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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-08-09, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 VOIT 2 0 0 :$ CINÉMA Salomé: une beauté qui frappe au cœur Page E 4 «Im ESSAIS Pauvre Tibet Page E 6 Entretien avec le réalisateur Andrew Jarecki Des mensonges à débusquer ANDRÉ LAVOIE Les voies du documentaire sont parfois surprenantes et insaisissables.Et ce n’est pas le réalisateur new-yorkais Andrew Jarecki qui dira le contraire.En voulant faire le portrait de clowns payés pour amuser les gamins lors d’anniversaires, Jarecki a croisé l’un des phis célèbres clowns de la métropole américaine, David Friedman, dont les costumes et le ipaquillage tentaient de camoufler un énorme secret À l’automne 1987, sa vie a basculé dans la rubrique des faits divers et des histoires sordides quand son père Arnold et son frère Jesse, ce dernier alors âgé de 18 ans, ont été accusés de pédophilie et de centaines d'agressions sexuelles sur des enfants.Le distingué professeur à la retraite d’une banlieue cossue de Long Island devenait tout à coup l’incarnation du Mal, éclaboussant une épouse, Elaine, au bord de l’hystérie, et deux fils, David et Seth, se rangeant du côté des accusés.Au fil des témoignages et de ses recherches, Andrew Jarecki a reconstitué bien plus que le récit d’une descente aux enfers, faisant de son premier long métrage documentaire, Capturing the Friedmans, la chronique d’une série de mensonges pas tout à fait débusqués.Car s’il est vrai qu’Arnold Friedman était pédophile, rien n’est moins sûr concernant ses crimes, tout comme la complicité de Jesse pour les commettre.L’enquête, selon Jarecki, contient tant de zones grises et d’aberrations qu’U est difficile de croire à la version officielle.C’est ce qui a conduit le réalisateur sur le terrain glissant, pour ne pas dire marécageux, de la vérité.Il va d’ailleurs jusqu’à affirmer que dans son film «tout le monde a quelque chose à vous vendre», le plus souvent une version censée être définitive et inattaquable des faits.Mais si Jarecki éprouve une sympathie manifeste pour tous les membres de cette famille éclatée en mille miettes — il n’a pas connu Arnold, mort en prison avant d’avoir eu vent de cette histoire —, une distance critique fut nécessaire.«Lorsque quelqu’un te raconte une histoire, expliquait-il lors de son récent passage à Montréal, il y a une part de vérité mais elle est recouverte de filtres, d’omissions, de changements.La mémoire des gens est influencée par bien des choses et on ne réussit pas toujours à comprendre, à découvrir, leurs intentions secrètes.À partir des mêmes faits, on peut se souvenir de son père comme d’un être extraordinaire.ou d’un tyran.» VOIR PAGE E 4: JARECKI SSBk-«L___________ JACQUES GRENIER LE DEVOIR T?*** - iir * Andrew Jarecki JACQUES SASSIKR GALLIMARD Philippe Djian a privilégié une approche chronologique par sauts pour construire Frictions, ce roman tout d’intensité et de sensations.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le titre, Frictions, évoque à la fois la caresse d’un massage, la résistance et les contrecoups désagréables d’une relation qui s’étiole.L’auteur a d’ailleurs pris soin d’en énumérer diverses définitions en exergue de l’ouvrage.Et c’est de tout ça, avec tout ce que cela comporte de désirs et d’inquiétudes, que l’on cause dans Frictions, le dernier roman de Philippe Djian.Son héros, un je qui reste anonyme, y est en quelque sorte prisonnier de l’amour effréné qu’il voue à sa mère et qui prévaut sur celui de toutes ses amoureuses, avec ce que cela a d'invivable par ailleurs.Car ce romancier a l’art de dire l’indicible de relations amoureuses vouées à l’échec.Il a l’art de dire comment on en sent toute la tension sous la peau.Il a l’art aussi de dire une génération dont les parents se sont déchirés, et qui a peut-être perdu en chemin la clé de l’art d’aimer.Enfin, d’aimer quelqu’un d’autre que sa mère, évidemment.Le roman est en fait une série de textes brefs, presque des nouvelles.Djian y a laissé ce qu’il faut de flou, ce qu’il faut d’ambiguïté pour que le lecteur puisse lui-même envisager ce qui pourrait bien remplir les trous.H y a mis ce qu’il faut d’ironie aussi.Car Djian a privilégié une approche chronologique par sauts pour construire ce roman tout d’intensité et de sensations.C’est ainsi que l’on rencontre d’abord un héros enfant, qu’on le retrouve soudain dans la vingtaine, plus loin dans la trentaine, puis père et veuf à quarante ans, et enfin à cinquante ans, toujours la même mère qui le fascine, toujours tourmenté par les mêmes démons, hypnotisé par sa fille et mal à l’aise avec toutes les autres femmes.Le livre est donc tout entier porté vers l’expérience immédiate.Il ne s’encombre pas d’explications chargées ou de mises en scène interminables.Cette approche permet même quelques invraisemblances, comme lorsque l’épouse du narrateur meurt enceinte, dans une explosion, mais donne quand même naissance (où?comment?) à une fille, Lili.Allez expliquer tout cela Mais qu’importe, la vie elle-même a de ses bizarreries.Le livre s’ouvre pourtant sur une scène d’un atroce réalisme contemporain, celle d’un enfant déchiré entre son père et sa mère.Le père, généralement absent on le devine, se pointe de loin en loin, toujours dans une nouvelle voiture, partant généralement en laissant des enveloppes d’argent bien garnies et une famille au bord de la crise de nerfs.Alors qu’il vient faire un tour à la maison et qu’on doit aller le reconduire à l’aéroport, U s’accroche un instant au bras de son fils, tandis que la mère, ne le supportant plus, prend la poudre d’escampette, avant de rappeler son fils à ses côtés.«Je ne te quitterai jamais», finit alors par dire l’enfant à sa mère.C’est si vrai que le héros, qui a perdu son épouse, abandonné de nom breuses flammes à leurs drames et baisé la belle-mère de sa fille, viendra poser sa tête sur les genoux de maman à la toute fin de l’ouvrage.Le père, quant à lui, on ne le reverra plus.Le récit dit même qu’il mourra quelque part en chemin.E reviendra quand même hanter les protagonistes sous les traits d’un nouvel amant de la mère, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau.Alcoolique fini, bientôt à peine capable de se tenir sur ses pieds, ce sosie ne fera pas long feu lui non plus aux côtés de notre ample inébranlable et maudiL La scène du père et de l’aéroport, qui est en fait le premier chapitre du livre, en est aussi la genèse.En effet.ce texte a d’abord paru sous forme de nouveUe, dans le journal Le Monde.C’est une scène coup-de-poing, fascinante en ce qu’eUe éclaire brutalement certaines impasses de l’âme humaine, une crise insupportable et banale à la fois.Un Djian dans toute son amère splendeur, un Djian à lire et à relire.FRICTIONS Philippe Djian Gallimard Paris, 2003,175 pages T : PRIX DES LIBRAIRES 2003 GAÉTAN SOUCY MUSIC-HALL « La puissance de feu romanesque de Soucy est époustouflante : ce magicien est un bonimenteur qui n’a pas froid à l’imagination.» Danièle Brison, Le Magazine littéraire « Un roman époustouflant, étrange et déroutant qui allie le récit picaresque et la tragédie.» Danielle Laurin, Bouquinville, Radio-Canada _ 396 PAGES ?27,95 $ Boréal www.edItionsboreal.qc.ca t LE DEVOIR.LES SAMEDI » ET DIMANCHE 10 AOÛT 2003 Ghislain Poirier ou le hip-hop sans les stéréotypes Culture MUSIQUE DAVID CANTIN Bien connu de la scène électronique montréalaise, Ghislain Poirier assume désormais un certain détour vers le hip-hop expérimental.Depuis que Sixtoo est venu s’installer dans les parages, on imagine que cette branche parallèle pourrait connaître une vraie émergence au Québec dans les mois à venir.Au début de l’automne, Poirier lancera d’ailleurs deux albums qui risquent de créer quelques remous.Il prépare ainsi le terrain avec une prestation en ouverture de Via Tania, le 12 août à la SAT.On sait à quel point le hip-hop a mauvaise réputation.Pourtant, Ghislain Poirier cherche à rectifier le tir.«En ce moment, l’énergie qui se dégage du hip-hop en général me stimule beaucoup plus que la musique ambiante.En concert surtout, j’ai atteint un certain niveau de frustration.C'était devenu beaucoup trop cérébral et intello.Après Sous le manguier, j’avais réellement envie d’amorcer un nouveau virage.La compilation Unban Renewal Program reste une sorte de manifeste déclencheur pour moi.» Il est vrai que cet album sur Chocolate Industries, qui regroupe des noms cruciaux tels RJD2, Prefuse 73, El-P et Themselves, dresse un portrait assez diversifié de ce courant marginal du hip-hop américain.C’est également sur ce label de Chicago que Poirier fait paraître Beats As Politics dans les prochaines semaines.«Il s’agit d’un rêve qui se réalise, en quelque sorte.Même si l’album est essentiellement instrumental, Séba de Nonobstant pose sa voix sur deux pièces dans un français très québécois.Je tenais à cette dimension francophone sur une étiquette américaine.Dès le départ, c’était mon but ultime.» Sans rien renier de son expérience acquise dans le domaine de l’électronique, l’artiste montréalais imagine plutôt cette transition comme un nouveau monde à découvrir.«À la base, on retrouve encore une matière électronique minimale et abstraite dans ce que je fais.Toutefois, les rythmes sont plus présents sur ces nouvelles compositions.Au Québec, le hip-hop manque trop souvent d’audace et de contenu.Le titre, Beats As Politics, renvoie d’ailleurs Poirier fera paraître Beats .4s Politics dans les prochaines semaines à ce besoin de s’exprimer le plus librement possible.H est nécessaire de prendre position, comme disait Public Enemy à une certaine époque.» Bien qu’il apprécie les derniers albums de Sans Pression et d’Ata-ch Tatuq, on rapprochera davantage Poirier d’un Sixtoo.Comme il le confirme lui-même, «je commence lentement à tisser des liens avec des gens tels Grand Buffet ou Radioi-nactive.À Montréal, la présence de quelqu'un de l'envergure de Sixtoo me stimule aussi énormément.J’envisage même certaines collaborations dans un avenir rapproché.» Après Beats As Politics, Conflits suivra sur Intr_version en octobre.L’auteur d’il n'y a pas de Sud s’empresse toutefois de préciser que ces deux albums sont loin d’être identiques.«L’album sur Intr_Version est antérieur à Beats As Politics.C’est un projet que je concocte depuis un certain temps.On retrouve du spoken word, mais aussi une dose un peu moins forte de hip-hop.En Jait, je tente de créer un lien possible entre le hip-hop et l’ambiant sur ces pièces.Les gens qui connaissent Sous le manguier vont quqnd même être un peu surpris.» A quoi peut-on donc s’attendre de cette première partie de Via Tania à la SAT?Selon le principal intéressé, «il s’agira essentiellement d’une séance d’improvisation entre [lui] et Mitchell Akiyama».«Ce type d’approche me stimule beaucoup, ajoute-t-il, puisque deux univers sonores, assez différents, se rencontrent sans la moindre réticence.D’un autre côté, la musique de Via Tania [également sur Chocolate Industries] côtoie davantage les sphères du post-rock.C’est aussi une façon de mieux faire connaître au public d’ici les étiquettes Chocolate Industries et Intrjversion.» Apropos d’Intr_ver-sion, on signale d’ailleurs que le label montréalais prévoit la sortie imminente d’une nouvelle compilation intitulée Saturday Morning Empires.Comme quoi l’automne réserve de très belles surprises en perspective.GHISLAIN POIRIER ET VU TANIA Le 12 août à 21h, à la SAT 1195, boni.Saint-Laurent, Montréal Uhomme par qui le tango a pris racine au Québec L’Ensemble Romulo iMrrea réalise un projet unique En 1978, Romulo Larrea immigrait au Québec avec sa famille.Vingt-cinq ans plus tard, il dirige un septuor dont l’originalité et la valeur sont reconnues bien au-delà des frontières du pays, il a fondé les Productions Ro-martis et il est en train de réaliser un projet unique: une histoire musicale thématique du tango intitulée Un siglo de tango - Un siècle de tango, dont le septième volu-me-CD, intitulé Piazzolla y sus contemporàneos, vient de sortir.SOLANGE LÉVESQUE Lors d’un concert donné en Californie par l’Ensemble Romulo Larrea en juillet dernier, le critique musical au Los Angeles Times Lewis Segal soulignait la force rythmique du jeu de Larrea, qui a l’art de conférer à sa musique les accents de la souffrance humaine.Il louait également la puissance vocale de Verônica Lare et l’excellence des musiciens.Une première percée aux Etats-Unis, couronnée de succès.En arrivant au Québec, Romulo Larrea savait qu’il pourrait se débrouiller; en plus de jouer du bandonéon, il était imprimeur professionnel.Mais son rêve était autre: il voulait former un ensemble de tango consistant et durable.Des raisons politiques l’avaient incité à quitter l’Argentine: «En 1978, la junte militaire était un danger pour tous ceux qui croyaient en la liberté, or un artiste a besoin de liberté.» Retourner en Uruguay, où il était né?Une carrière sérieuse n’y était pas pensable.L’Espagne?La langue aurait facilité les choses, mais Franco vivait encore et Larrea avait suffisamment tâté de la dictature.