Le devoir, 4 août 2007, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOÛT 2007 POLITIQUE La charrue devant les bœufs des conservateurs Page B 3 HISTOIRE Le célèbre chanteur italien Caruso esi mort Page B (i ¦ PEKSPECTVES MOLLY RILEY REUTERS Les chefs amérindiens le reconnaissent; dans certaines communautés, l’environnement où est implanté le village est parfois si hostile qu’il est impossible d’assurer un sain développement économique.S’installe alors une pauvreté endémique, terreau fertile de graves problèmes sociaux.N’empêche, le déménagement n’est pas toujours une panacée.Relocalisation des communautés autochtones Déménager ou rester là ?Delà nécessité de protéger la parole Québec devra-t-il aussi légiférer contre les « règlements hors cour-bâillons » ?GUILLAUME B O U RG AU LT-C ÔTÉ Certains les croient grossièrement abusives.C’est généralement le cas.Mais les poursuites-bâillons peuvent aussi être subtiles et atteindre leur but de manière détournée.Une SLAPP par la bande, c’est tout à fait possible.C’est un peu ce qu’ont découvert la semaine dernière les 93 citoyens qui poursuivaient les promoteurs du projet Rabaska, près de Québec.Initiateurs d’un recours juridique visant à contester la légalité du changement de zonage nécessaire à l’implantation du port méthanier, ces citoyens ont été forcés d’abandonner leur requête: l’argent (32 000 $) qu’ils avaient amassé pour cette cause a été épuisé avant même que le procès n’entre dans le vif du sujet — ce qui empêche d’ailleurs de porter un jugement sur le fond de cette affaire.Rabaska aurait semble-t-il longuement contesté l’expertise d’un témoin appelé à la barre par les citoyens.Cette procédure a fait durer le procès, et même si la compétence de cet expert a finalement .été reconnue, il n’y avait déjà plus d’argent pour aller de l'avant Normalement en mettant abruptement fin au procès, les citoyens auraient dû acquitter des frais de désistement (environ 50 000 $).Mais le groupe Rabaska leur a proposé d’oublier cette somme en échange d’un engagement à ne plus jamais évoquer publiquement le différent portant sur le zonage.«Le couteau sur la gorge», comme l’a confié une source proche du dossier, les poursuivants ont accepté le règlement hors cour.D’un point de vue strictement technique, ce n’est pas ici un cas de poursuite-bâillon (strategie lawsuit against public participation, ou poursuite stratégique contre la mobilisation publique).Après tout, ce sont des citoyens qui ont intenté ce recours.Sauf que le résultat final (des citoyens qui perdent leur droit de parole publique, faute de quoi ils auront à payer 50 000 S) rejoint en grande partie l’objectif d’une SLAPP: utiliser l’arme économique pour imposer le silence.Avec le même outil — l’appareil juridique — pour y parvenir.Jean-François Girard, avocat et président du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), estime qu’il y a bel et bien une similitude.«Quand on arrive en règlement hors cour, c’est normal que celui qui renonce (iux 50 000 $ demande quelque chose en échange, dit-il.À mon sens, le détournement de mission du tribunal [inhérent au principe d’une poursuite-bâillon] s’est plutôt joué avant, dans la bataille sur l’expertise.» M.Girard indique qu’une «contestation qui vise surtout à épuiser financièrement la partie adverse, c’est très près de la nature d’une poursuite-bâillon.Vous avez un déséquilibre dans les moyens financiers, et celui qui a de l’argent peut faire durer les échanges et faire en sorte qu’on n’arrivera jamais au fond du débat judiciaire».Ceci ressemble étrangement à une poursuite-bâillon intentée par une entreprise, où l’objectif ne consiste pas tant à gagner le procès pour atteinte à la réputation mais plutôt à traîner un groupe d’opposants d’une procédure coûteuse à l’autre, jusqu’à l'étouffement Ces «stratégies de procédante» (comme celle de la contestation de l’expert) sont certes assez courantes.Mais elles pourraient être contrecarrées par une mesure de protection, pense le président du CQDE, qui, l’an dernier, a remis un mémoire au gouvernement sur la question des poursuites-bâillons.M.Girard suggère donc le scénario suivant si un gros joueur veut faire une bataille de procédure qui étirera la durée du procès, la loi devrait prévoir une clause permettant de «donner au groupe environnemental les moyens de faire cette bataüle».Comment Par une sorte de fonds d’aide, à l’instar de ce que propose le professeur Roderick Macdonald dans son rapport sur les poursuites-bâillons, récemment soumis au ministère de la Justice.«Le juge doit être capable de déterminer si quelqu’un veut faire un débat simplement pour épuiser l’autre financièrement, VOIR PAGE B 2: SLAPP Inondations, sols contaminés, territoires hostiles.De tout temps, devant ces dures réalités, Premières Nations et Inuits ont dû délaisser leurs villages pour aller s’établir ailleurs.Certains de ces déménagements se sont avérés des réussites.Dans d’autres cas toutefois, où les déménagements ont été forcés, les droits fondamentaux des autochtones ont été pris en otage.LISA-MARIE GERVAIS Ils y sont, ils y restent Après de nombreuses tergiversations, les Cris de la réserve Kashe-chewan, au nord de l’Ontario, n’auront pas à déménager leurs pénates en dépit des inondations et autres problèmes reliés à l’eau qui menacent les terres où ils vivent.Lundi dernier, le ministre des Affaires indiennes, Jim Prentice, a finalement annoncé un investissement de 200 millions de dollars en sept ans pour construire des digues autour du village au lieu de le relocaliser, ce que le chef Jonathan Solomon a accepté avec l’appui de sa communauté.Tout est bien qui finit bien, ont dit certains d’emblée.Le coordonnateur du programme en études autochtones de l’Université d’Ottawa, Georges Sioui, attribue à tout le moins à cette entente le mérite d’une prise de conscience.«C’est une victoire pour tous les Canadiens parce que c’est un petit morceau de notre pays qui a plus de chances de se voir développer de façon conséquente, qui ne privera pas les futures générations de leur héritage», croit ce professeur aux départements d’histoire et d’études anciennes et de sciences des religions.Pourtant, aux yeux de plusieurs autres, c’était la moindre des choses.«La majorité était en faveur, oui, mais parfois, on est forcé d’accepter même si on n'est pas d’accord.Cest un compromis.C’est clair que le gouvernement ne voulait pas donner plus», soutient David Welch, professeur à l’École de service social de l’Université d’Ottawa, qui s’intéresse aux questions autochtones.Autrefois, selon Claude Denis, professeur à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa et spécialiste des questions autochtones, le gouvernement déplaçât les gens pour des motifs d’ordre administratif Le but consistait à rassembler et à sédentariser les communautés afin de briser leur isolement et de leur donner un meilleur accès aux services.«L’autre logique qui motivait les déménagements était celle du développement.On emmenait les populations au Nord de façon à laisser passer librement le chemin de fer et à pouvoir établir des villes.Cest le cas standard de l’établissement des réserves dans l’Ouest canadien», explique-t-il.Aujourd’hui, les choses ont quelque peu changé, croit M.Denis.«On prend des communautés qui avaient déjà été sédentarisées pour les besoins du gouvernement et, pour une raison ou une autre, on sent le besoin de les déplacer à nouveau», note-t-il.«Mais depuis qu’on a recommencé à reconnaître certains droits des autochtones, on ne peut pas leur imposer un déménagement aussi facilement», nuance-t-il.Les Premières Nations et les Inuits ne possèdent-ils pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes?Oui et non, indique l’avocat David Schulze.Selon lui, les réserves appartiennent à la Couronne fédérale au bénéfice des bandes, ce qui ne signifie pas que le gouvernement puisse en faire ce qu’il veut.«Par contre, ça s'est déjà vu par le passé», dit-il.Selon lui, le droit est contourné par un autre type de pouvoir: celui de l’argent «Un peuple peut affirmer son intention de rester sur place.Mais si le ministère l’informe qu’il n’accordera plus de sommes pour, par exemple, rendre un endroit sécuritaire, la communauté est prise», note Mr Schulze.Le déplacement n’est que la pointe de l’iceberg Les chefs amérindiens le reconnaissent: dans certaines communautés, l’environnement où est implanté le village est parfois si hostile qu'il est impossible d’assurer un développement économique sain.S’installe alors une pauvreté endémique, ter- reau fertile de graves problèmes sociaux.N’empêche, le déménagement n’est pas une panacée, croit l’historien et Huron Georges Sioui.«Il y a toujours ce discours qui court selon lequel on devrait fermer les villages autochtones éloignés et ramener les gens vers les villes.C’est le débat “fermer l’arrière-pays ou non”.Si autant de jeunes quittent la Gaspé-sie à la recherche d’un emploi, il faudrait peut-être la vider au complet», lance-t-il avec ironie.«Les autochtones sont là depuis des milliers d’années.Pour eux, le territoire qu’ils occupent est encore plus important parce qu’il est lié à leur mode de vie traditionnel», poursuit-il.Le cas de la communauté innue de Davis Inlet est un exemple bien connu de l’échec de la relocalisation.Aux prises avec de graves problèmes de toxicomanie, d’alcoolisme et de violence, cette communauté subissait une véritable descente aux enfers dans les années 90.Réagissant promptement à des images qui avaient fait le tour du monde, sur lesquelles on voyait des jeunes inhaler des vapeurs d’essence, le gouvernement avait forcé cette communauté à quitter l’île où elle vivait pour la terre ferme du Labrador afin de pouvoir mieux lui venir en aide.Sans même lui donner le choix.Malgré cet espoir, Natua-shish, le nouvel emplacement, n’a pas permis de guérir les maux des Mushuau Innus.Au contraire, les problèmes sociaux sont plus graves que jamais et la revente d’alcool et de drogue y est florissante.«On a pensé que le simple fait de déplacer la communauté traumatisée allait tout régler», dit Daniel Salée, professeur de science politique à l’université Concordia, qui travaille sur la question du leadership dans les communautés.Selon lui, le problème est beaucoup plus complexe.«Le déplacement, c’est la pointe de l’iceberg.Il y a des problèmes plus structurels: tradition et modernité, l'emploi.Il y a une fbfde de facteurs qui font qu’un désœuvrement s'installe.À Davis Inlet, on a eu beau reconstruire le village, le leadership était incapable VOIR PAGE B 2: AUTOCHTONES Le cas de la communauté innue de Davis Inlet est un exemple bien connu de Féchec de la relocalisation RRM8KUnMIBM Améliorez vos perspectives de carrière.Réalisez votre potentiel et allez de l'avant grâce aux programmes d'études à temps partiel et cours du soir crédités offerts dans les disciplines suivantes : ?Comptabilité ?Fiscalité et Trésorerie-finances ?Commerce électronique et Systèmes d'information ?Commerce international www.mcgill.ca/conted ?Gestion de la santé et Services sociaux ?Gestion des ressources humaines ?Gestion de la production ?Relations publiques ?Leadership ?Marketing ?Transport et logistique >• Traduction W McGill Centre d'éducation permanente LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOÛT 2007 B 2 PERSPECTIVES .{ ïïï J IV- BS ?m Z:' ! .