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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-10-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2007 DANSE Isabelle Paquette en Cendrillon Page E 4 \ CINEMA Une entrevue avec Carole Laure Page E 10 Où sont rivés M r\0UV63A$- ca die®.9.Olivier Choinière propose un regard décapant sur ce qui advenu de cette projection dans l’au- delà qui a aussi ja Québec ce quit est- MICHEL BÉLAIR Le Québec n’est plus ce qu’il était.Les curés et les bonnes sœurs ont quitté les écoles.Les églises sont transformées en condos à Montréal.Et la chape religieuse sous laquelle nous avons collectivement mijoté pendant quelques siècles ne pèse plus quotidiennement sur nos épaules.Alléluia] Mais tout cela ne s’est pas dissous par magie quelque part au tournant des années 1960 avec la Révolution tranquille.Où est passée notre foi collective en l’au-delà?Cette soif de croire à quelque chose de plus grand qui nous a marqués de génération en génération pendant si longtemps?Hum?Pour Olivier Choinière, la réponse est claire.Et pas tellement réjouissante.Elle s’étale dans le star-system et, dans sa conjugaison la plus quotidienne, dans l’engouement collectif pour la télé-réalité et pour les chiens écrasés à la une des médias populistes.Dans le cérémonial répété tous les jours de l’envahissement médiatique qui nous rive à nos téléviseurs et à nos téléphones portables.Dans la volonté d’être ailleurs, dans un monde plus grand que nature qui touche parfois, oui, au divin.Le ciel et l’enfer Il a l’air en grande forme, Olivier Choinière; même à lOh du matin.À une semaine à peine de la première de son plus récent texte — La Félicité, que son ami et complice Sylvain Bélanger met en scène pour La Manufacture —, il respire la confiance.D a toujours son petit air de baveux sympathique, mais on le sent en pleine possession de ses moyens alors qu’il revient à peine d’un stage d’un mois au Royal Court de Londres, un séjour qui l’a profondément marqué.Mais avant de glisser là-dessus, je lui demande d’abord de «Raconter un événement de la vie d’une star-dieu c’est, un peu, toucher au paradis» nous parler de la félicité.«C’est un état, la félicité, répond-il le sourire en coin.C’est l’incarnation d’une sorte de recette du bonheur ultime.Ça rejoint le plus grand bonheur possible, un bonheur tellement plein qu’il touche au divin.En fait, ma pièce repose sur une question toute simple: que sont devenus nos dieux aujourd’hui?Où sont-ils sinon dans la vie des stars et le monde rêvé que nous rapportent chaque jour les médias de tous types?Nous sommes poreux à cet envahissement médiatique.Collectivement, nous sommes des éponges.Et on pourrait presque dire que La Félicité est une pièce sur la porosité.» Porosité parce que «la vie des gens riches et célèbres» fait partie de nos vies.«On les avale, poursuit le dramaturge, on les digère; c'est même difficile de ne pas le faire puisque tout cela est placardé partout sur des affiches, à la télé et dans les journaux.On se les approprie jusqu’au point où leur vie remplit le vide de notre propre vie.C’est ce que font du moins les personnages de la pièce, qui sont complètement subjugués par cet univers inaccessible et qui le recréent à leur manière.Raconter un événement de la vie d’une star-dieu c’est, un peu, toucher au paradis.» D n’y a toutefois pas que le paradis dans la vie, il y a l’enfer aussi.Celui des crimes sordides et des accidents sanguinolents; celui des escrocs-stars qui réussissent presque toujours à s’en tirer comme celui des petits bandits ordinaires et des batteurs d’enfants qui font la une des journaux.Et les personnages de la pièce de Choinière vivent aussi de ces tranches de vie plus ou moins saignantes.Ils s’abreuvent à l’enfer comme au paradis: c’est en touchant aux deux extrémités qu’ils trouvent la félicité.Dans cette constante traversée d’une borne à l’autre.Comme dans le temps où il y avait encore un vrai Ciel et un vrai Enfer.«C’est une traversée de l’un à l'autre, un voyage à travers des temps et à travers des mondes que tout oppose.Avec une officiante tê principale [Isabelle Roy, dans le rôle de l’Oracle] et des exécutants aussi [Maxime Dénommée qui est un étalagiste, Muriel Dutil, une préposée, et Roger La Rue, le gérant] qui vont donner forme et contenu à son fantasme.Un peu comme ça se passe le lundi matin au bureau lorsque vo, n’avez pas vu Tout le monde en parle et que vos collègues prennent plaisir à vous raconter les détails croustillants appris sur la vie d’un tel.Ici, les personnages se battent presque pour raconter leur bout d’histoire en rajoutant des détails inventés ou non et en s’entrecoupant constamment l’un l’autre.» Et quelle forme prendra cette traversée?Dans quel style, dans quel genre d’environnement cela se passe-t-il?«On n’est pas dans le monologue ou dans le conte urbain, c’est sûr.Ni dans la démonstration.Hutôt dans un théâtre d’évocation qui s’appuie sur les mots, sur l’action dite.Et je fais confiance au penchant naturel à fantasmer et à l’imagination du spectateur: c’est une chose que j’ai apprise avec les déambulatoires que fai réalisés jusqu’ici.Parce que, comme dans la forme du déambulatoire, chaque spectateur découvrira à mesure les personnages de la pièce, ce qui s'y passe et de quoi il est question.C’est ainsi qu’il pourra se mettre à recomposer, à partir des morceaux d’un miroir éclaté, l'image de ce qu’est devenue notre société.» Cartographier l’humain Bon.Beau programme.Surtout avec Bélanger à la mise en scène et l’impressionnante équipe de comédiens réunie sur le petit plateau de La Licorne.Olivier Choinière dira encore que la langue de La Féli- 1 t A THEATRE cité est «beaucoup plus simple, plus dégarnie» que dans ses autres pièces, surtout Venise en Québec, où chaque personnage avait sa propre langue.Et aussi que cela est en lien avec ce qu’il a découvert à Londres.«R y a une certaine parenté entre La Félicité et les préoccupations de l’écriture dramatique en Angleterre: dans le fait d’aller droit au but, d’être précis, vigilant.Ry ace désir là dans la pièce, oui.» Il faut dire aussi que Choinière a été invité au stage du Royal Court en soumettant le texte de La Félicité.Il raconte même que l’on s’est montré intéressé à traduire sa pièce là-bas et qu’on en attend la dernière version pour passer à l'action.Quelques précisions sur ce stage qui réunit chaque année 11 auteurs dramatiques provenant de 11 pays différents à l’exclusion de la Grande-Bretagne.Chaque participant y arrive avec un texte inédit différent de celui soumis déjà au jury.Ce texte est traduit en anglais par un traducteur attaché à chaque stagiaire, qui travaille aussi avec un metteur en scène attitré, en plus d’être jumçlé à un auteur dramatique britannique.A la fin du stage, un extrait de chacune des 11 pièces est présenté devant un auditoire de quelques centaines de personnes.Olivier Choinière est revenu de là galvanisé.«La résidence impliquait aussi toute une série d’ateliers avec des auteurs, des metteurs en scène et des critiques de théâtre.J’ai discuté avec des “monstres” comme Tom Stoppard et Harold Pinter.Disons que c’est stimulant.Surtout que tout cela est très structuré.En plus d’avoir eu tout au long l’impression d’être dans les cuisines de l’écriture, j’ai aussi découvert là-bas des perspectives nouvelles, différentes.Avec le recul, j’y ai pris conscience, par exemple, du fait que la tradition française du théâtre est celle d’un lieu de langage.Alors que, chez les Britanniques, le théâtre est un lieu où l’on voit les gens agir et se comporter; le texte y est primordial, bien sûr, mais il vient servir de bornes aux comportements humains.Le théâtre est un moyen de cartographier le comportement humain: le "mapping of human behavior” comme je l’ai souvent entendu.Cela débouche sur une approche de l'écriture beaucoup plus technique, concrète, terre à terre.Disons que cela a permis de “taquer mon écriture au plancher”.» Le dramaturge en est ressorti avec l’eq-vie de «dégarnir» sa langue et son écriture scénique «pour n’en garder que l'essentiel*.Et comme cela se manifeste déjà dans Lk Félicité, voilà venue l’occasion de goûter, en avant-première, l’Olivier Choinière nouvelle mouture.Le Devoir LA FÉLICITÉ Texte d’Olivier Choinière mis en scène par Sylvain Boulanger.Une production ‘ du Théâtre de la Manufacture présentée à La Licorne du 16 octobre au 24 novembre. LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 20 0 7 E 2 CULTURE L’imagination au pouvoir Odile Tremblay Toute une faune déambulait cette semaine au Musée d’art contemporain de Montréal.Et pas seulement la clique habituelle.Des jeunes, des vieux, des artistes, des néophytes, après avoir lu des critiques ou accroché au vol des commentaires positifs, s’étaient dit: Tiens donc.Si on s’offrait un tour de musée?Paraît que Vik Muniz, C’est jubilatoire.Et comment! Même que chacun y trouve son compte.Les enfants autant que les autres.Trop de traversées muséales se résument à des marathons sans escales.Les visiteurs fixent quelques secondes une oeuvre avant de filer voir la suivante.Rien de tel devant l’expo Réflexe de Vik Muniz, artiste d’origine brésilienne transplanté à New York, propulsé sur la planète Terre, dont la créativité semble sans frein.L’autre jour, donc, des groupes divers s’agitaient, en va-et-vient devant les cimaises, les visages rieurs ou intrigués.