Le devoir, 11 septembre 2003, Page(s) complémentaire(s)
* %* m 11 SEPTEMBRE 2001 Igy' P Pages A7, B1 et B ^ ^ > w w w .1 e d e v o i r .c o m LE DEVOIR Pas de proportionnelle au prochain scrutin Les Québécois devront patienter jusqu'aux élections suivantes KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le gouvernement du Parti libéral n’entend pas mettre en place un mode de représentation proportionnelle lors des prochaines élections générales.Les Québécois devront patienter jusqu’au scrutin suivant Se disant confronté au réalisme politique, le ministre délégué à la Réforme des institutions démocratiques, Jacques Dupuis, refuse d’adopter à toute vapeur des changements aussi profonds.D maintient toutefois son engagement de présenter au printemps prochain un projet de loi.Le ministre Dupuis a apporté hier ces précisions alors qu’il prenait la parole devant les participants au colloque sur la réforme des institutions démocratiques organisé par l’Institut de recherche en politiques publiques.Mais là où d’aucuns verront un recul compte tenu de ses déclarations de juillet dernier au moment de l’étude des crédits budgétaires, Jacques Dupuis assu-; _ re qu’il s’agit plutôt d’une mauvaise interprétation médiatique de ses intentions.«Les journaux ont conclu que c’était pour une application lors des prochaines élections.Ce que je dis aujourd’hui, c’est que ce qui m’importe, c'est que les changements soient bien faits, qu’il y ait le plus large consensus poskble.On va prendre le temps qu’il faut pour mettre les changements en force avant de faire une élection avec un nouveau mode de scrutin.En tout réalisme, il m’apparaît plus probable qu’on ne pourra pas tenir la prochaine élection avec un nouveau mode de scrutin mais que ce soit le cas pour l’élection suivante», a soutenu aux journalistes M.Dupuis.Or, dans son discours inaugural, le premier ministre Jean Charest a présenté la réforme des institutions démocratiques, y compris la modification du mode de scrutin, comme l’un des grands travaux à réaliser en cours de mandat.Quoi qu’il en soit, M.Dupuis assure qu’il ne faut rien bousculer afin de faire une «application soignée» du changement Pour étayer sa position, ce dernier rappelle que le Directeur général des élections aura besoin d’au moms un an et demi, une fois que le projet de loi sera adopté, pour fedre les ajustements qui s’imposent Le ministre s’est fixé comme échéance la fin de 2004 pour l’adoption d’une réforme du mode de scrutin.En juillet il affirmait que «le temps des discours est révolu».Hier encore, M.Dupuis affirmait à la centaine de participants au colloque qu’il n’est pas question de faire une vaste consultation populaire avant le dépôt du projet de loi.Le ministre a toutefois commencé à rencontrer des groupes intéressés par le dossier, dont le Mouvement pour une démocratie nouvelle qui a relancé le débat public il y a deux ans.Après le dépôt du projet de loi, qui comportera VOIR PAGE A 8: SCRUTIN «Ce qui m’importe, c’est que les changements soient bien faits, qu’il y ait le plus large consensus possible» «Va-t-on permettre le mariage père-fille?» JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Nous demandons aux hommes et aux femmes politiques catholiques, comme à tous les catholiques d’ailleurs, de former leur conscience dans Ja prière, par la lecture attentive des Ecritures et par l’écoute respectueuse de l’enseignement de l’Eglise», a indiqué hier M® Jacques Berthelet (ci-dessus), évêque de Saint-Jean-Longueuil et président de la Conférence des évêques catholiques du Canada.Oui à l’égalité, non à l’uniformité Mariage gai: les évêques réitèrent leur position JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Modifier la définition du mariage, comme le gouvernement fédéral entend le faire, est une option dangereuse qui pourrait avoir des conséquences insoupçonnées, croit M*" Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal.«Si le mariage devient l’union de deux personnes qui s’aiment, va-t-on permettre le mariage entre un frère et une sœur?Entre un père et sa fille?Entre une mère et son fils?», demande-t-il.Ces appréhensions peuvent sembler farfelues, mais MKr Turcotte, qui se défend bien de vouloir «charrier», est convaincu qu’«o« n'a pas idée des conséquences que cela pourrait avoir dans le futur».Dans un message adressé aux catholiques, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) a demandé hier que la définition traditionnelle du VOIR PAGE A 8: MARIAGE Commandites fédérales Paul Coffin est mis en accusation pour 18 fraudes Le président de Communication Coffin risque une peine de dix ans de prison pour chacune des 15 accusations de fraude dépassant 5000 $ BRIAN MYLES LE DEVOIR Le scandale du programme fédéral de commandites a débouché hier sur une première mise en accusation, .celle de Paul Coffin, pour 18 fraudes à l’encontre de l’Etat canadien qui totalisent 1,9 million de dollars.Le président de Communication Coffin se serait lui-même livré aux policiers de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en fin de journée mardi.Il a été libéré sur promesse de comparaître en copr le 18 novembre prochain.A l’issue d’une enquête de 16 mois, la section des délits commerciaux de la GRC (division Québec) a porté 18 accusations contre Coffin pour des fraudes commises entre le 9 juin 1997 et le 9 janvier 2002.Le délit le moins important porte sur une somme de 529 $ que Coffin aurait détournée du gouvernement fédéral dans le cadre d’un contrat de commandite pour l’événement La Clef des champs de Dunham.Le délit le plus important porte sur une somme de 548 000 $ qu’il aurait frauduleusement arrachée du fédéral pour le contrat de commandite des événements Cascar Superse-ries (courses de stock cars) de 1997 à 2001.Communication Coffin a servi d’intermédiaire pour placer des commandites d’Ottawa auprès de plusieurs événements, prenant une commission au passage.Dans le cadre de ces contrats, l’entreprise montréalaise aurait aussi fabriqué de fausses factures dont elle aurait exigé le paiement par le gouvernement fédéral et aurait surfacturé l’État pour des services rendus à moitié.Paul Coffin risque une peine maximale de dix ans de pénitencier pour chacune des 15 accusations de « Pour le moment, une seule enquête est terminée, mais il y a d’autres enquêtes en cours» VOIR PAGE A 8: FRAUDE Ben Laden refait surface REUTERS Doubaï — À la veille du 11 septembre, al-Jazira a diffusé hier des images montrant Oussa-mp ben Laden et son bras droit, l’Egyptien Ayman al-Zaouahri, ainsi que des enregistrements attribués aux deux hommes les plus recherchés de la planète.L’un de ces documents sonores, attribué à Oussama ben Laden,, loue le «courage» des auteurs des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone.«Quiconque souhaite apprendre la loyauté et l’honnêteté Oussama ben Laden VOIR PAGE A 8: BEN LADEN INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.B6 Économie.B 3 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde.A 5 Mots croisés.B 6 Sports.B 6 Télévision.B 7 M Eliminer les tics en gérant mieux ses frustrations Un chercheur québécois met au point une nouvelle thérapie PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Clignements des yeux, raclements de la gorge, grognements, rongements des ongles, grincements de dents, tripotages des doigts, tous ces tics qui handicapent environ 8 % de la population québécoise peuvent disparaître à la suite d’une thérapie psychologique de type cognitivo-comportementale.Un chercheur du Centre de recherche Fernand-Seguin (CRFS) qui a mis au point cette thérapie en a éprouvé l’efficacité avec succès dans le cadre d’une étude scientifique.Autant les tics simples chroniques, comme les soubresauts de la joue, les tressaillements du genou, les haussements d’épaule et les reniflements, que les plus complexes désordres d’habitude, qui consistent par exemple à se tirer les cheveux, à se gratter le visage jusqu’au sang ou à serrer et desserrer les mains inlassablement, voire à proférer des jurons tout en enclenchant un rituel Les tics handicapent environ 8 % de la population québécoise de mouvements répétitifs comme le font les personnes souffrant du syndrome Gilles de la Tourette, provoquent un profond sentiment de détresse chez les personnes qui répètent sans cesse ces comportements bizarres et involontaires.Qu’ils soient complexes, multiples ou simples, ces tics constituent un véritable problème de santé, contrairement aux manies qui ne représentent qu’une fâcheuse tendance — jouer avec un trombone ou taper du doigt, par exemple — sans grandes conséquences sur la qualité de vie.