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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2007-09-15, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2007 ROMAN Un Far West revisité de Melanie Wallace Page F 4 BÉDÉ La Théorie du grain de sable de Peeters et Schuiten Page F 7 Michel Ondaatie: flâner.ecnre r Wlmpïë'iiSSSM e f.«Je pense que les écrivains découvrent leur histoire à mesure qu’ils écrivent» BRUNO OARCIN CASSER AFP DANIELLE LAURIN Cy est une histoire qui a mal tourné, qu’il x est impossible d’oublier.Une histoire de passion amoureuse.Qui voyage dans le temps et dans l’espace.A la manière du Patient anglais.Normal, c’est signé Michael Ondaatje.C’est déjà un best-seller au Canada, ça paraît ces jours-ci en français.Avec le même tire: Divisadero.«Je viens de Divisadero Street, indique l’un des personnages du roman.Divisadero, du mot espagnol signifiant “division ”, un endroit d'où le regard porte au loin.» L’auteur précise: «Cette rue existe vraiment, à San Francisco.Mais pour moi, ce mot, divisadero, c’est une sorte de métaphore des vies brisées et séparées des personnages de mon livre.» On peut changer de pays, refaire sa vie.On porte toujours en soi les traces de son passé.Michel Ondaatje en sait quelque chose.Lui-même est né au Sri Lanka.Pays où il a situé, d’ailleurs, l’action de son roman précédent, Le Fantôme d'Anil, prix Médicis étranger en 2000.Mais c’est à Toronto qu’à vit, depuis 1963.C’est là qu’il a fait ses débuts en littérature, par le biais de la poésie.Après avoir étudié à Londres.L’écrivain de 64 ans a déjà dit qu’il se définissait comme un bâtard international.Aujourd'hui, il confie: «J’ai eu trois vies, toutes différentes, et je suis toujours en train de réconcilier tout ça.» Réconcilier leur vie d’avant avec celle d’aujourd’hui, se réconcilier avec leur passé: les personnages de son nouveau roman, son cinquième, n’y arrivent pas.La cassure a été trop forte, trop douloureuse.D’abord, il y a eu la vie dans la ferme.En Californie, dans les années 1970.Un père, veuf, ses deux filles, Anna et Claire.Anna, qui a ses gènes, Claire, qu’il a adoptée.Le cœur sur la main, cet homme, sous ses dehors revêches.Il a aussi pris sous son aile un orphelin du voisinage, Cooper, dont la famille été sauvagement assassinée.C’est le début de l'histoire.La première partie du roman.La plus forte.La plus violente, aussi.D’une violence telle qu’on plonge dans la barbarie.Une constante dans l’œuvre d’Ondaalje.Pourquoi?«Je ne sais pas vraiment, ce n’est pas que j’aime ça, ça méfait peur, en fait.On doit parfois écrire à propos de ce qui nous fait peur.» Un jour, le père surprend Anna, 16 ans, en train de faire l’amour avec Cooper, 20 ans.Dans les mots d’Anna, plusieurs années plus tard, ça se résume ainsi: «Une fille et un garçon surpris dans les bras l'un de l’autre, sous un ciel vert, un père qui tente de tuer un garçon, une fille qui tente de tuer son père, voilà une bien petite chose qui pourrait n’occuper qu’un ou deux centimètres carrés dans un tableau de Bruegel.Seulement, elle a mis le feu au reste de ma vie.» Le reste de la vie d’Anna Le reste de la vie de Cooper.Et de Claire.C’est de cela qu’il est question dans les autres parties du roman.Comment Anna s’exilera en France, se passionnera pour la littérature, pour l’œuvre d’un écrivain français nommé Lucien Segura, en particulier.Mais d’abord, comment Cooper deviendra joueur de poker, au Nevada.Et comment Claire trouvera un emploi dans un bureau d’avocats à San Frandsco.Comment tous les trois, en fait, tentent de faire comme si de rien n’était.Comme si la vie c’était ça: s’inventer un présent Comme si c’était possible d’oublier.Pensez-vous! «Nous sommes certainement guidés par ce qui nous est arrivé dans l’enfance ou l'adolescence, rappelle Michael Ondaatje.Nous avons tendance à répéter des obsessions.,.» La mémoire.Le travail de la mémoire.C’est une obsession pour ce romancier.