Le devoir, 25 août 2003, Cahier A
KELOWNA Un répit qui pourrait être de courte durée Page A 3 REPRESAILLES Israël tue quatre activistes du Hamas Page A 5 ?w w w .1 e d e v o i r .e o m ?LE DEVOIR Patrick Carpentier décroche la troisième place Jit/ucesrune w awi_o acRiE 'jmucEsrune W O R L.O SERIE JIM YOUNG REUTERS LE MEXICAIN MICHEL JOURDAIN, à gauche, a remporté la deuxième présentation du Molson Indy de Montréal, hier, au terme d’une course qui avait été dominée durant 58 tours par Alexandre Tagliani.Jourdain (Team Rahal) a devancé l’Espagnol Oriol Servia (Patrick Racing) et le Québécois Patrick Carpentier (Player’s), à droite.Tagliani a finalement conclu l’épreuve en quatrième position, doublant le Torontois Paul Tracy dans les derniers mètres quand ce dernier a visiblement manqué de carburant.AU FOND DU PUITS On ne s’ennuie jamais isons les choses comme on les ressent, c’est ce que recommande Santé et Bien-être social Canada; il est franchement dommage que le vainqueur du Molson Indy couru hier dans le décor enchanteur de l’île Notre-Dame n’ait pas été Patrick Carpentier ou Paul Tracy.Non pas parce que Carpentier est un p’tit gars de chez nous qui ne nous fait pas honte quand il nous représente à l’étranger, non pas parce que Tracy, un natif de Scarborough, aurait ainsi réalisé un triplé canadien et se serait propulsé encore davantage dans la plus haute sphère du classement (car oui, sement est lait de sphères).Je an Dion le clas- Non, c’est juste qu’un gagnant de l’écurie Player’s/Forsythe aurait permis d’écrire plein de fois le mot Player’s avant que la chose ne rende passible de prison.Personnellement, j’en aurais profité au max: Player’s par-ci, Player’s par-là, Player’s Player’s Player’s Player’s.Avouez que, perméables à l’évocation subliminale comme vous l’êtes, cela vous aurait incités à en fumer trois ou quatre paquets, et peut-être même à écrire à votre député pour lui r * dire de sauver notre Grand Prix.Comment, vous êtes imperméables à l’évocation subliminale?Ce n’est pas ce que dit Santé et Bien-être social Canada.A moins que ce ne soit juste vous, et pas les autres.Surtout les jeunes.Très influençables, les jeunes.Enfin, toujours est-il qu’on a eu droit à une journée tout à fait excitante, si on excepte le fait qu’à peu près la moitié de la course a été disputée au ralenti.Des incidents à la tonne, la plupart survenus dans le secteur du Casino — qui n’assistait pas, il convient de le rappeler, à ses premiers naufrages —, qui ont forcé l’agitation du drapeau jaune à plusieurs reprises et qui ont soulevé chez moi une question essentielle: VOIR PAGE A 8: INDY Autres informations en page B 5 Le monde étudiant lance un ultimatum à Charest Cégeps et universités redoutent un dégel des droits de scolarité et menacent de déclencher la grève ALEC CASTONG1JAY LE DEVOIR Pour les étudiants du Québec, la rentrée 2003 s’amorce sous le signe de la contestation.C’est aujourd’hui, devant le bureau montréalais du premier ministre Jean Charest, que sera lancée la grande mobilisation des regroupements étudiants, promettant au gouvernement un •automne chaud», voire •cauchemardesque».La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui représentent ensemble 225 000 élèves, lanceront ce matin un ultimatum à Jean Charest pour qu’il s’engage à plafonner les frais de toutes sortes qui augmentent dans les institutions post-secondaires chaque année et à maintenir sa promesse de laisser les droits de scolarité au même niveau pour toute la durée du mandat libéral.Les fédérations rendront publique une lettre adressée au premier ministre et demanderont que ce dernier réponde aux préoccupations des étudiants «avant une certaine date butoir», indique-t-on à la FEUQ.«Il est évident que, si l’ultimatum n'est pas entendu, les moyens de pressions vont suivre, explique Nicolas Brisson, président de la FEUQ, en entrevue au Devoir.Ça brasse pas mal dans les associations universitaires, et c'est sûr que la grève générale fait partie des actions envisagées.À partir du moment où il y a un “agenda caché " ou que le gouvernement veut revoir ses promesses, c’est sûr que nous allons faire sentir notre présence.» Les inquiétudes sont grandes dans le mouvement étudiant, alors que les griefs contre le gouvernement VOIR PAGE A 8: ÉTUDIANTS Manifestation chiite, hier, à Bakuba, au nord de Bagdad, contre l’occupant américain.Bremer redoute l’iniiltration massive de terroristes étrangers en Irak AGENCE FRANCE-PRESSE, REUTERS Bagdad — L’administrateur américain en Irak Paul Bremer a adressé une mise en garde hier contre l’infiltration de terroristes dans le pays où l’un des dirigeants chiites les plus importants a été la cible d’un attentat dans le sud alors que 48 heures d’affrontements entre Kurdes et Turcomans ont fait 13 morts dans le nord.La menace terroriste brandie par Paul Bremer avait déjà contraint le Comité international de la VOIR PAGE A 8: IRAK INDEX ¦n Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 5 Économie____B 1 Éditorial .A6 Idées.A 7 Météo.B 4 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Religions .B 6 Sports.B 4 Télévision.B 7 L’ENTREVUE La vie en pointillé «J'ai une conscience aiguë du caractère éphémère de toute chose», affirme Arlette Cousture En même temps que le roman Tout là-bas était publié simultanément chez Libre Expression et Albin Michel au printemps dernier, Arlette Cousture terminait L’Abandon de la mésange, troisième et dernier tome des Filles de Caleb qui paraîtra sous peu.Au mitan de la cinquantaine, l’auteure fait le point Être en vie est pour elle un privilège qu’elle se rappelle à chaque instant.y SOLANGE LÉVESQUE A six ans, Arlette Cousture savait déjà qu’elle allait écrire et raconter des histoires.«Je n’avais pas conscience, plus jeune, que les écrivains étudiés à l’école (Bazin, Sartre, Troyat.) étaient mes contemporains.Un jour, j'ai eu l'occasion de partager un repas avec Bazin; les écrivains sont des gens passionnants, j’aime leur univers et je suis contente d’y ap- partenir, sans toutefois m’associer à aucune chapelle.» Le plus difficile, pour elle, dans le fait d’écrire, c’est d’abord de.s’asseoir! «Petite, on me surnommait Girouette.Écrire, c’est puiser des ressources en soi-même, vaincre la procrastination et apprendre à se concentrer.Dans l’écriture, le cerveau est continuellement sollicité et la conscience doit rester en éveil.» Arlette Cousture est parfois mal à l’aise auprès des La secrète CIA recrute au grand jour CLAUDE LÉVESQUE LE DEVOIR Depuis deux ans, on a l’impression que les agents de renseignements et de contre-espionnage de l’Oncle Sam déballent beaucoup de.renseignements au grand jour.En tout cas, la plus connue des agences américaines œuvrant dans ce secteur qu’on dit secret la légendaire CIA est devenue l’une des plus visibles de toutes celles qui composent l’immense organigramme du gouvernement des Etats-Unis.Illustration récente de ce phénomène, on a vu apparaître, depuis quelques semaines, de grandes annonces dans la rubrique Carrières et professions de magazines comme The Economist.Elles ont pour but de recruter, tout bonnement, des candidats pour le •service clandestin» de la Direction des opérations de l’Agence centrale de renseignements.La CIA s’y adresse à «l'individu extraordinaire» possédant les qualités suivantes: «esprit d'aventure, intellect supérieur, fermeté d'esprit, intégrité personnelle, courage et amour de la patrie».À celui qu’intéresse ce qui est «possiblement le job le plus exigeant au monde».Ce n’est pas nouveau, mais «c’est plus fréquent depuis le 11 septembre 2001», reconnaît une porte-parole de la CIA.Mark Riebling, auteur d’un ouvrage sur les relations conflictuelles entre la CIA et le FBI, fait remarquer que les offres d’emploi publiées par la CIA sont plus «proéminentes» depuis la terrible attaque terroriste confre New York et Washington, mais il n’y voit pas non plus un phénomène nouveau.Il note que les candidatures à la CIA ont connu des hauts par le passé, même au milieu des années 70, alors que de graves accusations d'actes illégaux pesaient contre l’agence.Les messages de recrutement paraissent dans de nombreux journaux et magazines aux États-Unis et à l’étranger, précise le service des relations avec les médias de la CIA VOIR PAGE A 8: SECRÈTE VOIR PAGE A 8: COUSTURE JACQUES GRENIER LE DEVOIR L’écrivaine Arlette Cousture: «J’ai cessé d’être locataire de ma langue: j’en suis propriétaire, autant que les Français».» « René Pomerleau Services d’hébergement après le 1er septembre Le véritable père de la mycologie au Québec PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Le lapsus que nous avons commis dans un article publié le 12 août dernier en présentant J.André Fortin comme le «père» de la mycologie au Québec a remué la communauté des amateurs de champignons dont un grand nombre ont découvert leur passion grâce à René Pomerleau ou à ses écrits, qui sont devenus des références incontournables pour qui veut manger le produit de sa cueillette.Parallèlement à ses activités professionnelles de phytopathologiste au ministère provincial des Terres et Forêts, puis au Centre forestier des Laurentides, M.Pomerleau a créé les premiers cercles de mycologues qui ont depuis essaimé dans les principales villes du Québec.Il ne fait donc aucun doute que M.Pomerleau, qui fut lauréat d’un prix du Québec et promu membre de la Société royale du Canada est celui qui a éveillé les Québécois au plaisir de la chasse aux champignons sauvages.Le professeur J.André Fortin, qui avoue avoir été fortement inspiré dans sa jeunesse par René Pomerleau, est considéré par l’ensemble de la communauté scientifique actuelle comme le pionnier en Amérique du Nord de l’étude des mycorhizes, ces champignons qui vivent en symbiose avec une plante, voire comme une sommité internationale en la matière.M.Fortin a consacré près de 40 années de sa vie à la recherche sur les mycorhizes, dont plus de 24 à la faculté de foresterie et géomatique de l’Université Laval où il a fondé le Centre de recherche en biologie forestière, et sept au Jardin Botanique de Montréal où il fut directeur-fondateur de l’Institut de recherche en biologie végétale.Même si M.Fortin n'assume plus de fonctions universitaires depuis 1997, il continue de s’intéresser à la passion de sa vie.Il projette une expédition scientifique dans le Nord québécois dans le but d’y évaluer les quantités des différents champignons forestiers, de prédire la rentabilité d’une récolte commerciale et les impacts qu’elle aurait sur cette précieuse ressource.Notamment, le chercheur-mycologue tentera d’estimer l’abondance des matsutakes, ces champignons très prisés des Japonais.Dénommé Tricoloma magnivelare, les matsutakes appartiennent au genre des tricolomes, dont 25 espèces différentes croissent au Québec.Présents à l’ombre des pins gris, les matsutakes se retrouvent à l’occasion dans la vallée du Saint-Lau-rent, mais c’est surtout au nord du Lac-Saint-Jean qu’ils abondent en fin de saison estivale.Les amanites de César quant à elles s’associent aux hêtres et aux chênes, deux essences qui foisonnent dans la vallée du Saint-Laurent mais qui sont absentes des forêts nordiques, précise André Fortin.Du 29 août au 1er septembre prochain, on discutera allègrement de champignons à Saint-Augustin-de-Desmaures en banlieue de Québec.La North American Mycologi-cal Association (NAMA) y tiendra sa rencontre annuelle qui devrait rassembler près de 200 mycologues provenant d’une trentaine d’Etats américains.Organisé conjointement avec les Cercles des Mycologues de Québec et de Montréal, le programme de cette rencontre prévoit plusieurs excursions en forêt susceptibles d’intéresser de nombreux amateurs québécois, qui peuvent se joindre à l’événement.Pour de plus amples informations, ces derniers peuvent consulter l’adresse suivante: http://unvw.namyco.org/events/ Enquête sur la sécurité dans les aéroports L’attente des passagers est plus longue à Toronto DEAN BEEBY PRESSE CANADIENNE Halifax — Si vous prenez l’avion au Canada, sachez que l’endroit où vous attendrez le moins longtemps pour les vérifications de sécurité est l’aéroport de Halifax, alors que l’attente sera la plus longue à l’aéroport international Pearson de Toronto.Selon une nouvelle enquête, il vous faudra patienter en moyenne 1 min 10 s à Halifax avant d’embarquer sur l’avion alors qu’il vous en faudra 2 min 33 s à Pearson.Toronto détient aussi le record de l’attente la plus longue pour tous les aéroports du pays, soit 13 min 07 s.L’enquête qui a porté sur les six plus importants aéroports au pays, soit Vancouver, Edmonton, Calgary, Toronto, Montréal et Halifax, a été effectuée à la fin d’avril par l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA).L’agence a été créée à la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis avec pour mission de vérifier l’identité des passagers et leurs bagages dans les 89 aéroports du pays.Auparavant, les mesures de sécurité étaient la responsabilité des compagnies aériennes.Pour les fins de l’enquête, l’ACSTA a demandé à la firme In-tervistas Consulting d’interviewer quelque 30 000 passagers qui ont été soumis aux fouilles de bagages et aux différents détecteurs de métal, d’explosifs et à rayons X dans les plus importants sites aéroportuaires du pays.En général, les responsables de la sécurité dans les aéroports arrivaient à vérifier 76 passagers à l’heure.Avant les attentats terroristes du 11 septembre 2001 contre New York et Washington, entre 400 et 600 personnes à l’heure pouvaient passer dans les systèmes de sécurité.Enfin, le rapport signale que l'attente moyenne pour franchir le système de sécurité à Montréal était de 1 min 37 s, mais que cela pouvait prendre jusqu’à 6 min 58 s.LO I O cît il m :c: Résultats TVA, >c téseau des tuages Tirage du 2003-08-22 16 1S 25 30 31 3S 46 (13) Complémentaire: Ventes totales 16 009 238 $ F-ocl fin gros lot 10 000 000 $ Tirage du 2003-08-23 649 Q2Q613 2Z36 4Z Complémentaire: (01) Tirage du 2003-08-23 02 lâ 2£2Z 33 3Z (34) Complémentaire: tMs mil iiiM Jti- Tirage du 02 12 3Z 40 (S 14 17 40 & 30 33 44 EQtrd NUMÉRO 387248 Tirage du 2003-08-22 LOT 100 000$ 7/7 0 7 500 000,00 $ 6,7» 4 74 963,80 $ 6/7 101 2 597,70 $ 5/7 6 086 153,90 $ 4/7 128 159 10,00$ 3/7» 119 876 10,00$ 3,7 1 084 017 Participation gratuit© 6/6 4 LOTS 500 000,00 $ 5/6+ 1 472 429,00 $ 5/6 298 1 268,20 $ 4/6 13 692 52,90 $ 3/6 234 140 10,00 $ Vente; ; totales: 12 202 060 $ Prochain gros lot (appi ): 2 000 000 $ GAGNANTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ i 50 000.00$ 5/6 19 500,00$ 4/6 1 241 50,00$ 3/6 22 495 5,00$ Vente; 3 s totales 630 2t2 50 $ 57 877,19$ 82 304.88$ 76 328.95$ Egtra Tirage du 2003-08-23 NUMÉRO LOT 346698 100 000$ Ktp oftio nn» fWttisAcrtl nu v rao b's biHotf./rn**© « priont© Le $1 vqu* ciyez ,t problème' oe ' rai’Hini Seul Montréal se prévaudra du programme d’aide aux sans-logis CLAIRANDRÉE CAUCHY LE DEVOIR La Ville de Montréal se prévaudra du deuxième volet du programme d’aide aux sans-logis instauré par Québec, qui lui permettra d’offrir des services d’hébergement temporaire et d’entreposage des meubles après le 1er septembre.Pour l'instant, seule la métropole compte adhérer à la deuxième phase du programme.En dehors de la période de pointe du 1er juillet, la Ville reçoit chaque mois plus d’une trentaine de demandes d’aide de la part de locataires en difficulté.