Le devoir, 27 octobre 2007, Cahier G
LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2007 s 3 ' niversité — mm h HH Ip IM 11 .^ SSÊ^{l 1 ; mÊÊSÈÊÊIIÈUIIXi 'P'S-ÿC : RECHERCHE IS V''» (,«*'( ' ,¦ - INADAPTATION PSYCHO- SOCIALE '.;"3P Ils sont jeunes, et pourtant déjà.¦ ‘*v> "-•'•» ntStik, ¦ « La maison solaire de Concordia k*-.¦ ¦ L' 4' ¦:•: a" ' DONNA GIBBERSON SOURCE UNIVERSITE BISHOP Les recherches de Jade Savage l’ont menée au bord des océans les plus lointains, ceux de l’Arctique, jusqu’à Rankin Inlet, au Nunavut.RECTEURS Le Québec n’est plus le chef de file en recherche Page 3 De rinfiniment petit aux vastes ensembles Un univers dont le mode de mesure est trop souvent simplement financier Un vol de mouches, un bout de mousse, rien de trop petit pour la recherche.À l’inverse, d’autres sujets sont abordés et ce qui, hier encore, était de la science-fiction devient aujourd’hui un monde d’applications concrètes.Malgré cela — ou à cause de cela —, le paysage scientifique affiche plus d’un écueil.NORMAND THÉRIAULT argaret Mead avait révolutionné le monde des sciences humaines, il y a 70 ans de cela, en réorientant les champs d'étude.Elle portait alors son regard sur les microsystèmes, au lieu d’adopter la manière jusqu’alors convenue, à savoir étudier les sociétés par la seule observation des grands systèmes organisateurs, alors qu’elle, pour sa part, s’attardait aux faits quotidiens: de la préparation de la nourriture jusqu’à la recherche en approvisionnement des matières premières.Récemment, un Jared Diamond, dans un ouvrage explosif, Effondrement (Gallimard, 2007), a démontré comment de grandes civilisations, comme de petites collectivités locales contemporaines, sont disparues, ou en voie de l’être, par le fait de l’épuisement de ressources sacrifiées souvent au profit de la mégalomanie ou de la recherche d'une obtention immédiate de profits: entre l’île de Pâques et un canton isolé du Dakota, il y a parfois des similitudes malheureuses.En ces jours où l’on doit admettre que des changements climatiques s’opèrent, une jeune entomologiste parcourt aussi la planète pour observer et repérer cet objet volant insignifiant et abhorré qui a pour nom la mouche.Non seulement ce muscidé, car tel est le mot générique qui s’applique à cette vaste famille, est peu connu, mais il n’est pas non plus identifié: nul ne peut reconnaître l’une ou l’autre des 100 000 espèces qui composent à ce jour ce groupe d’objets volants qui pourtant se retrouve par.ses membres ailés partout où l’on va sur la planète.Jade Savage est ainsi devenue, après trois années seulement de recherches sur le terrain, une nouveDe «reine» dont le royaume clinique a la mouche, ordinaire ou exotique, comme sujet Grands voyages La recherche sera toutefois souvent mise de l'avant, et ainsi justifiée, par les résultats spectaculaires auxquels elle arrive.Un Sylvain Martel, de l’Ecole polytechnique de Montréal, connaît ainsi son heure de gloire: comme dans une reprise d’un film de 1966 de Richard Fleischer (qui a fait également Conan le barbare), il opère lui aussi un «voyage fantastique» en faisant circuler un petit robot à l’intérieur d’un organisme vivant.Dans notre univers de nanotechnologie, il n’y a toutefois pas de pilote, donc pas de Raquel Welsh ou de Stephen Boyd à bord, le tout étant commandé à distance.Un autre universitaire est aussi aujourd’hui un héros potentiel.Si le «bus quantique» d’Alexandre Blais, ce chercheur qui œuvre à l’Université de Sherbrooke, arrive à bon port, on connaîtra alors une révolution informatique, tout cela étant dû au fait qu’il est maintenant théoriquement possible de faire circuler deux «bits» non plus à un seul micron de distance, mais maintenant à un centimètre l’un de l’autre! Quand la recherche se fait aussi pratique, il n’est plus alors nécessaire de justifier son existence.Et déjà certains salivent dans l’attente des applications futures: les retombées économiques dans le domaine médical ou en informatique ne se mesurent-elles point, comme l’a démontré un Bill Gates pour un de ces secteurs, par centaines de milliards?Petit parcours Revenus potentiels ou non, rien n’empêche toutefois l’institution universitaire de toujours rappeler qu’elle est en manque de fonds: un seul projet déposé sur sept est ainsi subventionné et souvent la somme allouée ne permet pas l’achat des équipements nécessaires, devenus trop onéreux, trop complexes.Et alors tout va dans les salaires, l’outil de travail se résumant à un ordinateur déposé dans un bureau, quitte même à restreindre le temps de calcul de ces outils énergivores.La situation actuelle est ainsi désastreuse pour le Québec.Non seulement, parmi les provinces canadiennes, la «belle» n'est plus meneuse, mais elle affiche aussi un retard en nombre d’étudiants aux cycles supé- «On n’est pas d’accord pour revendiquer plus d’argent si la manière de l’allouer reste la même» rieurs: désintérêt de la jeunesse ou simple manque de ressources, ou combinaison de ces deux facteurs, c’est à voir.Et dans un tel contexte, l’argent a aussi une «odeur».Au point où Cécile Sabourin, présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université, dénoncera ainsi la situation actuelle: «On n’est pas d’accord pour revendiquer plus d’argent si la minière de l’allouer reste la même.» Pourquoi?Plus d’un trouve que le privé s’immisce trop dans les programmes, par les orientations qu’il impose au regard de l’argent qu’il dépose.Pourtant, une compagnie comme Merck déclarait dans le passé accorder sans attaches ses subventions, ses véritables recherches (celles qui, pour un seul médicament, exigeront des déboursés avoisinant parfois le milliard) se poursuivant toujours dans ses propres laboratoires: une simple question de droits de propriété et de distribution des dividendes aux actionnaires.Aussi, c’est avec des ressources limitées qu’une Jade Savage parcourt la planète, même si son sujet d'étude englobe ces invertébrés qui comptent parmi les plus nombreux sur cette planète qui est la nôtre.Pourtant, qu’elle découvre une explication à leur survie dans des environnements hostiles, aux modifications génétiques qui expliquent la multiplication des espèces, qu’elle en déduise des applications concrètes qui intéressent le monde de la santé, ou la cohorte militaire, alors ce sera autre chose.D’ici là toutefois, son aventure ne sera suivie que par quelques spécialistes.ou des lecteurs curieux d’un journal donné.Le Devoir ROBOTIQUE Des missiles / téléguidés contre les tumeurs ?Page 4 ÉCONOMIE Le Canada traîne de la patte Page 5 FINANCE Des outils pour les nouveaux marchés Page 6 TECHNOLOGIE Le béton, un émetteur de C0, Page 7 INFORMATIQUE Un pas de plus vers l’ordinateur quantique Page 8 4 LE DEVOIR, L K S SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2 0 0 7 RECHERCHE UNIVERSITAIRE De l’inadaptation psychosociale chez l’enfant Ils sont jeunes, et pourtant déjà.Des chercheurs suivent à la trace 35 000 enfants Il n’est jamais trop tôt.L’affirmation est posée là, inébranlable.Au caractère pressant s’adjoint aussitôt un impératif d’action.De quoi parlons-nous?De la petite enfance si cruciale dans le développement de l’être humain, de cette période dans laquelle apparaissent généralement, s’il y a lieu, les problèmes d’adaptation sociale des adultes de demain.Les docteurs Richard E.Tremblay et Michel Boivin, tous deux titulaires d’une chaire de recherche du Canada, ont mené maints travaux pour éclairer différentes facettes du développement de l’enfant.ESTELLE ZEHLER L> apparition et l’évolution des f difficultés d’adaptation sociale chez les enfants, mais aussi la détermination de moyens efficaces pour prévenir ces développements dé- p viants, sont au cœur de l’action du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant, le GRIP.«Cependant, précise le Dr Michel Boivin, au-delà de l’inadaptation psychosociale, nous nous intéressons plus largement au développement de l’enfant avec un intérêt particulier pour les mésadaptations, soit les enfants qui connaissent des difficultés liées à leurs caractéristiques ou à celles des environnements qu’ils ont connus.» Les études sont de ce fait très diversifiées et s’attachent à des thématiques comme les difficultés comportementales (par exemple l’agressivité et l’hyperactivité), les comportements extériorisés ou encore intériorisés (tels les problèmes d’anxiété, de dépression, de vulnérabilité ou encore de détresse), le parcours scolaire, les relations interpersonnelles des enfants, etc.Michel Boivin, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur le développement social de l’enfant et professeur à l’université Laval, dirige l’antenne du GRIP reliée à son université.Richard E.Tremblay, titulaire de la chaire de recherche du Canada j)es sur le développement de l’enfant et professeur à problèmes l’Université de Montréal, est le directeur de ce comme groupe de recherche.l’anxiété, l’agressivité, l’hyperactivité ou la dépression peuvent prendre racine dès la petite enfance De colossales études longitudinales L’une des caractéristiques de ce regroupement est de s’appuyer sur de longues études longitudinales pour permettre la collaboration des différentes disciplines.L’Etude longitudinale du développement des enfants du Québec (ELDEQ), lancée avec l’Institut de la statistique du Québec, est grandement sollicitée à cet effet.«Elle porte, explique le D' Boivin, sur un échantillon représentatif des enfants nés au Québec entre le 1" octobre 1997 et le 31 juillet 1998, soit plus de 2000 nourrissons.» L’étude a commencé alors que les enfants étaient âgés de cinq mois.Ce type d’échantillon est attrayant à de nombreux égards, qu’il s’agisse du point de vue de la Toutes les études s’accordent sur un point: la petite enfance constituent des périodes cruciales du développement.psychologie, de la démographie, de l’économie, de l’éducation, de la génétique, de la pédiatrie, des neurosciences, de la sociologie et de bien d’autres.