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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-09-01, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2007 K R Pour une cohérence entre recherche et gestion Page B 5 HISTOIRE Invasion de la Tchécoslovaquie Page B 6 ¦ PERSPECT vES ARCHIVES LE DEVOIR La bataille des glaces Le Canada parviendra-t-il à assurer sa souveraineté sur le passage du Nord-Ouest?Un petit drapeau russe déposé au pôle Nord, l’envoi d’une mission scientifique danoise en Arctique et des annonces de nature militaire faites dans le Grand Nord par le premier ministre Stephen Harper ont ravivé, cet été, le débat sur la souveraineté canadienne dans l’Arctique.Des coups d’éclat qui sont bien loin de répondre à une question complexe qui gagne en acuité avec le réchauffement climatique et la fonte des glaces.KRED CHARTRAND PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Stephen Harper s’est rendu au Nunavut le mois dernier pour annoncer une série de mesures visant à assurer la souveraineté du Canada sur l’Arctique.MANON CORNELLIER La dépêche est tombée il y a une semaine.Le passage du Nord-Ouest, qui zigzague entre les îles de l’Arctique canadien, était exempt de glaces, ce qui le rend théoriquement navigable avant l’heure.L'ouverture anticipée de ce passage sur une plus longue période chaque année, gracieuseté en partie du réchauffement climatique, fait saliver les armateurs qui rêvent d’une route plus courte entre l’Atlantique Nord et le Pacifique.Mais qui contrôlera le trafic?Le Canada soutient que ça lui revient parce qu’il a souveraineté sur ces eaux.Les Américains, eux, disent depuis toujours qu’il s’agit d’une voie navigable internationale, comme l’a répété le président George W.Bush lors de son passage à Montebello, il y a deux semaines.Voilà pour ce litige.Il y en a un autre.La fonte éventuelle des glaces ravive l’intérêt pour les ressources sous-marines situées en eaux internationales autour du pôle Nord.Cinq pays — le Canada, la Russie, le Danemark, la Norvège et les États-Unis — convoitent une portion de ce territoire.L’expédition sous-marine russe qui s’est conclue au début d’août par le dépôt au pôle Nord d’une capsule contenant le drapeau russe n’y changera rien.En tout cas, pas plus que la plantation du drapeau américain sur la Lune.Le partage du gâteau se décidera de façon nettement moins flamboyante, c’est-à-dire à coups d’arguments scientifiques et juridiques devant une commission des Nations unies.Ces deux débats, complexes et sans rapport entre eux, se sont enchevêtrés cet été car ils interpellent, l’un et l’autre, le Canada et attirent les projecteurs sur les efforts déployés pour défendre les intérêts canadiens.La souveraineté sur le passage du Nord-Ouest est toutefois l’en- jeu qui habituellement apparaît de façon intermittente sur l'écran radar des politiciens, généralement quand un navire américain s’engage dans le passage sans aviser le Canada.Une vieille dispute Les cas les plus connus sont ceux du pétrolier Manhattan à l’hiver 1969-70 et du brise-glace Polar Sea en 1985.Le Canada avait répondu au premier en adoptant une Loi sur la prévention de la pollution des eaux arctique^ et au second en concluant un accord avec les États-Unis en 1988.En vertu de cette entente, Washington s’engageait à demander la permission au Canada avant d’emprunter le passage avec un brise-glace.Le gouvernement Mulroney avait aussi promis d’acheter un brise-glace Polar 8, mais, compressions budgétaires obligent, le projet a été abandonné.La juridiction du Canada sur les ressources du passage ne sont pas en cause.Le litige porte sur le statut de la voie navigable.Si elle relève du Canada, celui-ci peut y imposer ses lois en matière de transport et d’environnement par exemple.Si la voie est internationale, ce sont les lois internationales, moins sévères, qui s’appliquent Professeur de géographie à l’Université Laval et chercheur auprès de la chaire Raoul-Dan-durand en études stratégiques et diplomatiques à l'UQAM, Frédéric Lasserre explique que les Américains tiennent au statut international du passage afin de ne pas établir un précédent qui inciterait d'autres pays à revendiquer le contrôle d’autres détroits stratégiques.Les Etats-Unis, dit-il, ne craignent pas pour la navigation commerciale mais pour le passage de leurs navires militaires.Les conservateurs avaient promis durant la dernière campagne de défendre la souveraineté canadienne dans l’Arctique et d’acheter pour ce faire trois brise-glace capables de sillonner les eaux arctiques toute l'année.Le premier ministre Harper est passé aux actes cet été.Il a annoncé l’acquisition, au coût de 3,1 milliards, d’un plus grand nombre de bâtiments — six à huit —, qui seront toutefois incapables de briser une glace dépassant un mètre d’épaisseur.Par conséquent ces navires de patrouille ne vogueront dans l’Arctique qu’une partie de l’année.Puis, en août, il s’est rendu dans l’Arctique pour dévoiler un projet de port en eaux profondes d’au moins 100 millions à Nanisivik, au Nunavut, et la construction d’un centre d’entraînement militaire à Resolute Bay.(Le gouvernement du Nunavut aurait préféré que le seul port ou un deuxième soit construit à Iqaluit, pour mieux desservir la population locale.) La méthode choisie n’a pas impressionné Joël Plouffe, chercheur à la chaire Raoul-Dandurand.«On peut envoyer tous les bateaux qu’on veut, ça ne change rien.Les Américains restent sur leur position et sont même heureux qu’on militarise la région parce que ça accroît la sécurité pendant qu'ils sont ailleurs.H faut aller cogner à la porte de Washington pour tenter de s’entendre, après 40 ans de litige, sur le statut du passage.L’entente de 1988 est insuffisante, car elle ne touche que les briseglace.» En fait, certains Américains, cq’mme l’a démontré l’ancien ambassadeur des États-Unis au Canada, Paul Cellucci, préféreraient, pour des raisons de sécurité, que le Canada supervise la navigation commerciale dans le passage.Michael Byers, de l’Université de Colombie-Britannique, est de cet avis et croit qu’il est urgent de trouver une solution diplomatique avant que le passage ne soit davantage fréquenté.VOIR PAGE B 2: ARCTIQUE «Il faut aller cogner à la porte de Washington pour tenter de s’entendre » Une carrière en traduction vous intéresse?Un certificat ou un diplôme en traduction peut vous donner accès à une profession langagière en pleine expansion.Une soirée d’information au cours de laquelle on présentera les exigences et le contenu des programmes se tiendra le 12 septembre au 688, rue Sherbrooke Ouest, salle 1041, à 18 h.www.mcgill.ca/conted-translation | (514) 398-1484 Cours intensifs de langues ?Début des cours : 17 septembre ?Cinq niveaux (de débutant à avancé) > Groupes restreints vous permettant de > Programme menant au : partager une expérience d’apprentissage Certificat de compétence en anglais de McGill ou au unique avec des étudiants d’ici et d’ailleurs Certificat de compétence en français de McGill.(514) 398-1212 (programme d’anglais) (514) 398-1202 (programme de français) McGill Centre d'éducation permanente « LE DEVOIR, LES SAMEDI I ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2007 B 2 K H PERSPECTIVES r tL— Gil Courtemanche Mario Sarko Les dictionnaires sont des ouvrages politiquement corrects et, au mot «populisme», ils se contentent généralement de dire que le populisme est une doctrine d’inspiration socialiste ou nationaliste qui puise ses racines dans les aspirations populaires.Bien sûr, les dictionnaires ne donnent pas d’exemples de politiciens populistes.Le populisme n’est ni de gauche ni de droite.Hugo Chàvez est populiste, tout comme le fut Hitler, le premier populiste élu.Les populistes se situent toujours en opposition aux intellectuels, aux fonctionnaires, aux spécialistes.Ils prétendent être à l’écoute des préoccupations du pays profond, de monsieur et madame Tout-le-monde, des gens ordinaires.Ils prétendent aussi que, contrairement à ceux qui invoquent la complexité des problèmes et donc la complexité des solutions, il existe des solutions simples et définitives.Ils allèguent que, parce qu’ils ont les deux pieds sur terre et n’emploient pas des mots biscornus, ils sont à l’écoute du vrai peuple.Leur credo, c’est le «gros bon sens», cette sagesse populaire censée être capable de trouver une réponse simple à tout De tous les politiciens contemporains, Nicolas Sarkozy est le modèle le plus raffiné du «populiste».Il est à l’affût de toutes les peurs populaires, de tous les mécontentements ponctuels, de toutes les inquiétudes et de tous les désarrois.Quand il traite de «racaille» les jeunes des banlieues chaudes et qu’il promet de nettoyer cette racaille au Karcher comme on le fait avec des graffitis, il joue sciemment sur les préjugés d’une grande partie de la population qui ne connaît rien de la vie des banlieues.Quand il fait de l’immigration choisie un des thèmes de sa campagne électorale, c’est pour attirer vers lui ceux qui sont contre toute forme d’immigration.Quand il se déclare favorable à la castration chimique des criminels sexuels, il laisse entendre qu’il existe une solution «finale» au problème de la pédophilie ou de la perversité criminelle.Il utilisait le même procédé il y a quelques semaines quand il a annoncé, sans consulter personne, la mise sur pied d’un hôpital consacré exclusivement aux prisonniers coupables de crimes sexuels.C’était une douzaine d’heures après qu’on eut retrouvé le cadavre d’une fillette qui avait été victime de sévices sexuels.Voilà quelqu’un qui n’attend pas pour agir, s’est dit la France profonde.La vérité, cependant, est que ce projet d’hôpital avait été promis par lui-même deux ans auparavant, alors qu’il était ministre de l’Intérieur.Le populiste s’appuie toujours sur de bons sentiments, il se pose en défenseur des faibles et des victimes.H parle au nom de la décence et de la justice.Il prétend rassurer et protéger.Mais il le fait en cherchant en nous la part d’ombre, en faisant appel à cette partie de nous qui réclame vengeance, qui