Le devoir, 20 septembre 2003, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 3 ESSAIS Dialogues avec Hannah Arendt Page F 6 JOURNÉES DE LA CULTURE Plus de 1500 activités partout au Québec Pages F 7 et F 8 ?LE DEVOIR ?-» • 5„.' P\ mm li'4^3 MP * * # i«» -%- k7;’ mom! C’est le prototype de la ménagère des années 50.Une femme à la cuisine immaculée, d’une disponibilité infinie pour ses neveux, nièces et enfants, et qui avait d’ailleurs toujours une petite gâterie à leur mettre sous la dent.Cette femme, c’est le personnage d’Arlette, la tante du narrateur de Adieu Betty Crocker, mais ce pourrait aussi être une tante, une grand-tante ou même la mère de toute une génération de baby-boomers québécois.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Reste qu’Arlette, la tante du narrateur du dernier roman de François Gravel, est morte.Dommage.On aurait presque eu envie dé la connaître.Comme on se surprend à s’attacher à cet univers affectueusement familier que l’auteur dévoile, livre après livre, année après année, comme pour vérifier le lien qui l’y attache, pour revisiter des lieux qui n’existent plus.François Gravel a une longue feuille de route d’écrivain dénié re lui, 35 livres en fait, si l’on compte les livres pour enfants II écrit jour après jour, matin après matin, entre ses cours ou à la faveur de congés de son poste d’enseignant d’économie au cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu.Ses histoires sont des histoires de la vie quotidienne, celles d’enfances, d’adolescences et de mariages qui se déroulent dans l’ombre des bungalows de banlieue, avec chaîne stéréo au sous-sol et abri Tempo en sus.Cet univers, c’est un peu le sien, puisque lui-même a longuement écouté les Beatles dans le bungalow de ses parents, dans l’est de Montréal, alors que son père tenait un magasin de télé viseurs qui s’appelait Gravel et frères.C’est un univers qu’il a aussi voulu préserver, puisqu’il a un jour racheté le bungalow de son père, élevé ses enfants, qui ont fréquenté la même école que lui, le même sous-sol, et finalement, probablement, à peu près les mêmes disques.Ainsi, on pourrait dire que François Gravel est un nostalgique, même si l’univers de Adieu Betty Crocker, comme celui de ses autres romans, est inventé.«C’est clair que je parle du monde ordinaire, du monde simple, et que j’essaie de parler de ce que je connais.La plupart du temps, j’ai envie de parler de quelque chose qui me trouble, sans que je sache pourquoi ça me trouble.J’ai envie de parler de ça», dit-il.Adieu Betty Crocker, François Gravel confie en avoir eu l’idée en écoutant à la radio le témoignage d’une femme qui était atteinte du «syndrome de la ménagère», ou «agoraphobie», une maladie qui «touchait surtout des femmes, qui ne quittaient pas leur maison».Contrairement à son habitude, qui est de jongler longtemps avec une idée avant de la coucher sur du papier, François Gravel s’est immédiatement mis au travail.Ainsi est née Arlette, alias Betty Crocker, femme parfaite, un «fantasme de mère idéale», pour reprendre les mots de l’auteur, dont l’horizon s’est arrêté au comptoir de cuisine durant 35 ans, ce qui ne l’a pas empêchée d’élever ses deux enfants dans l’équilibre et l’harmonie.Ce livre présentait un défi, précisément parce qu’au départ «il ne s’y passait rien», remarque l’auteur.À lui maintenant de meubler cette cuisine des mille et une attentions qu’une mère consacre à sa famille et à ses enfants, la cuisine, la fabrication de costumes de Beatles, sans parler de la radio, des livres, qui ouvrent ici et là une fenêtre sur l’extérieur.Evidemment, François Gravel est loin de vouloir révolutionner le monde.«Je suis foncièrement conservateur», dit cet exgauchiste, qui reconnaît toutefois avoir eu, dans un passé lointain, des sympathies marxistes-léninistes.Et gare à la journaliste que je suis, tentée de mettre en doute l’équilibre trouvé par une femme ne quittant jamais la maison.À ce sujet, Arlette elle-même prend fa plume, à fa fin du livre, pour parler de «cette animatrice de radio qui disait que les femmes enfermées dans leur cuisine [.] étaient prisonnières, celle-là, j'ai encore une dent contre elle», et d’ajouter que ces années-là, celles passées à guetter par fa fenêtre les enfants qui reviennent de l’école, ont été les plus belles de sa vie.Mais attention, on est id dans un roman, un roman qui permet à l’auteur de plonger directement dans le passé, sans en retoucher les détails.Féministe, François Gravel affirme qu’il est impossible de ne pas l’être aujourd’hui, ajoutant que la révolution féministe est l’un des grands acquis du XX' siècle.Mais il reste que, il le confie en entrevue, lui-même se sentait en quelque sorte une dette envers toutes les tantes Arlette de 1a terre, qu’il regardait de haut, dans ces jeunes années, alors qu’il rêvait de changer le monde.Et cet adieu à Betty Crocker et à toutes les femmes qui lui ont ressemblé est, finalement, autant un adieu qu’un éloge.Voir la critique signée Suzanne Giguère en page F 3 WnELuZ* - Ai* Y COTT V#us n#us exploitez.Nous vous boycottons.LES^NTOUCHABLES^ONT 10 ANS.PLUS DE 1 000 000 DE LIVRES VENDUS.WWW.LES I NTOUCHABLCS.COM 1 \ sii^018 x\ -RIVIÈRES du 3 au 12 octobre 2003 INFO-FESTIVAL : 1-819-379-9813 HÔTEL GOUVERNEUR : 1- 819-379-4550 Repas-Poésie 5 & 12 octobre 4,5,11 8c 12 octobre 4-12 octobre 4-12 octobre 1 IhOO Muffin-poésie 12h00 Dîner-poésie 12h00 Dîner-poésie 12h00 Dîner-poésie Librairie Morin Angéline Ristorante 18H30 Souper-poésie 18H30 Souper-poésie 4000, des Forges 313 A, des Forges Resto II Circo Le Lupin (819) 379-4153 (819) 372-0468 1140, St-Prosper 376, St-Georges 4, 5,11, 12 octobre 6-10 oct.: dîner 8c 4-12 oct.: souper (819) 374-0008 6-10 octobre (819) 370-4740 5-10 8t 12 octobre 12h00 Dîner-poésie 12h00 Dîner-poésie 12h00 Dîner-poésie 18h30 Souper-poésie Resto-bar Le Comic 18h30 Souper-poésie Au Four à bois BoufFElles Café Bistro St-Germain 334, des Forges 329, Laviolette 767, St-Maurice 401, St-Roch (819) 370-6655 (819) 373-3686 (819) 378-6963 (819) 372-0607 4.5.9.10.11.12 oct.9-10 octobre 4-12 octobre 4-12 octobre IShOO Souper-poésie IShOO Souper-poésie Rencontres-poésie J’écris'vos poèmes Restaurant Gaspard La Becquée IShOOet 19h30 avec vous :14h-16h00 475, des Forges 4970 des Forges Librairie Morin 20h00-2Ih30 (819) 691-0680 (819) 372-1881 4000, des Forges Café Morgane Atelier-poésie Apéro-poésie (819) 379-4153 Apéro-poésie 418, des Forges (819) 694-1116 Apéro-poésie 5,7,8,9.10.12 oct.4-12 octobre sans fumée 4-11 octobre 4-12 octobre Atelier d’écriture 15H00 Maison Hertel 17H00 Café Bar Zénob IThOO Musée 17h00 Le Comic de la Frenière, 802 171, Bonaventure québécois de 334, des Forges des Ursulines (819) 378-9925 culture pop.(819) 370-6655 (819) 379-9813 Récital-poésie Récital-poésie 200, Laviolette (819) 372-0406 Récital-poésie Récital-poésie 4, 5 & 9 octobre 3.4, 5, 7-12 octobre 6-10 octobre 5.7 et 9 octobre 19K00 Café bar 20h30 Café Bar Zénob 20h30 Chansons IThOO : 5 & 7 Zénob 171, Bonaventure 171, Bonaventure poésie Le Comic 21hUG: 9 (819) 378-9925 (819) 378-9925 334, des Forges Café Foin Fou Récital-poésie Jazz-poésie (819) 370-6655 Spectacle-poésie 242, route 138 Champlain (819) 295-3636 Un poète à CFOU-MF 7-12 octobre 5 octobre fi octobre 89.1 20h30 Chansons-poésie :20H00 20h00 et 21h30 09h00 : 3,8,10 Resto-bar Le Comic Galerie d’art du Café-bar Zénob I4h00 : 6 334 des Forges Parc, 864, des 171, Bonaventure IThOO : 12 (819) 370-6655 Ursulines (819) 378-9925 I9h00 : 11 (819) 374-2355 Poèmes milieu de soirée Poèmes de nuit Ciné-poésie.21h00 : 6 10.11.12 octobre 3-12 octobre 2-12 octobre 22h30 Resto-Bar Le Comic 23h00 Poèmes de nuit OlhOO Voix off 14h00: 5, 12 858, Laviolette 334, des Forges Café Bar Zénob 19h30: 2,3,8,10 (819) 376-4459 (819) 370-6655 171, Bonaventure octobre (819) 378-9925 20h00 : 11 octobre Lutte des poète.) invité.) Les gagnants des Prix suivants, si c’est un poète : 1.Dickson.Robert (Ontario) N M H (mvtrtuar ifénéml ht (.'«mto 2.Doré, Kim (Québec) ¦ ¦ 6W hix de ptim canada Heiiiekeit l’Hôtel-Je-Ville, Trois-Rivières, (819) 379-9813.Présidente d’honneur : madame la Consule générale, Sarah Gillett.Poètes : Patrick Williamson, Robert Minhinmck, Lawrence Sail (Grande-Bretagne).14h00.Thé-poésie de l'Association des auteurs des Cantons de l'Est» Bibliothèque municipale Éva-Senécal, 450, Marquette, Sherbrooke, (819) 821-5861 et (819) 821-2221.Poète : Arjen Duinker (Pays-Bas).IThOO.La poésie : expression d’une conscience sociale.Souper de la Société St-Jean-Baptiste de la Mauricie.Restaurant Le Tartare, 1500, rue Notre-Dame.Réservations : (819) 375-4881 (jour).Coûts : membres 13,00$, autres 15,00$.Poète : Maka Kotto (Québec).18h00.Souper-musique-poésie.Restaurant La Becquée, 4970, boul.des Forges.Réservations : (819) 372-1881.Musique : Élèves du Conservatoire de Musique de Trois-Rivières.Poètes : Daniel Biga, Prix International Antonio Vicarro-2003 (France), Louis Dubost, Prix International Antonio Vicarro-2002 (France), Sabah Zouein (Liban), Charles Élie Moreau (Sénégal).19h00-20hl5.Récital.Revue Estuaire.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Jean-Éric Riopel, Monique Deland, Élise Turcotte, Prix des Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire, Yves Boisvert, Prix de poésie Félix-Antoine Savard (Québec).19h30.Jazz-poésie.Musiciens : Bernard Primeau Montréal Jazz Ensemble.Salle La Forestière, Complexe culturel Félix-Leclerc, 725, boul.Duchanne, La Tuque, (819) 523-9280.Poètes : Robert Minhinnick (Grande-Bretagne), Claire Krâhenbühl (Suisse), Louis-Philippe Hébert, Jeanne Painchaud (Québec).Coût : 18 $, non-membre ; 16 $, membre.20h30.Érotisme et poésie.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Piano.Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Mai champs.Poètes : Claude Ber (France), Renaud Longchamps, Monique Deland, André Roy, Cari Lacharité (Québec).iWSBETiff PKB llfflSHWSH i 11 octo •55?s mots: rOrchestre sym-que de Trois-Rivières et poésie.Salle J-A.-Tbompson, 374, rue îles Forges, (819) 373-5340.Compositeur» : Rea.Oswald, Dion, Ricard, Galon, Dbomont, Westerkamp, Normandeau et Radford.Coût : Orchestre A à D : 20 $, Orchestre E à T, 2e balcon : 25 $.Loges, 1er balcon : 30 $ Réservations : (819) 380-9797.IThOO.Apéro-poésie.Écrits des Forges.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Jorge Souza (Mexique), Anthony Phelps (Haïti/Québec), Patrick Williamson, Lawrence Sail (Grande-Bretagne).Renaud Longchamps.David Bergeron (Québec).17h00-19h00.Rencontre-Poésie.Café St-Georges.250, me Hériot, Drummondville, (819) 475-3500.Poètes: Claire Krâhenbühl (Suisse).Sibila Pedevski (Croatie), Maka Kotto, Danyelle Morin (Québec).19h00.Récital-poésie.Bar Le Folio, 777,6e rue, Shawinigan.(819) 536-3817.Poètes : Mena Latif-Ghattas (Égypte/Québec), Pierre Labrie.Stéphane-Albert Boulas (Québec).20h30.Soirée de poésie.Café Bar Zénob.171, Bonaventure.(819) 378-9925.Poètes : Sabah Zouein (Liban), Antoni Clapés (Catalogne/ Espagne), Angèle Bassolé (Burkina Fa»o/Canada), Monique Deland, Rachel Lrderc (Québec).10hl5.Lancement du recueil 41 Poètes de Grande-Bretagne (Écrits des Forges).Salon du maire, Hûtel-de-Vdle.1325, Plie de IShOO.Café-poésie.Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges.(819) 379-4153.Entrevue : Gérald Gaudet.Poète : André Roy (Québec).IThOO.Apéro-poésie et remise du Prix Arcade de poésie.Éditions Arcade (Québec).Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Claudine Bertrand (directrice), Claude Ber (France), Claire Krâhenbühl (Suisse), Lydia Parada Brown (Bolivie), Sabah Zouein (Liban), Louise Blouin, France Mongeau (Québec).18M)0.Souper-musique-poésie.Restaurant La Becquée, 4970, boul.des Forges.Réservations : (819) 372-1881.Musique : Élèves du Conservatoire de Musique de Trois-Rivières.Poètes : Claire Krâhenbühl (Suisse), Pierre Nepveu.Grand Prix du Festival International de la Poésie, Élise Turcotte, Prix des Terrasses Saint-Sulpice de la revue Estuaire, Madeleine Gagnon, Prix Athanase-David, (Québec).IShOO.Souper : poètes et poèmes de prison.Vieille prison de Trois-Rivières, Musée québécois de culture populaire, 200, rue Laviolette, (819) 372-0406.Poètes : Acbour Fenni (Algérie), Robert Dickson, Prix du Gouverneur Général (Ontario), Patrick Williamson (Grande-Bretagne), Maka Kotto, Marc Vaillancourt (Québec).Réservations avant le 8 octobre : 372-0406.Coût 23,50$ taxes et service non-inclus.19h00.Récital en langue espagnole : XI tarde otônal de poesiay musica.Salle Rodolphe-Mathieu.pavillon Michel-Sarrazin, Université du Québec à Trois-Rivières, (819) 370-1502.Poètes : Lyvia Parada Brown (Bolivie), Salvador Torres Saso (San Salvador/Québec).19h00.Pastis, caribou et plaisirs de la langue.L’Association Québec-France Mauricie reçoit.Conférence : Michèle Bourgon.Salon du Livre de Trois-Rivières, Maison Hertel-de-la-Fresnière, 802, des Ursulines.Coût : 15,00 $ (membre).18,00 $ (non-membre).Réservations : (819) 376-9003.Poète : Daniel Leuwers (France).19830.Poèmes en langue anglaise.Église anglicane St-James, 811, des Ursulines.(819) 374-6010.Poètes : Robert Minhinnick (Grande-Bretagne), T.Anders Carson (Ontario), Munira Judith Avinger (États-Unis/Québec), Jennifer Boire (Québec).20h00.Radio-Canada : Les Décrocheurs d'étoiles.Spectacle de poésie et enregistrement de cette émission de poésie.Thème : célébration de la ville de Trois-Rivières à travers la poésie.Animateur : Michel Carneau.Réalisation : Christine Germain.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.20h30.Poésie et chansons.Le comique à travers la chanson et la poésie humoristiques.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6656.Piano : Gilles Hamelin.Chansons et poésie : Guy Marcbamps.Poète : Carole David (Québec).23h00.Poèmes de nuit.Café Bar Zénob.171, Bonaventure, (819) 378-9925.Jazz et poésie.Musiciens : Par Hasard Jazz Trio.Poètes : Charles Élie Moreau (Sénégal), Patrick Williamson (Grande-Bretagne), Claude Ber (France), Arjen Duinker (Pays-Bas).Munira Judith Avinger (États-Unis/Québec), Andréa Moorhead (Etats-Unis), Christian Roy (Acadie), Madeleine Gagnon, Prix Athanase-David, Marie-Hélène Montpetit, Marc Vaillancourt (Québec).Conseil des arts et des lettres 1*1 » BRITISH I ~ BUROMAX Québec on LE DEVOIR GOUVERNEUR Hôm T R O I « - ft IV11 * ¦ • (COUNCIL 13H00-IThOO.Les cordes à poèmes.Exposition de tous les poèmes écrits lors des concours du FIP et dans les écoles.Tous les poètes présents y accrochent un poème.Place de l’Hôtel-de-Ville.ACTIVITÉ FAMILIALE.14HOO.Grande Soirée de la Poésie 1 : dédiée i à la mémoire des poètes Hector de Saint-Denys Gameau et Roland Giguère.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.Prix : 10,00 $ Tx incl.Réservations entre UhOO et IShOO: (819) 380-9797 ou 1 (866) 416-9797 (sans frais).Poètes : 01.Elva Macias (Mexique) 02.Andrea Moorhead (États-Unis) 03.Robert Dickson, Prix du Gouv.Général du Canada (Ontario), 04.Sabah Zouein (Liban), 05.Arjen Duinker (Pays-Bas) 06.Élise Turcotte, Prix Estuaire des Terrasses St-Sulpice (Québec) 07.Charles Élie Moreau (Sénégal) 08.Lawrence Sail (Grande-Bretagne) 09.Yves Boisvert, Prix Félix-Antoine-Savard de Poésie (Québec) 10.Achour Fenni (Algérie) 11.Benoit Jutras, Prix Émile-Nelligan de Poésie, (Québec) 12.Patrick Boulanger, Prix-Piché-de-Poésie de l’UQTR, (Québec) 13.Claire Krâhenbühl (Suisse), 14.Claude Ber (France) 15.Luis Mizon (Chili) 16.Bertrand Laverdure, Prix Rina-Lasnier (Québec), 17.Angèle Bassolé (Burkina Faso/Canada) 18.Robert Minhinnick (Grande-Bretagne) 19.Antoni Clapés (Catalogne/Espagne) 20.Samuel Hazo (Etats-Unis) 21.Pascal Leclercq (Belgique) 22.Madeleine Gagnon, Prix Athanase-David (Québec) 23.Mona Latif-Ghattas (Egypte/Québec) 24.Anthony Phelps (Haïti/Québec) 25.Sibila Petlevski (Croatie) 26.Lydia Parada Brown (Bolivie) 27.Kim Doré, Grand Prix de Poésie Radio-Canada (Québec) 28.Serge Mongrain, Prix Gérald-Godin de la ville de Trois-Rivières, 29.Isabelle Forest, Prix Félix-Leclerc-de Poésie (Québec) 30.Pierre Nepveu, Grand Prix du Festival International de la Poésie (Québec).IThOO.Apéro-poésie.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Poètes : Robert Minhmnick(Grande-Bretagne), Mario Cholette, Stéphane Despatie, Claude Beausoleil (Québec).IThOO.Apéro-poésie-sans-fumée.Musée québécois de culture populaire, 200, rue Laviolette, (819) 372-0406.Poètes : T.Anders Carson (Ontario), Christian Roy (Acadie), Salab E, Beddiari (Algérie/Québec), Denise Brassard, (Québec).20h00.GRANDE SOIRÉE DE LA POÉSIE 2 : dédiée à la mémoire des poètes Hector de Saint-Denys Gameau et Roland Giguère.Le Maquisart, 323, des Forges, (819) 379-0235.Prix : 10,00 $ Tx incl.Réservations entre UhOO et IShOO: (819) 380-9797 ou 1 (866) 416-9797 (sans frais).Poètes : voir 14h00, de ce jour.22h30.Poèmes de milieu de soirée.Resto-Bar Le Comic, 334, des Forges, (819) 370-6655.Poètes : T.Anders Carson (Ontario), Mélanie Grenier, finaliste Prix-Piché-de-Poésie de l'UQTR, France Mongeau, Claire Boulé (Québec).23h00.Poèmes de nuit.Café Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Jazz et poésie.Musiciens : Par Hasard Jazz Trio.Poètes: Robert Minhinnick (Grande-Bretagne), Robert Dickson, Prix du Gouverneur Général (Ontario), Madeleine Gagnon, Prix Athanase-David, Kim Doré, Grand Prix de poésie Radio-Canada, Jean-François Poupart, Benoit Jutras, Prix de Poésie Émile-Nelligan, Prix Félix-Leclerc de Poésie, Bertrand Laverdure, Prix Rina-Lasnier.Patrick Boulanger, Prix Piché de Poésie de l’UQTR, André Roy (Québec).IHBlfMEffliHfflHSRIBS 1 lh00.Muffin et poésie.Librairie Clément Morin-Café Morgane, 4000, boul.des Forges, (819) 379-4153.Poète : Pierre Nepveu (Québec), lauréat du 19e Grand Prix du Festival International de la Poésie.13h00.Poèmes en couleurs : Plaisir et plein air en famille.Création d'une banderole géante de poèmes à l'île St-Quentin, (819) 373-8151.Prix d’entrée sur l'île: 3,50 $ (adulte), 3,00 $ (aînés) 1,00 $ (enfant), 2,00 $ (automobile).13b00-17h00.Les cordes à poèmes.Exposition de tous les poèmes écrits lors concours du FIP et dans les écoles.Tous les poètes présents y accrochent un poème.Place de l’Hôtel-de-Ville.ACTIVITÉ'FAMILIALE.IThOO.Apéro-poésie de la revue Exit.Calé Bar Zénob, 171, Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes : Denise Brassard, Mario Cholette, Stéphane Despatie, Linda Bonin, Mario Cholette, Jean-Sébastien Huot (Québec).20h30.Récital-poésie : Bon 20e anniversaire Lèvres urbaines.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.Poètes: Samuel Hazo (Etats-Unis) France Mongeau, Kim Doré, Prix Radio-Canada de poésie, Claude Beausoleil (Québec).23h00.Poèmes de nuit : dernier tour du monde.Jazz et poésie.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.Musiciens : Par Hasard Jazz Trio.Tous les poètes encore présents.OlhOO.Voix off : poètes sur place ayant publié au moins un recueil de poèmes chez un éditeur reconnu.Café Bar Zénob, 171, rue Bonaventure, (819) 378-9925.igouroute O £ S I E Radio-Canada Diffuseur officiel Culture et Corom un It étions Québec è i t LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 A F ;i jITTERATURE ROMAN QUÉBÉCOIS Le bonjour des simples.SUZANNE G1GUÈRE On la reconnaît entre toutes, sa petite musique, douce et débordante de tendresse.Chroniqueur des vies effacées auxquelles personne ne prête attention (rappelez-voqs le documentaire poignant du cinéaste Bernard Emond, Ceux qui ont le pas léger meurent sans laisser de traces), François Gravel ouvre depuis plus de 20 ans les destins scellés d’hommes et de femmes anonymes, célébrant We bonjour des simples» immortalisé par le poète René Char.Dans son onzième roman, Adieu, Betty Crocker, le romancier trace le portrait émouvant et profondément humain d’une simple ménagère.Promenant un regard à la fois curieux et compatissant sur son héroïne silencieuse, il s’écarte habilement du ton joyeux, moqueur et drôle qui caractérise tous ses livres, le temps d’une inflexion tendre et de quelques pincements au cœur.L’action du roman se déroule dans le Québec des années 60, à l’époque des Beatles, des familles traditionnelles et des femmes au foyer.Benoît, un universitaire dans la cinquantaine, est ébranlé par la mort de sa tante Arlette, surnommée Betty Crocker non seulement à cause de ses biscuits mais parce qu'eDe avait «la même robe, la même coiffure, la même attitude de servante souriante que la ménagère sur les sacs de farine».E n’a pas revu depuis 25 ans celle qui l’ac- cueillait dans son enfance avec un sourire désarmant de candeur, des sandwichs en triangle sans croûte et des carrés de Rice Crispies.Il se souvient de lepoque où.gauchiste et révolutionnaire convaincu, il ne voyait plus l’intérêt de visiter sa tante, simple ménagère «qui resterait à jamais stationnée en banlieue de l’histoire».Fragilisé par sa disparition («71 suffit parfois d'un petit chagrin pour que des peines plus anciennes et plus profondes remontent à la surface»), il s’interroge.Arlette était-elle une simple ménagère et une femme sans caractère?Sa cuisine, un labyrinthe dont elle n’aurait jamais trouvé la sortie?E décide d’y voir plus clair et de mener son enquête.Se déplaçant sur l'échiquier familial, il recueille les confidences des enfants d'Arlette, discute avec sa sœur psychologue.Comme un fil sur lequel on tire et qui emporte tout sur son passage, il découvre le destin ùisolite de Betty Crocker.Souffrant d’une étrange maladie, une variante de l’agoraphobie, sa tante n’est pas sortie de sa maison pendant 25 ans.«Elle avait une angoisse qui sortait de la normale, mais pour le reste, elle était une mère idéale», lui confie sa cousine.Par petites touches, le romancier, conteur à l'imagination féconde, recompose la vie de la ménagère, accumule les souvenirs et les anecdotes souriantes: Marcel, le futur mari, entré dans la vie d’Arlette en faisant des bruits bizarres.la vie de famille aux côtés d’une mère scotchée à son split level de Beauri- vage Gardens à Bouchervüle, les oiseaux quelle attirait sur le rebord de la fenêtre et dont eUe connaissait tous les noms latins, plus de 75, selon son fils.Esprit curieux, véritable encyclopédie domestique, atlas universel ambulant.Betty Crocker stupéfiait son entourage avec ses sujets de conversation étonnants.Fervente lectrice, elle dévorait deux ou trois romans d’amour ou d’histoire par semaine.L'écoute de la radio balisait ses journées.Un jour, profondément blessée par une animatrice qui avait traité les femmes au foyer de «senantes sans cervelle».eHe avait rétorqué que jamais elle ne s’était sentie exploitée: qu’une femme pouvait «très bien foire sa vie dans une cuisine», que cela n'avait «rien d'extraordinaire» et que ce n'était «certainement pas pire que de travailler au fond d une mine et de ne jamais voir la lumière du jour».A la fin du roman, François Gravel, avec le sens de la surprise qu'on lui connaît, ramène à la vie Arlette, qui livre à son neveu la clé du secret qui a bouleversé son existence de funambule sur le fil d’une sensibilité exacerbée.Dans le jardin «C'est le courage de chacun, c’est le pouvoir de chacun de voler, certains s’envolent et restent dans le jardin, d'autres dépassent les étoiles.» Souvent, les imaginaires (jes écrivains se rejoignent par-delà le temps et l’espace.A sa manière, le personnage féminin du roman de Fran- çois Gravel ne s’echappe-t-il pas tout en demeurant dans son jardin, comme le suggèrent ces vers d'Amir Khusraw.poète et compositeur soufi du XIH' sièck1?Tout en racontant la vie d’une femme qui a trouvé un équilibre dans sa névrose et a été relativement heureuse, le romancier rend un hommage discret et généreux à toutes les mères et ménagères oubliées dans leur cuisine et leur banlieue, à toutes ces femmes ordinaires décrites dans les chansons du Beatle Paul