«L’étude a suscité l'intérêt de certains membres du GRIP travaillant sur le sommeil, la nutrition, la qualité des services de garde.» La grande taille des cohortes est incontournable.Le Dr Richard E.Tremblay a travaillé au début de sa carrière sur des recherches prenant en compte un petit nombre d’enfants.«Nous nous sommes rendu compte, poursuit-il, qu’il fallait des échantillons plus importants et représentatifs de la population pour retrouver un nombre conséquent qU’EST-ÇE OH FAIT HERCHE?Parmi les dix premières universités de recherche au Canada, l'Université Laval est le seul établissement universitaire hôte de trois Réseaux de centres d'excellence.Grâce à ses spécialistes et à ses étudiants, elle joue un rôle de leader mondial dans plusieurs secteurs de pointe, dont les changements climatiques, les études nordiques, l'optique, les neuro-sciences, la génomique, l’obésité, la prévention du jeu pathologique, les études anciennes et la violence à l’école.Excellence, innovations, actions.Parce que le monde a besoin de nouvelles idées ulaval.ca ! f ‘ UNIVERSITÉ LAVAL d’enfants présentant des difficultés de comportement.» Actuellement, les chercheurs suivent près de 35 000 enfants dans le cadre de différentes études.Pour y parvenir et pour obtenir les ressources nécessaires, les groupes de recherche se sont associés à divers partenaires gouvernementaux, tant provinciaux que fédéraux.De plus, un suivi à très long terme s’avère essentiel, c’est-à-dire jusqu’à l’âge adulte.«D’un certain point de vue, souligne le Dr Boivin, la durée est un objet d’étude pour nous.» Initier les recherches dès la grossesse Il est également indispensable d’initier les recherches le plus tôt possible.Le Dr Tremblay a grandement contribué à éclairer les comportements agressifs et à démystifier nombre d’idées préconçues.A travers le monde, diverses expériences conduites auprès d’adolescents délinquants avaient été peu concluantes pour prévenir l’évolution vers une carrière criminelle.Aussi s’est-il intéressé aux enfants de maternelle.Mais déjà à cet âge, il relève des problèmes d’agressivi- JACQUES NADEAU LE DEVOIR et même la période prénatale té et note même une prévalence marquée.Quelque chose se passe dès la petite enfance.«Aujourd’hui, je travaille même avec des femmes enceintes pour comprendre les phénomènes étudiés.E faut commencer au tout début de la vie.» Parmi les recherches en cours, on peut citer l’une des plus importantes études longitudinales du monde sur les jumeaux puisque l’échantillonnage conçu décline 1344 jumeaux.Il s’agit de l’Étude des jumeaux nouveau-nés du Québec (EJNQ).Le Dr Boivin ainsi que plusieurs de ses confrères du GRIP font partie de l’équipe de chercheurs.«Nous comparons la différence entre les similitudes observées chez des jumeaux monozygotes, c’est-à-dire identiques sur le plan génétique, et celles relevées chez des jumeaux fraternels, autrement dit non identiques.» Ces derniers partagent environ 50 % de gènes, comme de simples frères et sœurs.Cette comparaison permet de mesurer la part des facteurs génétiques et celle des facteurs environnementaux qui interviennent dans le comportement et le développement d’un individu, et leurs interactions.Ainsi, certains gènes pourraient favoriser ou modérer l’association entre des mauvais traitements et le développement de problèmes antisociaux ou encore entre des événements de vie stressants et la dépression.Détresse et hyperactivité Le rapprochement de diverses études longitudinales permet également d’estimer l’évolution de certains phénomènes.Nombreux sont ceux qui pensent que les problèmes d’adaptation sociale seraient en augmentation.Une équipe dirigée par le Dr Frank Vi-taro s’est intéressée à la question.«77 y a près de 18 ou 19 ans, avance Michel Boivin, le GRIP avait évalué un échantillon d’enfants alors qu’ils étaient en maternelle et en première année, tout comme l’ELDEQ l’a fait récemment.Naturellement, des différences existent entre les deux études, mais elles présentent également un corpus de questions de nature identique adressées aux professeurs.» Les chercheurs se sont questionnés sur les comportements en matière d’hyperactivité, d’agressivité et de détresse.Les résultats préliminaires indiqueraient effectivement une hausse des problèmes de comportement de type intériorisé.«Les réponses des professeurs soulignaient que les enfants, filles et garçons, manifestaient plus de détresse en maternelle et première année.» Il faut toutefois rester prudent quant à cette affirmation.Les facteurs explicatifs n’ont pas encore pu être mis au jour et les résultats devront être corroborés par la comparaison avec d’autres études.Toutes les études s’accordent pourtant sur un point: la petite enfance et même la période prénatale constituent des périodes cruciales du développement Or, bien des interventions préventives permettraient d’endiguer des problèmes de développement de mésadaptation sociale.Certaines ont déjà montré des effets probants.Nos institutions se sont dotées de politiques de la petite enfance.On peut citer les centres de la petite enfance (CPE) ou encore les congés parentaux.Mais cet investissement demande à être développé, renforcé et diversifié pour mieux atteindre les populations les plus vulnérables.Collaboratrice du Devoir science en A EVOLUTION hr LTNRS, une université en plein essor Par ses activités de recherche et de formation de 2e et de 3e cycle, l'INRS contribue au développement économique, social et culturel du Québec.Un réseau en mouvement ¦ Quatre centres de recherche thématiques ¦ Des équipes multidisciplinaires aux expertises reconnues ¦ Plus de 20 programmes d'études ¦ Des partenariats majeurs dans des secteurs stratégiques Des domaines de recherche prioritaires pour la société ¦ Nanosciences et nanotechnologies ¦ Technologies de l'information et des communications ¦ Changements climatiques ¦ Gestion intégrée des ressources • Santé environnementale ¦ Maladies infectieuses et cancer ¦ Développement urbain ¦ Phénomènes sociaux et culturels Université du Québec Institut national de la recherche scientifique www.mrs.ca mmnam LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2 0 0 7 G 3 RECHERCHE UNIVERSITAIRE Financement de la recherche universitaire Le Québec n’est plus le chef de file « On n’est pas d’accord pour revendiquer plus d’argent si la manière de l’allouer reste la même» Tout en saluant les efforts des gouvernements québécois et canadien en matière de financement de la recherche universitaire, des membres de directions d’universités font valoir que des besoins importants se font toujours sentir à cet égard et que d’autres sociétés mettent beaucoup plus de moyens à la disposition de leurs chercheurs.La présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) estime pour sa part que la recherche est «mal financée».BRIGITTE SAINT-PIERRE Le Québec s’est fait rattraper, et dépasser, par d’autres provinces canadiennes en ce qui concerne le financement de la recherche universitaire, soulignent des membres de directions d’universités.«Le Québec a fait figure de meneur il y a environ 20 ans avec la création de ses organismes subventionnaires», indique Luc Vi-net, vice-président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).Cette situation a eu un effet bénéfique.«Cela étant, on allait typiquement chercher une part plus grande de l’enveloppe fédérale que ce qui aurait été notre part au prorata de la popu- lation, un phénomène que l’on n’observe plus aujourd’hui», ajou-te-t-U.Les autres provinces canadiennes ont depuis lors emboîté le pas au Québec et l’ont souvent même dépassé sur ce terrain, dit M.Vinet, également recteur de l’Université de Montréal.«Je pense que le gouvernement du Québec fait sa part, mais ça ne rejoint pas ce que l’Alberta et l’Ontario peuvent offrir», indique le vice-recteur à la recherche et à la création de l’université Laval, Edwin Bourget.Les chercheurs universitaires d’autres pays, notamment l’Allemagne et l’Australie, bénéficient par ailleurs de moyens beaucoup plus importants que ceux du Québec et des autres provinces canadiennes, souligne M.Vinet 'n»— MH Kl ! UNIVERSITE LAVAL Edwin Bourget, vice-recteur à la recherche et à la création de l’université Laval Besoins croissants Indépendamment de la situation d’autres provinces ou pays, les besoins de fonds pour la recherche universitaire ont augmenté de façon substantielle.Les instruments coûtent de plus en plus cher, indique notamment M.Bourget Une nouvelle génération de professeurs, donc de chercheurs, a en outre fait son entrée dans les universités québécoises.