-**r il *r j i ^ ^ .SCOTT COHEN REUTERS Vue de la section du pont de 1 autoroute I-35W enjambant le Mississippi, détruite après l’effondrement de mercredi, à Minneapolis.Aux États-Unis, environ 12 % des ponts sont classés comme étant «structurellement défectueux».Effondrement d’im pont à Minneapolis Anx Etats-Unis, l’état de plus de 70 000 ponts laisse à désirer Comme l’effondrement du viaduc de Laval, celui du pont de Minneapolis oblige les autorités et les populations à porter un tout nouvel intérêt à l’état d’infrastructures empruntées chaque jour en toute insouciance par des millions de véhicules.Les chiffres sont connus depuis longtemps mais l’urgence d’agir est toute nouvelle.Regard sur la situation américaine.JOSEF HEBERT IXTashington VV 70 000 pon Plu,s de ponts aux États-Unis sont classés structurellement déficients comme celui qui s’est effondré à Minneapolis.Des ingénieurs estiment que, pour les réparer tous, il faudrait au moins une génération et cela coûterait plus de 188 milliards $US.Cela impliquerait des dépenses d’au moins 9,4 milliards de dollars chaque année pendant 20 ans, selon la Société américaine de génie civil (American Society of Civil Engineers).En moyenne, plus de 300 millions de véhicules passent sur ces ponts chaque jour.On ignore toutefois combien d’entre eux présentent réellement des risques sur le plan de la sécurité.Le gouvernement fédéral américain a ordonné jeudi aux États de faire inspecter immédiatement tous les ponts semblables à celui qui s’est effondré à Minneapolis mercredi.- Il existe 756 ponts à fondations en acier du même type, selon des responsables du génie civil.fl y a cinq ans, l’Administration fédérale des autoroutes (Federal Highway Administration) avait estimé qu’il faudrait au moins 55 milliards de dollars pour faire les réparations nécessaires sur les ponts.Cet argent, Iç gouvernement fédéral et les États américains n’ont jusqu’à présent pas pu, ou pas voulu le dépenser.«Nous ne faisons pas ce que les ingénieurs disent que nous devons faire», a déploré Gregory Cohen, président de l’Alliance américaine des usagers de la route (American Highway Users Alliance), une association qui représente de très nombreux automobilistes.«Malheureusement, quand vous sous-investissez dans les routes et les ponts [.] les conséquences peuvent être graves», a-t-il ajouté.Selon lui, des ingénieurs ont estimé quH faudrait 75 milliards de dollars par an uniquement pour empêcher de nouvelles détériorations sur les routes et les ponts, contre 60 milliards de dollars seulement actuellement Aux États-Unis, au moins 73 533 des 607 363 ponts, soit environ 12 %, sont classés comme «structurellement défectueux».Cela englobe certains qui ont pourtant été construits au début des années 1990, selon des statistiques de 2006 rendues publiques par la Federal Highway Administration.Le gouvernement fédéral fournit 80 % de l’argent pour la construction, les réparations et la ipaintenance du réseau routier; aux États-Unis.Mais ce sont les États qui fixent les priorités et s’occupent des contrats de construction et de maintenance.Un pont est en général jugé structurellement défectueux si les gros camions n’ont pas le droit de les traverser, s’il y a d’autres restrictions concernant les véhicules lourds, s’ils ont besoin de réparations immédiates pour rester ouverts ou s’ils sont fermés.Associated Press AUTOCHTONES SUITE DE LA PAGE B 1 d’assurer une gestion correcte et une certaine continuité», ajoute-t-il, insistant toutefois sur le fait qu’il n’y a pas eu que des ratés.Des négociations asymétriques Ainsi, le problème n’est pas tant le déplacement en soi mais plutôt les négociations qui l’entourent.Après une consultation populaire au terme de laquelle ils ont décidé de demeurer sur place, les Cris de Kashechewan ont ainsi refusé une offre du gouvernement fédéral qui les aurait contraints à déménager à 450 kilomètres au sud de la ville de Timmins, et ce, au coût de 300 millions.Ils avaient eux-mêmes proposé une contre-offre de 400 millions qui comportait un déménagement à 40 kilomètres à peine de leur village initial.Claude Denis croit 3ue l’autonomie décisionnelle es autochtones n’est pas réelle et qu’elle s’arrête «là où le portefeuille du gouvernement s’arrête».«Le gouvernement fait des offres asymétriques.L’appui financier et logistique n’est pas le même dans toutes ses propositions.Il impose des conditions qui influencent fortement le choix que la communauté va faire», déplore-t-il.Dans d’autres cas, c’est l’attitude paternaliste d’Ottawa qui dérange.«Le gouvernement n’est pas capable de nous considérer comme des êtres humains qui peuvent négocier, il n’est pas intéressé à nous écouter», affirme James Papatie, leader de la communauté algonquine de Kitei-sakik, en Abitibi.Pourtant, son peuple a fait un grand pas en avant pour améliorer ses conditions de vie.Vivant encore aujourd’hui sans eau potable ni électricité, cette communauté de 426 habitants située au sud de Val-d’Or, dans le parc de La Véren-drye, est actuellement en négociations avec Ottawa pour déménager à un endroit où le sol rocailleux n’empêchera pas l’installation de tuyaux et où le sol argileux ne nuira pas à la construction des maisons, comme c’est le cas à l’heure actuelle.Il n’y a pas si longtemps, dans les années 80, la communauté de Kitcisakik sombrait dans les mêmes difficultés socioéconomiques et les mêmes problèmes d’alcool, de violence et de toxicomanie que celle des Innus de Davis InleL Depuis, elle s’est prise en main, a payé sa dette et a réglé ses problèmes.«Notre défi à nous, c’est de proposer un projet qui va nous sortir de notre dépendance [envers le gouvernement]», souligne M.Papatie, principal négociateur du nouveau projet de village.Ayant déjà refusé plusieurs offres gouvernementales qui ne tenaient pas compte de ses besoins, la communauté mise maintenant sur le projet Wanaki («état de sérénité» en algonquin), c’est-à-dire un village sans statut de réserve, construit par et pour la communauté.Deux points achoppent pour le moment la question de l’autonomie de gestion et celle de l’argent «H [le gouvernement] n’est pas trop ouvert.On va être obligés d’envisager le statut de réserve pour avoir quelque chose du fédéral.Ils ne sont pas intéressés à nous accorder un statut que toutes les communautés vont vouloir avoir plus tard», dit-il.«Imaginez, sur 640 communautés, il y en a 400 qui pourraient déménager demain matin.Le gouvernement ne pourrait pas faire accepter ça à ses contribuables.» L’historien et philosophe Georges Sioui maintient que la solution ne réside pas dans la «transplantation» des communautés.«Les autochtones sont des gens qui ont résisté de façon héroïque à la déstructuration de la société et qui gardent une fierté et une indépendance.Il faut s’intéresser à eux et ne pas chercher à les déplacer.Il faut aller les resca-per là où ils sont, par l’éducation», conclut-il.Le Devoir Une longue histoire de déménagements LISA-MARIE GERVAIS Les déménagements de communautés d’Inuits et de Premières Nations ne datent pas d’hier.Publié en 1996, le rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones (aussi appelée commission Erasmus-Dussault) fait état des multiples ratés qu’ont connus ces entreprises de «transplantation».De 1934 à 1947, le gouvernement fédéral et la Compagnie de la Baie d’Hudson ont mis sur pied «le premier projet officiel de réinstallation des Esquimaux».Ainsi, 53 hommes, femmes et enfants inuits des régions de Pan-gnirtung, Pond Inlet et Cape Dorset avaient quitté leurs villages avec leurs possessions pour être emmenés à File Devon, en Extrême-Arttique.Le rapport Erasmus-Dussault révèle qu’en plus de servir d’expérience en matière d’exploitation commerciale des ressources, «cette ‘occupation réelle’’ du territoire permett\d&\\ au gouvernement canadien d’y affirmer sa souveraineté».Expulsés une première fois de leur village aux abords du fleuve Yukon en 1950, la communauté de Kwanlin Dun vivait dans des conditions miséreuses, sans électricité ni eau courante et sans habitations décentes.Promiscuité, problèmes d’alcool et de toxicomanie: la situation des habitants s’est dégradée au fil des ans.Ce n’est finalement que vers la fin des années 80 que la collectivité a été réinstallée.Dans les années 70, le village inuit de Killi-niq, complètement isolé à la pointe nord de la ligne séparant le Québec du Labrador, a été déclaré zone sinistrée.De grands vents et des ours polaires affamés décimaient la communauté et l’exode a été catalysé par le manque d’accès garanti aux services essentiels, surtout aux services médicaux et au transport aérien.Ainsi, de novembre 1975 à février 1978, 50 Inuits au total ont quitté Killiniq à la recherche En 2002-03, le gouvernement fédéral a procédé au déménagement de la communauté de Davis Inlet à un endroit plus adapté, Natuashish d’un environnement plus sûr.Le 8 février 1978, les 47 personnes qui restaient ont été averties par radio que le gouvernement fédéral envoyait des avions pour les évacuer de façon définitive.Plus récent, un triste cas de figure, celui des habitants de Davis Inlet, au Labrador.De 1990 à 1997, selon un rapport de l’organisme Survival International, cette communauté innue affichait un taux de suicide 12 fois plus élevé que celui de la population canadienne, donc au moins trois fois plus élevé que le taux observé dans plusieurs villages nordiques isolés du Canada.En 1993, les médias ont diffusé des images montrant des jeunes de la communauté en train d’inhaler des vapeurs d’essence.Ce fut la goutte qui fit déborder le vase.Mais ce n’est que dix ans plus tard, en 2002-03, que le gouver- nement fédéral a procédé au déménagement de la communauté à un endroit plus adapté pour lui fournir des services, Natuashish.Pour leur part, les Cris de Chemawawin, au Manitoba, ont été contraints de relocaliser leurs villages afin de permettre la construction du barrage hydroélectrique de Grand Rapids, au Manitoba.Quant à ceux d’Oujé-Bougoumou, en Abitibi, ils ont été forcés de déménager à sept reprises depuis 1927, «en raison de la collusion entre les compagnies minières et les gouvernements du Québec et du Canada», peut-on lire sur le site Internet de la communauté.Ils se sont établis définitivement en 1989 dans un village qu’ils se sont créé sur mesure.Avec celui des Algonquins de Kitcisakik qui se fera prochainement, le déménagement de cette communauté crie constitue un des rares exemples positifs.Planifié de’ concert avec la population, le nouveau village d’Oujé-Bougoumou a été construit selon les vœux de ses habitants.Le Devoir >/ \ *1 F J» JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’avocat Julius Grey et plusieurs personnalités politiques syndicales et environnementalistes lors d’une manifestation contre les S LAPP et les poursuites abusives, en octobre dernier.SLAPP SUITE LA PAGE B 1 explique Jean-François Girard.Il pourrait alors demander une caution qui permettrait de faire ce débat accessoire [sur la crédibilité de l’expert, par exemple].Si l’expert est crédible, la caution du contestataire est retenue.S’il n’est pas crédible, le groupe rembourse.» Un arbitre pour juger Ultimement, ce serait là une façon de protéger la liberté d’expression.Mais l’avocat Dominique Neuman, qui représente l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) dans des dossiers devant la Régie de l’énergie, pense quant à lui qu’il faudrait aussi carrément court-cir-cuiter ce qu’il appelle les «règlements hors cour-bâillons».«Peu importe les raisons, dans le dossier Rabaska, des citoyens ont été obligés de renoncer à leur droit de contester ce projet alors qu’ils sont les premiers touchés, dit-il.Ils sont, pour des raisons financières, privés d’un droit garanti par les deux chartes des droits et libertés de la personne.» M.Neuman reconnaît que plusieurs règlements hors cour comportent des ententes de «silence».