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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-10-27, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2007 DANSE Crystal Pite revient nous séduire Page E 4 rX/m : DE VISU Fin de cycle au Fashion Plaza Page E 6 % ¦ r, ¦ «Je suis un drogué de l’effet de transe des voyages, des paysages mélodiques, de la rythmique des trains.» Coup de cœur francophone Trainz entre en gare, le temps d’un spectacle Trainz est le projet brillamment insensé d’Erik West Millette, musicien visionnaire et voyageur, un «hommage poétique aux grands express transcontinentaux» qui deviendra un livre-disque.À l’invitation de Coup de cœur francophone, ce fascinant work-in-progress s’autorise un détour par la scène et s’incarnera en «spectacle musical ferroviaire» pour un soir événementiel, le 5 novembre prochain, au Club Soda.Bïa, Yves Desrosiers, Thomas Heilman et Marie-jo Thério en profiteront pour monter à bord.Rencontre sur rails avec le conducteur.SYLVAIN CORMIER Chic type.Chaleureux homme.Chouette copain.Et musicien sans frontières.C’est ainsi que le milieu chansonnier et musical de chez nous connaît Erik West Millette.On l’a d’abord aperçu au tournant du siècle (et tout de suite apprécié) dans les parages de Marie-jo Thério.Sur La Maline, il tenait la contrebasse, son instrument d’élection, mais tâtait aussi du dobro, du Quattro, du lap steel.D coréalisait, co-arrangeait Un créateur d’ambiances, avions-nous compris.Dans la tournée qui suivit on comprit qu’il était aussi de la race des complices parfaits.Depuis, il est de tous les projets dignes et nobles, la compilation-hommage Le Petit Roi, le Volodia ' d’Yves Desrosiers, le CD-DVD Aimons-nous autour dYvon Deschamps, le Cœur vagabond de Bïa, etc.D a son studio avenue de Chateaubriand, associé à un autre multi-instrumentiste sympa et formidable, Francis Covan.Endroit pas guindé, ce studio.Façon Daniel Lanois: convivialité d’abord.C’est là que je trouve le gaillard en ce lundi matin trop chaud pour la saison.Il est allé chercher le café, les croissants.Son regard brille comme celui d’un enfant le matin de Noël, déballant son premier train électrique Lionel.Il sait qu’on est là pour parler de la belle aventure qu’il a baptisée Trainz (avec un z) et du spectacle qui en sera décanté au Club Soda le 5 novembre dans le cadre de Coup de cœur francophone, et sa jubilation intérieure est trop grande pour être contenue: enfin, at last, son sujet de prédilection.La passion de sa vie, avec la musique: les trains! Avec un s! En voiture «Mon plus vieux souvenir d’enfance, c’est mm grand-père maternel Leo West qui m’amè- ne faire un tour de locomotive de triage, dans les Laurentides.Il travaillait pour le Petit Train du Nord Ma fascination a àé immédiate, totale, pour les sons qui sortaient de l'immense ‘tchoo tchoo train", les flûtes, les grincements des roues sur les rails rmillés, le grondement de l’engin.» Bien sûr qull a joué avec un train électrique, et pas à moitié — le papa ingénieur et le grand-père ébéniste lui ont bâti des ponts et des maisons sur une grande table au sou^sol familial —, inais le moment fondateur est à échelle réelle, grandeur nature.Le vrai train.«Depuis, je suis fou passionné.De trains et de voyages en train.Un drogué de l'effet de transe des voyages, des paysages mélodiques, de la rythmique des trains Entre les engagements, entre les tournées, je voyage en train.Depuis 20 ans» Tout seul comme un grand.«En studio, en tournée, tes tout le temps dans un rapport d’intimité, en travail d’équipe intense.Après des semaines, des mois de ça, fai besoin de solitude, de lire, de composer, de me ressourcer, et le train est mon chargeur.» Le projet Trainz naît ainsi, sans préméditation, quelque part entre deux gares.Armé d’une enregistreuse DAT, d’une caméra Super 8, d’un Pentax numérique, Erik West Millette capte.Voix, images, bruits, ambiances de gares.D compose.Une idée s’impose.«Ça commencé par un voyage surAmtrak Mmtréal, Chicago, tout le Mississippi f allais à la recherche de parents: les West sont du ‘Deep South”, d’origine afroaméricai-ne, alors que les Millette sont Québécois pure laine.Au départ, je voulais jdire m disque sur les West.Et puis non, ce que je voulais vraiment, c’était trouver un lien avec tous ces ancêtres qui avaient été des musiciens.Et puis ça m'est venu: toute l’histoire de ma jamiUe passe par le train.» P’tit train va loin De là à Trainz, «hommage poétique aux grands express transcontinentaux», livre-disque en devenir, spectacle à Coup de VOIR PAGE E 2: TRAINZ 36e Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue Le Peuple invisible, de Richard Desjardins et Robert Monderie, part le bal ce soir SOURCK OFFICE NATIONAL DU FILM VV.A ODILE TREMBLAY Le 26' festival de cinéma abitibien démarre aujourd’hui pour rouler jusqu’au 1" novembre.Et le moins qu’on puisse dire, c’est que sa soirée d’ouverture sera fort courue.L’équipe n’eut pas à solliciter la présence des médias.Les journalistes se bousculaient pour venir à Rouyn-Noran-da.Pas question de rater ce soir la projection du Peuple invisible.Le dernier documentaire de Richard Desjardins et Robert Monderie, abordant l’histoire de la nation aL gonquine, y est lancé en grande première.Après les énormes vagues soulevées par L’Erreur boréale du même duo, ce film est plus qu’attendu.Par les politiciens, les médias, mais aussi par la communauté autochtone.Ce soir, sept chefs algonquins assisteront à la projection, en plus de Ghis-lain Picard, qui dirige l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.«Il n’y aura plus un siège de libre, précise Jacques Matte, directeur du festival.On a prévu cinq séances supplémentaires au cinéma Paramount le lendemain, pour accommoder le public.Mille cinq cents personnes auront vu le film en 24 heures à Rouyn-Noranda.La curiosité qui entoure Le Peuple invisible est immense.» Grand coup, donc, que cette première dans la capitale du cuivre.Jacques Matte en donne le crédit à l’Office national du film, son producteur.«Tout le monde courait après le film, mais les gens de l’ONF ont jugé qu’il devait être lancé en Abitibi-Témiscamingue.Richard Desjardins et Robert Monderie viennent d’ici.Le Peuple invisible aborde une réalité de la région, h trouvait chez nous sa tribune naturelle.» Le chanteur-cinéaste est une personnalité hautement respectée, qui lance cette fois encore un cri d’alarme.Dans le film, il se promène à travers les communautés et c’est sa voix hors champ qui commente.