Le devoir, 13 octobre 2007, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2007 -SKy i tiSM scienti aes a %o 'fièvà mm ¦ Que l’univers universitaire déborde largement des institutions qui abritent les professeurs et chercheurs qui y œuvrent, cela se comprend vite quand on s’arrête aux sujets des études et qu’on énumère les multiples réalisations des lauréats des prix remis en 2007 par l’Association francophone pour le savoir, l’Acfas.Et plus d’un et d’une de ses éminences, moins «grises» qu’on ne le croit, a le Québec dans sa mire.-J NORMAND THÉRIAULT lie est chercheuse de réputation mondiale.Elle a le profil type de ce que l’imagination populaire conçoit, elle qui vit la tête tournée vers les étoiles.Pour Victoria Kaspi, le monde est fait de magnétars et de pulsars, de ces objets distants que l’on ne peut qu’entendre, faiblement doit-on le rappeler, car on ne peut voir ces objets distants dont la taille ne dépasse souvent pas dans un sens les 20 kilomètres.«Si on prend un téléphone cellulaire et qu’on le met sur la Lune, son signal, capté depuis la Terre, est un million de fois plus puissant que celui de la plupart des étoiles à neutrons dans la Voie lactée», informe ainsi cette jeune chercheuse née au Texas et dont le parcours a fait de McGill son lieu d’adoption.Parmi les lauréats en 2007 des prix de l’Acfas, un autre aussi a utilisé son souci de curiosité pour en arriver à «fouiller» dans d’autres méandres, à l’intérieur de notre corps.«Je veux savoir le pourquoi des choses.Je me rappelle que, longue je foisais mes études de médecine, je désirais comprendre pourquoi une maladie a telle ou telle conséquence.J’étais donc naturellement intéressé par les phénomènes de base qui expliquent la biologie humaine.» André VeiDette, oncologue, est ainsi devenu spécialiste des systèmes immunitaires.Place publique Tous les chercheurs ne se retrouvent toutefois pas toujours dans les laboratoires ou les salles d’ordinateurs.La voix d’Yves Gingras nous est ainsi connue, lui qui est l’auteur de plus d’une chronique des Annéestumière sur la Première Chaîne de RadioCanada.L’écriture de Lise Gauvin est aussi familière aux lecteurs du Devoir, car ne rend-elle point compte régulièrement de la littérature francophone dans les pages du cahier Livres?Quant à François-Marc Gagnon, pour qui n’a pas lu ces ouvrages sur l’art québécois, sa figure est pourtant connue, ayant été vue et revue sur les ondes de la Télé-Université: «Je considère ces deux cours télévisés comme l’une de mes principales réalisations et celle qui a eu le plus d’impact sur le public en général.Us lui ont foit mieux connaître la peinture moderne au Québec et l’ont ouvert à la peinture moderne internationale plus efficacement que tous mes livres* Ces chercheurs seraient donc des vulgarisateurs?Au départ, sûrement pas.Le travail premier de Gauvin a été d’inscrire la littérature québécoise dans la littérature universelle, reliant les œuvres d’ici à celles de la francophonie dans son ensemble, et aux lettres françaises en particulier.Gagnon, quant à lui, a établi les normes et posé les fondations d’une histoire de Tart québécois contemporain.Et l’objectif premier poursuivi par Gingras est de «comprendre la transformation de l’histoire des sciences au Québec et au Canada».Chez un autre Gagnon, Alain cette fois-ci, ses travaux en science politique le poussent vers un engagement dans cette sphère.Pour un de ses pairs, René Côté, le doyen de la faculté qui l’accueille à l’UQAM, «les travaux du professeur Gagnon ont contribué à décloisonner l’étude de la société québécoise, la situant dans son contexte continental et international, à promouvoir de nouvelles approches conceptuelles et théoriques en sciences sociales ainsi qu’à placer le Québec et le Canada au cœur des débats qui se- couent la communauté scientifique internationale».Œuvre utile Toute réflexion qui établirait qu’un professeur ou un chercheur est d’abord un théoricien de la «chose» ne rendrait cependant pas compte de toute la réalité universitaire.Un Donald Smith n’a ainsi point oublié ses origines terriennes et ses recherches sur l’azote l’ont amené à découvrir la façon utile de faire pousser les plantes: la culture du soja a été transformée par les produits qu’une compagnie, maintenant intégrée à une multinationale américaine, distribue.Un autre, Jean Caron, est l’homme derrière des entreprises qui œuvrent sur la fertilisation des sols: sans lui, cet Aquamat, commercialisé par la firme Soleno Textiles et devenu Hydroswitch pour la firme Texel, n’aurait pas le succès connu en horticulture, et Hortau ne serait point en mesure d’embaucher quatre employés pour distribuer en Californie les produits d’une technologie développée à Lévis.' ' Et si Edith Hamel connaît une carrière de haut vol, elle est aussi femme de laboratoires industriels.Il était inévitable que ses travaux sur la migraine et la vascularisation du cerveau intéressent les entreprises: elle a donc œuvré un temps en France chez Synthélabo, devenue aujourd’hui Sanofi Aventis, avant d’être titulaire, toujours dans «ce vieux pays», de la chaire inter-nationalç de recherche Blaise-Pas-cal de l’Ecole normale supérieure.Elle poursuit maintenant ses recherches sur la maladie d’Alzheimer au sein de l’Institut neurologique de Montréal.Relève conforme