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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-08-11, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 AOÛT 2007 HISTOIRE Maurice Richard quille le hocke> Page B O Les travailleurs étrangers et les marchands d’esclaves * ¦ PERSPECTIVES Réunion annuelle des premiers ministres provinciaux Le joueur absent ARCHIVES LE DEVOIR L’énergie éolienne est un dossier éminemment délicat au Québec.Polémiques à tout vent Les débats font rage sur les véritables enjeux de l’énergie éolienne Dire que le développement du secteur éoUen en sol québécois est susceptible de soulever des tempêtes relève de l’euphémisme.Le deuxième appel d’offres d’Hydro-Québec pour l’achat de 2000 mégawatts d’énergie éolienne, qui prend fin dans un peu plus d’un mois, ne fait pas exception.Si opposants et partisans s’accusent mutueUement de tromper le public, ils n’ont pas fini de s’affronter puisque le véritable débat devrait commencer lorsque les projets retenus seront connus.HÉLÈNE BUZZETTI Moncton — Pour les habitués des rencontres annuelles des premiers ministres provinciaux, il y avait une sorte de vide cette année à Moncton.Un acteur habituellement omniprésent dans les discussions des leaders faisait figure d’abonné absent le gouvernement fédéral D s’en trouvera certainement plusieurs pour se réjouir de cette nouvelle approche mais, pour la première fois depuis au moins sept ans, les leaders de chaque province et territoire du pays ne s’en sont pas pris à l’inaction, à la pingrerie ou à l'intrusion d’Ottawa.Pour la première fois, les premiers ministres ont tenté de se convaincre eux-mêmes.De l’importance de combattre les changements climatiques ensemble.De faciliter le commerce entre leurs provinces.De se vendre entre eux de l’énergie.C’était devenu une rengaine.Ces rencontres estivales entre premiers ministres provinciaux ponctuaient la vie politique provinciale-fédérale et donnaient le ton des débats de l’automne dans chacune des capitales.Les leaders se réunissaient et développaient une stratégie commune pour réclamer presque chaque fois plus de fonds du grand frère fédéral Un survol des déclarations finales des dernières éditions de ces rencontres suffit pour s’en convaincre.En 2005, à Banff, les provinces s’étaient entendues pour réclamer au moins 22 milliards de dollars de plus pour finança- l’éducation post-secondaire.En 2004, à Niagara-on-the-Lake, ils avaient demandé à Ottawa de mettre en place un régime pancanadien d’assurance médicaments au coût de 7 à 11 milliards de dollars par année.L’été précédent à Charlottetown, ils réclamaient au moins trois milliards pour la santé.En 2002, à Halifax, Bernard Landry avait fait accepter à ses homologues le concept de déséquilibre fiscal et tous soudainement découvraient qu’ils en étaient victimes.Les rencontres des deux années précédentes avaient été monopolisées par les débats déchirants sur le financonent de la santé.Et c’est sans compter les rencontres fédérales-provindales de 2000,2003 et 2004 (télévisée) sur le financement de la santé.Pas de cela cette année.«Ce fut me décision délibérée de ma part», explique l’hôte de la rencontre, le premier ministre du Nouveau-Brunswick Shawn Graham.«La tradition consistait à blâmer les autres, soit le gouvernement fédéral sur la péréquation ou encore sur le financement de la santé.Mais devinez quoi?Nous avons confondu les critiques.» D faut dire que la rencontre de l’année dernière avait peut-être illustré les limites de la recherche de fronts communs.Les premiers ministres espéraient s’entendre à Terre-Neuve sur les modifications qu’ils demanderaient à Ottawa d’apporter à la byzantine formule de péréquation.Les attentes des uns et des autres étaient à ce point divergentes qu’aucun consensus ne frit possible.«Nous nous sommes entendus sur le fait que nous ne nous entendions pas», avait déclaré l’hôte, le premier ministre Danny Williams.Ainsi, les provinces avaient donné de facto carte blanche à Ottawa pour imposer sa propre formule de péréquation.Ce que fit le gouvernement conservateur dans son budget de mars, la formule retenue faisant de nombreux insatisfaits (Terre-Neuve, Nouvelle-Ecosse et Saskatchewan).Ottawa se retrouve même avec une poursuite sur le dos, Lome Calvert, de la Saskatchewan, ayant décidé de s’adresser aux tribunaux.Bref les provinces se sont rendu compte que, lorsque vient le temps de réclamer de l’argent ou des changements d’Ottawa, mieux vaut peut-être se taire plutôt que d’exposer au grand jour leurs tiraillements.Québec l’a compris, d’ailleurs, on ne tentant pas d’ajouter à l’ordre du jour de la rencontre de cette semaine une discussion sur les limites du pouvoir fédéral de dépenser.Cette limite intéresse peu les autres premiers ministres, et Jean Charest a déjà décidé qu’il réglerait cette question en tête àtête avec Ottawa.Les occasions de blâmer Ottawa n’ont d’ailleurs pas manqué à Monc-ton, La rencontre a débuté mercredi par une réunion des leaders et des chefs autochtones du pays.Il s’agir sait de discuter des conditions de vie des Premières Nations et des façons de les améliorer.Les autochtones relevant de la compétence fédérale, on aurait pu s’attendre à ce que les provinces réclament d’Ottawa plus de fonds pour régler la question, d’autant plus que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a annulé la fameuse entente de Kelowna accordant plus de cinq milliards de dollars aux communautés pour les sortir de leur marasme.Mais non.«En tant que premiers ministres, nous reconnaissons que nous ne pouvons pas seulement blâmer le gouvernement fédéral, a déclaré M.Graham mercredi après-midi.Les premiers ministres ont reconnu que nous ne pouvons pas continuer à utiliser l’argument des compétences pour justifier l’inaction.Nous devons aller de l’avant.» Même constat sqr les changements climatiques.A peine l’Onta-rien Dalton McGuinty a-t-il indiqué qu’il était insatisfait du plan de lutte contre les changements climatiques du gouvernement de Stephen Harper.Le reste de la conférence a servi à trouver des solutions toutes provinciales.Ce changement de ton, croit aujourd’hui le premier ministre du Québec, est en partie attribuable à la création en 2003 du Conseil de la fédération, dont il s’était fait le promoteur.«É y a là la philosophie du Conseil de la fédération.Ce n’est pas juste une question du fédéral, c’est ce que nous pouvons et devons faire ensemble, surtout dans une économie mondialisées «Nous ne devons pas montrer du doigt, a ajouté hier Gordon Campbell, de la Colombie-Britannique.La puissance du Conseil de la fédération se manifestera si nous acceptons nos responsabilités.Cette entité ne devrait pas en être une de discussion, mais d’action.» Comme quoi tout le monde s’est entendu sur au moins une chose cette semaine.ALEXANDRE SHIELDS Les pales de la polémique éolienne ont recommencé à tourner au cours des derniers jours, après que le Comité régional pour un développement éolien acceptable, basé dans le Bas-Saint-Laurent, eut demandé une suspension du «processus d’appel d'offres actuel», qui arrive à échéance le 18 septembre.Son porte-parole, Martin Gagnon, pressait du même coup les municipalités régionales de comté (MRC) du Bas-Saint-Laurent et les municipalités concernées par le développement éolien d’organiser, «en collaboration avec les acteurs locaux et régionaux, des assemblées publiques sur les projets éoliens afin que l’information et les connaissances relatives à ces projets puissent véritablement circuler et être discutées».En fait, M.Gagnon réclamait une consultation publique en bonne et due forme pour chacun des projets, et ce, avant même qu’ils ne soient soumis à Hydro-Québec pour évaluation.Cette étape in- contournable est bel et bien prévue, mais uniquement dans le cas des projets qui auront été choisis.Ceux-ci pourraient se chiffrer à une dizaine.Le problème, au dire du comité, c’est que les citoyens qui pourraient voir des éoliennes pousser près de chez eux ou sur leur terrain ne connaissent pas les véritables enjeux «politiques, sociaux, environnementaux, éthiques et économiques» de ce nouveau mode de développement énergétique.«L’information qui circule actuellement se limite bien souvent à faire la promotion des projets éoliens», affirmait ainsi M.Gagnon, accusant les promoteurs de discuter uniquement avec ceux qui veulent bien accueillir des éoliennes sur leur terntin.Cette série de griefs est d’ailleurs partagée par bon nombre de groupes très critiques de la gestion de l'exploitation du vent au Québec pour produire des mégawatts.La façon de procéder actuelle est tout à fait logique, au contraire, fait valoir Jean Desrosiers, directeur général du TechnoCentre éolien Gaspésie-Les îles.«R y a déjà des sommes énormes investies [dans la préparation des soumissions par les promoteurs], Rs doivent notamment connaître la qualité des vents dans le secteur concerné avant de faire un montage financier et de soumettre un prix au kilowatt-heure à Hydro-Québec», a expliqué hier le porte-parole de l’organisme créé par Québec en 2000.Dans ce contexte, «si en plus on se met à consulter la population et qu’on lui fait perdre son temps à débattre d’un projet dont on ne sait même pas s’il va être accepté», le processus sera fastidieux et improductif, selon M.Desrosiers.D estime que seulonent 10 à 20 % des soqmissions présentées à la société d’Etat seront acceptées.M.Desrosiers croit par ailleurs que l’opposition n'est pas aussi répandue qu’il n’y paraît «On entend souvent des personnes se plaindre du développement éolien et se plaindre qu’il n’y a pas de consultation.R y a un petit noyau de personnes qui s'expriment très bien, qui ont un peu une faveur médiatique et qui réussissent à /aire paraître ça beaucoup plus gros que c’est en réalité.Quand c’est vraiment important, les différents ordres de gouvernement sont à l’écoute.» «Le citoyen a la possibilité d'obtenir de l’information et de donner son opinion durant tout le processus de développement d’un projet éolien», souligne d’ailleurs Gilles Lefrançois, président et chef de la direction d’Innergex Manage- ment et porte-parole de la Coalition pour la promotion de l’énergie éolienne, dans un texte publié aujourd’hui en page B 5 du Devoir.Aussi, poursuit M.Lefrançois, «lors du dépôt de sa soumission, l’initiateur du projet doit présenter plusieurs documents émanant des municipalités, des MRC ou du gouvernement provincial.Ces documents démontrent la conformité du projet à la réglementation, confirment l’appui des élus ou l’intention du ministère des Ressources naturelles et de la Faune d’attribuer des droits fonciers pour le projet.Pour ce faire, le promoteur doit avoir présenté le projet aux élus qui, rappelons-le, représentent la population et doivent être à l’écoute des gens qu’ils représentent».Si — et seulement si — les projets sont retenus, «plusieurs instances gouvernementales ont à se prononcer [.] avant que ceux-ci puissent être réalisés, explique aussi M.Lefrançois.Ces consultations à plus large spectre se déroulent alors que le projet est bien détaillé et défini.» «C’est donc projet plus détaillé qui est présenté à l’ensemble de la population au moment oà nous avons des réponses claires et précises aux questions.Grâce à ce processus formel de développement et d’encadrement, les projets éoliens qui verront vraiment le jour seront connus et discutés en public», a-t-il fait valoir.VOIR PAGE B2: POLÉMIQUES Le Devoir PAUL DARROW REUTERS Jean Charest et ses homologues provinciaux./y - ^ Cours intensifs de langue w V JT Que ce soit en anglais ou en français, nos cours vous permettront d'acquérir les compétences linguistiques et communicatives nécessaires pour vos objectifs professionnelfet personnels.