Le devoir, 21 juin 2003, Cahier G
LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET D I M A N LUE 2 2 .1 I l V 2 O O S LE DEVOIR Histoire De Malmaison à Montréal L’exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon, présentée du 4 juin au 8 septembre 2003 au Musée Stewart du Fort de l’île Sainte-Hélène, est une première nord-américaine.Elle fait écho à l’exposition Napoléon.à l'île Sainte-Hélène, qui avait attiré plus de 100 000 visiteurs en 1999.Ws 1 Ainsi naquit Montréal Des tréfonds de Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, émane depuis peu une étrange lumière.Au sein de ce lieu dédié à la mémoire montréalaise, techniciens et spécialistes de la muséologie ont mis en commun leurs compétences.Page 3 Page 5 MUSÉE POINTE C A L L I È R E Ossuaire tp .'-/Y\y> l:Y^'îvcY$P (| À.f ^ '¦ V' i \i>m.Pomme-grenade sculptée '« W v-w 4mrr 1 '/y-yK % mik f ^ ' '/ Stèle y \"V'V E V OIK.SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 .1 f I X 2 O O :î (i 2 I.E MUSEES Un musée international pour Montréal «Il faut avoir de l’audace.et être téméraire » Entrevue avec Francine Lelièvre Le défi est de taille: devenir un véhicule culturel et historique dépassant les frontières d’un pays.Plusieurs musées caressent cette ambition, mais peu peuvent se targuer de la réaliser.Mais voilà que, depuis quelques années déjà, le jeune Musée archéologique de Pointe-à-Callière arrive à se hisser au niveau international.SOURCE MUSEE DE POINTE-À-CALLIÉRE Francine Lelièvre, directrice générale du Musée de Pointe-à-Callière.Ce musée dédié à l’archéologie et à l’histoire caresse depuis quelque temps l'ambitieux projet de tripler la superficie d’exposition.ULYSSE BERGERON Après des expositions comme Trésors d’Italie du Sud, Trésors des steppes d’Ukraine et Les Mochi-cas du Pérou, Pointe-à-Callière présente jusqu'au 2 novembre l’exposition L’archéologie et la Bible: du roi David aux manuscrits de la mer Morte, une sélection d’artefacts rassemblée pour l’occasion par le Musée d’Israël, de Jérusalem, et par l’Israël Antiquities Authority.«Legrand défi c'est avant tout de convaincre un partenaire de nous prêter soit certaines pièces, soit une collection complète.Et à ce niveau, c'est un peu comme dans la société: les grands musées prêtent aux grands musées.Plus vous êtes petit, plus c'est difficile.Surtout si vous n’avez pas de grande collection en échange», explique Francine Lelièvre, directrice générale du musée.Il s’agit en fait d’un échange de bons procédés: «On prête à un collègue qui va être capable de nous prêter.» Malgré les milliers d’artefacts détenus par Pointoà-Callière, dont 1700 objets restaurés, le jeune mu- sée — il n’a que 11 ans — ne peut comparer sa collection a celles des grandes civilisations amérindiennes du Sud.La raison en est fort simple: celles-ci étaient sédentaires et, comme le souligne Mme Lelièvre, «elles ont laissé des traces de civilisations extrêmement avancées».Les artefacts du musée montréalais sont principalement datés du XX' siècle en raison de leur biodégradabilité.D’où l’importance, pour Pointe-à-Callière, de débloquer une salle d’exposition de «grandeur acceptable» afin de pouvoir accueillir des expositions internationales.Car — et cela n’est un secret pour personne — sa principale contrainte relève de sa superficie d’exposition: près de 5(XX) nr.Pour cette raison, le musée dédié à l’archéologie et à l’histoire caresse depuis quelque temps l'ambitieux projet de tripler la superficie d’exposition.Un projet qu’on évaluait, au début de l'année, à 24 millions de dollars.L’agrandissement serait principalement sous-terrain.Le gouvernement québécois avait promis de financer la moitié du projet.Toutefois, le changement récent du paysage politique québécois pourrait remettre à plus tard son élaboration.Car, malheureusement pour Pointe-à-Callière, la sphère culturelle n’est pas la priorité du nouveau gouvernement Détenir le minimum Toutefois, Francine Lelièvre soutient qu’il est possible de pré- senter des expositions internationales si le musée sait développer un bon réseau de contacts.Ce qu’il a fait.Car, comme le souligne la directrice, «les deux facteurs déterminants pour emprunter sont avant tout les normes environnementales et les systèmes de sécurité qui répondent aux normes des musées prêteurs».«Un musée, pour réaliser des ex- positions internationales, doit avoir un minimum.Et le minimum, c’est qu’il puisse offrir des conditions de température et d’humidité contrôlée qui répondent aux normes internationales.» Il s’agit de détenir les systèmes électromécaniques qui permettent de contrôler la température et de maintenir celle-ci à l’intérieur d'une fourchette de cinq degrés.Des normes qui peuvent se resserrer et devenir plus exigeantes selon la fragilité des objets exposés.La variantion de température pour les papiers et les tissus, par exemple, ne peut dépasser deux degrés.Pour un musée comme Pointe-à-Callière, le défi est encore plus grand.Située près d’un cours d’eau, dans un pays qui connaît des écarts de température notables en raison des différentes saisons, l’institution doit pouvoir détenir les technologies sophistiquées nécessaires lui permettant d’offrir les conditions idéales pour accueillir des collections étrangères.Si des objets requièrent, en raison de leurs matériaux, un contrôle encore plus accru, c'est à l’intérieur des vitrines où ils seront exposés que le contrôle se fera: création d’un microclimat qui viendra «équilibrer les variantes de température», souligne la directrice du musée.De plus, les systèmes doivent pouvoir contrebalancer les facteurs externes à la salle elle-même: le nombre de visiteurs qu’il y aura.leur respiration, la chaleur quils dégageront, le CO_,.«Si vous n’avez pas ça, n ’essayez pas d’emprunter des pièces au niveau international.Cest la première question que vous posera l’institution à qui vous empruntez.» Mais encore une fois, cela est relatif.Car des objets constitués de pierre et de poterie ou certaines pièces récentes (XX' siècle) ne requièrent pas nécessairement autant de précautions.Pour leur part, certains grands centres d’exposition, ne détenant pas vraiment de collection, se tournent vers l’argent pour emprunter de grandes collections.Mais comme l’affinne Francine Lelièvre, «le facteur financier est moins important qu’il y a dix ans.Ceux qui prêtent davantage en tenant compte de l’argent, ce sont les musées des pays en voie de développement.Des pays d’Amérique latine ou d’Asie.Des pays qui ont foncièrement besoin d’argent, ne serait-ce que pour conserver et restaurer leurs pièces».Faute de détenir la superficie souhaitée et un budget astronomique, le Musée de Pointe-à-Callière s’appuie sur la reconnaissance, la notoriété et la réputation qu’il a su développer depuis sa création en 1992.Mais également, et surtout, sur sa détermination: «Il faut avoir de l’audace.et être téméraire.Moi, je me dis que le pire qu'ils [les musées qui prêtent leurs collections! peuvent faire, c’est de me dire non.» Entrevue avec Guy Vadeboncœur De TAncien au Nouveau Monde «Présenter la découverte et l’exploration des Amériques» Illustres ou anonymes, nombreux sont les personnages que l’on croise derrière les objets exposés au Musée Stewart.La marquise de Pompadour, Napoléon, Cook, Bougainville, Joséphine, mais aussi colons, marins, militaires, voyageurs de tous horizons, les salles du musée sont très achalandées.Guy Vadeboncœur, conservateur en chef et directeur associé du musée, est l’un des maîtres d’œuvre de cette sarabande historique.ESTELLE Z E H LE R énumération prestigieuse qui précède pourrait i sembler décousue et anachronique, si ce n’était la programmation du Musée Stewart.En effet, outre sa collection pennanente, ce musée organise chaque année jusqu’à trois expositions temporaires aux hôtes divers.Les invitations lancées s’enracinent dans sa vocation, une vocation historique, tel que le souligne Guy Vadeboncœur «Musée dhistoire, nous sommes intéressés par tout sujet historique.Nous avons pour mission de présenter la découverte et l’exploration des Amériques, essentiellement l’Amérique du Nord, par les civilisations européennes.» Le visiteur explore par conséquent les XVI', XVII', XVIII et XIX' siècles par le biais de collections d’objets, d’artefacts, de documents d’archives, de livres et d’iconographies.