Ça créait upe atmosphère électrique, une sorte de happening.A cause des matériaux hétéroclites mis à contribution.En émergent des por-fraits, des paysages, tirés comme des lapins du chapeau de ce magicien.Ses photos-tableaux nous frappent de loin, puis on recule, histoire de mieux décortiquer les matériaux inouïs qui sont sa trame.Il égare nos repères avec délectation.Procédé, que cette frénésie protéiforme avec les matériaux?Peut-être.Mais on s’en émerveille.Du Vik Muniz, c’est du land art à échelle réduite.L’artiste crée des œuvres éphémères, les capte par la photographie, puis en expose le reflet Parfois, c’est sur la poussière que ses doigts ont tracé des silhouettes.Ainsi, celle de cet homme enfanté par les cendres, les pieds baignant dans les mégots, vrai spectre surgi de la pollution planétaire.Ailleurs, des enfants brésiliens naissent dans des grains de sucre.Comme pour leurs parents, misérable main-d’œuvre des plantations de canne à sucre, le destin de ces enfants se brisera un jour sur cette substance douce.L’artiste les projette dans le temps.Plus loin sont exposés les Mona Lisa de ketchup ou de beurre d’arachide, un Jackson Pollock en chocolat fondu, des stars de cinéma aux contours de diamants, une tête de méduse tracée dans une assiette à spaghetti! Ses portraits sont conçus avec les mosaïques d’échantillons de couleurs, ses paysages naissent du fil à coudre, sa rose géante est truffée d’insectes de plastique.Robots, dominos, soldats jouets, poupées Barbie, sacs de cocaïne, feuilles de marijuana, rebuts divers: rien ne se perd ici et tout se crée.Muniz pastiche Van Gogh, Le Caravage ou Monet armé de pastilles de tissu.Il est une sorte d’Andy Warhol de notre postmodernité.Les frontières sont devenues si floues entre fiction, images réelles et photos trafiquées que nos regards ne peuvent plus échapper aux pièges qui leur sont tendus.Vik Muniz brouille les pistes en rigolant plus que bien d’autres créateurs d’ambiguité.Il n’a rien inventé mais joue d’ambivalences avec une sorte de génie.L’être humain est plus loyal à sa mémoire qu’à ses yeux.Telle est une des thèses principales du créateur brésilien.On ne verrait de fait que ce qu’on croit voir.Une des séries les plus fascinantes de l’expo s'appuie sur la recréation du célèbre album de photos The Best of Life.Sous ce titre, le magazine Life avait réuni des clichés illustres, symboles du XX" siècle: le salut de John-John Kennedy devant la tombe de son père, la fillette nue criant sur une route du Vietnam, les pas d’Armstrong sur la Lune, l’étudiant devant les tanks sur la place Tienamen, etc.Ces photos-là, on croit les connaître par cœur.Erreur! Le jour où Vik Muniz a égaré son album, il a redessiné ces photos de mémoire, en les laissant baigner dans un certain flou.Celles-ci accrochées au mur, on se persuade qu’il s’agit des originaux, même quand une foule de détails divergents nous crient le contraire.La photo initiale, imprimée dans notre esprit, nous voile la vue.«On n’est jeune qu’une fins, mais cela peut durer toute une vie» constitue une des phrases fétiches de Vik Muniz.A ses yeux, la maturité d’un artiste s’évalue à son potentiel de communication avec les plus jeunes.Ça tombe bien, car on retombe en enfance devant son œuvre, épatés que nous sommes par ses trucs d’illusionniste.Ses frompeTœil sont des devinettes.Songes et mensonges s’opposent à une vérité fugitive que l'artiste nous donne envie d’envoyer au diable, pour mieux savourer en paix ses brillantes impostures.Au chapitre des œuvres en trompe-l’œil, à déguster également: le film I’m Not There de l'Américain Todd Haynes, qui revisite librement et follement la vie du chanteur Bob Dylan.Présenté au Festival du nouveau cinéma, celui-ci prendra l’affiche le 30 novembre.Que le chantre de Like A Rolling Stone soit incarné par sût interprètes, dont Heath Ledger, Richard Gere, mais aussi un enfant noir et une femme (Cate Blanchett) — la plus res- SOURCE MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Les Mona Lisa de ketchup ou de beurre d’arachide de l’exposition Réflexe de Vik Muniz semblante et la meilleure du lot! —, constitue une autre mystification délirante.Le procédé des acteurs multiples est emprunté à Palindromes de Todd Solondz.Appliqué à une icône de la chanson engagée des années fleurs, il devient carrément révolutionnaire.L’heure est aux biographies déconsfruites et surréalistes de stars musicales.Across the Universe de Julie Taymor a fait exploser en rose bonbon l’univers des Beatles.I’m Not There, malgré le segment western trop appuyé de Richard Gere, s’insère dans cette tendance aventureuse et fofolle.Le film remet l’imagination au pouvoir, comme aux jours bénis où ces chanteurs-cultes échouaient à refaire le monde, mais non à l’enchanter.otrem blafia lede voir, com ffcl quat sous L2U de poche 07- 08 saison itinérante Terre océane 23 octobre au 17 novembre au Théâtre d’Aujourd’hui r xl, DANIEL DANIS Mis.: .si- scène : GILL CHAMPAG ARNAUD AUBERT FRANÇOIS CLAVIER MARIE PASCALE SÉBASTIEN RENÉ IJnu c oproduction, du Théâtre de Ouat'Sous.ur organiser ses idées.Dans le a s de Couteau, sept jdçons originales d tuer quelqu’un avec., elle s’était ir iposé d’écrire une pièce en sept b ocs, un pour chacun des péchés capitaux.Au fil des pièces, la jeune dramaturge a constaté que son écriture gagne cependant à conserver une certaine souplesse.«Je me rends compte que le dérèglement est salutaire au théâtre.Si on conserve des carcans trop rigides, les histoires deviennent souvent prévisibles et ennuyantes La structure de départ me permet d’avancer, mais une pièce prend généralement son envol quand je me permets certqines perversions.» Pourri tu et à toi, Isabelle Hubert avait choisi d’adopter une structure classique.«Je voulais respecter l’unité de temps, de lieu et d’action.J’avais envie d’évoluer à l’intérieur de ces contraintes, mais il m’est apparu rapidement que le texte bénéficierait d’un peu de souplesse.Je me suis donc permis d’inclure quelques conventions théâtrales — comme des glissements temporels — pour dynamiser les situations dramatiques.» Pour situer ses personnages, Isabelle Hubert les fait bien souvent s’exprimer en langue vernaculaire.Sans ambages, elle confie qu’on lui a parfois reproché cette approche naturaliste du dialogue.«Les débats sur la langue au théâtre m’ont longtemps exaspérée.Quelle langue doit-on utiliser?Est-ce que le langage populaire devrait être évité?J’ai rapidement tranché cette question: mes personnages évoluent dans un univers réaliste et leur langue le reflàe.Si je jaisais autrement, j’aurais l’impression qu’ils sonnent faux.» Récemment, Hubert a écrit La Robe de Gulnara.La pièce se déroule dans un camp de réfugiés près d’une frontière entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.«La distance favorisait une tout autre approche de la langue.La situation me permettait plus d’évocations et ainsi d’avoir une langue plus relevée.Certaines personnes ont été franchement surprises par mon texte.comme si elles découvraient 'que je savais écrire alors qu’elles avaient toujours considéré la langue populaire de mes personnages comme une marque de faiblesse.» Peu importe le chobc du niveau de langue, Isabelle Hubert fait toujours preuve d’une grande maîtrise de l’écriture.On le voit notamment par son utilisation habile de l’humour.