Si les aînés allient recherche et territoire local, il semble que la relève suive cette voie.Une Marie-Hélène Breault serait loin des préoccupations quotidiennes, elle qui étudie le personnage de l’opéra, dans l’œuvre de Stockhausen plus précisément, quand une Julie Auger est bien pratique: sa science politique l’amène à évaluer l’influence du bioterrorisme dans les politiques gouvernementales.Et U est difficile de trouver plus québécois que le bouleau.Pour un Charles Gauthier, le bétulinol et l’acide bétulinique, deux substances extraites de son écorce, seraient des composantes de médicaments destinés à guérir plus d’un mal, et sa coloration aurait pour Myriam Drouin des usages dans l’industrie du meuble et du design d’intérieur, servant à transformer l’apparence des meubles.Si la recherche québécoise a une portée universelle, ce qui est nécessaire pour qu’elle soit utile, il semble qu’elle y parvienne en gardant le Québec dans sa mémoire.Le Devoir ai a®* ar ïTPT üîmmin - >'-• m â ,'Mï m « rai toujours cru que travailler en histoire de Vart canadien était la tâche la plus passionnante qui soit Heureusement, nous sommes quelques-uns à partager cet avis.» M.François-Marc Gagnon Lauréat 2007 du Prix André-Laurendeau Sciences humaines CLICHÉ RÉPÉTÉ À ÉCLAIRAGE DIFFÉRENT EN RAISON DU TEXTE IMPRIMÉ SUR FOND GRIS OU DE COULEUR LE D E V 0 1 R, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2007 G 2 ACFAS Prix André-Laurendeau « Que signifie être écrivain québécois ?» Le parcours de Lise Gauvin en francophonie Essayiste, nouvelliste, critique littéraire, professeure émérite à TUniversité de Montréal, membre de la Société royale du Canada, de l’Académie des lettres du Québec et de l’Ordre des francophones d’Amérique, Lise Gauvin est colauréate du prix André-Laurendeau pour 1 MICHÈLE PONTBRIAND Bien connue des lecteurs du Devoir pour ses chroniques sur les littératures francophones et reconnue aussi pour ses interventions publiques percutantes, Lise Gauvin s’est révélée au cours des années une figure incontournable de la littérature québécoise.Le prix André-Laurendeau souligne son rayonnement dans la francophonie internationale avec une mention particulière pour La Fabrique de la langue, de François Rabelais à Réjean Ducharme (Seuil, coll.«Points/essais», 2004), Lan-gagement, l’écrivain et la langue au Québec (Boréal, 2000) et L’Écrivain francophone à la croisée des langues (Karthala, 1997, prix Fran-ce-Québec 1999).Filiations et synthèse Ces quelques titres, s’ils ne rendent pas compte de l’ensemble de ses réalisations, permettent toutefois d’en saisir un apport essentiel: celui d’établir des filiations, de signaler des points de repère, de créer des liens.Pour Lise Gauvin, la langue et l’écriture se situent au cœur des forces vives du monde.En se penchant sur le rôle qu’a joué la revue Parti pris (1963-68) dans l’évolution des idées et de la littérature au Québec, en étudiant le rapport que les écrivains entretiennent avec leur langue, tant au 'ensemble de son œuvre.Québec qu’ailleurs dans la francophonie, Use Gauvin peint une immense fresque, jamais achevée, toujours ouverte sur l’acte d’écrire en français tel qu’il s’inscrit dans le littéraire, le culturel et le politique.«À mon retour de France, après des études en lettres aux universités Laval, de Vienne et de Paris-Sorbonne, j’ai été fascinée par la question qu’avait posée Parti pris.- que signifie être écrivain québécois?» C’est l’amorce d’une recherche approfondie et partagée dans toute la francophonie (innombrables colloques, conférences, etc.) dont La Fabrique de la langue constitue la synthèse et l’aboutissement.L’œuvre dresse un «historique lumineux» (Le Monde) de la problématique des rapports entre langue et fiction.«Tout écrivain doit trouver sa langue dans la langue commune, écrit Lise Gauvin dans La Fabrique de la langue, mais la surconscience linguistique, ce doute qui affecte l’écrivain francophone, et qu'il partage avec d’autres minoritaires, l’installe encore davantage dans l’univers du relatif, de l’a-normatif.Ici, rien ne va de soi.La langue, pour lui, est sans cesse d (re)conquérir.» «Parfois je m’invente, tel un naufragé, dans toute l’étendue de ma langue.» «Cette phrase de Miron témoigne de ce que cet inconfort dans la langue peut avoir à la fois d’exacerbé et de fécond.» SOURCE ACFAS Lise Gauvin se consacre à l’enseignement, à la recherche et à l’écriture depuis plus de 30 ans.L’avenir du français par l’oralité et par les liens Un apport majeur de La Fabrique de la langue consiste à faire ressortir clairement l’importante participation de la langue orale et de ses constantes mutations à la longue élaboration de la langue écrite.De plus, «.des liens se tissent d’une littérature à une autre.La littérature hexagonale perd peu à peu sa position dominante dans l’ensemble de la production en langue française».N’est-il pas justifié de voir alors dans l’apport des multiples littératures de la francophonie un espoir pour l’avenir du français?A l’encontre de ceux qui voient dans la «novlangue» technocratique et dans la lingua franca des marchés boursiers une menace pour la pérennité de la langue française, Lise Gauvin demeure optimiste: «Une langue parlée servant à la communication et à l’expression demeure une langue vivante, à condition d’être