«L’an dernier, on recevait à mon bureau des appels de gens mal pris, mon conseiller politique s’en occupait, mais cela devenait presque une “job’’ à plein temps.On veut se donner un modus ope-randi pour ne pas toujours être pris à la dernière minute», explique le responsable de l’Habitation à la Ville de Montréal, Michel Prescott.En vertu du programme, qui sera adopté ce soir au conseil municipal, la Ville se verra rembourser par Québec la moitié des dépenses encourues, jusqu’à concurrence de 898 000 $.Suppléments de loyer L’administration municipale s’inquiète cependant de ne plus pouvoir recourir aux suppléments au loyer, faute de ressources.A la fin de la semaine dernière, Montréal avait presque atteint les 900 subventions allouées par la SHQ et a dû refuser une quinzaine de nouvelles demandes d’aide.Déjà, plus de 300 ménages ayant en main une lettre attestant qu’ils sont admissibles au programme pourraient se voir refuser l’aide une fois leur bail signé.Sans les suppléments au loyer, il deviendra plus difficile de reloger les ménages, souligne Michel Prescott.«Ce sont la plupart du temps des gens qui ont des problèmes financiers, si on ne peut plus offrir de suppléments au loyer, cela risque de prolonger leur séjour en hébergement temporaire.On va tenter de faire la démonstration auprès du ministre que ce n’est pas un luxe de reconsidérer le gel des suppléments au loyer», fait valoir le conseiller municipal.À la Société d’habitation du Québec (SHQ), on souligne que l’enveloppe budgétaire est fermée et qu’il n’y aura pas plus de 1500 suppléments alloués à la grandeur du Québec.«Il s’agit certes d’une mesure facilitante, mais elle est très coûteuse.C'est de l’ordre de 250 $ par mois, à long terme», observe le président de la SHQ, Jacques Ga-riépy.D souligne que la Ville assumait l’an dernier l’ensemble du coût des mesures d’urgence en dehors de la période estivale, alors que Québec en paie maintenant la moitié.Pour l’heure, 1167 subventions ont été octroyées, mais plus de 1500 ménages ont été jugés admissibles au programme.«Nous faisons le bilan dans toutes les municipalités du Québec, et c’est certain que, s’il y a des disponibilités ailleurs, on va les offrir à Montréal», ajoute M.Gariépy.Le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRA-PRU) réclame lui aussi que des fonds supplémentaires soient injectés.«S’il n’y a plus de suppléments au loyer, c’est moins intéressant pour les villes d’adopter des programmes pour le reste de l'année», lait valoir la porte-parole, Lucie Poirier.Le FRAPRU compte d’ailleurs faire pression sur les municipalités pour qu’eUes viennent en aide aux ménages sans toit en dehors de la période estivale.Ailleurs au Québec La quasi-totalité des 23 municipalités qui ont eu recours au pro- gramme pendant l’été s’abstiennent d’y adhérer pour le reste de l’année.«Nous allons soutenir les gens au cas pas cas.S’il y en a une avalanche, il sera toujours temps de créer le programme», affirme le conseiller municipal responsable du dossier à la Ville de Québec, Claude Larose.A Châteauguay, on juge l’offre de Québec trop peu généreuse.«Le gouvernement nous demande de faire sa ’’job", en allant dans un créneau social, il faudrait qu’il nous donne les fonds suffisants pour le faire», souligne le responsable du logement, Paul Brunet, en précisant que la subvention de Québec pour les mesures d’urgence pendant l’été ne suffisait déjà pas à assumer la moitié des dépenses, comme prévu.Il est appuyé dans ses revendications par son collègue de Montréal.De son côté, Gatineau se prononcera sur la question au cours des prochains jours.Dans la région limitrophe de l’Ontario, la crise du logement sévit tout au long de l’année en raison de l’étalement des baux.L’an dernier, des groupes communautaires avaient eux-mêmes assumés les frais d’hébergement de familles sans logis.Du monde sur la Main JACQUES GRENIER LE DEVOIR corridor llip Ms «i K Br*’* LES MONTREALAIS, enfermés dans leur résidence une bonne partie de l’été par les changements d’humeur de Dame Nature, semblaient n ’attendre qu 'un rayon de soleil pour aller dévaliser les boutiques du centre-ville.Ce ne sont certainement pas les commerçants du boulevard Saint-Laurent qui s’en plaindront, eux qui couvraient les trottoirs de produits au rabais cette fin de semaine.Acheteurs et vendeurs ont donc profité des belles journées pour prendre l’air et échanger quelques dollars.Sur la Main, à la hauteur de l’avenue Prince-Arthur, la foule était nombreuse à déambuler entre les étalages hier midi.Bourse de journalisme AJIQ Le Devoir 2003 Vous ôtes journaliste indépendant?Vous aimeriez le devenir?Rwctacum*;! 2000$ pour réaliser une série de deux reportages (1200 mots ou six feuillets chacun) publiée dans Le Devoir.> Être membre de l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ); > Faire parvenir à l’adresse civique de l’AJIQ (1601, rue de Lorimier, Montréal, H2K 4M5) un curriculum vitae et trois articles déjà publiés; > Joindre un synopsis décrivant en 250 mots votre projet de reportage, qui sera soumis au jury du concours, avant le 17 octobre 2003.Pour en savoir plus, visitez le site Web de l'AJIQ : www.ajiq.qc.ca/bourse.html Ou écrivez à l'AJIQ : 1601, de Lorimier, Montréal (Qc) ajiqOcam.org LE DEVOIR Sondage Léger Marketing Le tiers des Canadiens sont insatisfaits du système d’éducation PRESSE CANADIENNE Près d’un Canadien sur trois (32 %) est insatisfait du système d’éducation dans sa province, ce qui représente une augmentation par rapport aux 26 % qui se disaient insatisfaits l’an dernier, selon un sondage réalisé par la firme Léger Marketing dont les résultats ont été transmis à la Presse Canadienne.Les Canadiens les moins satisfaits du système d’éducation se retrouvent en premier lieu en Colombie-Britannique, avec 39 %, suivie de l’Ontario, avec 37 %.Au Québec, 28 % des répondants se disent insatisfaits, alors que 66 % sont satisfaits et que 7 % sont indécis.Interrogés sur ce que devraient être les priorités du système d’éducation, 34 % des répondants ont dit souhaiter que les enseignants se préoccupent d’abord de l’épanouissement des enfants.Les Québécois sont ceux qui, dans la plus forte proportion (36 %), privilégient l’épanouissement des enfants.De plus, les parents canadiens souhaitent dans une proportion de 23 % que les enseignants soient attentifs au décrochage.L’échec scolaire est la priorité de 21 % des répondants, tandis que 14 % se disent d’abord préoccupés par l’utilisation des nouvelles technologies.Parmi les valeurs à transmettre aux élèves, on retrouve, dans l’ordre, le respect des autres (26 %), le goût d’apprendre (21 %), le sens des responsabilités (20 %), la rigueur au travail (11 %), la discipline (9 %), le développement d’un esprit éveillé et critique (5 %) et l’autonomie (4 %).Les coûts Les sondeurs ont en outre cherché à savoir combien devrait coûter la rentrée scolaire aux parents.Les ménages ayant un ou des enfants d’âge scolaire prévoient dépenser en moyenne 379 $ en matériel scolaire et 675 $ pour des vêtements.La moyenne prévue pour l’achat de matériel scolaire sera la plus élevée en Ontario (409 S) et la moins élevée dans les Prairies (314$).Quant à l’achat de vêtements, c’est dans les provinces de l’Atlantique (774 $) et en Ontario (772 §) que la moyenne prévue sera la plus élevée, tandis qu’elle sera la moins élevée en Alberta (538$).Au Québec, les parents prévoient dépenser 385 $ pour le matériel scolaire et 590 $ pour les vêtements.Le sondage a été réalisé auprès de 1500 Canadiens de 18 ans et plus entre le 5 et la 10 août.La marge d’erreur est de 2,5 %, 19 fois sur 20. LE DEVOIR.LE L 1 X l) I 1 5 A O V T 2 O O A 3 LE DEVOIR ACTUALITES Incendies de forêt en Colombie-Britannique Un répit qui pourrait être de comte durée Si 3000 résidants ont pu regagner leur foyer, il reste toujours 20 000 évacués ' ' .’.Vf ANDY CIARK REUTERS Cette petite église entourée de montagnes près de Kelowna, en Colombie-Britannique, donnait une image idyllique de la région pourtant toujours cernée par de multiples feux de foret.Les habitants de la région ont cependant connu un certain répit hier, mais qui pourrait être de courte durée.GENEVIÈVE OTIS-DIONN E LE DEVOIR Des températures plus fraîches et des vents faibles ont permis hier aux pompiers qui luttent contre les incendies de forêt qui font rage en Colombie-Britannique depuis plus d’un mois de souffler un peu, mais ce répit risque d’être de courte durée, car une tempête avec des vents violents et des éclairs est attendue ce soir dans la région de Kelowna.«// y a une tempête avec des vents forts, du tonnerre et des éclairs, qui se dirige vers nous [Kelowna] et qui devrait frapper la région lundi soir [ce soir].Ce qui n'est pas du tout de bonnes nouvelles», a déclaré hier en entretien téléphonique au Devoir la porte-parole du centre d’information sur les incendies de Kelowna, Carol Suhan.Environ 3000 résidants de la banlieue Nord de Kelowna ont toutefois pu retrouver leur demeure hier, mais devaient rester prêts à quitter les lieux en moins d’une heure si les feux devenaient plus menaçants.Il reste toujours 20 000 personnes évacuées, qui sont logées chez des amis, dans des hôtels, des églises ou des aré-nas de hockey, et 17 000 habitants étaient toujours en alerte d’évacuation hier après-midi.Le premier ministre Jean Chrétien s’est rendu hier à Kelowna et a survolé la région en compagnie du premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, pour constater l’état des dommages.«La dévastation est in- croyable», a déclaré M.Chrétien en conférence de presse hier.«Mais la solidarité entre les gens m’a impressionné», a-t-il ajouté, sans toutefois préciser de quelle façon le gouvernement fédéral allait venir en aide à la province.«Il y a des programmes pour ça, et nous ne sommes pas ici pour parler d’argent, mais pour lutter contre les feux», a affirmé M.Chrétien aux journalistes.Évacués inquiets Certains évacués craignent pour l’état de leur maison, car les autorités de la ville de Kelowna ont annoncé qu’un imposant mur de feu avait détruit 244 résidences.Le chef du service des incendies de la ville, Gerry Zimmerman, a indiqué en conférence de presse que des photos aériennes de la région devaient être présentées hier aux habi- tants de la ville pour qu’ils déterminent si leur maison a été touchée par les flammes.«Ce ne sera pas un moment facile, ni pour nous, ni pour les résidants», a déclaré M.Zimmerman.Trois pompiers se sont d’ailleurs fait ravir leur maison par les flammes, «mais il est impossible de les retenir et ils sont déjà retournés au front» pour lutter contre les feux, a affirmé le chef du service des incendies.Dans la nuit de samedi à dimanche, la situation s’est légèro ment calmée et aucune maison n’a été détruite depuis.«la- moral est revenu chez les pompiers, et ils ont pu se reposer un peu», a assuré M.Zimmerman.«Nous avons pu faire des progrès importants sur le flanc nord et l’incendie se poursuit vers l’est, vers des terrains boisés, loin des résidences», a précisé le responsable de l’information au Service des forêts de la Colombie-Britannique, Kevin Matula.