ailleurs instamment qu’un rapport d’évaluation de longue portée (de 10 à 40 ans) soit publié au moins tous les cinq ans sur les implications budgétaires des changements démographiques.Le professeur Gill prétend que notre projection ne tient qu’à un fil puisqu’eDe découle d’un petit écart de 0,4 % (3,7 % moins 3,3 %) entre les taux de croissance prévus des dépenses et des revenus.D suffirait que fa croissance économique soit de 3,7 % par année pour que les déficits attendus basculent en excédents.Comment imaginer, dit-il, «à la lumière des formidables avancées scientiftques des 50 dernières années, qu’il en soit différemment pour les 50 prochaines et que la productivité ne soit pas susceptible d’un nouvel important bond en avant permettant de contrer les effets du vieillissement de la population?» La réponse à cette question est que, contrairement aux apparences, ajouter 0,4 % au taux de croissance annuel de l’économie de 3,3 % que suppose notre projection n’est justement pas une petite affaire.Comme le taux d’inflation annuel projeté est de 2 %, cela signifie que nous avons envisagé une progression annuelle de 1,3 % du volume réel de production de l’économie.L’ajout de 0,4 % donnerait 1,7 % plutôt que 1,3 %.Cela reviendrait à supposer que la croissance réelle de l’économie serait plus rapide de 30 % chaque année pendant 45 ans.C’est énorme! En fait, pour arriver à notre hypothèse de croissance réelle de 1,3 % par année, nous avons déjà étiré l’élastique au maximum.Il importe de comprendre que les ^formidables avancées scientifiques» auxquelles le professeur Gill fait référence ont en fait été accompagnées d’une progression de moins que 1 % par année de fa productivité au Québec depuis 30 ans.Malgré cela, nous avons supposé que la productivité allait s’accélérer jusqu’à 1,5 % par année d’ici 2031 et continuerait à ce rythme jusqu’en 2051.Notre projection est donc déjà très optimiste quant à l’avenir économique du Québec.N’en déplaise au professeur Gill, supposer a priori que tout ira pour le mieux et attendre que fa création de la richesse s’accélère dans fa foulée des mesures adoptées constitue une approche téméraire à fa gestion du risque.Lorsqu’il y a risque, 1a sagesse ancestrale conseille d’acheter de l’assurance.D’où l’importance que nous attachons à la mise en place d’une «caisse démographique» dans laquelle des sommes seraient déposées chaque année pendant un temps, puis ensuite décaissées afin d’égaliser les charges fiscales des générations successives et de garantir fa pérennité des services publics.Notre chiffre de départ est de 4,5 milliards en 2007.Cela dit, nous convenons parfaitement avec le professeur Gill qu’il faut mettre «résolument le cap sur les actions soutenues à entreprendre dès maintenant pour contrer les effets négatifs du vieillissement de la population» .C’est exactement ce que nous recommandons avec force détail dans notre livre.Les moyens que nous y énumérons s’articulent notamment autour de fa maximisation de fa croissance de fa productivité par l’investissement dans le capital humain, le capital ma-, tériel, le capital technologique et les infrastructures, ainsi qu’autour d’une gestion serrée des dépenses et des revenus gouvernementaux (réorganisation de fa santé, lutte contre l’évasion fiscale, etc.).Ces moyens pourraient faire diminuer la facture de 4,5 milliards.Mais, quel que soit leur succès, nous ne cachons pas qu’il s’agira de toute façon d’une grosse bouchée à avaler.Cela découle de façon arithmétique de l’importance considérable que prendra le financement de la santé des baby-boomers retraités au cours des prochaines décennies. LE DEVOIR.LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2007 B 5 IDEES 20 0 7 * VOL.CCXLIX NO.14» TUESDAY, JUNE 'JO as ra.H NIKKEI im7Â8 ro.6% DJSTOXXSO 3921.80 * unch IQ-VR TREAS A 15/32, yield 5.079% OÏL $69.18 A.jQ.QA GOLD jtÆUîQ ^ ïl.Vÿ LWQ S NASDAQ ¦.^ 4; ¦ .y - News Fleeing Chavez, OU Workers Flock EASY MONEY >y -i ' Behind Bwyowi ^ To l‘'ri(/i(i Al ber I a A \\^\ MlAvW\ Murdoch fera prendre au Wall Street Journal le virage de la concurrence MICHEL NADEAU Après avoir travaillé au Devoir puis à la Caisse de dépôt, Michel Nadeau est aujourd’hui directeur général de l’Institut sur la gouvernance (HEC Montréal-Concordia) es actionnaires de Québécor ne l’apprécieraient pas si Pierre Karl Péladeau lançait une offre hostile de 50 miDiom» ae dollars pour Le Devoir.Plusieurs petits porteurs d’actions B du Devoir inc.frétilleraient durant quelques heures, le temps que les fiduciaires de l’héritage d’Henri Bourassa fessent savoir que le quotidien n’est pas à vendre.C’est