utile à tous les échelons de la société.» Devant la perspicacité du regard posé par La Fabrique de la langue, faut-il s’étonner de l’accueil reçu par cet ouvrage?Salué unanimement par la critique française et recensé deux fois dans le prestigieux journal Le Monde, La Fabrique de la langue relève avec succès le défi de s’adresser à un vaste public sans perdre de vue l’aspect rigoureux du propos.Son importance a aussi été consacrée par la mention spéciale du jury du Grand Prix de la critique 2004 décerné par le PEN français.Des enjeux de langue aux enjeux de vie «Le monde est un grand texte qu’il appartient à chacun de lire et de déchiffrer à sa guise», selon la narratrice de A une enfant d’un autre siècle (Leméac, 1997).A la fois journal et carnet de voyage, ces pages relatent des événements du quotidien en les juxtaposant avec justesse à des interrogations et à des réflexions évoquées dans les recherches savantes.Ces confidences, tout en nuances et en finesse, reprennent dans une langue limpide ce que la chercheuse a partagé depuis le tout début: une passion pour 1^ littérature et pour l’écriture.«Écrire, y lit-on, c’est aller à la rencontre de cette étrangeté, en nous et hors de nous, sachant qu’il n’y a de littérature que dans l’inconfort et l’intranquillité.» Ce second essai-fiction fait écho au précédent, paru en 1984, Lettres d’une autre (6e édition, Typo-L’Hexagone, 2007).Une femme venue d’ailleurs y parle de la littérature d’ici, de la situation des femmes et des enjeux politiques et culturels du Québec.En 2007, ces enjeux sont toujours d’actualité.Cette inquiétude pour la suite du monde se retrouve aussi dans certains de ses récits et nouvelles, dont Fugitives, recueil de nouvelles (Boréal, 1991, prix des Arcades de Bologne 1992), Arrête sur image (L’instant même, 2003), Un automne à Paris (Leméac, 2005), Quelques jours cet été-là (Punctum, 2007).Use Gauvin se consacre à l’enseignement, à la recherche et à l’écriture avec sensibilité et vision depuis plus de 30 ans.Et elle poursuit activement sur sa lancée.Une tournée de conférences l’amènera cet automne en Italie pour la promotion de la traduction italienne de l’anthologie publiée en 1989 avec Gaston Miron sur les écrivains québécois contemporains.Elle se rendra à Paris par la même occasion pour la sortie de son dernier ouvrage, Écrire pour qui?L’écrivain francophone et ses publics.On trouvera intérêt à la suivre dans ses prochaines pérégrinations.Collaboratrice du Devoir Prix Marcel-Vincent Un Canada aux nations multiples Alain G, Gagnon propulse le Québec sur la scène internationale Basques, Catalans, Flamands, Gallois.Alain G.Gagnon, professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et lauréat du prix Marcel-Vincent de l’Ac-fas, a fait des nations intégrées dans une structure politique unique son principal champ d’étude des 30 dernières années.À l’origine de cet intérêt, le Québec et son statut au sein du Canada.Un Canada dont la seule voie d’avenir réside, pour le politologue, dans la reconnaissance et la mise à contribution des nations qui le forment; un Canada multinational, loin du multiculturalisme des années Trudeau.G U Y LAI N E BOUCHER Rapidement, raconte le lauréat du prix Marcel-Vincent, quand j’ai commencé à me questionner en tant que Québécois sur le nationalisme, j’ai eu envie de voir comment d’autres sociétés qui étaient dans des situations encore plus précaires que nous étaient parvenues à survivre.J’ai étudié les sociétés catalane et flamande.J’ai vu comment les gouvernements centraux géraient les choses et les pouvoirs réels qu’ils laissaient à ces nations.» Un Canada «frileux» Par voie de comparaison, le professeur Gagnon a peu à peu élaboré sa vision du Canada et du Québec.Un Québec qu’il souhaiterait autonome, comme pçuvent l’être le pays de Galles et l’Ecosse au sein du Royaume-Uni.«En comparant notre situation à celle d’autres pays, je comprends mal, dit-il, pourquoi le Canada est aussi frileux par rapport à l’autonomie du Québec.Il ne s’agit pas seulement d’adopter une motion de reconnaissance de la nation québécoise comme l’a fait le gouverne- ment Harper, mais de faire en sorte que cette reconnaissance ait une incidence sur l’interprétation de la Constitution, ce qui n’est pas le cas en ce moment.» En fait, précise-t-il, «ici, dès que le fait de reconnaître l’une des nations fondatrices à une incidence politique, l’inconfort s’installe et on refuse d’aller plus loin».Pourtant, affirme Alain G.Gagnon, «si le Canada a un avenir, il repose sur ces nations fondatrices, incluant les Premières Nations qui ont, elles aussi, beaucoup de difficulté à se faire reconnaître».Pour ses collègues chercheurs et universitaires, les travaux de Alain G.Gagnon et les constats qui s’en dégagent figurent parmi les plus novateurs et intéressants des dernières décennies.Pour René Côté, doyen de la faculté de science politique et de droit de l’UQAM, «les travaux du professeur Gagnon ont contribué à décloisonner l’étude de la société québécoise, la situant dans son contexte continental et international, à promouvoir de nouvelles approches conceptuelles et théo- riques en sciences sociales ainsi qu’à placer le Québec et le Canada au cœur des débats qui secouent la communauté scientifique internationale».Un attachement réel Le rayonnement international des travaux du professeur Gagnon n’est en effet plus à démontrer.Professeur invité dans de nombreuses universités, il est par ailleurs à l’origine de quelque 400 publications, dont beaucoup sont citées comme référence à l’étranger.Pour ce Rimouskois d’origine, l’attachement au Québec est toutefois bien réel.