«Je croyais en la francophonie et j’étais tombé amoureux du Québec lors d’un voyage en 1975.Quand j’ai dit à l’agent d’immigration que j’étais musicien et que je jouais du tango, il m’a répondu: “Tango?Y a pas de ça ici!” Il n’en fallait pas plus pour me motiver davantage!» ARCHIVES LE DEVOIR «Je suis fier de pouvoir dire que j’ai apporté le tango au Québec, fier d’avoir enrichi, à ma manière, la société qui m’a accueilli», souligne Romulo Larrea, directeur de l’ensemble du même nom.Innovation et tradition Pour Larrea, qui, en tant qu’immigrant, se voit «comme un saumon nageant à contre-courant», le tango a une signification universelle.«C’est lui qui m'a permis de devenir un citoyen ayant quelque chose à offrir à la collectivité.Il représente un lien entre mes racines, mes ancêtres, mon présent, ma famille, mes amis de jeunesse.La musique est un privilège», explique-t-il.Le tango engage une démarche très profonde.«Il faut donc l’aborder avec un certain décorum, en visant la perfection.Le tango suppose une élégance, qui va jusque dans la tenue des artistes sur scène.» Malgré son côté pur et dur, Romulo Larrea a radicalement innové en réalisant une fusion entre les instruments traditionnels du tango et ceux d’un Pour Larrea, le tango a une signification universelle quatuor à cordes.Cette idée originale, il l’avait soumise à Piazzolla lors d’une rencontre en 1989; le maître avait encouragé Larrea à la concrétiser.«Il y avait eu le quintette de Piazzolla et le Sex-teto Mayor existait déjà.J’ai donc opté pour l’idée du septuor; la musique de chambre requiert beaucoup de modestie et d’expertise; on ne fait pas une équipe avec des solistes.» Pour marier ces deux styles de jeu, il faut la rigueur de l’interprétation classique et une disposition attentive des artistes à aborder les rythmes propres au tango.Aux musiciens s’ajoute Verônica Lare, fille de Larrea et chanteuse à la voix ronde et chaude, l’interprète attitrée des ballades.Après des années de travail, la formation se caractérise par un son très personnel, «fruit d’une FESTIVAL PORFORD 300 MUSICIENS.30 PAYS.PLUS DE 200 CHEFS-D’ŒUVRE.Direction artistique : Agnès Grossmann PROGRAMMATION ÉTÉ 2003 9 & 10 AOÛT Ensemble Clément Janequin MSSg&u 15 & 17 AOÛT La Cenerentola © 16 AOÛT Juilliard Quartet FORFAIT SOUPER/CONCERT 40 $ par personne.Réservez tôt, places limitées.CENTRE PARTS ORFORD 3165, chemin du Parc, Orford • 1 888 310 366S • (819) 843-9871 Programmation complète, tarifs et abonnement www.arts-orford.org «*-’« ^ CCI DomMr SïïfflHIS ?ESTIVAL DE au cœur des mots mis Tous les lundis jusqu’au 25 août 2003 LUNDI NICOLE BROSSARD, POÈTE F 1" Texte à | NlCOfE BROSSAÜD kl AOÛT Montage NICOLEBfiOSSARO BBIGIÏÏE HAEN'JENS Mise en lecture BRIGITTE HAENTJENS Violoncelliste VEBGNIOUE POULIN Avec ANNE-MARIE CAD EU)! CÉLINE BONNIEN MAÜKiTA BO'ES A LUNDI FEUX DE MARGUERITE YOURCENAR 1 Q Montage et mise en lecture I Q FRANÇOISE FAUCHER AOUT Conception et environnement musical Montage et mise en lecture FRANÇOISE FAUCHER Conception et environnement musical SILVY GRENIER Avec £ SOPHIE FAUCHER FRANÇOISE FAUCHER J| MARIE-FRANCE MARCOTTE HOMMAGE A YVES THÉRIAULT Choix îles textes et montage Mise en lecture BÉATRICE PICARD Avec ALBERT MILLAIRE FRANÇOISE GNA’ON BÉATRICE PICARD .GILLES PELLE’IER Pianiste MAISON DES ARTS DE LAVAL 450.667.2040 * 1395, bout, de la Concorde ouest Laval • Métro Henri-Bourassa, autobus 40 ou 61 Tous les spectacles débutent à 20h00 BILLETS EN VENTE / RÉSERVATIONS : RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 Prix régulier : 20S Prix étudiants et aînés : IBS (taxes incluses, cartes Visa et MasterCard acceptées) .Québec I recherche profonde et de longue haleine», précise son directeur.«On commence à sentir où on s’en va.Mes musiciens travaillent aussi ailleurs, et c’est bien ainsi — il faut bien gagner sa vie —, mais ils doivent pouvoir revenir au son du tango instantanément, ce qui requiert beaucoup de souplesse.Les pièces ne durent que deux ou trois minutes.En peu de temps, il faut établir un son, une approche musicale élargie, faire des arrangements qui tiennent compte de la composition originale et qui soient compatibles avec la musique de chambre, puis en faire une lecture en contexte.» Car le tango jouit d’une tradition écrite depuis ses débuts, à la fin du XEC siècle.«Il subsiste malgré cela beaucoup de créativité et d’échanges au sein du groupe.Mes musiciens ont tous contribué à façonner ma proposition.Maintenir une formation aussi nombreuse pendant longtemps constitue un gros défi, et c’est crucial d’y arriver si on veut se développer de manière durable.» Une histoire du tango en musique et en chansons Dès 1980, Romulo Larrea avait formé Tango X 4.En 1983, le groupe est devenu Quartan-go, qui a duré cinq ans et qui a donné lieu à la sortie des premiers disques de tango au Québec.En 1990, il fondait l’ensemble qui porte son nom.«Je suis reparti à zéro une fois de plus, avec Verônica et des musiciens qui partageaient vraiment mes exigences esthétiques.Et avec ce projet à long terme: raconter en musique 100 ans de tango, selon un plan éditorial structuré, en visant une qualité musicale de niveau international.» Le prochain album est prévu au printemps.«Notre objectif est de durer en demeurant présents de façon permanente.On ne prétend pas récrire l’histoire du tango, mais en faire une lecture différente.C’est d’abord l’esprit de cette musique que nous défendons.» Depuis sept ans, l’ensemble est régulièrement primé ou mis en nomination par l’ADISQ.Bientôt, il se rendra en France, au Bénélux et en Allemagne.«Je suis fier de pouvoir dire que j’ai apporté le tango au Québec, fier d’avoir enrichi, à ma manière, la société qui m’a accueilli.» ÉCHOS La suite des Filles de Caleb (Le Devoir) —Après cinq années de silence, Arlette Cousture donnait à lire ce printemps Tout là-bas, un court roman dont la trame de fond se situe dans le paysage de Harrington Harbour.Pour l’automne, la romancière populaire annonce rien de moins que la parution de la suite des Filles de Caleb.L’écriture en est terminée depuis un moment Le livre, intitulé L’Abandon de la mésange, doit paraître cet automne chez libre Expression, une maison appartenant à Québécor.C’est reparti à la Fondation René-Derouin (Le Devoir) — Cette fin de semaine, la Fondation René-Derouin inaugure son événement annuel à Val-David.Cette année, le thème de cette rencontre internationale est «Les jardins du précambrien».Le public est invité à visiter les sentiers de la fondation jusqu’au 7 septembre.La manifestation veut dore aina les sept dernières années de symposiums tenus sur le site.Réd-tals, poésie, conférences animeront le site tout au long de l’événement La poésie est notamment mise en relief lors de cette nouvelle édition.Entre autres, la poétesse Hélène Dorion proposera un parcours intitulé «La poésie au cœur de la forêt» (dimanche 31 août, 14h).L’invité d'honneur cette année est le linguiste et géologue du quaternaire Louis-Edmond Hamelin.Il donnera une conférence intitulée «La notion, le mot elle provignement des Laurentides» (samedi 6 septembre, 14h).D’autres conférenciers seront également de la partie, dont le mu-siden et géographe Henri Dorion, l’historienne de l’art Francyne Lord et Denys Delâge, historien et sodo-logue.Les visiteurs pourront égale ment se frotter aux œuvres in situ laisées sur place les années pré^-dentes par les artistes en arts visuels did et d'ailleurs.Des navettes sont disponibles du centre du village de Val-David.Information; (819) 322-7167.t 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI !l ET DIMANCHE 10 A O C T 2 0 0 \i le (inémo Culture pur l’hiriirt ttipl'MiisiItu L’AGENDA eLif C e n t r i s horaires S14 847 2206 www.ix-centris.com CINÉMA^ Tout ça.pour rien AND NOW.LADIES & GENTLEMEN Réal.: Claude Lelouch.Scén.: Claude Lelouch, Pierre Leroux, fierre Uytterhoeven.Avec Jeremy Irons, Patricia Haas, Thierry Lhermitte, Alessandra Mar tines.Image: Pierre-William Glenn.Montage: Hélène de Luze.Musique: Michel Legrand.France-Angleterre, 2002,126 min.ANDRÉ LAVOIE Incorrigible romantique et indécrottable amoureux de son propre univers, Claude Lelouch trimballe à nouveau sa caméra autour de personnages qui s’épivar-dent autour du monde et soignent leurs petites misères à grands coups d’extravagances princières.Les hasards et les revirements du destin ne s’apparentent plus à des thèmes mais à des credos, des mantras répétés d’un film à l’autre.Le cinéaste prêche d’ailleurs à de moins en moins de convertis, poussant aux limites de l’exaspération ses derniers fidèles.Affirmer que And Now.Ladies & Gentlemen s’éloigne de la triste vacuité de son film précédent, l’imbuvable Une pour toutes, ne constitue pas en soi un réel exploit de la part d’un réalisateur qui, depuis Un homme et une femme, se répète plus qu’il ne se réinvente.En fmt, il fredonne toujours le même da ba da ba da et ce, peu importe qu’il tende le micro à Nicole Croisille ou à Patricia Kaas aujourd’hui.Cette dernière se retrouve maintenant au cœur de ces nouvelles le-loucheries, avec la mer, la France et le Maroc comme prestigieuses toiles de fond.Il ne suffit pas de remplacer les voitures de courses par des bateaux à voile pour donner l’impression du changement.And Now.ressemble à un abécédaire du cinéma de Lelouch, à commencer par ce duo formé de Jeremy Irons en foutait là), faisant fi du simple bon sens pour mieux zizaguer sur les continents et les coïncidences, Claude Lelouch ne fait que tourner sur lui-même dans And Now.Tentant avec tellement d’efforts de nous transporter dans son manège où ne se reconnaît plus que la faune de la jet-sot internationale qui trompe son ennui dans les fumisteries du nouvel âge, le spectateur se demande non pas quand le spectacle va commencer.mais s’il peut finir au plus vite.Jeremy Irons et Patricia Kaas dans And Now.Ladies & Gentlemen, de Claude Lelouch.gentleman cambrioleur et Patricia Kaas en chanteuse de cabaret.Dé guisé en mégère ou en vieillard, Valentin rafle les plus beaux bijoux; usée par des amours difficiles, mademoiselle Jane chante son blues jusque dans un hôtel chic du Maroc.Parti en mer pour s’éloigner de celle (Alessandra Martines) qu’il ne croit plus aimer, il échoue lui aussi au Maroc, non pas victime des éléments mais de douloureux trous de mémoire.Jane souffre du même mal et cette affliction ne va que les rapprocher davantage, au point où Valentin accepte d’accom- pagner la chanteuse qui, contrairement à lui, ne croit pas aux bienfaits de la médecine moderne et veut se rendre au sommet d’une montagne poyr obtenir la guérison.A cette romance faussement compliquée, surtout grâce à plusieurs flash-backs qui brouillent les frontières entre rêve et réalité ainsi qu’à une sorte d’isolement visuel des deux protagonistes—devenant à l’occasion grisâtres —, se greffe d’autres personnages destinés à rapprocher, parfois malgré eux, les impossibles amoureux.Encore là, entre le champion boxeur prenant une retraite temporaire au Maroc, la confesse de pacotille (Claudia Cardinale, frivole et gaspillée) qui accuse Valentin de lui avoir volé ses précieux bijoux et l’épouse restée au quai se consolant dans les bras de Thierry Lhermitte, l’étalage des clichés de Lelouch se veut aussi exhaustif que possible.N’ayant visiblement pas peur des risques, et depuis longtemps du ridicule, le cinéaste a enrôlé la chanteuse Patricia Kaas dans cette aventure, qui se tire d’affaire dans la mesure où elle passe la moitié du temps à enjoliver la trame sonore SOURCE PARAMOUNT du film et l’autre à feindre la mélancolie et l’indifférence.Pour le cabotinage, rarement Jeremy Irons n’a paru aussi peu british, se dégageant de sa froideur habituelle, malheureusement pas pour la bonne cause, plutôt pour une entreprise vouée très vite à l’échec.Faut-il ajouter que le couple qu’ils fonnent à l’écran n’a rien d’électrisant?Prenant appui sur son habituelle psychologie superficielle des personnages, quand ceux-ci ne sont pas carrément sacrifiés (comme celui dYvan Altai, se demandant peut-être encore ce qu’il BIENTÔT SUR LES ÉCRANS DE PLUS DE 25 PAYS DONT; États-Unis, France, Italie, Angleterre, Espagne et Australie.