pourtant ce qu’ont dit, il y a quelques semaines à Rupert Murdoch, les membres de la famille Bancroft aux commandes du grand journal finander des Etats-Unis depuis près d’un siède.Mais News Corp.a déddé de passer outre avec un argument de taille: un prix d’achat de cinq milliards de dollars, soit 60 $ l’action, le double du cours moyen des dernières années.Aux yeux de certains observateurs, seuls l'orgueil, la vanité et/ou l’opportunisme du grand magnat de la presse d’origine australienne peuvent justifier un tel prix: les revenus du Wall Street journal n’atteignent pas le milliard, son tirage est en baisse (1,7 million) elle journal a laissé des profits de 34 millions en 2006 et une perte de 2,6 millions en 2005.En ajoutant le fil de presse Dow - - Jones, Barron’s, trois compagnies de marketing pour les médias et quelques dizaines de petites publications régionales, on touche à peine la barre des 100 millions de dollars de bénéfices.(La compagnie a vendu en 2005 son placement de 40 % dans E E Soucy, une firme papetière de Rivière-du-Loup.) M.Murdoch devait anticiper la réaction négative de plusieurs des 35 héritiers Bancroft et de la pléthore de petites fiducies de cousins et de tantes Bancroft.La culture du WSJ est à l’opposé de la vision commerciale de News Corp., où prédomine laèourse aux annonceurs.Le Wall Street Journal est fier de sa grande crédibilité; la direction rapporte minutieusement les prix journalistiques remportés par ses artisans.Le WSJ est parfois très sévère envers les excès des gens d’affaires et la gauche devrait en faire son deuxième quotidien.La compagnie a poursuivi une stratégie d’exporter le modèle WSJ dans des éditions «papier» européennes, asiatiques.Sur Internet, l’excellent site WSJ.com accueille 100 000 visiteurs par mois, ce qui demeure loin des 53 millions de personnes qui fréquentent le site de USA Today.MIKE SEGAR REUTERS L’orgueil et l’opportunisme expliquent le geste du magnat australien Rupert Murdoch.Depuis cinq ans, les actions de Dow Jones Co.ont stagné autour de 40 $.Le fil de presse Dow Jones Newswire n’arrive pas à se tailler une place aux côtés de Bloomberg et Thopison-Reuters.Le nombre de terminaux baisse aux Etats-Unis et progresse un peu en Europe.La rentabilité des publications Ottaway demeure bonne, mais insuffisante pour redorer le bilan du groupe.Les dirigeants du Wall Street Journal n’ont pas fait le pari de l’information en format audio et vidéo.Seuls les caractères noirs peuvent s’adresser à l’intelligence des lecteurs! Dans son dernier rapport annuel, la chaîne Gannett explique les changements en cours dans la «salle de presse», où la vie était accrochée au démarrage des rotatives.Les quotidiens ont toujours profité du sommeil des lecteurs pour produire et distribuer leur papier.La personne en quête d’informations aujourd’hui veut être informée 24 heures sur 24, sept jours sur sept; elle veut un véhicule qui lui permet de choisir son mode de livraison télé, cellulaire, Internet.Elle ne veut plus être soumise à une programmation rigide et désire un accès rapide aux sources.Gannett parle de «centres de l’information» qui fonctionnent jour et nuit et offrent des textes, des entrevues audio, des reportages vidéo, des liens pour des compléments d’informations, tout cela sur le même écran.Le format numérique ne comporte pas de limitation d’espace: le jour du verdict de Conrad Black, on trouvait sur les écrans plusieurs liens qui permettaient l’accès aux sources de base, mettant ainsi tout le monde sur le même pied.Fort de son expertise incontestée en matière d’information financière, les dirigeants de Dow Jones & Co.auraient pu développer une version télé et concurrencer CNBC, la chaîne de télé spécialisée de GE, qui réalise des profits énormes.Dow Jones aurait pu aussi tasser Yahoo Finance en offrant un service d’informations financières accessible au grand public (renvoyant l’internaute au WSJ.com pour une information plus fouillée.).En s’accrochant à un véhicule où les recettes publicitaires progressent très peu en raison du déplacement des lecteurs, la direction du Wall Street Journal n’a pas pris le virage amorcé par ses lecteurs.C’est ce que veut lui faire prendre M.Murdoch.Avec des ventes de près de 25 milliards $US, News Corp.est devenue une compagnie respectée des milieux financiers.Ses profits d’exploitation frôlent les quatre milliards de dollars américains.Maintenant incorporée au Delaware, ses actions ont doublé en cinq ans.M.Murdoch est en train de faire la preuve du modèle de convergence avec ses sept divisions: cinéma (Twentieth Century Fox), télé (Fox