«Il y a ici un respect pour les règles démocratiques que j’admire.La société civile est très affirmée et présente, mais tout de même respectueuse des structures.De voir aujourd’hui mes travaux reconnus par mes pairs m’honore sincèrement.Pour moi, mais aussi pour mon institution, dont on a récemment remis en cause la mission de recherche.» Collaboratrice du Devoir SOURCE ACFAS Professeur de science politique à l’Université du Québec à Montréal, Alain G.Gagnon souhaiterait un Québec autonome, comme peuvent l’être le pays de Galles et l’Ecosse au sein du Royaume-Uni.'fi'¦'"'’'[‘mi< / Tfifi ¦ sïÿil mm, : ,.I ¦ ‘i-V 'îTi'ê^ ^ .PRIX MARCEL-VINCENT PRIX DESJARDINS D’EXCELLENCE POUR ÉTUDIANTS-CHERCHEURS fiQSit 1 ' Professeur au Département de science politique et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes de l’UQAM.Étudiante à la maîtrise en science politique (relations internationales).PRIX JACQUES-ROUSSEAU ¦ ISp^U’ % Professeur au Département d’histoire, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie et titulaire de la Chai de recherche du Canada en histoire et sociology des sciences de l’UQAM.PRIX DE U MEILLEURE THÈSE EN COTUTELLE Étudiant au doctorat en science politique et droit de t’UQAM et de l’Université Montpellier.v LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2 0 0 7 G 3 ACFAS Prix Urgel-Archambault Les yeux tournés vers les étoiles L’astrophysicienne Victoria Kaspi et son équipe se confrontent aux pulsars et autres magnétars Professeure à l’université McGiU, l’astrophysicienne Victoria Kaspi a publié les résultats de ses recherches dans des revues prestigieuses, notamment Nature et Science.L’Acfas (Association francophone pour le savoir) lui décerne le prix Urgel-Archambault en sciences physiques, mathématique, informatique et génie.BRIGITTE SAINT-PIERRE La chercheuse de réputation mondiale Victoria Kaspi a les yeux tournés vers les étoiles.Son champ de recherche principal?Les étoiles à neutrons.«Ce sont des étoiles très étranges.Elles sont beaucoup plus petites que le Soleil.Leur diamètre peut être d’environ 20 km [alors que celui du Soleil est d’environ 1,4 million de kilomètres].Mais elles sont extrêmement denses.Leur masse est plus grande que celle du Soleil», explique-t-elle.«Leur champ magnétique est d’environ 100 milliards de fois plus intense que celui de la Terre ou du Soleil.Elles tournent très vite sur elles-mêmes, parfois plus vite qu’un mélangeur!», mentionne l’astro-physicienne.On ne peut pas simuler de telles conditions dans un laboratoire sur la Terre, dit-elle.Les étoiles à neutrons, dont les pulsars, sont constituées de restes d'une étoile massive qui a explosé et s’est effondrée, devenant une supernova.En raison de leurs caractéristiques particulières, elles constituent aequo oyec François-Marc Gagnon, (MwsiM Cotrarfo PRIX JACQUES ROUSSEAU Multidisciplinarité Parrainé par P Adas Yves Gingras, Uimisité du Québec ri MmM PRIX J.-ARMAND DOMBARDIER Innovation technologique Parrainé par la Foadalion J.Armand Bombardier Jean Caron, Ueimsité Laval PRIX LÉO-PARISEAU Sciences biologiques et sciences de le santé Parrainé par Merck Frosst André Velllette, Unimté do Montréal PRIX MARCEL-VINCENT Sciences sodoles Parrainé par Bell Ccmoda Alaln-G.Gagnon, linivecsité de Québec ri Montréal PRIX MICHEL JUKDANT Sciences de l'environnement Parrainé par Cascades Donald L Smith, Univenilé McCill L'Acfas félicite ses lauréats 76e congrès SQVrif 1 histoire PRIX URCEL ARCHAMBAULT Sciences physiques, mathématiques et génie Parrainé par l'Acfas Victoria M.Kaspi, Mwsffri McCill PRIX DE L’ACFAS - ÉTUDIANTS PRIX BERNARD-BELLEAU Sciences rie le santé et phomtocologie Parrainé par Pkchio Pharma Charles Gauthier, Ihmcvtô du Québec ri Oucoulinti PRIX RESSOURCES NATURELLES Ressources naturelles Parrainé par Rrsioerrrr naturelles Canada Myrlam Drouin, lloimifé laval PRIX DESIARD1NS D'EXCELLENCE POUR ÉTUDIANTS CHERCHEURS Parrainé par la Fondation Dosjardlns MÀllRISE Julie Auger, Unmsilé du Québec ri Montréal OOCTORA1 Marie-Hélène Breault, Univenité de Montréal CONCOURS DE VULGARISATION DE U RECHERCHE Marie-tve Brault, Uaivenité McCill Vincent Careau, Univenilé de Sbedmàe Sandra Lai, imtSinsliMénwndtmptmr Luc Pellecuer, fraie de lecMqpw supérieure Annick St-Denis, Université du Québec éMoelréal MERCI À NOS PARTENAIRES M Cottodo Cotcodes Comulot général rie Fronce à Québec Fonriotion Desjardins Fondation J.Armand Bombardier Hydro-Québet Merck Frosst Minislèro des Relntiom internationales Pkchio Pharma Rtssourcos naturelles Canada taitencmimfal: Ministère du Développement économique, de l'Innovation il de l'Exportation Du $ au 9 mai 2008 Centre des congrès de Québec 42S, rw Di la GavMka Est Montréal (Qt4bK)H2l2M7 Tél.: (514)049 0045 Téléc.: (S14) $49-5551 A c f a • wwwoefmeo k LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 E T DIMANCHE 14 OCTOBRE 2007 ACFAS Prix pour étudiants-chercheurs De jeunes cerveaux en ébullition Une reconnaissance pour les travaux de Charles