«Os collections, qui lient l’Ancien et le Nouveau Monde, nous permettent de jeter un regard transatlantique.» Il en résulte une programmation variée qui visite le passé en des lieux, en des temps quelquefois inattendus, mais dont certains facteurs ont indubitablement déterminé ou influencé l’occupation de l’Amérique du Nord.Ainsi, l’exposition Napoléon.à Vile Sainte-Hélène, bien qu’ancrée hors de la période de la NouvellœFran- ce, a pu prendre place dans la progranunation du musée en 1999.«Napoléon a joué un rôle important dans notre histoire, notamment par la vente de la Louisiane et du fait de l’adoption du Code civil napoléonien.» Non seulement cette exposition devrait remporter un vif succès, mais la collaboration du Musée Stewart avec le Musée national des châteaux de Malmaison et Bois-Préau lors de sa mise en place fut une expérience très heureuse et enrichissante.«Aussi avons-nous cherché un moyen de récidiver.Joséphine s’est imposée à nous de manière absolument naturelle du fait qu’elle possédait ce caractère assez intéressant de se dire elle-même américaine, puisqu'elle était née en Martinique.» D's deux époux allaient par conséquent se rencontrer à nouveau par delà le temps, à Montréal, bien loin du salon de Mme Tallien, grâce à la volonté des conservateurs des deux musées.L’exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon questionne Joséphine pour mieux la courtiser.Intimiste, elle nous convie dans ses appartements.Observatrice, elle nous présente l’ambassadrice qui travaillait à la promotion des arts et des sciences naturelles.Les expositions du musée ne se résument toutefois pas aux personnages impériaux ou aux amours impériales.Leur programmation est une façon de renouveler le produit proposé et, ainsi, l’intérêt du public.«Mais l'espace d'exposition temporaire permet également de développer un aspect particulier d’un événement ou d’une thématique qui est abordé dans l’espace permanent, ou encore d'innover sur un sujet.» Monde et mappemondes lu superbe collection de globes anciens a été ainsi mise en valeur lors de l’événement Oui! La Terre est ronde, monté en 2000.Les commémorations sont une autre occasion de développer des événements marquants.Tel a été le cas du 350 anniversaire de la Ville de Montréal en 1992.les concepts d’exposition ne sont pas toujours générés intra muras.Des propositions sont adressées au musée.«H est important de SOURCE MUSÉE STEWART Guy Vadeboncœur, conservateur en chef et directeur associé du Musée Stewart.conserver une ouverture d’esprit face aux suggestions ou offres qui nous parviennent.» Plutôt que de s’attacher à une idée en particulier, l’équipe muséologique offre aux projets une certaine autonomie afin d’en examiner le potentiel.A cette fin, les concepts sont étudiés au sein d’un comité de progranunation.Ainsi, l’exposition consacrée à Cook et Bougainville, au lieu d’être une simple mise en parallèle de deux carrières militaires et marines, s’est déployée de la guerre de Sept Ans jusqu’à la présentation de gravures du peintre Gauguin.Concomitante à la présentation de Joséphine, mais itinérante, l’exposition Amériques françaises: les villes des ingénieur^ du Roy au Nouveau Monde étend sa tournée aux Etats-Unis, dans les villes de Detroit et de Mobile.Cette aventure est le produit d’un partenariat avec un musée français: «Nous avons conclu une entente avec la Corderie royale de Rochefort.Nous avons repris l’exposition à Montréal en l’améliorant par l’ajout d’objets de notre collection et de plusieurs artefacts témoins.» L’aventure coloniale des Français des XVII' et XVIII' siècles y est contée pour établir la genèse des villes et l’inspiration métropolitaine.En effet, tant en Nouvelle-France qu’en Acadie, en Louisiane, aux Antilles et en Guyane, la ténacité et le génie de ces aventuriers ont permis la construction de postes de traite, de ports de pêche, d’exploitations agricoles, autant de prémisses à rurbanisation de nos sociétés contemporaines.Le calendrier à venir du Musée Stewart prévoit d'autres collaborations internationales.Ainsi, en octobre 2003, un événement fastueux mettra en scène des vêtements parmi les plus riches et luxueux de la Renaissance italienne, reproduits à partir de tableaux d’époque.Broderies, dentelles, soieries, tissus nobles se donneront en spectacle suite au partenariat établi avec l'Institut culturel italien de Montréal.En mai 2004, tissages et mailles s’effaceront devant la fragilité de la porcelaine, une porcelaine lointaine qui marie l’Occident et l’Orient Sous le tracé délicat des motifs floraux et des annoiries transparaît la politique commerciale établie par la Compagnie des bides au XVIII' siècle.En effet entre 1730 et 1785, plus d’une centaine de navires de commerce ont relié la Chine.Dans leurs soutes reposaient de précieuses porcelaines fabriquées et décorées en Chine selon des motifs fournis.Celles-ci étaient exportées, par la suite, à travers le monde, dont la Nouvelle-France.Mais aujourd’hui, la galante et prestigieuse, mais pourtant intime, invitation de Joséphine ne laissera pas le visiteur indifférent, un visiteur qui ne pourra qu’être tenté de revenir au Musée Stewart pour d’autres belles rencontres.r Entrevue avec Elaine Bédard et Alexandre de Bothuri Bàthory d’acquérir mémoire aux objets» La passion « Je veux redonner la SOURCE MUSÉE STEWART Les collectionneurs Alexandre de Bothuri Bàthory et Élaine Bédard en compagnie du directeur du Musée de Malmaison, Bernard Chevallier.Pour monter l’exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon, le Musée Stewart au Fort de l’île Sainte-Hélène a fait appel, entre autres, à des collections privées, dont • celle d’Élaine Bédard et Alexandre de Bothuri Bàthory.Philanthrope, passionné d’art français, le célèbre couple entend bien faire profiter l’humanité de leurs «en-; fants chéris» en les prêtant aux musées du monde çntier et, pourquoi pas, ouvrir un jour leur propre musée! MYLÈNE TREMBLAY .f \ bjets inanimés, avez-vous donc une âme?», interrogeait Lamartine.11 suffit d’entendre le comte de Bothuri et son épouse, Elaine Bédard, raconter l’histoire de leurs acquisitions pour s’en convaincre.Chaque pièce — leur inventaire est estimé à plus de 3000 objets issus du XVH au XX siècle — a été choisie avec soin, en fonction de son 6 vécu et de son importance historique.Des objets de grande va- © leur qui ont appartenu à Joséphine et Napoléon, mais aussi à Marie-Antoinette.Marie-Louise, Louis XV et plusieurs autres personnages d’époque.Dans cette démarche de collectionneur, l’histoire se révèle à eux.Mais pourquoi vouer un tel amour à des objets qui, au premier abord, semblent inanimés?