Le devoir, 12 juillet 2003, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 J l1 1 L L E T 2 0 0 3 CINÉMA Western en noir et scope Page E 3 NOUVELLES D’ÉTÉ La dame en bleu LE DEVOIR \r lilis Ssii SOURCE FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR ''Sv'ifSS.m ’'J.v y» S®-' Un mariafe Le Festival des arts de Saint-Sauveur: vers une association avec les Grands Ballets canadiens de Montréal Anick Bissonnette, première danseuse des GBCM, prend les rênes de la direction artistique de l’événement estival.Pour son coup d’envoi, elle a choisi d’inviter la Compania Nacional de Danza 2 et le Ballet national de Prague.FRÉDÉRIQUE DOYON ne petite révolution silencieuse s’est opérée au Festival des arts de Saint-Sauveur, fête estivale organisée quasi bénévolement par quelques passionnés d’art D’abord, l’événement qui se tenait au mois d’août depuis six ans se déroule désormais au cœur de l’été.Amorcé hier soir, il se poursuit jusqu’au 20 juillet.Un changement de garde colore aussi la septième édition du rendez-vous champêtre de la danse et de la musique.En effet, la première danseuse des Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM), Anick Bissonnette, se voit accorder le titre officiel de directrice artistique.Dans les faits toutefois, les choses n’ont pas changé autant qu’il y paraît.Anick Bissonnette a beau être une étoile dans le monde merveilleux du ballet, elle brille surtout par sa grande modestie.«J’ai le beau rôle parce que, en fait, il s'agit d'approcher les compagnies et de leur faire le plaisir de les inviter dans un festival, précise-t-elle d’entrée de jeu.Je n’ai pas les contraintes d’un directeur artistique de compagnie qui négocie les contrats.» De son côté, Jacques Delisle, grand manitou du festival depuis ses débuts, n’hésite pas à vanter les qualités multiples d’Anick Bissonnette pour justifier sa nomination au poste de directrice artistique.«C’est la personne idéale: elle a une bonne crédibilité, elle est intelligente, elle a des idées précises et contemporaines sur la danse et elle a un excellent réseau de contacts.» De plus, même si le choix n’a pas du tout été fait en ce sens, il reconnaît que la danseuse est une «très bonne ambassadrice» d’un autre projet en chantier au festival: celui de s’associer plus étroitement avec les GBC.Futurs résidents «On espère que les GBC deviennent la compagnie résidente du festival, affirme la danseuse.On aimerait qu’il y ait une création qui se fasse chaque année, donc les danseurs de la compagnie déménageraient à Saint-Sauveur pendant quelques semaines.Le public pourrait venir voir comment on monte une création.Et les danseurs qui le souhaitent pourraient enseigner.Mais tout ça est au stade des pourparlers.Et Saint-Sauveur n’a pas de lieu pour recevoir 35 danseurs», souligne Anick Bissonnette.Le projet se bute aussi aux problèmes des vacances des danseurs, lesquelles coïncident avec la période du festival.«On s’est promis de trouver une solution d’ici septembre», dit Jacques Delisle.D’ici là, le festival 4 tout de même présenté, en guise d’ouverture, le spectacle A suivre, entièrement conçu par des chorégraphes et danseurs des GBCM et présenté à Montréal cette saison.VOIR PAGE E 2: MARIAGE On aimerait qu’il y ait une création qui se fasse chaque année FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC Au royaume du country-rock SOURCE FESTIVAL D'ÉTÉ DE QUÉBEC DAVID CANTIN Après la visite des Good Brothers lors du premier week-end, c’est au tour des neveux The Sadies de faire un détour par le Festival d'été de Québec à la toute fin de cette 36r édition.Avec les Rosanne Cash, Mary Gauthier, Daniel Lanois, Howe Gelb ainsi que The Derai-lers, une pareille délégation country-folk n’a jamais été aussi forte dans les parages.Il ne manquait que The Sadies pour terminer ce volet de façon exemplaire.Ainsi, Travis Good et ses complices s’amènent avec leur mélange de country-surf qui s’étend même jusqu’au néo-psy- chédélisme californien.Le mauvais garçon du blues Andre Williams sera également de la partie à la place d’Youville dimanche soir.Du bon vieux rock’n’roll Depuis la parution de Precious Moments en 1998, les frères Travis et Dallas Good ne cessent de repousser les limites d’un rock à saveur country.Sur le plus récent album, intitulé Stories Often Told, The Sadies brouillent plus que jamais les genres, du garage au folk.En ligne avec Travis, le chanteur et guitariste affirme toutefois que le quatuor de Toronto ne fait que du bon vieux rock’n’roll.«On se ) * considère, à Ja base, comme un groupe de rock.Notre musique s’ancre néanmoins dans une certaine tradition country.On peut effectivement dire qu'on poursuit un genre musical qui a démarré avec Nashville Skyline et Sweetheart Of The Rodeo.» Dylan et Parsons sont en effet les deux références charnières pour quiconque s’intéresse à ce créneau en marge de Nashville.Par contre, on mentionne également les noms de Steve Albini et Greg Keelor (membre phare de Blue Rodeo) dans le scénario hors du commun des Sadies.VOIR PAGE E 2: SADIES v E 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUILLET 2 0 0 3 Culture MARIAGES SUITE DE LA PAGE E 1 Mais on verra surtout, dans cette édition, «des compagnies qui ne se sont pas présentées à Montréal durant l’année», annonce la directrice.Sous son égide artistique, le festival prend aussi un virage un peu plus contemporain et fait un retour à une programmation européenne après avoir axé sa dernière saison sur la danse américaine.C’est d’ailleurs ce qui a conduit au devancement du festival dans l’été, puisque «en août toutes les grandes compagnies européennes sont en vacances», relève Jacques Delisle.Avec Nathalie Buisson, ancienne danseuse des GBCM et membre du comité de programmation, Anick Bissonnette a choisi d’inviter la nouvelle Compa-nia National de Danza 2 (CND2), qui forme de jeunes danseurs au style et au répertoire du chorégraphe espagnol Nacho Duato.«C'est une plus petite compagnie qui ne viendrait probablement pas à la Flace des Arts», explique la grande admiratrice de Duato dont elle «pourrait regarder le travail tout le temps».Outre Duen-de, au répertoire des GBCM, la jeune troupe interprétera Coming Together, une autre œuvre moins connue du chorégraphe espagnol, ainsi que White Men Sleeping, une pièce du directeur adjoint de CND2, Tony Fabre.Une discussion avec Nacho Duato suivra la présentation de chaque spectacle.Coup de cœur Mais le coup de cœur de la directrice va au Ballet du 'Théâtre national de Prague, compagnie plus classique mais qui présentera deux créations, dont l’une du jeune chorégraphe et ex-danseur des GBCM Scan HounselL «Souvent, nos chorégraphes partent ailleurs, on en entend parier mais on ne voit pas ce qu’ils font, déplore la directrice./e trouvais que c’était intéressant de voir l’intégrale de Imprint dont la première a eu lieu au mois de juin à Prague.» La deuxième création, Ways 03, est l’œuvre du directeur de la compagnie pragoise, Petr Zuska, égale- ment un ancien danseur des GBC.Pour Anick Bissonnette, à qui il «faut vraiment une raison de faire venir les compagnies», l’invitation du Ballet de Prague est ainsi toute justifiée.Enfin, le troisième élément de programme de la troupe européenne est une pièce de Jiri Kylian inconnue au pays, Stamping Ground.Notons aussi la tenue du concours chorégraphique dont les candidats étaient d’une «qualité incroyable» cette année, selon la directrice du festival Les trois finalistes promettent donc de durs délibérés de la part du public et du jury.Enfin, la troupe Les Sortilèges fait un retour au festival, sans oublier quelques troupes des Laurentides.Côté musical, le chant est à l’honneur avec, en salle, le spectacle de Robert Marien qui chante les grands airs de comédies musicales et la venue de Cantabile de Londres.Sur les scènes extérieures gratuites, la musique tzigane s’impose notamment avec les formations Traky et Gadji-Gadjo.Anick Bissonnette avoue que la musique n’est pas sa tasse de thé; elle a donc cédé beaucoup de terrain à Jacques Delisle et au fondateur du festival, Lou Gordon, pour la programmation musicale, tout aussi élaborée que celle de la danse.Mais la danseuse-vedette reconnaît aussi que ses nouvelles fonctions de directrice s’inscrivent assez naturellement dans la suite de son métier de ballerine.«Ça me permet de toucher à autre chose, de découvrir que c’est quelque chose que j’aime faire, et j’apprends énormément», confie-t-elle, ravie.Anick Bissonnette sait que le vieillissement est sans pitié pour une danseuse.