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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2007-10-18, Collections de BAnQ.

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NORBOURG: LACROIX S’EST FAIT DIRE DE PLAIDER COUPABLE PAGE B 1 -?www ledevoir coin ?- LE DEVOIR Vo l.X C V I I I N “.2 3 6 ?LE JEUDI 18 OCTOBRE 2007 88c + TAXES = 1$ Prudent, Dion suivra Harper Tenté par des élections, le chef libéral se range finalement derrière son caucus ALEC CASTONGUAY GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Ottawa—Affaibli par les divisions internes au sein de son parti et visiblement écrasé par le pouvoir de vie ou de mort qu’il détient sur le gouvernement conservateur, le chef libéral Stéphane Dion a préféré jouer de prudence hier en sauvant Stephen Harper.D n’y aura donc pas d’élections fédérales à court terme.Stéphane Dion et Gilles Duceppe ont toutefois vertement critiqué les intentions du gouvernement, soulignant à l’unisson les dangers de voir les conservateurs devenir un jour majoritaires.Le chef libéral a gardé la colline parlementaire sur le qui-vive toute la journée hier, refusant de dévoiler ses intentions jusque tard en après-midi, lors de sa réplique au discours du Trône aux Communes.Même ses propres députés, qui s’étaient tous expri- més lors d’une réunion du caucus en matinée, ne savaient pas de quel côté pencherait leur leader.Plusieurs sources ont mentionné au Devoir que Stéphane Dion était le plus enclin à se lancer en campagne électorale, exaspéré de se faire accuser de manquer de leadership.«C’est aussi un gars de contenu, et il n’a pas aimé ce qu’il a entendu dans le discours du Trône», a soutenu un élu qui a tenu à conserver l’anonymat Le passage sur l’abandon des objectifs du proto- cole de Kyoto a fait mal au chef libéral, a-t-on confié.N’empêche, quelques heures plus tard, M.Dion se rangeait à la volonté de la majorité de son caucus.«Les faiblesses de ce discours doivent toutefois être évaluées à la lumière du fait que les Canadiens ne veulent pas d’autres élections tout de suite, a dit Stéphane Dion.Ils veulent que le Parlement fasse son travail.Trois élections en trois VOIR PAGE A 8: DION HÉLÈNE BUZZETTI Le Devoir au Pakistan Moucharraf attend le verdict des juges Benazir Bhutto rentre aujourd’hui de son exil à Londres AGENCE FRANCE-PRESSE Islamabad — Les célébrations de la fin du ramadan sont à peine terminées que le trépidant feuilleton politique a repris son cours au Pakistan hier.Si le pays attend fébrilement aujourd’hui le retour d’exil de Benazir Bhutto, un autre chapitre s’est écrit hier, quoique plus discrètement, devant la Cour suprême du pays.D s’agit de déterminer a posteriori la légitimité de l’élection du général Pervez Moucharraf à la présidence.M.Moucharraf, qui, comme tant d’autres généraux avant lui, avait pris le pouvoir par les armes en 1999, a complété sa conversion démocratique en se faisant élire par le Parlement il y a deux semaines.Sa candidature est toutefois contestée devant le plus haut tribunal du pays parce que la Constitution du Pakistan interdit au président d’occuper,simultanément d’autres fonctions officielles de l’État (chef des armées, en l’occurrence).Même s’il abandonne l’uniforme en novembre prochain, comme il a promis de le faire, il contreviendra à un autre article de la Constitution, qui impose à tout ex-fonctionnaire un délai de deux ans avant de se lancer en politique.«Jusqu’à présent, le président était omnipotent, le premier ministre faisait de la figuration et le Parlement jouait au béni-oui-oui.Mais en abandonnant son uniforme, le président n’aura plus la même autorité.Le futur premier ministre prendra du galon, le nouveau Parlement prendra de l’assurance et l’armée aura son rôle à jouer.Nous aurons un “triarcat”.C’est une bonne chose pour le pays.» La cause q été débattue hier devant un groupe de 11 juges.A l’extérieur de l’édifice à structure triangulaire, quelques centaines de manifestants, tous des hommes en habits traditionnels de couleur pâle, déambulent paisiblement.Ils attendent que se joue le sort de leurs politiciens, le président et l’ex-premier ministre en exil Nawaz Sharif.Parmi ces hommes, le chauffeur reconnaît quelques manifestants professionnels, payés quelques rou- pies pour brandir nonchalamment un drapeau.La cause de Moucharraf aurait dû être réglée en deux ou trois jours, selon les observateurs.Mais voilà que les avocats qui la plaident réclament que tous les juges de la Cour suprême (17 si on compte le juge en chef makimé du président, Ifükhar Mohammad Chaudhry) entendent la cause.Le gouvernement s’y oppose.«Certains juges qui ne siègent pas à l'heure actuelle se sont déjà prononcés contre le président dans des causes précédentes», a fait valoir hier le ministre de l’Information du Pakistan, Tariq Azim, au cours d’une longue entrevue accordée au Devoir à ses bureaux d’Islamabad.«Permettre à ces juges d’entendre la cause reviendrait à biaiser le tribunal contre le président.» Le président Moucharraf, au pouvoir depuis maintenant huit ans, souhaite poursuivre sur sa lancée pendant cinq autres années.Le ministre Azim n’hésite pas à vanter le bilan de son administration.L’économie a crû en moyenne de 7 % par année, rappelle-t-il, alors que les investissements étrangers au Pakistan sont passés de 300 millions de dollars en 2002 à 6,7 milliards en 2006 et pourraient atteindre les dix milliards VOIR PAGE A 8: MOUCHARRAF Le PQ attise la colère des immigrants Kippas, turbans et autres hijabs seraient interdits dans la fonction publique KATHLEEN LÉVESQUE Le Parti québécois veut que la fonction publique et parapublique ait une tenue vestimentaire exempte dç tout symbole religieux, obligeant les employés de l’État à laisser leur turban, kippa ou hidjab sur le pas de la porte des écoles, hôpitaux, centres de la petite enfance et autres ministères.Cette prise de position ressort de la prochaine plate-forme électorale concernant l’identité québécoise, qui a été discutée hier soir à l’exécutif national du PQ et qui sera soumise à la conférence nationale des présidents samedi.Jusque-là, le PQ a prôné la laïcité de l’espace public.D souhaite maintenant franchir un pas de plus, ce qui crée de la turbulence dans ses rangs.Le Groupe d’action politique des Québécoises et Québécois issus de l’immigration du Parti québécois (GAP-QD, l’instance responsable des questions d’immigration au sein de l’exécutif national, s’inquiète de la voie empruntée par l’équipe de Pauline Marois.Dans une lettre publiée aujourd’hui dans Le Devoir (page A 6), le GAP-QI dénonce la dérive du débat sur les accommodements raisonnables qui amalgame les questions de liberté religieuse et d’immigration.Le GAP-QI pointe le débat qui a cours dans tout le Québec dans la foulée de la commission Bouchard-Taylor et écorche au passage le PQ sans le nommer.VOIR PAGE A 8: IMMIGRANTS Pauline Marois Al Gore renonce à la présidence Pago B 5 INDE ) Annonces .B 4 Avis publics B 6 Bourse B2 Culture B 8 Décès B 4 Économie B 1 Éditorial .A6 Idées.A 7 Météo.B 4 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 Ma sœur, ma douleur Sandrine Bonnaire réalise un documentaire troublant et pudique sur sa sœur autiste ODILE TREMBLAY Un sourire lumineux, une gravité dans le regard, une beauté mélancolique, une brillante carrière d’actrice sur près d’un quart de siècle: voici Sandrine Bonnaire! Ou, du moins, voici un de ses visages.Car la star française, qui rencontrait hier les médias montréalais au Festival du nouveau cinéma, s’effarait au profit de la soeur de Sabine, autiste et vedette de son premier documentaire, placé sous le sceau de l’intimité.Engagement oblige, il a été peu question de cinéma, en conférence de presse comme en entrevue, mais bien de manque de ressources en santé mentale.«En France, entre les associations de «Entre les associations de parents et les hôpitaux psychiatriques, c’est le désert» VOIR PAGE A 8: BONNAIRE AGENCE FRANCE-PRESSE «Bien sûr que ma notoriété me sert, dit Sandrine Bonnaire.Si je peux la mettre au service d’une cause importante, ce serait bien bête de s’en priver.» ESPACE MUSIQUE 100,7FM www.radlo-canada.ca/radlo 1 À 17h30 En semaine avec André Vigeant Réalisation ; Anne Dubois Le week-end avec Dorothée Berryman CN ¦¦¦.n».xNÈ.1 I 77831300067242 LE DEVOIR, LE JEUDI 18 OCTOBRE 2007 LES ACTUALITES Comparution de l’imam Jaziri JACQUES NADEAU LF DEVOIR L’IMAM controversé Saïd Jaziri affirme qu’il sera torturé et tué s’il retourne dans son pays d’origine, la Tunisie, où il doit être renvoyé la semaine prochaine.Said Jaziri a comparu devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié hier, après avoir été arrêté par les services frontaliers lundi matin.Le Tunisien d’origine n’a plus de statut légal au Canada puisqu’il a perdu son statut de réfugié en 2006, entre autres parce qu’il avait omis de révéler aux autorités canadiennes qu’il avait un casier judiciaire en France.Protégez-Vous en kiosque La Cour supérieure rejette la demande d'injonction qu'avait présentée Mega Brands FABIEN DEGUISE Le verdict est tombé.La Cour supérieure du Québec a rejeté hier la demande d’injonction provisoire déposée cette semaine par Mega Brands afin d’empêcher la publication du Guide jouets 2008 du magazine consumériste Protégez-Vous, dont la sortie est prévue demain.La multinationale du jouet remettait en question la validité d’un test effectué sur l’un de ses produits phares, dont la teneur en plomb serait largement supérieure aux normes acceptables.