«L’humour est une arme redoutable, dit avec enthousiasme l’auteu-re.Il force le spectateur à baisser sa garde.Une fois le canal de communication ouvert, on peut se permettre d’aller^ beaucoup plus loin.En fait, dans A tu et à toi, certaines charges émotives du texte sont possibles uniquement parce qu ’on a réussi à faire rire les spectateurs auparavant.» Collaborateur du Devoir À TU ET À TOI Texte d’Isabelle Hubert mis en scène par Jean-Sébastien Ouellette.Une production de La Compagnie dramatique du Québec présentée au théâtre Périscope, du 16 octobre au 3 novembre.aE CINQ) LA SERIE CINQUIÈME SALLE LA PLACE DES ARTS PRÉSENTE RONNIE BURKETT 10 DAYS ON EARTH Spectacle en anglais pour adultes (14+) CRÉATION ET INTERPRÉTATION DE RONNIE BURKETT Si un jour on se retrouve seul, mais qu'on ne le sait pas, se sent-on vraiment seul ?Voilà la question qui a inspiré au célèbre marionnettiste canadien Ronnie Burkett 10 Days on Iârth.un charmant conte où la délicatesse des personnages à ficelles n'a d'égale que la justesse des sentiments.8 AU 10 ET 13 AU 17 NOVEMBRE 2007, 20h 25$ (adultes) 15$ (étudiants) taxes et redevance incluses 15% de rabais pour groupes de .)o i-t plus Série Cinquième Snllc: Directeur de la programmai ion.Michel Gagnon Place des Arts , Québec#» 514 842 2112 • 1 86G 842 2112 laplacedesarts.com Réseau Admission 514 790 1245 CULTURE PEDRO RUIZ LE DEVOIR Isabelle Paquette et Marcin Kaczorowski des Grands Ballets canadiens en répétition pour Cendrillon, jour après jour wm DANSE Cendrillon, prise 2 Celle qui a perdu sa chaussure.et trouvé un sac FRÉDÉRIQUE DOYON Symbole, superstition ou bénédiction artistique?Isabelle Paquette voit, dans le drôle de dénouement de sa jeune carrière, un peu des trois.L’étoile Anik Bis-sonnette, qui a fait ses adieux aux Grands Ballets canadiens (GBC) l’an dernier, lui a officieusement passé le flambeau en lui léguant son mythique sac de danseuse, celui qui a transporté des centaines de chaussons, maillots et bouteilles d’eau.A la veille de reprendre le rôle de Cendrillon créé par Stijn Cells en 2003 et complètement remanié pour les nouvelles représentations qui débutent cette semaine, Isabelle Paquette prend la mesure du geste et du chemin parcouru depuis sa première incarnation du conte.C’est un gros sac de cuir tout vieilli, craquelé, mais témoin des tracs de premières d’une longue carrière et porteur des objets les plus précieux d’une danseuse.«Elle m’a vraiment surprise, raconte-t-elle avec émotion à propos de l’ex-première danseuse.Elle m’a donné son sac, qui l’avait suivie toute sa carrière.Elle est très superstitieuse, Anik.Elle me l’a annoncé dans sa loge le soir du gala d’adieux.Selon elle, j’étais sa suite logique», poursuit celle qui a presque grandi dans la maison fondée par Ludmilla Chiriaeff, puisqu’elle a été formée à l’école supérieure de ballet contemporain et quelle a dansé pour le Jeune Ballet du Québec avant d’intégrer la troupe des Grands.D’où sa fréquentation assidue d’Anik, devenue un modèle.«C’est un exemple depuis que je suis toute petite, confie-t-elle.Elle est l’âme et le cœur des GBC.Ça laisse un grand vide qu’elle soit partie.» Un ballet plus humain La passation dudit sac se fera le jour de la première du Cendrillon revu et corrigé.La création de 2003, très audacieuse à certains égards, s’éparpillait dans un kitsch démesuré, qui avalait littéralement la danse et la psychologie du conte que le chorégraphe tentait d’adapter au goût du jour.La passation de l’héritage d’Anik aura KIDD PIVOT LOST ACTION -> 30 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE 07 / 20 H CHORÉGRAPHE -> CRYSTAL RITE INTERPRÈTES -» ÉRIC BEAUCHESNE.FRANCINE LIB0IR0N MALCOLM LOW, YANNICK MATTH0N, CRYSTAL PUE ANNE PLAM0ND0N, VICTOR QUIJADA MUSIQUE ORIGINALE -> OWEN BELTON ÉCLAIRAGES -» JONATHAN RYDER COSTUMES -> LINDA CH0W « LOST ACTION EXPLORE AVEC SENSIBILITÉ L’EXPRESSION KINÉSIOUE DE L'AGRESSIVITÉ ET OU SENTIMENT DE PERTE.IL EN RÉSULTE UNE DANSE INTELLIGENTE.PROFONDÉMENT ÉMOUVANTE ET D'UNE GRANDE RICHESSE CHORÉGRAPHIQUE » DANCE MAGAZINE « LOST ACTION IS THE MOST SIGNIFICANT W0RX CRYSTAL RITE HAS DONE UNDER HER COMPANY, KIDD PIVOT» THE VANCOUVER SUN LES REPRÉSENTATIONS À MONTRÉAL SONT UNE COPRÉSENTAîIoN DE L'AGORA DE LA DANSE ET DE DANSE DANSE.uO CanQonÇt* AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER.MÉTRO SHERBROOKE WWW.AG0RADANSE.COM BILLETTERIE 514 525.1500 ADMISSION 514 790.1245 PHOTO : CHRIS RANDLE donc doublement valeur de transmission d’un héritage ouvert au renouvellement puisque le directeur des GBC a invité le chorégraphe Stijn Celis à retravailler son œuvre.«Il n’avait pas atteint ce qu’il voulait, rapporte Isabelle Paquette, qui explique que le ballet est construit autour de la découverte de la féminité de Cendrillon, «de son devenir femme».Plutôt que la seule rencontre du prince charmant qui la sort de ses misères avec la belle-famille et la solitude du deuil de sa mère, il met en scène la prise en main du destin de la belle.«Il a mieux défini le rapport du rêve et de la réalité.Il ne voulait plus que Cendrillon dorme quand elle a des visions de sa mère.Il voulait qu’elle soit consciente de ses gestes.C’est surtout plus humain et plus réaliste.Ce n’est pas un conte de fées où on est toujours content.Cendrillon va réussir à être heureuse, mais en acceptant les défauts de sa relation avec son amoureux.» La nouvelle Cendrillon s’engage aussi dans une tout autre chorégraphie, sauf pour les mouvements d’ensemble, la scène du bal par exemple, qui n’ont pas bougé.«C’est sa force le travail de groupe, dit-elle à propos du chorégraphe, qui a aussi créé de puissantes Noces pour les GBC.Il a le talent de faire en sorte que les danseurs donnent le meilleur d’eux-mêmes», ajoute-t-elle en soulignant la grande exigence de ce processus traversé par de fréquentes remises en question quant à la composition initiale.L’arsenal des décors a également connu des modifications.On se souvient d’une absurde scène de golf sur tapis synthétique et du symbole récurrent de l’orange, qui renvoyait au souvenir et prend cette fois moins __________ d'importance.Quatre ans plus tard, Isabelle Paquette reprend ce rôle transformé avec bonheur et fierté.«J’ai la chance de jouer ce rôle pour continuer ce qu’a accompli Anik», dit-elle.Elle l’avait incarné à 22 ans; joli défi pour une si jeune interprète, embauchée comme apprentie en 2001, promue au corps de ballet l’année suivante, puis passée demi-soliste en 2003.Même si la hiérarchie n’a plus le sens qu’elle avait au sein des GBC, la danseuse, qui a aussi travaillé avec Dominique Porte et le talentueux Canadien Wen Wei Wang, se sent choyée.«J’ai un beau parcours, je suis chanceuse.» Partage-t-elle les superstitions de sa marraine Anik Bissonnette?Un peu, mais plutôt que de s’attacher à des objets — l’expérience de la perte est cruelle —, sa superstition s’exprime dans la manière de commencer sa journée, le chemin emprunté pour se rendre aux GBC, par exemple.«Cest un réconfort dont les artistes ont besoin pour passer à travers le trac.On a un contrôle sur ces petites choses-là qu'on n’a pas nécessairement sur scène.» Le Devoir Cendrillon, jour après jour, du 18 octobre au 3 novembre, au Théâtre Maisonneuve .fùJii .MM ÎTiiiiiWltilfillf irte QC.i eaw-ixaq Af-jV sail oèiff’Mifiiiy Shernwn de ManonOligny 1 r * LE DEVOIR LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE Entrevue avec Kevin Parent Chanter en anglais pour avoir la paix Le spectacle que le grand gars de Nouvelle présentera mercredi prochain au Club Soda s’intitule Every Now And Then: c’est aussi le titre d’une chanson de son premier album tout en anglais, Fangless Wolf Facing Winter.«At peace with myself like seldom before», y chante-t-il.Tant mieux pour lui.Ou plutôt: good for him?SYLVAIN CORMIER Vieille vérité: sur les disques en français on discerne mieux la voix et on comprend mieux les paroles que sur les disques en anglais.En français, le texte prime, a-lors qu’en anglais, la musique est souveraine et la voix, le plus souvent un instrument parmi d’autres.En français, on fait de la chanson.En anglais, on joue de la musique.Conception périmée?Vous me direz qu’il y a des tas de contre-exemples, surtout quand on joue du rock en groupe et qu’on monte le son.Indeed.Mais plus qu’on ne le pense, la vieille di-'''''to.nie a cours, encore et tou-j ,rs.Demandez à Kevin Parent Un beau cas.Le Gaspésien a grandi en anglais, chanté d’abord le songbook de Neil Young à l’endroit et à l’envers.Et puis il a connu dans les années 90 l’immense succès que l’on sait avec des albums en français dans le texte, sur lesquels, parsemés et notables, se trouvaient quelques titres en anglais, Same Kind, Tom Welch.Et voilà que, ce printemps.Kevin Parent a lancé son premier album entièrement écrit en anglais, Fangless Wolf Facing Winter.Une expérience de studio qu’il dit plus «nourrissante», précisément à cause de l’anglais.«Le plaisir était de jouer, pas de m’exprimer.En français, t’as pas le choix, t’es en avant.