Le devoir, 31 juillet 2007, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 2007 A 2 LES ACTUALITES Le tour du monde en 80.épiceries — Quand l’été chauffe les trottoirs, qu’on a joué les touristes, fréquenté les festivals, plongé dans les piscines et flâné aux terrasses, que reste-t-il pour encore apprécier la ville et même s’en étonner?Des coins inexplorés, des gens méconnus, des activités inusitées.De Montréal, Ottawa et Québec, nos journalistes vous font part de ce qu’ils ont déniché.FABIEN DEGUISE A ouverture récente LZ du Québec à de nouvelles variétés de fruits et légumes a visiblement ses limites.Un doute?Passez donc les portes du Marché Shah Jalal de la rue Ogilvy, au nord de la rue Jean-Talon.Dans ce petit commerce spécialisé dans les produits de l'Inde et du Bangladesh, la verdure y défile en effet dans un comptoir tempéré comme une succession d’énigmes.En raison de ses formes, de ses textures, de ses teintes et, bien sûr, des noms qui viennent avec elles: pani low, shatkora, ada ledu, jali, data sag, chichinga, okra.Racine?Hante feuillue ou potagère?Tubercule?Fruits d’arbres exotiques?Ces aliments, comestibles de toute évidence, n’ont tellement pas prise dans la culture gastronomique d’ici que l’Office québécois de la langue française aurait bien de la peine à leur trouver un nom en français.Et l’on ne peut finalement que s’en réjouir puisque ce vide linguistique donne la chance aux Montréalais de partir en voyage à l’autre bout du monde.à 10 minutes de vélo de chez eux.A peine.C’est le Montréal que l’on aime.Le nez dans une forte odeur de curry, le dépaysement est total dans cette épicerie du nord de la ville, où la musique qui y joue, la langue qui s’y parle et les clients qui s’y promènent donnent très vite l’impression d’avoir franchi la barrière de l’espace et du temps.Les produits exposés confirment l’étrange sensation.Dans le congélateur, les sacs de bailla, de pangush, de shino, de baim, de khalisa, de koral — un «poisson d’eau douce», souligne l’étiquette, en français — ou de gulsha invitent à l’évasion.«Nous avons une trentaine d’espèces de poisson différentes», explique Mohammed, employé de l’endroit, confronté au regard perplexe d’un consommateur qu’il n’a pas l’habitude de croiser en ces lieux.«Tous arrivent congelés du Bangladesh.C’est la seule façon pour nous de les avoir ici à Montréal.» Ailleurs, le regard est attiré par des préparations pour beignets, crêpes ou gâteaux aux lentilles, de marque Gits, un produit fièrement importé de l’Inde.Le mélange à curry, pour les légumes, (National, c’est son nom) vient plutôt du Pakistan, tout comme ce pudding au riz et noix de cajou baptisé laziza Hus loin, un pot de crème de sésame, pour le déjeuner, arrive du Liban, alors que la boisson gazeuse Goya Refresco à la mandarine, très prisée dans ce coin de la métropole, a pris la route de.Secaucus dans le New Jersey jusqu’à Montréal.Le pays d’en face Sur cette rue Qgilvy, entre Hutchinson et de l’Épée, traverser la rue revient là aussi à partir dans un autre pays.Au Ghana, par exemple, à l’honneur au Marché Ghanacan, qui affiche en devanture ses couleurs: «Produits afri-cains-caraibes et ouest indiens.Poissonnerie».A l’intérieur, derrière son comptoir, Julian discute avec un habitué sur fond d’étagères croulant sous les shampooings, parfums et savons servis dans des emballages où les femmes blanches aux cheveux blonds ont disparu au profit de peaux noires et métissées, plus à-propos dans pareil établissement «Que fait-on avec cette palmnut cream [une préparation en conserve à base de jus de palme, d’eau et V* / ÿÿi ; - -, -s n im - ¦ ’ ¦ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les Montréalais ont la chance de partir en voyage à l’autre bout du monde.à 10 minutes de vélo de chez eux.À peine.de sel, importée d’Accra]?», demande le client-touriste.«On fait revenir des légumes dedans, répond la propriétaire.Vous pouvez servir ça avec des cuisses de dinde fumée [qui viennent du Québec, précisera-t-elle plus tard].C’est très bon.» Les Nations unies de la bouffe Avec sa ribambelle d’épiceries dédiées à l’alimentation de néo-Québécois provenant des quatre coins du globe, Montréal sert finalement chaque jour les Nations unies de la bouffe sur un plateau.Et pour en profiter, il ne faut certainement pas rechigner à parcourir la métropole de long en large à la recherche de ces petits bijoux et de leurs produits capables d’ajouter mystère et drôles de saveurs dans son quotidien culinaire.Dans le quartier Côte-des-Neiges, ce sont les feuilles de là lop, de ngo gui, de ray râm ou de gâp ca — des herbes entrant dans la cuisine vietnamienne — qui fascinent.avant d’aromatiser une soupe ou une salade de tomates! Rue Jarry, dans le quartier Saint-Michel, le consommateur en mal de rafraîchissement peut facilement se laisser tenter par ces sucettes glacées — des pop-sicles, quoi! — à la gelée d’haricot vert ou rouge.Cette spécialité de Taiwan est tenue en inventaire par le supermarché Km Phat, troisième réseau d’épiceries dites ethniques de Montréal, après Mourelatos et Es- posito mais aussi avant Adonis et Al Chalal, selon un rapport de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sur les grappes bioalimentaires de la métropole.Dans ce haut lieu de la distribution alimentaire, où étrangement l’Asie semble très bien se marier avec Haiti, les boissons Pokka — des laits à la fraise ou au melon, importés de la Corée du Sud — et les boissons gazeuses à l’aloe vera et au miel de la Thaïlande côtoient en effet les sacs de farine d'akas-san — une préparation à base de maïs — et surtout des pots de confiture d’ananas, populaire au déjeuner à Port-au-Prince.L axe de l’exotisme Blasé par les minibananes provenant du delta du Mékong ou par les frigos remplis de Dragon, la stout de Jamaïque que le Marché La Foire des Antilles du boulevard Saint-Michel exhibe dans ses frigos?Un coup de barre plein sud conduit rapidement dans un autre univers.Celui d’Aliments Picado, boulevard Çaint-Laurent, ou de Boucherie/Épicerie SA et fils rue Saint-Urbain, où le Portugal s’y fait gourmand, en plusieurs saveurs.On y retrouve, bien sûr, l’incontournable morue salée (avec r ¦¦¦ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Avec sa ribambelle d’épiceries dédiées à l’alimentation de néo-Québécois provenant des quatre coins du globe, Montréal sert finalement chaque jour les Nations unies de la bouffe sur un plateau.ses joues, à ne pas oublier), les pots de graines de lupin — la gourgane des Portugais!—, les bouteilles d’eau de marque Luso ou Fastio, qui donnent l’impression d’être allé loin, et surtout ces confitures, Quintal dos Açore à la figue, au raisin ou encore à la.patate douce.Parfait avec un morceau d’oaxaxo ou sâo jorge topo, des fromages que seules les épiceries de ce quartier portugais ont en rayons.Dans l’axe nord-sud de la ville, entre l’Asie/Antilles et le Portugal, les curieux s’arrêteront sans doute en chemin au Marché Istanbul Caché dans un minicentre commercial peu attirant au nord de Crémazie, enfrE-Saint-Laurent et Clark, le commerce, comme son nom l’indique, fait respirer un morceau de Turquie à Montréal.Une aubaine pour les consommateurs curieux et une bonne façon aussi pour eux d’impressionner la visite en lui servant des nouilles de marque Ryale achetées là, du sirop de jellab (à base de dattes), des nectars de cerise ou encore de ITJludàg Gazoz.De quoi?Uludàg Gazoz, une boisson gazeuse aux fruits qui, comme tous les produits glanés dans les nombreuses épiceries ethniques de la métropole, permet en été et par temps chaud, ce qu'Air Canada n’offre pas: de se dépayser pour quelques dollars à peine et une grande balade à vélo.Le Devoir Viaducs sous surveillance La ministre compte sur les camionneurs La ministre des Transports du Québec, Julie Boulet s’en remet à l’autodiscipline et au sens des responsabilités des camionneurs pour éviter les surcharges sur les 135 viaducs sous surveillance au Québec.De passage à Montréal, hier, la ministre Boulet a rappelé que les détenteurs de permis de transport en surcharge n’avaient plus le droit d’utiliser ces structures jusqu’à ce qu’elles aient été inspectées et jugées sécuritaires.Elle a fait valoir que l'Association du camionnage du Québec avait transmis à tous les détenteurs de permis de transport en surcharge, qui représentent 10 % des camionneurs, la liste des viaducs qui leur sont interdits.Mme Boulet a ajouté que quelque 300 contrôleurs routiers assuraient aussi la surveillance des structures risées et que la Sûreté du Québec pouvait également être appelée en renfort pour la surveillance, si certaines structures devaient s’avérer problématiques.La ministre a dit espérer que l’ensemble des structures soient inspectées d’ici la fin octobre, une opération qui coûtera quatre millions de dollars au ministè- re.Par la suite, la ministre affirme que toute réfection requise sera réalisée sans délai, quel que soit son coût afin d’assurer la sécurité des usagers, et que les réfections moins urgentes seront toutes réalisées à terme.La ministre a reçu, en ce sens, un appui clair de son homologue fédéral, Lawrence Cannon, qui a indiqué hier que des discussions sont sur le point de s’amorcer entre les deux paliers de gouvernement afin que les ponts et viaducs puissent répondre aux critères d’investissement du nouveau programme d’infrastructures annoncé dans le dernier budget du ministre des Finances, Jim Flaherty.