«Nous sommes très heureux de cette décision», a indiqué au Devoir Manon Lacourse, directrice des communications aux Editions Protégez-Vous, quelques minutes après la décision du tribunal «Comme prévu, le magazine va donc être en kiosque dans les prochains jours.» Cent cinq mille abonnés l’ont par ailleurs entre les mains depuis une semaine.Dans sa cuvée 2008, la publication a décidé d’analyser pour la première fois la teneur en plomb, un métal toxique, de 32 jouets destinés à des enfants en bas âge et dont la bonne évaluation dans son guide laisse croire qu’ils pourraient être populaires dans les bas de Noël cette année.Ces analyses ont été justifiées par la série de rappels qui a frappé llndustrie du jouet au cours de l’été.Plusieurs produits avaient en effet des niveaux trop élevés de plomb dans la peinture.Dans les grandes lignes, les blocs à assembler de marque Mega Bloks, modèle Maxi System 8468 de couleur jaune, ont révélé des teneurs en plomb de 1180 parties par million (ppm), indique le magazine dans sa dernière livraison.La norme acceptable, selon Santé Canada, est de 90 ppm.Les blocs rouges, bleus ou verts ne sont toutefois par concernés par cette présence anormalement élevée de plomb.La présence de ce métal dans les jouets peut être problématique lorsque les jouets sont mâchouillés sur une base régulière par les enfants.Pour Mega Brands, qui s’est dite hier «déçue» par la décision de la cour, ces résultats sont le fait d’une méthodologie erronée, a estimé son président, Marc Bertrand.Protégez-Vous aurait en effet utilisé un test des-tiné à des produits peints sur un jouet moulé, selon lui, avec à la clef une image déformée de la réelle innocuité de ce jouet N’empêche, en matinée, les responsables du magazine ont maintenu le bien-fondé de leur approche tout en réaffirmant la justesse des résultats obtenus.Le test de plomb a été réalisé à l’intérieur du cadre établi par Santé Canada, a indiqué David Clerk, directeur de la publication.Mega Brands met plutôt en avant selon lui, une méthodologie européenne, qui n’est pas reconnue au pays.Le juge Kevin Downs semble d’ailleurs lui avoir donné raison en estimant que l’injonction demandée par la multinationale n’était pas justifiée pour le moment Les parties devraient toutefois se retrouver au palais du justice le 26 octobre, alors que la cour va se pencher sur le fond de la question, et ce, plus d'une semaine après l’apparition de ce guide dans les commerces.Tiré à 175 000 exemplaires, le document passe au crible cette année plus de 300 jouets et 300 livres en prévision des achats de Noël.Le Devoir Avec la Presse canadienne Diane Lemieux part parce qu’elle n’avait plus la confiance de Pauline Marois MARTIN OUELLET Québec — La députée péquiste de la circonscription de Bourget Diane Lemieux, a mis fin hier à sa carrière politique, jugeant qu’elle ne disposait plus de la confiance ni de la complicité nécessaires pour continuer de siéger aux côtés de Pauline Marois.La fougueuse pariementaire de l’est de Montréal a fait ses adieux à l’Assemblée nationale lors d’une allocution parfois chargée d’émotion, lue en Chambre.«La confiance, la complicité, les marges de manœuvre pour exercer pleinement mon rôle n’étant plus au rendez-vous, la fenêtre s’est refermée comme si le sentiment de mon utilité en politique s’était envolé», a dit Mme Lemieux, faisant allusion à ses relations difficiles avec la nouvelle chef du Parti québécois, Pauline Marois.Surnommée la «lionne de Bourget» pour son tempérament bouillant Mme Lemieux n’a jamais accepté la décision de la chef péquiste de la démettre de ses fonctions de leader parlementaire au profit du député d’Abitibi-Ouest François Gendron.La décision de Mme Marois a mené la députée à conclure qu’eUe n’avait plus sa place sous le nouveau leadership du Parti québécois.«Il faut savoir décoder le moment où les conditions pour assumer ces responsabilités ne sont plus au rendez-vous.C’est une question de sincérité, d'authenticité, envers les citoyens que l’on représente, envers le parti que l’on représente et envers l’institution que l’on dessert», a-t-elle expliqué.L’absence d’atomes crochus n’a pas empêché Mme Lemieux de prononcer quelques bons mots pour la chef du deuxième groupe d’opposition, soulignant «sa force de travail» et «la profondeur de son engagement à l’amélioration de la vie des Québécois».«Mme la députée de Charlevoix, chef du Parti québécois, je vous souhaite de réaliser vos rêves», a-t-elle dit Prenant la parole à son tour, Pauline Marois a énuméré une longue liste d’épithètes flatteuses pour souligner le travail de celle quelle a écartée dès l’été dernier.De l’avis de la chef du PQ, la députée de Bourget est «une femme d’idées», toute en «finesse» et en «doigté», une parlementaire «estimée, dévouée, intelligente, courageuse, élégante, déterminée, battante et passionnée».«Diane, c’est avec regret, très sincèrement, que je te vois quitter comme députée de Bourget», a soutenu Mme Marois.Quant à lui, le chef de l’opposition officielle, Mario ARCHIVES REUTERS Diane Lemieux Dumont, a fait remarquer que Mme Lemieux avait eu un parcours politique parfois un peu «rock’n’roll» mais qu’elle semblait manifestement «dans son élément» dans le rôle de leader parlementaire.Pour sa part, le premier ministre Jean Charest a dit de Mme Lemieux qu’elle avait été «une parlementaire redoutable» qui a su gagner la confiance de ses chefs.Ancienne présidente du Conseil du statut de la femme, Diane Lemieux a fait le saut en politique en 1998 à la demande du premier ministre d’alors, Lucien Bouchard.Jusqu’en 2003, année où le Parti québécois a été relégué à l’opposition officielle, la députée démissionnaire a assumé nombre de responsabilités ministérielles.Tour à tour, elle a été ministre du Travail, ministre responsable de l’Emploi, ministre de la Culture et des Communications, ministre responsable de la Charte de la langue française et ministre responsable de l'Autoroute de l’information.De nature spontanée, Mme Lemieux s’est toujours exprimée ouvertement et sans détour, même au risque de se retrouver au centre de la controverse.Par exemple, en 2001, quelques minutes après avoir prêté serment à titre de ministre de la Culture, elle avait soulevé une indignation pancanadien-ne en affirmant, candidement, «qu’il n’y a pas de culture ontarienne».La Presse canadienne Sondage sur le commerce de détail: les Québécois ont une folle envie de dépenser FABIEN DEGUISE La Terre tourne, le dollar monte, le chômage diminue et les consommateurs québécois sont de plus en plus euphoriques.A preuve, ils sont de plus en confiants dans leur santé financière, à ce point qu’au coins des six prochains mois, ils comptent dépenser davantage, indique un sondage du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) dévoilé hier.Ce coup de sonde, lancé par le Groupe Géocom dans un bassin de 1005 répondants entre le 7 et le 17 septembre dernier, est sans ambages: 90 % des personnes interrogées estiment que la situation financière de leur ménage est la même que l’an dernier ou s’est améliorée.Un quart pense même que cette santé économique va prendre du mieux à l’avenir.A l’inverse, 10 % des répondants jugent que leurs finances se sont détériorées, contre 15 % l’an passé, indique cette mesure des perceptions dont la marge d’erreur est de 3,2 %, 19 fois sur 20.Sur une note différente, les deux tiers des ménages québécois sont optimistes en ce qui a trait à l’économie du Québec, contre 61 % à la même époque l’année dernière.L’indice de confiance des consommateurs, établi par le CQCD et Géocom, est désormais de 104,4, révélant ainsi qu’il y a davantage, à l’heure actuelle, d’optimistes que de pessimistes dans la société.C’est un point de plus qu’à l’automne 2004.Au printemps, cet indice s’établissait à 98,2.Dépenses à la hausse Par conséquent, au cours des six prochains mois, les consommateurs se préparent à délier davantage les cordons de leur bourse.Plus de la moitié d’entre eux croit en effet que l’époque est propice aux gros achats.Un quart pourrait même passer devant un tiroir-caisse pour le prouver en faisant l’acquisition d’une voiture (7 %), d’un électroménager (5 %), de matériel informatique (5 %) ou de meubles (4 %).«Le contexte économique actuel demeure favorable à la consommation au Québec», a commenté hier Gaston La-fleur, président du CQCD.