«La moitié de notre vie quotidienne se passe dans la mémoire, je dirais.Cela guide nos actions, je pense, nous relisons constamment nos vies dans le but de mieux nous comprendre.» Ses histoires, il les construit par fragments entremêlés, comme autant d’échos à une vérité impossible à reconstituer dans sa totalité.Un récit dans le rédt dans le rédt c’est la façon de faire de Michael Ondaatje.Ainsi, l’épisode français d’Anna, son entêtement à fouiller la vie et l’œuvre de son mentor littéraire, vont déboucher sur l’histoire même de Lucien Segura.Sans que l’on saisisse d’emblée la nécessité d’une telle incursion dans le passé de cet obscur écrivain.Peu importe, pour Michael Ondaatje: «C’était intéressant de voir combien la propre histoire de cet écrivain faisait écho à celle d'Anna.parce que d’une certaine façon, tout cela est issu de sa conscience à elle.» Rien de tout cela n’était prévu au départ assure le romancier, «fai commencé par écrire l’histoire californienne et j’ai ensuite compris que la façon de poursuivre était de raconter l’histoire française.Cest plus tard que ce parallèle m'est apparu essentiel.Je pense que les écrivains découvrent leur histoire à mesure qu’ils écrivent.Tout comme les écrivains changent eux-mêmes au cours d’un processus d’écriture qui peut prendre cinq ans, le roman lui-même peut évoluer dans le processus.» Le doute, pour lui, est salutaire, dit-il.Comme pour la romancière française Colette, à qui il fait référence en ces termes dans Divisadero: «C’était un écrivain qui disait que sa seule vertu était de douter d’elle-même.» Il explique: «Je pense que le doute est essentiel pour se prémunir contre la fausse représentation et la prétention de la vérité.Que ce soit pour un film, un livre ou une pièce de théâtre, le danger est dans la certitude et la confiance excessive.En maintenant le doute, on se permet de rester dans l’inconnu et dans le non-dit.» L’inconnu, le non-dit Divisadero ne cesse de creuser du côté de ce sillon.Comme Le Patient anglais avant lui.Bien sûr, dans les deux cas, il y a, d’abord et ayant tout cette passion amoureuse, absolue, impossible, qui brave l’interdit Une source d'inspiration inépuisable pour Michael Ondaatje.Ce qui ne l’empêche pas d’exploiter d’autres avenues.«Ilya également dans mes livres le désir d'ordre, de calme, de paix et l'espoir de mieux se comprendre et d’interagir avec les autres.Tout cela va ensemble.» Tout cela pourrait bientôt donner lieu à un autre roman signé Michel Ondaatje.Même si, pour l’instant laisse-t-il tomber «Je flâne.Un de mes amis architecte au Sri Lanka dit que l'architecture, c’est 80 % de flâna-ge.Je pense que c’est vrai pour l’écriture.» Il ne nie pas qu’en lui apportant la célébrité et la sécurité financière, Le Patient anglais, récompensé par le Booker Prize, auréolé par les neuf Oscars attribués au film qu’en a tiré Anthony Minghella, et vendu à près de cinq millions d’exemplaires dans le monde, lui a permis de jouir d’une certaine liberté.