McCartney (Eleanor Rigby, Fenny Lane, She's Leaiing Home) qu Arlette affectionnait tant.E ramène à la surface une activité modeste et nécessaire qu’il qualifie, un sourire en coin, d’une «des grandes constantes de l’histoire».Livreduvet à la tendresse contagieuse, Adieu, Betty Crocker est un roman intelligent et sensible.François Gravel se rapproche des écrivains britanniques W.Somerset Maugham et David Ddge avec son humour pudique et la distance qu’il garde avec ses personnages et ses histoires.Attachante Betty Crocker, sa bonne humeur naturelle nous laisse une impression de légèreté, comme si les mots du romancier «avaient été portés par des oiseaux».ADIEU, BETIT CROCKER François Gravel Québec Amérique Montréal, 2(XKi, 168 pages Pose affligeante CATHERINE MORENCY Atelier d’écriture intimiste, la collection «L’Ecritoire» semblait avoir pris un bon erre d’aller.Depuis 1997, les voix de Lise Gauvin, Fernand Ouellette, André Major, Robertson Davies, Alberto Manguel, Emile OUivier et Hubert Nyssen y avaient trouvé asile, en même temps qu’un lieu tout indiqué pour produire des œuvres mues, pour la plupart, par un désir avoué d’introspection et empreintes d’une forte charge auto-biographique.La sortie du neuvième titre vient toutefois rompre avec la tradition de qualité qu’avait réussi à instaurer Le-méac, berceau de la collection.Dans J’écris tout le temps, Jean-Marie Poupart se répand en babils qui deviennent le véhicule d’un déploiement narcissique lourd et agaçant Etrange projet que cet examen de conscience livré ici avec une assurance déconcertante: «Trente ans dans l’institution littéraire et, si on se fie au relevé officiel de la Commission du droit de prêt, une trentaine de titres dans le réseau.Je vous en épargnerai l’énumération: non seulement cette nomenclature ne rimerait à rien mais, litanie profane, elle ne siérait guère au mode d’examen de conscience amorcé ici.» Examen de conscience, c’est bien l’étiquette qui convient à cette logorrhée que l’auteur présente (ironie ou pur Poupart se répand en babils qui deviennent le véhicule d’un déploiement narcissique lourd et agaçant égarement?) comme un essai.«Pour annoncer sans ambages la couleur du présent essai, je me dois de déclarer que j’aime me bercer d’illusions.Je fais cette confession le plus joyeusement du monde, en chantant mon mea-cul-pa sur l’air de “Il a gagné ses épaulettes", moi qui n’ai rien d’une face de carême.» S’il tente de se raconter avec une énergie époustouflante, Poupart semble n’écrire que pour lui, accumulant les actes de foi et les éléments d’autoanalyse qui feront la matière d’un bilan personnel.Pourtant, nous sommes bien loin de chez Montaigne, duquel l’auteur de J’écris tout le temps n’a su imiter l’aptitude à transcender son ego pour atteindre, à travers un exigeant questionnement identitaire, l’universel.«J’ai trop publié», avoue celui qui ne semble pas prêt de rendre les armes pour autant.Victime d’éditeurs voraces, écartelé entre une modestie un peu feinte et un vif désir de reconnaissance, il s’excusera d’avoir produit plus de mauvais livres que de bons en se réclamant de l’élan vital qui pousse le créateur à la fécondité.«Sans simagrées ni cérémonies, j’ai pris les initiatives qui s’imposaient, accordant mes violons pour être au diapason du grand orchestre de la collectivité humaine.» Maître dans l’art d’employer des formules bien huilées, Poupart n’hésite pas à singer la commu- nauté des auteurs, codifiant le métier d’écrivain en faisant l’amalgame de tous les types de névroses qui semblent, au final, n’épargner que lui.«Même si mon nom figure dans les catalogues des éditeurs depuis un bon quart de siècle, même si j’ai une trentaine de livres inscrits dans les registres de la Bibliothèques nationale, j’ai réussi à préserver cette ardeur haletante, ce ton frondeur, cette insolence, cette liberté de style qui balaie en tornade les codes sacro-saints de la logique, cette fantaisie dont la charge explosive est entièrement soumise ata aléas de l’impulsivité.» Rien de moins.Souhaitons à Jean-Marie Poupart de renouer avec l’écriture de romans pour la jeunesse, champ dans lequel il réussit mieux qu’à travers l'acte introspectif.Là, il évitera peut-être d’adopter l’attitude dont il accuse ses pairs et dans laquelle il est plus que tous engoncé: Narcisse contemplant sa superbe.J’ÉCRIS TOUT LE TEMPS Par besoin, par plaisir, PAR PASSION Jean-Marie Poupart Leméac, cofl.«L’écritoire» Montréal, 2003,153 pages Le Canada à Alger (Le Devoir) — Le gouvernement du Canada a annoncé qu’il participera pour la première fois au Salon international du livre d’Alger, en Algérie.Un stand canadien offrira donc aux amateurs quelque 600 livres de plus de 40 maisons d’édition canadiennes.Le Salon du livre d’Alger en est à sa huitième édition.Autour des contes de Perron (Le Devoir) — Pour fêter le 35' anniversaire de la parution de l’édition intégrale des Contes de Jacques Ferron, un classique de notre littérature, quatre conteurs et une conteuse montent sur les planches pour faire entendre la langue et l’univers de l’écrivain décédé en 1985.Avec la collaboration de la Société des amis de Jacques Ferron (wuna ecrivain.net/forron), les conteurs Jocelyn Bérubé, Alain Lamontagne, Claudette L’Heureux, Christian Vézina et Jean-Marc Massie seront sur les planches le 11 octobre à l’auditorium de l’école Arc-en-ciel de Trois-Pistoles (*418 851-1752) et le 25 octobre à la Maison de la cul- i Etoiles variables r L’été dt la compassion Un père et une fille partent au pays des Maoris, en Nouvelle-Zélande.À travers les paysages, c’est la beauté de leur propre affection qu’ils veulent retrouver Jean Desy Nomades en pays maori Propos sur la relation père-fille Une grande histoire d’amitié O Un réc it d’un humanisme louchant Porteur (I une reflexion >ur t es blessures i|iii deviennent partie intégrante de notre identité, I été de lu Kimpassion est avant tout un message rie vie.récit de voyage 176 p.• 20 $ vlb éditeur (Québec) HzL 3Z1 (514) 52575.37 www.euvlb.com turc de Pointe-aux-Trembles ’ (*514 872-2240).Lucidité de l’enfance (Le Devoir) —Tous les parents ont recueilli, un jour ou l’autre, des citations surprenantes et amusantes de leur enfant.Les éditions des Intouchables viennent de faire paraître Mots d'enfants, un florilège de citations enfantine du genre de celle-ci: «Papa, les étoiles c’est des fleurs du ciel, non?» la magie de l’imaginaire se révèle parfois en quelques mots: «Béluga, béluga.et les bélufilles, elles, pourquoi on les sauve pas?» demande Maude, quatre ans.Vraiment impossible de ne pas être touché.Librairie VOX POPULI, VOX Palmarès des ventes 10 au 16 septembre 2003 1 Roman Oc L'HISTOIRE DE PI ?Boohoi Pria 2002 Y.MARTEL XYZéd.5 2 B.D ASTfRIXEUA RENTREE GAUIOISF UDITt/O/GOSCHff Albert René 3 3 DKtjcrmaiieû; MULTIDICTIONNAIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE, nouvelle édition V M.-É.DE VILLERS Québec Amérique 6 4 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?RP J.SPENCER Michel Lafon 145 1 Roman ANTtCHRISTA A.N0IH0MB Albin Michel ?6 Dictionnaire LE PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2004 COLLECTIF Isniussa 11 / Psychologie GUÉRIR* SLRVAN3CHRLIBLR Robert Laffont 22 8 Psycho.Qc G.CORNFAU L'Homme 1 9 Roman WINDOWS OHM WORLD F.BEIGBEDER Grasset 4 10 Roman U NOSTALGIE DE L'ANGE* ASEB0LD Nil 3 11 Dictionnaire LE PETIT ROBERT DE IA LANGUE FRANÇAISE COLLECTIF le Robert 13 12 Roman Qc LIFE OF PI* -Booker Pria 2002 Y.MARTE Vintage Canade 48 13 Roman ONZE MINUFES * P.COLLHO Anne Carrière L8 14 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT ?F.TOLLE Ariane 153 15 Roman L'IGNORANCE * M KUNDERA Gallimard 20 16 Actualité LE MONDE SECRET DE BUSH * É.LAURENT Plon 15 If Fantastique HARRY POTTER AND THE ORDER Of THE PHOENIX * J.K.ROWLING Raincoast 13 18 Psychologie K.0.SCHMIDT Astra 111 19 Polar Qc INDÉSIRABLES C.BROUILLET la courte échelle 13 20 Jeunesse QUATRE FILEES H UN JEAN, El* ABRASHARES Gallimard 64 21 Dictionnaire IE ROBERT t COLLINS SENIOR COLLECTIF Le Robert 64 22 Biographie CESARIMPERATOR * M.GALLO XOéd.IB 23 g Dictionnaire BCnOWAIRF DFS SYNONYMES ET DES ANTOItyMES * C0LIECTIF Fides 10 (•>] ! LA RENTRÉE chez Renaud-Bray ¦tfiiii.; I3F.I i UiJ i 0*1.! IL.«A üü i «11.70041 Le Petit Larousse illustré 2004, prix courant 54*1 39«$ Le Petit Robert, prix courant 22*1 54«$ Le Robert ft Collins senior, prix courant 3995 $ Le Multidictionnaire de la langue française, prix courant 54*1 3995 $ Le grand Druide des synonymes, prix courant 49«$ 39"$ Le Petit Visuel françan/aatlMs, prix courant 29*$$ 22"$ Dictionnaire Hachette illustré 2004, prix courant 29«$ 24"$ ¦ Pita an vtfuaur jusqu’au 11 octet tre 2003.¦ 24 Essais MIKE CONTRE-ATTAQUE ' * M MOORE Boréal 49 25 Essais MAE DE TERRE* H.REEVES Seuil 20 26 Essais Qc R.TURCOTTE les Intouchables 2 27 Roman Qc toutlA-bas ACOUSTURE libre Expression 24 28 Roman LE DICTATEUR ET LE HAMAC D.PLNNAC Gallimard 1/ 29 Jeunesse QUATRE FlUiS ET UN JEAN, t.2 - la demléme été ABRASHARES Gallimard 14 30 Roman LE CERCLE MAGIQUE* A NEVILLE le cherche midi 7 31 Jeunesse MADONNA Scholastic JL 32 Psycho Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.MORENCY Transconbnantal 45 33 Spiritualité TEL0S,t2 A-LIGNES Ariane 4 34 Romsn BWIDR-BRWPXD Pr.de Is Cité 35 Guide Qc LES CHAMPIGNONS SAUVAGES DU QUÉBEC ?SKARD/IAMQUREUX Fides * 121 36 Polar LES SOLDATS DEL AUBE* 0.MEYER Seuil 33 3/ Biographie MON HISTOIRE H.R.CUNTON Feysrd 14 38 Maternité COMMENT NOURRIR SON ENFANT, 3* édition * LIAMBERT4AGACÉ L'Homme 71?39 Polar LA COMPAGNIE - Le grand romsn de le CIA * R.LTTTEU Buchet/Chaste! JL 40 Jeunesse ARTEMIS FOWL, t.3 - Code éternité E.COEER Gallimard J9 41 Esoténsme ASTROLOGIE 2004 A D'AMOUR L'Homme 4 4/' Polir MYSTIC RIVER* 0.LEHANE Rivages IL 43 Romsn LE BAL DES LOUVES, t.2 M.CALME XOéd.7 44 Spiritualité METTRE EN PRATIQUE LE POUVOIR DU MOMENT .E.TOLLE Artsoe 71 45 Actuslité IA GUERRE DES BUSH* É.LAURENT Plon 33 I V ; Coup de Coni RB ¦¦¦¦¦ Nouvelle entrte Nbre ée «enaiaei depele peraHon J 1 Plus de 1000 Coups de Cœur, pour mieux choisir.24 succursales au Québec www.fcnaud-bray.com f LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2 0 0 3 F 4 -«'LiTTÉRATÜRE'» LE FEUILLETON Un désir pervers avec Mishima Né à Tokyo en 1925, Mi-shima — de son vrai nom Kimitake Hiroaka —, a été longtemps pris en charge par sa grand-mère paternelle, Nat-su.Ce n’est qu’à sa douzième année qu’il a été rendu à ses parents.Les biographes s’entendent généralement pour dire que c’est de là que lui vient sa passion pour la littérature et le théâtre kabuki, mais aussi pour l’éthique héroïque du samouraï' (sa grand-mère était issue d’une famille de samouraï') dont il accomplira l’ultime geste à l’âge de quarante-cinq ans (en 1970) en effectuant le seppuku, qu’on appelle à tort hara-kiri.Jusqu’à un certain point, sa mère prit le relais de cette Natsu, puisque l’auteur qu’il devint ne manqua jamais de lui apporter, et ce jusqu’à sa mort, ses écrits.Ne faisons pas de psychanalyse sauvage en accordant trop d’importance à ce détail biographique.Constatons simplement la puissance symbolique et imaginaire incarnée par le féminin, et en particulier le maternel.L’étrange disposition, par exemple, qui pousse le jeune enfant de la première nouvelle, Une histoire sur un promontoire, à ressentir une «force magnétique (.] [devant] cet abîme qu’était la mer somptueuse», force qui l’attire vers le gouffre et lui fait éprouver quelque chose d’incomparablement grand qui sera, tout au long de sa vie, la «vérité pour laquelle [il sera] prêt à donner [sa] vie».Vérité qui s’incarnera par la suite dans le corps, sa beauté, sa force, ses émois, mais aussi dans l’attrait éprouvé pour la mort Publiées au Japon entre 1946 et 1965, les sept nouvelles qui composent ce volume ont une étrange res- Jean-Pierre Denis ?semblance, bien que la première.Une histoire sur