refuse la différence.Le populiste ne fait jamais appel à la réflexion, à la compréhension, à l’ouverture; il propose l’action radicale et immédiate.Le populiste réagit rapidement, parle vite, propose des solutions simples et réfléchit après.Voilà exactement comment Mario Dumont et l’ADQ sont sortis des limbes politiques en appliquant à la lettre la méthode Sarkozy.Il ne faut pas chercher plus loin pour expliquer la nouvelle popularité de ce parti et de son chef.Ils exploitent les mêmes thèmes que le nouveau président français.Les prisonniers qui sont des parasites et devraient payer leurs repas; les vieux qui sont tous maltraités; les immigrants qui sont trop nombreux; les musulmans et les juifs qui menacent de modifier le paysage beauceron, et aujourd’hui les prédateurs sexuels.Tous les lecteurs du Journal de Montréal et les fans de Claude Poirier suivent, lame en lambeaux et la vengeance en bandoulière, la triste saga de la petite Cedrika.Les députés de l’ADQ, Mario en tête, se sont dit qu'il y avait sûrement moyen de profiter politiquement de ce désarroi populaire.La députée de Lotbi-nière, Sylvie Roy, a déclaré qu’on avait beaucoup parlé de droits et d’égalité et qu’il était maintenant temps de parler de «sécurité».Comme si nous faisions face à une recrudescence soudaine et tragique de crimes sexuels, comme si le Québec vivait une crise et une situation qu’on ne retrouve pas ailleurs.Proposer une consultation populaire sur la délinquance sexuelle, c’est aussi intelligent que de proposer une consultation populaire sur le traitement du cancer du système lymphatique.Chimio ou radiations, madame Tout-le-monde?Le populiste sait que ce genre de consultations donnera lieu aux pires débordements, aux appels haineux, aux jugements hâtifs.Il le sait, mais cela ne le dérange pas car c’est de cette part de mal en nous qu’il tient sa popularité.Le populiste sait très bien qu’il n’existe pas de solution simple et unique, que la castration chimique n’est pas la réponse magique, qu’il y aura toujours des erreurs dans les diagnostics, des failles dans le système de libération conditionnelle.Il sait surtout qu’aucune solution ne sortira de ce cirque de consultation populaire.Le populiste n’est pas un imbécile, au contraire.Il sait parfaitement que les prisonniers ne paieront jamais leurs repas, que l’immigration sera toujours une question complexe, qu’il n'y a pas de solution magique à l'harmonisation de la diversité culturelle.Il sait tout cela, mais jamais il ne vous le dira, car s’il le faisait, il ne serait plus chef de l’opposition.Alors, il en remet et déclare: «C'est aussi notre devoir de travailler pour que les rues soient plus sécuritaires pour nos enfants.» Comme si depuis quelques jours il fallait garder tous les petits Québécois à la maison.Collaborateur du Devoir JACQUES GRENIER I E DEVOIR Mario Dumont M/3R f Nif :Ült» La famille Everett, déjà pas très fortunée, a vu sa situation empirer avec le passage de l’ouragan Katrina.ARCHIVES LE DEVOIR Pauvres au pays de la richesse s Les Etats-Unis ne parviennent pas à répartir équitablement les dividendes de la croissance MARIE-CHRISTINE BONZOM Washington — Le taqx de pauvreté a reculé l'an dernier aux Etats-Unis.Mais il reste à peu près inchangé depuis les années 60.Il pourrait même augmenter encore, en raison notamment de l’accroissement du nombre d’Américains dépourvus d’assurance maladie.Selon les chiffres publiés mardi par le Bureau du recensement, le taux de pauvreté a enregistré l’an dernier un recul, à 12,3 % contre 12,6 % en 20Q5.Il y a donc 36,5 millions de pauvres aux Etats-Unis — dont 12,8 millions de jeunes de moins de 18 ans — au lieu de 37 millions en 2005.Toutefois, il n’y a rien de réjouissant dans cette baisse.«La diminution est très faible et ü n’y a pas de raison de s’enthousiasmer», a déclaré au Devoir Isabel Sawhill, directrice du centre de recherche sur la famille à l’institut Brookings.Pour sa part, Jared Bernstein, spécialiste de l’Institut de politique économique, a dit trouver «décourageant» que l’expansion que les Etats-Unis ont connue entre 2000 et 2005 n’ait pas eu «l’effet domino» escompté et n’ait pas permis aux pauvres de jouir des 'dividendes de la croissance».De fiât, croissance ou pas, le tam; de pauvreté demeure quasiment inchangé aux Etats-Unis depuis les années 60.Au début de cette décennie, le président Kennedy avait pourtant affirmé cja«une marée montante soulève tous les bateaux».Mais les années 70 et leur croissance de 24 % n’ont fait baisser la pauvreté que de 5 %, tandis que les années 80, avec une croissance de 23 %, ont vu la pauvreté bondir de 12 %.«À l’évidence, une marée montante ne soulève pas tous les bateaux’’, conclut aujourd’hui Isabel Sawhill.Pas de corrections L’une des raisons majeures de la persistance d’une pauvreté importante est la mauvaise distribution des richesses et l’insuffisance des corrections gouvernementales.«Le jeu du marché produit plus de résultats inégaux que dans les autres économies avancées, indique Jared Bernstein.Et après les forces du marché, les,politiques publiques ne font que très peu aux États-Unis pour assurer une redistribution.» Entre 2000 et 2006, les revenus au plus bas de l’échelle sociale ont chuté de 4,5 % dors que ceux des plus riches grimpaient de 20 %.«Les bas revenus n’ont jamais été aussi bas et les hauts revenus, aussi hauts», souligne Jared Bernstein.L’écart entre pauvres et riches se creuse donc terriblement et le gouvernement ne prend pas les engagements nécessaires pour y remédier.«Nos programmes sociaux destinés aux pauvres sont beaucoup moins généreux qu’en Europe et au Canada», déplore Isabel Sawhill, de l’institut Brookings.L’experte rpentionne d’autres raisons à la pauvreté aux Etats-Unis.«La multiplication des familles monoparentales qui vivent sur un seul salaire, l’accroissement du nombre d’immigrés peu qualifiés qui grossit les rangs de ceux qui gagnent très peu, puis la technologie qui suscite une forte demande pour un bon niveau d’instruction et ferme la porte des emplois les mieux payés à de plus en plus de monde», dit Isabel Sawhill.L’une des solutions passe par une meilleure éducation.«Un aspect crucial», pour l’experte de l'institut Brookings.L’amélioration du système scolaire public et de l’accès des enfants pauvres aux garderies et aux écoles maternelles pourrait ainsi permettre aux nouvelles générations issues des milieux défavorisés de rattraper le niveau des enfants plus riches.La création d’emplois est également importante, mais pas suffisante.«Les emplois occupés par les pauvres ne paient pas assez et il faudrait donc instaurer un soutien au revenu à travers des crédits d’impôt et des aides pour le transport vers le lieu de travail, le logement, la crèche des petits et la couverture médicale», propose Jared Bernstein, de l’Institut de politique économique.La couverture médicale Cependant, l’accès à une couverture médicale est de plus en plus hors de portée pour les Américains.En marge du taux de pauvreté, le Bureau du recensement annonçait mardi que les personnes dépourvues d’assurance maladie représentent 15,8 % de la population des États-Unis, soit 47 millions d’individus comparative ment à 44,8 millions en 2005! Pauvreté et absence de couverture médicale ne sont toutefois pas forcément liées.Ainsi, Isabel Sawhill n’est «pas sûre qu’il y ait une relation» puisque de nombreux pauvres sont couverts par le programme fédéral Medicaid.Jared Bernstein pense au contraire que «le lien est évident».Il explique que «la plupart des gens en âge de travailler aux États-Unis reçoivent leur couverture médicale de leurs employeurs.Or la qualité des emplois s’est détériorée, avec des revenus faibles et moitis de protection qu’avant.» Devant l’explosion des coûts de la santé, les entreprises américaines augmentent la quote-part de leurs employés ou suppriment leur offre d’assurance maladie.La charge des cotisations et des soins revient donc de plus en plus uniquement aux employés.«Les travailleurs ont beaucoup de mal à l’assumer, même quand leur entreprise propose un plan, et beaucoup doivent renoncer à la couverture médicale», note Paul Fronstin, de l’Institut de recherche sur la protection des employés.Rien de surprenant quand on sait que les coûts médicaux progressent deux fois plus vite que les salaires.La diminution du taux de couverture médicale apparaît donc à la fois comme une conséquence et comme une cause de la pauvreté.Conséquence car elle manifeste la faiblesse des revenus des salariés.Cause car elle amène des salariés devenus malades à ne plus pouvoir payer leurs soins, à perdre leur emploi et à conduire leur ménage dans la pauvreté.Le Bureau du recensement ne fournit d’aillçurs qu’une image partielle de la pauvreté aux États-Unis.Les seuils de pauvreté utilisés par l’agence fédérale sont en effet trop bas.Un célibataire est jugé pauvre quand il gagne 10 000 $ ou moins par an; un foyer de quatre personnes, quand son revenu est égal ou inférieur à 20 000 $.Persistance de la pauvreté «Ces seuils arbitraires, créés dans les années 60, n’ont été réévalués qu’au vu de l’inflation», dit Isabel Sawhill.«Les États-Unis, contrairement aux autres pays développés, ont une mesure absolue de la pauvreté, et non pas une mesure relative au revenu moyen.Or ce calcul est dépassé car nos seuils sont nettement plus en deçà du revenu moyen qu’avant», explique-t-elle.«Si l’on tient compte d’une approche plus relative, comme je l’ai proposé avec le soutien de l’Académie nationale des sciences, on obtient un taux de pauvreté qui est supérieur de 1,5% au taux officiel», révèle de son côté Jared Bernstein.Une approche plus relative mettrait ainsi dans la catégorie des pauvres environ 14 % des Américains.Quels que soient la méthode de calcul utilisée et le taux obtenu, la persistance de la pauvreté est intolérable dans un pays aussi riche que les États-Unis.