«Leurs intentions d’achats nous indiquent qu’ils entendent dépenser davantage dans toutes les catégories de produits et de services par rapport à l’an dernier» Cela devrait d’ailleurs être le cas dans le domaine du divertissement (+7 %), de la rénovation (+ 6 %) et de l’habillement (+ 5 %) alors que les jouets, les appareils ARCHIVES REUTERS Bientôt l’Halloween et ensuite Noël, de quoi réjouir les Québécois qui ont envie de consommer.audio et vidéo et l’ameublement devraient composer avec des intentions d’achat à la baisse, allant de 11 à 17 %, révèle ce sondage.Une tendance ancrée Ces données n’ont pas étonné Hélène Bégin, économiste au Mouvement Desjardins, qui constate effectivement qu’un vent d’optimisme souffle en ce moment sur le Québec.«La forte amélioration du marché du travail [80 000 emplois devraient être créés en 2007], la baisse du chômage et la stabilité des taux d’intérêt directeurs y sont pour beaucoup», a-t-elle indiqué au Devoir.«La confiance des consommateurs est élevée et les chiffres du CQCD rejoignent d’ailleurs ceux établis par d’autres organismes comme le Conference Board du Canada ou Statistique Canada.» Signe de ces temps heureux — pour la consommation —, près de la moitié des ménages ont indiqué mettre un peu ou pas mal d’argent de côté en ce moment Les 35-44 ans et les personnes gagnant plus de 100 000 $ par année sont sans surprise, les gens qui logent le plus à cette enseigne.Notons toutefois que cette capacité d’épargne est plus élevée chez les gens des villes (53 %) que dans les régions (39 %), selon les résultats de cette enquête d’opinion.Le Devoir O.y iK '• J Hfssàsè»* \ v ¦ ¦ "A ¦i* flr r .¦/Jri ¦ % '¦•y f ^ TVS W W W T V 5 CA Ils font parler les morts.Incursion dans l’univers fascinant de l'auteur Patricia Cornwell et du temple de l'anthropologie légale.DOSSIER SCHEFFER ce soir 21 h30 EN BREF Ordonnance de fermeture maintenue Le Tribunal administratif du Québec (TAC) a maintenu l’ordonnance délivrée l’an dernier par Tex-ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs, Claude Béchard, par laquelle il imposait la fermeture du dépotoir de Cantley, dans l’Ou-taouais.Objet de 17 enquêtes depuis son ouverture, de 70 avis d’infraction et d’un incendie souterrain qui a nécessité en 2005 l’évacuation de 69 familles à leurs frais pendant quatre jours, le dépotoir a été rouvert après l’ordonnance après que ses propriétaires eurent contesté celle-ci devant le TAC.Le site devra immédiatement cesser d’accueillir de nouveaux déchets et se mettre aux normes par la suite, indique le jugement.- Le Devoir IMAGINONS LA PLACE DARMES EN STATIONNEMENT imaginezvotreplacedarmes.ca « é 18 OCTOBRE 2007 LE JEUDI LE DEVOIR InRc l’AbbMf« héndke IM pwRl d20$« ISBN 978-2-7601-6918-0 Guide-corrigé ’216pages • 75$-ISBN978-2-7601-6919-7 GUÉRiN^éditeuritée En uenie dans muies ms lllirairies 514-842-3481 Les prix sont indiqués sous réserve de modifications.Pamela GUNNING Rachel LALGNDE Wynanne WATTS A TINV TWIST TO ENGLISH Activity Book 1« 12 $«112 pages ISBN 978-2-7608-5607-3 me rs wilt) you every stey of me way LIDEC inc.514-843-5991 En uente dans toutes les imrairies Le prix est indiqué sous réserve de modifications UNE NOUVELLE RÉVOLUTION TRANQUILLE ROBERT DÉPATIE Président et chef de la direction Vidéotron MIDI-CHAUD x ' jxi r-.JEUDI 1er NOVEMBRE 2007 de midi à 14 h INSCRIPTION www.ccmm.qc.ca/Robert-Depatie ou par téléphone 514 871-4000, poste 4001 Chambre de commerce du Montréal métropolitain Board of Trade of Metropolitan Montreal En association avec : En collaboration avec : DESSAU #7* S?AÉROPOKTI DE MONTRÉAL Grant I nomton % Banqua TD Grande BRADERIE MOD EQ ucbécoi se EDITION AUTOMNE/HIVER 2007 168 18,19,20 et 21 octobre Rudak • Must • Mariage • Report Collection • Bodybag • Tavan A Mitlo • TRT Caibon Inc • Marie Sainl-Pienp Concubine • te • Extenso H- • te • Gauètte Design • Eve Gravel • iuüe Bou • Bijouterie Mariera) Marteo Mio • Myco Anna • Optiélie Hais • Aime Corn Moi • Marie-Pierre Labdune » Mestica • Dino Gaspari OCollection « Barila • Midiel Desjardins * Pépin Design • Nénirà • Saatchi • Diffusion Gii • MSiamo Ivano Homme • Frëtl Design • les Mains Folles • Sylvie Germain • Geneviève Dostaler • France Andil Blanc Mouton * Mène B • Pierre Poisson • Lelièvre • tanna Design » Dink 8a Design Lts )'I& LETTRES -?—— Marionopoly Mario Dumont veut jouer avec l’argent de la Caisse de dépôt?Quelqu’un pourrait-il lui dire que les 180 milliards de dollars que gère la Caisse, c’est le fonds de retraite des Québécois?Elle est finie, l’époque où les politiciens jouaient avec cet argent comme au Monopoly.La dernière fois que des politiciens se sont mêlés des placements de la Caisse, en 2001, elle a essuyé des pertes de 12 milliards! Heureusement, depuis 2004, la nouvelle loi de la Caisse ne permet plus d’intervention politique (là-dessus, merci, M.Charest).Dans sa lettre publiée mardi dans Le Devoir, Mario Dumont précise que s’il est élu, il se mêlera des affaires de la Caisse parce que 15 % d’actifs au Québec, selon lui, ce n’est pas assez.En prenant une simple calculatrice, on voit que ces 15 % donnent 27 milliards d’actifs au Québec, ce qui est énorme.Avec combien de milliards supplémentaires M.Dumont souhaite-t-il jouer au Monopoly?Véronique Théorêt Laval, le 16 octobre 2007 Les mêmes doutes que la ministre Lettre à Michelle Courchesne Je crains comme vous la réforme au secondaire et vous encourage dans votre réflexion.En effet, certains de ses fondements sont bons, mais les concepteurs ont poussé trop loin.Dans votre évaluation de l’enseignement par matière, n’oubliez pas «Sciences et technologie».J’enseigne la physique et je ne vois pas comment je pourrai enseigner aussi bien l’écologie, la météorologie, la géologie, la biologie humaine, l’astronomie et la chimie, dans une même année, en utilisant les techniques propres à chacune de ces sciences.J’aurai des lacunes.Les parents, les élèves et les enseignants au cégep désirent-ils un enseignant au secondaire hésitant?Il s’agit même d’une iniquité.Mes collègues enseignant le français continueront dans leur matière.Même chose pour ceux en mathématiques, puis ceux en anglais.Tout ceux-là auront plus de chance de «garder la face».Patrick Viau Enseignant à la Commission scolaire de Montréal Le 16 octobre 2007 Le train entre le rêve et la réalité Combien de fois par mois allez-vous à New York?Tous les ans, depuis l’époque de Jean Drapeau, politiciens et journalistes ravivent le rêve d’un train à grande vitesse entre Montréal et New York en évoquant le succès des trains rapides ailleurs dans le monde.C’est oublier trop facilement que les TGV d’Europe et d’Asie s’appuient à la fois sur des habitudes bien ancrées de transports en com- mun et sur un réseau très développé de trains ordinaires, ponctuels et fréquents, qui desservent quotidiennement tout le territoire.Au Québec, le réseau ferroviaire s’est réduit comjne une peau de chagrin depuis les années 60.A l’époque, on pouvait, depuis Montréal, prendre le train tous les jours pour des destinations aussi variées que Baie-Saint-Paul, Magog, Mont-Laurier ou Montebello.Aujourd’hui, des villes aussi importantes que Gatineau, Sherbrooke et Trois-Rivières ne sont même plus desservies par train.Avant de faire miroiter des projets aussi flamboyants qu’onéreux — alors qu’un train relie déjà Montréal à New York tous les jours —, restaurons le réseau ferroviaire du Québec, avec les voies sous-utilisées qui existent encore; remplaçons les innombrables passages à niveau dangereux par des étagements; électrifions nos grandes lignes, comme l’ont fait après la Deuxième Guerre mondiale les pays d’Europe, pourtant moins bien pourvus que nous en électricité.Rétablissons le service voyageurs de façon économique et faisons appel, pour les lignes peu achalandées, aux autorails de nou-velle génération que Bombardier vend partout en Europe.Ainsi, le public pourrait reprendre le goût et l’habitude du train.Cela serait beaucoup plus rentable, utile à la population et valable pour l’environnement qu’un TGV Montréal-New York! Philippe Blain Gatineau, le 16 octobre 2007 LIBRE OPINION -4- Être québécois ou faire comme tout le monde Nous, du Groupe d’action politique des Québécois issus de l’immigration du Parti québécois, croyons qu’il est important que le Québec puisse débattre sur les fondements de son identité.Cela permettra de déterminer les éléments qui font de ce peuple une nation à part entière pouvant exiger d’exercer le contrôle de sa destinée.Ce débat, nous en sommes convaincus, fera valoir la nécessité pour le Québec de devenir un pays, soit, par conséquent, de réaliser la souveraineté.Cependant, c’est avec inquiétude que nous constatons la dérive du débat sur les accommodements raisonnables.Cette dérive consiste à faire un amalgame des questions de liberté de religion, d’immigration et d’accommodements raisonnables.La question de l’identité québécoise resurgit sous la forme d’un nationalisme identitaire et populiste qui monopolise l’ensemble