un promontoire (1946), emprunte à une candeur toute juvénile.Il est vrai que ce récit concerne un enfant, alors que les suivantes se situent dans le monde de l’adolescence ou celui des adultes.Mais dans toutes on reconnaît Mishima et son goût pour les passions fortes, bien que troubles.Dans aucune on ne trouve le repos, pas plus qu’un amour sain.Bien plutôt la boucle perverse qui va du désir à la répulsion puis de nouveau au désir, cette fois démultiplié, qui est au fondement même de son érotique faite de contrastes violents.Dans la seconde nouvelle, Haru-ko, on nous fait par exemple le récit d’un scandale familial, celui d’une jeune fille de bonne famille qui fait un jour une fugue avec son chauffeur, puis revient des années plus tard dans la famille.Sœur cadette de la mère du narrateur, une nuit elle séduit ce dernier, allant même jusqu’à porter le yukata (kimono d’été) de sa sœur.Comme celle-ci est la mère du narrateur, on peut deviner le trouble du jeune homme.Cependant, celle qu'il aime secrètement, c’est la belle-sœur de Haruko, Michiko, la sœur du chauffeur aujourd’hui décédé.Cette belle-sœur n’est toutefois pas sans ambiguïté, elle qui semble entretenir des relations interdites avec Haruko.Dans La Lionne, inspirée de la pièce Médée d’Euripide, Mishima produit une véritable tragédie sur fond de tromperie et de vengeance.Une femme, qui se sait trompée par son mari qui est sur le point de la laisser pour la fille de son patron, se venge en empoisonnant et ce patron et sa fille, à quoi elle ajoute, pour être sûre que son mari connaisse la plus grande souffrance possible, la mort de leur seul enfant, pourtant adoré.Ce qui clôt ce récit se distingue en revanche de la tragédie d’Euppide par la perversité du motif.A l’homme effondré qui lui dit; «Tu ne t’es donc jamais aperçue que tu étais la seule personne que j’aie aimée du fond du cœur?», celle-ci répond d’une voix solaire, découvrant ses dents belles comme des lys: «Si, je le savais, moi aussi Pas une fois, je n’en ai douté.» Et c’est là toute la modernité qui s’exprime, avec ses incroyances fondamentales, son absence de principes, ses maux d’amour sans horizon.Le principe tragique peut encore y fonctionner, mais sur fond de néant, dans un ciel désormais vide où domine la seule autorité possible, celle de la pulsion.Enfin, dans la nouvelle qui donne le titre au recueil et qui le clôt, Une matinée d’amour pur, nous nous trouvons devant un récit d’un extrême contraste.Autant la première partie nous apparaît d’un romantisme presque mièvre, autant la seconde lui répond comme un coup de canon réaliste.Et absolument imprévu.Ce que nous croyions au début être un couple pur, du moins tentant d’en avoir les apparences, animé par un éternel esprit de jeunesse qui jurait par rapport à leur âge, soucieux de maintenir leur amour premier comme à ses débuts, se révèle être un couple pervers qui vole aux jeunes leur jeunesse.Le contraste est absolument saisissant entre comment «ils» se voient et comment «on» les voit.D’ailleurs, ce n’est pas le seul récit (voir Un voyage ennuyeux) où des «vieux» tentent à travers des jeunes de se redonner une beauté, un corps qu’ils n’ont plus, cherchent à être désirés comme s’ils n’avaient pas changé.Le résultat est monstrueux, bien qu’humain, trop humain.Il faut pourtant que je vous avoue que, sauf vers la fin, avec les dernières nouvelles, je n’ai pas éprouvé de grand plaisir de lecture.La forme de la nouvelle est une forme exigeante, et comme elle est courte, elle doit absolument être précise dans son déroulement, concise dans le choix de ses images, sans fioritures, au contraire (mais pas nécessairement) du roman — où Mishima excelle — qui permet bien des digressions, bien des incursions dans la psyché des personnages, bien des métaphores.denisjplci videotron, ca UNE MATINÉE D’AMOUR PUR YuMo Mishima Traduit du japonais par Ryôji Nakamura et René de Ceccati Editions nrf Gallimard, coll.«Du monde entier» Paris, 2003,240 pages LITTÉRATURE IRLANDAISE Fugue fatale JOHANNE JARRY Un gamin se faufile dans la nuit pour mettre le feu à la maison de la famille Gault à Lahardane, en Irlande.Son plan échoue, mais le message est clair.En 1921, la révolte gronde et finira par provoquer le départ des Anglais.Le capitaine Gault est un homme du pays, sa femme est Anglaise.Ceux que le sang lie à cette terre espèrent la tolérance.Mais M.Gault ne réussit pas à faire entendre son attachement au garçon qu’il a blessé en l’interceptant cette nuit-là; son manque de compréhension signale clairement au couple qu’il n’y a pas d’aufre choix que celui de partir.Lucy, presque neuf ans, refuse de quitter sa terre natale et s’enfuie à travers champ.Plusieurs heures LA PENSÉE FÉMINISTE AU QUÉBEC ANTHOLOGIE, 1900-19 85 MICHELINE DUMONT ET LOUISE TOUPIN NICMtLIH8 DUMONT CT LOUitt TOUPIN LA PENSÉE FÉMINISTE AU ÜUÊBEC lutpC'jttsj éOHKXH du f*mu«-m0no9* Cette anthologie démontre que le féminisme ne se résume pas à l’obtention du droit de vote et aux revendications turbulentes des années 1970.Une sélection impressionnante de documents illustre le parcours de la pensée féministe et l’évolution sociale et politique au Québec.La pensée féministe au Québec, une véritable invitation à relire notre histoire.En vente chez votre libraire les éditions du remue-ménage Olivieri librairie «bistroüèl Du lundi au samedi de 9 à 22 h Dimanche de 10 à 19 h librairie indépendante 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des Neiges té!.: 7Î9-3639 seivice^libiaméolivieri.,com Cet automne « je ferai du vélo, j’irai au théâtre, je réserverai une soirée à mes amis, je mangerai équilibré, je travaillerai moins.et surtout je lirai un livre par semaine » Chez Olivieri, NOUS VOUS AIDERONS À TENIR VOTRE PROMESSE plus tard, on trouve un de ses vêtements près de l’océan; on la croit noyée.Les jours passent, le corps est introuvable.Cette perte porte un coup fatal aux parents, qui décident de plier bagages pour ne plus jamais fouler la terre qui leur a pris leur unique enfant.Peu de temps après le départ de ses patrons, le vieux Henry bute sur le corps de la petite, comprend qu’elle s’était réfugiée pendant tout ce temps dans une vieille maison abandonnée.Lui et sa femme, à qui les Gault ont confié la maison et les vaches, ramènent la petite à la vie.Comment infonner les parents de cette résurrection?Ils sont partis en laissant une adresse, mais les messages demeurent sans réponse.Les Gault voyagent, inconsolables, à la recherche d’un lieu où loger leur chagrin, leur maigre survivance.Ds s’attachent finalement à Montemarmoreo, en Italie, où ils vivent modestement sans jamais parler de Lucy et de l’Irlande.Pendant ce temps, fa petite grandit, consciente de la douleur que sa disparition a infligée.Elle attend, protestante parmi les catholiques, jugée coupable, à moitié vivante puisque personne, mis à part ses gardiens, n’ose parler à celle qui a causé si grande souffrance à ses parents.Un jour, comme dans un conte de fées, un jeune homme franchit le seuil de cette maison que personne ne visite.Il s’éprend de Lucy, et elle aussi se sent l’aimer.Mais cet amour, elle se l’interdit; seuls ses parents dont elle espère toujours le retour pourront le recevoir, la délivrant enfin du mal qu’elle leur a causé.Roman tout en finesse, Lucy, de l’écrivain irlandais William Trevor, repose sur un terrible malentendu dont le développement, sans être tout à fait noir, ne sera pas heureux.La joie que ressentiraient les Gault s’ils recevaient les télégrammes d’Irlande les réclamant auprès de leur fille, le lecteur ne la partagera jamais avec eux.Il y aura bien un retour, mais dans l’univers romanesque que crée Trevor, impossible de rattraper le temps perdu; l’amour est un sentiment qui n’attend pas.Lucy passe sa vie à l’apprendre.LUCY William Trevor Traduit de l’anglais (Irlande) par Châtia Holmes Phébus Paris, 2003,288 pages j*'*! - Entre-mondes L'ecriliite maîtrisée, les dialoques souples et spirituels, i irome douce-amere.tout dans ce recueil convainc et recontode La littérature québécoise s'avance avec de plus en plus d'œuvres originales et d écrivains qui connaissent le feuillete des mots » 514) 524-55S8 temeac #ten* ROMAN FRANÇAIS Le monde englouti d’Alain Fleischer G UY LAI N E MASSOUTRE Dans Les Angles morts comme auparavant — voyez Là pour ça, son premier roman, publié en 1987 et tout juste réédité chez Flammarion-Léo Scheer, Quatre voyageurs ou Les Ambitions désavouées, au Seuil —, Alain Fleischer époustoufle par son érudition.Mais ses connaissances ont parfois eu tendance à ravaler ses personnages dans le flot de l’histoire tant celui-ci était puissant.L’histoire est sensiblement la même que d’habitude.Au centre, un personnage sans attaches, au tempérament fort, réfléchit en voyage.Des êtres gravitent autour de lui, de préférence en trio, comparses de vie ou artistes ratés, hommes de pouvoir ou de culture aux facettes nuancées.Une femme survient, porteuse de tous les fantasmes de ces messieurs; elle se prépare un méchant quart d’heure.Les Angles morts met en scène un juif hongrois près de la cinquantaine, émigré en Angleterre depuis 30 ans, qui revient dans son pays natal.En compagnie d’une jeune fille et de deux amis, il retrouve des lieux, quittés tragiquement en 1943.Une épopée s’ensuit à travers les nécropoles de l’histoire juive, à même les failles du champ de vision.Le roman, tout en empruntant autour de lui, n’a jamais été aussi introspectif.Non sans s’apparenter à l’œuvre d’un Peter Handke ou, plus précisément, à Tigre en papier d’Olivier Rolin, son projet repose sur un pèlerinage dans l’histoire du XX" siècle, dirigé au volant d’une automobile cinglant vers une destination fantastique entre deux orages.Hors-champ L’œuvre, en cours, est loin de s’essouffler.Débordante, luxuriante de détails véridiques qui piquent la curiosité, l’écriture se refrise à déposer ses clés.Elle résiste fièrement, consciente que ses expériences et ses lieux écartés, l’auteur devra les relier, fabriquer l’édifice capable de les abriter sous un même toit.En effet, chez Fleischer, la ligure de la paternité est sinon absente, du moins tourmentée.Sous les ressorts du roman de mâle, Gabriela, la Lolita de Fleischer, cache up être énigmatique et nervalien.Evaporée, absente, au bord de la maladie mentale et du suicide, ce fragile fantôme émane d’un autre monde, comme d’un roman d’Antoine Vblodi-ne.Le narrateur la violente, telle une égérie de film porno.Mais les mots valent ici plus que les images et se rangent dans une prose française qui, depuis Sade, sacrifie le corps féminin.A voir ce qu’il en reste quand la rage de détruire se déploie, la carcasse ne vaut rien; pas même après, au temps de réparer le crime.D’ailleurs, toute l'entreprise romanesque repose sur une question: «Comment le monde peut-il continuer?» Pour y répondre, les personnages s’immergent dans les paysages immenses, liquides, douloureux de mémoire, de la Hongrie, puis, sans rideau de fer qui tienne, de l’Ukraine et de la Biélorussie.Le roman évite la sentimentalité et le pathétique.Le narrateur, collectionneur de vieilles voitures, fixe son plaisir sur un «cabriolet Daimler Light Straight 8 de 1933» rescapé des temps de la fé- SOURCE LE SEUIL Alain Fleischer rocité nazie.Sa passion maniaque le détourne de l’insondable traumatisme, sans masquer une perspective où la perte humaine se rejoue.D’abord, il s’accroche aux signes de ces temps maudits, preuves des disparitions; mais peu à peu, devant la perte imminente, à nouveau, de la beauté du monde — Gabriela —, il élabore une théorie d’urgence sur les collections d’objets, sur les images de films et sur le temps lui-même, sis au-delà.Partages invisibles Au début du roman, la relation équivoque avec la nymphette provocante permet les retrouvailles.Le traumatisme de la Shoah, omniprésent dans les mémoires et sur les lieux, est relégué au vide qui lui succède encore.Mais plus le récit avance, plus le présent s’étiole et devient impalpable.Non, ni la mémoire ni les livres ni les films ne restituent le monde au-delà des images.Même les plus fantastiques ne sont qu’apparitions et mirages.Pourtant, l’espoir existe.La plus misérable crapule sur l’échiquier du monde ne sait pas qu'elle s’encoigne, elle aussi, dans «un angle mort».Au-delà de l’immédiat, dans d’autres perspectives de l’espace et du temps, dans toutes ces dimensions que les physiciens déduisent sans les voir, il existerait des musiques, des relations, des rythmes et des phénomènes dans lesquels les lignes intentionnelles d’ici-bas se décalent, les disparitions cessent, les vertus se prolongent.C’est du moins la pensée caressante que Fleischer prête à ses hypothèses d’une pensée universelle, où la justice et le savoir se déplient pleinement dans un nouvel espace visible.En attendant ce qui, pour l’heure, n’est encore que rêve de poète ou mystique des étoiles, les «angles morts», dans lesquels se tiennent ceux qui voient, captent les voix, les instruments et les sons d’un temps humain en procès d’anéantissement.Les Angles morts est la plus cohérente et la plus troublante entreprise fictive de Fleischer.Elle est à même de réunir ses livres précédents.