«PISSANT!» Aubin.RADIO-CANADA ooon wïfk I (Ml liNIOMAlin sautâllf GAUMUiSIMGALtUCOO mwDBKtn DAMaiOUS (S «utNMiGAUDKAlir À L'AFFICHE! • VRRSION FRANÇAIS! • r—FAMOUS FLAYERS-—-| I— MÉUA-MLeX” QU2ZO —S I PARISIEN ?IIPONT-VIAM 10 ?1 » CINf MA-1 i CINÉPLEX OOtON ——t IST-EUSTACHE ?11 8T-BRÛNO ?T • Au nu.iv.r—CIN6 BNlMEPMmr——.?SON DMITRL | PIAZA BEPÉHTIONY ?1 ¦ VERSION oniOINAI R ANCM AM! —¦¦¦¦¦ f—FAMOUS PLAYERS——1 r—FAMOUS PLAYERS-1 |PARAMOUNT ?11 VERSAILLES ?| r— MÉQA PI EX ‘ OU/7 O “i p— LES CINÉMAS QUZZO-1 IlACORPAIRE 18 ?1 |DE8 SOURCES 10 ?| FAMOUS PLAYERS BIARCITÉ i CONSULTEZ LES GUIDES ____* I HORAIRES DES CINÉMAS PLUS DE 5,5 MILLIONS $ AU BOX OFFICE LE FILM À VOIR ET À REVOIR! 17 ans après, le déclin de l'empire américain continue."Puissant” Le Journal de Québec "Une œuvre magistrale" Showbizz.net "Chef-d’œuvre" La Presse ’’Touchant” Le Soleil Le Journal de Montréal "Brillant" CBF Radio-Canada BARBARES UN FILM DE DENYS ARCAND RtMY GIRARD STEPHANE ROUSSEAU MARIE-JOSÉE CR02E ___FAMOUS PLAYERS—1 I-FAMOUS PLAYERS—r—FAMOUS PVAYER8—I f— MÉQA PLÉY - Ou/70 —1 I PARI SI! N ŸH fviRSAiLLEa 7] fpQIHTE-ClAIRt ?! [POHT-VIAU 1» Jl .I-CINÉMA——i p—CINÉPLEXOOÉON——* f—CtMÉ-ENTREPRISE-1 YMMTIt |ST-EUSTACHE ?] IBOUCHERVILLE ?11PUUA HtPtWTIOIIY ?1 A L'AFFICHE! AVEC •OUR-TtTRC» AMOI AIS f— FAMOUS PLATER*—1 [CENTRE EATON ?! GAGNANT f PRIX DU PUBLIC ^ \ FESTIVAL IMAGEtNATION 2002 J ’ MEILLEUR FILM .FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM AUSTIN GtL MEILLEUR FILM .FESTIVAL NOUVEAU CINÉMA DE NEW YORK Film de cloture Quinzaine des réalisateurs • Cannes 2003 4 500 000$ AU BOX-OFFICE! GAGNANT - MEILLEUR LONG METRAGE Juste pour p/re .M„, Cojed/a fî PIII IISTII I IISEITO) lElUEII IClIltE’IIIGIEIIll SI]) > ASSOCIATION NATIONALE DES JOURNALISTES DE CINÉMA ITALIENS Stelano tocopsi ?« Laissez-vous séduire.» Le Journal de Montréal ?« Ingénieux et charmant.src; ?- LA COMÉDIK DE L’ÉTÉ! » Le Soleil .GÂTEZ-VOUS! » TVA Salut Bonjour « .absolument hilarant.• TVA « IRRÉSISTIBLE! * Radio Canada ca RAYMOND BOUCHARD RITA LAFONTAINE LUQE LAURIER ?• Une touchante comédie au charme fou.» Échos Vedettes ?- SAVOUREUX! » Journal de Québec • Absolument charmant.> TQS « J’ai vu le film de l’été.» VOIR • Comédie pétillante d'intelligence! » Le Devoir H CLÉMENCE DESROCHERS BRUNO BLANCHET s-r , LA GRANDE Seduction un hlm de JEAN-FRANÇOIS POULIOT écrit par KEN SCOTT J-MMUni-VW l'hlM, ma „„ ,|nle2 Tableau de famille Version originale italienne avec sous-titres français de «PATE IGNORANTI» w Blu) de Ferzan Ozpetek S i radicle et eiclisiiité! MsaaaTi tout Iw jour»: 13:15, 16h10,19h15, 21h35 «town ffcftfldwn fMvmfî ucv/wiai AIMA*! «1 «ira WAf ftW PM HRMUK» MAX ÉflMS momtm swon mm rmtmw bitaiahjwtaiw ucitt BBilNO mAÉCltfr MABif FPWCFI AMftfflT (WMAlOMIW NATHAIlf GASWl NffSCOTt mu- 4ti»*«»H vHUAwrawjuïwrjit?tntaoi «w.onpwn v+Hm*tmm ¦ -.-ifirt r,«r,w mpytmmÊKWN t-MuJtm «Mé* tdmr «• 'nvR 33 w«rw.ma*tifwi.F* wfttt.fttiijncrfttlafitiivtMfiim fsm L’AFFICHI 1 MàNTRiALT I rLANQeUER g0J1 | CINÉPLÆX OOÉO* 1 r— MEQA PLtX ' OUZ/O —I f—MÉOA PLEX -0UZ70 I r—FAMOUS PLAYÉRS—| 1 LASAUUE IPtêC») ?1 [TASCHEREAU 18 ?11 JACQUBCARTIER 14?! [pOINTE-CUMReVI r—FAMOU* PLAYEP3 1 f— MÉOA PLEX- OUZ/O —, |-CINÉMA-i -ClMtPUEX OOÉON —| I COLOSSUS LAVAL ?11 POHT-VIAU 16 ?! 1 ST-EU8TACHg ?1 [ST-BRUWO [mZhewüîvi FERyEBONNïy«°^ ri^-TH^RiiETJi tataiasr^n tswiffow gow«~7i nLACHgwjug*./! r^fiNËÂuçn fwoc « fowestji ri^-tar^N^i r^Ttiaai.ivi h^win^ji i LE CARRÉ FOUR 10—s r—CINÉ ÉKTRTPRISF—i r—CINÉ ÉMTRfPRteê—, , CINÉMA MAOOG - IJOLIETTE ?! ICINÉMADUCAP71 [âiüS tULft QSAWIyTI HMAQOcT^ r—Tl r-TÇJNrEHrnEPR.ft€ 1 CINÉMA Df PARIS 1 r— MAISON DU CINÉMA — 18QREL-TRACY ?11 ST»BAS!LE ?11VALUEYFIELD i/l [SHERBROOKE ?f CINÉMA piNt M ¦ 1 , r—CINÉMA CAFTTOL —1 r— CINÉMA PARAMOUNT —| P— CINÉMAS GALAXY I STl-ADtLgVl [VAL D’OR ?! I ROUYN ?1 [ÿjcTOHWnUE ?CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES MS CINÉMAS r— CINEMAS AMC —, [LE FORUM 22 ?] www.allianceatlantisvivafilm.com LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET D I M A X C H E 10 AOÛT 2 0 0 3 E 4 -* Culture * CINÉMA r ;:5 SOURCE FILMS SÉVILLE Salomé (Aida Gômez) et Hérode (Paco Mora) dans Salomé, de Carlos Saura.$kvm Une beauté qui frappe au cœur SALOMÉ Réalisation et scénario: Carlos Saura.Avec Aida Gomez, Pere Arquillué, Paco Mora, Carmen Villena, Javier Toca.Image: José Antonio, Aida Gomez, José Luis Lopèz-Linares.Musique: Teo Delgado, Roque Bano.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Carlos Saura est un des rares cinéastes capables de bien transmettre à l’écran l’univers de la danse, d’en capter l’énergie et la grâce.Après avoir fait bondir sa caméra dans Tango et Carmen, le grand cinéaste espagnol s’est attaqué ici à un projet plus complexe: coller la création d’un film à celle d’un ballet.Les deux oeuvres prennent naissance simultanément à travers leurs propres phases.Les répétitions sont captées en vidéo.Le ballet fi- nal a droit aux images 35 mm, soudain lumineuses.Ce ballet lui-même, créé par Aida Gomez, d’après l’histoire d'Hérode, de Jean le Baptiste et de Salomé, entend réconcilier les genres.Flamenco et danse classique espagnole entremêlent leurs pas en faisant sauter leurs propres frontières, tandis que la caméra suit l’ordre chronologique de la création, découvrant le projet au fil de sa mise au monde.Les interprètes viennent aussi évoquer leur parcours, telle Aida Gomez, qu’une blessure de jeunesse avait condamnée à ne plus danser et qui s’est entêtée jusqu’au triomphe.Et c’est magnifique! À la beauté des corps des danseuses de la troupe Dos y Danza, la chorégraphie des interprètes principaux répond par sa force.Celle de Paco Mora, impérial en roi Hérode, dont les deux bâtons du commandement martèlent le sol pour mar- quer sa volonté, son désir.Aida Gomez joue Salomé et le ballet culminera avec la danse des sept voiles, d’une sensualité brûlante.Jean le Baptiste, tel un derviche tourneur (il est incarné avec beau-coup de présence par Javier Toca), ne sera pas après la décapitation condamné à devenir une tête postiche sur un plateau.Le corps enroulé dans un tube noir, l’interprète demeurera vivant dans la mort A la version biblique voulant que Salomé, en réclamant la tête de Jean le Baptiste à Hérode, ait été victime des manigances de sa mère, Aida Gomez a préféré la thèse d’une passion de la jeune fdle pour le prophète juif qui se dérobe à ses avances.Par delà le mythe historique, l’histoire de Salomé devient à la fois espagnole et universelle.C’est la pulsation du ballet magnifique, combinée au processus révélé de la genèse d’un ballet, qui fascine dans le film.La caméra constitue un regard, toujours présent, jamais caché, et la musique multiforme, sautant d’un registre à l’autre, épouse les mouvements des danseurs.Saura n’a pas voulu ajouter d’éléments scénogra-phiques au ballet lui-même.De simples jeux d’éclairage, des miroirs, des écrans rendent les émotions, glorifient les mouvements et apportent un côté ludique et magique au mystère de la danse.Pour ajouter à l’aspect fiction du film, c’est un acteur qui incarne le réalisateur Carlos Saura, Pere Arquillué.Le film se situe donc un pas à côté du documentaire.Quand vient le temps de capter le ballet terminé, la première partie du film s’efface dans l’ombre avec les efforts de l’enfantement.Ne reste que l’éblouissement de l’oeuvre d’art achevée, qui, sous une fausse lune et un soleil symbolique, persuade de la réalité de la tragédie dansée, avec une beauté qui nous frappe au cœur.< U Q^VQuébec présente I’ORCHCSTRC Sj/MPHONIQUC D€ MONTRCAL le bien aimé ¦F L'événement de la rentrée ! > ANDRE LAPLANTE Piano Lea plua granda interprètea d'ici et de Ru&ôie > ANIKBISSONNETTE ae joignent à l 'OSM pour lancer la saison Première danseuse aux ., , ,, , Grands Ballets Canadiens avec un fleatira/ conaacre a I un dea compositeurs les piua aimea du public ! > DMITRI HVOROSTOVSKY Baryton > JACQUES LACOMBE Premier chef invité de l’OSM Soirée d'Ouverture.Cé/ébrationj Tchaïkcviki Musique, opéra et ballet Mardi 9 septembre 20 h Le Concerto peur violon et / 'Ouverture iS(2 Dimanche 14 septembre 14 h 30 André Laplante et le Premier Concerto Mercredi 24 et vendredi 26 septembre 20 h Soirée à l'cpera Cuçène Cnêguine Mardi 30 septembre et jeudi 2 octobre 20 h 4 Concerts 65$ Réservez dès maintenant! 514.842.9951 www.osm.ca © WVNDHAM MONTRÉAL' Qsecor .Banque Scotia S | FINANCIÈRE I BANQUE NATIONALE PLAY w TVR fs Pl.c.d.» Art» CTO Qurt*< u ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Cinéphiles compulsifs CINEMANIA Réalisation: Angela Christlieb et Stephen Kijak.Image: Angela Christlieb.Musique: Robert Drasnin.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Cinemania s’adresse d’abord à ceux qui ont de la graine de manie cinéphilique en eux.Les autres verront sans doute comme une névrose particulièrement aiguë cette obsession du film à voir.Les cinéphiles les plus maniaques sont des sortes de collectionneurs, et ce film s’insçrit au chapitre des curiosités.A travers le documentaire Cinemania, Angela Christlieb et Stephen Kijak sont venus interroger cinq des plus irréductibles maniaques de cinéma de la ville de New York.Us ont de drôles de profils, purs originaux, souvent incapables de conserver un travail, mettant tous leurs sous devant l’écran, désargentés, souvent peut-être un peu fous.En fait, cette vie à travers le cinéma est virtuelle.On pense à celle des jeunes mordus d'Internet, dont l’existence se joue aussi sur un écran.Les mordus du septième art ont quand même une manie plus noble, devenant des encyclopédies vivantes, gardant des dossiers de presse, des documents collés au film, compilant des listes de tout ce qu’ils ont visionné.La vraie vie est ailleurs, et comme l’explique un de ces maniaques: au cinéma il peut aimer les plus belles femmes.vivre les aventures les plus palpitantes.Le réel est hélas plus morne.New York, la ville de tous les extrêmes, enfante des cinéphiles particulièrement voraces.Ceux-ci ont vu 4000, 5000,6000 films, à raison de trois, quatre, cinq par jour, se nourrissant à la va-vite, courant d’une salle à l’autre.Ils sont souvent solitaires, ou vivent chez leurs parents, leurs relations avec les autres devenant problématiques tant le réel ne se joue qu’à l’écran.Une curiosité La plus spectaculaire de ces cinéphiles compulsifs, Roberta, une dame assez âgée, devient violente à l’occasion.Au MOMA cadre de certains festivals d’art, elle est interdite de séjour, ayant sauté à la gorge d’une guichetière qui lui réclamait son billet.C’est la ville de New York qui vibre en filigrane derrière ces vies rêvées.La Grosse Pomme broie les individus qui se réfugient dans un ailleurs meilleur.Et pourquoi pas dans les bras d’une star?Curiosité donc que ce film, ouvrant la porte d’un univers où le cinéma n’est même plus une passion mais une maladie dévorante, un cancer qui mange l’organisme.Les documentaristes sont parvenus à bien rendre les vies captées, sans jugement mais non sans humour, avec des bonds constants entre films et réalité qui nous disent de prendre garde: l’amour du cinéma mène à tout, même à la déraison.Gare! Nul n’est à l’abri.JARECKI SUITE DE LA PAGE E 1 Tout au long du tournage, n’avait-il pas l’impression d’être manipulé?