du débat.Ce type de repli identitaire présente une vision de l’identité nationale qui exige de tous des valeurs et un comportement uniformes.Cette forme d’affirmation identitaire voit une menace à l’unité nationale dans toute minorité, qu’elle soit religieuse ou issue de l’immigration.L’immigrant est présenté comme la principale source de demande d’accommodements, de surcroît pour des motifs religieux.Pourtant, la réalité est tout autre.Les demandes d’accommodement sont rarement de nature religieuse.Quand elles le sont, elles proviennent souvent de minorités établies de longue date.Une démocratie se doit de protéger ses minorités.D’où la pertinence des accommodements raisonnables.Nous tenons à dénoncer l’intolérance, voire l’intégrisme, du discours ambiant.Car la laïcité et les valeurs québécoises sont instrumentalisées, sinon pour éliminer, du moins pour diluer la diversité.Certaines personnes proposent maintenant d’exiger des immigrants la réussite d’un test de français, test que bien des Québécois peineraient à réussir.On veut imposer aux em- ployés de l’État une tenue vestimentaire exempte de tout, symbole religieux.On propose même que l’État québécois dresse une liste de valeurs séculaires que tous devraient partager.mais que seuls les immigrants devraient signer.Forcerait-on un Québécois né ici à s’engager par écrit envers certaines valeurs?Lui demanderait-on de ne pas porter tel ou tel type de vêtement?Demander aux immigrants de le faire, c’est les confiner à être des citoyens de deuxième classe.Dans notre Québec, tous sont égaux.Chacun d’entre nous a les mêmes droits et les mêmes droits responsabilités, dont celle de comprendre la différence.Nos libertés de conscience, de religion et de culte sont garanties par les institutions démocratiques et représentatives encadrées par la Charte québécoise des droits et libertés.Elles le sont pour tous, pas seulement pour la seule majorité catholique.Oui à la laïcité, non à l'ostracisme Notre laïcité se porte bien au Québec.L’État est déjà laïque.Les propositions qui tendent à vouloir uniformiser les valeurs et à éliminer ou à restreindre au domicile l’expression de leurs différences n’ont, en soi, rien à voir avec la laïcité.Elles ont pour conséquence de stigmatiser les nouveaux arrivants et de contribuer à leur marginalisation, voire leur ghettoïsation.Nous refusons cette logique.Le Québec est et doit rester une terre de liberté pour tous.Le contraire aurait pour conséquence de fermer la porte à toute fonne de diversité.Ceci, sans oublier que cette même diversité est déjà une caractéristique de la société québécoise.Le mouvement souverainiste devrait être le premier à rejeter le projet rétrograde et irréaliste d’un mode de vie autarcique des Québécois.Ne pas le faire nuirait à tous les efforts des dernières années pour rejoindre les Québécois issus de l’immigration.De plus, cela reviendrait à passer à côté des vrais dangers pour la culture québécoise: le cadre fédéral et la mondialisation marchande et anglicisante.A trop associer à l’immigration les craintes légitimes de pertes sur le plan culturel, les Québécois risquent encore une fois de manquer le vrai pouvoir: la souveraineté.Le Québec qu’on aime Le Québec est une terre de liberté, un bout d’Amérique où on parle français.A travers nos institutions, cette liberté nous permet d’aménager l’espace public du Québec de façon démocratique.Que reste-t-il de la démocratie quand une religion ou une majorité songe à imposer ses valeurs à l’ensemble?Quelles valeurs veut-on léguer aux générations futures?Nous aimerions que ce soient celles qui ont permis au peuple québécois d’être considéré comme une terre d’accueil où il fait bon vivre, qui est ouverte sur le monde, démocratique et libre.Et que resterait-il du Québec si tout le monde se référait aux mêmes valeurs?Rien qui permette cette créativité québécoise, celle d’un peuple qui a su, malgré sa petite taille et en peu de temps, se tailler une place enviée dans le monde sur le plan tant économique que culturel.Et, il faut le dire, qui a su servir de modèle en matière de politique d’immigration et de gestion de la diversité.En fait, il ne resterait rien des fondements qui ont permis l’épanouissement de l’identité du Québec contemporain: une société ouverte où tous, sans distinction de race, de sexe ou de religion, ont cjes droits égaux et où personne, ni Eglise ni Etat, n’entretient le privilège de dire à l’autre quoi penser ou comment s’habiller.Kerlande Mibel, Steve Fontes, Siegfried L.Mathelet, Driss M Birkou, Rim Mohsen, Éric Quillerée, membres du Groupe d’action politique des Québécois issus de l’immigration du Parti québécois LE DEVOIR.LE JEUDI 18 OCTOBRE 2007 A 7 IDÉES ’ rpp; ARCHIVES REUTERS ANALYSE Le Bloc québécois, un phénomène PIERRE VADEBONCŒUR Essayiste e Bloc québécois est une création politique tout à fait originale et sans modèle, une innovation parlementaire dont on mesure cependant assez mal la singulière utilité, surtout depuis un an ou deux.Le Bloc est un facteur d’opposition absolument libre, libre de toute attache suspecte et de toute ambition grâce à sa position très particulière dans la vie politique.Il est entré comme par effraction au Parlement, un parlement conformiste et aliéné aux intérêts d’argent par les libéraux et les conservateurs.Le Bloc et aussi le NPD troublent et déstabilisent une vie parlementaire plus ou moins confisquée par les deux gros partis.Ils forment une opposition véritable, la seule qui échappe à l’alternance trompeuse des partis dominants.Le Bloc est indépendant par son origine purement québécoise et surtout par le fait qu’il ne peut pas aspirer au pouvoir.D est libre de penser la politique sans rien devoir à personne et sans avoir à ménager des bailleurs de fonds du monde des affaires.Il est une force d’opposition précieuse et sans autre préoccupation que celle d'avoir à défendre le Québec et le bien commun.Il prévient le détournement de l’opposition.Il n’est sans doute pas toujours à la hauteur, par exemple sur la question de l’Afghanistan, où sa faiblesse a déçu.Mais enfin, n’ayant pas d’ambition et, au surplus, n'ayant pas à se laisser tenter par les combines si fréquentes dans la politique ordinaire, il n’a au fond rien d’autre à faire que de prendre fait et cause pour des politiques conformes à ses principes et à sa mission particulière.C’est ce qui le préserve plus que tout autre parti.Le Bloc peut à volonté déranger les calculs des conservateurs comme des libéraux par son poids électoral et par son franc-parler.Il n’attend rien du pouvoir, aucune récompense, aucun profit Par sa situation même, par son,rôle, il est largement prémuni contre les dérapages.A cause d’une conjoncture historique très spéciale, voilà donc la démocratie pourvue d’un instrument qui n’existe probablement nulle part ailleurs.C’est comme si la démocratie avait enfin trouvé le moyen d’opposer au pouvoir, institutionnellement, un contrepoids dont ce serait l’exclusive raison d’être.C’est très particulier, tout comme les circonstances uniques qui ont amené cette nouveauté.Et on se déferait de cet outil démocratique proprement incomparable pour des considérations quelconques comme celles qu’on invoque, par exemple que le Bloc devrait disparaître après un certain temps, son rôle, paraît-il, n’ayant plus fieu de se poursuivre dans une période de relative atonie comme celle de 2007?D est très dangereux d’en arriver à des conclusions irréfléchies comme celle-là.Représenter le Québec Le Bloc n’est pas compromis avec le pouvoir et ne peut pas l’être.Il représente le Québec et peut le défendre comme nul autre parti ne le ferait L’action sur le front fédéral est son domaine exclusif.Les libéraux, les conservateurs, à l’égard du Québec, se trouvent toujours placés sur une pente qui les fait pencher vers le reste du Canada.Le Bloc est à l’épreuve d’un tel glissement.C’est pourquoi on veut absolument l’abattre.On pourrait citer cent exemples de ses actions passées.I.es plus voyantes furent celles qui ont eu trait aux commandites, et elles ont mis le Parti libéral par terre, en tout cas au Québec.Le Bloc est une force redoutable et on ne le dit pas assez.Comme les commandites visaient le Québec, son attention s’est concentrée naturellement sur cette histoire.Le scandale a éclaté grâce à ses interventions insistantes et répétées.La pertinence de cette action a été confirmée par la vérificatrice générale, qui a fini par examiner l’affaire et par reconnaître le bien-fondé des critiques lancées contre le gou- vernement Seul un parti voué aux intérêts québécois et entièrement libre pouvait, semble-t-il, réussir ce tour de force.Et voilà que nous pourrions nous passer de sa présence et de son action?Le Bloc dérange.Il fausse le jeu bien orchestré des partis traditionnels.C’est un corps étranger dans une machine aussi harmonieuse que trompeuse.Il n’est pas assimilable.On ne peut pas le transformer en allié du pouvoir ni l’introduire