> Groupes restreints vous permettant de partager une expérience d'apprentissage unique avec des étudiants d'ici et d'ailleurs.> Cinq niveaux (de débutant à avancé).?Programmes menant au Certificat de compétence en anglais de McGill ou au Certificat de compétence en français de McGill.Inscrivez-vous dès maintenant! (514) 398-1212 (programme d'anglais) | (514) 398-1202 (programme de français) McGill Centre d'éducation permanent* : t f LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOÛT 2007 B 2 PERSPECTIVES 1926-2007 Raul Hilberg, historien dn nazisme Historien américain d’origine autrichienne, Raul Hilberg est mort le 4 août à son domicile dans le Vermont.Agé de 81 ans, il est l’auteur d’un monumental travail de synthèse sur les mécanismes du génocide: La Destruction des juifs d’Europe, paru en 1961 et sans cesse remanié depuis cette date JÉRÔME GAUTHERET Raul Hilberg avait 18 ans lorsqu’il revint en Europe, sous l’uniforme américain, aux dernières heures de la Deuxième Guerre mondiale.En 1939, adolescent, il avait fui Vienne, sa ville natale, et les persécutions, avec toute sa famille, d’opgine juive.A Munich, le jeune homme est affecté au contrôle des locaux du parti nazi.C’est là qu’il trouve, dans 60 caisses, la bibliothèque personnelle de Hitier.Peu d’ouvrages d’histoire juive, des livres sur Frédéric II de Prusse, l’architecture.De cette découverte et des interrogatoires d’Allemands qu’il conduit pour le compte des services secrets américains naît une intuition qui guidera toutes ses recherches: le génocide des juifs relève d’une structure complexe, une construction à plusieurs étages qu’il est impossible d’expliquer par la seule volonté criminelle d’une poignée dhopimes.De retour aux Etats-Unis, Raul Hilberg se lance dans des études de science politique, au Brooklyn Col lege puis à l’université Columbia.En 1948, il décide de consacrer sa thèse à la destruction des juifs d’Europe.Convaincu des limites d’une histoire orale fondée uniquement sur les témoignages des survivants, il décide de se placer du point de vue de l’administration allemande: «Presque tous les monuments forgés aux Etats-Unis ou en Israël [.] ont pour pierre angulaire.l'attention portée à la victime et non à l’exécuteur.[.] Mais c’est l'exécuteur qui avait la vue d’ensemble, pas la victime.» Son professeur au Brooklyn College, Franz Neumann, auteur en 1942 de Béhémot, ouvrage dans lequel,il analysait le fonctionnement de l’Etat nazi, essaie de le dissuader de telles recherches n’intéresseront personne et l’empêcheront de faire carrière, affirme-t-il, avant d’accepter de diriger sa thèse.Ces réserves riy font rien: Hilberg se plonge dans les 40 000 documents issus du procès de Nuremberg.L’intitulé de ses recherches, à lui seul, a valeur de programme.En employant le terme «destruction» plutôt qu’«holocaus-te», dont il rejette les connotations religieuses, l’historien affirme sa volonté d’étudier en toute impartialité, froidemept, les mécanismes du génocide.A partir de 1952, ses recherches lui valent d’être associé au War Document Project il a dès lors accès à toutes les archives nazies saisies par l’armée américaine.Hilberg soutient sa thèse en 1955, un an après la disparition de Neumann.La prophétie du professeur se vérifie: même à le jeune historien est reçu avec éloges, personne ne veut publier ses travaux.Rompant radicalement avec l’historiographie alors dominante de la Shoah, où on insistait sur les témoignages des héros de la guerre et le souvenir de ses martyrs, Hilberg souligne la faiblesse des résistances au processus génocidaire, dans la société allemande comme dans la communauté juive elle-même.Les grandes presses universitaires rejettent l’ouvrage; les presses du Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, explicitent leur refus: «1.Votre ouvrage se fonde presque exclusivement sur l’autorité des sources allemandes.2.Des réserves sur votre évolution de la résistance juive (active et passive) pendant l’occupation nazie.» ¦ En 1956, Raul Hilberg obtient un poste de professeur remplaçant de science politique à l’université du Vermont D s’installe dans la petite ville de Burlington, sur les rives du lac Champlain, où il passera toute sa carrière.Il enseigne les relations internationales et multiplie les congés sabbatiques afin de poursuivre ses recherches.Solitaire, il se plaindra souvent de l’indifférence qui les accueille.Finalement Hilberg parvient à trouver un éditeur, Quadrangle, qui publie une version augmentée de ses travaux en 1961.Eichmann est jugé à Jérusalem: le génocide des juifs sort de l’oubli.La philosophe Hannah Arendt a été chargée par The New Yorker d’écrire un «rapport» sur le procès.Publié en 1963, son Eichmann à Jérusalem fait scan- dale, notamment sur la question de la passivité ou de la non-résistance des juife fece à leur propre extermination.Violemment attaquée, Arendt se défend en invoquant les travaux de Hilberg, qui se trouve mêlé, à son corps défendant à la polémique.Même s’il dénonce avec vigueur les thèses de la philosophe sur la «banalité du mal», son nom restera longtemps associé au sien.Combats intellectuels Malgré cet épisode, Raul Hilberg devra attendre le début des années 80 pour connaître une véritable notoriété.En 1982, il est enfin traduit en allemand.Cette marque de reconnaissance encourage son éditeur à accepter une nouvelle réédition de La Destruction des juifs d’Europe, çn 1985.Trois ans plus tard, les Editions Fayard publient enfin la première traduction française de l’ouvrage.La chute du mur de Berlin et l’ouverture des archives du bloc soviétique donneront un nouvel élan à ses recherches.L’historien peut s’intéresser de phis près à l’attitude des populations locales, témoins silencieux du massacre, s’écartant quelque peu du cadre des théories de Neumann.En 1992 paraît Exécuteurs, victimes, témoins (traduit chez Gallimard en 1994), puis Politique de la mémoire (Gallimard, 1996), ouvrage dans lequel Hilberg revient sur la réception de ses travaux.Enfin, en 2001, il publie une analyse méthodologique, Sources of Holocaust Research (Holocauste: les sources de l’histoire, Gallimard).L’historien prit part activement aux polémiques historiographiques des 15 dernières années, dénonçant notamment les thèses radicales de Daniel Goldhagen et les demandes de restitutions formulées par les membres de l’Organisation mondiale juive.Il participa à ces combats intellectuels sans cesser de travailler à son grand œuvre.Alors que Gallimard en publiait une nouvelle «version définitive» en France, à l’automne 2006 («Folio», trois volumes), Hilberg déclarait encore, dans un entretien au Monde: «C’est un travail sans fin, et je ne m'interdis pas quelques corrections de détail.» Le Monde AGENCE FRANCE-PRESSE Raul Hilberg: un travail sans fin.s ~v >:^s CONCOURS .en collaboration avec SOL^BEC TOURS INC swiss International Air Lines Hh ^GAGNER UN vovaqep^ EN ITALIE EXCLUSIVITE SOL^BEC m Hôtel Sonia ?! voyage Inclut : 6 nuits d’hébergement, vol aller-retour Mtl/Rome, location de voiture 6 jours.Non inclus : frais de service et taxes d’aéroport.Voyage basé sur la disponibilité des départs selon les brochures d’été 2007 et hiver 2008.Valeur de 4100$.Magglore t National C,v Rental.WWW.SOLBECTOURS.COM Voir forfait longs sôjours «Halle» LE DEVOIR Retournez à : Concours GOLFE OE SALME, 2050, me de Bleury, 91 étage, Montréal (Québec) H3A 3S1 U «rage aura Heu le 17 août 2007 à 15h.Ftftos-oous parvenir les coupons de porticipatior avant II 16 août 2007 è 17h30.Le concoure s'adresse aux personnes (V18 ane et |Hus.Un seul coupon pai enyeroggt.Lee rapoducHons électninxjuec ne aérant paa acceptés.La aMitlons et réglementa du concoure aunt •pnlNea é la réception du Devt*.Nom:.App.:.Ville:., .Courriel:.Téléphone :(rés.).(bur.).Question : Dane guette province da la Campante su trouva le Gode de Saturne?.Abonnéte) : Oui J Non U CochuslKiuénedésirariiKratMirdesoliidtallonduDwolrU POLÉMIQUES SUITE DE LA PAGE B 1 Meilleur encadrement Conscient du caractère éminemment délicat de ce dossier, Québec a d’ailleurs édicté de nouvelles règles pour encadrer la filière éolienne en février dernier.Parmi celles-ci, on a choisi d’accorder la priorité — à valeur technologique et économique égale—aux projets réalisés en partenariat avec des communautés locales ou autochtones.On a du même coup défini les redevances que les promoteurs devront verser aux propriétaires, soit un «minimum» de 2500 $ par éolienne installée sur leur terrain.Les libéraux ont par ailleurs insisté pour réitérer le rôle fondamental des MRC dans le dossier.Lors de l’annonce de février, ils avaient assuré que Québec leur fournirait une aide de nature technique portant sur la protection des paysages et l’intégration des éoliennes.L’appel d’offres avait même été reporté de la mi-mai à la mi-septembre.D faut dire qu’il revient aux MRC de mettre en place un règlement de contrôle intérimaire (RCI), ce qui leur permet d’encadrer le développement éolien sur leur territoire.On peut ainsi en assurer la planification en mettant en valeur les rites à fort potentiel éolien tout en limitant les impacts sur les milieux habités.Un total de 24 MRC se sont dotées d’un tel règlement, selon ce qu’a confirmé un porte-parole du ministère des Affaires municipales.Toujours en février dernier, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP), avait annoncé qui dépêcherait sur demande, un commissaire ad hoc du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) pour «soutenir REUTERS D’hier à aujourd’hui.S v ¦ .la MRC dans l’organisation et l’animation de la consultation» sur les fritures règles d’aménagement du paysage éolien.Vérification faite, seules quatre MRC se sont prévalues de œ droit HydroQuébec a également participé à une dizaine de séances d’information du gouvernement du Québec auprès des MRC et des municipalités sur le développement éolien, a expliqué jeudi Josée Morin, porte-parole de la société d’Etat Raoul ÉTONGUÉ MAYER, pho.Yann ROCHE, ph.d.Dieudonné MOUAFO DICTIOHHAIRE DES TERMES GÉOGRAPHIQUES COHTEMPORAIHS m 352pages-52 S ISBN 978-2-7601-6149-6 caractère bilingue doumbux qui doivent lire les publications anglaises.SEïîjj GUERIN, éditeu.Itee 514-842-3481 En ueme dans roules les nurairles 3 prix est Indique sous réserve de modification Étapes critiques Si le débat est déjà bien lancé, les choses devraient toutefois se préciser — et éventuellement se corser — après le 18 septembre, lorsque Hydro-Québec aura épluché la pile de soumissions pour en retenir une poignée.Tous les projets seront évalu.