«Nous collectionnons par passion, parce qu'on s’est rendu compte que beaucoup d'objets ont perdu leur paternité durant l'histoire.Notre but est de redécouvrir cette paternité, un peu à la manière d’un détective qui, en entrant dans une salle d'antiquités, se dit: dans cette pièce, il y a un objet que les gens n 'ont pas vu et qui va nous faire un signe!» Et combien d'objets leur ont été révélés ainsi! Prenez cette parure en or exposée au Musée Stewart, sertie de diamants, d’émeraudes et d’or, achetée il y a une quinzaine d'années à la maison de vente Christie.«La veille encore, assure le comte, j’avais touché cet objet et je me suis dit que je devais l'avoir.Le jour de la vente, les téléphones sont tombés en panne et je l'ai eu à un prix ridicule.Plus tard, j’ai découvert que les émeraudes appartenaient à Marie-Antoinette puisque beaucoup de pièces de l’époque des familles royales ont été dépecées.Les émeraudes provenaient du même gisement que celles de l’épée du sacre de Charles X.» Un musée vivant Si l’objet a une âme, il choisit aussi son propriétaire.Car n'est pas collectionneur qui veut.«Il y a une démarche intellectuelle, suggestive et inconsciente qui fait en sorte que vous êtes attiré par un objet, croit Alexandre de Bothuri.Le passé vous fait un clin d'œil.Peut-être lavez-vous vu dans une vie antérieure.Vous voudrez alors être entouré d’objets que vous avez déjà connus.» Que l’on croit ou non à la réincarnation, le propre du collectionneur relève presque de la génétique.Et surtout, de l’érudition.Peintre, historien et écrivain — son roman historique, intitulé La Messie, paraîtra à l’automne —, le comte de Bothuri passe le plus clair de son temps le nez enfoui dans les livres.Depuis une quarantaine d’années, il amasse pièce par pièce dans le but ultime d’ouvrir un musée privé au Québec «car c'est très égoïs- te de garder pour soi!».Un musée vivant où les gens, par groupes de dix, pourraient toucher les objets avec des gants, sans quoi «l’objet meurt.Il faut qu’il soit touché, caressé, utilisé».Dans cet esprit, il souhaite aussi faire profiter de son bien aux chercheurs du monde entier en mettant à leur disposition une bibliothèque remplie de livres de référence qui dorment dans sa collection.«Je veux montrer que, derrière chaque objet, il y a une histoire humaine, dit-il./e veux redonner la mémoire aux objets.Il faut une interaction entre le public, le collectionneur et l’objet.» Outre les mobiliers — fauteuils et chaises à l’étrusque, bergères néoclassiques russes — les tableaux et autres vaisselles de service qui ont orné le domaine de Malmaison, résidence officielle de Joséphine, Alexandre de Bothuri et Elaine Bédard possèdent plus de 350 livres ayant appartenu à la deuxième femme de Napoléon, Marie-Louise.«Nous avons la plus grosse collection bibliothécaire sur l'Empire, affirment-ils, ce VOIR PAGE G 3: PASSION V LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE .1 C 1 N 2 O O A MISEES De Malmaison à Montréal L’exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon, présentée du 4 juin au 8 septembre 2003 au Musée Stewart au Fort de Hie Sainte-Hélène, est une première nord-américaine.Elle fait écho à l’exposition Napoléon.à l'ile Sainte-Hélène qui avait attiré plus de 100 000 visiteurs en 1999.GENEVIÈVE OTIS-DIONNE LE DEVOIR L> exposition présente plus de 150 objets, œuvres ' d’art et documents sur la vie de Joséphine avant, pendant et après Napoléon.•Nous travaillons depuis plusieurs années sur cette exposition, déclare le directeur du Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau et principal partenaire de l'exposition, Bernard Chevallier.Nous avons choisi des objets en pensant à ce qui représentait vraiment la femme qu'était Joséphine.Nous avons voulu montrer aux gens le côté intimiste de l’impératrice.Nous avons également recréé des intérieurs de l’époque avec des mobiliers, des pendules, des œuvres d'art, pour montrer la richesse et la décoration sous l’Empire.» L'exposition est montée chronologiquement et débute avec l’enfance de Joséphine en Martinique.Née en 1763 d’un noble de condition modeste, Marie-Joseph-Rose Tascher de La Pagerie est élevée sur une plantation de canne à sucre et reçoit une éducation de qualité chez les Dames de la Providence.En 1779, Joséphine quitte la Martinique pour épouser en France Alexandre de Beauharnais.De cette union naîtront deux enfants: Eugène et Hortense.Mais le couple connaît de nombreuses difficultés et Joséphine est forcée de se retirer au couvent de Penthémont, où les femmes de la meilleure société abandonnées ou en instance de séparation trouvent asile.Alexandre de Beauharnais, héros de la Révolution, est guillotiné durant la Terreur (1794) et laisse sa veuve et ses deux enfants ruinés.C PHOTO REUNION DES MUSÉES NATIONAUX - G.BLOT / C JEAN Vue du château de Malmaison du côté du parc, gouache sur carton de Alexandre-Jean Noël, époque Premier Empire.La rencontre de Napoléon Grâce à ses bonnes relations, Joséphine fréquente les personnes influentes de son époque.Elle rencontre le jeune général Bonaparte qui tombe fou amoureux d'elle.Le 9 mars 1796, Joséphine et Napoléon se marient lors d'une cérémonie civile à Paris.Au début Napoléon voue un amour sans fin à sa femme, «ce qui était plutôt rare à l’époque», mentionne M.Chevallier.Joséphine aime bien Napoléon, mais elle est surtout amusée par tant d’attentions de la part de son époux.La jalousie et la possessivité du général vont engendrer certaines frictions dans le couple.•Quand les feux de Napoléon se sont un peu éteints, les deux époux se sont voués une affection mutuelle.Ils se sont élevés ensemble dans la société française et Joséphine a aidé Napoléon à réaliser le coup d’Etat de 1799 qui renverse le Ihrectoire et met en place le Consulat», indique M.Chevallier.Nommé premier consul à vie en 1802, Bonaparte se proclame empereur des Français le 18 mai 1804, dignité qu’il accorde aussitôt à Joséphine qui devient impératrice.«Joséphine n'était pas une femme qui était née pour régner.Mais elle a subitement compris quel était le rôle d’une impératrice.Elle s’est glissée dans ses habits d'im- peratrice avec une aisance déconcertante.Elle était une femme que tout le monde respectait» Un divorce difficile Maigre leur af fection réciproque, le divorce par consentement mutuel est prononce publiquement lors d'une cérémonie en 1809 car l’impératrice ne pouvait pas donner d heritier à Bonaparte.Dans sa déclaration officielle, l'impératrice precise: «Je sais combien cet acte, commandé par la politique et par de si grands intérêts, a ,/roisse son cœur: mais l'un et l’autre, nous sommes glorieux du sacrifice que nous faisons au bien de la patrie.» •le divorce pour Napoléon a etc un drame, c’était terrible pour lui.ajoute M.Chevallier.Il voulait absolument un heritier et il s'était imaginé qu en ayant un heritier.tout marcherait bien.L'histoire prouve qu'il s'est complètement trompe.» Après le divorce, Josephine se réfugie dans son château de Malmaison où Napoléon vient lui rendre visite, ainsi que la noblesse d’Europe.Elle conserve le titre d’impératrice et ses armes portent toujours les attributs impériaux: la couronne et le manteau semé d'abeilles.Dans son domaine de Malmaison, elle consacre tout son temps à ses enfants et petits-enfants, à sa passion pour l’horticulture, et elle voyage beaucoup.La mort de Joséphine survient au cours des troubles politiques qui suivent la première abdication de Napoleon.