«La narration est passionnante, déclare Jacques Matte.Avec son sens de la formule et son esprit de synthàe, Desjardins peut exprimer en cinq mots autant qu’un livre d’histoire de 200 pages.C’est un film qui changera la perception des spectateurs sur les Algonquins, un peuple vraiment invisible dont on entend rarement parler.» À son avis, le film, qui aborde la notion de territoire et l’histoire du peuple algonquin, s’appuie sur de nombreuses recherches et apporte une foule de renseignements mal connus.L’anthropologue Rémy Savard, at- tendu là-bas aux côtés des cinéastes, fut consultant «En Abitibi, la situation des autochtones est particulière.Alors qu’ailleurs au Québec certains traités remontent à 1763, à 1798, chez nous l’occupation blanche est récente, datant parfois de 40,50 ans, avec des épisodes d’apartheid pourtant.Après la construction du chemin dejèrdeLa Verendry, les autochtones n’avaient pas le droit de s’en approcher de plus d’un kilomètre.Encore maintenant, la communauté de Kitdsakik ne possède ni eau ni électricité.Certains Algonquins demeurent semi-nomades.Le film explore leur situation d’hier et d’aujourdhuù» Forte présence régionale Le film de Desjardins et Monderie n’est pas le seul à aborder les réalités régionales au festival abitibien.Benoît Pilon (le documentaliste de Roger Toupin, épicier variété) anive avec Nouvelles du Nord, sur le quotidien des gens de la Baie-James.Jean-Philippe Balaux Veillette et France Gaudreault, tous deux de Rouyn-Noranda, lancent Attentat 117 Nord, sur le chanteur de hip-hop abitibien Anodajay.Martin Gérin, enseignant de Rouyn-Noranda, présente Sortir du trou, documentaire sur l’aventure de Réal V.Benoît, un homme qui a travaillé longtemps Richard Desjardins et Robert Monderie dans les mines, a connu la gloire comme chanteur au cours des années 70 et revient aujourd’hui à la musique.Jacques Matte souligne la présence de plusieurs autres films québécois: L’Age des ténèbres de Denys Arcand, projeté en clôture, le 1" novembre, en présence du cinéaste; La Belle Empoisonneuse de Ri- chard Jutras; Jonas: la quête de Jean-François Pilon, documentaire sur le rockeur-vedette Jonas; La Brunante, dernier long métrage de Fernand Dansereau; La Capture de Carole Laure.«Que les films viennent d’ici ou d’ailleurs, VOIR PAGE E 9: DESJARDINS LE DEVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2 0 0 7 E 2 CULTURE Feuilleton présidentiel CHRISTIAN HARTMANN REUTERS Odile Tremblay Il y a neuf ans, quand l’affaire Monica Lewinski secoua l’Amérique, bien des Français se montrèrent à juste titre scandalisés de voir traîné dans la boue un président américain le nez planté dans ses parties intimes.D’autant plus interloqués, les cousins français, qu’il était plutôt de mise chez eux de couvrir les incartades de leurs élus avec une indulgence pour les gauloiseries des puissants.Au point de fermer exagérément les yeux sur leurs dérapages réels.Longtemps les médias de l’Hexagone ont connu l’existence de Mazarine, la fille illégitime de François Mitterrand, sans la dévoiler.Ils dissimulaient du même souffle ses voyages et son hébergement aux frais de la princesse, vrai scandale de l’affaire.Héritage monarchiste, que ce laxisme?En partie, sans doute.Les révolutions mettent des siècles à abolir les privilèges de caste.Mais aussi courtoisie vieille dentelle et respect de la vie privée des politiciens.Cette omefta relevait d’un trait de société qu’on croyait immuable.A tort.L’énorme couverture médiatique entourant aujourd’hui le divorce de Nicolas Sarkozy, après le grand déballage printanier de l’intimité de Ségolène Royal, nous entraîne aux antipodes de cette discrétion-là.Ce ne sont plus seulement les Paris-Match, Voici et compagnie qui s’émoustillent devant les déboires domestiques, mais les médias d’information dits sérieux, habituellement plus réservés en ces matières, du moins pour leurs dirigeants.Trop contents désormais de rejoindre la mêlée.Signe des temps, le voyeurisme politique, jusque-là surtout épanoui dans les sociétés anglo-saxonnes plus puritaines, a traversé les frontières.Les tabloïds anglais n'ont jamais ménagé la famille royale et combien de mé dias américains se titillent le pompon devant des écarts sexuels anodins et ennuyeux?Les pays plus libérés du côté de la braguette, donc plus respectueux de Taire privée des autres, leur emboîtent désormais le pas.Pour commenter cet étalage de détails croustillants présidentiels en dégustation publique, les journalistes français évoquent le fait que Sarkozy lui-même a mis en avant sa vie familiale comme outil promotionnel de campagne et qu’il en paie le prix.Très juste! Mais comment s’empêcher de penser que cette fascination dépasse l’attitude de Sarkozy pour embrasser tout un courant de société?Comment ne pas montrer du doigt l’influence de la téléréalité sur le président comme sur les journalistes?J’étais en France au moment où le premier Loft Story a fait sa sortie en fanfare sur leurs petits écrans.Neuf chroniques et éditoriaux sur dix portaient sur la question, tous types d’imprimés confondus.L’arrivée des lofteurs à Cannes avait détrôné en hystérie celle des plus grandes vedettes de cinéma.Chacun se fascinait pour la moindre pulsion de ces inconnus d’hier, dont l’intérêt majeur résidait dans leur ébats en cage devant des écrans de caméra.A force de darder les yeux sur l’intime, l’insignifiant, l’anatomie dévoilée, le flirt esquissé ou consommé, tout un système de valeurs semble avoir basculé.La marée d’Internet avec l’intrusion directe dans l’intimité d’inconnus, à poil, au garde à vous ou en pleine action, sur un simple clic de souris, pousse le même bouchon.Le voyeurisme a toujours existé, bien entendu, mais vaguement honteux de lui-même, surtout dans les journaux et magazines qui se piquent de réflexion.Plus maintenant.Un voyeurisme d’autant plus dépourvu d’intérêt qu’il se nourrit de faux-semblants.Qui peut percer le mystère des gens, de toute façon?C’est du grattage de surface.Entre l’affaire Lewinski et le divorce Sarkozy, il y eut donc en France ce déferlement de la télé-réalité.Là-bas comme ici, le phénomène semble avoir bel et bien contribué à modifier le rapport collectif à Tintimi-té d’autrui, de manière profonde et insidieuse.Même ceux qui n’en consomment pas en subissent l’influence par ricochet, par effet d’entraînement.Hier encore, nombreux étaient ceux qui se moquaient des journaux à potins.Ces derniers ont fait tache d’huile partout: sur les ondes, dans les émissions de variétés, où la vie intime des invités est jetée en pâture au public avec des rires gras, dans tous les recoins de la Toile, dans la vie quotidienne aussi.Traînant toujours des relents de puritanisme dans son sillage.Lies deux font la paire.L’exemple français se révèle particulièrement révé- Un Nicolas Sarkozy songeur.lateur, parce qu’il balaie des habitudes mieux ancrées qu’ailleurs, mais la «peoplelisation» sauvage envahit une bonne partie de l’Occident Au Québec, il fut un temps où les frasques de Trudeau et de Lévesque étaient camouflées pudiquement par les médias.Nous void loin du compte.Les politiciens ont intérêt à ne pas avoir trop de squelettes dans leurs placards.D’où leur insignifiance, souvent André Boisclair en sait quelque chose, lui qui alla jusqu’à commettre la sottise de nourrir la bête avec sa parodie de Brokeback Mountain.Quant aux émissions de télé-réalité elles-mêmes, loin du feu de paille escompté, elles ont la vie dure.Cet automne, Occupation double et Loft Story continuent à susciter chez nous des guerres de cotes d’écoute et à faire couler de Tencre.Moins qu’avant mais encore beaucoup.Libre aux amateurs du genre de se passionner pour la vie factice de jeunes gens en général incapables d’exprimer une idée par des phrases complètes.Mais force est de constater que la télé-réali- té a débordé de sa case pour imprégner toute la vie publique.Belle illustration de ce glissement de terrain que ce divorce des Sarkozy.La fascination pour le privé, y compris pour la vie sexuelle, déteint sur le regard que les gens posent sur leurs voisins de palier, sur les personnalités en tous genres.Inconnus, familiers, têtes d’affiche: même combat.La petite gêne qui bloquait l’indiscrétion pure semble s’être évanouie dans le brouillard ambiant La culture du vide rejoint le politique, surtout quand les politiciens jouent le jeu mais même quand ils se rebiffent Les futures