«Les tics sont toujours autodestructeurs», souligne Kieron O’Connor, psychologue-clinicien et chercheur au CRFS affilié à l’hôpital Louis-H.-Lafontaine et l’Université de Montréal.«Les personnes aux prises avec un tic peuvent se tirer les cheveux jusqu’au point de devenir chauves.Elles peuvent grincer des dents jusqu’à en arriver à les user complètement.Elles peuvent se gratter la peau jusqu 'au sang.» D*cTfufc, 4*A* UN TiC A«*MmAnT Pour Ifs AttTg£S.'/W VOIR PAGE A 8: TICS A fi LE DEVOIR, LE JEUDI 11 SEPTEMBRE 2 0 0 3 EDITORIAL Tout se joue avant six ans La version moderne de l’expression «tirer sur le messager» pourrait être «tirer sur la méthodologie».Et cette semaine, ç’a été la charge face aux résultats d’une enquête mettant en cause la qualité des services de garde au Québec.Alors que tous devraient se réjouir qu’enfin le milieu de la petite enfance soit finement analysé.0 ù est M.Tremblay?Avez-vous vu M.Tremblay?, se gaussait cette semaine un reportage télévisé faisant état, dans la foulée de la nouvelle du Devoir sur l’état des services de garde au Québec, du passage de Richard E.Tremblay en commission parlementaire à Québec.Relégué au rang de simple quidam, ce M.Tremblay ne retrouvait son statut de professeur que pour mieux voir dénoncer ses méthodes douteuses par le porte-parole des garderies privées du Québec.Expert internationalement reconnu du développement de l’enfant, qui récolte les prix et dont la rigueur ne fait aucun doute, Richard E.Tremblay mérite au contraire toute notre attention.Et le fait qu’il suive, avec d’autres chercheurs de haut niveau, 2223 petits Québécois depuis leur naissance — une expérience d’une ampleur inégalée ici — ajoute à la pertinence de son propos.Ces petits Québécois étant nés en 1997-98 et venant de passer par le réseau des services de garde, il était normal que l’équipe de M.Tremblay s’interroge: quel en a été l’impact sur leur développement?Des grilles d’analyse reconnues ont été appliquées et un portrait, inusité, des services de garde s’est dégagé.Enfin, on sortait de la langue des lobbys! L’étude ne dit pas que les services de garde sont l’enfer sur Terre: les repas peuvent être bons, les jouets en excellent état, et les éducatrices peuvent aimer beaucoup les enfants.L’enquête mesure plutôt la qualité des service éducatifs offerts.C’est à ce titre que les trois quarts des 1188 services de garde visités ne sont pas à la hauteur, que 15 % sont même inadéquats.Le constat est majeur puisque la réarticulation de la politique familiale en 1997 (qui a entraîné la création des centres de la petite enfance et des places à 5 $ par jour) avait trois objectifs: un soutien accru aux familles pauvres, la conciliation travail-famille et un meilleur développement des enfants.Que le ministère et certains acteurs du milieu se raccrochent à une autre étude à venir, encadrée par l’Institut de la statistique du Québec (ce qui promet aussi une grande rigueur), ne minimise en rien les constats de l’équipe de M.Tremblay.La multiplication des instruments de mesure objectifs est au contraire une incroyable avancée dans un milieu où a longtemps prévalu la débrouillardise, les bonnes intentions et la méconnaissance du socle d’une vie qu’est la petite enfance.