Broadcasting), câble (Star, Fox News.), satellite (BSkyB, DirecTV), jnagazines (The Weekly Standard — numéro un aux Etats-Unis), quotidiens (New York Post, The Times, The Herald Sun (numéro un en Australie) et l’édition (Harper Collins) L’énorme encaisse créée par les activités audiovisuelles est en grande partie réinvestie dans de jeunes compagnies Internet où se trouvent les consommateurs et bientôt les annonceurs, selon M.Murdoch qui, en 2006, n’a pas hésité à payer 580 millions $US pour MySpace, un site qui en vaudrait aujourd’hui huit à dix fois phis.Avec une dette de 11 milliards de dollars dans un bilan de 56 milliards, News Corp.est capable de se payer le WSJ.Peu d’obstacles se trouvent encore dans le chemin de Rupert Murdoch.Le conseil de Dow Jones a accepté son offre; plusieurs Bancroft veulent passer à la caisse.Grâce à leurs actions à 10 votes, les Bancroft détiennent 64 % des voix, mais leur poids dans le capital est de 24 %.S’ils parviennent à faire avorter la transaction, ils devront se préparer à répondre à plusieurs poursuites et recours collectifs d’actionnaires furieux.Il ne faut pas blâmer les actions à droits de vote multiples; sans elles, M.Murdoch n'aurait offert que 45 $ plutôt que 60 $ pour Dow Jones.L’offensive Murdoch va changer le Wall Street Journal.Le «comité de rédaction» proposé garantira-t-il l’indépendance de la rédaction?Oui, au début, peut-être.Si les Bancroft ne trouvent pas un partenaire avec qui prendre rapidement le virage de la convergence, Rupert Murdoch, 77 ans, réalisera son dernier rêve.À quand un premier ministre gai?LAURENT McCUTCHEON Président de Gai Écoute Président de la Fondation Émergence j eut-on encore croire que les Québécois "TV pourraient élire comme premier ministre If un homosexuel ou une lesbienne dont l’orientation sexuelle serait connue publiquement?Par ailleurs, les communautés gaie et lesbienne n’ont aucun désir ou inté-|L_ rêt à voir un des leurs devenir premier mi- nistre si celui-ci doit cacher son identité.Au contraire, ce serait un message négatif voulant que, pour réussir en politique, il faut demeurer dans le placard.On a cru un moment qu’André Boisclair pouvait devenir premier ministre bien que son orientation homosexuelle soit connue publiquement Pour de multiples raisons, ça n’a pas marché.Uhomophobie est l’une d’elles, de même que l’attitude de l’homme qui a choisi de subir les attaques sans réagir, préférant laisser son sort entre les mains de la population.Personne ne peut donc répondre avec certitude à la question posée plus haut Cette expérience ne devrait pas décourager les homosexuels et les lesbiennes à devenir candidats.Au contraire, elle aura contribué à démystifier la question de l’orientation homosexuelle et de la vie publique.André Boisclair aura été un pionnier.S’il n’a pas réussi, cela ne veut pas dire que c’est une mission imposable.Le désir des gais de voir un des leurs au pouvoir est comparable à celui des femmes, à celui des Noirs, à celui de tous les autres groupes minoritaires qui souhaitent te succès de l’un des leurs, celui ou celle qui incarne l’espoir.Paroi succès ne peut être celui d’une seule personne, ce doit être le succès de toute une communauté unie derrière son représentant Qui sera te prochain aspirant premier ministre gai?Un libéral, un péquiste, un adéquiste?Peut-être n’ap- MATTHIEU BÉLANGER REUTERS On a cru un moment qu’André Boisclair pouvait devenir premier ministre.partiendra-t-il à aucun de ces trois partis.Il faudra du temps avant que pareille occasion se présente de nouveau.Suffisamment pour que la donne politique ait changé, que les idéologies souverainistes et autonomistes soient fusionnées pour devenir «affirmatio-nistes», où l’affirmation de l’orientation sexuelle serait la bienvenue.L’orientation sexuelle n’est pas une maladie, elle n’est pas un handicap, elle n’est pas une déviation.Le système juridique québécois et canadien accorde une égalité de droit aux personnes homosexuelles, à leurs unions, et te droit à l’autorité parentale.Un futur premier ministre gai devra être un authentique populiste doublé d’un communicateur charismatique.Déjà qu’en politique il faut être exempt de tout reproche.Un futur premier ministre gai devra être capable de se montrer en compagnie de son conjoint et de ses enfants si tei est te cas: la famille est une valeur fondamentale de notre société et les familles homoparentates ne doivent pas faire exception.Un futur premier ministre gai devra être blanc comme neige et n’offrir aucune autre prise contre lui.Faire face aux préjugés de la société sur la question de l’orientation sexuelle est