dans le cercle complaisant de ceux qui gravitent autour de celui-ci.Dans l’histoire démocratique, il est parfaitement atypique.Le Québec n’a pas de meilleur atout politique que ce parti qui, un jour, s’est introduit dans le parlementarisme canadien et a altéré la dynamique des partis fédéralistes et du fédéralisme lui-même.L’adversaire est dans la place! On ne saurait le corrompre, car il n’attend pas de récompense, fût-ce même sous la forme d’un pouvoir partagé avec ceux qui dominent la scène mais qui, à cause de lui, ne la dominent pas totalement.La formule du parti indépendant, son statut d’exception, une trouvaille, et son confinement à l’opposition s’opposent par leur nature même, aux louvoiements politiciens.Le Bloc, comme tous les groupements humains, est exposé aux influences délétères de l’intérêt pure ment individuel, mais, dans son cas, il y a un cran d’arrêt ses buts mêmes et sa drôle de situation sur l’échiquier politique interdisent au militant de se laisser séduire ailleurs, à moins qu’il ne décroche, s’en aille et renie carrément son passé.Comme Lapierre.Comme Garon par rapport au PQ.Ce n’est pas glorieux.Le Bloc est un authentique produit de la démocratie, le plus direct qu’on puisse imagmer.La fonction d’opposition, inhérente au système démocratique, est assurée par lui d’une manière certes imprévue, et il est ainsi posté qu’il ne peut pas s’y soustraire.Le Bloc est un développement institutionnel inattendu.H ne faut pas laisser se perdre cet avantage, qui inquiète toute la machine.Le Bloc occupe une position stratégique unique.Il serait insensé de délaisser un tel créneau, de brader un tel pouvoir.Affaire Castagnetta doit ordonner une enquête publique Le coroner t CHARLES RICE Coordonnateur à l’Alliance des groupes d’intervention pour le rétablissement (AGIR) en santé mentale LUC VIGNEAULT Directeur général de l’Association des personnes utilisatrices de services de la région de Québec (APUR) Lettre ouverte à Louise Nolet, coroner en chef ii n votre qualité de coroner en chef, nous E croyons qu’il est de voire responsabilité d’ordonner une enquête publique, ainsi que la loi vous le pennet, sur ce qu’il est maintenant convenu d’appeler l'«affaire Castagnetta».La ü==J mission du Bureau du coroner est de rechercher de façon indépendante et impartiale les causes et les circonstances des décès obscurs ou violents.Certes, le ministre de la Sécurité publique peut également ordonner la tenue d’une telle enquête, mais il cumule à la fois la responsabilité du Bureau du coroner et celle du système correctionnel, directement visée dans cette affaire.L’indépendance et l’impartialité de votre fonction commandent selon nous la tenue d’une enquête publique compte tenu des éléments pour le moins troublants dont nous disposons dans cette affaire et dont les médias ont fait écho.Plusieurs questions simples demeurent sans réponses.Par exemple, pourquoi les policiers ayant procédé à l’arrestation de Claudio Castagnetta n’ont-ils pas fait appel à l’organisme PECH, qui dispose d’un protocole d’entepte avec les services policiers en pareille situation?Également pourquoi les agents correctionnels ne sont-ils pas intervenus dans le fourgon cellulaire alors que le prévenu se frappait la tête?Manifestement, Claudio Castagnetta n’allait pas bien: il ne savait pas son propre nom.Il chantait et hurlait dans sa cellule.D a vomi plusieurs fois et il s’aspergeait le visage avec l’eau de la toilette.On lui parlait mais il n’était plus là.Il se massait le visage et lé- chait les murs.Pas moins d’une vingtaine de personnes en situation d’autorité, provenant des services policiers, du réseau correctionnel et de la justice, ont été témoins de cette scène sans intervenir.Pourquoi?Des milliers de personnes au Québec peuvent se retrouver dans la même situation que Claudio Castagnetta.Les personnes susceptibles de basculer en état de psychose, ce qui peut arriver à n’importe qui, sont profondément inquiètes de subir le même sort lors d’une arrestation par les corps policiers.Seule une enquête publique permettra d’assigner des témoins et de faire la lumière sur le fil des événements, qui interpelle diverses autorités (Ville de Québec, ministère de la Sécurité publique, ministère de la Justice).Certes, une telle enquête ne ramènera pas Claudio Castagnetta à la vie.Elle permettra toutefois de dégager un portrait d’ensemble de ce qui s’est produit tout en ayant une fonction pédagogique auprès des autorités concernées afin qu’un tel incident ne se reproduise plus jamais.Artisan de paix en toute circonstance CLAUDE PIGEON Capitaine des Forces armées canadiennes et prêtre catholique ¦.andahar — «Mais que peut bien faire notre K ancien curé là-bas?» C’est la question d’une paroissienne à une amie qui me l’a transmise.Ces lignes sont en quelque sorte une réponse, aussi bien pour elle que pour moi, d==J sur le sens de mon ministère de prêtre dans les Forces armées canadiennes.Après avoir servi quatre ans comme aumônier réserviste, j’ai reçu l’autorisation de mon évêque de servir dans la force régulière.Aumônier du 3r Royal 22e Régiment à Valcar-tier depuis janvier 2006, je suis présentement déployé en Afghanistan avec la Roto 4 de l’opération Athena.Comment un prêtre, portant le désir d’être pasteur en tout ce qu’il est et fait, peut-il envisager son ministère d’aumônier militaire comme une semence de paix au milieu d’un conflit qui blesse, sépare, déchire et tue?[.]Ici, en Afghanistan, quel est mon rôle?Je laisse aux politiciens et aux élus la réponse aux pourquoi et aux comment de la présence canadienne dans ce pays.Le quoi et l’avec me suffiront ici pour discuter avec ma paroissienne.Pendant six mois, 2500 hommes et femmes ont été envoyés en Afghanistan pour remplir un mandat qui consiste à contribuer à l’établissement d’un climat de sécurité et aux efforts de reconstruction d’un pays déjà dévasté par des années de guerre.Aux côtés de ces militaires, plusieurs personnes apportent un soutien humain essentiel: infirmières et médedns, travailleurs sodaux et psychologues, ainsi qu’une équipe interconfessionnelle de cinq aumôniers.On peut parler du travail de l’aumônier comme celui d’un répondant de première ligne, un mélange de travailleur social, de psychologue et d’intervenant en situation de crise.L’aspect particulier de la tâche de l’aumônier est le fait qu’il vit sur le terrain, avec la troupe, et partage son quotidien, un peu à la manière d'un travailleur de rue.Certes, U peut et doit remplir tous ces rôles, mais il est et demeure avant tout un aumônier, un pasteur, un prêtre, signe de la présence du Christ, même au milieu des plus âpres combats.Pour comprendre mon ministère presbytéral en théâtre opérationnel, j’utiliserai une trilogie bien connue dans les milieux ecclésiaux.Comme tout baptisé, mais d’une manière spécifique par son ordination et son mandat pastoral, l’aumônier militaire est prêtre, prophète et roi.Comme prêtre, mon ministère de prière et d’offrande est unique au milieu de ce conflit Que ce soit par la messe quotidienne, avec une audience de quelques dizaines de fidèles dans une chapelle improvisée, ou seul lorsque la plupart d’entre eux sont partis en opération, que ce soit par la liturgie des heures où toute l’Église se relaie sans cesse pour offrir sa louange et présenter ses intercessions au Seigneur, que ce soit par une prière prononcée au terme d'une entrevue pastorale pour bénir ou souhaiter le meilleur à un soldat qui vient d’ouvrir le livre de sa vie pour partager une page plus difficile, j’essaie d’être un témoin que le Dieu de la paix continue de se révéler à tous les humains de bonne volonté et que, loin d’être distrait il continue d’agir à travers les responsabilités quils assument La figure biblique du roi nous renvoie à celui qui prend soin du petit et du pauvre, qui maintient le bon droit et répare les injustices.Cela se concrétise, par exemple, lorsque la distance et la séparation prolongée ont un impact sur les couples et les familles.L’aumônier reçoit les confidences, facilite l’ouverture, la communication et la réconciliation.Il oriente vers des ressources professionnelles, plaide en faveur d’un congé lorsqu’une situation de crise éclate entre la conjointe et les grands adolescents à la maison, etc.Son ministère de présence, animé par l’amour du Christ prend la forme d’une recherche de tout ce qui peut affecter le bien-être moral et spirituel de tous et de chacun: le respect, l’écoute, l’intérêt pour chaque métier ou profession, la recherche d’un bon climat de travail, des efforts pour favoriser une meilleure communication, une injustice à réparer, une marque de reconnaissance, un effort de réconciliation, etc.Par son ministère, par sa présence et à travers ses interventions, l’aumônier garde en mémoire le projet du Royaume qui, de jour comme de nuit, ne cesse de croître (Mt 4, 26-29).De ce royaume insaisissable, il est le serviteur inutile mais indispensable (Le 