«Nous sommes fatigués, mais nous n’allons pas démissionner, a-t-il ajouté.C'est notre métier, et nous allons continuer à travailler pour contenir ces incendies massif.» M.Matula a également remercié les autres provinces pour leur aide ainsi que l’armée canadienne, qui a déployé plus de HXX) soldats dans la région pour aider les pompiers de la région et faciliter l’évacuation des résidents.L’aide du Québec «Il y a peut-être moins de maisons qui brûlent, mais la forêt est toujours aussi sèche qu’elle était.Il y a 843feux actifs en Colombie-Britannique, dont 12 nouveaux depuis hier [samedi].Ce n’est pas parce que des évacués peuvent regagner leur maison que la situation n 'est pas moins critique qu'elle était», a précisé hier au Devoir l’officier de liaison de la Société de protection des forêts contre le feu du Québec (SOPFEU), Vincent Deniers, qui se trouve présentement en' Colombie-Britannique.la SOPFEU a dépêché il y a.plusieurs jours dans les régions.de Kelowna et Kamloops des effectifs et de l’équipement pour prêter main forte aux pompiers locaux.Ainsi,.4 fi sapeurs québécois sont sur place, cinq avions-citerne, plus de 200 moto pompes et, 110 asperseurs.Les sapeurs québécois travaillent principalement au sol et construisent des lignes d’arrêt pour tenter d’empêcher la propagation du feu.«Iss conditions de terrain sont particulières, avec des pentes très abruptes et beaucoup de combustible» pour nourrir les flammes, explique M.Demers.De plus «à cause de la topographie, l’accessibilité à l'eau est limitée.Comme c'est une géographie de montagnes, il y a très peu de criques et souvent elles sont dans le bas des vallées» alors que les feux, la plupart allumés par la foudre, se trouvent en hauteur dans les montagnes.Ces conditions font en sorte que le travail des pompiers est difficile.M.Demers a spécifié que la mission première de la SOPFEU était de protéger les forêts du Québec, mais «tant qu'on va pouvoir prêter nos ressources à la Colombie-Britannique sans mettre notre mission en péril, on va le faire».Il y a 843 feux actifs en Colombie-Britannique, dont 12 nouveaux depuis samedi Paul Martin atteint l’âge de la retraite Jean Chretien effectue un dernier voyage dans le Grand Nord Successeur présumé de Jean Chrétien S DAN RIEDI.HUBEK REUTERS Le député montréalais et ex-ministre des Finances Paul Martin fêtera son 65‘ anniversaire jeudi, à sa ferme des Cantons de l’Est.PRESSE CANADIENNE Iqaluit — Avant de tirer sa révérence, le premier ministre Jean Chrétien tenait à effectuer un nostalgique voyage d’adieu dans le Grand Nord pour rendre hommage aux gens qui ont joué un rôle déterminant dans sa carrière.«Je n’aurais pas voulu quitter la vie politique sans revenir dans le Nord», a dit M.Chrétien pendant son séjour sur la Terre de Baffin.Cependant, la relation de M.Chrétien avec le Nord et les Inuits a été aussi tumultueuse qu’appréciée.En tant que premier ministre, il a conduit plusieurs délégations de dignitaires à travers l’Arctique, y compris la reine Elizabeth II l’année dernière et le président français Jacques Chirac en 1999.Il a adopté un enfant inuit de 18 mois, nommé Michel, qui est devenu une source de joie familiale.Mais M.Chrétien a aussi souffert du combat de Michel contre l’alcoolisme et la toxicomanie ainsi que de ses démêlés avec la justice.La carrière politique du jeune Jean Chrétien a pris son envol alors qu’il était ministre des Affaires indiennes et du Nord, au sein du gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau.M.Chrétien a avoué avoir accepté ce poste en 1968 pour réaliser ses ambitions politiques.AGENCE FRANCE-PRESSE Genève — Le Conseil général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a rendu public hier soir, après avoir travaillé tout le week-end, un projet révisé de déclaration en vue de la conférence ministérielle de l’organisation qui se tiendra dans deux semaines à Cancùn (Mexique).Ce texte de 21 pages, très attendu, couvre les domaines clés des négociations commerciales du cycle de Doha, ainsi nommées parce que le processus a été lancé en 2001 lors d’une réunion à Doha (Qatar).Le document comporte en particulier des propositions de décisions dans les domaines de l’agri- L’héritage de Chrétien Toutefois, la relation du premier ministre Chrétien avec les autochtones du pays s’est détériorée l’année suivante avec la publication du fameux Livre blanc sur le système des réserves du Sud, qu’il proposait de remplacer par des structures s’apparentant aux municipalités.Ce projet, largement contesté, a été mis en suspens après une marche sans précédent à Ottawa organisée par ses opposants.L’actuel projet de Loi sur la gouvernance des Premières Nations, une version moderne du Livre blanc de 1969, a également provoqué la colère des autochtones, qui s’estiment lésés dans leurs droits constitutionnels.M.Chrétien semblait avoir oublié cette agitation lorsqu’il s’est adressé aux villageois de Pangnir-tung, un village situé à 500 kilomètres au nord-est d’Iqaluit.Il s’est également rendu à Iqaluit samedi pour inaugurer le nouveau parc national Ukkusiksalik en compagnie de dirigeants inuits, y compris le premier ministre du Nunavut, Paul Okalik.Mais l’héritage que Jean Chrétien laisse aux Inuits n’est pas apprécié de tous.De nombreux résidants du Nunavut lui rendent grâce pour la création de parcs nationaux et l’augmentation du tourisme, alors que d’autres lui reprochent d’avoir failli à sa promesse de créer des emplois.culture et de l’accès des produits industriels aux marchés.Le projet révisé de déclaration pi opose des cadres, le plus souvent non chiffrés, qui seront soumis à l’approbation des ministres des 146 pays membres de l’OMC lors de la conférence de Cancùn, du 10 au 14 septembre.Des blocages de la part de certains pays et un grand nombre de nouvelles propositions ont retardé la publication du projet de déclaration, initialement prévue pour vendredi.Les diplomates ont patiemment attendu, jusque dans la soirée d’hier, la publication du document afin que les négociateurs puissent le passer en revue avant de se rencontrer aujourd’hui pour faire connaître leurs réactions.BRUCE CHEADLE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Paul Martin, le grand favori pour succéder à Jean Chrétien, atteint l’âge de la retraite cette semaine, alors que le «job» de sa vie l’attend vraisemblablement cet automne.Le député montréalais et ex-ministre des Finances aura 65 ans jeudi.L’occasion sera soulignée par une petite réunion familiale à sa ferme des Cantons de l’Est Selon son porte-parole, Scott Reid, M.Martin ne considère pas son anniversaire comme un événement marquant.Celui qui est pressenti pour succéder au premier ministre Chrétien au congrès à l’investiture du Parti libéral, en novembre, a jusqu’à présent échappé aux fréquentes allusions d’ordre gériatrique auxquelles a eu droit son patron, qui n’a pourtant que quatre ans de plus que M.Martin.Il est vrai que l’ex-vice-premier ministre John Manley, âgé de 53 ans, a tenté une — courte — campagne au leadership, ce printemps, sur le thème du changement de génération.Et l’ex-pre-mier ministre conservateur Brian Mulroney, qui a quitté la politique il y a dix ans, a lancé en plaisantant, en juin, qu’il envisageait de faire un retour pour se mesurer aux Martin et Chrétien.M.Mul- PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les fiduciaires qui géraient la caisse de retraite de la compagnie de transport par autocar Voyageur Colonial, appartenant à Paul Martin, auraient fait pression sur le gouvernement fédéral pour que soit modifié un rapport sur les difficultés de cette caisse en 1997, selon le Ottawa Citizen.Ils auraient même suggéré de déchiqueter une partie du document pour éviter qu’il ne soit divulgué publiquement écrit le Citizen dans une dépêche parue hier.Des membres de la caisse de retraite ont subi un manque à gagner de 30 % de leurs prestations après l’achat par Greyhound Canada des activités de transport par autocar de Voyageur, qui était alors détenue pour moitié par M.Martin, à ce moment ministre des Finances.La mauvaise gestion al- roney, qui a eu 64 ans en mars, avait alors dit que son slogan de campagne serait: «Donnez une chance aux jeunes!» Mais jusqu’à présent, M.Mar- léguée des fiduciaires fait l’objet d’une poursuite en recours collectif intentée par les retraités mécontents, en Cour supérieure de l’Ontario.Les problèmes de la caisse de retraite de Voyageur ont fait l’objet d’une enquête du Bureau du sur-intendant des institutions financières, un service qui relève du ministère des Finances.Des documents dont l’Alliance canadienne a obtenu copie montrent que les administrateurs du régime de retraite de Voyageur ont tenté de persuader les représentants du BvSIF d’éliminer les conclusions peu favorables d’un rapport indépendant sur les carences du régime.Lors d’une rencontre avec le BSIF, en décembre 1998, les administrateurs ont fait valoir que le résumé du rapport de la firme Pri- tin ne s’est pas senti obligé de se livrer à des démonstrations ostentatoires de vigueur juvénile, comme aimait à le faire Jean Chrétien.Les adjoints du premier mi- ceWaterhouseCoopers montrait un parti pris contre eux et devrait être modifié ou éliminé.Bien que le BSIF eut refusé de retirer le résumé du rapport, des représentants ont demandé à PriceWate-rhouse de modifier le document, ce qui, selon des courriels internes du BSIF, a été fait.Prestations réduites En se basant sur les conclusions du rapport, le Surintendant des institutions financières a décidé de ne prendre aucune mesure pour corriger les lacunes du régime de retraite de Voyageur, ce qui a obligé 146 retraités à se contenter de prestations réduites.Des pièces de correspondance interne montrent que le BSIF était au courant du caractère politiquement «sensible» des revers du régime de Voyageur, qu’il a qualifiée nistre s’étaient arrangés pour faire savoir que M.Chrétien avait essayé le surf des neiges pour la première fois de sa vie la veille de son 65r anniversaire, en 1999.EL le premier ministre avait souligné’ le jour même de sa fête, au travail, en mettant un journaliste au défi.de grimper au pas de course l’es-| calier de pierre de la Chambre des communes.M.Martin sera certainement le plus âgé des leaders fédéraux.Gilles Duceppe, du Bloc québé-, cois, a 56 ans, Stephen Harper,; de l’Alliance canadienne, en a 44, Jack Layton, du Nouveau Parti démocratique, est âgé de 53 ans, et le leader conservateur Peter MacKay aura à peine 38 ans le mois prochain.Mais les observateurs estiment que l’âge a ses avantages.On devient un peu «le vieil oncle sage» de la politique.«Les gens respectent les connaissances et l’expérience, commente David Taras, politologue de l’Université de Calgary.S'il avait 75 ans, ce serait une autre histoire.» David Docherty, de l’université Wilfrid laurier à Waterloo, en Ontario, a observé, «chose intéressante», que les gens de M.Martin, qui ont soulevé la question de l’âge de M.Chrétien, sont maintenant muets.«M.Martin s'en est tiré sans grand questionnement à propos de son âge.» de «première défaillance d'un régime de retraite sous supervision fédérale impliquant des pertes significatives pour des particuliers».L’agence a préparé des notes spéciales d’information relatives au dossier de Voyageur, de manière à pouvoir y avoir accès «à la demande de certains députés».À cette époque, la famille de Paul Martin détenait 50 % des intérêts de Voyageur par l’intermédiaire du holding CSL Equity Investments.Mais son bureau avance que M.Martin n’a jamais été en conflit d’intérêts, parce qu’il avait délégué les responsabilités relatives au BSIF à son secrétaire d’Etat aux institutions financières.Un porte-parole de l’équipe chargée de la campagne de M.Martin pour le leadership libéral a affirmé que M.Martin n’a pas été impliqué dans ce dossier.Réunion de Cancùn L’OMC publie un projet de déclaration révisé Caisse de retraite de Voyageur Colonial Une compagnie propriété de Paul Martin aurait fait pression sur le fédéral 9 \ r Hécatombe due à la canicule Église américaine La France est confrontée des victimes.et des JANA MIKOSKA AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — Les autorités françaises sont confrontées à un double problème à la suite de l’hécatombe provoquée par la récente canicule: la gestion des victimes, dont le nombre pourrait atteindre 10 000 selon les chiffres non confirmés, et celle des rescapés, essentiellement des personnes âgées.Tandis que continuait la valse des estimations du nombre de morts liées à la vague de chaleur qui s’est abattue sur l’Europe dans la première moitié d’août, le premier ministre Jean-Pierre Raffarin a dit samedi sa •profonde colère» de ne pas obtenir de «chiffres fiables» devant des bilans «contradictoires».La projection des pompes funèbres, de 10 400 victimes, a été contestée par le ministère de l’Intérieur, pour qui le nombre de décès est inférieur à 10 000.Le président de la Croix-Rouge française, Marc Gentilini, a pour sa part estimé samedi que le chiffre de plus de 10 000 victimes a été avancé 4rop vite» et qu’il a peut-être été «surestimé».«Je pense que tout le monde a parlé trop vite.Il faut qu’il y ait une analyse rationnelle des morts.J’espère de tout cœur que le chiffre aura été surestimé», a-t-il dit.M.Raffarin a rappelé qu’il avait chargé le ministre de la Santé Jean-F'rançois Mattéi de mettre sur pied une mission d’évaluation, dont les conclu- sion devaient être rendues dans un délai maximum d’un mois.Pauvres fossoyeurs! En attendant, les pompes funèbres ont du mal à faire face au surcroît d’enterrements, surtout dans la région parisienne, la plus touchée.Les fossoyeurs du grand cimetière parisien de Thiais, au sud de la capitale, ont accepté d’inhumer, à titre exceptionnel, dimanche prochain 31 août La préfecture de police de Paris a porté de 6 à 10 jours les délais d’inhumation et de crémation, en raison du nombre important de dépouilles.La morgqe improvisée depuis le 15 août dans un entrepôt frigorifique du marché de gros de Rungis, au sud de la capitale, devrait encore fonctionner trois semaines.Neuf camions réfrigérés où reposent une centaine de corps provenant de morgues de la région parisienne saturées, ont été parqués hier à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne.Mais un autre problème se pose aux autorités.