À force de détails grossis sous sa loupe et de recoupements avec d’autres personnages (de son œuvre et de bien d’autres), la vérité de l’histoire se renforce et se resserre autour de lui.LES ANGLES MORTS Alain Fleischer Le Seuil Paris, 2003,411 pages liber Dominique Garand Portrait de Vagoniste : Gombrowicz Ijuch 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 E T D I M A X < H E 21 SEPTEMBRE 2 0 0 A F ;> ?T' fil fp RATURE^ ROMAN QUÉBÉCOIS P O É S I E Parce que LOUISE-MAUDE RIOUX SOU CY LE DEVOIR 'C' « amour, il y en a toujours un qui souffre et l’autre qui s'ennuie», a noté avec sagacité Balzac.En amitié, renchérirait très certainement Françoise de Luca, il y en a toujours une qui parle et l’autre qui écoute.La première, c’est Marie-Pascale, fillette délurée et libre; la seconde, c’est Françoise elle-même, alors gamine effacée et solitaire.Le trait d’union: Pascale, une histoire d’amitié totale que la mort viendra fixer dans le temps.Hymne à la vie, ce roman autobiographique de la Québécoise d’adoption Françoise de Luca est une fervente déclaration d’amour à une amie de jeunesse emportée trop vite par la maladie.Empreint de nostalgie, son regard plonge dans la Lorraine des années 70 pour retrouver l’essence de cette amitié aux allures de premier amour.«Moi, l'amour, le manque, c’est avec toi que je l’apprends sans savoir que c’est cela que j’apprends.J’apprends la tristesse, j’apprends la solitude du printemps, l’à quoi bon vivre au mois de mai d'Aragon.» Mais aux idéaux purs de l’enfance succède bientôt le désenchantement de la maturité.La fidélité à la vie, à la mort, sérieusement éprouvée par les petites et grandes trahisons, fait place à de longs silences.Les retrou- Prague désordonnée CHRISTIAN DESMEULES Entre les vieux cafés, les statues baroques et la maison du docteur Faust, à l’ombre du château millénaire, Prague déploie depuis longtemps sa tristesse résignée dans un décor de théâtre.«Prague ne nous lâche pas, écrivait Kafka.Cette petite mère a des griffes.» Alexander «Sacha» Bell, jeune Anglais d’ascendance russe, débarque à Prague en septembre 1957.Seul au monde et cherchant à s’éloigner de Londres après la mort de son frère jumeau et celle de ses parents, il accepte un poste de lecteur d’anglais à l’université.Il se constituera peu à peu de nouvelles racines dans la capitale bohème, entouré de chats, d’amitiés, de femmes et de musique.Sacha se liera d’amitié avec un couple de riches Américains aux sympathies socialistes contraints de fuir leur pays sous la menace du maccarthysme.La paranoïa des fonctionnaires, le printemps 68, l’effondrement des «démocraties populaires» et de réguliers séjours à Londres n’entameront jamais son affection profonde pour la ville et ses habitants.Trente ans plus tard, Prague semble toutefois avoir perdu une partie de sa magie.Les touristes et les hommes d’affaires américains ont remplacé l’occupant soviétique.Après avoir combattu pour la démocratie, les Pragois ont à présent le capitalisme.Tout fout le camp et tout rentre dans le nouvel ordre du monde.Ce bref roman montre bien combien la chape de plomb qui recouvrait Prague avait pour les artistes, les écrivains et les intellectuels quelque chose de paradoxalement stimulant.Contestations sournoises, dissidences, discussions sans fin dans des cafés trop chauffés, la pensée libre y était sans cesse aiguillonnée et confrontée à son contraire.«Pourquoi faut-il tout détruire pour reconstruire du neuf?Et le neuf est-il toujours meilleur?», se derçiande un Sacha nostalgique.A cheval sur plusieurs cultures, partageant sa vie entre Montréal et Prague, Werbowski fait sien ce retentissant «Je suis Pragois» du titre de son sixième roman.Récit au fil parfois ténu qui souffre d’une chronologie cahoteuse — ainsi ce trou de près d’une vingtaine d’années dans la vie du personnage —, Ich bin Prager n’a pas la puissance évocatrice et le doigté délicat des premiers romans de Werbowski que sont Le Mur entre nous et Hôtel Polski (ActesSud).De la même façon qu’une nouvelle est bien davantage qu’une courte fiction, le «roman miniature» commande un traitement particulier: quelque chose de plus «ramassé» et qui tiendrait presque, pour reprendre le mot de Kawabata.dans «la paume de la main».Or la narration hésite ici entre la précision exhaustive et l’esquisse inachevée.Peut-on seulement raconter en moins de cent pages trente années de la vie d’un homme, toute une époque de contestation, de rêves brisés et d’amours mortes sans être autrement qu’allusif?ICH BIN PRAGER Tecia Werbowski Traduit du polonais par Elisabeth Van Wilder Les Allusifs Montréal, 2003,112 pages c’était elle Un réalisme spirituel vailles, longuement anticipées, s'incarnent douloureusement.Usee par le temps, la magie a peine à opérer.«Tu voulais que je te revienne.Mais je voulais que tu me rejoignes.Nos dynamiques étaient irréconciliables.» C’est la vie la vie, une histoire que ceux qui ont eu le bonheur de vivre chérissent secrètement dans l’espoir un peu fou d’en retrouver les clés égarées.Pourtant, à suivre le jeu de cache-cache de ces deux femmes aux antipodes, un doute point en ce qui concerne les motivations profondes de l’auteur.Honunage ou mea-culpa?Constance ou acharnement?On n’en saura rien, le dialogue s'est à jamais rompu, il sera désormais à sens unique et c’est bien dommage.Ce premier roman de Françoise de Luca n’a conservé de l’amitié que le meilleur, cultivant une vision idyllique, un peu apocryphe peut-être, mais qui a su éviter le piège de la sensiblerie.Ecrit dans une langue sobre, Pascale est un récit délicat qui, bien qu’il ne renouvelle nullement un genre au demeurant fort populaire ces temps-ci, le fait avec une pudeur et une tendresse qui redonnent à l’amitié le lustre indéfectible de l'enfance.PASCALE Françoise de Luca Varia Montréal, 2003,176 pages DAVID CANTIN Apropos du Naufrage du Deutschland, Gerard Man-ley Hopkins dira: «Tout ce qui se rapporte à moi dans le poème est strictement et littéralement vrai, tout a eu lieu: rien n ’a été ajouté à titre de remplissage poétique.» C’est Jean-Pierre Issenhuth qui retient ces propos au début d’une excellente présentation qu'il signe pour un choix de textes d’Hopkins dans la collection «L’expérience de Dieu» chez Fides.Il ajoute de son gré: «Les poèmes d'Hopkins sont des écrits spirituels à part entière.Ils veulent glorifier Dieu, et glorifier Dieu, dit-il sans relâche dans le sillage de saint Ignace, est la principale tâche de l'humanité, dont le Christ a donné l'exemple.» On doit aussi lire dans un pareil élan les six poèmes «aboutis» de Catherine Pozzi qui arrivent en poche chez Gallimard à l’image d’une plaquette révélatrice et intemporelle.On ne cherchera pas ici à tracer de liens entre l’oeuvre d’Hopkins et celle de Pozzi.Pourtant, voilà deux auteurs qui s’adonnent à une forme de réalisme spirituel indomptable.Chez Hopkins, l’innovation poétique côtoie la plus haute forme d’inspiration.Au cours des aimées, on a pu lire différentes traductions de ces textes par Jean-Pierre Issenhuth dans la revue Liberté.Chaque fois, le poète reste attentif aux moindres details de cette parole aussi complexe que naturelle: «La gloire soit à Dieu pour tout le bariolage / Le ciel aux tons paires comme les taches des vaches: / Les plaques roses mouehetant la truite qui nage: / La braise tombée des châtaignes: les paysages / En bandes et parcelles: jachères, labours.pacages: / Tous les métiers, leur attirail et ses usages./ Tous les contrastes , ce qui est rare, unique, étrange / Et les caprices, les changeant (par quel trucage?) /Le vif.lent, sucré, sur, éteint, orange: / Il en est sourçe et père et sa beauté ne change / A lui louange!» Ce n’est qu'un exemple parmi tant d’autres de la ruse d’is-senhuth face aux obstacles d'une langue singulière.Contrairement à plusieurs, Hopkins ne considère pas la poésie «comme un travail d'écriture mais comme une activité mentale qui aboutit à une parole transcrite».Il cherche la présence de Dieu dans un monde où les traces demeurent nombreuses.Le mouvement de la nature se fait autre sous le signe du mystère et de la grâce.Encore une fois, dans Le Naufrage du Deutschland, il écrit: «Tu es la foudre et l'amour, je le sais, un hiver et une chaleur [.] Fierté, rose, prince, notre héros et grand-prêtre.» On lit ce choix de poèmes et de textes comme un rayonnement aussi sauvage que perspicace.On sent qu’il y a du La Compagnie à Numéro La Compagnie à numéro présente PRESENTE i üv.y.ttüv O* T*4®''.Traînez-vous de votre berceuse à notre l'fkv Vous y serez confortable comme dans une chaise électrique.mij ^ Le livre voyageur, 3547 Swail (514) 735-0999 WL Librairie Ciuérin.4440 Saint-Denis, (514) 843-6241 www.bibliopolis.net/livrevoyageur im N° 1, C’est ça qui est ça (15$) N° 2, Lay-Z-Boy (15$) N° 3, Le meurtre (à commettre) ZUieme SALON DU LIVRE ANCIEN DE MONTRÉAL lb ¦ ^ m: 20 et 21 septembre 2003 Samedi de 12h à ISh — Dimanche de llh à 17h UNIVERSITE CONCORDIA Pavillon McConnell 1 400, boul.de Maisonneuve O.Tél.: (514) 899-1118 1 888 989-1118 GRAND CHOIX DE LIVRES ANCIENS ET RARES, ILLUSTRÉS, PREMIÈRES ÉDITIONS, BELLES RELIURES LE DEVOIR ADMISSION : 5.00 $ pour les deux journées génie chez Hopkins dans cette façon de rendre compte d'une experience spirituelle des plus remarquables: «U cœur bat des ailes avec audace, plus d’audace [.).» 