Ça Tair d’un cliché de dire ça, mais c’est vrai.C’est vrai pour n’importe quel ingénieur de son en studio: quand arrive le temps du mixage, tu te fais demander si tu veux un mix français ou un mix anglais.» Cette fois-ci, Kevin voulait un «mix anglais».La voix dans la musique.Pas de textes à l’avant-plan, compréhensibles au premier degré.Un peu d’effacement, s.v.p.Welcome l’anglais, histoire de disparaître un peu du collimateur.«C’est une affaire de confiance.Je On sent chez Kevin Parent un désir de réussite, mais pas dévorant ne voulais pas me faire juger après six ou sept ans d’absence.Je ne voulais pas que le “spotlight” soit d’abord sur ce que j’ai à dire.Je ne voulais pas être mal à l’aise.Je suis moins ado qu’avant: c’est moins facile pour moi d’aller au front.Quand je chante en anglais, je suis dans ma zone de confort.Je suis bien dans ma peau.En français, je me compare trop.J’écoute Daniel Bélanger et je me dis que je ne peux pas aller sur ce terrain-là.Ou bien j’écoute Jean Le-loup: lui, ça sort, les mots, une vraie fontaine.Je ne peux pas accoter ça.» La vérité par la maladresse Pourtant, lui dis-je, c’est en français qu’il a écrit ses textes les plus forts: Seigneur, Fréquenter l’oubli.Boomerang.Et non sans raison.Sa maîtrise plus limitée du français l’obligeait à dire ce qu’il ressentait plus crûment, sans le luxe d’un vocabulaire vaste, sans pouvoir tout camoufler sous les métaphores: ça sortait comme ça pouvait, à chaud, à vif.En anglais, sa langue maternelle, Kevin a le choix des images, laisse plus naturellement les phonèmes couler de source.Le résultat, plus lisse, donne moins de prise, enduit de baume les plaies, permet moins l’accès aux démons intérieurs.«Je suis d’accord avec ça.En français, les mots passent plus "rough” dans le coin de la porte, les maladresses me font aller en profondeur.En anglais, c’est le côté plus heureux de moi qu’on entend.Il y a une fluidité que je trouve chaleureuse, réconfortante à l’oreille.C’est moi, ça aussi.C’est surtout moi maintenant.Je suis moins torturé que je l'étais.Je n'ai plus le besoin de solitude que j’avais il y a 15 ans.Dans Can’t Stand This Loneliness, ce que je dis, c’est que le gars est plutôt tanné d’être seul.» Encore faut-il prêter un peu plus l’oreille.Un livret, avec les textes, n’aurait pas nui: drôle d’idée d’Audiogram, il faut ouvrir l’application Opendisc® sur son cédérom pour y accéder.«C’est pas mon choix», se défend Kevin.«On m'a dit chez Audiogram que, dans les albums en anglais, ils mettent pas les paroles.O.K, c’est pas mon département.» Pourquoi Audiogram, d’ailleurs?Après toutes ces années chez Tacca, label dirigé par un Anglo, c’est chez Michel Bélanger, le champion de la chanson francophone, que notre gaillard réalise son vieux rêve d’album en anglais.«Il y avait une ouverture.Michel Bélanger, il sent ce qu’un artiste veut vraiment faire et il l’aide à le faire.Même si c’est pas le succès assuré.» Ne pas recommencer à zéro De fait, on peut parler d’un hard sell.Une vente ardue.Les fans québécois n’ont pas suivi en masse, et le marché anglais demeure à conquérir.«Les ventes ne sont pas là, la radio n’est pas là, mais moi je suis là», résume Kevin en toute candeur.A CHOM, m’apprend-il, les décideurs ont décrété Fangless Wolf Facing Winter «trop “smooth”», malgré le succès à la même station en 2005 de la très pinkfloy-dienne Down In Mexico, chanson écrite par Kevin Parent pour le deuxième album des Pom Flakes.Une percée, pensait-on.«Je pense que c’est le côté Pink Floyd qu’ils ont aimé, le côté classic rock.Oui, ç’a joué pas mal, mais ça n’a pas rendu mon nom familier aux Anglos.C’était présenté seulement comme une toune des Pom Flakes.» Une version dénudée de la chanson est sur l’album, histoire de faire le lien.Quelques vedettes du milieu pop-rock canadien ont également contribué au disque: Damhnait Doyle, Jim Cuddy de Blue Rodeo.«J’ai de bons amis du côté de Toronto, mais le gros de la job est à faire.J’ai comme pas le choix d’y aller, mais je ne veux pas y aller en recommençant à zéro, en faisant les bars, les clubs.On va essayer de passer par des premières parties, avec un show qui a du sens.Faut être crédible.» On sent chez Kevin Parent un désir de réussite, mais pas dévorant.Ce n’est pas Gregory Charles l’affamé.«Je veux faire de la musique, tripper sur scène, mais pas être parti tout le temps.C’est fini, ça.Te maintenir en haut, ça prend toute ta vie.Et ^ J 1 \ w ¦'¦Mr.mZ \\ .JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Quand je chante en anglais, je suis dans ma zone de confort.Je suis bien dans ma peau», souligne le nouveau Kevin Parent, celui de son premier album tout en anglais, Fangless Wolf Facing Winter.moi, ma vie, elle se passe aussi chez nous, en Gaspésie.» Il a son pied-à-terre sur le Plateau, mais retourne à Nouvelle toutes les deux semaines.«J’ai passé tout Tété chez nous.Ça me calme, la Gaspésie.Et puis là-bas, j’ai des succès qui sont plus discrets.Le succès de ma relation avec mon grand-père.Il a 91 ans.Il pêche encore, il fait son bois de chauffage.On fait des “rides”, on jase.C’est précieux.Mon succès, c’est aussi de passer du temps avec mon fils, qui a 14 ans.Lui ne veut pas que je sois là, mais moi, je sais qu’il faut que je sois là.“Father on the go”, c’est ben beau, mais “father present”, c’est mieux.» En anglais comme en français.Collaborateur du Devoir K 5 CwpV'oy _ cfi ('Rc^’tvA' ësMLP-# , \ N .r U /^f \ LL JEUDI 18 OCTOBRE 2007,20H La Géniale Sinfonie di concerti grossi pour flûte de Scarlatti et concertos de Vivaldi et Mancini JEUDI 7 FÉVRIER 2008,20H Apothéoses françaises Pièces en trio de Marin Marais et Les Apothéoses de Lully et Corelli de François Couperin JEUDI 24AVRIL 2008,20H ^ MUSIQUE Tutti col l'Oboe Avec Alfredo Bernardini, hautboïste Œuvres de Telemann, Janitsch, Fasch et Boismortier JEUDI 29 MAI 2008,20H Molière en musique Avec Sophie Faucher et Cari Béchard, comédiens La Turquerie, tirée du Bourgeois gentilhomme de Lully et Suites de ballet, tirées du Malade imaginaire de Charpentier Tous les concerts ont lieu à la Chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours, 400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal ABONNEMENT / PASSEPORT 4 ENTRÉES AUX CONCERTS DE VOTRE CHOIX : RÉGULIER 92 $ AfNÉ 72 $ ÉTUDIANT 40 $ BILLET SIMPLE : RÉGULIER 25 $ AfNÉ 20 $ ÉTUDIANT 12 $ AfNÉ : 65 ANS ET PLUS.ÉTUDIANT : 25 ANS OU MOINS, TEMPS PLEIN, CARTE EXIGÉE.LES BORÉADES DE MONTRÉAL SE RÉSERVENT LE DROIT DE CHANGER LA PROGRAMMATION SANS PRÉAVIS.INFORMATION 514-634-1244 www.boreades.com Québec S S ZZSr’ ^ UüiaBA’SjA Cjpt «MA LA LISTE— OMtfU.LE DEVOIR t y Festival MUSIQyES de Québec ' ' jll sf : - \| Je ejjk - -ftfîS .V m.: - ' ' .*5 Lûcàf'i 0f LjcJSù .U} irésentent leur nouveau spectacle tmuk à mé&it en association avec le Festival de films de Portneuf sur l'environnement, un moyen métrage différent chaque mercredi sera présenté en première partie par la réalisatrice ou le réalisateur H Dècouvrêarun monde de quête et de fête les mercredis 10,17 et 24 octobre 2007 à 20:00 au Lion d'Or 1676 rue Ontario est (coin Papineau) 0r^T-r mtistSvSîf j}./.- ¦**> ¦." «ww.lûprtKheiibi't/wn Billet en vante: à la billetterie articulée (514) 844 2172 oui 866844-2172 et le toir du spectacle au Lion d’Or Coût du billot: 25$ taxes comprise» (hais poui carte de crédit en sus) Fusion MUfllîlll Québec® Québec S V fcriiéru—iwiiu Du 25 octobre au 4 novembre 2007 À l'église Saint-Roch de Québec et au Palais Montcalm Un four du monde, d&ns (’univers du sacré.Vic Vogel | Ensemble Polyphonia Chœurs orthodoxes russes | Hilliard Ensemble Vox Clamantis ] Romulo Larrea j Marathon d’orgue Jordi Savall | Ensemble Anonymus | Natalie Choquette v n îilletech 418-691-7211 11-800-900-7469 | www.billetech.com Québec! 