«Cette année j’ai freaké», confie-t-elle en évoquant le sacrifice qu’implique son métier.Les tournées et les longues heures de répétitions n’offrent souvent pas le loisir de développer d’autres atouts en parallèle.Mais gare à la méprise: la danseuse entend poursuivre la danse «encore longtemps».Festival des arts de Saint-Sauveur Jusqu’au 20 juillet SUITE DE LA PAGE E 1 D’ailleurs, c’est la première fois, sur Stories Often Told, que le groupe ne travaille pas en studio avec l’«an-tiproducteur» culte de Chicago.«Lors de l’enregistrement de Tremendous Efforts, on avait amené Albini dans le bled de Greg.Steve s’intéresse davantage à capter un son en particulier alors que Greg en suggère beaucoup plus en matière d’arrangements.Je crois qu’à l’étape de Stories Often Told, on se sentait vraiment à l'aise avec les conseils d'un musicien de la trempe de Greg Keelor» On réitère d’ailleurs que ce quatrième album marque une étape importante dans la recherche constante de cette formation canadienne.Moins linéaire que certains efforts précédents, Stories Often Told a d’ailleurs reçu un excellent accueil critique, surtout en Europe, où le groupe commence à se taUler une place enviable.Comme l’explique Travis, «lorsqu’on SADIES tourne avec des gens comme les Waco Brothers ou Neko Case, cela a nécessairement un impact sur nos chansons.Le but est toujours de savoir comment rendre la chanson la plus intéressante possible.Sur cet album, on était très heureux d’accueillir les Paul Aucoin, Doug Queen, Bob Egan ou Bryden Baird avec nous en studio.Le fait que nous soyons entourés de ces personnes que nous apprécions ne pouvait qu’avoir une influence positive sur notre propre matériel».À quoi peut-on s’attendre de ce première passage des Sadies à Québec?«On ne veut pas nécessairement se concentrer sur le dernier album mais plutôt choisir dans l’ensemble du répertoire des Sadies.En spectacle, il faut simplement s’ajuster selon les circonstances.On préfère revenir à un son beaucoup plus cru.Ça ne peut qu’être la fête dans un contexte comme le Festival d’été.» On se réjouit déjà de la venue des frères Good dans un tel contexte.La dernière fin de semaine du Festival d’été risque de plaire à un grand nombre.Aujourd’hui d’abord, les très populaires Cowboys Fringants devraient connaît un énorme succès sur les Plaines en compagnie des Vulgaires Machins.D’autres suggestions: Bob Geldof (l’ancien Boomtown Rats) et l’au-teur-compositeur canadien Hawks-ley Workman au parc de la Francophonie, ou encore le légendaire Peter Green Splinter Group à la place Métro.Dimanche, les Plaines devraient connaître une énorme affluence avec Kevin Parent et le Tony Levin Band.Quant aux amateurs de rock indépendant québécois, ils ne voudront certainement pas rater Les Chiens de même que Galaxie 500 au parc de la Francophonie.Dernière suggestion: l’excellent Orchestra Baobab en fin d’après-midi à la place d’Youville, des rythmes cubains qui se mêlent à la musique populaire du Sénégal.Un régal, quoi! THÉÂTRE Drôles de retrouvailles DAVID CANTIN Vous connaissez peut-être les films à succès Un air de famille ou Le Goût des autres?C’est le même tandem, Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoiti, qui est derrière Cuisine et dépendances, à l’affiche du 16 juillet au 16 août au théâtre du Petit Champlain.Il y a longtemps que du théâtre d’été s’était installé en plein centre-ville de Québec.Pourquoi pas?On parle d’une «comédie satirique à l’humour fin et grinçant».11 n’en fallait pas moins pour que les artisans du Théâtre du Palier s’investissent dans une telle aventure.Entre deux répétitions, le comédien et directeur artistique du Théâtre du Palier, Serge Bonin, reprend son souffle afin d’expliquer les enjeux qui se greffent à cette quatrième production pour la troupe de Québec.«On voulait une pièce assez légère pour l'été mais aussi compatible avec les principes du Théâtre du Palier.Lorsque la copine de Nicolas m’a fait lire Cuisine et dépendances, j’ai alors compris qu’on avait entre les mains un texte idéal pour le théâtre du Petit Champlain.Cette comédie satirique connaît un succès incroyable en Europe.Cétait le moment ou jamais.» Lauréate de trois prix Molière lors de sa création avant d’être adaptée au cinéma, Cuisine et dépendances met en scène des retrouvailles entre un couple et un ancien ami désormais célèbre.Cette tranche de vie se partage toutefois de la cuisine au salon.En attendant l’invité mystère, le climat bascule d’un extrême à l’autre.Dans un tel contex- te doux-amer, Bonin incarne le personnage de Jacques, «le bon gars qui n'a jamais vraiment réussi, le genre bonasse, sympathique et beaucoup trop faible de caractère», comme il aime bien le décrire.Un menu corsé De la tendresse à la violence des opinions, le menu s’annonce plutôt corsé.«Ce n'est pas que de la rigolade facile, confirme Bonin.Derrière l’attente de cette star de la télé qu’ils n’ont pas vue depuis dix ans, il y a toute l'hypocrisie de même que les défauts des invités qui s’accentuent sous nos yeux.Georges [l’hôte de Jacques et Martine], avec ses problèmes d’argent, cherchera aussi à profiter de la situation alléchante.On assiste à une sorte de radiographie des relations qu’entretiennent ces individus entre eux On ne peut que rire devant l’aspect plutôt loufoque des situations qui se précipitent.» L’homme derrière le Théâtre du Palier invite à croire que cette pièce, malgré ses airs de vaudeville, se situe dans la parfaite lignée des choix de la compagnie jusqu’à maintenant «Après La Dernière Lune et Trahisons,/esou-haitais revenir à un texte beaucoup moins sombre.Néanmoins, Cuisine et dépendances puise dans les défauts ainsi que dans les traits de caractère des personnages.Pour le Palier, c’est encore la complexité de l’être humain qui demeure au centre de la problématique.On veut rendre le théâtre contemporain accessible à tous, sans se perdre dans l’hermétisme ou la facilité.» Quels sont les autres projets dans l’air pour cette troupe fort in- téressante?Serge Bonin s’avance prudemment par rapport à cette question.«On voudrait éventuellement reprendre Monsieur Loves-tar et son voisin de palier, mais la situation reste difficile.L'affluence au Petit Champlain va certainement avoir un impact.Si jamais la réponse est encourageante de la part du public, on aimerait sans doute présenter un autre spectacle l’été prochain.Il y a toujours un élément d’incertitude.C’est une première expérience pour nous dans un contacte semblable.» Pour cette pièce du duo Bacri-Jaoui, le comédien a cru bon de faire appel à Paule Savard pour la mise en scène.«C’est quelqu’un avec qui on reste à l’aise.Chacun propose certaines idées face aux personnages, mais Paule amène une présence des plus rassurantes.Elle comprend plutôt bien et respecte l’esprit du Palier.» Au cours de la prochame saison, on devrait revoir Serge Bonin dans Iphigénie ou le péché des dieux, au Périscope, de même que La Bonne Ame de Se-Tchouan, de Brecht au Trident.De beaux défis en perspective.CUISINE ET DÉPENDANCES De Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui Une production du Théâtre du Palier Au Théâtre Petit Champlain, 68 rue du Petit Champlain, à Québec Jusqu’au 16 août VITRINE DU DISQUE Les enfants de Ferré font le Léo AVEC LÉO! Artistes divers Barclay (Universal) Ça pleurait dans tous les coins, sous toutes les tentes du Village VIE Le patron des FrancoFolies de La Rochelle, Jean-Louis Foul-quier, et le patron de l’Olympia, Jean-Michel Boris, se tombaient dans les bras.Les collègues et moi recueillions les témoignages: fallait un papier pour le lendemain.Ferré était mort C’était le 14 juillet 1993, en pleine fête nationale des Fran- LE FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR ÉDITION O O DU 11 AU 20 JUILLET çais et au beau milieu des Francos.L’anar et le poète avaient tous deux choisi leur moment pour passer de vie à trépas.Dix ans plus tard, l’industrie du disque, elle, ne choisit rien: c’est l’anniversaire, donc il y a disque-hommage.Et nouvelle bio de qualité intitulée L'Enfant millénaire et signée Jacques Vassal (chez Hors-Collection).Il y aurait aussi eu grande commémoration sur scène aux FrancoFolies de La Rochelle si lesdites Francos n’avaient pas été annulées, rapport à l’interférence musclée des intermittents en lutte: c’est Bernard Lavilliers, fils spirituel officiel du camarade Léo, qui avait en main l’affaire, laquelle n’était pas petite, avec les Jacques Higelin, Daniel Auteuil, Jane Bir-kin, Juliette Gréco et autres Pierre Arditi au programme.On se reprendra dans cinq ans: il y a toujours des chiffres ronds à venir pour les morts.Lavilliers ne fera pas complètement chou blanc: avec Higelin, il est de l’album concocté par Alain Gac et Sylvain Taillet au rayon recyclage de chez Barclay.Album d’héritiers de Léo triés sur le volet pas de demi-sels à la Bruel ou Pagny.N’ont été appelés que les purs et durs d’hier et d’aujourd’hui, Ba-shung, Brigitte Fontaine, Noir Désir, Dominique A, Miossec, et quelques groupes, Tue-Loup, Zeb-da, autant de bonnes graines d’in- KM AMI OIONYSO ¦.AVI LU BASHUNG MltTK Mniy PAMARflnc transigeants.Pas des mauviettes, en tout cas, si l’on en juge par les titres choisis: pour un Higelin qui se la joue coquine avec la Jolie môme chère à Gréco, c’est la jugulaire qu’empoignent les Tue-Loup (La Solitude), Miossec (O triste, triste était mon ami, poème désespéré de Verlaine), Dionysos (implacable Thank You Satan), Noir Désir (radicale Des armes), Lavilliers (incontournable La Mémoire et la Mer), Zebda (plus qu’intense version de Vingt ans) et Fontaine (Ame, te souvient-il?, encore du Verlaine douloureux).Se distinguent avantageusement Katerine, qui redonne à L’Été 68 tout son psychédélisme, et Bashung, qui ose réinventer Arec le temps, en récitatif sur fond de reggae machinique.Avec Léo! n’est pas un disque léger, c’est voulu et cela se sent Un peu trop, dirais-je.Voyez comme on VOIR PAGE E 4: VITRINE PREMIERES NORD AMÉRICAINES BALLET DU THEATRE NATIONAL DE PRAGUE Petr Zuska, directeur artistique • 1 2 et 13 juillet COMPANIA NACIONAL DE DANZA 2 NACHO DUATO, directeur artistique • I 8 et 19 juillet t'été au Domaine (yoixfdJx, U- nsnvAi 1 N I i-.RNA'l lONAl 2003 S.ai ' liu’vfr.