maîtresses du président français feront bientôt la une des médias davantage que ses politiques.Et ceux qui poussaient des cris d’orfraie, neuf ans plus tôt devant les débordements des journalistes américains dans l’affaire Lewinski chantent un refrain identique à la maison.Neuf ans.Autant dire une éternité.otrem blay@.ledevoir.com TRAINZ Encore aujourd’hui, les trains, c’est La Comédie humaine de Balzac SUITE DE LA PAGE E 1 cœur, l’idée a fait son chemin.Et s’est mondialisée tout naturellement.Quand on est Erik West Millette, qu’on a étudié à Saint-Pé- tersbourg, à Montpellier et à Qué bec, au Musik Horschüle Lubeck en Allemagne, qu’on a tourné du Japon au Brésil et de la Turquie à la Belgique avec Bïa, le p’tit train ne peut aller que loin, très loin.everybody^ THÉÂTRE DU 23 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE 2007 Pour seulement 10 représentations COMPLET 24.25 ET 30 OCTOBRE Everybody’s Welles pour tous DE PATRICE DUBOIS ET MARTIN LABRECQUE_ MISE EN SCÈNE DE PATRICE DUBOIS Av«c Patrice Dubois et Stéphane Franche Concepteurs.Martin Labrecque, Catherine La Frenière, Olivier Landreville, Larsen Lupin et Caroline Poirier Gagnant de 2 Masques dont Production Montréal 2006 À ESPACE G0_ 514.845.4890 www.admission.com_ 514.790.1245 Québec Le Conseil des Arts Hft du Canada a 50 ans mA CONSEIL ms «RTS m MONTRÉAL LE DEVOIR «Après quelques voyages de longue durée en train de passagers, je me suis rendu compte qu’il y avait là une richesse incroyable de contenu, et c’est devenu le cœur de Trainz.Ça allait plus loin que l’histoire de ma famille, ça rejoignait l’humanité.Tout est là.Cette proximité de gens qui ne se connaissent pas, qui vont passer parfois plusieurs jours en totale promiscuité.C’est la rencontre éphémère de gens de toutes les classes sociales, de toutes provenances.Et ce n’est pas de l’histoire ancienne.Encore aujourd’hui, les trains, c’est La Comédie humaine de Balzac: des ouvriers, des vagabonds, des riches, des hommes d’affaires, des touristes, des gens de grande bonté, des truands.» Ces concentrés d’humanité et de barbarie, West Millette les a côtoyés, observés, échantillonnés, photographiés et filmés sur i(MùtPr-eaU' jusqu’au 29 novembre (T tr>‘ Galerie d'art Gala ; mardi, mercredi: 13h à 17t! '* 5157, boni.Saint-Laurent ! jeudi, vendredi: 13hà19b (une aie au nord de la rue Launei), Montréal ; samedi, dimanche: 13h à 17h téléphone: 514.279,4247 • www,gala.nete.net i En tout temps sur rendez-vous De Larry Tremblay // Avec Cari Béchard, Larry Tremblay // Mise en scène Francine Alepin // Décors et éclairages Anick La Bissonnière et Martin Gagné II Costumes Véronique Borboën II Musique Jean-Frédéric Messier Billetterie.514.521.4191 Tarif réyulicr 28 S Étudiant 18 S Paueporti-ThéStre Eipace Libre 3 SPECTACLES pour 48 $ S SPECTACUS pour 75 $ LIBRE 194b rue Fullum, Montreal © Frontenac // www.mimeomnibus.qc.ca Québec * Montreal# U iM Viillt, le Transsibérien, XOrient-Express, le Shinkensen japonais, YEuro-star, le Thalys, le Train bleu d’Afrique, le Transcanadien, etc.C’est sa matière de base.«J’utilise tout ça, mais surtout pas sous la forme d’un carnet de voyages.C’est tout simplement l’inspiration pour la composition de pièces musicales.C’est une manière pour moi de lier toutes les formes musicales qui m'intéressent, du blues à la musique concrète, toutes les musiques du monde, du spoken word, des poèmes, des chansons, dans un même projet.Si je peux mener l’affaire jusqu’au bout, ça donnera trois disques.Le premier partira de Montréal, descendra aux Etats-Unis, passera par le Mexique, l’Amérique du Sud, l’Afrique.Le deuxième traversera l’Eurasie.Le troisième rassemblera des reprises de chansons qui ont rapport au train.» Et en aparté, entre parenthèses, pour ainsi dire sur une voie de garage, il y a le spectacle au Soda.«C’est une commande.Une offre d’Alain Chartrand que je ne pouvais pas refuser: l’occa- sion était trop belle.Ce n’est pas l’aboutissement du projet, mais un instantané pris en cours de route, là où j’en suis.Et je profite de la disponibilité d’amis, Yves Desrosiers, Bïa, Marie-jo, Thomas Heilman, pour monter quelque chose de spécial.» Entendez: des pièces chantées (une version portugaise du P’tit Train du Nord de Félix par Bïa, notamment), des pièces instrumentales, des projections.Un petit voyage dans la gare de triage.«C’est mon premier show avec ma tronche sur l’affiche, mais je ne serai pas le gars au centre de la scène.Ça va être un équipage de musiciens et d’invités.Une amie cinéaste, Maryse Legagneur, a pris tous mes petits films, et elle joue avec ça en temps réel avec nous.Moi, j'ai l’habitude d’être derrière les manettes.Je vais conduire la locomotive, c’est tout.» Collaborateur du Devoir TRAINZ Au Club Soda le 5 novembre à20h fk.’l quat sous L^J de poche 07-08 saison itinérante Terre océane 23 octobre au 17 novembre au Théâtre d’Aujourd’hui Texte DANIEL DANIS GILL CHAMPAGNE ARNAUD AUBERT FRANÇOIS CLAVIER MARIE PASCALE SÉBASTIEN RENÉ Une coproduction du ThcAtre de QuM’Sous r* du Théâtre du Trident ./< Logomotive Théâtre H et tH Daniel Danis.Arts/Sciences en codiffusion H n t ’i Théâtre d'Aujourd'hui S au Théâtre d’Aujourd’hui Billetterie du Théâtre d'Aujourd'hui : 514 282-3900 S iint- h-ms.M *es quatuors masculins très physiques s’enlacent aux mouvements féminins qui agissent comme l’histoire», décrit l’une des danseuses, Anne Plamondon.Car si la pièce demeure abstraite, Crystal Pite a le sens d’une certaine r ft?/ % ’ • a > * i i H p IBL MÊÈÈÊBÊÊÊÊÊÊlËttÊÊKÊHm WÊÊÊÊÊKÊ HHBHi ¦ TangSnte ' -Z mmm GinrsiK n mu dramaturgie qui finit toujours par s’inscrire dans ses oeuvres, notamment à travers le texte, utilisé avec parcimonie.«Sans qu’il y ait une histoire, il y a assurément un sens, des images très précises», indique la danseuse.Celle-ci interprète un quintette emblématique de l’œuvre avec les quatre hommes de la distribution, dont Victor Quijada, son compagnon de vie et de travail au sein de la compagnie Rubberbandance Group, actuellement en résidence à la Cinquième Salle de la Place des Arts.Quintette emblématique parce qu’il incarne la tension et l’ambiguité inscrites au cœur de la pièce et que la forme improvisée (dans un cadre très structuré), que privilégie Crystal Pite, s’y déploie en toute liberté.«Elle sait où elle s’en va tout en nous laissant de l’espace, confie la danseuse à propos de la chorégraphe, qui a œuvré au sein de la prestigieuse troupe de William Forsythe, le Ballet de Francfort (devenu depuis le Ballet Forsythe), avant de fonder sa propre compagnie, Kidd Pivot Elle sait tirer le meilleur de chacun de nous.» Gestes éphémères Comme le titre de la pièce l’indique, le sentiment de perte s’applique autant au règne de l’existence qu’à celui de la création chorégraphique elle-même, aussi éphémère que nos vies humaines à l’échelle de l’histoire.«R y a un parallèle entre la perte des mémoires et des histoires humaines et celle de nos gestes, souligne Crystal Pite.R n’y a rien qui reste de la danse, rien à quoi on puisse s’accrocher.Le mouvement qu’on observe est toujours déjà en train de se transformer.D’où sa puissance.» Pour saisir ces instants de danse intense mais évanescente comme la vie, la chorégraphe a choisi d’investir dans une imposjante distribution de sept danseurs (Eric Beauchesne, Francine Liboiron, Malcolm Low, Yannick Matthon, Victor Quijada, Anne Plamondon et elle-même), même s’il lui a fallu sacrifier la scénographie.La pièce tient entièrement dans le jeu entre danse et musique (signée par son collaborateur de longue date Owen Bolton).