4à VH41 W Québec Information:418-525-9777 11-866-525-9777 | www.festivalmuslquesacroe.i ¦?I Hydro Québec nm, **>*¦**+ «MM» MRS TtlUQ «kæ [fccsüs:' S® *»-*' ?a 5359 L K DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 30 0 7 E fi CULTURE DE VISU Mes de rêve La série d’expos Tangente du Centre canadien d’architecture se termine avec une troublante exposition sur l’architecture comme utopie ÉCHELLES Naoya Hatakeyama Centre canadien d’architecture 1920, rue Bade, Montréal Jusqu’au 3 février JÉRÔME DELGADO exposition s’intitule à juste ' titre Echelles — quoi de plus logique lorsqu’on parle maquettes.Mais les séries photos que l’artiste japonais Naoya Hatakeyama a créées pour le Centre canadien d’architecture (CCA) bousculent bien plus que nos seules notions de grandeur(s).Devant ces images, qui n’ont rien des archives documentaires, un certain malaise nous laisse vite comprendre que les Tokyo et New York représentés sont davantage de l’ordre du fantasme que de celui du concret.Et pourtant, il y a du vrai là-dedans.Obsédée par les idées de grandeur, notre civilisation, autant en Occident qu’en Orient, se berce à l’idée du progrès, du développement.On sait comment cela se traduit en urbanisme: des villes toujours plus grosses, plus démesurées, moins humaines, moins supportables.Toujours séduisantes ou spectaculaires, et pourtant brutales pour celui qui y vit.Le commentaire de Hatekaya-ma n’est pas aussi direct.En tout cas, pas, autant qu’à d’autres occasions.A la Biennale de Venise 2001, il montrait du doigt le cul-de-sac du développement immobilier de la mégapole japonaise avec, entre autres, un diptyque faisant d’un stade une banlieue artificielle.Imaginez le Salon de l’habitation, rue Pierre-de-Cou-bertin, permanent.Le Tokyo vu à vol d’oiseau dans Tokyo/Mori Building ainsi que les New York des deux KARINA GAUVIN ET LE STAB AT MATER DES VIOLONS DU ROY MARDI 3U OCTOBRE 2007, 20h SALLE POLLACK, UNIVERSITÉ McGILL Les Stabat Mater de Pergolesi et Vivaldi et la Sinbnia en si mineur «Al santo sepolcro » et le motet « In furore iustissimae irae» de Vivaldi.Solistes: Karina Gauvin, soprano, Robin Blaze, haute-contre.Direction : Bernard Labadie.ci FONDS de solidarité FTQ Présenté par : Billets et abonnements disponibles « C'est un rendez-vous avec l'émotion que je vous propose.Un poème liturgique d'une touchante beauté, dans des mises en musique poignantes, avec les voix exceptionnelles de Karina Gauvin et Robin Blaze.» BERNARD LABADIE DIRECTEUR MUSICAl LES VIOLONS DU ROY LA CHAPELLE DE QUÉBEC BERNARD LABADIE violonsduroy.com billelterie w Articulée 514 844-2172 1 866 844-2172 Groupe O O fs! financier Québec Ein cm VHJUEDt Québec ,;c*Ô LE DEVOIR DMITRI HVQRQSTGVSKY Un des plus célèbres barytons au monc|ç ri ë “ Une des plus remarquables carrières internationales.Sa uoix est un pur joyau.” U -NEW YORK TIMES L’art de la musique vocale russe avec L'Orchestre de chambre de Moscou L'Académie d'art vocal de Moscou Constantine Orbelian, Direction Samedi, 24 novembre 2007, 20h00 Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts 514 8 4 2.2112 1 866 8 4 2.21 12 www.pda.qc.ca Réseau Admission su 790.1245 Show Om* Entertninment wwwshowoneproductians ca i,i; biAoiii autres suites exposées dans la petite salle «octogonale» du CCA ont cette portée critique.Ne serait-ce que parce que ces villes n’en sont pas.Ce sont des maquettes que l’artiste a photographiées, maquettes si précises et si détaillées qu’une fois «agrandies» sur papier, elles se font admirablement passées pour de «vraies» villes.Dernière d’une sqrie de quatre, l’exposition Échelles conclut Tangente, projet lancé en 2003 invitant des photographes à parler architecture à travers la collection du CCA.Après Alain Paiement, Dieter Appelt et Victor Burgin, Naoya Hatekayama dévoile donc son travail de création qui en a découlé.Son regard sur les rapports entre ville et nature, entre imaginaire et réalisme, valorise ici la maquette architecturale.L’expo s’ouvre d’ailleurs sur cinq photos du CCA.Ce sont cinq moments de l’histoire de l'architecture moderne, cinq exemples de maquettes qui ne cachent pas, elles, le côté fantaisiste et irréaliste de ce travail miniature.L’enfant pris derrière les colonnades du Palais de justice imaginé par Ernest Cormier (photo anonyme de 1925) le prouve bien.Mais cette image exprime aussi, comme le dit le commissaire de Tangente, Hubertus von Amelunxen, que l’architecture, avec Hatekayama, renverse les échelles.Le bâti n’est plus la prolongation de l’humain, comme disait Le Corbusier, il en devient son contraire, des corps sans âme, sans vie.Le moindre coup d’œil attentif sur les photos réalisées par Hatekayama, prises de vue réelles, nous le révèle.Les images ne sont pas seulement des temps d’arrêt de mégapoles qui n’arrêtent jamais; là, tout ce qui pourrait refléter l’activité humaine brille par son absence.L’automo- * • * • » I 1111 Ht" ’ j **•111 Mil MH» '"’l n SiL, mi ; mu Uîi,L!! "" WtthKfI fTl iMt'; *1» H'itîp.• * - I i| i'-~T- « TT T’ * i * i * *, « • * * « « « ¦ iiiihhh»; ; ; : 11 » • illlllM»‘»,t.- llHlMH I f 11IIHH ^ -,f" * dT - .Il ¦ ^ t fer, ~ * vif II g - Ses®**® c 1111 * * I• lH» - i**i • Mjj 111 * 11 * i ijilîfiMf •***«4.11 *« i ï,.-.1 g-,, '** * a|llli« *i .tiMi.V " 1“ ; îT.i 'îï1**, i111, î 111 » ¦ill.1 '•Ml,.1 111111 New York, Window of the World (détail), de Naoya Hatakeyama © NAOYA HATAKEYAMA / COLLECTION CCA COLLOQUE ÉTHIQUE, DROIT ET MUSIQUE Du 18 au 21 octobre 2007 Présenté par la Société québécoise de recherche en musique (SQRM), en collaboration avec le Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal (CREUM) et le Département de musique de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) Thèmes : musique et altérité; éthique et musique du XXe siècle; éthique et improvisation musicale; éthique et esthétique musicale; propriété intellectuelle et droit d’auteur; éthique de la recherche.Horaire et formulaire d’inscription : disponibles au www.sqrm.qc.cayf_acti.htm Inscription sur place le 19 octobre 2007 Renseignements : (514) 987-3000, poste 3942 Jeudi 18 octobre 2007, 19h30 Auditorium du Centre d’archives de Montréal 535, avenue Viger Est, Montréal Conférence inaugurale L’antisémitisme de Wagner : une question esthétique, historique, éthique?Jean-Jacques Nattiez, conférencier (Conférence faisant partie de la série éducative sur l’Holocauste du Centre commémoratif de l’Holocauste à Montréal) Entrée : 10 $ Places limitées, sur réservations.info@sqrm.qc.ca ou (514) 987-3000, poste 3942 Du 19 au 21 octobre 2007 Département de musique -Pavillon Athanase-David Université du Québec à Montréal 1440, rue Saint-Denis, Montréal socim Qutttcoisc ni RECHERCHE EN MUSIQUE bile, par exemple: les autoroutes sont vides, les villes semblent abandonnées.L’exception: la série New York / Tobu World Square.Les vues de cette Grosse Pomme, à l’instar de la photographie humaniste d’un Alfred Stieglitz, font ressortir les lignes élancées de l’architecture moderniste, rythmée par les zones d’ombre et d’ensoleillement.C’est une ville où grouillent passants et voitures, dans une sorte de chaos bien ordonné.Mais ce n’est qu’une maquette, les figures et machines ne sont que des représentations en carton.Il ne s’agit pas d’une photo de New York, mais d’une maquette conservée dans un parc récréatif au Japon.Cette maquette puis les images qui la décortiquent sont la représentation de nos fantasmes, de la ville, sinon idéalisée, du moins fétichisée.Naoya Hatakeyama semble enfin voir dans l’architecture, dans l’urbanisation, une dernière utopie.C’est la maquette qui permet les véritables explorations.L’édifice, une fois bâti, ne peut correspondre au projet rêvé.L’architecture est une fiction que seule la maquette peut illustrer.Et que la photo, en jouant avec son échelle, peut rendre réaliste.Collaborateur dît Devoir ¦r ¦¦ pi pi ¦¦ ip pp pp pp pp IR PI IP IP ¦a pp pi pp fp aa FF ra PP PP pp pp ¦ ¦ BP BP BP PP PP FP PP «P PP Il PP ¦ P PI ¦ ¦ PP PP PR PB PI PP PP ¦ i I PP P RP B BP P Il P Il I ¦ P I PP P IP I PP P ©> NAOYA HATAKEYAMA / COLLECTION CCA New York, Tobu World Square BCHïWITMIQltl ï MOWKtM UQÀM ConMll de recherches en Social Sciences and Humanities sciences humaines du Canada Research Council of Canada •f A» Caaaé* ~ r^Iobss- H LE IWVIIM | + | otCMadT* Canada .X""1 • noraon •jf J N'nfcM'vntort Montréal® TOURISMI Montrai c -;>r FRAME Xw&zm o itaan.ra CCA contact Vint «(Wiii •srfàte WE OWN THE NIGHT (LA NUIT NOUS APPARTIENT) Ecrit et réalisé par James Gray.Avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert Duvall, Eva Mendes.Photographie: Joaquin Baca-Asai.Montage: John Axel-rad.Musique: Wojciech Kllar Etats-Unis, 2007,117 min.MARTIN BILODEAU J âmes Gray tourne peu.S peu en fait (trois films en treize ans) qu’on pourrait presque le soupçonner de vouloir réinventer la roue chaque fois, voire de révolutionner son art pour nous emmener dans des ailleurs radicalement différents.Or ce p’tit gars de Queens, issu d’une famille d’immigrants russes, est un sédentaire chronique, aux sens propre et figuré.Chacun de ses films, conventionnel en surface, subversif en dessous, semble érigé sur les cendres du précédent, avec au cœur les mêmes décors, acteurs, enjeux, etc.Ainsi, We Own the Night poursuit une démarche esthétique courageusement anachronique et antispectaculaire (pour notre monde dopé à la nouveauté), ainsi qu’une réflexion sur le Bien et le Mal, la