-fj'HARUVOtX Les grands solistes et chorégraphes du Québec Anik Bissonnette, Mario Radacovsky, Heidi Rood, Dennis tepsi.Cantabile, l'humour vocal britannique à son meilleur Finales du concours international de chorégraphie Robert Marien, tes grands airs de comédies musicales Orchestre Philharmonique du Nouveau Monde 11 juillet 15 juillet 16 juillet 17 juillet 20 juillet SPECTACLES GRATUITS SUR U SCÈNE EXTÉRIEURE • EXPOSITIONS • ANIMATION informations/réservations: (450) 227-9935 Forfaits hébergement: Manoir Saint-Sauveur 1-800-361-0505 Saint Sauveur IN I F.RNÂ1 IONAL du Domaine Forget 21 juin au 24 août 2003 Tous les concerts sont à 20h30 à moins d'une mention spéciale.Les concerts identifiés ^ seront enregistrés et retransmis sur la chaîne culturelle de Radio-Canada dans le cadre de l'émission Concerts d'été PINCHAS ZUKERMAN Pinchas Zukerman et compaqni Jessica Linnebach violon, Donnie Deacon, violon et alto Jethro Marks, alto, Amanda Forsyth, violoncelle Margaret Tobolowska.violoncelle ____ Œuvres de SCHUBERT, MOZART, et TCHAÏK0VSKI Le plaisir de la musique de chambre! 32$ 'v> Desj.irdins Les Caisses Desjartjms 0 tuile ANDREW DAWES CAS PUBLIC Andrew Dawes, David Stewart, Mark Fewer, Claude Richard, Andrée Azar, violons François Paradis, DougUs McNabney, altos 0nan Manker, Johanne Perron, violoncelles Elise Richard, et Jean Marchand, piano Œuvres de GEORGES ANTHEIL, RAFF et TCHAIKOVSKI Rendez-vous des chambristes canadiens.Cas Public (Compagnie de 'dinse) Direction artistique : Hélène Blackburn Courage mon amour Musique de SOKOLOVIC, RISTIC, GILBERT Émitie Caron et Chartes-Étienne Marchand, violons Public, la Biennale ife v,n.s, « l'Ensrmblt Conttmponin de Mort HS BRUNCHES MUSIQU TOUS LES DIMANCHES DE llh À Hh 20 jiultci «Transparence» Claude Légaré, voix et Lucie longpré, piano Alti Kabouche Sylvain Rodrigue et Simon Drouin.Musique du monde jml Coût > 26,75$ Adultes 12,75$ 6 J 12 an Gratuit Moins de l Taxes et services indu! Saint Sauveur ¦ ^ ¦ Patrimoine Canadian canadien.Heritage Canada Québec EIU @PAVO AI K I OR|*OR\ltn\ ni < \v\i»\ BUT nu RI H TT ABONNEMENT (418) 452-3535 ou 1-888-DFORGET ( 336-7438) www.domaineforget.coin L'ABONNEMENT AU FESTIVAL ADMISSION ?Adultes : 26$ ou 32$ 10 billets de concert au choix Aînés (60 ans et plus) : 24$ dam la programmation régulière du Fmtival pour Étudiants • 16 $ seulement 225 $ (tares incluses), et bien plus encore.Enfants jusqu'à 12 ans gratuit Vous ny trouverer gue des avantages, renseigner-vous.Les ta.es sont incluse, lans les pria.31 Billetech -tâ f LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUILLET 2 0 0 3 î JT 10 nouvelles chansons et une reprise de La butte | JË ENFIN DE RETOUR SI R DISQUE! Culture e< x C e n t r i s horaires S14 847 2206 www.ex-centris.com CINÉMA Un film de premier de classe Western en noir et scope SWIMMING POOL De François Ozon.Avec Charlotte Rampling, Ludivine Sagnier, Charles Dance, Marc Fayolle, Jean-Marie Lamour.Scénario: François Ozon, avec la collaboration d’Emmanuèle Bernheim.Image: Yorick Le Saux.Montage: Monica Coleman.Musique: Philippe Rombi.France-Grande-Bretagne, 2003,102 minutes.MARTIN BILODEAU Les influences cinéphiliques sont si clairement identifiables dans l’œuvre de François Ozon qu’elles finissent par désavantager ses films, dans lesquels on cherche, au-delà du quiz référentiel, la personnalité du cinéaste.En effet, s’ils possèdent d’indéniables qualités plastiques et dramaturgiques, les Gouttes d’eau sur pierres brûlantes (façon Fassbinder), 8 femmes (façon Cukor) et maintenant Swimming Pool sentent le travail du bon élève, voire du premier de classe, et non pas celui de l’enfant terrible du cinéma français qu’Ozon n’a finalement jamais été.On lui reconnaît un sommet, Sous le sable, film intrigant, déstabilisant, authentique, qui ramenait Charlotte Rampling dans les ligues majeures du cinéma européen.Sa responsabilité étant qu’elle y demeure, Ozon a écrit pour elle ce polar psychologique bien ficelé, amusant mais somme toute anodin, tourné aux trois quarts en anglais afin de rejoindre le marché anglo-saxon, et particulièrement américain, qui le reçoit en même temps que nous après avoir eu SOURCE FILMS SEVILLE Ludivine Sagnier et Charlotte Rampling dans Swimming Pool de François Ozon.vent du succès de 8 femmes.Rampling campe Sarah Morton, une auteure de romans policiers anglaise, coincée et abstinente sous tous les rapports, que son éditeur (Charles Dance), dans l’une des premières scènes du film, envoie trouver la tranquillité et l’inspiration dans sa villa du Lubéron.Débarque bientôt Julie (Ludivine Sagnier), fille de l'éditeur et emmerdeuse petite lolita de province, qui s’installe et mène un train de vie qui répugne à l’autre, jusqu’à ce qu’au mitan du film les deux femmes se rejoignent en terrain neutre, à la frontière de la réalité et de la fiction.Au chapitre des références, l’élève a fait ses devoirs.Ainsi, le thème de l’ambiguïté sexuelle, décliné à l’anglaise, évoque les plus pervers dçs Losey (The Servant, Victim).À l’inverse, la musique de Philippe Rombi, sur le thème du Psycho d'Hitchcock, témoigne d’un désir, chez le cinéaste, de jouer à jeu ouvert.L’auteur, en fait, s’interroge sur la nature de l’acte de création, ce qui le motive, ses obstacles et ses conséquences.Mais la question, on le comprend très vite, ne l’intéresse qu'à moitié, et ultimement ne fait que servir de caution à l’exercice.Ozon préfère s’envelopper dans son climat et se mirer dans la surface polie de son film.Quant à Rampling et Sagnier — dont le duel reste inégal —, elles ont beau changer de vêtement et de comportement au fil de l’intrigue, leur psychologie ne semble guère plus développée que dans la première scène où elles sont apparues.Leur performance, honnête sans plus, est à la hauteur de ce Swimming Pool chloré, en phase avec son époque, agréable à regarder et facile à transporter mais dépourvu de cette profondeur qui lui permettrait de s’inscrire dans la durée.Sans queue ni tête THE LEAGUE OF EXTRAORDINARY GENTLEMEN De Stephen Norrington.Avec Sean Connery, Shane West, Stuart Townsend, Peta Wilson, Jason Flemyng.Scénario: James Dale Robinson.Image: Dan Laustsen.Montage: Paul Rubell.Musique: Trevor Jones.Etats-Unis, 2003,112 minutes.MARTIN BILODEAU Les superhéros de The League of Extraordinary Gentlemen n’ont de super que le nom.Le réalisateur de Blade, Stephen Norrington, a beau présenter Jeckyl et Hyde (Jason Flemyng), le Capitaine Nemo (Naseeruddin Shah) et Tom Sawyer (Shane West) comme les premiers vrais superhéros de l’histoire de la littérature, on ne le croit qu’à moitié en entrant dans la salle et plus du tout en en sortant C’est que son film est un magma informe composé de personnages romanesques grossièrement esquissés, d'idées inabouties et d’intrigues sans queue ni tête.L’idée première d’Alan Moore et Kevin O’Neill, dont les romans illustrés ont servi de matière première au film de Norrington, consistait à raconter des histoires réquisitionnant simultanément les héros issus de l’imaginaire de Jules Verne, Bram Stoker, Robert Louis Stevenson, Mark Twain, Oscar Wilde, Ralph Elliston et H.Rider Haggard — ce dernier père du héros principal, Allan Quatermain, as des safaris ké-nyans défendu par Sean Connery.Nul doute que cette intention aurait été celle de Norrington, celukd eût-il montré un quelconque intérêt pour la littérature.Devant la preuve du contraire (sa seule idée riche consistant à rassembler ses héros dans une bibliothèque), on s’interroge sur la pertinence de faire monter à bord du Nautilus de Nemo (issu de 20 000 lieues sous les mers, de Verne) un équipage aussi mal assorti, sous seul prétexte de sauver le monde de la folie destructrice d’un fantôme masqué qui ne ferait pas peur à un enfant.L’homme invisible CTony Curran), Dorian Gray (Stuart Townsend) , la vampire Mina Harker (Peta Wilson) et consorts en sont quittes pour brasser le vide d’une fausse antiquité dans laquelle les incohérences sont effacées à grands coups d’explosions, l’intrigue rapiécée au I montage et la vacuité masquée par de somptueux décors (de Londres sous la pluie, de Venise sous les étoiles) qui sentent l’usinage en studio.L’intrigue, les personnages, les décors.Norrington, décidément, a tout faux.Du coup, cette laborieuse parabole sur la naissance du XXe siècle — puisque c’est ainsi que le film se présente — n’a rien de la grande aventure victorienne dont elle se réclame et tout des blockbusters bu-shiens avec lesquels Hollywood a choisi d’attaquer le XXL.L’HOMME DU TRAIN De Patrice Leconte.Avec Jean Rochefort, Johnny Holliday, Jean-François Stevenin, Edith Scob, Isabelle Petit-Jacques.Scénario: Claude Klotz.Image: Jean-Marie Dreujou.Montage: Joelle Haché.Musique: Pascal Estève.France, 2002,90 minutes.MARTIN BILODEAU De tous les grands genres cinématographiques (comédie, drame, film noir, etc.), le seul que Patrice Leconte n’avait pas abordé jusqu’ici est le western.C’est maintenant chose faite avec L’Homme du train, un western en noir et scope, ludique et grave à la fois, dans lequel le réalisateur de Monsieur Hire et de Tango oppose deux légendes antinomiques, soit celle de Jean Rochefort, grand acteur classique, et celle de Johnny Halliday, vieux rockeur lissé au fer.Dans la première scène de L'Homme du train, ce dernier descend sur le quai de la gare d’une petite ville de province endormie.Leconte filme son parcours par un long travelling sur le quai et sur les montures — ici, des bicyclettes — qui attendent leurs maîtres.Le ton est donné, le héros perturbateur, désigné, et le réalisme, balayé du revers de la poésie façon Ford et Zinnemann.La rencontre de ce braqueur de banques avec un instituteur à la retraite (Rochefort), qui l’hé-bergera faute d’un hôtel ouvert en ville, n’était possible que sur le terrain de la fiction.Leconte en est conscient et met cette absurdité au service de son film, dont le feu, jamais spectaculaire, crépite sous le choc de ces deux héros de province qui se fascinent l’un l’autre.Le personnage de Halliday, qui a chevauché sa vie au grand galop, rêve en effet de pantoufles et de cognac au coin du feu.A l’inverse, l’alter ego de Rochefort, vieux garçon rangé, aimerait connaître l'exaltation du danger, des voyages, des femmes.Leconte tire le maximum de matière de ce sujet a priori limité, explorant les fantasmes de l’un et de l’autre à travers des scènes souvent comiques, dominées par la personnalité d’un Jean Rochefort en verve.Le cinéaste, qui le connaît bien pour l’avoir dirigé dans Le Mari de la coiffeuse, exploite ici son caractère vieille France, laissant au laconique Halliday, d’une présen- IBtaftUES DE MONTREAL Juliette Grèce La grande dame de la chanson française! 26 juillet, 20 h CES ÉVÉMEIV1EIMTS FORD ESCAPE SALLE WILFRIO-PELLETiER, PLACE DES ARTS Louise Forestier Son tout nouveau spectacle en avant-première 25-26 juillet, 20 h 31 Chansons intimes billets en VENTE MAINTENANT ! (514) 790-1245 TÎ'Ç ejfX rj\ ^ SOYEZ AU RENDEZ-VOUS DÈS LE 24 JUILLET Michel ^Rivard L " EN TRIO, AVEC UN INVITÉ ^1, r DOTÈRENT CHAOUE SOIR MARC DÉRy le 25 juillet, ARIANE MOFFATTHe 26.—""DUMASJei7, CATHERINE DURAND le 29, MICHEL.FAOBERT-le 30, CHL0É SAINTE-MARIE le 31, MARTIN LÉON le L'août et MARA TREMBLAY le 2 19 h 30 C knifes mtsicedu CABARET MUSIC-HALL • r.(IITV VACARMES CABARET .o^co^Co.Billetterie Au Speclrum wwwspecmm Aux comptons Admission El Desjardins Canada muBicaetion $ Radio-Canada airm mm ISjiXI Ville de Montréal GC Québec Q ROGERS COMMUNKArtOM* SAMS PH iToumiMt i-vMO (Montréal V^JUCUCC U El SOURCE: FILMS SEVILLE Johnny Halliday et Jean Rochefort dans L'Homme du train de Patrice Leconte.ce étonnante, le soin d’importer dans le film son aura de cow-boy du Far West, fût-elle factice.Au-delà de la surface, plaisante, ludique, d’une plastique admirable, on sent toutefois peser le poids de l’exercice.Les ficelles deviennent apparentes, les marques au plancher aussi.De même, certains bons mots, clichés tendres et phrases toutes faites à la Michel Deville («L’éternité dure toujours jusqu'à samedi», par exemple) saoulent comme un jeu radiophonique.Cela dit, lorsque L’Homme du train nous dépose au terminus, on songe moins à ces bémols qu’au plaisir contagieux qu’a éprouvé Patrice Leconte à allumer un feu en frottant ensemble deux légendes auijsi dépareillées.À noter: Les Films Séville, qui détient les droits de distribution de L'Homme du train pour le Canada français, a choisi de ne pas sortir le film en salle.Du coup, la maison de distribution québécoise laisse à Equinoxe Films, qui exploite au Canada anglais la licence de Paramount Classics, le soin de le sortir en version originale avec sous-titres anglais.Ainsi ce film apparaît dans les horaires sous le titre de Man On The Train.FILM D’OUVERTURE COMEDIA JUSTE POUR RIRE «UN PETIT «BIDONNANT, CHEF D’ŒUVRE!» DÉCAPANT» — J D • LE MONDE Laurent Diiien • CINÊLIVE «UN SUCCÈS INDÉNIABLE.TOTALEMENT ORIGINAL!» — 8 0 • L'INDÉPENDANT «RÉJOUISSANT, DYNAMIQUE ET INVENTIF» — F T • LA PROVENCE «UNE BELLE SURPRISE!» — Charlotte Robinet • RÉPUBLIQUE «?COMÉDIE GRINÇANTE ET POLAR DÉLIRANT» - LE PARISIEN 1 FRANCOIS BERLEANO GUILLAUME CANET DIANE KRUGER PRETS A TOUT POUR REUSSIR?UN 8MLM GUILLAUME CANET IBMWNilto'WMrimtlJiQViEWKKHM MUVQfi RM KH WffHHfNEMmi .^_____________ reBUBlHlIQf CIMhlISMF üMHWlilflliM •UtèlIQWeettiMiUI! «P IKM Ml flff ilffi HHKWeaeinRHCli ¦mMlMNB» wm'NrmmmXHmnklÊU«omeMMBIUMOW «VIPBIS(M l'IB UIRIÜUHEM«MM«KlfEMK'e.'.ie.tm.iliK&i MmlMTClIWH! MT, www.manidala-lsfilm.aom EQUINOXE DES LE VENDRED118 JUILLET! Mise en scène : Dominic Champagne Avec Andre Barnard.Pierre Benoit, Ludovic Bonnier, % Dominic Champagne.Violette Chauveau, Michel-Andre Cardin.Julie Castonguay, Estelle Esse.Norman Helms, Charles Imbeau.Bruno Marcil, Evelyne Rompre et Mario Saint-Amand 1" août, 21 h Les nuits ZX5 de ford focus ^ METROPOLIS Formule cabaret jilarpfv assis*! SsHI PLUS DE 2 MILLIONS $ AU BOX OFFICE gm n ÊÊm «nniÉIMi GAUOfttADU «taBMKWiiSiraMwiao «wnMsm uh loue «utwtauinuuii | www.mamboltAll»no.cA j ^ « EQUINO À L'AFFICHE CONSULTEZ LES QUIOES HORAIRES HS CINEMAS L K I) K V 0 I H .L K S SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 .1 l’ 1 L L E T 2 0 0 3 Ë 4 Culture CINÉMA Le grand manège THE PIRATES 0F THE CARIBBEAN: THE CURSE OF THE BLACK PEARL Réalisation: Gore Verbinski.Scénario: Ted Elliot, Terry Rossio.Avec Johnny Depp, Geoffrey Rush, Orlando Bloom, Keira Knightley.Image: Darius Wolski.Montage: Craig Wood, Stephen Rivkin, Arthur Schmidt , Musique: Klaus Bablet Etats-Unis, 2003,135 minutes.ANDRÉ LAVOIE Les studios Disney viennent de franchir un nouveau pas pour pallier l’absence d’imagination des bonzes d’Hollywood.Après les romans, les séries télévisées, les bandes dessinées et les jeux vidéo, les parcs d’amusement et les manèges servent maintenant d’inspiration à des scénaristes chargés de leur accorder une autre vie sur grand écran.D’abord environnement «concept» dans un parc thématique, The Pirates of the Caribbean: The Curse of the Black Pearl est devenu un film de Gore Verbinski qui, après The Ring, a encore la chance de s’assoupir (un peu) sur un solide scénario signé cette fois par Ted Elliot et Terry Rossio (Shrek, Aladdin).Quant à l’impressionnante galerie de personnages s’agitant dans cette formidable aventure, pas le temps d’affûter ses couteaux car l’heure est aux bagarres stylisées et aux pirouettes maritimes.Un film de pirates avec Johnny Depp?C’est assurément la grande bizarrerie de l’été mais, parmi toutes les productions tapageuses et lobotomisées qui assombrissent la belle saison, sans compter les suites au caractère prévisible, The Pirates of the Caribbean affiche des prétentions qu’il peut pleinement assumer, dont celle, et non la moindre", de divertir.Dans ce contexte de joyeuse superficialité, on aurait bien tort de s’en détourner.Véritable course à obstacles où l’on trébuche, sans trop se faire de mal, d’un genre à l’autre, les fantômes côtoyant les pirates et les amoureux transis, The Pirates.multiplie les quêtes pour mieux nous étourdir.Aux commandes de la Perle Noire, le capitaine Barbossa (Geoffrey Rush) et sa bande d’abrutis capturent.avec fracas, la fille du gouverneur, Elizabeth Swann (Keira Knightley), possédant depuis l’enfance un médaillon en or capable de conjurer le mauvais sort qui fait d’eux des morts-vivants.Amoureux