és en trois étapes par la société d’Etat en tenant compte notamment de critères liés au coût de l’électricité et à la teneur en «contenu régional» et en «contenu québécois» additionnel au minimum exigé.On prendra également en compte des éléments de développement durable, de solidité financière et de faisabilité du projet Les promoteurs choisis devront par la suite produire une étude d’impacts environnementaux répondant à une série de questions précises formulées par le MDDEE Celukn accordera alors un premier mandat au BAPE.C’est à cette étape que les citoyens peuvent prendre connaissance non seulement d’un projet relativement bien défini mais aussi de l’étude d’impacts.Es peuvent adresser une demande d’audiences publiques.Si tel est le cas, le BAPE reçoit un deuxième mandat au cours duquel tout un chacun a la possibüité de poser des questions aux promoteurs et de présenter un mémoire à la Commission du Bureau d’audiences publiques en environnement.Le rapport qui en découle peut recommander d’accepter ou de rejeter le projet.Dans le cas d’une décision défavorable, on peut encore reformuler un projet pour le rendre acceptable.Le MDDEP procède lui aussi à une analyse environnementale.La Commission de la protection du territoire agricole du Québec peut quant à elle être sollicitée lorsque des projets sont prévus en milieu agricole.Fait à noter, seuls les parcs éoliens de moins de 10 mégawatts ne sont pas soumis à tout ce processus.D’ici une dizaine d’années, ce sont pas moins de 4000 mégawatts qu’Hydro-Québec achètera aux producteurs privés, ce qui représente environ 10 % de la production totale d’élecfricité au Québec.La société d’Etat a jusqu’à maintenant lancé deux appels d’offres.Le premier est clos.E portait sur 1000 mégawatts (un mégawatt alimente de 200 à 300 maisons) et a été décerné à deux groupes en octobre 2004.Le Devoir LE DEVOIR.LES SAMEDI 11 ET DIMANCHE 12 AOÛT 2007 PERSPECTIVES B 3 ' - 1® ï H W' -' : :|®ii k:,* : 1 ill Kl f' i! Ui W :i Wm>m V) m S i X i I i Du blé à perte de vue, des Prairies jusqu’au pied des Rocheuses.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Une vache sacrée nommée CCB On ne touche pas à la Commission canadienne du blé sans avoir à en subir les contrecoups.Le gouvernement Harper vient de s’en rendre compte.CLAUDE TURCOTTE La Commission canadienne du blé (CCB) est un organisme peu connu dans les provinces de l’Est, sauf par les gens à qui les grands dossiers agricoles du Canada sont familiers.En revanche, dans les provinces de l’Ouest, cette commission, établie en 1935 alors que les effets de la grande crise économique se faisaient encore sentir, a toujours été perçue comme une sorte de vâche sacrée, particulièrement auprès des producteurs de blé des Prairies, du Manitoba jusqu’au pied des Rocheuses en passant par la Saskatchewan et l’Alberta.On ne touche pas à la CCB sans avoir à en subir les contrecoups.Le gouvernement conservateur de Stephen Harper vient de s’en rendre compte.En campagne électorale en 2005, les conservateurs avaient promis de briser le monopole de la CCB.Telle qu’elle est constituée présentement, tous les producteurs de blé et d’orge des trois provinces des Prairies et d’une partie de la Colombie-Britannique doivent passer par elle pour vendre leurs céréales.La CCB vend dans 70 pays et a un chiffre d’affaires de quatre à six milliards de dollars, selon les fluctuations de prix et de volume d’une année à l'autre.Depuis plusieurs années, le gouvernement américain dénonce lexistence de cette institution, qu’il considère,comme un monopole créé par l’Etat En revanche, l’Organisation mondiale du commerce n’a jamais condamné la CCB, laquelle contrôle 20 % des échanges sur le marché mondial.Le Parti conservateur a pensé à une solution de compromis en proposant que la CCB reste en place mais qu’il soit possible aussi à un producteur de commercialiser ses céréales sans passer par elle.Une fois au pouvoir, M.Harper et son ministre de l’Agriculture, Chuck Strahl, ont décidé d’organiser dans un premier temps un référendum visant la mise en marché de l’orge, mais pas le blé, lequel représente 50 % de toute la production de céréales dans l’Ouest Environ 30 000 producteurs ont participé au plébiscite en mars dernier avec les résultats suivants: 37,8 % ont voté pour que la CCB demeure un comptoir unique; 48,4 % ont voté en faveur du libre choix et 13,8 % ont répondu que la CCB ne devrait jouer aucun rôle dans la commerda lisation de l’orge.Dans un communiqué qui a suivi le vote, le gouvernement a tiré la conclusion que «plus de 60 % des producteurs veulent décider eux-mêmes comment commercialiser leurs produits».Ken Ritter, producteur et président du conseil d’administration de la CCB, a exprimé alors un son de cloche tout à fait différent «Si nous, agriculteurs-administrateurs La CCB vend dans 70 pays et a un chiffre d’affaires de quatre à six milliards de dollars de la CCB, n’avons pas décidé d’offrir ce qu’on appelle couramment le marché à voie mixte, ou d’offrir un choix de commercialisation, comme le dit le gouvernement fédéral, c’est parce que notre analyse de cette solution a toujours montré qu’elle en coûterait aux agriculteurs et qu’elle réduirait les recettes de ventes d’orge.» Le conseil d’administration n’a pas fait que parler, il a contesté devant les tribunaux la décision du gouvernement d’appliquer la formule du libre choix sans passer par la Chambre des communes.Les gouvernements provinciaux du Manitoba et de la Saskatchewan ont appuyé financièrement la CCB dans sa riposte judiciaire.La loi actuelle de la CCB prévoit que le gouvernement pourrait décider seul d’ajouter de nouvelles céréales à la liste de la CCB mais qu’il ne peut pas en retirer sans avoir un appui majoritaire aux Communes.Le gouvernement Harper a oublié cette étape, ce qui explique le rejet de sa décision par la Cour fédérale le 31 juillet, quelques heures avant la tenue d’une fête que les vainqueurs du plébiscite voulaient triomphale à Winnipeg, où se trouve le siège social de la CCB, «La date du 1" août devait être celle du “jour de la liberté”pour les producteurs d’orge de l’Ouest canadien», disait M.Strahl dans un communiqué pour annoncer que, «d’une façon ou d’une autre, le gouvernement va offrir le libre choix du mode de commercialisation aux agriculteurs».M.Harper et une bonne partie du noyau dur de ce gouvernement conservateur proviennent de l'Ouest Le jugement de la Cour fédérale apparaît en quelque sorte comme une gifle donnée au gouvernement dans son propre patelin, ce qui est humiliant pour M.Harper.On a rapporté que le premier ministre avait éprouvé une grande colère en prenant connaissance de ce jugement, d’où sans doute sa décision d’aller de l’avant, malgré tout.Mais comment y arriver sans avoir à passer par les Communes, où le Parti libéral, le NPD et le Bloc québécois ont jusqu’à rtiaintenant donné leur appui à la position de la CCB?En octobre dernier, avant la tenue du plébiscite, le gouvernement Harper avait interdit à la CCB de «dépenser des fonds pour promouvoir le maintien de ses pouvoirs monopolistiques».Il semble désormais que la tenue d’un débat plus large sur l’ensemble de la question soit devenue incontournable.Sylvain Charlebois, un Québécois qui est professeur associé à la faculté d’administration de l’Université de Regina en Saskatchewan et qui est également collaborateur à l’Institut économique de Montréal, pense" que le gouvernement Harper ne peut faire autrement que d’entreprendre un vaste lobby auprès des députés à Ottawa, particulièrement ceux de l’Ontario, pour leur expliquer le fond de la question.Il est vrai que la CCB, dit-il, est une vache sacrée pour de nombreux producteurs de l’Ouest et que la CCB a beaucoup fait pour les sortir de la misère dans le passé.Toutefois, le monde et l’agriculture ont évolué, poursuit M.Charlebois.L’Ukraine, l’Inde et le Brésil sont devenus des pays exportateurs de céréales et la concurrence devient beaucoup plus difficile pour les producteurs de l’Ouest canadien.Par ailleurs, dans l’Ouest, il n’y a plus aujourd’hui que de petits producteurs.Comme cela se voit dans d’autres secteurs, ils sont environ 20 % à produire 80 % des céréales.Ces producteurs ont atteint un niveau qui leur permettrait de se débrouiller seuls et à meilleur compte,sur les marchés d’exportation.A leurs yeux, la CCB constitue plutôt un frein.Cela n’est cependant pas le cas pour de nombreux autres petits producteurs qui ont besoin de la CCB comme force de négociation sur les grands marchés, fi y aurait actuellement environ 75 000 producteurs de céréales dans l’Ouest, dont plusieurs doivent travailler hors de leur ferme pour joindre les deux bouts.Les producteurs agricoles québécois ne sont pas directement concernés par les tiraillements actuels entre le gouvernement central et leurs collègues de l’Ouest.Néanmoins, l’Union des producteurs agricoles continue certainement de suivre ce dossier de près, craignant un'effet de dominos éventuel.Si M.Harper apporte ¦ des changements à la CCB, sera-t-il tenté de faire un jour de même avec la mise en marché collective pour un certain nombre de productions dans l’Est?Le Devoir aGO,on CHANGE “MONDE! SS&'W SOCIAL > VENDREDI, LE 24 AOUT Pierre BOSTON PRODUITS DÉRIUÉS ET UISUAL BASIC INSTITUT DU NOUVEAU MONDE a François Brouard Abdetlah Abouiharjan l S.