famille, la trahison, le repentir, bref, toutes ces vertus chrétiennes qui étaient déjà au cœur de IMe Odessa et The Yards.La trinité au centre du film est for- mée du père (Robert Duvall, parfait) , chef de police, du fils (excellent Mark Wahlberg), qui marche dans ses pas, et du mouton noir (admirable Joaquin Phoenk).Ce dernier, Bobby, est gérant d’une boîte de nuit très branchée de Brooklyn, propriété d’un parrain de la mafia russe qui le traite comme son fils.Un parrain qu’il sera éventuellement contraint d’espionner et de moucharder, une vaste opération policière menée par son père et son frère visant à démanteler le réseau de trafic de drogue dont sa boîte de nuit constitue le principal guichet Au-delà des captivants détails de l’intrigue (attentats, revirements, trahisons, chantages, etc.), We Own the Night raconte la tragédie d’un homme qui, en quête d’un père, se retrouve écartelé entre l’un, droit mais SOURCE SONY PICTURES Joaquin Phoenix dans We Own the Night duquel il se sent renié, et l’autre, «croche» mais aimant qu’on le force à renier.Entre ces deux pôles, James Gray, au moyen d’une mise en scène efficace, musclée, jamais poseuse, décline toute une palette de gris, non sans, comme son héros, et à regret, choisir son camp, au mi-tan du film.Dans la continuité des films policiers américains des années 70 fils sont à la mode, vous me direz), le film, solide et bien rythmé, n’est pas dominé par l’action mais poussé par les personnages.Lesquels fascinent jusqu’aux troisièmes rôles, Gray étant un fin scénariste et surtout un redoutable directeur d’acteurs.Outre Phoenk, charismatique et ambigu, la révélation du film demeure la solide Eva Mendes, qui campe une entraîneuse dans la Ixiîte de nuit et petite amie de Bobby.Elément extérieur à l’action, l’actrice, jusqu’ici sous-employée {Training Day, Hitch), campe une sorte de Marie-Madeleine, témoin de la dislocation familiale qui s’opère sous ses yeux, devant laquelle elle se révèle moins ignorante qu’impuissante.Son personnage, du bon côté de la loi et du mauvais côté de la vertu, constitue le repère moral de ce film simple.Si extraordinairement simple en fait qu’on oublie le très haut degré de maîtrise que James Gray a dû atteindre pour le réaliser.Collaborateur du Devoir Improbable réconciliation sur fond de gares THE DARJEEUNG LIMITED Réalisation: Wes Anderson.Scénario: Wes Anderson, Roman Coppola, Jason Schwartzman.Avec Owen Wilson, Adrien Brody, Jason Schwartzman, Angelica Huston.Image: Robert Yeoman.Montage: Andrew Weisblum.Etats-Unis, 2007,91 min.ANDRÉ LAVOIE On ne peut contester à Wes Anderson (The Life Aquatic with Steve Zissou) la singularité de son univers et sa capacité à créer des personnages si déjantés que, échoués dans un autre film, ils ressembleraient à des extraterrestres catapultés hors de leur soucoupe volante.C’est donc sous le signe de la continuité qu’il signe The Darjeeling Limited, un périple en train à travers l’Inde—pour l’Américain moyen, le moyen de transport sera sans doute plus exotique que le pays visité.— alors que trois frères tentent une improbable réconciliation.Rien de mieux qu’un «voyage spirituel» pour ressouder les liens entre Francis (Owen Wilson), Peter (Adrien Brody) et Jack (Jason Schwartzman), et surtout guérir les blessures d’un passé récent, marqué par la mort de leur père et la fuite de leur mère (Angelica Huston), absente aux funérailles et depuis réfugiée dans un monastè- re.Leurs retrouvailles n’ont rien d’idylliques, marquées par les obsessions amoureuses des uns, les traumatismes des autres et les mensonges de tous.Croulant sous les valises, ils passent d’un lieu à l’autre en semant la zizanie ou en se comportant en héros, à la recherche d’une harmonie aux allures de rêve impossible.Cette quête est marquée par l’humour, disons, mélancolique de Wes Anderson, illustrant l’étrangeté des situations et l’incongruité de ses personnages de toutes les manières mais jamais avec une insistance caricaturale.C’est d’ailleurs cette froideur apparente qui fait en sorte que nous semblons observer de loin, voire de très loin, les péripéties et les différends de ce trio désaccordé, chaque figure devenant un archétype aux contours amusants, mais rarement plus que cela.Cette dissection de la psyché masculine s’articule avec un luxe de détails, de références (BUl Murray, la mascotte d’Anderson, ouvre le film avec force pour mieux disparaître) et de couleurs chatoyantes, autant d’atouts qui devraient faire de ce périple un voyage cinématographique inoubliable.Or, au-delà des artifices et des épisodes délirants ou émouvants, dont ce sauvetage de la noyade d’un groupe d’enfants qui constitue l’un des rares temps forts du film, The Darjeeling Limited file à une vitesse moyenne, porté par des personnages dont les tics et les névroses semblent constituer leur seule raison d’être.Il existe bel et bien une manière Wes Anderson, une façon de voir le monde, le sien surtout, qui ne ressemble à aucune autre.Le procédé avait ébloui à ses débuts (Rushnwre) et engendré plus tard quelques poses souvent copiées (les costumes kitsch dans The Royal Tenenbaums), mais il ne semble maintenant s’offrir qu’en version de luxe dans The Darjeeling Limited.Un luxe par ailleurs maladif, où la griffe Marc Jacobs-Louis Vuitton pour la conception des fameuses valises est si ostentatoire que l’on pourrait assimiler les célèbres designers à des scénaristes, sans doute coupables de leur triste fin sur le quai d’une gare, d’un très lourd poids symbotique.Ironiquement, le film est coiffé (sur l’éventuel DVD et sur Internet mais pas en salle) d’un charmant court métrage intitulé Hôtel Chevalier, film de chambre au parfum parisien où s’affrontent dans un combat amoureux le personnage de Jason Schwartzman et celui de Natalie Portman, souvent évoqué mais qui n’apparaît qu’une seconde dans The Darjeeling Limited.Les spectateurs sont privés d’un amusant clin d’œil, d’un complément modeste mais significatif du monde parallèle de Wes Anderson.Son absence sur grand écran s’inscrit dans une logique qui n’appartient qu’au cinéaste.Malheureusement Collaborateur du Devoir Mgismenta, fomubint ch participation, viotonnament ai tous he détails ville.montreaLqc.ca/biblio V 'Vy- v - ^iSSTOîfe AJIOM ¥ T* ri Concours vidéo du Réseau des bibliothèques publiques de Montréal Du 4 octobre 2007 au 31 janvier 2008 MÊÈMÊïÊmi IPÉppf ¦ ii : ’ L'PI : / Wv \ ,i ' i » IIIIIéiI1 ' / , , , J .!¦' ; .ç, .\ Il L u l a ë'a'r ¦ 'I tr bibliothèque* j I 16 OOO $ à gagner! XmmN "Ztyr-WMiTVÆ ( LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2 0 0 7 CINEMA SOURCE FUN FILMS On retrouve dans Jardins d’automne, d’Otar losseliani, la vieille culture de haute bourgeoisie qui hante ses œuvres, culture raillée, reniée par lui, mais toujours représentée.Joyeuse cacophonie JARDINS D’AUTOMNE Réalisation et scénario: Otar losseliani.Avec Séverin Blanchet, Michel Piccoli, Muriel Motte, Pascal Vincent Image: William Lubtehansky.Montage: Otar losseliani et Ewa Lenkiewicz.Musique: Nicolas Zourabichvili.ODILE TREMBLAY Otar losseliani ne ressemble qu’à lui-même.Géorgien d’origine, installé depuis 30 ans à Paris, il a gardé un sens de la collectivité masculine — repas bien arrosés et chants en chœur —, un amour du burlesque, de la métaphore.Son dernier film, Jardins d’automne, qui n’est pas son meilleur, porte du moins sa marque.On y retrouve la vieille culture de haute bourgeoisie qui hante ses œuvres, culture raillée, reniée par lui, mais toujours représentée.On n’échappe pas à ses racines.Le cinéaste à’Adieu, plancher des vaches, de La Chasse aux papillons et de Lundi matin a toujours traîné ses bagages géorgiens en France, sans pouvoir les déposer.Mais il déborde ici du champ de la famille et met en scène à Paris (ce pourrait être n’importe quelle autre ville) toutes les couches sociales.Réalisme et crédibilité des situations sont ici des notions incongrues.Jardins d’automne constitue une fable sur le pouvoir et la liberté, l’un ne couchant pas toujours dans le lit de l’autre.L’histoire est celle d’un ministre (Séverin Blanchet, acteur inconnu au bataillon, ami du cinéaste, assez insignifiant au demeurant) qui quitte son emploi pour des raisons indéterminées et perd tout, sa belle et onéreuse maîtresse, sa demeure princière et, surtout, le pouvoir.Le voici, consolé par sa vieille maman, qui retrouve le goût du partage avec les copains.Que la vieille maman soit incarnée par un Michel Piccoli à chignon et à grande jupe consti- À vouloir embrasser les drames et les joies de toutes les couches sociales en un seul