«C’est une honte et il n’y a aucune excuse», lance Isabel Sawhill.Peut-être faudrait-il «réallouer des fonds qui sont dépensés ailleurs», comme le souhaite Isabel Sawhill.En pompant notamment dans le budget militaire.Mais l’argent ne suffit pas à lutter contre la pauvreté puisque les 585 milliards consacrés à cette mission par les pouvoirs publics entre 1968 et 2004 ne sont pas par-venus à réduire le nombre de pauvres.Peut-être faudrait-il surtout éliminer les préjugés des élites américaines.Trop d’élus républicains et démocrates considèrent en effet que la responsabilité de la pauvreté revient d’abord au pauvre, soupçonné de paresse.«Il faut absolument changer les esprits, car beaucoup de décideurs présument encore que, si vous êtes pauvre, c’est votre faute», affirme Jared Bernstein.«Il y a bien sûr des paresseux parmi les pauvres, mais il y en aussi parmi les riches, et il nous faut donc agir en partant du point de vue que l’aide aux pauvres est une responsabilité fondamentale de notre économie avancée.» En même temps qu’une obligation morale pour la seule hyperpuissance.Collaboration spéciale « Beaucoup de décideurs présument encore que si vous êtes pauvre, c’est votre faute » SUITE DE LA PAGE B 1 Les critiques des experts portent aussi sur le choix des navires.Les plus sévères ont immédiatement parlé de l’achat à’«iceslushers» (brise-gadoue) au lieu A’«icebreakers» (brise-glace).Si, comme le dit M.Harper, il faut exercer sa souveraineté pour ne pas la perdre, il devient difficile de défendre nos prétentions quand on est inca-pable de se déplacer dans l’Arctique pendant plusieurs mois par année, note M.Inserre.«Si la navigation se développe et que le Canada affirme sa souveraineté sur le passage du Nord-Ouest, il doit être capable de le patrouiller, d’y assurer la sécurité et d’y porter secours à tout moment.S’il devait en être incapable, sa souveraineté en prendrait pour son grade», croit M.Lasserre.«L’achat de ces navires est un premier pas nécessaire, mais nous avons besoin de nouveaux brise-glace pour la garde côtière.S’il fallait choisir entre l’un ou l’autre type de navire, j’aurais recommandé l’achat de brise-glace», dit plus diplomatiquement Rob Huebert, du Centre d'études militaires et stratégiques de l’Université de Calgary.Il comprend que le gouvernement ne puisse pas acquérir tout cet équipement d’un seul coup, mais le Canada en est là parce qu'il n'a à peu près rien fait depuis les années 1970, déplore-t-il.En tournée dans le Nord cette semaine, le chef néodémocrate, Jack Layton, déplorait quant à lui ARCTIQUE l’approche essentiellement miEtaire du gouvernement Harper.«La stratégie du premier ministre met trop l’accent sur les moyens militaires et pas assez sur le soutien aux communautés du Nord.La meilleure jàçon d’assurer notre souveraineté est de nous assurer que ces communautés, surtout imites, ont l’appui nécessaire à leur dynamisme.Il faut ensuite nous attaquer aux changements climatiques, car ils menacent notre souveraineté dans cette région.» Selon M.Layton, il est difficile de dire qu’on occupe le territoire quand on a de la difficulté à maintenir les communautés qui y vivent déjà Toutes les mesures prises par le gouvernement conservateur ne visent cependant que le passage du Nord-Ouest et ne répondent en rien au défi posé par les autres pays arctiques autour du pôle Nord, fai délimitation des frontières dans cette région y est régie par un nouveau processus étabÉ en vertu de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer signée en 1982.Les pays arctiques signataires ont dix ans, après avoir ratifié le document, pour revendiquer la juridiction sur les fonds marins qui sont une prolongation de leur plateau continental.La Russie doit donc s’exécuter d’ici 2009, le Danemark, did 2014 et le Canada, did 2013.Les États-Unis n’ont pas encore ratifié le document, mais l’administration Bush espère avoir raison des dernières résistances au Sénat cet automne.Le principal objet de convoitise est la crête de Lomonosov, qui va de la Russie à la pointe du Groenland et qui touche l’île canadienne Èlles-mere.Ira Russie a fait ime première demande en 2001 qui a été refusée, mais elle se prépare à revenir à la charge.Le Danemark est en train d'établir ses relevés géologiques et l’expédition de cet été s’inscrivait dans cette démarche.Au Canada, une équipe de chercheurs a amorcé le travail il y a quelques années, mais le budget de 76 millions pour effectuer les relevés n’a été accordé qu’en 2002.M.Huebert estime que «le Canada s’est tiré dans le pied» dans ce dossier en «restant assis sur son derrière trop longtemps».Le Canada était un des architectes de la Convention.Il était conscient des enjeux mais a attendu longtemps avant de se mettre à l’oeuvre.«Comme pour tout ce qui amceme l’Arctique, on ne fait rien ou tout en même temps, ce qui rend la tâche pratiquement impossible parce que la facture est trop élevée.Pendant ce temps, les autres pays arctiques préparent leur cause lentement mais de façon soutenue, ce qui fait qu’on se retrouve à la traîne», s’indigne Rob Huebert.Les Danois, par exemple, ont déjà fait des démarches pour utiliser un sous-marin nucléaire britannique afin de faire leurs relevés.Le Canada n’a rien fait du genre.«Encore une fois, on a attendu à la dernière minute», dit le chercheur.Collaboratrice du Devoir * k l « LE DEVOIR, LES SAMEDI 1 ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2007 K N PERSPECTIVES B 3 Les partis fédéraux fourbissent leurs armes Une rentrée sous le signe de 1’Afghanistan L’engagement militaire du Canada sera le principal point d’intérêt des parlementaires L’Afghanistan.Les caucus des partis politiques fédéraux qui ont pris fin cette semaine ont essentiellement tourné autour d’un seul et même sujet.Chaque formation a affûté ses stratégies de rentrée parlementaire avec en tête ce conflit, qui accapare les manchettes, mais aussi avec les trois élections partielles qui auront lieu au Québec dans un peu plus de deux semaines.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le décès de trois soldats du Royal 22* Régiment en moins d’une semaine n’a pas ébranlé uniquement les Québécois, mais également les partis d’opposition aux Communes.Tout en restant cohérentes avec leur position défendue de longue date en ce qui a trait au sort de la mission canadienne en Algha-nistan, les formations politiques ont dû s’ajuster rapidement pour tenter de profiter de la tempête politique soulevée par la mort des militaires du Québec.Le premier à hausser le ton a été le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.Malgré les sondages qui s’accumulent et qui montrent que les Québécois s’opposent à la mission dans une proportion de 65 à 70 %, le parti souverainiste n’a pas changé son fusil d’épaule pour exiger un retrait immédiat des troupes.Il maintient que les soldats doivent rester en Afghanistan jusqu’en février 2009, tel que prévu.Par contre, Gilles Duceppe a mis cartes sur table en prévision d’un possible discours du Trône.«On demande [au premier ministre] d’être clair et d’inscrire dans son discours du Trône que les troupes canadiennes vont mettre fin à leur mission de combat à Kandahar en février 2009.C’est une exigence minimale.Le Canada a fait son effort et il est temps que d’autres pays prennent la relève», a dit Gilles Duceppe à la sortie de son caucus, qui se déroulait à Saint-Hyacinthe il y a une dizaine de jours.Stephen Harper a affirmé en juin dernier que la mission ne serait pas poursuivie sans un «certain consensus» de la part du Parlement, un accord qui semble bien peu probable à l’heure actuelle.N’empêche, le chef du Bloc québécois prévient qu’un silence sur ce sujet dans un éventuel discours du Trône pourrait faire vaciller le gouvernement.«Si Stephen Harper poursuit sa logique militariste, il ne peut pas s’attendre à avoir l’appui du Bloc», a soutenu un Gilles Duceppe bien conscient que, le 17 septembre prochain, plusieurs citoyens iront voter à Roberval, à Saint-Hyacinthe et à Outremont avec le conflit afghan en tête.Une motion ?Sans directement menacer le gouvernement le Parti libéral de Stéphane Dion a lui aussi développé sa stratégie sur l’Afghanistan lors de son caucus qui a pris fin cette semaine à Terre-Neuve.Le PLC déposera à la première occasion une motion qui demande au gouvernement de retirer ses troupes de Kandahar en février 2009, forçant ainsi les conservateurs à se prononcer plus rapidement que prévu.«Le premier ministre perd du temps et je sais que c'est parce qu’il veut rester plus longtemps que février 2009», a soutenu Stéphane Dion jeudi.Seul parti à réclamer le retour immédiat des soldats canadiens, le NPD a dû se défendre de prendre une position irresponsable sur le sujet Le chef du Bloc a été le plus virulent.«Je ne veux pas faire comme ceux qui exploitent les émotions des Québécois, comme Jack Layton et Thomas Mulcair [candidat dans Outremont] le font.On ne peut pas regarder les sondages et dire: “Voilà ce qu’on va dire, peu importe les conséquences.” Il faut être responsable et remplir nos obligations internationales», a lancé un Gilles Duceppe particulièrement d’attaque.Au sein du NPD, cette salve a été reçue avec un sourire.