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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-08-18, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOÛT 2007 ¦g H p jj| L Éfil mÆk m wÊm2 ¦ PEMT VES DESMOND BOYLAN REUTERS La moitié des nouveaux arrivants au Québec ont généralement obtenu un premier emploi après trois mois de résidence.La minorité silencieuse Malgré quelques ratés, l’intégration des immigrants à la société québécoise se passe plutôt bien À voir l’ampleur que le débat sur les accommodements raisonnables a prise ces derniers mois, on serait porté à croire que le Québec a de graves problèmes avec ses immigrants.Tout le monde convient pourtant que l’on a grand besoin d’eux et il s’avère que leur intégration, à la fois économique, linguistique et sociale, se passe plutôt bien.Beaucoup mieux en tout cas qu’on ne le dit ou le pense généralement.ÉRIC DESROSIERS Le débat déclenché par la question des accommodements raisonnables a pris un nouveau tour cette semaine avec les déclarations du chef de TADQ, Mario Dumont, sur le nombre d’immigrants que le Québec accueille chaque année et sur le fait que cette capacité aurait atteint sa limite.Les chefs des deux autres grands partis ont eu tôt fait de condamner ces propos accusés de flirter avec la xénophobie.Le premier ministre Jean Charest a dit souhaiter, au contraire, une augmentation de l’immigration pour répondre aux besoins pressants en main-d’œuvre de l’économie québécoise.La chef du PQ, Pauline Marois, a noté que l’intégration des immigrants comportait tout de même des difficultés et déploré que le Québec soit encore obligé de partager les pouvoirs en la matière avec Ottawa.L’un des problèmes d’intégration les plus souvent évoqués est celui en matière d’emploi.Tout le monde a entendu l’histoire de ces immigrants, ingénieurs diplômés, obligés de faire du taxi faute de pouvoir trouver mieux.Une autre histoire bien connue est celle qui fait du Québec une simple porte d’entrée en Amérique du Nord que les immigrants s’empresseraient de quitter à la première occasion pour aller s’installer en Ontario, en Alberta ou aux Etats-Unis.Une autre préoccupation importante des Québécois est le degré d’intégration des nouveaux arrivants à la majorité de langue française.«Contrairement à ce que l’on entend souvent, je vous dirais que les choses se passent plutôt bien en réalité, dit Marie McAndrew, titulaire de la chaire en relations ethniques de l’Université de Montréal.Il y a bien quelques problèmes, mais l’intégration des immigrants dans la société québécoise est plutôt une réussite.» La chasse aux immigrants Terre d’immigration depuis toujours, le Québec a aujourd’hui besoin d’immigrants pour différentes raisons.La plus souvent mentionnée ces jours-ci est de nature économique.Elle tient à la menace de pénurie de main-d’œuvre que font peser le faible taux de natalité et l’arrivée des baby-boomers à l’âge de la retraite.Le Québec est d’ailleurs loin d’être seul dans cette situation et devra de plus en plus jouer du coude avec les autres économies développées elles aussi en chasse de travailleurs qualifiés.Un autre objectif important, qui est propre cette fois-ci au Québec, est de maintenir pour des raisons politiques son poids relatif au sein de la fédération canadienne, mais peut-être plus encore d’éviter le déclin de la population francophone.Il est également question, dans le cas de l’accueil de réfugiés, du devoir d’assistance aux victimes de persécutions ou de catastrophes.