«Josephine a été très affectée par la chute de Napoléon et par le traitement que l’on fuit à l'empereur», déclare M Chevallier, la.’ 14 mai 1814, Joséphine prend froid lors d'une visite chez sa fille Hortense à Saint-Leu.De retour à Malmaison, elle s’éteint le 29 mai 1814 à l’âge de 51 ans, emportée pai' une pneumonie.L'exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon rappelle les moments forts de la vie de l’impératrice par différentes œuvres d’art, des objets qui ont appartenu à Joséphine et des documents officiels, le 8 sep tembre, l’exposition quitte Montréal pour la Louisiane, afin de s’y installer dans le cadre «les célébrations du biœntçnaire de la vente de la Louisiane p;u Napo léon aux Etats-Unis.Joséphine et l’empereur Une grande partie des objets et des œuvres d’art présentés dans l’exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon ont été prêtés par le Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, en France.Le château de Malmaison, qui était la demeure préférée de Joséphine, est devenu un musée national en 1906.Joséphine adorait Malmaison car le domaine offrait un cadre champêtre tout en étant situé à proximité de Paris.Le directeur du Musée de Malmaison, Bernard Chevallier, a décidé de prêter une partie de sa collection au Musée Stewart pour «présenter cette grande dame aux Québécois qui n’ont pas la chance de venir nous voir en Europe».GENEVIÈVE OTIS-DIONNE LE DEVOIR Le château de Malmaison, situé non loin de Paris, est construit sur le domaine d’une très ancienne seigneurie qui a connu dans le passé de nombreux propriétaires.La première trace écrite en latin du nom «Malmaison», qui veut dire «mauvaise maison», remonte au XIIL siècle.Selon M.Chevallier, l’origine peu glorieuse du nom «Malmaison» pourrait être reliée aux invasions des Vikings.«Le problème est que nous n’avons pas beaucoup d’écrits concernant cette période.Nous sommes obligés de déterminer l’étymologie du nom par l’histoire», explique M.Chevallier.Les Vikings ont en effet remonté la Seine au EX' siècle et se sont installés sur le terrain de Malmaison pour piller, détruire et incendier tout ce qui se trouvait dans les environs.Traumatisés par cette expérience, les habitants des villages attaqués auraient surnommé le lieu où campaient les Vikings «mauvais endroit», qui est par la suite devenu «mauvaise maison» et «Malmaison».«C’est la seule explication plausible que nous avons», mentionne M.Chevallier.Peu superstitieux, de nombreux hommes influents ont construit leur nid sur le domaine de Malmaison.Au XVLL siècle, un petit château remplace le vieux manoir qui dominait les lieux depuis le XJV siècle.En 1771, le financier Jacques-Jean Le Coulteux prend possession du domaine, mais cherche rapidement à s’en débarrasser à cause des troubles politiques qui secouent le pays, et Paris en particulier.Napoléon Bonaparte, enrichi par une campagne militaire en Italie, s’intéresse à Malmaison dès 1798.Il trouve toutefois que le prix demandé est trop élevé et abandonne l’idée d’acheter le domaine, à la grande déception de sa femme Joséphine qui adore le château.En avril 1799, alors que sop mari est parti faire la guerre à l’Egypte, Joséphine décide d’emprunter une somme, considérable, et d’acheter Malmaison.A son retour de campagne, Napoléon, devant le fait accompli, n’a d’autre choix que de rembourser la dette de sa femme et d’entreprendre les rénovations du château.Le domaine de Joséphine Tout au long de l’année 1800, les jeunes architectes Percier et Fontaine effectuent des rénovations dans le château sous la direction de Joséphine.La salle de billard est transformée selon les goûts de l’époque.Le plafond de la bibliothèque de Napoléon, qui abritait 13 000 ouvrages en 1814, est décoré avec des figures représentant les grands écrivains antiques et classiques encadrant Apollon et Minerve, dont Lafitte est fort probablement l’auteur.On retrouve également dans le château une salle de conseil qui a été aménagée sous la forme d’une tente soutenue par des piques et des faisceaux.La salle à manger est baignée de lumière grâce à de nombreuses fenêtres et présente un style pompéien.Napoléon et Joséphine possèdent chacun une coquette chambre et un boudoir.Deux salons permettent également de recevoir les visiteurs de la haute société.En plus de rénover l’intérieur du château, Joséphine agrandit le domaine de Malmaison dans toutes les directions.Passionnée de botanique, l’impératrice fait construire dans le parc du château la plus grande serre chaude de son époque dans laquelle elle acclimate plusieurs plantes exotiques venues des Amériques, de l’Afrique et d’Australie.Joséphine s’intéresse aussi à la zoologie et s’entoure de plusieurs espèces d’animaux rares, comme des kangourous, des lamas, des gazelles et des orangs-outangs.«Joséphine n'était pas juste une femme légère et dépensière.C’était une femme très intelligente, qui était passionnée de botanique et de sciences naturelles et qui avait patronné les arts», souligne M.Chevallier.Joséphine commande en effet plusieurs œuvres d’artistes contemporains pour habiller les murs de Malmaison.Elle met à la mode les thèmes médiévaux, chevaleresques et sentimentaux regroupés sous le terqm de peinture «troubadour».A sa mort, elle possède 450 tableaux, dessins ou miniatures.L’impératrice est restée à Malmaison de 1799 à 1814, année de sa mort Lors de son divorce avec Napoléon en 1809, elle se retire de l’avant-scène politique de l’Em- "WF ^ © PHOTO RÉUNION DES MUSÉES NATIONAUX GÉRARD BI.OT Vue extérieure du château de Malmaison tel qu’il apparaît aujourd’hui, façade côté cour.pire et Nap«)léon lui offre Malmaison.Joséphine conserve son titre d’impératrice et consacrera les dernières années de sa vie à ce qui la passionne le plus: ses enfants et petits-enfants, les sciences naturelles et les arts.Un musée national en activité constante A la mort de Joséphine, son fils, le prince Eugène, garde le domaine de Malmaison jusqu'à sa propre mort en 1824.Sa veuve le vend en 1828 à la reine Marie-Christine d’Espagne.En 1861, Malmaison redevient la propriété de la famille Bonaparte quand Napoléon 111 rachète le domaine.Un premier musée y est installé dans le cadre de l’Exposition universelle de 1867.Yèndii par l’État en 1877 à un marchand peu attentionné.Mal-maison est cependant sauvé de la disparition en 18% lorsque le philanthrope Daniel Iflla, «lit Daniel Osiris, prend possession du domaine et rénove le château à ses frais.En 1903, M.Iffla offre Mal maison à l’État à condition d’y installer un musée, ce qui est fait en 1906.Aujourd’hui, le Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau est l’un des 21 musées nationaux de France.le château a été complètement restauré et les pièces ont retrouvé la beauté de leurs meilleurs jours.On peut visiter les lieux que côtoyait quotidiennement Joséphine.Depuis 1906, le musée traque partout en France et dans le monde des objets et des «ouvres d’art qui étaient présents à Malmaison pendant la période de l’impératrice.De nombreuses robes de Joséphine et des bijoux on été retrouvés.«Nous sommes continuellement à la recherche d’objets, indique M.Chevallier.Ear exemple, pendant que j'étais à Montréal Ipour présenter l’exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon], j’ai acheté un portrait de Joséphine et une de ses collections de minéralogie.On continue tout le temps d’enrichir la collection du musée», conclut le directeur.PASSION «Si on est un collectionneur débutant, ce qu'il faut regarder, c’est le meilleur de chaque période » SUITE DE LA PAGE G 2 qui prouve que Marie-Louise n’a pas laissé tomber Napoléon puisque, jusqu'à la fin de sa vie, elle a tout collectionné sur lui!» Mais en attendant de réaliser son rêve, le couple prête aux quatre coins du monde, à ses frais, ses «enfants chéris».