suffisant D ne faut pas en rajouter.Un futur premier ministre gai devra être parfaitement à l’aise avec son orientation sexuelle, se montrer authentique, cohérent dans ses valeurs personnelles et dans sa vie privée.La vie publique se vit au grand jour.Un futur premier ministre gai ne pourra pas compter sur la réserve des médias pour mettre sa vie privée à l’abri de l’opinion publique.Il ne pourra pas compter sur la protection de la vie privée.L’orientation sexuelle est une composante essentielle de la personnalité et de l’identité.On a longtemps confondu la vie sexuelle et l'identité sexuelle.La seule chose qui soit personnelle est l’accomplissement de la sexualité, ce qui a été à l’origine de cette célèbre déclaration de Rerre Elliott Trudeau: «L’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation.» Un futur premier ministre gai sera avisé qu’il ne peut rallier tout te monde.Uhomophobie est bel et bien présente dans la société.Il lui faudra gérer cette situation comme toute autre question.D devra se montrer à l’aise et confiant avec son orientation sexuelle.D sera proactif, capable de se montrer au grand jour et donner la réplique à ses attaquants.Un futur premier ministre gai sera authentique, charismatique, près du peuple et bon communicateur.La vie publique exigera une parfaite harmonie entre la vie privée et la vie publique.Un politicien ordinaire dont l’orientation homosexuelle est connue ne pourra pas réussir.Il devra plutôt être au-dessus des autres, une sorte de «bête politique».Cela viendra! Tant pis s’il faut attendre.Lettre à la ministre line Beauchamp Poursuites- bâillons ALEXANDRE MEUNIER Citoyen et ancien membre du conseil d’administration du CQDE (200345).Les journaux font actuellement grand cas-des poursuites-bâillons, mieux connues * sous l’acronyme SLAPP (Strategic Lawsuit; Against Public Participation).Dans les quelques: articles parus, on apprenait qu’ur com5' ’’experts mandaté par le gouvernement cL Québec; recommandait à ce dernier de légiférer pour; empêcher que des entreprises n’utilisent les : tribunaux abusivement pour bâillonner des citoyens: et des regroupements de la société civile qui ; expriment des points de vue opposés à ceux! défendus par ces mêmes entreprises.En alléguant des propos diffamatoires, les entreprises prennent des recours en justice qui contraignent les regroupements à se rétracter ou à dépenser des sommes astronomiques en frais juridiques, ce qui est financièrement impossible pour la plupart d’entre eux.Dans les deux cas, de telles poursuites constituent une grave menace à la liberté d’expression.Le gouvernement du Québec a 1e devoir de protéger tous les organismes citoyens, surtout les groupes de défense de l’environnement, qui sont la cible des poursuites abusives en très grande majorité.Ceux-ci possèdent une expertise indépendante indispensable et sont détachés de tout intérêt mercantile.Quand ils s’opposent aux projets des entre- Erises, ce n’est pas par goût de l’immobilisme, mais ien parce que leur lecture des faits les porte à croire que l’intérêt commun est menacé au profit de l'intérêt particulier.Il est primordial que le gouvernement protège les citoyens qui dénoncent des situations où le droit à un environnement sain, récemment inclus dans la Charte des droits et libertés du Québec, semble — à tout le moins—violé.Dans un contexte où le législateur est forcé de se pencher sur l’accès des organismes à la justice, nous apprenons que le gouvernement abandonne à son triste sort le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), seul organisme québécois à posséder une expertise indépendante en matière de droits de l'environnement En effet faute d’un soutien financier pourtant promis à plusieurs reprises par l’actuel gouvernement depuis 2003, et dont il ne voyait pas encore la couleur, le CQDE a cessé ses activités àla fin de juin.Paradoxalement votre gouvernement ne semble pas comprendre comment la disparition du CQDE laissera les organismes environnementaux et les citoyens sans ressources quant aux aspects juridiques dans le domaine environnemental.Entre 2003 et 2005, période au cours de laquelle j’ai été membre du conseil d’administration du CQDE, j’ai pu constater à quel point là survie de l’organisme était précaire.La détermination de son président Me Jean-François Girard, a permis de repousser de plusieurs mois, voire de plusieurs années, la suspension de ses activités.Celle-ci a plusieurs fois semblé inévitable, mais l’espoir ravivé périodiquement par les titulaires du MDDEP et certains hauts fonctionnaires ont plusieurs fois convaincu le CQDE qu’il y avait une