«Et puis, il y a aussi le désir de s’ouvrir à une diversité de cultures en cette époque de mondialisation.Qui voudrait vivre dans une société parfaitement homogène?», note Marie McAndrew.Selon les dernières statistiques officielles, le Québec a accueilli depuis 2002 une moyenne 42 000 immigrants par année.De ce nombre, 60 % étaient des travailleurs qualifiés et des gens d’affaires sélectionnés en vertu d’objectifs économiques et de critères établis par le Québec; 22 % ont quant à eux profité des programmes visant à permettre le regroupement au pays de la famille nucléaire des immigrants reçus; et un peu plus de 16 % étaient des réfugiés.Plus de la moitié (54 %) des immigrants admis parlaient français.Près des deux tiers (63 %) étaient diplômés universitaires.Près de 31 % arrivaient de pays asiatiques, comme la Chine (7 %) et l’Inde (3 %); 27 % d’Afrique, dont l’Algérie (9 %) et le Maroc (8 %); 23 % d’Europe, avec la France (8,5 %) et la Roumanie (6 %) en tête; et 19 % des Amériques et des Antilles (Colombie 4 % et Haiti 3 %).Au moment de leur entrée au pays, une majorité écrasante (76 %) comptait s’établir à Montréal, 10 % sont allés à peine plus loin sur sa rive sud ou à Laval, et seulement 4 % ont choisi la ville de Québec.Le mythe du chauffeur de taxi «C’est sûr qu’il y en a là-dessus qui ont des diplômes universitaires et qui vont se retrouver chauffeurs de taxi.Mais ce sont des choses qui ar- «Qui voudrait vivre dans une société parfaitement homogène?» rivent aussi à des Québécois dits de souche», dit Jean Renaud, professeur de sociologie à l’Université de Montréal et membre du Centre d’études ethniques des universités montréalaises (CEETUM).Dans une récente étude auprès des immigrants entrés au Québec à titre de «travailleurs sélectionnés», ce chercheur a constaté que la moitié d’entre eux ont généralement obtenu un premier emploi après trois mois de résidence.Si tous n’auront pas eu la chance de trouver du travail dans leur domaine de spécialité, au moins 50 % occuperont après un an des fonctions correspondant à leur niveau de formation.Cette proportion grimpe à 68 % après cinq ans et se fait plus ou moins rapidement selon les défis d'acclimatation aux us et coutumes du Québec.Cela laisse tout de même un tiers d’immigrants qualifiés qui n’arrivent pas à obtenir une pleine reconnaissance professionnelle de leurs diplômes, note l’expert L’analyse des données suggère cependant que la plupart d’entre eux ne sont pas victimes de discrimination, mais plutôt des conditions du marché du travail.«S’il est difficile à un moment donné, par exemple pour les diplômés de sociologie du Québec, de se trouver des emplois dans leur domaine, il est assez normal que cela le soit aussi pour un immigrant qui aurait la même formation», résume le professeur Jean Renaud.«Dans l’ensemble, je dirais que c’est plutôt une bonne nouvelle, dit-il.Mais tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes.» Les immigrants d’Asie et du Moyen-Orient restent désavantagés même après cinq ans.Les difficultés (ou résistances) des corporations professionnelles à admettre dans leurs rangs des collègues formés à l’étranger sont bien réelles.Entre 15 % et 18 % des immigrants sélectionnés sont diplômés dans des secteurs qui relèvent de leurs champs de compétence.Les corporations seront cependant forcées de s’adapter lorsque les besoins de main-d’œuvre se feront plus pressants, prédit-il.Selon les statistiques, l’intégration des immigrants à la société québécoise se révèle plutôt bonne aussi dans les autres sphères de la vie.Phis des deux tiers (67 %) d’entre eux ont le français pour langue d’usage public au bout de dix ans.Loin de chercher à repartir aussi vite pour l’Ontario ou les Etats-Unis, plus des trois quarts sont encore au Québec au bout du même délai, ce qui correspond grosso modo à ce que l’on observe dans les autres sociétés développées.Les recherches du CEETUM ont montré que 36 % des immigrants sont devenus propriétaires de leur logement après ce délai, que 85 % vont voter aux élections provinciales et que 75 % assistent aux réunions de parents d’élèves à l’école de leurs enfants.VOIR PAGE B 2: MINORITÉ JACQUES NADEAU LE DEVOIR * J#» mm.; Gestion de projets Inscrivez-vous à notre populaire programme en gestion de projets ! Cette formation pratique s'adresse aux gestionnaires et professionnels qui désirent suivre un programme approfondi.y Les cours sont offerts une fois par semaine, en soirée, commençant le 10 septembre 2007.Le contenu de ce programme est conforme aux normes reconnues mondialement par le Project Management Institute (PMI®).