«Les musées connaissent notre inventaire, insiste Élaine Bédard, qui s’est fait connaître par ses nombreuses apparitions télévisuelles dans les années 1960.C’est du bouche à oreille.Le milieu des collectionneurs est un petit monde.» Du flair et des affaires Un petit monde aux aguets, qui sait dénicher des merveilles dans les grandes maisons de vente comme dans les petits coins perdus de l’Amérique.«Les objets voyagent beaucoup, remarque le collectionneur.Même à Montréal, on peut trouver des choses extraor- dinaires.Toutes les lettres de Joséphine, on les a trouvées ici.Il n’y a aucun pays qui n 'a pas de trésors cachés.Il s’agit de les trouver et que les objets vous parlent.» Il se souvient avoir été attiré dans une petite vente obscure de province aux États-Unis.«J’ai insisté auprès d'Élaine pour y aller.Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des objets étaient abominables, mais je suis tombé sur cette petite théière en forme de cygne [exposée au Musée Stewart]./’y ai acheté aussi une paire de pistolets qui provenaient de la descendance de la princesse Murat.» En somme, pour avoir une jolie collection, expliquent le comte et sa comtesse, nul besoin de disposer d’une somme colossale.Il suffit d’avoir du goût et de connaifre l’histoire.«Les objets se démodent, confient-ils.Si on est un collectionneur débutant, ce qu’il faut regarder.c’est le meilleur de chaque période.Ce qui est démodé aujour- d'hui constituera les antiquités de demain.» Et des objets de provenance royale, politique ou autre, resteront toujours au sommet, ajoutent-ils.«Ça donne une plus-value à l’objet.» C'est ainsi que des tableaux de peintres méconnus du XVIIe siècle ont été réhabilités des années plus tard.«Aujourd'hui, précise le fin connaisseur, on voit toujours les mêmes noms: Monet, Renoir.C’est du marchandage.Les gens ne connaissent que les grands phares.Mais il y a des peintres beaucoup plus intéressants qui sont considérés mineurs et qui ont une histoire.Et c'est ce que je collectionne, des peintres charnières qui demain seront les grands.Il y a 30 ans, Eugène Boudin était un parfait inconnu.On l'achetait pour 100 à 1000 dollars aujourd’hui, il vaut entre 500 000 $ et 700 000 $.La valeur d'un tableau ou d’un objet, c’est subjectif!» A Pointe-à-Callière, l’histoire se fait inédite et spectaculaire ICI NAQUIT MONTRÉAL La nouvelle exposition permanente mettant en valeur le lieu de fondation de Montréal SI MONTREAL M’ETAIT CONTÉ Un spectacle multimédia époustouflant \ 4r 350, place Royale angle de la Commune Vieux-Montréal Tel.: (514) 872-9150 www pacmusee.qc ca Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal AI.I.IKK • LE b E V O 1 R .LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 J V I N 2 0 0 3 (1 4 MUSEES L’ Joséphine en quatre actes.Guy Vadeboncœur, conservateur en chef du Musée Stewart, côtoie depuis plusieurs mois l'impératrice Joséphine, grâce à l’exposition Joséphine, le grand amour de Napoléon.Parmi tous les objets présents, il en a choisi quatre dont la portée symbolique est à même de dévoiler la personnalité de la Joséphine Bonaparte, Eugène et Hortense de Beauharnais et Louis Bonaparte, miniatures sur émail de Jean-Baptiste Isabey et BOlTE EN or ET ÉMAIL DE MaLIDE ET BERNARD-ARMAND MARGUERITE «Belle Créole», chère au cœur des Français.Tout à tour, ils esquissent l’amante et l’amoureuse qui a conquis le cœur de Bonaparte, la digne épouse de l’empereur, l’élégante aux innombrables toilettes et, enfin, la femme passionnée par les sciences naturelles.Textes d’Estelle Zehler.l’élégante aux nombreuses toilett I Souliers de l’impéra-! trice Joséphine Cette boîte constitue l’un des éléments les plus forts de l'exposition.Elle incline de nombreux historiens à croire que Napoléon et Joséphine appartiennent aux grands amoureux de l’histoire, malgré les nombreux chemins empruntés.En effet, lorsque Joséphine rencontre Napoléon dans le salon de Mme Tallien, elle est la veuve d’Alexandre de Beauharnais et mère de deux enfants.Aux vifs sentiments du futur empereur, elle répond d’abord pour assurer une stabilité financière à sa famille avant d’engager ses sentiments.Joséphine a offert cette tabatière à Bonaparte.L’un des plus grands miniaturistes de l’époque, Isabey, y a exécuté les portraits de Joséphine et de ses deux enfants, Eugène et Hortense, ainsi que celui de Louis, le frère de Bonaparte.Sa fabrication date probablement de 1802, à l’occasion du mariage d’Hortense et de Louis.En 1809 intervient le divorce impérial.Napoléon a besoin d’un successeur que Joséphine ne peut lui donner.D épouse alors la princesse autrichienne Marie-Louise, qui lui donne un fils.Pourtant, malgré ce divorce, malgré les maîtresses et amants qui avaient parsemé leur union, cet objet était suffisamment précieux aux yeux de Napoléon pour qu’il l’emporte avec lui dans son exil de Sainte-Hélène.Point de portrait de Marie-Louise cependant.Au-delà des tourmentes, des détours, c’est l’image de Joséphine qui allait ac- compagner l’empereur en exil — Joséphine, «le grand amour de Napoléon».MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DE MAI.MAISON ET BOIS-PREAU Outre l’image qu’elle voulait projeter en tant qu’impératrice, Joséphine était une élégante éprise de belles toilettes et de beaux atours.Elle ne négligeait aucun accessoire de sa toilette.D'ailleurs, sa garde-robe était abondante: en une seule année, elle avait commandé 136 robes, 20 châles de cachemire, 73 corsets, 87 chapeaux, 985 paires de bas et 520 paires de souliers.L’inventaire de sa garde-robe, en 1809, ne répertorie pas moins de 785 paires de souliers.Certes, ils sont d’une fragilité extrême car conçus avec des matériaux tels la soie et le satin, comme ceux, à la broderie délicate, illustrés ci-contre.Rebelles à la marche, ils exigeaient un pas aérien.Aussi n’étaient-ils portés qu’une ou deux fois.Outre les chaussures, l’impératrice faisait fabriquer des robes en quantité toute aussi impressionnante, pour le plus grand profit de ses nombreux fournisseurs.Cependant, rapidement remisés, elle distribuait ensuite ses effets aux gens de son entoura- ge, aux dames de la cour.C’est à cette générosité que l’on doit la sauvegarde de tant d'objets lui ayant appartenus.Du fait que les dons effectués provenaient de l’impératrice, ils étaient très souvent conservés comme des reliques avant d’être mis en succession.Ainsi, le Musée de Malmaison possède-t-il aujourd’hui une grande collection d’objets — des effets portés, des jeux manipulés, des casse-tête — provenant de l’intimité de Joséphine.IggPÿ, MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DE MALMAI$ON ET BOIS-PREAU LA DIGNE ÉPOUSE DE L’EMPEREUR Table de lit au chiffre J.B.pour Joséphine Bonaparte, Guillaume-Martin Biennais (1764-1843).LA FEMME DE SCIENCES Magnolia Yulan, Aquarelle sur papier vélin de Gaétan du Chàtenet d’après Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) ette table de lit a été exécutée par l’un des principaux et plus fins orfèvres du Premier Empire, Guillaume-Martin Biennais.Il était un spécialiste des cof-fretsrnécessaires dans lesquels un maximum d’objets était ajusté dans un minimum d’espace.Cet objet a été fabriqué à l’époque du Consulat.Joséphine avait le souci constant d’être à la hauteur de l’image’ qu’elle devait projeter en qualité d'impératrice.Aussi ne laissait-elle aucun trait de son apparence au hasard.Dès son réveil, une table était disposée à même son lit.Généralement, elle se réveillait vers huit heures et quittait rarement son lit au-delà de neuf heures.Ce temps était consacré à sa première toilette, grâce à cette table.Devant elle, Joséphine brossait ses longs cheveux soyeux, appliquait quelques fards.Soucieuse de l’exactitude de son aspect, près de trois heures lui étaient nécessaires