«Mais quand ça relève du débat public, ce n’est pas acceptable.Qu’il y ait une monnaie d’échange, c’est correct.Mais en aucun cas cette monnaie d’échange ne devrait être la renonciation au droit de participer aux affaires publiques, surtout si le citoyen n’est pas en situation de dire non à l’entente.» L’avocat propose donc une solution: légiférer pour faire en sorte que le Tribunal des droits de la personne et la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse soient automatiquement mobilisés quand le règlement hors cour d’une cause d’intérêt public implique que quelqu’un renonce à sa liberté d’expression.Le Tribunal et la Commission auraient donc le devoir de vérifier les circonstances ayant mené à l’inclusion d’une telle clause.S’il arrive que ces circonstances révèlent un rapport de force inégal, le bâillon serait simplement interdit et le règlement devrait être renégocié.«Il est de l’intérêt public que la liberté d’expression soit préservée dans notre société, dit M.Neuman.Alors, pourquoi ne pas s’assurer que le Tribunal soit le juge de ce droit?Je suis convaincu que ça aurait un effet dissuasif.» Chose certaine, le cas Rabaska montre que le principe d’une poursuite-bâillon a le dos large.Même si Québec légifère à l’automne pour contrer le phénomène, «U y aura toujours un avocat habile pour contourner la loi», dit Jean-François Girard.«Dans ce contexte, il faut absolument que la loi anti-SIAPP établisse clairement que les juges ont le devoir d’examiner très rapidement le bien-fondé des requêtes qui sont présentées.» Une façon, en somme, d’éviter que certains trouvent mille moyens pour bâillonner la liberté d’expression.et détourner le système juridique de sa mission fondamentale.Le Devoir L L 1?DEVOIR.LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOÛT 2007 B 3 PERSPECTIVES La charrne devant les bœufs des conservateurs LYLE STAFFORD REUTERS Stephen Harper et le premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell (à gauche), devant une voiture hybride, en mars dernier.Harper annonçait Mors des remises aux acheteurs de voitures peu énergivores.HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Est-ce de l’inexpérience ou la précipitation du condamné qui veut encaisser le plus vite possible?Le gouvernement conservateur de Stephen Harper s’est retrouvé à plusieurs reprises happé par des controverses concernant des programmes qui pourtant n’auraient dû lui valoir que des éloges.C’est qu’en annonçant trop vite ses intentions, le gouvernement s’est vu ensuite reprocher la lenteur de leur mise en œuvre.Cet effet boomerang s’est encore fait sentir cette semaine quand les manufacturiers canadiens d’automobiles sont montés au front pour critiquer Ottawa dans sa gestion de la remise de 1000 à 2000 $ promise aux acheteurs de voitures peu énergivores.La Canadian Vehicle Manufacturers’ Association of Canada (CVMA) et l’Association of International Automobile Manufacturers of Canada (AIAMC) ont fait parvenir une lettre aux ministres fédéraux des Transports (Lawrence Cannon), des Finances (Jim Flaherty) et de l’Environnement (John Baird).As y déplorent le fait que les remises promises en mars dans le budget n’aient pas commencé à être versées.Ds s’inquiètent surtout de ne pas encore avoir été informés des plafonds de consommation d’essence que devront respecter les modèles 2008 afin de se qualifier pour la récompense verte, ce qui empêche les concessionnaires de faire miroiter ces rabais aux consommateurs.À la défense du gouvernement fédéral, il faut préciser que le budget indiquait noir sur blanc que les remises ne commenceraient à être versées qu’à l’automne 2007, une fois «les systèmes administratif et les services nécessaires» mis en place.Mais le problème est justement là: les programmes conservateurs sont annoncés en grande pompe, créant du coup des attentes qui se transforment en frustrations à mesure que le temps passe et que rien ne débloque.Le scénario se répète Le scénario s’est répété ce printemps avec le très attendu pro- 1 gramme de financement des petits et moyens festivals, qui doit remplacer le conspué programme des commandites.Le gouvernement conservateur a promis dans ce même budget printanier d’accorder 60 millions de dollars sur deux ans aux manifestations culturelles, financièrement étranglées par la disparition des commandites.Les festivals s’attendaient à recevoir la manne pour leur édition estivale 2007, mais ils ont appris à la dernière minute que, le programme n’étant pas prêt, l’argent commencerait à affluer seulement l’automne prochain, soit après la tenue de leurs événements.Les organisa-teurs ont manifesté leur colère, le débat a accaparé l’espace médiatique pendant plusieurs jours en mai, accordant de la bien mauvaise publicité aux troupes de Stephen Harper.D y a aussi eu les 10 millions du ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, promis en novembre à Montréal pour prévenir le phénomène des gangs de rue à Montréal.Sept mois plus tard, il a fallu la sortie de la députée blo-quiste et criminologue Maria Mou-rani, qui connaît très bien le milieu des gangs de me, à propos duquel elle a écrit un livre, pour se rendre compte que l’argent n’avait pas encore été versé.Les fonctionnaires confirmaient cette information sous le couvert de l’anonymat tandis que M.Day prétendait toujours que l’argent avait bel et bien commencé à affluer, sans toutefois fountir la liste des organismes bénéficiaires.M.Day a finalement dévoilé le nom de 27 bénéficiaires au début de juillet, huit mois après l’annonce initiale et après bien des critiques dans le milieu de la prévention, qu’il voulait pourtant épauler.Un gouvernement victime de son succès Pour le professeur titulaire à RENAP Robert Bemier, spécialiste en mariteting politique, cette façon de procéder nuit à Tunage du gouvernement, qui s’est fait une vertu en remplissant ses promesses.Mais le contexte minoritaire ne lui laisse pas beaucoup de marge de manœuvre, croit-il cependant «On sent qu’à la fins le temps lui manque et que la coopération de l’appareil administratif n’est pas toujours au rendez-vous», dit-il.Annoncer des programmes et les mettre en œuvre phis tard n’est pas quelque chose de nouveau en soi, ajoute le professeur Bernier.«Les libéraux ont fait cela pendant des années, mais les libéraux avaient du temps.Pour Stephen Harper, le temps joue contre lui.» Le gouvernement conservateur est donc, d’une certaine manière, victime de son succès: les gens se sont tellement habitués à le voir remplir ses promesses rapidement qu’ils slmpatient devant des délais de plusieurs mois.Mais cela est aussi symptomatique d’une obsession du «nouveau gouvernement du Canada», celle de réinventer continuellement la roue et de ralentir ainsi la mise en œuvre des programmes parce qu’il exige des règles d’admissibi- lité différentes de ce qui existait sous le régime libéral.Le président de l’AIAMC, David Adams, estime que cette prise de bec à propos de la remise versée aux acheteurs de voitures écologiques aurait pu être évitée si les manufacturiers automobiles avaient été consultés au préalable par Ottawa.«C’est toujours un risque de mettre en avant un programme sans que toutes les ramifications soient d’abord considérées», estime-t-il.Son groupe déplore qu’Ottawa n’ait pas annoncé les critères d’admissibilité pour l’année-modèle 2008.La Yaris 2007, admissible pour le rabais, se qualifiera-t-elle encore dans sa version 2008?M.Adams se fait railleur quand il souligne que l’écoprélèvement, imposé aux voitures énergivores et pouvant atteindre 4000 $, (fonctionne déjà très bien»\ L’AIAMC et la CVMA affirment recevoir des lettres de clients frustrés par la len- teur du processus, lettres qui sont acheminées aux bureaux de Transports Canada Remaniement ministériel?Pourtant, le gouvernement conservateur n’a pas de capital de sympathie à gaspiller et aurait besoin de profiter de tous ses bons coups, lui dont les appuis stagnent dans les sondages dans la fourchette de 31-34 %.La réunion estivale du caucus, qui s’est terminée jeudi soir à Charlottetown, devait d’ailleurs servir à réénergiser les troupes et à les propulser vers un nouvel objectif.La session parlementaire estivale a été mouvementée pour eux, en particulier sur le front militaire, le ministre de la Défense nationale, Gordon O’Connor, ayant été critiqué pour avoir induit la Chambre des communes en erreur quant au traitement des prisonniers afghans.Son temps à la table du cabinet est-il révolu?Les rumeurs d’un remaniement ministériel ont alimenté les discussions cette semaine à Chariotte-town.Les ministres se sont fait dire par le bureau du premier ministre de rester à Ottawa le 13 août prochain.M.Harper a reconnu qu’il considérait cette option et qu’il prendrait «assez rapidement» sa décision, «dans un sens comme dans l’autre».Officiellement, toutefois, les conservateurs assurent que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.Les députés et ministres qui ont eu le droit de s’adresser à la presse au cours des trois derniers jours ont tous ânonné le message officiel.«Le premier ministre a fait plus que n’importe quel autre premier ministre de la dernière génération pour affirmer qui nous sommes en tant que Canadiens et je suis fier de cela; le caucus est fier et, selon ce qu'on entend à travers le pays, les Canadiens ont remarqué, ils respectent et sont fiers de ce nous faisons», a dit le ministre des Affaires indiennes et président du Comité des priorités, Jim Prentice.La plupart ont fait valoir qu’il ne suffirait pas de revenir à l’automne avec un nouveau programme, même si la population a le sentiment que les fameuses cinq priorités des conservateurs ont été remplies.La majorité des élus qui ont accepté de s’adresser aux médias ont indiqué qu’il fallait au contraire revenir à la charge sur les valeurs conservatrices sûres: la lutte contre le crime et les réductions d’impôt D’autres, enfin, espèrent que leur gouvernement montrera davantage les dents.C’est le cas de Lee Richardson (Calgary-Centre), qui déplore que l’opposition ait trop souvent altéré les projets de loi conservateurs.«Je crois que le gouvernement devrait procéder avec plus de confiance et ne pas laisser l’opposition diluer ses initiatives à cause de la menace d’élections qu’elle laisse planer, parce que je ne crois pas qu’elle veuille déclencher dès élections elle non plus.» Le Devoir Hépatite C La onzième plaie d’Égypte Pour éradiquer la bilharziose, infection due à un ver, des millions d’Égyptiens ont été piqués à la chaîne dans les années 60-80.Aujourd’hui, 20 % de la population est atteinte de l’hépatite C.La plus grande contamination au monde.- •.¦%*’ * ¦.- AMR NABEEL AGENCE FRANCE-PRESSE Des enfants se baignent dans un des embranchements du NU, près du Caire.Due à un ver, hébergé par des mollusques d’eau douce, la bilharziose peut être contractée en se baignant.ÉRIC FAVEREAU t 4 gis sont une petite dizaine dans un des pavillons de l’hôpital dit i j ;s fièvres, au Caire.Ds ne disent bas un mot Visages de malades, peu de bruit, peu de monde.C’est Jà que sont regroupés les patients Atteints de l’hépatite C: les jhommes d’un côté, les femmes ailleurs.* Ils sont pauvres — nous sommes dans un hôpital public —, et la fin du jour s’épuise.Savent-ils, ces patients anonymes, qu’ils sont au cœur d’une situation sans pareille?Savent-ils qu’ils représentent la minuscule partie émergée d’un gigantesque problème de santé publique, comme l’histoire des maladies infectieuses en a rarement connu?Savent-ils qu’ils sont, tous ou presque, victimes d’une pharaonique erreur médicale?Elle tient en un chiffre: avec 15 millions de malades (soit près .d’un Egyptien sur cinq), l’épidémie d’hépatite C bat, dans ce pays, tous les records du monde.Chez les plus de 40 ans, un habitant sur deux est même touché dans certaines répons.Cette infection n’est pas un secret Mais eBe est restée confidentielle, affleurant à peine dans la sphère publique, juste connue de quelques cercles de spécialistes.Elle s’inscrit intimement dans l’histoire du pays, car en Egypte on a toujours eu mal au foie.De tout temps.Selon les époques, on a accusé l’eau, l’air, la pollution.Mais aussi de méchants parasites.Dans les années 60, en pleine euphorie nassé-rienne, la bilharziose est endémique dans les régipns du delta du Nil et de la Haute-Egypte.Due à un ver, hébergé par des mollusques d’eau douce, on la contracte en se baignant Le ver s’insinue sous la peau et provoque des maladies graves qui frappent en particulier le foie.