«Les jeunes chercheurs qui arrivent ont souvent des postdoctorats, ils sont tout de suite prêts à faire de la recherche et ils se voient confrontés à des concours extrêmement sélectifs où de très bons [parmi eux] sont laissés pour compte.H y a là un problème important, je pense, d’ajustement à l’offre qui peut être faite par la recherche universitaire», mentionne le vice-président à l’enseignement et à la recherche de l’Université du Québec, Daniel Coderre.Les taux de succès aux derniers concours de subventions de fonctionnement des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) ont été «très faibles», indique M.Vinet En 2006-07, le taux de réussite a été de 21,3 % (16,4 % au concours de septembre 2006 et 26,5 % à celui de mars 2007).De nouveaux crédits budgétaires ont permis aux IRSC de fournir un plus grand nombre de subventions de fonctionnement en mars 2007 qu’en septembre 2006.Le taux de succès est plus faible dans le cas des nouvelles demandes aux IRSC.Au concours de septembre 2006, il a été de 29 % pour les renouvellements de subventions de fonctionnement et de 14 % pour les nouvelles demandes.Le vice-président de la CREPUQ fait par ailleurs valoir que les «frais indirects» de la recherche — par exemple les frais de chauffage et d’éclairage des locaux utilisés ou les frais administratifs engendrés par les activités de recherche—ne sont pas suffisamment pris en compte.Il est également d’avis que le «sous-financement» général des universités québécoises affecte indirectement la recherche.Une «grande partie de nos dépenses va en salaires [de professeurs, de techniciens et d’autres employés de soutien]», indique-t-il.M.Vinet estime en outre qu’alors que le Québec compte, toutes proportions gardées, moins - JACQUES NADEAU LE DEVOIR Recteur de l’Université de Montréal, Luc Vinet est vice-président de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec.de doctorants que d’autres sociétés, les étudiants aux 2e et 3e cycles dans les universités québécoises ne sont pas assez soutenus financièrement.«Le niveau de financement n’est absolument pas concurrentiel avec celui offert, par exemple, aux Etats-Unis ou dans d’autres pays», dit-il.«Mal financée» Selon la présidente de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), Cécile Sabourin, le problème ne réside pas tant dans le niveau de financement de la recherche universitaire que dans la façon dont il est accordé.«La recherche universitaire est de plus en plus financée à travers des programmes qui relèvent de ministères économiques et non pas d’un ministère préoccupé parles universités et le développement des missions universitaires.» Beaucoup d’argent est consacré à l’atteinte de «cibles particulières, qui finissent par être imposées au milieu universitaire», estime-t-elle.«Dans ce sens-là, je dirais que la recherche est mal financée.» Certains domaines, notamment les sciences humaines et sociales, sont moins soutenus financièrement que d’autres, mentionne la présidente de la FQPPU.«Beaucoup d’étudiants et de professeurs dans les domaines moins rentables à court terme sur le plan économique ont davantage de difficulté à voir leurs projets financés», dit-elle.Le temps que les professeurs consacrent à préparer des demandes de subventions n’est pas utilisé pour effectuer de la recherche, fait en outre valoir Mme Sabourin.La présidente de la FQPPU souligne que le financement des activités de recherche ne vient pas, en principe, des budgets de fonctionnement des universités.Dans les faits, les institutions universitaires peuvent être appelées à utiliser une partie de ceux-ci en complément des fonds externes dédiés à la recherche, dit-elle.Les investissements de certaines universités dans des projets immobiliers ont-ils des répercussions sur la recherche et les sommes qui y sont consacrées?«Souvent, les projets immobiliers devraient être financés par des fonds particuliers affectés à cela.On n’a pas de portrait clair de ce qui se passe dans toutes les universités Par rapport à la portion [qui peut venir] des budgets de fonctionnement», répond Mme Sabourin.Par ailleurs, la FQPPU estime que la façon d’attribuer les fonds de recherche doit être revue.«On n’est pas d’accord pour revendiquer plus d’argent si la manière de l’allouer reste la même», indique la présidente de la Fédération.Collaboratrice du Devoir OSTA CASTILLO (Docto E AUBIN (Doctoral on c it en éducation) JALENE ALLARD-CADIEUX (Doctorat en psychologie) ANNICK ANDEh mmunication) SHANOUSSA AUBIN WORTH (Doctorat en éducation) MONIQUE AUBRY (D< JEAN-PIERRE BEAUDRY (Doctoral histoire) ÉRIC BIZET (Doctorat enp (Doctorat e" «ueelten) SYLVIE BOY des arts) IV actoratenhl cation) CA ING CHAR' AND (Doc STÉPHANI ( jctoratent RASQUALi ! Informatlqu cognitive) C SÉBASTIEN DESCAMPS (Doctore' m biologie' B (Doctorat en sciences de l'envlroe- ent) VALÉ ammunication) NICOLE BELANGER (Doctorat on éduc gie) MARTIN BLAIS (Doctorat en sociologie) DENI SE B octorat en études littéraires) CAROLINE BRASSARD (I ) M ARlèrklQSfcfc w\RON (U< en psychologie) STÊFHAN rotogle) ANNE-MARIE DACK «IDA iACI DE S UNO f UV MARYSE 3ENOI1 (Unct ANDIN (Dr loratonodocato,-éducation) Jf AN-G SON (Doctorat en psy< dorât en administration logis} THOMAS BERRYMAN UC HARD (Doctorat en scierie (Doctorat en études et orMto en science : enpsychok AJLNK EL!.FOURNIE (Doctorat « JULIE QO arts) MOP r; QUAY (Do : N Doctorat en s BIANCA FRfcc,» icfTE (Doctor -AK GA SER (Doctorat en btokjpi jisi ai psy":! ; CHASSE JO (Doc poctorat en psych 3AMELO(porto-(Doctoratf toctoratei sn éconor 1 KAi TSJARDIN LDJEDJE OUCH (Doctore tologle) ISA?ELLE DU île) 3ERNAR' INJOLR/ i sciences vnçois e niocjio) DOMINIQUE GRAVE i (Dot tarât en k 'm 'AL COLE CARTTI rat en admlnlsiratiof «le) DENA DAVIDA O llosophle) P< loue) GIT » AGNES DI GE INI DUBOIS ( rat ipsycholc n soclok onv „yaXJIOgiw .iLOOH C: MANUEL CHIEZE il octorat en études et pratlq Mi ! ) DELLA F ~ LEVERfe j E S JARDINS Informât > O (Doctorat en sociologie) MARK CHRISTIt MT! )IS (Doctorat en psychologie) NAi IAUE DU< /•'fclVif V \AJ> l’’ic t en Infor des arts) iM (Docto e cognitiv 'UEDUW NNABEL r METTE (Doctorat en éducation) SÉBASTIEN HÉLIE (Doct RA KHUDAVERDIAN (Doctorat en sociologie) GËNEVIÈV uj'.cj DANIEL LAMOUREUX (Doctorat en psyctioiogicj ME.H (Doctor, iNEUR (I .oxienvwE' ARIA UDI IME MAR LY (Doctoral n soclok o NNABEL (Dock ïnvrronner; ent) MYRIAM F DETTE (Doc____________«m psychoky BIER (L oral en sdenc s 'as religions) ISABELLE OD •c) SÉBASTIAN G RENIEE (Dot -et en psychokm*'-' OiAI en informatique cognitive) PIERRE JÜLtCOEUR (Doctorat en scier .ABRIE (Doctorat en biologie) DANIEL LAFOREST (Doctorat en étu J16 LAMOUREUX HÉBERT (Doctorat an psychologie) NiOQLE L AL } JEAN-RENÉ LEBLANC (Doctorat en études et pratiques des arts) ANNIE LEBOND DE BRUMr ogie) CATHERINE LÉGER (Doctorat en linguistique) DIANE LÉGER (Doctorat en éducation) NAt Unique.) L.ON :orat qh siluin- ognWve) EFACEN iologie) Ai EL DESÛ 4 (Doctore fi (Doctorat MENT (D< RC FORT : JEAN-BENOI i FRENETTE Ci IARRON ( IET (Doctorat en psycholog JEAN GOüli UIAY (Doctore-1 m osvcho le) ISABE LE e politique) DAVID ,le) CLAUI t en blolc ABDERRAZAK ARIF (Doctorat en sc BASTiEN-CHARLEBOIS (Doctorat, en sociologie) t en éducation) FRANÇOIS BISSON (Doctorat en vironnement) VINCENT BOUCHARD VALENTINE TANZA CAMELO (Doctorat on études et pratiques CHAI (Doctorat an ccmmuni-IGELA C ^CAROt doctorat en psycholog.> (Doctorat en soc ogle) JEAN-FRÉDÉRIC Hi E-SOPHIE DFNA' u (Docte en psyohcloqie) DINS (Dor n science ço:>v études Ht ¦'Ofatenpej/cho! N (Doctor e osychologle; üJJViD OEWET lue) : VIDIU-UVIU DOSFTNU U ’VNE DUFAUU (Doctoru ,qie) VANIV ELHAPRAR(Doctorat ; matuémetiquea) JONATHAN jrai, en biologie/ uwirtRY GAGNÉ T 'doctorat en études urbalrv s) G U''Y 'DndDrait en psyc*- ' ;») -onomlque) GENEVIÈVE Mi U jetorat en psychologie) JEAN T 'Doctorat en ires) MICHÈLE f-ARISIB-n) A THONY PILOR6ÏF NE Vit LE (Dock at en ps) /le) MEHRNOÜSH sNIESIRO s) KARINE k; -J\N(Doctora psydvA.¦forât en études uibalnes) CHRISTIAN Pf ORYVANEL^ ctoraten /-nreeo-,!: LAUDIO N m études I an admlnk NADINE C (Doctorat» npsychok.xat en ps; ZATO (Do (D boraten biologis) iAiviA MAZZAREUJ»! (Pcciurat Y £ (Do tenu en communication) SrvMV MESU (Doctor lüéRIC MORIN (Doctored “o science p k^ue) MOh OU :ogle) ODIHOLAMBERl 0 ‘LA(Docti ' en étude» urb :torat en biochimt u) MARIE-CI AUDEPÉUSH eterat en biochimie) SOPHIE PIRON (Dock à)VALÉRYRAMQNJAVEU) 0 tarâtena LZADEH (Dr .VF: MARCOTTE (Doctoraten psycholooio) AU JÉRÉMIE ivitaAlKAMrU'.:1 (Docto?i histoire) iONATHAN MICHAUD LÊVESÛ iADEAU C forât an histoire de l’art) OLGA iee)CHR 1NEOUE’ Ci (T forât en f.y (Doctorat en psychok g e) JOSÉF HINE-MU en Infonr que cognitive) AUDE PORCEDD J N MARCOUX (Doctoral en h ai on sciopcos 4k» I'anvironnei': IE (Doctorat en biochimie) A! fAVARRO FLORES (Doctore hologle) CK :(:• 'NE PAGÉ ( EL PELLE J T (Doctorat Imlnlstralk dion) ALE SOS (Doc atenétud JFA IRA1 sdePenvh i CH aliène rAGNI (De ces de l’e TAL RING SIMARD fonces dk iquesdes forât en ) VANES! académli ilnlstrattr AURENT RENARD (Doctorat en it an phHoso hie) IOMAYOCN SHALf HIANTEHRANI (Doctorat en atiminis iICA SOME îFALBAN (Doctorat en linguisilque) CARLOS JOSÉ F JUSA ; -sj RENÉ Si I 'ikrtRE(pocton't «n éfu fos et praHques s> LOUISE SUi-k .