«Cela m’a donné la liberté d’écrire ce dont j’ai vraiment envie», concède-t-il.Avant d’ajouter, sibyllin: «Mais évidemment, c’est aussi ce que je faisais avant.» Collaboratrice du Devoir DIVISADERO Michael Ondaatje Traduction de Michel Lederer Boréal Montréal, 2007,312 pages «Nous relisons constamment nos vies dans le but de mieux nous comprendre» 4 f LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 2007 F 2 LIVRES EN APARTÉ L’art de tuer Peut-être serait-il bon de relire ces jours-ci quelques classiques sur les horreurs de la guerre et sur ceux qui la font Jean-Français Nadeau Certains vont à la guerre comme d’autres vont à Dieu.Et c’est parfois à se demander s’il faut connaître le métier des armes et être casqué pour atteindre son ciel Un caporal-chef de Montréal a raconté cette semaine comment il venait de tuer un «insurgé» en Afghanistan: six balles de 25 mm logées dans le corps.Avec une seule balle de 9 mm, tirée de sa vieille carabine Mauser, mon grand-père tuait autrefois un gros chevreuil à 100 mètres.Pas étonnant qu’à bout portant, avec six balles d’un calibre trois fois plus gros, un taliban soit «désintégré», comme Ta expliqué le brave soldat en entrevue.Mais qu’est-ce que tuer un homme pour un vaillant soldat de l’armée canadienne?«Pour moi, c'est la cerise.Je ne veux pas passer pour un tueur, mais c’est mon métier.» Comment tuer un homme?«Si la vie vous intéresse», joignez-vous à l’armée canadienne, clamaient il n’y a pas si longtemps encore des publicités! À Montréal, devant l’édifice du Devoir, se trouve ca-serné le régiment des Black Watch.Au-dessus de la porte d’entrée principale, une nouvelle publicité donne une coulepr plus juste du rôle d’un bon soldat: «Combattez».A la télé, toutes les images de cette nouvelle campagne publicitaire sont soutenues par une musique dramatique qui rappelle, malgré elle, que nous sommes bien à l’ère de l’inquiétude et de la mort de Y «ennemi» vécue comme si elle n’était qu’une queue de cerise.Les soldats vont se battre pour la démocratie, dit-on.L’action du soldat affirme-t-eUe vraiment l’égalité des sexes, la séparation de l’Église et de l’État, la réussite individuelle, bref une certaine idée de la démocratie?En fait, les soldats de toutes les armées du monde revêtent d’abord l’imiforme pour se sortir d’une forme sournoise d’oppression larvée qui les maintient comme individus dans des emplois qui, par nature, appartiennent à ce qu’on appelle le sous-prolétariat commis, vendeur, manutentionnaire, etc.Pour ces gens qui n’ont rien à perdre, améliorer son sort dans l’armée, cette grande école du crime légal, constitue une occasion pour mieux gagner sa pitance.La lutte pour la démocratie ne fait office que de paravent pour des motifs socio-économiques autrement plus profonds et plus concrets.Les jeunes hommes vont ainsi à la mort souvent déjà vidés de leur vie.Le taliban va à la guerre parce qu’il croit vraiment aller à Dieu et défendre son pays.Mais le soldat occidental, lui, va-t-il vraiment à la guerre, à des milliers de kilomètres, avec la charge rassurante de la démocratie sur son dos?Nos professeurs de guerre le prétendent.Les morts reviennent donc au pays accompagnés par des phrases traditionnelles sur les mérites du devoir accompli et la grandeur du soldat.Ces phrases d’ptat accompagnent les soldats comme celles de lÉglise accompagnent par ailleurs les civils.11 n’en demeure pas moins que des hommes meurent et qu’on se sert même de leurs cadavres.L’instinct de mort Vous vous rappelez de Jacques Mesrine?On tourne ces jours-ci, à Paris et à Montréal, une adaptation cinématographique de ses mémoires, L’Instinct de mort, qui viennent d’être republiés.Cet ancien