«C’est une équipe de rêve», s’émerveille la chorégraphe, qui a ainsi mis à profit la bourse de 60 000 $ venue avec le prestigieux prix Alcan qu’elle a reçu en 2006.La première de Lost Action a eu lieu à Vancouver en 2006.C’est un an plus tard que s’est amorcée la longue tournée canadienne.La troupe Kidd Pivot s’arrête dans la métropole, à l’invitation de l’Agora de la danse et de Danse Danse, précédée d’un flot d’éloges de la critique de l’Ouest Le Devoir LOST ACTION Du 30 octobre au 3 novembre A l’Agora de la danse Supplémentaires du 14 au 17 novembre 4 S ÆÊL.LA l’LACF DLS ARTS PRÉSENTE NORMAN (HOMMAGE À NORMAN MCLAREN) LA SERIE Di MICHEL LEMIEUX.VICTOR PILON bT PETER TROSZTMER une production nr 4D art Ce spectacle mixmedia fusionne en direct le théâtre et le cinéma.Le danseur-performeur Peter Trosztmer s'intégre physiquement à l'univers du cinéaste canadien Norman McLaren, dont la modernité, l'humanisme et le génie ont maintes fois été récompensés.5 AU 8 ET 12 AU 15 DÉCEMBRE 2007, 20h 25$ (adultes) 15$ (étudiants) taxes et redevance incluses 15% de rabais pour groupes de 20 et plus Scmc Cinquidme Salle Directeur de la programmation, Michel Gagnon 514 842 2112 • 1 B66 842 2112 Place des Arts laplacedesarts.com Réseau Admission 514 7')0 1245 * ÜŒi TIIaIsÜI®! KIDD PIVOT LOST ACTION 30 OCTOBRE AU 3 NOVEMBRE / 20 H CHORÉGRAPHE -> CRYSTAL PITE INTERPRÈTES -> ÉRIC BEAUCHESNE, FRANCINE LIBOIRON MALCOLM LOW, YANNICK MATTHON, CRYSTAL PITE ANNE PLAMONDON.VICTOR QUIJADA MUSIQUE ORIGINALE OWEN BELTON ÉCLAIRAGES JONATHAN RYDER COSTUMES -» LINDA CHOW « LOST ACTION EXPLORE AVfC SENSIBILITÉ L'EXPRESSION KINÊSIQUE DE L'AORESSIVITÊ ET OU SENTIMENT DE PERTE.IL EN RÉSULTE UNE DANSE INTELLIGENTE, PROFONDÉMENT ÉMOUVANTE ET D'UNE GRANDE RICHESSE CHORÉGRAPHIQUE.* DANCE MAGAZINE « LOST ACTION IS THE MOST SIGNIFICANT WORN CRYSTAL RITE HAS DONE UNDER HER COMPANY.KIDD PIVOT» THE VANCOUVER SUN LES REPRÉSENTATIONS A MONTRÉAL SONT UNE COPRÉSENTATION DE L'AOORA DE LA DANSE ET DE DANSE DANSE.JOSÉ N AVAS/COM PAG NIE FLAK ANATOMIES -> 7 AU 10 NOVEMBRE/20 H CHORÉGRAPHE -» JOSÉ HAVAS INTERPRÈTES -» JOSÉ NAVAS, MIRA PECK, DAVID RANC0URT AMI SHULMAN.JAMIE WRIGHT MUSIQUE -y ALEXANDER MACSWEEN ÉCLAIRAGES -» MARC PARENT COSTUMES JOSÉ NAVAS/COMPAGNIE FLAK, VANDAL « [.I UN ÉBLOUISSANT TRAVAIL O'ÉCRITURÉ CHORÉGRAPHIQUE, D'UNÉ GÉOMÉTRIE PARFAITE TIRÉE AU CORDEAU.ETALA RYTHMIQUE IMPECCABLE.U ON RESTE HYPNOTISÉ PLONGÉ DANS UN ÉTAT MÉDITATIF, DEVANT TANT OE PERFECTION.1.1 TOUT LE MONDE EST VIRTUOSE DANS ANATOMIES ET ON NE BOUDE PAS SON PLAISIR.» LA PRESSE UNE COPRODUCTION DE L'AOORA 0E LA DANSE PHOTO CHRIS RANDLE AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER.MÉTRO SHERBROOKE WWW.AOORADANSE.COM BILLETTERIE -» 514 525.1500 ADMISSION -» 514 790.1245 VALERIE SIMMONS 1 DEVOIR SAMEDI DIMANCHE OCTOBRE MUSIQUE CLASSIQUE Deux jeunes chefs québécois face au disque CHRISTOPHE HUSS Yannick Nézet-Séguin et Jean-Philippe Tremblay voient paraître simultanément leurs nouveaux enregistrements, chez Alma et Analekta, tous deux dans des répertoires très balisés au disque: La Mer de Debussy pour le chef de l’Orchestre métropolitain et la 7 Symphonie de Bruckner pour celui de l’Orchestre de la francophonie canadienne.Le disque de Yannick Nézet-Séguin, édité sous forme de SACD multicanal par Atma, a été enregistré à l’église Saint-Nom-de-Jésus, comme la 7 Symphonie de Bruckner, avec, heureusement, un flou mi peu moins nébuleux.Mais c’est à la S' Symphonie de Saint-Saëns, un autre disque du jeune chef, que ce programme autour de la mer fait penser.Ambiances marines Dans la symphonie de Saint-Saëns enregistrée à l’oratoire Saint-Joseph, Yannick Nézet-Séguin avait marché sur les plates-bandes discographiques de l’OSM et Charles Dutoit, avec succès d’ailleurs, son disque étant infiniment plus réussi.Je ne sais si le choix de La Mer — un autre des rares très médiocres disques du tandem Dutoit-OSM en matière de musique française — est inconscient ou volontaire.Le fait est que, là aussi, le disque des outsiders est plus réussi, sans toutefois se révéler aussi marquant que le Saint-Saëns.Parfaitement rodé en concert préalablement à l’enregistrement, le programme marin de l’Orchestre métropolitain est composé avec bonheur, documentant au disque Kaléidoscope de Mercure, habile composition très dans l’air Festival du monde arabe Mercan Dede : l’âme soufie dans la machine Le chef Jean-Philippe Tremblay des années 1920 et 1930 et associant à La Mer de Debussy les Interludes marins de Britten.Ce qui manque au disque est en partie musical et en partie technique.Même si la captation sonore, peu brillante, est plus précise et détaillée que dans Bruckner, le fond de l’orchestre souffre d’un certain éloignement: les percussions ont peu d’impact et, dans le troisième mouvement de La Mer, les miroitements incarnés par le glockenspiel sont quasi inaudibles.Sur le plan musical, la vision des partitions est bonne, mais il manque deux choses: les arêtes et la souplesse.Le Debussy de Yannick Nézet-Séguin (c’est vrai également dans le Prélude à l’après-midi d’un faune) est un peu plaqué, un peu raide {stiff en bon québécois!).Les chefs Michel Plasson ou Stéphane Denève ont montré récemment, à la tête de l’OSM, de quelle liberté dans la rigueur se nourrit la musique de MARIE-REINE MATTERA Le chef de l’Orchestre métropolitain, Yannick Nézet-Séguin Quarm on aime La musique pour vrai À l'achat du disque d'un artiste québécois, entre le 29 octobre et le 4 novembre, obtenez gratuitement la compilation Merci pour la chanson vol.4.Nouveau ! À l'achat de musique québécoise en ligne, téléchargez la compilation gratuitement.Ce CD comprend une chanson de chacun des 18 artistes en nomination au Gala de l'ADISQ 2007 et qui en sont leur premier album ou encore nommés dans la catégorie Révélation de l’année.Détails sur adisq.com.Debussy.Le Britten en concert était moins atmosphérique mais plus mordant qu’au disque, où il manque d’éclat Une parution très honorable, donc, mais pas le plus beau disque du chef ni des interprétations qui peuvent se mesurer aux références internationales: Boulez, Haitink et Abbado (en vidéo) dans La Mer, Bernstein, Paavo Jàrvi ou Rudolf Kempe en concert dans Britten.L’outil à double tranchant La saga du disque Bruckner de Jean-Philippe Tremblay et de son orchestre est digne d’un véritable feuilleton.Enregistré un mois avant celui de la même œuvre par Yannick Nézet-Séguin (Atma), il devait paraître, sur étiquette XXI Productions, simultanément.Après diverses péripéties, le chef et le projet se sont retrouvés chez Analekta, où Tremblay enregistrera d’autres disques dans le futur.Pour que les choses soient cadrées d’emblée, dans mes réserves je fais une grande distinction entre le fond et la forme.Sur le fond, j’ai assez écrit que Yannick Nézet-Séguin n’avait rien vu dans la Septième de Bruckner, dont il n’est qu’un pâle imitateur de formules interprétatives et d’extrapolations abusives et ressassées.Jean-Philippe Tremblay, lui, s’est posé les bonnes questions et, ne tenant rien pour acquis, apporte de saines réponses, comme on peut en attendre de la part d’un jeune chef.Ce travail se traduit notamment au niveau de l’esthétique sonore, plus claire, de la conduite, plus vive, de ITiarmo-nie, qui «frotte» davantage, et des rapports entre les tempos, induisant une relance rythmique