(514) 398-5454 | www.mcgill.ca/conted-general Cours intensifs de langues ?Début des cours: 17 septembre 2007 ?Groupes restreints vous permettant de partager une expérience d'apprentissage unique avec des étudiants d'ici et d'ailleurs > Cinq niveaux (de débutant à avancé) y Programme menant au Certificat de compétence en anglais de McGill ou au Certificat de compétence en français de McGill.(514) 398-1212 (programme d'anglais) (514) 398-1202 (programme de français) W McGill Centre d’éducation « t * # î » » * LE DEVOIR.LES SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 AOÛT 2007 B 2 PERSPECTIVES La Bourse et la vie Un citoyen qui travaille fort pour sa croûte s’est dit passablement inquiet face à la crise financière qui secoue les Bourses du monde entier.«Je dois confier au préalable que je n’y comprends strictement rien.Tenez, lorsque je regarde les nouvelles et que, entre un reportage sur un soldat canadien qui s’apprête à partir pour l’Absurdistan et un topo sur la population qui vieillit sans cesse, ils nous font part des mouvements du Dow Jones ou du TSX pendant la journée qui vient de s'écouler, je regarde ça et je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut bien signifier.L’indice MX de volatilité implicite est à 25,61?Quant à moi, il pourrait être à 544 que ça ne me ferait guère un pli sur la différence», a relaté le citoyen alors qu'il cherchait à boucler sa fin de mois sans surcharger ses cinq cartes de crédit Sur ce, le citoyen en a profité pour indiquer qu’il ne comprenait pas davantage pourquoi on fait un tel plat des soldats qui s’en vont puisque l’adhésion à l’armée reste quand même volontaire au Canada et que lorsqu’on entre dans l’armée il faut quand même s’attendre à être envoyé quelque part à un moment donné, «mais bon».' Si donc le flux des valeurs boursières ne revêt aucun sens aux yeux du citoyen, celui-ci a cependant «contracté une sensation de mal-être» en voyant les spéculateurs s’agiter sur les planchers.«Leurs visages trahissaient une stupeur certaine, voire une angoisse économiquement induite», a relaté le citoyen.«Comme il s’agit de gens importants, des leaders du monde occidental mo- derne, je me suis dit qu’il devait se passer quelque chose de pas correct en termes de rendement.» Le citoyen s’est présenté comme un «passionné des entreprises», car elles sont «le moteur du niveau de vie».«Ce sont les entreprises qui créent de la richesse pour nous tous.Enfin, pas tellement pour moi jusqu’à maintenant, mais ça va sans doute venir un jour.Pour cela, on a besoin de Bourses fortes.» Le citoyen a ajouté qu’il n’avait personnellement pas beaucoup d’argent de côté, même pas du tout, mais que s’il était sollicité pour faire un don à la Bourse afin de l’aider à traverser l’épreuve, il ferait un effort «Je peux toujours sauter un repas de temps en temps», at-il expliqué.S’il est un partisan des entreprises, le citoyen révèle que la raison en est non seulement qu’elles créent de la richesse, mais aussi qu’elles provoquent la croissance.«Je crois fermement en la croissance.Je pense que ça ne devrait jamais arrêter de croître.Remarquez, j’ai peut-être l’air de me répéter ici, mais je n’ai pas la moindre idée de ce qui doit croître, ni de comment la croissance doit se faire.Je ne sais pas comment, mais je sais pourquoi, toutefois: parce que la croissance, c’est bon pour l’économie.Et l’économie, c'est bon pour nota tous», a-t-il déclaré.À cet égard, le citoyen trouve que le monde devrait arrêter de protester contre le somnjet des dirigeants du Canada, des Etats-Unis et du .Mexique qui aura lieu dans deux jours au Château Montebello.