«Très souvent, et parfois de manière totalement délibérée», dit-il sans hésiter.S’il n’a pu mettre au jour tous les secrets des Friedman, qui ont pourtant passé des heures et des heures à filmer moments heureux et situations conflictuelles comme si la caméra super 8, et plus tard la vidéo, était un membre à part entière de la famille, il s’insurge contre les mensonges des enquêteurs.«La détective Frances Ga-lasso m’a menti effrontément, affirmant par exemple qu’il y avait des revues porno dans toutes les pièces de la maison, ce qui est faux.Elle cherche à contrôler cette histoire et elle est consciente de sa vulnérabilité.A cause des cafouillages de la police, on peut aussi bien croire que les Friedman étaient innocents ou coupables, mais on ne saura probablement jamais en quoi ils étaient coupables et en quoi ils étaient innocents.» La vérité n’est peut-être pas la denrée la plus abondante dans Capturing the Friedmans, mais la confiance règne entre les principaux protagonistes de cette histoire et le réalisateur.Devant le désir de Jarecki de changer son sujet de film, David lui a proposé de rencontrer Jesse en prison pour obtenir son accord, ce qui ne fut pas une tâche difficile.La feuille de route du cinéaste était pourtant mince, à peine quelques courts métrages: pas de quoi inspirer confiance.«Pour Jesse, souligne le réalisateur, ce n’était pas une question de confiance.Il m’a dit: “Les choses ne peuvent pas aller plus mal pour moi."Après cela, David m’a autorisé à consulter les 25 heures de films et de vidéos tournés par lui et son père.» Considérée comme la bête noire de cette histoire, Elaine, la mère, apparaît instable, n’ayant guère le sens de l’humour, rejetée par les siens, faisant pression sur son mari et son fils pour qu'ils plaident coupable afin d'en finir au plus vite, pour atténuer la sentence.Le spectateur aura la triste impression d’assister à son procès.Pourtant, selon Jarecki, «elle voulait vraiment faire ce film, elle en est très fière.On la taxe de “vilaine" mais il faut essayer de la comprendre: un mari pédophile, trois garçons unis.contre elle et qui s’en moquaient allègrement.» Aujourd’hui, le clan est démembré à tout jamais tandis qu’Andrew Jarecki maintient le contact avec plusieurs d’entre eux.Chacun à sa manière se réjouit du succès du film (critiques dithyrambiques, Grand Prix du jury au dernier Festival de Sun-dance) mais se réfugie maintenant dans un certain silence, cherchant à reconstruire sa vie, à laisser passer les clowns.Le Festival Internationai 2003 SAiNT'TjfrN'ït; f?HAtU F VOIX Lété au Domaine IN 1ERNATIONAL du Domaine Forget 21 juin au 24 août 2003 Tous les concerts sont à 20H30 à moins d'une mention spéciale.Les concerts identifiés ^ seront enregistrés et retransmis sur la chaîne culturelle de Radio-Canada dans le cadre de l’émission Concerts d’été KARINA GAUVIN ANSSI KARTTUNEN Karina Gauvin, soprano Michael McMahon, piano Jean-François Normand, clarinette Une voix lumineuse, une interprète prodigieuse ! Marathon de musique de chambre « Galaxie » Sasha Rozhdestvenskiy violon Steven Dann, alto Anssi Karttunen, violoncelle et les stagiaires La folie des grandeurs 26S * «e Dl'MRMVi DuiumH Stii> Momkt jour - gratuit 14h i 18h soir - 26S 20h à 22h -ealaxie # 32S KENNETH S10WIK Smithsonian Chamber Music Society Santa Fe Pro Musica Direction : Kenneth Slowik Solistes : Russell Braun, baryton John Elwes, ténor , es œuvres d une grande intensiié, en toute intimité.y|r'• FS BRUNCH FS-MUSIQUE TOUS LES DIMANCHES DE llh À Hh /- août Ça-va-na, Musique vénézuélienne 24 août Philippe Amyot.violon.Yvan Bouchard guitare iff et Jean-Philippe Arseneault.contrebasse ||H| Coût ?26,75$ Adultes 12,75$ 6 à 12 ans Gratuit Moins de 6 ans Taxes et services inclus BILLETTERIE ET ABONNEMENT (418) 4S2-353S ou 1-888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com L*®?,N^E”ENT Au FESTIVAL ADMISSION » Adultes : 26$ ou 32$ 10 billets de concert au choix Aloes (60 ans et plus) : 24$ dans ta programmation régultére du Ftstivat pour Étudiants : 16 $ «uletwntHS $ (Uxes incluses), et bien plus encore.Enfants Jusqu'4 12 ans gratuit vous ny trouvere, ,uf des avantages, lenseigner-vous.Les ta«s iint Incluse, dan.lïs pm.¦1 ¦ Québec*»** 1*1 W Billetech •& LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 J U i L L E T 2 0 0 3 K r> «•Livres-» L’art à l’usine Le premier ministre Jean Chrétien, alias le p’tit gars de Shawinigan (au Québec, on adore diminuer nos dirigeants), a attiré mercredi le président français Jacques Chirac du côté du berceau de son enfance.Le p'tit gars avait envie de montrer au grand gars quelque chose de bien: «son musée», avec l'expo Le Corps transformé, en pleine Cité de l’énergie.Très fier, qu’ii est le PM, du legs fait par lui à sa ville avant la tombée de son rideau politique: un musée, pensez donc! Vous vous l’imaginez dans la peau d’un amateur d’art, Jean Chrétien?Non?Moi non plus, mais bah! Tout est dans le résultat.Ce n’est pas que Chirac manque de musées à Paris, des beaux, des riches, des copieux, des royaux.Le Louvre est dans sa cour à lui, pas dans la nôtre.Peut-être, après tout, le président des Français n’a-t-il jeté qu’un regard distrait et poli sur les œuvres exposées à Shawinigan.Auquel cas, tant pis pour lui.Mais s’il avait goûté le coup d’œil.Chose certaine, le nouveau centre d’art peut s’exhiber sans complexe aux notables de passage.Je ne pensais jamais devoir un jour lancer des fleurs à Jean Chrétien, mais oui, il est beau son musée.Belle aussi, l’expo en cours.Secret de polichinelle, l’événement québécois muséal de l’heure se déploie en dehors de Montréal et Québec, dans une ville qui tenait hier encore à mes yeux du désert électrifié.Cet été, les amateurs d’art de la métropole s’y déplacent, à contre-courant du flux habituel.Tant mieux d’ailleurs.Rien de tel qu’une petite balade loin de sa cour.Odile Tremblay ?Faut dire que le cadre à lui seul vaut le détour.Hauts murs de cathédrale, fenêtres immenses, sans colonnes pour bloquer la vue.En se découvrant sur le tard une vocation d'artiste, les deux grands bâtiments de la vieille aluminerie Alcan érigée au début du siècle ont gagné une vraie noblesse.Pierre Théberge, le directeur du Musée des beaux-arts du Canada, a marié des œuvres de monstres sacrés à celles d’artistes plus contemporains.A travers le thème du corps, place à la grosse tête de bébé en silicone du Britannique Ron Mueck, au bronze d’un bras signé Picasso, à la main étroite signée Giacometti.Démembré, désarticulé, en une mosaïque de regards, le corps se recrée ici jusqu’au vertige.Clou de la leçon d’anatomie: cette tentaculaire Maman de Louise Bourgeois, araignée de duc mètres de bronze et d'acier trônant, enceinte d’œufs de marbre, si à l’aise parmi ces murs de briques qu'elle semble vouloir bientôt y tisser sa toile.Le Corps transforme a fracasse la semaine dernière ses objectifs d’affluence pour la saison, après un petit mois et demi de roulement.l\ib.couverture médiatique, surtout le bouche à oreille ont fait sa réclame.Reste que l’expo est passionnante et que ce centre s'inscrit dans l’air du temps, très tendance, comme on dit.On n'a rien invente.Dans le village global, ce concept d’art à l’usine nous vient surtout d'Italie.L'été dernier, j’avais découvert le fabuleux Musée Montemartini réfugié dans la vieille centrale électrique de Rome.A l'encontre de l'usine de Shawinigan, on y a conservé la machinerie: salles â turbine et moteur diesel.Les énormes machines dignes de la roue mécanique des Temps modernes servent de fond de scène au fronton du temple d'Apollon, aux statues de Vénus et d’Antinous tirées de la ville antique, en de spectaculaires oppositions de style.Le hic, avec ce bel endroit, c’est qu’il apparaît à moitié désert.Le visiteur l'a pour lui tout seul, ravi d’en profiter sans la foule bruyante pour cacher la vue d’ensemble; tout de même un peu choqué de voir pareilles merveilles si négligées.Elle est si loin de tout, cette centrale.Au centre-ville de Rome, on sort d'un musée pour entrer dans un autre, mais visiter le Montemartini tient du petit périple.11 faut se rendre au métro IVramide, emprunter la via Ostiense, marcher longtemps, jusqu’au cœur du quartier industriel, longeant d'immenses usines manufacturant on ne sait quoi.Ça gruge la demi-journée.Ma belle centrale-musée, je l’ai retrouvée avec joie cette semaine à l’écran.La première scène du film italien Tableau de famille, de Ferzan Ozpetek, s’y déroule, par une rencontre au milieu des statues et des machines.11 est tellement cinématographique, ce musée-là, avec ses contrastes.Je m'attends à le revoir de film en film.Encore t'audrait-il convaincre les badauds de se déplacer jusqu'à lui.Mode tant qu’on voudra, celle de transformer en musées des bâtiments industriels désaffectés, mais mode pas folle du tout.Allez lui reprocher son noble esprit de recyclage.Plutôt que de construire en fou, pourquoi ne pas réutiliser ce qui existe déjà: des salles magnifiques, hautes, vastes et désormais vides?C'est la version muséale des lofts, avec des statues en guise d’habitants.Cliquette concept! Evidemment, il exige de décentrer les nouveaux musées hors des beaux quartiers.Parce que les bâtiments industriels poussent en général dans les zones industrielles un peu lépreuses, pas trop trendy.On s'y aventure hors circuit, à contre-culture, l’imagination soudain plus éveillée.Si ce courant des musées à l’usine s'amplifie, ici comme ailleurs, faudra bel et bien changer nos habitudes muséales.Et pourquoi pas?Pourquoi ne pas partir en excursion, avec son pique-nique, à la découverte d’un lieu incongru, inconnu, en plein quartier périphérique ou dans une ville en forme de désert énergétique pour trouver un Picasso, un Miré ou des statues de la Rome antique réfugiés là-bas?Ces œuvres nous disent que l'art est un voyage.On serait bien bête de vouloir le capter toujours en des sentiers balisés, dans des institutions figées, quand la culture vivante demeure, après tout, celle qui conserve la bougeotte.otrem blayfftiedevoir.com LITTÉRATURE NÉERLANDAISE LITTÉRATURE AMÉRICAINE Parents au bord du gouffre James Welch, l’Amérindien ARCHIVES LE DEVOIR Maisons bordant les canaux d’Amsterdam.JOHANNE JARRY Comment survivre à la perte d’un enfant?Peut-on partager cette douleur?Anna Enquist et Re-nate Dorrestein, deux romancières néerlandaises, répondent à ces questions en mettant le lecteur en présence de parents que la souffrance sépare, seuls comme jamais depuis qu'ils ont perdu leur enfant Dans Les Porteurs de glace, d’Anna Enquist, Nico et Lou habitent une grande maison.Lui est psychiatre, sur le point d’être nommé directeur de l’hôpital pour lequel il travaille.Quant à Lou, enseignante, elle tente de donner vie à un jardin sur un petit lot de terre cerné par des dunes de sable.Le soir, ils se retrouvent à la maison; Nico parle de son travail et Lou l’écoute distraitement S'ils projettent l’image d’un couple paisible, on découvre qu'ils vivent chacun dans leur monde depuis longtemps.«Ne pas en parler entre eux, ne prononcer aucun nom, n’évoquer aucun souvenir, ne faire aucune allusion, telle était leur convention la plus inébranlable.Ce n’était l’affaire de personne.Le non-dit était devenu le noyau de leur union.» Ce silence dont sont prisonniers Nico et Lou est lié à leur fille qui a quitté la maison depuis plusieurs semâmes et qu’ils ne font pas rechercher.Cette absence crée une forte tension dont chacun tente de se libérer.Nico se défoule au travail, imposant aux patients de l’hôpital ce qu’il s’inflige à lui-même.En leur refusant de suivre des cures thérapeutiques, Nico les empêche d’exprimer leurs émotions.Il est convaincu qu’il ne sert à rien de se rappeler ce qui les a fait souffrir; il faut oublier, continuer.Cette façon de nier la réalité aura tragiquement raison de lui.Lou résiste à cette loi du silence et de l’oubli en travaillant à son jardin impossible.