À Paris, les familles de plusieurs centaines de victimes ne se sont pas encore manifestées pour réclamer les corps, a indiqué samedi le secrétaire général de la Ville de Paris, Pierre Guinot Delery.La ville a mis en place une cellule pour tenter de contacter les proches, selon M.Guinot Delery qui a à la gestion rescapés formellement démenti toute idée de «fosse commune».En cas d’inhumation, «les sépultures seront individuelles» et les personnes «identifiables» par la suite, | a-t-il assuré.Une quarantaine de corps non réclamés ont d’ores et déjà été inhumés samedi au cimetière de Thiais.Les dépouilles étaient toutes identifiées et provenaient de l’institut médico-légal.Elles ont été inhumées dans la section réservée aux corps non demandés et aux marginaux.Les rescapés Reste par ailleurs le devenir des rescapés de la canicule encore hospitalisés, dont certains, «en phase critique de réhydratation» risquent de décéder dans les semaines à venir «malgré les soins», a expliqué à l’AFP David Causse de la Fédération hospitalière de France (FHF).Chez d’autres personnes âgées, les séquelles du coup de chaleur se traduiront par une aggravation de leur dépendance, tandis que se sera vérifiée la difficulté des personnes isolées à vivrç seules.M.Raffarin et le secrétariat d’Etat aux personnes âgées Hubert Falco recevront demain tous les professionnels des maisons de retraite et de l’aide à domicile pour «faire le point et poser les bases des améliorations à apporter à la prise en charge des personnes âgées».Au nom de l’antiterrorisme / Les Etats-Unis durcissent les conditions d’entrée sur leur territoire pour les étrangers JEAN-LOUIS SANTINI AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Longtemps terre d’accueil par excellence, les Etats-Unis ont décidé de renforcer considérablement les conditions d’entrée sur leur territoire pour les étrangers, au nom de la guerre contre le terrorisme lancée au lendemain des attentats de 2001.«Nous avons découvert après le 11 septembre 2001 que les responsables des attentats ont pu aisément profiter de notre système de visas pour entrer aux États-Unis et y mener leur mission meurtrière», explique la séna-trice démocrate Dianne Feinstein, co-auteur d’une loi de 2002 sur le renforcement de la sécurité des fron-jières et la réforme du système des visas.; Les 19 pirates de l'air étaient tous étrangers, dont 15 .Saoudiens, et étaient entrés en Amérique avec des visas de touriste ou d’étudiant.Chaque année, plus de 500 000 étrangers entrent aux Etats-Unis avec des visas d’étudiants.Pour détecter des terroristes présumés et les empêcher de se fondre dans la population, de nouvelles mesures vont imposer un visa pour certains ou rendre plus compliquée son obtention pour d’autres, dans les quelque 200 consulats des Etats-Unis ainsi que dans les ports et aéroports américains, i À compter du 1er octobre, les 23 millions de visi-teurç annuels issus des 27 pays ayant un accord avec les Etats-Unis permettant un séjour de trois mois sans visa devront disposer d’un passeport récent comprenant un codebarre.À défaut, le visiteur devra présenter un visa, le payer (environ 90 euros en Europe, soit 140 dollars) et se plier à une bureaucratie tatillonne qui lui imposera de remplir un dossier et de passer un entretien avec un agent consulaire américain.Par ces mesures, l’administration américaine veut réduire la circulation de faux documents.Washington estime que 100 (XX) passeports vierges ont été volés au cours des dernières années dans les 27 pays avec lesquels il a un accord.À partir du 1er janvier 2004, les autorités américaines prendront en outre les empreintes digitales et la photographie d’un grand nombre d’étrangers munis d,e visas de touriste ou d’étudiant à leur arrivée aux Etats-Unis.Dix millions de personnes touchées Quelque dix millions de personnes devraient être touchées par ce système, baptisé «Visit» (Visitor and Immigration Status Indication Technology System), qui devrait aussi permettre aux services d’immigration de lutter contre les millions de visiteurs qui outrepassent leur droit de séjour.Jusqu’à quatre millions de personnes entrées légalement aux Etats-Unis y sont restées après l’expiration de leur visa, estimaient fin 2001 les services de l'immigration tout en admettant en avoir perdu la trace.Parmi les autres décisions, il est fait obligation depuis début août aux étrangers non issus des 27 pays ayant un accord bilatéral, avec Washington et ne faisant que passer par les États-Unis d'avoir un visa de transit.Pour Susan Martin, professeur à l’Université Georgetown, l'ensemble de ces mesures ne présente aucune garantie à 100 % d’éviter l'entrée de terroristes sur le sol américain.Les États-Unis ont quelque 9000 kilomètres de frontières avec le Mexique et le Canada que traversent chaque année 500 millions de personnes, relève-t-elle.Imposer des contrôles trop stricts influerait sur le commerce et l’économie des trois pays, liés par mi accord de libre échange, note-t-elle.A court tenue, les nouvelles mesures américaines devraient avoir pour premières conséquences de raréfier les voyages aux États-Unis décidés au dernier moment et de peut-être détourner les touristes sur d’autres destinations.EN BREF Affaire Kazemi : décision attendue (AFP) — Le magistrat qui enquête sur la mort controversée d'une journaliste iranocanadienne durant sa détention rendra ses conclusions dans les 48 heures, a indiqué hier selon Isna le chef du parquet criminel auquel appartient le juge.Javad Ismaeli «rendra ses conclusùms sur cette affaire dans les prochaines 48 heures», a déclaré Jafar Reshadati, cité par l'agence estudiantine.Zahra Kazemi est morte le 10 juillet, 17 jours après avoir été arrêtée alors qu’elle prenait des photos de famille de détenus devant la principale prison de Téhéran.Une vieille tradition revit i DANILO KRSTANOVIC REUTERS Plusieurs milliers de personnes ont assisté hier à une soixantaine de plongeons du haut du Vieux pont de Mostar pour marquer la pose de la clef de voûte de cet ouvrage du XVI' siècle détruit par les Croates pendant la guerre (1992-1995).La Bosnie fête la reconstruction du Vieux Pont de Mostar AGENCE FRANCE-PRESSE Mostar (Bosnie-Herzégovine) — Plus de 60 plongeurs ont sauté hier du Vieux Pont de Mostar dans les eaux de la Neretva pour marquer la pose de la clef de voûte de cet ouvrage du XVF siècle détruit par les Croates pendant la guerre (1992-1995), a rapporté un journaliste de l’AFP Les 63 plongeurs sont venus de tous les coins de la Bosnie mais aussi de la Serbie et du Monténégro (12), a indiqué le Club des plongeurs de Mostar (CPM).La hauteur du pont est de 20 mètres par rapport au niveau de la rivière.Parmi les téméraires figurait également un soldat français de la Force de stabilisation de l’Otan (Sfor), selon les organisateurs.Plusieurs milliers de personnes ont assisté à cet événement à Mostar, ville toujours divisée huit ans après la guerre, entre les communautés croate et musulmane qui peuplent les deux rives de la Neretva, enjambée par le Vieux Pont.Le Haut Représentant de la communauté internationale en Bosnie, Paddy Ashdown, était également présent.Au début de la guerre de Bosnie, les forces croates et musulmanes ont combattu ensemble l’armée serbe de Bosnie mais en 1993 un conflit long de onze mois a éclaté entre les anciens alliés.Les belligérants se sont ensuite réconciliés notam- ment sous la pression de la communauté internationale.Avant sa destruction par les forces croates en novembre 1993, sauter du haut du Vieux Pont (Start Most) était l’une des passions des amateurs de sensations fortes.Hier, le premier plongeur, Dzevat Pasic, 33 ans, un Musulman originaire de Mostar, a effectué ; le 43?saut comptabilisé par le CPM.La reconstruction du pont est entrée dans sa phase finale vendredi avec la pose de la clef de voûte de cet ouvrage.Les travaux devraient s’achever d'ici à la fin 2003, mais le Vieux Pont ne devrait pas être ouvert à la circulation avant le printemps 2004, selon l'équipe chargée de sa reconstruction.Le Vieux Pont de Mostar avait été construit en 1566 par Mimar Hajrudin, un élève du fameux architecte Sinan, père de l'architecture ottomane classique, héritage de la tradition byzantine.Le pont, une arche en dos d’âne, avait une ouverture de 27 mètres, quatre mètres de largeur et 30 mètres de longueur.Il était flanqué de deux tours fortifiées, la Tour Halebija (rive droite) et la Tour Tara (rive gauche), toutes les deux datant du XVII' siècle.Stari Most est classé sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, organisation dont les experts supervisent les travaux de reconstruction, d’un montant d’environ 27 millions de dollars canadiens.Le Vieux Pont ne devrait pas être ouvert à la circulation avant le printemps 2004 TOM LANDERS REUTERS L’ancien prêtre John Geoghan a été étranglé en prison samedi par un codétenu.Le prêtre au centre du scandale de pédophilie assassiné en prison ASSOCIATED PRESS Boston — L’ancien prêtre John Geoghan, au centre du scandale de pédophilie qui avait ébranlé l’ar-chidiocèse de Boston et l'ensemble de l’Église catholique américaine début 2002, est mort samedi en prison après avoir été agressé par un codétenu.D'après les premiers éléments de l’enquête, John Geoghan, 68 ans, a été étranglé, a déclaré John Conte, procureur du district de Worcester.Une autopsie sera pratiquée aujourd’hui.John Geoghan a été attaqué peu avant midi et est décédé vers 13h20 après son transfert à l’hôpital.Son agresseur est un détenu âgé de 37 ans, Joseph Druce, condamné en 1989 à la réclusion à perpétuité pour meurtre et vol à main armée.Il a été placé en isolement et sera poursuivi pour le meurtre de l’ancien prêtre.L’agression s’est produite au centre pénitentiaire Sou-za-Baranowski, à une cinquantaine de kilomètres de Boston.John Geoghan était détenu à l’écart de la plupart des prisonniers mais n'était pas en isolement.Il était au centre d’un scandale dont les répercussions avaient largement dépassé les frontières américaines.L’affaire avait éclatç début 2002 avec des révélations selon lesquelles l’Église avait laissé le père Geoghan passer de paroisse en paroisse en dépit d’avertissements concernant son comportement.L’affaire avait éclaté avec la publication de dossiers de l’archidiocèse prouvant les déviances pédophiles de dizaines de prêtres, transférés dans d’autres paroisses lorsque des allégations se faisaient jour.John Geoghan avait notamment été reconnu coupable en janvier 2002 d'attentat à la pudeur et d’agression sexuelle sur un enfant de dix ans.Il avait été condamné à neuf ans d'emprisonnement.Plus de 130 personnes ont porté plainte au civil contre le prêtre pour sévices sexuels qu'elles auraient subis durant leur enfance, au cours des trois décennies qu’il avait passé dans diverses diocèses de la région de Boston.En septembre 2002, l’archidiocèse était parvenu à s’entendre avec 86 victimes de John Geoghan sur une indenmité de 10 millions de dollars.Mitchell Garabedian, avocat de plusieurs familles de victimes, s’est déclaré «surpris et choqué» par la mort de l’ancien prêtre.«Beaucoup de mes clients auraient préféré voir le père Geoghan purger sa peine en prison et endurer les rigueurs d’autres procès, afin que ses actes pédophiles soient davantage connus», a-t-il dit.Le père Christopher Coyne, porte-parole de l’ar-chidiocèse, a pour sa part offert ses prières à la famille du défunt.