«D’abord, on oublie un peu vite que le Château Montebello est le plus vaste édifice du monde construit en rondins [c’est l’édifice qui est construit en rondins, pas le monde].Les trois ailes du bâtiment original, construit en 1930, sont composées de quelque 10 000 billots de cèdre rouge transportés par train depuis la Co-¦jombie-Britannique», a fait savoir le :citoyen en citant une dépêche de T’Agence France-Presse qui passait ipàr là et qui lui a permis d’en apprendre davantage sur la façon dont les riches vivent «Des rondins.Y a-t-il plus noble symbole de l’histoire de ce pays, plus puissant rappel de la rude vie de nos ancêtres qui ont défriché à mitaine le pergélisol ingrat du Bouclier cana- Jean Dion WS* / fwMm dien?Et vous voulez savoir qu’est-ce qui a permis à cette construction de voir le jour?En plein ça: la croissance.Pendant que tout le monde s'apitoyait avec la Crise, d’autres se sont relevé les manches et ont passé à /’action.On devrait être fiers que Bush vienne s’y tirer une bûche, comme qu'on dit», a indiqué le citoyen, qui n’a pas manqué de poursuivre sa d-tatioa «Le bâtiment a été construit en trois mois par3500ouvriers et ü a fiü-lu 300 ébénistes pour tailler les billes de cèdre.La légende veut que M.Saddlemire [Harold, l’homme d’af-faires américanosuisse qui a feit ériger le Château Montebello] ait offert un voyage de trois mois à Rome au prêtre du village pour que les ouvriers puissent aussi travailler le dimanche» Par-delà les rondins, le citoyen s’est aussi fait fort de souligner la raison d’être du sommet de Montebello.«Ça va être une réunion de quoi?En plein ça: du Partenariat pour la sécurité et la prospérité.Répétez après moi, s’il vous plaît: sé-cu-ri-té, pros-p&ri-té.Est-ce qu'on a affaire à un Partenariat pour le danger et la pauvreté?Non, messieurs dames.Or, si le nom le dit, sécurité et prospérité, et qu’en plus le partenariat est pour, ü ne peut en ressortir à la fin que de la sécurité et de la prospérité.Cette prospérité créée permettra d’ailleurs de calmer mes inquiétudes quant à ce qui se passe dans les Bourses.» «Et vous savez ce qui viendra de cette prospérité?La croissance.Et la croissance est toujours un signe qu’il y a de l’économie.» Selon le citoyen, il importe peu que l’ordre du jour précis de la rencontre demeure entouré d’un secret relatif.«Ce n’est pas comme s’il y avait une réunion d’une quelconque coalition pour que les choses aillent mal ou bien, à propos de laquelle on ne saurait pas si les discussions iront dans le sens que les choses aillent bien ou qu'elles aillent mal.Là, on sait que tous les pourparlers se dérouleront pour la sécurité et pour la prospérité.Moi, ça me suffit amplement», a-t-il commenté.La confiance du citoyen a d’ailleurs été sérieusement renforcée par le récent remaniement ministériel.«Je dois reconnaître que je m’intéresse assez peu à la politique fédérale, même pas du tout.Quand on est un passionné des entreprises, on n’a pas grand-chose à faire du gouvernement, sauf lorsqu’il crée de la sécurité et de la prospérité.Je ne connais aucun des ministres.Mais c'est un excellent remaniement.Vous comprendrez que je me sens des atomes crochus avec tous ceux qui arrivent à m nouveau poste et qui doivent commencer à travailler et à répondre aux questions tout de suite même s’ils n'y connaissent rien», a relaté le citoyen.«Quant aux chefs des autres partis qui disent, à chaque fins qu’un remaniement ministériel survient, qu'il ne s’agit que d’un jeu de chaises musicales, j’aimerais savoir ce qu’ils ont contre les chaises et contre la musique.Savez-vous ce que je pense?Oui, je sais que vous le savez, mais je vais vous le dire pareil: je pense qu’ils sont jaloux.Parce que la chaise qui manque, c’est celle qu’ils n’ont pas.Eux aussi, au lieu dépasser leur temps à chialer, aimeraient pouvoir créer de la prospérité.» Le citoyen a conclu l’entretien en jetant un coup d’œil à ses factures impayées.«Vous voyez ces dettes?