^NANTtDcK ÉRIAUU (Doctorat en psyc loiogc;) TTÉPHANE THIB!)DEAU (Doctorat en éducatfor) K itiqui CHRISTINA VAM OORDTLOrutera i études Htt ) CÉDRiC* VEGA (Doctorat n;-(Doctorat en économique) VIET MINH N HAT VO (Doctoral en informatique cognitive) SOFIENE ZORGATI (Doctorat en administration) Mention d École des sciences de la gestion: OLIVIER DOUCET, JEAN GOULET, MARIE-ÈVE LAPALME • Faculté des arts ; CONSTAN2A CAMELO, OVIDIU-UVIU DOSPINESCU, HÉLÈNE DOYON, NATHALIE DUCHARME, DIANE LEDUC, MONIQUE NADEAU, ANNE-MARTINE PARENT, CHANTAL RINGUET * Faculté des sciences : MARYSE BOUCHARD, DANIEL DUBOIS, MARC FORTIN.BIANCA FRÉCHETTE, JONATHAN MICHAUD LÉVESQUE, ANDRÉ TANEL * Faculté des sciences de l’éducation : VINCENT BOUCHARD-VALENTINE, MANON CHAMPAGNE • Faculté des sciences humaines: ANNICK ANDERSON, STÉPHANE CRESPO, ANNIE LEBLOND DE 8RUMATH, CANDIDA JACI DE SOUSA MELO, SÉBASTIEN GRENIER, DIANE GUAY, SANDRA LEGAGNEUR, GENEVIÈVE MARCOTTE, ANDRÉ MONDOUX, CHRISTINE OUELLET, VANESSA VILLENEUVE * Médaille d‘or de la Gouverneurs générale du Canada : MARYSE BOUCHARD, sciences de l’environnement.Félicitations à nos nouveaux diplômés de doctorat qui contribuent au rayonnement de l’UCLAM, mais surtout, qui inspirent les générations à venir.OUBERT (Doct orat en psyc hologis) OLFA KHAZRI ( ALE LAGACÉ( Doctorat en sociologie) ARLÈNE LAI.JBERTÉ cation) JADE Li \NDRY CUE r.RRIER (Doctorat en psyc ihoiogie) rgle) DIAI L LEDUC (De jetorat en études et praire vo&s des Ten psych >gie) PAUL-,' \NDRÉ LÉVESQUE (Doc :torat en ;toire Je fart) B ERNARDM ARSAN (Doctorat en scie mees de ant) FLAUBER! MBIEK0P OUAHOUO (; Doctorat i ÉMONDf (Dockxa: en sodo DRE IRA administre io ) DANIELLE NOUI lucation) mat en pevot ologle) ANNE-MAt ;;NE FARENJ (i Doctorat at en Infor n .tquecognf ive) SYLVIAN NE PILON (1 Doctorat vir mnement) 0/ VIDPUCI EU (Doctorat an corttmui nication) P (Doctore études lltl iraires) MARIE-ANNE ROBERGE foret en f y tologle) M iRIE-CLAUDE SIMARD (1 Doctorat : o Mronnem JULIE ST JACQUES (Doctorat en p sycholo- ANDRÉ' EL (Docto at en biochimie) CAROLE TARDIF folon) VÉ NIQUE n UCHOT (Doctorat en éd ucation) ILLENEU Doctorate > psvchqtoqio) THITHUY / \NHVO Doctorat honoris causa : MICHÈLE THIBODEAU-DEGUIRE, présidente et directrice générale de Centralde du Grand Montréal.En reconnaissance de sa carrière exceptionnelle, de son engagement envers les plus démunis et de la source d'Inspiretion qu’elle représente pour les jeunes, l'UQAM attribue sa plus haute distinction à cette grande chef de file.UQÀM Prenez position 1I) K V 0 I H .L K S SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2007 G 4 RECHERCHE UNIVERSITAIRE Imagerie et ingénierie Des ingénieurs hospitaliers La chaire de recherche du Canada en imagerie 3D et ingénierie biomédicale poursuit ses travaux en étroite collaboration avec le laboratoire de recherche en imagerie et en orthopédie.Ces deux organismes réunissent des équipes multidisciplinaires qui sont à l’œuvre dans des établissements de santé.RÉGINALD HARVEY Professeur au département de géniç de la production automatisée de l’Ecole de technologie supérieure (ETS), Jacques A.de Guise se penche sur cette façon de faire: «f ai une formation d’ingénieur et je me suis rapidement intéressé aux technologies de la santé.Donc, pour un tel professionnel qui se veut pragmatique, il est important, d’une part, que les activités soient développées sur des sites cliniques, ce qui permet de rencontrer des utilisateurs qui sont des cliniciens et, d’autre part, d’avoir accès à des patients.On peut de la sorte développer des outils — ce qui relève de notre rôle d’ingénieurs — qui sont rapidement utilisés par les médecins et qui servent à améliorer les soins aux patients.» D s’est fait Tardent défenseur de cette approche: «Dès le début de ma carrière, fai insisté pour que nos laboratoires soient situés extra muros de l’École de technologie, soit en site hospitalier Notre laboratoire principal est logé au centre de recherche du CHUM à l’hôpital Notre-Dame et il compte deux satellites, dont l’un est à Sainte-Justine et l’autre à l’hôpital Sacré-Cœur» Le professeur fournit un portrait global des travaux réalisés: «Les thématiques principales qui nous intéressent sont l’imagerie et la modélisation 3D des structures biologiques, principalement celles qui sont ratta- chées à l’appareil locomoteur; essentiellement, il s’agit du squelette humain.Depuis plusieurs années, on s’est penché de façon plus précise sur la colonne vertébrale et ses déformations, d'où notre intérêt de travailler avec les gens de l’hôpital Sainte-Justine parce qu’on est interpellé par les déformations de la colonne vertébrale, par la scoliose.D'autre part, le genou retient aussi notre attention de même que toutes les blessures qui peuvent survenir à cet endroit du corps.Voilà des sujets d’étude qui nous préoccupent depuis longtemps.» D ajoute encore: «On tente d’obtenir des images et des modèles tridimensionnels de ces différentes structures-là qui sont très complexes: la colonne vertébrale et le genou — ce sont peut-être celles qui le sont le plus sur le plan du corps humain, d’un point de vue géométrique.Grâce à ces images-là, il est possible de modéliser les comportements biomécaniques de ces articulations pour mieux concevoir des approches chirurgicales, des orthèses et des prothèses orthopédiques; une fois cdlesfei transférées au patient, on peut aussi mieux les évaluer.» Il cerne un autre aspect de la question: «Comme on est en trois dimensions et qu’on bouge, nos thèmes portent sur l’imagerie tridimensionnelle et l’évaluation fonctionnelle de ces structures, ce qui veut dire sur l’évaluation en mouvement quand il est notamment question du genou.» Des projets spécifiques Parmi l’ensemble des projets en cours de réalisation, M.de Guise en retient deux qui se démarquent particulièrement: «Ce sont deux très belles aventures ou histoires à raconter, selon moi.La première en est une sur laquelle on travaille depuis plusieurs années avec l'Ecole polytechnique, l’hôpital Sainte-Justine et l’École nationale supérieure des arts et des métiers de Paris.On s’est penché sur une technique qui sert à avoir une imagerie tridimensionnelle du squelette humain, plus particulièrement de la colonne vertébrale; maintenant on peut reconstruire le bassin, les os des membres inférieurs (fémur, tibia et hanche) à partir de seulement deux images radiographiques.Aujourdhui, la façon clinique d’obtenir des images 3D, c’est d’utiliser entre 500 et 600 images qui proviennent du scanner: cela représente un volume important d’images et beaucoup de radiations pour le patient.Nous avons développé des méthodes en vertu desquelles, à partir de deux images de radiographie conventionnelle, par exemple de face et de profil, on peut obtenir en trois dimensions ces mêmes informations-là.» D décrit le deuxième projet «Depuis dix ans, j’ai la chance de travailler avec le groupe français du détenteur du prix Nobel de physique en 1992, Georges Charpak, qui a proposé un détecteur de particules très sensible aux rayons X Le groupe français et celui de Montréal ont mis au point un nouveau système appelé Eos qui permet la prise de radiographies en simultané, de face et de profil, ainsi que de la tête au pied du patient en position debout; c’est très important en orthopédie de pouvoir prendre en charge un patient debout et de pouvoir réaliser des radiographies dont les radia- nv '; 40 ans de formation et de recherche pour la vie ! La recherche biomédicale vous captive?IRCM Id vie Depuis sa fondation en 1967, l'IRCM offre à ses étudiants diplômés et stagiaires postdoctoraux une formation de qualité dans un environnement multidisciplinaire performant et un accès à des équipements ultraniodernes.Nos chercheurs, reconnus sur la scène internationale dans de nombreux domaines, vous préparent à une carrière scientifique prometteuse.Renseignez-vous dès maintenant au sujet de nos programmes d'études supérieures et de formation postdoctorale.Les possibilités d'obtenir une bourse sont aussi excellentes.www.ircm.qc.ca admission@ircm,qc.ca (514} 987-5527 La recherche appliquée à l'ÉTS Indispensable à une formation de pointe || en genie !!!«•« fimWj Chaires Chaire de recherche du Canada en conversion de l'énergie électrique et en électronique de puissance Chaire de recherche du Canada en imacerie 3D et ingénierie biomédicale Chaire de recherche du Canada en ingénierie assistée par ordinateur pour la conception de bâtiments durables Chaire de recherche du Canada sur l'aérodynamique des éoliennes en milieu nordique Chaire de recherche en matériaux et équipements de protection utilisés en santé et sécurité du travail Chaire TransÉnergie sur la simulation et la commande des réseaux électriques Chaire Ultra Electronics (TCS) en télécommunications sans fil Domaines de recherche des cenlres, équipes, groupes et laboratoires Alliages à mémoire et systèmes intelligents Analyse des contraintes par éléments finis et par expérimentation Applications numériques en ingénierie et en technologie Chaussées, routes et enrobés bitumineux Commande et robotique Communications et intégration de la microélectronique Conception et contrôle de systèmes de production Développement et recherche appliquée en modélisation environnementale Électronique de puissance et commande industrielle Génie logiciel Gestion de réseaux informatiques et de télécommunications Imagerie et orthopédie Imagerie, vision et intelligence artificielle Ingénierie des produits, procédés et systèmes Sécurité du travail Technologie thermique ÊÊÊÊÊ Université du Québec “ École de technologie •upérieure École de technologie supérieure 1100, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec) H3C 1K3 514-3%-nnoo www.etsmtl.ca lions à son endroit sont huit à dix fois moindres qu’avec un film normal.On peut donc, d’une pari, minimiser ces radiations grâce au détecteur de Georges Charpak et, d’autre part, le fait d’obtenir les informations en trois dimensions sert aussi à les diminuer de beaucoup si on est obligé d’utiliser un scanner.» D s’ensuit un avantage certain pour plusieurs: «Pour les patients qui souffrent de scoliose et, particulièrement pour les jeunes filles en croissance qu’on retrouve à Sainte-Justine, c’est majeur parce qu’on est en mesure défaire des suivis radiographiques réguliers des déformations de la colonne vertébrale et des modes de traitement.» Interdisciplinarité et avenir la chaire de TETS renforce ses assises grâce à la présence de chercheurs venus d’horizons différents qui partagent leurs savoirs.Jacques A de Guise s’en réjouit «Cest assez extraordinaire ce que nous avons réalisé.On peut réunir au sein de nos équipes de recherche, de notre laboratoire, non seulement des ingénieurs, mais aussi des médecins qui sont des chirurgiens orthopédistes, des radiologistes et des physiatres.Il y a également d’autres professionnels de la santé comme des physiothérapeutes, des kinésithérapeutes et des thérapeutes du sport.On retrouve tous ces gens dans nos laboratoires, en plus des physiciens et des informaticiens qui sont là.On dispose vraiment d’une équipe complète pour réaliser nos travaux.» Maintenant que réserve l’avenir à l’imagerie 3D dans un monde en pleine évolution technologique?