«On est sur le point de s’asseoir avec le gouvernement du Québec, notamment pour déterminer les critères et les conditions du nouveau programme d’infrastructures, a dit le ministre Cannon.Et, parmi les choses que nous souhaitons, c’est de rendre accessibles des demandes pour réhabiliter des échangeurs et ainsi de suite.» Presse canadienne NOUVEAU dans la section culture sur xom Trouvez l'horaire des films à l'affiche En salle / à la télé / et les nouveautés DVD Diabète et crise cardiaque: l’Avandia ne devrait pas être retiré du marché, soutient un comité d’experts ANDREW BRIDGES TXTashington — Même si des V V études récentes démontrent que son utilisation peut entraîner une augmentation du risque de crise cardiaque, le médicament Avan-dia, qui est utilisé dans le traitement du diabète, ne devrait pas être retiré du marché, a estimé hier un comité d’experts chargé de conseiller le gouvernement américain.Cette recommandation Me à la Food and Drug Administration (FDA) américaine, non contraignante, a été adoptée à la majorité des membres du comité d’experts.Avant que les experts ne se prononcent, un membre de la FDA, le docteur David Graham, leur avait fait valoir que ce risque accru de crise cardiaque pour les diabétiques ayant recours à l’Avandia, combiné au fait que d’autres médicaments offrent les mêmes bienfaits à court terme, ne justifiait pas la poursuite des ventes du produit.La firme pharmaceutique GlaxoSmithKline P LC avait pour sa part réfuté l’existence de ce risque plus élevé, citant ses propres études sur l’Avandia, qui est aussi connu sous le nom de rosiglitazone.Experts convoqués La FDA avait convoqué les experts pour tenter de déterminer si l’Avandia ne devrait être utilisé que chez certains patients soigneusement choisis, et étiqueté d’avertissements clairs, ou s’il devrait être carrément retiré des tablettes.La FDA avait précédemment indiqué que des dizaines d’études font état d'un risque accru de crise cardiaque.ISBN 978-2-7808-4653-1 Félix BOUVIER C0NMISSAIICE DU mONDE COMTEMPORAIH Hlstolra - Économie - eioorapnia 5* secondaire DPEÇ inc fn «ente flans toutes les liorairies 514-843-5991 lu prix est indique sous rêsarvu du modifications Environ un million d'Américains souffrant de diabète de type 2 prennent de l’Avandia.Au Canada, plus d’un million de prescriptions d'Avandia ont été émises l'an dernier, selon IMS Health Canada.Le patron du docteur Graham, le docteur Gerald Dal Pan, s’est lui aussi prononcé en faveur du retrait du médicament, mais d’autres experts ont demandé au comité de la FDA de garder l’esprit ouvert.•fl est important que le comité comprenne qu 'il y a un désaccord fondamental [au sein des instances de la FDA] concernant les conclusions scientifiques qui doivent être tirées», a dit le docteur Robert Meyer, responsable du service de la FDA qui étudie les nouveaux medicaments pour traiter le diabète.Méta-analyse En mai dernier, le prestigieux New England Journal of Medicine avait publié une méta-analyse de 42 études qui démontrait que le risque de crise cardiaque était 43 pour cent plus élevé chez les patients prenant de l’Avandia que ehçz les autres.A ce moment, Glaxo avait émis un communiqué, approuvé par le ministère fédéral de la Santé, qui affirmait que les patients qui prenaient de l'Avandia ne devraient pas cesser de le faire sans tout d'abord consulter leur médecin.Assttciatcd l*rvss Prvsst' canadienne i 4 LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 2007 A 7 IDÉES Ingmar Bergman, 1918-2007 Un génie n’est plus LALI RENT LAPIERRE, PH.D., C.M.Titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau, HEC de Montréal n peut aimer ou ne pas aimer le cinéma de Bergman.Sa contribution au cinéma suédois (et universel) n’en demeure pas moins phénoménale.C’est fort probablement parce que son œuvre colle à son histoire, qu’elle est un effort pour comprendre et accepter ce qu’a signifié la vie pour lui, qu’il atteint un niveau de vérité qui touche un public qui s’y identifie et y trouve aussi une ou sa vérité.Comme beaucoup de grands créateurs Headers, écrivains ou artistes), Ingmar Bergman est un «écorché vif» qui éprouve le besoin de réaliser de grandes œuvres pour se rassurer, attirer l’attention et quêter l’affection.Très tôt dans sa vie, la réalité a été difficile ou impossible à accepter.Sa sensibilité (son intelligence de l’affectivité et des émotions) et sa lucidité lui permettaient de «sentir» ce qui se passait autour de lui II avait conscience du drame individuel qu’avaient vécu ses deux parents avant sa naissance (Les Meilleures Intentions) et qu’ils ont continué de vivre pendant sa vie (Fanny et Alexandre, etc.) et jusqu’à la fin (Les Fraises sauvages).Il éprouvait ce qu'avait pu être, bien avant sa naissance, la faillite du couple de ses parents sur le plan affectif.Aucun des deux n’était véritablement capable d’aimer.La même sensibilité lui faisait ressentir son incommensurable besoin d’être aimé, l’incapacité de ses parents d’y répondre, sa conscience précoce du manque et le cul-de-sac dans lequel il se trouvait sur le plan affectif.Tout cela lui a fait éprouver une grande souffrance psychique.11 était profondément triste et malheureux, malgré de grands moments de joie.D’autres voies auraient pu s’ouvrir à lui: la dépression, le délire ou l’inhibition névrotique paralysante; il a «choisi» la voie de la création.Dans le monde du rêve Il a pu trouver refuge dans le monde du rêve, du théâtre et du cinéma.Son imagination a été un exutoire merveilleux: le «mensonge» et l’imagination.Heureusement, il a éprouvé le besoin et a eu le talent de réaliser ces histoires en dehors de lui.Construire un théâtre, inventer des personnages, monter des spectacles sur scène et réaliser des films sont devenus pour lui des façons de recréer les fêtes de famille qui ont fait son bonheur chez sa grand-mère, et de rechercher l’amour.Son cinéma met en scène sa force de vie, sa lucidité et sa tristesse.Sa mythomanie (avoir été vendu par ses parents) a d’abord été une tentative d’échapper à sa réalité affective intolérable (Fanny et Alexandre, Les Enfants du dimanche) .Il prête des monstruosités à ses parents, ce qui est une façon de projeter sa propre monstruosité et de s'en déculpabiliser.Dans Fanny et Alexandre, il y a deux images de père, un bon père «homme de théâtre» et un mauvais père «pasteur», comme l’était son père biologique.Il fait mourir le premier de façon douce et naturelle, et le second de façon violente, mais ces deux images vont continuer de le hanter.D y a là aussi une image de grand-père adoptif, le juif Isak qui, malgré les apparences de vulnérabilité, est le véritable «homme fort».C’est lui qui sauvera les enfants et la mère.Sensation de vide intérieur Cependant, le besoin de sécurité affective de Bergman, le petit comme le grand, était tel qu’il était impossible à combler.L’homme était toujours à la recherche d’une mère toute-puissante qui lui aurait ouvert les bras, l’aurait aimé et protégé de façon inconditionnelle et totale.Et les «histoires inventées» lui ont permis de contrôler sa réalité de façon omnipotente.Bergman a tenté de combler une sensation de vide intérieur, mais il lui fut difficüe de trouver à l’extérieur SOREN ANDERSSON/SCANPIX SWEDEN REUTERS Une admiratrice d’Ingmar Bergman, Kerstin Stalstam, a pris la peine d’écrire un mot de condoléance à la suite du décès du célèbre cinéaste suédois.ce qui lui manquait à l’intérieur.Il a eu la chance de travailler sur lui-même.Il a recherché dans la convivialité et la sexualité des moyens de se sécuriser sur le plan affectif.D a fait, en quelque sorte, un travail qui consiste à (re)trouver sa vérité en créant des œuvres qui (re)font son histoire.Son angoisse le pousse à savoir et à comprendre.L’acceptation viendra beaucoup plus tard.Cette curiosité, jointe à son désir de plaire et d’être aimé, fait de lui un grand travailleur, un perfectionniste en constante quête de vérité.Ce n’est jamais total et il est donc toujours déçu, insatisfait C’est probablement ce qui explique qu’il ait réalisé tant d’œuvres.Fuir la dépression Il s’est perçu très tôt comme génial.Il peut s’agir d’une réaction excessive à un manque affectif.Bergman sent la destruction en lui, de même que les démons qui l’habitent, mais des gens lui ont donné confiance en lui-même: sa grand-mère qui le traite en ami, sa mère dépressive qui prétend avoir vécu une enfance heureuse dans une maison ouverte où les fêtes étaient fréquentes, et son père qui lui a enseigné, à distance, à être professionnellement aimé en pratiquant le sens du devoir et en travaillant sans relâche.Il sait qu’il est aimable et qu’on l’aime mal- gré sa monstruosité, ce qui lui fait éprouver beaucoup de culpabilité.Sa rie professionnelle lui a permis de se défendre contre la dépression que lui a léguée sa mère en recréant par ses productions cinématographiques et théâtrales les fêtes de sa grand-mère, dont il a gardé la nostalgie, avec le souci du devoir que lui a transmis son père.Travaillomanie et érotomanie vont ensemble ici.D lui a fallu fuir la dépression sous-jacente.Ses relations avec les autres étaient très difficiles et pénibles, sur les plans tant professionnel que personnel.Il se croyait tout-puissant, au-dessus de toute contrainte et de tout contrôle, ce qui lui a valu bien des humiliations.On comprend qu’il ait été fasciné par le national-socialisme et qu’il ait exigé des femmes de sa vie une disponibilité totale.D y avait cependant un fond de confiance et une force de rie qui ont été plus forts que sa destructivité et sa fascination pour la mort Comme Orson Welles l’a fait avec le cinéma américain, Ingmar Bergman a profondément marqué le cinéma suédois, en collant de très près à ce qu’il était comme personne.Ce cinéma nous touche beaucoup, nous qui sommes aussi un pays du Nord comme la Suède, dont la population ne dépasse pas beaucoup celle du Québec.La Suède, un modèle pour le Québec?Oui, mais.CLAUDE POMERLEAU Texte en réponse à celui de M.Yanick Labrie («Pourquoi le modèle suédois fonctionne», Le Devoir, 19 juillet2007) e modèle suédois n’est pas le seul qui pourrait servir d’exemple pour le Québec.En fait, il faudrait faire porter notre réflexion sur l’ensemble des pays de l’Europe dp Nord afin de comprendre pourquoi des Etats plus petits ou de taille équivalente au Québec sont parmi les plus performants au monde dans le domaine de la création et de la répartition de la richesse (la social-économie)) et représentent donc des modèles à suivre pour le Québec.Il est raisonnable toutefois d’affirmer qu’un «expert», qui est confiné dans le double cati e idéologique de l’Institut économique de Montréal OEM) , puisse de bonne foi identifier les deux conditions qui ont prévalu pour que ces Etats de l’Europe du Nord entreprennent des réformes majeures qui leur ont permis de relever le défi de la productivité de façon aussi convaincante.Ces deux conditions sont les suivantes., Premièrement, et il faut l’affirmer haut et fort, ces Etats sont souverains et indépendants et ils possèdent en conséquence, contrairement à la «province de Québec» inféodée au gouvernement fédéral d’Ottawa, tous les leviers de pouvoir pour en arriver à un processus décisionnel çohérent La souveraineté ou l’indépendance de ces Etats constitue, de facto, le facteur clé de la productivité, et ij faut en prendre acte.Deuxièmement, ces Etats pratiquent une culture du consensus économique et social, la social-économie, ce qui leur permet de s’ajuster rapidement à la mondialisation (autre facteur de cohésion stratégique).Ce sont ces deux conditions qui ont permis à la Suède de réaliser une réforme majeure qui lui a permis de réduire le nombre de ses fonctionnaires d’un tiers et de réaliser un gain de productivité de 4 %.Cette réforme