17,10).Enfin, il y a la figure du prophète, celui qui annonce et dénonce, à temps et à contre-temps.Un jour ou l’autre, tout militaire se retrouve devant sa conscience et doit porter le poids de certaines questions auxquelles il espère trouver réponse.Pourquoi suis-je ici?Comment vis-je la mission qui m’est confiée?Pourquoi autant de mal et de souffrance autour de moi?Pourquoi mon ami a-t-il été blessé ou tué?Est-il mort pour rien?Et moi, vais-je mourir aussi?Que dira Dieu lorsqu’il me recevra?Par son écoute et à travers le message qu’il propose, inspiré par l’évangile, l'aumônier invite chacun à un parcours intérieur qui peut le conduire en ce lieu de paix où toute réponse prend la forme d’un dialogue paisible avec un hôte intérieur.Nous sommes la plupart du temps ici au cœur de ce qu’il conviendrait d'appeler une première évangélisation.Je ne me surprends plus que plusieurs grands saints aient eu un passé militaire.Cette expérience particulière qui confronte aux grandes questions du sens de la vie, du mal et de la souffrance est un terreau propice pour une quête spirituelle, comme ce frit le cas pour François d’Assise et Ignace de Loyola.Un dernier exemple mérite d’être évoqué.Dans les Forces armées canadiennes, les aumôniers ne portent pas d’arme, même pour leur défense personnelle.Voilà qui en étonne plus d’un, à commencer par les militaires eux-mêmes.Depuis deux mois que je suis en Afghanistan, plus des deux tiers de mon temps ont été consacrés à visiter les postes avancés d’où partent les opérations dans la zone de responsabilité canadienne, en plus de partager le quotidien des militaires qui y sont déployés.Lorsqu’on me pose la question: «Padre, où est votre ame?», j’aime à répondre: «Je n’en ai pas parce que mon rôle est de rappeler à tous les militaires que le but de leur travail est qu’un jour tous puissent vivre sans armes.» [.] L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes À l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corrivcau (affaires municipales).Fabien Degliae; Marie-Andrée Chouinard (tditorialiste responsable de la page Idées) Brian Myles (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion I.ouis-Gilles Francœur (environnement).Benoît Munger (responsable du site Internet).Emilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clavel (aapitre ) Philippe Papineau (pupitre) Lotust-Maude Rkiux Soucy (Santé)-.Pauline Gravel (sciences) : Michel Garnenu (canmtunste) : Diane IWeourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Dudoa, Michèle Malentant et Christine Dumazet (œmrtfws); Jacques Grenier et Jacques Nadeau [photographes) ; h l'information .niltunflc Michel Bélair (théâtre et cahier Culture).Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du weekend), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (ciaéimOlsabelle Paré (culture): A l'information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'infirmation) Dominique Reny (pupitre).Eric Desrosiers.Claude Turcotte, François Desjardins; A l’information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale).Claude I/vesque, Guy Tbillefer (adjoint au directeur de l'information).Serge- Truffant (éditorialiste) : A l'information politique Hélène Buiœetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dutnsac tiwrofwwiimfc parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction).Émilic Parent Bouchard, Étienne Plamondon Émond (commis à la rédaction) La documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome, Olivier Spéciel (PKéiifc), Monique Bhérer (Ottawa).LA PliBIJCITE Amélie Bessette.Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron (directeuradjoint).Julie Chrétien, Marlène CAté, Christiane legault, Amélie Maltais, Claire Paquet, Geneviève l*ierrat.Chantal Rainville.Martine Riopelle, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Sylvie laporte, Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers Donald Fillon Yannick Morin Nathalie Zemaltis.Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Rochelle Leclerc, Jean Robert Divers (responsable promotion).L'ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau, Danielle Ross. A 8 LE DEVOIR.LE JEUDI 18 OCTOBRE 2007 ACTUALITES IMMIGRANTS SUITE DE LA PAGE 1 «Nous tenons à dénoncer l’intolérance, voire l'intégrisme du discours ambiant, car la laïcité et les valeurs québécoises sont instrumentalisées, sinon pour éliminer, du moins pour diltjer la diversité.[.] On veut imposer aux employés de l’Etat une tenue vestimentaire exempte de tout symbole religieux», peut-on lire.En entrevue au Devoir, la responsable du GAP-QI, Kerlande Mibel, souhaite que son parti ne se laisse pas bousculer par la conjoncture politique et se montre prudent «En tant que parti, on doit prendre le temps de réfléchir encore.Ce groupe qui forme les immigrant ou les minorités religieuses, ce sont des Québécois et il faut les prendre en considération.Les brimer ne peut pas être une réponse.On ne peut pas brimer un groupe pour conforter une majorité de citoyens», a affirmé Mme Mibel, pour qui «parier de laïcité, c’est une façon de masquer l’intolérance».Outre les travaux de préparation de sa plate-forme électorale en vue du prochain scrutin qui pourrait survenir rapidement le Parti québécois entend aborder également la laïcité à travers un projet de Joi quil déposera aujourd’hui à l’Assemblée nationale.Ce projet de loi sur l’identité nationale constitue la pièce maîtresse de l’action, cet automne, de l’opposition péquiste dirigée par Pauline Marois.Le dépôt de ce projet de loi sera accompagné par la présentation d’une constitution québécoise par le député de Mercier, Daniel Turp.Cette constitution québécoise comporterait une clause visant à baliser l’obligation d’accommodement raisonnable en énonçant que les droits et libertés s’exercent dans le respect de l’égalité des hommes et des femmes, mais aussi dans celui «delà laïcité des institutions publiques du Québec».Dans la même foulée, Pauline Marois a déclaré mardi, lors de son premier discours à l’Assemblée nationale en tant que députée de Charlevoix et chef du deuxième groupe d’opposition, que «pour assainir le débat qui a cours actuellement, par respect pour nous-mêmes autant que par honnêteté pour ceux que nous accueillons dans notre maison, üfaiîdra très rapidement envoyer à tous et à toutes les bons signaux avec sérénité, ouverture et fermeté».L’identité québécoise repose sur une langue commune, le français, mais aussi sur «la liberté d’expression, l'égalité des hommes et des femmes, le droit des enfants ainsi que le caractère laïque des règles de fonctionnement de notre société», a souligné Mme Marois.Ce sont là des valeurs que les nouveaux arrivants doivent accepter «pour être membres de la famille», a-t-elle indiqué.«Je crois profondément que ce n’est pas en s’effaçant ou en nous reniant nous-mêmes qu’on respecte l’autre.» Aux yeux de Kerlande Mibel et de ses collègues du GAP-QI, la laïcité est une autre forme de religion.Ne pas permettre l’expression de la foi à des immigrants qui travaillent au sein de la fonction publique et parapublique par le port du turban, de la kippa ou du hidjab apparaît comme une façon de marginaliser et de stigmatiser davantage ces personnes, croit Mme Mibel.«On demande que les gens n ’affichent pas leur religion mais on va les recruter au Maghreb.Rendus ici, on leur dit: “Enlève ton voile.” C’est incohérent», a soutenu Kerlande Mibel qui a ajouté: «Du moment que ça n’affecte pas notre sécurité, il n’y a pas de raison qui justifie ça.» Quant au partage de valeurs communes prôné par la chef péquiste, le GAP-QI s’insurge contre Tuniformisa-tion des personnes.«Si demain matin tout le monde doit partager les mêmes valeurs du francophone blanc catholique, on n’est pas plus avancés», a fait valoir Mme Mibel.Dans sa lettre, le GAP-QI constate que la question de l’identité québécoise prend la forme d’un nationalisme identitaire et populiste.«Ce type de repli identitaire présente une vision de l’identité nationale qui exige de tous des valeurs et un comportement uniformes», soufignet-on.Il n’y a toutefois aucun commentaire sur l’utilisation du «nous» que Mme Marois brandit depuis quelques semaines.Visiblement mal à l’aise, Kerlande Mibel a refusé de se prononcer, soulignant qu’elle réserve ses commentaires pour l’exécutif national.Quant aux idées émises récemment par d’autres militants péquistes, dont l’ancien président des jeunes péquistes Claude Villeneuve, le GAP-QI les rejette.D en va ainsi de la suggestion que tous les candidats à l’immigration subissent un test de français afin de s’assurer qu’ils s’intégreront dans le marché du travail.Aussi, le GAP-QI s’insurge contre l’idée que, pour être sélectionné, un candidat à l’immigration devrait signer un «contrat de citoyenneté» énumérant les droits et responsabilités mais aussi les valeurs auxquelles il devra adhérer.