«On peut rêver beaucoup quand on pense en termes d’imagerie.On voit des détecteurs de plus en plus sensibles, des images de plus en plus claires et précises avec le moins de radiations possibles sur le plan des rayons X On songe à toutes les modalités d’images qu’on a vu apparaître au cours des derniers temps, à la résonance magnétique, à l’échographie qui utilise des ultrasons de plus en plus précis et de jour m jour plus performants.» Le futur ne saurait être sans une avancée majeure sur laquelle il s’arrête: «R s’agit de la fusion de toutes ces infimnatvmslà.Jusqu’à présent, on est obligé de promener le patient d’un système d’imagerie à l’autre, mais ce qu'm verra arriver de plus en plus, ce sont des systèmes qui wnt servir en un seul examen à avoir accès aux dmnées de médecine nucléaire, de scanners ou de rayons X, voire même à celles de résonance magnétique.» Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke se penchent actueHement sur cette fusion des informations, qui ne cesse de prendre de l’importance.Collaborateur du Devoir .SOURCE ETS Le chercheur Syjvain Martel dans son laboratoire de nanorobotique de l’Ecole polytechnique de Montréal Robotique Des missiles téléguidés contre les tumeurs?Une première mondiale à Polytechnique Une équipe d’ingénieurs a réussi une prouesse technologique remarquable: téléguider une bille dans l’artère carotide d’un porc.«Nous avons ouvert la voie de la robotique pour faire des interventions médicales, relate fièrement Sylvain Martel, chercheur au laboratoire de nanorobotique de l’École polytechnique de Montréal.Nous avons démontré qu’il est possible de contrôler une bille de 1,5 millimètre à l’intérieur d’un être vivant.» CLAUDE LAFLEUR Le système de navigation mis au point par l’équipe de Sylvain Martel pourrait servir à acheminer des médicaments en des endroits très précis du coips.n pourrait aussi être utilisé à la manière de missiles téléguidés pour attaquer des tumeurs cancérigènes.Autre attrait: les ingénieurs se sont servis d’un appareil médical en usage dans les hôpitaux — un système d’imagerie par résonance magnétique (IRM) — pour guider leur bille.Or, le fait de recourir à un appareil existant, au lieu d’en inventer un de toute pièce, facilitera d’autant l’implantation des applications médicales découlant de leur innovation.VOIR PAGE G 5: PREMIÈRE Claude Gelinas anthropologue, scrute les enjeux sociaux de la diversité religieuse au Canada.Défaire les préjugés L'Université de Sherbrooke offre un cadre de recherche exceptionnel pour combler vos désirs de dépassement.La position de tête parmi les meilleures universités canadiennes pour nos installations de recherche (recherche selon The Globe and Mail) 63 chaires de recherche Des budgets de recherche qui ont progressé de plus de 60 % depuis 2001 12 équipes, 28 centres et 4 instituts reconnus pour l’excellence de leur recherche entre autres en nanotechnologies, inflammation, organisation du travail, supraconductivité, télédétection, génie parasismique, intervention éducative, pharmaceutique, matériaux nouveaux, compression de la parole • Près de 2700 personnes travaillant en appui aux activités de recherche • Des redevances de brevets parmi les plus élevées dans le réseau des universités canadiennes • La création d'une vingtaine d'entreprises actives et la détention de plus de 324 brevets établis ou en instance • Plus de 150 accords de coopération internationale avec 39 pays • Une politique avant-gardiste pour protéger la propriété intellectuelle www.USherbrooke.ca/larecherche UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE LE DEVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2007 G 5 RECHERCHE UNIVERSITAIRE PREMIÈRE Nouvel ordre économique mondial Le Canada traîne de la patte «Nous ne pouvons nous permettre de nous marginaliser alors que nous avons déjà si peu d’influence dans le monde» SOURCE UNIVERSITÉ D'OITAWA «J’espérais que le gouvernement annoncerait une politique à propos de la Chine, mais ce ne fut pas le cas», déplore Debra P.Steger, directrice du réseau EDGE (Emerging Dynamic Global Economies — Economies mondiales dynamiques et émergentes) de l’Université d’Ottawa.SUITE DE LA PAGE G 4 L’équipe de Polytechnique a, dans les faits, réalisé une première mondiale en contrôlant au moyen de logiciels les déplacements d’une microbille à l’intérieur d’un animal placé dans un appareil d’IRM.«Pour commencer, un chirurgien a introduit la bille dans l’artère d'un porc vivant, le modèle animal se rapprochant le plus de l’être humain», précise le professeur Martel.Puis l’animal a été placé dans un appareil d’imagerie médicale identique à ceux qu’on retrouve dans maints hôpitaux.«Dès que notre système a repéré la bille, poursuit-il, il en a pris le contrôle et l’a dirigée selon une trajectoire prédéterminée.» C’est le magnétisme dégagé par l’appareil d’imagerie qui a propulsé la bille, celle-ci ayant fait dix allers-retours dans l’artère à une vitesse moyenne de 10 cm/sec.«C’est la réalisation d’un rêve en nanorobotique, souligne le chercheur, puisque jamais personne n’était parvenu à contrôler à distance un objet à l’intérieur d’un être vivant.» Embûches Parmi les embûches qu’ont dû franchir les ingénieurs, il y a eu la nécessité de cartographier parfei-tement le vaisseau sanguin dans lequel allait circuler la bille.Il fallait aussi développer les logiciels permettant de guider la bille de façon automatique.«C’est un peu comme contrôler une fusée dans l’espace», illustre M.Martel.Enfin, il a fallu installer ces logiciels sur un appareil d’IRM, «une opération délicate puisqu’il s’agissait d’un système en opération dans un hôpital».En collaboration avec des médecins du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, les chercheurs de l’Ecole polytechnique ont mis trois années pour parvenir à leurs fins.«A notre connaissance, nous sommes les premiers à avoir démontré qu’il est possible de contrôler les déplacements d’une bille dans un vaisseau sanguin», relate Sylvain Martel.Il s’empresse cependant de souligner que son équipe a utilisé une bille de la taille de la pointe d’un stylo à bille (1,5 mm), «ce qyi est énorme en nanorobotique».A terme, ses coUègues et lui espèrent naviguer dans les plus petits vaisseaux sanguins au moyen de billes 750 fois plus petites.«Ce que nous visons, c’est le contrôle de billes de deux micromètres seulement», dit-il.Il confirme du coup que des tests avec de petites billes ont été réalisés en laboratoire, mais pas encore sur des êtres vivants.«Il y a de nombreuses différences entre contrôler une bille de 1,5 millimètre et une de deux micromètres, dit-il, notamment sur le plan des forces qui entrent en jeu.Mais nous sommes en train de développer les outils nécessaires pour y parvenir et ça avance bien.» Une arme de guerre contre les tumeurs Pourquoi chercher à téléguider des biUes de deux micromètres seulement?«Parce que nous désirons atteindre les petits capillaires qui ne sont pas accessibles à l’aide de cathéters, indique M.Martel.Nous voulons aussi, pour certaines applications médicales, pouvoir utiliser des grappes de milliers de nanobilles.» En fait, cette dimension correspond à la moitié du diamètre des vaisseaux sanguins qui alimentent les tumeurs.«Voyez-vous, lorsqu’une tumeur commence à se développer, il y a un stade très précis de son développement durant lequel nous pourrions intervenir sur elle», explique l’ingénieur.La tumeur tisse un réseau de minuscules vaisseaux sanguins qui servent à l’alimenter.Ces capillaires sont détectables à l’aide des appareils d’imagerie médicale, mais on ne peut pour l’instant les atteindre puisqu’ils sont trop petits.Si on pouvait téléguider des chapelets de nanobilles enduites de médicaments appropriés jusque dans ces capillaires, on pourrait ainsi attaquer la tumeur avant qu’elle ne se développe trop.«E y a donc une fenêtre qu’on voudrait exploiter pour cibler la tumeur avant qu’elle n’affecte l’organisme», souligne M.Martel.Son équipe cherche donc à mettre au point des missiles antitumeurs — porteurs de substances toxiques comme celles utilisées en chimiothérapie — pour viser le cœur de la tumeur.«De la sorte, au lieu de bombarder tout l’organisme avec de la chimio — avec les effets secondaires qu’on connaît —, nous pourrions mener des attaques ciblées et moins dommageables pour l’organisme», propose l’ingénieur.Forts de la technique de téléguidage dont ils ont fait la démonstration, les chercheurs de Polytechnique travaillent actuellement avec des laboratoires spécialisés pour mettre au point des nanobilles capables de transporter des médicaments existants.Bien entendu, Q leur faudra des années pour mettre au point leur système.«Pour l’instant, notre défi consiste à concevoir un système de guidage qui permettra de nous rendre jusque dans les plus petits vaisseaux sanguins», indique M.Martel «Nous travaillons avec des équipes médicales spécialisées en oncologie et on a déjà démontré en laboratoire qu’on peut liquider des tumeurs, dit-il.R reste cependant encore beaucoup de travail à faire, sauf que tout devrait fonctionner d’ici, je pense, deux à quatre ans» Sylvain Martel ne peut cependant pas estimer combien de temps s’écoulera avant que son système puisse traiter des patients.