Gauthier, Myriam Drouin, Julie Auger et Marie-Hélène Breault Us n’ont pas encore terminé leurs études, mais ils foisonnent déjà d’idées.Foresterie, pharmaceutique, musicologie et sécurité nationale: les projets de recherche de ces étudiants ne pourraient être plus diversifiés.Leur point commun: ils ont tous remporté de prestigieux prix de l’Acfas.Rendez-vous avec de jeunes chercheurs prometteurs.STÉPHANIE MARIN Beaucoup de chercheurs bûchent afin de créer de nouveaux médicaments contre le cancer et le VIH.Charles Gauthier aussi, mais il y a mis un petit peu de lui.Natif du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il s’est tourné vers sa région pour trouver une solution à ces maladies:-les bouleaux de la forêt boréale! Des bouleaux pour guérir Le prix Bernard-Belleau pour un projet de doctorat en santé et pharmaceutique a été décerné à M.Gauthier pour ses recherches sur lutilisation à des fins médicinales du bétulinol et de l’acide bétu-linique, deux substances extraites de l’écorce de bouleau.Se décrivant comme un «passionné de la science, très attaché à sa région», le chercheur effectue des recherches en chimie pharmaceutique dans le cadre de son doctorat multidisciplinaire en sciences de l’environnement du réseau de l’Université du Québec.«Les écorces de bouleau contiennent des composés qui ont une très grande valeur thérapeutique», affirme-t-il.L’acide bétulinique a des propriétés antimélanome, anti-inflammatoire et fonctionne aussi pour combattre le VIH.«Ce sont de vraies molécules miracle.» En plus, elles agissent sur les cellules cancéreuses, évitant de toucher aux cellules saines, comme c’est le cas de la plupart des médicaments.Il y a donc beaucoup moins d’effets secondaires, ce qui permet d’administrer de plus fortes doses aux patients.Le hic?«L’acide bétulinique a une faible solubilité», explique Charles Gauthier.Voilà le but de ses travaux: chercher une façon de le rendre plus facilement absorbable par l’organisme.Ce qu’il a trouvé?Ajouter à la molécule d’acide des sections de sucre, très soluble dans l’eau.Il a ainsi concocté une série de molécules modifiées, jusqu’à douze fois plus efficaces à inhiber la croissance des cellules cancéreuses.Des résultats très prometteurs: une demande de brevet est en cours au Canada et aux Etats-Unis.Tout cela est additionné d’un esprit de récupération et d’une vision à long terme: «Une fois les com- W'ÊÈMÈÊÊè':- - : ï g \ , % '>¦’ ,< SOURCE ACFAS Charles Gauthiera reçu le prix Bernard-Belleau.MELANIE NADEAU Myriam Drouin, lauréate du prix Ressources naturelles de niveau doctorat./.Üfip' SOURCE ACFAS Marie-Hélène Breault a remporté le prix d’excellence Desjardins.posés extraits, l’écorce est encore utilisable en horticulture ou pour faire des panneaux.Des PME pourraient voir le jour en région pour extraire le bétulinol», espère-t-il.Félicitations à nos lauréats Des membres de la communauté de l'Université de Montréal se distinguent par la qualité de leurs recherches.Lise Gauvin Prix André-Laurendeau Pmfesseure titulaire Département des littératures de langue française Faculté des arts et des sciences André Veillette Prix Léo-Pariseau Chercheur titulaire - Faculté de médecine Directeur de laboratoire Institut de recherches cliniques de Montréal Marie-Hélène Breault Prix Desjardins d’excellence pour étudiants-chercheurs Faculté de musique umontreal.ca Université de Montréal SOURCE ACFAS Julie Auger a reçu le prix d’excellence Desjardins pour étudiant-chercheur de niveau maîtrise.Des bouleaux tout en couleurs Le bouleau a aussi eu la faveur de Myriam Drouin.Celle-ci s’intéresse cependant à un tout autre aspect de cet arbre: sa coloration.Lauréate du prix Ressources naturelles de niveau doctorat, elle étudie cette essence d’arbre, plutôt négligée, pour ses usages dans l’industrie du meuble et du design d’intérieur.Myriam Drouin poursuit ses études doctorales en sciences du bois à l’université Laval.Mais elle sent aussi l’appel du design et de l’architecture, qui font tous deux usage du bois d’apparence, utilisé pour les meubles et les décors.Elle constate alors que l’un des obstacles à l’utilisation du bouleau est le fait qu’il présente des variations de couleur, de crème à brun rougeâtre, ce que les manufacturiers considèrent comme un défaut, le consommateur privilégiant les bois de couleur uniforme.Pour pallier cette difficulté, la chercheuse se met donc à étudier les variations de couleur du bois en fonction de quatre variables: l’âge de l’arbre, sa dimension, sa vigueur, et aussi sa situation au sein même de l’arbre.Elle veut ainsi mieux comprendre les causes de la variation de couleur et permettre une meilleure sélection des arbres et de ses parties.Afin de réaliser son analyse colorimétrique, elle utilise un scanner industriel, un outil très précis mais inhabituel dans ce type de recherche.Les planches de bois seront scannées et analysées en fonction de leur coloris.L’originalité de ce projet réside dans le fait qu’il étudie un arbre encore peu connu et analysé.Mme Drouin veut aussi «enrichir les connaissances scientifiques sur le bouleau à papier mais aussi, de façon plus terre à terre, répondre à m besoin de l’industrie du meuble et du design en lui fournissant des données concrètes sur les différents coloris du bois et sur l’importance de leurs variations.» Du «bouleau» en perspective! De la santé comme enjeu de sécurité nationale Bioterrorisme, attaques chimiques, SRAS, anthrax: ces menaces préoccupent de plus en plus les esprits.Voulant pallier l’absence de littérature et de réflexion sur ces dangers posés à la sécurité nationale, Julie Auger a cherché à savoir si ces menaces étaient bel et bien à l’ordre du jour politique, et de quelle façon.Pour sa réflexion, Mme Auger a remporté le prix d’excellence Desjardins pour étudiant-chercheur de niveau maîtrise.Maintenant détentrice d’une maîtrise en science politique à l’Université du Québec à Montréal, elle a effectué une analyse de l’influence du bioterrorisme et des maladies infectieuses sur le processus décisionnel au Canada et aux Etats-Unis.Julie Auger cherche à comprendre la différence entre les conceptions canadienne et américaine de la sécurité nationale relative à la santé publique.Elle veut aussi voir quelles sont les conséquences de cette différence pour une gestion efficace de la sécurité de l’espace nord-américain.Au cœur de ses réflexions, la santé publique: est-elle bel et bien un enjeu de sécurité nationale?Selon elle, les théoriciens des relations internationales «se sont intéressés aux menaces à la survie des citoyens, mais pas à celles qui menacent leur santé ou leur bien-être».Insatisfaite des grilles d’analyse existantes en relations internationales pour ce problème fort actuel, Julie Auger a conçu la sienne, empruntant tour à tour à la science politique et à l’administration publique.Une innovation.Un exercice théorique, soit mais qui a engendré une réflexion nouvelle sur des enjeux politiques très chauds.Car il y a un manque sur le plan de l’analyse des actions du gouvernement «C’est pourquoi fai examiné ce qui a été dit, mais aussi ce qui a été fait au niveau du solliciteur général et de Santé Canada», explique-t-elle.Bref, une étude fort nouvelle, qui «génère plus de questions que de réponses», admet humblement la chercheuse, mais qui, sans prétendre constituer des recommandations, peut aider les élus à prendre de meilleures décisions.Des personnages pour l’opéra Marie-Hélène Breault est une flûtiste professionnelle qui est aussi mue par une grande curiosité.Celle que ses professeurs ont décrite comme «alliant l’émotion de l’interprète à la rigueur de la recherche scientifique» a tout naturellement entrepris un doctorat en musicologie.Celui-ci lui a valu le prix d’excellence Desjardins pour étudiants-chercheurs de niveau doctoral.Il s’agit là de son deuxième doctorat effectué à l’Université de Montréal, le premier ayant été consacré à l’interprétation musicale de la flûte traversière.C’est d’ailleurs en tant qu’inteiprète que Marie-Hélène Breault s’est d’abord intéressée à la musique de Karlheinz Stockhausen, un compositeur allemand contemporain.Son projet de recherche porte sur la redéfinition du personnage d’opéra.Pour cela, elle a étudié de près les «personnages instrumentaux» créés pour l’opéra par Stockhausen.Celui-ci a innové en intégrant les musiciens à l’interprétation de l’œuvre.Alors que, dans l’opéra traditionnel, les chanteurs sont les seuls personnages, les musiciens de Stockhausen jouent un rôle et même parlent! Des bribes de textes, des onomatopées ou encore des exclamations: «Car les interprètes d’instruments à vent ne peuvent réciter de longs textes: leur bouche est déjà occupée à créer la musique!», précise la chercheuse.Selon Mme Breault, «cette façon de faire oblige le compositeur à redéfinir le lien entre le texte et la musique».Elle croit aussi que l’opéra de Stockhausen nous oblige à nous pencher sur la fusion entre différents types d’arts car la musique du XXL siècle touche plus que jamais à l’interdisciplinarité.Son projet de recherche apportera de meilleures connaissances sur l’opéra de Stockhausen, ce qui va profiter aux chercheurs, mais aussi aux étudiants en musique et aux interprètes qui veulent aborder la musique théâtrale.«Car les musiciens ne sont pas habitués à explorer la dimension psychologique des personnages.Mais c’est important qu’un interprète connaisse une œuvre à fond, ce qu’elle apporte, ce qu’elle signifie», conclut-elle avec enthousiasme.Collaboratrice du Devoir Directeur de l’unité de recherche en oncologie moléculaire à l’IRCM Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en signalisation dans le système immunitaire Boursier du Howard Hughes Medical Institute (HHMI) Professeur à l’Université de Montréal et à l’Université McGill IRCM Instftut de recherches cliniques de Montréal La famstinr at bi rehgrte ^ , ^7a V LE DEVOIR, LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 OCTOBRE 2007 G 5 ACFAS Prix André-Laurendeau La mise en mots du mouvement automatiste François-Marc Gagnon a contribué à la transformation intellectuelle du Québec Depuis les années 1970, François-Marc Gagnon est sans doute l’historien de l’art le plus influent au Québec et au Canada.Son œuvre imposante, dont les ouvrages phares portent sur Paul-Émile Borduas et le mouvement automatiste, lui vaut aujourd’hui d’être colauréat du prix André-Laurendeau.isissa» MARIE LAMBERT-CHAN Pour l’historien de l’art François-Marc Gagnon, l’obtention du prix André-Laurendeau est un honneur, bien entendu, mais aussi une étrange coïnddence.