«Ça prouve que notre position est plus près des Québécois que celle de Gilles Duceppe», a estimé une source néo-démocrate.En tenant son caucus à Montréal, le NPD a d’ailleurs pu enfoncer le clou de la mission afghane tout en soutenant son candidat dans Outremonf, Thomas Mulcair.C’est faire d’une pierre deux coups pour un parti qui fonde de gros espoi 's dans l’élection partielle d’Outremont Lundi soir dernier, les 29 députés du NPD et une centaine de bénévoles ont d’ailleurs ratissé le quartier montréalais pour donner un coup de main à Thomas Mulcair.Frappes préventives du PC Si le caucus dp Parti conservateur à TÎle-du-Prince-Edouard au début du mois d’août a donné très peu de substance, le premier ministre a toutefois repris le devant de la scène deux semaines plus tard, lors d’un remaniement ministériel fort attendu.En rétrogradant.l’impopulaire ministre de la Défense Gordon O’Connor, Stephen Harper a enlevé des munitions aux partis d’opposition, qui n’ont pu écorcher aussi facilement le gouvernement lors des décès militaires qui ont suivi.L’arrivée de Peter MacKay à la Défense, mais surtout de Maxime Bernier aux Affaires étrangères, pourrait aider le gouvernement à expliquer la mission canadienne en Afghanistan à une population plus sceptique que jamais.Le remaniement ministériel étant essentiellement centré sur des porte-parole de la mission afghane, le premier ministre Harper reconnaissait de facto l’échec de son gouvernement à convaincre les Canadiens du bien-fondé de l’opération en cours dans ce pays instable.Reste à voir si les citoyens seront à l’écoute des nouveaux ministres.Un sondage Décima-Presse canadienne rendu public cette semaine montre que les Canadiens accordent peu d’importance à ce brasse-camarade ministériel, puisque 54 % des citoyens estiment que le remaniement n’aura «aucun impact» sur la performance du gouvernement.L’impact pourrait toutefois être différent au Québec, où Maxime Bernier et Josée Verner ont obtenu des promotions.Dans la province, plus de la moitié de la population voit d'un bon œil le changement de chaises au cabinet.Concrètement, le gouvernement n’a toutefois pas changé d’orientation pour l’instant.Lors du remaniement, le premier ministre a décrit ses cinq priorités de l’automne de-manière à rester le plus vague possible: affirmer et défendre la souveraineté canadienne; assurer une économie forte et un faible niveau de taxation; lutter contre la criminalité; protéger l’environnement et consolider la fédération canadienne.La porte est donc encore ouverte pour un discours du Trône qui pourrait davantage préciser la direction du gouvernement.Les rumeurs à Ottawa veulent que le premier ministre-proroge le Parlement lors de la rentrée, prévue le 17 septembre, et renvoie tout le monde à la maison jusqu’à la mi-octobre, le temps d’écrire le discours du Trône.Toutefois, des sources ont affirmé au Devoir que la décision n’était pas enoore prise.Une réunion du comité des priorités du conseil des ministres, qui regroupe les poids lourds du cabinet, devrait trancher sur ce sujet dans les prochains jours, a-t-on appris.Des libéraux en panne Ironiquement, le besoin de définir de nouvelles priorités pour relancer un parti en panne se fait aussi sentir chez les libéraux fédéraux, qui ne profitent pas des difficultés du gouvernement Harper depuis six mois.Toutes les maisons de sondage placent les libéraux et les conservateurs à égalité dans les intentions de vote.Le Bloc québécois, de son côté, a repris du tonus au Québec depuis le printemps, se détachant de ses rivaux par plus de 10 %.Premier problème pour les libéraux: leurs supporters affirment dans une proportion de 47 % pouvoir changer d’idée, alors que seulement 30-% des supporters conservateurs disent de même.Selon le sondage Strategie Counsel-The Globe and Mail, seuls les partisans néo-démocrates (51 % disent pouvoir changer leur intention de vote) sont plus volatils que les supporters libéraux.Bref la base est fragile pour le PLC.Les députés et sénateurs libéraux réunis en caucus cette semaine à Terre-Neuve se sont d’ailleurs fait expliquer pourquoi.Le sondeur du Parti libéral, Michael Marzolini, a affirmé que 50 % des Canadiens ne savent pas quoi penser de Stéphane Dion et que la même proportion d’électeurs dit ne pas savoir quelles sont les positions du chef libéral.Pour M.Marzolini, il est temps que les libéraux cessent de seulement critiquer le gouvernement et arrivent avec des idées nouvelles.«Il faut mettre en avant des solutions positives tout en expliquant ce qui ne va pas avec les gens que vous souhaitez remplacer», a affirmé M.Marzolini aux députés libéraux.Le chef libéral Stéphane Dion devra également trouver un moyen de mieux communiquer les messages du parti, même si tous les députés devront être plus visibles.«Développer une politique qu’on peut comprendre et la communiquer est un défi», a d’ailleurs reconnu le leader adjoint du PLC, Michael Ignatieff.Rien pour consoler Stéphane Dion, les Canadiens ont une' image paradoxale du premier ministre, ce qui complique l’angle d’attaque du PLC.Comment profiter du fait que 70 % des Canadiens jugent Stephen Harper «trop contrôlant» quand 67 % le considèrent comme un leader «décisif»?Par où commencer quand 58 % des gens le trouvent trop à droite mais que 53 % jugent également qu’il mène le Canada dans la bonne direction?Que faire lorsqu’une majorité de citoyens (53 %) estiment que Harper suit les désirs de George W.Bush mais que 49 % considèrent aussi le premier ministre comme un «visionnaire»?Le portrait tracé par le sondage Strategie Counsel pour le Globe and Mail amène plus de questions que de réponses pour les adversaires de Stephen Harper.Le Devoir Stephen Harper imt- Stéphane Dion Gilles Duceppe Jack Layton Le pari difficile d’Abdullah Gül Pour la première fois, un islamiste accède à la présidence de la Turquie MARC SEMO Affable et chaleureux, Abdullah Gül est en outre doté d’un certain humour et s’exprime dans un anglais parfait.Rien d’étonnant donc si l’ancien ministre des Affaires étrangères, finalement élu cette semaine président de la Turquie par le Parlement, séduit les diplomates occidentaux, d’autant qu’il affiche volontiers ses convictions proeuropéennes.Mais le camp laïque et les militaires restent toujours aussi méfiants vis-à-vis de celui qu’ils surnomment «l’islamiste au visage souriant».Pour la première fois, un politicien issu .du mouvement islamiste avec une femme portant le foulard va s’installer à Çankaya, le palais présidentiel, qui fut celui de Mustapha Kemal, fondateur d’une république laïque et jacobine sur les décombres de l’empire ottoman après la Première Guerre mondiale.Habile politicien, Abdullah Gül sait qu’il doit rassurer cette moitié de la Turquie qui, lors des législatives du 22 juillet, n’a pas voté pour l’AKP (le Parti de la justice et du développement), sorti grand vainqueur des urnes avec 46,5 % des vont Craintes «Le renforcement et la défense des valeurs républicaines édictées dans la Constitution seront mes priorités», déclarait-il il y a une dizaine de jours en annonçant sa décision dé se présenter à nouveau à la présidence de la République (sa candidature au printemps avait déchaîné de grandes pianifestations du camp laïque).Le chef de l’Etat a des compétences limitées mais dispose d’importants pouvoirs en matière de nomination dans la haute fonction publique.D’où la crainte d’infiltrations massives des islamistes dans les rouages clefs de l’Etat Le CHR le parti de la gauche kémaliste, a été le grand perdant des élections (20 % des voix).Mafs les militaires comme les responsables de ce parti ont annoncé qu’ils boycotteraient les cérémonies où apparaîtrait la femme du président en foulard, même si 72,5 % des Turcs, selon les sondages, considèrent «normal» le port du voile par la première dame.«Les débuts d’Abdullah Gül ne seront pas faciles et chacun de ses pas sera scruté à la loupe par les institutions et les franges de la société sensibles à la défense de la laïcité», écrivait cette semaine un éditorial du journal populaire Vatan.Abdullah Gül aura en effet besoin de toute sa rondeur et de son habileté diplomatique pour faire oublier un passé d’islamiste convaincu.Cet homme très pieux, né il y a 56 ans à Kayseri, fief conservateur et islamiste en Anatolie centrale, a étudié l’économie à Istanbul puis à Londres avant de partir à Djeddah, en Arabie Saoudite, où, entre 1983 et 1991, il a travaillé comme cadre de la Banque de développement islamique.De retour en Turquie, il commence à faire de la politique dans le Refah, le «Parti de la Rrospérité» de Necmettin Erbakan, le leader istorique de l’islamisme politique turc.Quand ce dernier devient premier ministre, en 1996, Gül, déjà un des poids lourds du parti, est nommé ministre d’Etat et porte-parole du gouvernement.Un an plus tard, le Refah est chassé du pouvoir sous la pression de l’armée, puis interdit Trois ans plus tard, Abdullah GUI et Recep Tayyip Erdogan, alors maire islamiste du Grand Istanbul, décident de former un nouveau parti en tirant les leçons de cet échec, et de l'impossibilité de défier ouvertement l’État et l'armée.L’AKP se pose ainsi comme conservateur sur le plan des mœurs mais libéral en économie et surtout proeuropéen.L’Union européenne et les réformes quelle impose sont un bouclier contre l’armée.Dès lors, les classes moyennes choisissent aussi l’AKR d’où le nouveau succès de ce parti aux élections de juillet après cinq ans de gouvernement Figures libérales Abdullah Gül, que le premier ministre Recep Tayyip Erdogan appelle «son frère», est bien conscient des enjeux qui s’ouvrent pour l’AKP comme des peurs qu’il suscite.Les ex-islamistes occupent désonnais les trois premières fonctions politiques du pays (présidence de la République, présidence de la Chambre et premier ministre).E s’agit maintenant de rassurer.Le nouveau gouvernement d’Erdogan, dont la liste est présentée aujourd’hui, doit intégrer bon nombre des figures les plus libérales du parti.A la fin du mois, le Parlement commencera à plancher sur une grande réforme libérale de la Constitution pour sortir du système mis en place après le coup d’État de 1980.