«Tout se joue avant six ans», titre d’un best-seller qui a traumatisé bien des parents depuis 30 ans, devrait en fait être un leitmotiv de société tant les interventions précoces et bien pensées ont, on le sait maintenant, des impacts extraordinaires sur l'enfant C’est pourquoi l’étude de M.Tremblay doit trouver un écho politique.Ainsi, elle démontre que les CPE (qui ne sont pas sans lacunes) offrent de meilleurs services éducatifs que les garderies privées.Une donnée à ajouter au fait que c’est dans le privé que l’on enregistre le plus de constats d’infraction et le plus de plaintes de parents.A l’inverse, les CPE sont devenus une précieuse ressource pour signaler des cas aux services de protection de la jeunesse.Des conclusions s’imposent donc.Mais le gouvernement libéral les refuse, préférant, par pure idéologie, réserver au privé les 12 000 places qu’il lui reste à développer pour compléter le réseau des services de garde.L’étude démontre aussi l’importance d’avoir des éducatrices extrêmement bien formées.En retour, celles-ci ont le droit de réclamer d’être mieux payées et mieux traitées.C’est dire si le gouvernement fait fausse route avec son actuel projet de loi, débattu en commission parlementaire, qui décrète (à l’encontre de décisions du Tribunal du travail) que les éducatrices en milieu familial sont des travailleuses autonomes, exclues de toute syndicalisation.Exclues, donc, d’un réel respect de ce qu’elles font.jboileau@ledevoir.ca Josée Boileau ?Pacifier l’Irak e 11 septembre 2001 a été l’illustration éloquente de la vulnérabilité de l’Amérique aux attaques terroristes.H fallait réagir.Personne ne pouvait rester indifférent au sens profond de ces deux attentats contre le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington.Deux ans plus tard, il faut se demander si la réaction de l’Amérique, Canada compris, a été la bonne.Parce qu’il était celui qu’on attaquait, George Bush a voulu prendre la tête de la guerre au terrorisme.Tant qu’il s'agissait de se protéger contre les attaques terroristes, il a été largement suivi, le Canada finissant même par accepter la constitution d’une forme de périmètre de sécurité pour l’Amérique du Nord.Le président américain voulait toutefois en faire plus, croyant que l’attaque constituait la meilleure défense.Ce fut d’abord l’Afghanistan, puis l’Irak.Si le 11 septembre 2001 justifiait un vaste mouvement de solidarité avec les Américains, cette solidarité ne pouvait justifier n’importe quelle action.La volonté de Washington d’intervenir en Irak a ainsi soulevé des doutes et des craintes que le temps a confirmés.L’enlisement des Américains et des Britanniques dans ce pays donne raison à tous ceux qui s’opposaient à la guerre en Irak ou, à tout le moins, à la précipitation avec laquelle on s’y est engagé.Il ne s’agit pas aujourd’hui de se réjouir d’avoir eu raison mais de constater que les Etats-LInis ont entraîné le monde sur un terrain glissant.George Bush n’a pas su évaluer la complexité d’une situation qu’il pensait pouvoir résoudre en trois coups de cuiller à pot L’instabilité est aujourd’hui plus grande au Moyen-Orient qu’elle l’était hier.En cherchant une porte de sortie du côté des Nations unies, le président américain reconnaît qu’il ne peut mener seul sa bataille contre le terrorisme.Ce changement d’attitude est une bonne nouvelle pour le Canada, qui avait prôné pour l’Irak une approche modérée inscrite dans le multilatéralisme.Washington devrait aujourd’hui être en mesure de mieux comprendre les positions défendues par le gouvernement canadien.En se distanciant l’hiver dernier des politiques de George Bush, il ne s’agissait pas, pour le Canada, de se mettre en retrait de la lutte contre le terrorisme international menée par les États-Unis mais de trouver la meilleure voie.Celle-ci ne sera pas facile à trouver mais, d’évidence, les derniers mois enseignent qu’elle ne saurait être que de nature militaire.A cet égard, il est urgent d’entreprendre la pacification de l’Irak.bdescotea ux(a ledevoi r.ca Jr Bernard Descôteaux ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE EnCoPC PNt fçfre U TûÉEÉAlirÊ : «
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