soldat se fit connaître dans les années 1970 comme «ennemi public numéro un».Militaire, il œuvre d’abord en Algérie.Il travaille comme on lui a montré le travail: il tue.Des combattants.De simples opposants aussi.Pour ses bons et loyaux services, l’État le décore.Puis, c’est le retour à la vie dite normale.Revenu à la vie civile, Mesrine continue de tuer de sang-froid et fait vite de sa vie une sorte de plateau de tournage permanent où le crime apparaît comme un art dont il se fait Texpert-témoin.L’ancien soldat d’élite explique volontiers qu’il n’est au fond que le produit de la seule chose que sa société a bien voulu lui enseigner convenablement «Vivant dans une jungle, écrit-il, j’allais me conduire en fauve.» On devra donc l’abattre comme une bête: 21 balles à haute vélocité dans le corps.Lorsqu’on sortit son corps de la BMW où il prenait place, il restait moins de Jacques Mesrine qu’un taliban abattu par un soldat canadien.Peut-être serait-il bon de relire ces jours-ci quelques classiques sur les horreurs de la guerre et sur ceux qui la font Clavel Soldat, de Léon Werth, par exemple, un livre réédité il y a peu.Depuis son champ de bataille, le soldat Clavel écrit «S’ily a des civils [.] qui, réfléchissant, croient encore aux billevesées de la diplomatie, à l’idéal par la guerre, à la justice, à la patrie sauvées par la guerre, qu’ils viennent au moins ici» et qu’ils mesurent que, «pour réaliser l’idéal d’un grand journaliste ou d’un philosophe officiel de la patrie, il faut d’abord mourir à tout idéal.» L’essai ravageur du satiriste Jean Bacon, Les Soigneurs de la guerre, demeure lui aussi toujours d’actualité.Faut-U utiliser le mal pour guérir le mal?«On va faire la guerre une bonne dernière fois pour ne plus avoir à laftiire.Ce fut l’alibi bien-aimé des Romains, de Charlemagne, de Napoléon, des Anglais, de Hitler et des conquérants de toutes tailles.C’est encore celui de quelques chefs d’Etat d’aujourd’hui, prêts à soutenir que leur politique hégémonique est en fait le prélude à l’instauration d’une paix universelle.» Les soldats de toutes les armées obéissent Ds sont entraîné pour ça.Leur obéissance augmente à mesure que leur liberté de penser diminue.Pour tuer, ça aide beaucoup.Mais pour la démocratie, ce n’est pas certain.D’ailleurs, faut-il rappeler qu’obéir est parfois le défaut du courage de ne pas obéir?jfnadeau@ledevoir.com Festival international de littérature EN BREF Dans le silence des corps CAROLINE MONTPETIT C* est dans le monde clos de l’autisme que la comédienne et auteure Louise Bombardier a puisé l’inspiration des textes de ses Petits fantômes mélancoliques, qui inspirent le spectacle qui sera présenté lundi soir au studio de l’Agora de la danse, dans le cadre du Festival international de littérature.Autisme, mais aussi «érautisme», comme elle désigne elle-même cet univers intérieur où la sexualité et l’abus sexuel ne sont jamais bien loin.Le thème de ce spectacle, qui réunit danse, musique et littérature, c’est d’abord et avant tout l’incommunicabilité, le leitmotiv de Louise Bombardier étant donné que l’intérieur et l’extérieur sont des mondes immensément séparés.C’est parce qu’elle avait besoin d’une parole difficile, infiniment intime, que Louise Bombardier s’est inspirée de récits d’«autistes savants», ou autistes de haut niveau, qui ont réussi, avec l’aide d’éducateurs, à faire émerger le secret qui les enfer- me depuis la naissance.Dans ses textes et son spectacle, les personnages sont «métaphoriquement autistes», c’est-à-dire qu’ils vivent une coupure profonde avec le monde extérieur.