«Elle mettra l’accent sur le peuple plus que sur l’Etat», as-.sure TAKE Plusieurs juristes de gauche ou libéraux ont accepté pour cette raison d’être élus sur les listes de l’AKR Le grand quotidien Mil-liyet évoque déjà «une étape historique qui pourrait nous rapprocher un peu plus d’une pleine maturité démocratique».Libération Michel David La fin du trip Jeudi, à l’abri des caméras de télévision, Diane Lemieux a tenu à expliquer à ses collègues péquistes réunis en caucus à Québec la véritable raison pour laqueUe elle quittait la politique précisément au moment où l’horizon semble s’éclaircir.Bien entendu, elle avait été très déçue d’apprendre que Pauline Marois avait décidé de lui retirer son poste de leader parlementaire au profit de François Gendron.De son propre aveu, elle y a pris plus de plaisir qu’aux divers ministères qu’eüe avait précédemment occupés.Elle adorait la stratégie parlementaire et, dans l’opposition, c’est une des très rares fonctions qui confèrent un certain pouvoir.E faut un gros ego pour résister aux attaques parfois féroces qui sont le lot quotidien de la politique, et celui de Mme Lemieux était surdimensionné, comme c’est le cas de la plupart des bêtes politiques, maid elle n’en était pas à sa première déconvenue.Malgré sa déception, elle aurait avalé la pilule si le malaise n’avait pas été plus profond.Personne n’est irremplaçable, et il n’y a aucun précédent d’un leader parlementaire qui ait servi sous trois chefs différents.Il était tout à fait normal que, selon son vœu de modifier l’image du PQ, Mme Marois veuille donner un nouveau visage à son aile parlementaire.Il est vrai que Mme Lemieux ne faisait pas l’unanimité parmi ses coUègues.Ceux qu’eUe ne jugeait pas suffisamment performants étaient condamnés au silence pendant la période de questions à l’Assemblée nationale, mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.Le désir de rétablir l’harmonie au sein çlu caucus n’était que le prétexte de son limogeage.A l’époque où ils agissaient comme leaders parlementaires, Guy Chevrette et André Boisclair n’étaient certainement pas plus délicats qu’elle.Sous sa gouverne, l’opposition péquiste a indéniablement gagné en efficacité.Si ses relations avec les députés posaient vraiment problème, on se demande bien pourquoi Mme Marois lui a offert la présidence du caucus! ?L’épithète «entière» est peut-être celle qui décrit le mieux Mme Lemieux.D’aUleurs, elle était tout aussi cassante avec les journalistes qu’avec ses collègues.Une chronique qui lui avait déplu pouvait valoir à son auteur un long ostracisme.Il n’est pas difficile de l’imaginer'claquer la porte du restaurant où l’avait invitée Mme Marois quand celle-ci lui a clairement expliqué qu’en raison de son étroite association avec Bernard Landry et André Bois-clair, elle serait incapable de lui faire confiance.Diane Lemieux ne s’en est jamais cachée: elle aime le pouvoir.Paradoxalement, c’est dans l’opposition qu'elle a le mieux perfor-mé, mais la «lionne de Bourget» n’était pas faite pour jouer les seconds rôles.En clair, Mme Marois lui annonçait qu’elle serait désormais exclue du premier cercle, dont elle faisait partie depuis des années.Avec son amie Line-Sylvie Perron, qui avait également réalisé l’exploit de demeurer chef de cabinet de M.Boisclair après avoir occupé les mêmes fonctions auprès de M.Landry, elle ’formait un tandem qui en menait beaucoup trop large aux yeux de plusieurs.Pour la première fois depuis son entrée en politique, elle n’aurait pas eüToreille du chef.Déjà, Lucien Bouchard avait un faible pour elle.Personne d’autre n’aurait osé le remettre gentiment à sa place comme elle l’avait fait le jour de l’annonce de sa candidature dans Bourget, en 1998, quand l’ancien premier ministre avait tenté de lui voler le micro.On ne peut reprocher à personne d’être trop loyal envers son chef.Si Mme Lemieux avait conservé son poste, elle aurait sans doute été aussi fidèle à Mme Marois qu’à ses prédécesseurs, mais la confiance ne se commande pas.La nouveUe chef du PQ a trop souffert des manœuvres de l’entourage de M.Landry pour ne pas se méfier de tous ceux qui en faisaient partie.De toute manière, il aurait sans doute été impossible pour deux femmes aussi différentes de développer l’indispensable complicité entre le chef et son leader parlementaire.Mme Marois n’aurait pas toléré qu’on lui fasse la leçon, comme Mme Lemieux se le permettait fréquemment avec ses précédents pafrons.?Son avenir n’était pas définitivement compromis pour autant In vie politique est faite de hauts et de bas.Elle n'aurait pas été la première à connaître une éclipse.Après 31 ans de vie parlementaire, qui aurait pu prévoir la résurrection de François Gendron, qui semblait condamné aux rôles de soutien jusqu’à sa retraite?Soit, Mme Lemieux n'a jamais soutenu Mme Marois dans ses ambitions, mais François Legault en a beaucoup plus à se faire pardonner, et il n'a certainement pas renoncé à devenir chef un jour.Cela ne l’empêchera pas de demeurer une des vedettes du PQ et d’accéder éventuellement aux Finances.Même un homme aux loyautés aussi successives que Sylvain Simard espère encore récupérer une limousine.Nicolas Girard, lui, ne doit pas se faire trop d’illusions.Ên cas de victoire péquiste aux prochaines élections, Mme Lemieux aurait hérité d’un ministère important.La mise en veilleuse du référendum et la redéfinition de la social-démocratie ne lui auraient posé aucun problème de conscience.D’éminentes personnalités péquistes ont bien tenté de la convaincre de rester.S’il y a une leçon à tirer de l’histoire récente du PQ, c’est que l’avenir est hautement imprévisible.A 45 ans, Mme Lemieux pouvait se permettre d’attendre des jours meilleurs.Malgré d’indéniables talents pour la politique, il lui manquait une qualité essentielle: la patience.Depuis neuf ans, elle s’était payé un beau power trip et elle ne pouvait pas accepter de l’interrompre, même temporairement Diane Lemieux avait ses défauts, mais son départ n’en demeure pas moins une perte pour le PQ et pour le projet souverainiste.Malheureusement, il n’est pas facile de faire primer les intérêts de la patrie et du parti sur ses propres intérêts quand ils ne , coïncident pas.mdavicfaledevoir.com Diane Lemieux LE DEVOIR.LES SAMEDI I,K ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2007 B 4 EDITORIAL Réveil municipal Pendant que la ville de Québec risque la panne politique à la suite du décès de la mairesse Andrée Boucher, à Montréal, le maire Gérald Tremblay semble se réveiller et affirmer son leadership.Le leadership, c’est ce dont ont besoin aussi bien la métropole que la capitale nationale.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE; LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE L 0k es Montréalais désespéraient de leur maire depuis un certain temps.Malgré toute la bonne volonté qui émane de Gérald Tremblay, l’esprit de décision et l’autorité qui doivent caractériser le premier magistrat d’une métropole ne se ressentaient pas.Voilà qu’il annonce qu’il sera désormais le porteur de tous les grands projets pour Montréal, du CHUM au quartier des spectacles en passant par la réfection de l’autoroute Bonaventure.De ce virage, on est tout aussi étonné qu’enchanté.Étonné parce que nombreuses ont été les occasions que le maire Tremblay n’a pas saisies pour s’affirmer.Il suffit par exemple de songer aux débats sur le choix du site du CHUM et sur le projet d’un nouveau casino, où il n’était ni pour ni contre.bien au contraire.Pourtant, un maire n’a pas à demander de permission à qui que ce soit pour prendre position, pas plus aux gouvernements supérieurs qu’à son conseil municipal.Élus au suffrage universel, les maires jouissent d’une légitimité incontestable pour diriger leur municipalité.Il est arrivé que certains en abusent; qu’on songe à Jean Drapeau.Il appartient alors au conseil municipal de faire contrepoids.On ne demande pas à Gérald Tremblay de revêtir les habits de son célèbre prédécesseur.Par contre, il ne doit pas craindre de se libérer de l’enchevêtrement de structures qui paralyse Montréal avec ses arrondissements et son conseil d’agglomération.Comme si ce n’était pas déjà assez complexe, il [i I a fallu qu’il ajoute à l’écheveau avec un organi- |â ^ gramme administratif complexe.Chaque servi- llgj _.f ^ ce municipal peut ainsi relever de l’autorité de deux ou trois membres de l’exécutif.Pendant que ceux-ci se marchent sur les pieds, les fonctionnaires sont sans véritable direction.S’il est bien vrai qu’il entend donner un coup de barre, M.Tremblay devrait clarifier sans tarder les responsabilités de ses collègues.Si Montréal peut désormais espérer, à Québec, c’est tout le contraire.Le décès subit d’Andrée Boucher laisse la capitale en déshérence.Des élections n’auront lieu que dans quatre mois, presque au moment où s’ouvriront les fêtes du 400e anniversaire de la fondation de cette ville.D’emblée, aucune grosse pointure ne s’annonce pour prendre la succession d’une mairesse qui, tout énergique et populaire qu’elle ait été, a connu de nombreuses difficultés.Bien qu’elle ait été littéralement plébiscitée par la population de Québec, Mme Boucher était isolée dans un conseil dominé par l’opposition du Renouveau municipal de Québec.Quoi qu’en disent certains, le statut d’indépendant ne peut pas convenir au maire d’une ville de la taille de Québec.Jean-Paul L’Allier a pu réaliser de nombreux projets à la tête de cette ville parce qu’il était appuyé par une majorité, tout comme ses prédécesseurs.Le prochain maire de Québec, à moins qu’il ne soit issu de l’opposition actuelle, sera dans la même position que Mme Boucher.On peut en effet douter que le RMQ puisse gagner la mairie.En une courte semaine de transition, le maire suppléant, qui en est issu, a mis son parti dans une situation délicate.En raison des défis qui attendent le prochain maire au cours de ce 400e anniversaire, tous ceux qui ont à cœur le succès de leur ville devraient mettre de côté leurs rivalités et chercher à se donner un maire qui fera consensus et à qui tous voudront accorder la marge nécessai- Bernard Descôteaux re pour agir.bdescoteaux@ledevoir.com Hydro, la convoitée .-.e façon périodique, des gens relancent l’idée de privati- jV ser Hydro-Québec.Cette semame, c’était au tour de I I deux personnalités invitées par l’Institut économique I de Montréal de plaider en faveur de la privatisation to-1/ taie ou partielle.D’un côté, l’ancien président de la Standard Life, Claude Garcia, avance que la vente d’Hydro-Québec permettrait d’effacer la dette du Québec en totalité.