quasi permanente.Sa conception de la dualité entre le tempo initial et le moderato sur laquelle repose le second mouvement est tout simplement parfaite.Cela dit — et surtout pour un enregistrement de studio —, il y a quelques raccourcis au chapitre de la réalisation musicale et sonore.Par exemple, quelques traits pas vraiment propres, malgré le vrai en- SOURCE JEUNESSES MUSICALES BRUCKNER Symphonie n° 7 ftkCtftfTAC Ct ii* JeotvPbibppe Trembioy -¦m gagement des jeunes musiciens.Plusieurs choses auraient dû être corrigées au montage, à moins que «la bonne prise» n’existait pas.Par ailleurs, le son, tout en étant «correct», ne s’avère pas au niveau du standard technique habituel d’Analekta: les violons sont un peu minorés, perdus sur la gauche dans le 1" mouvement, l’orchestre est capté assez globalement, à distance, et la dynamique n’est pas vraiment fulgurante.Le CD est donc méritoire dans la mesure où il documente de louables efforts, et il servira sans doute à la promotion de l’orchestre, mais je ne pense pas qu’il soit vraiment exportable sur un marché international surchargé.Jean-Philippe Tremblay est un grand musicien et ce n’est pas ce CD qui m’en fera démordre, mais si vous voulez acheter la 7‘ Symphonie de Bruckner, recherchez le concert de 1977 de Karl Bohm, qui vient d’être révélé par l’étiquette Audite, ou repliez-vous sur l’une des versions Wand ou Jochum ou le DVD de Claudio Abbado.Collaborateur du Devoir YVES BERNARD Tout tourne! La terre tourne et les atomes tournent Les derviches, eux, dansent pour partager l’amour des autres dans un tournoiement commun.Mais Mercan Dede, lui, répète inlassablement le mouvement en sobtaire pour parvenir à un espace de méditation et atteindre ce centre qui, selon la philosophie soufie, permet de se rapprocher de l’autre.«J’ai reçu une formation de derviche tourneur, mais j’ai décidé de ne jamais m’en servir en public», dira-t-il.Le soufisme, branche mystique de l’islam, se retrouve dans toutes les phases de sa création, lui qui joue d’abord le ney, flûte de roseau emblématique du Moyen-Orient, puis les percussions,,qui apportent les rythmes vitaux.A cela s’ajoute la poésie mystique, dont les lignes lui servent souvent de première inspiration.Plusieurs pièces sont d’ailleurs écrites en hommage au grand poète Rûmi (1207-1273).«J’ai intitulé mon nouveau disque qui vient de paraître en Europe 800, à cause de la célébration de son huit centième anniversaire cette année.Mais je n’y reprends pas que des textes anciens.Les soufis cherchent la beauté des choses et plusieurs paroles contemporaines vont dans ce sens.Par exemple, j'ai enregistré des extraits de conversation de la rue, qui pour moi résonnent comme des poèmes soufis.» Dans l’anonymat Lors de l’entrevue, Mercan reprendra des passages soufis pour justifier le lien entre les instruments acoustiques et les machines, entre les traditions moyen-orientales et la musique électro, qu’il fusionne par de lentes introspections, des mélodies qui respirent, des rêveries mystiques, des rythmiques répétitives, des montées incantatoires, puis des explosions d’énergie qui mènent à la transe ou à l’extase, ou permettent à tout le moins d’accéder à un certain vertige.«Dans mon art, il n’y a aucune séparation entre l’Est et l’Ouest, entre hier et demain, résume-t-il.Ne pas séparer, ne pas catégoriser, mais unifier: voilà l’âme du soufisme, qui ne prône aucune discrimination.Et, entre les musiques traditionnelles et électroniques, la transe apparaît comme le point commun.» Egalement connu sous le nom d’Arkin Allen en tant que DJ, Mercan travaille souvent dans le plus parfait anonymat «En fait, j’ai neuf noms d’artiste et quatre d’entre eux ne sont connus de personne.J’aime que les gens apprécient une musique pour d’autres raisons que l’image que l’on accole à un nom et à un produit à vendre.» Lorsqu’il s’arrête, l’artiste d’origine turque vit entre Istanbul et Montréal.La première ville, grouillante, inspirante et chaotique, terre du Milieu d’où il peut regarder l’Asie de son balcon en Europe, lui apporte l’énergie vitale.La seconde lui donne la quiétude nécessaire à la création.Il ne s’y produit d’ailleurs que très rarement.Et s’il a accepté l’invitation de partager demain soir la scène du Corona avec Smadj, Mounir Troudi et Abdelwaniss Ajroud, c’est pour le simple plaisir de la rencontre intime.«C’est la première fois depuis longtemps que je me produis sans mon groupe.On se rencontre deux jours avant, on boit du café turc et on joue.Comme moi, Smadj vit dans les deux mondes, alors que les deux autres favorisent une approche plus traditionnelle.» Collaborateur du Devoir DÉLUGE Avec Mercan Dede, Smadj, Mounir Troudi et Abdelwaniss Ajroud Dimanche 28 octobre au théâtre Corona Renseignements: 514 790-1245 Le flûtiste Mercan Dede, d’origine turque, Montréal.SOURCE EMA vit entre Istanbul et Le Théâtre de La Manufacture présente en codiffusion avec le Théâtre du Rideau Vert «uAsauts1006 / cHanson V0L,4-A0isq 2007 ©ADISQ De : Jean Marc Dalpé Mise en scène : Fernand Rainville Quand on aime la musique pour vrai Henri Chassé, Sophie Clément, Pierre Collin, Catherine De Léan Dominique Leduc, Jacques L’Heureux, Janine Sutto et Marie Tlfo LA COPIE, NON MERCI Assistance à la mise en scène Allo/n Raj et Stéphanie Raymond Décor : Patricia Rue! Costumes Mireille Vachon ÉclalroQes André Riaux Environnement sonore Lcrsen Lupin Accessoires Marle-tve Lemieux Maquiiiaoes Suzanne Trépanler disquaires participants: Archambault, HMV, Isa Librairie» Renaud-Bray, Muaic World, Mutlgo, Wal-Mart, Zeller*, Be*t Buy, Future Shop et plusieurs disquaires indépendants, irm DE TELECHARGEMENT PAjmciPANH: palmares.ca et zlk.ca Valide jusqu’à épuisement des stocks.ÉATRE DU RID EAU VERT Pirt»n«lrti d« la aalaon ¦Québec «* as muaicaction L.uui.n 4664, RUE SAINT-DENIS / MONTRÉAL (QUÉBEC) www.rldatuvtrt.qc.ca (514) 844-1793 Télt-Québec LE DEVOIR 614 LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 20 0 7 E 6 CULTURE JAZZ Ellington, Gordon, Mingus en noir et blanc SERGE TRUFFAUT Usons d’une expression usée jusqu’à la corde: elle n’existerait pas qu’il faudrait l’inventer.Pandora, la première femme?Mais non, la série DVD baptisée Jazz Icons et que distribue Naxos.Elle est riche, elle est passionnante, elle est incontournable.Après avoir publié, il y a environ un an, des spectacles d’Armstrong, Monk, Blakey, Basie et quelques autres, voici qu’on propose aujourd’hui un Dexter Gordon, un Ellington, un Coltra-ne, un Sarah Vaughan, un Brubeck, un Wes Montgomery et., un Charles Mingus.Le principe défendu par les producteurs de Jazz Icons est fort simple: remettre dans la lumière du temps présent les shows enregistrés entre la fin des années 50 et le milieu des années 60 par les ténors du jazz.Pour le bénéfice de qui?Des télévisions européennes, surtout Scandinaves.Cela précisé, on ninsistera jamais assez sur la qualité iconographique du livret qui accompagne chacun des DVD.A l’évidence, ils ont apporté un soin méticuleux au choix des photos et des illustrations en accompagnant le tout de textes fourmillant dinformations aussi diverses qu’instructives.On peut acheter le coffret comme on peut acheter à la pièce.Admettons un instant que vous ne souhaitiez pas acquérir l’ensemble.Et alors?On vous en suggère trois: Dexter Gordon, Duke Ellington et Charies Mingus.Long Tall Dexter, alias Daddy plays the hom, était et demeure la personnification du cooL Pas tant par son jeu que par sa