-mm B D1 Gilles Julien Clément Guimond Marie Bouchard AVEC : > Dr Gilles Julien, pédiatre social, Assistance aux enfants en difficulté > Clément Guimond-, coordonnateur général, Caisse d'économie solidair| Desjardins > Marie J.Bouchard, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en économie sociale > François Brouard, professeur, Sprott School of Business, Unversité Carleton > Abdellah Abouiharjan, directeur général, Jeunes entrepreneurs de France > Benoît Robert, président-directeur général, Communauto > Judy Servay, fondatrice, Robin des Bois, le restaurant bienfaiteur > Régis Labeaume, président-directeur général, Fondation de l’entrepreneurship > Nancy Neamtan, présidente-directrice générale, Chantier de l’économie sociale > Christian Yaccarini, président-directeur général, Technopole Angus Et plusieurs autres.NE MANQUEZ PAS CETTE JOURNÉE de conférences et d'ateiiers-débats où vous pourrez rencontrer ces gens d’affaires qui contribuent au développement de la société grâce à des solutions d’affaires novatrices et inspirantes.Les participants de la Journée de l'entrepreneuriat social auront (a chance de discuter avec des entrepreneurs et des personnalités reconnues mondialement pour leur implication et l’originalité de leurs projets d’affaires.Ce grand rendez-vous des entrepreneurs sociaux sera aussi l’occasion de Tancer le nouveau magazine sur l’entrepreneuriat social A go ! > Une journée pour demeurer à l’affût de toutes les tendances de l’entrepreneuriat social I Un gala, animé par Philippe Fehmiu, clôturera cette journée.Le programme conjoint de l’INM et de la Caisse d'économie solidaire Desjardins, 4 go, on change le monde ! y sera lancé.Des entrepreneurs sociaux de renom vous présenteront leurs projets et vous insuffleront leur dynamisme.Des bourses seront aussi annoncées pour de jeunes entrepreneurs sociaux québécois.Inscrivez-vous dès maintenant ! > too $ (so $ pour tes membres de I'inm) Votre inscription comprend une journée complète d’activités ainsi que deux repas, un petit déjeuner rencontre, le numéro de lancement du magazine sur l'entrepreneuriat social 4 Gol Une occasion à ne pas manquer ! Pour plus d’informations, téléphonez au 1877 934-5999, poste 260, ou visitez le site Internet de I'INM (www.inni.qca) Guérin 352pages-52$ ISBN 978-2-7601-5732-3 .Les oremters outils de l’ingénierie financière The J.W.McConnell Family Foundation La fondation de la famille J.W.McConnell I Desjardins I tNSrhsppmicnt WiteirMti4in.il /Zfr- ir«» Desjardins Caisse d'économie solidaire -Us Les CPÉC Jf Montreal DÉFI & @ INSTITUT DU NOUVtAU MONDt Agence Alter LE DEVOIR, LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOÛT 2007 B 4 Échec au Conseil Les premiers ministres des provinces et des territoires ne sont pas parvenus à s’entendre sur un plan de lutte contre le réchauffement climatique lors de la rencontre annuelle du Conseil de la fédération qui s’est terminée hier, à Moncton.Chacun suivra son propre scénario, celui qui répond à ses intérêts économiques.Quand ce Conseil de la fédération joue au conseil d’administration d’un pays dont il n’est qu’action-naire minoritaire, il se trompe de rôle.algré les déclarations du Québec, en début de semaine, appelant à une discussion des premiers ministres sur l’idée d’inclure la limitation du pouvoir fédéral de dépenser dans la Constitution canadienne, il n’en a pas été question lors de la rencontre annuelle des premiers ministres.Il faut dire que le sujet n’était pas à l’ordre du jour et que, de toute manière, certains premiers ministres, comme Gordon Campbell (Colombie-Britannique), n’y voyaient qu’«une façon de détourner l’attention des vrais enjeux qui nous concernent directement comme provinces».Vraiment?Voilà qui nous rappelle la profonde différence entre le Québec et le reste du Canada La limitation du pouvoir fédéral de dépenser est une revendication traditionnelle du Québec, incluse dans l’accord du Lac-Meech, mais qui correspond aussi à !a conception conservatrice de la fédération.Malheureusement, plusieurs provinces apprécient, au contraire, qu’Ottawa utilise son argent pour créer de nouveaux programmes, et ce, même en santé et en éducation, voire en matière de transport de l’énergie, comme il en sera question plus loin.S’agissait-il d’un ballon d’essai de la part d’un gouvernement Charest talonné par les adéquistes?Quoi qu’il en soit, le sujet a fait long feu et on n’en a plus entendu parler.Quant aux «vrais problèmes», les premiers ministres n’ont pu que constater leur désaccord sur ceux qui étaient à l’ordre du jour, telle la lutte contre les gaz à effet de serre (GES).Pas besoin de chicanes constitutionnelles pour ça! D suffisait de comparer les intérêts des uns et des autres.Alors que la plupart des provinces étaient d’accord pour imposer les normes d’émissions dites californiennes aux constructeurs de voitures, l’Ontario s’y est opposé.à moins que tout le pays ne vienne en aide à cette industrie de l’auto.Quant à l’Alberta, elle a refusé net de fixer des plafonds d’émissions pour l’industrie pétrolière.Et l’ineffable Dan William, premier ministre de Terre-Neuve, de donner raison à l’Alberta.Ce qui ne l’a même pas empêché de demander à Ottawa de financer le développement hydroélectrique de sa province, notamment grâce à la construction d’une ligne de transport d’électricité qui traverserait le pays d’est en ouest., sous prétexte de réduire l’utilisation des combustibles fossiles en Ontario.Une ligne de transport d’électricité fédérale d’un océan à l’autre, cela permettrait évidemment à Terre-Neuve de traverser le Québec sans avoir à payer le tarif du marché imposé par Hydro-Québec.Or, depuis toujours, le Québec a développé son réseau sans recevoir un cent du fédéral; comment dès lors accepter qu’Ottawa construise sa propre ligne au détriment du Québec?Tellement bête! La proposition a été reçue froidement par M.Charest, l’exploitation des ressources étant de compétence provinciale exclusive.De toute façon, la réduction des GES n’est qu’un prétexte et la capacité de transport existe déjà.Si Terre-Neuve veut l’utiliser, elle n’a qu’à réserver sa place et à payer le tarif du marché.Malheureusement, le seul fait que des provinces comme Terre-Neuve, mais aussi l’Ontario, aient eu le culot d’imposer ce genre de débat au cours des derniers jours donne une indication du climat qui règne au sein de ce Conseil de la fédération.L’an dernier, les provinces n’étaient pas parvenues à s’entendre sur la question du déséquilibre fiscal et Ottawa a fait comme il l’entendait.Cette année, on n’a convenu d’aucun plan de lutte contre le réchauffement climatique, d’aucune stratégie pour convaincre Ottawa de s’attaquer au problème, on a même ridiculisé l’idée d’exiger du gouvernement Harper qu’il respecte son propre engagement de limiter le pouvoir fédéral de dépenser.; Décidément, si on peut trouver utile que le Québec discute avec leè autres provinces de problèmes communs, on ne peut certes pas conclure que ce Conseil de la fédération, créé à l’initiative du premier ministre Charest, est la formule idéale pour défendre nos intérêts.En acceptant son rôle de province parmi 13 provinces et territoires, l’actuel gouvernement du Québec est condamné à la paralysie devant un gouvernement central et douze gouvernements régionaux aux intérêts divergents.Si c’est là le sort auquel nous destinait la reconnaissance du Québec comme nation, mieux valait s’en passer en attendant de conquérir les vrais attributs de la nation.Jean-Robert Sansfaçon EDITORIAL LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE % a LETTRES -?- Parler anglais à Dorval?Depuis deux ans, j’ai pris trois vols (dont le dernier ap mois de juillet), à partir de Dorval, pour les Etats-Unis.J’ai constaté que la langue de travail et d’accueil des employés à l’égard des passagers, à la sécurité comme dans les aires de restauration, est l’anglais.Plus de la moitié des passagers de mes vols étaient francophones.On ne se bat pas pour sa langue juste avant de prendre l’avion.Dorval semble fonctionner comme un aéroport du Canada anglais.Cette situation est-elle normale?Jean Borduas Montréal, le 9 août 2007 Service à l’auto Dans sa dernière critique de restaurant Philippe Mollé se plaint du coût du stationnement dans le Vieux-Montréal.Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse penser ainsi et, encore plus, qu’on le claironne en toute candeur! En effet qui n’est pas au courant des ravages de l’auto en ville: utilisation démesurée du territoire pour en faire des autoroutes, des stationnements et quoi encore, pollution sonore, pollution visuelle, pollution de l’air, contribution à la chaleur ambiante, etc.En outre, comment ignorer que les villes sont exsangues et cherchent désespérément des sources de financement?Les parcomètres gourmands ont le double avantage de contribuer à renflouer les coffres de la Ville de Montréal et de décourager l’utilisation de l’auto en milieu urbain.J’habite à Saint-Hyacinthe et suis donc presque toujours obligée d’utiliser mon auto pour me rendre à Montréal, du moins quand je suis chargée à l’aller ou au retour.Je considère que le fait de me trimballer à bord de mon auto en ville est un privilège, et je suis très heureuse d’en payer le prix! En outre, il demeure toujours possible de stationner gratuitement en retrait des rues principales, quitte à prendre le métro pour terminer le trajet Non, ça ne fait pas sérieux de râler contre les parcomètres, surtout quand on est un apôtre de la campagne et du terroir bucolique comme Philippe Mollé.Ultimement tout ce qui encourage l’usage de l’auto a pour conséquence une détérioration des environnements ruraux.Tout se tient, et c’est pourquoi il faut essayer d’être cohérent dans ses propos et dans ses actes.C’est un défi pour tous, y compris cette humble lectrice! Odette Hélie Saint-Hyacinthe, le 9 août 2007 Accès à Stephen Harper Monsieur le premier ministre Harper, La politique de votre entourage limitant l’accès des journalistes à votre personne publique me préoccupe, puisque cela relève d’une forme de censure à l’endroit de ceux qui sont à même de soulever de graves manques dans la gestion des affaires publiques.J’en appelle à la responsabilité morale de votre fonction d’encourager te discussions critiques publiques, qui sont au fondement même de l’espace nécessaire au maintien d’une société réellement démocratique, pour mettre fin à ce chantage médiatique.Nous, citoyens, prenons connaissance quotidiennement, par l’intermédiaire des médias, de situations déplorables ici et ailleurs sur lesquelles les élus ne semblent avoir aucune emprise.L’accès des journalistes indépendants et critiques aux politiciens est nécessaire au développement de notre société, alors que la mondialisation ébran- le la confiance des citoyens envers les structures politiques traditionnelles.Dans un tel contexte, l’accès limité à l’information ne projette pas une image d’un gouvernement transparent, mais celle d’un gouvernement manipulateur.De là, il n’y a qu’un petit pas à faire pour croire en une volonté de mainmise sur des pouvoirs qui ont été temporairement accordés à des fins de représentation.Jason Daoust Montréal, le 9 août 2007 Où le secteur privé ira-t-il trouver ses infirmières québécoises?Dans l’édition du Devoir du mercredi 8 août sous la plume de Louise-Maude Rioux Soucy, on pouvait lire: «Si tout se passe comme prévu, la clinique médicale RocklandMD pourrait bientôt mettre deux salles de chirurgie mineure d la disposition de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, qui manque cruellement d’infirmières pour faire rouler son bloc opératoire à plein régime» (souligné par moi).En effet le manque d’infirmières est avec la flambée du coût des médicaments et le sous-fi-nancement des services à domicile, un des problèmes majeurs de notre système de santé public.Leur nombre sur le territoire du Québec, comme celui des médecins de famille, est limité par rapport aux besoins de la population, d’où la pénurie en question.Alors, peut-on m’expliquer où ces cliniques de chirurgie privées trouveront leur personnel infirmier pour se développer et venir «sauver» à grands frais notre système public?Luc Leblanc Montréal, le 9 août 2007 LIBRE OPINION -?