«L’Egypte avait alors un systè-i.me de santé publique plutôt performant, raconte Arnaud Fonta-net, responsable de l’unité épidémiologie et des maladies émergentes à l’Institut Pasteur.Et au début des années 70, il y avait un traitement à base de tartrate émétique.» Certes, ce traitement à base d’antimoine n’est pas simple: il faut faire des injections intraveineuses toutes les seize semaines.Mais l’Egypte de Nasser voit le bonheur du pays en grand.Non sans courage, les autorités décident de mettre le paquet pour éradiquer la bilharziose.Elles lancent des campagnes massives d’injection.Les récits de l’époque sont saisissants.Dans les villages au bord du Nil, on décrit des enfants qui font la queue, près d’une table où des aiguilles trempent dans une bassine.Qn pique à la chaîne.A peine quelques secondes, et au suivant A partir des années 60 et jusqu’au milieu des années 80, ce,sont sept millions d’Egyptiens qui vont ainsi recevoir ce traitement.Résultat?Un très beau succès sur le moment, car la prévalence de la bilharziose s’est effondrée.Mais dans les années 90 commencent à surgir des problèmes et des questions.Chercheurs désemparés Jusqu’à la fin des années 80, le virus de l’hépatite C (VHC) est inconnu, en Egypte comme ailleurs.On parle alors de l’hépatite A souvent bénigne et due à la consommation de fruits et de légumes mal lavés.B y a aussi l’hépatite B, baptisée «l'hépatite du baiser», car souvent Bée aux premiers contacts sexuels.Mais les chercheurs sont désemparés, car ils notent l’existence d’autres hépatites.Faute de les identifier, ils les cataloguent «nonA-non B».En 1989, le nouveau virus, enfin identifié, est baptisé de la lettre C.«R y a un troisième virus que l’on a découvert récemment.Malheureusement, ce virus est tris répandu chez nous, et surtout dans les zones rurales», relève, en 1991, un des grands spécialistes du pays, le professeur Abd aLFattah, lors d’une conférence.Un autre se montre plus préoccupé: «R est possible que l’hépatite C soit responsable de 70 % des atteintes du fine.R faudrait faire une étude épidémiologique à l’échelle nationale.» Et lorsqu’en 1994 le professeur Abd al-Gahaffar déclare, lors d’un coBoque en Arabie Saoudite, que «40 % à 60 % des Égyptiens sont atteints des hépatites B et C», ses propos ont un retentissement énorme mais nul ne s’interroge sur les raisons du mal.En 2000, un article paraît dans la revue médicale The Lancet qui dissèque le lien direct entre cette nouvefle catastrophe sanitaire et la campagne contre la bilharziose, déjà vieille de vingt ans.L’étude démontre «que l’utilisation de seringues réutilisables et d’aiguilles usagées a largement contribué à la contamination des habitants».Avec des coUègues de la faculté de médecine du Caire, Christina Frank, une doctorante de l’Université du Maryland, décortique des statistiques sur l’incidence du VHC daps quatre différentes régions d’Egypte, plus ou moins touchées par le ver parasite.Leur verdict est clair «R y a une association significative entre le degré d’exposition au traitement et le taux d’anticorps anti-VHC présents chez les individus testés.» En conclusion, «l’administration de tartrate émétique par voie intraveineuse a joué un rôle majeur dans la propagation du VHC en Égypte.Ceci a conduit à la formation d’un important réservoir de malades infectés parmi la population adulte qui explique la forte pré- valence du VHC, et donc des risques de transmission élevés».Un virus traître L’Égypte est donc malade.Et à nouveau malade du foie.Ailleurs, les recherches avancent.Mais cette nouveUe hépatite est d'autant plus complexe que son incubation est extrêmement longue.Le VHC est un virus traître, dont on peut aussi bien guérir que mourir.Les voies de transmission?Des doutes subsistent.Le virus se transmet surtout par le sang, très peu par voies sexueBes, et il y a quelques cas de contamination matemofœtale, c’est-à-dire de la mère à l’enfant Entre 20 % et 30 % des personnes infectées arrivent à se débarrasser natureBe-ment du virus en quelques mois.Les autres deviennent porteurs chroniques, et une grande majorité d’entre eux développe une infection chronique, lente, qui abîme le foie et dégénère, des années plus tard, en cirrhose, voire en cancer.Dans les pays riches, à la fin des années 90, des traitements arrivent au départ à base d’interféron.Puis ils deviennent plus sophistiqués, sous forme de bithérapie — de l’interféron pégylé associé à un antiviral, la ribavirine.Un traitement long, pénible et cher.B provoque de lourds effets secondaires, mais au bout d’un an la plupart des patients traités guéris- sent.Dans les pays occidentaux, l’épidémie est «Jonc maîtrisée.Retour en Égypte.Non seulement le pays a la plus grande épidémie du monde, mais de nombreux indices montrent que ceBe-ci progresse.De nouveBes études — menées en collaboration par des équipes égyptiennes et des épidémiologistes de l’Institut Pasteur, et financées en partie par l’Agence française de recherche sur le sida et les hépatites virales — ont été rendues publiques lors d’un coBoque qui s’est tenu en juin au Caire.Dans un village du défia du NB, un dépistage a ainsi été réafisé sur les 4720 habitants, dont les plus âgés avaient bénéficié du traitement contre la bil-harâose dans les années 60.«Or, explique son auteur principal, Arnaud Fontanet, de l’Institut Pasteur, on note clairement la persistance de l’infection dans le village.» Aucun facteur de risque n’a pu être identifié chez les enfants et, pourtant, «il y a une tendance prononcée au regroupement intrafamilial des injections».La découverte rend les chercheurs perplexes: des contaminations se sont manifestement produites au sein des familles, sans qu’on ait pu découvrir, à ce jour, le mode de transmission du virus.Taux de mortalité triplé S’y ajoutent des risques qui sont, eux, bien connus, notamment Bés à la transfusion, comme le rappeBe douloureusement ce témoignage recueilli par Saadi Raidi (dans un article publié par le Centre d’études et de documentation juridiques du Caire, «Scandales et mise en place d’une politique de prévention»): «Mon fils a subi une opération chirurgicale.R avait besoin de sang.On m’a demandé si un membre de la famille pouvait donner du sang.Cétait urgent, fai dit moi, je k ferai, je suis son père.Quelque temps plus tard.j’ai appris que mon fils avait cette maudite maladie.J’ai cherché, j’ai voulu savoir comment mon fils avait eu ça.Je n’ai pas trouvé.Un jour, fai raconté au médecin que j’avais donné du sang à mon fils.R m’a demandé de faire des analyses et c’est là que fai découvert que j’avais ce virus et que c’était moi qui l’avais donné à mon propre fils.Depuis, je déprime, f essaie tout pour sauver mon fils.» Aujourd’hui, c’est-à-dire 20 à 40 ans après les traitements de masse, les adultes infectés commencent à développer la maladie.Près de 18 000 Egyptiens meurent chaque année de l’hépatite C.Et, à défaut de traitement, le taux de mortalité risque d’être multipfié par trois.Que faire?Le coût est un frein puissant au traitement En Europe, il tourne autour de 30 000 (environ 43 300 SCAN).Des discussions récentes entre les labos (Sherring Plough et Roche) et les autorités égyptiennes ont permis d’abaisser les tarifs autour de 3000 (environ 4300 SCAN).C’est encore énorme.«Nous avons lancé avec nos collègues égyptiens de nouveaux essais, en traitant beaucoup {dus tôt, quelques mois après l’infection, lors de la phase aiguë.Les traitements sont plus simples et surtout beaucoup moins longs, quatre à six mois au lieu d’un an.Cela donne de très bons résultats», note Arnaud Fontanet Encore faut-il avoir les moyens et les équipes pour mener ces tentatives à bien.Dans le cas du sida, mais aussi de la tuberculose ou du paludisme, seule une forte mobiBsation internationale a permis de ralentir l’épidémie et de contraindre les labos à baisser les prix, voire à produire des génériques.Mais qui est prêt aujourd’hui, à investir plusieurs centaines de millions d’euros pour combattre l'hépatite en Egypte?Libération .\ Ronald C.DAIY traduction française pur FbIIUIIHI GfBFlifir Collaboration do NillM Saidt-Gelais i Atlas scolaire l 3e édition 152 pages’35.25$ ISBN 978-2-7501-5423-0 2* et s« cycles du primsire et i” cycle du secondaire 20 à 40 ans après les traitements de masse, les adultes infectés commencent à développer la maladie B 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOÛT 2007 1 J DITORIAL Cacouna, Rabaska, etc.L’affaire suscite beaucoup de passion dans la région de la capitale: pourquoi le gouvernement du Québec autorisait-il la construction d’un grand terminal méthanier au pied de la côte de Beaumont, qui est située en face de l’île d’Orléans, alors qu’on vient tout juste de dire oui à un autre projet aussi important moins de 200 kilomètres plus loin, à Gros-Cacouna?a population de la région de Lévis est profondément divisée.Il y a quelques années, les résidants de la municipalité de Beaumont, située tout à côté de Lévis, avaient rejeté la première mouture du projet Rabaska piloté par un consortium privé composé des sociétés Gaz Métropolitain, Enbridge (d’Alberta) et Gaz de France.Devant ce rejet, les promoteurs se sont aussitôt tournés vers Lévis, où ils ont été reçus à bras ouverts par les milieux d’affaires et les autorités politiques.mais contestés par une partie de la population.La construction de terminaux méthaniers permettra d’importer du gaz liquéfié de pays producteurs comme la Russie et de le redistribuer par gazoduc au Québec, en Ontario et possiblement aux Etats-Unis.Le Québec n’est pas un grand consommateur de gaz naturel, dont la seule source d’approvisionnement est l’ouest du pays, par le gazoduc TransCanada Pipelines.Pour nous, l’enjeu en est donc un de sécurité d’approvisionnement, mais surtout d’apport économique immédiat pour les municipalités concernées.Pour les promoteurs, les choses sont plus simples encore: en diversifiant leurs sources d’approvisionnement, ces distributeurs de gaz naturel seraient moins dépendants du gaz de l’Ouest et pourraient ainsi jouer la carte de la concurrence sur le grand marché de l’est du continent Là où les choses se compliquent c’est quand on s’intéresse à l’environnement, à la qualité des paysages qui seront affectés et, plus largement, à la pertinence pour le Québec d’accueillir sur les rives d’un fleuve déjà fragilisé deux grands ports méthaniers distants d’à peine 200 kilomètres l’qn de l’autre.Jean-Robert Sansfaçon ?D y a quelques semaines, une commission d’examen formée de représentants du BAPE et de l’Agence canadienne dévaluation environnementale publiait un rapport assez favorable au projet Rabaska.Malheureusement, la qualité d’analyse de ce rapport tranche par comparaison avec la plupart des études auxquelles le BAPE nous a habitués par le passé.