Évidemment, les nouveaux propriétaires exigeraient des hausses importantes de tarifs destinées à rejoindre le prix du marché nord-américain, mais parce qu’on ne paierait plus d’intérêts sur la dette, on pourrait réduire les impôts de 33 %.De son côté, l’économiste Marcel Boyer ne souhaite pas la privatisation complète puisque, en contrepartie de l’élimination de la dette, il faudrait se départir de l’actif, ce qui ne créerait aucune valeur nouvelle pour les Québécois.Comme d’autres avant lui, Marcel Boyer croit qu'une vente partielle des actifs d’Hydro-Québec — 25 % par exemple — aurait pour conséquence «de retirer aux gouvernements le droit de puiser dans la caisse commune et patrimoniale des Québécois et de dilapider leurs ressources énergétiques».Lui aussi défend le principe d’une hausse importante de tarif, et il ajoute que les revenus de la vente d'actions devraient servir à financer les investissements futurs en énergie.Voilà des points très différents.Il est certain que les Québécois n’accepteront jamais de retourner à l’époque où la production de l’électricité était contrôlée par le privé.Trop d’enjeux sont en cause: développement régional, échéanciers de projets, choix des filières prioritaires.et de toute façon, les Québécois souhaitent conserver le contrôle sur cette ressource fantastique.D’ailleurs, ce n’est pas le comportement de l’industrie pétrolière qui les convaincra du contraire! En revanche, l’idée de vendre une fraction minoritaire de la valeur d’Hydro à des dizaines de milliers de ménages québécois mérite d’être revue.Revue parce que ce n’est pas la première fois que cette idée est soumise, mais elle n’a jamais été étudiée sérieusement Un quart de la valeur, c’est autant qui irait à la réduction de la dette ou à autre chose, sans perte de contrôle étatique.De plus, il est probable que la présence au conseil d’actionnaires privés modifierait la dynamique dans le sens de la transparence et d’une plus grande productivité.Quant aux tarifs, puisqu’il s’agit d’un monopole, il reviendrait à la Régie de les fixer en fonction des coûts et d’un objectif de rendement raisonnable, comme c’était le cas pour Bell Canada du temps du monopole.En revanche, une société de propriété mixte devrait peut-être payer des impôts à Ottawa et on peut douter du comportepient de l’action en Bourse étant donné le contrôle majoritaire de l’État Lors de la campagne électorale de 2003, le premier ministre Bernard landry avait lancé l’idée de céder 10 % de l’actionnariat d’Hydro à ses employés.Pourquoi les employés et non tous les citoyens désireux de s’impliquer?avions-nous demandé.La question est restée sans réponse.comme l’idée de M.Landry.j-rsansfacon@ledevoir.com » / y, Jean-Robert Sansfaçon uMÇ ÇpN ConJoînT PCS $*uRV£i(,LANC£ Vu M£Tp-o»*- f l/tflfÎM , , CI ÛUÉ VimÇ ! ÊNC0&Ê UH / i\ cts \ feuV&ît prtoTo PoaR , '/X Fi i REPRISE La logique de rimmigration Selon Aristote, la logique serait la capacité de distinguer un raisonnement correct d’un raisonnement incorrect.Alors, que fait donc Christian Rioux de cette logique?Comment peut-on à la fois se plaindre de la diminution du poids du Québec dans l'ensemble canadien ou nord-américain et soutenir qu’un discours sur la limitation de l’immigration peut en faire abstraction?Une société qui n’a pas un taux de natalité suffisant pour renouveler sa population et sa main-d’œuvre doit faire appel à l’immigration si elle ne veut pas assister à son déclin économique et politique.C’est faire preuve d’«ouver-ture» d’esprit que de le dire.C’est être «fermé» à quelque chose que de soutenir qu’on peut limiter l’immigration sous ce même seuil de renouvellement et de n’entrevoir aucune conséquence.Si, donc, on accueille des immigrants — qui sont forcément des étrangers —, il vaut mieux être «ouvert» aux cultures et aux coutumes des 45 000 étrangers que le Québec accueille chaque année.Aucune loi ne fera passer ces étrangers à la «moulinette» pour en faire des «pure laine».Il faut même avoir assez d’«ouver-ture» pour reconnaître que la loi 101 peut être un frein pour certains qui n’ont pas le don des langues et qui cherchent un meilleur sort sans savoir d’avance où celui-ci peut bien se trouver mais qui savent aussi que l’anglais leur assure ra une plus grande mobilité.D faut aussi un peu d’«ouverture» pour imagi- L E T T R E S -?- ner qu’à ce rythme d’immigration «nécessaire», les «pure laine» pourraient bien, un jour, ne plus être la majorité.D faut une bonne dose Couverture» pour discuter de cela sereinement Georges Paquet Le 30 août 2007 Réponse du chroniqueur Je ne propose ni de réduire l’immigration ni de l’augmenter.J’affirme simplement que Couverture» ne se mesure pas au nombre d’immigrants.Le Québec demeurera une société «ouverte» quels que soient ses choix.Si une crainte existe à cet égard, elle relève plutôt des difficultés réelles de francisation.Les Québécois ont le droit comme tous les peuples de mener ce débat sereinement sans qu’on les accuse de manquer Couverture».Christian Rioux Marre des bons matins ! Depuis mon enfance, quand on veut se saluer le matin, on dit «bonjour».Dans toute la francophonie, c’est l’usage habituel.Mais récemment, on dirait que c’est plus poli ou plus intense de dire «bon matin», tel qu’entendu à l’émission Des kiwis et des hommes ou, plus récemment au FFM, dans la bouche de Marc Bé-land et du réalisateur François Delisle, et même de la part de mon patron, qui essaie fort de se rendre moderne et sympathique.Je n’en peux plus! Qu’on se le dise, «bon matin» est une traduction littérale de good morning.Notre langue s’anglicise de plus en plus, et cela me désole et m'enrage.Adopter des anglicismes dans notre langue ne nous rend ni supérieurs ni plus sympathiques.En fait, cela démontre plutôt de la soumission, voire de l’aliénation.Si on veut être extrêmement courtois, on peut dire: «Bonjour, j’espère que vous avez passé une bonne nuit et que vous passerez une magnifique matinée.» Par contre, personnellement, je me contente toujours d’un beau «bonjour» souriant, sincère et vraiment conforme à notre langue.Dominique Brault Montréal, le 27 août 2007 Pas besoin d’ennemis Lettre ouverte à Jean-Pierre Raffarin, président du comité français pour le 400 Comme ça, cher monsieur, vous reportez à 2009 l’exposition permanente sur les familles souches?Un peu d’histoire.2009 marquera le 250' anniversaire de la défaite franco-canadienne des plaines d’Abraham, événement que le Canada anglais se fera un plaisir de nous rappeler.Est-ce cet événement que vous voulez commémorer?Et comme l’histoire est un éternel recommencement, sachez que le même Canada anglais avait voulu reporter de 1908 à 1909 le 300 anniversaire de notre pays.Son objectif?Commémorer le 150e anniversaire de la même défaite des Plaines.Décidément, les Québécois n’ont pas besoin d'ennemis.Francine Vachon Québec, le 30 août 2007 REVUE DE PRESS E -?——— De la guerre aux élections Manon Corne Hier La mission canadienne en Afghanistan suscite l’opposition de la vaste majorité des Québécois alors qu’au Canada anglais les avis sont plus partagés.Les commentateurs n’y échappent pas.Rosie DiManno, du Toronto Star, a fait quelques séjours en Afghanistan, dont un il y a seulement quatre mois.Se souvenant des progrès réalisés par les militaires canadiens qu’elle accompagnait, elle se demande comment il se fait que deux soldats de Valcartier soient morts au même endroit La réponse: les Canadiens ont confié Ghundy Ghar aux forces afghanes, qui n’ont pas su le conserver ni prévenir le retour des insurgés.Selon DiManno, Ghundy Ghar est un exemple des risques que court l’Afghanistan si les forces canadiennes quittent Kandahar en 2009.Mais la stratégie de retrait à long terme du Canada repose sur ce genre de transfert aux forces afghanes.Selon elle, cette recette est désastreuse à court terme et compromet les gains faits à un prix élevé.«Les politiciens, les yeux rivés sur les sondages, n’ont pas l’épine dorsale des soldats.Bon nombre de Canadiens en ont de plus en plus assez de toute cette mission parce que l’Afghanistan est loin, théorique, et np mérite pas qu’on y laisse des vies canadiennes.» A son avis, quitter prématurément l’Afghanistan, à une date butoir arbitraire, signifierait que ces soldats sont morts pour rien.Scott Taylor, dans le Halifax Chronicle Herald, attribue l’hésitation des Canadiens à autre chose.D rappelle avec indignation le rapprochement fait par Stephen Harper, et ensuite plusieurs commentateurs, entre le débarquement raté de Dieppe, qui a fauché la vie de 900 Canadiens, et la mission afghane.«Contrairement aux Allemands en France, les insurgés talibans ne sont pas des envahisseurs étrangers.Us sont des Afghans [.] qui s’adonnent à croire en une forme extrême de l’islam.» Taylor rappelle que même le gouverne- ment Karzaï, que nos militaires soutiennent, avoue qu’il sera nécessaire de négocier avec les talibans pour en arriver à une paix durable.Mais les Américains rejettent cette idée, ce qui fait qu’on continue à se battre et à mourir.Selon lui, si le rôle de l’OTAN était aussi clair que celui des Alliés contre Hitler, les Canadiens ne seraient pas aussi confus et hésitants face à la mission actuelle.Taylor ne favorise pas un retrait immédiat, ni un abandon de ce pays, mais une réévaluation de la mission canadienne et des objectifs du Canada Le National Post, qui s’est rangé denière Harper dans ce dossier, met les partis d’opposition au défi de défaire le gouvernement conservateur s’ils croient pouvoir gagner des élections portant sur ce dossier et celui de Kyoto.H leur demande même de le faire le plus tôt possible, car il est persuadé que les Canadiens appuieront, une fois celles-ci bien expliquées, la mission afghane et l’approche conservatrice en matière d’environnement Pour le Post, les partis d’opposition surestiment l’opposition des Canadiens à la mission tout comme leur appui au protocole de Kyoto.Miroir, miroir.En ce qui concerne les élections, deux sondages parus cette semaine ont fait jaser.Le premier, paru dans le Globe and Mail, montre que le PC reste à égalité avec les libéraux malgré une évaluation relativement positive du gouvernement actuel.Le problème est que les qualités de leader du premier ministre n’ont d’égales que ses défauts.Les Canadiens le jugent efficace et déterminé, mais «contrôlant» et trop partisan.Pour Licia Corbella, du Calgary Sun, voilà quand même de bonnes nouvelles pour les conservateurs et de bien njauvaises pour le chef libéral Stéphane Dion.