11 ne s'agit que d'une leçon parmi tant d'autres.Du poète et jésuite anglais convertit au catholicisme en 1866, on arrive à cette jeune femme qui, au milieu des années 1920, entamera un court cycle de poèmes liant son activité lyrique à une sensibilité visionnaire.Une forme de mysticisme surgit dans les lignes d'un poème comme Ave: «Très haut amour, s’il se peut que je meure / Sans avoir su d'où je vous possédais./ En quel soleil était votre demeure / En quel passe votre temps, en quelle heure / Je vous aimais, [.].» Cette strophe inaugurale donnera le ton à quelques-uns de ces «poèmes-messages» prémonitoires.Contrainte à une santé extrêmement fragile ainsi qu’à une prise de drogues plutôt fortes, Catherine l’ozzi doit sans cesse combattre la souffrance.Son lien à Paul Valéry fut tumultueux, à l’image d’une foi aussi individuelle que peu orthodoxe.Claire Paulhan va même jusqu’à souligner que ces poèmes «irradient aujourd'hui de toute leur force dense, celle qui transcende considérablement les données de l'autobiographie».Selon sa stricte volonté, un seul poème (Ane) a été publie de son vivant, dans la N RF du 1 " décembre 1929.On redécouvre aujourd'hui cette plaquette qui exprime à la fois une solitude fiévreuse et une forme de connaissance des plus révélatrices.Une œuvre brève mais surtout intense.L’EXPÉRIENCE DE DIEU AVEC GERARD MANLEY HOPKINS Jean-Pierre Issenhuth Fides, collection «L'expérience de Dieu» Montréal, 2003,141 pages TRÈS HAUT AMOUR Poèmes et autres textes Catherine Pozzi Gallimard, collection «Poésie» Paris, 2003,148 pages L’homme y en morceaux O < UJ s ai « Andre Ducharme nous livre un délicieux petit roman en forme de pirouette, qui carbure au style et à la dérision.Une bouffée d’air frais au milieu des introspections grises et enfermées de beaucoup de ses contemporains » > Christian Desmeules, 11 (514) 524-5558 lenieac@lemeac.com «).Joan- Françoe- ftfPt d ; Adieu, Betty Crocker François Gravel Avec l’humour et l'émotion qui font sa signature, François Gravel nous révèle ici l’étonnant secret d’Arlette, tante et ménagère emblématique de toutes nos enfances, la Betty Crocker de Boucherville.Adieu, Betty Crocker QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com r LE DEVOIR, LES SAMEDI F 6 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2003 «•Essais»- Grouk novice Imposant troisième tome de l’édition critique de la correspondance de Lionel Groulx, qui devrait, une fois achevée, compter quinze volumes, L’Intellectuel et l’historien novices 1909-1915 s'attache aux années pendant lesquelles l’abbé commence à imposer sa présence dans l’espace public.Accompagné d’un apparat critique très sophistiqué dont Giselle Huot, Juliette La londe-Rémillard et Pierre Trépa-nier sont les maîtres d’œuvre, il s’ouvre sur une solide introduction du même Trépanier qui se veut un véritable essai sur les débuts intellectuels du jeune Grouk.«Chez nous, écrivait l’abbé-en-seignant, écrire c’est vivre, se défendre et se prolonger» Inspiré par ses héros de jeunesse, des militants catholiques de la France du XIXr siècle comme Lacordaire, Ozanam et Veuillot, Groulx, à l’aube de sa carrière d’intellectuel, déjà convaincu que «ce sont les idées qui mènent les peuples» et animé par «l’aspiration à agir sur ses contemporains», entend «bûcher ferme pour les bonnes causes» puisque, ajoute-t-il, «il n’y a que cela de bon dans la vie».Les bonnes causes?Elles portent, pour lui, des noms clairs: «La Religion et la Patrie; tels seront les deux amours constants de ma vie.» Et il les défendra, précise Trépanier, dans une perspective traditionaliste qui n’exclut pas la dimension critique propre à toute activité intellectuelle.’ Son éducation politique, marquée par les figures ultramontaines de M1" Laflèche, Jules-Paul Tardivel et Henri Bourassa, de même que la valorisation de la raison qu’il trouve au cœur du catho- Louis Corne Hier ?licisme le mèneront à adopter cette posture intellectuelle qu’il importe de ne pas confondre avec un passéisme antimoderne.Comme l’écrit Trépanier: «Le progressiste soumet le passé à une critique corrosive, il le dissout pour faire place à l’avenir; le traditionaliste soumet le passé à une critique constructive pour y choisir les matériaux dont l’avenir sera fait.» Irrité par la «grande confusion» dans laquelle se déroule, selon lui, le débat sur le traditionalisme dans la vie intellectuelle au Canada français, Trépanier insiste sur le fait qu’ 1" septembre au 14 novembre 2003 Pour s’inscrire 1514 288-0811 Règlements complets : www.ciac.ca/concours/roglomonts.html ca Un projet pour découvrir l’art contemporain cousu des win N MONTAI Al _ l A = MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Éducation '/>> — Québec n Québec c» Ea OO CES L / OtTICItN LE DEVOIR EXOS V* T'-g5a., sait de peu de moyens mais proposait une belle créativité», confirme Mme Cantin.De nouveaux membres ont également rejoint l’organisme, comme la CinéRobothèque de l’ONF et la Cinémathèque québécoise, venant diversifier les activités cinématographiques proposées.La premiere mettra son catalogue de 7800 titres à la disposition du public tandis que la seconde offrira exposition, projections et ateliers autour du réalisateur de films d’animation, Co Hoedeman.Public et quartier «L’objectif est de développer un autre type de consommation culturelle et de rendre visible le quartier», renchérit Joséphine Adçs, agente des communications.L’Ecomusée du fier monde a donc prolongé pour l’occasion son exposition sur l’histoire du lait et organisera un circuit urbain sur les traces des «activités de transformation, de distribution ou de consommation du lait» à travers Une pinte d’histoire: le lait dans le Centre-Sud.Cette initiative permet de rappeler et de valoriser le patrimoine industriel du quartier.Dans la même optique, la Société pour promouvoir les arts gigantesques (SPAG) reviendra sur l’origine de ses locaux avec l’exposition Bains publics de Montréal 1835-2000.Bien évidemment, les habitants du Centre-Sud seront également à l’honneur, comme le prouve la participation de plusieurs établissements scolaires tels que l’école Champlain.Quant à la soirée de clôture à l’Usine C, elle réunira tous les visiteurs sous une même bannière festive, grâce à la pléthore d’activités offertes.«H est important de comprendre que ces événements s'adressent au public de.tous les horizons et de tous les âges, sans distinction particulière», rappelle Mme Cantin.Place à la démocratisation «Sortez l'artiste en vous» Le milieu culturel québécois ouvre grandes ses portes au public, les 26, 27 et 28 septembre prochains, dans le cadre de la septième édition des Journées de la culture.Avec plus de 1500 activités partout au Québec, théâtres, salles de spectacles, musées et autres lieux artistiques cherchent à conquérir de nouveaux publics.CAROLINE TOUZIN LE DEVOIR Les nouveaux publics ne manquent pas, puisque 70 % de la population est actuellement exclue du «grand banquet de connaissance et de création», explique la directrice générale de l’événement, Louise Sicuro.Il ne reste plus qu’à les atteindre.L’Opéra de Montréal fait partie de ceux qui visent à démocratiser la culture.«C’est essayer d’éveiller le public au fait que l’opéra, ce n’est pas seulement des “madames” en perruque qui chantent un air sur une scène, mais que c'est aussi du théâtre», affirme son directeur artistique, Bernard Labadie.Dans le cadre des Journées de la culture, il a donc demandé au musicologue et animateur à la Chaîne culturelle de Radio-Canada Pierre Vachon de vulgariser pour le public Les Noces de Figaro de Mozart.Cette première pièce à être présentée cette saison est, selon lui, l’une des plus théâtrales des œuvres de l’opéra, «un genre artistique extrêmement populaire à Montréal».Si Bernard Labadie veut combattre le cliché que l’opéra est un art «engoncé», Jean-Robert Bis-aillon, lui, désire faire connaître un autre type de musique trop souvent marginalisé.Le directeur général et fondateur de la SOPREF (Société pour la promotion de la relève musicale de l’espace francophone) offre depuis deux ans, toujours durant les Journées de la culture, une balance de son interactive dans une salle de spectacle alternative, l’Alizé.Ce bar-spectacle du quartier Centre-Sud suspendra son permis d’alcool pour que les jeunes de moins de 18 ans puissent aussi venir entendre le groupe métal de Québec Unex-pecT.Le promoteur des musiques émergentes compare son rôle à celui de David luttant contre Goliath.Le géant étant dans ce cas-ci l’industrie de la musique pop, qui elle-même a jadis vécu des jours plus heureux, notamment lorsque le téléchargement de la musique sur Internet était moins répandu.Contrairement à ses deux confrères du monde artistique, Manon Blanchette, directrice des communications et du marketing du Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), ne profite pas des Journées de la culture pour séduire un nouveau public.Son activité cible plutôt les amateurs d’art déjà conquis.Elle les invite à découvrir les laboratoires de restauration, qui ne peuvent accueillir qu’une soixantaine de personnes durant les trois jours de portes ouvertes.Une visite gratuite de la collection du musée est aussi au programme.Ouvrir des horizons Le MACM tout comme l’Opéra de Montréal et la SOPREF souhaitent démystifier leur forme Au cœur de l’activité culturelle de Montréal Pour un repas, un petit gueuleton ou un verre •kLC A 2XJL LE CAFE NOUVEAU MONDE Restaurant-bar-café-terrasse ANGLE SAINTE-CATHERINE ET SAINT-URBAIN DANS LE THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE RÉSERVATIONS [5141 866.8669 J > 1 / =s.S JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Musée d’art contemporain de Montréal.d’art aux yeux du public.Pour ce faire, Bernard Labadie a aussi demandé aux stagiaires de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal de présenter des extraits de la pièce qu’ils joueront cet automne.Ces jeunes chanteurs diplômés, qui n’ont pas encore entrepris leur «grande carrière», pourront ainsi faire connaître à tous Hansel et Gretel d’Engelbert La directrice et soprano Chantal Lambert commentera les prestations musicales.«C’est sûr que, pour nous, c’est un peu plus difficile de faire chanter le public sur des airs d’opéra comme on leur fait mettre les mains dans la poterie, mais on peut certainement les mettre en contact avec les gens qui en fonU, souligne le directeur artistique.Tant l’opéra que l’art contemporain suscitent souvent des craintes chez le public qui n’est pas connaisseur en la matière.Ces craintes sont injustifiées, clame Manon Blanchette.«Il est possible que les gens trouvent ça difficile de comprendre l’art contemporain parce qu’ils approchent l’œuvre avec un bagage intellectuel qu’ils considèrent ne pas avoir.Ils ne se font pas assez confiance sur le plan de la réaction physique devant l’œuvre.» Pour elle, l’art contemporain est quelque chose de sensuel.«Si on ne se laisse pas porter par le mouvement de couleurs d’une œuvre de Riopelle, on va tenter de la situer dans un contexte historique qu’on ne connaît peut-être pas», donne en exemple la directrice des communications.Les jeunes sont particulièrement ciblés pour remplir les salles qui font la promotion de la musique alternative, mais aussi pour renouveler le public de celles qui présentent de l’opéra.Bernard Labadie compte sur eux pour qu'elles ne soient plus uniquement remplies de «francophones assez éduqués avec des moyens, disons, aisés».Quant à Jean-Robert Bisaillon, de la SOPREF, il espère que les jeunes de la rue, nombreux dans le quartier Centre-Sud, ne se gêneront pas pour découvrir les coulisses du spectacle qu'il organise en grande partie pour eux.À la différence de l’opéra, affirme Manon Blanchette, Part contemporain a déjà trouvé un nouveau public.«Il s’agrandit grâce aux communautés culturelles, qu’on ne voyait pas dans les musées il y a cinq ans à peine.» Elle souligne que des partenariats avec des commanditaires et des entreprises culturelles comme le Théâtre du Nouveau Monde ont permis au musée d’attirer une plus grande client^ le.«C’est une preuve qu’on est au-delà de notre petit milieu artistique», affirme Manon Blanchette.Après «Sortez l’artiste en vous», l’actuel slogan de l’événement, cette formule pourrait bien être la prochaine devise des Journées de la culture.GALERIE GORA art contemporain international DU 16 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE Exposition de peintures ET DE PHOTOGRAPHIES D'ARTISTES LOCAUX & INTERNATIONAUX 460, rue Ste-Catherine O., suite 305 Montréal Qc H3B iA/ mardi à sam., 126176 www.gallerygora.com Tél: (514) 879-9694 Fax: (514) 879-0164 5 iljl jl*.! La Bibliothèque nationale du Québec faire rayonner notre mémoire et vous offrir une Grande Bibliothèque publique JOURNÉES DE LA CULTURE, 28 SEPTEMBRE 2003 ' Édifice Saint-Sulpice, 1700, rue Saint-Denis, de 13 h à 17 h * Présentation de pièces d'archives de poètes québécois • Parcours commenté sur les particularités architecturales de l’édifice * Visite commentée de l'exposition de livres d'artistes Sous le couvert des mots et des images Grande Bibliothèque, rue Berri entre Ontario et De Maisonneuve : 11 h, 12 h 30.14 h et 15 h 30 • Visite de deux niveaux du chantier de la Grande Bibliothèque Heures d'ouverture des salles de lecture Édifice Saint-Sulpice Édifice Ægidius-Fauteux cial et centre de conseivatioi Bibliothèque nationale Québec nn 1 WÈMÉÊê:iM.'