À titre d’exemple, le rapport reconnaît que le projet affectera de façon irrémédiable «le paysage à haute valeur patrimoniale de la côte de Beaumont», qu’il nuira à la reproduction et à la migration de certaines espèces de poisson comme î’éperlan, l’anguille et l’esturgeon; pourtant il se contente de demander au promoteur de limiter les dégâts.Par ailleurs, le rapport ne fournit aucune analyse des besoins du - - Québec en matière de gaz naturel, se satisfaisant d’un rappel de la politique énergétique du Québec.Or, à l’heure actuelle, non seulement le gaz de l’Ouest suffit amplement à combler nos besoins, mais un premier projet de terminal méthanier vient d’être accepté à Gros-Cacouna qui suffira largement pour assurer la sécurité de nos approvisionnements.Alors, pourquoi Québec donnerait-il son aval à Rabaska?Pourquoi sinon simplement pour ne pas déplaire au consortium de Gaz Métro après avoir dit oui à son concurrent formé des sociétés Energie Cacouna, TransCanada et Petro-Canada?Les terminaux méthaniers sont des installations qui exigent la construction de réservoirs sur la terre ferme et d’une jetée qui s’avance à quelque 500 mètres dans l’eau.Ces terminaux doivent évidemment être reliés à un réseau de transport existant, ce qui exige la construction de dizaines, voire de centaines de kilomètres de conduits.Quant aux méthaniers qui navigueront sur le fleuve, il s’agit de navires d’une longueur de quelque 320 mètres qui s’apparentent aux superpétroliers dont quelques-uns viennent déjà jusqu’aux installations Ultramar de Lévis.On comprendra aisément que la présence en nombre croissant de ces géants des mers à proximité des zones habitées, aussi loin à l’intérieur des terres, ne peut trouver de justification que dans une évaluation serrée de nos besoins en gaz naturel.Même sur la côte atlantique des Etats-Unis, on s’oppose maintenant à la construction de tels terminaux.Or, dans les deux cas qui nous concernent, c’est d’abord pour se rapprocher du marché très important de l’Ontario et de l’est des Etats-Unis que les consortiums ont choisi le Québec.Faut-il s’en réjouir?Compte tenu de la largeur du fleuve et de la préexistence d’un port en eau profonde à Gros-Cacuna, ce seul projet de terminal suffirait largement Rien d’autre que la concurrence entre deux géants du gaz ne justifie Rabaska et, à ce jour, ni la commission conjointe ni le gouvernement du Québec n’ont fourni la preuve du contraire.j-rsansfacon@ledevoir.com LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE voî*t Poif NOUS, v ONtONUPfr'j LETTRES -+- Soufflet (SLAPP) et camouflet entre citoyens?Dans l’édition du Devoir du 3 août, un lecteur qualifiait de SLAPP [en modifiant la définition de cet acronyme pour «strategie lawsuit against private projects»] la contestation du projet Rabaska par les 93 citoyens qui s’y opposaient, cette expression qualifiant d’habitude les mesures judiciaires utilisées pour museler les citoyens.Ce lecteur s’interrogeait sur les motifs de l’abandon de la poursuite par les 93 citoyens après la contre-attaque judiciaire de l’entreprise ainsi que sur les motifs initiaux qui motivaient leur opposition.Il laissait ainsi entendre sans plus de procès que ces citoyens étaient mal organisés et que fa plupart d’entre eux ont dû changer d’avis au sujet du projet de port méthanier.Premièrement, ce lecteur confond une mesure judiciaire qui vise à promouvoir le débat public et une autre qui vise à l’étouffer.Deuxièmement, dans cette voie, les questions posées par ce lecteur sont d’autant plus tendancieuses que les principaux intéressés ne peuvent plus y répondre, et ce, tant sur l’abandon de la contestation que sur leurs motifs initiaux.Les 93 citoyens, comme le public en général, sont muselés: même s’ils partagent toujours leur avis initial, d’un point de vue juridique, ils ne peuvent plus répéter leurs arguments en public.Et SLAPP! Voici une véritable strategie lawsuit against public participation [poursuite stratégique contre 1a mobilisation publique].Il est donc facile de lancer des hypothèses, de reprocher aux citoyens de n’avoir pas pu amasser les ressources nécessaires pour rivaliser avec des multinationales et de laisser entendre qu’ils ne savent ni compter ni s’organiser.Il est facile de laisser entendre que les opposants auraient changé d’avis devant des arguments qu’on refuse de soupeser dans un débat public.Et ça fait bien le jeu des promoteurs de balayer sans argument aucun les préoccupations sécuritaires et environnementales de nos concitoyens, sans parler du fait de refuser toute mesure pour éviter au débat public ce type de bâillon.Si ce citoyen de Lé- vis voulait vraiment des réponses à ses questions sur les 93 citoyens, nous pensons que c’est en favorisant un élargissement du débat, et non un musellement des protagonistes, qu’il aurait pu les obtenir.Siegfried L Mathelet Montréal, le 3 août 2007 Trois-Pistoles, VLB et le développement culturel en région À cause de Victor-Lévy Beaulieu, je suis passé deux fois par Trois-Pistoles, il y a deux ans et cette année.Combien de Québécois ont fait fa même chose?Tout ce que je savais sur cette ville, c’est que mon professeur d’anglais de onzième année y enseignait l’été.C’était en 1955.En passant devant 1a maison de VLB sur fa 132, je me suis dit c’est trop bête cette querelle avec les autorités municipales à cause d’un compte de taxes non payé de 6000 $.VLB est un actif pour fa ville de Trois-Pistoles.On ne bousille pas un actif, on en est fier et on l’encourage, on le soutient financièrement.Si, comme VLB l’affirme (et je n’ai aucune raison de douter de sa parole), il a investi 100 000 $ de sa poche l’an dernier dans le complexe culturel que fa Ville de Trois-Pistoles elle-même décrit sur son site Web et dont elle s’enorgueillit, il me paraît évident que la Ville de Trois-Pistoles commet une grave erreur en se comportant comme si VLB était un citoyen ordinaire qui doit payer ses taxes.Le développement culturel dans les régions est une affaire collective et ce n’est pas à un individu à en assumer tous les coûts.Voilà pourquoi VLB est en colère et veut tout vendre, et les édifices de fa rue Pelletier et sa maison le long de 1a 132, où il peut écrire en paix entouré de pivoines rouge vif et de ses chiens affectueux sur les lieux de son enfance.Sa colère est légitime.B veut que son engagement culturel soit reconnu et appuyé financièrement par fa Ville de Trois-Pistoles.Et il a raison.Cette réclamation d’un compte de taxes a fait déborder le vase.Qu’on subventionne VLB au lieu de lui envoyer des ultimatums pour taxes non payées.C’est une question de principe, mais cette question déborde largement le cadre des décisions des édiles municipaux de Trois-Pistoles qui agissent comme si 1a notion de culture leur échappait Y a-t-il une politique de développement culturel en région au Québec?Il semble que non puisqu’à notre connaissance personne ne bouge.Le gouvernement du Québec se sent-il concerné par ce qui se passe à Trois-Pistoles?Qu’en pensent Pauline Marois, Pierre Curzi et le Parti québécois?Mario Dumont devrait-il intervenir?Ce serait stupide de laisser VLB se débattre seul contre des gens qui ne semblent pas voir plus loin que le bout de leur nez.Il est temps ; qu’on se réveille avant qu’il ne soit trop tard.1 Du strict point de vue des retombées économiques et touristiques, l’attitude du maire et des édiles de Trois-Pistoles n’a aucun sens.La non-intervention du ministère de fa Culture n’a pas de sens non plus.Drôle de pays que celui qui n’appuie pas un animateur culturel de fa trempe de Victor-Lévy Beaulieu au moment même où son dernier livre sur James Joyce est l’objet d’un numéro spécial de fa revue L’Action nationale.C’est ce que je me suis dit cet été en passant par Trois-Pistoles en route vers le tour de 1a Gaspésie.Suis-je le seul à penser ainsi?Robert Barberis Longueuil, 3 août 2007 Georges Nicholson quitte l’antenne de Radio-Canada i Je trouve déplorable le congédiement de Georges Nicholson.J’ai 34 ans et ne connais ; pas grand-chose à 1a musique classique, mais j’écoutais avec grand plaisir et attention l’émission de M.Nicholson.C’est grâce à lui et à sa grande qualité d’orateur que j’ai pu apprécier cette musique si fantastique.Je suis grandement déçu de cette décision strictement corporate.La culture ne devrait pas être une entrepri- ¦ se mais un patrimoine.> Luc Gagnon Montréal, le 26 juillet 2007 LIBRE OPINION -?- La famille de Mohamed Anas Bennis demande justice K h a d ij a Bennis Au cours du dernier mois, deux Montréalais ont été victimes des balles des policiers du Service de police de 1a Ville de Montréal (SPVM), l’un d’eux mortellement En Colombie-Britannique, des preuves accablantes viennent d’être révélées concernant 1a mort d’un jeune homme qui se trouvait alors en état d’arrestation.Ces faits d’actualité, je ne le$ lis pas en tant que simple observatrice: une personne que j’aimais a été tuée dans le cadre d’une intervention du SPVM.Mon frère, Mohamed Anas Bennis, a été tué à Montréal il y a maintenant 19 mois.Depuis, ma famille et moi avons lutté sans cesse pour obtenir des réponses élémentaires aux questions qui subsistent concernant les circonstances qui ont entouré fa mort de mon frère.Placé dans une situation similaire, quiconque poserait les mêmes questions.J’écris maintenant publiquement pour demander à tous les Montréalais et Montréalaises de conscience de jouer un rôle pour s’assurer que 1a vérité soit enfin révélée.À l’aube du 1" décembre 2005, mon frère, alors âgé de 25 ans, revenait de sa prière matinale à la mosquée de Côtedes-Neiges, à quelques minutes de notre domicile.C’est à ce moment qu’il a été tué par balles parce qu’il aurait inexplicablement menacé un officier de police avec un couteau de cuisine, alors que ce dernier était mobilisé dans une intervention qui n’avait aucun rapport avec mon frère.Je connaissais bien Anas — il était mon frère jumeau — et les actes qui lui sont attribués n’ont aucun sens.Mon frère était un homme gentil et généreux à qui tout souriait dans fa vie.D devait bientôt se marier et venait tout juste de démarrer une petite entreprise.Qu’il ait, soudainement, un matin, attaqué un policier, ou qui que ce sofa avec un couteau, juste après la prière du matin et à quelques pas de chez lui ne correspond simplement pas à sa personnalité.Bien sûr, j’aime mon frère et je ne l’en aimerais pas moins si les faits qui lui sont reprochés s’avèrent fondés.Mais 19 mois après sa mort, tout ce que ma famille et moi revendiquons est que la vérité sur les circonstances entourant sa mort soit enfin révélée par fa publication de tous les rapports et de toutes les preuves, et par 1a tenue d’une enquête complète, indépendante et transparente.Du peu de renseignements dont nous disposons, nous avons pu relever quelques faits troublants.Selon le rapport d’autopsie, les balles qui ont tué mon frère ont pénétré dans son corps de haut en bas, ce qui indique qu’on lui a tiré dessus alors qu’il n’était pas dans une posture menaçante.Le couteau de cuisine que mon frère aurait eu en sa possession n’a jamais été montré.Les blessures qu’aurait subies l’agent de police n’ont jamais été démontrées.Il existe même une bande vidéo de sécurité que fa police refrise toujours de divulguer.Il y a plusieurs autres questions élémentaires qui sont toujours sans réponse.Par exemple, nous n’avons toujours pas fa confirmation de l’identité du policier qui aurait tiré sur mon cher frère.Depuis décembre 2005, ma famille et moi avons fait confiance aux procédures normales entamées par 1a police et le gouvernement, particulièrement le ministère de la Sécurité publique sous Jacques Dupuis.Mais ces procédures se sont avérées complètement inadéquates, pour ne pas dire insultantes.Notre famille n’a pas accès au rapport produit à 1a suite de l’enquête de police, ni au rapport de l’avocat de la Couronne.Nous n’avons même pas accès à un rapport partiel, sans parler du silence complet du ministre Dupuis.En effet, lorsque 1a police est engagée dans une opération et qui! y a mort d’homme, une politique ministérielle est mise en place et permet de garder toutes les preuves et tous les rapports secrets.Cette approche sévère empêche également les journalistes d’investiguer sur les faits.Ironiquement, si mon frère avait survécu et avait été accusé d’un crime, il aurait