- Et si La Gazette des femmes revenait à une démarche résolument féministe?Micheline Carrier Éditrice du site Sisyphe Le 19 juillet dernier.Le Devoir a publié un article qui laissait entendre que la démission, quelques mois plus tôt de la rédactrice en chef de La Gazette des femmes et de son adjointe menaçait l’avenir de ce magazine.Pourtant le quotidien n’apportait aucun fait justifiant qu’on «s’inquiète» de ces départs et de l’avenir de ce formidable outil d’information du Conseil du statut de la femme, dont on se demande bien pourquoi sa présidente, Mr Christiane Pelchat, féministe convaincue, voudrait se départir.D’ailleurs, Mme Pelchat a fait cette mise au point dans un communiqué émis le 20 juillet: «Une réflexion sur La Gazette des femmes, demandée depuis longtemps par l’assemblée des membres du Conseil, est en effet en cours.Toutefois, la survie de La Gazette des femmes n’est nullement menacée; elle est là pour rester [.).Cette réflexion, une action tout à fait normale et réalisée dans plusieurs magazines, permettra d’évaluer comment La Gazette des femmes accomplit la mission du Conseil, à la lumière de l’avis Vers un nouveau contrat social pour l’égalité entre les femmes et les hommes.» Je me plais à espérer que le Conseil du statut de la femme recentre son magazine sur une démarche féministe non équivoque.Husieurs ont constaté que La Gazette des femmes s’est progressivement éloignée, au fil des années, de l’analyse féministe pour se rapprocher des reportages de magazines populaires qui relaient souvent te stéréotypes, les préjugés et les idées à la mode.Un magazine féministe devrait-il chercher à imiter les magazines féminins à grand tirage et à se rendre populaire auprès des hommes?Devrait-il plutôt rendre compte de la réalité des femmes en propo- sant un point de vue critique sur les phénomènes de société, en particulier ceux qui menacent des droits chèrement acquis?Clin d’œil aux masculinistes Au cours des deux dernières années, La Gazette des femmes a semblé sensible aux critiques des mas-culfnistes qui mènent depuis plus de dix ans une guerre d’usure contre les droits des femmes.Le magazine a parfois recyclé leurs critiques dans les thèmes et les titres de ses articles.Des «gars contents» et autres antiféministes ont-ils martelé que les femmes sont aussi violentes que les hommes?La Gazette des femmes s’est demandé: «Unisexe, la violence?» Ont-ils accusé les féministes d’être responsables de ITiypersexualisa-tion de la société?La Gazette des femmes leur a fait écho en se demandant si le féminisme était responsable de ITiypersexualisation des filles.Sous prétexte de présenter «tous» les points de vue, le magazine a parfois publié des lettres de masculinistes qui s’en prenaient aux femmes, notamment aux mères.Ije dernier numéro de La Gazette des femmes produit par l’équipe de rédaction démissionnaire (juin 2007) illustre comment, avec de bonnes intentions, on peut déformer la réalité, propager des stéréotypes et créer de nouveaux mythes.L’idée de souligner le rôle des nouveaux pères était bonne en soi.Mais sont-ils légion, ceux qui «font passer les enfants avant le boulot et deviennent pères au foyer», comme le laisse supposer la généralisation du titre en couverture du magazine?On est encore loin, collectivement, d’un engagement des pères auprès des enfants qui équivaille à celui des mères.L’expérience révèle des réalités parentales bien différentes de certaines sornettes teintées de sexisme auxquelles le magazine a accordé une crédibilité indue.Que dire de la complaisance passée du magazine sur des sujets comme la polygamie, la prostitution, la pornographie, la tendance «pitoune» et autres thèmes controversés qui nécessitent, quand on se dit féministe, des analyses et des positions précises?La position gélatine, qui revient à ne pas avoir de position du tout, est aussi inutile qu’inacceptable.Tout comme son bailleur de fonds, le CSF, La Gazette des femmes est un magazine engagé dans la défense d’une cause: la promotion de l’égalité et des droits des femmes.O faudrait avoir le courage de s’afficher comme tel, en dépit des hurlements sporadiques d’antiféministes.Quant à l’étude de l’Institut de la statistique du Québec sur la violence conjugale, mentionnée par Le Devoir, elle contribue à accréditer un mythe que des masculinistes ont créé, celui d’une symétrie de la violence entre conjoints.L’étude de l’ISQ s’inspire notamment de données de 2003 publiées dans YEnquête sociale générale (ESG) de Statistique Canada (2004).Or cette dernière reprend la méthodologie de YESG de 1999, contestée notamment par des chercheurs selon lesquels cette enquête a été abondamment utilisée par «les militants des droits des hommes, les médias et une partie de la classe politique [.] pour minimiser, voire nier, l’importance de la violence masculine à l’égard des femmes dans les relations intimes».(Voir une analyse détaillée de cette ESG sur sisyphe.org) Quand une étude veut établir une symétrie entre la violence des conjoints sans prendre en compte le contexte, la nature, la gravité, les intentions et les conséquences des actes de violence, il faut peut-être se demander ce qu’elle veut prouver et en faire un usage prudent D’ailleurs, l’Institut de la statistique du Québec a publié une mise en garde dans son site Internet indiquant, que «les données de l’ESG de 2004 [sur lesquelles se base l’auteur québécois Denis Laroche] [.] doivent être utilisées avec prudence et discernement, car elles vont à l’encontre de celles fournies par les services policiers, qui rapportent des écarts importants entre les sexes, et reposent sur une méthodologie controversée».Informer sur les obstacles à l’égalité Au lieu de marcher dans les plates-bandes des magazines commerciaux en cherchant à plaire à tout le monde et à son père, La Gazette des femmes aurait de l’avenir si elle se penchait résolument sur l’influence du néo-patriarcat les rapports sociaux de sexe et te stéréotypes sexistes, qui sont à l’origine de la violence systémique contre les femmes ainsi que de puissants obstacles à l’égalité.La Gazette des femmes pourrait mieux informer sur les forces politiques et écono: miques qui entravent l’égalité de fait À elles seules, les conséquences de la mondialisation, marquée au sceau d’un patriarcat revampé, sur les droits et la vie des femmes, notamment la marchandisation banalisée des rapports humains, pourraient occuper des chercheuses pendant des années et procurer matière à plusieurs éditions du magazine.Etait-ce à ce genre d’analyse que pensait une des collaboratrices du magazine en confiant au Devoir sa crainte que La Gazette des femmes «revienne à un féminisme dogmatique»?Qu’est-ce qu’un «féminisme dogmatique»?Celui qui ne se satisfait pas d’analyses superficielles?Ce cliché masculiniste a déjà produit un effet d’autocensure au sein du mouvement féministe.Quand te comité de réflexion déposera son rapport, en décembre, nous évaluerons l’orientation que 1e CSF donnera à La Gazette des femmes.Pour l’instant il semble légitime que l’organisme veuille s’assurer que cet outil d’information reflète sa mission, d’autant plus que te contenu de La Gazette des femmes engage 1e CSF et sa présidente.i LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOÛT 2007 B 5 IDÉES Décisions énergétiques au Québec Un développement démocratique qui s’impose ARCHIVES REUTERS Aussi longtemps que nous maintiendrons le cadre réglementaire actuel présentant une Régie de l’énergie de façade, les consortiums gaziers et les projets éoliens patentés auront beau jeu.SCOTT McKAY chef du Parti vert du Québec Ians son éditorial du 8 août dernier, le rédacteur en chef du Devoir pose une question cruciale: qui tire les ficelles du développement énergétique du Québec?M.Sansfaçon conclut sur l’impression générale «que ce gouvernement ne dit pas tout, qu’il cache ses véritables intentions derrière des discours vert tendre».Pour nous, cette situation est véritable mais pas nouvelle.Sa résolution commande une démocratisation de nos institutions démocratiques et du cadre réglementaire qui régit les déci-siops en la matière.A notre sens, la stratégie énergétique du Québec a pris au cours des vingt dernières aimées une orientation économique à court terme.Au delà des discours, des livres de toutes les couleurs et des quelques démarches de débat public sur l’énergie, les décisions finales ont été prises sans vision d’ensemble ou, en tout cas, en fonction d’une logique qui échappait aux engagements pris publiquement Durant mes premières années de militantisme écologique, Solange Vincent de regrettée mémoire, dénonçait le projet d'Hydro-Québec de construire une série de quelque 30 centrales nucléaires le long du fleuve Saint-Laurent Gentilly I et II ne devaient être que les précurseurs d’un réseau de centrales nucléaires dont l’approvisionnement en eau lourde serait assuré par l’usine de LaPrade.Son film documentaire, La Fiction nucléaire (1979), avait justement le mérite de situer ce projet surréaliste dHy-dro dans la perspective des discussions de la Commission trilatérale.Selon ce que le film révélait, ce club privé de grands décideurs économiques de ce monde avait Sors des visées très