«H y a plusieurs années, j’ai écrit sur la prise de position de Laurendeau à propos de Borduas et du Refus global raconte-t-il Quand le manifeste a été publié, il y a eu toutes sortes d’échanges entre les journalistes.Im plupart étaient contre les idées du Refus global, y compris Laurendeau.Et pourtant, il s'est porté à la défense de Borduas sous prétexte que son renvoi de l’Ecole du meuble était une intrusion injustifiée du gouvernement dans le système de l’éducation qui, à l’époque, était sous la coupe du clergé, à l’exception des écoles d’art.» Celui qui est un pionnier en histoire de l’art québécois et canadien a plus de points en commun avec le célèbre intellectuel qu’il n’oserait l’imaginer.Sa collègue Esther Tré-panier souligne que, tout comme Laurendeau, François-Marc Gagnon a contribué à la transformation intellectuelle du Québec par ses écrits sur le mouvement automatiste.«Gagnon partage aussi avec Laurendeau cette gentillesse, cette attention et ce sens de la liberté nécessaires à chacun», affirme la profes-seure au département d’histoire de l’art de ITJOAM.«Rigoureux», «passionné et passionnant», «grand vulgarisateur», «stimulant» et «modeste», ajoutent d’autres admirateurs de l’infatigable historien de l’art qui, à 72 ans passés, refuse toujours de s’asseoir sur ses lauriers.Aujourd’hui directeur de l’Institut de recherche en art canadien Gail et Stephen A Jarislowsky de l'université Concordia, François-Marc Gagnon trimballe un curriculum vitae bien rempli.Professeur pendant près de 35 ans à l’Université de Montréal, M.Gagnon est l’un des plus ardents défenseurs de l’héritage des arts visuels du Québec et du Canada.Ses nombreuses publications ont contribué à définir les jalons de sa discipline, ne serait-ce que par des ouvrages comme La Conversion par l’image — Un aspect de la mission des jésuites auprès des Indiens du Canada au XVIIe siècle, Paul-Émile Borduas (1905-1960) —Biographie critique et analyse de l'œuvre, Chronique du mouvement automatiste québécois (1941-1954) et Paul-Émile Borduas, ce catalogue de la grande rétrospective organisée par le Musée des beaux-arts de Montréal en 1988.Des livres qui sont potassés depuis des années par les étudiants en histoire de l’art et qui ont valu à leur auteur de nombreuses récompenses.Mais ce ne sont pas tant ces travaux de recherche que les cours que François-Marc Gagnon a donnés pendant plusieurs années à la Télé-Université qui l’ont fait découvrir au grand public.«Je considère ces deux cours télévisés comme l’une de mes principales réalisations et celles-qui a eu le plus d’impact sur le public en général, affirme-t-iL Ils lui ont fiait mieux connaître la peinture moderne au Québec et l’ont ouvert à la peinture moderne internationale plus efficacement que tous mes livres.» Encore aujourd’hui, il partage SOURCE ACFAS Directeur de l’Institut de recherche en art canadien Gail et Stephen A.Jarislowsky, M.Gagnon est l’un des plus ardents défenseurs de l’héritage des arts visuels du Québec et du Canada.son amour pour les arts visuels canadiens lors de conférences pour le grand public données au Musée des beaux-arts de Montréal.«Ça fait cinq ou six ans que je donne des conférences en anglais et en français.Chaque fois, je remplis mes salles.Avec le temps, je crois m’être fait un fan-club!» Borduas, une histoire de famille François-Marc Gagnon était pratiquement destiné à devenir le grand spécialiste de la vie de Borduas.Son père, Maurice Gagnon, enseignait l’histoire de l’art à l’Ecole du meuble en même temps que l’auteur du manifeste du Refus global.«Mon premier souvenir d’enfance est lié à Borduas, se rappelle-t-il.Nos deux familles se connaissaient bien.Ma mère et Mme Borduas étaient deux femmes assez religieuses qui tenaient aux bons principes et elles étaient prises avec deux maris athées!» Après la publication du manifeste, les Borduas et les Gagnon se sont éloignés.Mais la fascination pour le personnage est restée.«Tombé dans la potion magique» quand il était petit, François-Marc Gagnon a pu connaître les artistes et les collectionneurs de l’époque grâce à son père.Un intérêt qui semble se transmettre de génération en génération chez les Gagnon, puisque sa fille aînée, Iris, a aussi étudié en histoire de l’art Borduas a été le point de départ De fil en aiguille, M.Gagnon s’est passionné pour les automatistes, puis pour Jean Dubuffet, sujet de sa thèse de doctorat à la Sorbonne.«Cest un peintre français qui m’intéressait parce que, dans les années 60, on pariait d’un retour à la figuration.Les abstraits étaient moins populaires et Dubuffet était m très bon exemple de ça.R faisait des images qui s’apparentaient à de l’art naïf.Lui appelait cela de l’art brut.» Pour l’art canadien, ce fut autre chose.De retour à Montréal, François-Marc Gagnon souhaitait enseigner l’art moderne.Le directeur du département d’histoire de l’art de l’Université de Montréal de l’époque, Philippe Verdier, lui a plutôt attribué l’enseignement de l’art canadien.