façon d’être.Suffit de le revoir dans le fÛm Around Midnight de Bertrand Tavernier.Toujours est-il que le Gordon pris dans l’angle des caméras belges, néerlandaises et norvégiennes, c’est le Gordon en exil.C’est donc le Gordon qui jouait et enregistrait souvent avec d’autres exilés, notamment le pianiste Kenny Drew, qu’on voit à ses côtés dans le DVD, et des locaux.On pense aux batteurs Daniel Humair et Alex Kiel, au contrebassiste Niels-Henning Orsted Pedersen et à l’immense pianiste catalan Tete Montolhi, le complice des Nuits suisses éditées en trois volumes par SteepleChase/lnner City.Avec ces musiciens, Gordon signe des performances aussi remarquables les unes que les autres.Les archives visuelles dont Duke Ellington est le héros sont assez nombreuses.Mais rares sont celles qui nous proposent une qualité sonore comparable à celle de Jazz Icons.Il est fort probable que cette qualité soit tout bêtement un écho à la qualité de la salle où il fut capté en 1958, soit le fameux Concertgebouw d’Amsterdam.Quoi d’autre?L’orchestre dont il était alors le chef était l’un des deux meilleurs de sa longue carrière.John- ny Hodges, Harry Carney, Shorty Baker, Ray Nance, Russel Procope, Jimmy Hanuiton, Sam Woodyard.ils sont tous là! Et dans une forme resplendissante.Le Mingus?Son intérêt est double.Un, il s’agit d’une des dernières prestations de sa formation qui comprenait alors Eric Dolphy.Deux, c’est Mingus.C’est le plus grand des grands de l’histoire du jazz.C’est dense, révolté, captivant C’est surtout intemporel.Cet homme avait du génie.Point ?Bonne nouvelle: le show que l’excellent saxophoniste Rémi Bolduc avait donné en compagnie du saxophoniste Jerry Bergonzi, du pianiste John Roney, du batteur Dave Laing et du contrebassiste Fraser Hollins sera publié en compact d’ici peu.On en reparlera.Le Devoir DUKE ELLINGTON NANCY BEI.ZILE Du film qui clôt l’aventure Chrysalides / Fashion Plaza de Patrick Bernatchez — un plan-séquence autour d’une auto qui se remplit d’eau sous un rock progressif fortement narratif —, l’artiste donne un résumé éloquent: «C’est le poids de l’existence; le personnage s’écrase, il n’en peut plus du consumérisme.» EXPOSITIONS Une noyade, une fin de cycle Patrick Bernatchez a choisi le hall du Fashion Plaza pour y exposer les prémices de Chrysalide^ un projet mêlant peinture, dessin, Jilm et sculpture CHRYSALIDES / FASHION PLAZA Patrick Bernatchez Ce soir, de 18h à minuit 5455, avenue de Gaspé, Montréal JÉRÔME DELGADO Un an presque jour pour jour après avoir investi de dessins apocalyptiques le Fashion Plaza, y NE METTEZ PAS N’IMPORTE QUOI DANS VOS OREILLES ç _ Québec i o ro 4s, MÉ QUCbéC TftMUSI MUStQtH 1007" Festival du Monde Arabe de Montréal Dimarclne 28 octobre à 20ln DÉLUGE Mercan Dede Smadj, Mounir Troudi et Abdelwaniss Ajroud {Musique - Turquie, France, Tunisie, Québec) Le FMA est fier de réunir sur scène quatre créateurs exceptionnels dans une ultime Nuit musicale, meublée d'inspiration, de complicité et d’improvisation.Déluge, un voyage fascinant sur la route des.sons ! Théâtre Corona - 33 $ (Txs en sus.) Vendredi 2 novembre à 20b CHEIKH SID! BÉMOL (Musique - France, Algérie) Un personnage symbole, un Algérien apatride, un Kabyle galérien.Des chansons émouvantes d'un humour convivial et corrosif.Un bémol au choc des cultures, lancé par un éternel révolté qui ne cesse de basculer d'un monde â l’autre.Théâtre Corona -33 $ (Txs en sus.) Rés.: 514.790.1245 Jeudi 1*r novembre è 20b LÉS CHANTS DÉ BAH (Musique - Algérie) Une légende de la chanson Touarègue renaît à Montréal ! Dirigé par Nabil, fils d’Othmane Sali, le fameux groupe continue à célébrer une musique faite par l’homme bleu du désert égaré dans la cité.Une soirée Bail, à se brûler les sens à très haute altitude.Théâtre Corona - 29 $ (Txs en sus.) Rés.: 514.790.1245 www.festivalarabe.com compris les ascenseurs, Patrick Bernatchez met fin ce soir à une série d’«apparitions» annonçant un projet à venir, Chrysalides.Quatrième et dernier pan de ce cycle créatif, un film pas moins torride et emblématique: la noyade de Ronald McDonald.C’est la fin des fins, la boucle bouclée, le chien qui se mord la queue.«Le capitalisme, lance l’artiste à un moment de notre entretien, c’est le projet le plus utopiste.Oui, il Jbnc-tionne très bien, et plus que jamais.Mais il ne se peut pas, il finira pas se détruire lui-même.» Le Fashion Plaza, avenue de Gaspé, reste non officiel, même si cet immeuble entièrement occupé autrefois par des manufactures prend des galons créatifs depuis que le Centre Clark y a déménagé ses pénates en 2002.Clark, sa galerie, ses ateliers, c’est officiel.Mais pas le haü, pas le quai de débarquement du Fashion Plaza Pourtant, les manifestations artistiques, plus éphémères et exploratoires qu’ailleurs, y prennent place.La soirée de performances que tenait le collectif Black Market International reste dans les esprits.Même cinq ans plus fard.C’est pour ce côté officieux, et parce que son atelier loge au dixième étage de l’édifice, que Patrick Bernatchez a choisi le hall du Fashion Plaza pour y exposer les prémices de Chrysalides, un projet mêlant peinture, dessin, film et sculpture.Le travail dévoilé reste lui aussi officieux: c’est davantage un work-in-progress qu’une œuvre finie, emballée et prête à emporter.«Je descends ça, pendant six heures, je le remonte après.C’est simple, c'est peu coûteux.», assure-t-iL Patrick Bernatchez, comme bien des artistes, compte ses sous, travaille ailleurs, autrement pour gagner sa vie.L’idée d’investir quatre fois six heures l’entrée du Fashion Plaza est née d’une certaine lassitude à attendre bourses et réponses des galeries pour mener à terme un projet D s’est donné une autre motivation, faisant du hall sa «galerie», aussi bancale soit-elle.«Je me force à exposer des œuvres, je me donne le luxe de les présenter même si elles ne sont pas finies.» Une espèce rare Animé par le devoir d’être cohérent avec lui-même, Patrick Bernatchez a dû modifier ses propres règles.Ce soir, faute de temps et à cause de problèmes techniques, ce sont les volets 3 et 4 de Chrysalides /Fashion Plaza qui seront dévoilés en même temps.Car l’artiste tenait à respecter l’échéance d’un an, l’idée du cycle suggéré par le titre.Chrysalide, une nymphe qui se développe dans un cocon avant de devenir papillon, appelle à une fin.Une mort, en quelque sorte, thème récurrent dans l’iconographie de Bernatchez.Du film qui clôt cette aventure — un plan-séquence autour d’une auto qui se remplit d’eau sous un rock progressif fortement narratif —, l’ar-tiste donne un résumé éloquent: «C’est le poids de l’existence; le personnage s’écrase, il n ’en peut plus du consumérisme.» Côté droits d’auteur, craint-il des poursuites de la part du roi du fast-food?