n’aurait jamais été possible si la Suède avait été une province enfermée dans un fédéralisme de tutelle, avec un pouvoir central qui contrôle la moitié de ses impôts et qui intervient dans pratiquement tous ses champs de compétence.Ce qm est le cas du Québec.Doublement piégés Le Québec fait face à des défis majeurs pour améliorer sa productivité politique et économique.Il en va de l’intérêt supérieur du Québec que ce débat se fasse dans la plus grande rigueur.Malheureusement, à cet égard nous sommes doublement piégés par l’idéologie politique que nous rivons.Le premier piège est celui de l’idéologie fédéraliste, qui nous condamne à chercher des solutions dans le confinement du provincialisme, et l’autre piège est celui de ce débat entre gauche et droite qui nous fige dans un braquage stérile alors qu’il y a péril en la demeure.A cet égard, il est douteux que l’IEM, confiné dans cette double idéologie, nous fournisse quelques solutions valables pour répondre au seul défi qui se pose: améliorer la productivité politique et économique du Québec.Pour réussir des réformes structurelles majeures du type de celles que les pays d’Europe du Nord ont accomplies, le Québec doit donc réunir les deux conditions indispensables à la réussite: l’indépendance et une culture de consensus entre les différents acteurs que sont le gouvernement, le patronat et les syndicats, afin d’établir une véritable économie sociale.Réplique à Mario Cardinal Les pressions du B’nai Brith: quelques nuances.Les opinions de M.Coulon vont à l’encontre de la politique du Canada MOÏSE MOGHRABI Conseiller juridique B’nai Brith Canada — Région du Québec e jeudi 26 juillet 2007, un article est apparu dans la section «Opinion» du journal Le Devoir, écrit par M.Mario Cardinal, relativement «aux pressions du B’nai Brith» quant à la candidature de M.Jocelyn Coulon.M.Cardinal a l’impression que le B’nai Brith «confond ses propres valeurs», qu’il considère comme «des valeurs idéologiques [et] partisanes», avec «les valeurs canadiennes» qui, selon lui, puisent à d’autres sources.Il y va en longueur à détailler des valeurs qu’il considère siennes, allant de la désapprobation «sans nuances» de «l’occupation israélienne» à la guerre du Liban de juillet 2006 et à la qualification de la politique américaine au Moyen-Orient «d’hypocrite».Bien que je respecte tout à fait les opinions ainsi que le droit de M.Cardinal à ses opinions, celles-ci n’ont absolument aucun rapport avec les reproches que le B’nai Brith tait à M.Jocelyn Coulon.Tout d’abord, étant dans un pays démocratique et nonobstant le droit d’un premier ininistre de nommer qui il veut au cabinet qu’il veut, encore faut-il que la personne nommée ait été élue dans son comté au préalable.Cette élection est un processus démocratique par lequel les personnes allant aux urnes ont le droit de tout savoir sur les opinions et le candidat pour lequel on leur propose de voter.D n’a jamais été question déjuger «les valeurs canadiennes» en matière de politique étrangère, ni d’en discuter de quelque façon que ce soit, mais plutôt de discuter des positions biaisées qui disqualifieraient M.Coulon du poste qu’il convoite.Les politiques canadiennes établies Il existe, à ce jour, des politiques bien établies au Canada vis-à-vis de ses alliés et vis-à-vis du monde en général.Ces politiques n’ont pas changé de gouvernement en gouvernement que ce gouvernement ait été conservateur ou libéral.M.Coulon fait plus qu’émettre ses opinions dans ses écrits lorsque, dans son article du 15 septembre 2004, il indique que les Américains massacrent délibérément des civils et que le 11 septembre 2001 est devenu une justification du massacre des musulmans en Palestine.Dans un article du 15 novembre 2006, M.Coulon se réfère à l'Irak en fant qu’ «abattoir» et parle de «carnage» et «de faire cesser la boucherie» dont la source est Washington et Londres, qui entretiennent la guerre et propagent la violence alors que les Irakiens «crè-w[nt] par milliers».lu nuance est grande entre la désapprobation et même la répugnance envers les pertes de rie et le massacre de la vérité que fait M.Coulon dans un article qui vraisemblablement ne cherche qu’à soule- ver des sentiments de révolte et de haine envers nos alliés.Lorsque le B’nai Brith critique M.Coulon quant à sa position sur le Hamas, comme incompatible avec la politique canadienne, il se réfère aux articles répétés de M.Coulon fie 22 février 2006, le 8 février 2007, le 5 avril 2007 et le 19 juin 2007) où, à plusieurs reprises, il appel le l’Occident, dont le Canada, à «négocier» avec le Hamas, qualifiant d’absurde le refas de tout dialogue avec «les fauteurs de troubles» et «les terroristes» Qes derniers guillemets sont de M.Coulon), ce qui s’applique, selon lui, au Hamas palestinien.Il cite dçs auteurs qui partagent sa position, pour appeler les États-Unis à «cesselr] de marginaliser les autres puissances et de favoriser constamment Israël» — il est difficile de croire qu’il s'agit d’un ami d’Israël qui ne fait que critiquer sa politique, comme le prétend aujourd’hui M.Coulon.À l’encontre de la position du Canada Cette position consistant à négocier avec un groupe terroriste est une position contraire à la politique du Canada, établie par le Parti libéral du Canada.Il ne s'agit aucunement de discuter de «vrais valeurs canadiennes», comme le prétend M.Cardinal.Le 1" mars 2007, M.Coulon affirme que 4oute cette agitation martiale autour de l’Iran, tous ces coups fourrés» n’ont rien à voir avec la sécurité de la région, il dit que «tout cela fait parti d’une campagne de provocation graduelle visant à augmenter la pression sur l’Iran» dans le but de préparer la «joyeuse guerre [,] destinée à remodeler le nouveau Proche-Orient».M.Coulon fait abstraction tant de la position du Canada aux Nations Unies que des pressions que tente d’exercer l’ONU sur l’Iran pour faire cesser ses activités nucléaires.Les opinions de M.Coulon vont à l’encontre de la politique du Canada.Lorsque, le 29 mars 2007, M.Coulon écrit que «le terrorisme islamique» est une «menace insignifiante » et que l’Iran est une menace «parfaitement neutrali-sable []», il fait fi de la politique du Canada concernant ces problèmes, y compris la position du Parti libéral qui a initialement instauré la loi antiterroriste, ainsi que de la réalité des attentats et des activités terroristes, à J'Iew York, Madrid, Londres, Toronto, au Maroc, en Egypte, et dernièrement des événements à la Mosquée rouge au Pakistan.Avec l’incitation au génocide des Juifs par le président iranien et le développement nucléaire accéléré de l’Iran, ainsi que le soujien documenté à des groupes terroristes par cet État, n’est-il pas légitime pour le B’nai Brith d’être préoccupé par les opinions de M.Coulon.qui n’y voit pas de menace sérieuse?Les citations ci-haut ne sont qu’un petit échantillon des écrits de M.Coulon, qui sont d’ailleurs intégralement disponibles dans Internet, et l’on ne peut s’empêcher de s’inquiéter de la direction que prendra un gouvernement au sein duquel M.Coulon serait le conseiller expert en matière internationale, compte tenu de ses positions bien arrêtées sur ces sujets.Tout est question de nuances.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint an dirtcteur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées) Brian Myles (justice et faits de société).Clairamlrée Cauchy (Général) Jean Dion, Louis-Gilles Francceur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet), Émilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clavel(/>K/>ilrf), Jean-Guillaume Dumont.Philippe Papineau (pupitre) louise-Maudc Rkrux Soucy (Santé); Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) : Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Dudos.Michéle MaJcnfant et Christine Dumazet (nrlecteur): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier CMtare; Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du weekend).Stéphane Baillargeon (reporte^, Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (rinémo)Isabelle Paré (culture), à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de (information) Dominique Reny (pupitre).Eric Desrosiers, Claude Turcotte.François Desjardins; A l'information internationale : Jean-Pierée Icgault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de (information), Serge Truflaut (éditorialiste) ; A l’information politique : Hélène Buzzetti e Alec t astonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robltaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction)-, Marie Pier Frappier.Émilie Parent Bouchard (commis à Ut rédaction).La documentation : Gilles Paré (directeur) Manon Derome.Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).IA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron.Marlène Côté, Christiane Legault, Amélie Maltais, Claire Paquet.Martine Riopelle Isabelle Sanchez Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires).Uurence Thériault (directrice adjointe).Sylvie Uporte, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion Yannick Morin Nathalie Zcmaitis, Olivier Zuida INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE C aroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette, Nathalie Filion, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur) Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Ghislaine lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Monique Protean, Danielle Ross.k LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 2 0 0 7 A 7 IDEES Ingmar Bergman, 1918-2007 Un génie n’est plus i SOREN ANDERSSON/SCANPIX SWEDEN REUTERS Une admiratrice d’Ingmar Bergman, Kerstin Stalstam, a pris la peine d’écrire un mot de condoléance à la suite du décès du célèbre cinéaste suédois.LAURENT LAPIERRE, PH.D., C.M.Titulaire de la Chaire de leadership Pierre-Péladeau, HEC de Montréal n peut aimer ou ne pas aimer le cinéma de Bergman.Sa contribution au cinéma suédois (et universel) n’en demeure pas moins phénoménale.C’est fort probablement parce que son œuvre colle à son histoire, qu’elle est un effort pour comprendre et accepter ce qu’a signifié la vie pour lui, qu’il atteint un niveau de vérité qui touche un public qui s’y identifie et y trouve aussi une ou sa vérité.Comme beaucoup de grands créateurs (leaders, écrivains ou artistes), Ingmar Bergman est un «écorché vif» qui éprouve le besoin de réaliser de grandes œuvres pour se rassurer, attirer l’attention et quêter l’affection.Très tôt dans sa vie, la réalité a été difficile ou impossible à accepter.Sa sensibilité (son intelligence de l’affectivité et des émotions) et sa lucidité