lumière au bout du tunnel.Aucun signe de vie En 2003, la plate-forme électorale du parti libéral promettait un soutien financier récurrent au CQDE.Peu de temps avant le déclenchement des dernières élections, le ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard a confirmé verbalement l'octroi d’une subvention, morte au feuilleton avec le déclenchement des élections.Qu’est-il advenu du soutien promis par M.Béchard?Nul ne le sait car, depuis votre nomination, Mme Beauchamp, au MDDEP, aucun signe de vie de la part du ministère n’a été manifesté.La suspension des activités du CQDE signifie que les citoyens du Québec ne disposent plus d’aucun service de première ligne gratuit en matière de droit de l’environnement Les organismes et les citoyens devront également débourser beaucoup plus d’argent pour obtenir des avis juridiques (gageons que cela en découragera plusieurs de prendre la voie des tribunaux pour défendre le patrimoine naturel).Le CQDE ne pourra plus intervenir dans les débats environnementaux impliquant des aspects juridiques.Bref, la perte d’une vont indépendante et avisée comme celle du CQDE se fera lourdement sentir.Toute la semaine, j’ai cherché dans les journaux la trace d’une annonce de soutien financier du gouvernement au CQDE.Nul doute que le contexte aurait porté les contribuables à comprendre l’importance d’un tel soutien.Gare à ceux qui pensent que, de toute façon, dix organismes naissent pour un qui disparaît.Le CQDE laisse un vide au Québec.La nature a horreur du vide laissé par le CQDE.Demandez aux organismes environnementaux du Canada anglais s’ils se passeraient du Sierra Legal Defense Fund.En votre qualité de ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Mme Beauchamp, vous disposez des pouvoirs nécessaires pour permettre au CQDE de reprendre ses activités, pour le phis grand bénéfice des Québécois et de leur environnement Ëcrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envol si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utifeer le courriel (w-daction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d'indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au direettur de l’information), Jeanne Corrlveau (affaires municipales).Fabien Degltae; Marie-Andrée Chouinard (iditorialiste, responsable de la paie Idles) Brian Myles (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Générât).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Émilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clave!(Ri(pilr*).Jean-Guillaume Dumont, Philippe Papineau (pupitre) I .oui-k-Mau de Rkxix Soucy (Santé:: Pauline Grawl fsnences) ; Michel Gameau uxincaturiste) Ihane IVécoor! (rrsptmsiiNf des pages tkémabques), Martin Duek*.Michèle Mak'nhmt et Christine Dumarel {rrlecteurt: Jacques Grenier et Jacques Nadeau ipitotteirajdm) ; b TbeAwmetkin ciskmAe Michel Béifcir {Érétére et ctdmr Odtun Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du ueek-end), Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay trfdéaiajlsabelle Paré (culture)’, h l’Information économique : Gérard Bérubé (adjoint au dsncSeur de l’ùejbrmation) Dominique Reny (pupitre).Éric Desrosiers, Claude Turcotte, François Desjardins; à l’information internationale ; Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lève •.,c, Guy Taillefcr (adjoint au dincteur de lin/brmation), Serge Truffaut (éditorialiste) ; à rbdbrmation politique : Hélène Butaetti e Alec Castonguay (correspondants parlementaires d Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires A Québec).Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudres- (secrétaire A la rédaction)-.Marie-IVr Frappier, Émilie Parent Bouchard (commis d la rédaction).U documentation : Gilles Pué (déreettsa) Manon Derome, Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron.Marlène Côté, Christiane Legault.Amélie Maltais, Claire Paquet.Martine Riopelle.Isabelle Sanchei Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé Secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchcz, Johanne BruneL Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Flüon.Yannick Morin Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service d la clientèle).Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Fillon, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (amlHleur) Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Monique Proteau, Danielle Ross.t •À t I LE DEVOIR.LES SAMEDI 28 ET DIMANCHE 29 JUILLET 2007 B 6 ENSOLEILLE AVEC, FEE10D3S NUAGEUSES LE DEVOIR Otf»ct»vr ; Gérf FILIOU FAIS Cl gUI POIS RêéBdtui M «»•*: 0»«l MEROU* Lë foUttqu* •Itmtku U te notait («Art caux-ic mtmn gm mint ik'u t* toit «dut.U dt»3*r ttt mmotot mut (1 fit tdoort (*«P*.