eu le droit de se défendre et de connaître les preuves retenues contre lui.Non seulement lui a t-on enlevé 1a vie, on lui a aussi retiré sa voix.Mais nous, sa famille, sommes désormais sa voix Pour lui rendre hommage, nous continuerons à exiger des réponses à nos questions.Depuis le début, lorsque j’ai appris qu’Anas avait été tué, j’ai le sentiment que ma famille est traitée sans respect.Chaque jour qui passe sans que l’on nous fournisse de réponses aggrave cet irrespect Malgré nos nombreux efforts depuis maintenant presque deux ans, malgré nos tentatives répétées en vue d’éta-blir un dialogue, Jacques Dupuis et son ministère ne nous ont donné aucune réponse.En janvier 2006, lors de fa journée la plus froide de l’année, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans 1a rue pour exiger 1a vérité concernant la mort d’Anas.Tout au long de 2006, nous attendions patiemment des réponses.Mais au premier anniversaire de sa mort, nous étions toujours dans le noir.Nous avons par 1a suite organisé des assemblées publiques et des délégations, puis nous avons écrit des lettres, sans jamais recevoir de réponses dignes de ce nom de fa part du ministre.La semaine dernière, des médecins du quartier Côte-des-Neiges ont demandé au ministre Dupuis de lever le mystère entourant fa mort de mon frère.Dans leur lettre, ils n’ont pas exclus 1a possibilité que le «profifage racial» ait eu un rôle à jouer dans fa mort de mon frère aux mains de fa police, puisque celui-ci était un musulman pratiquant et facilement identifiable comme tel.Aujourd’hui, je demande de l’aide aux lecteurs et lectrices, journalistes et rédacteurs en chef du Devoir.Pour briser le silence qui dure depuis bientôt deux ans, votre appui est nécessaire.Je vous encourage à consulter le site wwwjustice-pouranasxa pour connaître les moyens par lesquels vous pouvez aider et contribuer à ce que fa justice, et non pas le secret, triomphe. LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOÛT 2007 B 5 IDEES ARCHIVES REUTERS mM: Au cours des dix prochaines années, une centaine de centrales nucléaires seront conunandées dans le monde.Un partenariat nucléaire servirait l’intérêt du Québec ARMAND LAFERRÈRE Président et chef de la direction AREVA Canada armi toutes les conjectures qui foisonnent dans les médias sur l’avenir de l’industrie nucléaire canadienne, une question a été oubliée: où est l’intérêt du Québec?AREVA recherche activement des partenariats au Canada.Ceci n’est un secret pour personne et l’idée d’une alliance avec Energie atomique du Canada limitée (EACL), par exemple, pourrait évidemment nous sembler intéressante.Le Groupe AREVA, Time des principales entreprises mondiales du domaine de l’énergie, comptant 61000 employés et des installations de fabrication dans 41 pays, est au coeur de la renaissance mondiale de l’industrie nucléaire.Au cours des 10 prochaines années, une centaine de centrales nucléaires seront commandées partout dans le monde, dont une trentaine pour les Etats-Unis et une autre trentaine pour la Chine.Pour répondre à ces attentes, l'industrie se réorganise.D’importants acteurs se regroupent et forment des alliances.Les trois plus grands sont AREVA/Mitsubishi Heavy Industries, General Electric/Hitachi et Westinghouse, qui a récemment été reprise par Toshiba Même si, dans ce secteur de l’industrie, la barrière à l’entrée est haute, ces alliances sont un moyen efficace de faire sa marque pour les sociétés de l’industrie nucléaire et les provinces où ces sociétés exercent leur activité.Même si on n’en est encore qu’au stade des hypothèses, j’aimerais préciser deux choses: premièrement, ce serait bon pour le Québec; deuxièmement, un appel d’offres concurrentiel et transparent serait dans l’intérêt de tous.Examinons d’abord les enjeux pour le Québec: la province dispose d’abondantes ressources hydroélectriques qui restent le fer de lance de l’industrie énergétique du Québec.Néanmoins, le Québec est également actif dans le domaine nucléaire.Hydro-Québec possède la centrale nucléaire de Gentilly-2 située à Bécancour, et une décision devra bientôt être prise au sujet de ce réacteur pour déterminer s’il devrait être remis en état à mi-vie pour protonger sa durée de rie normale.Comme tous les.Canadiens, les Québécois sont propriétaires dEACL Ace titre, ils méritent que toute alliance soit réalisée de la façon la plus avantageuse, ce qui ne se pourrait pas avec un d’appel d’offres fermé et sans transparence.AREVA est d’ores et déjà solidement implantée dans la province.Le groupe emploie 340 personnes dans sa filiale de transmission et de distribution et gère deux installations de fabrication situées à La Prairie et à Saint-Léo-nard.Pàr ailleurs, son enracinement au Québec a encore été renforcé par un contrat de 130 millions de dollars annoncé le 10 juillet pour la construction et la conception d’une nouvelle sous-station électrique destinée à alimenter la fonderie d’Alcan au Saguenay.Si le Québec décide à l’avenir de continuer dans le nucléaire, AREVA constituera un partenaire de choix.Nous sommes la phis grande société nucléaire au monde.Nous avons construit 98 réacteurs à l’échelle mondiale et deux autres sont en construction en Finlande et en France.Ces nouvelles centrales, qui sont jusqu’à présent les premières de ce type à avoir été construites, sont des réacteurs EPR de troisième génération.D s’agit à ce jour de la technologie nucléaire la plus avancée au monde.Aux États-Unis, trois compagnies d’électricité ont déjà annoncé qu’elles préféraient notre technologie pour les nouvelles constructions et d’autres marchés devraient confirmer leur intérêt très prochainement Nous sommes également la seule société de notre secteur industriel à être organisée pour couvrir l’ensemble du cycle du combustible nucléaire, de l’exploitation minière de l’uranium au retraitement du combustible nucléaire usagé, en passant par la transformation chimique, l’enrichissement la construction et l’entretien des réacteurs nucléaires, la négociation et le retraitement du combustible usagé.Nos réacteurs fonctionnant à l’eau légère, leur combustible usagé contient 95 % d’uranium utilisable dans les réacteurs Candu, ce qui représente un avantage de taille en matière d’élimination des déchets nucléaires.Un partenariat entre AREVA et l’industrie canadienne permettrait donc de créer d’im- portantes synergies.11 présenterait également des avantages environnementaux en ce qui concerne la gestion des déchets.En même temps, ce partenariat renforcerait la relation d’affaires entre deux nations étroitement liées d’un point de vue historique et cuKureL D ne s’agit pas de sentiments, du moins pas seulement La France et lEurope sont actuellement dans une phase de développement des affaires et des échanges commerciaux, ce qui per-, met d’envisager, à l’avenir, des occasions exceptionnelles de créer des partenariats entre des sociétés françaises et canadiennes, y compris québécoises.La demande importante en réacteurs signifie que les clients du nucléaire se disputent des ressources limitées, qu’il s’agisse du temps disponible dans les quelques grandes installations d’usinage de pièces de réacteurs, du nombre limité d’ingénieurs nucléaires ou de la capacité des organismes de réglementation pour examiner les demandes et accorder les autorisations.AREVA ne peut répondre à la demande d’un marché sans disposer de ressources localement comme ce serait le cas si nous devions construire un nouveau réacteur au Canada.En Finlande, 300 sous-traitants se sont qualifiés pour travailler sur le réacteur EFR d’AREVA, alors que Undus-trie finlandaise disposait de moins d’expertise préalable que l’industrie canadienne.Il sera bien plus simple de se fier aux ressources canadiennes étant donné la qualité et l’expertise au sein de l'industrie nucléaire canadienne.Même si la phis grande part de l'industrie nucléaire canadienne est basée en Ontario et continuera à l’être, le Québec peut prendre une part dans cette montée en puissance de la demande mondiale.La province ne ferait d’ailleurs que poursuivre ce qu’elle a déjà commencé.C’est une entreprise de Montréal, L3-Mapps, qui a été retenue par AREVA pour construire le simulateur de la centrale EPR actuellement en construction en Finlande.Le Québec a toujours su nourrir la croissance de secteurs technologiques d’avenir, orientés vers l'exportation et qui procurent des emplois de qualité aux jeunes.Les métiers d’AREVA — nucléaire et transmission-distribution — sont aujourd’hui au cœur d’une croissance rapide qui mérite l’intérêt du Québec.Avec la mondialisation, l’accroissement du niveau de vie passe par la création de richesse MATHIEU LABERGE Économiste à l’Institut économique de Montréal (En réponse au texte de Mathieu Dufour «Produire avant de redistribuer.Combien de temps?» publié dans Le Devoir du 1" août 2007) .ans un texte publié récemment dans ces D pages, un chercheur du Centre canadien de politiques alternatives a remis en question la thèse de plus en plus admise qu’il est nécessaire de créer de la richesse collective avant de pouvoir la redistribuer vers les moins nantis de la sodété.Allant jusqu’à prétendre que les tenants de la création de richesse veulent que «les travailleurs redoublent d’ardeur sans qu’on leur donne rien en retour», ü s’insurge contre le manque de volonté politique de redistribuer la richesse.Dans le contexte de mondialisation actuel, adopter une telle attitude est socialement et économiquement irresponsable.Elle mènerait le Québec dans une impasse.SU est vrai que la croissance du salaire horaire réel moyen au Canada n’a pas été aussi soutenue que celle de la productivité de la main-d’œuvre, on ne peut pas se baser sur cet écart pour conclure que les travailleurs riont pas reçu les «fruits de la création de richesse des 30 dernières années».À cet effet, deux chercheurs du ministère des Finances du Canada ont relevé que cet écart ne s’est réellement accentué qu’à partir du milieu des années 1990.Lorsque la période de 1957 à 2001 est considérée, la croissance annuelle moyenne de la productivité de la maind’œuvre est de 1,85 96 alors que celle des salaires horaires réels est de 1,8 96.Qui phis est, le Centre for the Study of Living Standards attribue 54 % de l’écart constaté par M.Dufour à la méthode utilisée pour standardiser ces deux mesures.Ainsi, phis de la moitié du phénomène sur lequel se base cet argumentaire serait dû à des méthodes statistiques différentes.Autres sources de revenu D est par ailleurs réducteur de négliger l’ensemble des autres sources de revenus dont disposent les ménages.Une part du revenu des ménages provient des dividendes et de l’intérêt reçu à même leur fonds de retraite, leurs REER et leurs autres placements ainsi que des contributions de leur employeur à ceux-ci.Parce que ces placements sont notamment composés d’actions, les travailleurs sont propriétaires des entreprises et les profits de celles-ci constituent donc une source de revenu pour eux Ainsi, le salaire horaire ne constitue qu’une partie du revenu des ménages et ne capte donc pas l’ensemble des sources de l’accroisse- ment du niveau de vie des travailleurs.Avec la mondialisation, le Québec a tout à perdre à adopter une attitude défensive uniquement axée sur la redistribution de la richesse.D est illusoire de croire que les travailleurs qui œuvrent dans les industries faisant face à la concurrence des entreprises chinoises et indiennes pourront encaisser le coup sans voir leurs conditions de travail affectées.Et a c’était justement l’accroissement de la productivité des travailleurs qui avait permis de maintenir les emplois québécois dans ces industries au prix d’un salaire moindre?Au contraire, les Québécois ont tout à gagner à continuer de jouer le jeu de la mondialisation, c’estèdire