lui permettaient de «sentir» ce qui se passait autour de lui.D avait conscience du drame individuel qu’avaient vécu ses deux parents avant sa naissance {Les Meilleures Intentions) et qu’ils ont continué de vivre pendant sa vie {fanny et Alexandre, etc.) et jusqu’à la fin {Les Fraises sauvages).D éprouvait ce qu’avait pu être, bien avant sa naissance, la faillite du couple de ses parents sur le plan affectif.Aucun des deux n’était véritablement capable d’aimer.La même sensibilité lui faisait ressentir son incommensurable besoin d’être aimé, l’incapacité de ses parents d’y répondre, sa conscience précoce du manque et le cul-de-sac dans lequel il se trouvait sur le plan affectif.Tout cela lui a fait éprouver une grande souffrance psychique.Il était profondément triste et malheureux, malgré de grands moments de joie.D’autres voies auraient pu s’ouvrir à lui: la dépression, le délire ou l’inhibition névrotique paralysante; il a «choisi» la voie de la création.Dans le monde du rêve Il a pu trouver refuge dans le monde du rêve, du théâtre et du cinéma.Son imagination a été un exutoire merveilleux: le «mensonge» et l’imagination.Heureusement il a éprouvé le besoin et a eu le talent de réaliser ces histoires en dehors de lui.Construire un théâtre, inventer des personnages, monter des spectacles sur scène et réaliser des films sont devenus pour lui des façons de recréer les fêtes de famille qui ont fait son bonheur chez sa grand-mère, et de rechercher l’amour.Son cinéma met en scène sa force de vie, sa lucidité et sa tristesse.Sa mythomanie (avoir été vendu par ses parents) a d’abord été une tentative d'échapper à sa réalité affective intolérable {Fanny et Alexandre, Les Enfants du dimanche).D prête des monstruosités à ses parents, ce qui est une façon de projeter sa propre monstruosité et de s’en déculpabiliser.Dans Fanny et Alexandre, il y a deux images de père, un bon père «homme de théâtre» et un mauvais père «pasteur», comme l’était son père biologique.D fait mourir le premier de façon douce et naturelle, et le second de façon violente, mais ces deux images vont continuer de le hanter.D y a là aussi une image de grand-père adoptif, le juif Isak qui, malgré les apparences de vulnérabilité, est le véritable «homme fort».C’est lui qui sauvera les enfants et la mère.Sensation de vide intérieur Cependant, le besoin de sécurité affective de Bergman, le petit comme le grand, était tel qu’il était impossible à combler.L’homme était toujours à la recherche d’une mère toute-puissante qui lui aurait ouvert les bras, l’aurait aimé et protégé de façon inconditionnelle et totale.Et les «histoires inventées» lui ont permis de contrôler sa réalité de façon omnipotente.Bergman a tenté de combler une sensation de vide intérieur, mais il lui fut difficile de trouver à l’extérieur ce qui lui manquait à l’intérieur.Il a eu la chance de travailler sur lui-même.Il a recherché dans la convivialité et la sexualité des moyens de se sécuriser sur le plan affectif.D a fait en quelque sorte, un travail qui consiste à (re) trouver sa vérité en créant des œuvres qui (re)font son histoire.Son angoisse le pousse à savoir et à comprendre.L’acceptation viendra beaucoup plus tard.Cette curiosité, jointe à son désir de plaire et d’être aimé, fait de lui un grand travailleur, un perfectionniste en constante quête de vérité.Ce n’est jamais total et il est donc toujours déçu, insatisfait C’est probablement ce qui explique qu’il ait réalisé tant d’œuvres.Fuir la dépression Il s’est perçu très tôt comme génial.Il peut s’agir d’une réaction excessive à un manque affectif.Bergman sent la destruction en lui, de même que les démons qui l’habitent, mais des gens lui ont donné confiance en lui-même: sa grand-mère qui le traite en ami, sa mère dépressive qui prétend avoir vécu une enfance heureuse dans une maison ouverte où les fêtes étaient fréquentes, et son père qui lui a enseigné, à distance, à être professionnellement aimé en pratiquant le sens du devoir et en travaillant sans relâche.Il sait qu’il est aimable et qu’on l’aime mal- gré sa monstruosité, ce qui lui fait éprouver beaucoup de culpabilité.Sa vie professionnelle lui a permis de se défendre contre fa dépression que lui a léguée sa mère en recréant par ses productions cinématographiques et théâtrales les fêtes de sa grand-mère, dont il a gardé la nostalgie, avec le souci du devoir que lui a transmis son père.Travaillomanie et érotomanie vont ensemble ici.Il lui a fallu fuir fa dépression sous-jacente.Ses relations avec les autres étaient très difficiles et pénibles, sur les plans tant professionnel que personnel.Il se croyait tout-puissant, au-dessus de toute contrainte et de tout contrôle, ce qui lui a valu bien des humiliations.On comprend qu’il ait été fasciné par le national-socialisme et qu’il ait exigé des femmes de sa vie une disponibilité totale.Il y avait cependant un fond de confiance et une force de vie qui ont été plus forts que sa destructivité et sa fascination pour fa mort Comme Orson Welles l’a fait avec le cinéma américain, Ingmar Bergman a profondément marqué le cinéma suédois, en collant de très près à ce qu'il était comme personne.Ce cinéma nous touche beaucoup, nous qui sommes aussi un pays du Nord comme la Suède, dont la population ne dépasse pas beaucoup celle du Québec.La Suède, un modèle pour le Québec?Oui, mais.CLAUDE POMERLEAU Texte en réponse à celui de M.Yanick Labrie («Pourquoi le modèle suédois fonctionne», Le Devoir, 19 juillet 2007) e modèle suédois n’est pas le seul qui pourrait servir d’exemple pour le Québec.En fait, il faudrait faire porter notre réflexion sur l’ensemble des pays de l’Europe dp Nord afin de comprendre pourquoi des Etats plus petits ou de taille équivalente au Québec sont parmi les plus performants au monde dans le domaine de fa création et de la répartition de la richesse (fa social-économie)) et représentent donc des modèles à suivre pour le Québec.Il est raisonnable toutefois d’affirmer qu’un «expert», qui est confiné dans le double cadre idéologique de l’Institut économique de Montréal (IEM), puisse de bonne foi identifier les deux conditions qui ont prévalu pour que ces Etats de l’Europe du Nord entreprennent des réformes majeures qui leur ont permis de relever le défi de 1a productivité de façon aussi convaincante.Ces deux conditions sont les suivantes., Premièrement, et il faut l’affirmer haut et fort, ces Etats sont souverains et indépendants et üs possèdent en conséquence, contrairement à la «province de Québec» inféodée au gouvernement fédéral d’Ottawa, tous les leviers de pouvoir pour en arriver à un processus décisionnel çohérent La souveraineté ou l’indépendance de ces Etats constitue, de facto, le facteur clé de fa productivité, et i] faut en prendre acte.Deuxièmement, ces Etats pratiquent une culture du consensus économique et social, la social-économie, ce qui leur permet de s’ajuster rapidement à la mondialisation (autre facteur de cohésion stratégique).Ce sont ces deux conditions qui ont permis à la Suède de réaliser une réforme majeure qui lui a permis de réduire le nombre de ses fonctionnaires d’un tiers et de réaliser un gain de productivité de 4 %.Cette réforme n’aurait jamais été posable si fa Suède avait été une province enfermée dans un fédéralisme de tutelle, avec un pouvoir central qui contrôle fa moitié de ses impôts et qui intervient dans pratiquement tous ses champs de compétence.Ce qui est le cas du Québec.Doublement piégés Le Québec fait face à des défis majeurs pour améliorer sa productivité politique et économique.Il en va de l’intérêt supérieur du Québec que ce débat se fasse dans la plus grande rigueur.Malheureusement, à cet égard nous sommes doublement piégés par l’idéologie politique que nous vivons.Le premier piège est celui de l’idéologie fédérahste, qui nous condamne à chercher des solutions dans le confinement du provincialisme, et l’autre piège est celui de ce débat entre gauche et droite qui nous fige dans un braquage stérile alors qu’il y a péril en la demeure.A cet égard, il est douteux que ITEM, confiné dans cette double idéologie, nous fournisse quelques solutions valables pour répondre au seul défi qui se pose: améliorer la productivité politique et économique du Québec.Pour réussir des réfonnes structurelles majeures du type de celles que les pays d’Europe du Nord ont accomplies, le Québec doit donc réunir les deux conditions indispensables à la réussite: l’indépendance et une culture de consensus entre les différents acteurs que sont le gouvernement le patronat et les syndicats, afin d’établir une véritable économie sociale.Réplique à Mario Cardinal Les pressions du B’nai Brith: quelques nuances.Les opinions de M.Coulon vont à l’encontre de la politique du Canada MOÏSE MOGHRABI Conseiller juridique B’nai Brith Canada — Région du Québec - e jeudi 26 juillet 2007, un article est apparu Ldans la section «Opinion» du journal Le Devoir, écrit par M.Mario Cardinal, relativement «aux pressions du B'nai Brith» quant à fa candidature de M.Jocelyn Coulon.