dans une journée pour procéder aux différentes toilettes.Le miroir de la table peut également se replier et lui pennettait ainsi d’écrire.Combien de lettres matinales ont-elles été rédigées à même ce secrétaire de lit?Ces premiers gestes posés, Joséphine rejoignait un salon dans lequel étaient réunies les personnes qui avaient sollicité et obtenu la faveur d’une audience, ou encore quelques fournisseurs.L’impératrice entrait en scè- oséphine n’était pas que femme de toilettes.Passionnée de sciences naturelles, notamment de botanique, elle fait construire dans son jardin de Malmaison une grande serre chaude, la plus grande de son époque.Des plantes exotiques provenant d’Amérique du Sud, d’Afrique, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, y étaient cultivées, dont le magnolia présenté sur cette aquarelle.Parmi ces espèces, la canne à sucre était incontournable.Elle contribuait sans doute à rappeler à Joséphine l’environnement martiniquais de son enfance.Elle possédait également une superbe collection de roses riche d’environ 250 variétés.En son honneur, des fleurs ont été nommées, dont la Pageria Ro-sae, de son nom de jeune t'ûlejosephmia Imperatrids, ou l’amaryllis Joséphine.Toute à cette passion, Joséphine s'entourait de scientifiques avertis, dont le célèbre botaniste Aimé Goujaud.Des albums ont alors été produits et des artistes naturalistes invités à les illustrer.Pierre-Joseph Redouté, qualifié de «Raphaël des fleurs», est sans doute l’un des peintres qui a le plus marqué l’art botanique du XKr siècle.Son art ne s’arrête pas à l’élaboration de planches pour l’édition, puisque ses motifs floraux ont été repris dans la production de céra- ; ' ." MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DF.MALMA1SON ET BOIS-PREAU miques, de porcelaines, par exemple par la manufacture de Sèvres.MUSÉE NATIONAL DES CHÂTEAUX DE MAI.MAISON ET BOIS-PRÉAU .et objets rares en quatre temps Le temps des objets s’échelonnent sur plusieurs millénaires.Rassemblées, les pièces constituent L'Archéologie et la Bible, l’exposition que présente tout l’été durant le Musée d’archéologie et d’histoire de Pointe-à-Callière.Pour la première fois, l’Amérique a accès à ces pièces provenant du Musée d’Israël.Et il devient ainsi possible de constater qu’avant d’être mot, souvent, la parole a été pierre.Textes d’Ulysse Bergeron.LES ÉCRITS DE Manuscrit de la mer Morte, règle de la communauté, T" siècle avant notre ère — I’' SIÈCLE, COLLECTION DE L’ÉTAT D’ISRAËL 947.Un berger bédouin, à la rechercïie d'une de ses chèvres, pénètre à l’intérieur d’une grotte et y découvre, dans de vieilles jarres, sept manuscrits.Les fouilles archéologiques qui suivront cette découverte, entre 1951 et 1956, permettront d'y découvrir environ 950 manuscrits.Ils sont en fait les plus anciennes copies de la Bible connues à ce jour.Des scribes de la secte de Qumrân, des dissidents religieux qui avaient quitté Jérusalem pour s’installer dans le désert, sur la rive nord-ouest de la mer Morte, sont à l’origine de ces écrits constitués de cuir tanné cousu en rouleau ou de papyrus.L’un de ces textes, la «Règle de la communauté», relate les modalités d'admission des nouveaux membres de la secte, les règlements qui régissaient la vie communautaire du groupe ainsi que les punitions administrées en cas de manquements.Un code de conduite sociale exposé en Amérique pour la première fois.•4 éw B**W^V*^ JW»*w*5 • » vwvt Ww* WTO *}> r* } •’**««•*» i *») »'»¦»*'¦ W* V *9 .VrtC» à'S’ vi LX.MV «W-tK 'Wm «DT vWW-' WWW*WW,1*0»».-»V'***-I»»» !***w ** .vA s**» v*n» ¦}¦,»,.W»* .V w•'«»! -«v*« LWW «., §.'**«•"**’ ** tu»- w'u»» *v iwm* ?=** MUSÉE D’ISRAËL.JÉRUSALEM LE COFFRE DANS LA NICHE Ossuaire de Joseph Caïphe, 1“ siècle, collection Israël Antiquities Authority oseph Caïphe, c’est ce grand-prêtre du sanhédrin qui aurait condamné Jésus, pour ensuite le livrer au gouverneur romain Ponce Pilqte.Caiphe, c’est l’homme qui, selon l’Evangile de Jean, aurait proféré devant sa communauté religieuse lors de la condamnation du Christ «Il est de votre intérêt qu ’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas.» Le nom du grand-prêtre du temple est gravé à deux reprises sur l’ossuaire, sur le côté et à l’arrière.La seconde inhumation dans un ossuaire est devenue chose courante en Judée à partir du I" siècle avant notre ère.A cette époque, le défunt était d’abord placé dans une tombe.Un an s’écoulait avant que la famille de ce dernier ne recueille ses ossements pour les placer dans un ossuaire, un coffre de pierre qu’on déposait par la suite dans une niche creusée à même la paroi d’une grotte.MUSEE DTSRAEL.JÉRUSALEM U VICTOIRE D’HaZAÈI Attestation de l’existence du roi David et de sa dynastie, cette stèle raconte la victoire d’Hazaël.Ce roi des Araméens — peuple sémite de la Mésopotamie — aurait vaincu «70 rois», dont la maison de David.le récit retrouvé sur cette pierre de 35 cm est gravé à la première person ne du singulier.À plusieurs égards, cette découverte est majeure pour l’archéologie et l’histoire.Principalement parce qu’elle est, depuis sa découverte en 1993, la plus ancienne référence extrabiblique de la dynastie du beiger qui devint roi légendaire: de celui qui aurait, avec une fronde, combattu victorieusement le géant Goliath.De plus, elle confirme, à quelques différences près, certains passages de l’Ancien Testament, dont l’épisode décrivant la victoire d’Hazaël (2 Roi, 9).Stèle de Tel Dan, IX’ siècle avant notre ère, collection Israël Antiquities Aitthority MUSÉE DTSRAÉL JERUSALEM LE TRÉSOR ARCHÉOLOGIÛUE ous le règne de Salomon, au X' siècle avant notre ère.la grenade symbolisait la fécondité.La Bible souligne à l’intérieur de plusieurs passages l’importance et la symbolique de ce fruit abondant au Proche-Orient.Les Saintes Ecritures y font allusion pour dire qu’elles servaient d’ornementation au vêtement du grand-prêtre du premier temple de Jérusalem.On la retrouvait également sur le sommet des deux colonnes qui se trouvaient à l’entrée du bâtiment.Jusqu’à ce jour, aucune fouiDe archéologique n’a pu révéler le temple.Sauf cet objet de 43 mm sur lequel on retrouve une inscription en hébreu ancien: «[Donation) consacrée aux prêtres de la Maison de [Yahwe]à.» Pour cette raison, la grenade sculptée constitue un trésor archéologique inestimable.Pomme-grenade sculptée, VHP siècle AVANT NOTRE ÈRE MUSÉE D’ISRAËL, JÉRUSALEM DEVOIR.LES SAMEDI 21 E D I M A N t H E 2 2 ,1 f I \ O O A ( i r» MUSEES Ainsi naquit Montréal Lumière sur le Vieux-Montréal «Le lien entre l’archéologie et l’histoire» Des tréfonds de Pointe-à-Callière, le musée d’archéologie et d’histoire de la ville de Montréal, émane depuis peu une étrange lumière.Au sein de ce lieu dédié à la mémoire montréalaise, techniciens et spécialistes de la muséologie ont mis en commun leurs compétences pour moderniser l’exposition permanente Ainsi naquit Montréal, qui retrace depuis dix ans les différentes étapes de l’édification de la métropole nord-américaine.Place du marché: alliant cinéma, illustration numérique 3D et fresque virtuelle plonge le visiteur en 1750, un jour de marché.ifÉlül MARTIN KOUCHNER Accessible au public depuis le 17 mai, une refonte presque totale de l’exposition permanente du Musée de Pointe-à-Callière — 60 % des pièces autrefois présentées ont été remplacées — repose pour l’essentiel sur la mise en valeur des vestiges grâce à l’emploi de technologies dernier cri.Oubliées les vitrines qui coupaient le visiteur du contact avec la pierre antique, remplacées les signalétiques poussiéreuses, et définitivement abolie la lumière blafarde des spots