**«• »>•» porta twe te ptit- Tout peut l'ttrt ave* la (lierre.ne ïu - (in») VOL XLIV — No M2 MONTREAL.VENDREDI.19 JUINJ953 Di» sous l« numéro 20 juin 1953 Les Rosenberg ont ete executes Ils meurent, électrocutés, à dix minutes d’intervalle AGENCE FRANCE-PRESSE Ethel et Julius Rosenberg sont morts hier soir sur la chaise électrique à la prison de Sing-Sing.\ / I Ossining, N.Y., 20 (P.A.) - Les espions Jufius et Ethel Rosenberg sont morts hier soir sur la chaise électrique à la prison de Sing-Sing.Julius Rosenberg est mort le premier.Il a été déclaré mort à 8 h.06pjn., h,a.e.Ethel Rosenberg a suivi son mari et M déclarée morte à 8 h.16 pm Ni l’un ni l’autre n’ont fait de déclaration avant de mourir.Ce sont les premiers civils dans l’histoire américaine à être exécutés pour espionnage.Ils ont été trouvés coupables d’avoir livré des secrets atomiques américains à la Russie.Les électrocutions ont eu lieu après un sursis de 24 heures rempli d’attente pendant lequel la Cour suprême a étudié pour rejeter un cinquième appel de la condamnation.Julius est mort après trois chocs.D a été installé sur la chaise à 8 h.04.On l’a déclaré mort 2 minutes plus tard.Pour sa femme, cependant il a fallu cinq décharges électriques et sa mort n’a été confirmée que 4 minutes et demie plus tard.Les deux époux sont morts au lendemain de leur 14e anniversaire de mariage et quelques minutes avant le début du sabbat hébreu.En rentrant dans la chambre de la mort Mme Rosenberg était accompagnée de Mme Helen Evans matrone de la prison.Mme Rosenberg se tourna juste avant de s’asseoir sur la chaise électrique, attira Mme Evans et elles s’embrassèrent La matrone était visiblement émue.Elle se retourna rapidement et quitta la chambre.Aucune émotion Les Rosenberg n’ont manifesté aucune émotion.A 8 heures, on put entendre la voix du rabbin Irving Koslowe dans le corridor conduisant à la chambre de la mort Il entonna le 23e psaume: «Le Seigneur est mon pasteur; je ne manquerai de rien.» «Bien que je marche dans l’ombre de la mort je ne crains aucun mal.» Rosenberg, portant un pantalon brun foncé et une chemise blanche et des pantoufles, suivait le rabbin.Il marchait d'un pas ferme.Sans ses verres, il avait l’air de regarder fixement sans reconnaître personne dans la salle.On lui a couvert le visage du masque de cuir pour ensuite lui poser le casque sur la tête et lui attacher les électrodes à la jambe droite.L’espion condamné est demeuré assis calmement en attendant la décharge électrique qui causerait sa fin.La mort de Julius Dans une alcôve située près de la chambre de la mort, Joseph Francell, le bourreau, attendait le signal.Lorsqu’il fut donné, on entendit un crépitement et un murmure dans la chambre, dans laquelle on ne pouvait discerner aucun autre bruit La poitrine de Rosenberg se cambra fortement contre les courroies qui le retenaient D serra le poing.Son cou et sa poitrine rougirent Puis, il s’affaissa visiblement Le premier choc dura trois secondes.Les deux autres se prolongèrent durant 57 secondes chacun.Chaque fois les courroies se tendaient pendant que son corps se pressait contre elles.Puis, le son étrange, un mélange de murmure et de bourdonnement cessa dans la salle.Deux médecins, les Drs H.W.Kipp et George McCracken s’avancèrent Ils déchirèrent la chemise de Rosenberg.Les deux médecins appliquèrent des stéthoscopes et le Dr Kipp dit «Je déclare que cet homme est mort» [.] Son corps fut placé sur une table d’hôpital blanche, munie de roues, et fat rapidement transporté en dehors de la chambre.La mort d’Etfael Un gardien ouvrit d’un pouce ou deux la porte conduisant à la chambre de la mort.Il regarda au dehors.Un moment plus tard, on pouvait entendre de nouveau la voix basse du rabbin Koslowe.Il s’avança lentement devant Mme Rosenberg.Il récitait les 15e et 31e psaumes.Sa voix grave et mélodieuse chantait «Qui séjournera dans ton tabernacle.» Le rabbin s’écarta et Mme Rosenberg s’approcha de la chaise électrique.[.] Mme Rosenberg portait une robe verte avec motifs blancs, à encolure ronde et à manches courtes.Elle portait également des pantoufles.Elle s’assit calmement dans la chaise et se laissa tomber les bras sur les appuis.Elle grimaça un peu quand le casque à électrode lui fut placé sur la tête.Elle n’avait pas les cheveux rasés, mais tondus.Les courroies furent alors attachées à la tête et à la poitrine.Les électrodes furent attachées à la jambe droite.