à miser sur les secteurs de l’économie qui requièrent une main-d’œuvre hautement qualifiée et productive où la rémunération horaire dépasse largement le salaire minimum.Des travailleurs mieux formés et compétents sont le gage d’un accroissement généralisé du niveau de vie.Pourquoi se borner à redistribuer à un grand nombre une petite part de notre richesse collective alors que nous avons la capacité d’accroître cette richesse pour en faire profiter ceux qui en ont le phis besoin?Le défi de la redistribution réside dans notre capacité de faire ai sorte que de moins en moins de nos concitoyens aient besoin du soutien public.Ce ne sera possible que s’ils ont accès à une formation et à des emplois de qualité.La réussite snobée : mythe ou réalité?JACQUES BERGERON Montréal Un mythe est en train de naître au pays du Québec, mythe presque toujours véhiculé par des gens peu soucieux de la méthode avec laquelle ils ont réussi, à faire des sous il va sans dire.Ainsi, on peut lire dans un journal d’aujourd’hui, ou on fait dire à M.Cousineau, que les Québécois n’aiment pas ceux qui ont du succès.Relisons les mots utilisés par ce monsieur de la rigolade: «Et puis au Québec, nous avons une culture bizarre qui fait que la réussite n’est pas admirée.Elle e£t : plutôt montrée du doigt.C’est dommage.Ce faisant, nous freinons notre croissance.Et quand on freine, généralement, on se fait dépasser.» Fin de la citation! En lisant ces lignes, on a l’impression de relire Lucien Bouchard et ses malheureux lucides, qui n’ont pu convaincre les Montréalais et les Québécois de la justesse de leurs projets.Voyons donc, M.Cousineau, connaissez-vous quelqu’un qui ne soit pas heureux de la réussite de Céline Dion ou de celle du Cirque du Soleil?Ou encore de celle de Bombardier?Nommez-nous les personnes qui n’étaient pas heureuses des succès de Sol, un monsieur capable de nous faire rire et de nous faire apprécier ses jeux de mots, sa philosophie et sa culture.Vous en connaissez combien qui ne sont pas heureux des succès de Plamondon et de ses chanteurs?Qui n’était pas content des succès de Félix à Paris, ou de ceux de Deschamps, ou encore de Charlebois, sans oublier tous les autres que nous savons apprécier?Et quelles sont les personnes qui ne sont pas contentes des succès de tous nos festivals, celui de Juste pour rire entre autres, qui souvent ne nous fait pas rire?En vous lisant, nous avons la vague impression que vous utilisez vos concitoyens afin de faire avancer vos affaires et celles de ceux qui ont la critique facile devant leurs concitoyens.Avez-vous déjà entendu René Angélil se plaindre de la jalousie de ses concitoyens envers les succès de Céline Dion?Au contraire, tout comme Luc Plamondon, il a plutôt œuvré au développement de la gent technique et artistique du Québec, que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, plutôt que de se plaindre du comportement de ses frères.Avec toute la délicatesse que j’ose utiliser, vous me permettrez de vous dire que vous êtes de la même graine de «défaitiste», j’allais dire de «colonisé», que les supposés lucides et tous ceux qui sont incapables de se défaire de leur comportement d’esclave.Ces gens sont toujours prêts à accuser les autres de tous leurs défauts.Bien sûr, il y a des succès qui sont inacceptables, et vous ne m’en voudrez pas d’en citer quelques-uns, Id, je pense à tous ces Pierre ÉDiott Trudeau, Jean Chrétien et autres Stéphane Dion qui ont bâti leurs succès en mangeant Ci Canadien français québécois et en le trichant tout au long de leur carrière politique.Vous ne voudriez certainement pas que nous admirions tous ces gens que la commission Gomery a épinglés à cause de leur implication dans le scandale des commandites et qui ont coûté un pays à votre peuple en 1995! À moins que vous ne soyez pas de ce peuple?Quant à votre humble serviteur, même à 74 années bien comptées il peut vous indiquer—ce que des millions de Canadiens français québécois, au contraire de vos prétentions malheureuses et de mauvais aloi, peuvent aussi vous indiquer — qu’il est très «fier» et très «orgueilleux» des succès d#ses concitoyens, dans quelque domaine que ce soit Vous me permettrez donc de vous inviter à éviter de dire des bêtises à la Lucien Bouchard lorsque vous aurez l’occasion de vous adresser aux journalistes lors de prochaines occasions, sinon vous risquez que nous regrettions de vous aimer et d’aimer ceux qui, parmi nos concitoyens, réussissent dans leurs différentes carrières et dans leurs différentes entreprises.S’il y a des gens qui méritent votre défaitisme et votre hargne vis-à-vis du manque de financement de vos entreprises culturelles, (votre festival peut-il être considéré comme une entreprise culturelle), c’est à ceux-là que vous devez vous adresser, mais surtout à ceux qui veulent s’emparer des succès de nos festivals, les gens de Toronto par exemple.Je terminerai ce petit propos en vous indiquant que ce n’est pas en détruisant son nid qu’un oiseau peut se loger et réussir à bâtir une famille.Avec des millions de Québécois, je souhaite que nos gouvernements comprennent le message que vous leur avez envoyé et que vous compreniez celui que vous recevez par la présente afin que votre prochain propos soit plus près de la réalité que du mythe.Qui n’était pas content des succès de Félix à Paris, ou de ceux de Deschamps, ou encore de Charlebois, sans oublier tous les autres que nous savons apprécier?Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: à le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utilisa le courriel (n-daction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n'oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {adjoint au direettur de l'information), Jeanne Corriveau {affaires municipales), Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (iditorialiste, responsable de la page Idées) Brian Myles (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy {Général).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoit Munger (responsable du sile Internet), Émilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence CIavel(p«fu'tre), Jean-Guillaume Dumont.Philippe Papineau (pupitre) Louise-Maude Rioux Soucy (Satü()\ Pauline Gravel (sciences) ; Michel Carneau (caricaturiste) : Diane Précourt (responsable des pages thématioues) ; Martin Dudos, Michek- Malcntant et Christine Dumazrt (friartwr); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; A nnfcrinidian cultnreflr Mkhei Béüdr (t»«ijfrr et cahier Ortturb] Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit rtiWsl, Odile Tremblay ériaémo;Isabelle Paré (culture): b l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information) Dominique Reny (pupitre).Éric Desrosiers, Claude Turcotte.François Desjardins; à l’information internationale : Jean-Pierre legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefér (adjoint au directeur de l'infarmation).Serge Truffaut (éditorialiste) ; à PirJormadoo politique : Héléne Buorthe Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Robltaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction): Marie-Pier Frappier.Émilie Parent Bouchard (commis i la rédaction).La documentation : Gillea Paré (dirrcteur‘i Manon Derome.Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette.Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron.Marlène Cité, Chrlatlane Legault, Amélie Maltais.Claire Paquet.Martine Riopelle, Isabelle Sanchet Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe).Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchea, Johanne Brunet Danielle Can tara, Richard Dca Cormier».Donald Fillon, Yannick Morin Nathalie Zcmaitis, Olivier Zulda.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Fillon.Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Stéphane Roger (CMhdfair) Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Monique Proteau.Danielle Ross.t « (h B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 AOÛT 2007 volumexn—Nom MOwntBAUMAKDHAowim________thOiltaoUS^LE wÜMfcHQ Abonnements pu U poste : Hui iHM "W 'W^ fUdnctim et ufa*ni ~ I ¦j1 111.1 l/i 11 II 2“-;JLJj UIj V Ulli =^r ____ Directeur; HENRI BOURASSA___ FAIS CE QUE DOIS! 30 juillet 1921 2 août 1921 3 août 1921 Les résultats d'une campagne AU CONGRES DES SERVICES SANITAIRES TENU A CHICOUTIMI, LE DR J.-A.RANGER, PRESENTE UN RAPPORT SUR LA LUTTE CONTRE LES MALADIES VENERIENNES Chicoutimi, 30 - (D.N.C.) - Le neuvième congrès des services sanitaires de la province s’est terminé, hier soir, après deux jours de séances.Cent trente médecins environ ont pris part au congrès.On s’est surtout attaché à l’étude de la mortalité infantile, de la tuberculose et des maladies vénériennes.Le Dr J.-A Ranger, de Montréal, a soumis un rapport sur la campagne antivénérienne.M.Ranger est sousdirec-teur de l’Association qui a entreprise cette campagne.[.] Le rapport des opérations de la lutte antivénérienne pour ses premiers huit mois est encourageant à deux points de vue: d’abord, il prouve que la campagne antivénérienne rend des services appréciables à notre population et puis il démontre que c’ést la coopération du clergé, des médedns, de la presse et des industriels de la province avec le dévouement du personnel de nos hôpitaux qui rendent notre tâche plus facile, et plus fructueuse la campagne antivénérienne.Les services rendus à notre population se peuvent calculer par les rapports mensuels de nos dispensaires, ceux de Montréal et celui de Québec, te nombre de patients admis fut de 3,135, soit près de 400 par mois; te nombre de traitements administrés s’élève à phis de trente mille.«Si nous mettons en compte le nombre de vénériens qui se font soigner chez leur médecin de famille, maintenant qu’ils savent, grâce à notre campagne d’éducation, la gravité du mal dont ils sont atteints, le total serait de beaucoup plus grand.«Des chiffres compilés par te Service de Santé fédéral montrent que le Québec bat la marche dans la voie du progrès: pour janvier, février et mars de l’année 1921, les dispensaires de la province d’Ontario recevaient quatre cent vingt-six vénériens et les dispensaires de la province de Québec neuf cent quaran-te-quatre, soit la moitié plus.Dans ce même rapport il est fait note spéciale que si le chiffre des vénériens était phis élevé dans la province de Québec que dans aucune autre cela était dû à ce que la campagne y était conduite d’une manière différente.«Ce résultat n’a pu s’obtenir que par un travail de longue haleine.Songez que nous avons parlé et montré nos films à cinquante auditoires comprenant environ cin- quante mille personnes adultes.Nous avons distribué par la province 130,000 pamphlets, brochu-rettes, affiches, etc.Nous calculons avoir atteint environ cent cinquante mille personnes.La publicité que les journaux nous ont généreusement et gratuitement accordée porte encore phis haut le total de ceux qui ont connaissance de la campagne antivénérienne.«Tout récemment nous avons établi plusieurs dispensaires en dehors des grands centres.An si Trois-Rivières, Sherbrooke, HuD et Chicoutimi se sont vus dotés de dispensaires modernes où peuvent se présenter les vénériens, et où tes indigents sont traités gratuitement, aux frais de la province.Nous ne saurions trop remercier les médecins distingués qui ont bien voulu en prendre charge.«Les heures de dispensaire ont été choisies par les directeurs des dispensaires pour répondre aux besoins locaux.L’expérience nous démontre que le nombre de patients varie suivant la commodité de l’heure: un vénérien qui travaille ne peut perdre une demi-journée à chaque traitement et s’il n’a pas les moyens de se faire traiter par son médecin, il promène la contagion et la souffrance.C’est pourquoi'il faudrait que les dispensaires soient ouverts certains soirs.