«Après la mort tragique de John Geoghan, l'archi-diocèse de Boston prie pour le repos de son âme et adresse ses prières de consolation à sa sœur bien aimée Kathy », a-t-il indiqué.Plus de 130 personnes ont porté plainte au civil contre le prêtre pour sévices sexuels ÉTATS-UNIS Le taux de crimes violents a baissé de 50 % en dix ans ASSOCIATED PRESS Washington — Les crimes violents et les vols ont atteint en 2002 leur niveau le plus bas depuis que les statistiques ont commencé à être compilées en 1973.Sur la dernière décennie, cette baisse est même de 50 %, annonçait hier le ministère américain de la Justice.Ces chiffres annuels publiés par le bureau des statistiques du ministère recensent 23 millions de personnes victimes d’un crime l’an dernier, soit un peu moins qu’en 2001 et bien loin des 44 millions signalés en 1973.Le taux de crimes violents (viols, vols et agressions) était de 23 victimes pour mille habitants âgés de 12 ans ou plus en 2002.Ce taux était de 25/1000 en 2001 et de 50/1000 en 1993.Pour les vols de biens comme les cambriolages et les vols de voiture, le taux était de 159/1000 l’an dernier contre 167/1000 en 2001 et 319/1000 en 1993.Absents de la catégorie des crimes violents, les meurtres font l'objet d'une catégorie à part.Selon des résultats préliminaires du F'Bl pour 2002, parus en juin dernier, la hausse par rapport à 2001 n’a été que de 0,8 %. LE DEVOIR.LE LUNDI 25 AOÛT 2 O O H A 5 LE DEVOIR LE MONDE EN BREF Bush en chute libre Washington (AP) — Pour la première fois, le nombre d'électeurs américains inscrits ne souhaitant pas un second mandat de George W.Bush, 49 %, dépasse celui des électeurs favorables à une réélection du président 44 %, selon un sondage paru samedi dans l'hebdomadaire Newsweek.En avril, 52 % déclaraient souhaiter que le président américain effectue un nouveau mandat contre 38 % d’opinions contraires.Ce sondage a été réalisé par linstitut Princeton Survey auprès d’un échantillon de 1011 adultes âgés de 18 ans et plus, interrogés par téléphone les 21 et 22 août La marge d’erreur est de trois points Affrontements au Liberia Monrovia (Reuters) — Le gouvernement du Liberia a accusé hier les rebelles d’avoir lancé une nouvelle offensive et des hélicoptères américains se préparaient à une mission hors de Monrovia, la capitale, pour aider la force ouest-africaine de paix à entrer dans des zones tenues par les insurgés.Des milliers de civils ont fui samedi de nouveaux combats signalés près de la deuxième ville du pays, Buchanan, moins d’une semaine après la signature par les belligérants d’un accord de paix censé mettre fin à 14 ans d’effusions de sang.Le ministre de la Défense Daniel Chea a accusé hier le principal mouvement rebelle, les libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (Lurd), d’avoir attaqué des positions gouvernementales près de la ville de Gbarnga, à 160 km environ au nord-ouest de Monrovia.Il a précisé que les combats se concentraient autour d’un pont qui franchit la rivière St John sur la principale route reliant Gbarnga à Ganta, villes distantes de 60 km.«Le Lurd est tancé dans une sérieuse offensive à Gbarnga.En fiait, ils sont à mi-chemin entre Gbarnga et Ganta.J’ai été en contact avec mon commandant sur place ce matin à 6h30 [GMT] et il m’a dit qu’ils faisaient usage de mortiers et de pièces d’artillerie, Us progressent régulièrement en direction de Ganta», a dit Chea.Sept morts en Colombie Bogota (AFP) — Sept personnes ont été tuées et 38 autres blessées hier par l’explosion d’une bombe dans la localité de Puerto Rico, dans le département de Meta (centre de la Colombie), selon un nouveau bilan de l’administration locale.Auparavant un responsable du gouvernement provincial avait fait état de six morts et 28 blessés, précisant que deux enfants figuraient parmi les personnes tuées dans l’explosion et que dix des blessés étaient dans un état grave.L’armée avait auparavant attribué l’attentat aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).La bombe a explosé vers lOh heure locale (15h GMT).Elle était transportée par une femme à bord d’un bateau qui venait de traverser le rio Ariari et d’accoster à Puerto Rico, selon un responsable militaire, le général Luis Eduardo Barboza.«Une embarcation avec 56 personnes qui traversait le fleuve est arrivé au port.Alors que [les passagers] étaient en train de descendre, une femme transportait une caisse qui a explosé», a déclaré le responsable militaire.Schrôder, encore?Berlin (Reuters) — Le chef du groupe social-démocrate au Bundestag s’est déclaré convaincu hier que le chancelier allemand Gerhard Schrôder serait candidat à un troisième mandat en 2006.Bien qu’il ait déclaré avant d’entrer en fonctions qu’il n’irait pas au-delà de deux mandats, Schrôder a depuis lors laissé entendre plusieurs fois qu’il pourrait se représenter.«Gerhard Schrôder, naturellement — c’est ce que je présume», a répondu Franz Müntefe-ring au journal Bild am Sonntag qui lui demandait qui conduirait le Parti social-démocrate (SPD) aux prochaines élections.«Et ü restera chancelier parce qu’il remportera les élections», a ajouté Müntefering, ancien adjoint de Schrôder à la tête du SPD.M.Schrôder, 59 ans, a déclaré début août avoir pris une décision quant aux prochaines élections, mais en ajoutant qu’il ne ferait aucune déclaration à ce sujet avant «le bon moment».Le chancelier, réélu l’an dernier, avait exprimé ensuite le souhait d’être à nouveau candidat En janvier, Schrôder avait dit ne pas envisager de rester aussi longtemps au pouvoir que son prédécesseur chrétiendémocrate Helmut Kohl, sans toutefois exclure de briguer un troisième mandat Kohl, chancelier pendant seize ans, a rempli quatre mandats avant d’être battu par Schrôder en 1998.Le secrétaire général du SPD Olaf Scholz a déclaré l’an dernier avoir la certitude que Schrôder se représenterait Pas d’accord avec Tripoli Paris (Reuters) — Les représentants des familles des victimes de l’attentat du DC 10 d'UTA sont rentrés de Libye hier sans être parvenus à un accord avec Tripoli sur les indemnités complémentaires qu'ils réclament «Il n’y a pas eu d’avancée», a déclaré à Reuters Guillaume Denoix de Saint Marc, président du collectif des familles des victimes, de retour à Paris.D n'a pas précisé si un autre contact était prévu avec Tripoli.La délégation s’était rendue jeudi en Libye en demandant que leurs indemnités soient revalorisées à l’aune de celles promises par Tripoli pour l’attentat de Lockerbie.La Grande-Bretagne a obtenu la promesse d’une compensation de 2,7 milliards de dollars pour les familles des 270 victimes de l’explosion d’uq Boeing 747 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Ecosse) en 1988.La France a obtenu 34 millions de dollars pour les familles des 170 victimes du DC 10 d'UTA, qui avait explosé en plein vol au-dessus du désert du Ténéré, au Niger, en septembre 1989.Londres a accepté de reporter à la semaine prochaine le vote du Conseil de sécurité de l’ONU sur la levée des sanctions contre la Libye pour donner à la France, qui a menacé d’opposer son veto, le temps d’obtenir de Tripoli une meilleure indemnisation des victimes du DC 10.Les représentants des familles du DC 10 d'UTA ont présenté leur dossier aux responsables de la Fondation Kadhafi, dirigé par le fils du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, Seif aUslam.De source proche des discussions, on a indiqué à Reuters que la Libye comprenait la demande des familles françaises mais la trouvait trop elevée.«Les négociations ont échoué», a-t-on dit de même source.«La raison en est le montant exagéré demandé par les familles.Elles voulaient l'équivalent des indemnités versées pour l'accident du Concorde.» La « feuille de route » mise à mal tous les jours w Israël tue quatre activistes du Hamas «Trois missiles ont touché directement les hommes» REUTERS Gaza — Un hélicoptère israélien a tué hier à Gaza quatre membres des Brigades al-Kassam, la branche armée du Hamas, a-t-on appris à l'hôpital et auprès de responsables du Hamas.L’un d’entre eux, Ahmed Chtewe, âgé de 24 ans, était un responsable important des Brigades, qui ont mené une campagne d’attentats suicide en Israël.Un témoin a dit à Reuters que les hommes marchaient près d’une plage dans la ville de Gaza lorsqu'ils ont été touchés.«Les quatre hommes étaient assis sur une hauteur surplombant la plage.Ils se sont levés et se préparaient à traverser la rue lorsque les hélicoptères ont tiré quatre missiles.Trois missiles ont touché directement les hommes et un quatrième est tombé derrière eux», a rapporté le témoin.Des centaines de personnes, parmi lesquels des représentants de groupes d’activistes, se sont rassemblées à l’hôpital Chifa dans l’espoir d’identifier les corps déchiquetés par les missiles.Quelques heures auparavant, le général Moshe Yaalon, chef de l’année israélienne, avait averti qu’Israël traquerait les dirigeants du Hamas si les forces palestiniennes ne le faisaient pas.«Tous les activistes du Hamas sont des cibles potentielles; et de notre point de vue, tous les membres de l’organisation font partie du noyau radical», a dit le général israélien.«Si nous voyons que l’Autorité palestinienne ne s'occupe pas de ce noyau, nous serons forcés de le foire.» Le Hamas et d’autres groupes d’activistes ont promis de mener des opérations de représailles après l’assassinat, jeudi dans la Bande de Gaza, d’un haut responsable du Hamas, Ismail Abou Chanab, tué par un hélicoptère israélien.Cet assassinat ciblé constituait lui-même une riposte à un attentat dans un bus de Jérusalem qui avait tué 21 personnes mardi.Il a incité le Hamas et d’autres activistes à proclamer la fin d’une trêve unilatérale annoncée sept semaines auparavant Des responsables de la sécurité palestiniennes ont commencé à boucher des tunnels qui servaient à fai- re venir des armes d’Égypte dans la Bande de Gaza et ils ont ordonné hier à leurs organisations d’empêcher les activistes de tirer des roquettes et des obus de mortier sur Israël.Cependant, les autorités israéliennes ont jugé ces mesures superficielles.Un responsable a dit quelles étaient «insuffisantes» et venaient «trop tard», a rapporté la télévision israélienne.la' ministre palestinien de l’Information, Nabil Amr, a condamné ce nouveau raid israélien.«Cela montre qu ’Israël poursuit la guerre contre le peuple palestinien.Cette opération coïncide avec les mesures prises par l'Autorité palestinienne pour rétablir le calme», a dit Anu .à Reuters en Cisjordanie.«Nous exhortons les États-Unis et le quartet à intervenir immédiatement pour arrêter cette guerre».Arafat a ordonné des niesures de sécurité à Gaza sous la pression des États-Unis, après avoir apparemment tenté de faire obstacle aux efforts déployés par le premier ministre réformiste Mahmoud Abbas afin d’obtenir davantage de pouvoirs pour rétablir l’ordre.Avoir faim en silence ¦r A.\ a ) KIM KYUNG HOON REUTERS UN MÉDECIN allemand exhibait hier les photos d’enfants nord-coréens souffrant de malnutrition, au cours d’une manifestation d’opposition au régime stalinien de Kim Jong-il qui se déroulait à Daegu, en Corée du Sud.L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que près de 40 % de la population du pays est sous-alimentée.À la fin des années 90, plus de deux millions de personnes sont mortes des suites d’une famine qui ravagea le pays.Une délégation nord-coréenne de 218 personnes est présente à Daegu, hôte des 22" Jeux universitaires mondiaux (Universiades).Des accrochages ont eu lieu entre des membres de cette délégation et une douzaine de personnes venues dénoncer pacifiquement le luxe dans lequel vit le leader du Parti des travailleurs, par rapport à la misère qui frappe son peuple.Kim Jong-il a été réélu au début du mois d’août avec 100 % des voix aux élections parlementaires.Élections californiennes Le passé nazi du père de Schwarzenegger déterré L’actuel vice-gouverneur démocrate de Californie Cruz Bustamante est en tête des intentions de vote dans cet État pour les élections de gouverneur le 7 octobre, devant Arnold Schwarzenegger, selon un sondage publié hier par le Los Angeles Times.35 % sondés se sont déclarés en faveur de Bustamantecontre 22 % pour l’acteur républicain, selon l’enquête, réalisée du 16 au 21 août auprès de 1351 résidents de l’État, avec une marge d’erreur de 3 %.EMSIE FERREIRA AGENCE FRANCE-PRESSE Vienne — Depuis qu’Arnold Schwarzenegger a annoncé début août sa candidature au poste de gouverneur de Californie, la presse, notamment américaine, déterre le passé nazi «ordinaire» de son père autrichien, Gustav, décédé en 1971 à l’âge de 64 ans.Les médias américains, et particulièrement le Los Angeles Times, ont abondamment relaté le parcours au niveau hiérarchique le phis bas du Parti national-socialiste allemand (NSDAP) de ce gendarme qui avait été par la suite blanchi.Le centre Simon Wiesenthal de Los Angeles (USA), qui poursuit les criminels de guerre, a indiqué cette semaine que, dès 1990, Arnold Schwarzenegger avait personnellement demandé au centre d’enquêter sur le passé nazi de son père.Les archives du centre Wiesenthal indiquent que Gustav Schwarzenegger avait été blanchi de tout crime de guerre tout comme d’autres membres appartenant aux niveaux bas de la hiérarchie du parti nazi au terme d’une enquête, et que cette réhabilitation lui avait permis de retrouver dès 1947 son emploi de gendarme.D'après des archives publiques conservées à Vienne et à Berlin, Gustav Schwarzenegger avait adhéré au NSDAP en 1938, un an avant d'être enrô- lé dans l’armée allemande au printemps 1939.Membre de la police militaire, il avait pris part à l’invasion de la Pologne et de la France avant de partir sur le front russe et participer en septembre 1941 au siège de Stalingrad, l’une des batailles les plus acharnées de la Deuxième Guerre mondiale.Blessé et souffrant de malaria, Gustav Schwarzenegger avait été démobilisé en février 1944, trois ans avant fa naissance d’Arnold.«C’était un nazi de la première heure: il avait adhéré au NSDAP avant même rAnschluss"», l’annexion de l’Autriche par le III' Reich d’Adolf Hitler, le 11 mars 1938, a indiqué à l’AFP le rabbin Mervyn Hier, fondateur du centre Wiesenthal de Los Angeles et ami d’Arnold Schwarzenegger.Arnold a expliqué que ses parents et lui n’avaient jamais parlé de «cela» à fa maison et qu’il n’avait jamais eu de cours sur l’Holocauste à l’école autrichienne, a ajouté le rabbin Hier.«Depuis 2002.nous avons enquêté sur les agissements de son père dans l’unité 521 de la Wehrmacht et nous publierons ce que nous avons trouvé d’ici à quelques semaines», a-t-il ajouté.En Autriche, le passé des Schwarzenegger ne fait pas débat Pour Ursula Schwarz, historienne au centre de documentation sur la résistance autrichienne à Vienne, le parcours de Gustav Schwarzenegger fut celui d’un homme ordinaire de sa génération.«En ce qui concerne son enrôlement dans l'armée, il n’avait absolument pas le choix, quasiment aucun Autrichien n'y a échappé», explique-t-elle.