film, losseliani sombre souvent dans le chaos tue un des éléments les plus rigolos de Jardins d’automne.losseliani finit souvent par apparaître dans ses films.Il devient un artiste vagabond, à la sagesse truculente, philosophe du macadam.La trame musicale, toujours importante dans les films de losseliani, est savoureuse.Ses films se goûtent aussi par l’oreille.Quant au reste, faute d’une ligne directrice très précise, passant du monde des émigrés sans papiers qui squattent en grappe un appartement aux alcôves des ministres et au peuple des sans-domicile fixe, losseliani ratisse bien large.Il parsème aussi son film de popes avinés, de jaguars apprivoisés, de domestiques en livrée, d’alcool, bien entendu, tant il est lui-même gros buveur, cet alcool cimentant ici des amitiés viriles, car les femmes n’ont pas le beau rôle (hormis celle que joue Piccoli).Cette joyeuse cacophonie aurait eu besoin de quelques lignes de force: à vouloir embrasser les drames et les joies de toutes les couches sociales en un seul film, losseliani sombre souvent dans le chaos.Quelques épisodes de grand burlesque, des moments d’amitié charment l’œil et l’esprit, surtout quand Piccoli s'en mêle, mais Jardins d’automne souffre de sa confusion structurelle du début à la fin et de sa morale du pouvoir-qui-n’apporte-pas-le-bonheur, en fin de compte assez simpliste.Le Devoir ARCHAMBAULT’* PALMARÈS DVD «UN TRES GRAND FILM OU ROY DUPUIS CONFIRME SON GÉNIE.» Mario Roy.éditorialiste - LA PRESSE ?mtum «Une grande énergie, un excellent montage et aucun temps mod.UN FILM PUISSAMMENT RYTHMÉ! Dans la peau de cet officier québécois.Roy Dupuis est franchement EXTRAORDINAIRE!» Odile tremblay-LE DEVOIR « Le sujet écrase tout, le but est atteint.ON SORT DU FILM ESTOMAQUÉ!» Juliette Ruer - CYBERPRESSE « Roy Dupuis offre une performance COLOSSALE!.Normand Ptovencber - LE SOLEIL ROY DUPUIS '"'Serré LA Mai Nés TAB'J Fimj •ÊJ.ÏCT D’APRES LE BEST,SELLER DU LIEUTENANT GÉNÉRAI ROMÉO DALLAI RF '«i ».sn 0,„ * * « -• < «yf $ A * ! ^ HOMEODAUAIREFOUNDATION.COM 1À L’AFFICHE! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES ?ES CINÉMAS Rimltats das ventes Du 2 au 8 octobre 2007 «OUBICWMBM FANTASTIC 4 JUNGLE BOOK ELTON JOHN i Elton 60: Live at New York DAVID GILMOUR Remember that Night B B CSI: VEGAS Season 4 NATHALIE LAMBERT Cardio Fever CSI: VEGAS Season 5 NATHALIE LAMBERT Cardio Latino SMALLVILLE Season 6 CSI: MIAMI Season 1 TOUPIE ET BINOU L’Halloween de Toupie OVER THE HEDGE LES CALI HOURS Le secret de la boîte SAMANTHA OUPSI Volume 4 THE LORD OF THE RINGS TMOLOGY CSI : MIAMI Season 2 CSI : MIAMI Season 3 BARBIE ; The Island Princess Passion sans issue LUST, CAUTION (DÉSIR, DANGER) Réalisation: Ang Lee.Scénario: James Shamus et Wang Hui Ling, d’après une nouvelle d’Eileen Chang.Avec Tony Leung Chiu-Wai, Tang Wei, Joan Chen, Wang Leehom, Tou Chung Hua.Image: Rodrigo Prieto.Musique: Alexandre Desplat Montage: Tun Squyres.ODILE TREMBLAY Lauréat du prestigieux Lion d’or au dernier Festival de Venise (son deuxième après Brokeback Mountain), Ang Lee marque avec Lust, Caution son retour en Orient L’action se déroule dans le Shanghai de 1942 sous occupation japonaise.Le film est adapté d'une nouvelle d’Eileen Chang, qui possède un statut d’écrivain mythique en Chine.Un des grands mérites d’Ang Lee est de ne jamais demeurer cantonné à un genre, même après y avoir récolté un immense succès.L’oscarisé de Brokeback Mountain avait depuis longtemps montré l’étendue de son registre en livrant en des coins du monde divers, des œuvres aussi différentes que Eat Drink Man Woman, Sense and Sensibility, The Ice Storm, Crouching Tiger, Hidden Dragon.Il s’est révélé aussi à Taise dans l’Amérique profonde que dans une Asie légendaire ou tissée de rituels quotidiens contemporains.Lust, Caution est une histoire d’amour qui flirte avec tous les dangers, montrant deux amants en bêtes féroces enlacées qui peuvent donner le coup de griffe fatal à chaque instant.Car entre la jeune résistante Wong Chia Chi (Tang Wei, intéressante nouvelle venue au cinéma) et le féroce collaborateur Mr.Yee (fantastique Tony Leung) qu’elle est chargée de trahir et de livrer à la mort, la passion (réelle) ne peut qu’être sans issue.Souvent les cinéastes asiatiques réussissent mieux leurs scènes amoureuses que leurs homologues occidentaux, éloignés du puritanisme chrétien, si réducteur.SOURCE ALLIANCE L’action de Lust, Caution, d’Ang Lee, se déroule dans le Shanghai de 1942 sous occupation japonaise.Les références au Casablanca de Michael Curtiz sautent aux yeux: l’arrière-fond de guerre, les amours impossibles, l’espionnage, le danger, les bagnoles rondes et rutilantes, chargées dans l’imaginaire collectif d’images inquiétantes, hantent les < ‘ Ici, les étreintes de la résistante et du tortionnaire qu’elle traque sont belles, brutales et érotiques, vrai duel sur couette, dont l’animalité puissante crève l’écran.Les sentiments sont tus et le désir plane.A travers une mise en scène fluide et hautement maîtrisée, le perfectionnisme d’Ang Lee explose dans chaque détail des costumes, des décors, comme dans cette atmosphère de suspense, où le drame politique de la Chine envahie prend le visage de jeunes idéalistes que les conquérants veulent broyer.Question d’époque (même année: 1942) et de coups de chapeau, les références de Lust, Caution au Casablanca de Michael Curtiz sautent aux yeux.L’arrière-fond de guerre, les amours impossibles, l’espionnage, le danger, les bagnoles rondes et rutilantes, chargées dans l’imaginaire collectif d’images inquiétantes, hantent les deux films à 65 ans d’intervalle.On sent aussi flotter Tombre de Wong Kar-wai avec son In the Mood for Love (plus lancinant, tout de même).L’esthétique des costumes féminins aux cols chinois montants confère un cachet de sophistication aux deux films.Le beau visage de Tang Wei, sa grâce, son élégance s’offrent des airs de la mythique Maggie Cheung.Tony Leung avait remporté le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle dans cet extraordinaire In the Mood for Love.Sa forte présence ici ajoute un lien entre les deux films.L’acteur chinois emprunte des postures et des mimiques à Humphrey Bogart, ce qui nous ramène à Casablanca.Jamais Tony Leung n’a dégagé un tel charisme que dans Lust, Caution, où il crève l’écran.Le film, de facture supérieure mais classique à sa manière, ne ; deux films possède pas la griffe géniale qu’Ang Lee imprime sur ses meilleures productions.Sans doute parce que Lust, Caution, qui s’égare au départ dans la superbe mécanique de sa mise en situation, entre jeu de Mahjong et rétutions de conspirateurs amateurs, ne prend sa vraie puissance qu’en seconde partie.Le souffle du film est inégal, même si la transformation de l’héroïne, qui passe d’oie blanche à maîtresse avertie, mérite d’être développée.Mais la seconde partie, vraiment haletante, qui crève la surface de la joliesse d’ensemble, en des enlacements érotiques violents et incendiaires, dégage une rare tension dramatique, où tous les éléments du film noir explosent pour entraîner les héros aux contins d’eux-mêmes, en des zones d’où nui ne revient Le Devoir IrAicVî «.un condensé (te bonheur el d’optimisme.rts sont si rares les films qui font du bien à l’âme.» Catherine Frot « .la célèbre Interprète d'Amélie Poulain (.) offre une solide performance.» ^ - MARC-ANDRÉ LUSSIER.LA PRlSSe ' « Comédie romantique rythmée et pétillante.» - MAXIME DEMERS, L£ JOURNAL M HOHTFÉAL c;-A.GJsrAJNnr WTf': tl ASO PRIX nés A MF U l * i wm m.im Hijrü* i'» M’ .nui ¦ < (.Il 1 n*; IVMV.L VUKK-h FRUKL U 1H\ IM SAC.Ml R h Mt inrutmv.t «yum < vmm.iik " ’ "r IH fUU'll.l Mhert t Vupontel ( — Odette Toulemonde ur Wap Eric Emmanuel Schmitt H PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE CONSULTEZ LES GUIDES HORAIRES DES CINÉMAS f i mm Audrey ï W ‘ TAUTOU horsdeprix | ».crttjrv.fo WWW.HORSDEPRIX-tEFILM.COM ' ^ ?JN SECRET ; CL AU 1)1, MILLtR g A l’affiche î CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS , g À L’AFFICHE CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS JN HLM Ut GUILLAUME SYLVESTRE «•*¦«>.« mi GUILLAUME snvKTtt OAMO —«.mSCHAJVl »*, SIMON BMN mu MAJtC lALONDC PCOCUCnCNIAOGMf TVA HUAS À L'AFFICHE U 19 OCTOBRE de DavidzStfÉNni.-MHinv Un nouveau drame explosif.une exploration provocante de la haine dans notre société.- 1UÏIDRONTO SISII Finaliste «ni Oscars en 2000 DAVID STRATH AI RN Wow! Puissant et bien fait ! - VIDHWtWS org Puissant et provocant.Steel foes est remarquable.