Ça vous effraierait si vous en aviez autant, n’est-ce pas?Mais moi, je m’en réjouis.Car mes dettes sont en pleine croissance.» jdion@ledevoir.com iiasiïtfïias 256 pages - 23,50 $ chacun ISBN 976-2-7601-6942-5 ISBN 978-2-7601-6943-2 Yosh TAGUCHI, »> LE ZEN EN ACTION ZEHItimOfl UN CHIRURBIEN RÉVÈLE SA PHILOSOPHIE DE LA VIE ÛMQEOnREmiS HIS UFE PHILOSOPHY Quérin, éditeur itée En uente dans toutes les HDraines 514-842-3481 Lu prix ust indiqué sous réserve de modifications.NOUVEAU dans la section culture sur LE DEVOIR .corn Trouvez l'horaire des films à l'affiche En salle / à la télé / et les nouveautés DVD Le dernier remaniement de Stephen Harper Au travail ! Les attentes envers les nouveaux ministres conservateurs sont énormes, mais ont-ils le mandat d’y répondre ?CHRIS WATTIE REUTERS Le ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier.CHRIS WATTIE REUTERS Le ministre de la Défense Peter MacKay en compagnie de son prédécesseur Gordon O’Connor.PATRICK DOYLE REUTERS La ministre du Patrimoine Josée Verner.HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Mieux porter le message.Voilà, pour l'essentiel, la tâche confiée aux ministres conservateurs assermentés mardi dans leurs nouvelles fonctions.Mais un message mieux enrobé sera-t-il à lui seul suffisant pour décloisonner les appuis du parti de Stephen Harper et convaincre enfin l’électorat que cette équipe mérite une majorité?L’opposition, évidemment, n’y croit pas et invite les nouveaux titulaires de postes clés à repenser leur action.Les nouveaux ministres des Affaires étrangères et de la Défense nationale, Maxime Bernier et Peter MacKay, font probablement l’objet des attentes les plus élevées.L’opposition, farouchement opposée à la mission en Afghanistan, qu’elle juge trop militaire, réclame de leur part un coup de barre.«Nous demandons aux ministres de dire clairement que la présence militaire canadienne en Afghanistan se termine en février 2009», dit le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, en entrevue avec Le Devoir.Le gouvernement a jusqu’à présent refusé de s’aventurer sur cette voie, bien que M.Harper ait indiqué qu’un prolongement ne serait possible qu’avec un accord de la Chambre des communes.Les libéraux, qui demandent aussi la fin de l’intervention militaire — mais non humanitaire — en février 2009, exigent davantage de transparence.Le gouvernement canadien, contrairement à celui des Etats-Unis, refuse de transmettre de quelconques informations à propos des Afghans faits prisonniers par les soldats canadiens.Combien sont-ils?Où sont-ils détenus et par qui?Dans quelles circonstances ont-ils été in-teipellés?Quel est leur état de santé?Voilà autant de questions laissées sans réponse sous prétexte de préserver la sécurité nationale.«Je demande que M.MacKay lève le secret entourant l’accès à l’information sur les prisonniers afghans», indique le député montréalais Denis Coderre, porte-parole libéral en matière de défense.Pour lui, le brassage ministériel de mardi «n’est pas le remaniement de l’être, c’est le remaniement du paraître.On cherche des soi-disant communicateurs, mais on se fout des enjeux».L’opposition Les attentes sont aussi très élevées envers Josée Verner, qui a hérité du Patrimoine.Tant le chef du Bloc québécois que celui du Parti libéral, Stéphane Dion, l’implorent de restaurer le Programme de contestation judiciaire, un programme de 2,8 millions de dollars aidant les groupes minoritaires à s’adresser aux tribunaux pour faire valoir leurs droits.«f espère que Mme Verner rétablira aussi les subventions amputées aux groupes de femmes soi-disant parce que ce n’étaient pas de vrais programmes pour les vraies femmes», ajoute M.Duceppe.Le chef bloquiste lui demande également d’accélérer la cadence pour offrir les 30 millions de dollars promis dans le dernier budget aux organisateurs de festivals, somme qui se fait toujours attendre.Jim Prentice, déplacé à l’Industrie, est invité par M.Dion à revoir les décisions de son prédécesseur en matière de déréglementation de la téléphonie locale.«H faut revoir cette déréglementation aveugle qui risque d’affaiblir le Québec rural», dit-il en entrevue avec Le Devoir.Maxime Bemier avait décidé de passer outre une décision du CRTC et de permettre aux anciens monopoles d’établir eux-mêmes leurs prix sur les territoires desservis par trois concurrents, indépendamment de leur potentielle fragilité de débutants.Gilles Duceppe, quant à lui, demande à M.Prentice de se prononcer fermement sur l’achat d’Alcan par Rio Tinto.