Évoquant les deux dernières élections fédérales, elle note que l'évaluation positive du chef de gouvernement à la veille d’un scrutin laisse généralement présager que son parti, même s’il est à la traîne, peut l’emporter.Or tous les sondages récents mon- trent qu’en matière de leadership, Harper devance largement Dion.Par conséquent, elle pense que Harper ne devrait pas craindre des élections automnales.H en va autrement du NPD, croit Nik Nanos, de la firme de sondages SES Research.Dans un texte publié dans le Toronto Sun, il note le potentiel du Parti vert Depuis des mois, ce parti se maintient à un niveau supérieur à son plateau des dernières élections (4,5-4,8 %).Dans le dernier sondage SES réalisé pour SunMedia, les verts obtiennent 8 % des appuis, mais l’écart qui le sépare du NPD en Ontario et au Québec équivaut à peu près à la marge d’erreur.Selon Nanos, il ne faut donc pas se surprendre si le chef néo-démocrate, Jack Layton, prend la menace au sérieux.La guerre maquillée Le Musée de la guerre a reçu une volée de bois vert pour avoir modifié un panneau d’information sous la pression d’un groupe de vétérans.Le panneau, de moins de 100 mots, faisait référence aux bombardements stratégiques effectués par les Alliés à la fin de la Deuxième Guerre mondiale.Le texte notait que la valeur et la moralité de ces bombardements, qui ont causé des centaines de milliers de morts sans effet définitif sur la production militaire allemande, étaient encore contestées.Des vétérans, leurs familles et quelques politiciens ont vu dans ces mots une association à des crimes de guerre et ont demandé leur retrait Le musée a acquiescé, malgré l’avis contraire d’experts et d’historiens.Le Edmonton Journal était abasourdi, rappelant qu’un musée n’était pas un monument commémoratif ni le diffuseur d’une version aseptisée de l’histoire.Dans l’Ottawa Citizen, l’historien Randall Hansen était indigné, au point de se lancer dans une longue démonstration des faits et une suggestion de texte encore plus critique.Le Globe and Mail estime pour sa part que le musée a terni sa réputation d’institution vouée à la compréhension des conflits armés et établi un précédent malheureux.mcornellier@ledevoir.com La presse du Canada A LE DEVOIR.LES SAMEDI Ie" ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2007 B 5 DEES Pour une cohérence entre la recherche, l’enseignement et la pratique de la gestion ISABELLE DOSTALER JERRY TOMBERLIN Professeurs à l’école de gestion John-Molson de l’université Concordia n 2005, la célèbre Harvard Business Review accusait les écoles de gestion de faire fausse route en étant trop axées sur la recherche dite scientifique et en embauchant des professeurs ayant peu d’expérience du monde des affaires.Ces préoccupations trouvent leur écho dans un rapport qui sera publié sous peu par l’Association to Advance Collegiate Schools of Business (AACSB).Cet organisme s’y inquiète du peu d’impact que semblent avoir les travaux de recherche dans lesquels s’engagent les professeurs-chercheurs du domaine de l’administration des affaires sur l’enseignement et la pratique de la gestion.Les écoles de gestion québécoises n'échappent malheureusement pas à cette situation.Dans ce contexte, voilà pourquoi il nous semble pertinent de nous interroger sur la raison d’être des écoles de gestion en tant qu’écoles professionnelles, de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il existe un fossé grandissant entre les deux volets de la mission de ces écoles, soit la recherche et l’enseignement, et enfin de proposer des pistes de solution pour favoriser le renforcement mutuel de la recherche, de l’enseignement et de la pratique de la gestion.Recherche vs enseignement Les écoles professionnelles ont pour raison d’être la préparation de jeunes gens à mener une carrière dans des domaines d’activité spécifiques comme la médecine dentaire, l’ingénierie et la gestion.Les professeurs chargés de la formation des futurs professionnels consacrent également une part importante de leur temps à la recherche.Celle-ci devrait en principe contribuer à la compréhension et à l’amélioration de l’exercice de la profession qui les concerne.Nous disons «en principe» car, dans le cas des écoles de gestion, il semble qu’il y ait un écart grandissant entre les activités de recherche et d’enseignement.Vers la fin des années 50, les fondations Ford et Carnegie s’inquiétaient de l’état lamentable de la théorie et de la recherche en administration des affaires.Il était temps pour les écoles de gestion de troquer le «terrain vague du vocationnalisme», pour reprendre les mots de l’économiste Herbert Simon, contre un professionnalisme basé sur des assises scientifiques, comme l'avaient fait l’ingénierie et la médecine auparavant.C’est ainsi que les écoles de gestion nord-américaines ont cherché à obtenir un statut académique.Selon le professeur Richard Schmalensee, ancien doyen de la Sloan School of Management (MIT), elles ont peut-être trop bien réussi.Pour devenir des facultés dignes de ce nom, les écoles de gestion ont dû établir des règles strictes d’embauche et de promotion des professeurs.Aujourd’hui, lorsque s’ouvre un poste de professeur adjoint menant à la permanence, le candidat qui a déjà des publications scientifiques à son actif aura plus de chances d'être retenu, peu importe si son expérience du monde organisationnel se limite à quelques emplois d’été.Parcours d’un professeur Aussitôt embauché, le jeune professeur mettra beaucoup d’énergie à l’obtention de subventions de recherche, à la participation à des conférences et à la publication d’articles dans des revues scientifiques.Il n’aura pas besoin de se faire dire quoi faire, car il aura été familiarisé aux règles du métier lors de ses études de doctorat Sa préoccupation première devra être le développement d’un dossier de publications qui soit suffisamment étoffé pour lui assurer la permanence d’emploi et l’estime de ses collègues.Les anglophones ont une phrase toute simple pour résumer cet état d’esprit «Teaching is in the way.» Avec un peu de chance et beaucoup de travail, le professeur gagnera de la notoriété dans son domaine de recherche, ses pairs citeront ses articles et * ¥ ^ *¦¦¦ 0 f * t Imt École des hautes études commerciales à Montréal.l’obtention de subventions de recherche deviendra de plus en plus facile.Toutefois, il arrivera souvent aux étudiants de se plaindre que l’enseignement de ce professeur soit trop théorique.De plus, il sera peu connu du milieu des affaires, car aucun praticien n’aura lu ses travaux.Ainsi, les critères d'embauche et de promotion utilisés au sein des écoles de gestion rendent celles-ci dignes du milieu universitaire mais de moins en moins adéquates à la formation de futurs gestionnaires.* * Fossé entre pratique et recherche Pour devenir de véritables facultés, les écoles de gestion ont également développé un programme de recherche qui s’appuie sur de vraies sciences, telles l’économie, la psychologie ou la sociologie, et qui vise davantage à décrire et à comprendre des phénomènes qu’à prescrire aux gestionnaires ce qu’ils doivent faire.En fait, la recherche trop appliquée n’est pas vue d’un très bon œil, et le professeur qui s’y adonne pourrait être accusé d’être à la solde des gens d’affaires ou d’être un consultant en management déguisé en professeur.Alors qu’ils travaillent avec ardeur à l’élaboration de cadres conceptuels qui démontrent leur maîtrise des principaux courants théoriques en sociologie ou en économie, les chercheurs en sciences de la gestion s’intéressent souvent à des questions auxquelles les gestionnaires ont apporté des réponses depuis longtemps.Ces questions ne semblent être qu’un prétexte pour recueillir un grand nombre de données empiriques en vue d’effectuer des analyses statistiques sophistiquées dont les résultats permettront aux chercheurs d’occuper quelques pages dans les revues scientifiques les mieux cotées et de gagner le respect de leurs pairs.Cependant, peu de praticiens lisent les revues scientifiques du domaine de la gestion.Par conséquent, en voulant devenir des facultés dignes de ce nom, les écoles de gestion ont peu à peu cessé de contribuer à la compréhen- L’interaction favorisera les programmes de recherche qui auront plus de valeur aux yeux du monde des affaires JACQUES NADEAU LE DEVOIR sion et à l’amélioration de l’exercice de la profession qui les concerne.Est-il possible de réduire le fossé entre recherche, enseignement et pratique de la gestion?Nous pensons que le rapprochement se fera si la recherche fondamentale ne visant qu’à comprendre et à décrire des phénomènes organisationnels cesse d’occuper autant de place dans les écoles de gestion.On devrait laisser cet exercice à la psychologie, à la sociologie et à l’économie, de la même façon que la recherche fondamentale dans le domaine de la santé est effectuée par les facultés de sciences et non par les écoles de médecine.De plus, tout comme les professeurs de médecine voient leur charge d’enseignement modulée afin de leur permettre d’allouer du temps à la pratique, les professeurs d’administration des affaires qui le désirent devraient pouvoir partager leur temps entre l’enseignement et la pratique de la gestion ou profiter d’un congé sabbatique pour occuper un poste de gestionnaire.