«Je l’enc., répond-il.Il produit des déchets, il est partout.» Connu d’abord comme peintre, par des tableaux translucides où couleurs brillantes côtoient des motifs floraux ou pop, Patrick Bernatchez a dévoilé en un an ses talents de dessinateur, puis de cinéaste.Au final, l’ensemble risque d’amalgamer des esthétiques bien différentes, entre les œuvres au crayon soignées et intimistes et les tableaux sur grands iniroirs, presque trash.Chrysalides / Fashion Plaza garde cependant toute sa cohérence par ce regard sur la création, l’évolution, et par le commentaire social.On sent d’ailleurs que l’artiste, sans le hurler sur les toits, en a grandement contre la société de consommation, contre tout ce qui peut ressembler à une norme.Cet «artiste autodidacte», comme le dit son CV, est une espèce rare dans une époque qui valorise les diplômes.Il n’est pas membre de Clark, contrairement à sa blonde, à ses amis, à ses voisins.Enfin, loin de lui l’idée de vivre avec l’art «Pour moi, dit-il, un tableau, c’est physique, très matériel, mais il reste une expérience.Je ne me vois pas vivre avec ça.» Projet en élaboration, Chrysalides finira par être exposé dans les normes, disons, ce printemps, à L’Œil de poisson, à Québec, puis à Skol, ici à Montréal.Patrick Bernatchez, aussi, rentre dans les rangs.Depuis peu, une galerie privée, nouvelle (galerie Donald Brown), l’a pris sous son aile.Chrysalides / Fashion Plaza semble mettre un terme à bien des choses.Collaborateur du Devoir Michel de Broin.Machinations 4 L’engin, 2006 I Photo et C ; Michel de Broin Avec l’aimable autorisation de Pierre-François Ouellette art contemporain 'wml.' À LA GALERIE DE L'UQAM I JUSQU’AU 24 NOVEMBRE 2007 Exposition produite en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec Commissaire : Nathalie de Blois ^ L’exposition Michel de Broin.Machinations regroupe des œuvres créant un univers incertain qui bouscule les limites entre art et invention, réalité et fiction, politique et poétique.Galerie de VUQAM 1400, rue Berri, Métro Berri-UQAM Téléphone: 514 9B7-6150 www.galerie.uqam.ca MICHEL DE BROIN I PRIX SOBEY 2007 Diplômé de la maîtrise en arts visuels de l’UQAM, Michel de Broin vient de recevoir le prix Sobey, accompagné d’une bourse de 50000$.UQÀM Prenez position L'AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi IÆ DEVOIR \ I LE DEVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2007 E 7 ÏSU Machines de vision ONE IMAGE DOESNT TAKE THE PUCE OF THE PREVIOUS ONE Harun Farodd Galerie Leonard & Bina Ellen Université Concordia 1400, boni, de Maisonneuve Ouest, Montréal Jusqu’au 1" décembre MARIE-ÈVE CHARRON Après la lO édition du Mois de la photo à Montréal, l’automne est loin de se tarir en expositions de haut calibre.Celle qui vient d’ouvrir à la galerie de l’université Concordia a le mérite de présenter une première exposition solo d’envergure en Amérique consacrée au travail dTÏa-run Farocki.Michèle Thériault, la commissaire de l’exposition et directrice de la galerie, attire ainsi l’attention sur les œuvres d’un artiste davantage connu pour sa production filmique.Installé à Berlin depuis plusieurs années, Farocki a à son actif un peu plus de 90 films, comprenant des longs métrages, des films d’essai et des documentaires.Prolifique, le scénariste, acteur et producteur est également l’auteur, depuis le milieu des années 1990, dinstallations vidéo, lesquelles, en contexte muséal et de galerie, poursuivent les enjeux défendus dans le reste de son travail.L’art du cinéaste allemand est d’abord traversé par des préoccupations politiques dont l’exercice passe par une approche critique des images.Des images qui rendent compte d’un rapport médiatique au monde dans une société où, notamment la surveillance, l’intervention militaire et la gestion des espaces publics est inséparable d’un régime de visions technologiques toujours plus sophistiqué.(Re)montage critique L’exposition est composée de cinq installations vidéo et de la projection d’un film 16 mm.La sélection est cohérente, faite de, multiples renvois entre les œuvres, ce qui rend compte finement de plusieurs aspects du travail de Farocki (le catalogue, à paraître, pourra nous en dire plus).Premier constat portées sur les images issues de différentes «machines de vision», les œuvres de l’artiste en sont aussi constituées.L’artiste s’approprie les images de caméra de surveillance, d’archives, de films de propagande, d’activités militaires et d’imageries COLLECTION DE L'AKTISTE / SOURCE GALERIE LEONARD & BINA ELLEN Sorties d’usine en onze décennies (2006), installation en douze moniteurs d’Harun Farocki opérationelles pour les interroger au sein d’assemblages nouveaux.Le montage est donc largement responsable de la relecture des images faite par l’artiste, qui privilégie souvent pour ses installations des projections doubles.Ce dispositif lui permet de juxtaposer des commentaires écrits à une image et d’exploiter des procédures de répétition, d’alternance, de succession et de simultanéité.Ce système d’écriture visuel et la manière de travailler de Farocki sont d’ailleurs examinés dans sa première installation, Interface (1995), laquelle est judicieusement incluse dans l’exposition.Avec Feu inextinguible (1969), la commissaire retient un autre jalon important dans la production de l’artiste.Dans ce film militant tourné en 16 mm, Farocki s’interroge sur ce que peut l’image quand il s'agit de faire prendre conscience d’horreurs commises.Il y dénonce la participation de la Dow Chemical dans la production de napalm et dans l’armement utilisé au Vietnam, de même que les effets pervers de l’industrialisation qui, par la division des opérations du travail, cultive l’ignorance, voire permet d’échapper à l’obligation de rendre descomptes.La production industrielle retient aussi l’attention de l’artiste dans une installation composée de douze écrans au sol présentant autant d’extraits de films, qui reprennent à leur façon le célèbre motif de la sortie d’usine filmée par les frères Lumière (aussi comprise).L’œuvre étudie la réapparition de ce motif et sa place dans le cinéma, tout en témoignant de la concomitance de l’invention du cinéma et du monde industriel.De là, la présentation de l’installation Contre-chant (2004) fait sens, elle qui revisite Berlin symphonie d’une grande ville (1927) de Walter Ruttman et YHomme à la caméra (1929) de Dziga Vertov.Ces deux films montrant les images d’une vil- le durant une journée, rythmée par les machines et le travail des ouvriers, sont confrontés aux images d’aujourd'hui, tirées des caméras de surveillance, de logiciels de comptage ou de marquage des individus dans les réseaux de transports et les espaces publics.Bref des visions informatisées, des images sans caméraman que Farocki critique et dévoile au moyen du montage.Héritier de Vertov en cela, il fait aussi indirectement référence au cinéaste russe dans l’œuvre Œü/ma-chine 111 (2003).Avec cette œuvre, l’exposition fait voir comment l’œil mécanique de Vertov, anticipation du prolongement de l’humain par la technologie, fonctionne désormais dans un nouveau régime de vision, celui de l’informatique et des communications dans une société dite postindustrielle.Parmi toutes les images opérationnelles intelligentes, celles en particulier de la technologie militaire depuis la guerre du Golfe en 1991 marquent selon le montage de l’artiste, un point tournant palpable jusque dans la vie civile.