«J’ai élargi l’autisme à toutes sortes de mélancolies, dit-elle.Car c’est de ça qu’il s’agit.Ce sont de grands mélancoliques.» De cet état de «mort sèche», Louise Bombardier a fait naître une série de personnages — Hélène, Angéline, Liliane, Béatrix, Mathilde, Hans, Athéna, Colette, et d’autres —, des êtres vivant une extrême souffrance, prenant enfin le risque de la parole.«J’ai inclus là-dedans toutes sortes de personnages pris dans des situations d’envoûtement, qui s’accommodent des pires horreurs», dit-elle.Dans le spectacle qui sera présenté lundi, Louise Bombardier s’est jointe à la chorégraphe Louise Bédard et au danseur Paul-André Taillefer.Alors qu’elle assumera seule la narration, ils présenteront ensemble une œuvre de mouvement.Car c’est bien le LM H'/ÏM qui liîJ siiti liront 1'fcnmt 707 £ï 713 MONÏ-ROm £SÏ ©MONÏ-mi, 514-523-6389 éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • L.ittérature Jacques Marchand La pensée grecque Tome 1 La naissance d’un monde Éuuuctt N l.nvluuul I ,a pensée grecqut lia ruimwicr tin niomlc ©Alain Décarie 366 pages, 2H dollars JACQUES GRENIER LE DEVOIR ,¦*•*** Louise Bombardier silence du corps que Louise Bombardier a voulu faire exulter dans ce spectacle qu’elle dit à la fois lourd et léger, porteur d’obscurité et de lumière.«C’est bien respirable même si le fond est lourd», assure-t-elle.Car c’est d’abord et avant tout la compassion qui la guide auprès de ces figures blessées, et la prise de parole y agit comme la lumière au bout d’un tunnel autrement sans issue.Théâtre et slam Le Festival international de lit- térature se poursuit par ailleurs toute la fin de semaine, dans divers lieux montréalais.Mentionnons au passage Malaussène au théâtre, de Daniel Pennac, mis en scène par Marc Béland à l’Espace go, les samedi 15 et 22 septembre, et interdit aux plus de 18 ans.Dimanche et mardi, on pourra également assister au Lion d’Or aux finales montréalaise et nationale de slam, sous le titre «Le grand Siam».Selon la définition de Wikipedia, le grand slam est «un art d’expression populaire oral, déclamatoire, qui se pratique dans des lieux publics comme les bars ou d’autres lieux associatifs, sous forme de rencontres et de joutes oratoires.On vient y dire, scander, chanter, jouer des textes de son cru sur des thèmes libres et parfois imposés».Avis aux intéressés.C’est sans parler aussi notamment de La Soupe de Kafka, ce spectacle présenté le 21 septembre à 20h, au Lion d’Or, basé sur le livre du même nom, de Mark Crick, qui livre 16 pastiches littéraires sous forme de recettes de cuisine.Pour plus d’infos sur les multiples événements du FIL, on peut consulter le www.festival-fil.qc.ca.Le Devoir Sous la direction de BERNARD ANDRÉS ISBN : 978-2-7637-84%-0 750 pages • 49 $ LA CONQUÊTE DES LETTRES AU QUÉBEC (1759-1799) Anthologie Avec la collaboration de NOVA DOYON, NATHALIE DUCHARME, BENOÎT MONCION.DOMINIQUE PLANTE, JULIE ROY (U •M i LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 SEPTEMBRE 20 0 7 LITTERATURE F 5 ROMAN FRANÇAIS ENTREVUE Névrose et gros sous GUYLAINE MASSOUTRE Sans doute Lydie Salvayre aime-t-elle l’humour noir, la dérision, la critique acerbe et la comédie: elle a toujours gâté ses lecteurs.Ce quinzième ouvrage, Portrait de l’écrivain en animal domestique, grince plus que jamais.Son exaspération a-t-elle atteint le seuil de la colère?Ou pa-rodie-t-elle ce qu’on murmure, le portrait de Sarkozy par Yasmina Reza, L’Aube le soir ou la nuit (Flammarion)?Sa bête noire se nomme Jim Tobold, businessman «roi du hamburger».Imbu de lui-même, ce médiocre, économiquement puissant, se fait rapace à loisir.Gâté et caractériel, il aime écraser autrui.Ses fantasmes paranoïaques et sadiques le font jouir.Fait curieux?Il a embauché une écrivaine pauvre, à prix d’or, pour écrire sa biographie.