halogènes.Pointe-à-Callière fait désormais la part belle aux écrans tactiles, aux projecteurs vidéo et à l’interactivité, l’idée étant d’associer le raffinement technologique à la charge historique du lieu pour, au final, mieux informer le visiteur et capter son attention tout au long de son parcours.Borne interactive Et en ce jour de visites scolaires, alors que la déferlante bruyante des groupes d’écoliers se fraie un chemin au milieu des vieilles pierres qui meublent l’endroit, l’importance du caractère didactique de cette promenade culturelle prend tout son sens.Installé sagement — ou presque — autour de la première nouveauté de cette exposition, une table d'orientation interactive, l’un de ces contingents juvéniles écoute son guide.Le groupe est anglophone et on lui demande «what’s a cooper?» (qu’est-ce qu’un tonnelier?).Réponse inunédiate des enfants: «Ifs a car!» (c’est une voiture) , référence à un modèle d’automobile largement médiatisé depuis quelques mois.De toute évidence, l'apport technique de cette première bor- ne interactive ne sera pas de trop pour intéresser les enfants à l’archéologie et à l’histoire.Il s'agit d'une table ronde, comprenant en son centre un écran qui s’illumine pour faire apparaître le plan du site.Des boutons situés tout autour commandent un projecteur, dissimulé en hauteur, qui orchestre l’apparition successive de chacune des huit époques évoquées.«Il fallait faire comprendre aux gens l’espace dans lequel ils évoluent et les prendre par la main.Sur cette maquette interactive, les étapes de la construction du site, de 1350 à nos jours, se superposent», explique Sylvie Durand, coauteur et responsable de cette exposition.Par rapport à de traditionnels panneaux, cette superposition d’images, toutes à la même échelle, donne une idée plus concrète de l’enchevêtrement des périodes historiques.Une réussite, à en juger par le calme relatif que l’apparition des images instaure chez les enfants.Exhumation L’un des premiers sites que désigne ce plan se trouve à quelques pas de là: il s’agit du ci-metière catholique datant de 1643 et exhumé en 1989.Ici, la technologie ne se contente plus de faciliter l’accès à l’information, elle s’intégre à l’exposition pour lui donner sa profondeur mystique.Des projecteurs créent des ombres à forme humaine qui s’animent sur le mur surplombant l’enchevêtrement de tombes.A grand renfort d’ambiance sonore, ces personnages mystérieux défilent en évoquant le nom des morts qui reposaient autrefois en ces lieux.La technique est digne des salles de cinéma les plus mo- dernes.Cinq haut-parleurs, disposés à des emplacements strate giques, diffusent simultanément des bruits de grillons, de cloche, de respiration, ponctués par cette évocation lugubre des défunts.«En s’approchant, on entre dans l’univers de ce site grâce aux sons et aux animations.L'éclairage, lui, désigne précisément les deux strates qui forment l’endroit: le cimetière proprement dit, et les latrines qu’un certain Papineau avait fait construire à cet emplacement en 1799», décrit Diane Lebœuf, la p.-d.g.de la firme Sono design, à l'origine des nouvelles installations.Ce choix d’éclairage guide le visiteur tout au long de son parcours.Les fondations, murs et autres vestiges baignent systématiquement dans une lumière blême, tandis que les vitrines et chaque point d’information sont parés de couleurs chaudes.En s’enfonçant plus bas dans l'édifice et en remontant plus loin dans l’histoire, on croisera ainsi une image lumineuse du port de Montréal, diffusée par un projecteur.Placée selon un angle précis, elle simule la vue que l'on aurait eue depuis une fenêtre dessinée sur ce mur.Plus bas encore, l'ancien collecteur est revêtu d'une multitude d’ampoules bleues pilotées par un ordinateur, qui évoquent le mouvement de l'eau.Place Royale Mais l'attraction la plus réussie est celle qui prend forme sur les vestiges de l’ancien marché de la Place Royale.À l’un des angles, touristes et collégiens sont attirés par des roucoulements d’oiseaux différentes technologies, cette pour le moins surprenants en ces lieux.Ils émanent des vestiges de la place du marché, sur les murs desquels s'égayent une bonne cinquantaine de tourtes, proches de nos pigeons, mais aujourd’hui disparus.A l’approche des curieux, des détecteurs de mouvement déclenchent une saynète qui, après l’envol des tourtes, retranscrit une tranche de vie de ce marché en 1750.11 s’agit d’une reconstitution historique: on y lit un édit du roi, deux amants s’y retrouvent, tandis que marchands et clients échangent quelques mots.Toutes ces images sont diffusées directement sur les murs, semblant leur donner vie.«La pierre est un matériau froid, nous avons voulu montrer que des gens ont vécu ici, recréer ce lien en le rendant plus vivant», affirment de concert Sylvie Durand et Diane Lebœuf.Pour arriver à ce résultat, il a fallu adapter une technique de tournage et de diffusion existante à lui nouveau support: la pierre.Ix»s équipes techniques ont donc réalisé leurs prises de vue am- le souri constant du respect de l’échelle.Elles ont ensuite dû raccorder leurs différents films car ce qui pa raît une seule et même image est en fait la reconstitution de cinq bandes vidéo.11 en ressort ime vision quelque peu fantomatique qui, lorsqu’elle s’estompe, laisse un léger goût d'inachevé.Sans doute l’envie d’en savoir plus.L'étape finale de cette visite mène au centre des vestiges.In.au milieu d’un fatras de pierres, s’entremêlent des murs, des fondations et des planchers appartenant à différentes époques et à différents bâtiments.Pour guider les néophytes, des «archéo-scopes» sont mis à leur disposition.Chacun de ces écrans tactiles comporte trois pastilles de couleur correspondant à celles que des projecteurs pointent sur certaines parties des ruines, permettant ainsi d’identifier facilement les bâtiments auxquels elles appartenaient.En appuyant sur la pastille de couleur, des informations apparaissent, ainsi qu'une iconographie représentant la pièce ou le lieu tel qu’il était, selon les historiens, à l’époque de sa construction.«Les utilisateurs de ces machines font alors le lien entre l’archéologie et l'histoire, ce qui, au final, est le but de notre exposition», conclut Sylvie Durand.Un peu plus loin, un couple de touristes français, visiblement complètement perdu, cherche la signification des pastilles de couleur.Après explications, ils auront cette réaction admirable: «Ah?Il faudrait des guides pour expliquer comment ça fonctionne alors.» À Pointe-à-Callière, les humains ont encore de beaux jours devant eux.Renseignements: Musée d’archéologie et d'histoire de Montréal, n (514)872-9150 Jour de marché d’autrefois «Pendant deux jours, les gens vivront sous le régime français» Il y a ceux qui viennent y goûter la fameuse bière d’épinette, ceux qui cherchent à s’instruire en s’amusant et d’autres qui profitent tout simplement de son ambiance folklorique.En dix années d’existence, la reconstitution historique du marché de Montréal, le «Marché public dans l’ambiance du XVIII' siècle», orchestrée par le Musée d’histoire et d’archéologie de la ville, Pointe-à-Callière, a su forger des habitudes chez ses visiteurs.MARTIN KOUCHNER Cette année, les 23 et 24 août prochain, le dixième anniversaire du Marché public devrait attirer 70 000 promeneurs au pied du musée, sur l’ancienne place commerciale de la ville aujourd’hui dénommée Place Royale.Près de 150 personnes — commerçants, artisans, figures historiques de la ville et musiciens — les accueilleront vêtues de costumes d’époque.Ils évolueront avec le public au milieu d’une dizaine d’abris et d’une trentaine d’étals.