Écoute active Exigeantes au chapitre de l’attention, mais loin d’être ennuyeuses, les installations de Farocki répondent véritablement à un des principes à la base de son travail: rendre l’écoute du spectateur active.Aussi, afin de goûter pleinement l’expérience, il n’est pas superflu de prévoir une durée d’environ deux heures 30 pour la visite.Cette exposition de l’artiste allemand ne serait pas complète sans la projection de ses films.Déjà en cours à l’institut Goethe à Montréal, la programmation spéciale intitulée Hommage à Harun Farocki présente une sélection de films parmi ceux que le cinéaste a réalisés entre 1986 et 2004.Pour connaître tous les détails de cette programmation qui se poursuit jusqu’au 9 novembre, consultez le site www.goethe.de/montreal Collaboratrice du Devoir jean-Louis Émond ¦ Stéphanie Gevrey • Jean-Pierre Lafrance _________________Sk^djQ JU£>1 Galerie d'art www.studio261 .ca 261, rue St-Jacques, Montréal • 514-845-0261 Les, beaux détours 3 et 10 novembre derniers beaux détours de la saison! Œuvres du MUSÉE PICASSO D’ANTIBES, du PETIT PALAIS DE PARIS et du MUSÉE DES BEAUX-ARTS D’HAMILTON au Musée national des beaux-arts du Québec www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont la Galerie d'art Stewart Hall 176, Bord du Lac, Pointe-Claire Du 27 octobre au 25 novembre 2007 La Nouvelle Collection 2008 du Service de prêt et de vente Dessin Peinture Photographie Estampe Techniques mixtes Plus d’une centaine d’œuvres d’artistes de la région Vernissage Le dimanche 28 octobre, à 14 h Info:(514) 630-1254 Michel Bourguignon «Mouvement relatif», Mixtes médias Exposition du 24 octobre au 17 novembre 2007 ________GALERIE BERNARD__________________________ 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec.) H2W 2M2, Tél.: (814) 277-0770 mercredi 1 Ih- 17h jsudi-vendredl llli-10h samedi ISh-lTh www.galertebemard.ca Encan d'œuvres d'art 46 ARTISTES - 77 ŒUVRES Sous la présidence d’honneur de MB Maurice Forget Exposition des œuvres les 1-2-3 novembre Encan : le 4 novembre à 13h30 Billets : 25 $ incluant vin et fromages Musée d'art contemporain des Laurentides 101, place du Curé-Labelle, Saint-Jérôme 450.432.7171 www.museelaurentides.ca.G R AT U il Uh tSrUTml M AT OSE fréUri/'.V St>A»ŸAS ffT % «> JK; il.- juter ft ATrttî *J|.V ù-FATn,T /-*./v/r ÇËrteifi.trnuir ° Jt G/A?i/r AnJJé* f-|« »«**.' _ nsitr G A ATM if StSLBr ïtFt+ir ÿMtrtiT F t e .^Atetr ¦ frWWit itfPttAf er^uiT ; ** tnruir M '** o^T*;r ù**r“,r PSUA*t aie (rAATMir />, : ¦ miSii Cauchemar de haute voltige 4 MOIS, 3 SEMAINES ET 2 JOURS Réalisation et scénario: Christian Mungiu.Avec Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov.Image: Oleg Mutu.Montage: Dana Bunescu.ODILE TREMBLAY Palme d’or hautement méritée du dernier Festival de Cannes, 4 mois, 3 semaines et 2 jours est un grand film.Une œuvre-choc qui témoigne, de la part de ce jeune cinéaste roumain, d’une rare maîtrise de l’art cinématographique et du suspense psychologique en une spirale d’angoisse qui ne laisse aucun spectateur indemne.Avec des ressources financières rudimentaires, ce film use uniquement de plans-séquences, un par scène, autant pour économiser la pellicule que pour suivre chaque émotion, chaque segment d’histoire, en épousant leur respiration de bout en bout Le film étant généralement tourné avec des prises uniques, sans musique, avec une direction d’acteurs sans failles, on s’émerveille du résultat d’une œuvre née de l’urgence et enfantée par autant de talent 4 mois, 3 semaines et 2 jours participe à ce renouveau du cinéma roumain, amorcé il y a trois ans, qui cette année culminait à Cannes, non seulement avec cette Palme d’or, mais aussi avec le Grand Prix de la section Un certain regard (tout aussi mérité) décerné à California Dreamin’ de Christian Nemescu, jeune cinéaste roumain hélas décédé accidentellement à l’étape du montage.Ici, le récit se concentre uniquement sur l’avortement d’une étudiante, au cours des derniers jours du régime de Ceaucescu.La jeune Gabita (Laura Vasiliu) est enceinte de plus de mois qu’elle ne veut bien l’admettre et persuade sa copine et voisine de chambre Otilia (l'extraordinaire Anamaria Marinca) de l’aider à organiser la chose dans un pays où trouver une chambre d’hôtel relève déjà de l’exploit Un certain monsieur Bebe (Vlad Ivanov) vient dans l’hôtel minable mener à bien l’opération.Et tout devient sinistre.Vlad Ivanov campe un terrible et concentré bourreau de ces dames, abject dans sa tranquille assurance, tandis que la caméra s’agite en explosant de violence psychologique.Anamaria Marinca, en amie loyale jusqu’à l’abnégation, consti- NOWMUCffrtWIA MONTRÉAL - ffSHVAl OU BU* DE LOCARNO , «STOML UdfHNftUOtaU.\ MfflLMK MARRAKECH , .Catharine De Léan est intense et bouleversante.» HriMnut Dwnws, U Journal (ta Montréal « Puissant cri de révolte.« Marc-André LossJw.La Prewc «Un très très beau tihn.une surprise totale.» I.ACXP V'1 L't ttiX ,4 WM il -ASfïA; K ussiÉœs ”3 À L’AFFICHE I raiwfitRLMiHi lïistatZrxfis] [BoùcHiRyiLuirirmcrrif'mlin [winBBOOKil I CWtolAWHe ——¦¦il ¦ ¦ OtMÈUkA ¦ ¦- —1 rïTE-ApKinni ciapj D’ICI OU D'AILLEURS, ON EST TOUS ÉCAUX lit i A L’AFFICHE DÈS LE 2 NOVEMBRE AUBE THOM AS GIÏ.Ol t ' \l Mill Kl \M MK IC tue l’âme du film et son élément actif, devant sa compagne alitée et irresponsable, qu’elle sort du trou en payant de sa personne.Cette utilisation optimale des plans-séquences, dont pas un n’est de trop, épouse le climat de peur, à travers la traversée de l’enfer d’Oti-lia.Mungiu est parvenu à faire ressentir l’oppression politique du régime sans l’évoquer directement (regards tendus, carte d’identité à traîner obligatoirement paquets de cigarettes achetés en éternelle contrebande, autobus sinistres, laideur des objets usuels et cette histoire d’avortement illégal qui renvoie à fa honte de la grossesse féminine et à l’opprobre.).Le film comporte certaines scènes d’anthologie, dont un repas de famille (un long plan fixe sur des convives bruyants, qui portent en eux le legs pesant de ce régime) montrant par contraste toute la détresse de l’héroïne.Aussi, une angoissante plongée dans la nuit avec un «colis» à détruire, pur moment de cauchemar, où l’obscurité alterne avec la lumière blafarde des réverbères, dans des rues et des édifices terrifiants, bruitage y compris.Quel superbe personnage que celui d’Otilia et queDe performance d'actrice! Elle porte comme une croix ses choix éthiques de soutien d’autrui jusqu’au bout, au prix de sa liberté et de son intégrité physique.La fin ne pouvait être qu’abrupte et ouverte.Elle l’est Le Devoir (Z Il - BUY J I « Maxime est époustouflant.» - GUY A.LEPAGE, TOUT LE t»OND€ EN PARLE, RADIO-CANADA «.un film social engagé, dans la lignée du cinéma [.] de Ken Loach et Mike Leigh.» - MARC CASSIVI.LA PRESSE « [Maxime Desjardins-Trembiay] est absolument fabuleux! Il est d’un naturel désarmant.» - MARC-ANDRÉ LUSSIER ET MARC CASSIVI, A CHRISTIANE CHARETTE, RADIO-CANADA « Un film «coup de poing» porté avec de grands élans de douceur.» - YASMINA DAMA.SÉQUENCES SÉLECTION OFFICEUi \ * BERLIN] i nos i» ! FILM O’OUIERTURE ! « Ntt N CMOtt pnmuAe MONTREjjj.I FESTIVAL DI MNKM CM3M I SÉlECTIOtt OFFNNELLE V RESIWM.DO na DE Ta PUSANJ I FIASM FORWARD 2907 J» !§8®i m UNE RÉALISATION DE ANAIS BARBEAU LAVALETTE LE RING UN SCENARIO DE RENIE BEAULIEU UNE UKOOUCTION DE IAN OUENNEVIUE ET THOMAS RAMOISY WWW.LERING-LEFILM.COM L’AFFICHE riHERBRoÔKen S rOTAscrnrimnrTri^AoSLÎri | iikwtws 1 WWW.CHRISTALHlMS.COMS festival de films francophones subtitled in English CINEMANIA 1-11 NOVEMBRE 2007 I lilni festival Les MEILLEURS CRUS du CINÉMA FRANCOPHONE de l'année DOO rë 283* iCongo Touè les films au CINÉMA IMPÉRIAL 1430 rue rie Bleury ©Place-des Arts www.cinemaniafilmfestival.com la WZA FedEx CjCXU Ain i=reANCE mm^n I a i O SOTITEL AUBRY Québec "" EU Ernst üYoung Cf) Locations Mi» In I Triirltl il KUEHNEfNAGEL < L- Bc'U NEWFORM nsb /SL* I.GAR © Matibiv -HPuro/ator pure s simple J f COMEDIES ROMANTIQUES * DRAMES INTIMISTES V THRILLERS POLITIQUES » FILMS CONTROVERSÉS.RSM Richter 5 Banque Scotia Ar TICHNICOLOP ScotiaMcLeod fÉ AMial.Uv/fr/ MARSH Gender ,
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