«Dominateur, monumental, autocratique, irascible et mathématique», il se livre à elle, qui le suit partout.Comme Reza, Sarkozy.Par faiblesse, le personnage de Salvayre s’habitue à l’énormité et à la griserie.Ce roman joyeux et un peu fou est un portrait au vitriol.On s’y demande: quelle est la règle du jeu entre deux secteurs qui se détestent, culture et économie?Peut-on faire cohabiter, sous une même bannière démocratique, les moutons de la culture et les requins des affaires?On s’en doute, ces deux acteurs sont voués à se tourner le dos.Pourtant, l’envie de reconnaissance les mène l’un face à l’autre.Salvayre trace une ligne de contact, des repères.Si tout flue et reflue, ils croient tous deux à une liberté somptueuse, celle de l’argent et celle de la pensée.Exploration du capital Résumons.L’être immonde fait une promotion éhontée de sa réussite.Scandaleuse.Rien d’exceptionnel, pourtant Son capital lui ouvre grand les portes de l’arrogance.Grâce à quoi il tyrannise et accable sa secrétaire à contrat Peut-on lire ce pamphlet comme une fable politique?L’économie, comme une concentration de méchanceté et de cynisme?Et la culture, comme une enclave de sentimentalité, une réalité débranchée?SU y a une fêlure qui les unit, c’est d’un côté «le culte de sa propre gueule» et le «sentiment d’être prédestiné à l’amélioration du monde par l’extension de son propre capital», de l’autre côté, le paradigme insuffisant de ce même objectif Dans ce miroir, la langue joue un rôle vital.Aphorismes, tautologies, paraboles inspirées de la Bible font le pendant aux bons mots, par lesquels l’écrivaine (tant fictive que réelle) se défoule.Partie de poker, la gaieté tapageuse de ce face-à-face conflictuel témoigne de la santé intellectuelle de Salvayre, psychanalyste.Elle fait rire.La machine libérale Temporte-t-eDe sur les valeurs culturelles?Son écrivai- ne lui ressemble: elle s’interdit d’écrire «un livre sombre et totalement déprimant».Grincements de dents Faut-il donc abattre le «Marché mondial», sacrilège obscène, attentat à la fraternité?L’homme d’affaires et l’écrivaine trempent dans sa vulgarité.Salvayre a des inventions décapantes pour fustiger la bêtise, nommer la haine amère, faire chanceler le laisser-faire.Elle récrit Tartuffe.Elle dresse le festin des nantis à même leur vide.Elle dénonce l’incurie des incurables, jusqu’à Bill Gates, Bill Clinton et Sophie Marceau, sur ce bateau ridicule.Si ce roman progresse, c’est que son Président sombre.Personne n’aimera ce fou impayable, qui verse dans «l’autocommisération» lamentable du charity business.Rien ne va plus, les jeux sont faits.La fin du roman convainc: le milliardaire n’a de cesse de se flamber au feu de la réussite.Les doigts, le cœur et l’esprit brûlés, il ressuscite.On verra bien si Salvayre a eu la vision de Sarkozy.Dépression Après Falaise, beau succès, Olivier Adam, romancier de la jeune trentaine, donne À l’abri de rien, poignant récit au féminin.L’héroïne, personnalité bien d’aujourd’hui,' s’enfonce dans la dépression, qui la coupe de ceux qui l’aiment Adam nous frit entrer dans son vertige, avec un talent troublant La reconstruction de son personnage est lente, après qu’elle a touché le fond: les pensées et