«Il faut qu’il leur demande de se commettre envers le maintien d’un niveau d’emplois au Québec, du siège social, du Centre de recherche universitaire sur l’aluminium [basé à Chicoutimi et financé par Alcan] et des procédés de deuxième et troisième transformation», dit-iL Peu de chances?Selon le professeur François Rocher, ces demandes ont peu de chances d’être entendues.«Au moment de remanier son cabinet, est-ce que le premier ministre a donné une quelconque indication que les priorités de son gouvernement allaient changer?La réponse est non,», dit celui qui enseigne à l’Ecole d’études politiques de l’Université d’Ottawa.Certes, à peu près tous les ministres ayant fait face à la controverse ont été affectés mardi, mais aucun n’a subi la démotion suprême consistant à être expulsé du cabinet Ce qui fait dire à M.Rocher que ce remaniement ministériel est avant tout cosmétique et qu’il a d’étranges similarités avec celui de janvier dernier.Le premier ministre Harper avait alors compris que les actions de son gouvernement en environnement et en justice criminelle créaient des insatisfactions auprès de la population.Pourtant, la démotion imposée aux deux titulaires, Rona Ambrose et Vie Toews, ne s’est pas traduite par un changement de cap dans ces deux domaines.En matière de justice criminelle, tous les projets de loi les plus dérangeants ont été déposés par l’ancien ministre, et son successeur, Rob Nicholson, ne les a pas modifiés d’un iota.Il a seulement déposé deux projets de loi supplémentaires depuis son arrivée.Il n’a pas non plus rayé la présence des policiers aux comités de sélection des juges, décriée par tout le milieu judiciaire.L’environnement a subi le même sort.John Baird a pris la barre du ministère avec pour mission, non pas de concocter un plan de lutte contre les changements climatique plus au diapason des attentes de la population, mais avec celle de convaincre le public que le gouvernement conservateur avait de bonnes raisons de ne pas se plier aux exigences du protocole de Kyoto.M.Baird a brandi des statistiques catastrophiques sur l’impact économique d’une réduction subite des émissions de gaz à effet de serre.«C’est un peu la même chose cette fois-ci», conclut François Rocher.La tiédeur des femmes Les conservateurs ont besoin de relancer leur gouvernement s’ils rêvent de ravir un autre mandat, majoritaire cette fois.Contrairement aux libéraux qui pouvaient souvent compter sur l’appui du NPD, le Parti conservateur n’a pas d’allié naturel à la Chambre des communes et chacune de ses initiatives n’avance lentement qu’au terme de pénibles négociations avec tantôt le Bloc québécois, tantôt le NPD, tantôt encore le Parti libéral.Une majorité serait grandement appréciée.Mais voilà, les sondages ne permettent pas d’y rêver, loin s’en faut À 31 % dans les sondages (jusqu’à 36 % selon les maisons de son- dage), ils sont loin de leur compte, devançant le Parti libéral d’à peine trois points (dans les meilleurs scénarios) ou étant à égalité avec lui (dans les pires).La clé réside dans l’élargissement de leur base traditionnelle.Les femmes constituent un de ces segments non acquis aux conservateurs.Le dernier sondage effectué par le Strategie Counsel pour le compte du Globe and Mail en juillet a quantifié le fossé entre les préférences politiques des hommes et des femmes.Si l’appui national au PC (31 %) ne variait presque pas selon le niveau d’éducation et de revenu des électeurs, il changeait beaucoup plus entre les hommes (37 %) et les femmes (26%).Cette tiédeur des femmes à l’égard des charmes conservateurs se reflète d’ailleurs dans la composition de la députation conservatrice (14 sur 125, ou 11 %) et du cabinet (7 sur 31, ou 22 %).Ce n’est sûrement pas un hasard si le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, a sauté sur l’occasion cette semaine de critiquer le député bloquiste Christian Ouellet, qui avait comparé la ministre Josée Verner à une «belle potiche».Qualifiant les propos de «complètement inacceptables», il a invité le chef Gilles Duceppe à
de

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