«Elle sentait la pluie sur ses joues froides et savourait la frénésie avec laquelle elle imposait sa volonté au jardin contre vents et ma- rées.Ne pas plier, ne pas abandonner, ne pas baisser les bras.» Ce jardin maintient le lien avec sa fille, du moins c’est ce qu’elle croit quand elle demande au jeune jardinier qui l’aide dans ses travaux de lui remettre de l’argent Les Porteurs de glace a été écrit à partir d’un thème imposé: l’amour.Le sujet a inspiré à Anna Enquist un roman sombre et tourmenté où le non-dit scelle l’union d’un homme et d’une femme.L’auteure, aussi psychanalyste, continue d’explorer dans ce roman la complexité des liens humains avec la finesse et la profondeur qu’on découvrait dans son premier (et remarquable) roman, Le Chefd’œuvre.Sans merci Dans le roman Sans merci, de Renate Dorrestein, Phinus refuse la mort violente de Jem alors que Franka s’abandonne complètement à sa peine; c’est ce qui les sépare depuis la mort du seul enfant qu’ils ont et auront eu.Le soude l’accident, Phinus avait donné suffisamment d’argent à son fils adoptif pour qu’il passe une belle soirée avec son amoureuse.Sur la piste de danse, un garçon excité tire sur Jem, qui meurt sur le coup.Pendant que Phinus s'obstine à chercher le coupable, Franka ne dort plus, ne mange plus.Le couple autrefois si uni se déchire violemment, découvre la haine, un sentiment jusqu'à maintenant insoupçonné.Sans merci comporte quelques scènes qu’on hésite à trouver crédibles.Mais Renate Dorrestein, qui a construit son roman comme un jeu de société, a visiblement exclu une approche naturaliste ou senti-mentaliste du sujet La vie est-elle un jeu?Dans celui qu’a concocté Renate Dorrestein avec sensibilité, la partie se tennine par un retour à la case départ pour Phinus quand il comprend qu’accepter la mort de Jem est la seule façon de le maintenir vivant en lui.LES PORTEURS DE GLACE Anna Enquist Traduit du néerlandais par Micheline Goche Actes Sud Arles, 2(X)3,152 pages SANS MERCI Renate Dorrestein Traduit du néerlandais par Bertrand Abraham Belfond Paris, 2003,288 pages ROMAN FRANÇAIS Triste justice de Paule Constant GUYLAINE MASSOUTRE Paule Constant forge une œuvre américaine dont les personnages ne sont pas sans rappeler ceux des derniers romans de Marie-Claire Blais.La ressemblance ne porte ni sur la forme ni sur le ton, mais sur le sujet Dans Sucre et secret.Constant raconte l’histoire d’un jeune homme condamné à tort pour un meurtre odieux, en Virginie, et exécuté.L’engagement d’une journaliste noire, Heather Heath, contre la peine de mort soutient la protestation à l'origine du livre.David Dennis n’est pas le héros de l’histoire.Ni Candide, sa victime de dix-sept ans.Mais il y a une Française, professeur écrivain en résidence dans une université américaine, qui se trouve face à face avec cet air «sweet and secret» qui fait, dit-on, la magie des Virginiennes.Le problème, c’est que le cliché sert à cacher une réalité insoutenable et indigne de la justice.Pour entretenir les apparences virginiennes, des gens bien pensants conspirent en secret.En l’occurrence, le système va protéger trois meurtriers, fils de notables'arrogants, qui, un jour drogués et éméchés, passent aux actes les plus barbares.On a vu cela dans maints scénarios.L’histoire est devenue presque banale.Qui ne saij pas que la peine de mort, aux Etats-Unis, compte tant de cas désolants où des preuves insuffisantes, faibles, parfois atrocement manipulées, ont suffi à condamner des innocents?La justice américaine est une honte pour ce qu’elle représente.Aussi, lorsqu'on lit Sucre et secret, on ne se demande plus si l’histoire est vraie.Elle est véridique.Bien menée, bien écrite, elle convainc que ce pays protège des potentats aveugles à soutenir la honte dans leurs rangs.Paule Constant a reçu le prix Concourt avec Confidence pour confidence, en 1998, roman qui n’avait pas rallié tous les suffrages critiques.Depuis, le roman vit sa vie en livre de poche.Sucre et secret a passé, quant à lui, dans une sorte d’ombre médiatique.C'est dommage.Il mérite de rejoindre un lectorat fidèle.SUCRE ET SECRET Paule Constant Gallimard NRF Paris, 2003,228 pages QHrïvieri librairie «bistrJ l’ai pas le temps, je m’en vais lire.Librairie indépendante 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges tél.: 739 3639 servir e^librairieolivieri.com CESTEN LIBRAIRIE qu’on TROUVE CE QUE L’ON CHERCHE QU’ON COMMANDE CE QUI NOUS PLAÎT QU’ON DÉCOUVRE DES MILLIERS DE LIVRES C’EST EN LIBRAIRIE QU’ON RENCONTRE DES LIBRAIRES.AFP ET LE DEVOIR L* écrivain américain James ' Welch, qui avait consacré une large part de son œuvre à la culture des Indiens d’Amérique, est décédé, a-t-on appris jeudi auprès de l’université du Montana, où jl était professeur émérite.Âgé de 62 ans, l’auteur souffrait d'un cancer du poumon.Welch est né en 1940 dans le Montana, où il a grandi dans une réserve des Indiens Pied Noir.Ses livres évoquent largement cette culture, ce que cela signifie d’être indien dans la société américaine contemporaine.L’homme disait avoir toujours voulu être écrivain, et il avait très tôt étudié l’écriture à l’université auprès du poète Richard Hugo.Dans Le Devoir, Louis Ha-rnelin écrivait que James Welch était «peut-être le plus connu des auteurs amérindiens».11 était notamment très populaire en France, où il avait été fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2000.Parmi ses œuvres figuraient La Mort de Jim Ixmey, Comme des ombres sur la terre, L'Avocat indien ou L’Hiver dans le sang.Son œuvre était publiée en français chez Albin Michel.SURPRENANT TROYAT \i.m\ \ih 111.1 Le grand Henri Troyat laisse parler une fantaisie débridée, parfois inattendue, intensément riche en méditation sur le destin, la vie et la condition humaine.Albin Mi< hr! www.alhin-michel.fr __1___,, _______ LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AOÛT 2 0 0 3 E « —«"Livres ^— ESSAIS Pauvre Tibet MIKE SEGAR REUTERS Le dalaï-lama à Central Park, à New York, en 1999.ê; " ^ ¦v , GEORGES LEROUX Ces deux livres sur le Tibet se répondent et reposent tous les deux sur une information remarquable.Le premier est l’œuvre d’un savant américain, professeur d’études bouddhiques.On ne saurait douter de son érudition, qui se déploie dans une abondance sans pareille de notes raffinées, mais le but qu’il poursuit demeure, du début à la fin, rien moins qu’ambigu.Désireux de déconstruire la représentation, selon lui de part en part romantique, qui imprègne le discours occidental sur le Tibet, il excelle dans l’ironie.Mais quelle est pour lui Tes-sence de la culture tibétaine, quelle est sa valeur universelle?Au bout du compte, la question semble l’embarrasser et, si on voit mieux, en le lisant, les risques associés à une lecture candide de cette culture — une lecture qui accommode trop facilement la requête occidentale d’une vie parfaite et sage —, on ne sait pas si, du point de vue de l’érudit, le Tibet demeure ou non une culture frustre, nâiVe et pour tout dire arriérée.Aucune ambiguïté au contraire dans l’exposé, écrit par les meilleurs spécialistes, des enjeux actuels de la survie de la culture tibétaine: le but est clair, il s’agit de faire pièce à l’argumentaire chinois qui considère le Tibet comme une province féodale, assujettie à un bouddhisme folklorique et tyrannisé par les structures du monachisme lamaïque qui le dominent depuis toujours.En dépit de leur apparente divergence de propos, ces deux livres se complètent admirablement, dans la mesure où ils donnent au lecteur des instruments indispensables pour connaître le Tibet d’aujourd’hui, celui qui est passé sous la domination de la Chine depuis 1951.Critique de l’idéalisation Comme bien d’autres spécialistes du bouddhisme, Donald S.Lopez est irrité par les excès et déformations de toutes sortes qui affectent en Occident non seulement la connaissance de la culture tibétaine, mais également sa transmission en situation de diaspora.Cette dimension, fondamentale pour comprendre son propos, ne se limite pas en effet au centre indien de Dharamsala, refuge du 14' dalaï-lama en exil, mais elle touche également l’enseignement prodigué ailleurs dan?le monde, et notamment aux Etats-Unis, par des maîtres spirituels exilés.Dans une suite de sept chapitres consacrés à des thèmes différents, Lopez met au jour la perversion systématique de la culture tibétaine, livrée au travail fantasmatique de ses transmetteurs occidentaux.Laissons de côté le chapitre, trop prévisible, qui raconte en détail l’histoire de l’imposteur Lobsang Rampa et de son fameux troisième œil: cette histoire est bien connue, même si les livres de Cyril Hos-kin, vrai nom de ce génial mystificateur, continuent de se vendre et de faire illusion.On peut se demander comment les péripéties transmigratoires, mais surtout la télépathie, étaient parvenues sous sa plume à identifier la science des lamas comme une fantasmagorie d’initiés.Ce Tibet-là, mis à part les illuminés irréductibles qui fréquentent les librairies du Nouvel Âge, n’intéresse plus personne.En revanche, le Tibet bouddhique, celui de la communauté, de la prière et des lamas, ne cesse de façonner l’idéalisation utopique d’un pays protégé de la colonisation, héroïque, pénétré de spiritualité et politiquement vertueux.Lopez montre qu’aux yeux de plusieurs le Tibet représente plutôt l’aboutissement dégénéré, constellé de rituels et de superstitions, du bouddhisme indien originel.Son idéalisation ne serait-elle que la conséquence de l’annexion chinoise?En mettant dos à dos ces jugements contradictoires, Lopez analyse les ambiguités du lamaïsme, autant comme système politique que comme doctrine religieuse.Il fait de même avec le texte du Livre des morts (le Bardo Thôdot), dont il critique les multiples versions frelatées, notamment dans la tradition inaugurée par Mme Bla-vatsky, et avec la formule rituelle du Om, devenu un véritable talisman ésotérique.Dans son chapitre sur l’art des mandatas, il montre les conséquences d’une esthétisation qui dégage l’objet de sa fonction d’abord rituelle.Un chapitre sur la discipline universitaire de la tibétologie permet d’exposer les incohérences inévitables d’une étude soucieuse à la fois d’objectivité et de transmission dans un contexte d’ethnocide.Le chapitre final porte sur les responsabilités paradoxales, et à tous égards exorbitantes, du dalaï-lama, devenu à la fois chef politique et leader spirituel universel.Aucun lecteur intéressé par le Tibet ne devrait faire l’économie de cette lecture, même si c’est au risque d’une forte déstabilisation qui contraint chacun à préciser ce qu’il investit dans la culture tibétaine.Pour y parvenir, le livre préparé par Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille (associée à l’édition de la version française du livre de Lopez) constitue un outil essentiel.La structure est simple: mis en présence d’un livre officiel du gouvernement chinois (Le Tibet: cent questions et réponses), les auteures ont demandé à une brochette de spécia- listes, pour la plupart européens, de commenter les positions de la Chine sur le statut actuel du Tibet La règle cardinale est claire: l’objectivité, c’est-à-dire le souci des faits, la précision des sources, et dans les cas, nombreux, où l’information n’est pas disponible, l’abstention.Le livre est divisé en neuf sections, reprenant les cent questions chinoises: les faits historiques (l’histoire du Tibet et la question de son indépendance de la Chine), les questions relatives aux droits de l’homme (les prisons, la ségrégation, la liberté de circulation, la politique de stérilisation), la politique envers le dalaï-lama (et la question du panchen Lama), le problème démographique (la politique chinoise face à ses minorités ethniques et l’implantation des Han au Tibet), les droits autonomes (structures politiques), la culture et l’éducation (patrimoine tibétain), le développement économique, les conditions de vie, les émeutes de Lhasa (la répression de 1959 et de 1988).Chaque réponse est précédée d’un résumé de la position chinoise officielle.La lecture de ces réponses est éprouvante: comme toute structure d’oppression justifiée par un appareil de propagande, la domination chinoise ne s’embarrasse d’aucune nuance.Ce livre en constitue le démontage méticuleux et il reproduit en annexe le texte des accords du 23 mai 1951, qui donne la mesure des enjeux.Chaque section est assortie d’un complément bibliographique solide, qui cite de nombreuses sources chinoises et tibétaines.Lu en correspondance avec l’essai de Lopez, cet état de la question politique et culturelle du Tibet nous met en face de l’urgence: les destructions sont massives, l’assimilation très rapide, mais il nous confronte d’abord à notre impuissance: à ce jour, aucun gouvernement n’a reconnu l’indépendance du Tibet, chacun se montrant d’abord soucieux de ses relations avec la Chine.FASCINATION TIBÉTAINE DU BOUDDHISME, de l’Occident ET DE QUELQUES MYTHES Donald S.Lopez Traduit de l’anglais par N.Münter-Guiu Préface de Katia Buffetrille Editions Autrement Paris, 2003,301 pages LE TIBET EST-IL CHINOIS?Réponses à cent questions chinoises Sous la direction d’Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille Albin Michel Paris, 2002,463 pages Deux livres qui se complètent admirablement L’ÉTÉ DANS LA POCHE HISTOIRE Des essais, des romans et de la poésie à petits prix JOHANNE JARRY Pourquoi ne pas profiter de la saison estivale pour lire des essais susceptibles de relancer la réflexion sur les grands sujets de la vie?Pour une vue d’ensemble sur notre rapport avec le monde, La Vie commune (Points), un essai d’anthropologie générale de Tzvetan Todorov.