les actes quotidiens ne mesurent plus les mêmes référents.D’autres angles de rie s’y mêlent Apparitions et disparitions de l’être lucide, tel est l’enjeu de ce roman.Avec clarté, des phrases courtes et simples, l’auteur boucle sa narration.L’enfermement y est parfaitement intégré.C’est à la dernière page qu’on saisit vraiment dans quel enfer le personnage, à notre insu, a évolué et a œuvré à se récupérer.Elle nous invite à démonter, dans une relecture, la mécanique dépressive.Collaboratrice du Devoir PORTRAIT DE L’ÉCRIVAIN EN ANIMAL DOMESTIQUE Lydie Salvayre Seuil Paris, 2007,235 pages À L’ABRI DE RIEN Olivier Adam L’Olivier Paris, 2007,219 pages Olivier Adam Olivier Adam sur les dents DANIELLE LAURIN Comment ça a commencé?Comme ça je suppose: moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n’y a rien.» C’est Marie qui parle.L’héroïne d’À Tabri de rien.Un roman remarquable, signé Olirier Adam.Un roman attendu, qui crée l’événement en France.Qui fait l’unanimité ou presque parmi la critique.Et qui a reçu le premier prix littéraire de l’automne: le prix du Premier Prix, nouvellement créé pour récompenser en avant-première un roman de la rentrée.Pour ce qui est de la course aux grands prix de novembre, les paris sont ouverts.Mais déjà, À l’abri de rien figure sur la première liste officielle du Concourt.Cette fois-ci sera-t-elle la bonne?Le roman précédent d’Olivier Adam, Falaises, s’était retrouvé en 2005 sur la liste de plusieurs prix prestigieux.Dont celle du Concourt.où il avait figuré jusqu’en fin de course.Chat échaudé?«Je préfère avoir des lecteurs qui me suivent de livre en livre, plutôt que d’obtenir un prix pour un roman, être lu pour les mauvaises raisons à cause du battage médiatique, et qui sait, tomber ensuite dans l’oubli», clame l’auteur à la gueule d’acteur.Il faut dire qu’à ce moment-là, lors de notre rencontre dans un bistro parisien, À l’abri de rien n’est pas encore en librairie: nous sommes dans la moiteur de l’été.Cheveux en bataille, cigarette au bec, Olivier Adam, 33 ans, débarque tout juste du train.Il arrive de Bretagne, où il rit avec sa compagne écrivaine, Karine Reysset, et leur fille de cinq ans.Simple passage éclair à Paris, où il a vécu quelques années après avoir quitté sa banlieue natale.Banlieue.Ce mot lui colle à la peau, à Olivier Adam.«H s’est imposé en quelques années comme le romancier d’une France occultée, dans un décor périurbain de petits pavillons, de supermarchés et de balançoires rouillées dans les jardinets.» C’est ce qu’on dit de lui dans la presse française.Et encore ceci: «H fait partie de ces jeunes auteurs français qui se frottent à la réalité de la société et dont les livres sont “socialement ancrés”.» A l’abri de rien se passe dans le nord de la France, près de Calais et du tunnel sous la manche.A Sangatte, précisément, là où un centre d’urgence humanitaire, créé en 1999, a accueilli plusieurs dizaines de milliers de réfugiés kurdes, afghans et iraniens, avant d’être dé-maptelé en 2(X)2.A l'abri de rien, c’est le choc de la rencontre.La rencontre de Marie, fragile, dépressive, lasse de sa petite rie de chômeuse et de mère de famille, lasse de ne rien faire d’utile dans son patelin ennuyant, avec l’autre, l’étranger en fuite, le plus démuni qu’elle, celui qui dort dans un champ de boue: le réfugié sans papiers.Marie prendra conscience qu’il y a pire que sa vie à elle.Elle sera confrontée à ses peurs, ses préjugés.Elle en riendra à s’oublier eUe-même, pour épouser la cause des autres.Mais attention, prévient Olirier Adam.