fou de la belle captive, le jeune armurier Will Turner (Orlando Bloom) vole à son secours avec l’aide du flibustier Jack Sparrow (Johnny Depp), qui cherche à reconquérir son précieux navire volé par Barbossa.Sparrow ne faisant jamais dans la dentelle, il s’empare d’un bateau de la marine anglaise, mettant ainsi les soldats à leurs trousses.Avec un soupçon d’ironie, une tonne d’effets spéciaux ainsi que des duels et des querelles réglés au quart de tour.Gore Verbinski et sa bande s’amusent ferme à orchestrer cette joyeuse équipée, se préoccupant plus d’efficacité que de vraisemblance.Sans que le manège se détraque ou perde de la vitesse, The Pirates.jongle avec tous les clichés du genre sans aucun complexe et avec même parfois une certaine élégance.Cette atmosphère très nette de frivolité assumée se cristallise autour du magnifique duel Johnny DeppGeoffrey Rush, tous les deux optant pour un jeu outrancier aux effets jubilatoires.Pour expliquer ses allures maniérées et cabotines, Depp avoue s'être inspiré de.Keith Richards des Rolling Stones.On croit plutôt voir se dandiner un travelo égaré au XVIIT siècle et cuvant son rhum sur une île de la Jamaïque.L’effet de bonne humeur contagieuse est garanti.Le ton irrévérencieux du film ne va pas jusqu’à la courageuse relecture de tous les mythes et clichés des aventures de pirates; pour cela, il aurait fallu un Tim Burton au gouvernail.Ici, le perroquet n’est jamais très loin, les soldats anglais semblent toujours aussi coincés dans leur uniforme, la beauté fatale sort de l’eau sans altérer son maquillage et les très sors demeurent cachés dans des grottes trop bien éclairées.Mais tout cela est ficelé de manière si réjouissante, camouflant habilement une longueur que certains jugeront excessive (plus de deux heures de péripéties trépidantes).Comme magnifique parc d’attractions, The Pirates.loge à la bonne enseigne.JAZZ ET BLUES Le plaisir de jouer SERGE TRUFFAUT C> est l’histoire d’une chambre pleine de blues dans laquelle s’entassent depuis trente-cinq ans huit bonshommes qui n’ont jamais donné prise à la mode du temps pour mieux se cantonner et défendre le blues-swing-jazz ou le jazz-swing-blues ou.Mettons que les huit musiciens qui forment le Roomful of Blues sont les commis voyageurs du It Don’t Mean A Thing If You Ain’t Got That Swing de Duke Ellington ou, mieux, les commis-greffiers du Just Swing Baby de Count Basie.Bref, üs sont les sculpteurs de la note ronde et balancée en toute simplicité.Trente-cinq ans, cela nous ramène en 1968.Qu’on imagine, au moment où les «ippiseeess» nous polluaient les oreilles avec le In A Gadda Davida d’Iron Butterfly ou avec les insalubrités psychédéliques de Quicksilver Messenger Service, un petit groupe de jeunes franco-américains alliés avec des Italo-Américains ont fait un gros pied de nez au goût du jour et aux réductions de sens de l’été de ELLIOTT MARKS Johnny Depp joue le rôle du flibustier Jack Sparrow dans The Pirates of the Caribbean de Gore Verbinski.Cet été au Théâtre Hector-Charland à L'Assomption les Mercredis Morency Si c'est pastOIc>est ITIOI ! 26 juin au 23 a , ètonnc*.uM 2 juillet au 20 août 2003 l’amour pour souligner les grandes heures de Louis Jordan, T-Bone Walker et Big Joe Turner.Ceux et celles qui à l’époque glissaient des fleurs dans les rouflaquettes en gratouiDant les notes du malaise ne sont plus dans les environs.Le Roomful, ha, a tenu la rampe comqie la distance.Il est toujours là A preuve, il vient de publier That's Right, qui a ceci de particulier qu’il signale deux nouveautés.La première?Ils ont quitté l’étiquette Rounder pour mieux signer avec Alligator.La plus importante?Ils ont remplacé le chanteur Mac Odom, trop soul, trop gospel par Mark Dufresne, qui se fond mieux dans le groupe parce que plus swing, plus blues, plus puissant qu’Odom.Au téléphone, le trompettiste Bob Enos, qui a Louis Armstrong pour héros, était tout content Du chanteur, du changement d’étiquette, du dernier album.On dira: le contraire aurait été étonnant, mais c’est mal connaître notre homme, qui est aussi sympathique que maître du franc-parler.«Je suis fier de ce que nous sommes.Depuis le temps que nous sommes sur la route, on pourrait croire que le plaisir s’est émoussé.C’est vraiment pas le cas.On aime travailler.Point.Un musicien est fait pour être sur scène.Cela fait 22 ans que j’ai rejoint le Roomful.Vingt-deux ans que nous donnons 200 à 250 shows par année.On égaye la vie des gens.Depuis le 11 septembre, on est encore plus conscients de cela.Se plaindre des voyages, du décalage horaire, de la vie d’hôtel, ce n’est pas notre genre.On est là Pour travailler.Et comme notre boulot consiste à jouer.» Pour cet album, «on a choisi d'enregistrer pas mal de morceaux en moins de trois minutes, d’aller à l’essentiel.Je crois que nous sommes plus “tight" que jamais.» Les solos sont moins longs, mais plus incisifs.C’est de la belle et bonne ponctuation.Le travail de chacun a été particulièrement bien réparti, bien équilibré.Le programme?A la différence des récents albums, il comprend moins d’originaux et davantage de classiques du jump-blues.Shame, Shame, Shame, How Long It Will Last, That’s Right, 2 Point 8, You’re Driving Me Crazy, Ocean Of Tears, We Can’t Make It, Tennessee Woman, I Know Your Wig Is Gone, I Just Got To Know, Lipstick, Powder And Paint.Le tout est tellement bon qu’on aimerait commander la mémorisation des noms de ces messieurs à tout un chacun: Chris Vachon à la guitare, Mark Dufresne au chant.Rich bataille au ténor et à l’alto.Bob Enos à la trompette, Mark Stevens au piano et à l’orgue, Mark Earley au baryton et au ténor, Brad Hallen à la basse et Jason Corbière à la batterie.VITRINE SUITE DE LA PAGE E 2 est dignes de lui, semblent-ils tous signifier, poing levé.Voyez comme on est dignes d’achat, ajouterait le cynique.Et la compagnie de disques.Sylvain Cormier T K C II N O POST OFFICE Artistes variés (Telegraph-Statik) Post Office possède des allures de manifeste.Avec les Cabanne, Daniel Bell, Robert Hood et Aku-fen, la techno-house minimale se porte pour le mieux sur cette compilation qui arrive directement de France.Difficile même de trouver une meilleure introduction avec des pièces instrumentales aussi fortes que Do The Dimbi de Dimbiman, Daredard de Cabanne, tout comme la très subtile My Life Without a Wife de Ricardo Villalobos.Les mélomanes qui connaissent déjà la compilation Superlongevity sur l’étiquette allemande Perlon vont sûrement adorer.Capables de faire le lien naturel entre l’écoute paisible et l’énergie des pistes de danse, ces morceaux revendiquent une épuration de même qu'une fluidité plutôt convaincante.Volontiers hypnotique, le choix ne laisse aucun répit De plus, la cohésion de l’ensemble brille par ses nombreuses astuces.Un titre à posséder chez Telegraph.David Cantin ROCK MOTOR MOTEL LOVE SONGS Jason CoDett (Arts & Crafts-EMI) Suite à l’aventure fructueuse du collectif torontois Broken Social Scene, Jason Collett revient avec un album solo beaucoup plus paisible.Bien entouré (Hawksley Worionan, Andrew Cash, Howie Beck), l’au-teur-compositeur canadien revisite à sa façon tout un héritage country-rock qui va de Gene Clark à Wilco.Bitter Beauty inaugure l’album de façon exemplaire: un morceau très accrocheur avec la voix de Collett qui se mêle à celle de Leslie Feist Ensuite, c’est au tour de Little Clown avec sa saveur un pieu plus folk ainsi que des arrangements plutôt bien.Entre divers états d’âme et une sorte de mythologie de l’errance, ce jeune vétéran de la scène canadienne profite de l’occasion sur Motor Motel Love Songs pour écrire son journal de bord inspiré des tourments de l’existence quotidienne.Même si la qualité varie d’un titre à l’autre, on doit admettre que l’homme possède un talent naturel.Alors qu’on cite très souvent Ron Sexsmith comme la référence dans De gauche a droite Texte Sylvie Lemay Linda Roy, Donald Pilon, Marc St-Martin, Mise en scene Michel Bérubé Nathalie Gascon, Tony Conte et Hélène Mercier tortai pel de la «voix-sans-voix» de sa fille archisouffrante dont l’existence correspondait à une «phase interminable», Le Don de la mort s’élève contre une «loi coupable de ne pas juger tous les meurtres — par omission.Une loi qui absout des consciences coupables de non-intervention auprès des personnes en état de souffrance insoluble».Présentant Latimer comme un «sage-homme qui met sajilU ou monde dans la mort», Bujold refase l'argument de fa «pente glissante» selon lequel «acquitter Robert l/ittmer pourrait très bien revenir à dire que la "chasse est ouverte" sur tous les enfants ayant des déficiences st-mblables».Cet argument, selon lui, revient à noyer le cas des «lourdement handicapés» dans fa cause des «personnes avec des déficiences».