«Que signifie au juste ce jait généralement admis que l’homme est un être social?Quelles sont les conséquences de ce constat, qu'il n’existe pas de je sans tu?En quoi consiste, pour l’individu, la contrainte de ne jamais connaître qu'une vie commune?» Pour trouver réponses à ces questions, Todorov fait appel aussi bien à la pensée de philosophes (parmi eux, Kant), qu’aux travaux de psychanalystes (Freud, principalement) et à l’œuvre de nombreux écrivains (Blanchot.Gary, Proust, Rousseau).Le style clair et fluide de Tzvetan Todorov pennet de comprendre des concepts qui, présentés par d’autres penseurs, sont plus arides.Avide d’émotions fortes?Le livre de Michel Lacroix sobrement intitulé Le Culte de l’émotion (J ai lu) permettra peut-être au lecteur toujours en quête de sensations extrêmes de comprendre pourquoi les choses simples de la vie l’ennuient.Par contre, celui qui a peur de manquer d’argent, peine à se remettre d'un chagrin amoureux ou vit une panne sexuelle trouvera peut-être du réconfort auprès de Montaigne, Nietzsche, Sénèque, Epicure et les quelques autres philosophes que revisite Alain de Botton dans Les Consolations de la philosophie (10/18).Enfin, qui souhaite approfondir son sens du discernement lira Juger (Points), un essai important de Hannah Arendt qui porte principalement sur la philosophie politique de Kant.Poésie Ce n’est pas parce que tout tient en une page, un paragraphe, une phrase, que la poésie se lit facilement.Il faut du temps et de la disponibilité pour en saisir l’essence.Aussi bien profiter de la lenteur de l'été pour visiter ce genre moins fréquenté que les autres.Poètes du Noroît (BQ), une publication destinée à l’origine au public brésilien, regroupe des poèmes de neuf écrivains publiés par les Editions du Noroît 11 s’agit de Geneviève Amyot, Michel Beaulieu, Paul Bélanger, Jacques Brault, Hélène Dorion, Louise Dupré, Paul Chanel Malenfant, Pierre Nepveu et Marie Ugqay.Dans une collection baptisée «Territoires», les Editions Les Herbes rouges font paraître deux recueils: Territoires fétiches de Marcel Labine ainsi que Terroristes d’amour et L’endroit où se trouve ton âme de Carole David.Dans ce recueil exigeant, des femmes et des filles perdues glissent insaisissables, égarées en zone urbaine dans des lieux fuyants.Enfin, on peut découvrir la poésie de l’Américain Jim Harrison dans Lointains & Ghâzals (10/18).Ghà-zal?D s'agit d’une «forme ancienne qui remonte au Xllt siècle et qu’ont pratiquée des centaines de poètes dans des langues aussi variées que l'ourdou, l'arabe, le pachtou, le turc, le persan, l’allemand, le fiançais et l'espagnol.* Particularité?«Ecrire un minimum de cinq couplets.» Aspect intéressant: l’édition est bilingue.Romans Un professeur ambitieux organise un colloque dans une petite ville de France.L’événement réunit des universitaires dont les travaux sont axés sur l’œuvre d’une écrivaine méconnue qui a cessé d’écrire après la mort de son mari.Comment ces conférenciers parta- geront-ils leurs savoirs?C’est la surprise que réserve ce Colloque sentimental (Folio), un roman de Julie Wolkenstein.L’écriture et les observations de l’auteu-re française sont fines et donnent envie de connaître bien vite le fin mot de l’histoire.Dans un registre plus sombre et paumé, Les Profanateurs (Points) de Michael Collins.Un homme apprend la mort de son père adoptif dans la rubrique des décès d’un quotidien.Il convainc son amoureuse et sa jeune progéniture de tout larguer pour aller réclamer la part d’héritage qui lui revient.Une mise en garde, toutefois, concernant la traduction française truffée de «putain» et de «merde» qui privent le texte de ça voix américaine qu’une traduction plus neutre aurait mieux rendue.Pour survivre à la mort de sa femme et de ses enfants, im homme consacre toutes ses énergies à l’écriture d’un livre portant sur la vie d’un homme qui a marqué le cinéma muet.Alors qu’il le croyait mort, l’écrivain apprend que le cinéaste souhaite le voir à son chevet avant de mourir.On retrouve dans Le Livre des illusions (Babel), de Paul Auster, les principaux thèmes qui traversent l’œuvre de l’écrivain: la création et l’amour, la mort et l’errance, la solitude, la perte et la quête de filiation.La recherche du père est autrement explorée dans Confessions d’un taoïste à Wall Street (10/18), un roman de David Payne qui compte plus de mille pages.L’intrigue mise en place par l'écrivain est singulière: un jeune orphelin ayant grandi dans un monastère chinois pour devenir un sage taoïste se parachute à Manhattan lorsqu’il apprend que son père (qu’il n’a jamais vu) faisait la pluie et le beau temps à Wall Street.Récits «Je n’ai jamais su sur quel pied danser avec elle, mais comme elle m'a fait danser, personne ne m’a fait danser comme elle», constate Pierrette Fleutiaux à la fin de Des phrases courtes, ma chérie (Babel), un récit où elle raconte les dernières années de vie de sa mère.L’auteure ne confesse rien, retraçant plutôt quels furent ses rapports avec une femme qu’elle n’a pu transformer en personnage de fiction.Quant à Bruno Roza, il propose une incursion dans le monde de l’enfance avec Leçons de choses (Pocket) où il se rappelle, à travers divers objets, ce qui a marqué le quotidien de son jeune âge.Léger comme une brise dans un rideau plein jour.Textes courts Des nouvelles de l’écrivain japonais Shûsaku Endô sont regroupées dans Le Dernier Souper (Folio), une occasion de découvrir l’œuvre très particulière de cet écrivain, marquée par le catholicisme et la culpabilité.Retenons dans la même collection Terre d'exil, des nouvelles particulièrement saisissantes de Cesare Pa-vese, qui ont pour thème central la difficile union de l'homme et de la femme.À lire aussi: Bartleby, le scribe (Editions Allia) du classique Hennan Mehille.À l’origine un feuilleton, ce court récit raconte l’histoire d’un homme qui entreprend d’écrire la biographie d’un scribe aussi énigmatique qu’un sphinx.Enfin, terminons avec La Littérature policière (collection «Les guides Pocket classiques»), un petit livre qui présente brièvement cent auteurs de littérature policière ainsi que des extraits de leurs livres.La publication sera utile au lecteur qui souhaite se familiariser avec un genre qu'il a peu fréquenté.Papineau bien caché MICHEL LAPIERRE Le promeneur initié aux secrets de Montréal ne s’étonne pas de voir apparaître, rue Saint-Denis, le profil d’une tête humaine, près d’une des figures allégoriques qui ornent la porte d’un vieil immeuble, situé devant le pavillon Hubert-Aquin de l’UQAM.Le craintif Napoléon Bourassa, en faisant sculpter la tête de son beau-père Louis-Joseph Papineau, a su faire un clin d’œil aux esprits avancés sans effaroucher les Anglais et les bien-pensants.La légendaire tête à Papineau ne peut être aperçue qu’en plein soleil et que par un observateur très averti.Le soir, on ne distingue plus la tête orgueiDeu-se de ce grand proscrit dont Montréal n’a jamais osé élever la statue.En publiant un livre, en 1937, pour marquer le centenaire de la révolution avortée du Bas-Canada, Gérard Filteau n’a pas eu besoin de voir, au grand jour, la tête à Papineau.Il a décidé de la laisser dans la nuit Ecrire une Histoire des Patriotes en occultant l’originalité de Papineau pour y célébrer, en conclusion, la «victoire du nationalisme» en la personne de Louis-Hippolyte LaFontaine, acquis à I’Union, était un curieux tour de force.L’historien Gilles Laporte s’en est rendu compte.Dans sa remarquable introduction à la dernière édition de l’ouvrage de Filteau, il nous rappelle que l’auteur, embarrassé, comme Lionel Groulx, par l’inspiration laïque et libérale des Patriotes, donne de leur mouvement une interprétation conservatrice, agri-cidturiste, fédéraliste, bref conforme au nationalisme ecclésiastique de son époque.Après avoir lu l’introduction de Gilles Laporte et les nombreuses notes très érudites de Marie-Frédérique Desbiens, on regrette que ces excellents chercheurs n’aient pas publié leur propre histoire des Patriotes, au lieu de tenter désespérément de rajeunir un livre, certes très utile, comme unique synthèse factuelle existante, mais indéfendable du point de vue de l’interprétation des événements.En ne soulignant pas qu'une partie significative d’un peuple, réputé isolé, arriéré et illettré, a été en 1837, et même avant baignée, plus ou moins consciemment, par un courant de pensée qui se situait à l’avant-garde de l’Ocddent Filteau néglige l’essentiel.Comme le signale Laporte, un penseur social anglais de l’envergure de John Stuart Mill a sympathisé avec nos Patriotes.Ces derniers défendaient des idées aussi avancées que celles JACQUES NADEAU LE DEVOIR Napoléon Bourassa a fait sculpter la tête de son beau-père Louis-Joseph Papineau sur un immeuble, rue Saint-Denis, à Montréal.du mouvement ouvrier londonien.Le principe des nationalités, défendu par nos Patriotes, était l’expression d’une nouvelle philosophie libérale, démocratique et anti-impérialiste qui déferlait sur l’Europe et non pas la préfiguration du «nationalisme» français, doctrine de droite hégémonique, mise plus tard en avant pour réagir précisément contre cette philosophie progressiste.Le mot piégé de «nationalisme», adopté chez nous par Groulx et bien d’autres, aura été la cause des plus graves malentendus de l’histoire récente du Québec.La pensée de Lamennais qui a influencé celle de Papineau exprime, mieux que tout, la nature démocratique et libérale du principe des nationalités.