[.] Il se passa de nouveau un moment qui parut bien long avant que le bourreau ne mette le courant On entendit une autre fois le bourdonnement Quand la décharge électrique l’atteignit Mme Rosenberg sembla tirer fortement sur les courroies.Ses mains, qui pendaient le long des appuis et étaient ouvertes, se fermèrent brusquement Comme son mari, elle reçut trois décharges électriques, de trois secondes, 57 secondes et 57 secondes.Quand le courant fut coupé, elle s’affaissa dans la chaise, apparemment soutenue seulement par les courroies posées sur sa poitrine et sa tête.De nouveau, les deux médecins s’approchèrent de la chaise avec leurs stéthoscopes.De nouveau, on les entendit se consulter à voix basse cependant qu’ils promenaient leurs stéthoscopes sur la poitrine de la condamnée.Puis ils murmurèrent quelques mots au gouverneur Wilfred Denno.Les gardiens firent quelques pas et rajustèrent les courroies.Le ronronnement du puissant courant électrique se fit entendre dans la chambre.Les muscles de la femme semblèrent lutter une autre fois contre les courroies.Elle reçut deux autres décharges.Puis les médecins la déclarèrent morte.[.] Les exécutions ont eu lieu à cette heure spéciale pour être terminées avant le coucher du soleil, à 8h.31, HAE, début du sabbat juif.Le gouverneur a déclaré que les Rosenberg avait passé tout l’après-midi ensemble.Ils se sont parlés à travers une grille dans l’aile des femmes de la maison de la mort de Ih.à Th.20 p.m.HAE.On les sépara ensuite et on les prépara à la mort [.] 23 juin 1953 Le miracle possible 18 juin 1953 Les cours de préparation au mariage ont dix ans — On les considère comme un moyen de protéger les liens du mariage et de réduire le nombre de séparations et de divorces Québec, 18.(RC.) - Une idée, conçue il y a environ dix ans, par deux Pères de l’Université d’Ottawa, a donné naissance aux cours de préparation au mariage qui deviennent de plus en plus populaires dans le Québec.Ces cours, qui traitent des problèmes matrimoniaux fondamentaux et sont destinés aux jeunes gens qui se destinent au mariage ont débuté en 1946 et, depuis lors, plus de 75,000 personnes les ont suivis pour atteindre ce que les autorités religieuses désignent comme étant des «résultats remarquables».Les cours, en grande partie fondés sur les principes catholiques, se sont étendus à tout le Canada, aux Etats-Unis et dans les pays d’Europe.[.] Ils ont trait aux problèmes matrimoniaux en général, à la psychologie féminine et masculine, à l’anatomie des deux sexes, au droit canon, aux lois civiles concernant le mariage, et aux problèmes financiers et autres auxquels doivent faire face les jeunes mariés.Les cours sont donnés par des médecins, des avocats, des prêtres, des notaires et des experts financiers et économiques.[.] Le Père Leonard Murphy, un ardent supporteur des cours et l’un de ses pionniers dans la ville de Québec, les a institués ici il y a quatre ans et pense que c’est tout simplement «merveilleux».«Ils ont réellement eu de bons effets pour ceux qui les ont suivis ici», dit-il.Peu importe que la personne soit catholique ou non, le but des cours est d’aider quiconque envisage le mariage.[.] Le Père Murphy dit que le but principal des cours est de préparer suffisamment la jeunesse afin que la vie mariale soit heureuse et «aussi idéale que possible».Son opinion sur un mariage idéal?La voilà: «Si, après 40 ans de mariage, vous voyez le même homme et la même femme s’en aller bras dessus bras dessous dans la rue, avec un éclair de joie dans les yeux, alors je puis dire que leur mariage a été idéal».«Ce que les hommes doivent réaliser, dit le Père Murphy, lorsqu’ils se marient, et que trop souvent ils ne réalisent pas, c’est qu’ils épousent une femme, non un autre homme.Ils doivent essayer de comprendre leur compagne et étudier sa psychologie.La même chose s’applique à la femme.«Si cela était mis en pratique les mariages seraient alors plus heureux et il y aurait moins de désunions familiales.«Les cours de préparation au mariage essayent tout simplement de réussir cela».23 juin 1953 Inauguration de «La Roulotte» C’est ce soir, à l’occasion du grand feu de bûcher de la Saint-Jean, que sera inaugurée officiellement au parc La Fontaine la Roulotte municipale.Les autorités municipales, et plus particulièrement le nouveau directeur des parcs et terrains de jeux, M.Claude Ro-billard, a voulu accorder à la Société Saint-Jean-Baptiste l’honneur d’inaugurer officiellement cette Roulotte de théâtre ambulant, à l’occasion de la traditionnelle manifestation du feu de bûcher de la Saint-Jean qui attire au parc La Fontaine, chaque année, plus de cent mille personnes.Son Eminence le cardinal Léger a bien voulu accepter de bénir le bûcher et Son Honneur le maire Camillien Houde l’allumera vers les 10 h.