—: M.Cardinal a l'impression que le B’nai Brith «confond ses propres valeurs», qu’il considère comme «des valeurs idéologiques [et] partisanes», avec «les valeurs canadiennes» qui, selon lui, puisent à d’autres sources.Il y va en longueur à détailler des valeurs qu’il considère siennes, allant de la désapprobation «sans nuances» de «l’occupation israélienne» à 1a guerre du Liban de juillet 2006 et à 1a qualification de 1a politique américaine au Moyen-Orient «d’hypocrite».Bien que je respecte tout à fait les opinions ainsi que le droit de M.Cardinal à ses opinions, celles-ci n’ont absolument aucun rapport avec les reproches que le B’nai Brith fait à M.Jocelyn Coulon.Tout d’abord, étant dans un pays démocratique et nonobstant le droit d’un premier ministre de nommer qui il veut au cabinet qu’il veut, encore faut-il que la personne nommée ait été élue dans son comté au préalable.Cette élection est un processus démocratique par lequel les personnes allant aux urnes ont le droit de tout savoir sur les opinions et le candidat pour lequel on leur propose de voter.Il n’a jamais été question de juger «les valeurs canadiennes» en matière de politique étrangère, ni d’en discuter de quelque façon que ce soit, mais plutôt de discuter des positions biaisées qui disqualifieraient M.Coulon du poste qu’il convoite.Les politiques canadiennes établies Il existe, à ce jour, des politiques bien établies au Canada vis-à-vis de ses alliés et vis-à-vis du monde en général.Ces politiques n’ont pas changé de gouverne ment en gouvernement que ce gouvernement ait été conservateur ou libéral.M.Coulon fait plus qu’émettre ses opinions dans ses écrits lorsque, dans son article du 15 septembre 2004, il indique que les Américains massacrent délibérément des civils et que le 11 septembre 2001 est devenu une justification du massacre des musulmans en Palestine.Dans un article du 15 novembre 2006, M.Coulon se réfère à l’Irak en tant qu’ «abattoir» et parle de «carnage» et «de faire cesser la boucherie» dont la source est Washington et Londres, qui entretiennent fa guerre et propagent 1a violence alors que les Irakiens «crè-w[nt] par milliers».La nuance est grande entre la désapprobation et même la répugnance envers les pertes de vie et le massacre de 1a vérité que fait M.Coulon dans un article qui vraisemblablement ne cherche qu’à soule- ver des sentiments de révolte et de haine envers nos alliés.Lorsque le B’nai Brith critique M.Coulon quant à sa position sur le Hamas, comme incompatible avec fa politique canadienne, il se réfère aux articles répétés de M.Coulon fie 22 février 2006, le 8 février 2007, le 5 avril 2007 et le 19 juin 2007) où, à plusieurs reprises, il appelle l’Occident, dont le Canada, à «négocier» avec le Hamas, qualifiant d’absurde le refus de tout dialogue avec «les fauteurs de troubles» et «les terroristes» fies derniers guillemets sont de M.Coulon), ce qui s'applique, selon lui, au Hamas palestinien.D cite dçs auteurs qui partagent sa position, pour appeler les États-Unis à •'fesse[r] de marginaliser les autres puissances et de favoriser constamment Israël» — il est difficile de croire qu'il s’agit d'un ami d’Israël qui ne fait que critiquer sa politique, comme le prétend aujourd’hui M.Coulon.À l’encontre de la position du Canada Cette position consistant à négocier avec un groupe terroriste est une position contraire à la politique du Canada, établie par le Parti libéral du Canada.Il ne s’agit aucunement de discuter de «vrais valeurs canadiennes», comme le prétend M.Cardinal.Le 1" mars 2007, M.Coulon affinne que «toute cette agitation martiale autour de l'Iran, tous ces coups fourrés» n'ont rien à voir avec la sécurité de la région, il dit que «tout cela fait parti d’une campagne de provocation graduelle visant à augmenter la pression sur l'Iran» dans le but de préparer 1a «joyeuse guerre [.] destinée à remodeler le nouveau Proche-Orient».M.Coulon fait abstraction tant de fa position du Canada aux Nations Unies que des pressions que tente d’exercer l’ONU sur l’Iran pour faire cesser ses activités nucléaires.Les opinions de M.Coulon vont à l’encontre de la politique du Canada Lorsque, le 29 mars 2007, M.Coulon écrit que «le terrorisme islamique» est une «menace insignifiante » et que l'Iran est une menace «parfaitement neutrali-sable [ ]», il fait fi de fa politique du Canada concernant ces problèmes, y compris 1a position du Parti libéral qui a initialement instauré la loi antiterroriste, ainsi que de la réalité des attentats et des activités terroristes, à New York, Madrid, Londres, Toronto, au Maroc, en Égypte, et dernièrement des événements à fa Mosquée rouge au Pakistan.Avec l'incitation au génocide des Juifs par le président iranien et le développement nucléaire accéléré de l'Iran, ainsi que le soufien documenté à des groupes terroristes par cet État n’est-il pas légitime pour le B’nai Brith d'être préoccupé par les opinions de M.Coulon.qui n’y voit pas de menace sérieuse?Les citations ci-haut ne sont qu'un petit échantillon des écrits de M.Coulon, qui sont d’ailleurs intégralement disponibles dans Internet, et l’on ne peut s’empêcher de s’inquiéter de la direction que prendra un gouvernement au sein duquel M.Coulon serait le conseiller expert en matière internationale, compte tenu de ses positions bien arrêtées sur ces sujets.Tout est question de nuances.L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l'information générale et métropolitaine : Oérald Dallaire (atljtiinl au directeur de l'information), Jeanne Corriveau [affaires municipales).Fabien Deglise; Marie Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées) Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gilles Kranctrur (environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) laurenre Clavr!(/>i»/utrr).Jean-Guillaume Dumont.Philippe Papineau (pupitre) Louise-Maude Rioux Soucy (Santé) ; Pauline Gravel (sciences) ; Mk-liel Gameau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématio«es) ; Martin Duck», Michéle Malenfant et Christine Dumaæt (rWwlmri: Jacques Grenier et J*X|ues Nadeau tpkeagmphcs) : A rinformadoo cuhunrfle Mabel BéWr (théâtre et caheer Culture Julie Carpentier (pupitre), PaulBennelt (pupitre cahiers spéciaux et culturels du weekend), Stéphane Balllargeon (reporter).PaulCauchon (médias), Caroline Monttietit (livres).Odile Tremblay msémoilsabi-lle Pare (culture); h l'information économique (rf-rard Rérubé (adioinl au directeur de l’information) Dominique Reny (pupitre), Eric Desrosiers, Claude Turcotte, François Desjardins; à l’information internationale : Jean-lierre legault (pupitre international et page éditoriale).Claude Lévesque, Guy Taillcfér (adjoint au directeur de l'infhrmotiou).Serge lYuftaut (tdaonaliste).A l’information politique Helene Rurartti e Alee Castonguay (correspondants parlementaires d Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dutriaac (correspondants parlementaires d Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la redact ion).Mane lier Frappier.Emilie Parent Bouchard (commis à la redaction).La documentation : Gilles Paré (dirwlenf Manon Derome.Patrick Cossette (Québec), Monique Hhérer (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette.Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron, Marlène Côte, Christiane legault.Amélie Maltais, Claire Paquet.Martine Riopelle.laabeîle Sanchej Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Uurencc Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (vcrélairr) LA PRODUCTION Christian Goulet (dirrclenrde prodnrtion).Michel Bcrnatcluv, Johanne Brunet, Danielle Cantaru, Richard Des Cormiers, Donald Fillon, Yanna-k Morin Nathalie Zemailis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service d la clientèle).Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Filion, Raclielle I cclorc L'ADMINISTRATION Stéphane Roger (conMleur) Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline F’uroy, Ghislaine iailt-ur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Monique Protean.Danielle Ross I I LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 2007 ACTUALITES SUITE DE LA PAGE 1 soulever publiquement, de quelque façon ou en quelque circonstance, y compris à l'intention des médias, la question de la conformité du projet Rabaska aux règlements municipaux».Mais, selon ce qu’ont affirmé hier des sources proches des citoyens concernés, la réalité n’est pas tout à fait ce que laisse présumer le communiqué émis la semaine dernière.«C'est vrai que le contexte n’est pas exactement le même qu’en septembre, indique ainsi Gaston Cadrin, du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu (GIRAM).Mais, avant toutes choses, ce sont des raisons de nature financière qui paraissent avoir influencé la décision des citoyens.Ce n'est pas du tout ce que dit le communiqué de Rabaska, ni ce que son porte-parole a déclaré aux journaux» (celui-ci parlait plutôt de «solidité de la preuve soumise en cour qui a amené les opposants à retirer» leurs billes).Dans un texte envoyé hier à quelques médias, M.MILITANTS Cadrin écrit prudemment que, «s’ils doivent renoncer au jugement attendu, c’est probablement parce que [les citoyens] n'ont pas les moyens financiers du promoteur».D dénonce cette inégalité des moyens et demande au gouvernement «d’instaurer un fonds d'aide juridique à l’intention des groupes de citoyens désireux de défendre leur qualité de vie actuelle ou future».L’idée d’un fonds spécial d’accès à la justice est mentionnée par le professeur Roderick Macdonald dans son rapport sur les poursuites-bâillons (SLAPP, en anglais), remis récemment au ministre de la Justice.Québec doit étudier ce dossier à l’automne.Coffres vides Et pourquoi les citoyens ont-il signé volontairement uh règlement hors cour qui les muselle de facto?C’est que, durant le procès intenté par les 93 citoyens contre Rabaska, la crédibilité d’un des experts appelés en cour a été remise en question par la partie défenderesse.Le simple processus pour finalement faire reconnaître cet expert a pris du temps.et coûté beaucoup d’argent Avant même d’arriver au coeur du litige, les coffres du groupe demandeur se sont donc trouvés vides, même si une somme de 32 000 $ avait été recueillie pour permettre le recours.Les citoyens n’ont alors eu d’autre choix que de cesser la poursuite.Généralement, celui qui fait avorter un procès doit acquitter des frais de désistement (quejque 50 000 $ ici): or, dans ce cas, Rabaska aurait échangé le paiement de ces frais contre le mutisme des citoyens, à sec financièrement.«En clair, la condition fixée par Rabaska pour ne pas exiger de frais de désistement de la part des requérants est de les réduire au silence sur la question du zonage dans le débat public actuel», écrit Gaston Cadrin.Selon le numéro du 28 juillet de l'hebdomadaire lévisien Le Peuple, le porte-parole de Rabaska, Simon Poitras, aurait indiqué que «cette clause où les demandeurs s’engagent à ne pas évoquer la question de la conformité [du règlement] est en quelque sorte la monnaie d’échange pour que Rabaska abandonne quelques demandes de recouvrement de frais engagés dans cette affaire.» Au téléphone, M.Cadrin déplore que le règlement hors cour signifie «que les citoyens ne pourront plus traiter d’une question qui les concerne au premier plan, et cela pour des raisons financières».Le projet de Rabaska a récemment été approuvé par le Bureau d’audiences publiques sur l'environnement (BAPE).Le gouvernement n’a toutefois pas encore donné son feu vert La ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP), line Beauchamp, doit rencontrer dans les pfochains jours les opposants au projet D y a quelques mois, le Port de Québec avait tenté d'imposer une injonction-bâillon à toute personne voulant «faire des commentaires» sur les impacts potentiellement négatifs du projet Rabaska, ce qui a été refiisé par la Cour supérieure.Le Devoir TRUDEAU SUITE DE LA PAGE 1 continuons à payer pour ça aujourd'hui», ajoute un autre.Etrangement, l’homme est talonné de près dans ce palmarès, établi de manière «non scientifique», précise The Beaver, par Chris Hannah (2e rang), un chanteur de Winnipeg qui, au milieu des années 80, a fondé le