«Point de souveraineté collective, point de liberté de l’individu; point de liberté de l’individu, point de souveraineté collective», écrit le philosophe français dans De l’esclavage moderne (1840).Cette idée maîtresse imprégnait déjà Paroles d’un croyant (1834), livre cher à l’élite cultivée de nos Patriotes, dans lequel Lamennais définit la liberté comme le premier des «droits sociaux».Colin M.Coates n’a pas étudié l’influence que l’avant-garde occidentale exerça sur l'élite de notre mouvement national et libéral, mais il a su déceler, parallèlement à l’évolution intellectuelle structurée de cette élite, l’évolution, plus instinctive, de la mentalité populaire dans les seigneuries de Batis-can et de Sainte-Anne-de-la-Péra-de, restées pourtant en retrait des Rébellions.C’est ce qui fait l’intérêt de son livre hardi et très docu- menté: Les Transformations du paysage et delà société au Québec sous le régime seigneurial.Coates souligne que, dans la région natale des frères Dorion, disciples de Papineau, plusieurs petits notables locaux adressèrent, dès 1821, une pétition aux autorités coloniales afin de protester contre le projet dUnion.C’est en s’appuyant en partie sur un tel sentiment populaire que Papineau reprochera à LaFontaine d’accepter l’Union, «ce leurre grossier», et de trahir ainsi la cause défendue en 1837 par les Patriotes.Fidèle à ses principes, le tribun, en 1867, condamnera la création de la Confédération en la trouvant «plus coupable qu’aucun autre acte antérieur».Ce sont ces définitions concrètes du droit social à la liberté que Gérard Filteau a dédaignées, mais qu’on peut deviner, rue Saint-Denis, en s’étirant le cou vers des lèvres de pierre bien cachées.HISTOIRE DES PATRIOTES Gérard Filteau Septentrion SiUery, 2003,632 pages LES TRANSFORMATIONS DU PAYSAGE ET DE LA SOCIÉTÉ AU QUÉBEC SOUS LE RÉGIME SEIGNEURIAL Colin M.Coates Septentrion SiUery, 2003,264 pages * LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET D I M A .N C H E I O A O C T 2 O O S K 7 ?r Les lumières de Benjamin Franklin Acteur important de la libération de l’Amérique états-unienne, célèbre imprimeur engagé et inventeur du paratonnerre, Benjamin Franklin (1706-1790) fut aussi, ce qui est moins connu, un homme de foi dont les croyances, imprégnées de l’esprit des Lumières, se rapprochaient de celles de Voltaire et de Thomas Paine.On a parlé, pour désigner ce type de rapport à la transcendance, de déisme, en insistant sur le caractère plutôt vague du dieu concerné.Dix-huitiémiste, auteur, en 1993, de l’imposant L’Époque de Voltaire au Canada, l’historien québécois Jean-Paul de Lagrave ne partage pas ce jugement sommaire qui trahit, à son avis, la richesse et la profondeur de la foi de Franklin: *Nous avons découvert que la Divinité au cœur de cette foi était aussi vivante, sinon plus, que celle des théologiens des religions “révélées”.Et, caractéristique remarquable, les hommes qui en vivaient prônaient la liberté et la tolérance.» Passionnante présentation de la foi de Franklin réalisée à partir du credo secret trouvé sur le cœur de ce dernier au moment de sa mort, credo composé dès 1728, La Vision cosmique de Benjamin Franklin nous fait découvrir une religion, celle dite «des sages», qui fut celle de la franc-maçonnerie du siècle des Lumières.En souhaitant «découvrir le cœur et l’âme de Franklin», Jean-Paul de Lagrave y trouve un dieu, créateur de notre système solaire, qui n’a rien de vague: «Ce dieu, qui a mis les passions dans le cœur de l'être humain, est sensible.Il est un ami puissant pour ceux qui l’honorent et vivent dans un esprit de justice.La meilleure façon de le servir, c’est de faire du bien à ses enfants.» Le dieu du Soleil, donc, mais qu’il ne faut pas confondre avec sa création.Comme l’écrivait Voltaire: «Ce n’est pas au Soleil à qui je rends hommage, / C’est au Dieu qui le fit, au Dieu son seul auteur, / Qui punit le méchant et le persécuteur [.].» D s’agit donc bien d’un déisme qui rejette, comme l'explique Robert-Jacques Thibaud dans son petit Dictionnaire des religions, Louis Cornellier «révélation, dogmes et religions» pour mieux s'en tenir à ce qu'il considère comme le principe unique de toute chose, une croyance sage en ce quelle évite les dissensions engendrées par les religions révélées et renoue, à sa façon, avec celle des grands esprits de la pensée antique.Toutefois, loin de constituer, ainsi que plusieurs historiens l'ont défini, «le seuil de l’athéisme», ce déisme, chez Franklin, s’exprime dans une foi intense qui préside à ses actions.Initié à la franc-maçonnerie en 1731, présent lors de l’initiation de Voltaire, en France, en 1778, Franklin, sa vie durant, fut un homme de prières et, ajoute Lagrave, «un bienfaiteur de l’humanité» pour qui l’imprimerie, son champ d’action principal, devait contribuer à faire progresser l’esprit humain et à «détruire les préjugés opposés à son bonheur».Anti-esclavagiste de la première heure, partisan d’une amélioration du sort de la femme dans la société, le franc-maçon Franklin, en raison même de sa religion sage selon de Lagrave, fut un être modèle.Voilà une thèse intéressante qui aurait certainement fait dresser les cheveux sur la tète à nos anciens curés anti-maçonniques.Témoins du Christ Ces mêmes curés, toutefois, auraient très certainement été ravis à la lecture de Témoins au cœur du monde, un ouvrage collectif dirigé par le théologien Luc Phaneuf qui affiche avec insistance sa «profonde communion de désir — doctrine et praxis — avec le Magistère catholique tel que guidé par le pape Jean-Paul II».Dans un texte de présentation aux accents polémiques, Phaneuf, pour illustrer à quel point le christianisme a «encore quelque chose à dire au monde» et n’est surtout pas une «religion agonisante», s’en prend avec fougue à ce qu'il qualifie de «nouvel impérialisme séculier», un «amalgame idéologique philosophico-religieux» constitué, selon lui, d’un relativisme philosophique, d'un subjectivisme délirant, d'une indifférence religieuse et morale, d’un spiritualisme frelaté et d’un hédonisme impérial.En rejetant Dieu de leur univers mental, écrit-il, les penseurs de la génération de la Révolution tranquille auraient répandu un désarroi délétère au sein de la société québécoise: «Après quarante ans de ce régime, on peut affirmer sans risque d’erreur que le Québec a payé trà chèrement cette apostasie au plan des âmes [.].» Aussi, c’est pour faire rayonner le «vrai christianisme», «les valeurs en or de l’Évangile», que Phaneuf a décidé de regrouper des témoins qui diraient, au «je», le retentissement de la rencontre du Christ au cœur de leur vie, tant il importe, selon lui, de montrer «que le christianisme n’est pas d’abord un système», mais «une rencontre personnelle avec le Dieu vivant tel que révélé sur terre par Jésus Christ».Souvent autant, sinon plus, catholiques que le pape, les témoins sollicités se rejoignent presque tous dans un conservatisme chrétien qui s’exprime, entre autres, par une propension à se tenir loin du social pour mieux embrasser le mouvement d’une expérience intérieure.Comme si, pour compenser le relatif effacement social de leur religion, ces témoins avaient trouvé refuge dans l’expérience, souvent intense au demeurant, d’une spiritualité chrétienne personnelle qui trouve difficilement sa place dans le monde.Bien sûr, certains d’entre eux (Emmett Johns, Louise Brisset-te, Emile Robichaud) s’investissent toujours pleinement dans «les œuvres», alors que d’autres sont plus près d’une sensibilité mystique (Fernand Ouellette, par exemple), mais l’engagement dont ils témoignent, le «prochain» qui les interpelle, prend essentiellement, pour par- NAT10NA1 PORTRAIT GAU KRY Initié à la franc-maçonnerie en 1731, présent lors de l'initiation de Voltaire, en France, en 1778, Benjamin Franklin, sa vie durant, fut un homme de prières.1er comme Paul Ricœur, le visage de «l’autrui de l’amitié» et trop rarement, à mon avis, celui du «chacun de la justice».L’aspect social, au sens politique du terme, de l’engagement chrétien est donc le grand absent de cet ouvrage.Ce n’est pas un mal en soi, mais disons que c'est au moins un manque.l.a sincérité et la profondeur de l'engagement chrétien de ces témoins ne sont surtout pas en cause et certains d’entre eux en rendent compte de fort belle façon.Cela dit, si impérialisme séculier il y a, je conçois mal dans quelle mesure une spiritualité chrétienne oublieuse du politique pourrait le contrebalancer.Même Jean-Paul II sait ça.louiscornellier (Sparroinfo.net LA VISION COSMIQUE DE BENJAMIN FRANKLIN Jean-Paul de Lagrave Septentrion Sillery, 2003,184 pages TÉMOINS AU CŒUR DU MONDE Sous la direction de Luc Phaneuf Novalis Montréal, 2003,228 pages SPORT IAN WALDIE REUTERS John McEnroe en double avec Steffi Graf à Wimbledon.La légende de Big Mac LOUIS CORNELLIER Pour les amateurs de tennis qui ont entre 30 et 40 ans, John McEnroe fut une idole de jeunesse.Fin des années 1970: voilà que, subitement, le règne du placide Suédois Bjôrn Borg était ébranlé par un jeune New-Yorkais frisé, frondeur et gueulard qui maniait la raquette avec une grâce de magicien.En 1981, quelques années seulement après son arrivée sur le circuit professionnel, celui qu’on surnommait déjà Big Mac s’imposait comme numéro un mondial et s’apprêtait à marquer l’histoire du tennis pendant une décennie.Dans Vous êtes sérieux?, un livre de souvenirs rédigé en collaboration avec James Kaplan, l'enfant terrible du tennis raconte avec intensité sa vie d'homme et de sportif.Aujourd’hui âgé de 44 ans et père de six enfants, McEnroe ne cache pas que l’essentiel de son parcours s’est déroulé sur fond de malaise existentiel.À la fois adulé et honni par un public que ses prouesses impressionnaient mais que ses frasques rebutaient parfois, McEnroe fut un fonceur obsédé par la victoire et la reconnaissance mais souvent incapable de bien gérer l’une et l’autre.Il s'excuse, dans ces pages, d'avoir trop souvent pété les plombs, d’avoir été trop narcissique, mais c’est pour aussitôt tenter de se justifier.Admirateur de Borg, son premier grand rival et ami, de quelques autres joueurs de l'époque (Nastase, en fin de carrière, et Gerulaitis) et contempteur amusé mais assez virulent de son compatriote Connors, McEnroe commente avec chaleur ses matchs les plus épiques et critique avec arrogance le tennis actuel: «Aujourd’hui, j’appelle le tennis “un jeu de flemmards”.Les types se reposent sur des services canons et des coups énormes du fond du court, mais sans beaucoup de réflexion, de stratégie, ni de passion — en apparence du moins.C’est en grande partie la raison pour laquelle personne ne domine vraiment.Il y a un tas de types de talent — regardez des joueurs comme Lleyton Hewitt, Gustavo Kuerten, Yevgeny Kafelnikov, Marat Safin.Mais quelqu’un a-t-il la flamme de Connors, l’abnégation de Lendl, ou la présence physique de Borg?Pas que je sache, en tout cas pour l’instant.» Maladroit en amour — c’est lui qui le dit —, McEnroe évoque ses déboires conjugaux avec l’actrice Tatum O’Neal, la fille du célèbre Ryan, et le bonheur de sa seconde union officielle avec la rocheuse Patty Smyth.Honnête, il témoigne même avec une certaine ironie de ses velléités déçues de guitariste rock.Vous êtes sérieux?, on l'aura compris, nous entraîne dans l’univers des gens riches et célèbres qui ne détestent pas se complaire dans leurs petites misères tout en étalant leur statut de personnages hors du commun.Pour la qualité littéraire et la teneur philosophique, il faudra aller voir ailleurs.Pour les souvenirs tennistiques, la chose n'en reste pas moins passionnante.VOUS ÊTES SÉRIEUX?John McEnroe (avec James Kaplan) Traduit de l’anglais par Christophe Mercier Plon Paris, 2003,355 pages Le roman (Imnouréiiotion (|iie vous allendiez depuis lonyjemps Claire UN SUPERBE ROMAN POUR L’ÉTÉ ¦ \lliin Michel D'une rencontre sous une pluie d'orage à la découverte de lettres jamais envoyées, voici Lhistoire bouleversante et flamboyante d'une impossible passion.Albin Michel www.albin-rnichel.fr REVUES Terne Bordel CHRISTIAN DESMEULES Croyant sans doute que toute maison d’édition qui se respecte se doit de parrainer sa revue.Frédéric Beigbeder (directeur littéraire chez Flammarion) a su convaincre ses nouveaux patrons de cette nécessité.C’est ainsi que paraîtra deux fois l’an Bordel, dont existait déjà une version Internet, créée par Stéphane Million, qui en est à son troisième numéro — www.revuebordel.corn.Une petite écurie de «jeunes plumes énervées», où on trouve notamment Martin Page (Comment je suis devenu stupide), David Foenkinos (Entre les oreilles), Benoît Duteurtre et Yann Moix, reprennent à leur compte une phrase de Dtlrren-matt: «Le monde a fait de moi une putain; je veux faire du monde un bordel.» Tous plutôt jeunes, chemise ouverte, trentaine dynamique ou chroniqueurs mondains.Nouvelle «mère maquerelle» de la jeune littérature française, Beigbeder propose pour sa part un entretien avec Catherine Millet autour de la prostitution.Bordel entend ainsi offrir, dixit la quatrième de couverture, «une promenade vigoureuse et décapante dans les étages de l'écriture d'aujourd'hui: réalisme trash.satire destroy, pamphlets nihilistes, poésie désabusée, exhibitionnisme froid, autofictions mythomanes.» C’est-à-dire un peu n’importe