«En ce qui concerne son adhésion au parti nazi, il a certes choisi, mais il était difficile de foire autrement.II était policier, c’était important pour sa carrière», ajoute-t-elle.«A partir de 1936, les gens pouvaient comprendre ce qui allait arriver et rejoindre le parti nazi.C’était souvent de l’opportunisme», estime également le politologue autrichien Peter Ulram.«Le fait que son père Gustav ait été un nazi ne signifie pas qu’Arnold a les mêmes convictions.Il a en tout cas une bonne réputation sur les questions juives en Californie», estime par ailleurs un responsable de fa communauté juive autrichienne.Des documents troublants pour Blair Londres (AFP) — L’avalanche de documents rendus publics samedi dans l'enquête sur 1a mort de l’expert en armement David Kelly a soulevé de troublantes questions auxquelles devront répondre personnellement cette semaine le premier ministre Tony Blair et son ministre de fa Défense Geoff H(x>n.Pas moins dé 9000 pages ont été dévoilées sur le site Internet de l'enquête, dont certaines seraient normalement restées secrètes pendant 30 ans.S’y mélangent des notes personnelles de la garde rapprochée de Tony Blair, des échanges de courriers entre Downing Street et le ministère de fa Défense (MoD) ou encore fa BBC, qui plongent le lecteur dans ce qui est devenu un véritable roman policier dans les areanes du Tony Blair pouvoir.Certains documents sont potentiellement ex* plosifs pour Tony Blair qui devra s’expliquer jeudi de* vant le juge Brian Hutton, au lendemain de M.Hoon.Rentré jeudi de vacances, il a une semaine pour prêt parer fa défense de son gouvernement, ébranlé par l’af» faire Kelly qui relance la controverse sur fa guerre en Irak, au moment même où trois soldats sont morts sa* medi dans ime attaque à Bassorah (sud de ITrak).< Selon un sondage de l’Institut ICM publié samedi soir, 67 % des Britanniques estiment avoir été trompés sur les armes de destruction massives (ADM) at frit buées à l’Irak.58 % des personnes interrogées indi* quent qu’elles ont désormais moins confiance en Tony Blair et 33 % pensent qu’il doit démissionner.Downing Street a fermement démenti les accusât lions de fa BBC selon lesquelles un dossier gouverne* mental de septembre 2002 sur l’armement irakien avait été «gonflé» pour justifier une guerre.Pourquoi alors le gouvernement était-il inquiet de ce que pouvait dire son employé David Kelly à fa commission parlementait re des Affaires étrangères, comme semblent le motif trer des documents publiés samedi?Autre question délicate à laquelle devra répondre Tony Blair: quel rôle a joué son gouvernement ou lui-même dans fa révélation du nom de David Kelly à fa presse?Geoff Hoon, dont le ministère a pris la resf ponsabilité de cette stratégie de communication, a fait savoir par des proches qu’il n’avait pas l’intention de servir de «fusible».Reprise du procès de Milosevic La Haye (AFT) — Après trois semaines de pause estivale, le procès de Slobodan Milosevic reprend aujourd’hui devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie de Ixt Haye avec en ligne de mire l’implication de l'ancien président dans les crimes commis en Bosnie.«L’accusation va continuer de présenter ses éléments concernant les crimes commis en Bosnie-Herzégovine.Deux chapitres forts ser/mt les massacres de Srebrenica et le siège de Sarajevo», a précisé à l’AFP le porte-parole du procureur, Florence Hartmann, au début de fa pause estivale.Depuis le 12 février 2(X)2, l’accusation tente de démontrer fa culpabilité de l’ancien homme fort de Belgrade dans les trois principales guerres qui ont déchiré l’ex-Yougoslavie au début des années 1990: Croatie (1991-1995), Bosnie (1992-1995) et Kosovo (1998-1999).M.Milosevic, 62 ans, est inculpé de crimes contre l’humanité et crimes de guerre pour ces trois confliLs.Il doit également répondre de génocide pour fa guerre de Bosnie, fa plus meurtrière des trois avec plus de 200 (XX) morts.Avec déjà 230 jours d’audience, son procès est d’ores et déjà le plus long de l’histoire du TPI.H pourrait durer au moins jusqu’en 2005.Pour l’accusation, fa phase qui s’ouvre aujourd'hui constituera cependant fa dernière ligne droite, les juges lui ayant donné jusqu’à fa fin de l’année pour terminer fa présentation de ses éléments à charge.Ce sera ensuite au tour de Slobodan Milosevic d’exposer sa défense, en personne, puisqu’il refrise de se faire représenter par un avocat «Jusqu 'à présent, le procès se passe bien pour l’accusation.Ils bâtissent petit à petit leur dossier mais cela va dans la bonne direction», estime Avril McDonald, spé* cialiste de droit international humanitaire à l’Institut T.M.C Asser de I^i Haye.¦-A Slobodan Milosevic A (> LE DEVOIR.LE LUNDI 2 5 A O 2 O O 3 EDITORIAL La résolution mort-née L’émotion qu’a suscitée la mort du représentant de l’ONU à Bagdad a convaincu l’administration Bush de présenter une autre résolution aux membres du Conseil de sécurité.Washington souhaiterait un apport militaire et financier de divers pays sans céder un pouce de son autorité.Cette résolution risque fort de tomber dans le tiroir des projets mort-nés.« Se rge Tr u ffa u t l faut saisir le moment» Ces mots appartiennent à un diplomate de la coalition américano-britannique et traduisent l’état d’esprit des gouvernements Blair et Bush aux lendemains de l’attentat commis contre le personnel de l’ONU présent en Irak.Le secrétaire d’Etat Colin Powell d’abord, le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw ensuite, ont expliqué comment ils entendaient donner corps à cette volonté consistant donc à modifier la donne dans la foulée de cette explosion.Washington voudrait notamment que les pays les plus récalcitrants à la campagne américaine mettent de l’eau dans leur vin en envoyant des contingents et en puisant dans leurs portefeuilles sans demander leur reste.De fait, l’administration Bush aimerait que l’Allemagne, la France et l’Inde, les nations les plus sollicitées en raison de leur arsenal militaire, mettent une sourdine au principe défendu jusqu’à présent.Pour elles, il n’est pas question d’envoyer de leurs soldats sans mandat explicite des Nations unies.A Berlin, New-Delhi et Paris, on veut éviter de faire un geste qui allouerait rétrospectivement un cadre légal à cette guerre dite préventive.Des discussions qui se poursuivent entre membres du Conseil, en attendant un éventuel dépôt du texte, deux faits sont à retenir Bush et Blair voudraient une addition de soldats placés sous l’autorité du Pentagone; une aide financière, un activisme économique, qui resteraient eux également sous le contrôle de la coalition.C’est le cas de le dire, la coalition veut le beurre et l’argent du beurre.À moins que.À moins qu’il soit exact, si l’on se fie aux confidences de haut fonctionnaires américains, que le but réel de la mission entreprise par Powell auprès de l’ONU ait été de faire la preuve d’une certain compassion et de tester l’humeur des opposants à la guerre au cas où.On avance cela, car, au sein de l’administration Bush, le débat sur l’augmentation du contingent fait rage.D y a ceux qui comme le président, le vice-président Dick Cheney et surtout le patron du Pentagone Donald Rumsfeld jugent que le nombre actuellement sur place est suffisant Puis il y a ceux qui, comme Powell, timidement dans son cas, le gouvernement Blair et certains des plus ardents militants de la guerre en Irak comme l’ex-patron de la CIA James Wbolsey estiment qu’un élargissement des troupes est inévitable pour mettre un terme au chaos.Donald Rumsfeld ayant la certitude que le niveau des forces est ce qu’il doit être, il n’est donc pas question d’inviter des puissances étrangères à moins qu’elles n’acceptent de remplacer des soldats américains aujourd’hui épuisés.Sans plus.Il n’est surtout pas question, pour Rumsfeld, Cheney et bien évidemment Bush, de diluer le pouvoir de l’autorité en place qui comme chacun sait est américain, tout américain, et si peu.britannique! À cet égard, il est notable de constater qu’en matière de pouvoirs administratifs et militaires, le gouvernement Blair a hérité de la portion congrue.Trois fifrelins et une roupie de sansonnet.Pour leur part, les partisans de l’élargissement disposent d’un argument de poids.Qu’on y songe, d’après le Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, «la densité de troupes en Irak est très inférieure à celle des missions de maintien de la paix en Bosnie ou au Kosovo».Le pire étant que ces deux pays sont aujourd’hui plus sécurisés que ne l’est évidemment l’Irak.Alors que faire?Inviter, comme vient de le faire officiellement Washington, les Turcs à participer aux opérations en cours?Une invitation qui, si elle était acceptée, provoquerait la colère des Kurdes, voire de tous les groupes ethniques de l’Irak.Une inviter tion qui, par ailleurs, signifierait le retour des.Ottomans! Bizarre, étrange, paradoxal.À moins d’un miracle, il est au fond peu probable qu'un texte soit présenté et voté qui rendrait caduque la résolution 1500 que le Conseil a adoptée il y a dix jours à peine.Tout ça fait désordre et ajoute beaucoup au chaos ambiant.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE 'DoVoSTA Nécessaires, les camps de jour Permettez-moi de réagir à votre article intitulé Parents exigeants cherchent camp de jour.En effet, les camps de jour sont de plus en plus nécessaires, puisque les parents, même s’ils travaillent, ont toujours eu à cœur que leurs enfants évoluent dans un endroit sécuritaire, propre et qu’ils bénéficient d’une nourriture adéquate.Je suis par ailleurs complètement en désaccord avec l’affirmation que les parents sont de plus en plus exigeants.En fait, l’offre actuelle est principalement constituée de camps spécialisés.Pour les enfants ayant plus de huit ans, il n’y a plus de camps généraux sauf en de très rares exceptions.Le choix est donc très limité.Qui a des solutions de rechange?Les grands-parents, les voisins, la petite nièce peuvent toujours être mis à contribution, s’ils en ont la disponibilité et s’ils ne demeurent pas trop loin, sinon, c’est le camp obligatoire.Et, s’il peut être intéressant d’avoir quelques semaines de camp spécialisé pour répondre aux intérêts de chaque enfant, est-ce adéquat pour un enfant qui doit fréquenter les camps de jour tout l’été sauf deux semaines.Les enfants travaillent dur à l’école.À la fin de l’année, ils sont fatigués.Est-ce trop demander d’avoir des camps «juste pour s’amuser«?Dans la société actuelle, est-ce bien nécessaire de «rentabiliser» chaque minute, chaque seconde de la vie des enfants?Ne peuvent-ils avoir droit au repos?Claudine Christin Pierrefonds, 6 août 2003 Déchaînement médiatique contre le Vatican Depuis que le Vatican s’est clairement prononcé contre la redéfinition du mariage, nous assistons à un déchaînement média- LETTRES -?- tique quotidien qui n’a ^ucun bon sens.La séparation de l’Église et de l’État ne veut pas dire que les religions vont nécessairement se taire à tout jamais.Toutes les grandes religions ont favorisé l’amour de l’homme et de la femme.L’enseignement fait aux juifs dans l’Ancien Testament n’était pas tendre envers la sodomie et dans l’usage: l’homosexualité était connue mais restait marginale.Le Christ a parlé d'honorer son père et sa mère, s’unir à sa femme pour devenir une seule chair.Quel les sociétés actuelles dites «civiles» veuillent réécrire l’histoire et refabriquer les statistiques, afin d’expliquer un changement de comportement humain, ne doit pas nous effrayer.La nature et la raison prévaudront malgré tout et, bientôt, ces mêmes sociétés civiles se raviseront et mèneront des campagnes pour influencer les comportements, comme elles le font actuellement dans la lutte antitabac.Que les chefs religieux : bouddhistes, juifs, chrétiens, musulmans, etc., se prononcent et fassent leur travail.Pour l’instant je salue le courage des responsables du Vatican d’appeler les choses par leur nom.Ils nous mettent sur les rails de l’amour créateur.La rectitude politique et l’opportunisme de nos gouvernants auront leur limite un jour et notre société redécouvrira bientôt qu’une nation forte passe par des enfants forts, issus d’un homme et d’une femme.Le clonage et les bébés-éprouvette ne feront jamais un peuple fort et nous devrons chaque année «importer» par milliers des enfants, faits ailleurs, par d’autres hommes et femmes.La logique et la nécessité seront toujours au tournant Raouf Ayas Montréal, 7 août 2003 Que fait le Canada pour M.Arar?Quand, il y a quelques mois, on apprenait qu’une citoyenne canadienne d’origine iranienne avait été battue par les autorités ira- niennes, le gouvernement canadien s’est porté à sa défense.Et quand on apprenait qu’elle était décédée de ses blessures, les intervenants politiques ont protesté et demandé pour que le corps soit rapatrié.Et c’est normal.Cela fait dix mois que M.Maher Arar, un citoyen canadien né en Syrie, a été enlevé par les autorités américaines et expulsé illégalement en Syrie.Pourquoi le gouvernement canadien n’agit-il pas tout aussi vigoureusement comme il l’a fait avec ,1e dossier de l’Iran?Serait-ce parce que les États-Unis, cette fois-ci, sont en cause?Nous attendons toujours la déclaration d’un ministre pour aider M.Arar, tout comme John Manley l’avait fait pour Mme Kaze-mi.Malheureusement, dans le cas de cette dernière, il était trop tard; ce qui n’est pas le cas de M.Arar qui, lui, est toujours vivant.C’est maintenant que le gouvernement doit agir, pas encore attendre de voir la citoyenneté canadienne encore bafouée par le meurtre et la torture d’un de ses ressortissants.René Lemieux Ottawa, 8 août 2003 Deux poids, deux mesures La faute vindicative et payante du brillant juge Boilard, dont il ne semble même pas, s’être excusé pour le moment, m’apparaît à moi, beaucoup plus grave, pour la société et pour le système judiciaire, que celle d’U y a 30 ans, de l’ancien petit juge Therrien, destitué voilà deux ou trois ans, par la Cour suprême.La faute du petit juge était une faute de jeunesse, tout à fait gratuite, çonfessée, expiée et même pardonnée par l’État.Les deux résultats sont aux antipodes.Le brillant Boilard s’en tire, et le petit Therrien est dans le chemin.Si vous voulez parler de «deux poids, deux mesures», vous en avez là, un très bon exemple.André Marceau Sillery, 10 août 2003 LE FIN MOT DE L HISTOIRE « Riel, notre frère, est mort » —Honoré Mercier L’histoire, la grande, retient souvent quelques phrases qui traversent le temps mais dont le contexte s’efface des mémoires.Le Devoir publie, tous les lundis de l’été, des textes qui rappellent où, quand, comment, pourquoi des paroles qui deviendront célèbres ont été prononcées.PIERRE ROUSSEAU Historien et archiviste Peu après l’entrée en vigueur de la Confédération canadienne, l’Ontario commence à considérer les territoires qui s’étendent à l’ouest comme un prolongement naturel de la province.Le Nord-Ouest connaît alors une immigration anglophone massive.Francophones et catholiques, les Métis qui habitent ces terres depuis déjà plusieurs décennies craignent de plus en plus pour leur avenir.