[.] «Le laboratoire est absolument nécessaire au médecin qui veut soigner consciencieusement la syphilis et la blennorragie; les vieilles méthodes traitaient ces maladies à l’aveuglette, le laboratoire est la pierre de touche que possède le médecin pour faire de la médecine intelligente et raisonnée.[.] «La majorité de nos vénériens sont infectés dans leur jeunesse avant vingt-cinq ans.Plusieurs d’entre eux porteront toute leur vie les stigmates de leur mal parce qu’ils n’ont pas suivi un traitement précoce.«Comme pour tout mouvement hygiénique, l’éducation du grand public revêt id une importance capitale et le succès de la lutte antivénérienne repose en très grande partie sur l’éducation populaire.Il est bien difficile de s’imaginer le degré d’ignorance qui existe dans tous les milieux, en matière de maladie vénérienne, sans compter le préjugé qui en fait des maladies honteuses.30 juillet 1921 ARCHIVES LE DEVOIR Caruso justifiait la renommée qu’il a acquise par la seule qualité de sa voix, qui était d’un timbre exquis, joignant la force à la grâce et la puissance à la pureté.Caruso est mort Le célèbre chanteur italien est décédé, ce matin, à Naples, en Italie.- Il était âgé de 53 ans.- Sa carrière.Naples, 2.- (S.P.A) - Enrico Caruso, ténor de réputation mondiale, est décédé ici, aujourd’hui.Il était tombé malade à New-York, il y a plusieurs mois et était venu en son pays natal, l’Italie, au mois de mai dernier dans l’espoir de refaire sa santé.A son arrivée ici, le 28 mai, il était faible et souffrait encore, mais ses médecins prétendaient qu’il se remettrait promptement Caruso fut pris d’une attaque de pleurésie te jour de Noël 1920 et dut se retirer dans ses appartements à l’hôtel Vanderbilt à New-York.Il subit une opération peu après pour extraire le pus qui s’était accumulé dans la cavité pleurétique.Un second abcès nécessita une autre opération.A la suite de ces traitements chirurgicaux, on crut une semaine durant que le patient alfait succomber.Au mois de février, le malade eut une rechute avec syncopes.On manda ses amis à son chevet et il reçut les derniers sacrements.Les spécialistes ont tout fait pour lui sauver la vie.Ds lui administrèrent de l’oxygène pour l’aider à surmonter la crise d’étouffement Vers la fin du même mois, l’état du célèbre chanteur s’améliora un peu, mais on dut lui enlever un troisième abcès pulmonaire.* * * Londres, 2.- (S.P A) - Le ténor italien Enrico Caruso a subi une opération dimanche à Naples, suivant une dépêche de Rome reçue ici aujourd’hui.Les chirur-giens n’ont pas été enchantés des résultats de l’opération.Il paraît que Caruso était d’une faiblesse extrême.Ifier aprèsmidi, il a fallu lui injecter du camjfare à toutes les deux heures dans la région du coeur.Enrico Caruso est né à Naples, vers 1868.Son premier début eut lieu au théâtre Nuevo de Naples, dans un opéra de Morelli, ï’Amko Francesco.Après avoir passé quelque temps aux théâtres de Naples, te Bellini et te Mercadante, il se fit entendre à Païenne, puis engagé en Egypte.De retour en Italie, il se produisit dans presque toute la péninsule, chantant tour à tour Rigoletto, Carmen, la Traviata,Aida, Cavalleria rusticana, tes Pêcheurs de Perles, Iris, Gioconda, les deux Manon (de Massenet et de Pucdni).Sa renommée grandissant il fut appelé à Saint-Peterslx>urg, à Moscou, et à Varsovie, puis partit pour l’Amérique, où il chanta avec grand succès.De retour en Europe, il parut au théâtre communal de Bologne, puis à la Scala de Milan, où il créa la Fedora, de Giordano, et la Germania, d’Alberto Franchetti, tout en jouant Lohengrin, la Favorite, Mefistq/êle, Lucia di Lam-mermoor, un Ballo in maschera, la Reine de Saba, h, Bohème, 1 Pagliacci, YElisir d’amoré, etc.En 1905, Caruso fit partie de la troupe lyrique italienne qu’Edouard Son-zogno amena au théâtre Sarah-Bernhardt à Paris, et l’accueil que lui fit le public parisien ne fut pas moins chaleureux que celui qu’il avait reçu partout ailleurs.Depuis plusieurs années, a chantait les premiers rôles au Métropolitain Opera House de New-Yoïk.Caruso justifie la renommée qu’il a acquise par la seule qualité de sa voix, qui était d’un timbre exquis, joignant la force à la grâce et la puissance à la pureté.Caruso a visité Montréal plusieurs fois; la dernière, c’était l’automne dernier.3 août 1921 Les obsèques de Caruso Une grand’messe de requiem a été célébrée ce matin, à Naples.Les fonctionnaires sont inquiets Calgary, 30.- (S.RC.) - Depuis te triomphe du parti politique agraire aux élections provinciales de l’Alberta, les employés du service civil se demandent quel sort les attend, car on sait que le parti fermier est hostile au système du favoritisme.Comme quelqu’un demandait au premier ministre élu, M.Greenfield, s’il allait donner un coup de ba- lai dans les divers départements du gouvernement, il a répondu qu’il procéderait au travail de réorganisation des services uniquement en vue de rendre l’administration efficace.11 a ajouté que tes employés civils compétents n’ont pas à craindre d’être renvoyés.Quant aux autres, il ne leur promet en rien de les maintenir dans leur position.Naples, 3.(S.PA) - Des milliers de personnes de Naples et des autres villes de l’Italie ont assisté ce matin, à la grand’messe de requiem, célébrée en l’église de la Madone de la Grâce ou ont assisté au défilé du cortège funèbre accompagnant les restes d’Enrico Caruso, le fameux ténor, décédé hier.Dans la nef de l’église, on remarquait plusieurs artistes et chanteurs des deux sexes.Dans le cours de la journée, hier, les Napolitains ont passé presque sans interruption devant le cercueil du défunt à l’hôtel Vésuvius et ont prié pour le repos de son âme.Le corps était vêtu de l’habit de gala et Mme Caruso avait elle-même disposé des guirlandes de roses près de la tête de son mari.Caruso pressentait sa fin, lundi, lorsque la maladie le reprit soudain.Il a dit en effet à son fils Rodolfo: «Je suis très mal.Cette fois-ci, j’aurai de la difficulté à me soustraire à la mort» D’après les journaux, un de ses médecins, aurait dit, que ni lui, ni les autres médecins n’ont jamais cru que Caruso s’était entièrement rétabli de la maladie qui l’atteignit à New-York, l’hiver dernier.La pleurésie avait miné ses forces.IA FORTUNE DE CARUSO Naples, 3.(S.RA) - Caruso laisse, au dire des journaux, une fortune d’environ trente millions de lires.A la valeur normale de la lire, ce chiffre représenterait approximativement six millions de piastres.Les joueurs des White Sox sont acquittés Chicago, 3.- Les sept anciens joueurs des Chicago White Sox et deux autres joueurs de baseball accusés de prétendue conspiration pour frauder le public en arrangeant les victoires de la série mondiale de 1919 ont été disculpés par le jury, hier soir.Le verdict fut arrêté après deux heures quarante-sept minutes de délibération, mais ne fût rendu que quarante minutes plus tard, le juge Hugo M.Friend éfant hors de Cour lorsque la décision fut prise.Les défendeurs étaient: Buck Weaver, troisième but; Oscar Felsh, voltigeur; Charles Ris-berg, arrêt; Arnold Gandil, premier but; Claude Williams et Eddie Cicotte, lanceurs; Joe Jackson, voltigeur, tous anciens joueurs des White Sox, et Carl Zork, de St-Louis, et David Zel-cer, de Des Moines.La nouvelle du verdict fut acclamée par les centaines de personnes qui étaient restées en Coin- pour attendre la décision finale.On cria: «Hooray for the clean-Sox!» Le juge Friend félicita le jury et dit qu’il croyait te verdict juste.Eddie Cicotte fat le premier des accusés à arriver aux jurés.Il saisit Wm.Barrett par les deux mains en lui criant ses remerciements.Joe Jackson, Claude Williams et les autres le suivirent et les jurés les prirent sur leurs épaules pendant que des photographies étaient prises à la magnésie.Les crieurs cherchèrent en vain * à rétablir l’ordre.Finalement, voyant que le juge Friend souriait, ils firent comme les autres.Les chapeaux volèrent en l’air, les papiers étaient jetés de tous côtés et le tribunal fat la scène de la contusion la plus turbulente.Les jurés furent amicalement frappés sur le dos au moment où ils sortirent du tribunal et furent acclamés.30 juillet 1921 Un incinératenr s’impose La ville ne peut remédier aux odeurs fétides que dégagent les dépotoirs du nord de la ville, qu’en construisant un incinérateur moderne qui consumerait sur place les déchets que l’on déverse dans les carrières afin de les combler.Par ailleurs, les fonds manquent pour amener la réalisation de ce projet; il faudrait au moins $300,000 pour construire l’usine et l’aménager et rien n’indique que l’on puisse opérer dans le budget des virements de fonds aussi considérables.Ce sera l’un des nombreux problèmes qui attendent la nouvelle administration.En attendant le service de l’incinération répandra de la chaux sur les vidanges afin d’atténuer l’odeur qui s’en dégage.30 juillet 1921 Un changement de circulation LES TRAMWAYS NE PASSERONT PLUS DEVANT L’HOPITAL NOTRE-DAME, DURANT L’ETE, DE 9 HEURES DU SOIR A 6 HEURES DU MATIN.A la suite d’une requête des administrateurs de l’Hôpital Notre-Dame, la Compagnie des Tramways a décidé de ne plus laisser circuler les trams, en face de l’hôpital, rue Notre-Dame, durant la nuit, pour tous les mois de l’été.Les tramways circuleront désormais par la rue Craig.Ce changement aura d’heureux effets pour les patients de l’hôpital.Comme il passe très peu d’automobiles dans ce quartier, il ne restait que les trams pour faire du vacarme.Leur disparition momentanée a fait le silence complet.On note à l’hôpital que ce changement a déjà produit un soulagement.En effet, l’on comprend que des personnes souf- frantes aient besoin du repos le plus absolu pour dormir, et que le bruit des trams était parfois de nature à les tenir dans un état d’insomnie.D’ailleurs les voyageurs ne souffriront nullement du changement effectué.Car, la rue Craig court parallèlement à la rue Notre-Dame et à une courte distance.Les tramways changent leur itinéraire à partir de neuf heures du soir jusqu’à 6 h.du matin.Ils descendent la rue Gosford pour prendre la rue Craig et remontent par Delorimier, et vice-versa selon la direction du trajet La compagnie s’est empressée d’accéder au voeu des autorités de l'hôpital dès qu’il a été émis.1er août 1921 Verte vieillesse Hervey Jonction, 1er (D.N.C.).- Un vieillard de 81 ans, M.Alfred Tremblay, a tué à coups de hache, ces jours derniers, un ours énorme qui approchait de son campement en tenant un mouton dans sa gueule.M.Tremblay a été félicité de ses co-paroissiens pour cet acte de bravoure.Service d’antobus à Toronto Toronto, 1er.(S.PC.) - La Commission de Transport étu- die un projet pour établir des services d’autobus dans certaines rues éloignées des lignes de tramway et vendredi prochain, il y aura ici, une exposition de ces voitures.Une compagnie exhibera une autobus d’un seul étage capable d’accommoder de 25 à 29 voyageurs.D’autres compagnies chercheront également à obtenir les commandes d’autobus.4 août 1921 Un assoiffé Un nommé Albert Charlebois a comparu devant le magistrat Leet, ce matin, pour répondre à l’accusation d’avoir pénétré par effraction dans le magasin Wool-man Bros., chemin Hibernia, et là d’y avoir volé cinq bouteilles de bière et cinq bouteilles de vin, le tout d’une valeur de $11.Il a !>rotesté de son innocence et ’enquête a été fixée au 10.Complets d’Eté en Tweed pour Garçons Très résistants — bruns, gris, bleus avec petite rayure.Veston droit.Ceinture cnlevnblc.Pantalons bouffants.Prix de vente.7.95 Faites vos achats chez Goodwin—Au rez-de-chaussée.COMPLETS DE GARÇON-NETS POUR TOUS LES COLLEGES DE MONTREAL A bas prix Faites vos achats chez Goodwin—Au rez-dc-chausséc.Recherche et adaptation : Pierre Rousseau 4 t
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