«Tout ce que je puis vous dire, laisse-t-il filer, c’est que je pense que notre technologie sera disponible d’ici quelques années.Mais combien de temps faudra-t-il pour obtenir toutes les approbations nécessaires à une utilisation chez l’humain?Ça, c’est une tout autre histoire!» Collaborateur du Devoir Le réseau EDGE de l’Université d’Ottawa cherche à guider les élus et gens d’affaires canadiens dans les méandres du nouvel ordre économique mondial.Sous la houlette de Debra P.Steger, l’ancienne directrice et fondatrice de l’Organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce, ce groupe de réflexion veut sensibiliser le public aux défis posés par l’émergence des puissances chinoise, indienne et brésilienne.MARIE LAMBERT-CHAN La croissance de la Chine, de l’Inde et du Brésil modifie en profondeur le paysage économique mondial.La montée de ces nouvelles puissances frappe de plein fouet certains secteurs de l’économie canadienne, à commencer par ceux du meuble et du vêtement Pourtant, loin de chercher à s’adapter à cette nouvelle réalité, le Canada traîne de la patte, comme l’observe avec amertume Debra P Steger, directrice du réseau EDGE (Emerging Dynamic Global Economies — Economies mondiales dynamiques et émergentes) de l’Université d’Ottawa.«La plupart des entreprises, de même que le gouvernement, croient encore qu’elles peuvent se protéger de cette concurrence en concentrant leur énergie sur le marché américain, qui absorbe 85 % de nos exportations, déclare-t-elle.Elles ne se préoccupent que de leurs résultats du prochain trimestre, alors qu’elles devraient plutôt se demander ce qui leur pendra au bout du nez dans cinq ans.» C’est ce que le réseau EDGE tente de leur faire comprendre depuis bientôt deux ans.Créé en 2006, ce groupe de chercheurs canadiens et internationaux est l’une des cinq «nouvelles initiatives» financées dans le cadre du programme fédéral des Réseaux de centres d’excellence du ministère de l’Industrie.Les membres du réseau EDGE sont des spécialistes du commerce international, de l’économie, du droit et de la politique publique qui, aujourd’hui, aident le Canada à élaborer des plans d’action efficaces afin de jouer un rôle de chef de file dans le nouvel ordre économique du XXIe siècle.Parmi eux, on retrouve une douzaine d’établissements universitaires, la Fondation Asie-Pacifique du Canada, l’Institut indo-canadien Shastri, la Fondation canadienne pour les Amériques, Commerce international Canada, Exportation et développement Canada et le gouvernement de la Colombie-Britannique.Les chefs de certaines entreprises canadiennes multinationales, notamment BCE et Bell Canada, CAE, Financière Manuvie, Pratt & Whitney Canada Corp.et Banque Scotia, offrent également leur expertise et leur appui au réseau.Le groupe de réflexion planche présentement sur cinq projets majeurs: l’avenir de l’industrie de l’automobile, les occasions offertes par le phénomène des chaînes de valeur, les possibilités d’affaires au Brésil — et prochainement en Inde et en Chine — ainsi que la réforme de l’Organisation mondiale du commerce et de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle.«Ces deux derniers projets visent à encourager le Canada à exercer son leadership dans le renouvellement de l’architecture institutionnelle internationale pour mieux s’adapter aux réalignements géopolitiques qui s’opèrent dans notre monde en rapide mutation», explique la directrice du réseau EDGE.Le Canada, complaisant et aveugle Réunis le 16 octobre dernier à Vancouver pour leur seconde conférence annuelle, les membres du réseau EDGE en sont arrivés à la conclusion suivante: «Malgré nos efforts, on prêche encore à un groupe de convertis», affirme Debra Steger.Pour elle, le Canada ressemble à la grenouille qui se laisse tranquillement ébouillanter alors qu’on élève la température de l’eau.«Le contexte actuel nous pousse à la complaisance: notre dollar n’a pas été aussi fort depuis de nombreuses années, l’économie va bien, le gouvernement fédéral bénéficie d’importants surplus budgétaires, le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis bientôt 33 ans.Ce qui ne signifie pas pour autant qu’on doive s’asseoir sur nos lauriers, au risque de voir ce “boom” se transformer en bide», estime Mme Steger, qui fut la directrice fondatrice de l’Organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce, dont elle a été la première conseillère juridique en chef de 1995 à 2001.D’ici 2020, la Chine sera écono-miqyement aussi puissante que les Etats-Unis, si l’on se fie aux taux actuels de croissance.Par ailleurs, l’empire du Milieu, l’Inde et le Brésil se classent, respective^ ment, quatrième, douzième et quatorzième parmi les puissances économiques, selon les chiffres du Fonds monétaire international.Le Canada, lui, se classe huitième.Ces chiffres ne semblent pas alarmer le gouvernement fédéral, dont les investissements en Chine et en Inde sont minimes en comparaison de ceux de l’Australie, des Etats-Unis, du Japon et de l’Union européenne.«Si nous n’agissons pas rapidement, nous manquerons le bateau, soutient Debra Steger.Nous ne pouvons nous permettre de nous marginaliser ainsi alors que, d’un point de vue économique, nous avons déjà si peu d’influence dans le monde, même si nous nous plaisons à penser le contraire.» Des provinces modèles La directrice du réseau EDGE ne noircit pas complètement le tableau.«Le Québec, TAlberta et la Colombie-Britannique se sont dotés de politiques qui donnent la priorité aux échanges avec les nouvelles économies, remarque-t-elle.Ce sont des modèles pour le reste du pays.» Le fédéral devrait s’en inspirer, juge-t-elle.«Le Canada doit adopter une vision d’avenir appuyée par des politiques claires et réfléchies quant à la façon de développer des rapports commerciaux et d’investissement étroits avec les marchés émergents.» A cet égard, le discours du Trône l’a grandement déçue.«J’espérais que le gouvernement annoncerait une politique à propos de la Chine, mais ce ne fut pas le cas», soupire Debra Steger.Selon la spécialiste, la clé du succès canadien sur le marché international réside en partie dans la recherche et le développement et les hautes technologies, dont le financement actuel n’est pas suffisant.«Le gouvernement doit s’associer au secteur privé et au milieu universitaire pour y mettre davantage d’argent», dit Mme Steger, qui encourage la formation de partenariats public-privé dans ce contexte.«Le Canada n’a jamais été confronté à de tels défis.C’est pourquoi le public et le privé doivent unir leurs efforts afin de participer aux changements économiques mondiaux et non d’en subir les conséquences.» Collaboratrice du Devoir «Notre défi consiste à concevoir un système de guidage qui permettra de nous rendre jusque dans les plus petits vaisseaux sanguins» Université d'Ottawa Une École où politiques publiques et affaires internationales se conjuguent Fondée en 2007, la nouvelle École supérieure d'affaires publiques et internationales (ÉSAPI) de l'Université d'Ottawa est déjà un centre névralgique et incontournable pour les débats et la réflexion sur les grandes questions de politique publique et d'affaires internationales de l'heure.L'excellence est pour nous un critère indispensable, les affaires publiques sont une vraie passion! ¦ ¦ ¦liÜNlïiii'i- u Ottawa L’Université canadienne Canada’s university Nos atouts • La seule école d'affaires publiques et internationales bilingue au Canada où les cours sont enseignés dans les deux langues officielles • Un endroit idéal de rencontre de la théorie et de la pratique, de par notre emplacement au cœur de la capitale nationale du Canada et la contribution de nos professionnels en résidence chevronnés • Un enseignement de la plus haute qualité et des activités de recherche exceptionnelles grâce à un corps professoral réputé et entièrement dédié à l'ÉSAPI Notre vision englobe le monde entier www.sciencessociales.uOttawa.ca/api | 613-562-5800, poste 2834 W$$IÊ^Ê9- —.':Èiÿkÿgj/â$?ii MS* ÏJBÊSmm IlÉife' HphIIHHHmhHHI LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2007 G G RECHERCHE UNIVERSITAIRE Conservation de l’énergie Vers une maison solaire « intelligente » «Qu'en serait-il d’une maison capable de prévoir la température ?» L’énergie solaire est une source d’énergie puissante dont on se sert de plus en plus.C’est l’énergie solaire qui fait fonctionner les satellites en orbite autour de la Terre.Mais ici-bas, l’application qui a fait le plus ses preuves, c’est la mai- SOURCE UNIVERSITÉ CONCORDIA ' «nmii En 2005, le professeur Andreas Athienitis et son équipe de l’université Concordia ont construit, dans le cadre du concours Décathlon solaire de Washington, une maison solaire entièrement autonome à commandes intelligentes.Cette maison a depuis été assemblée sur le campus Loyola de l’université Concordia et elle est ouverte au public.son solaire.PIERRE VALLÉE Nous disposons de toutes les connaissances et technologies nécessaires pour construire des maisons solaires efficaces sur le plan énergétique jusqu'au point d’être entièrement autonomes», déclare Andreas Athienitis, professeur de génie civil à Tuniversité Concordia et titulaire d’une chaire de recherche Concordia en énergie solaire.En 2005, le professeur Athienitis et son équipe ont construit, dans le cadre du concours Décathlon solaire de Washington, une maison solaire entièrement autonome à commandes intelligentes.Cette maison a depuis été assemblée sur le campus Loyola de l’université Concordia et elle est ouverte au public.Verra-t-on un jour ce type de maison quitter les campus pour s’installer en ville?