«Si je n’ai aucun problème à dire que je suis de gauche, même très de gauche, et que la question de l’immigration me préoccupe, je n’écris pas de roman avec l’intention dépasser un message.» 11 insiste: «On est tellement habitués à ne pas avoir confiance en la littérature, aux personnages, on est tellement habitués à une littérature d’illustration, où les auteurs sont des intellectuels qui tiennent un discours et tirent les ficelles de marionnettes!» La voix des personnages Ce qu’il cherche avant tout, lui, quand il écrit épouser la voix de ses personnages.«Tout le travail que faj fait pendant quatre ans en écrivant A l’abri de rien, c’était me retirer du bouquin, moi, avec ce que je pense, avec mes convictions politiques, pour donner la parole à Marie.Maurice Pialat disait toujours qu’il ne faut pas être plus intelligent que ses personnages.Pas en matière d’intelligence du point de vue hiérarchique.Simplement, il ne faut pas en savoir plus qu 'eux.» D ajoute: «Un roman, c’est le personnage, c’est la vie.Et b vie, ça va dans plusieurs sens, contrairement au discours, qui lui, ne va que dans un sens.» Des personnages en quête de sens, en quête d’eux-mêmes, des écorchés vifs, qui errent dans un no man’s land, il y en a partout dans l'œuvre d’Olivier Adam.Dans Falaises, par exemple, qui racontait la descente aux enfers d’un jeune des banlieues après la mort de sa mère.Déjà, dans son premier roman,/e vais bien, ne t’en fais pas, l’écrivain campait une jeune fille laissée à efle-même, aux prises avec la disparition de son frère.Ce livre, sorti en 2000, a été adapté au cinéma Tan dernier par le réalisateur Philippe Lioret, avec qui Olirier Adam a collaboré au scénario.L’écrivain a d’ailleurs reçu de TAcadémi,e de la presse du cinéma finançais l’Étoile d'or du scénariste pour sa contribution.Quant au film, primé aux Césars, il a tait plus d’un million d’entrées.Commentaire de l’auteur «Pour un film sur la mort, sans star, c’est pas mal, hein!» Sans compter que le succès du film a propulsé celui du roman, qui dépasse maintenant les 160 000 exemplaires vendus.Olivier Adam travaille à un autre long métrage avec Philippe Lioret.Scénario original, cette fois.Il planche aussi sur un nouveau roman.L’histoire d’un père, avec ses deux enfants.«Je veux écrire sur la paternité, mais dans le concret.Je lutte contre l’idée que le père soit le plus souvent représenté culturellement dans la fuite par rapport aux enfants.» Pas question d’en dire plus pour l’instant D’ailleurs, il ne compte pas se remettre à l’écriture de son prochain roman avant que l’effervescence de la rentrée.et des prix soit retombée.Pas l’esprit à, ça.Nerveux, finalement le gars.Echaudé ou pas.Collaboratrice du Devoir À L’ABRI DE RIEN Olirier Adam L’Olivier Paris, 2007,221 pages / Les Editions du Trécarré tiennent à féliciter le Dr Richard Béliveau et le Dr Denis Gingras, auteurs des grands succès Les Aliments contre le cancer et Cuisiner avec les aliments contre le cancer.Un livre sur le cancer 3 ' iments ('(mire i cancer • zoo ooo exemplaires vendus au Québec • Vendu dans plus de 25 pays • Traduit en 19 langues • Prix du public du Salon du livre de Montréal 2006 Un livre sur le cancer qui parle de cuisine Kk+wd BÉUVTAU PblV Üwh CINCRAS nxir i on! ic le cancer ¦ 100 000 exemplaires vendus au Québec ¦ Parution en anglais en octobre 2007 ; Cooking with Foods that fight Cancer Richard KÜVfcAU wo.IVnH ClNCKAS PKI> aliments contre cancer * AlunetHtr 1 cwtro d c
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