franches sur le potentiel énergétique du Québec, compte tenu notamment de sa proximité avec les grands marchés américains et de sa stabilité politique.Même si l’attention médiatique se porte maintenant sur les rencontres moins privées, comme celles de Davos, l’influence de la Commission trilatérale demeure.Au Canada, d’anciens ministres et des dirigeants d’entreprises comme Alcan y siègent, comme l’a souligné Olivier Boirai, professeur à l’Université Laval.Inutile toutefois d’invoquer le grand échiquier mondial pour illustrer l’à-plat-ventrisme crasse de nos gouvernements récents dans leurs décisions à caractère énergétique.Rappelons-nous l’épisode des petits barrages pour lesquels des promoteurs locaux ajoutaient des quantités infimes d’hydroélectricité au bilan énergétique québécois, avec des garanties scandaleuses compte tenu du caractère exclusivement privé des retombées économiques.Les virages autour du Suroît Plus près de nous encore, l’affaire de la centrale du Suroît devrait nous rappeler combien notre avenir énergétique demeure sensible aux virages parfois serrés de nos élus.Avant même son analyse par le ministère de l’Environnement et bien avant son examen public au BAPE, le Suroît recevait l'imprimatur gouvernemental.Ainsi, celui qui se présentait comme le champion de Kyoto, le ministre péquiste de l’Environnement, André Boisclair, déclarait en Chambre son appui au projet de centrale thermique du Suroît (alors appelée centrale de Melocheville) en ces termes: «Oui, ministre de l’Environnement, mais membre d’un gouvernement et très solidaire de l’effort du gouvernement, M.le chef de l’opposition, pour créer de l’emploi.Très, très, très solidaire de cet objectif.» Le projet a été repris par la suite par les libéraux, avec les résultats que l’on connaît Le gouvernement péquiste d’alors avait retrouvé les coudées franches pour promouvoir la centrale au gaz du Suroît En effet après avoir créé en 1997 une Régie de l’énergie dotée de pouvoirs décisionnels sur les tarifs et sur la construction de barrages et de centrales, le gouvernement l’émasculait brutalement en juin 2000 par l’adoption de la loi 116.Décriée par l’opposition libérale, la loi 116 retrouve ses lettres de noblesse dès l’arrivée de ce parti au pouvoir.S’il est normal que la décision finale quant aux grandes orientations et décisions en matière énergétique revienne au gouvernement démocratiquement élu, que penser du fait qu’aucun espace de discussion démocratique ne permette d’en discuter publiquement?Depuis la loi 116, la Régie de l’énergie demeure publique et décisionnelle, mais elle n’a plus juridiction sur les décisions stratégiques.C’est ce qu’on appelle généralement un paravent Paravent qui permet de maintenir une apparence de transparence et de démocratie mais qui nous maintient loin des véritables enjeux.Que ce soit aujourd’hui le développement éolien et les terminaux méthaniers ou, demain, le retour des centrales nucléaires sur le Saint-Laurent la population est maintenue bien loin des décisions.Les exercices passés de consultation populaire des gouvernements péquistes n’ont pas eu de suite dans le concret Les libéraux et les adéquistes continuent de jouer la corde de la fierté des grands barrages, négligeant de dire combien l’efficacité énergétique permettrait de créer davantage d’emplois et une plus grande prospérité économique.L’avenir énergétique du Québec, c’est aussi et surtout l’avenir d’une société qui continue de pelleter en avant les conséquences économiques, environnementales et sociales de ses actes.A notre avis, la faiblesse de nos institutions démocratiques en est largement responsable.Tant que l’Assemblée nationale, censée être l’assemblée du peuple, continuera d’écarter des centaines de milliers d’électeurs qui ne se retrouvent pas dans les partis de pouvoir, notre gouvernement continuera d’être fragile face aux puissants lobbies privés.Aussi longtemps que nous maintiendrons le malsain cadre réglementaire actuel présentant une Régie de l’énergie de façade, auront beau jeu les consortiums gaziers et les projets éoliens patentés.En évitant de régler la question des droits inhérents des Premières Nations du Québec, nous nous privons d’un partenariat enrichissant et préparons de durs lendemains pour nos enfants.N’oublions pas aussi de maintenir gelé le budget du BAPE, privant ses commissaires de l’accès à des contre-expertises solides.Et pour ce qui reste de contestataires et d’empêcheurs de détruire en rond, vivement les poursuites-bâillons, qui foisonnent par les temps qui courent Ceci étant dit, il faut saluer les promoteurs de parcs éoliens qui prennent sur eux de s’allier aux populations locales dans le cadre de véritables partenariats.Ces derniers, tels que la compagnie Northland avec son projet à Frampton, en Beauce, font mentir les pasionarias de l’ap proche thermique.TransCanada Pipeline et Gaz Métro, promoteurs de certains projets éoliens décriés, n’apparaissent pas montrer le même engagement social.La question posée par Jean-Robert Sansfaçon dans son éditorial du 8 août, lorsque présentée dans la perspective de notre histoire récente, soulève plusieurs aspects fondamentaux de notre société.Elle met à jour la faiblesse de notre démocratie, la déficience de nos institutions démocratiques lorsque d’importants enjeux économiques se présentent Ce débat de fond représente selon nous le prix à payer pour le développement durable du QuébeCj un développement démocratique qui, pourtant, s’impose.Les commissaires du BAPE n’ont pas accès à des contre-expertises solides Le citoyen et le développement de l’énergie éolienne : une alliance incontournable GILLES LEFRANÇOIS Président et chef de la direction d’Innergex Management et porte-parole de la Coalition pour la promotion de l’énergie éolienne —.ans un article paru le 7 août dernier à la une Ddu Devoir, on tente de démontrer que le développement éolien au Québec se fait sans l’avis des citoyens.Ce qui est faux.Dans le texte, on indique que seulement trois des il====J projets éoliens actuellement en développement ont fait l’objet de consultations publiques.Il n’y a qü’à lire les journaux des derniers mois pour constater que bien plus que trois projets ont été présentés à la population.L’article laisse aussi entendre que le choix des projets se fera sur la base de critères établis par le gouvernement libéral alors que les critères d’analyse des projets sont déterminés par Hydro-Québec Distribution.D apparaît important de rectifier certains éléments présentés dans l’article, notamment en ce qui concerne la consultation des citoyens.Quel est le rôle du citoyen dans le développement éolien?Le citoyen a la possibilité d’obtenir de l’information et de donner son opinion durant tout le processus de développement d’un projet éolien.Il est important de rappeler que différents mécanismes instaurés par le gouvernement et, dans certains cas, à l’initiative des promoteurs éoliens, doivent être déployés durant toute la phase de développement et de construction de projets éoliens, afin de permettre à fa population d’avoir de l’information et de donner son avis sur les projets.Ainsi, durant la phase préparatoire, des mâts de mesure sont installés sur le territoire d’une municipalité afin de connaître la qualité de 1a ressource éolienne.Avant de procéder à ces installations, les promoteurs doivent demander un permis à la municipalité et, lorsque requis, l’autorisation à un propriétaire privé pour installer un mât Parallèlement les élus municipaux, qui représentent la population, peuvent, sils le jugent opportun, adopter un règlement qui encadre l’implantation de parcs éoliens sur leur territoire.Dans la plupart des cas, les citoyens ont fa possibilité d’émettre leur opinion.D’ailleurs, depuis quelques mois, plusieurs séances d’information et de consultation encadrées par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) ont eu lieu dans différentes régions de la province afin de solliciter l’opinion de la population sur les aspects réglementaires et les conditions d’aménagement de parcs éoliens dans leur localité.Par ailleurs, lors du dépôt de sa soumission, l’instigateur du projet doit présenter plusieurs documents émanant des municipalités, des MRC ou du gouvernement provincial.Ces documents démontrent la conformité du projet à la réglementation, confirment l’appui des élus ou l’intention du ministère des Ressources natu-reUes et de la Faune d’attribuer des droits fonciers pour le projet Pour ce faire, le promoteur doit avoir présenté le projet aux élus qui, rappelons-le, représentent la population et doivent être à l’écoute des gens qu'ils représentent Si le projet est situé sur des terres privées, le promoteur doit avoir obtenu l’approbation des propriétaires des terres qui seraient les hôtes d’un futur projet Les critères de sélection des projets qui seront analysés et retenus par Hydro-Québec Distribution incluent des aspects d’acceptabilité sociale et de développement durable.Afin de connaître les préoccupations des intervenants des milieux d’accueil des projets éoliens, plusieurs promoteurs rencontrent et consultent les principaux utilisateurs du territoire visé par le projet dont les élus, les clubs de VIT et motoneige, les divers groupes d’intérêt et groupes environnements, etc.De plus, les projets éoliens doivent obligatoirement être présentés à la population lors de fa réalisation des études d’impact environnemental, lors de la période d’information et de consultation du BAPE et durant les audiences publiques des projets, ainsi qu’auprès de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) lorsque ces projets sont prévus en milieu agricole.Plusieurs instances gouvernementales ont à se prononcer sur les projets de parcs éoliens avant que ceux-ci puissent être réalisés.Ces consultations à plus large spectre se déroulent alors que le projet est bien détaillé et défini.D faut noter cependant que les projets de moins de 10 MW ne sont pas soumis à la procédure d’évaluation environnementale du gouvernement du Québec et n’ont donc aucune obligation d’être présentés à la population ou de faire l’objet d’une étude d’impact environnemental.Il est important de comprendre que le développement d’un projet éolien se fait de façon graduelle et en interrelation avec la population.Au fur et à mesure que le projet se définit, en considérant le régime de vent les caractéristiques du site et les enjeux sociaux, le projet se précise et se raffine.C’est donc un projet plus détaillé qui est présenté à l’ensemble de fa population au moment où nous avons des réponses claires et précises aux