À la même époque, des arpenteurs, venus d’Ottawa, réaménagent le territoire sans tenir compte des divisions déjà existantes.Bientôt, la tension monte alors que les Métis perçoivent désormais comme une invasion l’arrivée de ces colons.Ne reconnaissant pas l’autorité du gouvernement canadien, le peuple métis, mené par Louis Riel, établit, en 1870, un gouvernement provisoire.Reconnu pour sa haine des Métis francophones, Thomas Scott menacent avec d’autres colons ontariens, de se rebeller.Arrête, U est jugé, condamné et exécuté.Quinze ans plus tard, les Ontariens n’auront toujours pas oublié.Au début des années 1880, les problèmes sont encore les mêmes dans le Nord-Ouest alors que la politique d’arpentage et de peuplement du gouvernement canadien menace toujours la population métisse.Encore une fois, pour tenter de faire valoir leurs droits sur ces terres, les Métis font appel à Louis Riel.Tout comme en 1870, un gouvernement provisoire est formé.Croyant à l’arrivée imminente d’un détachement de la Police montée, les Métis s’annent.C’est aussi à cette époque que Riel semble être victime de crises de mysticisme.Pour empêcher toute résistance, le gouvernement envoie la milice canadienne.Après quelques affrontements, les belligérants se retrouvent à Ba-toche.Le 9 mai 1885, le combat s’engage.Le 12, la victoire des troupes fédérales est complète.Le 16, Louis Riel se rend.Deux mois pkis tard, le procès du chef métis s’ouvre à Regina.Déjà, plusieurs Canadiens français dénon-cent la composition du tribunal.En présence d’un jury composé uniquement d’anglophones protestants et d’un juge nommé par le gouvernement de John A Macdonald, les supporteurs de Riel sont en droit de s’interroger sur l'impartialité de cette Cour.Le gouvernement refrisant de changer quoi que ce soit le procès se poursuit.Poursuite et défense insiste sur la santé mentale de l’accusé.La première pour démontrer qu’il est sain d’esprit, la seconde pour prouver le contraire.Mais Riel s’oppose fortement à cette défense.N’aidant pas sa cause, il ne cesse de proclamer qu’il n’est pas fou.Les jurés le croient et le 1" août, après seulement une heure de délibération, le déclarent coupable de haute trahison.Es recommandent toutefois le condamné à la clémence de la Couronne.Le juge Richardson passe outre à la recommandation du jury et condamne Riel à être pendu.Le matin du 16 novembre 1885, calmement et la tête haute, Louis Riel marche vers le gibet.Vers 8h30, la sentence est exécutée.Lorsque la nouvelle est confirmée, colère et amertume gagnent le Québec.Il est évident aux yeux de la population que Riel a été pendu parce qu’il est canadien-français et parce que l’Ontario réclamait vengeance pour la mort de Thomas Scott.Macdonald et les ministres francophones Chapleau, Langevin et Caron qui, au lieu de démissionner en guise de protestation sont demeurés dans le gouvernement conservateur, sont brûlés en effigie.Une semaine plus tard, la colère est toujours aussi intense au Canada français.Ainsi, le 22 novembre, une assemblée réunit cinquante mille personnes au Champs de Mars derrière Ihôtel de ville de Montréal.Plusieurs députés font alors le serment de dénoncer le sort réservé aux Canadiens français.Puis Honoré Mercier prend la parole.Dès le départ, il ne laisse planer aucun doute sur la sympathie qu’il éprouve pour Riel.Il déclare ainsi à la foule: «Riel, notre frère, est mort, victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime du fanatisme et de la trahison; du fanatisme de Sir John et de quelques-uns de ses amis; de la trahison de trois des nôtres qui, pour garder leur portefeuille, ont vendu leur frère».Cette vague nationaliste permet à Honoré Mercier, maintenant chef du Parti national, de devenir premier ministre du Québec en janvier 1887.Tout au long de son mandat le gouvernement Mercier se caractérisera d’ailleurs par l’affirmation de ce nationalisme canadien-français et par la revendication d’une plus grande autonomie provinciale.Ce sentiment national coïncide avec une série d’événements anti-canadiens-français dont la pendaison de Louis Riel est un exemple majeur.Mais d’autres manifestations contre le Canada français ont également lieu en cette fin de XEC siècle.Déjà, au début des années 1870, le gouvernement du Nouveau-Brunswick décide que les enfants iront désormais dans des écoles publiques anglaises.Dorénavant, les parents francophones qui voudront envoyer leurs enfants dans des écoles françaises devront les financer eux-mêmes, et ce, tout en continuant de payer pour les écoles anglaises.Les parents acadiens protesteront à tel point que le gouvernement reculera.Les enfants francophones recevront une éducation catholique et française là où le nombre le justifiera Quelques années plus tard, le Manitoba s’attaquera lui aussi aux écoles fran-çaises .et, à la même époque, un projet de loi prônera 1 abolition du français à la législature et dans les tribu-naux de la province.À1 orée du XX siècle, le Québec ne remet pas en cause son appartenance à la Confédération canadienne mais tous ces événements font en sorte que les Canadiens français ont de plus en plus l’impression d être victimes d injustices à l’extérieur du Québec En somme, ils commencent à croire qu’ils n’auront jamais gain de cause face à cette majorité anglophone qui, toujours, impose ses solutions aux crises qui secouent le Canada. LE DEVOIR.LE LUNDI 2 5 A O Û T 2 0 0 A A 7’ IDEES Lettre à une jeune enseignante ANDRÉ BARIL Enseignant en philosophie à Joliette et secrétaire de rédaction à la revue Combats % hère M, au cours de l’été, j’ai relu plusieurs fois ta lettre où tu exprimais tes doutes quant à ton avenir professionnel comme enseignante.«/c me sens isolée.Ça ne va pas.Et puis, avec les étudiants, j’ai l’impression que je n’arriverai jamais à les intéresser à la littérature.» J’étais inquiet, car tu ajoutais: «Je n'ai jamais aussi mieux senti qu'à présent l'angoisse du métier.Je sens qu’il y a deux choses qui jouent contre moi: ma jeunesse et le fait que je sois une femme, je crois.Je vais peut-être faire autre chose de ma vie, reprendre mes études.» Oh, moi aussi, tu sais, je reprendrais volontiers mes études.Que j’aimerais m’asseoir dans une classe et me laisser porter par la parole d’un autre! A chaque fois que cela m’arrive, je repense au philosophe Michel Foucault à ce qu’il disait lors dans sa leçon inaugurale au Collège de France: «Plutôt que de prendre la parole, j’aurais voulu être enveloppé par elle, et porté bien au-delà de tout commencement possible» (L’Ordre du discours, Gallimard, 1971, p.7) Tes doutes sont inévitables, mais je crois sincèrement qu’il est trop tôt pour que tu puisses savoir si tu es à ta place ou non dans l’enseignement Tu as eu quelques charges à temps partiel.Ce n’est pas suffisant! Il te faudrait un bon contrat, une année à temps complet, avec l’été pour te préparer tranquillement pour tisser ta matière à l’aide d’un bon fil pédagogique.Tu penses que la tâche d'enseignement serait plus facile pour les hommes.À ce propos, relisons ensemble un passage l’ouvrage classique de Claude Pujade-Renaud, Le corps enseignant dans la classe, résultat d’une minutieuse enquête auprès des enseignantes et enseignants.L’auteure, hier chercheuse aujourd’hui écrivaine, avait alors observé l’inquiétude des enseignante et noté la croyance véhiculée dans l’ensemble de la profession enseignante: «La femme, en présence d’adolescents pour lesquels s’ouvre le champ de la sexualité, et d’un savoir sur la sexualité, serait encore plus menacée de “perdre la face” que l’homme» (Editions ESF, 1983, p.64).Perdre la face, voilà notre hantise à tous.Mais pourquoi serait-elle plus aiguë du côté féminin?Dans l’enseignement hommes et femmes, nous espérons tenir le fameux discours du maître, détenir l’autorité du savoir.Or, dans nos sociétés, à cause des rapports de pouvoir, on a tendance à penser que le discours du maître est l’apanage «naturel» du sexe masculin.Tandis que l’homme prétend savoir, la femme s’inquiète de ne pas savoir.Autre fait à considérer, l’éclatement du corps professoral.Autrefois, le aifi Mm it-f ! Homme ou femme, il faut entrer en classe et amorcer le dialogue.corps professoral semblait être un collectif, une entité.Et cela donnait une confiance énorme à toute personne qui prenait la parole en classe.Mais la société moderne contraint chaque être humain à s’individualiser toujours davantage.La création d’un ordre professionnel ne changera rien à cela, elle confirmera plutôt la tendance individualiste.C’est dans ce contexte de naturalisation de l’existence humaine et d’individuation croissante que la question du sexe de l’enseignant et de l’apprenant peut atteindre un nouveau sommet.Il faudra préparer les futurs enseignantes et enseignants.Dans la classe, les gars ont sans doute tendance à confondre la fonction enseignante et la fonction maternelle, ou à voir en l’enseignante une femme à séduire; le savoir devient alors secondaire pour eux.Je te suggère d’adopter à leur égard le discours de l’analyste, c’est-à-dire de leur parler comme des sujets supposés savoir! Ensuite, les filles ont peut-être tendance à projeter leur propre insécurité sur l’enseignante.Les filles hésitent toujours un peu à faire confiance à cette femme qui ose s’avancer sur la place publique, qui ose prendre la parole et tracer sa propre voie vers le savoir.En début d’année, on peut penser que certaines filles hésiteront à accueillir la pensée d’un être qui leur ressemble.Mais les filles, comme les garçons, sont à la recherche de modèles, si bien que l’enseignante qui traverse la petite turbulence des premières semaines en sortira très forte.Cela dit, homme ou femme, il faut entrer e,n classe et amorcer le dialogue.A ce propos, je te donne ma pensée: sim le plan scolaire, il s’agit de démontrer sa détermination à partager un savoir, tandis que l'on aura, au plan pédagogique, une générosité sans bornes.La moindre erreur sera fatale.Le faux savoir suscite la révolte, tandis que le contrôle pédagogique excessif mène tout droit à l’indifférence.La moindre erreur en ces matières condamnera l’enseignante ou l’enseignant à faire de la gestion de classe.Quelle calamité! Mais sur quelje base partagerons-nous le savoir?A cette simple question, aujourd’hui ensevelie sous des tonnes de réformes, je ne connais qu’une réponse, toujours la même depuis les débuts de la culture occidentale: en considérant principalement la valeur subversive de ce savoir, qu’il soit littéraire ou mathématique.Max Horkheimer ne disait pas autre chose dans le conseil qu’il adressait aux enseignants: «Dans l’enseignement scolaire, il importe beaucoup d’accorder à l’élève la satisfaction d’en savoir plus, de devenir plus malin que d’autres grâce à ce qu’il a appris.Cela ne passe pas par des exhortations ou des promesses [.].Cela vient plutôt du geste sincère de solidarité et de complicité, des clins d’œil spirituels, de l’accord face à la toute-puissance du monde [.].Le maître qui n’est pas entièrement sincère, qui ne fait pas un avec la cause, avec l’élève et son angoisse, doit plutôt s’en tenir à la tradition et finalement à l’autorité» (Notes critiques, tr.fr.Payot 1993, p.224).Or, le discours du maître peut-il en- Rites de passage S’affranchir du règne de l’insignifiance sur mesure ÉRIC CORNELLIER Enseignant au primaire n conclusion à un article publié en juillet 1998 dans le magazine L’Agora, Marc Chevrier écrivait «Qui prendra le parti de défendre un héritage à préserver, quand l’idée même de la défense paraît ridicule et ringarde, aux yeux des jouisseurs qui courent après leur bonheur dans le flux des images et des plaisirs ?» Au moment où Le Devoir poursuit une série d’articles sur le thème des «rites associés à la naissance, à l’enfance, à l’union conjugale et à la mort» — ce qu’on appelle les rites de passage —, cette interrogation est d’une grande pertinence.Dans l’édition du Devoir, des 9 et 10 août derniers («La relation blessée entre une Église et son peuple»), Gilles Routhier, professeur à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, a proposé une analyse des relations complexes et paradoxales quejes Québécois francophones entretiennent avçc l’Eglise catholique.Selon lui, la relation entre l’Église catholique et la majorité francophone du Québec se retrouve dans une impasse: le pourcentage de la population québécoise qui pratique la religion est très bas; et pourtant, ,une majorité d’entre eux continue à faire appel à l’Église quand vient le temps de souligner des moments importants de la vie humaine comme la naissance, le mariage ou la mort Mais, au-delà de cet état de fait pour Routhier, ce qui est véritablement problématique, c’est la relation malsaine, mal assumée — le titre de son article résume cela en parlant d’une «relation blessée entre une Église et son peuple» — que les Québécois entretiennent à l’égard de leur héritage catholique.Afin d’éviter toute confusion, il importe ici d’apporter certaines précisions.De nombreux observateurs et commentateurs estiment que l’évolution actuelle des pratiques rituelles et religieuse des Québécois constitue une amélioration par rapport aux pratiques traditionnelles.Par exemple, le théo- logien Guy Ménard semble se réjouir du fait «que bien des couples, aujourd’hui, souhaitent ritualiser leur union [.] à partir de leur propre univers de valeurs et de significations plutôt qu’en fonction des encycliques de Jean-Paul II» («La revanche du renard ou les nouveaux visages du rituel».Le Devoir, 2 et 3 août 2003).Dans un même ordre d’idées, Nicole Bouchard, professeure à l’Université du Qué bec à Chicoutimi, déclare quViV y aurait place au Québec pour l’émergence d’un nouveau métier: les meneurs de rites».