«Dans notre Québec, tous sont égaux.Chacun d'entre nous a les mêmes droits et responsabilités, dont celle de comprendre la différence», affirme le GAP-QI dans sa lettre.Avec la collaboration de Robert Dutrisac Le Devoir DION SUITE DE LA PAGE 1 ans et demi, ce serait trop aux yeux des Canadiens.Le gouvernement est sans doute de plus en plus frustré par une opposition qui l’empêche de mettre en œuvre son programme hyper-conservateur, mais nous sommes déterminés à faire fonctionner le Parlement.» Au chapitre des points relativement positife contenus dans le discours du Trône, M.Dion a noté le plan proposé pour les langues officielles (dont il a revendiqué la paternité) , l’attention portée par le gouvernement à la souveraineté nordique et l’hommage rendu à Aung San Suu Kyi, leader de l’opposition birmane, qui devient ainsi citoyenne dhonneur du Canada Mais il a critiqué presque tous les points importants du discours.«Le discours est [.] vague, plein de trous, et soulève [beaucoup] de préoccupations», a-t-il dit avant d’ajouter qu’il se console en voyant que le discours du Trône «n’est pas aussi mauvais que s’il avait été écrit par un Parti conservateur majoritaire».Le chef libéral a longuement parlé de «l’ambiguüé» du gouvernement en ce qui concerne la mission canadienne en Afghanistan.«Pourquoi avoir demandé à un comité d’analyser quatre options alors que le discours du Trône annonce déjà que le gouvernement a choisi une des quatre options?», at-il lancé dans un long discours au ton scolaire.Stéphane Dion juge que la faiblesse des initiatives en matière de protection de l’environnement constitue la partie la plus décevante du discours du Trône, fi a rappelé que le nouveau Prix Nobel de la paix, Al Gore, avait comparé le plan vert des conservateurs à «un attrape-nigauds».Dans le domaine de la justice, Stéphane Dion se montre conciliant.Les libéraux calculent avoir déjà donné leur accord à cinq des six lois envisagées.«C’est le gouvernement qui a fait de l'obstruction à l’adoption de ces lois, ce qui a été fait au détriment de la sécurité des Canadiens.» Le chef libéral propose tout de même un long amendement au discours du Trône, mélange de critiques et de vantardises libérales.Stéphane Dion a précisé que si l’amendement qu’il soumet n’est pas accepté — comme ce sera vraisemblablement le cas —, il fera comme le NPD en octobre 2006 (lors de l’accord sur le bois d’œuvre) et le Parti conservateur en mars 2005, c’est-à-dire qu’il s’abstiendra de voter pour éviter le déclenchement d’élections.«Si c’est bon pour lui, c’est bon pour moi», a lâché M.Dion à propos de Stephen Harper.Harper se réjouit Le premier ministre Harper a saisi la balle au bond.«Je suis heureux de voir que le chef de l’opposition me *« REUTERS Stéphane Dion prend maintenant comme modèle», a répliqué M.Harper, sourire aux lèvres.Le premier ministre a enchaîné avec une anecdote.«Quand j’ai entendu les critiques du leader de l’opposition à propos du discours du Trône, je me suis souvenu d’un professeur que j’ai eu.Il disait que tout était mauvais dans mes travaux, mais il me faisait passer quand même.» Stephen Haiper, comme il l’avait annoncé il y a deux semaines, a soutenu qu’il inteipréterait le passage du discours du Trône comme un «mandat clair» pour gouverner.Son projet de lokadre pour durcir le système de justice sera d’ailleurs un vote de confiance, a-t-il prévenu.Hier, le premier ministre a de nouveau longuement abordé la question de la souveraineté du Canada dans l’Arctique, «le défi le plus important pour la souveraineté du pays», a-t-il affirmé.Rappelant que le gouvernement conservateur a promis un port en eau profonde, de nouveaux navires militaires et une présence accrue de l’armée dans le Grand Nord ainsi qu’un nouveau centre de recherche à la fine pointe de la technologie, Stephen Harper a soutenu que la seule façon d’exercer la souveraineté canadienne dans ce vaste territoire consiste à «l’occuper».«On ne peut pas simplement pointer une carte et dire: “C’est à nous.» Il faut faire des efforts, engager des dépenses et être prêt à des sacrifices», a-t-il affirmé.De manière plus générale, le premier ministre a soutenu que le discours du Trône, qui met largement en lumière des priorités déjà connues du gouvernement, contient tout ce dont les Canadiens ont besoin.«Les citoyens s’attendent à un leadership efficace, ciblé et fondé sur des principes pour qu’ils puissent planifier leur avenir en toute confiance», a lancé le premier ministre.Duceppe à l’attaque Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, n’a pas tardé à répliquer à Stephen Harper.«Ce discours [du Trône] fait la preuve que l’ouverture du premier ministre n’était pas sincère», a-t-il dit en qualifiant le fédéralisme d’ouverture des conservateurs «d’entreprise de marketing politique qui prend toutes les apparences d’une arnaque envers la nation québécoise».Gilles Duceppe a insisté à plusieurs reprises sur l’approche des conservateurs en ce qui concerne l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser, identique selon lui aux promesses de Jean Chrétien dans le cas de l’Accord sur l’union sociale, une entente conclue en 1999 mais rejetée par le Québec car jugée trop contraignante.«Le gouvernement conservateur propose le même fédéralisme dominateur et paternaliste que Jean Chrétien», a dit le chef du Bloc.«Le gouvernement persiste à vouloir imposer des conditions au Québec, ce qui est inacceptable.» Tout comme Stéphane Dion, Gilles Duceppe a affirmé que le Canada est chanceux de ne pas avoir un gouvernement conservateur majoritaire.«Alors qu’il était encore dans l’opposition, le premier ministre voulait que le Canada participe à la guerre en Irak.[.] C’est une chance qu’il n’ait pas été premier ministre d’un gouvernement majoritaire», a-t-il dit Selon le chef du Bloc, «le gouvernement va à l’encontre de la volonté de l'Assemblée nationale du Québec sur la question des valeurs mobilières, de Kyoto, de la crise forestière, des jeunes contrevenants, du registre des armes à feu et du Sénat.La liste est longue», a-t-il dit Le chef du NPD, Jack Layton, est quant à lui demeuré sur ses positions exprimées la veille, affirmant que ce discours du Trône entraîne le Canada dans la mauvaise direction.D a mis le chef libéral au défi, s’il a des principes, de renverser le gouvernement Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 dïci la fin de l’année.«C’est la première fois que tous les parlements démocratiquement élus [l'Assemblée nationale et les parlements des provinces] ont pu compléter leurs mandats de cinq, ans.Cela ne s’était jamais vu auparavant [coups d’Etat et dissolutions expéditives obligent].Cette stabilité a été bénéfique pour le pays.» Bilan enjolivé Il serait facile de discréditer ce bilan peut-être un peu trop rose pour être vrai comme un acte de propagande de la part d’un gouvernement qui sent encore le besoin d’avoir un ministère de l’Information.Pourtant bon nombre d’observateurs de la scène politique pakistanaise partagent l’optimisme du ministre Azim.C’est le cas de Zahid Hussain, journaliste de renom à Islamabad et auteur du récent ouvrage Frontline Pakistan sur la schizophrénie pakistanaise devant le militantisme religieux.Selon M.Hussain, un autre mandat de Pervez Mou-charraf ne perpétuera pas une situation politique bancale.Au contraire, il permettra une «période de transition» et l’établissement d’un véritable système politique où le pouvoir sera partagé.«Jusqu’à présent, le président était omnipotent, le premier ministre faisait de la figuration et le Parlement jouait au béni-oui-oui.Mais en abandonnant son uniforme, le président n’aura plus la même autorité.Le futur premier ministre prendra du galon, le nouveau Parlement prendra de l’assurance et l’armée aura son rôle à jouer.Nous aurons un “triarcaf.C’est une bonne chose pour le pays», lance M.Hussain tout en jetant un coup d’œil vers son téléviseur.Puis, tout à coup, il s’interrompt pour haussef le volume.A l’écran, on le voit, cravate au cou, animant un groupe d’invités politiques, dont un général en civil, qui se çhamaillent à propos de la valeur d’un tel «triarcat».A son corps défendant, Tahira (un pseudonyme) reconnaît les bienfaits du régime Moucharraf.Militante pour les droits des femmes, elle se voit obligée de re- MOUCHARRAF connaître que le général-président a fait avancer bien des causes dont les gouvernements civils précédents avaient préféré ne pas tenir compte.Elle rappelle que le président, dans un geste de défi aux intégristes religieux, s’était fait photographier en train de caresser un chien, cet animal que repoussent les musulmans parce qu’il les rend impurs pour la prière.De l’autre côté de la table, Nafeez, professeur à la retraite, l’invective.«[Moucharraf] orchestre tout cela afin de se faire passer pour le séculaire libéral qu’il n’est pas!», dénonce l’homme qui, tout comme Tahira, jouit d'une condition économique très enviable.Nafeez aime rappeler certaines déclarations du président, dont celle par laquelle il avait réfuté des accusations de viol sous prétexte que le violeur présumé était nouvellement marié.