[.] En somme, toute mesure améliorant l’interaction entre les professeurs et les organisations favorisera l’élaboration d’un programme de recherche qui aura davantage de valeur aux yeux du monde des affaires.Et ce monde regorge de problèmes criants sur lesquels les professeurs-chercheurs en administration des affaires devraient se pencher.Les événements ayant fait la une récemment, comme la condamnation de Conrad Black ou le traitement des animaux par les producteurs de foie gras, illustrent combien la gouvernance, l'éthique des affaires et la responsabilité sociale sont des thèmes porteurs au sujet desquels les entreprises ne demandent pas mieux que d’être éclairées.En se concentrant sur des questions qui préoccupent les entreprises, les écoles de gestion accroîtront la probabilité de voir le Recteur privé accepter de financer leurs recherches.A l’heure de la crise financière que vivent les universités québécoises, c’est sans doute une bonne idée.La soif de mère Teresa JACQUES GAUTHIER Auteur de J’ai soif - De la petite Thérèse à mère Teresa, éditions Parole et Silence 1 y a dix ans, le 5 septembre 1997, mère Teresa s’éteignait paisiblement, à l’âge de 87 ans, dans sa maison des Missionnaires de la Charité de Calcutta.Jacques Chirac avait bien résumé la réaction générale: «Ce soir, il y a dans le monde moins d’amour, moins de compassion, moins de lumière.» Récemment, on rapportait dans les médias la pa-1 Tution prochaine d’une partie de la correspondance ‘de mère Teresa, où elle évoque sa nuit de la foi, ses doutes de l’existence de Dieu, son combat spirituel.Faut-il s’en étonner?Comme tous les croyants de 1 la nuit et les mystiques de l’amour, elle communiait à l‘la soif de Jésus, dont le cri nous rejoint encore au-: jourdTiui: «Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu • 'abandonné?» 1 : Le romancier Georges Bernanos écrivait que «la ' foi, c’est 24 heures de doute moins une minute d’espérance».Mère Teresa aura vécu pendant des décen-¦ nies une nuit de la foi qui se manifesta par le senti-•ment de la perte de Dieu, l’aridité dans l’oraison, la 'sécheresse spirituelle.Elle sera ainsi solidaire de ! ison siècle marqué par l’incroyance.La minute d’es- pérance qui remplissait ses journées aura été d'étancher la soif de Jésus en partageant un peu son agonie et son cri sur la croix.«I thirst»: «J’ai soif.» Ce cri de Jésus est écrit sur les murs des centaines de chapelles des Missionnaires de la Charité à travers le monde.C’est le cœur de la spiritualité de mère Teresa et la raison d’être de la congrégation.Elle le dit clairement dans son émouvant Testament spirituel: «Pour moi, il est très clair que tout chez les Missionnaires de la Charité vise uniquement à étancher la soif de Jésus.» Lss moyens seront aussi clairs que le but.Elle étanchera d’abord la soif de Jésus en se laissant aimer par lui dans l’oraison silencieuse qui «dilate le cœur jusqu’à ce que celui-ci puisse recevoir le don de Dieu qui est Lui-même».Elle étanchera aussi la soif de Jésus en le touchant dans ceux et celles qui sont affamés, malades, nus, prisonniers, étrangers.Elle reliait ainsi le «J’ai soif» à cette autre parole de Jésus: «Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Matthieu 25,40).Cette femme toute petite (1 m 52), Prix Nobel de la paix, fut béatifiée à Rome par Jean-Paul II le 19 octobre 2003 devant plus de 300 000 personnes.Je n’oublierai jamais cette assemblée joyeuse et recueillie de gens de toutes les nations, langues, races I / V iï»* ARCHIVES REUTERS LTnde aura donné au monde deux armes plus puissantes que les bombes: le Mahatma Gandhi et mère Teresa.et religions, symbole d’une réalité à venir, peut-être.LTnde aura donné au monde deux armes plus puissantes que les bombes: le Mahatma Gandhi et mère Teresa.Deux êtres fragiles qui, chacun à leur manière, soulevèrent le monde grâce au levier de la paix.La joie du don fut leur unique point d'appui.Denise Bombardier Accommodements dans la confusion Gérard Bouchard nous a démontré quil est encore plus naif quintellectuel ce qui n’est pas peu dire.Il s’est fait prendre au piège médiatique de la pire des façons.Soyons clairs: il n’a pas dit que ceux qui écoutent TVA TQS et «dans le meilleur des cas, Le Téléjoumal» (celui de Radio-Canada) sont tous des crétins.D croit cependant que la population n’a pas reçu de la part des intellectuels, qu’il critique d’ailleurs, des arguments pour la convaincre des bienfaits de la diversité culturelle.Comment, s’interroge-t-il, pourra-t-il alors «déconstruire» les discours simplistes que véhiculent les médias?Eh bien, tentons maintenant de «déconstruire» le discours de M.Bouchard.Ce qu’il a l’air de penser, c’est que l’argumentaire intellectuel est indigent dans ce domaine et que, s’il ne l’était pas, tout le monde serait favorable à la diversité culturelle.Question: et si ce n’était pas aussi simple que ça?Et si on ne trouvait pas d’arguments parce que cette diversité culturelle recouvre le meilleur et potentiellement le pire et que personne ne réussit à tracer clairement les frontières?Ces accommodements raisonnables, que la population associe maintenant à l’immigration et rejette en bloc, ce ne sont certainement pas l’aménagement de toilettes pour handicapés ou de rampes d’accès pour les fauteuils roulants.Ce sont plutôt ceux exigés par les fondamentalistes religieux, islamistes au premier chef et juifs orthodoxes qui, profitant de la tonitruance des premiers, surfent désormais sur les acquis de ceux-d.A force de ne pas vouloir ostradser les musulmans en général, on est en train de faire déraper une majorité de Québécois.Ces derniers, cela semble clair, ne tolèrent pas les revendications qui découlent d’une religion qui discrimine fondamentalement les femmes.Les Québécois, M.Bouchard trouvera peut-être cela primaire, n’aiment pas voir des femmes couvertes de la tête aux pieds, parfois visage compris, marcher derrière un homme en pantalon de toile légère et t-shirt et qui refuse à l’hôpital qu’un médecin homme examine sa femme.Les Québécois qui découvrent depuis quelques années ces femmes voilées sont portés à croire que l'immigration nouvelle, c’est cela même, et ils s’inquiètent pur l’avenir.D’autant plus qu’à la télévision, ils assistent impuissants chaque soir aux tueries de terroristes qui proclament que l’Allah de ceux qu’ils croisent chez eux est bon et qu’il faut tuer pur lui.Ce ne sont ni les Costa-ricains; ni les Haïtiens, ni les Chinois qui immigrent qui leur posent problème.Dire cela est potitiquement incorrect, mais on voit bien où l’autocensure est en train de nous entraîner.D existe une évidence brutale.Sans l’immigration, le Québec ne survivra pas.Mais à quel prix voulons-nous qu’il survive?Nous avons eu la naïveté—et, en ce sens, M.Bouchard est un «vrai» Québécois — de croire que quiconque parie le français est un immigrant désirable pour nous.Selon cette logique, on pourrait accueillir tous les talibans francophones et tous les musulmans polygames d’expression française, qui peupleraient ensuite le Québec sans sourciller.Absurde, dira-t-on.Mais il arrive que le raisonnement par l’absurde éclaire aussi le débat Il faut développr d’urgence une pédagogie pour dissocier l’immigration du discours sur les accommodements.Un pays a le droit de choisir ses immigrants selon ses valeurs propres, mais il a aussi le devoir de faciliter leur intégration par diverses mesures.Si les intégristes religieux sont bruyamment revendicateurs id, c’est à cause d’une mollesse sociale et d’une confusion dans la définition de nous-mêmes comme peuple.Nous sommes préoccupés par les accommodements parce que nous sommes bien embêtés d’en définir pour nous-mêmes.Cette diversité jamais définie se confond alors avec le multiculturalisme canadien, dont le pouvoir désintégrateur est indéniable.La semaine dernière, en confondant accommodements raisonnables et immigration, Mario Dumont a dérapé sur un terrain plus que dangereux, sans issue à long terme.Entre un discours perçu comme un dénigrement du peuple et une démagogie sur le dos des immigrants toutes catégories, le débat est terriblement dénaturé.La fonction de l’intellectuel est fondamentale dans la société, mais que dire des interventions maladroites de Gérard Bouchard?Il laisse entendre que si les gens étaient plus insfruits (pour ne pas dire moins ignorants), ils seraient plus ouverts à la diversité culturelle (jamais définie à ce jour) et plus tolérants.Or tout cela est faux.Faut-il rappeler le rôle des intellectuels dans l’élaboration des théories qui ont dévasté le XX siècle, le stalinisme et le nazisme, avec leurs centaines de millions de victimes?Faut-il signaler que certains enseignent encore dans des universités le négativisme historique à propos des camps nazis et que les dirigeants des Khmers rouges qui ont tué des millions de Cambodgiens avaient été éduqués dans les universités françaises?De même que l’insécurité personnelle entrave la clairvoyance et provoque la méfiance, l’insécurité collective entraîne la confusion.Le rôle de l’intellectuel est alors de rassurer après avoir écouté.C’est à ce prix que la commission Bouchard-Taylor s’acquittera.raisonnablement de sa tâche.denbombardierCcLvideotron.ca Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cettç page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel {redaction@lede-voir.com), mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR L/’UMuuiviuc: iv.uy i,i iv » « ¦ uuvi iiiouuii uiu-i iiauvriMui .jcain iv11 v \puyiirr inirrnuuiMui ii j/Mge cuhvtkwv/, v muur i xTvcaquc, viuy i auieiur yuajmni au airrneur ar i injormanoH), cxTRU i ruuaui {Mtronaiisie) ; a rmiortnHtion politique : Hélcne Buzzetu e .'Alcc Castonffuay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudrcau (secrétaire à la rédaction)’, Marie-Fier Frappier, Émilie Parent Bouchard (commis d la rédaction).La documentation Gilles Paré (directeur) m iManon Derome, Patrick Cossette (Québec), Monique Bhércr (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette.Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron.Marlène Côté, Christiane Legault, Amélie Maltais, Claire Paquet, Martine Riopelle Isabelle Hanche?Nadia Sebaï.Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé Secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fllion Yannick Morin 'Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanlck Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable sendee à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie Fillon, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur) Nadia Sel Nathalie i .____ _______________ Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau, Danielle Ross. B 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI l‘"ET DIMANCHE 2 SEPTEMBRE 2007 DEVOIR mum MÉTÉOROLOGIE C4n
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