questions.Grâce à ce processus formel de développement et d’encadrement les projets éoliens qui verront réellement le jour seront connus et discutés en public.Un exemple concret de consultation existe en Gas-pésie, où est implanté le parc éolien de Baie-des-Sables et où seront installés les autres parcs éoliens choisis dans le cadre du premier appel d’offres d’Hydro-Québec Distribution.Ainsi, pendant la construction de chaque projet un comité de suivi, auquel participent des intervenants du milieu, s’assure que les retombées économiques locales sont maximisées.Ainsi, à travers toutes les étapes du développement du projet jusqu’à sa construction, le citoyen a son mot à dire.Les travailleurs étrangers et les marchands d’esclaves FRANÇOIS BERNARD MALO Professeur de gestion des ressources humaines Département des relations industrielles de l’Université Laval Nous apprenions récemment par les médias ; que le directeur général de la Fondation • des entreprises en recrutement de maim d’œuvre agricole étrangère a décidé d’élargir son bassin de candidats potentiels à l’Amérique centrale et à fa Colombie et de ne phis compter autant sur l’aide des travailleurs saisonniers mexicains sous prétexte que ces derniers chercheraient à se syndiquer pour améliorer leurs conditions de travail •S'il y en a [des travailleurs mexicains] qui ne sont pas satisfaits des conditions ici, ils iront travailler ailleurs.La planète est grande» (citation extraite du journal Le Sofft/, 26 juillet 2007, p.2).A titre de professeur en gestion des ressources humaines, nous ne cessons pas d’enseigner à nos étudiants qu’en ce début de XXI' siècle, le principal avantage compétitif des organisations repose sur leurs employés et qu’en conséquence, nous devons apprendre à les considérer humainement en tâchant de respecter tant leurs droits que leurs besoins et leurs limites, aussi bien physiques que psychologiques.N’est-il pas paradoxal de constater que, simultanément, certains hauts dirigeants décident pour leur part de se transformer en marchands d’esclaves en reniant explicitement le droit des individus salariés de se regrouper en syndicat?Cela ne serait-il pas, finalement, que l’aboutissement «normal» (mais abject!) d’une longue histoire ponctuée au fil des ans d’exploitation, de résidences insalubres et de violence envers les travailleurs saisonniers en provenance de l’Amérique latine?En 1988, l’Organisation internationale du travail a publié en grande pompe une déclaration universelle relative aux principes et droits fondamentaux au travail vantant l’engagement des gouvernements, des organisations d’employeurs et des organisations de travailleurs de respecter la liberté d’association et la reconnaissance effective du droit de négociation collective.Comment est-ce donc possible que, presque 20 ans plus tard, une telle ignominie soit encore permise sur ces terres que certains ont déjà qualifiées de «plus meilleur pays du monde»?Bien entendu, les marchands d’esclaves ne pourraient pas continuer leur œuvre de destruction massive en toute impunité sils n’étaient pas cautionnés par des millions d’autres supporteurs que sont les cHents mangeurs d’hommes.Soucieux de payer leurs fruits et lé- _ _ gumes au plus bas prix possible, ces clients «wahnar-tiens» ferment volontairement les yeux sur l’une des plus grandes atteintes à la liberté et à la dignité humaines au travail.D’ici les prochaines semaines, la Commission des relations du travail du Québec devra déterminer si les employés saisonniers d’origine étrangère travaillant dans les fermes québécoises ont bel et bien le droit de se syndiquer pour tenter d’améliorer leurs conditions de travail.En attendant ce jugement crucial, nous ne pouvons que penser qu!en ce début de troisième millénaire l’avenir s’annonce décidément très sombre pour les ressources humaines et pour l’humanité tout entière.Honte à nous tous, infâmes clients mangeurs d’hommes! JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les employés saisonniers d’origine étrangère ont-ils le droit de se syndiquer?Ecrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (re-daction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées) Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Munger .responsable du site Internet), Emilie Folie-Bnivin.Vincent Cauchy (commis internets Laurence Clâvel(p«pifr»), Jean-Guillaume Dumont.Philippe Papineau {Pupitre) Louise-Maude Rioux Soucy (Santé); Pauline Gravel (sciences) ; Michel Gameau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Ducks.Michéle Malen&nl et Christine Dumaret (reéecteur); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (pbologmpltts) ; à rHbnnaaion ndta ili Michel BéUr (theatre et redan Qeksmt.Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du weekend), Stéphane Baillargeon (reporter), PaulCauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay ('riaémajlsabelle Paré (culture); h l’Information économique : Gérard Bérubé (ad/oinl na directeur de I information' Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers, Claude Turcotte, François Desjardins; à l’information internationale : Jean-Pierre Legaull (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de linfrrmation),ScrgeTniUsut (éditorialiste) b rindnrmUnai piiülinin lli'lim Bum ni i Alec Castonguay (correspondants parlementaires i Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec), Kathleen iévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction); Marie-Pier Krappier, Émilie Parent Bouchard (commis à la rédaction).La documentation : Gibes Paré tdtnrtnaj Manon Derome, Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron.Marlène C6té, Christiane Legault.Amélie Maitaia.Claire Paquet.Martine Riopeilr.Isabelle Sanchei Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Uurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchei.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormier», Donald Fition, Yannick Morin Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service d la clientèle).Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie Fllion, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (remtréleue) Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Protean, Danielle Ross. LE DEVOIR.LES SAMEDI II ET DIMANCHE 12 AOÛT 2007 B 6 Tira g* ttrtifU par rAudit Furmu rf Ckculatima Sltmbrt de la Prrrre Canadienne et de la Canadian Daily Xttcepaprr Association LE DEVOIR MONTREAL.|IU0I.15 SEPTEMBRE I960 1 0*1 U P+mt télépfcM mt m OCVOIR U mit : | ril Rédoction: ^nort * _ ._ ._ ¦ Tirage ‘ Exolditicn : .Composition : Victor 4-3366 16 septembre 1960 Maurice Richard quitte le hockey Il demeurera toutefois avec le Canadien comme ambassadeur de bonne entente Maurice Richard a annoncé hier soir qu’il prenait sa retraite du hockey, sport grâce auquel Q a connu une renommée internationale.Le Rocket a fait part de sa décision au cours d’une conférence de presse des Canadiens de Montréal, équipe pour laquelle il a évolué au cours de 18 brillantes et parfois orageuses saisons.Ainsi, Maurice Richard, vétéran âgé de 39 ans, abandonne le hockey avec un grand total de 626 buts, enregistrés au cours des saisons régulières et des séries éliminatoires.Il s’est présenté au camp d’entraînement des Canadiens cette semaine après avoir déclaré que sa tenue déterminerait s’il poursuivrait ou non sa carrière dans la ligue Nationale de hockey.A la fin de la dernière saison, alors que le Rocket avait réussi 19 buts même s’il avait été inactif à la suite d’une série de blessures qui l’ont sans cesse harcelé au cours de sa carrière, certaines conjectures voulaient qu’il songe à la retraite.Richard a déclaré qu’il demeurera dans l’organisation des Canadiens à titre d’ambassadeur de bonne entente et peut-être, a-t-il dit «puisse autant faire pour l’équipe en dehors de la patinoire que si j’étais dans l’alignement».Il a révélé sa décision dans un discours qui a duré seulement quatre minutes et demie.Il s’est tout d’abord adressé en français 19 septembre 1960 ¦ Mme Richard a fondu en larmes MONTREAL.- L’épouse de Maurice Richard a déclaré qu’elle avait pleuré lorsque son célèbre mari lui a dit qu’il avait décidé de prendre sa retraite après 18 années dans l’uniforme des Canadiens de Montréal de la ligue Nationale de hockey.«Depuis longtemps, Maurice me parlait de sa décision, a-t-elle dit Mais comme tout le monde je ne voulais pas y croire.«Jeudi, lorsqu’il m’a annoncé qu’il avait pris sa décision, ce fut un grand choc pour moi.J’ai pleuré.Je ne peux croire encore que je me rendrai aux joutes du Tricolore et que Maurice ne sera pas sur la glace.«J’assisterai quand même aux parties du Canadien pour encourager l’équipe et spécialement mon beau-frère Henri Richard».[.] Activités Comment s’est déroulée cette journée mémorable qui a sans doute été l’une des plus tristes de sa carrière?«Maurice s’est rendu à l’exercice de l’équipe au cours de la matinée et a marqué quatre buts en plus de fournir quatre assistances» de dire Mme Richard.«A son retour à la maison, il m’a dit qu’il ne pouvait à peine croire qu’il s’agissait de sa dernière pratique.Au cours de la journée il est demeuré muet au sujet de sa décision.Il a soupé en compagnie de la famille et a tondu la pelouse.«Puis, il a aidé son fils Normand à faire ses devoirs.Vers les 9 p.m.il s’est levé, m’a embrassé et dit «bonsoir».Il semblait très ému.«Je l’étais moi aussi, mais j’ai réussi à contenir mes larmes jusqu’à son départ «Je suis certaine que si je l’avais accompagné à la conférence de presse que j’aurais éclaté en sanglots et lui aussi».puis en anglais.Dans son discours, Richard a parlé des «18 merveilleuses années» qull a passées avec l’équipe.D a précisé: «Au cours des deux dernières années, ma retraite a été mon plus grand sujet de préoccupation et il était très difficile d’en arriver à cette décision».Il a remercié les dirigeants des Canadiens et a ajouté qu’il «avait contracté une immense dette à l’endroit du public, dette qu’il ne saura jamais acquitter».Son discours a été simple et concis.Richard a été l’objet d’une ovation monstre de la part des 50 journalistes et reporters de la radio et de la télévision qui étaient présents.A la table d’honneur, le sénateur Hartland de Molson, président des Canadiens, l’instructeur de l’équipe, Hector «Toe» Blake, M.Frank Selke, gérant général, et M.David Molson, directeur, se trouvaient à ses côtés.Par la suite, le sénateur Molson a déclaré au cours d’une interview que Richard «s’emploiera à enseigner le hockey aux enfants et à les encourager».