[.] Collaboration spéciale au DEVOIR par le Dr Adrien Plouffe Vous dites que «c’est votre affaire si vous voulez boire et manger à votre goût et que ça ne regarde pas une miette les hygiénistes».C’est votre affaire! d’accord, mais c’est la nôtre aussi, irascible correspondant ! Tout ce qui touche à l’hygiène et à la médecine préventive est nôtre, à cause de la bonne influence que ces deux char pitres importants de la science médicale ont sur la santé.C’est entendu, vous êtes un homme libre et vous avez la liberté de boire jusqu’à l’ivresse.Mais est-ce bien digne d’un être humain qui se pique d’être intelligent?Vous avez la liberté de boire quarante onces et plus d’alcool, par jour, si ça vous chante ! Mais est-ce que cela est conforme au sens de la mesure, au juste milieu et à l’élémentaire gros bon sens?Oui, vous êtes libre de vous plonger dans l’ivresse èt dans l’alcoolisme, mais nous les hygiénistes, nous sommes libres de vous crier casse-cou ! Et en agissant ainsi, nous nous acquittons de notre devoir.Quant aux abus de la table, vous vous vantez, car les gens qui boivent autant que vous ne mangent guère, d’ordinaire.Ils n’ont pas faim, ils se contentent d’avoir soif et d’étancher leur sempiternelle soif avec leurs libations alcoolisées! Buvez jusqu’à l’ivresse! Buvez, chaque jour, une ou deux bouteilles de whisky.Mais, je vous en prie, n’ayez pas la mauvaise grâce de vous en prendre ensuite à ceux qui ont le courage de vous rappeler à l’ordre.Vous ne vous occupez plus de vos affaires et elles périclitent ! Vous ne vous occupez plus de votre famille qui souffre physiquement et moralement, à cause de votre intempérance dégoûtante ! Et devant cette faillite monumentale et devant le désarroi qui règne dans votre foyer, vous vous indignez parce que les disciples de Pasteur vous parlent le langage de la raison ! Allons donc ! Descendez de vos grands chevaux et si vous voulez continuer de vous abreuver à la source empoisonnée de l’abus du whisky, si vous voulez assister à la ruine de votre industrie et à la ruine de votre home, ne nous empêchez pas de le déplorer avec toutes les honnêtes gens.Nous sommes pour l’usage modéré de la boisson, mais à la condition expresse que vous sachiez boire.Or, entre nous, vous ne connaissez rien de rien en l’art de boire raisonnablement La tempérance, la modération, la sobriété si vous préférez, n’est pas pour vous, pour vous qui êtes un ivrogne et un alcoolique.Certes, vous êtes libre, mais quand on pratique la liberté jusqu’à la licence, c’est une faute, une faute grave, une faute impardonnable.Et cependant, nous avons pitié de vous, mon pauvre ami, parce que vous êtes un malade, un cas authentique de pathologie.Tout récemment — je suis bien renseigné ! — une crise de delirium tremens vous a transporté au pays des dragons et des serpents contre lesquels vous vous débattiez avec la rage d’un désespéré ! Ne croyez-vous pas qu’il est à peu près temps de sortir de l’esclavage morbide où l’abus de la boisson vous a conduit?Allez subir une cure de désintoxication et entrez ensuite dans une association antialcoolique, c’est ce que vous avez de mieux à faire ! Je sais que vous ne voulez pas entendre parler de prendre l’engagement solennel de ne plus boire.Avec vos cellules cérébrales imbibées d’alcool, empoisonnées par l’abus de l’alcool, vous n’êtes pas en état de tenir un engagement d’honneur, non, mais alors adressez-vous à l’Association des alcooliques anonymes dont la sollicitude éminemment humaine va vous entourer et vous réhabiliter.Des milliers d’ivrognes et d’alcooliques ont été sauvés par cette magnifique association; qu’est-ce que vous attendez pour essayer de redevenir un homme normal — un homme?» N’hésitez pas ! Cessez de boire sur-le-champ ! Tout seul, vous êtes impuissant, mais une force au-dessus de vous peut vous aider à reprendre la route de la raison et du bon sens.Vous croyez encore en Dieu, alors, dans votre cas, les Alcooliques Anonymes pourront vous secourir, prêter main-forte à un frère ! Us vous aideront à retrouver Dieu ! 150,000 anciens ivrognes ou anciens alcooliques sont là pour vous apprendre que votre salut est un miracle possible.Sachez redevenir un homme ! Adrien PLOUFFE Recherche et adaptation : Pierre Rousseau EATON Souliers de canevas L» ouvr* • 9 h»ur** !• — Heure* U'effeirer.f h.* S h.30 du jeudi eu vendredi — Le temedi : V h.* J b.hommes! Ré».MJ Prix spécUI Selon 3.99 pour le "Jour des papas" Donnez ô pape un cadeou qu'il appréciera durant les jours chauds de l'été ! 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