«Est-il juste et moral, demande-t-il, de maintenir "en mort", de stm tirant, quelqu’un qui, plus que désamntage et qui ne peut dtmner son consentement, est incapable par lui-mcme d'ét'oluer et est condamné à surtivre?» Ultimement, ajoute-t-il, cette cause soulève ime question universelle qid concerne notre humanité même: «|.| où en stmtmes-ntrus lions rudre capacité et dans notre habileté à nous aider les uns les autres, d nous porter dimtement secours, d’individu à inditidu?Aiwwt toute forme de compassion et en ilehons de tout mot et de tout concept.» Très bouleversant, cet ouvrage, que l’auteur a voulu inscrire dans «la démarche du poète qui avance, recule, bifurque, revient sur ses pas, piétine, bute et s'emmêle dans ses mots.», répond oui à l’impossible question formulée en sous-titre: «Tuer peut-il devenir un acte d'amour?» Parvient-il à nous en convaincre?Peut-être pas.Mais à nous ébranler, certainement.louiscomellierdfoparroinfo.net HAUT ET COURT L’histoire des dernières pendaisons au Canada Alan Hustak LE DON DE LA MORT Tuer PEirr-n.devenir un acte d’amour?Au CŒUR DE L’AFFAIRE LaUMER Michel-Wilbrod Bujold Les deux ouvrages aux Editions Trait d’Union Montréal, 2003, respéctivement 224 et 176 pages MÉMOIRES LITTÉRATURE SUD-AFRICAINE La cité de Lajoie JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Pierre Lajoie: ex-président du Parti libéral du Québec, exconseiller et ex-secrétaire exécutif de Robert Bourassa.Avec le temps, l’homme du parti des affaires est devenu l’homme des affaires du parti, puis celui des affaires tout court Sans jamais trop oublier le parti, il faut le dire.Pierre Lajoie, 63 ans, vient de publier un livre.Ses mémoires.Un journaliste écrivait l’autre jour que Pierre Lajoie a la plume d’un écrivain.Le lisant, je ne vois pas bien quel écrivain aurait pu daigner lui prêter la sienne.Disons tout au plus que ce monsieur a écrit un livre de politicien.Quelque chose d’ailleurs situé quelque part entre les mémoires et le petit pamphlet.D’entrée de jeu, Lajoie se demande ceci: «Aurions-nous des bibliothèques si personne ne se donnait la peine d’écrire?» En somme, Pierre Lajoie rend service à la société, croit-il, parce qu’il a écrit un livre.Son livre.Sur le plan politique, ce monsieur considère que tout se joue en gros sur l’échelle suivante: «Au haut de l’échelle, il y a Claude Ryan et, au bas, il y a le cofondateur du Parti québécois.» Entre les deux, on comprend qu’il s’est passé beaucoup de choses.Sa femme, bonne et compréhensive, pourrait certainement nous en raconter pas mal.Lajoie nous dit en tout cas qu’elle a dû faire des sacrifices.Entre autres choses, pendant longtemps, «elle reçoit une valise de vêtements sales qu’il lui faut refaire avec des vêtements propres».En politique, chacun doit faire sa part dans le linge sale.C’est connu.Au bas de son échelle des valeurs politiques, c’est-à-dire à la hauteur de René Lévesque, c’est en fait à Ihqmme de gauche qu’il s’attaque.À ce sujet, la profondeur de sa réflexion est plutôt rare, comme il le dit lui-même.«Il est en effet assez rare de nos jours d’entendre des intervenants mettre la société en garde contre des idéologies socialistes, dérivées du communisme et charriées dans le sillage des premières grandes luttes syndicales qui ont affranchi les travailleurs.Ces idéologies ont été édulcorées, mais leur potentiel de corrosion ne l’a pas été, lui.» Claude Wagner, un ancien ministre du Parti libéral, recommandait de pendre les séparatistes.Lajoie ne va quand même pas si loin.Il sait faire la part des choses, à l’évidence.Sa solution?Tout d’abord se débarrasser de l’emprise de l’Etat tout en se débarrassant de la gauche.Original, comme on le voit.Mais il faut aussi, du même souffle, veiller à écarter les profiteurs du système.D’ailleurs, ce serait facile puisqu’on sait bien où ces gens-là vivent: «Dans certains faubourgs de nos grandes villes ou dans des campagnes éloignées, nous en sommes rendus à la troisième génération de personnes qui ont adopté ce style de vie.La troisième génération de BS.» Hors de la cité de Lajoie, point de salut Lajoie est surtout bien connu dans la région du Saguenay et du lac Saint-Jean.Depuis cette province, il a beaucoup fréquenté les Chute et pouvoir Pierre Lajoie uttOitiCttMCl «honorables» et les «très honorables» du monde politique canadien.D en donne à preuve nombre de photos qui le montrent avec tous les Brian Mulroney, Robert Bourassa, Daniel Jonhson, Jean Chrétien et autres têtes d’affiche de la vie parlementaire.Un système inutile L’ancien président du Parti libéral ne tient pas pour autant le système parlementaire en haute estime.Pour tout dire, il juge même inutile le système de partis.«Les gens n’ont pas vraiment besoin d’un système de partis.Ils ont tout simplement besoin que les finances de l’État soient bien administrées, que certains services collectifs soient distribués, que les écoles fonctionnent, que les hôpitaux répondent aux besoins des bénéficiaires, que leur sécurité soit assurée, qu’il y ait une administration de la justice et que les ordures soient ramassées.» D s’agit donc seulement d’administrer.C’est tout.Pas vraiment besoin de partis.Un seul suffirait Et on devine bien lequel.Pierre Lajoie se plaint pourtant d’avoir été la malheureuse victime d’un système digne, dit-il, du parti unique de Joseph Staline.Il se dit victime de la justice.De quoi parle-t-il, sans cette fois vraiment en parler?En 1995, un juge l’a condamné à la prison pour crime économique.À titre de cadre de l’entreprise LMB Experts, Lajoie aurait détourné, de 1988 à 1991, des sommes considérables.D aurait aussi commis des fraudes au détriment de la Banque Royale du Canada et de la Caisse populaire de Kénogami.Son procès avait fait grand bruit à Chicoutimi.Un cadre de LMBDS avait même déclaré sous serment que Lajoie avait eu recours à des prostitués et des danseurs nus pour de petites fêtes auxquelles auraient participé, à Montréal, certains notables au Reine-Elisabeth.Il avait fallu émettre un mandat d’arrestation pour retrouver Lajoie.Mais la révision du procès, en 1999, avait mené Lajoie à purger une peine dans la société.En prison pendant quelque temps, Lajoie regrettait de ne pas avoir son cellulaire.«La prison n’est pas un endroit pour les hommes d'affaires», écrit-il.CHUTE ET POUVOIR Pierre Lajoie Editions JCL Chicoutimi, 2003,312 pages Jeune homme à l’œuvre VERS L’ÂGE D’HOMME J.M.Coetzee Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis Seuil Paris, 2003,240 pages JOHANNE JARRY Afrique du Sud, début des années 60.J.M.Coetzee décide de quitter le pays.«Qu’est-ce que vous fuyez?L’ennui, répondra-t-il.Les philistins.L’atrophie de toute vie morale.La honte.» Lejeune homme veut vivre \à ou «la vie peut être vécue à plein».Ce pourrait être Londres, Paris, peut-être Vienne.Mais pour qui vient d’Afrique du Sud, Londres présente moins d’obstacles, à commencer par celui de la langue.Le jeune Coetzee choisit donc de s’y installer, bien déterminé à devenir artiste.Vers l’âge d’homme donne suite à un volet autobiographique entrepris avec Scènes de la vie d’un jeune garçon (Points), récit où l’écrivain retrace son enfance en Afrique du Sud.Dans Vers l’âge d’homme, tout comme dans son fare précédent J-M.Coetzee prend ses distances en parlant de celui qu’il était à la troisième personne.Avec empathie, mais sans complaisance, le narrateur décrit le parcours d’un jeune homme cultivé et romantique obsédé par la figure de l’artiste, en quête de lui-même à travers les autres, cherchant du côté de ses maîtres (parmi eux Pound et Eliot) quel comportement adopter pour correspondre à l’image de l’écrivain qu’il rêve d’incarner.«En attendant, son côté terne et son allure bizarre font partie du purgatoire par lequel il doit passer pour émerger un beau jour dans la lumière: la lumière de l’amour, la lumière de l’art.Car il sera un artiste, c’est chose arrêtée de longue date.» En attendant d lui faut aussi gagner sa croûte, et surtout faire connaître sa réussite à ceux qui sont restés en Afrique du Sud.Grâ- ce à son diplôme de mathématicien, il obtient une formation de programmeur chez EBM.Mais cette situation qu’il enviait au départ le fait rapidement déchanter.«De l'immeuble, une masse de béton et de verre sans aucune originalité, émane un gaz inodore et incolore, qui s’insinue dans son sang et l’engourdit.IBM, il le jurerait, est en train de le tuer, défaire de lui un zombie.» L’ouverture sur le monde dont il est avide, c’est au cinéma et dans les livres qu’il la trouve, bien plus que dans la vie londonienne dont il semble incapable de profiter.Après l’art, vie d’artiste oblige, ce sont les femmes qui préoccupent le jeune homme.