«C’est la maison de l’avenir, soutient-il.A preuve, l’industrie s’y intéresse de plus en plus et de nombreuses entreprises gravitent maintenant autour de ces technologies.» ATm de consolider ce nouvel intérêt, le Réseau de recherche sur les bâtiments solaires, dont M.Athienitis est le directeur, a récemment vu le jour.Il regroupe une dizaine d’universités canadiennes engagées dans la recherche sur l’énergie solaire, mais aussi quelques organismes publics telles Hydro-Québec et la Société canadienne d’hypothèques et de logement.Il compte aussi parmi ses membres plusieurs entreprises œuvrant dans les technologies propres à la maison solaire.Le mandat du Réseau est de soutenir et favoriser la recherche, mais aussi de s’assurer que la maison solaire devienne bientôt une véritable solution de rechange à la maison traditionnelle.Une maison solaire Bien que la maison solaire repose sur de nouvelles approches et de nouvelles technologies, il n’est pas nécessaire de réinventer l(i roue pour en construire une.A preuve, celle construite par le professeur Athienitis et son équipe, que l’on peut voir sur le campus Loyola.«C’est une maison canadienne typique, d’une surface de 800 pieds carrés, construite en bois, comme la maison ordinaire.» Mais la comparaison s’arrête là.La première différence, c’est que la maison solaire doit toujours être orientée vers le sud, c’est-à-dire que les principales fenêtres doivent pointer dans cette direction.«Cette orientation offre un ensoleillement plus grand et il ne faut pas oublier que l’ensoleillement n’est pas seulement une source de lumière, mais aussi une source de chaleur.» Les panneaux solaires seront aussi orientés vers le sud.H existe deux types de panneaux solaires: les panneaux photovoltaïques et les panneaux thermiques.Le pan- neau photovoltaïque, grâce aux capteurs en silicium qu’U contient, transforme la lumière en électricité.Le panneau thermique fait circuler dans des tubes un liquide ou de l’air que la lumière réchauffe et transforme en chaleur.Il existe aussi des panneaux qui combinent les deux fonctions.«Mais ces panneaux sont utilisés surtout dans l’espace.En règle générale, pour une maison solaire, on combine les deux types de panneaux.» Les panneaux solaires sont placés principalement sur le toit Pour la maison bâtie par Concordia, on compte environ 500 pieds carrés de panneaux solaires.Ceux-ci suffisent à fournir toute l’électricité et la chaleur nécessaires au fonctionnement de la maison.Et pour optimiser ce dernier, on aura pris soin d’isoler davantage la maison solaire que la maison traditionnelle.De plus, les fenêtres sont plus grandes, afin de profiter encore plus du soleil, et leur isolation est obtenue par l’utilisation de fenêtres à triple vitrage.A l’intérieur, une pompe à cha- leur sert d’échangeur thermique, fournissant la chaleur en hiver et la climatisation en été.Le système de chauffage est construit dans le plancher, où de Pair chaud circule dans un réseau de tuyaux.On réchauffe ainsi d’abord le plancher de la pièce, ensuite les objets et les occupants qui s’y trouvent, et finalement l’air ambiant.La maison comprend aussi des stores motorisés qui se lèvent ou se baissent selon l’ensoleillement.L’électricité produite et non consommée est stockée dans une batterie.La maison solaire « intelligente » Selon Andreas Athienitis, la maison solaire que l’on pourrait voir poindre dans nos villes, bien qu’ayant une consommation énergétique faible, n’aura pas pour autant besoin d’être autosuffisante.«Cette maison solaire serait reliée au réseau d’Hydro-Québec.Lorsque l’ensoleillement est faible et la consommation élevée, la maison prendrait son électricité à partir du réseau.Par contre, lorsque l’ensoleillement est fort et la consommation faible, l’électricité produite par la maison serait retournée au réseau.» Cette approche a le mérite d’assurer l’approvisionnement en électricité tout évitant l’épineux problème du stockage par batterie.Par contre, la maison solaire se doit d’être «intelligente».«L’usage de contrôles intelligents s’impose si l’on veut tirer le maximum de cette maison.» Le cas des stores motorisés est un bon exemple, puisqu’ils sont en mesure de se lever ou se baisser selon les besoins de la maison.Par ailleurs, pareil système existe présentement dans l’indus- trie, comme en témoigne le système mis au point par M.Athienitis pour la gestion des stores motorisés de l’aéroport Trudeau.Mais le professeur Athienitis rêve de plus.«Qu’en serait-il d’une maison capable de prévoir la température?Elle pourrait s’ajuster en prévision de la météo et non seulement réagir à la météo qu’il fait.» Déjà, les scientifiques sont en mesure de créer des modèles numériques qui étudient la manière dont les maisons réagissent à la météo.De plus, non seulement les stores motorisés pourraient-ils être contrôlés par pareil système, mais toutes les composantes de la mécanique du bâtiment liées à l’environnement intérieur, soit le chauffage, la climatisation, les ventilateurs, les bouches d’aération, pourraient aussi y être assujetties.Malgré l’efficacité énergétique de la maison solaire, Andreas Athienitis ne croit pas que ce facteur sera déterminant pour convaincre les gens de se tourner vers la maison solaire en tant que solution de rechange à la maison traditionnelle.«L’efficacité énergétique est non seulement souhaitable, mais nécessaire.Mais ce qui va attirer les gens, c’est le confort de la maison solaire.Elle est beaucoup plus confortable qu’une maison traditionnelle.» Il en sait quelque chose puisqu’il a intégré à sa propre résidence la plupart des technologies de la maison solaire.«Il y a plus de soleil, plus de lumière et même plus d'air frais puisqu’il est plus facile d’aérer une maison solaire sans perdre trop de chaleur.Cela vous donne un confort supérieur et un meilleur espace de vie.» Collaborateur du Devoir Économie et finance Difficiles nouveaux marchés «Nous développons des outils pour déterminer la valeur réelle d’un investissement » Lorsqu’il est question de recherches universitaires dans les médias, c’est souvent dans le secteur des sciences pures.Pourtant, dans d’autres domaines d’études, comme l’économie et les finances, des chercheurs travaillent également sur des questions de grand intérêt telles que la mondialisation, les pays émergents, la bonne gouvernance et la responsabilité sociale des entreprises.Les résultats de ces études influencent grandement les comportements des grands acteurs mondiaux de la finance.SOURCE UNIVERSITÉ MCGILL Vihang Errunza, directeur du Centre Desmarais de recherche en finance internationale de l’université McGill et grand spécialiste des marchés émergents MARTINE LETARTE Depuis les grands scandales financiers qui ont secoué le monde des finances ces dernières années, cpinme Enron et WorldCom aux Etats-Unis ainsi que Nor-bourg au Québec, les chercheurs du domaine de la finance se penchent encore plus sérieusement sur les questions de gouvernance et de transparence.«Après ces gros scandales, les Etats-Unis ont réagi fortement et plusieurs entreprises se sont retirées de la Bourse de New York parce que la responsabilité des membres du conseil d’administration était devenue trop grande.Nous assistons maintenant à une harmonisation des normes en matière de gouvernance à l’échelle internationale et c’est certain qu’en tant que chercheurs, nous étudions beaucoup les différents modèles de réglementation, mais aussi la manière dont les pays appliquent ces règles», explique Bernard Sinclair-Desgagné, professeur aux HEC Montréal et titulaire de la chaire d’économie internatio-nale et de gouvernance.A Tuniversité McGill, ces sujets sont aussi prioritaires pour les chercheurs.«Comme les règles de divulgation de l’information financière des entreprises ne sont pas toujours pareilles d’un pays à un autre, nous développons des outils pour aider les investisseurs à s’y retrouver et ainsi, à prendre de meilleures décisions», affirme Vihang Errunza, directeur du Centre Desmarais de recherche en finance internationale de l’université McGill et grand spécialiste des marchés émergents.Des informations qui en disent long En plus d’étudier les informations purement financières des entreprises, les chercheurs s’intéressent à d’autres données qui peuvent tout de même en dire long sim le présent et l’avenir d’une entreprise.Par exemple, la diversité culturelle dans les hautes sphères d’une multinationale est un élément qui est étudié à la chaire d’économie internationale et de gouvernance de HEC Montréal.Prenons l’exemple d’une compagnie de cosmétiques occidentale qui souhaite investir en Asie.«Les goûts y sont complètement différents.Entre autres, les Chinois ne veulent pas avoir l’air bronzé, aim les produits doivent être différents.La peau en tant que telle n’est pas pareille non plus, alors les produits devront être adaptés.Pour réussir à percer, ça prend plus que des études de marché.Souvent, l’entreprise ira chercher quelqu’un du marché en question pour se joindre à la haute direction ou au conseil d’administration.Selon nos recherches, cette stratégie donne souvent de bons résultats.Un manque de diversité culturelle et l’absence de femmes dans les hautes sphères d’une multinationale sont souvent révélateurs de problèmes internes», indique M.Sinclair-Desgagné rejoint à l’Uni- versité de Cambridge en Angleterre, où il passe Tannée.La chaire d’économie internationale et de gouvernance de HEC Montréal étudie également la propension d’une entreprise à prendre des initiatives vertes.