«Je devais couvrir tout l’art canadien, dit-il en riant fai l’impression que Verdier pensait que c’était simple à expliquer.» Pas de retraite en vue Le directeur de l’Institut de recherche en art canadien Gail et Stephen A Jarislowsky mène actuellement trois projets de front Le premier concerne l’élaboration d’un catalogue raisonné en ligne des quelque 1700 œuvres de Borduas.Pour le moment, on y retrouve les fiches techniques des toiles, ainsi que les endroits où elles ont été exposées et les articles où elles ont été mentionnées.Les reproductions des œuvres apparaîtront dans le catalogue d’ici une dizaine d’années lorsqu’elles tomberont dans le domaine public.Entre-temps, François-Marc Gagnon tente de réunir en un seul ouvrage le Codex canadiensis, un manuscrit réalisé en 1700 par Louis Nicolas qui illustre la faune, la flore et les peuples amérindiens, et le texte de (Histoire naturelle des Indes occidentales du même auteur.Ces documents sont conservés respectivement au Gilcrease Museum de TüL sa, en Oklahoma, et à la Bibliothèque nationale à Paris.M.Gagnon a rassemblé une équipe de spécialistes en ethnographie, zoologie, botanique, iconographie et études classiques et culturelles du XVII' siècle pour publier une analyse détaillée de ces documents «qui mériteraient d’être mieux connus».Le dernier projet, mais non le moindre, le tient en haleine depuis tellement longtemps que certains de ses collaborateurs de la première heure ne sont plus de ce monde aujourd’hui.«Ma femme veut que je le finisse avant de mourir parce qu’elle ne veut pas s’en occuper!», s’exclame-t-il.D s’agit d’un livre sur Jean Berger, un peintre de la Nouvelle-France.«Les informations sur ses allées et venues abondent, car il a été pris dans une histoire de justice, mais on ne connaît pas ses toiles», explique l’historien de l’art Les archives judiciaires sont difficiles à décrypter, ce qui explique pourquoi le projet s’éternise.Mais ça en vaut le coup selon l’auteur.«L’œuvre a peu d’importance dans tout ça.Ce qui compte, c’est l’image du Montréal de 1709 qui nous est révélée et qui est loin de l’illustration catholique à laquelle on est habitué.U y a des tavernes.Les gens boivent et se battent dans la rue.C'est une ville de garnison où les soldats perdent leur temps avec des filles de joie.Ça n’a rien à voir avec les Maisonneuve et les Jeanne Mance!» Bref, de quoi occuper le grand homme pendant encore bien des années.Ça tombe bien: François-Marc Gagnon refuse de s’arrêter.> scientifique — pour commercialiser son invention.C’est ainsi que naît en 1996, Bios Agriculture et que, en partie grâce aux travaux de son équipe, la culture du soja prend beaucoup d’ampleur au Québec.Les frustrations du monde des affaires En réalité, Bios Agriculture a tant de potentiel qu’elle est rachetée en 2002 par l’entreprise ontarienne Agribiotics.Puis, celle-ci est à son tour absorbée par une multinationale américaine, 1EMD Crop Biosciences.Cette aventure, si formidable Donald Smith se désole d’avoir perdu le contrôle de ses découvertes SCIENCE ET CULTURE LES PRIX DE L ’ A C F A S CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable: NORMAND THÉRIAULT iilhi'riaiillssh'ili'voir.r.a 2050, rue «le Blcury.D’étage, Montréal (Québec) H3A 3M9.Tel.: (514) DBS 3333 rcdaclionalcdevoir.com soit-elle, s’avère pourtant une grande déception pour le chercheur.«J’ai totalement perdu le contrôle de mes découvertes, constate-t-il avec amertume./e sais que dans le monde des affaires ça se passe comme ça, mais pour moi, il m'a fallu du temps pour me remettre de cette expérience.» «Ce qui me désole encore davantage, ajoute-t-il, c’est que mes découvertes ont été financées par l’argent des contribuables canadiens.Et voilà qu’aujourd’hui, c’est une multinationale qui en profite!» Et comble de frustration, EMD Crop Biosciences ne mentionne nullement dans son site Internet les contributions de l’équipe de Donald Smith.Heureusement qu’entre-temps, le biologiste a poursuivi sa carrière en diversifiant énormément ses travaux.Il est même devenu le directeur du département des sciences végétales de l’université McGill.C’est ainsi qu’il se consacre désormais à l’écologie des cultures agricoles ainsi qu’aux changements climatiques appliqués à l’économie biologique.Comme quoi, la passion, ça ne meurt jamais.Collaborateur du Devoir SOURCE AC PAS Biologiste, Donald Smith s’est toujours passionné pour les plantes puisqu’il a grandi sur une ferme en Nouvelle-Écosse.Il PRQGRAMMI1011, LA SOLUTION POUR RlALISER VOTRE PROJET DE DEMONSTRATION EN EPFICACITt ENERGETIQUE.Ji V ,'U-.O.-n ililit' : All ,l.-v .•I.'('(U-ih-ilt «I ill'.' t.’i hiH'iOijif l'Hl >1 HI If :q>('l.>.hc l».>\ .ill R lr lléilU'ii-.li .iliou U,1.tiiu'L>iji.|ur: et ,{ cspéiimclllali.'il 11 H I j v >ui : .ut \, 'U-, f.wi.: ’èiu'f K iei ,1 un :t| >|'ui fin.iiu lui .1 ll.i ut it i'.|u .1 .'U le|'léient.ilYt .lu .ull lul.-tl >!e v, 'lie ( Mvijf t Un v tk'ï\ tl viftiiln*'.ifnliit'le «'I u".|>,>io.,4l'ie >S() 000 S Mit u \ « t'N’n'MMI K QHydro Quôtn't fsM'n au c u \ r c ri r » * r.w i r; Félicitations ! Parce que le monde a besoin de solutions L'Université Lavai voit aussi loin que vous ! iiiinnimii'i'iM— PRIX J.-ARMAND-BOMBARDIER 2007 M.Jean Caron, Ph.D, professeur Département des sols et de génie agroalimentaire Développement de deux technologies « très durables » largement utilisées dans le secteur de la production en serres et en pépinières.PRIX RESSOURCES NATURELLES 2007 Mme Myriam Drouin Étudiante au doctorat en sciences du bois Faciliter les usages du bouleau à papier dans l’industrie de la transformation du bois.n UNIVERSITÉ LAVAL
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