* 1 ÿHsi Québec, cc^tpcf'c^le cia!fis\Ke ! lAA,6i~ , 51 MKP La région de Québec vous offre tout un univers culturel.Faites un premier pas dans nos théâtres, puis un second dans nos festivals ou, encore, empruntez nos divers circuits pour découvrir notre patrimoine architectural, nos galeries d art et nos musées.recherchez ?www.capitaleculture.com Patrimoine \ Musées et centres d'interprétation t Evénements Arts visuels > Musique > Arts de la scène ^ Artistes et artisans Québec Culture et Communications Québec KSD E9E9 TOURISME « CONGRÈS ^QUEBEC WJT- ville et région Une publicité de l'Office du tourisme et des congrès de Québec Cette rédisotion a été rendue possible grôce à la collaboration du ministre responsable de b région de b Capitole nationale et de Tourisme Québec F 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 20 ET DIMANCHE 21 SEPTEMBRE 2003 -O' Bloc-notes •»— \ A hauteur de clichés A l’heure où les journalistes se remettent en cause, ébranlés par le documentaire À hauteur d'homme qui n’exhibe pas toujours leur meilleur profil, osons une petite mise au point: eh non, il n’y a pas que des boxeurs dans la profession, faut pas croire.Au culturel, par exemple, on chante (en sourdine) une tout autre chanson.Hélas! et je dis bien hélas! à quelques exceptions près, au royaume des arts, on est doux comme des agneaux, on ne crache pas dans la soupe et on félicite tout le monde pour leur beau programme.Autres mœurs, vous dis-je.Si d’aventure, en cours de carrière, un journaliste saute du champ politique au champ culturel, il découvre avec stupeur un continent pacifique, bucolique, rempli des verts pâturages où paissent les brebis.En conférence de presse, on est fins, polis, on pose des questions sans conséquences, on joue le jeu de la machine promotionnelle et tout le monde est content de nous.Si, quelque diable le poussant, un membre de notre placide confrérie émet un couac, créateurs et producteurs s’en montrent outrés, tant le phénomène est inhabituel, et l’épisode passe à la petite histoire au chapitre des comportements odieux, déplacés et quasi inconcevables.Soit! Au politique comme au culturel, les journalistes sont considérés comme des courroies de transmission plus ou moins soumises.Mais ceux qui frayent avec les élus se laissent moins manipuler que nous: ils discutaillent, protestent, questionnent même jusqu’à l’inélégance, en jouant leur rôle toutefois.Foin de cette liberté en art, qu’on envie sourdement à nos confrères d’ailleurs.Il existe tant Odile Tremblay ?d’interférences publicitaires et promotionnelles en culture que le secteur y perd ses dents.Tenez, la semaine dernière, en conférence de presse, nous étions quelques-uns à sortir de notre docilité coutumière pour reprocher à Père et fils, de Michel Boujenah, d’avoir mis en scène des personnages québécois trop folkloriques.Ces interventions ont duré environ cinq minutes, mais l’équipe du film, vraiment piquée, est revenue sur le sujet durant la rencontre entière, donnant l’impression à tout le monde qu’un tir journalistique continu et insistant avait faussé le beau concert Père et fils, en salle depuis hier, raconte le voyage au Québec d’un père (Philippe Noiret) et de ses trois fils, partis sur nos routes, de Montréal à Tadoussac, en croisant et en fréquentant la population locale.Nous, dissidents culturels égarés sur le terrain de la polémique pour cause d’épiderme sensible sans doute, déplorions qu’une fois de plus les personnages de Québécois aient tous l’air plus ou moins sortis des années 50, que pas un seul d’entre eux (même à Montréal) ne colle à une certaine modernité.Appelons ça un sursaut d’irritation devant le cliché rustaud collé à notre identité nationale.Le film roule fort en France, avec encore cette image-là du Québec à pleins écrans.Je sais, pareille foison de beaux paysages d’automne va aider le tourisme.Faudrait jamais grincer des dents, et dire merci, en plus.Parfois donc, on s’oublie.Remarquez: tout le monde ne partage pas notre point de vue devant Père et fils.Cette comédie de famille, avec ses qualités et ses défauts, n’est pas une pure caricature non plus, comme elle ne prétend guère offrir un cours de sociologie sur le Québec.C’est le climat d’ensemble qui laisse un arrière-goûL Chose certaine: la question de la folklorisation méritait d’être soulevée.Elle avait la vertu d’être sincère et de sonner une cloche sur la perception que le Québec a de lui-même, sur le malaise face aux regards étrangers posés sur nous.Cette question aurait pu, qui sait, ouvrir sur une discussion passionnante, mais les débats sont si rares lors des rencontres de presse culturelles que l’équipe du film a pris la mouche, en poussant les hauts cris.Le poisson s’y est noyé.Le film de Boujenah pose un regard français sur le Québec avec les réductions habituelles à ce genre d’exercice.Rien de plus banal, au fait.Les peuples n’en finissent plus de se condenser les uns les autres à l’état de clichés.Au sein des petites sociétés qui ne possèdent ni l’aura ni la renommée des puissantes nations du monde, on se fait parfois plus pointilleux.Que voulez-vous?Si des cinéastes étrangers fichent des bérets sur la tête des Français dans leurs films, en leur accrochant à tous une baguette de pain sous le bras, le public parisien rigole, bon pince.Tant de facettes de la France circulent partout Un cliché ou deux dans l’œil de l’autre, quelle importance?Mais le Québec est tellement moins connu que la France et, avec à peine 40 ans de Révolution tranquille derrière la cravate, il arrive de si loin.Au printemps dernier, en visite en Transylvanie, j’ai rencontré des Roumains excédés par les touristes lancés à la chasse aux vampires sur leurs terres.Pas .moyen pour eux d’émerger du cercueil de Dracula.Ils soupiraient, découragés, renvoyés sans fin à leurs gousses d’aiL Allez le leur reprocher.A l’étranger, on est tous vissés à notre quête d’exotisme, de rêve, de romantisme.On effleure la surface des peuples pour en gratter la couleur locale.Le phénomène est universel, banal, avouable.Et quand ça se passe chez soi, on tique parfois un peu.Rien n’est simple.Ces derniers jours, je suis allée voir deux grands comédiens français sur scène à Montréal.Charles Berling, si vibrant dans Hamlet au TNM (qui parvenait presque à faire oublier l’horreur des décors kitsch).Au Monument-National, Philippe Noiret lisait de sa belle voix des textes des Contemplations de Victor Hugo, laissant l’émotion filtrer entre les vers qui nous caressaient le cœur.Noiret et Berling sont tous deux de la distribution de Père et fils.Alors, je me suis surprise à penser tant mieux si ces grands interprètes restent sur notre macadam un bout de temps.Ça va les aider à mieux nous saisir, avec notre modernité, notre susceptibilité, notre complexité aussi.Vœu pieux lancé devant la lune qui brillait sur la ville.C’est bête, je sais.otrem blay@ledevoir.com Redécouvrir l’essai québécois VITRINE DU DISQUE Pour les 20 ans d’I Musici c i.a s s I Q ANTOINE ROBITAILLE L> essai, c’est un genre littéraire r un peu fourre-tout.Pensez donc, en anglais on dit «non fiction*'.En constituant son anthologie de l’essai québécois, où l’on trouve les textes de 23 écrivains (dont Victor-Lévy Beaulieu, François Ricard, Jean Larose, André Belleau, Fernand Dumont et Lise Bissonnette), Jean-François Chas-say, professeur au département d’études littéraires de l’UQAM, s’est buté à cette difficulté et en introduction, se risque à une définition: «un essai est une tentative, un test.[.] sy ar-prime un sujet libre, un “je” où l’énonciateur assume sa subjectivité, la confrontant à la réalité, son propre contexte, ses références, et avec les autres par lesquels se forme une totalisation du monde*.Dialogue sur un genre inventé par Montaigne et qui a eu une grande importance au Québec, mais qui se trouve aujourd’hui un peu négligé.A.R.On dit souvent au Québec que l’essai est un genre qui a eu beaucoup d’influence: on pense aux revues Cité libre, Parti pris, à Pierre Vadeboncœur, à François Ricard, etc.Mais ça demeure un genre très peu financé par les organismes subventionnaires.Et les ventes d’essais sont souvent faméliques.Comment expliquer ce paradoxe?J.-F.C.Ça s’explique par une double conjoncture.D’une part, sur le plan médiatique, le créneau occupé par le roman est démesuré, de façon presque obscène.Je me sens d’autant plus à l’aise pour l’affirmer que je suis moi-même romancier.Cette place accordée au roman, comparée à celle de l’essai, de la poésie ou des ouvrages de vulgarisation scientifique, se justifie mal.Cette réalité sociologique peut expliquer ses déboires relatifs sur le plan commercial.Avec la professionnalisation, la sur-spécialisation des universitaires d’un côté et la montée de Pinfbtainment et de l’immédiate-té du journalisme de l’autre, l’essai, comme genre, n’est-il pas condamné au dédin?En tout cas, l’essayiste est très souvent un universitaire.La recherche universitaire, aujourd’hui, pousse les professeurs (et en particulier quand ils sont jeunes et viennent d’obtenir un poste) à faire des demandes de subvention.Or cellesci ne correspondent pas du tout à l’esprit de l’essai.Pour écrire un essai, pas besoin (ou si peu) d’engager des auxiliaires de recherche ou de participer à des colloques.L’essai est un genre passablement solitaire qui correspond mal à ce que veut l’université aujourd’hui.L’essai est difficile à définir.Oui, j’ai tenté de dire pourquoi dans mon introduction.On tend trop souvent à compter comme «essai» tout ce qui n’entre dans aucune autre catégorie.On le voit comme un genre un peu fourre-tout.Je pense que, dans une large mesure, ni les subven-tionneurs universitaires ni les médias se sentent très à Taise avec ce qui se classe mal.J’avais noté une phrase de Pascal Bruckner, dans la foulée de l’affaire Sokal, lequel dénonçait certains écrivains français ayant utilisé n’importe comment les connaissances scientifiques: «Les intellectuels français sont moins des philosophes ou des sociologues que des essayistes; l’essai est précisément ce genre impur, bâtard, au carrefour de la politique, de la littérature, de la morale, qui a permis à la réflexion française de produire ses plus brillants éclats depuis le XVlt siècle.» Cette phrase de Bruckner me tombe passablement sur les nerfs.Parler de «genre impur» (ah! l’effet de mode du mot «impur»!) laisse croire qu’il y a des genres «purs».Cela me semble un peu facile.Et puis, quand je lis que les Français sont «moins des philosophes ou des sociologues*, je pense tout de suite à Bourdieu ou Bouve-resse, pour ne prendre que deux exemples.Je suis bien sceptique devant ce genre d’affirmation.Je ne suis pas très à l’aise non plus avec le type de hiérarchisation que Bruckner semble proposer (mais il s’agit peut-être de mon interprétation): l’essai n’est pas inférieur ou supérieur à un autre genre, il se présente autrement avec, c’est une de ses grandes forces, la possibilité de créer entièrement ses propres règles.Que peut-on dire de l’essai québécois, au XXr siècle?D’abord qu’historiquement ü a suivi la tendance du développement intellectuel au Québec, explosant dans les années 60, parallèlement au développement des maisons d’édition et de l’éducation.Je pense, ceci dit qu’il a toujours joué un rôle important chez nous, tout au long du XXr siècle, contrairement à d’autres genres qui ont eu des passages à vide parfois assez importants.Aujourd’hui, il y a peu de «jeunes» essayistes (de moins de 40 ans, disons) par rapport à