«Nous avons découvert qu’il y a une importante corrélation entre la performance d’une entreprise d'un point de vue financier et les actions qu’elle pose pour réduire son impact sur l’environnement.Souvent, lorsqu’une entreprise a des problèmes financiers, elle essaie de le cacher à ses investisseurs, mais elle épargne sur les mesures environnementales ou sociales», explique le chercheur.Différents pays, différentes réalités Investir dans des pays étrangers représente également des risques et des réalités qui sont complexes à évaluer sur le plan du rendement et les chercheurs tentent de donner un coup de main aux investisseurs dans ce domaine.«Investir dans une mine d’or ici, ou en pleine jungle, c’est deux poids, deux mesures.Evidemment, il faut évaluer ce que ça coûtera d’infrastructure, de transport, de main-d’œuvre, etc.Nous développons donc des outils pour déterminer la valeur réelle d'un investissement», affirme M.Errunza.Si le pays fait varier la valeur de l’investissement il influence également le niveau de risque.«Nous évaluons les risques d’investir dans m pays en regardant toutes sortes de facteurs comme le climat politique, la réglementation, la situation financière, etc.C’est important parce que si une entreprise projette d’investir dans un pays, les investisseurs doivent savoir à quoi s’en tenir», soutient M.Sinclair-Desgagné.Certains pays demeurent incontournables pour les chercheurs du domaine de la finance et de l’économie.Il y a la Chine, évidemment, mais avec la course effrénée à l’énergie que Ton vit actuellement, le Brésil est aussi très intéressant.«Le Brésil est déjà très fort, mais il pourrait littéralement devenir une grande puissance énergétique mondiale si les biocarburants remplissent leurs promesses.Avec sa production de canne à sucre et sa grande superficie, le Brésil est très bien positionné pour devenir une puissance dans le domaine de la création d’énergie par les biomasses», ajoute-t-il.De nouvelles alliances Les temps changent le comportement des multinationales aussi.Aujourd’hui, l’image sociale et écologique d’une entreprise est très importante et cela donne lieu parfois à des partenariats qui auraient pu paraître très improbables il y a quelques années.«Maintenant on voit des entreprises collaborer par exemple avec des ONG, précise M.Sinclair-Desgagné.On a vu la multinationale de matériaux de construction Lafarge collaborer avec l’organisation de protection de la nature WWF.On a vu Starbuck et Oxfam s'associer pour choisir des fournisseurs de café qui offrent des conditions de travail acceptables à leurs employés.En tant que chercheurs, nous étudions les partenariats qui fonctionnent et ceux qui fonctionnent moins pour en déterminer les causes.Évidemment, c'est notre rôle défaire connaître les meilleures pratiques pour que ça serve de modèle aux autres entreprises.» Une question de pédagogie «L Comprendre pourquoi les professeurs enseignent comme ils le font et comment leur approche affecte les connaissances des étudiants et leur perception d'eux-mêmes, voilà ce qui intéresse Christopher Stonebanks, professeur en éducation.Par le biais d’une pédagogie critique et sensible a la diversité culturelle, il tente de développer des stratégies qui permettront aux enseignants d’utiliser leurs salles de classe comme des lieux de transformation, d’autonomisation des élèves et de justice sociale.fl ^ c M V !¦ U S I I L Bisii()ivs UNiyRRSÏ I \ www.ubishops.c; À l’Université Bishop’s, les activités tie recherche et l'enseignement vont de pair.Que ce soit en arts, en sciences humaines ou en sciences de la nature, nous sommes déterminés à relever les défis d'un monde en mutation.Une petite université une grande institution Collaboratrice du Devoir LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 OCTOBRE 2 0 0 7 RECHERCHE UNIVERSITAIRE G 7 Biologie DONNA GIBBERSON (PEI UNIVERSITY) Jade Savage lors d’une de ses missions de recherche à Rankin Inlet, au Nunavut.m f Sa majesté des mouches L’impact des changements climatiques sur les muscidés L’entomologiste Jade Savage s’intéresse aux insectes, et aux mouches en particulier, depuis plusieurs années déjà.Après un baccalauréat en biologie et un doctorat en entomologie à l’université McGill, elle enseigne au département des sciences biologiques de l’université Bishop, à Sherbrooke, depuis 2004.Avec la collaboration de ses étudiants, elle étudie le groupe des muscidés dans différents écosystèmes, plus particulièrement au Québec, en Ontario, au Manitoba et dans les régions arctiques de l’Amérique du Nord et de l’Eurasie.LAURENCE CLAVEL Tout a commencé par un filet à insectes reçu en cadeau vers l’âge de cinq ans.Petite, Jade Savage s’est ainsi découvert une passion pour les insectes de toutes sortes quelle parvenait à attraper.C’est seulement phis tard, au moment de faire son baccalauréat à l’université McGill, qu’elle commence à s’intéresser plus particulièrement aux mouches.EÛe découvre, lors d’un cours sur l’entomologie médico-légale, que le domaine souffre d’un manque important de ressources en identification des mouches.Par curiosité, elle entreprend donc un projet de recherche sur l’identification et l’évolution des divers groupes de mouches.Ce qui ultimement la mènera vers un doctorat en entomologie, qu’elle complétera à l’université McGill.Aujourd'hui professeure à l’université Bishop de Sherbrooke, elle poursuit des recherches systématiques sur les mouches, phis particulièrement la famille des muscidés (la mouche domestique et ses cousines) afin de permettre aux scientifiques de mieux les identifier.«Il existe 100 000 espèces de mouches, explique Mme Savage.Cest un dixième de la diversité animale.Et pourtant, il y a plus de gens qui travaillent sur les oiseaux et les vertébrés.Cest une minorité de chercheurs qui travaille sur une majorité d’insectes.Ce qui fait que nous n’avons pas assez de clés d’identification et ne sommes pas capables de gérer toutes les espèces décrites chaque année.Par exemple, si je me promène dans ma cour avec mon filet, je ne pourrai pas identifier la moitié des espèces que je vais attraper.Et plusieurs parmi elles seront de nouvelles espèces!» Identification et changements climatiques Et pourtant, l’identification de ces mouches est très importante, selon Mme Savage.«On parie beaucoup de biodiversité, explique-t-elle, mais on n’a pas tous les outils pour étudier celle-ci.Les insectes sont souvent exclus des recherches.Et pourtant, en ce qui concerne les changements climatiques par exemple, si un changement affecte un groupe d’insectes, cela pourrait avoir un impact important sur la flore.» Et ultimement, sur l’espèce humaine?On peut en effet supposer qu’un changement important affectant les mouches pourrait ultimement affecter les humains.Mais pour Jade Savage, «on a un peu trop tendance à essayer de tout justifier en ramenant ça à l’espèce humaine».De son côté, c’est avant tout la curiosité et un grand intérêt pour les mouches qui dirigent ses recherches.C’est afin de déterminer quel impact les changements climatiques ont sur les muscidés que Jade Savage mène depuis 2004 des recherches en milieux nordique et alpin, pour lesquelles elle a reçu plusieurs bourses du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FQRNT), notamment.Dans ces environnements, la famille des muscidés est l’espèce dominante.«On sait que le climat se réchauffe, explique-t-elle, mais on ne sait pas comment les “communautés” [de mouches] réagissent, comment elles s’adaptent.» Il est difficile de faire des prévi-sions sur le type de changement qui pourrait affecter ces insectes.Afin de mieux connaître l’évolution de ces changements au fil des années, Jade Savage «remonte le temps» et récolte des spécimens de mouches dans des endroits où plusieurs collectes ont eu heu dans les années 1950, afin de comparer ses résuhafs à ceux obtenus il y a 50 ans.«On peut ainsi savoir si on retrouve des espèces en d’autres endroits, si certaines espèces ont disparu ou, au contraire, constater que rien n’a changé.» Vers un «arbre généalogique» Ces recherches ont notamment amené Mme Savage à voyager au mont Washington, dans les Chic-Chocs et à Rankin Inlet, au Nunavut D’autres voyages sont prévus pour les prochaines années, entre autres au Manitoba, en Russie et dans le nord de la Suède.Puisque les muscidés sont présents sous toutes les latitudes, les travaux de Mme Savage peuvent s’appliquer non seulement aux milieux nordiques, mais également à des écosystèmes où les températures sont plus élevées.Jade Savage a également apporté une contribution importante dans le domaine de la phylogénie.Ses travaux de recherche tentent de mieux comprendre l’évolution de certains caractères grâce à la reconstitution d’une sorte «d’arbre généalogique» de l’insecte en utilisant une combinaison de caractères moléculaires (ADN) et en étudiant certains caractères morphologiques.On arrive ainsi à créer des «liens familiaux» entre les espèces et ainsi mieux connaître certaines d’entre elles en étudiant leurs cousins.Puisque les recherches de Jade Savage n’ont véritablement débuté qu’il y a trois ans, il lui reste encore beaucoup de pain sur la planche.Mais déjà, ses travaux lui ont valu le statut d’experte des musddés.Le Devoir DOMAINES DE RECHERCHE : Rapports tspacf -économir- société I Populations, 2gc$ tir la vie et transmission | Cultures religieuses | L'institution | Réseau» et mouvements sociaux 0:1.-v- i f* a A, « Cf- • >» aeq Centre interuniversitîiife d’études québécoises Un lieu de formation, d'échanges intellectuels et d'interdisciplinarité www.cieq.ca québvc Atlas historique du Québec Une collection novatrice, scientifique, éducative et culture lit:, destinée à la fois aux spécialistes et au grand publie, Présent à l'Université du Québec à Trois-Rivières et à B B '."jjtftS# UCpTHPf l'Université laval, le CHQ est reconnu par le FQRSC.BS 1AVAL •*««•*«•
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