À ses yeux, la gent féminine ne peut créer; son sexe la cantonne au rôle de muse dévouée au créateur qui l’a sacrée l’élue de son cœur.La réalité n’est toutefois pas à la hauteur des attentes du jeune homme, qui retire bien peu de plaisir des quelques femmes qu’il croise, ce qui ne l’empêche pas d’espérer rencontrer celle que lui destine sa vie d’artiste.Précisons que ces jeunes femmes, et le jeune homme ne le nie pas, ne trouvent pas davantage en lui le compagnon qu’elles espèrent.L’écriture du jeune Coetzee se transforme autrement qu’il l’avait imaginé; elle lui apparaît plus maîtrisée, mais toutefois privée d’énergie.«Est-ce que grandir revient à cela: en grandissant, on se déprend du désir, de la passion, de tout ce que l’âme connaît d'intense?» Qu’est-ce qui l’empêche d’écrire comme il veut?La peur.Peur d’écrire, peur des femmes.La peur est le véritable obstacle, le seul qui l’empêche de faire de l’écriture une réalité, sa réalité.Vers l’âge d'homme regorge de questions, de doutes, d’élans intellectuels, de préjugés, d’idées romantiques.La tension raciale qui agite l’Afrique du Sud y vibre en sourdine.L’ensemble est tout simplement stimulant Le lecteur que cette vie d’artiste faisait rêver se rappellera ses années de jeunesse.Est-il devenu celui qu’il espérait ou Cesten librairie qu’on trouve ce QUE L’ON CHERCHE qu’on commande CE QUI NOUS PLAÎT qu’on découvre DES MILLIERS DE LIVRES C’EST EN LIBRAIRIE QU’ON RENCONTRE DES LIBRAIRES.s’est-il rangé derrière sa peur?À lui ne J.M.Coetzee, il est devenu un de voir, mais pour ce qui est du jeu- écrivain, et pas des moindres.Palmarès Tl» Le baromètre du livre au Québec ¦ ¦rw i Fantastique HARRY POTTER AND THE ORDER OF THE PHOENIX J.K ROWLING Raincoast 3 2 Polar Qc INDÉSIRABLES C.BROUILLET la courte échelle 3 3 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN.t.2 - Le deuxième été A.BRASHARES Gallimard 4 4 Roman ONZE MINUTES ?P COELHO Anne Carrière 8 5 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN, t 1 V A.BRASHARES Gallimard 54 6 Psychologie GUÉRIR » SERVAN-SCHREIBER Robert Laftont 12 7 Roman L’IGNORANCE ¥ M.KUNDERA Gallimard 21 8 Biographie FRANÇOISE GIROUD : UNE AMBITION FRANÇAISE V ClOCKRENT Fayard 3 9 Roman LE DICTATEUR ET LE HAMAC D.PENNAC Gallimard ! 10 B.D LE PETIT SPIROU, 1.11 - Tu ne s’ras jamais grand ! TOME/JANRY Dupuis 5 11 Biographie MON HISTOIRE H.R.CLINTON Fayard 4 12 Essais MAL DE TERRE V H REEVES Seuil 10 13 Polar UNE SECONDE CHANCE M HIGGINS-CLARK Albin Michel 8 14 Roman Qc TOUTU-BAS A.COUSTURE Libre Expression 14 15 Roman SEPT JOURS POUR UNE ÉTERNITÉ M.LÉVY Robert Laffont 20 16 Roman UNE ADORATION N.HUSTON Leméac/Actes Sud 7 17 Actualité LE MONDE SECRET DE BUSH É.LAURENT Plon 4 18 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT IP E.TOLLE Ariane 143 19 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?V J.SPENCER Michel Lafon 131 20 B.O.32 DÉCEMBRE V E.BILAI.Humanoïdes 5 21 Roman LE COTTAGE 0.STEEL Pr.de la Cité 4 22 Biographie CESARIMPERATOR ?M.GALLO XO éd 8 23 Roman LE LIBRAIRE DE KABOUL ?A.SEIERSTAD JC Lattès 4 24 Polar GONE, BABY, GONE NT D.LEHANE Rivages 10 25 Loisirs Qc LES MORDUS N* 4 (numéro double) M.HANNEQUART Rudel Médias 3 26 Polar LES HOMMES DE PAILLE ?M.MARSHALL Michel Lafon 8 27 Roman Qc NOUVELLES D'AUTRES MÈRES RP S.MYRE Marchand de feules 12 28 Roman Qc LIFE OF PMP - Booker Prize 2002 - B.-H.LÉVY Grasset 8 29 Polar MYSTIC RIVER 4P D.LEHANE Rivages 63 30 Roman TOUT CE QUE J'AIMAIS ?S.HUSTVEDT Leméac 16 31 Cuisine BARBECUE 4P RAJCHLEN/SCHNEJDER L'Homme 63 M Essais QUI A TUÉ DANIEL PEARL?4P B.-H.LÉVY Grasset 8 33 Roman IMPRIMATUR 4P M0NALDI / SORTI JC Lattès 24 34 Guide Qc H.LAPERRIÈRE Fides 3 35 Polar LA REINE DU SUD 4P A.PEREZ-REVERTE Seuil 5 36 Roman Qc LA MAISON DES REGRETS 0.M0NETTE Logiques 20 37 Roman LA TACHE 4P P.ROTH Gallimard 40 38 Guide Qc LES PLAGES ET GRÈVES DE LA GASPÉSIE 4P KAÜOeKXWUCWRD Fides 4 39 Faune Qc LES OISEAUX ET L'AMOUR 4P J.LÉVEILLÉ L'Homme 12 40 Roman JE NE SAIS PAS COMMENT EUE FAIT A.PEARSON Plon 28 41 Guide Qc COLLECTIF Tricycle 161 42 Roman Qc LES FILS DE LA CORDONNIÈRE P.GILL vlb éditeur 12 43 B.D.ALBUM SPIROU, t.269 COUECTIF Dupuis 8 44 Polar DARLING LILLY M.C0NNEUY Seuil 9 45 Guide Qc QUÉBEC LA BEUE PROVINCE 4P COUECTIF Phidal 234 V ’ : Coup de Coeur RB : Nouvelle entrée Nbve de MffiatoM depuis pirution f 1 Plus de lOOO Coups de Cœur, pour mieux choisir.I 24 succursales au Québec www.renaud-bray.com de nos clients ont aimé les qu’ils ont achetés.Avant de partir en vacances, pensez-y LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 JUILLET 20 0 3 E 8 ?LE DEVOIR ?BIENNALE DE VENISE Ma cabane au Canada SOURCE MACM Une image tirée du vidéo de Jana Sterbak, Front Here To There ««S3SS! FROM HERE TO THERE Jana Sterbak Pavillon canadien Biennale de Venise BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR La participation canadienne au cœur des pavillons nationaux officiels à la Biennale de Venise est assurée par l’artiste montréalaise d’origine tchèque Jana Sterbak.Sa candidature a été défendue avec succès par le Musée d’art contemporain ae Montréal.C’est Gilles Godmer, conservateur au musée, qui était en charge du dossier de cette exposition.Installation vidéo ambitieuse, Front Here To There, sans chauvinisme, est à compter parmi les succès ponctuels d’une Biennale dont la cinquantième édition est à considérer comme plus que moyenne.Fait intéressant, parmi les pavillons officiels des Giardini di Castello, la pièce de Sterbak est l’une de celles qui prennent le plus en charge les données physiques du bâtiment dans lequel est présentée l’œuvre.Ailleurs, les pavillons semblaient accueillir les œuvres à l’instar des musées traditionnels, c’est-à-dire à titre d’enveloppe, de coquille dans laquelle, la plupart du temps, les œuvres donnent l’impression d’avoir été déposées sans que soient donné de signes singuliers d’une véritable réflexion sur la manière de présenter les œuvres.Certains diront que l’esprit d’aventure de la pièce de Sterbak se mesure non seule- ment par la trame narrative que la vidéo déploie, mais aussi par cette utilisation de l’architecture ingrate du pavillon.Propriété du Musée des beaux-arts du Canada, le pavillon canadien a été conçu à l’occasion de la Biennale de 1958 par l’architecte italien Enrico Peressutti.Bâtiment de brique rouge, de bois, de verre et d’acier, le pavillon reprend une forme conchoïdale réatisée selon le principe de la spirale d’Archimède.La publication luxueuse qui accompagne l’exposition rappelle dans un bref article combien cette architecture, contestée à plusieurs titres, colporte les stéréotypes associés au Canada.Celle-ci présente en effet plusieurs obstacles à la présentation de l’art actuel (peu de murs portants, inclusion d’un arbre en son volumé, etc.).Plutôt que de nier cet aspect, Sterbak Va exploité.D’autant plus que les panneaux de bois qui recouvrent le verre de la structure durant l’hiver ont été laissés sur place, appuyant l’idée que cette construction supporte une vision colonialiste.Une fois le seuil du pavillon franchi, le visiteur constate rapidement que l’espace interne a été entièrement habillé pour recevoir six écrans vidéo.Ces derniers reprennent la courbure des murs mais en heurtent la relative régularité.Un point de vue.différent Sur ces écrans, des images sont diffusées qui n’ont pas été filmées par l’artiste.On vous en avait parlé lors de l’inauguration partielle de l’installation au MACM, l’artiste a (2003).imaginé un dispositif permettant de prendre des images qui donnent une idée de ce qu’est le monde à 35 centimètres de hauteur.Une caméra miniature a été adaptée pour que le chien Stanley puisse la porter sur sa tête, alors que l’appareil qui transmet les images repose sur son dos, comme un gilet Ce système qui transforme le chien en caméraman permet de partager le point de vue de l’animaL Le projet devait mettre en scène la chronique des aventures de Stanley dans la cité des Doges, à Venise, et sur les berges du Saint-Laurent dans la région du Bas-du-Fleuve.Ce n’est que la deuxième portion qui a été réalisée à temps pour la Biennale.L’idée de rapprocher dans le temps et l’espace deux lieux fortement marqués cul- turellement n’était pas sans intérêt (bien que la porte d’entrée historique du Canada et celle de Venise ne soient sans doute pas de même valeur patrimoniale au regard de tous).Une des dimensions étonnantes du projet venait de ce que l’artiste entendait sans doute développer l’idée que deux formes de tourisme étaient à comparer à travers l’accumulation d’images tournées par le chien.Stanley est un terrier jack rus-sels qui a été choisi parce que la race à laquelle il appartient possède un instinct de chasseur encore développé.Les images sautillantes de la vidéo sont pour nous typiques du Bas-du-Fleuve: de grandes routes enneigées, le traversier, une promenade dans un