groupe hardcore à saveur anarchiste baptisé Propagandhi.Hannah a pris position pendant ces années contre la violation des droits humains, le racisme ou Ihomophobie.Il a aussi été un fervent promoteur du courant végétarien.La politique semble avoir inspiré les lecteurs, principalement puisés dans les bassins de l’Ouest canadien, qui, outre Trudeau, ont décidé de placer Brian Mulroney (4e rang), Stephen Harper (0 ) et Jean Chrétien (S") dans cette liste peu reluisante.Encore une fois, les politiques actuelles ou passées de ces élus ont motivé le choix des répondants.Cette brochette de politiciens, principalement québécois, côtoient trois criminels: le couple Paul Bernardo et Karia Homolka (5' rang) qui a marqué l’histoire récente des faits divers en Ontario pour avoir violé et tué plusieurs jeunes filles, dont une jeune sœur d'Homolka, à la fin du siècle dernier.Clifford Oison (9 rang), un tueur en série de la Colombie-Britannique, s’illustre lui aussi dans ce palmarès avec une feuille de route qui donne froid dans le dos: l’assassinat de deux enfants et de neuf adolescents au début de la décennie 80.Dans cette nomenclature de l’exécrable, construite par les lecteurs de The Beaver, la chanteuse québécoise Céline Dion trouve sa place en septième position, sans que toutefois le magazine ne précise les raisons de ce choix.Conrad Black, lui, occupe la dixième position, avec en trame de fond une récrimination récurrente: il a «tourné le dos au Canada en rejetant sa citoyenneté [canadienne]», précise Mark Reid, éditeur du magazine.La chose s’est produite en effet en 2001, lorsque Black a fait son entrée à la Chambre des lords, en Angleterre.Enfin, notons qu’Henry Morgentaler, un Montréalais d’origine, est considéré par les aficionados de la revue d’histoire canadienne publiée à Winnipeg comme le 3e des pires Canadiens de l’histoire.M.Morgentaler s’est battu pendant des années pour obtenir la légalisation de l’avortement au Canada afin de mettre fin aux interruptions volontaires de grossesse clandestines, à l’origine de la mort de plusieurs femmes.Humaniste pour les uns, il est aussi vertement critiqué dans les milieux ultraconser-vateurs canadiens.Dix historiens se prononcent En marge de ce palmarès du public composé à 60 % de personnalités liées étroitement au Québec, The Beaver présente dans sa dernière livraison la liste des pires Canadiens de l’histoire telle qu’élaborée par un groupe de 10 historiens renommés.Lexercice vise à nuancer les choix des lecteurs, a indiqué l’équipe de rédactioa «Sans surprise, la liste de nos experts propose une réponse plus réfléchie et plus mesurée, elle reflète une perspective plus approfondie du temps en lui-même et des restrictions que pose la discipline de l’histoire pour attribuer des causes et des effets à certaines personnes et à certains événements», écrit Deborah Morrisson, présidente de la Société d’histoire nationale du Canada.Ainsi, vu par les historiens, le pire Canadien est sans ambages le Montréalais Adrien Ar-cand, autoproclamé «Führer canadien».Il est suivi par John Diefenbaker, premier ministre fédéral de (957 à 1963, célèbre pour sa gestion autocratique de l’Etat et pour avoir mis un terme en 1959 au projet Arrow Avro, un avion de chasse 100 % canadien qui, à cause de cette ingérence politique, n’a jamais pu vraiment décoller.Autres vainqueurs: Inouye Kanao (3 rang), de Kamloops (Colombie-Britannique).Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l'homme s’est illustré comme tortionnaire de.prisonniers canadiens dans les prisons de Hong Kong, où il agissait comme traducteur.Joseph Trutch, politicien de l’Ouest entre 1864 et 1871, se mérite, lui, la 4'' place de ce palmarès, pour avoir trahi les Premières Nations en leur reprenant des terres que le Canada leur avait pourtant rendues.Militaire ayant lutté pour ses intérêts personnels entre 1795 et 1804, John Christopher Reiffenstein se rappelle à l’histoire dans la liste des experts de The Beaver.On le retrouve à côté de Sam Hughes, un fieffé «antifrancophone, anticatholique, anti-intellectuel» et ministre de la Défense de 1911 à 1916.Pour avoir manipulé et maltraité les autochtones et les métis, l’ancien premier ministre John A Macdonald est logé àla même enseigne.L’éditeur Max Aitken, «créateur [dans les années 40] d’une chaîne de journaux médiocres» visant à faire avancer ses intérêts personnels et politiques ainsi que sa passion pour les chevaux, mais aussi Edward Farrer, séparatiste de l’Quest et fervent défenseur d’une annexion de l’Quest canadien aux Etats-Unis, ont aussi été retenus par les historiens pour personnifier les près acteurs de l’histoire du pays.Les deux hommes se retrouvent tout juste devant Duncan Campbell-Scott, qui met un terme à ce festival des médiocres pour avoir, de 1913 à 1932, administré la Politique indienne.tout en tenant publiquement des propos hautement racistes à l’égard des Premières Nations.Le Devoir OPIUM SUITE DE LA PAGE 1 Selon les dernières statistiques de l’ONU, l’Afghanistan compterait 150 000 consommateurs d’opium et 50 000 héroïnomanes, dont 15 % par voie intraveineuse — on estime que 3 % de ces derniers auraient contracté le sida.Le chiffre de un million de drogués, fréquemment cité, est à relativiser, puisqu’il représente le nombre total d'utilisateurs de substances psychotropes, y compris l’alcool (160 000 utilisateurs) et le haschisch (520 000).Ce qui est sûr, c’est que le nombre d’opiomanes et d’héroïnomanes augmente rapidement depuis quelques années.Au moins un million de personnes étaient d’autre part impliquées l’année dernière dans la culture du pavot à opium, selon les autorités afghanes.Certaines sources avancent des chiffres beaucoup plus élevés, jusqu’à trois millions.La superficie cultivée dans le pays a fait un bond de près de 50 % de 2005 à 2006.La production d’opium a augmenté dans les mêmes proportions pour atteindre 6000 tonnes, ce qui vaut environ trois milliards de dollars.La province de Helmand était de loin la principale productrice l’an dernier, avec environ 42 % du total.La province voisine de Kandahar suivait d’assez loin en seconde place.Comme les principales régions productrices sont situées dans le sud du pays, les militaires et les diplomates occidentaux s’entendent pour dire que cette industrie sert aujourd’hui à financer les talibans, puisque c’est surtout là que ces «insurgés» opèrent La production de pavot se déplace rapidement d’une région à l’autre.D y a à peine trois ans, elle prévalait surtout dans le nord du pays.La peur de voir sa récolte détruite, l’autorité et la probité des responsables locaux ainsi que la possibilité de trouver d’autres sources de revenu expliquent les fluctuations.«Une quinzaine de fermiers en ont cultivé dans le village pendant trois ans», avouent les «barbes grises» delachu-ra, le conseil coutumier, d’un village du district de Doshi, dans la province de Baglan, au nord de Kaboul Personne n’en cultive cette année.«Les oulémas à la mosquée ont dit qu’Allah n’aime,pas cela.Le Coran dit aussi qu’il faut obéir au chef de l’Etat», explique le chef du village, Said Rahman.Un fermier nous montre une des petites truelles qui servaient à inciser les bulbes de pavot mûrs et à en récolter ensuite la sève, c’est-à-dire l’opium, dont une bonne couche est restée collée à l'instrument.Il y a encore du pavot dans deux districts voisins mais situés loin de la route, indique-t-on.L’aller-retour nécessiterait six heures de marche, une agréable promenade de santé, mais les villageois nous la déconseillent avec la plus grande insistance, rappelant que deux journalistes allemands de la télévision d’Etat Deutsche Welle ont été assassinés dans le secteur l’année dernière.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Des héroïnomanes de Kaboul en train de fumer leur drogue.m ¦ Pour accepter d’abandonner la culture du pavot, qui leur rapportait environ 130 dollars le kilo, les villageois ont aussi demandé et obtenu des semences, dont ils avaient commencé à manquer après les années de sécheresse qui ont sévi dans tout l'Afghanistan.«Un homme de chaque village allait vendre la drogue au marché de Doshi [le chef-lieu du district] à un intermédiaire qui le revendait à un commandant, qui la revendait à l’étranger, raconte le secrétaire de la chura, Abdu Wall Le paiement se frisait en dollars américains ou en roupies pakistanaises» L’Afghanistan fournirait jusqu’à 92 % de la demande mondiale d’héroïne.«La drogue cultivée dans la province de Kandahar est exportée vers le Pakistan, celle qui est produite dans la province de Helmand vers l’Iran et, de là, vers la Turquie puis l’Europe, note le ministre du Développement ruraL Mohammed Ehsan 25a.ü s’agit en frit d’un désastre international.La coopération internationale est cruciale si nous voulons réussir Nous sommes un Étatfrible, nos voisins sont en meilleure position pour s’y attaquer.» Dans un volumineux report publié à la fin de 2006, la Banque mondiale et l’Office contre la drogue et le crime des Nations unies ont rappelé que la culture du pavot et le trafic de l'opium et de Ihèome en Afghanistan se caractérisent par une flexibilité qui les rendent difficiles à combattre.Les auteurs recommandaient donc la patience, notant que les solutions coercitives (saisies, arrestations et éradications) ont souvent pour effet de déplacer le problème.Le document recommande de concentrer les efforts dans les régions où l’accès aux terres, à l’eau et aux marchés est plus facile, bref, là où les paysans ont vraiment la possibilité de survivre autrement II insiste aussi sur la nécessité de renforcer à titre préventif les capacités des agriculteurs dans des régions qui n’ont pas encore été touchées par la culture du pavot «Les politiques consistant à frire appliquer la loi antidrogue [saisies, arrestations et éradications] devraient suivre plutôt que précéder l’offre de modes de subsistance alternatifs.» Le Devoir Le journaliste Claude Lévesque et le photographe Pedro Ruiz ont séjourné en Afghanistan avec l’appui de l’Agence canadienne de développement international.BERGMAN SUITE DE LA PAGE 1 Longtemps, il avait fait la navette entre son appartement de Stockholm, près du Théâtre royal dramatique, et son île, ne se repliant définitivement sur ses battures qu’il y a cinq ans, écorché, mais relié à sa famille élargie, à ses rares amis, marchant au grand vent en espérant de son propre aveu, déjouer les démons qui n’aiment pas l’air frais et se faire oublier aussi, si possible, de la mort La voici qui s’est rappelée soudain à ses bons souvenirs.Max Von Sydow et Erland Josephsson, ses alter ego à l’écran, sont de grands orphelins.Nous aussi.On prononce le nom de Bergman et des films-phares nous remontent en mémoire, purs chefsd’œuvre qui scintillent au firmament du cinéma, du Septième Sceau à Fanny et Alexandre, en passant par Sourires d’une nuit d’été, Persona, Les Fraises sauvages.Sonate d’automne.A chaque cinéphile son œuvre fétiche.Destiné d’abord au marché de la télévision et faisant honneur au petit écran, comment oublier aussi Scènes de la vie conjugale, qui décortiquait en 1973 l’enfer matrimonial, multipliant les cruels déchirements entre Erland Josephsson et Liv UUman.Il en avait réalisé la suite trente ans plus tard avec les mêmes interprètes dans Saraband, en 2003.Le souffle de son génie s’y révélait aussi puissant qu’au-trefois.Ses personnages avaient la maturité en plus, mais point l’apaisement H est né en 1918 à Uppsala, au nord de Stockholm.Tout jeune, dans la demeure austère d’un père pasteur luthérien et d’une mère dominatrice, il rêvait de théâtre devant son castelet de marionnettiste.Cette maison sombre, qui prétendait refouler tous les instincts de vie mais en attisait la ferveur, sera la matrice de son univers fantasmatique, celui de Fanny et Alexandre entre autres, aux enfants blonds entre JAN COLLSIOO AGENCE FRANCE-PRESSE Ingmar Bergman et Liv Ullman, qui fut longtemps sa muse, son actrice et sa compagne.