(«Recherché: meneur de rites».Le Devoir, 2 et 3 août 2003).Ce métier consisterait à jouer les thérapeutes en concoctant des rites selon les besoins et les désirs des personnes concernées.Bref, tout un chacun est invité à se distinguer et à affirmer sa singularité en faisant preuve de créativité et en adaptant les «rites de passage» selon sa convenance.Cette façon de concevoir les pratiques rituelles relève, à mon point de vue, d’une certaine forme d’inadaptation culturelle.Je suis donc pleinement d’accord avec Routhier quand il affirme avoir «le sentiment d’être en présence d’une liberté pervertie en raison de toutes les hypothèques (frustrations, rancœurs et déceptions) du siècle dernier [le XX' bien entendu] qui ne semblent pas encore liquidées».Autrement dit, contrairement à ce que l’on pense trop souvent, les Québécois ne sont pas encore libres en regard de leur héritage religieux.Cette perversion de la liberté de pensée et d’action vient du fait que de nombreux Québécois, tous âges confondus, refusent, souvent de manière inconsciente, d’assumer avec lucidité leur passé religieux.Cette attitude de refus, qui peut prendre divers masques, mais qui le plus souvent prend la forme d'une dévalorisation de la tradition religieuse dont nous sommes les héritiers, ne saurait se confondre avec une véritable libération en matière religieuse et morale.Car nul être humain, à moins d’accepter par avance de s'enfermer dans une insignifiance déplorable, ne peut se permettre de vivre en faisant fi des JACQUES NADEAU LE DEVOIR core rejoindre l'enfant ou l’adolescent, le toucher profondément, peut-il permettre aux enseignants d’entamer un dialogue avec cette jeunesse qui doit désormais relever le défi d’une communication à l’échelle planétaire?Il est de bon ton de penser que l’autorité institutionnelle s’avère de moins en moins possible.La démocratie détrône la communication verticale pour la remplacer par de multiples communications horizontales.Alors les formes traditionnelles de l’autorité deviennent risibles.Cela rend la fonction enseignante encore plus vulnérable.Aussi, nous avons beaucoup de chemin à faire.A mon sens, l’erreur est de penser que l’on rejoindra les étudiants en jetant la tradition par-dessus bord.L’enjeu est tout autre.Il s’agit d’accéder à une certaine «maîtrise de la non-maîtrise», pour reprendre une autre observation de Claude Pujade-Renaud.Il faudrait que je développe davantage la comparaison entre le discours traditionnel du maître, l’actuel discours pédagogique conquérant et le discours analytique encore en développement.Mais je sais que tu trouveras toi-même ton chemin.Chère M, tu entres maintenant dans cette profession.Quelle chance tu as! Et en même temps, c’est une grande responsabilité.Il te faudra sans doute de longues heures de travail pour préparer des cours qui sauront captiver les étudiants.Mais souviens-toi qu’ils n’attendent que ça, des cours où ils pourront apprendre quelque chose de nouveau sur le monde.Allez, ils n’attendent que toi! valeurs religieuses et morales qui, de lui à ses ancêtres, plongent leurs racines dans le terreau complexe d’une histoire particulière.Pour bien illustrer ce que cela veut dire, assumer son passé religieux, il suffit de penser aux tragique destin du peuple juif qui, vers le milieu du siècle dernier, a connu un paroxysme de douleur.Devant l’inqualifiable horreur de l’Holocauste, les Juifs de partout dans le monde n’ont pas pu faire autrement que de sentir l’irrémédiable poids de l’appartenance religieuse.Ils ont alors compris que, par-delà la croyance ou l’incroyance, par-delà la ferveur ou l’indifférence, le destin des humains s’enracinait toujours dans une appartenance religieuse particulière qu’ils partagent avec une communauté donnée.Cette douloureuse prise de conscience a donné naissance à des œuvres philosophiques d'une radicale nouveauté — je pense en particulier aux œuvres incontournables de Hannah Arendt, de Vladimir J ankélévitch et d’Emmanuel Lévinas — qui nous ont amenés à complètement refaçonner nos conceptions de la valeur de la vie humaine, du rôle de la transcendance dans la constitution des sociétés et de niétéronomie constitutive de la morale.Au Québec, en ce début du XXI' siècle, assumer son passé religieux, cela signifie que l’on doit reprendre le dialogue que nous avons rompu trop abruptement avec la tradition deux fois millénaire du catholicisme.D n’est pas question ici de renouer collectivement avec d’anciennes servitudes que la génération des révolutionnaires tranquilles a violemment rejetées.Il est plutôt question, que l’on soit croyant ou non, de soupeser les éléments d’une immense tradition culturelle et religieuse qui est nôtre, et dont les lointaines origines, issues des fabuleux déserts du Moyen-Orient, où des prophètes haranguaient le peuple juif, se sont perpétuées jusqu’à nous en passant par le creuset des nations européennes.Il est surtout question de s’affranchir de ce règne de l’insignifiance sur mesure qui prétend faussement que chaque individu est à lui-même sa propre référence.Michel en ne Élever une famille a consultation qui aura lieu cette semaine sur le financement des services de garde mène à un* * cul-de-sac.U's propositions formulées par le* gouvernement ont toutes pmr conséquence d'augmenter k* fardeau financier assumé pu- les familles.La question p>sée aux parents si* résume ainsi: comment voulez-: vous être mangés: en sauce, giilles ou bouillis?La facture, on vous la présente à raison de 2 $ de phis par jour, ou mie fois par année, avec votre déclaration de revenus?Le débat devient ainsi un pou absurde et suscite des: réactions épidermiques.Qui n’a pis un -p'tit deux» de' plus à mettre, chaque jour, pour la garde de ses enfants?Évidemment, vu comme ça.Mais prise globalement, la note s’élève à 1(X) millions de dollars pu- ;m prélevée: dans la poche des familles, essentiellement des jeunes familles, puisque ce sont «'lies qui ont de jeunes enfants.Dans le cadre restreint du débat actuel la question est celle-ci: ces 1(X) millions, souhaitons-nous qu’ils soient payés par les jeunes familles seules ou que le fardeau continue d’être partagé par l’ensemble des contribuables, y compris ceux qui n’ont pis d’enfants?Dans une société où l’on considère normal d’aider les parents pour les coûts de l’éducation des entants, où l’on estime qu’il revient à l’ensemble de la société de soutenir le renouvellement des générations, poser la question, c’est y répondre, la* débat pourrait être différent si on élargissait sa portée pour englober l’ensemble de la politique familiale.Les professeurs d’économie Pierre Lefebvre et Phillip Merrigan, de l’UQAM, viennent de publier, sous l’égide de l’Institut de recherches en politiques publiques (wumirpp.org), une étude sur la politique familiale au Canada.Ils estiment que celle-d est un échec et ils proposent des solutions de rechange extrêmement intéressantes fondées sur l’idée qu’une politique familiale doit viser des résultats à long terme et soutenir le développement du capital humain des enfants afin que ceux-ci, lorsqu'ils auront gnuidi, soient mieux préparés à affronter la vie.Selon eux, une politique familiale efficace devrait prévoir: ¦ un élargissement des bénéfices du congé parental pour favoriser, au cours de la première année de vie, la garde de l’enfant |>ar ses parents à la maison; É une allocation familiale universelle, modulée en fonc-, tion du rang de l'enfant, assez substantielle pour faire une différence dans le revenu familial; ¦ un programme de supplément du revenu pour les bas salariés afin d’encourager l’accession au marché du travail; ¦ la pré-maternelle à temps plein offerte à tous les en-, fants de quatre ans (présentement, à peine fa moitié des-enfants de quatre ans fréquentent un service de garde' alors qu’on présume que le taux de fréquentation de la pré-maternelle dépasserait les 90 %) ¦ compléter par une politique de services de garde plus souple (incluant 1a garde à temps partiel ou à la journée) et des programmes de soutien à fa petite enfance dans les milieux défavorisés.Beau programme.Qui coûterait cependant, à l’échelle canadienne, neuf milliards de dollars de plu» que les sommes déjà engagées par les gouvernements fédéral et provinciaux.Non seulement Québec, qui devrait requérir l'aide d’Ottawa, ne propose rien de tel, mais on est loin du compte avec les 100 millions qu’il veut épargner sur le dos des jeunes fa-1 milles.Dans un contexte où le gouvernement n’offre1 rien de neuf, les familles ont raison de rejeter les augmentations de coût qu’on veut leur imposer.Si une politique familiale globale était sur 1a table, on pourrait juger l’affaire autrement, et accepter une haus-! se du tarif des CPE, sachant que des allocations fami-’ liales substantielles seraient versées aux familles, qu’un des deux parents pourrait, durant fa première année de vie de l’enfant, rester à fa maison avec lui, et qu’à l’âge de quatre ans, il entrerait à l’école.Augmenter le tarif de 5 $ à 7 $ par jour paraît bien peu.Mais U en coûte déjà plus que 5 $ par jour si l’on ajoute un supplément pour les couches, une cotisation pour le» sorties ou pour d’autres services complémentaires.Hus-le tarif augmente, plus on dissuade les familles à faible re-venu de s’en prévaloir, or ce sont elles qui en ont le plus besoin.Le second scénario, qui consiste à faire payer des tarife plus élevés, par l’entremise de fa déclaration de revenus, aux parents-utilisateurs gagnant plus de 70 (XX) $¦ (revenu familial), paraît inéquitable sur le plan fiscal, puisque seulement le tiers des familles québécoises partageraient la facture.Mais surtout, parce que cette mesure consisterait a transférer aux seuls couples avec enfants une note actuellement partagée par tous les contribuables.Enfin, Québec se demande si les tarifs payés par les parents-utilisateurs ne devraient pas œuvrir 20 % du coût réel des garderies au lieu de 15 % comme aujourd’hui.On peut se postT la question.Mais pourquoi 20 %?En vertu de quel principe?En Finlande, le plafond est fixé à 15 %.En Norvège, il est de 45 %.Québec devrait suspendre son projet de modifier les modalités de financement des services de garde pour fa prochaine année et remettre fa consultation à un moment où il sera en mesure de présenter, en contre partie, une politique familiale globale et articulée.Entretemps, rien ne justifie l'alourdissement des charges des jetmes familles, dont le Parti libéral avait d’ailleurs promis d’alléger le fardeau fiscal en priorité.?Dans ma chronique du 11 août intitulée «Une autre parole», je critiquais le fait que les publications 7 jours, Dernière Heure et Le ImmU aient reçu, ensemble, plus d’un million de dollars en subventions du Fonds du Canada pour les magazines pendant que Recto Verso, m» gazine communautaire indépendant, apprend qu’il ne recevra plus l’aide d’à peine 30 (XX) $ qui lui était consentie.Je qualifiais les trois publications de Québécor Media de «torchons».Ce mot n’était pas approprié dans le contexte de cet article.Je le retire.Michel Venne est directeur de L’annuaire du Québec, chez Fides.vennemfajfides.qc.ca L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journaliste* è l'Information générale et métinpolitainr GéraM Datlaire (orf/oial a» dirretnr dr lUfirmatum), Jranne Cornwall.Kabirn Orgliar, Marlr-Andrée Chotlinard Mucatun) ; Joaér Boilrau (édiUmaUtU, mptmiablt dr la pagr hUn).Brian Myli s fMollir rt /airi dwrn), Ji-an Dion, Louis-Gilles Francœur
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