ce qu’on retrouvait au cours des décennies 60,70 et 80.Cela veut-il dire que le genre est condamné?En tout cas, ce n’est pas quelque chose d’inéluctable.Contrairement à d’autres, je ne suis pas porté à dire qu’il n’y a pas de débats intellectuels au Québec, mais il me semble que les débats s'essoufflent vite.Et je crois que les choses se passent ainsi parce qui y a actuellement trop peu d’intellectuels et d’intellectuelles qui reprennent les questions importantes de notre société (nos sociétés occidentales) pour les développer dans des essais.Il n’est pas dit que certains ne chercheront pas, de plus en plus, à combler ce qui m’apparaît souvent comme un vide.ANTHOLOGIE DE L’ESSAI AU QUÉBEC DEPUIS LA RÉVOLUTION TRANQUILLE Jean-François Chassay Boréal Montréal, 2003,272 pages < DANSES DU CŒUR DE L’EUROPE Œuvres de Skalkottas, Haydn, Bartok, Brahms et Ko mitas.I Musici de Montréal, YuliTurovsky.ChandosCHAN 10094 (distribution SRI) I Musici de Montréal a vingt ans et, comme le dit la chanson, cela n’arrive pas tous les jours.Pour l’occasion, ils nous font un cadeau, leur meilleur disque jusqu’à présent Dans cet univers de la danse d’Europe centrale et de l’Orient égéen et caucasien, Turovsky et ses musiciens sont comme des poissons dans l’eau: exactement dans leur élément Rien n’est léger car tout est senti, intensément avec une vigueur qui est la marque de commerce de cet ensemble.S parfois on peut contester certaines orientations de l’ensemble, id, toute opposition tombe.Tout est juste: intention, intonation et plaisir.On aime mordre avec eux à ce répertoire vivant et animé que cet orchestre de chambre a plaisir à jouer, un plaisir hautement communicatif.Chose fascinante, on découvre un raffinement plaisant dans ce qui doit rester le gros trait et que Turovsky rend id loisir avec un irrésistible déhanché sensuel chez Bartok, comme un alanguissement raffiné dans ce curieux arrangement des Uebesliederwàlzer de Brahms.Oui, la satisfaction est bonne, servie à cette sauce.François Tousignant LAUDS AND LAMENTATIONS Elliot Carter 4 Lauds, pour violon seul; A 6 Letter Letter, pour cor anglais; Figment et Figment II, pour violoncelle seul.Isang Yun: Piri, pour hautbois seul; Quatuor pour hautbois et trio à cordes.Heinz Holliger, hautbois et cor anglais; Thomas Zehet-maier, violon; Ruth Killius, alto; Thomas Demenga, violoncelle.ECM New Series 1848/49 (B000021(X)2).Les dernières œuvres du compositeur d’origine coréenne et vivant à Vienne Isang Yun sont désarmantes de vitalité.Dans l’interprétation qu’en offrent Holliger et ses amis, un souffle ardent de vie traverse l’âme.Même si on n’aime pas trop le hautbois — cela peut arriver —, on ne peut que souscrire à cette musique «contemporaine» qui porte id si bien son nom tant elle parle de choses d’aujourd'hui.Les mêmes commentaires valent pour les œuvres de Carter, toutes conçues alors que cet Américain traversait le cap des 90 ans.Dieu que cela pétille de vie et s’avère irréprochable d'imagination tant dans l’écriture que dans la manière dont ces Suisses rendent la chose.Pour peu que vous possédiez une chaîne stéréo correcte et un peu d’ouverture d’oreille, cette musique-là va vous enchanter par ses territoires neufs et, surtout, par la verve avec laquelle tous s’engagent pour la faire vivre.F T.C H A N S O N LE TANGO DES GENS Sanseverino Indica (Outside) Aux dernières Victoires de la musique made in France, on DANCES FROM THE HEART OF EUROPE I WiMCI M MtWlMAt yuHTÜBOVSKY était là devant l’écran comme des groupies à attendre tout transis que le Truffaut de la nouvelle chanson française Vincent De-lerm nous serine sa Fanny Ar-dant et moi, et puis ce.drôle de type s’est amené, baraqué comme une baraque de foire, mâchoire de catcheur à l’avant-poste, et il s’est mis à chanter et à jouer furieusement une chouette histoire d’embouteillages (intitulée Embouteillages) et on a fait ouf! Ce verbe mitraillette! Extrait sans frais: «Dans les embouteillages tu penses autant au temps qu’au temps/où tu n’auras plus d’ongles et où tu te rongeras les dents.» Il n’y avait pas que ça.Il y avait cette gouaille! Cette dégaine! On aurait dit Eddy (Mitchell) qu’aurait viré manouche, ou alors un p’tit fils de la fesse gauche de Django qu’aurait tout lu Léo M,alet.Un fortiche, en tout cas.A retenir,sûr et certain.Ce qui n’était pas difficile, avec ce nom de destination vacances sur la Riviera: Sanseverino.Après, on a cherché.Qui ça, le Rino?Et on a trouvé qu’il n’y avait rien à trouver, c’est-à-dire que Stéphane Sanseverino, chanteur et guitariste de souche napolitaine, anciennement des Voleurs de poules, vingt ans de carrière dans les miches, n’avait pas de disque disponible chez nous.Pire, Sony Canada n’était pas intéressé par ce produit Sony France.Alors quoi?N’entendait-on pas que c'est formidable, du Sanseverino?C’était en février, j’étais bien fâché.Depuis, je désespérais un peu tout en lobbyant auprès d’Alain Char-trand pour qu’il programme le gusse à son prochain Coup de cœur francophone.Et voilà ces jours-ci que tout s’arrange: le vaillant petit label local Indica a eu l’heureuse initiative de récupérer le zig et de sortir ici Le Tango des gens, premier album en solo du signor Sanseverino.Constat plus qu’enthousiaste: tout là-dessus vaut Les Embouteillages: un bonheur de virtuosité, d’intelligence et de goguenardise conjugués, de part en part.C’est guinguette et moderne à la fois, comme si le Hot Club de France avait ensemencé les Têtes Raides.Prenez Frida, le premier titre: ça évoque Brel et Bruant, mais ça sent bon l’ici et maintenant: «Une question et c’est fini Daniel Auteuil et Piccoli / Quand en trois mois ils ont gagné des biftons pour dix années / Vont-ils tout donner aux impôts comme tous les perdants du loto?» L’album est de cette eau-là, ça se prend pas au sérieux (Swing du nul), ça ironise méchamment (Les Films de guerre), mais ça fronce aussi parfois pour vrai les sourcils (La Mer, dure histoire de marée et d’idées noires).Certitude: on ressort revigoré et moins con.En spectacle, c’est probablement plus vivifiant encore.Vivement {'invitation.Sylvain Cormier LES IMMORTELS Trame sonore (Cosak/Select) Les bandes sonores de films, au Québec, ne sont pas légion.surtout lorsqu’elles paraissent chez des indépendants.Or voici la trame pas piquée des vers des Immortels, le film de Paul Thinel (sortie 26 septembre), qui raconte l’histoire d’un jeune groupe de Sorel en début de carrière, Les Immortels, et la fanfare de retraités de la principale usine de la ville, le Philharmonie Resol Steel Band (fanfare formée de musiciens bien établis, dont le célèbre roi du drum, Guy Nadon, et de Jean Lapointe, entre autres).Rencontre pas des plus faciles entre deux générations de musiciens, le film présente une musique se promenant du côté du rock soufflé aux effluves psychédéliques, mais surtout vers un lubes de big band et une nouvelle chanson bien à sa place dans les tavernes, et même une version big band de Val-deri Valdera.Derrière ce paysage qui se fait aussi quelquefois arabisant, quelquefois amateur de sambas, deux hommes qui ont fait leurs preuves dans l’underground québécois: Marc Bisaillon (qui officie aussi à titre de scénarisçiteur et d’idéateur pour le film) et Eric Ra-thé.Or les deux comparses ont longtemps travaillé côte à côte dans la défunte formation alternative Les 3/4 Putains, en plus d’avoir signé une première trame sonore, pour Le Voleur de caméra, de Claude Fortin.Ce nom, tiré d’une pièce de Jacques BreL/^ est associé à une qualité d’écriture indéniable, à une forme moderne et à un certain goût pour les choses salées, comme en témoignent ces paroles: «Tes bras de mers sur mes côtés / Ont fait échouer l’amour / La chaleur de l’Océantume / Sur l’écume de mes jours/J’ai pris mes jambes à ton cou /Et fiai tourné ma langue / Sept fins dans ta bouche /Avant de te parier» Et le ton est donné.Ce qu’on retient de cette savoureuse épopée musicale, outre la voix quelque peu haut perchée de lamezzo-soprano Isabelle Lemme, dont la manière et le timbre peuvent rappeler Diane Dufresne, c’est sa dimension bon vivant, sa vivacité et son ardeur, les arrangements piquants de Guy St-Onge et une saveur qui, si elle n’est pas des plus au goût du jour, n’en éclipse pas moins maintes productions terriblement plus insipides.Bernard Lamarche M K I A L isfr I THIRTEENTH STEP A Perfect Circle (Virgin/EMI) Il fallait être au Metropolis le 6 septembre dernier pour comprendre que les rares nouvelles pièces jouées à ce moment par A Perfect Circle (APC) n’avaient rien à envier à celles que leur premier et vital album, Mers de Nom, révélait en 2000.APC, alors, ne se destinait qu’à être un projet du chanteur de Tool, le.mystérieux Maynard James Keenan, avec un collaborateur de longue date, l’ancien technicien aux guitares de Tool, Billy Howerde.La formation est complétée par un ancien de Vandals et de Guns N’ Roses, Josh Freese, à la batterie, et par l’arrivée récente du guitariste James Iha (Smashing Pumpkins), avec la contribution du bassiste Jeordie Osborne White (autrefois Twiggy Ramirez aux côtés de Marilyn Manson).Aujourd’hui, APC peut s’offrir des bases plus solides.La tournée en est un exemple et Thirteenth Step — un album dont le titre fait référence au programme de motivation des ex-toxicomanes —, un autre.Davantage raffiné dans les textures atmosphériques sombres et parfois mélancoliques, certes complexe mais combien stupéfiant, ce se-cond album continue de frayer du côté des tensions aussi exprimées par Nine Inch Nails et se rapproche parfois de The Cure (voir l’étonnante The Noose, à l’introduction toutefois un peu trop éthé-rée).APC ratisse le terrain d’un large spectre d’atmosphères, de très rudes à glauques.Le groupe profite évidemment de la présence de Keenan, toujours aussi prompt à exploser — ses années comme leader de Tool l’ont démontré — mais qui réalise pour ces 12 titres un bel exploit de retenue, constamment à la lisière de la rupture, sans toujours y plonger.Sombres, intenses, ces pièces, souvent cérébrales mais aussi dérangeantes physiquement, permettent à Keenan, un des chanteurs les plus intrigants du moment, de continuer à exprimer les registres les plus troubles des pulsions humaines, ce qu’il fait depuis ses débuts.Tout ça justement parce qu’il y a autre chose, dans la vie, que les chars et les filles.À elle seule, Weak And Powerless rive les épaules au plancher avec sa mélodie irrésistible.B.L.K O t K THIS IS OUR PUNK-ROCK [.] The Silver Mt Zion Memorial Orchestra & Tra-la-la Band (Constellation) En l’espace de deux albums particulièrement denses, The Silver Mt.Zion Memorial Orchestra & Tra-la-la Band est devenu un ensemble à géométrie variable avec un message autant politique que spirituel à rendre.Ces musiciens, issus de formations montréalaises telles que Godspeed You! Black Emperor ou Diebold, ne prennent certainement pas le rock ou la musique contemporaine à la légère.Avec This Is Our Punk-Rock [.], on a droit à une longue complainte extatique (en quatre parties) envers un territoire urbain qui perd sans cesse de sa beauté fragile.Grâce à une chorale ainsi que la voix encore plus présente d’Efrim, ce nouvel opus se prête à merveille à une exploration critique des zones sombres et sinistres de la vie en communauté.La lenteur de ces mouvements se mêle à une section de cordes plus riche que jamais.D s’en dégage ainsi une musique précise et complexe d’une force viscérale qui gagne en substance, au fil des écoutes.The Silver Mt.Zion lève le voile sur une réalité aussi troublante que son répertoire toujours lumineux.Un rock atypique plutôt bien ancré dans son environnement immédiat David Cantin L'AIRE DES IDÉES «Je ne suis pas porté à dire qu’il n’y a pas de débats intellectuels au Québec, mais il me semble que les débats s’essoufflent vite»
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