quoi sous couvert de parisianisme plutôt aigu.Des nouvelles, des extraits de journal «intime», un début de roman dont la suite pourra bien se faire attendre, tout cela saupoudré de provocation bon ton, pas méchant et surtout pas subversif pour deux sous.Toute une littérature qui tourne un peu à vide.Ce Bordel numéro un n’étant que l’un des rouages d’un système vieux comme le monde qui ne dit pas toujours son nom.BORDEL NUMÉRO UN Flammarion Paris, 2(X)3,297 pages Cinq siècles de tennis LE DEVOIR Une exceptionnelle et très importante collection consacrée à l’histoire du tennis vient d’être mise en vente par un libraire américain pour la somme de 85 000 $US.Cette collection comprend entre autres le premier livre écrit sur le tennis, une œuvre de Scai-no datée de 1555, de même que le premier livre publié en anglais sur le sujet qui date, lui, de 1822.Plusieurs livres en français sont com- pris dans cet ensemble, dont L'Art du Paumier-Racquetier et de la paume de (îarsault (1767) et le premier livre à présenter les règles du tennis sur gazon, La Maison académique, daté de 1659.En tout, cette collection comprend 184 pièces très rares, dont des livres, des brochures, des manuscrits et des photographies qui remontent aux origines de ce sport.Elle a été rassemblée pendant 25 ;uis par le libraire Howard Mott, à Sheffield, au Massachusetts.Librairie lilt Vox populi, vox Dei Palmarès des ventes 30 juillet au 5 août 2003 1 F* Roman «CE MINUTES 4P P.C0ELH0 Anna Carnére 12 2 Psychologie GUÉRIR 4P SLRVAN SCHREBFR Robert Laffont 16 3 Fantastique HARRY POTTER AND THE ORDER « THE PHOENIX J K.ROWLING Ralncoait Z 4 Polar Qc INDÉSIRABLES C.BROUILLET la courte échelle 7 5 Jeunesse QUATRE FILLES LT UN JEAN, U et 2 A BRASHARES Gallimard 58 6 Jeunesse ARTEMIS FOWL 1.3 - Code éternité E COLFER Gallimard 3 7 Roman Qc TOUT LA-BAS A.C0USTURE libre Lnpresikn IB 8 Dictionnaire LE PEUT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2004 COLLECTIF Larousse 5 9 Biographie MON HISTOIRE H.R CLINTON Fayard 8 10 Essais MAI DE TERRE 4P H.RFFVFS Saull 14 11 Biographie CESAR IMPERATOR 4P M.GALL0 XOéd.12 1?Roman SEPT JOURS POUR UNE ÉTERNITÉ M LÉVY Robert Laftont 24 13 Spiritualité LÉ POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT 4P E.TOLLE Ariane 14/ 14 Roman LTGN0RANCE ?M KUNDERA Gallimard 25 15 Polar IIS SOLDATS DE L'AUBE V D.MEYER Saull 26 16 Roman LE DICTATEUR ET LF HAMAC D.PENNAC Gallimard 11 17 Santé IA MISE AU POINT J.JAY Santé action 99 18 Érotisme Qc JUS DE FRUITS L.DUNBERRY LenctOt 16 19 Polar UNE SECONDE CHANCE M HIGGMS-CIARK Albin Michel 12 20 Transport COLLECTIF PuUlcaBonsduQc J 21 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE 7 ?J.SPENCER Michel Laton 135 22 B.D.L£ PETIT SPIROU, 1.11 - Tu ne s'ras jamais grand 1 TOME/JANRY Dupuis 9 23 Roman JE NE SAIS PAS COMMENT EUE FAIT A.PEARSON Plon 32 24 Guide Qc LES PLAGES ET GRÈVES DE LA GASPÉSIE 4P KALTENBACK / BOUCHARD Fidss 8 25 Psycho.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.M0RENCY Irsnscontinental 39 26 Biographie FRANÇOISE GIR0UD : UNE AMBITION FRANÇAISE 4P C.0CKRENT Fayard 7 27 Polar UNE MORT AIISB0NNF 4P R WIIS0N Robert latfont 82 28 Polar LES CHIENS DE RIGA H.MANKELL Seuil 14 29 Actualité IA GUERRE DES BUSH 4P É.LAURENT Plon 26 30 Roman Qc LIFE OF PI 4P - Booker Prize 2002 Y.MARTEL Vintage Canada 42 31 Sc.-fiction A, R0BILLARD DaMortagna 39 32 Polar MYSTIC RIVER 4P D.LEHANE Rivages 67 33 Roman Qc AURÉLIE E.PONTBRIANO las intouchables 13 34 Psychologie DEUX FIUES LE MERCREM SOIR BÉDARO Z TURENNE Transcontinental 18 35 Roman UNE ADORATION N.HUSTON lamdac/AUssSud 11 36 Essais MIKE CONTRE-ATTAQUE ! 4P M.MOORE Boréal 41 37 Polar DARLING LIliY M.CONNELLY Seuil 13 38 Actualité LE MONDE SECRET DE BUSH É.LAURENT Plon 41 39 Roman IMPRIMATUR 4P M0NAIDIZ SORTI JClattès 28 40 Faune Qc LES OISEAUX ET L'AMOUR 4P J.LÉVEILLÉ L'Homme 13 41 Polar GONE, BABY, GONE ?D.LEHANE Rivages 21 42 Roman Qc N.FYFE-MARTEL Hurtubrse HMH 11 43 Jeunesse ARTEMIS FOWL, 1.1 E.C01FER Gallimard 75 44 Loisirs Qc LIS MORDUS If 4 (numéro double) 4P M.HANNtQUART Rudel Médias 7 45 Romin II COTTAGE D.STEEL Pr.de la Cité 8 » : Coup dp Cowr RB : Nouvell« entrée «iwfcwwp^réinniu» J Plus de lOOO Coups de Cœur, pour mieux choisir.24 succursales au Québec www.renaud-bray.com de nos clients ont aimé les qu’ils ont achetés.Avant de partir en vacances, pensez-y ! LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 AOÛT 2 0 0 3 E 8 LE DEVOIR Familiarités déboussolées A STANDARD LIFE Juliana Espana Keller Andrea Szilasi Mirer Michel Bricault Dossier Néri: rapport d’étape Galerie Art Mûr 5826, rue St-Hubert Jusqu’au 23 août BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Les trois artistes qui exposent en solo à la galerie Art Mûr en ce moment, rue Saint-Hubert à Montréal, ont cette qualité non négligeable de frayer dans des eaux familières pour mieux s’en échapper.En effet, les œuvres de Juliana Espana Keller, d’Andrea Szilasi et de Michel Bricault, qui exposent chacun dans une salle distincte, ont ceci de particulier qu’elles se laissent appréhender relativement facilement, bien qu’il en découle des réalités pour le moins complexes.Dans le premier espace de la galerie, Espana Keller expose deux séries d’œuvres, dans ce qui s’avère son exposition de maîtrise.Dans les deux cas, ces séries réunies sous le titre judicieux de A Standard Life mettent en contact avec des réalités qui ont toutes les chances du monde d’être à mille lieues de la vôtre.Ainsi, dans la première série, Wherever You Go There You Are, l’artiste croise-t-elle des univers qui pour la plupart des gens sont indépendants, voire opposés.Tous des autoportraits, ces trois images montrent l’artiste et ses tatouages.La plus singulière des trois présente l’artiste en habit de tennis tout ce qu’il y a de plus conventionnel, laissant voir ses jambes et les bras colorés.Devant, sur le sol couvert de tapis gazon, des souliers pailletés.Ces souliers, l’artiste les porte pour une autre prise de vue, un plongé extrême où ne sont montrées que ses jambes tatouées.Plus proche des lieux communs, une troisième photographie reprend le même schéma, l’artiste se représentant dans un intérieur cossu, les yeux barbouillés de maquillage noir.Ici, entre l’allusion à une femme battue ou encore à une nuit peut-être épuisante (la SOURCE ART MÛR Sans titre (replier sur soi), d’Andrea Szilasi.robe de chambre suggère une pose matinale), la narration n’est pas des plus claires.L’autre série, encore plus forte, résulte de la fréquentation par l’artiste d’un, homme, visiblement du sud des Etats-Unis, dont la réalité un peu décalée (en fonction des normes ambiantes, encore que, dans ce coin du monde.) consiste à traîner dans son sac à dos un armement important, des munitions et une trousse de premiers soins.Véritable commando anonyme, l’homme vide littéralement son sac et raconte que non seulement son rapport aux armes est des plus conviviaux, mais aussi que, pour lui, ce sont des objets dont il ne peut se passer puisqu’ils assurent sa sécurité.Une installation simple mais terrifiante nous amène dans un champ de tir.Une troisième œuvre propose quant à elle une contraction redoutable lorsque l’homme en question, expliquant la différence de calibre des balles de revolver qu’il utilise, conclut ceci: «Sometimes, size matters», reliant sexe et armes à feu.Cette série, comme la précédente, traite de la réalité que chacun traîne avec lui, peu importe où il va, du quotidien de certains qui pour d'autres peut être complètement ahurissant.Corps nus Dans la seconde salle, Andrea Szilasi renonce à une manière qui lui a dans le passé attiré des commentaires favorables.Si Szilasi a mis fin aux tissages d’images qu’elle affectionnait, elle continue toutefois à mixer les images.Quatre photographies montrent des corps nus (celui de l’artiste elle-même, deux fois, celui du peintre Michael Merril, dans les deux autres, dont une qui rappelle étrangement «Francis Bacon») contorsionnés, allongés ou recroquevillés.En disposant des miroirs derrière ces modèles, la photographe dédouble les corps.Il n’est pas question ici d’enchevêtrement de corps, les repères ne sont pas brouillés au point où on ne s’y retrouve plus.Mais ce dédoublement joue sur une carte psychologique et sensuelle, alors que nombre de producteurs d’images, amateurs de numérique, le jouent comme un traité sur la notion de monstre ou sur la génétique.Elle le fait sur un ton un peu vieillot.Chez Szilasi, le deux se présente comme une réflexion sculpturale sur le dédoublement de soi.L’avancée par rapport à sa dernière production est remarquable.Dans la dernière salle, Michel Bricault expose une série de toiles réalisées entre 2000 et 2003.Sauf erreur, Bricault n’avait pas exposé en solo à Montréal depuis 1999.Ce nouveau cycle revient sur les figures sombres dont le peintre aime bien relater les péripéties, au sein d’un univers pictural somme toute assez riche.Les nouvelles œuvres ressemblent cependant à s’y méprendre à celles que nous avions vues alors.Tout y est les lavis crayeux, les silhouettes noires, les bustes, les ombres et les références à la peinture de Bacon, pour laquelle Bricault montre une passion sans bornes.Seules les références à l’architecture se sont quelque peu atténuées.Bricault est de ceux qui fouillent à fond les mêmes sujets, les mêmes questions.Ici, certains diront qu’Û fait du surplace, on préférera penser qu’il prolonge son plaisir.Les i .beaux détours DITS CULTURELS POUR UN PLAISIR DE PLUS ! Inédit ! Des oeuvres jamais montrées ! 23 août - Bois-Francs Alfred Laliberté, peintre et sculpteur au Musée d’Arthabaska Pour sortir des sentiers battus.26 août - Trois-Rivières La Biennale internationale de l'estampe de la pâte au papier, et du papier à l’œuvre d’art ! Art, paysage et histoire 13 sept.- Montebello L-J.Papineau et N.Bourassa (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont 5?Il £2003 O'? éu Cunué» toi Vm* Québec SS STcanSnliMm Chez Szilasi, le deux se présente comme une réflexion sculpturale sur le dédoublement de soi GALERIE BERNARD Artistes de la galerie Nouvelles oeuvres Été 2003 5926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) Ç514) 277-0770 La Galerie Olivier Martin vous invite au vernissage de « Vire capot » œuvres de Michel Lancelot, jeudi le 14 août de 17hres à 20hres.LYÎfcT L’exposition se terminera le 31 août 2003 1257, av.du Mont-Royal E., Montréal, 514-525-1444 21e SYMPOSIUM international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul 1er août au 1er septembre 2003 Catherine Sylvain, Femme-mer.2001, photographie 42,5 x 88 cm.Photo: Iven Binet ACTIVITÉS À VENIR Vendredi 8 août à 15 h Causerie avec Christine Major, Josée Pelierin et Vida Simon Samedi 9 août à 16 h Charles Guiibert et Guylaine Coderre Chansons de bric et de broc Guitare, accordéon, piano Vendredi 15 août à 15 h Causerie avec Anne Brêgeault, Syivaine Chassay, Yasuko Asada et Julie Dallaire/Édith Normandeau VISITES GUIDÉES, ATELIERS JEUNESSE, PROJECTIONS VIDÉOS Le Symposium est subventionné par : R+l "“^ifbecs: % Québec! et commandité par : LOTO-QUÉBEC • ARTV • BANQUE NATIONALE • LE DEVOIR • POWER CORPORATION • LE SOLEIL Le Centre d'art de Baie-Saint-Paul 11, me Forget Isitel Tél.: (4181435-3681 ¦ Fex: (4181 «56269 www.centredart-tMp.qc.ca courriel: certbstp@chaflevoix.net v .vNS?FONDATION DEROUIN ¦' LL -j JARDINSouRRECAMBRIEN INVITE D'HONNEUR LOUIS-EDMOND HAMELIN EXPOSITIONS - CONFÈRENCES RÉCITALS DE POÉSIE - Samedi 9 aoôl Inavgvratior.s offkfcftos ; 1.Cintra d impositions di Voi-Dovid, I Lo cottoiftot} do /o fommoooofiÉ ¦•»¦•••••••*•••«••*•«««« Dimanche 10 août Dencortre avec TWise Frayis* et lutta Usabih.14 II Du 9 août au 7 septembre 2003 Jeudi, vendredi, samedi et dimanche de 11 h à 18 h 1303, Montée-Gagnon, Vol-Dovid Courriel : r.derouin@val-david.nel Téléphone : (8)9) 322-7167 rrrrr] V»« fan )• cwr 4e l'épie è Vé-OnR et m amttt *- -«H veei treespert» ser le iHe 4e le Faeéetta Dereen.Somtél et éimeicée seilMMft.FINANCIÈRE BANQUE NATIONALE ""Québec E FkMty O ¦?I Cnnnctton canadton LE DEVOIR i 13702003
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