«A quoi juge-t-on un homme?Parses déclarations savamment préparées ou par celles qui lui viennent spontanément à l’esprit?» Malgré leurs différences, Nafeez et Tahira partagent le même constat la scène politique pakistanaise souffre d’un vide accablant que la formation de Benazir Bhutto, discréditée à cause de son pacte avec le général Moucharraf, ne parvient plus à combler.C’est un autre paradoxe du Pakistan quand on songe que pas moins de 77 partis politiques officiels s’étaient présentés aux dernières élections législatives.Un sondage rendu public la semaine dernière par l’International Republican Institute, un organisme américain sans but lucratif qui fait la promotion des idéaux démocratiques dans le monde, indique que M.Moucharraf n’a plus la cote depuis un an.Alors qu’il atteignait des sommets de popularité en septembre 2006, avec 63 %, sa cote n'est plus que de 21 % à lheure actuelle.Pis encore, 70 % des Pakistanais estiment qu’il devrait démissionner alors qu’autant de gens (73 %) pensent que le pays va dans la mauvaise direction.Lutte contre le terrorisme L’impopularité du prérident s’explique en partie par sa détermination, du moins affichée, à combattre les élé- ments extrémistes du pays, concentrés dans la province frontalière du NordOuest et dans les zones tribales, dont le Waziristan, qui bordent l’Afghanistan.Cette lutte (dont l’ambivalence s’est trouvée toute résumée lors du siège estival de la Mosquée rouge par les étudiants en religion, toléré pendant des semaines puis soudainement réprimé dans une attaque sanglante) n’est pas facile à faire avaler aux Pakistanais, reconnaît le ministre Azim «Notre plus grand défi est d’expliquer à nos citoyens que cette guerre contre le terrorisme n’est pas la guerre des Américains», dit-il.Il rappelle que le président et son premier ministre ont tous deux été l’objet de tentatives d’assassinat.«Ils ont mis leur tête sur le billot, alors il est insultant de se faire dire par les Américains que nous n’en faisons pas assez.» Et à ces politiciens américains qui, à la faveur d'une campagne électorale, fantasment à mots couverts de s’installer dans le nord du Pakistan pour y faire le ménage, M.Azim sert une mise en garde: «Le Pakistan n’est pas une petite république bananière.On ne vient pas s’y installer comme cela.[.] Pourquoi les Américains pensent-ils réussir ici ce qu’ils ont échoué à faire en Irak ou en Afghanistan?Lorsqu’on échoue, c’est toujours plus facile de blâmer les autres que de se demander ce qu ’on a fait de travers.» Si le président Moucharraf abandonne son uniforme militaire, comme il le promet son successeur au sein de l’armée lui servira-t-il la même médecine et le renversera-t-il à son tour?Evidemment le ministre Azim ne le pense pas parce que, selon lui, l’armée est devenue «beaucoup plus disciplinée».Zahid Hussain le croit aussi, mais pour une autre raison, d’ordre beaucoup plus pratique.En effet les militants religieux prennent désormais les policiers et les milifaires pour cible et les morts se comptent par centaines.À ce point que les militaires sont invités à laisser leurs galons au vestiaire afin de passer inaperçus.«C’est difficile d’imposer la loi martiale lorsque vous ne portez pas l’unifbrme!» Le Devoir B0NNAIRE SUITE DE LA PAGE 1 parents et les hôpitaux psychiatriques, c’est le désert.» Sabine, sa cadette d’un an, Sandrine en a autrefois capté, avec sa caméra, la radieuse jeunesse, plus tard son profil brisé au centre d’accueil spécialisé en Charente, où elle attaque parfois les éducateurs à la fourchette.Certains conseillaient à Sandrine de se montrer davantage à l’écran, mais elle a rejeté l’idée de jouer sur sa propre image.«Je voulais faire un film violent, percutant comme un coup de poing, sur Sabine, une héroïne, à l’instar de Camille Claudel.» Autiste mais souffrant aussi d’infantilisme: les diagnostics sont parfois flous et complexes.Désormais, tous les jours, Sabine se fait projeter «leur film» à la télé, douloureuse lettre d’amour cinématographique signée par sa sœur.Retour en arrière.Au départ, le handicap de Sabine ne l’a pas empêchée de jouer du piano, de voyager, de circuler en scooter, comme en témoignent les images d’archives du film.Alors qu’elle fut longtemps très belle — sa ressemblance avec Sandrine était criante —, un cortège de déboires a transformé la gracieuse sylphide en femme gonflée, amoindrie, parfois bavante, l’œil éteint, l’invective à la bouche.La même personne, vraiment?Il faut se pincer pour y croire.Ce projet de documentaire, Sandrine Bonnaire en caressait l’idée depuis longtemps, hésitant à sauter le pas, par crainte de l’impudeur.«Mais en 2001, j’ai été nommée “marraine des Journées de l’autisme” en rencontrant plusieurs familles dans la même situation que la mienne.Ça m’a convaincue d’aller de l’avant.» Sandrine Bonnaire est née d’un père ouvrier dans une famille tricotée serré de 11 enfants.Or les membres dü clan se montraient divisés à l’idée de médiatiser la vie de Sabine, ainsi que la leur, bien entendu.Des éléments privés ont donc été mis de côté.Reste le chemin de la dérive autiste: la mort d’un frère qui a laissé la jeune fille en état de choc, le déménagement de sa mère en province qui a coupé Sabine de sa fratrie.Ont suivi un hébergement rotatif chez ses sœurs, mis en échec par la violence de la jeune femme, l’internement en institut psychiatrique avec les traitements massues, puis la vie dans un centre plus humain, que Sandrine a contribué à créer après s’être heurtée à des portes closes.«En ces matières, tout le monde est fautif et personne ne l’est», conclut-elle en livrant sa bataille pour la création en France de nouvelles unités légères à l’intention des autistes et des psychiatrisés, ainsi que pour la fondation de centres de jour.«Il existe 80 OOO autistes en France et si peu de ressources.» Je m’appelle Sabine a été lancé au dernier Festival de Cannes avant d’être projeté à la télé française, ce qui a valu à Sandrine Bonnaire une rencontre avec le président Nicolas Sarkozy, puis avec le ministre des Affaires sociales, poussant partout la roue de la multiplication des structures d’aide.«Bien sûr que ma notoriété me sert, dit-elle.Si je peux la mettre au service d’une cause importante, ce serait bien bête de s’en priver.» Chose certaine, ce rapport constant avec Sabine ainsi que des liens étroits avec une famille qui vit loin des paillettes ont aidé Sandrine Bonnaire à garder les pieds sur terre, par-delà sa tête d’affiche, qui n’a jamais enflé.«J’ai toujours été lucide.Dans mon métier, on peut monter très vite et redescendre aussitôt.Et puis, dans mon enfance, on m’a toujours vanté les vertus du travail.Quant à mon rapport avec Sabine, il m'a appris très tôt le sentiment de la différence.J’étais sa sœur, donc confrontée aussi au regard des autres.» Ce documentaire n’est pas le dernier mot proféré par Sandrine Bonnaire à propos de l’autisme.Avec son compagnon Guillaume Laurant, elle a coscénarisé un long métrage de fiction intitulé J’te souhaite au revoir, l’histoire de deux sœurs qui se retrouvent par hasard.L’ùne est autiste (incarnée par Sandrine Bonnaire), l’autre a coupé les ponts avec l’ombre douloureuse de celle qui lui renvoyait le miroir de la différence (elle sera jouée par Sandrine Kiberlain).Encore à l’étape du financement ce film, une pre- mière réalisation pour Guillaume Laurant (scénariste d’Amélie Poulain), devrait amorcer son tournage en février.Il a été question que Sandrine partage avec son mari le fardeau de la mise en scène.«Mais se retrouver à la fois devant et derrière la caméra m’aurait paru trop lourd.» Elle avoue s’être inspirée de sa sœur pour créer son personnage, ajoutant des clins d’œil à son intention.«Ce sera un film abordant le regard que les gens posent sur la différence, quelle qu’elle soit», explique-t-elle.Rappelons que la carrière de Sandrine Bonnaire, lancée en 1984, à l’adolescence, par le brillantissime Maurice Pialat dans A nos amours, a été jalonnée de rôles phares, notamment dans La Cérémonie de Claude Chabrol,/ca««c la Pucelle de Jacques Rivette, Sans toit ni loi d’Agnès Varda, etc.Aujourd’hui, elle s’avoue à la croisée des chemins: «Après 23 ans du métier d’actrice, j’ai l’impression d’en connaître toutes les ficelles.» Sans laisser l’interprétation, elle souhaite explorer davantage les chemins de la réalisation et de la scénarisation.«Dans ce métier-là, au bout d’un moment, vous devenez trop protégée, une sorte d’icône.D’où le besoin de s'aérer.Le documentaire, en tout cas, me passionne.Comme le métier d’actrice, il se nourrit de l’observation des autres.» Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (sans frais) 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 514-985-3399 514-985-3390 1 800363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 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