- ASHLAND DAIIY TIDINGS ANDREW W.WALKER STEETTOES UN FILM ni DAVID GOW unf PRonucfiON GALAFILM ni SUI!) MM m «t(i UH Mil IIlNISillPiiüilr! Smlllf flttniRiEM ÜJïilffiSIffl « MM i»i Mut M fl» U MH MU «ta ikiplr W Cuti MM» tlMSIBHIt HOU Ml nfc LM U ti icipliM liMijn M (WM .Mini MW i» W IM il iff! (i lui» m iM EH il Wll M IMIrnt Idw' (Andin Wilker).WMln film fnlnil - Meilleur lilm Html) Hills hln lestml • Meillttr Sietan.MeM fKl .i I'1- F'ilmoplu'n lllM Imcmiiti.m.i' PASCALE BUSSiÈRES ._ ._ _ Version originel* onglslto Version originels anglslss svse sous litres frengele PRESENTEMENT ompjmamo—^ r———, _ À I 'A EFlf-’W Et ^ FORUM 22 COTE-DES NEIGES LtJ A L Arril-nE! îaUStgCatheringW B7QO ch.Côlg dgg Nglugg I 1352» DÈS LE 19 OCTOBRE 1 E 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2007 CINEMA PEDRO RUIZ LE DEVOIR Dans son nouveau film, La Capture, Carole Laure aborde la violence domestique, qui détruit les familles.Carole Laure, prise 3 Son troisième long métrage, La Capture, sera projeté lundi et mardi au Festival du nouveau cinéma avant de prendre l’affiche en salle dès vendredi prochain.ODILE TREMBLAY Depuis que l’ancienne égérie de Gilles Carie s’est piquée de devenir réalisatrice, elle a accouché en 2001 des Füs de Marie, où elle se mettait en scène, en 2003 de CQ2 (Tout près du sol), qui donnait la vedette à sa fille.L’un et l’autre sélectionnés à la Semaine de la critique, à Cannes.Carole Laure possède l’indéniable mérite de s’améliorer d’un film à l’autre.Son nouveau métier de cinéaste l’entraîne dans des avenues d’apprentissage, où elle manque d’assurance.«Est-ce que mon film va marcher?», se demande-t-elle, inquiète.Les deux premières fois, le public ne s’est guère pointé au rendez-vous.Elle espère le conquérir cette fois-ci.«La Capture •sortira sur huit ou dix écrans.CQ2 n’avait eu droit qu'à un écran.Il y a du progrès.» Ses thèmes de prédilection tournent autour de la famille, réelle ou reconstituée, des drames humains, de la résilience surtout, cette faculté de survivre aux traumatismes qui sont le lot de ses héroïnes alter ego.«H faut continuer, vivre et s'en sortir», estime-t-elle.Le cycle de la violence La Capture aborde la violence domestique, qui détruit les familles.Le lilm parle aussi de revanche et de catharsis, car Rose, la jeune fille au centre du film, confrontée toute son enfance à la violence paternelle, se rebiffera.Ni Carole Laure ni sa fille Clara Furey ne tiennent l’affiche cette fois.«Catherine de Léon possédait cette beauté qui se jouait hors du champ de la séduction.Elle avait l’énergie, le talent du rôle.C’était elle.» Pascale Bussières incarne la mère et Laqrent Lucas, le père bourreau.«A 42 ans, Pascale peut être crédible en mère d’une fille de l’âge de Catherine.Son personnage s’est marié jeune.Mais c’est la première fois que Pascale joue une victime aussi passive.Elle parie avec son corps, joue avec son regard.Quant à Laurent Imcos, il est beau et carnassier, doté d’un profil inquiétant.Parfait pour le rôle.Dans le film, je l’ai voulu en général franchement méchant, à l’exception d’une scène très dialoguée où il tente d'attirer sa fille de son côté, en humiliant la mère.» Sur le thème de la violence domestique, Carole Laure s’avoue, sinon incollable, du moins très documentée.Les scènes sanglantes, récurrentes, ne sont à ses yeux nullement exagérées, même dans les milieux aisés.Pas plus rares que ce silence de la mère qui a toujours refrisé de dénoncer son agresseur.Dans La Capture, Rose a vingt ans et cache à son amoureux l’horreur de son enfance, jusqu’à ce qu’au hasard d’une visite dans sa banlieue natale de Châteauguay, elle soit confrontée de nouveau au malheur de sa mère, ainsi qu’à la fuite de son frère de seize ans.Celui-ci s’est retrouvé chez un autre père abuseur, recréant le cercle de la violence.«J’ai voulu traiter du réalisme de la violence, mais aussi de son réalisme psychique, de ses conséquences sur le paysage mental des victimes.» Carole Laure a demandé à Jean- Marc Dalpé de l’aider à structurer son film, en insérant des scènes oniriques parmi les épisodes dramatiques.«H fut d’une grande aide à l’écriture.Le but était de pénétrer l’esprit de la fille, de voir les choses à travers ses yeux.Les abuseurs ne bougent pas, ni ne reconnaissent leurs crimes.C’est la jeune fille ici qui change, qui prend sa mère et son frère sur ses épaules, sacrifie son chum, perd des plumes, mais apprend à occuper sa place, à vivre sa rage jusqu’au bout.» Le monde de la danse baigne les films de Carole Laure.Ici, Rose travaille à Montréal dans un atelier d’expression corporelle.«Plutôt que la danse, j’ai montré l'expression d’une agressivité animale à évacuer» Carole Laure aime jouer avec les symboles: ainsi, la fuite dans la forêt, quand l’agresseur est bloqué par une armée de majorettes, et à la fin cette chorégraphie d’un groupe masculin que la belle va tuer de façon métaphorique.Ailleurs, des animaux sont mis à contribution pour renvoyer le père à son animalité.Complices de la fille dans sa revanche: de vieilles dames, incarnées par Janine Sutto et Huguette Oligny.«Elles me font penser à mes soeurs^ adoptives qui ont plus de 80 ans.À cet âge, les femmes n’ont rien à perdre, ni rien à prouver.Elles possèdent une vraie nonchalance.» Carole Laure veut bel et bien s’améliorer.Comment?«En allant de plus en plus vers la collaboration», dit-elle.En tout cas, son prochain projet, à l’étape de l’écriture, sera plus léger que les trois autres.«Je coscénarise une comédie musicale.Après trois longs métrages en cinq ans, pas question de lâcher.» Le Devoir Un bijou d’humour vitriolique DEATH AT A FUNERAL (V.F.: JOYEUSES FUNÉRAILLES) Réalisation: Frank Oz.Scénario: Dean Craig.Avec Matthew Macfadyen, Keeley Hawes, Rupert Graves, Ewen Bremner.Image: Oliver Curtis.Montage: Ber-verly Mills.Musique: Murray Gold.Grande-Bretagne-Etats-Unis, 2007,90 min.ANDRÉ LAVOIE Les échecs cuisants doiment parfois aux cinéastes qui les subissent de véritables bienfaits thérapeutiques.Parlez-en au réalisateur américain Frank Oz, coupable d’avoir réalisé The Stepjbrd Wives avec Nicole Kidman, une fantaisie banlieusarde et frituriste qui menait tout le monde, y compris le spectateur, dans un triste cul-de-sac narratif.Ce ratage avait tout de même coûté 90 millions de dollars.C’est en Angleterre qu’Oz a trouvé un second souffle avec Death at a Funeral, une satire délirante à la modestie évidente, enrobée d’un charme bien briti-s/i et se déroulant à un rythme de sitcom américaine, celui qui a fait le succès, entre autres, de In & Out.Et vous ne trouverez pas en ce moment sur les écrans plus beau bijou d’humour vitriolique doublé d’une galerie de personnages dont l’apparente banalité camoufle une énergie comique dévastatrice.Tout cela autour d’un cercueil.Le père de Daniel (Matthew Macfadyen) repose en paix, mais le défunt est bien le seul à afficher une certaine quiétude dans cette maisonnée où se tiennent les funérailles.Que l’embaumeur se soit d’abord trompé de cercueil, c’est une chose; que certains convives soient sous l’influence (involontaire) de drogues hallucinogènes, que d’autres cadavres s’accumulent mais cette fois dans les placards, et qu'un invité mystérieux (Peter Dinklage), inconnu de tous, révèle, par sa seule présence, des pans obscurs du disparu, cela donne à cette cérémonie des adieux des couleurs qui n’ont rien à voir avec celle du deuil.Tout respire l’intelligence et un sens évident du timing dans Death at a Funeral, à commencer par l’introduction de toute cette faune, faite de manière ordonnée, permettant ainsi au récit de prendre peu à peu, et sans confusion, son rythme de croisière.jusqu’à opter pour la vitesse affolante d’une Formule 1.Rarement, dans un espace aussi restreint (et qui ne sent jamais le studio), autant de figures farfelues et de péripéties aussi absurdes n’ont cessé de se voler la vedette.Ce n’est pas le cas de cette distribution éclatante au service de cette comédie pétillante, merveilleuse réunion d’acteurs donnant un réel supplément d’âme à une histoire en rien mortuaire.Collaborateur du Devoir Du 27 octobre au 1er novembre, les projecteurs se tournent vers Rouyn-Noranda Le peuple invisible Première mondiale dins et Robert Monderie.Le bonheur d'Emmq Emma's giück de Sven Taddicken La belle empoisonneuse Première nord-américaine de Richard Jutras Continental, un film sans fusil de Stéphane Lafleur 4 mois, 3 semaines et 2 jours 4 luni, 3 saptaminï si 2 zile Palme d'or (Cannes 2007) de Cristian Mungtu La brunante de Fernand Dansefeau L'âge des ténèbres de Denys Arcand www.festivalcinema.ca a* Hydro Québec Québec „ È?TELEFILM I CANADA f
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