boisé, sur les glaces, ou encore, sans réellement qu’on puisse l'expliquer, dans un parc en contexte urbain.Si on passe outre un côté légèrement ringard — la vision que donne Sterbak (probablement à dessein) ne se démarque pas des stéréotypes, même si elle est mue par les instincts de l’animal —, l’installation commence à captiver dès lors que la facture des images est prise en considération, de même que le sous-texte de la narration que ces images tirées du pays de l’hiver développent Les images captées par le chien ne sont pas sans posséder certaines qualités plastiques.Sautillantes, constamment au bord de la défaillance puisqu’elles peinent à rendre l’information visuelle lorsque le chien s’excite un tant soit peu, ces images s’accordent aux intentions de l’artiste de faire un clin d’œil à un cinéma d’avant-garde amouraché de ces explorations essentiellement formelles.Lorsque le chien se secoue, par exemple, les images tournoient, se superposent en une rapide saccade.Elles donnent le vertige.C’est aspect est complété par les déyeloppements de la narration.Evidemment, le principe d’altérité, en règle générale cher à la production de Sterbak, est activé à travers les mécanismes de l’œuvre, qui donne à voir par le truchement d’un regard étranger au nôtre, un regard de cyclo-pe (la caméra numérique) de surcroît.Ainsi, le regard est pour ainsi dire diffracté par le dispositif de l’œuvre, qui non seulement fait partager le point de vue de l’animal mais donne un regard filtré par les possibili- tés et les limites de l’appareil que porte le chien.Mais il y a plus, et c’est à notre avis un aspect qui donne à cet axe de l’altérité un caractère plus complexe.Chacune des pulsions du chien est enregistrée par la caméra, chacune de ses excitations, de ses accélérations, tout comme ses hésitations.Puisque l’œuvre consiste en une documentation des comportements de l’animal, alors ses réactions devant les composantes du paysage sont partagées.Même ses rencontres avec d’autres animaux L’œuvre est assurément plus intéressante comme étude comportementale que comme tentative de capter des images inédites ou inhabituelles du paysage.Ainsi, lors des rencontres de Stanley avec d’autres animaux — un porc-épic inhospitalier ou un autre chien —, l’étude de la conduite du chien devient fascinante.La curiosité qu’éveillent ces séquences est pimentée par l’attitude du chien à l’égard de ces «autres».Par cette stratification des rapports à l’altérité — nous regardons l’autre qui nous prête ses yeux alors qu’il entre lui-même en contact avec autrui —, la pièce de Sterbak est autre chose qu’une œillade colonialiste sur un paysage qui a supporté maints lieux communs: la froidure, le caractère sauvage, les étendues sans fin de la lande, etc.Avec cette pièce défendue techniquement par l’équipe du musée et avec le brio qu’elle démontre habituellement, Sterbak devrait pouvoir donner un coup de vis supplémentaire à sa carrière européenne, qui a pris un bel essor depuis quelques années.GRAHAM BARING Leather Landscape (détail), 2003, de Patricia Piccmini.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Deux autres pavillons des Giardini di Castello méritent absolument le détour.Patricia Picci-nini, dans le pavillon australien, et Michal Rovner, dans le pavillon d’Israël, sont parmi les artistes qui non seulement soulèvent des questions d’une actualité prenante — celles de la normalité, de la conformité aux canons de mesure, de la mise en boîte des espèces, humaines ou autres, etc.— mais proposent aussi une mise en forme des plus percutantes.Dès les premiers abords, les installations vidéo de Michal Rovner semblent se révéler dans l’immédiat En vidéo, des bactéries se promènent, soit libres sur les murs du pavillon, soit à l’intérieur d’éprouvettes de verre déposées sur des tables blanches et tisses.De petits points noirs grouillent dans ces projections, de façon aléatoire, s’agglutinent et se repoussent, bizarrement organiques.Après quelques minutes à regarder ces formations, on se rend Galerie et Studio d'art PHŒNIX Œuvres éclectiques 4075-1, rue Saint-Denis (514) 844-9855 ROSELINE GRANET Sculptures • Pastels Exposition jusqu'au 19 juillet Peinture à l'huile lucia Monaco Aquarelle Barbara Van Der Paugh ôésjolîo Galerie d'art sèvoho Maintenant ouvert Claude Théberge, en exclusivité.Reynald Connolly, Pauline Bressan, Fablo, Hélène Goulet, Robert Gérard et autres 261.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal Tél.: (514) 845-0261 Lundi jusqu’au dimanche (Oh - I8h www.studio261 .ca Futur antérieur compte qu’à très petite échelle, ce sont des humains qui sont contenus dans ces éprouvettes.Petit à petit, à mesure que l’œuvre force non pas à la contemplation mais bel et bien à l’examen — en cela, elle est très réussie —, ces bactéries, sans même changer, se transforment en humains (c’est notre œil qui s’acclimate), mais jamais l’idée ne nous quitte que ces humains demeurent des germes.Un constat pas des plus rassurants sur la condition humaine.Ailleurs, dans Time Left, Rovner reprend une formule similaire, mais ce sont des alignements de corps qui articulent la pièce.Des dizaines de lignes chevrotantes couvrent tous les murs de la salle, du sol au plafond, dans ce qui s’annonce au départ comme une installation n’explorant que la forme.Encore une fois, cès alignements ont le pouvoir d’évoquer les pires catastrophes — comment ne pas penser à Auschwitz?— et de façon moins terrible mais tout aussi «claustro-phobante», à la normalisation de la sphère sociale.À quelques pas de là, dans le pa- villon australien, Patricia Piccinini propose une famille d’êtres complètement monstrueux, mais qui cependant n’arrive pas à repousser totalement.Sur des socles stylisés, entre le présentoir de musée, des fauteuils et un environnement naturel, des animaux dotés d’un registre d’expression presque humain évoluent donnent naissance, allaitent ou démontrent un grand esprit de curiosité.Plusieurs fois en sculpture des artistes ont pu explorer de telles considérations sur la création, la génétique, la bio-éthique et les manipulations génétiques.Ici, grâce à un soin extrême dans le rendu des détails, ces êtres grotesques mais paradoxalement attachants gagnent une qualité de présence incomparable.Cette installation reprend des paramètres déjà explorés par d’autres.Mais plutôt que de présenter cette «famille» comme un objet de curiosité en se contentant de mimer le type de présentation populaire dans les musées de science naturelle, l’artiste complexifie un peu la chose en ajoutant des personnages «humains» dans ses installations, comme d’autres visiteurs dans l’espace.C’est à s’y méprendre.En regardant ces espèces croisées avec l’humain, on finit par presque se cogner sur ces autres personnages en silicone déposés directement sur le plancher.Un petit bébé s’approche d’un de ces êtres qu’on hésite à qualifier de monstres.Plus loin, de jeunes adolescents ignorent la scène et jouent avec leurs Game Boys.Cette installation pose de nouveau des questions à propos de ce qui est normal, de ce qui est propre au genre humain, sur les croisements entre les espèces et donc sur les frontières qu’il est possible de traverser (on pense à cette oreille humaine que des scientifiques sont parvenus à faire pousser sur le dos d’une souris), et filialement sur la valeur à accorder à des formes de vie plutôt qu’à d’autres.Ce qu’il y a de plus fascinant par contre, ce sont les personnages humains qu’elle ajoute: ceux-ci lancent un pont entre nous et ces espèces pas tout à fait animales.En jouant comme un déno- ^ 1700, rue Saint-Denis, Montréal • Du lundi au vendredi de 9,h à 17 h T Bibliothèque nationale Relations internationales Québec lltl Québec n minateur commun, elles rappellent que nous ne sommes plus très loin de ce que nous abordions, au départ, comme des phénomènes de foire.• • • Jusqu'au 19 juillet CHRISTIANE AINSLEY MICHÈLE ASSAL SYLVAIN BOUTHILLETTE PAUL BUREAU MARIO CÔTÉ ROBBIN DEYO SUZANNE DUBUC NATHALIE GRIMARD HARLAN JOHNSON LOUISE MASSON RICHARD MILL LISA PETROCCO MARC SÉGUIN FLORENCE VICTOR JUAN PABLO VILLALPANDO ÉTIENNE ZACK Galerie 372 rue Ste-Catherine Ouest, espace 520.Montreal (Quebec) Canada H3B 1A2 Tel 514 866 8008 Téléc 514 866 1288 I aumont'ç’galerietroispoi^ts qc ca Site Internet : wvjw.galerietroispoints qc ca Les?beaux detours CIRCUITS CULTURELS UNE BONNE FAÇON DE GOÛTER L'ÉTÉ ! Des places sont encore disponibles ! 19 juillet théâtre en Mauricie Un étrange songe d’une nuit d’été 27 juillet peinture à Ottawa Watteau, Fragonard, Chardin.au Musée des beaux-arts 2 août fleurs et nature Mont-St-Grégoire et Sherbrooke 9-10 août paysage et poésie Félix Leclerc et l’île d’Orléans (514) 352-3621 » t I
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