¦: rêves et tourments.Rarement œuvre entière aura été aussi marquée par le premier âge, source jamais tarie pour des chagrins jamais consolés.Le carcan religieux ne fut pas complètement fracassé non phis, guère plus que la quête rageuse d’un Dieu absent ' S’il commença à tourner à la fin des années 40 avec Bateau pour les Indes et Prison, après un bain de théâtre, c’est Sourires d’une nuit d’été, vaudeville scintillant couronnée en 1956 du Prix spécial du jury à Cannes, qui lui ouvrit les portes de la planète cinéma et lui permit d’obtenir carte banche pour réaliser son surréaliste Septième Sceau, allégorie métaphysique sur la mort qui éblouit la scène internationale et précéda d’autres chefs-d’œuvre, dont Les Fraises sauvages, sur le thème de la vieillesse, et La Source, campée dans un Moyen Age cruel.Ceux qui ont lu sa remarquable autobiographie Ialterna Magica (1987) s’inclinent aussi devant ses dons littéraires, tant il parvenait à maîtriser la langue des évocations.La vie d’Ingmar Bergman connut un terrible contrecoup en 1976, lorsque le fisc suédois lui fit la vie dure, l’accusant de fraude.Suivirent une dépression, l’internement du maître dans un établissement psychiatrique pour pulsions suicidaires et l’exil à Munich.Exonéré en 1979, il ne retrouvera sa patrie que deux ans plus tard pour tourner Fanny et Alexandre, mais il ne s’y réinstalla qu’en 1988.Curieusement, la Suède ne fut pas tendre envers son créateur de génie, où il comptait son lot de détracteurs, sans doute pour y avoir occupé trop de terrain.Hier, les drapeaux étaient pourtant en berne devant la Cinémathèque de Stockholm.Tardif et posthume coup de chapeau au plus grand nom artistique qu’enfanta le pays nordique.Le Devoir Télé-Québec rendra hommage au maître suédois ce dimanche 5 août à 20h30, à travers le documentaire Bergman et le cinéma, de Marie Nyrerôd, et Cris et chuchotements, un des plus grands chefs-d’œuvre du cinéaste disparu.LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, S' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 É Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 Ia Devoir peul, à l’occasion, mettre la liste d'adresses rie ses abonnés û la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.U Devoir est oublié du lundi ail a O il, ros, I ,\a v* I a 1 \ I ,,,,,, I U t A w«.U „ .»1 „ 1 mm.m !.A M.M.¦¦ II.D l„.• M»» O.Al.M.K I mA — I //‘\.Al«M.,\ U OA OAAfl T t —.» l-J — l Mm m I-J — - .J m t \.— 1.mmm_ C*.- ru\»\ 1 .I__m J V_1.— » .I _ 1 f _ t —.t- ¦ » ».i ,.¦>., »., , ¦ , ,., — ,., , , , __ -L Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Lagence Presse Canadienne est au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury, 9' étage.Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel,.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Q autorisée a employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 1 LE DEVOIR, LE MARDI 31 JUILLET 20 0 7 B 7 CULTURE Festival de Lanaudière Jârvissimo! T BAPTISTE GRISON/FESTIVAL INTERNATIONAL DE LANAUDIERE Paavo Jàrvi et la DKP ont semé en un week-end les graines de quelque chose qui va au-delà de Beethoven et qui touche à une véritable éthique musicale: le culte de l’effort et du travail; la place de la réflexion; la joie et l’enthousiasme du partage.INTÉGRALE BEETHOVEN Concert IV: Symphonies n° 8 et 9.Measha Brüggergisman (soprano), Anita Krause (mezzo) ; John Tessier (ténor); Nathan Berg (baryton), Chœur Saint-Laurent, Deutsche Kammerphüharmonie Bremen, dir.Paavo Jàrvi.Amphithéâtre de Lanaudière, dimanche 29 juiDet 2007.CHRISTOPHE HUSS L* histoire d’amour entre le public du Festival de Lanaudière, la Deutsche Kammerphilhar-monie Bremen (DKP) et son chef Paavo Jàrvi a été définitivement scellée dimanche soir.Le plus impressionnant témoignage de cette connivence ne fut pas tant l’ovation monumentale, jaillissant tel un cri du cœur, que cette écoute si attentive et si concentrée de la part d’une foule d’environ 4000 spectateurs.«Quel public!», «On a hâte de revenir», entendait-on de la bouche des musiciens dans les coulisses.Ce sera peutétre en 2009 ou 2010 pour une intégrale Brahms, d’après les informations qui circulaient dimanche.Paavo Jàrvi et la DKP ont semé en un week-end les graines de quelque chose qui va au-delà de Beethoven et qui touche à une véritable éthique musicale: le culte de l’effort et du travail; la place de la réflexion; la joie et l’enthousiasme du partage.Comme un îlot après la 7' Symphonie, samedi, la Valse triste, de Sibelius, avait synthétisé tout cela.Neuf musiciens locaux augmentaient l’effectif de la DKP pour la 9 Symphonie, ce qui a engendré quelques scènes cocasses pour les observateurs attentifs; ainsi la contrebassiste Tatjana Erler entraînant et encourageant des yeux son larron d’un soir dans le grand climax tempétueux du 1" mouvement.Oui, ça brasse à Brême et notre contrebassiste, après un temps d’adaptation, s’est pris au jeu: il a même cassé une corde dans le finale! La présentation de l’intégrale en trois jours seulement n’a pas eu de conséquences notables sur la qualité d’exécution et la puissance de l’orchestre, même si les lèvres des cornistes apparaissaient physiquement les plus atteintes par l’exercice.L’humidité changeante a également donné du fil à retordre aux violoncelles et contrebasses, obligés de s’accorder souvent en cours de concert, d’où un unisson un peu bancal au début du finale de la Neuvième.Interprétativement, les préceptes décrits dans notre commentaire d’hier (détails, nuances, lignes de force, équilibre, souplesse, vigueur) ont guidé l’exécution des deux dernières symphonies.Jàrvi conçoit la Huitième comme un prolongement de la Septième et non comme un retour au classicisme.Dans son travail d’orfèvre, on note la montée en intensité du premier mouvement, la transparence du second, la partie de violoncelle jouée en solo (c’est une possibilité offerte depuis l’édition Bârenreiter) dans le trio du troisième et un finale bouillonnant et exaltant, l’un des grands moments de l’intégrale.Dans la Neuvième, la DKP et son chef architecturent idéalement le 1" mouvement.La timbale y gagne un rôle structurant, tant dans le climax central que dans la conclusion.Le second mouvement est pure dentelle, sans crispation.Dans le mouvement lent, Jàrvi oppose assez fortement l’Adagio mol-to et l’Andante moderato, ce dernier, malgré un tempo allant chante, presque impatient, comme pour simuler une aspiration vers le finale.La gestion des notes piquées et des notes liées y est mémorable, de même que la fin et la prestation des bassonistes.Dans le finale, chef et orchestre tentent, au début, de trouver un concept pour ne pas perdre l’influx dans les interventions de contrebasses et violoncelles.Ce passage va encore s’affiner.Le tempo de base est plutôt rapide, comme chez Nagano, mais plus différencié et moins essoufflé dans des passages-clés.La marche turque — avec solo de ténor — est rapide, car le fugato qui suit doit s’inscrire dans le même rythme.Le chant est enthousiaste, ce qui ne donnera pas aux deux solistes masculins la stature qui leur manque et au chœur la puissance du mot «Brüder» («frères») que Jàrvi leur demande à coups de grands gestes explicites.La fin, un vrai prestissimo «Jârvissimo», a donc entraîné logiquement l’ovation que l’on imagine.Ce n’était que justice que le chef fasse saluer individuellement les quatre pupitres de cordes.Ils ont été le ciment, les ouvriers et les héros discrets et enthousiastes de cette intégrale inoubliable.Collaborateur du Devoir E N Cameron Diaz va tourner un drame sous la direction de Nick Cassavetes Los Angeles—La star américaine Cameron Diaz va tourner un drame intitulé My sister’s keeper sous la direction du réalisateur Nick Cassavetes, a annoncé hier le quotidien spécialisé Variety.Diaz sera une ancienne avocate poursuivie par sa fille de 13 ans, qui avait été conçue dans l’espoir qu’elle pourrait via une procédu- B R E F re médicale, sauver la vie de sa sœur gravement malade.Le tournage doit avoir lieu début 2008.L’actrice de 34 ans est l’une des comédiennes les mieux payées de Hollywood avec un salaire oscillant entre 10 et 15 millions de dollars par film.Elle est notamment connue pour avoir joué dans les deux Drôles de dames et Marie a un je-ne-sais-quoi.Fils de John Cassavetes et de Gena Rowlands, Nick Cassavetes, 48 ans, a récemment tourné Alpha Dog en tant que réalisateur.D a aussi joué de nombreux rôles au cinéma, dont un mémorable trafiquant de drogue dans Voltejace, de John Woo, avec John Travolta et Nicolas Cage.