«Pour nous, c'est une autre manière de présenter l’histoire, en l’humanisant et en la rendant plus vivante», affirme Francine Labrosse, l’organisatrice de l’événement pour Pointe-à-Callière.Au-delà de son aspect folklorique, le marché se veut en effet la réplique quasi exacte de celui qui, il y a trois siècles, prenait place chaque mardi et vendredi en ces lieux.Mission éducative oblige, un tel événement permet de corriger des perceptions erronées du mode de vie de nos ancêtres.«Toutefois, il s’agit d’une évocation très réaliste du marché, plutôt que d’une véritable reconstitution.Le site actuel ne permet pas le respect de l’authenticité du décor, ne serait-ce qu’à cause des immeubles, des rues et du Port», précise Francine Labrosse.Site ouvert et.gratuit Pourtant le souci du détail y est respecté.Sur le site, ouvert à tous et gratuit pendant les deux jours que dure cette exposition, seuls des produits existant réellement sous le régime français seront vendus.Pas de pommes de terre, qui n’apparurent au Québec qu’à la moitié du XVHL siècle.Pas de tomates non plus, que les Anglais apporteront plus tard encore.Le régime de nos aïeux était frugal: des carottes, des herbes aromatiques, de l’huile, du vinaigre, des galettes de sarrasin, des melons, des pommes, du sirop d’érable, du chocolat, de la gelée de sapin, de la fleurette d’ail, de l’hydromel.pas de folies gastronomiques donc, en dehors d’incroyables fromages québécois qui, paraît-il, méritent à eux seuls que l’on se rende sur les lieux.Par souci du respect des connaissances historiques actuelles, l’exposition gagne en qualité ce qu’elle perd en diversité.Ce sont en effet des commerçants recrutés avec soin qui joueront leurs illustres prédécesseurs.D’ailleurs, sur les étals, on ne trouvera pas que de la nourriture.Des artisans venus de tout le Québec reproduiront sous les yeux des badauds les gestes authentiques d’autrefois.Et chacun expliquera son outillage et ses méthodes de travail.Un professeur d’histoire de l’Université de Sherbrooke, à ce jour protégé par l’anonymat, viendra même réparer des cuillers.Une opération vaine aujourd’hui, mais qui se révélait fort utile à une période où Montréal ne comptait que 1200 habitants et pas d’exploitation minière digne de ce nom.Des tissus, du coton, des couvertures, de la laine, des foulards et du savon seront aussi commercialisés.Souvent, ces affables marchands cumuleront deux métiers, comme c’était le cas pour nombre des colons de la Nouvelle-France.Face aux contraintes financières et matérielles, déjà à l’époque une certaine flexibilité du travail était en effet appréciée! Pour représenter ce cumul de compétences, un tonnelier doté de talents de sourcier fera donc quelques démonstrations.Et à chaque fois, des fiches d’information seront mises à la disposition des promeneurs afin qu’ils se renseignent plus précisément sur l’origine des métiers et leur importance dans le contexte de l’époque.Inventions et fondations Mais la balade ne se limite pas à l’aspect commercial du marché.Plusieurs personnages historiques viendront conter leurs aventures.Au détour d’une conversation, la dame Agathe de Repentigny, par exemple, parlera de ses activités.Femme de poigne, elle créa la première manufacture d'étoffes au Canada.Pour ouvrir son commerce, elle avait négocié le rachat de tisserands anglais prisonniers des Indiens.Elle est aussi l’inventeure du sucre d’érable, dont elle fit parvenir des échantillons au roi de France.Une femme plutôt exceptionnelle pour son époque! Plus loin, l’un des nombreux engagés que le fondateur de Montréal, le sieur Paul de Chomedey de Maisonneuve, avait ramené à l’occasion de «la grande recrue», son expédition française de 1653, contera ses aventures de jeunesse.La traversée, l’arrivée et le développement de la colonie seront ainsi abordés de façon ludique.Le gouverneur Louis-Hector de Callière, l’herboriste Catherine Jérémie et bien d’autres encore commenteront les événements de l’année 1703, la guerre avec les Anglais, l’état de la colonie, le commerce avec les Amérindiens, etc.«Ces animations se dérouleront en simultané tout au long de la journée.Chaque personnage ira de sa petite histoire», explique Yolande Racine, la directrice Conservation-éducation de Pointe-à-Callière.De fait, des musiciens ambulants baigneront les lieux de musique traditionnelle, des représentants de nations amérindiennes vendront des fourrures et détailleront leurs modes traditionnels de pêche, tandis que les soldats paraderont et qu’un édit du roi sera lu au public.«Nous avons voulu créer une interactivité avec le public.Par exemple, les personnages interpelleront les passants sur leurs tenues vestimentaires pour bien marquer l’évolution des valeurs», affirme Francine labrosse.Enfin, l’événement se voulant familial, des activités spécifiques sont prévues pour les enfants.Ils auront la possibilité d’essayer des costumes d’époque et de s’adonner à des divertissements de cette période ancienne, comme le jeu de dame, qui se pratiquait alors en famille.«Pendant ces deux jours, les gens vivront sous le régime français», précise Yolande Racine, l’occasion pour tous de renouer avec le passé.Marché public dans l’ambiance du XVIII siècle, les 23 et 24 août prochain.Renseignements: Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, » (514) 872-9150.Entrée gratuite et ouverte à tous.¦3* g » %fi- i'#»®8** Le 2J juin, à l’occasion de l’anniversaire de Joséphine Soirée spéciale au Musée Stewart au Fort A Ile Sainte-Hélène OSÉPHINE Le Grand Amour de Napoléon Activités gratuites : i8h, visite de l’exposition Zlhjo, visionnement sous le chapiteau d’un épisode de la série Napoléon courtoisie de Super Ecran P., Renseignements : jt4~86i~6joi Métro Jean-Drapeau .\l USÉE S HISTOIRE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAULT ntherianlieledrvoir.ra 2050.rue de Blenrv.H rlaçp.MoDlrétl iQnfbee) HAA AMD Tel.: (51 I) 985-5553 redarlion®ledevoir.roni FAIS CE (J r E DOIS LA SOCIÉTÉ NAPOLÉONIENNE INTERNATIONALE L'ÂGE DE LA GRANDEUR KljB L'ÂGE DU CHANGEMENT L'ÂGE DE NAPOLÉON Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard mm.• > % JACQUES-LOUIS DAVID (1748-1825) Nous vous présentons le vrai Napoléon débarrassé des perfides calomnies de ses détracteurs.Un homme de bon sens et d'une énergie sans pareille.Le plus grand soldat de tous les temps.Un réformateur qui remodela l'Europe en propageant les idéaux de la Révolution française.Celui qui construisit les fondations du monde du troisième millénaire.VISITEZ NOTRE SITE WEB www.societenapoleonienne.com un site incontournable qui reçoit des visiteurs en provenance de plus de 70 pays à travers le monde chaque mois Le 15 mai 2000, Ben Weider a reçu L'Ordre National de la Légion d'Honneur.La cérémonie a eu lieu au restaurant Hélène de Champlain de l'île Ste-Hélène en présence de Son Altesse Impériale, le Prince Charles Napoléon (à l'extrême gauche).C'est son Excellence Denis Bauchard (à l'extrême droite), Ambassadeur de France au Canada, qui a remis la médaille à Ben Weider au nom du président Chirac de France.Président Fondateur : Ben Weider Hommage à une grande dame québécoise : Madame Liliane Stewart récipiendaire de la Légion de Mérite de la Société Napoléonienne Internationale «Les grands ouvrages que j'ai exécutés et le code de lois que j'ai formé résisteront à l'épreuve du temps et les futurs historiens vengeront les torts que m'auront fait subir mes contemporains.» citation de Napoléon recueillie par le Dr B.E.O'Meara à Ste-Hélène
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.