«D est tellement patient avec les enfants et nous espérons qu’il sera en mesure de visiter plusieurs organisations afin de promouvoir le hockey».Le sénateur a ajouté que toute organisation désireuse d’obtenir les services du Rocket n’a qu’à communiquer avec l’équipe et que Richard assistera à des banquets ou à des joutes de hockey soit pour prendre la parole soit pour donner des conseils.D reste à savoir si le nom de Richard demeurera synonyme du joueur par excellence tant que le hockey existera.Toutefois un fait demeure: Richard n’a jamais eu rien à envier à qui que ce soit en ce qui a trait à son habileté de marquer des buts.PHOTO PAULTAILLEFERSOUTHAM MONTREAL GAZETTE R’EP**' Maurice Richard a annoncé hier soir qu’il abandonnait le hockey comme joueur actif.Frank Selke, qui a présenté Maurice, a déclaré qu’U regrettait de le voir partir parce qu’hier matin, au cours de la pratique, il a marqué 4 buts.Maurice, qui est âgé de 39 ans, a passé 18 saisons avec le Canadien.On le voit ici le 11 décembre 1953, après un match contre les Blackhawks de Chicago, où il avait marqué trois buts.Statistiques Voici, en résumé, les faits saillants de sa carrière: Au cours de 978 joutes régulières, Maurice Richard a accumulé un total de 544 buts, soit près de 100 de phis que son phis sérieux rival et l’un de ses fervents admirateurs Gordie Howe, brillant ailier droit des Red Wings de Détroit Le record de 50 buts en 50 parties qu’il a établi au cours de la saison 1944-45 ressemble à celui de Babe Ruth au baseball qui détient le record de 60 coups de circuit en une saison En effet ce record du Rocket est souvent menacé, mais jamais abaissé.De phis, les statistiques appuient ceux qui ont affirmé que ce joueur fier, des plus combatifs et souvent introspectif, était à son meilleur lorsque tout semblait perdu.En effet il a enregistré im total de 82 buts en 133 joutes des séries éliminatoires: 12 buts dans une série éliminatoire de neuf parties en 1944-45 et au cours de l’une de ces joutes il a marqué à hii seul cinq buts.Et voici peut-être la statistique qui signifie le plus, soit 82 buts victorieux au cours des joutes régulières et d’éliminatoires.Au cours de 14 saisons consécutives, soit entre 1943-44 et 1956- 57, il a compté plus de 20 buts.Il a réussi plus de 40 buts au cours de quatre de ces 14 saisons et plus de 30 au cours de cinq autres.Aussi étrange que cela puisse paraître, le Rocket n’a jamais remporté le championnat des comp-teurs de la LNH.L’un de ses plus grands désappointements est peut-être survenu lorsqu’il s’est vu frustré dans sa tentative d’accomplir l’exploit en 1954-55.En effet, il a été suspendu au cours des trois dernières joutes et Bernard Boum Boum Geoffrion des Canadiens a remporté le championnat par la marge d’un point 16 septembre 1960 14 septembre 1960 19 septembre 1960 La TV privée à Montréal dès janvier prochain Les deux nouveaux postes de télévision de Montréal feront leur apparition sur les ondes en janvier prochain.[.] Ces deux nouveaux postes privés comporteront chacun, dès le début de l’an prochain, un personnel de plus de 150 personnes.Richard Misener, de CFCF-TV, poste de télévision de langue anglaise qui occupera le canal 12, prévoit qu’il ne rencontrerait aucune difficulté à mettre sur pied un horaire des programmes comprenant 55 pour cent d’émission d’origine canadienne.Paul L’Anglais, de CFTM-TV, le poste privé de langue française qui diffusera ses émissions sur le canal 10, a déclaré que son canal pourra transmettre les émissions en couleurs dès que la permission aura été donné par le Bureau des gouverneurs de la radio.60 pour cent des spectacles seront transmis en direct.Au début le contingent canadien des émissions atteindra 70 pour cent de la production totale.Recherche et adaptation : Pierre Rousseau LA MEILLEURE VOITURE pour la famille entière est la STATION WAGON CITROËN TRACTION AVANT-Sécurité absolue Etonnante sur glace et à travers neige Plus de 30 milles au gallon — Vitesse 80 m p h - 8 passagers — SioRcs arrière rvemotebles - Possède toutes les caractéristiques exclus/ves à CITROEN : Suspension automatique, cric incorporé, servo freins à disque, etc.*3795 tout équipée Equipement standard : Calent à bagages su» toit pneus Michelin X: couvra-routs «n ac«er inoxydable, 4»cme vitesse sur mut» «pliée; chaufferette, dégivrage, signaux de direction; lave-glace Le meilleur achat pour une voiture plus sûre, plut économique et plus attrayante, Disponible immédiatement — bon choix; de couleurs TVéa bon* prix alloué* pour 1rs érlwnprs Pl*n spécial d« finance à 6% maintenant disponible AUTO-FRANCE LIÉE e Vt«l« (.»«• ta», «au;pi a Orand «tapi da plica) d, rachanaa d'arl«ina • Micanldan, hiuttmant «pCt'illUt • Silan d'axpailtlan madam, at bl,n idalri SIRVICI DiliONIBLC PARTOUT AU CANADA (T «TATSUNIJ 7144, COTE-DES-NEIGES, angle Namur - RE.9-4/S1 OUVtRT II SOIR - VRNRt NOUS VOIR IMM»OIAT»M*NT Les Dodgers laissent tomber le bail des Royaux Walter O’Malley a prévenu les propriétaires du stade de la rue De Lorimier MONTREAL - Un porte-parole de la compagnie qui est propriétaire du stade des Royaux, a déclaré hier que les Dodgers de Los Angeles ont décidé de retirer leur support au club local, de la Ligue Internationale.Joe Remer, secrétaire de Sherburn Investment Corporation, a déclaré hier à un représentant de la Presse canadienne, qu’il a été mis au courant des projets des Dodgers par Walter O’Malley, président de ce club.Selon Remer, O’Malley a déclaré que les Dodgers perdaient de l’argent d’une façon constahte à Mont- Pour la première fois au Canada français, un Frère enseignant nous ouvre son coeur.Parfois avec violence, il dénonce les tabous et analyse les maux qui paralysent les Canadiens français; il dit aux Frères et aux Soeurs leurs dures vérités.Mais il fait tout cela avec amour et avec humour, ce qui sauve tout Un humour viril et libre éclate à toutes les pages de ce livre qui serait, sans humour, une charge trop grave pour être sérieuse.«Un bonheur d’expression assez rare, un accent humain qui m’a rejoint», écrit André Laurendeau dans sa préfa- Le Conseil municipal a décrété hier après-midi la reconstruction et l’élargissement du pavage de la rue Sherbrooke, entre les rues Viau et Dickson, avec un mail central.[.] réal, depuis trois ou quatre saisons et que son organisation ne reviendrait pas à Montréal en 1961.[.] Les Royaux avaient débuté dans la Ligue Internationale en 1890 et en font partie, avec continuité depuis 1928, alors qu’on avait érigé le stade actuel d’une capacité de 20,000 sièges.[.] Pendant de nombreuses années, Montréal, la plus grande ville du Canada et des Etats-Unis en dehors des ligues majeures, fiit la Mecque du baseball mineur.L’assistance atteignit un sommet en 1948 avec un total de 477,000 billets vendus et de 603,000 y coin- ce.tandis que l’auteur se défend d’écrire pour les «fines gueules».«C’est à la hache que je travaille, affirme le Frère Untel dès la première page, car le temps n’est pas aux nuances au pays de Québec.» Et alors, il déclare tranquillement, non sans nous faire un clin d’oeil, qu’il faut fermer le Département de l’Instruction publique; tuer les curés, les professeurs et les ministres qui parlent «jouai»; offrir Montherland aux couven-tines; libérer à coup de bélier les captifs de la peur québécoisée, balancer par-dessus bord les cornettes des bonnes Soeurs et les Après avoir voté le pavage, le Conseil a approuvé le rapport du comité exécutif recommandant la construction de trottoirs sur la même rue.pris les séries de la Coupe des Gouverneurs et de la Petite Série Mondiale.La plus forte assistance, depuis sept ans, fut toutefois de 213,000.L’an dernier elle fut de 136,000 et cette année elle est tombée à 125,000.[.] Les Royaux ont servi de tremplin à plusieurs grandes vedettes du baseball majeur: Jack Robinson, Roy Campanella, Duke Snider, Don Drysdale, etc.Les meneurs actuels de la Ligue Nationale, les Pirates de Pittsburgh alignent quatre anciens des Royaux: Rocky Nelson, Don Hoak, Roberto Clemente et Gino Cimoli.bavettes des bons Frères.en toute soumission, soit dit en passant, au Saint-Siège catholique, apostolique et romain! Bref, un livre qui secouera la province! 13 septembre 1960 Les enfants arriérés L’Association canadienne pour les enfants arriérés tiendra sa conférence annuelle à Montréal, les 14, 15 et 16 septembre, à l’hôtel Sheraton Mount Royal Hus de 500 délégués venant du Canada et des Etats-Unis y assisteront Parmi ces délégués, seront les membres de l’exécutif des associations provinciales et locales, les responsables d’institutions aidant les Enfants arriérés, ainsi que les représentants des gouvernements.Husieurs spécialistes dans le domaine de l’arriération mentale adresseront fa parole.Un nouveau groupe veut instaurer un Québec indépendant A la suite d’une réunion tenue ces jours derniers dans les Lauren-tides, un nouveau groupement a pris naissance au Québec; il est destiné à accélérer l’instauration d’un Etat libre et indépendant au Canada français.Le «Rassemblement pour l’indépendance nationale» (R.I.N.) se compose actuellement de deux sections, l’une à Montréal et l’autre à HuU.D projette de lancer bientôt une campagne de façon à ce que des sections soient progressivement constituées à travers toute la prorince.Le manifeste du R.I.N.souligne que la Confédération a «placé et maintenu le peuple du Québec dans une situation anormale de faiblesse et d’infériorité collectives».D ajoute que «la logique et le droit permettent d’affirmer que le pacte confédératif, par ses origines et par le cours de l’histoire, est nul et périmé».Le manifeste affirme que «la nation canadienne-française, comme toutes les autres nations du monde, doit acquérir sa liberté et son entière indépendance pour s’épanouir pleinement et pour jouer le rôle qui lui revient sur la scène internationale».Il fait en outre remarquer que «l’indépendance est dans la ligne de l’histoire du Canada français» et qu’elle «représente l’aboutissement normal de l’évolution historique du Canada français».«Une fois son indépendance acquise, précise-t-il, la nation canadienne-française devra se donner, par des moyens démocratiques, les institutions qu’elle jugera lui convenir».NDLR: Il convient de noter que les fondateurs de ce nouveau mouvement, s’ils ont le courage de réclamer un Etat libre et indépendant, n’ont pas celui de s’identifier dans les communiqués adressés à la presse.St l’anonymat est motivé par la crainte de représailles, pourquoi ne pas l’indiquer?15 septembre 1960 VIENT D E PARAITRE Les insolences du Frère Untel 13 septembre 1960 La rue Sherbrooke sera reconstruite avec mail central i
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