-AFP Humaniser les monstres, façon Serrault Odile Tremblay a Décidément le cinéma n’aura plus assez de crêpe noir pour honorer tous ses morts des derniers jours.Les grands artistes tombent telles des statues, tant du côté de la réalisation, avec la disparition du géant Ingmar Bergman, que dans les rangs des acteurs.Le départ de Michel Serrault creuse un autre trou béant dans la toile du cinéma Ce Serrault dont on appréciait en personne les coups de gueule.Non, il n’avait rien à prouver en fin de carrière, le vieil acteur de Garde à vue.D fallait le voir vilipender les journalistes qui attaquaient ses films.Je me rappelle un certain tumulte au Festival de Cannes autour d’Assassins de Matthieu Kassovitz, hué par la critique en 1997.Serrault y avait campé un tueur à gages et ne se gênait guère en conférence de presse pour injurier les représentants des médias.Sa gueule un peu croche écumait ses yeux brûlaient le parterre.D ressemblait à un vieux lion piqué par des moustiques (nous).Telle est la noble image que j’aime emporter de lui.L’annonce de son décès dimanche nous a valu le tracé complet de sa longue et inégale carrière, des cabarets français aux côtés de Jean Poiret, où il fait abondamment le pitre, aux rôles comiques dans des films de seconde zone.Vint soudain la consécration à travers cet ahurissant personnage de l’homosexuel Zaza dans La Cage aux folles d’Edouard Molinaro en 1978.Le voilà propulsé à 50 ans aux premiers rangs, lui qui avait joué si longtemps les seconds couteaux.Devenir vedette à 50 ans engendre l’humilité.Trop tard pour attraper la grosse tête, quoique belle occa- sion de parfaire un art pour la beauté de la chose, sans trop se préoccuper des échos de la galerie.Ainsi cet acteur, qui se vouait au départ à la prêtrise, put-il retrouver la gravité qu’il portait en lui, et offrir sur le registre sombre, les plus grandes prestations de sa carrière.Inoubliable, magistral, fut ce duo avec Philippe Noiret dans Pile ou Face de Robert Enrico en 1980.Les deux acteurs s’appuyaient manifestement l’un sur l’autre pour accroître leur champ de tir.En policier et comptable traqué, chat et souris éblouissaient par la force de leur jeu.Même phénomène l’année suivante avec Garde à vue de Claude Miller.Cette fois, la partie se jouait entre Lino Ventura en flic interrogateur et Serrault (en notable soupçonné d’assassinat).Cette fois encore, ce dernier ne donnait le meilleur de lui-même qu’en se mesurant à un inteiprète de haut calibre.De fait, il gagna un César pour ce rôle trouble et remarquable, un second après le laurier pour La Cage aux folles.Restera de lui ce poids d’humanité qu’il insufflait aux personnages les plus rébarbatifs, comme s’il en avalait les aspérités pour les charger de vie, en leur offrant la rédemption d’un sourire malheureux, d’fin regard brisé, d’un étranglement dans la voix qui tuait le monstre en lui conférant le statut d’homme.On conserve aussi le souvenir de sa figure de misanthrope rattrapé par le goût des autres dans Nelly et monsieur Arnaud de Claude Sautet (1995).Aux côtés dEmanuelle Béart, il incarnait un vieux juge bougon, que le poids du temps faisait chanceler, mais qui avançait dans la fragilité de l’amour malgré tout De cet être crépusculaire, Serrault a fait un homme de complexité, d’ambiguïté, attachant par delà ses grognements, ses silences.C’est cet acteur-là, qui tira le suc nourricier de héros impossibles, qui nous manquera le plus.Si peu d’acteurs possèdent désormais la clé pour ouvrir l’âme des naufragés de la vie.Toute une génération s’efface en emportant ses secrets de fabrication avec elle.Et on en ressent une mélancolie profonde liée à un XXe siècle englouti.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Yvon Deschamps applaudissant, hier soir, la ribambelle d’artistes venus le célébrer.Hommage à Yvon Deschamps Cotillons et chapeaux bas FABIEN DEGLISE Après avoir tant donné, il a reçu.Comme il l’annonce depuis des semaines, l’humoriste Yvon Deschamps est monté une dernière fois sur les planches hier soir au Théâtre Saint-Denis de Montréal.Mais à la fin du spectacle, pour saluer la foule et, chose rare, pour ne rien dire et ne rien remettre en question, simplement remercier la brochette d’artistes venus lui rendre un vibrant hommage.Deux semaines après avoir fait ses adieux officiels à la scène — c’était lors du Gala Juste pour rire animé par Marc Labrèche le 16 juillet dernier —, Yvon Deschamps s’est fait spectateur hier pour un dermer bain de foule orchestré, juste pour lui, par le festival montréalais de l’humour.La clôture de sa 25'' édition a en effet pris la tournure d’un hommage à l’illustre personnage, animé par Stéphane Rousseau, avec, au programme, émotion, bons mots, réflexion par le rire et.Judi Richards, sa femme, dans le rôle de la chanteuse.Pendant plus de deux heures, amis, admirateurs, comiques de l’heure et vieux compagnons de route se sont succédé sur scène afin de souligner les 50 ans de carrière de l’humoriste philosophe.Il y a eu Daniel Lemire, sous les traits d’Yvon Travailler, André Sauvé, un drôle de la relève que Deschamps a récemment qualifié de «meilleur humoriste de son époque», Martin Matte, Jean-Michel Anctil et bien d’autres.Sur un écran de télévision apparaissant à des moments choisis, les absents ont également pris part à cette vaste séance de vénération prévisible et sensible.Jean-Marc Parent était là avec des anecdotes de l’ordinaire, Marc Labrèche avec des propos salaces, les Chick’n Swell avec un commentaire hors-champ, Michel Barette avec une obsession sur l’auto de Deschamps — l’homme possède en effet une voiture ayant appartenu à Charlie Chaplin — et Bernard Landry, ancien premier ministre du Québec, avec une formule dont il a le secret «À ta manière, tu as fait plus pour nous que bien des gens en politique», a-t-il lancé.Sans sortir du cadre formel qui sied à ce genre d’événement Robert Chariebois, Gilles Vigneauft, Louise Forestier, ont poussé la chansonnette.Diane Dufresne aussi et Clémence Desrochers a exposé son authenticité attachante.Le tout devant plusieurs caméras de télévision pour permettre à ce spectacle de vivre et de revivre dans les prochaines années sur un petit écran près de chez nous.Au final, cela devrait faire mentir le «plus grand humoriste vivant aujourd’hui sur la planète», tel que présenté par Gilbert Rozon, fondateur du festival, en début de gala Un grand humoriste, certes, qui tire peut-être sa révérence, mais qui va aussi toujours rester là.Le Devoir A LA TÉLÉVISION HninzstMm pmnvrvfnHHHi Le Télêjournal .dans le placard .en parlait Beautés désespérées Bons baisers de France / Patrick Huard Le Têléjournal Des kiwis et des hommes / Benoît Briôre, Jacques Girard Le TVA 1 8 heures Sucré Salé Le Sketch Show Caméra Café Histoires de filles | KM / h Dr House Le TVA Sucré 22 heures Salé Cinéma / BÉBÉ CLONE (5) avec Bridget Fonda.Mary Beth Hurt Macaroni tout garni j Ramdam Malcolm National Geographic / | Tueurs-nés: la vitesse | Cinéma / COTTON CLUB (3) I avec Richard Gere, Greaorv Hines DocsPlus / 3 sœurs en 2 temps (23:20) Le Grand Journal (17:00) Cinéma / ALI (3) (avec Will Smith, Jon Voight Le Journal llO°/o du soir r pub Jrnl FR2 Dominique Poirier en direct Les diamants du sang | | Le Têlôjournal 1 09 Le National |Le Téléjournal 1 Jrnl RDI Question.| Jrnl FR2 Toute une histoire ONF, un survol / L'Effet boeuf h.histoire des cartes (invité (journal | Vie privée, vie publique I Les Grand s Travaux Biographies / C.Stevens Les Ultimes National Geographic Génies du crime ( Hantise Cinéma Déco sur.ménage Le goût.maison! .du pénis parfait Dre Nadia d'un ôté Décore.Môtamor.| .cigogne Oui.je.noces TopS.anglo Tops.InfoPlus M.Net .clips | Nu Muslk VJ TopRock.Matche chez les Barker Voxpop TopS.anglo Liaison.Tops.TopS.anglo Musique Génération 90 En chute.Liaison.Hollywood Fantaisies La Mode.Musique Top5.Summerland : la vie après .J'aime .le trouble Grenade.70 Les Frères Scott Edoemont Radio Free Pressere.R-Force Simpson Delilah.6TEEN Dl-Gata.I .Titans [Futurama Simpson (Henri pis.Futurama Décalés.La Clique Star.Henri pis.Info Sports Sports 30 L'homme.| Boxe / J.Julio - C.Bundrage Arts martiaux.Sports 30 Info Sports Superblke .le mille WPBA Sucre alors! Les saltimbanques.Pare-chocs à pare-chocs JAG Cinéma '/ MÏRË TERËSÀ < 5) avec Gerali dîne Chaplin .la prairie .des pays d’en haut Cirque du.| | .la Terre Méloman laques Cinéma / LA VIE HEUR ÉÜSE DE.(Vente de.Carte blanche à.Spectacles Pour la cause Porté disparu | Les Experts / Deux épisodes C.S.I.: Miami Sue Thomas, l'oeil du FBI ' .du crime La porte d‘Atlantis .nerdz I- fait I Messager des ténèbres | La loi des nombres La porte d'Atlantis Techno marine Surnaturel Dômocrati 9 et.relations Nord-Sud?LaChimie | [.sciences | Le Fief.ICaphar.Le défi de la compétence Énergie.loupe Airport .en taxi Mordu de la pécha 150 heures de vacances | .Casino (.restes Xin Chào Voyageur .vue Airport Coups de.Coup de.Panorama Jardins Phôtos .la rue [Cinéma / SAINT-GERMAIN ET LÀ.1 Profils Panorama Jardins Dimension CBC News at Six Coronation .Gags | R.Mercer | I .Prairie [The Second City's.The National The Hour Arrested.CTV News Access H.Corner Gas America's got Talent JCdn Idol Law & Order: SVU CTV News CTV News .(00:05) News House.ET Canada E.T.House Big Brother The Best Years ET Canada Diva on.E.T.Art Attack Fun Food.Wild Undersea.The Best of the Agenda Cinéma / APPENDIX.Hawaiian Monk Seals The Best of the Agenda Cinéma .Raymond ABC News .Raymond Will, Grace Just for Laughs Shaq's Big Challenge Primetime: Family.Sex.City [ Nightline Klmmel News CBS News E.T.NCIS Big Brother 48 Hours Mystery News Late Show with.(23 35) I News J NBC News Jeopardy Wheel.America's got Talent | Singing.Law & Order: SVU The Tonight Show (23:35) 1 That’ZOs.| King.Hill Simpsons Seinfeld | On the Lot [House Gilmore Girls Beauty & the Geek (Sex.City | The Newshour | BBC News | Outdoor.| I Nova / This Old Pyramid Wide Angle Business.1 Charlie Rose BBC News (Business.The Newshour | Nova / Science NOW - Extinction BBC News CTV News Corner Gas | Jeopardy | [ America's got Talent (Cdn Idol Law & Order: SVU CTV News CTV News 1 .(OO 05) Cold Case Files CSI: Miami | Dog the Bounty Hunter Cries Anael Mindfreek i / Quatre éi missions CSI: Miami Street Legal Bathroom Divas.Montreal Jazz Festival Cinéma / EVERYBODY’S FAMOUS! (4) Law & Order .a Trace MsgaBullders Daily Planet Shark Week Future Weapons Extreme Machines Daily Planet .Weapons Exhibit A [Things.CSI: New York Digging for the Truth The Lacandon Maya CSI: New York Disasters of the Century Tanks BBC News | CBC News CBC News | On the Map [The Hour i CBC News: The National Under the Skin CBC News: The Natioi loi New Addams Family Andromeda Doc Trailer.(Billable Shameiess CSI: Crime Scene.( CSI: Miami Flip that House Mostly True Stories Sports Disasters Miami Ink / Quatre émissions Three Take s - So Chic 7th Debt.Making It Big |.Mamas (Rocker.Tori, Dean | Newlywed ( Making It Big .Marnas OTT the.Sportscent.Baseball / Blue Jays - Devil Rays Sportscentre Off the.TVttCk.j?elnQ lan IPrank.[Cannon.|Malcolm.IPrlnce.BjnggM Classification des films: (1) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable L’AGENDA r " 1 ^ L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES V— , .—.—— y Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.